Affichage des articles dont le libellé est Républicains. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Républicains. Afficher tous les articles

lundi 22 février 2016

 
Note : mon dernier blog date du 3 octobre 2015, moment où j’ai dû, pour des raisons personnelles, arrêter d’écrire mes textes. Les choses s’étant améliorées, il me fait plaisir de reprendre mes écritures. Merci à mes fidèles lecteurs et de commenter. Claude Dupras 
 
Le 22 février 2016
Le phénomène Trump
La politique américaine actuelle devient, jour après jour, de plus en plus intéressante. Elle se situe aujourd'hui dans la course pour le choix des candidats républicains ou démocrates pour la présidence du pays. Et celui qui ajoute davantage de piment dans ce brouhaha quotidien est le constructeur newyorkais Donald J. Trump qui vise à devenir président des États-Unis sous l’étiquette républicaine.   
C’est au début des années 80 que j’ai entendu parler, une première fois, de Trump. Il avait 36 ans et venait de construire le « Trump Tower » à New York. La réputation de la qualité architecturale et des caractéristiques de ce projet était devenue un sujet de conversation dans le milieu de la construction, particulièrement à Montréal où j’œuvrais. J’étais surpris de ce qu’avait pu réussir ce jeune entrepreneur dans la « Big Apple ».  
Pour construire sa tour, Trump avait dû démolir un édifice art deco, sur la 5e avenue, qu’il avait acheté à la surprise de plusieurs. Faisant fi des exigences municipales de conserver les anciennes façades sculptées du bâtiment existant, il voulait donner une allure contemporaine à son nouveau bâtiment qu’il imagina de 57 étages, une vingtaine de plus que ne le permettait le règlement sur un site si petit.
Trump proposa son plan mais les autorités le refusèrent. Pour les convaincre, il imagina l’idée, révolutionnaire pour l’époque, d’un bâtiment à multiples occupations. Il en dédia une partie pour des grands magasins et boutiques de détail, une autre pour des bureaux d’affaires et une dernière pour des résidences de haute qualité. Il convainquit IBM, propriétaire de l’édifice voisin à l’est, de relier leur bâtiment au sien par une arcade et fusionna ses étages inférieurs aux leurs. Il acheta les droits aériens de l’autre édifice voisin, propriété de Tiffany’s, imagina construire un immense atrium et en fit un espace public respectant les codes municipaux du temps. L’accès aux bureaux supérieurs s’y fera aussi. Cet ensemble plut à la ville et Trump obtint son permis. Mais, il n’avait pas fini car il voulait que la construction soit de très grande qualité afin d’attirer le plus grand nombre possible de personnes du public à son bâtiment. Ainsi, il recouvrit l’espace public de marbre blanc avec veines, de miroirs et de laiton avec sa couleur cuivre-jaune-or dominante. Il ajouta une attraction d’envergure, soit une chute d’eau de cinq étages sur une des parois du hall, visible des boutiques, des cafés, du pont qui traverse l’étang au bas des chutes et des escaliers mobiles. Le tout couronné d’une immense verrière. Dans les années ’80, c’était époustouflant pour un bâtiment commercial privé.
Trump réussit son pari et la « Trump Tower » devint dès son ouverture, un arrêt obligatoire pour les touristes newyorkais. Ce que mon épouse et moi firent, dès l’ouverture du complexe, et nous ne l’avons pas oublié.  
Trump continua sa carrière de promoteur et de constructeur et prêta son nom à des projets de qualité partout dans le monde, incluant Toronto et Vancouver. Il devint aussi une vedette de la télévision américaine avec l’émission The apprentice. Il est très connu et estime valoir aujourd’hui huit milliards $. C’est un success story hors de l’ordinaire qui démontre le talent de cet individu et ses qualités d’administrateur et de promoteur imaginatif et persuasif.
Cette année, Trump a décidé de plonger dans les « primaires présidentielles américaines » pour le Parti Républicain. À ce jour, il mène la course et les pronostics sont très bons pour lui, au grand désespoir de l’establishment du parti qui juge qu’il mine la crédibilité de leur parti et qui cherche par tous les moyens à dérailler sa campagne qui progresse trop positivement, à leur grand souci.
Trump arrive au moment où une grande majorité de républicains est choquée de ce qu’elle qualifie du peu de progrès de leur pays. Pour elle, le gouvernement gruge continuellement dans sa vie personnelle, la dette nationale dépasse toute proportion raisonnable, la politique étrangère est inquiétante, la pauvreté s’étend, les manufacturiers quittent pour d’autres cieux… 
Elle reproche à Obama d’avoir fait des ententes cordiales avec Cuba et l’Iran, le blâme de la poussée islamiste de Daech qui devient menaçante dans le monde entier, craint la modernisation de l’armée russe de Poutine et sa politique étrangère qui prend de plus en plus de place et d’importance sur l’échiquier mondial. 
 
De plus, elle veut abolir le nouveau programme de santé d’Obama, l’Obamacare, qui dérape à cause des honoraires des médecins et des prix de médicaments qui s’envolent. Elle est désespérée de constater que la politique libérale d’Obama s’engrange dans le public et que même les élus républicains, majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants, collaborent avec Obama comme ce fut le cas lors de l’adoption du dernier budget. 
 
De son côté, la droite religieuse est choquée de constater que les maisons de planification familiale, où se déroulent des avortements, persistent et prospèrent.

