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lundi 30 janvier 2017

Garder l'espoir

Ce matin sur ma page Facebook, j'ai écrit un texte suite à l'attaque à la mosquée de Québec où 6 musulmans sont morts et huit autres ont été blessés alors qu'ils faisaient leurs prières. Cette attaque m'a bouleversé et j'ai exprimé ma peine ainsi:

Aujourd'hui, j'ai honte d'être Québécois et Canadien !
J'ai honte qu'un lieu de prière ait été attaqué chez nous !
J'ai honte du sentiment antimusulman qui s'est développé chez trop des miens !
J'ai honte d'avoir lu depuis trop longtemps les insultes contre la religion musulmane par certains de mes "amis" facebook !...
J'ai honte des tweets haineux des derniers mois de trop gens de mon pays contre les musulmans !
J'ai honte de l'ignorance générale de mes compatriotes en regard avec la religion musulmane !
J'ai honte de ne pas avoir assez réagi devant la montée d'islamophobie au Québec depuis quelques années !
J'ai honte de n'avoir pas assez défendu mes amis musulmans !
J'ai honte de voir mon Québec et mon Canada salis à la Une du monde entier pour ces crimes haineux contre des musulmans en prière !
J'ai honte que ces morts et blessés musulmans soient tombés sur le sol de ma patrie !
J'ai honte que des gens de mon pays expriment autant d'haine et de mépris contre ceux qui prient !
Je pleure et prie pour ces morts et blessés et espère que les musulmans puissent pardonner à mes compatriotes qui ont posé ces gestes infâmes car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient !

Un vieil ami, Gilles Tittley, qui fut secrétaire général de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal en 1958-59 alors que j'en fus le président, m'a écrit un message suite à cette journée douloureuse. J'ai pensé le partager avec mes lecteurs.

GARDER L'ESPOIR

Les heures et les jours que nous vivons nous apparaissent inquiétants pour mille et une raisons. Les pronostics nous font penser un peu à celles de la météo: pas toujours sûres à cause de la fragilité de l'atmosphère et des changements qui s'ensuivent. Inquiétude justifiée souvent mais pas toujours assumée. L'être humain est fait pour le combat. À preuve, les luttes qu'ont menées nos ancêtres pour assurer non seulement notre survie mais aussi notre épanouissement. Nous sommes, comme disait le poète, un peuple qui ne sait pas mourir. Nous en avons vu bien d'autres. Et c'est ainsi qu'on voit transmettre cette force de vivre et de résister aux obstacles à ceux et celles qui nous suivent. Cette transmission des valeurs sans doute incommensurable nous fait garder confiance en l'avenir dans la sérénité.

Bien sûr qu'on ne peut nier la fragilité de l'humanité face aux nombreux problèmes de l'heure. La mondialisation assortie d'une technologie inimaginable sans limites et sans pareille à assimiler nous interpelle et souvent inquiète particulièrement les aînés. On ne peut tout laisser tomber pour adopter de nouveaux outils sans préparation adéquate ni adaptation et tout cela à la vitesse de l'éclair.

Mais les moments que nous vivons ne sont-ils pas l'occasion de nous plonger en nous-mêmes pour écouter la voix de notre conscience? Car qui que nous soyons, dans des périodes difficiles, nous avons le devoir et le pouvoir d'agir. Nous sommes en démocratie et il nous reste toujours un rôle participatif à celle-ci. Si nous ne pouvons être en avant de la scène, nous avons le rôle indispensable d'électeur et électrice. C'est là le moyen d'agir: se renseigner et voter. Tant de pays n'ont plus ce droit strict d'être électeur et nous qu'en faisons-nous?

La démocratie est un privilège qui permet aux hommes et femmes d'affirmer leurs convictions. La passivité est alors bien mauvaise conseillère. Les peuples désirent la paix: rien de mieux qu'être à l'écoute et agir en conséquence. Le mieux-être n'est pas que dans la production et le profit: il est dans le partage juste et le respect des autres.

