Aux USA, en France et au Québec, il y a eu des élections en 2012. Ce furent, je crois plus que jamais, des périodes durant lesquelles nous avons entendu des discours qui n’avaient rien à voir avec la réalité.
Au Québec, le gouvernement de Jean Charest a été défait par le Parti Québécois de Pauline Marois. Après avoir dirigé ses troupes de l’opposition officielle dans des combats démagogiques et salissants contre le pouvoir libéral, elle a fait campagne en promettant des choses aussi irréalistes les unes que les autres. Grâce à la conjoncture politique, découlant des révélations de collusion et de corruption dans le domaine de la construction, elle a réussi à gagner une courte victoire la plaçant à la tête d’un gouvernement minoritaire péquiste. Depuis, elle recule sur presque tout ce qu’elle a promis en période électorale. Je ne suis pas surpris car j’ai toujours pensé que Pauline Marois savait qu’elle ne pourrait respecter ses promesses qui allaient, de toute évidence, contre le meilleur intérêt du développement du Québec. Mais pour gagner des votes, elle a dit et répété des paroles en l’air pour plaire à une partie de l’électorat. Aujourd’hui, elle se défend de « virer obligatoirement son capot » puisqu’elle dirige un gouvernement minoritaire. Pourtant, elle avait promis de soumettre intégralement, dans une telle situation, ses promesses aux partis d’opposition pour adoption par l’Assemblée Nationale. Les arguments de chefs d’entreprise, d’investisseurs et de prêteurs l’ont vite ramenée à la raison et aux positions politiques de son prédécesseur comme nous venons de le constater pour le projet Plan Nord qu’elle a fait sien malgré qu’elle l’ait vilipendé sans cesse dans le passé. Enfin, elle se montre responsable !
En France, depuis son élection, François Hollande a respecté ses promesses. Le malheur pour les Français, c’est qu’elles étaient irréalistes et ne tenaient pas compte de la crise économique qui dévalait à pleine vitesse sur la France et l’Europe au moment de la période électorale. Nonobstant qu’il ait été mis au courant de la situation exacte de l’économie française à son entrée à l’Élysée, Hollande a persisté pour faire adopter son programme en rejetant le blâme des problèmes qui confrontent la France sur son prédécesseur. Pour démontrer qu’il n’avait qu’une parole, il a agi en petit politicien irresponsable refusant de reconnaître que ses promesses étaient des embûches additionnelles au redressement économique de la France. Alors que le bon sens exigeait des coupures dans les dépenses gouvernementales pour aider l’économie à reprendre son souffle, Hollande a créé 60,000 nouveaux postes de fonctionnaires en éducation, 15,000 autres ailleurs, relevé les impôts de la classe moyenne et ceux des riches, annulé la TVA sociale, etc… tout en tenant un discours revanchard contre les entreprises, leurs dirigeants, les innovateurs, les investisseurs… l’argent en général. Il a fait peur à tous ces créateurs d’emplois au point que déjà plus de 5 000 d’entre eux ont déménagé leur domicile hors France, sans compter ceux qui ne sont pas comptabilisés. Il faut vraiment se ressentir mal traité pour vouloir quitter un pays comme la France où la qualité de vie est exceptionnelle.
Hollande a promis la croissance disant son horreur pour l‘austérité, mais depuis qu’il dirige la barque française, cette dernière a augmenté considérablement et empire à un rythme dangereux. J’exagère direz-vous ? Allez le dire aux plus de 10,3 % de chômeurs français alors que 2013 s’annonce pire selon tous les prévisionnistes. Les paroles d’Hollande étaient manifestement des paroles en l’air prononcées dans le simple but de gagner des votes, sans tenir compte de l’intérêt supérieur de la France. Pour lui, seule comptait la conquête du pouvoir par les socialistes. Aujourd’hui, jour après jour, on se rend compte qu’ils ne savent même pas comment l’exercer.
Hier, Hollande a dit vouloir être au poste tous les jours avec ses ministres, durant la période des fêtes, afin de travailler à résoudre le chômage et les autres malheurs qui s’abattent sur la France. Encore des images et des paroles en l’air pour chercher à sortir du plus en plus profond trou d’impopularité dans lequel il s’est enfoncé. Il veut faire croire qu’il est présent et que le nombre d’heures au travail compte, alors que nous savons tous que ce sont les décisions politiques qui changent tout.
Aux États-Unis, le candidat républicain Mitt Romney a dit tout ce qu’il ne fallait pas dire. Lors des primaires de son parti, il a fait siennes les opinions de l’extrême droite, des ultraconservateurs, des évangélistes, des porteurs d’armes, des nantis égoïstes, des anti-avortement et d’autres groupes de même acabit. Il a refusé de tenir compte des positions des femmes, des latinos, des noirs, des jeunes, des intellectuels, des scientistes et de plusieurs groupes de la société américaine qui s’opposaient aux positions radicales qu’ils énonçaient. Puis, vint la campagne électorale contre le président Barack Obama. Alors là, sans honte, il changea vitement son fusil d’épaule pour chercher à rallier ces dissidents à sa cause. Appuyé par des groupes d’intérêts hautement financés par les mêmes riches, il a couvert les ondes mur-à-mur pour répandre ses nouvelles positions. Il a tout dit même au risque de perdre la face, ce qu’il fit plusieurs fois. Le manque de constance dans ses propos et ses positions virevoltantes a fait comprendre aux électeurs américains que les mots de Romney n’étaient que paroles, paroles, paroles en l’air et qu’il n’y croyait pas lui-même. Il devint clair qu’il ne méritait pas le poste de leader de leur nation. Barack Obama, de son côté, montrait quotidiennement ses qualités de président et a obtenu une victoire d’une ampleur inespérée malgré une économie qui roulait mal, où les salaires diminuaient.
Quelle triste farce que ces discours de mots en l’air par des personnages politiques importants, alors qu’il n’y a pas de travail pour une majorité de jeunes diplômés particulièrement pour ceux de quartiers difficiles qui ont étudié pour sortir de la pesanteur de leur milieu. Et ceux qui ont déniché un emploi font trop souvent un travail dégradant qui ne correspond pas au niveau de leurs études ni de leurs capacités intellectuelles, avec une rémunération qui permet peu. Nous leur avons dit : « étudiez et vous aurez une bonne « job », voilà qu’ils se retrouvent sans chance, sans responsabilité, peu ou pas de salaire. Au même moment, ces jeune constatent un système économique dont la bourse est truquée par certains, une spéculation grandissante, une dé-régularisation qui devient le remède à tous les maux. Ils réalisent que tout ce qui se passe ne tient pas vraiment compte de l’intérêt général.
Ces politiciens opportunistes, dont le leadership a été trop souvent acquis grâce aux images et illusions créées lors de période électorale, sont trop souvent incompétents. Que faire ?
Allons-nous continuer à jouer avec le feu ? Allons-nous nous laisser berner longtemps par des paroles en l’air, encore et encore, alors que la maison brûle ?
Nous sommes dans le temps des fêtes. C’est le bon temps pour nous de prendre la résolution de ne pas devenir les dindons de la farce !
Claude Dupras
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vendredi 28 décembre 2012
2012, année de paroles, paroles, paroles… en l’air
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dimanche 9 décembre 2012
USA, l’heure de vérité
2012 marque la fin de l’importante réduction générale des impôts, accordée par l’ex président américain GWBush, en 2001 et 2003, pour relancer l’économie de son pays. Cette loi de finance devait se terminer en décembre 2010. À ce moment-là, le président Obama, suite à un dur débat a dû accepter une extension de deux ans. Elle se termine donc le 31 décembre prochain.
Les réductions de taxes ont non seulement bénéficié aux riches mais aussi aux payeurs de taxes de la classe moyenne. Bush a toujours affirmé qu’il pensait nécessaire de stimuler davantage la reprise de l’économie et la création d’emplois pour générer plus de revenus. Se fiant au succès obtenu par son mentor Ronald Reagan, qui avait lancé un tel programme, il assurait le peuple américain que ces réductions se paieraient d’elles même. Mais Bush a lancé deux guerres qu’il a dû financer et a engagé des dépenses croissantes malgré une dette qui grossissait à vue d’œil.
Dès les premiers jours, les opposants ont engagé un vigoureux débat sur les coûts et bénéfices de ces décisions surtout sur celles qui favorisaient les riches. Ils ont souligné, entre autres, que ces derniers étaient vraiment gâtés puisqu’en plus ils bénéficiaient de nouvelles mesures diminuant la taxe sur les gains capitaux. Ils ont démontré que ces décisions augmenteraient appréciablement l’inégalité entre les Américains et iraient à l’encontre du principe de la distribution des richesses par un gouvernement. Ils ont même évoqué un danger possible à la sécurité nationale.
Quelques années plus tard, GWBush et son vice-président Dick Cheney ont affirmé qu’effectivement les diminutions des taux d’impôts s’étaient payées d’elles-mêmes. Ces affirmations gratuites ont été contredites par le Département du trésor américain qui a déclaré n’avoir pas de preuves concrètes démontrant leur véracité puisque les revenus d’impôt depuis 2001, sauf en 2007, ont été inférieurs à la moyenne de 8,4 % du PIB des trente dernières années.
Par ailleurs, la dette américaine a littéralement explosée. Les coupures de taxes de Bush y ont ajouté 1,6 trillions de $, sans compter les intérêts. Mais elles ne sont pas le plus grand contributeur à cette augmentation de la dette puisque l’accroissement des dépenses les surpasse. L’incapacité ou le non-vouloir des présidents Bush et Obama à réduire les dépenses est donc aussi à blâmer.
Aujourd’hui, la dette américaine est de 16 359 000 000 000 $. Elle était de 5,94 trillions $ lorsque GWBush devint président et avait atteint 12,3 trillions $ à la venue d’Obama. Selon les économistes et experts financiers, cet accroissement rapide devient intolérable car il est un danger non seulement pour l’économie des USA mais pour celle du monde.
Depuis la crise bancaire, les mesures temporaires d’injection de capitaux dans les banques et la diminution des taux d’intérêts ont eu des effets positifs aux USA. Le taux de chômage a diminué de 9,8 % à 7,7 % durant le deux dernières années. En novembre 2012, l’emploi a grimpé de 147 000 emplois (pour un 15ième mois consécutif). Il y a aussi le fait que des compagnies américaines comme Apple viennent tout juste de décider de rapatrier une partie de la fabrication de leurs produits sur le sol américain. Cela va dans le bon sens.
Malgré ces indications, plusieurs experts craignent cependant le pire puisque l’économie mondiale dépend du consommateur américain comme une source importante de sa demande. Ils s’inquiètent du faible taux de croissance des USA et de la diminution de celle de la zone euro, du Japon et d’ailleurs qui ajoutent au problème. Même les pays en développement qui profitaient d’une économie de plus en plus forte pour se développer sont aujourd’hui affectés par des ralentissements de production. L’emploi et la qualité de vie en souffrent un peu partout.
Voilà pourquoi, le gouvernement américain qui est au cœur de cette tourmente doit prendre les bonnes décisions afin d’assurer la stabilisation financière des USA. Et l’heure de vérité approche, puisqu’elle est fixée au 31 décembre 2012 à minuit. Les Américains la surnomment « the fiscal cliff », qui est devenu au Québec, avec notre bonne habitude de tout traduire en français, la falaise fiscale.
À ce jour, les deux partis politiques américains, Démocrate et Républicain, ont des vues opposées pour la solution. Lors de la récente élection présidentielle, le candidat républicain Romney a proposé la politique « aucune augmentation de taxes pour personnes ». Obama, qualifiant cette approche d’irresponsable, a répliqué en promettant de ne pas toucher aux taux d’imposition de la classe moyenne mais d’augmenter ceux des riches au niveau qu’ils étaient en 2001.
La victoire électorale d’Obama fut décisive et surprenante par son envergure. Aujourd’hui, les démocrates d’Obama maintiennent sa position électorale et les républicains marient celle de Romney. Ces derniers veulent surtout éviter toutes augmentations aux riches qui les appuient et les financent.
De plus, chacun est favorable à des coupures importantes des dépenses gouvernementales. Les républicains en proposent de plus radicales puisqu’ils devront compenser pour le manque de revenus qu’une augmentation de la taxe apporterait au trésor américain. Ils voulaient mettre la hache dans le nouveau régime de santé pour tous « Obamacare », mais le résultat de l’élection les en empêche. Ils veulent donc sabrer ailleurs et profondément, où ça fait mal !
À cause de l’écrasante majorité républicaine à la Chambre des représentants, une entente est nécessaire entre les partis si le président veut atteindre son objectif. Déjà, il a proposé l’adoption immédiate d’une loi spéciale pour garantir que les taux touchant la classe moyenne ne soient pas modifiés. Les républicains l’ont refusée et réclament un compromis, qu’Obama rejette.
Je crois qu’à la fin, les républicains cèderont. Ils ne peuvent faire autrement suite à l’humiliante défaite de leur parti à la dernière élection, malgré qu’ils aient dépensé des centaines de millions $ de plus qu’Obama. Ils se sont finalement rendu compte que l’argent n’assure pas toujours les victoires électorales. Se croyant gagnants, ils ont négligé les besoins et les opinions de larges franges de la population comme les moins nantis, les femmes et les latinos. Dorénavant, ils doivent penser à l’avenir pour gagner la présidence et le Sénat. Cela veut dire pour eux, chercher à récupérer le plus grand nombre possible de ces électeurs pour la prochaine élection. Emprunter la voie politique d’Obama pourrait les aider dans l’opinion publique.
Un autre problème pour les républicains est le fait que plusieurs de leurs actuels élus se pensent prisonniers d’un document qu’ils ont signé par lequel ils s’engageaient à ne jamais voter pour une augmentation de taxes. Ce serment « Taxpayer protection pledge "TPP" » a été signé par 236 des 242 républicains élus actuels de la Chambre des représentants et par sept des 47 sénateurs républicains. À mon avis, il allait contre le fondement du serment d’office de chacun de ces élus par lequel il s’engage à servir ses commettants le mieux possible nonobstant toute influence extérieure. C’est la peur de ne pas être réélus qui les a forcés à signer ce document véreux. Chacun d’entre-eux se sentait politiquement menacé par les groupes de droite, comme le Tea Party, qui, advenant une non-signature, déploieraient tous les efforts d’organisation et financiers contre lui.
Heureusement, depuis quelques semaines, certains représentants républicains, parmi les principaux, ont affirmé publiquement qu’ils ne respecteraient plus le TPP et supporteraient des augmentations de taxes. À ce jour, le nombre n’est pas suffisant pour assurer Obama que son projet pourra être voté par la Chambre des représentants. Mais à lire tout ce que je lis sur la question, j’ai bon espoir qu’il réussira.
Claude Dupras
Les réductions de taxes ont non seulement bénéficié aux riches mais aussi aux payeurs de taxes de la classe moyenne. Bush a toujours affirmé qu’il pensait nécessaire de stimuler davantage la reprise de l’économie et la création d’emplois pour générer plus de revenus. Se fiant au succès obtenu par son mentor Ronald Reagan, qui avait lancé un tel programme, il assurait le peuple américain que ces réductions se paieraient d’elles même. Mais Bush a lancé deux guerres qu’il a dû financer et a engagé des dépenses croissantes malgré une dette qui grossissait à vue d’œil.
Dès les premiers jours, les opposants ont engagé un vigoureux débat sur les coûts et bénéfices de ces décisions surtout sur celles qui favorisaient les riches. Ils ont souligné, entre autres, que ces derniers étaient vraiment gâtés puisqu’en plus ils bénéficiaient de nouvelles mesures diminuant la taxe sur les gains capitaux. Ils ont démontré que ces décisions augmenteraient appréciablement l’inégalité entre les Américains et iraient à l’encontre du principe de la distribution des richesses par un gouvernement. Ils ont même évoqué un danger possible à la sécurité nationale.
Quelques années plus tard, GWBush et son vice-président Dick Cheney ont affirmé qu’effectivement les diminutions des taux d’impôts s’étaient payées d’elles-mêmes. Ces affirmations gratuites ont été contredites par le Département du trésor américain qui a déclaré n’avoir pas de preuves concrètes démontrant leur véracité puisque les revenus d’impôt depuis 2001, sauf en 2007, ont été inférieurs à la moyenne de 8,4 % du PIB des trente dernières années.
Par ailleurs, la dette américaine a littéralement explosée. Les coupures de taxes de Bush y ont ajouté 1,6 trillions de $, sans compter les intérêts. Mais elles ne sont pas le plus grand contributeur à cette augmentation de la dette puisque l’accroissement des dépenses les surpasse. L’incapacité ou le non-vouloir des présidents Bush et Obama à réduire les dépenses est donc aussi à blâmer.
Aujourd’hui, la dette américaine est de 16 359 000 000 000 $. Elle était de 5,94 trillions $ lorsque GWBush devint président et avait atteint 12,3 trillions $ à la venue d’Obama. Selon les économistes et experts financiers, cet accroissement rapide devient intolérable car il est un danger non seulement pour l’économie des USA mais pour celle du monde.
Depuis la crise bancaire, les mesures temporaires d’injection de capitaux dans les banques et la diminution des taux d’intérêts ont eu des effets positifs aux USA. Le taux de chômage a diminué de 9,8 % à 7,7 % durant le deux dernières années. En novembre 2012, l’emploi a grimpé de 147 000 emplois (pour un 15ième mois consécutif). Il y a aussi le fait que des compagnies américaines comme Apple viennent tout juste de décider de rapatrier une partie de la fabrication de leurs produits sur le sol américain. Cela va dans le bon sens.
Malgré ces indications, plusieurs experts craignent cependant le pire puisque l’économie mondiale dépend du consommateur américain comme une source importante de sa demande. Ils s’inquiètent du faible taux de croissance des USA et de la diminution de celle de la zone euro, du Japon et d’ailleurs qui ajoutent au problème. Même les pays en développement qui profitaient d’une économie de plus en plus forte pour se développer sont aujourd’hui affectés par des ralentissements de production. L’emploi et la qualité de vie en souffrent un peu partout.
Voilà pourquoi, le gouvernement américain qui est au cœur de cette tourmente doit prendre les bonnes décisions afin d’assurer la stabilisation financière des USA. Et l’heure de vérité approche, puisqu’elle est fixée au 31 décembre 2012 à minuit. Les Américains la surnomment « the fiscal cliff », qui est devenu au Québec, avec notre bonne habitude de tout traduire en français, la falaise fiscale.
À ce jour, les deux partis politiques américains, Démocrate et Républicain, ont des vues opposées pour la solution. Lors de la récente élection présidentielle, le candidat républicain Romney a proposé la politique « aucune augmentation de taxes pour personnes ». Obama, qualifiant cette approche d’irresponsable, a répliqué en promettant de ne pas toucher aux taux d’imposition de la classe moyenne mais d’augmenter ceux des riches au niveau qu’ils étaient en 2001.
La victoire électorale d’Obama fut décisive et surprenante par son envergure. Aujourd’hui, les démocrates d’Obama maintiennent sa position électorale et les républicains marient celle de Romney. Ces derniers veulent surtout éviter toutes augmentations aux riches qui les appuient et les financent.
De plus, chacun est favorable à des coupures importantes des dépenses gouvernementales. Les républicains en proposent de plus radicales puisqu’ils devront compenser pour le manque de revenus qu’une augmentation de la taxe apporterait au trésor américain. Ils voulaient mettre la hache dans le nouveau régime de santé pour tous « Obamacare », mais le résultat de l’élection les en empêche. Ils veulent donc sabrer ailleurs et profondément, où ça fait mal !
À cause de l’écrasante majorité républicaine à la Chambre des représentants, une entente est nécessaire entre les partis si le président veut atteindre son objectif. Déjà, il a proposé l’adoption immédiate d’une loi spéciale pour garantir que les taux touchant la classe moyenne ne soient pas modifiés. Les républicains l’ont refusée et réclament un compromis, qu’Obama rejette.
Je crois qu’à la fin, les républicains cèderont. Ils ne peuvent faire autrement suite à l’humiliante défaite de leur parti à la dernière élection, malgré qu’ils aient dépensé des centaines de millions $ de plus qu’Obama. Ils se sont finalement rendu compte que l’argent n’assure pas toujours les victoires électorales. Se croyant gagnants, ils ont négligé les besoins et les opinions de larges franges de la population comme les moins nantis, les femmes et les latinos. Dorénavant, ils doivent penser à l’avenir pour gagner la présidence et le Sénat. Cela veut dire pour eux, chercher à récupérer le plus grand nombre possible de ces électeurs pour la prochaine élection. Emprunter la voie politique d’Obama pourrait les aider dans l’opinion publique.
Un autre problème pour les républicains est le fait que plusieurs de leurs actuels élus se pensent prisonniers d’un document qu’ils ont signé par lequel ils s’engageaient à ne jamais voter pour une augmentation de taxes. Ce serment « Taxpayer protection pledge "TPP" » a été signé par 236 des 242 républicains élus actuels de la Chambre des représentants et par sept des 47 sénateurs républicains. À mon avis, il allait contre le fondement du serment d’office de chacun de ces élus par lequel il s’engage à servir ses commettants le mieux possible nonobstant toute influence extérieure. C’est la peur de ne pas être réélus qui les a forcés à signer ce document véreux. Chacun d’entre-eux se sentait politiquement menacé par les groupes de droite, comme le Tea Party, qui, advenant une non-signature, déploieraient tous les efforts d’organisation et financiers contre lui.