Et encore…   
 
L’avantage de Trump est qu’il a bien saisi l’inquiétude de la droite américaine. Il sait quoi dire et comment le dire. Il est la voix de l’opposition la plus agressive. Il est le seul qui est vraiment écouté. Il s’élève contre la Presse qu’il qualifie de mensongère et odieuse. Il est intéressant à écouter, à regarder et partout, dans les différents états où il réunit les républicains, les arénas débordent. Il aime à dire aux foules qu’il attire « this is fun ». Oui, ses grandes assemblées sont joyeuses et tout le monde s’amuse au dépend d’Obama, de la Presse, des leaders républicains et des autres candidats dans la course. Ses discours sont à teintes racistes, à propositions souventes fois ridicules sans toutefois affecter son image, bien au contraire. 
 
Trump finance sa propre campagne contrairement à ses adversaires qui reçoivent des centaines de millions de $ de compagnies qui se réunissent dans des groupes nommés SuperPac. Jeb Bush, par exemple, fils et frère d’anciens présidents, a dépensé plus de 100 millions de US$ depuis le début de la campagne qu’il a affectés à de la publicité négative contre Trump majoritairement et contre Marco Rubio, le candidat qui suit ce dernier. Résultat : Bush vient de démissionner de la course, faute d’appui.
 
La Presse, que Trump bafoue, transmet ses discours, son image. Il est la vedette de l’heure, celui qui affecte le plus positivement les cotes d’écoutes. Les dirigeants des médias le savent et le réclament. Il est un phénomène rare en politique car finalement, c’est la Presse qui le honnit qui répand son message et fait sa campagne.
 
Trump n’est pas un idiot. Il sait ce qu’il fait et ça marche. Il sait saisir les manchettes, même avec des propositions irréalistes comme la construction d’un mur entre le Mexique et les USA ainsi que l’arrêt total de la venue de tout musulman dans son pays. Il se maintient en tête des sondages et cela va continuer. Après Iowa (où il a terminé presque premier), New Hampshire (premier) et South Carolina (premier), il est en avance dans les sondages au Nevada et dans tous les prochains états qui voteront bientôt.  
 
La mer de ses supporteurs réagit positivement et aveuglement à ses nombreuses attaques contre ceux qui influencent le pouvoir comme l’establishment et les grandes corporations. La réaction de haine que Trump suscite, souventes fois justifiée, contre ces personnes ou ces groupes alimente sa popularité. Mais cela ne veut pas dire que Trump est le meilleur choix. Ce n’est qu’au moment où ses partisans mettront de côté leurs émotions pour penser à bien servir le conservatisme et la cause de leur pays que nous saurons vraiment si Trump a des chances de gagner la mise en candidature. Peuvent-ils lui faire suffisamment confiance pour lui confier les codes nucléaires ? Ses faux pas, ses positions libérales comme l’assurance santé pour tous (il a louangé le système canadien), sont-elles acceptables par les conservateurs du parti républicain ? De plus, comment déporter 11 millions de Mexicains illégaux et les laisser rentrer sans engendrer des dépenses gouvernementales extraordinaires ? Comment faire payer le mur par le Mexique ? Comment empêcher les musulmans d’entrer aux USA sans réactions mondiales coûteuses ? Comment gagner le vote espagnol et le vote arabe avec de telles politiques? Comment décentraliser le pouvoir, comme le réclament les conservateurs, s’il veut tout faire à partir de Washington ? 
 
Actuellement, Trump a mis l’establishment dans sa petite poche. Peut-il continuer ainsi car toutes les questions précédentes demeurent et méritent réponses ? Trump peut-il demeurer le « candidat teflon », qu’aucune de ses affirmations affecte, jusqu’au 18 au 21 juillet prochain lors de la convention républicaine à Cleveland dans l’Ohio ? 
 
La rage des gens de la droite américaine contre la Presse libérale et la direction inefficace du parti républicain est justifiable. Mais une rage incontrôlée alimentée par un candidat flamboyant, erratique, mal renseigné qui parle fort, cru, qui change d’idée et qui émet des idées libérales par moment sera difficile à gober et risque d’éclater avec les républicains en congrès. Est-ce là que les négatifs de Trump l’emporteront sur ses positifs? Ses propositions irréalistes et flagrantes peuvent-elles être oubliées ? Ses partisans en ont fait un héros capable de sauver l’Amérique mais l’establishment du parti le voit comme un candidat à qui on ne peut confier l’immense pouvoir qu’a un président américain, réussira-t-il à l’arrêter ? 
 
Je n’en suis pas certain. 
 
Claude Dupras  
 
 
                 

samedi 3 août 2013

Le « showdown » Keystone XL approche

Le débat sur la construction de l’oléoduc Keystone XL, du nord de l’Alberta à l’État d’Oklahoma, devient de plus en plus intéressant et captivant. Il met en vedette le président américain Barack Obama face au premier ministre (PM) canadien Stephen Harper.

Au tout début de la planification du projet, il y a cinq ans, l’American Petroleum Institute avait prédit que 500 000 emplois seraient créés. Puis, le State Departement a évalué les nouveaux emplois pour la fabrication et la construction du Keystone XL à 42 100. Enfin, il y a quelques jours, TransCanada Pipeline a émis son estimé et le fixe à 20 000 nouveaux emplois, sur deux ans.

Dans un récent discours, Obama, se méfiant du rapport du State Department qu’il jugeait faussé (le temps démontre que ce fut le cas puisque la firme britannique ERM, retenu par le State Department pour faire l’étude et le rapport, avait des liens d’affaires avec Trans Canada Pipeline, le constructeur de l’oléoduc), a utilisé les statistiques d’une étude sur la construction de l’oléoduc faite par l’Institut de recherches « Global labor » de l’université de Cornell. Celui-ci estime que la partie sud de l’oléoduc étant déjà construite, la partie nord ne nécessitera que 500 travailleurs par segments et comme il y en a 10 à faire, cela donne 5 000 travailleurs en deux ans, 2 500 par an plus de 50 à 100 permanents par la suite. Si Obama a raison, on peut donc conclure que l’emploi n’est pas un argument crucial pour cette décision importante.

