Marcel Côté est né dans la ville minière de Malartic du nord-ouest québécois. Après ses études élémentaires, secondaires et collégiales, son intérêt porte sur la culture scientifique, la technologie et l’économie. L’Université d’Ottawa l’accueille et il obtient un baccalauréat en sciences physiques. Puis, il s’enrôle à l’Université Carnegie Mellon de Pittsburg où, trois ans plus tard, il termine avec succès une maitrise en sciences économiques.
Avec ce bagage de diplômes, Marcel Côté enseigne aux universités de Sherbrooke et de Montréal et, quelques années plus tard, fonde la société SECOR, conseil en stratégie et management. Avec le temps, la firme couvre le Canada avec des bureaux à Québec, Toronto et Vancouver. Puis, elle s’internationalise en installant des antennes à New York et Paris. Son succès vient du fait qu’il est un brillant économiste dont l’approche conservatrice est recherchée dans le monde. En 1986, il reçoit le titre de Fellow du centre des affaires internationales de l’université d’Harvard.
Sa mort récente lors d’une randonnée cycliste au Québec a bouleversé notre société. Ses concitoyens n’ont cessé de parler de la dimension hors de l’ordinaire de cet homme simple, racé, ouvert et compétent, lui rendant ainsi un hommage grandement mérité. Les parlementaires québécois ont souligné à l’Assemblée Nationale son apport à notre société et le maire de Montréal qui avait confronté Marcel Côté comme candidat-adversaire à la dernière élection municipale et s’en était fait, depuis, un bon ami, a déploré le départ de cet homme brillant, solide en soulignant que Marcel Côté avait collaboré étroitement avec lui et le président du comité exécutif de la ville pour les aider à bien orienter Montréal vers le futur, et cela bénévolement.
Membre de nombreux conseils d’administration, de mouvements d’affaires, de culture, de charité et de sport, il ne refusait jamais d’aider et de participer activement au développement positif de ces groupes que ce soit le YMCA, la fondation du Grand Montréal, l’institut de recherches en politique publique, l’orchestre symphonique de Montréal, les amis de la montagne, Montréal en lumière, Action Canada, la fondation neuro-Canada, la compagnie de danse Marie Chouinard, la table d’action en entreprenariat de Montréal et des dizaines d’autres. Compétent et généreux de son temps et de son argent, il s’est avéré un grand philanthrope, un homme de vision, un bon dirigeant, un excellent conseiller de premiers ministres, un individu qui aimait le genre humain qui possédait un sens naturel de la justice et qui cherchait constamment a améliorer le sort de ses semblables par des dons et par la fondation ou le soutien d’œuvres de toute nature pertinentes à leurs besoins. Toujours sans rechercher le profit et de manière désintéressée.
Il y a quelques mois, je lui ai demandé d’aider le fils d’un ami français qui voulait rejoindre les rangs de la compagnie KPMG, qui avait acheté SECOR, où Marcel Côté agissait toujours comme membre du conseil d’administration. Ce garçon voulait simplement avoir l’opportunité d’être admis à un examen d’entrée pour travailler dans ce groupe important, en Europe. Marcel Côté a accepté et dans un voyage à Paris a fait en sorte qu’il puisse faire valoir ses qualités devant le comité de recrutement de la firme. Malheureusement, le jeune n’a pu démontrer qu’il était à la hauteur de ses attentes. Cette décision m’a démontré, encore une fois, sa dimension humaine et son impartialité.
Montréal va manquer son grand citoyen Marcel Côté.
Au même moment, une bouffée d’air frais nous est venue de Cannes où se déroulait le festival annuel de films.
Un jeune cinéaste montréalais Xavier Dolan devenait, subitement, la coqueluche de la croisette et une vedette montante mondiale. Ce n’était pas son premier festival malgré ses 25 ans. Son nouveau film « Mommy », le cinquième qu’il produisait, est devenu un « hit » au point qu’une ovation de 12 minutes suivit sa projection. Mais ce qui est encore plus révélateur est le niveau de popularité qu’il a acquis. Les journalistes et photographes s’arrachaient non seulement ses commentaires et des « clichés » intéressants mais sollicitaient son autographe, pour eux-mêmes et leurs proches. C’est la vedette de son film, Anne Dorval, qui témoignait de la reconnaissance acquise par le jeune montréalais : « les gens criaient son nom. C’était impressionnant de voir les gens hurler comme s’il s’agissait de Mick Jagger. Les filles pleuraient, je n’ai jamais vu une chose pareille ».
Né à Montréal d’un immigrant égyptien devenu auteur-compositeur-interprète et comédien québécois, Manuel Tadros, et d’une mère, Geneviève Dolan, chargée des admissions dans un collège de la métropole, il est dès l’âge de 4 ans une petite vedette dans les réclames des pharmacies Jean Coutu, puis il double la voix de Ron dans Harry Potter et joue dans la série « Omerta » à sept ans, etc. Il n’aime pas l’école car son attention est ailleurs. Il aime l’action du monde cinématographique.