Heureusement, depuis quelques semaines, certains représentants républicains, parmi les principaux, ont affirmé publiquement qu’ils ne respecteraient plus le TPP et supporteraient des augmentations de taxes. À ce jour, le nombre n’est pas suffisant pour assurer Obama que son projet pourra être voté par la Chambre des représentants. Mais à lire tout ce que je lis sur la question, j’ai bon espoir qu’il réussira.
Claude Dupras
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jeudi 22 novembre 2012
La Droite qui boite
L’UMP (Union pour un Mouvement Populaire), qui est le parti politique de Nicolas Sarkozy, vient de se tirer une balle dans le pied. La Droite forte, la Droite sociale, la Droite sécuritaire, la Droite libérale ont été remplacées par la Droite qui boite.
Le résultat de la récente élection à la présidence du parti a été vivement disputé. Il en résulte une querelle qui le blesse profondément et peut être mortelle. Alors que les socialistes ne cessent de dégringoler l’échelle de la popularité et que leur leader et président François Hollande peine à 36% dans les sondages, voilà que l’opposition de droite se déchire sur la place publique sur une question de principe et de morale.
Il en fut de même pour les socialistes lorsqu’ils choisirent Martine Aubry pour devenir la première secrétaire du parti devant Ségolène Royal. Les accusations de vols d’élection et de tricheries furent lancées dans la direction d’Aubry. Heureusement pour le parti, Royal se rallia finalement et la paix fut retrouvée et les malheureux incidents électoraux disparurent petit à petit de la mémoire collective.
Une chose est claire, c’est que l’on joue dur en France quant il s’agit de politique et de pouvoir futur. La morale et l’éthique, connait pas !
Le comité de l’élection de l’UMP a fait une erreur magistrale en déclarant Jean-François Copé officiellement élu. Il a omis de compter les votes de trois de ses fédérations outre-mer. L’organisation de François Fillon en vérifiant les documents a remarqué l’erreur qui sans elle aurait permis à son candidat de remporter la palme. Pour ajouter à l’insulte, le comité refuse de corriger sa décision prétextant qu’il est trop tard.
Cet imbroglio fait suite à une campagne électorale durement combattue. En tout temps, les sondages plaçaient Fillon hautement en avance. Pour gagner, Copé a fait une campagne électorale à la Romney. Sachant qu’un très grand nombre des membres du parti sont très à droite, il a pris des positions discutables qui frisaient celles du Front National. Romney, pour gagner, a flirté avec les teapartyers, les évangélistes, les anti-avortements, les porteurs d’armes, etc.. il a tout dit pour se rallier les délégués de la convention républicaine et il a réussi. Par contre, durant l’élection, il a changé son fusil d’épaule allant même contre ce qu’il avait dit lors des primaires. Cela ne lui a pas été profitable car les Américains ont la mémoire longue. Ce sera ainsi en France. Copé peut chercher à maintenir le poste de président de l’UMP mais il n’ira pas plus loin et risque de constater la décomposition de son parti par la migration de milliers de ses adhérents vers d’autres horizons.
Dans toute organisation démocratique et surtout politique, il est essentiel que tous les dirigeants soient élus légitimement. C’est pourquoi, je ne peux accepter la solution, proposée par plusieurs dirigeants de la Droite français, d’oublier l’élection et de choisir Alain Juppé pour diriger l’UMP avec l’aide de membres des deux factions Copé et Fillon et assurer ainsi la paix de la droite. Pour favoriser cette option, Fillon a annoncé qu’il n’est plus intéressé par la présidence de l’UMP. Ça, c’est de la petite politique au mauvais moment. Cela ne l’aide pas et il serait sage qu’il se ravise, car l’apport de Juppé ne peut être que provisoire. La démocratie l’exige.
Nous sommes témoins de la bataille de deux leaders politiques importants qui s’entredéchirent. Cela doit cesser sinon tout va exploser. Copé doit se ressaisir. Comment peut-il penser faire oublier une telle situation ? Pourquoi, simplement, ne pas accepter un recomptage complet des votes fait à la satisfaction des deux candidats afin que le vrai gagnant soit déclaré. Que ce soit lui ou Fillon ! Ainsi, par la suite, si c’est lui, il aura la crédibilité nécessaire pour parler politique aux Français et chercher, entre autres, à leur faire oublier les propos à la Romney qu’il a tenus durant la campagne. Sans cela qui va l’écouter ? Est-il suicidaire au point qu’il ne voit pas l’implosion possible de son parti, d’autant plus que les sondages indiquent, depuis plusieurs mois, qu’il n’est pas le favori des Français et traîne de la patte loin derrière Sarkozy et Fillon. Qui va vouloir se rassembler autour de lui dans une telle condition ?
Avant d’être politique, juridique ou un « putsh », cette situation est surtout une question de chiffres. Il faut simplement faire une bonne addition de tous les votes exprimés. Quand même !
J’écoutais Copé hier sur France 2 et il disait accepter que la contestation soit soumise à la Commission des recours de l’UMP. Par contre, Fillon s’y objecte car il n’a pas confiance dans cet organisme dont les membres ont été nommés par Copé en tant que secrétaire-général du parti depuis le temps de Sarkozy. Contrairement à ce qu’il avait dit précédemment, Fillon vient d’affirmer qu’il ne saisira pas la justice. C’est mieux. Maintenant, qu’il se plie devant les statuts du parti qui fixent la voie pour régler les contestations. Cependant, il devrait exiger que les deux candidats soient bien représentés auprès de cette Commission afin d’être témoins des délibérations et de l’examen de la totalité des résultats des bureaux de votes, le tout dans le calme et la sérénité. Ainsi, tout le monde sera assuré que le déroulement est normal. C’est la moindre des choses pour un parti qui a de l’honneur et qui a besoin d’un début d’apaisement pour régler de façon satisfaisante ce conflit majeur.
Fillon a parlé de fracture dans le parti et cela devient malheureusement évident. Un parti divisé qui porte sa guerre dans les médias ne peut gagner. Il faut que cette situation pitoyable se règle bien et bientôt car les élections municipales qui approchent verront à nouveau le rejet de la droite à cause de cette chicane de famille intolérable.
Que Jean François Copé et François Fillon fassent preuve de responsabilité et démontrent qu’ils œuvrent dans l’intérêt général. Sinon le désastre les attend et cela peut vouloir dire l’éclatement de l’UMP.
Claude Dupras
Le résultat de la récente élection à la présidence du parti a été vivement disputé. Il en résulte une querelle qui le blesse profondément et peut être mortelle. Alors que les socialistes ne cessent de dégringoler l’échelle de la popularité et que leur leader et président François Hollande peine à 36% dans les sondages, voilà que l’opposition de droite se déchire sur la place publique sur une question de principe et de morale.
Il en fut de même pour les socialistes lorsqu’ils choisirent Martine Aubry pour devenir la première secrétaire du parti devant Ségolène Royal. Les accusations de vols d’élection et de tricheries furent lancées dans la direction d’Aubry. Heureusement pour le parti, Royal se rallia finalement et la paix fut retrouvée et les malheureux incidents électoraux disparurent petit à petit de la mémoire collective.
Une chose est claire, c’est que l’on joue dur en France quant il s’agit de politique et de pouvoir futur. La morale et l’éthique, connait pas !
Le comité de l’élection de l’UMP a fait une erreur magistrale en déclarant Jean-François Copé officiellement élu. Il a omis de compter les votes de trois de ses fédérations outre-mer. L’organisation de François Fillon en vérifiant les documents a remarqué l’erreur qui sans elle aurait permis à son candidat de remporter la palme. Pour ajouter à l’insulte, le comité refuse de corriger sa décision prétextant qu’il est trop tard.
Cet imbroglio fait suite à une campagne électorale durement combattue. En tout temps, les sondages plaçaient Fillon hautement en avance. Pour gagner, Copé a fait une campagne électorale à la Romney. Sachant qu’un très grand nombre des membres du parti sont très à droite, il a pris des positions discutables qui frisaient celles du Front National. Romney, pour gagner, a flirté avec les teapartyers, les évangélistes, les anti-avortements, les porteurs d’armes, etc.. il a tout dit pour se rallier les délégués de la convention républicaine et il a réussi. Par contre, durant l’élection, il a changé son fusil d’épaule allant même contre ce qu’il avait dit lors des primaires. Cela ne lui a pas été profitable car les Américains ont la mémoire longue. Ce sera ainsi en France. Copé peut chercher à maintenir le poste de président de l’UMP mais il n’ira pas plus loin et risque de constater la décomposition de son parti par la migration de milliers de ses adhérents vers d’autres horizons.
Dans toute organisation démocratique et surtout politique, il est essentiel que tous les dirigeants soient élus légitimement. C’est pourquoi, je ne peux accepter la solution, proposée par plusieurs dirigeants de la Droite français, d’oublier l’élection et de choisir Alain Juppé pour diriger l’UMP avec l’aide de membres des deux factions Copé et Fillon et assurer ainsi la paix de la droite. Pour favoriser cette option, Fillon a annoncé qu’il n’est plus intéressé par la présidence de l’UMP. Ça, c’est de la petite politique au mauvais moment. Cela ne l’aide pas et il serait sage qu’il se ravise, car l’apport de Juppé ne peut être que provisoire. La démocratie l’exige.
Nous sommes témoins de la bataille de deux leaders politiques importants qui s’entredéchirent. Cela doit cesser sinon tout va exploser. Copé doit se ressaisir. Comment peut-il penser faire oublier une telle situation ? Pourquoi, simplement, ne pas accepter un recomptage complet des votes fait à la satisfaction des deux candidats afin que le vrai gagnant soit déclaré. Que ce soit lui ou Fillon ! Ainsi, par la suite, si c’est lui, il aura la crédibilité nécessaire pour parler politique aux Français et chercher, entre autres, à leur faire oublier les propos à la Romney qu’il a tenus durant la campagne. Sans cela qui va l’écouter ? Est-il suicidaire au point qu’il ne voit pas l’implosion possible de son parti, d’autant plus que les sondages indiquent, depuis plusieurs mois, qu’il n’est pas le favori des Français et traîne de la patte loin derrière Sarkozy et Fillon. Qui va vouloir se rassembler autour de lui dans une telle condition ?
Avant d’être politique, juridique ou un « putsh », cette situation est surtout une question de chiffres. Il faut simplement faire une bonne addition de tous les votes exprimés. Quand même !
J’écoutais Copé hier sur France 2 et il disait accepter que la contestation soit soumise à la Commission des recours de l’UMP. Par contre, Fillon s’y objecte car il n’a pas confiance dans cet organisme dont les membres ont été nommés par Copé en tant que secrétaire-général du parti depuis le temps de Sarkozy. Contrairement à ce qu’il avait dit précédemment, Fillon vient d’affirmer qu’il ne saisira pas la justice. C’est mieux. Maintenant, qu’il se plie devant les statuts du parti qui fixent la voie pour régler les contestations. Cependant, il devrait exiger que les deux candidats soient bien représentés auprès de cette Commission afin d’être témoins des délibérations et de l’examen de la totalité des résultats des bureaux de votes, le tout dans le calme et la sérénité. Ainsi, tout le monde sera assuré que le déroulement est normal. C’est la moindre des choses pour un parti qui a de l’honneur et qui a besoin d’un début d’apaisement pour régler de façon satisfaisante ce conflit majeur.
Fillon a parlé de fracture dans le parti et cela devient malheureusement évident. Un parti divisé qui porte sa guerre dans les médias ne peut gagner. Il faut que cette situation pitoyable se règle bien et bientôt car les élections municipales qui approchent verront à nouveau le rejet de la droite à cause de cette chicane de famille intolérable.
Que Jean François Copé et François Fillon fassent preuve de responsabilité et démontrent qu’ils œuvrent dans l’intérêt général. Sinon le désastre les attend et cela peut vouloir dire l’éclatement de l’UMP.
Claude Dupras
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jeudi 25 octobre 2012
Mitt Romney : le caméléon
Fils d’un ex-gouverneur du Michigan qui chercha en vain à devenir candidat présidentiel de son parti, candidat défait au sénat contre Ted Kennedy, élu gouverneur du Massachussetts, aspirant défait à la candidature présidentielle républicaine en 2008 et finalement candidat républicain contre le président Barack Obama en 2012, Mitt Romney a une longue expérience électorale et politique qui lui a permis de comprendre mieux que quiconque que la politique est un commerce d’images et d’illusions.
Il y a à peine quelques mois, lors des primaires du parti républicain qui précédèrent la convention du parti à Tampa en fin d’août dernier, le discours de Romney se situait à droite et à droite de la droite. Ce fut sa stratégie pour gagner la majorité de ces élections et devenir le candidat présidentiel de son parti. Le parti était dominé par les teapartyers, les évangélistes, les riches, les pétrolières, les fabricants de produits pharmaceutiques, etc., et, depuis 2010 par une nouvelle majorité à la Chambre des Représentants, élus grâce à leur politique de droite radicale.
Romney s’adapta à chaque occasion et n’y alla pas avec le dos de la cuillère pour se montrer sympathique. Les principes politiques ne pesaient pas lourds dans son argumentation. Il s’agissait pour lui de dire, tout en ayant l’air sérieux, ce que les républicains de ces États voulaient entendre, nonobstant ce que pouvait en penser une majorité d’Américains qui exprimaient leur désaccord dans les sondages.
Il atteignit son objectif et sortit victorieux de Tampa. Puis, avec sa nomination en poche, le toujours pragmatique Romney changea sa stratégie du tout au tout dans le but de convaincre une majorité d’Américains qu’il serait un bon président. Pour satisfaire son clan de droite, il choisit leur idole, le représentant Paul Ryan pour être son vice-président. Puis, il se repositionna politiquement. Sans gêne, il devint, par ses discours, centriste avec un penchant soit à gauche, soit à droite, dépendant des circonstances, avec le défi de maintenir sa crédibilité.
Et Romney l’a fait, et le fait très bien. Au point que le sondage de ce matin (24/10/12) de Gallup lui donne une avance de 5% des électeurs probables. Un revirement sensationnel qui découle principalement du premier des trois débats entre les deux opposants. Lors de cette rencontre, Obama, sûr de l’avance qu’il avait à ce moment-là dans les sondages, a cherché à maintenir le statuquo. De son côté, Romney a adopté un ton positif, poli, respectueux, dynamique, intelligent et clair. Il a démontré une attitude présidentielle qu’on ne lui connaissait pas. Il a réussi sa prestation au point qu’il a placé Obama sur la défensive. Il a agréablement surpris et les Américains l’ont soudainement aimé.
On sait que lors d’élections, les électeurs donnent généralement plus d’importance au caractère du candidat qu’à ses politiques. « Est-ce que je l’aime ? », pensent-ils. Récemment, les campagnes anti-sarkozistes et anti-charestistes en sont une démonstration et les ont amenés à ne pas aimer Nicolas Sarkozy ou Jean Charest.
Les citoyens ne comprennent pas tout ce qui se dit en période électorale mais ils veulent avoir le sentiment que le candidat sait de quoi il parle. C’est l’impression que Romney a laissée. Depuis, il grimpe dans les sondages. Les deux autres débats qui ont suivi, ont été gagnés par Obama, mais Romney n’a pas perdu de plumes. Pourquoi ?
Gallup nous donne des indices en soulignant l’effritement du vote des femmes, des latinos et de la gauche qui étaient à la base de la victoire de 2008 d’Obama.
Les femmes critiquent Obama pour avoir éviter de parler, durant le débat, de la contraception, du salaire égal et de l’attitude qui règne à Washington envers les femmes et leur rôle en politique.
Les latinos sont profondément déçus d’Obama à cause de son manque d’action pour la réforme des lois d’immigration.
La gauche américaine exprime son désappointement envers Obama à cause de promesses électorales non respectées : taxes des riches, Guantanamo…
Les sondages ne veulent pas nécessairement dire que Romney va gagner car un président américain n’est pas élu directement par le suffrage de tous les américains, mais par les grands électeurs de chaque État dont le nombre est lié à sa population. Ces électeurs sont choisis en proportion des votes recueillis par chacun des candidats dans chacun des États.
Il y a 538 grands électeurs et la majorité à atteindre pour devenir président des USA est de 270. Comme ailleurs, il y a des États qui sont fortement probables ou solides pour les démocrates ou les républicains. Ils représentent actuellement, selon les observateurs avertis, 201 grands électeurs pour Obama et 206 pour Romney. L’élection se joue donc dans les États indécis : Colorado (9 grands électeurs), Floride (29), Iowa (6), Michigan (16), Nevada (6), New Hampshire (4), Ohio (18) Pennsylvanie (20), Virginie (13) et le Wisconsin (10). Sur ces 131 grands électeurs de ces États, Obama doit en gagner 69 et Romney 63 pour être élu. De toute évidence, c’est très serré !
Pour rallier les États indécis à sa cause, chaque candidat devra s’adresser directement aux problèmes de chacun. En voici quelques exemples :
Au Michigan, où Mitt Romney à grandi et où son père a été fabricant d’automobiles et gouverneur, c’est la relance des grandes compagnies GM, Chrysler, etc… qui prime.
En Floride, c’est le très grand nombre de retraités qui craint les coupures dans la sécurité sociale et le Medicare.
L’économie de l’Ohio est malade et la classe moyenne souffre. Là, plus qu’ailleurs, on blâme la mondialisation pour la perte d’emplois et les coupures draconiennes proposées par les républicains de l’État.
En Pennsylvanie, c’est la population qui diminue.
Paul Ryan est un élu du Wisconsin. Mais il y a beaucoup de méfiance envers lui à cause de son approche budgétaire et de sa volonté de transférer au privé le plus grand nombre de programmes sociaux pour couper dans les dépenses.
En Virginie, comme ailleurs dans le sud américain, où le nombre de latinos et de noir croît, il y a des tensions nouvelles qui se dessinent.
La population de l’Iowa est généralement plus âgée et pour elle la stabilité des programmes sociaux et de santé est importante. L’agriculture est capitale et compte sur la continuation des subsides fédéraux.
Le Colorado change vite. Sa population estudiantine augmente rapidement ainsi que le nombre des latinos qui représente 22% de la population. L’économie est relativement bonne.
Le Nevada a un des plus hauts taux de chômage du pays. Il en est de même pour le nombre de familles qui ont perdu leur maison. Le manque d’emplois et la diminution des valeurs immobilières sont les problèmes principaux.
À ce jour, il semble que le caméléon Romney est sur la bonne voie. Mais rien n’est certain, puisque durant les derniers jours, la cote d’Obama s’est améliorée de 2% dans le Gallup.
Mais si j’étais Obama, je serais nerveux suite à des propos d’anciens supporteurs importants. Ted Turner, le fondateur de CNN, vient d’affirmer « Même si je ne suis pas en accord avec beaucoup de ce que Romney dit, je crois qu’il fera un bon président ». De même, Georges Soros, milliardaire américain, philanthrope, décrit l’administration Obama comme étant fatiguée. L’ex-président Jimmy Carter reconnaît que Romney a montré sa compétence comme gouverneur et organisateur des JO de l’Utah et ajoute « je serais confortable avec Romney comme président ».
Je crois que les électeurs américains doivent se poser la question « qui est le vrai Romney ? ». C’est la réponse qui déterminera qui sera le prochain président des États-Unis.
Claude Dupras
Il y a à peine quelques mois, lors des primaires du parti républicain qui précédèrent la convention du parti à Tampa en fin d’août dernier, le discours de Romney se situait à droite et à droite de la droite. Ce fut sa stratégie pour gagner la majorité de ces élections et devenir le candidat présidentiel de son parti. Le parti était dominé par les teapartyers, les évangélistes, les riches, les pétrolières, les fabricants de produits pharmaceutiques, etc., et, depuis 2010 par une nouvelle majorité à la Chambre des Représentants, élus grâce à leur politique de droite radicale.
Romney s’adapta à chaque occasion et n’y alla pas avec le dos de la cuillère pour se montrer sympathique. Les principes politiques ne pesaient pas lourds dans son argumentation. Il s’agissait pour lui de dire, tout en ayant l’air sérieux, ce que les républicains de ces États voulaient entendre, nonobstant ce que pouvait en penser une majorité d’Américains qui exprimaient leur désaccord dans les sondages.
Il atteignit son objectif et sortit victorieux de Tampa. Puis, avec sa nomination en poche, le toujours pragmatique Romney changea sa stratégie du tout au tout dans le but de convaincre une majorité d’Américains qu’il serait un bon président. Pour satisfaire son clan de droite, il choisit leur idole, le représentant Paul Ryan pour être son vice-président. Puis, il se repositionna politiquement. Sans gêne, il devint, par ses discours, centriste avec un penchant soit à gauche, soit à droite, dépendant des circonstances, avec le défi de maintenir sa crédibilité.
Et Romney l’a fait, et le fait très bien. Au point que le sondage de ce matin (24/10/12) de Gallup lui donne une avance de 5% des électeurs probables. Un revirement sensationnel qui découle principalement du premier des trois débats entre les deux opposants. Lors de cette rencontre, Obama, sûr de l’avance qu’il avait à ce moment-là dans les sondages, a cherché à maintenir le statuquo. De son côté, Romney a adopté un ton positif, poli, respectueux, dynamique, intelligent et clair. Il a démontré une attitude présidentielle qu’on ne lui connaissait pas. Il a réussi sa prestation au point qu’il a placé Obama sur la défensive. Il a agréablement surpris et les Américains l’ont soudainement aimé.
On sait que lors d’élections, les électeurs donnent généralement plus d’importance au caractère du candidat qu’à ses politiques. « Est-ce que je l’aime ? », pensent-ils. Récemment, les campagnes anti-sarkozistes et anti-charestistes en sont une démonstration et les ont amenés à ne pas aimer Nicolas Sarkozy ou Jean Charest.