Les républicains, qui depuis le début du débat utilisent les statistiques du rapport faussé du State Department pour justifier leur appui au projet, sont pris au piège. Nonobstant cela, aujourd’hui, ils braquent tous leurs canons sur Obama en l’accusant d’être insensible aux emplois de travailleurs, d’avoir truqué les chiffres, d’utiliser cet argument pour retarder à nouveau l’accord du projet, d’avoir zéro de crédibilité lorsqu’il parle de chiffres, d’avoir arbitrairement changé le mode d’’approbation des projets inter-pays, etc.. Il menace même d’enlever à Obama le pouvoir de décision sur la construction de cet oléoduc...

Obama a réitéré son argument principal à l’effet qu’il approuvera le projet seulement si les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites pour obtenir le volume de pétrole transporté par le Keystone XL n’augmentent que sensiblement par rapport au taux d’aujourd’hui. Il a ajouté « le Canada devrait faire plus ».

De son côté, Harper n’est pas heureux. Adepte des oléoducs et du pétrole des sables bitumineux, il affirme que les régions canadiennes bénéficient des oléoducs puisque le pétrole qu’ils transportent augmente la sécurité énergétique du pays. « C’est le moyen le plus sécuritaire pour le transport du pétrole » vient-il de préciser à Québec. Quel Québécoise ou Québécois depuis la catastrophe de Lac Mégantic, dira le contraire ?

Il profita de sa visite pour annoncer la construction d’une extension de l’oléoduc Energie-est, vers l’est du Canada, qui traversera le Québec pour se terminer à la raffinerie d’Irving Oil du Nouveau-Brunswick où il livrera chaque jour plus d’un million de barils de pétrole brut des sables bitumineux.

Il reste au gouvernement du Québec à approuver le passage de cet oléoduc sur son territoire, pour qu’il devienne réalité. Se ralliera-t-il aux positions du président Obama pour retarder ce projet ? Ou, oubliera-t-il simplement ses promesses électorales sur le sujet afin de protéger les retombées de péréquation de milliards de $ qu’il reçoit du Canada, en bonne partie à cause de ce que rapporte l’exploitation des sables bitumineux au pays.

Harper a aussi assuré les Canadiens que chaque nouvel oléoduc était sujet à « une rigoureuse analyse scientifique indépendante » qui tient compte des effets environnementaux et économiques et que « le nombre des emplois créés par la construction d’un oléoduc est important ».

Ce faisant, Harper dit le contraire d’Obama qui affirme que l’Oléoduc Keystone XL créera peu d’emploi, pourtant 10 fois plus important que l’Energie-est. Quant à la diminution des GES, Harper évite de confirmer si les analyses scientifiques mentionnées précédemment tiennent compte des GES. Il est clair qu’en ne répondant pas, il laisse à penser que les analyses n’en tiennent pas compte. Et, comme ces dernières ne sont pas rendues publiques, on ne peut vérifier ce qui en est vraiment. En fait, Harper s’oppose aux conditions posées par Obama pour donner son accord au Keystone XL.

Harper agit-il par intérêt politique ? Il est député d’Alberta où se situent les sables bitumineux. Comme je l’ai écrit dans un récent blog, il croit que la lutte contre les GES est « un complot socialiste pour enlever de l’argent aux pays riches ». Depuis huit ans PM, il a donné une nouvelle direction au Canada qui ne tient compte que de l’émergence de cette richesse pétrolière. Il a mis fin à l’accord du Canada à Kyoto car ce dernier contraignait l’exploitation des sables bitumineux en contrôlant les GES. Il s’est fait le porte-parole des républicains américains contre les critiques environnementalistes, même en personne à la télé-américaine de Fox News. Et, il est devenu, peu à peu et de plus en plus ouvertement, un porte-parole pour l’intérêt des pétrolières.

Je n’ai rien contre les pétrolières ni les oléoducs et je sais que l’exploitation des sables bitumineux deviendra un super avantage économique pour le Canada et par conséquent pour le Québec. Une condition, cependant, me semble essentielle : le pétrole produit doit être « propre ».

J’aime rappeler, car on oublie trop vite ce que sont les sables bitumineux, la description que j’en faisais dans mon blog du 6 août 2009, intitulé « Les sables bitumineux du Canada » :
Au Canada, nous possédons une réserve pétrolifère en Alberta qui représente plus de 300 milliards de barils. C’est plus important qu’en Arabie. Pour mon pays et le monde occidental, c’est un atout stratégique majeur. C’est devenu une richesse inouïe pour les Canadiens. Malheureusement, notre réserve est sous la forêt boréale, en Alberta, à 60 mètres sous terre et contenue dans des sables bitumineux. Les sables bitumineux sont un mélange de pétrole brut, de sable, d’argile minérale et d’eau. Pour en extraire le pétrole, il faut creuser les 60 mètres de terre, injecter dans les sables de la vapeur d’eau à faible pression afin d’augmenter la température du bitume et diminuer sa viscosité. Une fois ramolli, le bitume est pompé, l’eau rejetée et la terre remise en place.

Le coût d’exploitation est élevé et l’impact environnemental est dévastateur puisqu’une tonne et demie de sables bitumineux donne à peine un baril de pétrole brut, qu’il faut trois barils d’eau douce pour le fabriquer et, pour créer la vapeur d’eau, on doit brûler beaucoup de gaz naturel, soit l’équivalent de deux barils de pétrole brut pour en faire trois, ce qui ajoute un taux inacceptable de gaz à effets de serre (GES) à l’atmosphère. Peut-on vraiment imaginer l’impact total de cette entreprise colossale qui s’étend sur un territoire grand comme le quart de la France métropolitaine ?