À 15 ans, son père change de compagne. Xavier Dolan quitte l’école, est désabusé, se pense devant rien mais possède 150 000$ venant de ses cachets de comédien mis de côté par ses parents. Il cure son mal en écrivant le scénario de son premier film « J’ai tué ma mère ». Il le propose à plusieurs producteurs qui le refusent. Finalement, il décide de le faire lui-même… Dans ce travail, il n’a pas le temps d’être indulgent et le démontre par son intransigeance, son impatience et ses crises violentes. Il est exigeant jusqu’à la cruauté. Il sait ce qu’il veut et ne peut se satisfaire de moins. Vivre intensément est son besoin urgent. Réaliste, il réclame vivement la critique. Il fait toutes les « jobs » : acteur, scénariste, producteur, monteur, chef décorateur, costumier, éclairagiste, directeur artistique… En 2009, il se retrouve à Cannes pour la projection de son film. C’est un succès… mitigé. Un premier. Depuis, il a fait un film par an et en plus de Cannes, il est aux Oscars, aux Césars, au festival de films de Toronto, au Mostra de Venise… où il remporte des nominations importantes et des prix.
La bouffée d’air frais n’est pas venue de tout ce branle-bas spectaculaire, mais des propos qu’a tenus Xavier Dolan suite à son récent succès à Cannes dont à l’émission 24/60 de Radio Canada que j’ai eu l’occasion d’écouter. Une phrase m’a particulièrement frappé : « Il n’y a rien comme l’art, en fait, pour imprimer dans l’imaginaire mondial l’existence d’un peuple » démontrant ainsi que l’art est aussi important que la politique et la science dans la société. Quelle vérité, mal comprise par trop de Québécois!
Il dénonce les blogueurs démagogues qui traitent les artistes « de parasites qui vivent aux crochets de l’État et qui font la grande vie à Cannes » et espère que ses succès permettront de faire évoluer les mentalités. Il s’est adressé particulièrement aux gens de sa génération en les encourageant à avoir confiance en eux et à ne pas être pessimistes quant à l’avenir. « Rien n’arrête quelqu’un qui est travaillant, quelqu’un qui espère ».
À l’animatrice de l’émission, Anne Marie Dussault, qui l’interrogea sur les idées politiques de sa génération, il a spontanément répondu : « Ma génération s’est détournée du Parti Québécois, mais pas du projet d’indépendance, qui n’est pas mort ». Je crois qu’il y a beaucoup de vrai dans cette affirmation et ce devrait être un avertissement à tous ceux qui croit que la question nationale est définitivement enterrée.
Quant au rêve d’obtenir la Palme d’or de Cannes, Dolan a démontré sa sensibilité en affirmant qu’il ne l’espérait pas « pour satisfaire son ego mais plutôt mais pour nous tous (Québécois) comme image, comme métaphore de notre identité, pour qu’on nous reconnaisse ».
Québécois dans l’âme, il déclare : « J’ai suivi le Québec qui nous suivait. On a senti la vague d’amour, de la part des cinéphiles et de tout le monde. Nous avons senti leur soutien et leur amitié ».
Xavier Dolan ressentait le besoin de retourner aux études avant le succès qu’il a connu à Cannes. Mais il veut maintenant surtout ne pas pénaliser son film « Mommy » en assurant, de façon ordonnée, sa distribution dans le monde. Il semble ne pas se formaliser de sa nouvelle célébrité, malgré qu’il ait reçu des offres concrètes de grands studios américains.
Quel plaisir de suivre l’évolution de ce jeune homme ! Quel style ! Quelle bonheur de l’entendre expliquer ses points de vue dans un langage châtié, en français ou en anglais ! Quel magnifique personnage!
Montréal a perdu un grand Montréalais en Marcel Côté mais en a gagné un nouveau, différent mais aussi de grande qualité, en la personne de Xavier Dolan.
Claude Dupras
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mercredi 28 mai 2014
D’un Montréalais à l’autre : de Marcel Côté à Xavier Dolan
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dimanche 10 novembre 2013
De vrais partis politiques municipaux au Québec
Le gouvernement de Pauline Marois veut changer le mode de financement des campagnes électorales municipales au Québec. Il y voit là un moyen pour réduire la corruption et réformer les mœurs électorales.
À cette fin, le ministre des Affaires Municipales vient de déposer en chambre un projet transitoire pour corriger, à court terme, cette situation. Un projet de loi permanent viendra plus tard après des consultations sur tous les aspects de cette question. Il propose, dans un premier temps, de diminuer les contributions maximale, d’un électeur aux partis municipaux, de 300 $ à 100 $ durant les années non-électorales et à 200 $ lors de l’année de l’élection. Et, pour compenser la diminution de revenus des partis, il déterminera un financement public à leur être verser, qui devra être payé par les villes, sur une base annuelle.
Si on se rapporte à la dernière élection municipale, il n’y avait qu’un parti municipal sur les rangs, celui de Projet Montréal. Le parti Vision Montréal, endetté jusqu’au cou, a fait une alliance avec l’homme d’affaires Marcel Côté et ils ont créé une équipe du nom de Coalition Montréal. L’équipe de Denis Coderre n’était pas un parti mais un regroupement d’individus dont d’ex-conseillers d’Union-Montréal. Celle de Mélanie Joly était incomplète et composée de nouveaux candidats et candidates.
Le gouvernement devra définir clairement ce qu’est un vrai parti politique. À mon avis, un parti devra avoir une constitution, des membres avec cartes, un conseil d’administration élu par les membres, un président, une commission politique, un bureau de recherches, et autres comités. Il devra tenir des réunions sur une base régulière, une assemblée générale annuelle des membres pour choisir démocratiquement les dirigeants et voter sur les politiques proposées, etc… en somme tout ce que requiert une vraie structure démocratique d’un parti sérieux afin de mériter d’être financé par la ville. Il ne s’agit pas, de toute évidence, d’un parti comme celui du maire déchu de Laval, le PRO des Lavallois.