La peur n'est pas à conseiller, Il ne faut pas craindre d'afficher ses convictions, pas nécessairement avec des banderoles , mais surtout de les vivre de manière exemplaire: une bonne façon de laisser sa trace.

Et malgré le combat du bien et du mal, il nous faut garder l'espoir: le remède à tant de maux.

Gilles Tittley

samedi 7 janvier 2017

"Séparatiste" ou « Sécessionniste »

Je suis toujours surpris au contact de Québécois qui veulent la séparation du Québec du Canada de les entendre m'exprimer leur profond désaccord sur le fait que j'utilise les mots "séparatiste" ou "séparatisme" dans mes textes pour les décrire ou définir leur pensée ou action politique. C'est comme si ce mot était une insulte pour eux ! 
 
Ils veulent que j'écrive "indépendantiste" ou en encore "souverainiste". Certains me suggèrent "nationaliste".
 
Je suis un nationaliste qui a à cœur et défend, depuis ma jeunesse, la nation française canadienne et les intérêts particuliers du Québec afin qu'il devienne le plus autonome possible dans la Confédération canadienne. Je reconnais que les habitants des provinces et territoires ont noué d'étroits liens d'interdépendance (économique, sociale, politique et culturelle) basés sur des valeurs communes qui comprennent le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités. 

De leur côté, les séparatistes parlent de la nation québécoise comme si nous étions tous francophones. Ils semblent ne pas vouloir reconnaître que le gouvernement du Québec représente l'ensemble du peuple (ou des peuples) résidant sur son territoire, dans l'égalité et sans discrimination. Le Parti Québécois qui veut gouverner le Québec avant de détruire le Canada se doit d’être un parti qui respecte ces principes élémentaires.  

Je suis indépendantiste et souverainiste car je veux que le Canada, mon pays, agisse en tout temps comme un pays indépendant et souverain. 

Ailleurs, dans le monde, on utilise partout le qualificatif séparatiste. Les séparatistes catalans, les séparatistes écossais, les séparatistes criméens, les séparatistes basques, les séparatistes pro russe, le conseil séparatiste de Starwars et ainsi de suite. C'est de toute évidence le bon mot français. Partout les gens qui veulent séparer leur territoire de leur pays sont fiers de se qualifier de séparatistes.  

Pour une raison que je ne comprends pas, les québécois séparatistes expriment une certaine honte de porter un tel label malgré que Larousse nous dît qu'un séparatiste est celui qui a une attitude, une tendance à sortir d'un ensemble national et à former une entité politique distincte de l'État d'origine. 

La Cour suprême du Canada, dans son jugement « Renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] » fait allusion au mot sécessionniste. Larousse le définit comme celui qui fait une action menée avec une fraction de la population d'un État en vue de se séparer de la collectivité nationale pour former un État distinct. Il me semble que c’est la même chose que séparatiste mais je suis prêt à utiliser dorénavant le mot sécessionniste pour décrire les séparatistes si cela leur plait davantage.  

En fait, je crois comprendre pourquoi les sécessionnistes québécois rejettent le mot "séparatiste". Ça semble être pour eux une question stratégique car ils croient que le mot fait peur à l'ensemble des Québécois et ils blâment en partie l'utilisation de ce mot pour leurs défaites référendaires du passé. Il est vrai que l'ex PM Canadien, Jean Chrétien, a répété à outrance ce mot lors des référendums. Mais est-ce une raison valable pour le cacher aujourd'hui en lui substituant des qualificatifs qui ne sont pas aussi précis dans leurs définitions ? C'est comme s'ils voulaient cacher la réalité.  