L’eau vient des rivières et des sources (déjà on constate l’assèchement du territoire et la baisse de la nappe phréatique) et l’eau usée est traitée et rejetée dans des bassins qui longent la rivière Athabaska. Malgré tout, cette eau reste fortement polluée, demeure toxique et est une sorte de bouillie de produits dangereux. Elle trouve son chemin jusqu’à la rivière, aux sources… Le risque est qu’à la longue, cette pollution fasse partie, un jour, des sédiments et des écosystèmes pour ensuite s’installer dans la nappe phréatique.


Depuis, il est vrai, les pétrolières ont fait beaucoup pour améliorer la qualité de leur production, mais c’est loin d’être suffisant. Barack Obama le sait puisqu’il affirme que « le Canada devrait faire mieux ».

Harper est-il assez fort avec l’appui des républicains pour renverser Obama ? Ou doit-il, pour satisfaire ce dernier, faire pression sur les pétrolières pour qu’elles investissent davantage afin de diminuer les GES tout en ayant une opération plus propre ? Le « showdown » approche !

Claude Dupras

dimanche 29 janvier 2012

Duceppe, le Gingrich québécois

La sauvage primaire pour le choix du candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de Novembre 2012, nous en fait voir de toutes les couleurs ! Surtout depuis que Mitt Romney et Newt Gingrich sont devenus les favoris. C’est à qui s’entredéchirerait le plus pour gagner !

Lors du dernier débat à Jacksonville en Floride, j’ai entendu à nouveau le sempiternel reproche de Romney à Gingrich en rapport avec son manque d’éthique durant la période où il a été orateur (the speaker) de la Chambre des Représentants du Congrès américain. Il fut accusé par le sous-comité d’éthique de la Chambre d’avoir utilisé pour ses besoins politiques, des fonds dédiés à d’autres fins. Cela ressemble étrangement à la révélation récente de La Presse sur les agissements de Gilles Duceppe, du temps pendant lequel il était chef du Bloc Québécois.

En janvier 1997, la Chambre des Représentants, à majorité républicaine, a réprimandé Gingrich pour son manque d’éthique par un vote de 395 à 28 et lui a imposé une punition de 300 000$. Une première pour cet organisme. Gingrich a alors admis les accusations du sous-comité et a reconnu avoir apporté du discrédit à cette dernière.

Voici ce qu’a dit, à ce moment-là, Tom Brokaw, le célèbre commentateur de la NBC : “Newt Gingrich, who came to power, after all, preaching a higher standard in American politics, a man who brought down another speaker on ethics accusations, tonight he has on his own record the judgment of his peers, Democrat and Republican alike. By an overwhelming vote, they found him guilty of ethics violations; they charged him a very large financial penalty, and they raised — several of them — raised serious questions about his future effectiveness.”

Son comportement a coûté cher à Gingrich. Il a payé son amende et a finalement quitté la politique. Après de longues années, il revient comme candidat à l’investiture républicaine et Gallup, qui sonde l’ensemble des républicains américains, le place ce matin à 6% en avant de Romney. Comme quoi, un politicien peut toujours revenir en politique s’il admet ses fautes.

Gilles Duceppe, qui a fait du bon travail à Ottawa, ne nie pas que l’organisateur-en-chef du Bloc ait été payé par des budgets votés par la Chambre des Communes et dédiés au travail parlementaire de son parti. Nonobstant cela, il est défendu par un grand nombre de ses amis politiques. À mon avis, c’est insupportable. Le manque d’éthique de Duceppe sur cette question est clair. Il n’avait même pas à consulter les règlements. Il aurait dû le savoir puisque que ce n’est que le gros bon sens. Comment peut-on défendre le principe qu’un chef de parti ou un député détourne l’argent dédié à ses fins politiques pour financer ses activités partisanes ?

L’entourage de Duceppe semble vouloir justifier ses actes en affirmant que les autres chefs de partis faisaient de même. Eh bien ! J’encourage Duceppe, qui les connait sûrement, à les nommer et qu’on les accuse à leur tour. C’est important.

Comme disait le républicain Mark Sandford de la Caroline du Sud, « si j’avais su ce que contenait le rapport du comité d’éthique, je n’aurais jamais voté pour Gingrich comme Orateur » et d’ajouter « Je pense à mes trois garçons et ce n’est pas l’exemple de leadership que je veux leur donner ». Voilà les mots d’un homme politique responsable qui met de côté la partisannerie pour l’intérêt public.

De toute évidence, je crois que le comité d’éthique du parlement canadien chargé d’enquêter sur le sujet arrivera à la même conclusion que celui qui a analysé le cas Gingrich et confirmera l’erreur de Duceppe. Toute cette question n’en est pas une de Républicains (ils étaient majoritaires et auraient pu trouver moyen de classer aux oubliettes le rapport du sous-comité) ou de Démocrates, ni de fédéralistes ou de séparatistes au Québec. C’est une question d’éthique.

Ceux qui interviennent comme moi par des articles, des blogues ou des commentaires, se doivent de faire des analyses qui sont respectueuses de la logique et de l’intelligence de nos lecteurs. De plus, même si nous avons chacun nos positions et nos visions politiques, nous nous devons de les énoncer dans une atmosphère de respect mutuel.

Claude Dupras

samedi 16 juillet 2011

Les républicains et les démocrates américains à l’O.K. Corral

À Tombstone, en Arizona, à O. K. Corral lors de la conquête de l’Ouest américain, des cow-boys ivres et armés jusqu’aux dents arrivèrent en ville pour venger un des leurs et résistèrent à être désarmés par le Marshall Virgil Earp. Une fusillade éclata et en quelques minutes, ils étaient morts. Cet évènement devint légendaire.