Les citoyens ne comprennent pas tout ce qui se dit en période électorale mais ils veulent avoir le sentiment que le candidat sait de quoi il parle. C’est l’impression que Romney a laissée. Depuis, il grimpe dans les sondages. Les deux autres débats qui ont suivi, ont été gagnés par Obama, mais Romney n’a pas perdu de plumes. Pourquoi ?
Gallup nous donne des indices en soulignant l’effritement du vote des femmes, des latinos et de la gauche qui étaient à la base de la victoire de 2008 d’Obama.
Les femmes critiquent Obama pour avoir éviter de parler, durant le débat, de la contraception, du salaire égal et de l’attitude qui règne à Washington envers les femmes et leur rôle en politique.
Les latinos sont profondément déçus d’Obama à cause de son manque d’action pour la réforme des lois d’immigration.
La gauche américaine exprime son désappointement envers Obama à cause de promesses électorales non respectées : taxes des riches, Guantanamo…
Les sondages ne veulent pas nécessairement dire que Romney va gagner car un président américain n’est pas élu directement par le suffrage de tous les américains, mais par les grands électeurs de chaque État dont le nombre est lié à sa population. Ces électeurs sont choisis en proportion des votes recueillis par chacun des candidats dans chacun des États.
Il y a 538 grands électeurs et la majorité à atteindre pour devenir président des USA est de 270. Comme ailleurs, il y a des États qui sont fortement probables ou solides pour les démocrates ou les républicains. Ils représentent actuellement, selon les observateurs avertis, 201 grands électeurs pour Obama et 206 pour Romney. L’élection se joue donc dans les États indécis : Colorado (9 grands électeurs), Floride (29), Iowa (6), Michigan (16), Nevada (6), New Hampshire (4), Ohio (18) Pennsylvanie (20), Virginie (13) et le Wisconsin (10). Sur ces 131 grands électeurs de ces États, Obama doit en gagner 69 et Romney 63 pour être élu. De toute évidence, c’est très serré !
Pour rallier les États indécis à sa cause, chaque candidat devra s’adresser directement aux problèmes de chacun. En voici quelques exemples :
Au Michigan, où Mitt Romney à grandi et où son père a été fabricant d’automobiles et gouverneur, c’est la relance des grandes compagnies GM, Chrysler, etc… qui prime.
En Floride, c’est le très grand nombre de retraités qui craint les coupures dans la sécurité sociale et le Medicare.
L’économie de l’Ohio est malade et la classe moyenne souffre. Là, plus qu’ailleurs, on blâme la mondialisation pour la perte d’emplois et les coupures draconiennes proposées par les républicains de l’État.
En Pennsylvanie, c’est la population qui diminue.
Paul Ryan est un élu du Wisconsin. Mais il y a beaucoup de méfiance envers lui à cause de son approche budgétaire et de sa volonté de transférer au privé le plus grand nombre de programmes sociaux pour couper dans les dépenses.
En Virginie, comme ailleurs dans le sud américain, où le nombre de latinos et de noir croît, il y a des tensions nouvelles qui se dessinent.
La population de l’Iowa est généralement plus âgée et pour elle la stabilité des programmes sociaux et de santé est importante. L’agriculture est capitale et compte sur la continuation des subsides fédéraux.
Le Colorado change vite. Sa population estudiantine augmente rapidement ainsi que le nombre des latinos qui représente 22% de la population. L’économie est relativement bonne.
Le Nevada a un des plus hauts taux de chômage du pays. Il en est de même pour le nombre de familles qui ont perdu leur maison. Le manque d’emplois et la diminution des valeurs immobilières sont les problèmes principaux.
À ce jour, il semble que le caméléon Romney est sur la bonne voie. Mais rien n’est certain, puisque durant les derniers jours, la cote d’Obama s’est améliorée de 2% dans le Gallup.
Mais si j’étais Obama, je serais nerveux suite à des propos d’anciens supporteurs importants. Ted Turner, le fondateur de CNN, vient d’affirmer « Même si je ne suis pas en accord avec beaucoup de ce que Romney dit, je crois qu’il fera un bon président ». De même, Georges Soros, milliardaire américain, philanthrope, décrit l’administration Obama comme étant fatiguée. L’ex-président Jimmy Carter reconnaît que Romney a montré sa compétence comme gouverneur et organisateur des JO de l’Utah et ajoute « je serais confortable avec Romney comme président ».
Je crois que les électeurs américains doivent se poser la question « qui est le vrai Romney ? ». C’est la réponse qui déterminera qui sera le prochain président des États-Unis.
Claude Dupras
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mercredi 18 avril 2012
Les campagnes « anti »
Les campagnes « anti » ne sont pas nouvelles. Selon plusieurs organisateurs politiques, il n’y a rien de mieux pour gagner une élection. Pour réduire son adversaire, on invente, on insinue, on ment, on fabrique des arguments contre sa personne et on les répète sans cesse. Finalement, cela a l’air vrai et de plus en plus de monde y croit, même si en très grande partie c’est faux !
La première campagne de ce genre dont j’ai été témoin fut l’anti-duplessis des années ’50. Pour un très grand nombre de ses adversaires du temps, il n’y avait rien qui avait du sens dans ce que faisait ou disait le premier ministre Maurice Duplessis. Malgré ses nombreuses réalisations, ses grandes victoires fiscales et autonomistes contre le gouvernement fédéral, tout ce qu’il faisait était interprété négativement. Un slogan a même été inventé, « la grande noirceur », pour qualifier cette période de la vie politique québécoise. Cela en était rendu au point que s’il pleuvait, Duplessis en était le responsable. C’est là que j’ai compris que par une campagne « anti », on visait à faire voter les Québécois « contre » l’adversaire et non « pour » leur candidat.
L’élection présidentielle française est un autre bon exemple. Dès le lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, le parti socialiste (PS) a compris ce que devait être sa stratégie pour avoir une chance de gagner la prochaine élection, celle du 22 avril prochain, contre ce candidat hors de l’ordinaire que s’avérait être le nouveau président Sarkozy. Il se devait de le salir de toutes les façons possibles. C’est là qu’est né l’anti-sarkozysme. Et ça a fonctionné.
Le Fouquet’s, le yacht de Bolloré, le supposé favoritisme envers les riches, le « tasse-toi pauv’con », etc… sont devenus les prémisses d’une campagne de « salissage » extraordinaire visant à influencer les Français. Finalement, un très grand nombre d’entre eux y ont cru. Intoxiqués par le négatif vomi sur la personne Sarkozy depuis quatre ans, ils voient dans son rejet la seule vraie façon d’obtenir une France meilleure et cela nonobstant tout ce qu’il a fait pour réformer en profondeur leur pays et l’Europe. Que Hollande soit sans sa couleur et sans saveur importe peu Que son programme ne tienne pas compte de la situation économique actuelle n’est pas important. Il leur faut vitement réagir à la campagne anti-sarkozyste. Voilà pour eux une belle façon d’envisager l’avenir !
Dès le début de la présente campagne, Sarkozy s’est défendu face aux accusations de ses adversaires. Il a fait le point, s’est bien expliqué sur chacune des insinuations portées envers lui et a réussi à calmer les esprits. La presse a rapporté ses propos et ils eurent l’effet espéré sur le public. Le socialiste François Hollande a alors mis de côté son argumentation anti-sarkozyste et décida de « prendre de la hauteur », comme il a dit, dans le but de démontrer qu’il était présidentiable. Ses nouveaux discours tombèrent à plat et en peu de temps, Sarkozy le dépassa dans les sondages. Face à la tournure des évènements, Hollande décida de reprendre ses attaques anti-sarkozystes. Depuis, il a regagné les quelques points de sondage qu’il avait perdu et est redevenu le favori. C’est la plus récente démonstration que les campagnes « anti » payent. « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose » écrivit Beaumarchais dans le Barbier de Séville.
Hier, j’écoutais Mitt Romney, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre prochain, qui lors d’une conférence de presse expliquait sa stratégie pour vaincre Barack Obama. Pour satisfaire la galerie des groupes d’intérêts, il sera très conservateur et sympathisera avec les teapartyers et les détenteurs d’armes. Et, plus important encore, il annonça sans honte qu’il entreprendra une campagne anti-Obama, comme s’il était normal d’agir ainsi. Déjà, ce qu’il dit d’Obama est tout croche, exagéré et faux en très grande partie. On peut imaginer ce qui s’en vient.
Depuis Duplessis, rien n’a changé à ce niveau au Québec. Le plus récent exemple fut la campagne anti-Marois organisée par les « purs et durs » séparatistes. Cheffe démocratiquement élue du Parti Québécois (PQ), cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale québécoise suite à sa défaite de la dernière élection, Pauline Marois devint la cible des « purs et durs » de son parti malgré le vote de confiance de 93% que lui accorda le congrès du parti. Insatisfaits de sa proposition de « gouvernance souverainiste », qui remet à plus tard un vote sur la séparation du Québec du Canada, les contestataires entreprirent une féroce campagne anti-Marois pour la forcer à démissionner. Il n’y a rien qu’ils n’ont pas dit pour ternir sa réputation. Au point, que dans un billet de mon blogue, moi qui suis loin d’être séparatiste, je me suis sentis la responsabilité de venir à sa défense. Mais, ils avaient oublié que « la Madame » avait foi en elle, qu’elle avait « la couenne dure » et de l’expérience politique. Malgré les démissions de députés qui s’accumulèrent et les prises de positions publiques, dont la plupart démagogiques, contre elle de la part de personnages importants du parti qui se laissèrent prendre au piège de la campagne anti-Marois, elle résista et finalement gagna. Son attitude suscita l’admiration d’un grand nombre de Québécois et Québécoises et depuis les sondages ont tourné en sa faveur au point que sa position s’en retrouve fortement renforcée.
Les campagnes « anti » pullulent. Ainsi, il y a l’anti-Paul-Desmarais, qui devient « le prédateur »; l’anti-Lucien-Bouchard, l’ex-premier ministre (PM) PQ, « le traître »; l’anti-Pierre-Marc-Johnson, l’ex-PM PQ, « le vendu » ; l’anti-André-Boisclair, l’ex-chef PQ, le « schisteux »; l’anti-Jean Charest, le PM actuel, dont on anglicise le nom à « John James » pour des raisons évidentes, etc…
Si un ancien chef politique, un camarade du passé ou un individu défend une position politique qui va à l’encontre de ce qu’on pense, il devient l’ennemi et est, sur-le-champ, sali par des insinuations mensongères et des quolibets honteux. On invente des récits, des scénarios, on les présente comme véridiques. Plusieurs y croient « dur comme fer » alors que ce n’est que de la pure fabulation !
En France, au Québec et aux USA, la nature des campagnes électorales est devenue un problème dans la démocratie d’aujourd’hui, à tous les niveaux.. Trop de personnes ne veulent pas y mettre les pieds de crainte d’être salies injustement. Les membres des partis politiques et particulièrement leurs chefs ont la responsabilité de maintenir un débat politique sain où les citoyens peuvent trouver les bons et vrais arguments pour juger des situations politiques qui se présentent. Jouer sur des faussetés comme le fait François Hollande en insistant pour promouvoir l’anti-sarkozyste est inacceptable parce qu’injuste et calomnieux.
Il faut arrêter de telles bêtises !
Claude Dupras
La première campagne de ce genre dont j’ai été témoin fut l’anti-duplessis des années ’50. Pour un très grand nombre de ses adversaires du temps, il n’y avait rien qui avait du sens dans ce que faisait ou disait le premier ministre Maurice Duplessis. Malgré ses nombreuses réalisations, ses grandes victoires fiscales et autonomistes contre le gouvernement fédéral, tout ce qu’il faisait était interprété négativement. Un slogan a même été inventé, « la grande noirceur », pour qualifier cette période de la vie politique québécoise. Cela en était rendu au point que s’il pleuvait, Duplessis en était le responsable. C’est là que j’ai compris que par une campagne « anti », on visait à faire voter les Québécois « contre » l’adversaire et non « pour » leur candidat.
L’élection présidentielle française est un autre bon exemple. Dès le lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, le parti socialiste (PS) a compris ce que devait être sa stratégie pour avoir une chance de gagner la prochaine élection, celle du 22 avril prochain, contre ce candidat hors de l’ordinaire que s’avérait être le nouveau président Sarkozy. Il se devait de le salir de toutes les façons possibles. C’est là qu’est né l’anti-sarkozysme. Et ça a fonctionné.
Le Fouquet’s, le yacht de Bolloré, le supposé favoritisme envers les riches, le « tasse-toi pauv’con », etc… sont devenus les prémisses d’une campagne de « salissage » extraordinaire visant à influencer les Français. Finalement, un très grand nombre d’entre eux y ont cru. Intoxiqués par le négatif vomi sur la personne Sarkozy depuis quatre ans, ils voient dans son rejet la seule vraie façon d’obtenir une France meilleure et cela nonobstant tout ce qu’il a fait pour réformer en profondeur leur pays et l’Europe. Que Hollande soit sans sa couleur et sans saveur importe peu Que son programme ne tienne pas compte de la situation économique actuelle n’est pas important. Il leur faut vitement réagir à la campagne anti-sarkozyste. Voilà pour eux une belle façon d’envisager l’avenir !
Dès le début de la présente campagne, Sarkozy s’est défendu face aux accusations de ses adversaires. Il a fait le point, s’est bien expliqué sur chacune des insinuations portées envers lui et a réussi à calmer les esprits. La presse a rapporté ses propos et ils eurent l’effet espéré sur le public. Le socialiste François Hollande a alors mis de côté son argumentation anti-sarkozyste et décida de « prendre de la hauteur », comme il a dit, dans le but de démontrer qu’il était présidentiable. Ses nouveaux discours tombèrent à plat et en peu de temps, Sarkozy le dépassa dans les sondages. Face à la tournure des évènements, Hollande décida de reprendre ses attaques anti-sarkozystes. Depuis, il a regagné les quelques points de sondage qu’il avait perdu et est redevenu le favori. C’est la plus récente démonstration que les campagnes « anti » payent. « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose » écrivit Beaumarchais dans le Barbier de Séville.
Hier, j’écoutais Mitt Romney, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre prochain, qui lors d’une conférence de presse expliquait sa stratégie pour vaincre Barack Obama. Pour satisfaire la galerie des groupes d’intérêts, il sera très conservateur et sympathisera avec les teapartyers et les détenteurs d’armes. Et, plus important encore, il annonça sans honte qu’il entreprendra une campagne anti-Obama, comme s’il était normal d’agir ainsi. Déjà, ce qu’il dit d’Obama est tout croche, exagéré et faux en très grande partie. On peut imaginer ce qui s’en vient.
Depuis Duplessis, rien n’a changé à ce niveau au Québec. Le plus récent exemple fut la campagne anti-Marois organisée par les « purs et durs » séparatistes. Cheffe démocratiquement élue du Parti Québécois (PQ), cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale québécoise suite à sa défaite de la dernière élection, Pauline Marois devint la cible des « purs et durs » de son parti malgré le vote de confiance de 93% que lui accorda le congrès du parti. Insatisfaits de sa proposition de « gouvernance souverainiste », qui remet à plus tard un vote sur la séparation du Québec du Canada, les contestataires entreprirent une féroce campagne anti-Marois pour la forcer à démissionner. Il n’y a rien qu’ils n’ont pas dit pour ternir sa réputation. Au point, que dans un billet de mon blogue, moi qui suis loin d’être séparatiste, je me suis sentis la responsabilité de venir à sa défense. Mais, ils avaient oublié que « la Madame » avait foi en elle, qu’elle avait « la couenne dure » et de l’expérience politique. Malgré les démissions de députés qui s’accumulèrent et les prises de positions publiques, dont la plupart démagogiques, contre elle de la part de personnages importants du parti qui se laissèrent prendre au piège de la campagne anti-Marois, elle résista et finalement gagna. Son attitude suscita l’admiration d’un grand nombre de Québécois et Québécoises et depuis les sondages ont tourné en sa faveur au point que sa position s’en retrouve fortement renforcée.
Les campagnes « anti » pullulent. Ainsi, il y a l’anti-Paul-Desmarais, qui devient « le prédateur »; l’anti-Lucien-Bouchard, l’ex-premier ministre (PM) PQ, « le traître »; l’anti-Pierre-Marc-Johnson, l’ex-PM PQ, « le vendu » ; l’anti-André-Boisclair, l’ex-chef PQ, le « schisteux »; l’anti-Jean Charest, le PM actuel, dont on anglicise le nom à « John James » pour des raisons évidentes, etc…
Si un ancien chef politique, un camarade du passé ou un individu défend une position politique qui va à l’encontre de ce qu’on pense, il devient l’ennemi et est, sur-le-champ, sali par des insinuations mensongères et des quolibets honteux. On invente des récits, des scénarios, on les présente comme véridiques. Plusieurs y croient « dur comme fer » alors que ce n’est que de la pure fabulation !
En France, au Québec et aux USA, la nature des campagnes électorales est devenue un problème dans la démocratie d’aujourd’hui, à tous les niveaux.. Trop de personnes ne veulent pas y mettre les pieds de crainte d’être salies injustement. Les membres des partis politiques et particulièrement leurs chefs ont la responsabilité de maintenir un débat politique sain où les citoyens peuvent trouver les bons et vrais arguments pour juger des situations politiques qui se présentent. Jouer sur des faussetés comme le fait François Hollande en insistant pour promouvoir l’anti-sarkozyste est inacceptable parce qu’injuste et calomnieux.
Il faut arrêter de telles bêtises !
Claude Dupras
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mardi 10 avril 2012
Deux candidats diamétralement opposés : Romney et Hollande
Mitt Romney deviendra sans aucun doute le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre prochain. François Hollande, candidat du parti socialiste français, fera face au président Nicolas Sarkozy lors du deuxième tour de l’élection présidentielle. Romney et Hollande ont d’excellentes chances de devenir président de leur pays.
Récemment, ils viennent de confirmer leur programme électoral économique et les actions qu’ils proposent prendre dès leur prise de pouvoir. Hollande a expliqué le sien avec force détails, il y a quelques jours, lors d’un long discours à Rennes. Romney vient tout juste de promettre de faire sien le rapport Ryan « The path to prosperity », du comité de la Chambre des Représentants sur le budget, et de le faire adopter dès sa rentrée à la Maison Blanche en janvier prochain.
Les deux programmes sont diamétralement opposés. L’Américain coupe les programmes, les dépenses et les taxes. Le Français les augmente tous. Qui a raison ?
Dans un premier temps, le plan Ryan-Romney annule la loi sur les soins de santé de 2010 du président Obama et du sénateur défunt Ted Kennedy. Surnommée Obamacare, elle a été créée pour fournir une assurance santé à 35 millions d'Américains qui en sont privés et pour réduire le trou de 43 milliards de dollars creusé par les non-assurés.
Romney supprime l’obligation pour tous les citoyens américains d’obtenir une assurance-maladie.
Romney élimine le programme Medicare, le système gouvernemental d'assurance-santé au bénéfice des personnes de plus de 65 ans, pour tous les Américains nés après 1956.
Il remplace le tout par un nouveau programme de coupons, ou bons-d’échanges, avec lesquels chaque Américain pourra négocier et acheter une police d’assurance-santé d’une compagnie privée.
Les paiements des primes seront versés directement aux compagnies par le gouvernement. Elles seront augmentées annuellement selon le taux d’inflation moyen et non selon l’augmentation réelle des coûts des soins de santé. Ils tiendront compte du revenu des bénéficiaires, de leur âge et de leurs besoins de soins grandissants. Le 2% des plus riches (même s’ils gagnent des dizaines de millions $ annuellement) recevra 30% de la prime, le suivant 6% recevra 50%, le 92% restant la prime totale.
Le plan fédéral Medicaid, qui fournit l’assurance maladie aux individus et aux familles à faibles revenu et ressources, sera aussi annulé et la responsabilité sera transférée aux États. A partir de 2013, la part du fédéral sera versée en bloc aux États. Le montant sera augmenté annuellement pour tenir compte de la croissance de la population, de l’inflation moyenne et non de l’augmentation réelle des coûts des soins de santé.
En rapport avec la taxation, Romney propose des taux d’impôt réduits et l’élimination d’exemptions et de subsides existants. Il veut diminuer les taux de taxes des corporations de 35 % à 25% et éliminer les taxes des compagnies sur les profits à l’étranger. Il veut rendre permanentes les coupures temporaires d’impôt, mis en place par GWBush, pour tous les payeurs de taxe même si cela augmentera la dette nationale de 3,3 trillions $ durant les 10 prochaines années. Il vient ainsi à l’encontre de ce qu’il dit être son objectif principal, la diminution de la dette.
De son côté, François Hollande propose la réduction de 30% des rémunérations des ministres et du chef de l'Etat, ce qui ne représente rien sur le total des dépenses gouvernementales. Il veut augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire, bloquer pour trois mois les prix du carburant, créer une caution solidaire pour permettre aux jeunes d'accéder à la location, réinstaurer le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et négocier avec les syndicats pour changer la décision difficile et importante qu’a prise Sarkozy sur le financement des retraites.
Quant à la taxation, Hollande y va gaiement. Il veut élever le niveau d’impôt à 75% pour la tranche d’un million d’euros et plus pour ceux qui gagnent de tels revenus, réappliquer le barème de l'impôt de solidarité sur la fortune, celle de la taxation des revenus du capital comme ceux du travail, annuler la nouvelle TVA sociale qui vise à diminuer le coût du travail (mesure importante pour faciliter l’emploi par les petits entrepreneurs et les artisans).