Si jamais un vote québécois aboutissait à une majorité claire en faveur de la sécession, en réponse à une question claire, cela conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres participants à la Confédération auraient l'obligation de reconnaître. Je serai, à ce moment-là, solidaire de la décision de la majorité de mes compatriotes et je deviendrai alors indépendantiste et souverainiste pour les mêmes raisons que je le suis aujourd'hui pour mon pays le Canada.
Mais je demeure persuadé que cela ne se concrétisera pas car le Canada est un pays trop riche et extraordinaire pour que les Québécois le donnent aux autres. Ce serait un vrai mauvais deal… 
Claude Dupras

mardi 3 janvier 2017

2017, une année particulière de fêtes

Cette année, nous célébrons le 150e anniversaire du Canada et le 375e anniversaire de la ville de Montréal. Les festivités seront nombreuses et grâce aux moyens de communication contemporains, particulièrement les médias sociaux, les citoyens et citoyennes seront motivés de participer en grand nombre.

Je sais l’immense travail de planification, d’organisation, de financement et de réalisation que requièrent de telles réjouissances ayant été, en 1992, coprésident de la corporation Canada125 créée par le gouvernement du Canada pour organiser les fêtes du 125e anniversaire du pays. Les responsables ont toute mon admiration.
Ce jour-là, en 1990, j’étais en plein travail professionnel lorsque je reçu un appel téléphonique du ministre Gerry Weiner, secrétaire d’État du Canada, m’annonçant que mon nom avait été choisi pour être coprésident du comité organisateur des fêtes du 125e anniversaire du Canada avec un homme d’affaires d’origine macédonienne de Toronto. Je fus fort surpris et flatté de cette marque de confiance, mais j’hésitai devant cette proposition intéressante. Je n’avais pas vraiment le temps de remplir une telle tâche et si j’acceptais, je serais condamné à travailler presque tous les soirs et les weekends pour rencontrer mes obligations envers mes clients. Le ministre m’invita à le rencontrer à Ottawa pour en discuter avec le co-président. Ce que je fis. Finalement, j’acceptai et je me retroussai les manches.
Le ministère avait déjà mis en place un groupe de hauts fonctionnaires pour la préparation de la planification des fêtes. Quelques semaines plus tard, le macédonien démissionna et le ministre me demanda d’identifier un nouveau coprésident. J’ai compris qu’il devait venir d’une autre partie du pays que moi, préférablement de l’Ouest canadien. Je pensai à Frank King qui avait été le président du comité des Jeux Olympiques d’hiver de Calgary en 1988 qui avait connu un très grand succès. Suite à mon appel, ce dernier accepta et ensemble nous avons convoqué le conseil d’administration dont les membres avaient été choisis en grande partie par le gouvernement. Ils étaient tous de grands canadiens qui avaient fait leur marque dans des secteurs différents et étaient décorés de l’Ordre du Canada, dont une ex-ministre libérale.
Ce fut le début d’une aventure exceptionnelle qui m’amena dans tous les coins du Canada à la rencontre de milliers de Canadiens. Plusieurs activités demeurent dans ma mémoire comme lorsque je fus invité à lancer la première balle avant une partie des Blue Jays de Toronto pour souligner une activité de Canada 125 dans la ville reine, de même avant une partie des Expos de Montréal, à prononcer une courte allocution à l’ouverture du Stampede de Calgary devant plus de 50 000 personnes ou à parler à l’école Emilie-Tremblay à Yellowknife dans le Yukon à ses élèves et leur familles francophones de l’ouest canadien. 
Nous voulions réaliser quelques grandes activités mais surtout encourager les Canadiens à prendre des initiatives personnelles pour organiser, comme il l’entendait, les fêtes dans leur milieu. Une intense campagne télévisée fut conçue à cet effet et dirigée par une agence publicitaire renommée de Montréal. Elle porta ses fruits et plus de 22 000 activités furent reconnues, acceptées et organisées.
De plus, nous proposions de monter une grande activité dans chaque grande ville du pays. À Montréal, par exemple, nous avons réuni les orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto au stade Olympique de Montréal avec trois grands chanteurs canadiens : un ténor, un baryton et une soprano. De plus, les tambours et les canons de l’armée canadienne furent invités pour produire les percussions nécessaires à l’« Ouverture solennelle 1812 » de Tchaïkovski qui était au programme. Plus de 65 000 personnes étaient présentes au parterre et dans les estrades. Le spectacle fut télévisé par Radio-Canada partout au pays, d’un océan à l’autre, à deux reprises, sur toutes les chaînes.  
En général, le gouvernement fut satisfait du résultat des fêtes.
Le comité organisateur voulait aussi laisser au pays un projet que nous qualifions de « projet-héritage » pour les générations futures. C’est ainsi que fut conçu et lancé le projet d’une piste transcanadienne « le sentier Canadien - Canada trail ». Des membres de Canada125 siégèrent sur le comité fondateur du projet dont Paul LaBarge, l’avocat de Canada125. Aujourd’hui, après 25 ans, il est toujours là comme président de la corporation du sentier.
Le but était de relier tous les sentiers du Canada dans un grand sentier en construisant des liens nouveaux, en réaménageant les parties existantes où nécessaires et en les rendant tous accessibles à un plus grand nombre de Canadiens possibles. Aujourd’hui, plus de 90 % des sentiers sont raccordés dans les 10 provinces et les trois territoires canadiens, pour une longueur totale de 23, 864 km. Incroyable ? Non, vrai !
Voici un court vidéo où Pierre Camu, un des proches collaborateurs de Canada 125 et un des mandatés pour lancer ce projet du grand sentier, parle du pourquoi du projet.
En furetant sur internet, le lecteur trouvera toute l’information sur ce projet important qui ne cesse de croître et de s’améliorer. On remarquera que le sigle du Grand sentier est celui de Canada 125, légèrement modifié.
Je souhaite aux organisateurs des fêtes du 150ième anniversaire du Canada et du 375ième de Montréal, un grand succès en espérant qu’ils sauront aussi laisser chacun un « projet-héritage » pour les générations futures qui leur rappelleront ces moments importants.
Claude Dupras