Qu’arrivera-t-il des autres candidats qui veulent se présenter en équipe ou comme indépendants. Entre les élections, ils ne pourront recevoir de contributions de la ville. Cela les motivera peut-être à joindre un des partis municipaux ou à en créer un nouveau. Une bonne chose. Par contre, chaque conseiller indépendant devrait avoir accès au budget de recherches et tous les conseillers devraient avoir droit à un budget de soutien (informatique…).
« Projet Montréal » est le seul vrai parti politique démocratique de la métropole. Son fondateur et chef, Richard Bergeron quittera son poste suite à une troisième défaite à la mairie. Cette nouvelle m’attriste car je la trouve injuste. Voilà un urbaniste qui aime Montréal et qui a bâti un parti politique sérieux avec une constitution, des membres-militants, un programme politique défini par ses membres et qui prend de plus en plus racine dans le territoire de la ville. Il a doublé le nombre de ses élus et est devenu le parti de l’opposition au conseil de ville. Il a les idées, les membres mais n’a pas pu éviter les images et les illusions créées par ses adversaires qui offraient, en réalité, beaucoup moins que lui.
Je ne partage pas l’argument du maire Coderre qui affirme que la présence de partis politiques dans la vie municipale de Montréal n’est pas justifiée puisque la ville n’est pas un corps législatif mais simplement une administration. Le gouvernement municipal sert tous les gens de la ville. Il se doit d’être près d’eux et comprendre leurs préoccupations. Il est important que leurs doléances, leurs avis et leurs suggestions soient entendus. Et cela, non seulement en période électorale, mais à l’année longue. Un administrateur doit bien connaître les problèmes et les opinions de ses administrés !
La dernière élection a démontré que les Montréalais ne se sentent pas impliqués dans les affaires de leur ville puisque seulement 40% des électeurs éligibles se sont présentés aux bureaux du scrutin. Et cela malgré un battage médiatique sans pareil qui a fait en sorte que les candidats ont eu une présence presque constante sur les ondes de nos appareils électroniques et dans les médias sociaux. Il est temps que ça change !
Seuls des partis politiques bien organisés, constamment présents dans la vie municipale, peuvent motiver les citoyens à se joindre à eux comme membres ou à participer à leurs séances publiques visant à informer et écouter les citoyens qui y sont invités. Si Projet Montréal l’a fait, d’autres peuvent le faire.
Voilà, pourquoi j’aime l’idée du ministre des Affaires Municipales de vouloir financer les partis politiques municipaux. L’« Union des Municipalités du Québec » s’y oppose et cela se comprend car la très grande majorité de ses dirigeants ne sont pas membres de vrais partis politiques municipaux. Ils craignent que la nouvelle loi favorise la création de partis à cause du financement disponible. Si c’est cela, tant mieux, car ce qui compte c’est la présence de ces partis politiques municipaux dans chacune des municipalités du Québec. Ils deviendront des outils de la démocratie municipale et le résultat sera une participation plus grande des Québécois dans les affaires de leurs villes ou villages.
À Montréal, cela se traduira par une sensibilité accrue des Montréalais et Montréalaises envers les besoins de leurs concitoyens et l’administration de leur ville. Ce ne sera pas un luxe !
Claude Dupras
À cette fin, le ministre des Affaires Municipales vient de déposer en chambre un projet transitoire pour corriger, à court terme, cette situation. Un projet de loi permanent viendra plus tard après des consultations sur tous les aspects de cette question. Il propose, dans un premier temps, de diminuer les contributions maximale, d’un électeur aux partis municipaux, de 300 $ à 100 $ durant les années non-électorales et à 200 $ lors de l’année de l’élection. Et, pour compenser la diminution de revenus des partis, il déterminera un financement public à leur être verser, qui devra être payé par les villes, sur une base annuelle.
Si on se rapporte à la dernière élection municipale, il n’y avait qu’un parti municipal sur les rangs, celui de Projet Montréal. Le parti Vision Montréal, endetté jusqu’au cou, a fait une alliance avec l’homme d’affaires Marcel Côté et ils ont créé une équipe du nom de Coalition Montréal. L’équipe de Denis Coderre n’était pas un parti mais un regroupement d’individus dont d’ex-conseillers d’Union-Montréal. Celle de Mélanie Joly était incomplète et composée de nouveaux candidats et candidates.
Le gouvernement devra définir clairement ce qu’est un vrai parti politique. À mon avis, un parti devra avoir une constitution, des membres avec cartes, un conseil d’administration élu par les membres, un président, une commission politique, un bureau de recherches, et autres comités. Il devra tenir des réunions sur une base régulière, une assemblée générale annuelle des membres pour choisir démocratiquement les dirigeants et voter sur les politiques proposées, etc… en somme tout ce que requiert une vraie structure démocratique d’un parti sérieux afin de mériter d’être financé par la ville. Il ne s’agit pas, de toute évidence, d’un parti comme celui du maire déchu de Laval, le PRO des Lavallois.