Il veut créer 60 000 postes dans l'Education nationale et 5 000 postes pour la sécurité et la justice. Il veut lancer 150 000 "emplois d'avenir" par des exonération de charge pour les entreprises embauchant un jeune tout en gardant un senior dans le cadre d'une loi pour l'emploi et la cohésion sociale. Il veut encadrer les loyers et modifier « la tarification progressive de l'eau, de l'électricité et du gaz ».
Et pour payer pour tout cela, Eh bien ! C’est facile ! On taxe les riches et on élimine les niches fiscales mêmes si plusieurs d’entre-elles ont été créées depuis des années dans le but de stimuler l’économie et rétablir une certaine justice sociale. L’argent est là, selon Hollande qui agit comme si la crise monétaire qui fait des ravages en Europe et la situation économique dangereuse qui n’attend que son moment pour ressauter sur sa proie, n’existent pas.
Les politiques de Mitt Romney sont ridicules et « sans cœur » parce qu’il propose d’importantes coupures d’impôt pour les riches et des diminutions des aides aux pauvres et à la classe moyenne. L’élimination d’Obamacare va créer des torts énormes aux Américains et rendra plus difficile la bataille contre la croissance des coûts de soins de santé. Romney ne peut prouver que ses propositions réduisent ces coûts. La valeur des coupons pour l’achat de primes d’assurance basée sur les coûts d’inflation deviendra vite insuffisante car les taux d’augmentations des services de santé sont beaucoup plus importants que les taux de croissance de l’inflation.
Je remarque que le programme de Romney n’inclut aucune coupure de dépenses militaires ni de garantie que les taxes du citoyen moyen n’augmenteront pas. De son côté, le Centre de Recherches Économiques et Politiques prévoit que sa proposition ajoutera des trillions de $ aux dépenses pour les aux soins de santé à cause de l’inefficacité de l’assurance privée comparée au programme actuel du gouvernement.
Quant aux propositions d’Hollande, on ne peut savoir ce qu’il en adviendra car il a démontré être un adepte du lissage. Par exemple, suite aux critiques de la communauté du football sur la taxation à 75%, il a laissé entendre qu’il est prêt à considérer à « mettre en place des mécanismes pour compenser les dommages au football français ». Que fera-t-il devant les demandes des artistes ? Et des autres ? Et du nombre d’exilés fiscaux qui augmentera ? Ce changement de cap met en doute sa sincérité et démontre que ses propositions sont purement idéologiques, sans consistance et vides de réalisme.
Pour la création de nouveaux emplois, Hollande affirme que le gouvernement en est capable, alors que Romney dit que seules les entreprises privées et les riches le sont.
Nous sommes témoins de deux campagnes électorales de candidats qui se situent de chaque côté de l’échiquier politique. A mon avis, ni un ni l’autre n’a raison car les deux proposent des politiques idéologiques et opportunistes. La gérance du pays, les nouvelles taxes, les coupures de dépenses, les programmes de stimulation de l’économie et ceux d’aide aux citoyens doivent viser en tout temps à assurer la solidité financière de l’État, son développement et le bien-être de ses citoyens, dans l’immédiat et le futur.
A mon avis, le meilleur exemple d’une politique bien équilibrée est celle du président Obama ou encore celui du Canada du temps du premier ministre Jean Chrétien et de son ministre des finances Paul Martin lorsqu’ils mirent de l’ordre dans nos finances publiques.
Claude Dupras
Récemment, ils viennent de confirmer leur programme électoral économique et les actions qu’ils proposent prendre dès leur prise de pouvoir. Hollande a expliqué le sien avec force détails, il y a quelques jours, lors d’un long discours à Rennes. Romney vient tout juste de promettre de faire sien le rapport Ryan « The path to prosperity », du comité de la Chambre des Représentants sur le budget, et de le faire adopter dès sa rentrée à la Maison Blanche en janvier prochain.
Les deux programmes sont diamétralement opposés. L’Américain coupe les programmes, les dépenses et les taxes. Le Français les augmente tous. Qui a raison ?
Dans un premier temps, le plan Ryan-Romney annule la loi sur les soins de santé de 2010 du président Obama et du sénateur défunt Ted Kennedy. Surnommée Obamacare, elle a été créée pour fournir une assurance santé à 35 millions d'Américains qui en sont privés et pour réduire le trou de 43 milliards de dollars creusé par les non-assurés.
Romney supprime l’obligation pour tous les citoyens américains d’obtenir une assurance-maladie.
Romney élimine le programme Medicare, le système gouvernemental d'assurance-santé au bénéfice des personnes de plus de 65 ans, pour tous les Américains nés après 1956.
Il remplace le tout par un nouveau programme de coupons, ou bons-d’échanges, avec lesquels chaque Américain pourra négocier et acheter une police d’assurance-santé d’une compagnie privée.
Les paiements des primes seront versés directement aux compagnies par le gouvernement. Elles seront augmentées annuellement selon le taux d’inflation moyen et non selon l’augmentation réelle des coûts des soins de santé. Ils tiendront compte du revenu des bénéficiaires, de leur âge et de leurs besoins de soins grandissants. Le 2% des plus riches (même s’ils gagnent des dizaines de millions $ annuellement) recevra 30% de la prime, le suivant 6% recevra 50%, le 92% restant la prime totale.
Le plan fédéral Medicaid, qui fournit l’assurance maladie aux individus et aux familles à faibles revenu et ressources, sera aussi annulé et la responsabilité sera transférée aux États. A partir de 2013, la part du fédéral sera versée en bloc aux États. Le montant sera augmenté annuellement pour tenir compte de la croissance de la population, de l’inflation moyenne et non de l’augmentation réelle des coûts des soins de santé.
En rapport avec la taxation, Romney propose des taux d’impôt réduits et l’élimination d’exemptions et de subsides existants. Il veut diminuer les taux de taxes des corporations de 35 % à 25% et éliminer les taxes des compagnies sur les profits à l’étranger. Il veut rendre permanentes les coupures temporaires d’impôt, mis en place par GWBush, pour tous les payeurs de taxe même si cela augmentera la dette nationale de 3,3 trillions $ durant les 10 prochaines années. Il vient ainsi à l’encontre de ce qu’il dit être son objectif principal, la diminution de la dette.
De son côté, François Hollande propose la réduction de 30% des rémunérations des ministres et du chef de l'Etat, ce qui ne représente rien sur le total des dépenses gouvernementales. Il veut augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire, bloquer pour trois mois les prix du carburant, créer une caution solidaire pour permettre aux jeunes d'accéder à la location, réinstaurer le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et négocier avec les syndicats pour changer la décision difficile et importante qu’a prise Sarkozy sur le financement des retraites.
Quant à la taxation, Hollande y va gaiement. Il veut élever le niveau d’impôt à 75% pour la tranche d’un million d’euros et plus pour ceux qui gagnent de tels revenus, réappliquer le barème de l'impôt de solidarité sur la fortune, celle de la taxation des revenus du capital comme ceux du travail, annuler la nouvelle TVA sociale qui vise à diminuer le coût du travail (mesure importante pour faciliter l’emploi par les petits entrepreneurs et les artisans).
Il veut créer 60 000 postes dans l'Education nationale et 5 000 postes pour la sécurité et la justice. Il veut lancer 150 000 "emplois d'avenir" par des exonération de charge pour les entreprises embauchant un jeune tout en gardant un senior dans le cadre d'une loi pour l'emploi et la cohésion sociale. Il veut encadrer les loyers et modifier « la tarification progressive de l'eau, de l'électricité et du gaz ».
Et pour payer pour tout cela, Eh bien ! C’est facile ! On taxe les riches et on élimine les niches fiscales mêmes si plusieurs d’entre-elles ont été créées depuis des années dans le but de stimuler l’économie et rétablir une certaine justice sociale. L’argent est là, selon Hollande qui agit comme si la crise monétaire qui fait des ravages en Europe et la situation économique dangereuse qui n’attend que son moment pour ressauter sur sa proie, n’existent pas.
Les politiques de Mitt Romney sont ridicules et « sans cœur » parce qu’il propose d’importantes coupures d’impôt pour les riches et des diminutions des aides aux pauvres et à la classe moyenne. L’élimination d’Obamacare va créer des torts énormes aux Américains et rendra plus difficile la bataille contre la croissance des coûts de soins de santé. Romney ne peut prouver que ses propositions réduisent ces coûts. La valeur des coupons pour l’achat de primes d’assurance basée sur les coûts d’inflation deviendra vite insuffisante car les taux d’augmentations des services de santé sont beaucoup plus importants que les taux de croissance de l’inflation.
Je remarque que le programme de Romney n’inclut aucune coupure de dépenses militaires ni de garantie que les taxes du citoyen moyen n’augmenteront pas. De son côté, le Centre de Recherches Économiques et Politiques prévoit que sa proposition ajoutera des trillions de $ aux dépenses pour les aux soins de santé à cause de l’inefficacité de l’assurance privée comparée au programme actuel du gouvernement.
Quant aux propositions d’Hollande, on ne peut savoir ce qu’il en adviendra car il a démontré être un adepte du lissage. Par exemple, suite aux critiques de la communauté du football sur la taxation à 75%, il a laissé entendre qu’il est prêt à considérer à « mettre en place des mécanismes pour compenser les dommages au football français ». Que fera-t-il devant les demandes des artistes ? Et des autres ? Et du nombre d’exilés fiscaux qui augmentera ? Ce changement de cap met en doute sa sincérité et démontre que ses propositions sont purement idéologiques, sans consistance et vides de réalisme.
Pour la création de nouveaux emplois, Hollande affirme que le gouvernement en est capable, alors que Romney dit que seules les entreprises privées et les riches le sont.
Nous sommes témoins de deux campagnes électorales de candidats qui se situent de chaque côté de l’échiquier politique. A mon avis, ni un ni l’autre n’a raison car les deux proposent des politiques idéologiques et opportunistes. La gérance du pays, les nouvelles taxes, les coupures de dépenses, les programmes de stimulation de l’économie et ceux d’aide aux citoyens doivent viser en tout temps à assurer la solidité financière de l’État, son développement et le bien-être de ses citoyens, dans l’immédiat et le futur.
A mon avis, le meilleur exemple d’une politique bien équilibrée est celle du président Obama ou encore celui du Canada du temps du premier ministre Jean Chrétien et de son ministre des finances Paul Martin lorsqu’ils mirent de l’ordre dans nos finances publiques.
Claude Dupras
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dimanche 18 mars 2012
Puerto Rico, le prochain État américain ?
Ce n’est pas d’hier que je suis les primaires américaines. La première qui attira mon intérêt fut celle de 1956 où le démocrate Adlai Stevenson fut rechoisi (il l’avait été en 1952) candidat démocrate pour faire face au général Eisenhower. Je me suis alors intéressé à ce processus électoral des USA. C’est toujours une période captivante et intéressante pour celui ou celle qui aime la politique.
Les candidats se livrent des batailles sans merci. Cependant, il y a une limite dans les critiques soit celles qui pourraient éventuellement nuire au parti lors de l’élection présidentielle. Qu’on se rappelle la fameuse primaire Obama-Hillary Clinton qui dura jusqu’à la veille de la convention de 2008. Elle fut mémorable, longue, serrée, difficile et à la limite du respect mutuel. Victorieux, Barack Obama pu, heureusement, profiter de l’appui d’Hillary pour vaincre John McCain. Dans la présente lutte, la limite a été souventes fois franchie et le parti républicain risque d’en subir les mauvaises conséquences en novembre.
Cette année, tout est une question d’argent. Beaucoup d’argent. Des centaines de millions. Pour la première fois, la Cour suprême a permis à des groupes ou des individus de financer des campagnes publicitaires parallèles en faveur ou contre un candidat. Ces campagnes ont été grandement négatives pour salir et détruire le candidat visé. Elles ont surtout été à l’avantage de Mitt Romney et ont littéralement écrasé ses adversaires d’insinuations mensongères.
Vendredi, le 16 mars 2012, les candidats de la primaire républicaine étaient à Puerto Rico, où je séjourne actuellement. Elle est fixée pour aujourd’hui dimanche le 18, alors que 350 000 personnes auront droit de vote.
Puerto Rico a une association de type Commonwealth avec les USA. Les Portoricains ont la nationalité américaine, leurs jeunes sont enrôlés par l’armée américaine, le dollar est la monnaie, les frontières sont américaines, les lois fédérales américaines s’appliquent. La loi est un mélange de droit civil et du common law. Les Portoricains sont 3,5 millions et ne participent pas au suffrage universel pour l’élection du président même s’ils ont droit de vote aux conventions nationales des partis américains (26 délégués du côté des républicains). Par contre, ceux qui vivent aux USA, et ils sont plus nombreux que dans l’île, ont tous les droits.
Il y a ici un mouvement important pour que Puerto Rico devienne un État américain. Des référendums eurent lieu, à cet effet, en 1967, 1993 et 1998. Le résultat du dernier: statu quo : 50,3 % des voix ; État américain : 46,5 % ; Indépendance : 2,5 %. Le mouvement pour l’indépendance est petit mais fait beaucoup de bruit. Il veut que Puerto Rico devienne comme Cuba. J’en connais quelques dirigeants et ce sont des personnes de qualité et très engagées, dont des médecins, ingénieurs, botanistes…
On se rappellera que ces deux îles furent séparées de l’Espagne le même jour, en 1898, après la guerre hispano-américaine lorsque leurs territoires devinrent possessions américaines. Les Cubains contribuèrent grandement à cette guerre sous la direction de José Marti qui fut tué en 1895. Mais Cuba insista pour obtenir son indépendance totale et l’obtint finalement des USA en 1902. Quant à Puerto Rico, il fut annexé aux USA et ce n’est qu’en 1952, qu’il obtint sa constitution et des élections démocratiques, mais la Cour suprême américaine décréta que Puerto Rico est « un territoire rattaché et appartenant aux États-Unis mais non une partie des États-Unis ». Si Puerto Rico devient un État américain, il en sera le plus pauvre, après le Mississipi.
Avant hier, j’ai aperçu le candidat Rick Santorum qui cabalait dans les rues du vieux San Juan. Reconnu pas la masse de croisiéristes américains qui visitent cette vieille ville dans une étape de leur voyage en navire, il donnait l’image d’un candidat populaire. Pourtant quelques heures avant, il créa une polémique à son arrivée lorsqu’il affirma que Puerto Rico ne pourra devenir un État Américain que si l’anglais devient sa seule langue officielle. Actuellement, plus de 85% des portoricains ne parlent que l’espagnol même si avec l’anglais ce sont les langues officielles. Pour se justifier, Santorum invoqua une loi constitutionnelle américaine qui, a-t-il dit, « rend obligatoire la langue anglaise ». Or, il n’y a pas de telle loi. Les observateurs ont interprété la position de Santorum comme ayant été prise pour satisfaire les conservateurs et les teapartyers américains qui n’apprécient pas la croissance de la langue espagnole aux USA. Le lendemain, devant une montée de boucliers dans les médias de Puerto Rico, Santorum changea sa position et affirma que si les Portoricains décidaient de joindre les USA, il serait d’accord. Lequel est le vrai Santorum ?
Intéressé par la participation de Mitt Romney à l’évènement que le Nouveau Parti Progressiste (PNP) portoricain tenait devant le Capitole, où siège le gouvernement de Puerto Rico, je me suis rendu pour l’écouter à cet endroit enchanteur, situé sur la mer, à l’entrée du vieux San Juan.
Jamais n’ai-je vu un tel cirque apparenté plus à un spectacle de Madonna qu’à une réunion politique. C’est devant plus de 2 000 personnes que Mitt Romney et son épouse montèrent sur la scène, accueillis de bruits insoutenables aux airs d’une musique salsa. Campée sous une immense structure de projecteurs, une estrade de plusieurs niveaux était installée sur la scène et réunissait une centaine de politiciens locaux. Puis, les discours commencèrent et les orateurs qui se succédèrent parlaient en criant plus fort l’un que l’autre de leurs voix tonitruantes. Les microphones les captaient et elles étaient amplifiées par dix, au point que je me suis demandé combien de personnes sortiraient de cette assemblée le tympan perforé. Tous parlèrent en espagnol sauf pour quelques phrases dites en langue anglaise pour saluer Romney. En fait, la foule réagissait peu. C’est le régisseur du son qui ajoutait, au bon moment, des applaudissements électroniques accompagnés d’un roulement croissant d’une musique entraînante de plus en plus forte. Et cela se répéta sans cesse lorsque les orateurs, dont la présidente de la Chambre, le président du Sénat et le gouverneur de Puerto Rico, montaient de plus en plus le ton de leur voix à la fin d’un paragraphe pour susciter des applaudissements. On avait l’impression que la foule était en délire, mais il n’en était rien car tout était fabriqué. En fait peu applaudissaient. Un vrai faux rock show !
Il y avait peu de pancartes au nom de Romney. Parsemés de quelques drapeaux américains, les drapeaux portoricains et PNP étaient à l’honneur. Les discours durèrent plus de deux heures et traitaient des réalisations du parti et du nouveau référendum de l’automne prochain sur la possibilité que Puerto Rico devienne un État américain. Le PNP est favorable à l’union et hier soir la plupart des discours roulaient dans ce sens.
Puis, Romney s’approcha enfin du micro après que le gouverneur Fortuno l’ait présenté. Un déferlement inouï du système de son l’accompagna. Romney se montra réjoui d’avoir pu constater la culture portoricaine (sic) et aborda la question de la langue. Alors que la veille, au Mississipi, il avait affirmé que la création d’un nouvel État portoricain était attaché à l’obligation que la langue anglaise soit la langue officielle, le voilà qu’il affirme maintenant que le principe de deux langues officielles serait acceptable. Il justifia la langue anglaise en prétextant qu’elle est officielle depuis 100 ans dans l’île. Or c’est faux, puisqu’avant 1993 seule l’espagnole était officielle. Encore une fois, il citait des faits inexacts et ne prenait position que pour satisfaire la galerie. Lequel est le vrai Romney ?
En terminant, je rappelle le commentaire récent de Barbara Bush, l’épouse du premier président Bush, lorsqu’elle qualifia la présente primaire républicaine de « laide » et de « la pire dont j’ai été témoin ». « Que doivent penser tous les peuples qui nous regardent ? ». En ajoutant « Que faisons-nous ? ». Le passage des deux candidats à Puerto Rico est le plus récent exemple de la mauvaise foi de candidats qui disent n’importe quoi pour gagner des votes. Une vraie honte !
Quant aux Portoricains, ils demeurent divisés sur leur avenir et surtout incertains d’obtenir l’appui de Santorum ou de Romney pour que leur coin du monde devienne le prochain État américain, si l’un deux devait devenir président des États-Unis,
Claude Dupras
Les candidats se livrent des batailles sans merci. Cependant, il y a une limite dans les critiques soit celles qui pourraient éventuellement nuire au parti lors de l’élection présidentielle. Qu’on se rappelle la fameuse primaire Obama-Hillary Clinton qui dura jusqu’à la veille de la convention de 2008. Elle fut mémorable, longue, serrée, difficile et à la limite du respect mutuel. Victorieux, Barack Obama pu, heureusement, profiter de l’appui d’Hillary pour vaincre John McCain. Dans la présente lutte, la limite a été souventes fois franchie et le parti républicain risque d’en subir les mauvaises conséquences en novembre.
Cette année, tout est une question d’argent. Beaucoup d’argent. Des centaines de millions. Pour la première fois, la Cour suprême a permis à des groupes ou des individus de financer des campagnes publicitaires parallèles en faveur ou contre un candidat. Ces campagnes ont été grandement négatives pour salir et détruire le candidat visé. Elles ont surtout été à l’avantage de Mitt Romney et ont littéralement écrasé ses adversaires d’insinuations mensongères.
Vendredi, le 16 mars 2012, les candidats de la primaire républicaine étaient à Puerto Rico, où je séjourne actuellement. Elle est fixée pour aujourd’hui dimanche le 18, alors que 350 000 personnes auront droit de vote.
Puerto Rico a une association de type Commonwealth avec les USA. Les Portoricains ont la nationalité américaine, leurs jeunes sont enrôlés par l’armée américaine, le dollar est la monnaie, les frontières sont américaines, les lois fédérales américaines s’appliquent. La loi est un mélange de droit civil et du common law. Les Portoricains sont 3,5 millions et ne participent pas au suffrage universel pour l’élection du président même s’ils ont droit de vote aux conventions nationales des partis américains (26 délégués du côté des républicains). Par contre, ceux qui vivent aux USA, et ils sont plus nombreux que dans l’île, ont tous les droits.
Il y a ici un mouvement important pour que Puerto Rico devienne un État américain. Des référendums eurent lieu, à cet effet, en 1967, 1993 et 1998. Le résultat du dernier: statu quo : 50,3 % des voix ; État américain : 46,5 % ; Indépendance : 2,5 %. Le mouvement pour l’indépendance est petit mais fait beaucoup de bruit. Il veut que Puerto Rico devienne comme Cuba. J’en connais quelques dirigeants et ce sont des personnes de qualité et très engagées, dont des médecins, ingénieurs, botanistes…
On se rappellera que ces deux îles furent séparées de l’Espagne le même jour, en 1898, après la guerre hispano-américaine lorsque leurs territoires devinrent possessions américaines. Les Cubains contribuèrent grandement à cette guerre sous la direction de José Marti qui fut tué en 1895. Mais Cuba insista pour obtenir son indépendance totale et l’obtint finalement des USA en 1902. Quant à Puerto Rico, il fut annexé aux USA et ce n’est qu’en 1952, qu’il obtint sa constitution et des élections démocratiques, mais la Cour suprême américaine décréta que Puerto Rico est « un territoire rattaché et appartenant aux États-Unis mais non une partie des États-Unis ». Si Puerto Rico devient un État américain, il en sera le plus pauvre, après le Mississipi.