vendredi 23 septembre 2016

Les Y : Citoyens du monde

Les générations se suivent mais ne se ressemblent pas.
 
Depuis la mienne, la génération silencieuse née de 1925-1945, se sont succédées celle des baby-boomers de 1945 à 1960, celle de la génération X dite du « baby-bust » de 1961 à 1980 et celle, qui arrive en trombe aujourd’hui et dont tout le monde parle de plus en plus, la génération Y, ou les Millennials (certains disent « Milléniaux » en français) de 1980 à 2000.
Pourquoi Y, certains disent que ça vient du mot anglais « Why ? ». C’est la question qu’ils posent et qui marque leur remise en cause systématique des contraintes qu’on veut leur imposer. D’autres y voient le Y sur leur poitrine dessiné par les fils de leurs écouteurs reliés à celui qui rejoint leur baladeur. Millennials, parce qu’il ferme le deuxième millénaire. C’est la génération émergente.
Avec 92 millions d’individus aux USA, la génération Y est la plus nombreuse dépassant même celle des baby-boomers qui compta 77 millions d’enfants nés aux lendemains de la 2ième guerre mondiale dans un moment de paix, de prospérité, de plein-emploi et de progrès.
Entre les deux, la génération X a connu un faible taux de natalité avec 61 millions d’enfants dans une atmosphère d’augmentation des divorces, de l’arrivée des femmes sur le marché du travail, de la pilule contraceptive, etc…
Même si le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé, le fossé avec les générations précédentes peut s’expliquer par un changement rapide de la société à cause de l’apparition de nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’Église, l’armée, même la famille sont moins influentes pour eux que l’internet, la télévision et les réseaux relationnels. Ils n’ont pas connu de menaces d’apocalypse de guerre froide, ni un monde sans le SIDA.   
Au Canada, la génération Y compte 8,9 millions d’individus dont 700 000 sont sans emplois et 4,5 millions vivent chez leurs parents. Plus de 60% ont un smartphone et écrivent un minimum de 60 textos par jour.
Les Y représentent 15% de la population européenne et 40 % de la population active en France (salariés, non-salariés et chômeurs).
En Europe de l’est, les Y sont venus en âge ou sont nés après la libération de leur peuple du communisme en 1989. Ils ont appris des notions inconnues de leurs parents, tels le chômage, le consumérisme, la liberté d’expression, la liberté d’entreprendre, l’acceptation des inégalités sociales, la démocratie… et ils ont pu faire la part des choses de chaque système politique, totalitaire ou démocratique.
C’est une génération de rebelles qui veulent un bon emploi pour s’épanouir au contact de l’action et travailler en s’amusant. Elle est influencée par la culture du partage et non par la compétition ou l’égoïsme. Elle veut être active sur les nouvelles plateformes sociales. Elle est née alors que l’intérêt général de la population pour l’écologie se manifestait, alors qu’avant, seule une minorité s’en préoccupait. Elle est « la génération performance » dopée au travail, mais aussi « la génération micro-ondes » qui exige tout, tout de suite.
Les Y étaient jeunes lors de l’introduction massive de l’information, de la téléphonie mobile, de la photo numérique, du GPS, etc… et ils ont acquis une maitrise intuitive de ces équipements dépassant même celle de leurs parents Le jeu vidéo est pour eux banal alors que la génération X le découvrait. Pour les américains, ce sont les digital natives.