Les USA vivent un nouvel O.K. Corral. Les républicains, ivres de l’appui des teapartyers, se croient invincibles et veulent politiquement tuer le président Barack Obama. La bataille entre les républicains et les démocrates a rapport au rehaussement du niveau d’emprunt légal des USA.

Les républicains s’y opposent et donnent l’impression d’être prêts à créer la crise financière qui en découlera. Ils refusent de faire aujourd’hui, ce qu’ils ont fait sept fois sous la présidence du républicain GWBush.

Les teapartyers ont facilité leur élection majoritaire lors de la dernière élection législative et, par conséquent, leur ont donné le contrôle de la Chambre des représentants. Parmi ces derniers, 85 nouveaux élus sont arrivés au Congrès dans le but de défaire Obama. Ils ont affirmé publiquement qu’ils étaient prêts à tout pour atteindre cet objectif. Les teapartyers les suivent de près et exigent maintenant qu’ils respectent leurs promesses et diminuent radicalement les dépenses gouvernementales. Ces teapartyers sont anti-gouvernement, contre l’accumulation de la dette et contre toute augmentation de taxe. Pour eux, le gouvernement est trop gros, trop présent dans leur vie et les taxe trop. Ils affirment qu’Obama est un piètre président, qu’il dépense sans limite et qu’il leur a imposé le dispendieux Obamacare (le programme de santé qui a permis à 35 millions d’américains d’être enfin protégés pour les soins de santé). Ce qui est surprenant c’est que beaucoup de ces teapartyers seront des bénéficiaires de l’Obamacare.

Si le nouveau niveau d’emprunt proposé par Obama n’est pas voté, les sondages indiquent que les américains blâmeront les républicains pour la crise financière globale qui en résultera. Par exemple, ces derniers ont refusé la proposition du plan de compromis du président visant à couper la dette de 4,5 trillions $. Ce plan équilibré comprenait en partie une réduction appréciable des dépenses, et de l’autre : de nouvelles taxes pour les plus riches, l’abolition d’exemptions fiscales allouées à l’industrie pétrolifère/gazifière et l’élimination de généreux taux d’amortissements pour les propriétaires d’avions à jet privés. Si les républicains persistent et ne votent pas l’augmentation, ils porteront sûrement l’odieux d’avoir poussé le pays dans un désastre pour ne protéger que les plus riches.

Le débat semble insoluble à cause de son aspect politique. Un expert budgétaire américain affirme : « C’est le plus extrême et multidimensionnel défi politique depuis 35 ans à Washington ». En somme, l’antagonisme partisan grossit si vite que le momentum ne pourra être arrêté à temps pour voter le plan d’Obama. Les républicains, en particulier, en élevant les attentes de leurs partisans font en sorte que tout compromis de leur part sera qualifié par eux de traîtrise. En effet, ils ont promis de couper dans la sécurité sociale, le programme de soins de santé et celui de l’assistance médicale aux plus pauvres. En plus, ils veulent arrêter le programme de relance économique voté au début du mandat d’Obama et récupérer les argents non dépensés, mettre un frein aux projets touchant l’environnement et aux projets spéciaux des élus.

L’erreur de stratégie des élus républicains en surprend plusieurs. Ils ont fait de la question de leur refus à toute augmentation de taxes une condition sine qua non à leur accord pour l’augmentation du plafond de la dette. Du pur chantage car presque tout le monde reconnaît que cette dernière est essentielle pour éviter un désastre économique. Malgré qu’ils aient pris des engagements électoraux qu’ils ne pourront de toute évidence respecter, ils continuent à affirmer que jamais ils n’accepteront des augmentations de taxes. On voit bien qu’ils craignent les teapartyers.

Le sénateur Mitch McConnell, le leader républicain au sénat, vient de proposer que l’augmentation du plafond de la dette soit approuvé sans le vote des républicains et sans condition de leur part comme les diminutions de dépenses. Il dit ne pas vouloir aider Obama à se faire réélire et veut lui laisser tout le blâme de la mauvaise économie. Il rappelle la période de Clinton où les républicains, qui avaient à ce moment-là le vent dans les voiles, avaient organisé une manœuvre similaire à celle d’aujourd’hui en refusant de voter pour le budget. Le gouvernement avait dû alors fermer ses portes, faute d’argent pour payer les fonctionnaires. Les américains choqués avaient alors blâmé les républicains qui s’écroulèrent dans l’opinion publique. Leur erreur de jugement politique assura la réélection de Clinton. McConnell craint que les républicains d’aujourd’hui subissent le même sort s’ils répètent la même erreur.

Déjà, McConnell est accusé par les teapartyers de ne pas profiter de l’occasion pour diminuer les dépenses et les autres élus républicains ont peur puisque les teapartyers les menacent de s’opposer à leur nomination comme candidats républicains pour la prochaine élection. Quant à Bill Clinton, il recommande aux démocrates de tenir ferme et de ne pas se plier aux exigences des républicains.

Devant la résistance des républicains, le président Obama s’est exclamé : « ils sont des extrémistes qui tiennent un canon de révolver contre la tempe du peuple américain afin de pouvoir maintenir les exemptions de taxes à des propriétaires de jets privés ».

En somme, la bataille est politique et se résume à qui sera blâmé par les électeurs. C’est la prochaine élection présidentielle qui se joue.

Claude Dupras

vendredi 17 décembre 2010

Obama et ses promesses électorales

Ce n’est pas une sinécure d’être président des États-Unis d’Amérique. Un candidat à ce poste peut être de bonne foi et être sincère lorsqu’il fait ses promesses électorales, mais rien n’assure qu’il pourra, une fois élu, les réaliser. On le voit bien en suivant le déroulement de la politique américaine actuelle.