Avant hier, j’ai aperçu le candidat Rick Santorum qui cabalait dans les rues du vieux San Juan. Reconnu pas la masse de croisiéristes américains qui visitent cette vieille ville dans une étape de leur voyage en navire, il donnait l’image d’un candidat populaire. Pourtant quelques heures avant, il créa une polémique à son arrivée lorsqu’il affirma que Puerto Rico ne pourra devenir un État Américain que si l’anglais devient sa seule langue officielle. Actuellement, plus de 85% des portoricains ne parlent que l’espagnol même si avec l’anglais ce sont les langues officielles. Pour se justifier, Santorum invoqua une loi constitutionnelle américaine qui, a-t-il dit, « rend obligatoire la langue anglaise ». Or, il n’y a pas de telle loi. Les observateurs ont interprété la position de Santorum comme ayant été prise pour satisfaire les conservateurs et les teapartyers américains qui n’apprécient pas la croissance de la langue espagnole aux USA. Le lendemain, devant une montée de boucliers dans les médias de Puerto Rico, Santorum changea sa position et affirma que si les Portoricains décidaient de joindre les USA, il serait d’accord. Lequel est le vrai Santorum ?
Intéressé par la participation de Mitt Romney à l’évènement que le Nouveau Parti Progressiste (PNP) portoricain tenait devant le Capitole, où siège le gouvernement de Puerto Rico, je me suis rendu pour l’écouter à cet endroit enchanteur, situé sur la mer, à l’entrée du vieux San Juan.
Jamais n’ai-je vu un tel cirque apparenté plus à un spectacle de Madonna qu’à une réunion politique. C’est devant plus de 2 000 personnes que Mitt Romney et son épouse montèrent sur la scène, accueillis de bruits insoutenables aux airs d’une musique salsa. Campée sous une immense structure de projecteurs, une estrade de plusieurs niveaux était installée sur la scène et réunissait une centaine de politiciens locaux. Puis, les discours commencèrent et les orateurs qui se succédèrent parlaient en criant plus fort l’un que l’autre de leurs voix tonitruantes. Les microphones les captaient et elles étaient amplifiées par dix, au point que je me suis demandé combien de personnes sortiraient de cette assemblée le tympan perforé. Tous parlèrent en espagnol sauf pour quelques phrases dites en langue anglaise pour saluer Romney. En fait, la foule réagissait peu. C’est le régisseur du son qui ajoutait, au bon moment, des applaudissements électroniques accompagnés d’un roulement croissant d’une musique entraînante de plus en plus forte. Et cela se répéta sans cesse lorsque les orateurs, dont la présidente de la Chambre, le président du Sénat et le gouverneur de Puerto Rico, montaient de plus en plus le ton de leur voix à la fin d’un paragraphe pour susciter des applaudissements. On avait l’impression que la foule était en délire, mais il n’en était rien car tout était fabriqué. En fait peu applaudissaient. Un vrai faux rock show !
Il y avait peu de pancartes au nom de Romney. Parsemés de quelques drapeaux américains, les drapeaux portoricains et PNP étaient à l’honneur. Les discours durèrent plus de deux heures et traitaient des réalisations du parti et du nouveau référendum de l’automne prochain sur la possibilité que Puerto Rico devienne un État américain. Le PNP est favorable à l’union et hier soir la plupart des discours roulaient dans ce sens.
Puis, Romney s’approcha enfin du micro après que le gouverneur Fortuno l’ait présenté. Un déferlement inouï du système de son l’accompagna. Romney se montra réjoui d’avoir pu constater la culture portoricaine (sic) et aborda la question de la langue. Alors que la veille, au Mississipi, il avait affirmé que la création d’un nouvel État portoricain était attaché à l’obligation que la langue anglaise soit la langue officielle, le voilà qu’il affirme maintenant que le principe de deux langues officielles serait acceptable. Il justifia la langue anglaise en prétextant qu’elle est officielle depuis 100 ans dans l’île. Or c’est faux, puisqu’avant 1993 seule l’espagnole était officielle. Encore une fois, il citait des faits inexacts et ne prenait position que pour satisfaire la galerie. Lequel est le vrai Romney ?
En terminant, je rappelle le commentaire récent de Barbara Bush, l’épouse du premier président Bush, lorsqu’elle qualifia la présente primaire républicaine de « laide » et de « la pire dont j’ai été témoin ». « Que doivent penser tous les peuples qui nous regardent ? ». En ajoutant « Que faisons-nous ? ». Le passage des deux candidats à Puerto Rico est le plus récent exemple de la mauvaise foi de candidats qui disent n’importe quoi pour gagner des votes. Une vraie honte !
Quant aux Portoricains, ils demeurent divisés sur leur avenir et surtout incertains d’obtenir l’appui de Santorum ou de Romney pour que leur coin du monde devienne le prochain État américain, si l’un deux devait devenir président des États-Unis,
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vendredi 2 mars 2012
Le 75% d’Hollande, un mauvais calcul
Dans un récent billet intitulé « la campagne électorale de la vérité » j’écrivais : « Dès sa rentrée au pouvoir, Sarkozy a fait adopter « le bouclier fiscal » qui limitait l’impôt à 50% (aux USA, elle est près de 35%) Cette loi visait à permettre à la France de devenir fiscalement concurrentielle avec les autres pays européens. Trop de Français allaient déposer leurs fonds ailleurs et y trouvaient résidence pour payer moins d’impôts. La France se devait de redevenir attractive. Les critiques ferment les yeux devant le fait que ce sont avec le talent des meilleurs et les investissements des plus riches qu’un très grand nombre d’entreprises voient le jour et que de nouveaux emplois sont créés. De plus, l’impôt payé ailleurs n’est pas payé en France ». Ça demandait du courage politique pour implanter une telle mesure.
Le parti socialiste et son candidat François Hollande n’ont cessé de dénigrer le président Sarkozy depuis l’adoption de ce « bouclier fiscal » qu’ils savaient de toute évidence impopulaire. L’antisarkozysme est né à ce moment-là et il s’est amplifié malgré que cette politique ait diminué de 15% par an le nombre d’exilés fiscaux. En fin de mandat, Sarkozy l’a abolie pour calmer les esprits. A mon avis, ce fut là son erreur parce que la fiscalité d’un pays doit être stable pour que les gens y investissent pour le long terme. Si Sarkozy perd son poste, ce sera principalement à cause du bouclier.
En début de campagne, Hollande, en bon socialiste, à déclaré « la finance est mon vrai adversaire ». Il vient de promettre d’ajouter une tranche de 75% pour le calcul des impôts personnels de ceux qui feront un revenu de plus d’un million d’euros par an (en plus, d’avoir déjà promis, une autre tranche additionnelle de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros).
La France est au troisième rang mondial en termes de millionnaires. À mon point de vue, Hollande s’apprête à faire une erreur magistrale de la même nature que celle des 35 heures de Martine Aubry. Il pousse même l’effronterie jusqu’à qualifier son 75% d’un « message de cohésion sociale et un acte de patriotisme ». Il ne le demande pas, il l’impose aux ultra-riches en posant un geste électoraliste, purement symbolique et démagogique. De prime abord, il est clair que ce 75% générera un nombre croissant et fort important de nouveaux exilés fiscaux et qu’il rapportera peu à l’État par rapport à ce qu’il lui fera perdre. Hollande lui-même a confirmé que le 75% ajoutera « zéro » au budget. Même cette affirmation est erronée puisque ce sera pire, comme je vais le démontrer ci-après.
Un vrai message de cohésion sociale aurait été de demander à tous les Français et Françaises de poser un acte de patriotisme en acceptant, par leur vote, des contraintes de dépenses gouvernementales pour faire face à la réalité économique actuelle. Là, Hollande aurait été courageux !
Comme il est facile de faire une promesse électorale de 75% qui affecte monétairement peu de gens! De telles promesses viennent normalement de la bouche de petits politiciens qui ne pensent qu’à gagner des votes au détriment même de l’intérêt de l’État. Pour réussir, ces derniers comptent sur les sentiments de jalousie ou d’envie envers ceux qui ont réussi et qui ont plus de revenus.
Qu’est-il en fait cet intérêt de l’État, si ce n’est d’assurer une société où chacun peut bien vivre, s’épanouir, élever et éduquer sa famille dans les meilleures conditions possibles et être heureux ? Pour ce faire le gouvernement doit assurer à chaque individu une vie démocratique saine et libre, la possibilité de travailler, de développer ses talents, d’atteindre son épanouissement personnel maximal et de protéger les plus pauvres et les moins nantis. Pour atteindre son but, le gouvernement a besoin d’aide car ce n’est pas lui qui crée tous les emplois nécessaires au développement de la société. En réalité, il en crée peu. Le gouvernement a besoin de l’effort, de l’intelligence, de la capacité de développement et de l’effort financier du secteur privé pour assurer que son économie réponde à sa mission.
Nulle part en Europe, il n’existe une tranche d’impôt à 75%. Elle est normalement à 50% et moins. Au Canada, elle est à 48,2 % et je considère que notre taux est bien balancé par rapport aux besoins de l’État et aux services qu’il nous offre. Aux USA, elle est à 35%. Mitt Romney, le candidat favori à la « primaire » républicaine, qui veut assurer le financement privé de son élection, propose, en désespoir de cause, de la diminuer à 28%. Il exagère dans le sens inverse d’Hollande mais pour le même motif : il ne pense qu’à son élection. Face à ces chiffres, la France ne sera plus attractive et deviendra vitement non concurrentielle.
En réaction, François Bayrou, candidat du centre à la présidentielle française a déclaré "Le déconnomètre marche à plein tube", ajoutant « ces gens vont aller se faire payer à l'étranger. Ils ont tous des filières multiples et variées, des moyens de délocaliser leurs salaires », a-t-il estimé. L’impôt qui devrait être versé en France sera payé ailleurs. De plus, les sièges sociaux d’entreprises industrielles françaises pourront aller indifféremment en France, à Bruxelles, à Londres ou ailleurs car la fiscalité compte dans la prise d’une telle décision. Les riches ont les moyens de se payer les services de conseillers en optimisation fiscale.
David Douillet, le judoka médaillé d’or aux Olympiques et ministre des sports de la France vient de préciser un des aspects négatifs du 75% d’Hollande. « Il va tuer le sport français", a-t-il dit et estime que « 120 à 125 joueurs de football de la ligue 1 sont touchés », « Les joueurs partiront instantanément de France, ils en ont les moyens", a prédit le ministre. "Cela veut dire aussi que les 600 millions d'euros qui proviennent de la fiscalité du foot français vont disparaître, que les 5% des droits TV du foot reversés aux autres sports disparaîtront aussi puisqu'il n'y aura plus de droits télé ». Avec les pertes que subiront les stades français. « Nous en sommes à déjà 1 milliard de pertes », a-t-il ajouté. Et vlan !
Il est de même pour les artistes du cinéma comme Jean duJardin, le récent récipiendaire de l’oscar du meilleur acteur dans le film l’Artiste. Demeurera-t-il en France ?
Il est clair que le 75% d’Hollande est un super-impôt spoliateur unique qui nie les réalités du monde d’aujourd’hui.
L’argent qui sera pris par l’État ne sera plus disponible pour le financement de nouvelles entreprises. Les riches ne laissent pas leur argent dans des sacs pour l’admirer. Ils cherchent les meilleurs placements pour les faire croître. Et parmi ceux-là, il y a le capital de risque qui permet à de jeunes entrepreneurs de concrétiser leurs idées et de lancer leurs affaires. Apple, Facebook, Google, Ubisoft et tant d’autres aux USA et en France sont devenus des compagnies mondiales importantes grâce aux investissements de personnes riches qui ont cru dans les talents de leurs créateurs. Ces investissements devenant moins disponibles, la création d’emplois en France en souffrira.
Depuis toujours, les socialistes reprochent aux riches de s’amuser avec leurs bijoux : yachts démesurés, maisons-châteaux, vignobles, avions personnels, produits haut-de-gamme, etc…Or beaucoup de ces choses sont construites et réalisées par des ouvriers et des professionnels français. Que le riche ait un gros yacht, je m’en foute royalement. Tant mieux pour lui. Ce que je vois, c’est l’entreprise qui a construit le yacht, la marina qui le protège, les marins et le personnel qui le dirigent, etc.. toute la chaîne des activités économiques qu’il génère et attire. Ce n’est pas le gouvernement qui peut faire cela.
Hollande justifie son 75% en rappelant les années difficiles en Amérique durant lesquelles les impôts des riches ont touché 80%. Mais c’était durant la guerre mondiale et l’après guerre, où tout l’argent des Américains fut en grande partie réquisitionné pour vaincre les nazis, remonter leur pays et aider l’Europe, via le Plan Marshall, à se rebâtir. De plus, il donne l’exemple récent de l’américain Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches du monde, qui s’est indigné du fait qu'il paye un taux d'imposition inférieur à celui de sa secrétaire. Elle paie 30% d’impôt alors que son taux est à peine 15%. Cela n’a rien à voir avec le 75% d’Hollande. De faux arguments pour une politique fausse à sa base. Avec 75% Buffett n’aurait pas eu les moyens de sauver les centaines d’entreprises dans lesquelles il a investi massivement.
Le 75% est le résultat de l’antisarkozysme. Plusieurs Français semblent avoir gobé, depuis 2007, les sornettes démagogiques et répétées des socialistes sans vraiment chercher à comprendre le pourquoi des mesures du président sortant. Aujourd’hui, on leur propose une mesure fiscale qui va nuire considérablement à la France et les mêmes applaudissent. Que les riches s’exilent et paient leurs impôts ailleurs, que les jeunes de talent aient moins d’investisseurs, que d’innombrables nouveaux emplois ne se réalisent pas, que le « foot » s’efface, qu’ils y aient moins de production et de construction de bâtiments et de produits haut de gamme, que la France perde de son attrait financier et devienne moins concurrentielle, etc.. on applaudit.
Si on est riche, il faudra être héroïque pour rester contribuable en France, si Hollande gagne.
Claude Dupras
Le parti socialiste et son candidat François Hollande n’ont cessé de dénigrer le président Sarkozy depuis l’adoption de ce « bouclier fiscal » qu’ils savaient de toute évidence impopulaire. L’antisarkozysme est né à ce moment-là et il s’est amplifié malgré que cette politique ait diminué de 15% par an le nombre d’exilés fiscaux. En fin de mandat, Sarkozy l’a abolie pour calmer les esprits. A mon avis, ce fut là son erreur parce que la fiscalité d’un pays doit être stable pour que les gens y investissent pour le long terme. Si Sarkozy perd son poste, ce sera principalement à cause du bouclier.
En début de campagne, Hollande, en bon socialiste, à déclaré « la finance est mon vrai adversaire ». Il vient de promettre d’ajouter une tranche de 75% pour le calcul des impôts personnels de ceux qui feront un revenu de plus d’un million d’euros par an (en plus, d’avoir déjà promis, une autre tranche additionnelle de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros).
La France est au troisième rang mondial en termes de millionnaires. À mon point de vue, Hollande s’apprête à faire une erreur magistrale de la même nature que celle des 35 heures de Martine Aubry. Il pousse même l’effronterie jusqu’à qualifier son 75% d’un « message de cohésion sociale et un acte de patriotisme ». Il ne le demande pas, il l’impose aux ultra-riches en posant un geste électoraliste, purement symbolique et démagogique. De prime abord, il est clair que ce 75% générera un nombre croissant et fort important de nouveaux exilés fiscaux et qu’il rapportera peu à l’État par rapport à ce qu’il lui fera perdre. Hollande lui-même a confirmé que le 75% ajoutera « zéro » au budget. Même cette affirmation est erronée puisque ce sera pire, comme je vais le démontrer ci-après.
Un vrai message de cohésion sociale aurait été de demander à tous les Français et Françaises de poser un acte de patriotisme en acceptant, par leur vote, des contraintes de dépenses gouvernementales pour faire face à la réalité économique actuelle. Là, Hollande aurait été courageux !
Comme il est facile de faire une promesse électorale de 75% qui affecte monétairement peu de gens! De telles promesses viennent normalement de la bouche de petits politiciens qui ne pensent qu’à gagner des votes au détriment même de l’intérêt de l’État. Pour réussir, ces derniers comptent sur les sentiments de jalousie ou d’envie envers ceux qui ont réussi et qui ont plus de revenus.
Qu’est-il en fait cet intérêt de l’État, si ce n’est d’assurer une société où chacun peut bien vivre, s’épanouir, élever et éduquer sa famille dans les meilleures conditions possibles et être heureux ? Pour ce faire le gouvernement doit assurer à chaque individu une vie démocratique saine et libre, la possibilité de travailler, de développer ses talents, d’atteindre son épanouissement personnel maximal et de protéger les plus pauvres et les moins nantis. Pour atteindre son but, le gouvernement a besoin d’aide car ce n’est pas lui qui crée tous les emplois nécessaires au développement de la société. En réalité, il en crée peu. Le gouvernement a besoin de l’effort, de l’intelligence, de la capacité de développement et de l’effort financier du secteur privé pour assurer que son économie réponde à sa mission.
Nulle part en Europe, il n’existe une tranche d’impôt à 75%. Elle est normalement à 50% et moins. Au Canada, elle est à 48,2 % et je considère que notre taux est bien balancé par rapport aux besoins de l’État et aux services qu’il nous offre. Aux USA, elle est à 35%. Mitt Romney, le candidat favori à la « primaire » républicaine, qui veut assurer le financement privé de son élection, propose, en désespoir de cause, de la diminuer à 28%. Il exagère dans le sens inverse d’Hollande mais pour le même motif : il ne pense qu’à son élection. Face à ces chiffres, la France ne sera plus attractive et deviendra vitement non concurrentielle.
En réaction, François Bayrou, candidat du centre à la présidentielle française a déclaré "Le déconnomètre marche à plein tube", ajoutant « ces gens vont aller se faire payer à l'étranger. Ils ont tous des filières multiples et variées, des moyens de délocaliser leurs salaires », a-t-il estimé. L’impôt qui devrait être versé en France sera payé ailleurs. De plus, les sièges sociaux d’entreprises industrielles françaises pourront aller indifféremment en France, à Bruxelles, à Londres ou ailleurs car la fiscalité compte dans la prise d’une telle décision. Les riches ont les moyens de se payer les services de conseillers en optimisation fiscale.
David Douillet, le judoka médaillé d’or aux Olympiques et ministre des sports de la France vient de préciser un des aspects négatifs du 75% d’Hollande. « Il va tuer le sport français", a-t-il dit et estime que « 120 à 125 joueurs de football de la ligue 1 sont touchés », « Les joueurs partiront instantanément de France, ils en ont les moyens", a prédit le ministre. "Cela veut dire aussi que les 600 millions d'euros qui proviennent de la fiscalité du foot français vont disparaître, que les 5% des droits TV du foot reversés aux autres sports disparaîtront aussi puisqu'il n'y aura plus de droits télé ». Avec les pertes que subiront les stades français. « Nous en sommes à déjà 1 milliard de pertes », a-t-il ajouté. Et vlan !
Il est de même pour les artistes du cinéma comme Jean duJardin, le récent récipiendaire de l’oscar du meilleur acteur dans le film l’Artiste. Demeurera-t-il en France ?
Il est clair que le 75% d’Hollande est un super-impôt spoliateur unique qui nie les réalités du monde d’aujourd’hui.
L’argent qui sera pris par l’État ne sera plus disponible pour le financement de nouvelles entreprises. Les riches ne laissent pas leur argent dans des sacs pour l’admirer. Ils cherchent les meilleurs placements pour les faire croître. Et parmi ceux-là, il y a le capital de risque qui permet à de jeunes entrepreneurs de concrétiser leurs idées et de lancer leurs affaires. Apple, Facebook, Google, Ubisoft et tant d’autres aux USA et en France sont devenus des compagnies mondiales importantes grâce aux investissements de personnes riches qui ont cru dans les talents de leurs créateurs. Ces investissements devenant moins disponibles, la création d’emplois en France en souffrira.
Depuis toujours, les socialistes reprochent aux riches de s’amuser avec leurs bijoux : yachts démesurés, maisons-châteaux, vignobles, avions personnels, produits haut-de-gamme, etc…Or beaucoup de ces choses sont construites et réalisées par des ouvriers et des professionnels français. Que le riche ait un gros yacht, je m’en foute royalement. Tant mieux pour lui. Ce que je vois, c’est l’entreprise qui a construit le yacht, la marina qui le protège, les marins et le personnel qui le dirigent, etc.. toute la chaîne des activités économiques qu’il génère et attire. Ce n’est pas le gouvernement qui peut faire cela.
Hollande justifie son 75% en rappelant les années difficiles en Amérique durant lesquelles les impôts des riches ont touché 80%. Mais c’était durant la guerre mondiale et l’après guerre, où tout l’argent des Américains fut en grande partie réquisitionné pour vaincre les nazis, remonter leur pays et aider l’Europe, via le Plan Marshall, à se rebâtir. De plus, il donne l’exemple récent de l’américain Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches du monde, qui s’est indigné du fait qu'il paye un taux d'imposition inférieur à celui de sa secrétaire. Elle paie 30% d’impôt alors que son taux est à peine 15%. Cela n’a rien à voir avec le 75% d’Hollande. De faux arguments pour une politique fausse à sa base. Avec 75% Buffett n’aurait pas eu les moyens de sauver les centaines d’entreprises dans lesquelles il a investi massivement.