Leur identité s’est forgée par les apports culturels autour d’eux. C’est surtout devant la télévision qu’ils ont grandi et elle les a grandement influencés. 
Bien éduqués, les Y répondent à la pénurie de la main d’œuvre hautement qualifiée. Mais se sachant rares, ils savent ce qu’ils valent et l’exigent. Pour eux, l’autorité n’est pas nécessairement synonyme de compétence et ils ne craignent pas de se comparer car ils peuvent communiquer directement ou avec l’aide des technologies. Ils n’acceptent pas le principe de la priorité de l’ancienneté au travail et veulent plutôt être jugés par leur contribution.  
Cependant, le travail pour eux n’est pas nécessairement au premier plan. Ils refusent de travailler les week-ends ou les jours de fêtes et veulent du temps pour décompresser afin de protéger leur santé mentale et physique qui est pour eux de première importance.  
En somme, les Y recherchent une meilleure qualité de vie, conciliant travail, liberté, autonomie et intérêt personnel. Ils pensent à court terme. Ils sont très mobiles.
Plus à l’aise avec les technologies et internet, ils ont facilement accès à l’ensemble des outils de création et de communication contrairement aux générations précédentes, ce qui leur permet de diffuser sur-le-champ leurs travaux dès leur production. Mais ce sont surtout des consommateurs des nouvelles technologies plutôt que des créateurs.
La génération Y se déplace beaucoup. Elle profite de la baisse des coûts de transport aérien, des autos et du transport en commun. Les études et échanges à l’étranger sont nombreux. Contrairement à la génération précédente, son kilométrage annuel a diminué de 23%. C’est l’avion et le surfe sur internet qui l’intéresse. Ou encore le vélo qu’elle a adopté de plein cœur. 
Chez les 18 à 31 ans, 23% de jeunes mariés américains vivent dans leur propre appartement. Ce pourcentage a chuté de 50% depuis 1960. Un nombre grandissant de jeunes choisissent de vivre à la maison avec leurs parents, puisqu’ils jugent que le mariage peut attendre.
Les Y veulent aussi être en bonne santé et non seulement « pas malades ». Ils recherchent de la nourriture enrichissante, ne fument pas, ne boivent pas et sont concentrés sur l’entrainement physique.
Pour eux, une marque reconnue d’un produit n’est pas suffisante pour confirmer un achat. Pour leurs achats au commerce de détail, 42% des Y achètent en ligne au moins une fois par mois et veulent qu’on leur facilite l’utilisation de leurs appareils mobiles pendant qu’ils sont dans les magasins. Avant d’acheter, ils comparent les prix, en ligne ou sur leur appareil mobile, avec ceux de la concurrence au Canada et dans le monde, lisent les critiques de produits, obtiennent des coupons et des codes promotionnels et concluent l’achat par voie numérique ou au magasin.
47% des Y sont confiants de pouvoir vivre une retraite idéale, alors que seulement 1/3 des baby-boomers pensent la même chose.
Même si tous les individus de l’Occident de cet âge sont des millenials, leur pays influence leur mode de vie, Ainsi les Y canadiens ont plus de potentiel économique que leur contrepartie américaine. À ce jour, 50% des Y canadiens possèdent une maison et cela à un âge plus jeune que leurs parents. En comparaison à 36% pour les américains. Ces derniers ont des conditions de travail moins bonnes que leurs semblables au Canada, les offres d’emplois sont plus rares et ils ont moins d’accès au crédit. De plus, les jeunes américains ont des dettes étudiantes beaucoup plus importantes que les canadiens.