Qu’arrivera-t-il des autres candidats qui veulent se présenter en équipe ou comme indépendants. Entre les élections, ils ne pourront recevoir de contributions de la ville. Cela les motivera peut-être à joindre un des partis municipaux ou à en créer un nouveau. Une bonne chose. Par contre, chaque conseiller indépendant devrait avoir accès au budget de recherches et tous les conseillers devraient avoir droit à un budget de soutien (informatique…).
« Projet Montréal » est le seul vrai parti politique démocratique de la métropole. Son fondateur et chef, Richard Bergeron quittera son poste suite à une troisième défaite à la mairie. Cette nouvelle m’attriste car je la trouve injuste. Voilà un urbaniste qui aime Montréal et qui a bâti un parti politique sérieux avec une constitution, des membres-militants, un programme politique défini par ses membres et qui prend de plus en plus racine dans le territoire de la ville. Il a doublé le nombre de ses élus et est devenu le parti de l’opposition au conseil de ville. Il a les idées, les membres mais n’a pas pu éviter les images et les illusions créées par ses adversaires qui offraient, en réalité, beaucoup moins que lui.
Je ne partage pas l’argument du maire Coderre qui affirme que la présence de partis politiques dans la vie municipale de Montréal n’est pas justifiée puisque la ville n’est pas un corps législatif mais simplement une administration. Le gouvernement municipal sert tous les gens de la ville. Il se doit d’être près d’eux et comprendre leurs préoccupations. Il est important que leurs doléances, leurs avis et leurs suggestions soient entendus. Et cela, non seulement en période électorale, mais à l’année longue. Un administrateur doit bien connaître les problèmes et les opinions de ses administrés !
La dernière élection a démontré que les Montréalais ne se sentent pas impliqués dans les affaires de leur ville puisque seulement 40% des électeurs éligibles se sont présentés aux bureaux du scrutin. Et cela malgré un battage médiatique sans pareil qui a fait en sorte que les candidats ont eu une présence presque constante sur les ondes de nos appareils électroniques et dans les médias sociaux. Il est temps que ça change !
Seuls des partis politiques bien organisés, constamment présents dans la vie municipale, peuvent motiver les citoyens à se joindre à eux comme membres ou à participer à leurs séances publiques visant à informer et écouter les citoyens qui y sont invités. Si Projet Montréal l’a fait, d’autres peuvent le faire.
Voilà, pourquoi j’aime l’idée du ministre des Affaires Municipales de vouloir financer les partis politiques municipaux. L’« Union des Municipalités du Québec » s’y oppose et cela se comprend car la très grande majorité de ses dirigeants ne sont pas membres de vrais partis politiques municipaux. Ils craignent que la nouvelle loi favorise la création de partis à cause du financement disponible. Si c’est cela, tant mieux, car ce qui compte c’est la présence de ces partis politiques municipaux dans chacune des municipalités du Québec. Ils deviendront des outils de la démocratie municipale et le résultat sera une participation plus grande des Québécois dans les affaires de leurs villes ou villages.
À Montréal, cela se traduira par une sensibilité accrue des Montréalais et Montréalaises envers les besoins de leurs concitoyens et l’administration de leur ville. Ce ne sera pas un luxe !
Claude Dupras
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mardi 9 juillet 2013
Election de Montréal: le bon choix
Les dés sont jetés. Le milieu des affaires a obtenu son candidat à la mairie de Montréal en la personne de l’économiste Marcel Côté. Il confrontera Richard Bergeron, Denis Coderre et Mélanie Joly. A mon avis, chacun de ces candidats a le potentiel d’être un bon maire.
L’entrée de Marcel Côté, entouré de joueurs importants de la métropole, a été bien préparée. On ressent qu’il connait bien la ville et qu’il a pour elle de grandes ambitions. Son site web, très bien fait, deviendra le point de repère pour ceux et celles qui voudront savoir ce qu’il pense et fera, s’il est élu. Cependant, j’ai été surpris par son idée de former une coalition avec Vision Montréal et des partis d’arrondissements qui n’existent pas encore et qu’il veut créer. Les problèmes de la dernière administration ont été la conséquence d’une telle coalition. Qu’il s’agisse de « Coalition Montréal » ou « Union Montréal », c’est du pareil au même, au départ. Même conclusion ?
L’alliance avec Louise Harel, chef de Vision Montréal et séparatiste de premier rang est surprenante car Côté est un fédéraliste convaincu. « Ensemble », dit-elle (oui, c’est elle qui parle), « nous créerons une coalition qui permettra à tous les Montréalais, anglophones ou francophones, résidents de l’est ou l’ouest de la ville et quelque soit leur position sur la question nationale », de se sentir à l’aise pour appuyer Marcel Côté à la mairie et pour voter pour les candidats, maires et conseillers, de Vision Montréal et ceux des futurs partis d’arrondissements prêts à appuyer Côté, là où Vision Montréal ne présentera pas de candidat. Il est clair que cet amalgame bizarre permettra à Harel, si Côté est élu, de jouer un rôle capital dans l’administration de la ville.
Opportuniste, Harel, en désespoir de cause, s’est jetée dans les bras de Côté. Trois maires d’arrondissements, élus sous sa bannière, l’avaient quittée pour joindre Denis Coderre, la dette de son parti dépasse les 500 000$ et les sondages montraient son impopularité. Son avenir n’était pas rose. Pour s’en tirer, elle se camoufle avec le mot « coalition », alors qu’il devrait être « arrangement ». J’ai été surpris que Côté accepte. En fait, c’est potentiellement un futur « nid à chicanes » car rien ne garantit que dans les moments de grande décision, Harel sera là pour l’appuyer. J’espère, pour lui, qu’il puisse faire élire une majorité de conseillers au conseil municipal, hors-Vision-Montréal.