Le 75% est le résultat de l’antisarkozysme. Plusieurs Français semblent avoir gobé, depuis 2007, les sornettes démagogiques et répétées des socialistes sans vraiment chercher à comprendre le pourquoi des mesures du président sortant. Aujourd’hui, on leur propose une mesure fiscale qui va nuire considérablement à la France et les mêmes applaudissent. Que les riches s’exilent et paient leurs impôts ailleurs, que les jeunes de talent aient moins d’investisseurs, que d’innombrables nouveaux emplois ne se réalisent pas, que le « foot » s’efface, qu’ils y aient moins de production et de construction de bâtiments et de produits haut de gamme, que la France perde de son attrait financier et devienne moins concurrentielle, etc.. on applaudit.
Si on est riche, il faudra être héroïque pour rester contribuable en France, si Hollande gagne.
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dimanche 29 janvier 2012
Duceppe, le Gingrich québécois
La sauvage primaire pour le choix du candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de Novembre 2012, nous en fait voir de toutes les couleurs ! Surtout depuis que Mitt Romney et Newt Gingrich sont devenus les favoris. C’est à qui s’entredéchirerait le plus pour gagner !
Lors du dernier débat à Jacksonville en Floride, j’ai entendu à nouveau le sempiternel reproche de Romney à Gingrich en rapport avec son manque d’éthique durant la période où il a été orateur (the speaker) de la Chambre des Représentants du Congrès américain. Il fut accusé par le sous-comité d’éthique de la Chambre d’avoir utilisé pour ses besoins politiques, des fonds dédiés à d’autres fins. Cela ressemble étrangement à la révélation récente de La Presse sur les agissements de Gilles Duceppe, du temps pendant lequel il était chef du Bloc Québécois.
En janvier 1997, la Chambre des Représentants, à majorité républicaine, a réprimandé Gingrich pour son manque d’éthique par un vote de 395 à 28 et lui a imposé une punition de 300 000$. Une première pour cet organisme. Gingrich a alors admis les accusations du sous-comité et a reconnu avoir apporté du discrédit à cette dernière.
Voici ce qu’a dit, à ce moment-là, Tom Brokaw, le célèbre commentateur de la NBC : “Newt Gingrich, who came to power, after all, preaching a higher standard in American politics, a man who brought down another speaker on ethics accusations, tonight he has on his own record the judgment of his peers, Democrat and Republican alike. By an overwhelming vote, they found him guilty of ethics violations; they charged him a very large financial penalty, and they raised — several of them — raised serious questions about his future effectiveness.”
Son comportement a coûté cher à Gingrich. Il a payé son amende et a finalement quitté la politique. Après de longues années, il revient comme candidat à l’investiture républicaine et Gallup, qui sonde l’ensemble des républicains américains, le place ce matin à 6% en avant de Romney. Comme quoi, un politicien peut toujours revenir en politique s’il admet ses fautes.
Gilles Duceppe, qui a fait du bon travail à Ottawa, ne nie pas que l’organisateur-en-chef du Bloc ait été payé par des budgets votés par la Chambre des Communes et dédiés au travail parlementaire de son parti. Nonobstant cela, il est défendu par un grand nombre de ses amis politiques. À mon avis, c’est insupportable. Le manque d’éthique de Duceppe sur cette question est clair. Il n’avait même pas à consulter les règlements. Il aurait dû le savoir puisque que ce n’est que le gros bon sens. Comment peut-on défendre le principe qu’un chef de parti ou un député détourne l’argent dédié à ses fins politiques pour financer ses activités partisanes ?
L’entourage de Duceppe semble vouloir justifier ses actes en affirmant que les autres chefs de partis faisaient de même. Eh bien ! J’encourage Duceppe, qui les connait sûrement, à les nommer et qu’on les accuse à leur tour. C’est important.
Comme disait le républicain Mark Sandford de la Caroline du Sud, « si j’avais su ce que contenait le rapport du comité d’éthique, je n’aurais jamais voté pour Gingrich comme Orateur » et d’ajouter « Je pense à mes trois garçons et ce n’est pas l’exemple de leadership que je veux leur donner ». Voilà les mots d’un homme politique responsable qui met de côté la partisannerie pour l’intérêt public.
De toute évidence, je crois que le comité d’éthique du parlement canadien chargé d’enquêter sur le sujet arrivera à la même conclusion que celui qui a analysé le cas Gingrich et confirmera l’erreur de Duceppe. Toute cette question n’en est pas une de Républicains (ils étaient majoritaires et auraient pu trouver moyen de classer aux oubliettes le rapport du sous-comité) ou de Démocrates, ni de fédéralistes ou de séparatistes au Québec. C’est une question d’éthique.
Ceux qui interviennent comme moi par des articles, des blogues ou des commentaires, se doivent de faire des analyses qui sont respectueuses de la logique et de l’intelligence de nos lecteurs. De plus, même si nous avons chacun nos positions et nos visions politiques, nous nous devons de les énoncer dans une atmosphère de respect mutuel.
Claude Dupras
Lors du dernier débat à Jacksonville en Floride, j’ai entendu à nouveau le sempiternel reproche de Romney à Gingrich en rapport avec son manque d’éthique durant la période où il a été orateur (the speaker) de la Chambre des Représentants du Congrès américain. Il fut accusé par le sous-comité d’éthique de la Chambre d’avoir utilisé pour ses besoins politiques, des fonds dédiés à d’autres fins. Cela ressemble étrangement à la révélation récente de La Presse sur les agissements de Gilles Duceppe, du temps pendant lequel il était chef du Bloc Québécois.
En janvier 1997, la Chambre des Représentants, à majorité républicaine, a réprimandé Gingrich pour son manque d’éthique par un vote de 395 à 28 et lui a imposé une punition de 300 000$. Une première pour cet organisme. Gingrich a alors admis les accusations du sous-comité et a reconnu avoir apporté du discrédit à cette dernière.
Voici ce qu’a dit, à ce moment-là, Tom Brokaw, le célèbre commentateur de la NBC : “Newt Gingrich, who came to power, after all, preaching a higher standard in American politics, a man who brought down another speaker on ethics accusations, tonight he has on his own record the judgment of his peers, Democrat and Republican alike. By an overwhelming vote, they found him guilty of ethics violations; they charged him a very large financial penalty, and they raised — several of them — raised serious questions about his future effectiveness.”
Son comportement a coûté cher à Gingrich. Il a payé son amende et a finalement quitté la politique. Après de longues années, il revient comme candidat à l’investiture républicaine et Gallup, qui sonde l’ensemble des républicains américains, le place ce matin à 6% en avant de Romney. Comme quoi, un politicien peut toujours revenir en politique s’il admet ses fautes.
Gilles Duceppe, qui a fait du bon travail à Ottawa, ne nie pas que l’organisateur-en-chef du Bloc ait été payé par des budgets votés par la Chambre des Communes et dédiés au travail parlementaire de son parti. Nonobstant cela, il est défendu par un grand nombre de ses amis politiques. À mon avis, c’est insupportable. Le manque d’éthique de Duceppe sur cette question est clair. Il n’avait même pas à consulter les règlements. Il aurait dû le savoir puisque que ce n’est que le gros bon sens. Comment peut-on défendre le principe qu’un chef de parti ou un député détourne l’argent dédié à ses fins politiques pour financer ses activités partisanes ?
L’entourage de Duceppe semble vouloir justifier ses actes en affirmant que les autres chefs de partis faisaient de même. Eh bien ! J’encourage Duceppe, qui les connait sûrement, à les nommer et qu’on les accuse à leur tour. C’est important.
Comme disait le républicain Mark Sandford de la Caroline du Sud, « si j’avais su ce que contenait le rapport du comité d’éthique, je n’aurais jamais voté pour Gingrich comme Orateur » et d’ajouter « Je pense à mes trois garçons et ce n’est pas l’exemple de leadership que je veux leur donner ». Voilà les mots d’un homme politique responsable qui met de côté la partisannerie pour l’intérêt public.
De toute évidence, je crois que le comité d’éthique du parlement canadien chargé d’enquêter sur le sujet arrivera à la même conclusion que celui qui a analysé le cas Gingrich et confirmera l’erreur de Duceppe. Toute cette question n’en est pas une de Républicains (ils étaient majoritaires et auraient pu trouver moyen de classer aux oubliettes le rapport du sous-comité) ou de Démocrates, ni de fédéralistes ou de séparatistes au Québec. C’est une question d’éthique.
Ceux qui interviennent comme moi par des articles, des blogues ou des commentaires, se doivent de faire des analyses qui sont respectueuses de la logique et de l’intelligence de nos lecteurs. De plus, même si nous avons chacun nos positions et nos visions politiques, nous nous devons de les énoncer dans une atmosphère de respect mutuel.
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mercredi 18 janvier 2012
2012, une année pour les mordus de la politique
2012 est une année rare de trois Vendredi 13. Ça augure mal, puisque vendredi le 13 janvier, le gigantesque navire de croisière Costa Concordia avec 4229 passagers à bord frappa un rocher, s’échoua et roula à tribord en Méditerranée. De plus, Nostradamus et les Mayas ont prédit la fin du monde pour 2012.
On se rappellera longtemps de 2012 puisqu’elle sera aussi hautement politique et électorale en Amérique, en France, au Québec, au Canada, dans les pays arabes… Une année exceptionnelle pour les mordus de la politique.
Aux USA, le résultat de l’élection présidentielle de novembre prochain peut secouer éventuellement le monde. La bataille entre les partis démocrate et républicain s’annonce pour être une des moins civilisées. L’élection primaire républicaine en donne des signes avant-coureurs. Les cinq candidats qui sont encore en liste : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum, Rick Perry, et Ron Paul n’hésitent pas à s’accuser mutuellement méchamment et faussement dans le but de salir leurs adversaires. Ils oublient qu’un d’eux sera le candidat contre Barack Obama et que l’organisation électorale de ce dernier pourra utiliser leurs diatribes contre lui.
Mitt Romney est le seul modéré du groupe et un ancien gouverneur républicain du démocrate Massachusetts où il a fait voter d’importantes lois sociales. Aujourd’hui, il dénonce des lois similaires d’Obama et renie son passé simplement pour plaire à l’aile conservatrice et religieuse de son parti. Il veut gagner à tout prix. Il récolte actuellement près de 35% des suffrages des primaires et l’establishment du parti l’appuie.
Ron Paul est un libertaire de droite qui croit en la liberté absolue de chaque américain en matière politique et sociale. Il s’oppose à la guerre et veut que la presque totalité des 900 bases militaires américaines dans le monde soient fermées et le personnel rapatrié. Il prône que les USA cessent d’influencer les pays du monde. Il veut diminuer considérablement les dépenses gouvernementales. 20 à 25% d’électeurs primaires enthousiastes l’appuient.
Newt Gingrich et Rick Santorum sont comme des frères jumeaux, même si Gingrich est plus âgé et a une plus vaste expérience politique puisqu’il a été le Speaker de la chambre. Ce dernier est un homme intelligent, un historien bien renseigné et un excellent orateur. Il est cependant un démagogue qui n’hésite pas à lancer des arguments insoutenables. Sa part d’appui se situe à près de 20%. Quant à Santorum, il est le candidat choisi des évangélistes. Ancien sénateur du Pennsylvanie, il a été chassé par ses électeurs par une marge de 16%. Nonobstant cette cuisante défaite, il est cette année candidat à l’investiture de son parti et est venu à huit voix de gagner la primaire de l’Iowa. On lui donne actuellement près de 15% des votes et son étoile est à la hausse. Une fusion Gingrich-Santorum est dans l’air car la droite récolte actuellement plus de 50% des suffrages et vise à avoir un candidat unique.
Quant au gouverneur du Texas, Rick Perry, il est fortement à droite mais sa campagne ne lève pas. Il est malhabile, mal renseigné et les débats l’ont coulé. Il devrait quitter la course bientôt et ses supporteurs (3-5%) iront vers Gingrich ou Santorum.
Malgré que la prochaine primaire soit en Caroline du Sud, terre fertile pour les évangélistes et la droite de la droite, Mitt Romney mène dans les sondages. Ce sera sa troisième victoire consécutive après celles du New Hampshire et de l’Iowa et elle amplifiera le vent dans ses voiles.
Dans cette course, comme toujours aux USA, l’argent est important. Ces primaires coûtent une fortune à chaque candidat, et lorsqu’un candidat faiblit, la source de ses revenus s’assèche et il se voit obligé de la quitter. Bientôt, trois candidats demeureront en liste. Romney, Paul et Gingrich ou Santorum.
Un facteur additionnel peut affecter le résultat. C’est le vote des délégués ex-officio, « Unpleged delegates », choisis parmi les dirigeants du parti. Ils représentent près de 20% du total des délégués à la convention et peuvent faire la différence. Je crois de plus en plus que Mitt Romney sera le candidat du parti républicain.
En France, le président Nicolas Sarkozy a des problèmes importants de réélection à cause, entre autres, de l’économie. Malgré qu’il ne reste que moins de 100 jours avant l’élection présidentielle, Sarkozy n’est pas encore officiellement en campagne électorale, prétextant qu’il a trop à faire en rapport avec la crise de l’euro et de l’Europe, la baisse de la notation de la France, et tout ce qu’il doit faire comme président. Il y a du vrai dans tout cela, mais ses actions et ses déplacements montrent bien, en tout cas, qu’il y pense. Depuis plusieurs mois, Sarkozy a remonté dans les sondages. La cote de son adversaire principal, le socialiste François Hollande a diminué mais il conserve une marge de 6% pour le deuxième tour si lui et Sarkozy sont les candidats. Cela semble beaucoup, mais si seulement 3% des supporteurs d’Hollande changent d’idée, Sarkozy peut gagner. C’est possible.
Mais comment gagner et avec quelle stratégie devant la détestation manifeste d’un très grand nombre de Français. Comment agir face un Hollande qui l’accuse de n’être qu’un gouvernement de paroles, alors qu’à ce jour, comme candidat socialiste, il ne dit que des mots, des mots et encore des mots qui ne signifient rien de concret car il ne veut pas s’engager et risquer des critiques. Le défi de Sarkozy est grand, mais possible. Comment faire ?
Il semble que Sarkozy optera pour l’action. Il veut implanter des changements qui depuis longtemps auraient dû l’être. Des changements qui répondront aux vrais problèmes de la France, la compétitivité et la productivité. C’est la raison principale pourquoi l’Allemagne a si distancé industriellement la France. C’est aussi l’argument de Standard and Poor’s, cette semaine, lorsqu’elle a baissé la note de la France de AAA à AA+.
Sarkozy a fait beaucoup pour encourager les Français à travailler plus. Il a combattu et corrigé l’erreur magistrale qu’a été la loi des 35 heures. Il reste à favoriser l’emploi dans les entreprises et chez les artisans en éliminant les charges sociales.
Je vis en France depuis 13 ans, 4,5 mois par an et combien de fois ai-je entendu un artisan français plombier, ébéniste, maçon, jardinier, électricien, et autres travaillant seuls, et à qui je demandais la raison pour laquelle ils n’engageaient pas d’employés alors que leur carnet de commandes débordait. « les charges, Monsieur, les charges… », est la réponse chaque fois. Impossible de faire un profit raisonnable face à un coût de travail excessif.
Sarkozy, veut s’attaquer à cette situation en proposant la TVA sociale. Il s’agit d’augmenter la taxe de valeur ajoutée de 2% et de financer, avec ces revenus additionnels, les cotisations sociales actuellement payées par l’employeur et l’employé sur chaque salaire. Sans ses charges, l’employeur profite d’une meilleure compétitivité-prix et l’employé voit son revenu net augmenter. Je suis convaincu qu’il y aura une augmentation rapide de l’emploi chez les artisans et que les entreprises pourront vendre leurs produits à meilleurs prix à l’étranger puisqu’ils pourront concurrencer les autres pays. Évidemment, l’opposition est forte, et accuse Sarkozy de ne vouloir faire qu’un cadeau aux entreprises au détriment d’une augmentant des prix pour les consommateurs.
Si Sarkozy prend finalement cette décision, ce sera un geste non seulement nécessaire à ce moment-ci, mais courageux. À cause de l’élection présidentielle, la France ne peut quand même pas rester 6 mois à ne rien faire face aux menaces qui la confrontent.
Au lieu de promesses électorales, Sarkozy passera à l’action. S’il perd, tant pis pour lui, mais la France aura gagné. Si les Français comprennent son geste, l’impopularité initiale de cette mesure sera renversée et Sarkozy sera réélu. Quant à Hollande, il sera devant un dilemme important : la France ou le parti socialiste. S’il est politiquement intelligent, il optera pour la France en appuyant Sarkozy. Il amenuisera ainsi les effets positifs gagnés par le président.
Au Québec, c’est l’ère des transfuges. Il s’agit d’individus qui se qualifient « personnes de principe », mais qui laissent l’impression de ne chercher qu’à sauver leur poste de député ou de vouloir accéder au cabinet des ministres du prochain gouvernement. Je suis surpris des ouvertures de François Legault, chef de la « Coalition de l’avenir », aux députés des autres partis. Je n’aime pas qu’il favorise de telles singeries. Alors qu’il trône au haut des sondages depuis un long moment, que la presse est bonne pour lui et qu’il est populaire, pourquoi ne présente-t-il pas une brochette de candidats nouveaux et de haut niveau prêts à laisser leurs affaires personnelles pour servir le Québec. Les Québécois veulent des personnes sincères et compétentes pour les diriger. Ils aiment des chefs forts mais pas des « one-man show ». Le chef François Legault a les moyens, grâce à son niveau élevé de popularité, de présenter une « équipe du tonnerre ». S’il ne le fait pas, il ferait mieux de rentrer chez lui tout de suite, car les Québécois l’y amèneront le soir des élections.
Quant au Parti Québécois, c’est l’auto-destruction qui est en vogue. Malgré que la chef, Pauline Marois, ait obtenu 93 % d’appuis au dernier congrès, les députés, affolés par les sondages, ne cessent de critiquer sur la place publique leur chef et leur parti quand ils ne les quittent pas. Et les « purs et durs » ne cessent d’invectiver la chef tout en appelant à l’unité des forces. C’est ridicule car s’il n’y a pas d’unité dans un parti, il n’y a pas de succès électoral.
Devant ce parterre de groupuscules qui se chamaillent, la chef semble vouloir prendre la politique française comme modèle. Elle veut proposer des ententes avec les micropartis souverainistes. Il s’agit pour elle d’attribuer à ces groupuscules des comtés où le Parti Québécois ne présenterait pas de candidats en échange qu’ils ne présentent pas de candidat contre ceux du PQ. Par exemple, dans le comté de Gouin, le Parti Solidaire présente sa chef Françoise David contre le député sortant Girard. Cela pourrait avoir comme effet de diviser les votes et de permettre au candidat libéral ou caquiste de gagner le comté. C’est du magouillage politique et antidémocratique et l’exemple français démontre combien c’est injuste. Mme Marois fera une grave erreur si elle accorde l’opportunité à ces groupes non importants d’obtenir, par un jeu de coulisses, des représentants à l’Assemblée nationale qu’ils ne pourraient obtenir autrement. Le PQ le regrettera longtemps.
Que les souverainistes, indépendantistes, séparatistes, péquistes se rallient derrière la chef du parti Québécois et ils seront surpris des résultats. Dans la situation de fluctuation actuelle, rien n’est perdu et affirmer comme certains que la prochaine élection marquera la fin du parti Québécois, est de la folie furieuse. Quand même, soyons sérieux !
Quant au parti libéral de Jean Charest, il se dirige lentement et surement vers un gouvernement minoritaire. À moins que Jean Charest ne démissionne, comme je le prévois.
Au niveau fédéral, c’est l’élection du chef du Nouveau Parti Démocratique (NDP) qui est importante pour le Canada. Les membres de ce parti ont un choix important à faire. Ils ne doivent pas oublier que la majorité des députés de leur parti vient du Québec. Thomas Mulcair, le député NPD d’Outremont est candidat. Dans sa carrière professionnelle, il a toujours été associé à des causes difficiles et à des groupes de défense de droits de l’individu. Il a été ministre de l’environnement du Québec et a protégé notre patrimoine écologique allant même jusqu’à refuser une décision gouvernementale, en raison de laquelle il a finalement démissionné du gouvernement et du parti. Il s’est présenté à Outremont pour le NPD et a réussi l’impossible en se faisant élire député fédéral. Le seul au Québec. Il a bien travaillé à la Chambre des communes et a démontré sa vigueur et sa rigueur dans ses débats avec le premier ministre et les ministres. Il a collaboré étroitement avec Jack Layton, est devenu son principal assistant et a contribué grandement à l’élection des 59 députés québécois le 2 mai dernier. Nous savons qu’il a toutes les qualités requises pour être un bon chef de parti et qu’il saura bien représenter tous les électeurs du NPD.
Mais peut-il gagner la chefferie ? Aujourd’hui, cela semble peu probable à cause du fait que ce sont les membres qui votent et qu’au Québec, à cause de la conjoncture, il y a peu de membres. Les députés du Québec y travaillent, mais réussiront-ils ?