Cette bonne performance des canadiens est due en grande partie aux femmes qui sont mieux éduquées et aux offres d’emplois pour elles qui atteignent des niveaux records au pays. Encore-là, les américaines performent moins bien.  
La génération Y comme les autres générations est critique de la génération précédente. Ainsi, elle regarde de haut la génération X qu’elle considère comme ayant été une bande de bousilleurs qui bâclaient leur travail, retardaient leurs prises de décision, ne rêvaient que de divertissements, avaient un moment d’attention très court et retardaient leur mariage car ils avaient peur de divorcer. 
Quant à la génération X qui suivit les baby-boomers, elle jugea ces derniers comme une bande centrée sur elle-même, inconstante et pas pratique.  
Pour le journaliste Joel Stein du magazine américain Times, « les Y sont trois fois plus touchés que leurs parents par des troubles de personnalité narcissique. Ce sont des obsédés par leur apparence physique et le désir de devenir célèbres. Ils manquent totalement d’ambition dans leur vie professionnelle. C’est pourquoi ils vivent plus nombreux avec leurs parents. Cette génération n’essaie pas de confronter l’establishment comme ses aïeules mais elle vit en dehors, inventant ses propres règles ».
Par contre, une étude par Jean Pralong, sur un échantillon français, conclut à « l’absence de différences entre les X et les Y dans le rapport au travail, à l’entreprise et à la carrière ». En fait, « ce ne sont pas les gens nés après 1980 qui sont narcissistes, ce sont les jeunes personnes qui sont narcissistes et qui par la suite s’en sortent au fur et à mesure qu’ils vieillissent ». Mais la France n’est pas l’Amérique.   
Les changements démographiques générés par chaque génération modifient les priorités des individus et, par conséquent, leur approche à la solution des problèmes. Selon les recherches du Centre pour l’Étude de la citoyenneté démocratique (CECD) du Québec, les succès ou les insuccès d’un parti politique peuvent être liés directement au « remplacement progressif de l’électorat par la nouvelle génération ». Les Y se ressentent des « citoyens du monde » et expriment une pensée politique marquée par ce sentiment. Ils sont au centre-droite du spectre politique. L’étude démontre aussi qu’« ils appuient l’importance de l’éducation et le respect de l’environnement mais accordent moins d’importance à la souveraineté et à la charte des valeurs ». Il me semble fort logique que chaque génération se distingue.
« Le parti québécois (PQ) qui avait été porté par les générations des baby-boomers et des X, a vu chuter ses résultats dès que les Y ont eu droit de vote. Alors que ce parti était le 1er choix des baby-boomers, le 2e de la génération X, il est devenu le 3e de la génération Y. » Cela s’explique en partie par le fait que ce parti est plus à gauche que les Y. Rien n’est évidemment tout perdu car un parti politique peut toujours redéfinir son projet politique pour s’adapter aux circonstances changeantes, mais ce peut être difficile si la question est fondamentale.
La génération des Y est unique de celles qui l’ont précédée. Elle a grandi lors d’une croissance économique sans précédent et a été éduquée durant le temps où le respect de soi était important et la technologie avancée devint disponible. Même si ces individus n’ont pas tous les mêmes comportements ou attitudes, que ce soit au travail, dans les magasins réels et en ligne ou dans l’isoloir électoral, leur interaction est évidente dans la façon qu’ils échangent et consomment l’information.  
Claude Dupras