Un vrai parti politique est un ensemble de personnes ayant des opinions, des aspirations, des affinités communes et associées en vue d'une action politique.
Dans les années ’40 et ’50, Montréal a vécu des coalitions et ce ne furent pas ses périodes les plus roses. Ce qui se passait au conseil municipal était honteux. La venue du parti de l’Action Civique de Pierre Desmarais, devenu le Parti Civique de Jean Drapeau a permis d’éliminer la pagaille et la corruption. Montréal a alors été relancée grâce à l’unité de pensée et d’action des conseillers de ces partis. Forte d’une saine majorité au conseil municipal, Montréal a pu réaliser l’expo67, les JO de 1976, la construction du métro, etc…Ces conseillers savaient qu’en travaillant ensemble, la ville et les Montréalais seraient bien servis.
Au Parti Civique, le membership était limité à un seul membre par district électoral (58) plus le maire. Le parti a duré plus de 30 ans. A chaque élection, des légions de supporteurs motivés par ses actions se levaient pour l’aider à gagner. J’étais l’un d’eux.
Le RCM de 1986 comptait 25 000 membres grâce à l’union de différents groupes de citoyens qui réclamaient des changements à la vie urbaine de leur milieu. C’était un vrai parti démocratique. Il a été fortement élu. Une fois au pouvoir, ses dirigeants qui n’avaient pas une pensée commune ont oublié les points principaux de son programme politique au point qu’à l’élection de 1990, le parti n’avait qu’un peu plus de 4 000 membres, pour se retrouver en 1994 avec une poignée d’individus. Pour survivre, il s’est rallié au nouveau parti Vision Montréal de Pierre Bourque, qui devint maire. Depuis il a disparu.
Élu en 2001, le parti Union Montréal du maire Tremblay a fait, avec sa majorité, de grandes choses pour la métropole, mais malheureusement il a faussé le système en exerçant un patronage honteux et malhonnête visant à garnir sa caisse électorale. En 2013, après 12 ans de pouvoir, le parti a été dissout.
Aujourd’hui, un seul vrai parti démocratique montréalais demeure sur les rangs. C’est Projet Montréal, créé en 2004 par son chef Richard Bergeron, architecte et urbaniste. Ce dernier est à nouveau candidat à la mairie. Son malheur actuel est qu’il souffre d’un problème d’image. Plusieurs de ses prises de position des dernières années ont donné l’impression qu’il est irréaliste. Ses commentaires trop souvent bizarres ont arrêté l’ascension de sa popularité et depuis, son parti stagne dans l’opinion publique. J’espère, pour lui, qu’il saura dissiper ces soupçons.
Quant à Denis Coderre, ex-ministre fédéral et ex-député durant 16 ans, il propose une équipe portant son nom, sans structure démocratique, et bâti avec 50% d’ex-élus-transfuges. Il blâme la formule de parti pour la collusion et la corruption et affirme, avec raison, que Montréal a besoin pour progresser de l’unité de ses élus. La question qui se pose : « peut-on réaliser une telle majorité avec des vire-capots ».
Enfin, il y a l’avocate Mélanie Joly. Bien éduquée à Montréal et à Oxford, elle est une jeune femme brillante, impressionnante et nous entendrons beaucoup parler d’elle dans l’avenir et qui sait si un jour elle n’atteindra pas son ambition d’être maire de Montréal.
À ce moment crucial, Montréal a besoin d’un vrai chef politique pour diriger notre ville, appuyé par une équipe solide, unie, déterminée et… majoritaire. Les Montréalaises et les Montréalais se doivent, durant la campagne électorale qui s’amorce, de porter toute leur attention aux faits et gestes de chacun des candidats à la mairie et aux postes de conseiller, d’apprendre à les connaître, d’apprécier leurs idées, de déterminer leur sens civique et leur esprit d’équipe.
Avec internet, toutes les informations sur chacun des candidats sont maintenant à la portée de tous. Il n’y aura donc plus d’excuses pour ne pas déposer un vote sérieusement réfléchi. Finie la partisannerie aveugle… Un choix judicieux de nos prochains dirigeants devient d’importance capitale pour l’avenir de Montréal.
Claude Dupras
L’entrée de Marcel Côté, entouré de joueurs importants de la métropole, a été bien préparée. On ressent qu’il connait bien la ville et qu’il a pour elle de grandes ambitions. Son site web, très bien fait, deviendra le point de repère pour ceux et celles qui voudront savoir ce qu’il pense et fera, s’il est élu. Cependant, j’ai été surpris par son idée de former une coalition avec Vision Montréal et des partis d’arrondissements qui n’existent pas encore et qu’il veut créer. Les problèmes de la dernière administration ont été la conséquence d’une telle coalition. Qu’il s’agisse de « Coalition Montréal » ou « Union Montréal », c’est du pareil au même, au départ. Même conclusion ?