Le choix du chef NPD est difficile à cause des qualités personnelles des huit aspirants. Le favori d’après les observateurs serait Brian Topp, un organisateur de longue date. C’est un Québécois, qui parle le français. Cependant lors du premier débat, il a démontré de la difficulté à s’exprimer avec aisance, charisme et conviction. Topp a affirmé qu’il apprendrait avec le temps. Malheureusement, ce n’est pas en tant que chef de l’opposition officielle à Ottawa que le temps est venu d’apprendre à débattre. Non, le chef est alors dans le feu de l’action et ses mots et ses arguments doivent porter. Avec Mulcair, nous sommes certains qu’il sait comment faire. Il l’a démontré maintes fois dans le passé.
J’espère que les délégués néodémocrates auront l’intelligence politique de choisir Thomas Mulcair comme chef de leur parti.
Puis, il y a tous les pays arabes qui seront confrontés en 2012 avec l’immense tâche politique de bâtir des gouvernements démocratiques à leur image. Marocains, Tunisiens, Libyens, Égyptiens et de nombreux autres ont devant eux un défi important pour l’avenir de leur pays et la liberté individuelle de leurs populations. Il est clair et normal, dans les circonstances, que ces gouvernements seront musulmans tout comme les nôtres en Occident étaient chrétiens alors que nous étions tous de fervents pratiquants, il n’y a pas tellement longtemps. Ce sera fort intéressant de suivre le développement politique de tous ces pays.
Oui, 2012 sera une année politiquement remplie et exceptionnelle.
Claude Dupras
Note ajoutée le 20 janvier 2012
Au contraire de ce que j'ai écrit dans ce texte, suite au recomptage des votes, c'est Rick Santorum qui a gagné la primaire d'Iowa par 34 votes.
Claude Dupras
On se rappellera longtemps de 2012 puisqu’elle sera aussi hautement politique et électorale en Amérique, en France, au Québec, au Canada, dans les pays arabes… Une année exceptionnelle pour les mordus de la politique.
Aux USA, le résultat de l’élection présidentielle de novembre prochain peut secouer éventuellement le monde. La bataille entre les partis démocrate et républicain s’annonce pour être une des moins civilisées. L’élection primaire républicaine en donne des signes avant-coureurs. Les cinq candidats qui sont encore en liste : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum, Rick Perry, et Ron Paul n’hésitent pas à s’accuser mutuellement méchamment et faussement dans le but de salir leurs adversaires. Ils oublient qu’un d’eux sera le candidat contre Barack Obama et que l’organisation électorale de ce dernier pourra utiliser leurs diatribes contre lui.
Mitt Romney est le seul modéré du groupe et un ancien gouverneur républicain du démocrate Massachusetts où il a fait voter d’importantes lois sociales. Aujourd’hui, il dénonce des lois similaires d’Obama et renie son passé simplement pour plaire à l’aile conservatrice et religieuse de son parti. Il veut gagner à tout prix. Il récolte actuellement près de 35% des suffrages des primaires et l’establishment du parti l’appuie.
Ron Paul est un libertaire de droite qui croit en la liberté absolue de chaque américain en matière politique et sociale. Il s’oppose à la guerre et veut que la presque totalité des 900 bases militaires américaines dans le monde soient fermées et le personnel rapatrié. Il prône que les USA cessent d’influencer les pays du monde. Il veut diminuer considérablement les dépenses gouvernementales. 20 à 25% d’électeurs primaires enthousiastes l’appuient.
Newt Gingrich et Rick Santorum sont comme des frères jumeaux, même si Gingrich est plus âgé et a une plus vaste expérience politique puisqu’il a été le Speaker de la chambre. Ce dernier est un homme intelligent, un historien bien renseigné et un excellent orateur. Il est cependant un démagogue qui n’hésite pas à lancer des arguments insoutenables. Sa part d’appui se situe à près de 20%. Quant à Santorum, il est le candidat choisi des évangélistes. Ancien sénateur du Pennsylvanie, il a été chassé par ses électeurs par une marge de 16%. Nonobstant cette cuisante défaite, il est cette année candidat à l’investiture de son parti et est venu à huit voix de gagner la primaire de l’Iowa. On lui donne actuellement près de 15% des votes et son étoile est à la hausse. Une fusion Gingrich-Santorum est dans l’air car la droite récolte actuellement plus de 50% des suffrages et vise à avoir un candidat unique.
Quant au gouverneur du Texas, Rick Perry, il est fortement à droite mais sa campagne ne lève pas. Il est malhabile, mal renseigné et les débats l’ont coulé. Il devrait quitter la course bientôt et ses supporteurs (3-5%) iront vers Gingrich ou Santorum.
Malgré que la prochaine primaire soit en Caroline du Sud, terre fertile pour les évangélistes et la droite de la droite, Mitt Romney mène dans les sondages. Ce sera sa troisième victoire consécutive après celles du New Hampshire et de l’Iowa et elle amplifiera le vent dans ses voiles.
Dans cette course, comme toujours aux USA, l’argent est important. Ces primaires coûtent une fortune à chaque candidat, et lorsqu’un candidat faiblit, la source de ses revenus s’assèche et il se voit obligé de la quitter. Bientôt, trois candidats demeureront en liste. Romney, Paul et Gingrich ou Santorum.
Un facteur additionnel peut affecter le résultat. C’est le vote des délégués ex-officio, « Unpleged delegates », choisis parmi les dirigeants du parti. Ils représentent près de 20% du total des délégués à la convention et peuvent faire la différence. Je crois de plus en plus que Mitt Romney sera le candidat du parti républicain.
En France, le président Nicolas Sarkozy a des problèmes importants de réélection à cause, entre autres, de l’économie. Malgré qu’il ne reste que moins de 100 jours avant l’élection présidentielle, Sarkozy n’est pas encore officiellement en campagne électorale, prétextant qu’il a trop à faire en rapport avec la crise de l’euro et de l’Europe, la baisse de la notation de la France, et tout ce qu’il doit faire comme président. Il y a du vrai dans tout cela, mais ses actions et ses déplacements montrent bien, en tout cas, qu’il y pense. Depuis plusieurs mois, Sarkozy a remonté dans les sondages. La cote de son adversaire principal, le socialiste François Hollande a diminué mais il conserve une marge de 6% pour le deuxième tour si lui et Sarkozy sont les candidats. Cela semble beaucoup, mais si seulement 3% des supporteurs d’Hollande changent d’idée, Sarkozy peut gagner. C’est possible.
Mais comment gagner et avec quelle stratégie devant la détestation manifeste d’un très grand nombre de Français. Comment agir face un Hollande qui l’accuse de n’être qu’un gouvernement de paroles, alors qu’à ce jour, comme candidat socialiste, il ne dit que des mots, des mots et encore des mots qui ne signifient rien de concret car il ne veut pas s’engager et risquer des critiques. Le défi de Sarkozy est grand, mais possible. Comment faire ?
Il semble que Sarkozy optera pour l’action. Il veut implanter des changements qui depuis longtemps auraient dû l’être. Des changements qui répondront aux vrais problèmes de la France, la compétitivité et la productivité. C’est la raison principale pourquoi l’Allemagne a si distancé industriellement la France. C’est aussi l’argument de Standard and Poor’s, cette semaine, lorsqu’elle a baissé la note de la France de AAA à AA+.
Sarkozy a fait beaucoup pour encourager les Français à travailler plus. Il a combattu et corrigé l’erreur magistrale qu’a été la loi des 35 heures. Il reste à favoriser l’emploi dans les entreprises et chez les artisans en éliminant les charges sociales.
Je vis en France depuis 13 ans, 4,5 mois par an et combien de fois ai-je entendu un artisan français plombier, ébéniste, maçon, jardinier, électricien, et autres travaillant seuls, et à qui je demandais la raison pour laquelle ils n’engageaient pas d’employés alors que leur carnet de commandes débordait. « les charges, Monsieur, les charges… », est la réponse chaque fois. Impossible de faire un profit raisonnable face à un coût de travail excessif.
Sarkozy, veut s’attaquer à cette situation en proposant la TVA sociale. Il s’agit d’augmenter la taxe de valeur ajoutée de 2% et de financer, avec ces revenus additionnels, les cotisations sociales actuellement payées par l’employeur et l’employé sur chaque salaire. Sans ses charges, l’employeur profite d’une meilleure compétitivité-prix et l’employé voit son revenu net augmenter. Je suis convaincu qu’il y aura une augmentation rapide de l’emploi chez les artisans et que les entreprises pourront vendre leurs produits à meilleurs prix à l’étranger puisqu’ils pourront concurrencer les autres pays. Évidemment, l’opposition est forte, et accuse Sarkozy de ne vouloir faire qu’un cadeau aux entreprises au détriment d’une augmentant des prix pour les consommateurs.
Si Sarkozy prend finalement cette décision, ce sera un geste non seulement nécessaire à ce moment-ci, mais courageux. À cause de l’élection présidentielle, la France ne peut quand même pas rester 6 mois à ne rien faire face aux menaces qui la confrontent.
Au lieu de promesses électorales, Sarkozy passera à l’action. S’il perd, tant pis pour lui, mais la France aura gagné. Si les Français comprennent son geste, l’impopularité initiale de cette mesure sera renversée et Sarkozy sera réélu. Quant à Hollande, il sera devant un dilemme important : la France ou le parti socialiste. S’il est politiquement intelligent, il optera pour la France en appuyant Sarkozy. Il amenuisera ainsi les effets positifs gagnés par le président.
Au Québec, c’est l’ère des transfuges. Il s’agit d’individus qui se qualifient « personnes de principe », mais qui laissent l’impression de ne chercher qu’à sauver leur poste de député ou de vouloir accéder au cabinet des ministres du prochain gouvernement. Je suis surpris des ouvertures de François Legault, chef de la « Coalition de l’avenir », aux députés des autres partis. Je n’aime pas qu’il favorise de telles singeries. Alors qu’il trône au haut des sondages depuis un long moment, que la presse est bonne pour lui et qu’il est populaire, pourquoi ne présente-t-il pas une brochette de candidats nouveaux et de haut niveau prêts à laisser leurs affaires personnelles pour servir le Québec. Les Québécois veulent des personnes sincères et compétentes pour les diriger. Ils aiment des chefs forts mais pas des « one-man show ». Le chef François Legault a les moyens, grâce à son niveau élevé de popularité, de présenter une « équipe du tonnerre ». S’il ne le fait pas, il ferait mieux de rentrer chez lui tout de suite, car les Québécois l’y amèneront le soir des élections.
Quant au Parti Québécois, c’est l’auto-destruction qui est en vogue. Malgré que la chef, Pauline Marois, ait obtenu 93 % d’appuis au dernier congrès, les députés, affolés par les sondages, ne cessent de critiquer sur la place publique leur chef et leur parti quand ils ne les quittent pas. Et les « purs et durs » ne cessent d’invectiver la chef tout en appelant à l’unité des forces. C’est ridicule car s’il n’y a pas d’unité dans un parti, il n’y a pas de succès électoral.
Devant ce parterre de groupuscules qui se chamaillent, la chef semble vouloir prendre la politique française comme modèle. Elle veut proposer des ententes avec les micropartis souverainistes. Il s’agit pour elle d’attribuer à ces groupuscules des comtés où le Parti Québécois ne présenterait pas de candidats en échange qu’ils ne présentent pas de candidat contre ceux du PQ. Par exemple, dans le comté de Gouin, le Parti Solidaire présente sa chef Françoise David contre le député sortant Girard. Cela pourrait avoir comme effet de diviser les votes et de permettre au candidat libéral ou caquiste de gagner le comté. C’est du magouillage politique et antidémocratique et l’exemple français démontre combien c’est injuste. Mme Marois fera une grave erreur si elle accorde l’opportunité à ces groupes non importants d’obtenir, par un jeu de coulisses, des représentants à l’Assemblée nationale qu’ils ne pourraient obtenir autrement. Le PQ le regrettera longtemps.
Que les souverainistes, indépendantistes, séparatistes, péquistes se rallient derrière la chef du parti Québécois et ils seront surpris des résultats. Dans la situation de fluctuation actuelle, rien n’est perdu et affirmer comme certains que la prochaine élection marquera la fin du parti Québécois, est de la folie furieuse. Quand même, soyons sérieux !
Quant au parti libéral de Jean Charest, il se dirige lentement et surement vers un gouvernement minoritaire. À moins que Jean Charest ne démissionne, comme je le prévois.
Au niveau fédéral, c’est l’élection du chef du Nouveau Parti Démocratique (NDP) qui est importante pour le Canada. Les membres de ce parti ont un choix important à faire. Ils ne doivent pas oublier que la majorité des députés de leur parti vient du Québec. Thomas Mulcair, le député NPD d’Outremont est candidat. Dans sa carrière professionnelle, il a toujours été associé à des causes difficiles et à des groupes de défense de droits de l’individu. Il a été ministre de l’environnement du Québec et a protégé notre patrimoine écologique allant même jusqu’à refuser une décision gouvernementale, en raison de laquelle il a finalement démissionné du gouvernement et du parti. Il s’est présenté à Outremont pour le NPD et a réussi l’impossible en se faisant élire député fédéral. Le seul au Québec. Il a bien travaillé à la Chambre des communes et a démontré sa vigueur et sa rigueur dans ses débats avec le premier ministre et les ministres. Il a collaboré étroitement avec Jack Layton, est devenu son principal assistant et a contribué grandement à l’élection des 59 députés québécois le 2 mai dernier. Nous savons qu’il a toutes les qualités requises pour être un bon chef de parti et qu’il saura bien représenter tous les électeurs du NPD.
Mais peut-il gagner la chefferie ? Aujourd’hui, cela semble peu probable à cause du fait que ce sont les membres qui votent et qu’au Québec, à cause de la conjoncture, il y a peu de membres. Les députés du Québec y travaillent, mais réussiront-ils ?
Le choix du chef NPD est difficile à cause des qualités personnelles des huit aspirants. Le favori d’après les observateurs serait Brian Topp, un organisateur de longue date. C’est un Québécois, qui parle le français. Cependant lors du premier débat, il a démontré de la difficulté à s’exprimer avec aisance, charisme et conviction. Topp a affirmé qu’il apprendrait avec le temps. Malheureusement, ce n’est pas en tant que chef de l’opposition officielle à Ottawa que le temps est venu d’apprendre à débattre. Non, le chef est alors dans le feu de l’action et ses mots et ses arguments doivent porter. Avec Mulcair, nous sommes certains qu’il sait comment faire. Il l’a démontré maintes fois dans le passé.
J’espère que les délégués néodémocrates auront l’intelligence politique de choisir Thomas Mulcair comme chef de leur parti.
Puis, il y a tous les pays arabes qui seront confrontés en 2012 avec l’immense tâche politique de bâtir des gouvernements démocratiques à leur image. Marocains, Tunisiens, Libyens, Égyptiens et de nombreux autres ont devant eux un défi important pour l’avenir de leur pays et la liberté individuelle de leurs populations. Il est clair et normal, dans les circonstances, que ces gouvernements seront musulmans tout comme les nôtres en Occident étaient chrétiens alors que nous étions tous de fervents pratiquants, il n’y a pas tellement longtemps. Ce sera fort intéressant de suivre le développement politique de tous ces pays.
Oui, 2012 sera une année politiquement remplie et exceptionnelle.
Claude Dupras
Note ajoutée le 20 janvier 2012
Au contraire de ce que j'ai écrit dans ce texte, suite au recomptage des votes, c'est Rick Santorum qui a gagné la primaire d'Iowa par 34 votes.
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mardi 6 décembre 2011
Et si Jean Charest et Pauline Marois demeuraient en place…
Le vote d’hier dans Bonaventure est révélateur, même si le comté est depuis toujours une forteresse du parti libéral. Celui-ci l’a conservé avec un pourcentage de votes qui approche 50% (9% de moins qu’à la dernière élection). De son côté, le score du Parti Québécois (PQ) a augmenté de 14% depuis le scrutin précédent. Jean Charest est sûrement heureux de l’élection de son candidat, car la tempête d’accusations négatives qui lui tombent sur la tête depuis deux ans auraient pu avoir des répercussions dans cette élection complémentaire.
De son côté, Pauline Marois ne peut être que satisfaite. Elle a travaillé fort et nonobstant les dénonciations de plusieurs membres influents de son parti qui réclamaient sa démission, les électeurs de ce coin de la Gaspésie n’en n’ont pas tenu compte et lui ont accordé leur confiance, en plus grand nombre.
Mon récent billet « Bye, bye, Jean Charest, Pauline Marois… » m’a été dicté par mon expérience politique. Je crois dans les enquêtes scientifiques d’opinions populaires sur la politique. Elles sont généralement précises. Leurs résultats évoluent jour après jour puisqu’ils sont en fait une image de l’instant où ils sont captés. Mais lorsqu’une tendance se maintient, durant plusieurs semaines, on peut présumer de la tournure des évènements.
Un bon exemple est l’élection générale fédérale du 2 mai dernier. Au déclenchement, je croyais que le Bloc Québécois (BQ) conserverait ses sièges à la Chambre des Communes. Mais dès les deux premiers sondages, j’ai observé une baisse dans sa cote de popularité. Pas beaucoup, mais assez pour attirer ma curiosité et me pousser à les suivre. Comme le mouvement a continué, j’en suis vite venu à conclure que le BQ se dirigeait vers une débandade. Aux débats des chefs, Gilles Duceppe me l’a confirmé. Il me semblait mal à l’aise et réagissait plus nerveusement et avec moins d’assurance qu’à l’habitude. J’en ai alors déduit qu’il devait être affecté par les sondages internes de son parti qui, sûrement, confirmaient ceux des médias. On sait ce qui est arrivé !
Il en est de même actuellement pour Newt Gingrich, candidat à la nomination présidentielle républicaine. On ne lui attribuait aucune chance d’être le nominé. Le 30 octobre dernier, dans le billet pour mon blog, j’ai décrit le mouvement que je percevais dans les sondages américains : « les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Petit à petit, Gingrich refait son nid ». Aujourd’hui, en Iowa et en Floride il obtient près de 40% d’appuis (soit + 29% en un mois) et dépasse Mitt Romney, le grand favori depuis le début de la course, qui semble figé à 20-25%. Au New Hampshire, il le talonne. Cela fait croire qu'il est fortement possible qu’une grande surprise soit en voie de préparation. Lorsqu’une tendance s’exprime, même ce qui semble impossible devient possible. Le NPD au Québec !
Pauline Marois, a été victime d’une telle tendance. Alors que sa popularité se fixait dans les 30-35%, tout le monde la donnait gagnante. Puis, suite à la démission de quatre de ses députés, elle a chuté en quelques semaines à 16% et se maintient à ce niveau. Depuis, 40% des péquistes espèrent sa démission. Ils peuvent affirmer et prétendre que c’est à cause de sa politique de gouvernance souverainiste…. mais je crois que cela a plus à voir avec son score constant aux sondages.
Et si, contrairement à ce que j’ai écrit, Jean Charest et Pauline Marois ne démissionnaient pas et décidaient de faire face aux électeurs lors de la prochaine élection, qu’arriverait-il ? Personnellement, c’est le scénario que je préfère. Ces chefs politiques ont travaillé durement et ont été élus. Pourquoi démissionneraient-ils sur la base de sondages ou suite aux pressions de membres de leur parti influencés par les sondages. Que les électeurs décident et non les lobbys de groupes d’intérêts ou les individus qui visent à exercer le pouvoir ou encore à faire progresser leur option politique. C’est la façon la plus démocratique.
Actuellement, les sondages indiquent un gouvernement majoritaire dirigé par le nouveau parti de François Legault, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Mais rien n’est figé dans le béton car la situation demeure très volatile.
Legault est-il capable de maintenir son allure ? A-t-il le charisme pour conserver tout le support qu’il a aujourd’hui ? Lors des débats des chefs, aura-t-il la capacité de bien débattre avec les autres chefs et de persuader les auditeurs de la valeur de ses politiques ? Présentera-t-il une équipe crédible, de qualité et capable d’assurer aux Québécois que voter pour le CAQ ne sera pas un trop grand risque ? Pourra-t-il démontrer que son parti est libre de toutes attaches avec des groupes d’intérêts particuliers et qu’il œuvrera pour l’intérêt général ? Malgré son positionnement à droite, saura-t-il démontrer que ses politiques tout en visant à améliorer la protection sociale des québécois ne détruiront pas l’ensemble de nos programmes sociaux ? Saura-t-il consulter les Québécois et non imposer brusquement ses politiques comme il semble vouloir le faire ? Et …
L’erreur qu’a faite Charest de proposer une commission d’enquête sur la construction sans lui donner tous les pouvoirs énoncés dans la loi, viendra-t-elle le hanter ? Malgré qu’il ait bien dirigé le Québec comme premier ministre, durant un si long pouvoir, les Québécois ne penseront-ils pas que « c’est le temps que ça change » ? Toutes les accusations de corruption, même si non prouvées, vont-elles finalement l’atteindre ? Et …
Pauline Marois aura-t-elle le pouvoir d’amener ses députés à s’émouvoir devant ses problèmes afin qu’ils reviennent au bercail et l’aident à gagner l’élection ? Est-elle suffisamment forte pour arrêter l’hémorragie de ses députés qui pour sauver leur peau, lorgnent vers une alliance politique différente ? Pourra-t-elle rallier les indépendantistes « purs et durs » qui actuellement lui font la vie dure ? Que fera-t-elle pour toucher les séparatistes indignés et accusateurs afin qu’ils cessent de dénoncer sans limite son leadership sur la place publique ? Saura-t-elle convaincre les souverainistes que la porte à leur idéal est un PQ qui gouverne ? Est-elle capable de faire une campagne électorale à la hauteur des difficultés qui s’élèvent devant elle ? A-t-elle le pouvoir de persuasion et le bon sens politique pour présenter un programme politique réaliste qui corresponde aux problèmes actuels des Québécois ? Et …
Quant au chef de l’ADQ, Gérard Deltell, qui veut fusionner son parti avec le CAQ, saura-t-il agir sagement pour convaincre ses ouailles à le suivre afin qu’ils trouvent leur place dans le nouveau parti ?