Barack Obama a été à ce jour un bon président. Il a travaillé fort sur des sujets de première importance. Durant ses deux premières années au pouvoir, alors qu’il avait un support majoritaire au Congrès, le président Obama a fait adopter des lois importantes pour stopper la crise économique, protéger les banques, le marché et assurer à presque tous les Américains une protection de soins de santé. Cette dernière loi que les Américains ont surnommée Obamacare assure à 35 millions d’individus, une protection vitale qu’ils n’avaient pas. Elle a été votée sans l’appui du parti Républicain. Nous, Canadiens et Européens, ne pouvons comprendre pourquoi un si grand parti politique s’oppose à une protection aussi élémentaire.

Mais, avec le temps, on se rend compte qu’Obama renie les promesses qui lui ont fait gagner son élection présidentielle.

Par exemple, l’Obamacare devait couvrir tous les Américains, or il en restera encore huit millions qui ne le seront pas, l’équivalent de la population du Québec.

Il y a le crédit de taxes temporaire pour dix ans accordé par GWBush. Obama n’a cessé de répéter qu’il l’abolirait. Alors que le 31 décembre prochain était le jour où le crédit devait s’éteindre de sa belle mort, Obama a décidé de l’allonger pour deux autres années dans un compromis politique avec les Républicains qui favorisent les riches du pays. C’est un manque à gagner de 70 milliards $ par année.

Et, il y a les projets particuliers des représentants et des sénateurs, les fameux earmarks, qu’Obama avait promis, dur comme fer, encore l’an dernier, d’éliminer complètement. Or le Congrès vote actuellement sur un projet qui en contient pour huit milliards $ et Obama ne dit rien.

Puis, il y a l’Afghanistan. Obama avait promis de mettre fin à la guerre. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a augmenté les forces militaires américaines de 35,000 à 95,000 soldats et parle maintenant d’un retrait possible de l’armée américaine dans deux à quatre ans. Le coût annuel se chiffre en centaines de milliards $.

Obama a promis de couper le déficit en deux. Le déficit de 2009, première année d’Obama, a été de 1,42 trillions $ soit le triple de l’année précédente. Il n’est pas surprenant que les Républicains aient des munitions pour blâmer Obama. Cependant, ces derniers oublient volontairement les masses d’argents qui ont dû être dépensées pour contrer la déferlante de la crise économique.

Depuis l’élection de mi-mandat où Obama a trébuché et perdu sa majorité, les Républicains et la droite américaine font la pluie et le beau temps. Avec l’appui des milliers de radiomen de droite et celui des commentateurs du réseau télévisé Fox News, les Républicains persuadent, à coups de démagogie évidente, une partie de plus en plus grande de la population qu’Obama est un dépensier qui ne fait qu’augmenter le déficit et la dette nationale. Malgré que ce soient eux qui avec GWBush et ses deux guerres aient fait doubler la dette nationale, ils réussissent à amener l’opinion publique à placer le blâme sur Obama. D’ailleurs, un récent sondage le démontre clairement puisqu’il place maintenant GWBush en avant d’Obama en rapport avec le taux de satisfaction comme président. C’est invraisemblable.

Au moment d’écrire ces lignes, la dette américaine est de $13,886,724,821,930.00. Soit plus de 44 000 $ par Américain. Elle a augmenté, depuis 2007, de 4,5 milliards par jour. C’est effarant et on se demande bien où vont les USA ? Avec l’Europe qui a de graves problèmes financiers, l’Occident s’approche-t-il d’un précipice ?

Heureusement que les taux d’intérêt sont actuellement bas. Mais cela ne durera pas éternellement. Avec l’accélération de la reprise économique mondiale, les investisseurs institutionnels chercheront à faire des placements plus rentables que ceux de la trésorerie américaine et voudront prendre plus de risques afin d’obtenir un meilleur retour sur leurs investissements. Les taux d’intérêts à long terme augmenteront en conséquence et cela se reflétera par des frais d’emprunts plus élevés qui ajouteront à la dette américaine. Le gouvernement doit donc couper dans les dépenses et augmenter les taxes pour balancer le budget d’ici quelques années, en espérant que le niveau de croissance soit présent.

Voilà pourquoi le président Barack Obama doit se tenir debout devant les Républicains et respecter ses promesses électorales. Il avait raison avec son programme politique. Il peut faire quelques concessions pour atteindre des compromis mais rien qui affecte sérieusement la santé financière de son pays. Il se doit d’être intraitable sur la question du déficit et de la dette et faire les choix qui s’imposent tout en s’assurant que les Américains travaillent, qu’ils sont socialement protégés et que son pays se donne les outils pour faire face aux défis de l’avenir, comme le transport en commun rapide.

Obama doit aussi soutenir l’expansion des investissements gouvernementaux et privés dans la science, la technologie, l’innovation et l’éducation afin que les USA soient toujours les meilleurs du monde dans ces domaines. Par contre, il peut couper radicalement, entre autres, dans les dépenses générées par le complexe militaro-industriel.

L’Asie est sur le point de devenir le plus grand marché de consommateurs de l’Histoire. Les exportateurs américains peuvent devenir les premiers bénéficiaires. Déjà Intel, GE, Proctor & Gamble annoncent que leur croissance vient de l’Asie. C’est au gouvernement américain de mettre en place les conditions, comme le libre-échange entre l’Asie et les USA, pour atteindre ce potentiel. C’est une vraie opportunité pour les USA d’exercer son énergie créatrice et entrepreneuriale et de créer des emplois de haute technicité pour les travailleurs américains. Une économie dynamique et florissante remplit vite les coffres de l’État. Obama le sait et il devra exercer son leadership pour montrer aux Américains que l'avenir peut être rose.