L’alliance avec Louise Harel, chef de Vision Montréal et séparatiste de premier rang est surprenante car Côté est un fédéraliste convaincu. « Ensemble », dit-elle (oui, c’est elle qui parle), « nous créerons une coalition qui permettra à tous les Montréalais, anglophones ou francophones, résidents de l’est ou l’ouest de la ville et quelque soit leur position sur la question nationale », de se sentir à l’aise pour appuyer Marcel Côté à la mairie et pour voter pour les candidats, maires et conseillers, de Vision Montréal et ceux des futurs partis d’arrondissements prêts à appuyer Côté, là où Vision Montréal ne présentera pas de candidat. Il est clair que cet amalgame bizarre permettra à Harel, si Côté est élu, de jouer un rôle capital dans l’administration de la ville.
Opportuniste, Harel, en désespoir de cause, s’est jetée dans les bras de Côté. Trois maires d’arrondissements, élus sous sa bannière, l’avaient quittée pour joindre Denis Coderre, la dette de son parti dépasse les 500 000$ et les sondages montraient son impopularité. Son avenir n’était pas rose. Pour s’en tirer, elle se camoufle avec le mot « coalition », alors qu’il devrait être « arrangement ». J’ai été surpris que Côté accepte. En fait, c’est potentiellement un futur « nid à chicanes » car rien ne garantit que dans les moments de grande décision, Harel sera là pour l’appuyer. J’espère, pour lui, qu’il puisse faire élire une majorité de conseillers au conseil municipal, hors-Vision-Montréal.
Un vrai parti politique est un ensemble de personnes ayant des opinions, des aspirations, des affinités communes et associées en vue d'une action politique.
Dans les années ’40 et ’50, Montréal a vécu des coalitions et ce ne furent pas ses périodes les plus roses. Ce qui se passait au conseil municipal était honteux. La venue du parti de l’Action Civique de Pierre Desmarais, devenu le Parti Civique de Jean Drapeau a permis d’éliminer la pagaille et la corruption. Montréal a alors été relancée grâce à l’unité de pensée et d’action des conseillers de ces partis. Forte d’une saine majorité au conseil municipal, Montréal a pu réaliser l’expo67, les JO de 1976, la construction du métro, etc…Ces conseillers savaient qu’en travaillant ensemble, la ville et les Montréalais seraient bien servis.
Au Parti Civique, le membership était limité à un seul membre par district électoral (58) plus le maire. Le parti a duré plus de 30 ans. A chaque élection, des légions de supporteurs motivés par ses actions se levaient pour l’aider à gagner. J’étais l’un d’eux.
Le RCM de 1986 comptait 25 000 membres grâce à l’union de différents groupes de citoyens qui réclamaient des changements à la vie urbaine de leur milieu. C’était un vrai parti démocratique. Il a été fortement élu. Une fois au pouvoir, ses dirigeants qui n’avaient pas une pensée commune ont oublié les points principaux de son programme politique au point qu’à l’élection de 1990, le parti n’avait qu’un peu plus de 4 000 membres, pour se retrouver en 1994 avec une poignée d’individus. Pour survivre, il s’est rallié au nouveau parti Vision Montréal de Pierre Bourque, qui devint maire. Depuis il a disparu.
Élu en 2001, le parti Union Montréal du maire Tremblay a fait, avec sa majorité, de grandes choses pour la métropole, mais malheureusement il a faussé le système en exerçant un patronage honteux et malhonnête visant à garnir sa caisse électorale. En 2013, après 12 ans de pouvoir, le parti a été dissout.
Aujourd’hui, un seul vrai parti démocratique montréalais demeure sur les rangs. C’est Projet Montréal, créé en 2004 par son chef Richard Bergeron, architecte et urbaniste. Ce dernier est à nouveau candidat à la mairie. Son malheur actuel est qu’il souffre d’un problème d’image. Plusieurs de ses prises de position des dernières années ont donné l’impression qu’il est irréaliste. Ses commentaires trop souvent bizarres ont arrêté l’ascension de sa popularité et depuis, son parti stagne dans l’opinion publique. J’espère, pour lui, qu’il saura dissiper ces soupçons.
Quant à Denis Coderre, ex-ministre fédéral et ex-député durant 16 ans, il propose une équipe portant son nom, sans structure démocratique, et bâti avec 50% d’ex-élus-transfuges. Il blâme la formule de parti pour la collusion et la corruption et affirme, avec raison, que Montréal a besoin pour progresser de l’unité de ses élus. La question qui se pose : « peut-on réaliser une telle majorité avec des vire-capots ».
Enfin, il y a l’avocate Mélanie Joly. Bien éduquée à Montréal et à Oxford, elle est une jeune femme brillante, impressionnante et nous entendrons beaucoup parler d’elle dans l’avenir et qui sait si un jour elle n’atteindra pas son ambition d’être maire de Montréal.
À ce moment crucial, Montréal a besoin d’un vrai chef politique pour diriger notre ville, appuyé par une équipe solide, unie, déterminée et… majoritaire. Les Montréalaises et les Montréalais se doivent, durant la campagne électorale qui s’amorce, de porter toute leur attention aux faits et gestes de chacun des candidats à la mairie et aux postes de conseiller, d’apprendre à les connaître, d’apprécier leurs idées, de déterminer leur sens civique et leur esprit d’équipe.
Avec internet, toutes les informations sur chacun des candidats sont maintenant à la portée de tous. Il n’y aura donc plus d’excuses pour ne pas déposer un vote sérieusement réfléchi. Finie la partisannerie aveugle… Un choix judicieux de nos prochains dirigeants devient d’importance capitale pour l’avenir de Montréal.