Et ces Québécois et Québécoises qui montrent une impatience grandissante envers la classe politique en voulant « tout foutre en l’air », sont-ils prêts à retrouver leur objectivité traditionnelle et écouter, analyser et choisir le meilleur programme politique, les meilleurs candidats et le meilleur parti capables de leur redonner confiance dans la politique et dans le gouvernement, nonobstant toute la démagogie des dernières années.
Charest, Marois, Legault, Deltell et Québec Solidaire ont un beau défi devant eux car il est clair que la prochaine élection ne sera pas une élection comme les autres.
Le résultat dépendra beaucoup des chefs, des débats, de la nature et de la qualité de l’organisation électorale de chaque parti, de la motivation des troupes, de l'atmosphère que tout cela va créer et aussi … de qui sera à la ligne de départ ? Les premiers sondages nous indiqueront la tendance. D'ici là tout n'est que spéculation.
Jean Charest et Pauline Marois y seront-ils ?
Claude Dupras
De son côté, Pauline Marois ne peut être que satisfaite. Elle a travaillé fort et nonobstant les dénonciations de plusieurs membres influents de son parti qui réclamaient sa démission, les électeurs de ce coin de la Gaspésie n’en n’ont pas tenu compte et lui ont accordé leur confiance, en plus grand nombre.
Mon récent billet « Bye, bye, Jean Charest, Pauline Marois… » m’a été dicté par mon expérience politique. Je crois dans les enquêtes scientifiques d’opinions populaires sur la politique. Elles sont généralement précises. Leurs résultats évoluent jour après jour puisqu’ils sont en fait une image de l’instant où ils sont captés. Mais lorsqu’une tendance se maintient, durant plusieurs semaines, on peut présumer de la tournure des évènements.
Un bon exemple est l’élection générale fédérale du 2 mai dernier. Au déclenchement, je croyais que le Bloc Québécois (BQ) conserverait ses sièges à la Chambre des Communes. Mais dès les deux premiers sondages, j’ai observé une baisse dans sa cote de popularité. Pas beaucoup, mais assez pour attirer ma curiosité et me pousser à les suivre. Comme le mouvement a continué, j’en suis vite venu à conclure que le BQ se dirigeait vers une débandade. Aux débats des chefs, Gilles Duceppe me l’a confirmé. Il me semblait mal à l’aise et réagissait plus nerveusement et avec moins d’assurance qu’à l’habitude. J’en ai alors déduit qu’il devait être affecté par les sondages internes de son parti qui, sûrement, confirmaient ceux des médias. On sait ce qui est arrivé !
Il en est de même actuellement pour Newt Gingrich, candidat à la nomination présidentielle républicaine. On ne lui attribuait aucune chance d’être le nominé. Le 30 octobre dernier, dans le billet pour mon blog, j’ai décrit le mouvement que je percevais dans les sondages américains : « les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Petit à petit, Gingrich refait son nid ». Aujourd’hui, en Iowa et en Floride il obtient près de 40% d’appuis (soit + 29% en un mois) et dépasse Mitt Romney, le grand favori depuis le début de la course, qui semble figé à 20-25%. Au New Hampshire, il le talonne. Cela fait croire qu'il est fortement possible qu’une grande surprise soit en voie de préparation. Lorsqu’une tendance s’exprime, même ce qui semble impossible devient possible. Le NPD au Québec !
Pauline Marois, a été victime d’une telle tendance. Alors que sa popularité se fixait dans les 30-35%, tout le monde la donnait gagnante. Puis, suite à la démission de quatre de ses députés, elle a chuté en quelques semaines à 16% et se maintient à ce niveau. Depuis, 40% des péquistes espèrent sa démission. Ils peuvent affirmer et prétendre que c’est à cause de sa politique de gouvernance souverainiste…. mais je crois que cela a plus à voir avec son score constant aux sondages.
Et si, contrairement à ce que j’ai écrit, Jean Charest et Pauline Marois ne démissionnaient pas et décidaient de faire face aux électeurs lors de la prochaine élection, qu’arriverait-il ? Personnellement, c’est le scénario que je préfère. Ces chefs politiques ont travaillé durement et ont été élus. Pourquoi démissionneraient-ils sur la base de sondages ou suite aux pressions de membres de leur parti influencés par les sondages. Que les électeurs décident et non les lobbys de groupes d’intérêts ou les individus qui visent à exercer le pouvoir ou encore à faire progresser leur option politique. C’est la façon la plus démocratique.
Actuellement, les sondages indiquent un gouvernement majoritaire dirigé par le nouveau parti de François Legault, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Mais rien n’est figé dans le béton car la situation demeure très volatile.
Legault est-il capable de maintenir son allure ? A-t-il le charisme pour conserver tout le support qu’il a aujourd’hui ? Lors des débats des chefs, aura-t-il la capacité de bien débattre avec les autres chefs et de persuader les auditeurs de la valeur de ses politiques ? Présentera-t-il une équipe crédible, de qualité et capable d’assurer aux Québécois que voter pour le CAQ ne sera pas un trop grand risque ? Pourra-t-il démontrer que son parti est libre de toutes attaches avec des groupes d’intérêts particuliers et qu’il œuvrera pour l’intérêt général ? Malgré son positionnement à droite, saura-t-il démontrer que ses politiques tout en visant à améliorer la protection sociale des québécois ne détruiront pas l’ensemble de nos programmes sociaux ? Saura-t-il consulter les Québécois et non imposer brusquement ses politiques comme il semble vouloir le faire ? Et …
L’erreur qu’a faite Charest de proposer une commission d’enquête sur la construction sans lui donner tous les pouvoirs énoncés dans la loi, viendra-t-elle le hanter ? Malgré qu’il ait bien dirigé le Québec comme premier ministre, durant un si long pouvoir, les Québécois ne penseront-ils pas que « c’est le temps que ça change » ? Toutes les accusations de corruption, même si non prouvées, vont-elles finalement l’atteindre ? Et …
Pauline Marois aura-t-elle le pouvoir d’amener ses députés à s’émouvoir devant ses problèmes afin qu’ils reviennent au bercail et l’aident à gagner l’élection ? Est-elle suffisamment forte pour arrêter l’hémorragie de ses députés qui pour sauver leur peau, lorgnent vers une alliance politique différente ? Pourra-t-elle rallier les indépendantistes « purs et durs » qui actuellement lui font la vie dure ? Que fera-t-elle pour toucher les séparatistes indignés et accusateurs afin qu’ils cessent de dénoncer sans limite son leadership sur la place publique ? Saura-t-elle convaincre les souverainistes que la porte à leur idéal est un PQ qui gouverne ? Est-elle capable de faire une campagne électorale à la hauteur des difficultés qui s’élèvent devant elle ? A-t-elle le pouvoir de persuasion et le bon sens politique pour présenter un programme politique réaliste qui corresponde aux problèmes actuels des Québécois ? Et …
Quant au chef de l’ADQ, Gérard Deltell, qui veut fusionner son parti avec le CAQ, saura-t-il agir sagement pour convaincre ses ouailles à le suivre afin qu’ils trouvent leur place dans le nouveau parti ?
Et ces Québécois et Québécoises qui montrent une impatience grandissante envers la classe politique en voulant « tout foutre en l’air », sont-ils prêts à retrouver leur objectivité traditionnelle et écouter, analyser et choisir le meilleur programme politique, les meilleurs candidats et le meilleur parti capables de leur redonner confiance dans la politique et dans le gouvernement, nonobstant toute la démagogie des dernières années.
Charest, Marois, Legault, Deltell et Québec Solidaire ont un beau défi devant eux car il est clair que la prochaine élection ne sera pas une élection comme les autres.
Le résultat dépendra beaucoup des chefs, des débats, de la nature et de la qualité de l’organisation électorale de chaque parti, de la motivation des troupes, de l'atmosphère que tout cela va créer et aussi … de qui sera à la ligne de départ ? Les premiers sondages nous indiqueront la tendance. D'ici là tout n'est que spéculation.
Jean Charest et Pauline Marois y seront-ils ?
Claude Dupras
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dimanche 30 octobre 2011
La primaire républicaine américaine devient de plus en plus bizarre et intéressante !
Le parti républicain américain est engagé dans une course pour la nomination de son candidat présidentiel contre le président Barack Obama en 2012.
À ce jour, aucun candidat n’est capable de réunir autour de son nom plus de 25% d’appuis dans les sondages. Celui qui est en tête change régulièrement. Il semble que les électeurs républicains n’aiment aucun de leurs candidats et voltigent d’un à l’autre, comme des papillons.
Ils sont actuellement neuf qui cherchent à devenir président. Ce sont : Mitt Romney, Herman Cain, Ron Paul, Michele Bauchman, Rick Perry, John Hutsman, Newt Gingrich, Rick Santorum, Gary Johnson.
Au début, Mitt Romney était le favori. Puis, Michele Bauchman, l’espoir des teapartyers, a été projetée en tête. Ensuite, Rick Perry, gouverneur du Texas, mena la course dès qu’il joignit les rangs. Et depuis quelques jours, à la surprise générale, c’est l’homme d’affaires noir Herman Cain qui est le premier choix. Quant aux autres candidats, Ron Paul, Newt Gingrich, John Hutsman, Rick Santorum et Gary Johnson, ils trainent loin en arrière depuis le début.
Qui gagnera ce leadership ? J’ai toujours pensé que Mitt Romney devrait être choisi. Il a été gouverneur du Massachussetts. En 2002, il a agi comme président du comité organisateur des JO d’hiver du Utah et en a fait un grand succès. C’est aussi un homme d’affaires qui a très bien réussi. Il a ce qu’il faut pour devenir un bon président et a démontré dans le passé qu’il sait faire la part des choses et rallier démocrates et républicains aux causes qu’il proposait. Mais il n’a pas encore gagné et son avenir devient de plus en plus incertain car la frange droite de la droite du parti républicain - teapartyers, conservateurs sociaux, extrémistes, évangélistes chrétiens, ect..- n’en veut absolument pas.
Herman Cain a un passé d’affaires remarquable et un discours impressionnant. Il est captivant, engageant, agréable et habile. Il propose des politiques originales mais simplistes, qu’il explique clairement et sait rendre faciles à comprendre pour le commun des mortels. Il plait à la frange droite et aux gens de 35-54 ans. Il n’a pas de profondeur intellectuelle ni d’expérience politique. C’est pourquoi, aujourd’hui, il est surprenant d’apprendre que dans l’État d’Iowa, où aura lieu le premier caucus des primaires républicaines, 23% des électeurs le choisissent pour faire face à Obama alors que 22% optent pour Romney. Paul a 12%, Bauchman 8%, Perry et Gingrich 7 % chacun et Santorum 5%. Dans le passé, les résultats de l’Iowa ont toujours eu une influence capitale sur l’allure des primaires dans les autres États. Mais rien n’est définitif puisque cette première primaire se tiendra dans 10 semaines.
Depuis qu’elle été lancée, cette primaire est le théâtre de revirements spectaculaires. Et ce n’est pas fini.
Selon certains observateurs politiques américains, il y a un candidat qui peut créer « la vraie surprise », à la fin de la longue course qui se développe. C’est Newt Gingrich. Il est un politicien chevronné qui connait tous les aspects de la politique américaine. Il a été orateur de la Chambre des représentants du temps du président Clinton, et était ainsi celui qui avait le plus de pouvoir dans le gouvernement américain après le président. Il faut savoir que si la Chambre dit NON, comme c’est le cas aujourd’hui pour chacune des propositions que présente le président Obama, rien n’est approuvé. Gingrich a été élu à ce poste, après avoir organisé brillamment l’élection qui avait donné une majorité républicaine à la Chambre. Il était alors un héros politique. Par la suite, intelligent et pragmatique, il avait su travailler avec Clinton pour faire adopter des lois importantes pour le peuple américain. Puis, avec le temps, on lui a reproché une certaine arrogance, il a été vaincu et a perdu son pouvoir.
Dès qu’il s’est lancé dans la présente campagne républicaine, Gingrich a subi les foudres des électeurs républicains. Ses divorces passés et ses extravagances dépensières lui ont été reprochés. De plus, il a été qualifié d’homme du passé qui se présentait par intérêt personnel puisqu’il venait de publier un nouveau livre et voulait le vendre. En somme, tous ces reproches l’ont balayé vers la queue du peloton et à un moment donné, il ne recevait que 4% d’appuis des républicains. Face à ces désastreux résultats, ses travailleurs l’ont quitté, ses financiers électoraux ont fermé le robinet et la pression pour démissionner est devenue si grande sur Gingrich qu’il aurait dû le faire car il n’avait, selon les évidences qui s’accumulaient, aucune possibilité de gagner la primaire. Mais Gingrich, n’est pas du genre à lâcher et il persiste. Il sait qu’il est celui qui connaît le mieux tous les dossiers politiques de son pays et qu’il peut défendre ses positions mieux que quiconque.
Dans les huit débats tenus à ce jour, il est celui qui ressort comme le plus fort intellectuellement. Comme a dit Rush Limbaugh, le célèbre radioman américain « il est le seul qui avait l’air d’un adulte dans le dernier débat ». D’autres affirment « Gingrich est brillant et est le seul capable de tenir tête à Obama ».
De plus, les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Ces sondages encouragent les financiers et dans le dernier mois, l’argent est revenu partiellement; il peut dorénavant mettre sur pied des équipes de travail dans les États où se tiendront les premières primaires. Petit à petit, Gingrich refait son nid.
Pour plusieurs électeurs, il devient le deuxième choix. C’est d’ailleurs le but qu’il veut atteindre car le parti républicain a décidé que le partage des délégués des États au congrès sera proportionnel pour chaque candidat au pourcentage de votes qu’il aura obtenu dans la primaire de l’État. Ceci est contraire au passé alors que le vainqueur d’un État remportait tous les délégués.
Gingrich espère qu’au congrès, la course soit devenue un match Romney-Gingrich. Il espère que les débats directs qu’il aura alors avec Romney lui permettront de persuader l’ensemble des délégués républicains qu’il est leur homme pour les ramener à la Maison Blanche.
Les probabilités que l’ambition de Gingrich se réalise sont minces. Mais aujourd’hui, avec l’impression que crée l’intensité des médias dans la vie de chacun, tout peut arriver et il est bien placé pour réussir.
Une chose est certaine, la campagne au leadership du parti républicain des USA devient de plus en plus intéressante et mérite d’être bien suivie.
Claude Dupras
À ce jour, aucun candidat n’est capable de réunir autour de son nom plus de 25% d’appuis dans les sondages. Celui qui est en tête change régulièrement. Il semble que les électeurs républicains n’aiment aucun de leurs candidats et voltigent d’un à l’autre, comme des papillons.
Ils sont actuellement neuf qui cherchent à devenir président. Ce sont : Mitt Romney, Herman Cain, Ron Paul, Michele Bauchman, Rick Perry, John Hutsman, Newt Gingrich, Rick Santorum, Gary Johnson.
Au début, Mitt Romney était le favori. Puis, Michele Bauchman, l’espoir des teapartyers, a été projetée en tête. Ensuite, Rick Perry, gouverneur du Texas, mena la course dès qu’il joignit les rangs. Et depuis quelques jours, à la surprise générale, c’est l’homme d’affaires noir Herman Cain qui est le premier choix. Quant aux autres candidats, Ron Paul, Newt Gingrich, John Hutsman, Rick Santorum et Gary Johnson, ils trainent loin en arrière depuis le début.
Qui gagnera ce leadership ? J’ai toujours pensé que Mitt Romney devrait être choisi. Il a été gouverneur du Massachussetts. En 2002, il a agi comme président du comité organisateur des JO d’hiver du Utah et en a fait un grand succès. C’est aussi un homme d’affaires qui a très bien réussi. Il a ce qu’il faut pour devenir un bon président et a démontré dans le passé qu’il sait faire la part des choses et rallier démocrates et républicains aux causes qu’il proposait. Mais il n’a pas encore gagné et son avenir devient de plus en plus incertain car la frange droite de la droite du parti républicain - teapartyers, conservateurs sociaux, extrémistes, évangélistes chrétiens, ect..- n’en veut absolument pas.
Herman Cain a un passé d’affaires remarquable et un discours impressionnant. Il est captivant, engageant, agréable et habile. Il propose des politiques originales mais simplistes, qu’il explique clairement et sait rendre faciles à comprendre pour le commun des mortels. Il plait à la frange droite et aux gens de 35-54 ans. Il n’a pas de profondeur intellectuelle ni d’expérience politique. C’est pourquoi, aujourd’hui, il est surprenant d’apprendre que dans l’État d’Iowa, où aura lieu le premier caucus des primaires républicaines, 23% des électeurs le choisissent pour faire face à Obama alors que 22% optent pour Romney. Paul a 12%, Bauchman 8%, Perry et Gingrich 7 % chacun et Santorum 5%. Dans le passé, les résultats de l’Iowa ont toujours eu une influence capitale sur l’allure des primaires dans les autres États. Mais rien n’est définitif puisque cette première primaire se tiendra dans 10 semaines.
Depuis qu’elle été lancée, cette primaire est le théâtre de revirements spectaculaires. Et ce n’est pas fini.
Selon certains observateurs politiques américains, il y a un candidat qui peut créer « la vraie surprise », à la fin de la longue course qui se développe. C’est Newt Gingrich. Il est un politicien chevronné qui connait tous les aspects de la politique américaine. Il a été orateur de la Chambre des représentants du temps du président Clinton, et était ainsi celui qui avait le plus de pouvoir dans le gouvernement américain après le président. Il faut savoir que si la Chambre dit NON, comme c’est le cas aujourd’hui pour chacune des propositions que présente le président Obama, rien n’est approuvé. Gingrich a été élu à ce poste, après avoir organisé brillamment l’élection qui avait donné une majorité républicaine à la Chambre. Il était alors un héros politique. Par la suite, intelligent et pragmatique, il avait su travailler avec Clinton pour faire adopter des lois importantes pour le peuple américain. Puis, avec le temps, on lui a reproché une certaine arrogance, il a été vaincu et a perdu son pouvoir.
Dès qu’il s’est lancé dans la présente campagne républicaine, Gingrich a subi les foudres des électeurs républicains. Ses divorces passés et ses extravagances dépensières lui ont été reprochés. De plus, il a été qualifié d’homme du passé qui se présentait par intérêt personnel puisqu’il venait de publier un nouveau livre et voulait le vendre. En somme, tous ces reproches l’ont balayé vers la queue du peloton et à un moment donné, il ne recevait que 4% d’appuis des républicains. Face à ces désastreux résultats, ses travailleurs l’ont quitté, ses financiers électoraux ont fermé le robinet et la pression pour démissionner est devenue si grande sur Gingrich qu’il aurait dû le faire car il n’avait, selon les évidences qui s’accumulaient, aucune possibilité de gagner la primaire. Mais Gingrich, n’est pas du genre à lâcher et il persiste. Il sait qu’il est celui qui connaît le mieux tous les dossiers politiques de son pays et qu’il peut défendre ses positions mieux que quiconque.
Dans les huit débats tenus à ce jour, il est celui qui ressort comme le plus fort intellectuellement. Comme a dit Rush Limbaugh, le célèbre radioman américain « il est le seul qui avait l’air d’un adulte dans le dernier débat ». D’autres affirment « Gingrich est brillant et est le seul capable de tenir tête à Obama ».
De plus, les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Ces sondages encouragent les financiers et dans le dernier mois, l’argent est revenu partiellement; il peut dorénavant mettre sur pied des équipes de travail dans les États où se tiendront les premières primaires. Petit à petit, Gingrich refait son nid.
Pour plusieurs électeurs, il devient le deuxième choix. C’est d’ailleurs le but qu’il veut atteindre car le parti républicain a décidé que le partage des délégués des États au congrès sera proportionnel pour chaque candidat au pourcentage de votes qu’il aura obtenu dans la primaire de l’État. Ceci est contraire au passé alors que le vainqueur d’un État remportait tous les délégués.
Gingrich espère qu’au congrès, la course soit devenue un match Romney-Gingrich. Il espère que les débats directs qu’il aura alors avec Romney lui permettront de persuader l’ensemble des délégués républicains qu’il est leur homme pour les ramener à la Maison Blanche.
Les probabilités que l’ambition de Gingrich se réalise sont minces. Mais aujourd’hui, avec l’impression que crée l’intensité des médias dans la vie de chacun, tout peut arriver et il est bien placé pour réussir.
Une chose est certaine, la campagne au leadership du parti républicain des USA devient de plus en plus intéressante et mérite d’être bien suivie.
Claude Dupras
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jeudi 15 septembre 2011
Obama : président d’un mandat ?
Le sondage américain Gallup de ce matin, compte 40% d’Américains favorables au travail du président Barack Obama et 52% non favorables. Il y a près d’un an, le score était l’inverse. Ça va mal à la « shop » de la Maison Blanche !
Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.
Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.
Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.
Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.
On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…
L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.
Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…
Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !
Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.
Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.
Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.
Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.
Claude Dupras
Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.
Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.
Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.
Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.
On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…
L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.
Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…
Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !
Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.
Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.
Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.
Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.
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