Les Américains aiment les chefs capables de défendre leurs vrais intérêts, de leur expliquer clairement la situation et la voie à suivre. L’ex-président Bill Clinton l’a bien démontré. Obama a-t-il les moyens de faire autrement ? S’il perd la prochaine élection à cause d’une telle attitude, eh bien tant pis, il aura agi dans l’intérêt à long terme de son pays. Mais les odds sont qu’il gagnera à nouveau, s’il en a le courage.

Claude Dupras

samedi 4 septembre 2010

Qui veut être politicien aujourd’hui ?

Ce n’est pas facile d’être un homme ou une femme politique aujourd’hui.

Avec l’explosion des médias, internet, la téléphonie, les blogs etc.. chaque pas, chaque expression, chaque mot d’un politicien est saisi, analysé, interprété et critiqué. Rarement la critique est positive. Au contraire, les journalistes, les pseudo-journalistes, les blogueurs et les internautes qui commentent l’activité semblent vouloir ne chercher que la bête noire, celle qui fera la une du journal, du magazine, des émissions de radio, des nouvelles télévisées, des sites internet, et quoi encore. Tout pour attirer l’attention, accroître l’écoute, le nombre de lecteurs, influencer les sondages, les BBM…

J’ai toujours cru qu’un journaliste se devait d’être professionnel dans ses analyses avant d’écrire un texte pour informer ses lecteurs. Je comprends que comme individu il a sa propre pensée, ses propres inclinations, mais ne doit-il pas mettre de côté ses sentiments afin que l’objectivité fasse partie de ses critères professionnels. Si un journaliste d’enquête trouve un semblant de faille chez un politicien, est-ce un raison suffisante pour qu’il le « monte en épingle » et que tous les medias sautent sur l’information pour la reproduire en boucle 24h sur 24 avant que tous les vrais faits soient connus. Même si un politicien tenté d’avoir la manchette, qui a l’immunité parlementaire, se lève et accuse un adversaire à l’Assemblée Nationale ou à la Chambre des Communes, est-ce une raison pour les médias de reprendre sans cesse cette accusation, alors que l’on sait que ces attaques répétées, trop souvent infondées, trouvent normalement des explications satisfaisantes.

Le PM du Québec, Jean Charest, vit actuellement un moment difficile. Il est empêtré dans une spirale de critiques qui semble sans fin et qui prend de la vitesse. Il a beau vouloir être ouvert, s’en sortir, rien n’y fait.

Il n’est pas le seul.

En France, par exemple, le président Nicolas Sarkozy est aussi pris dans un tourbillon négatif. Jour après jour, les médias ne font qu’émettre des articles, des commentaires, des images qui minent sa popularité quand ce n’est pas son autorité. On le dénigre, le salit, le diminue, le ridiculise avec des faits non fondés, des analyses superficielles, des arguments qui ne cherchent qu’à le diminuer dans l’opinion publique. On se moque de ses réactions personnelles, car dit-on « cela ne fait pas président ». On le traite de tous les noms. Quant on ne peut pas l’atteindre, on vise un des ses ministres pour l’attaquer indirectement. Malgré qu’il soit un bon président, qui travaille comme pas un, qui réforme ce pays qui doit l’être, son taux de popularité est si bas qu’il est maintenant possible, disent les sondeurs, qu’il ne soit pas réélu. Je n’y crois pas, mais qui sait.

Aux USA, Barack Obama, s’avère être un des meilleurs présidents que les USA ont eu depuis FDR. Malgré sa compétence, sa cote baisse dangereusement dans les sondages. Et pourquoi ? Toujours la même raison, la même tactique : des critiques non justifiées, inventées, répétées. Dans ce pays, elles sont en plus financées par des billionnaires qui poussent, motivent et encouragent les Américains de droite et d’extrême-droite à critiquer sans cesse le président sur tout et sur rien et cela depuis le lendemain de son élection. Leur mouvement « Tea Party » vient de remporter des élections primaires républicaines à la surprise de plusieurs observateurs. Un poste de télé important Fox News se dédie à 100% à dénigrer Obama. Les innombrables évangélistes se liguent contre lui à cause, entre autres, de ses positions sur l’avortement. Les milliers de « radiomen » à travers le pays ne cessent de « casser du sucre sur son dos » pour faire grimper leurs cotes d’écoute. Qu’Obama remplisse ses promesses électorales, cela ne compte pas, ce qui est important c’est de le salir au maximum afin que même ses électeurs commencent à douter de sa compétence et de son intégrité.

Trop de partis d’opposition ne font que critiquer. Pas les projets de lois, mais les individus. Incapables de produire des solutions alternatives aux politiques proposées par le gouvernement, ils s’attaquent à l’individu en insinuant des mensonges. « Mentez, mentez, mentez… il en restera toujours quelque chose ». Voilà leur stratégie !

J’ai lu hier que le parti fédéral Bloc Québécois attaquait le PM Stephen Harper parce qu’il avait écrit à des écoliers de 8ième année pour les inviter à visiter les parcs nationaux canadiens. Pour le Bloc, ce geste du PM n’est que de la propagande politique pour le fédéralisme. Cela m’a rappelé 1992 alors que j’étais co-président de Canada 125, organisme mis sur pied par le gouvernement du Canada pour célébrer le 125 ième anniversaire de la Confédération. Dès l’annonce de ma nomination et du lancement de nos activités, le ministre péquiste Jacques Brasssard se leva à l’assemblée nationale du Québec pour dénigrer notre organisation comme étant un instrument de propagande pour le fédéralisme au Québec. Ce qui était complètement faux et les résultats l’ont amplement démontré. Pour lui, on ne pouvait célébrer quoi que ce soit qui était canadien car ce n’était que de la sale propagande anti-Québec.