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mardi 11 juin 2013
Le milieu des affaires et la politique
On dit que la politique et les affaires ne vont pas ensemble, que diriger une ville n’est pas comme diriger une grande entreprise. Il y a du vrai dans ces affirmations. Pourtant le milliardaire Michael Bloomberg a été élu et réélu maire de New York et, selon l’avis de tous les observateurs, il fait une job du tonnerre.
À Montréal, le monde des affaires recherche un candidat à la mairie pour l’élection de novembre prochain. Il lève le nez sur les candidats actuels, particulièrement sur Denis Coderre, trop populiste à son goût. Comme si se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes et de sa défense contre les torts qu’il subit est inacceptable. Peut-être pour certains individus du monde des affaires qui ne comprennent rien aux préoccupations de tous les Montréalais, mais pas pour un gars qui a toujours démontré sa sensibilité envers ses concitoyens comme l'était jadis l’ex-« p’tit gars de Ste-Marie », le célèbre maire Camilien Houde.
Certains, plus politiques, veulent un maire à tendance séparatiste alors que d’autres le veulent fédéraliste. Ils oublient que diriger et administrer la ville de Montréal n’a rien à voir avec les aspirations nationales des Québécoises et Québécois. Dans le passé, certains ont accusé Jean Drapeau d’être un nationaliste farouche et pour d’autres, il était un fédéraliste convaincu. En aucun moment, durant les 30 ans qu’il a été maire, pouvons-nous lui reprocher d’avoir poser un geste favorisant un côté au détriment l’autre. Il était un homme cultivé, visionnaire, dynamique, persuasif, travailleur et un super ambassadeur pour Montréal. L’Expo67, les JO de 1976, le métro et la ville souterraine ne sont que quelques-unes de ses réalisations qui ont fait de Montréal une ville moderne. C’est le type de maire dont a besoin aujourd’hui.
En fait, les arguments pour ou contre un candidat du milieu des affaires ou d’un populiste ou d’un fédéraliste ou d’un séparatiste ne tiennent pas.
Montréal traverse une période difficile, particulièrement en rapport avec une observation rigoureuse de la justice et de la morale dans les faits et gestes de son administration. La commission Charbonneau qui enquête sur la construction a démasqué une série de combinaisons malhonnêtes entre hauts fonctionnaires, ingénieurs municipaux, entrepreneurs de construction, ingénieurs-conseils et personnages politiques. Manque d’éthique professionnelle, magouille, tricherie, vol, crime organisé…. tout y a passé. Une vraie honte.
Le prochain maire doit donc être solide, fort, irréprochable tout en étant un très bon administrateur afin que Montréal puisse corriger son tir et assurer que son développement futur soit bien fait. Face à une telle situation, il ne pourra, de toute évidence, être seul. La qualité des membres de son équipe devient donc de prime importance, plus qu’à la normale. Ce sont tous ces individus qu’il nous faudra regarder, analyser, peser, sous-peser et apprécier. Le candidat à la mairie fera-t-il (elle) un bon maire pour le Montréal d’aujourd’hui et de demain ? A-t-il (elle) avec lui (elle) l’équipe capable de l’aider à sortir Montréal du bourbier dans lequel il est enlisé ? Peuvent-ils ensemble propulser Montréal vers l’avenir qui doit être le sien, soit celle d’une grande métropole bien administrée qui progresse et où il fait bon vivre ?
À ce jour, Louise Harel, Richard Bergeron, Denis Coderre sont sur les rangs pour la mairie. D’autres noms circulent et viennent particulièrement du milieu des affaires, tels Mélanie Roy et Marcel Coté. Mélanie Roy est inconnue des Montréalaises et Montréalais. Quant à Marcel Coté, il est peu connu de la population malgré qu’il, depuis plus de 40 ans, dirige avec succès SECOR, son cabinet indépendant de services-conseils en gestion stratégique du Canada. Ses conseils ont toujours été fort appréciés par des personnages politiques de toutes allégeances. Sa réputation professionnelle est solide.
A mon avis, Côté pourrait faire un bon maire. Mais peut-il être élu ? Voilà la question. La politique étant un commerce d’images et d’illusions, saura-t-il comment s’y prendre en période électorale pour atteindre le cœur des électeurs montréalais. Une politique ABC (Anyone But Coderre), comme se plait à répéter le milieu des affaires, ne sera pas suffisante. Sur ce point, j’ai l’impression que Denis Coderre a une bonne marge d’avance.
Il y a aussi la question nationale. Une bonne partie de la population de l’est de Montréal est à tendance séparatiste et ce vote est crucial pour assurer l’élection. Les fortes positions fédéralistes exprimées par Côté dans le passé ne peuvent plaire à ces électeurs, nonobstant toutes ses qualités. Pour réussir, il devra trouver un appui fort et sérieux dans ce milieu sous la forme d’un candidat important et acceptable à qui il aura assuré un haut poste dans son administration. La rumeur veut que Louise Harel, ex-ministre péquiste et chef de Vision Montréal, pourrait jouer ce rôle. En date d’aujourd’hui, elle nie vouloir se plier à une telle combine. Si ce n’est pas elle, ce devra être une autre personne. C’est possible, mais pas facile.
Quant au fait que Coderre soit un ancien député fédéraliste, il s’en tire relativement bien auprès des péquistes puisque ses qualités de populiste atténuent beaucoup les sentiments anti-fédéralistes contre lui. Mais pour lui aussi la partie n’est pas gagnée.