sources: Internet, Times

vendredi 16 janvier 2015

La limite de la liberté d'expression

La France vient de traverser des jours très difficiles. Des évènements meurtriers l’ont touchée profondément et c’est dans les rues de ses villes, dont surtout celles de Paris, que les Français ont démontré leur angoisse et leur détresse alors qu’ils étaient en plein désarroi. La réaction fut générale et spontanée.

Du Canada, comme la plupart des Canadiens j’ai suivi ces évènements. D’autant plus que nous étions sensibles devant tant de folie puisque que nous venions de vivre des actes de terrorisme à St-Jean-d’Iberville au Québec et dans notre capitale Ottawa durant lesquels deux de nos braves militaires furent tués sauvagement. Et, il en fallut de peu pour que le nombre de morts soit plus grand.
Depuis des années, le journal Charlie Hebdo se moque des religions. Et particulièrement du prophète Mahomet, du pape et d’autres. Même si la direction de ce journal savait qu’un très grand nombre de musulmans du monde étaient offusqués de voir leur prophète être le sujet de ses caricatures, pas toujours flatteuses, et que cela lui avait été souventes fois exprimé par des mouvements musulmans de par le monde qui leur demandaient de cesser cette pratique, elle continuait de ridiculiser Mahomet. De plus, elle connaissait, comme tout le monde, le sort de Salman Rushdie qui avait généré une vague d'émotions dans le monde musulman pour devenir l’objet d’une fatwa (décret d’une société religieuse) de mort suite à la parution de son livre « les versets sataniques » et les violences qui ont suivi.
La direction se défendait par le fait qu’en France, il y a la liberté d’expression. Oui, et cela est une bonne chose à laquelle une très forte majorité de français comme de canadiens, américains et occidentaux en général souscrivent. C’est la base de notre démocratie et c’est défendable. Mais peut-on tout faire et tout dire sans croire qu’aucune vive réaction ne surgisse suite à certains propos verbaux, écrits ou caricaturés ? Et s'il y a réaction doit-on simplement dire d’offrir l’autre joue ?
On peut circuler en auto partout, mais il ne faut pas dépasser la ligne blanche ou passer tout droit au feu rouge. On peut chanter et crier mais pas la nuit dans un milieu résidentiel. La liberté d’expression nous permet-elle de tout dire et de tout faire ?
Le pape François est en voyage pastoral aux Philippines et au Sri Lanka. Il est en Asie dans une partie du monde à forte majorité musulmane. Il ne faut pas oublier que 25% des individus de la planète sont musulmans. Profitant de ce voyage, il a parlé aux journalistes dans l’avion papal qui le mène à sa destination pour répondre clairement à leurs questions justement sur la question de la liberté d’expression.
Pour lui, « deux droits humains sont fondamentaux : la liberté d’expression et la liberté religieuse. On ne peut empêcher tout individu de pratiquer librement sa religion sans offenser personne. On ne peut ni offenser, ni faire la guerre, ni tuer au nom de Dieu à cause de sa religion ». Il a rappelé l’Histoire du  monde durant laquelle des guerriers ont conquis des territoires entiers et tué des millions de personnes au nom de la religion. « Une aberration » a-t-il dit. « La liberté religieuse, on doit l’exercer avec liberté, sans offenser, sans l’imposer et sans tuer ».
« Non seulement chacun a la liberté du droit d’expression et il a aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun ».  
« On ne peut pas insulter la foi des autres ». Ni insulter ceux qui ne pratiquent aucune religion.
« Il ne faut pas réagir violemment, mais si mon ami M. Gaspari (c’est son organisateur de voyages qui est près de lui durant sa rencontre avec la presse), dit un gros mot sur ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! C’est normal ». C’est le pape qui parle. « On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi ».
Son message est clair. On ne devrait pas se moquer impunément des religions des autres qui ont de la dignité et qui respectent la vie humaine et l’homme. Le droit religieux de chacun est sa foi. C’est la limite du droit d’expression.

Claude Dupras