La prochaine élection municipale de Montréal s’avère très intéressante. À suivre…
Claude Dupras
À Montréal, le monde des affaires recherche un candidat à la mairie pour l’élection de novembre prochain. Il lève le nez sur les candidats actuels, particulièrement sur Denis Coderre, trop populiste à son goût. Comme si se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes et de sa défense contre les torts qu’il subit est inacceptable. Peut-être pour certains individus du monde des affaires qui ne comprennent rien aux préoccupations de tous les Montréalais, mais pas pour un gars qui a toujours démontré sa sensibilité envers ses concitoyens comme l'était jadis l’ex-« p’tit gars de Ste-Marie », le célèbre maire Camilien Houde.
Certains, plus politiques, veulent un maire à tendance séparatiste alors que d’autres le veulent fédéraliste. Ils oublient que diriger et administrer la ville de Montréal n’a rien à voir avec les aspirations nationales des Québécoises et Québécois. Dans le passé, certains ont accusé Jean Drapeau d’être un nationaliste farouche et pour d’autres, il était un fédéraliste convaincu. En aucun moment, durant les 30 ans qu’il a été maire, pouvons-nous lui reprocher d’avoir poser un geste favorisant un côté au détriment l’autre. Il était un homme cultivé, visionnaire, dynamique, persuasif, travailleur et un super ambassadeur pour Montréal. L’Expo67, les JO de 1976, le métro et la ville souterraine ne sont que quelques-unes de ses réalisations qui ont fait de Montréal une ville moderne. C’est le type de maire dont a besoin aujourd’hui.
En fait, les arguments pour ou contre un candidat du milieu des affaires ou d’un populiste ou d’un fédéraliste ou d’un séparatiste ne tiennent pas.
Montréal traverse une période difficile, particulièrement en rapport avec une observation rigoureuse de la justice et de la morale dans les faits et gestes de son administration. La commission Charbonneau qui enquête sur la construction a démasqué une série de combinaisons malhonnêtes entre hauts fonctionnaires, ingénieurs municipaux, entrepreneurs de construction, ingénieurs-conseils et personnages politiques. Manque d’éthique professionnelle, magouille, tricherie, vol, crime organisé…. tout y a passé. Une vraie honte.
Le prochain maire doit donc être solide, fort, irréprochable tout en étant un très bon administrateur afin que Montréal puisse corriger son tir et assurer que son développement futur soit bien fait. Face à une telle situation, il ne pourra, de toute évidence, être seul. La qualité des membres de son équipe devient donc de prime importance, plus qu’à la normale. Ce sont tous ces individus qu’il nous faudra regarder, analyser, peser, sous-peser et apprécier. Le candidat à la mairie fera-t-il (elle) un bon maire pour le Montréal d’aujourd’hui et de demain ? A-t-il (elle) avec lui (elle) l’équipe capable de l’aider à sortir Montréal du bourbier dans lequel il est enlisé ? Peuvent-ils ensemble propulser Montréal vers l’avenir qui doit être le sien, soit celle d’une grande métropole bien administrée qui progresse et où il fait bon vivre ?
À ce jour, Louise Harel, Richard Bergeron, Denis Coderre sont sur les rangs pour la mairie. D’autres noms circulent et viennent particulièrement du milieu des affaires, tels Mélanie Roy et Marcel Coté. Mélanie Roy est inconnue des Montréalaises et Montréalais. Quant à Marcel Coté, il est peu connu de la population malgré qu’il, depuis plus de 40 ans, dirige avec succès SECOR, son cabinet indépendant de services-conseils en gestion stratégique du Canada. Ses conseils ont toujours été fort appréciés par des personnages politiques de toutes allégeances. Sa réputation professionnelle est solide.
A mon avis, Côté pourrait faire un bon maire. Mais peut-il être élu ? Voilà la question. La politique étant un commerce d’images et d’illusions, saura-t-il comment s’y prendre en période électorale pour atteindre le cœur des électeurs montréalais. Une politique ABC (Anyone But Coderre), comme se plait à répéter le milieu des affaires, ne sera pas suffisante. Sur ce point, j’ai l’impression que Denis Coderre a une bonne marge d’avance.
Il y a aussi la question nationale. Une bonne partie de la population de l’est de Montréal est à tendance séparatiste et ce vote est crucial pour assurer l’élection. Les fortes positions fédéralistes exprimées par Côté dans le passé ne peuvent plaire à ces électeurs, nonobstant toutes ses qualités. Pour réussir, il devra trouver un appui fort et sérieux dans ce milieu sous la forme d’un candidat important et acceptable à qui il aura assuré un haut poste dans son administration. La rumeur veut que Louise Harel, ex-ministre péquiste et chef de Vision Montréal, pourrait jouer ce rôle. En date d’aujourd’hui, elle nie vouloir se plier à une telle combine. Si ce n’est pas elle, ce devra être une autre personne. C’est possible, mais pas facile.
Quant au fait que Coderre soit un ancien député fédéraliste, il s’en tire relativement bien auprès des péquistes puisque ses qualités de populiste atténuent beaucoup les sentiments anti-fédéralistes contre lui. Mais pour lui aussi la partie n’est pas gagnée.
La prochaine élection municipale de Montréal s’avère très intéressante. À suivre…
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