J’exprime souvent mon désaccord avec les politiques trop de droite du PM Harper, mais je vais le défendre bec et ongles contre ceux qui affirment qu’inviter les jeunes canadiens à s’intéresser à nos ressources naturelles n’est que de la propagande politique. Serait-ce que les séparatistes ne veulent pas que leurs enfants entendent parler du Canada de crainte qu’ils y voient un pays riche et prometteur pour leur avenir. Leur approche est négative et ne va pas dans l’intérêt de l’éducation des enfants car il faut leur ouvrir tous les horizons afin qu’ils puissent décider librement un jour du pays qu’ils voudront avoir.

Le PM Charest a invité l’opposition péquiste à rentrer à l’Assemblée Nationale avec une approche positive et cela dans l’intérêt des Québécois. Il a suggéré de laisser les enquêtes et les commissions actuellement en cours faire leur travail et a invité Mme Marois à ne réagir qu’au moment propice lorsque les résultats seront connus. Entretemps, il l’a encouragée à débattre des vrais enjeux politiques afin que le Québec puisse continuer à bien réagir à la crise économique. Elle a refusé. Je crains pour elle qu’elle s’en mordra un jour les pouces.

Les médias ont un rôle capital à jouer pour assurer que nous soyons bien informés afin que nous puissions bien juger. De leur côté, nos politiciens doivent agir sérieusement, intelligemment et avec un sens de responsabilité pour bien nous servir. Ils se doivent aussi de penser à l’exemple qu’ils donnent à nos jeunes et de la répercussion sur eux de toute démagogie.

La politique est importante pour le développement de notre nation. Les meilleurs éléments d’entre nous devraient avoir le goût de la joindre afin que nous ayons le meilleur gouvernement possible. Malheureusement, avec la tendance actuelle, de moins en moins d’individus sérieux voudront joindre les rangs de nos partis politiques. Et dire que quand j’étais jeune la plupart d’entre nous rêvions de faire de la politique !

Il est temps que ça change !

Claude Dupras

lundi 22 mars 2010

La paix est-elle possible en Palestine ? Il y a un espoir.

Déjà 5 morts aux mains des troupes israélites, en 24 heures. Des jeunes, dont Mohammad 15 ans… Osaid 17 ans… qui lançaient des pierres pour manifester contre la construction illégale de 1 600 logements sur une terre de Jérusalem-Est, propriété des Palestiniens envahie par Israël. On les a trouvés avec des petits trous dans la tête et dans le corps. Pourtant, et comme toujours, l’armée nie avoir utilisé des balles vivantes mais des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Les médecins de l’hôpital confirment que ce sont des balles de métal.

Le secrétaire-général des Nations-Unies s’est rendu à Gaza pour affirmer que la construction des logements est illégale et dénoncer la décision du gouvernement d’Israël. Il arrivait d’une rencontre avec le quartette USA-Union Européenne-Russie-ONU qui de Moscou avait demandé au Premier ministre Bibi Netanyahou d’annuler le projet. La réponse de ce dernier a été arrogante : « nous construisons depuis 42 ans dans ce coin du pays et nous n’arrêterons pas. Si on construit à Tel Aviv, on peut construire à Jésuralem-Est ». Pour lui, la justification est simple, Jérusalem est « une » ville et elle est israélite, puisqu’il y a 2 000 ans elle était juive. Il a décidé que le territoire de Jérusalem-Est, occupé en 1967 par l’armée israélienne, fait partie d’Israël. Et, parce qu’il est arabe, il ne faut qu’augmenter suffisamment le nombre de juifs y vivant pour changer la majorité. Ceci est fortement contesté par les Palestiniens, la Ligue Arabe et tous les pays du monde, sans exception, qui n’acceptent pas les dires d’Israël sur cet envahissement d’un territoire étranger. Même le gouvernement canadien de Stephen Harper a critiqué Israël, et c’était une première, sur la question de la construction des logements.

C’est triste de constater le « timing » de l’affaire des logements. En effet, au moment où le président Barak Obama s’est donné comme objectif de régler le conflit israélo-palestinien qui pourrit toutes les relations des USA avec les pays du Proche et du Moyen Orient et qu’il accepte l’idée, émise par son prédécesseur et l’ex-PM Sharon, de créer deux nations indépendantes vivant côte-à-côte sur cette terre bénie par le temps, le hasard a voulu que ce soit Netanyahou qui devienne le premier ministre d’Israël. Ce dernier, un dur parmi les durs, n’accepte pas l’idée des deux nations. Suite à son élection, j’ai écrit mon blog du 11 juin 2009, intitulé « Netanyahou le pas bon ». À le voir évoluer, depuis son élection, je n’ai pas changé mon opinion de ce triste personnage. Le Guardian de Londres affirme aujourd’hui que c’est lui Netanyahou qui a ordonné l’assassinat à Dubaï du membre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh. Il semble qu’au lieu de négocier avec ses adversaires, il les fait tuer.

Obama et son secrétaire d’État Hillary Clinton ont choisi l’ex-sénateur George Mitchell comme envoyé spécial pour négocier la paix auprès des deux parties. C’est un des meilleurs et avec lui tout avançait lentement mais bien, jusqu’à l’incident de la construction des nouveaux logements. Le président Obama a réagi fortement, Mme Clinton encore plus, le vice-président américain Joseph Biden s’est montré insulté puisqu’il était en visite officielle en Israël et reçu par Netanyahou qui ne lui a pas glissé mot de sa décision. La situation s’est vite refroidie et a résulté en un début de crise diplomatique amère, entre les USA et Israël, la pire depuis des décades.

L’équipe d’Obama a dénoncé la nouvelle violence qui découle de l’affaire des logements et qui nuit aux aspirations de paix des Juifs et des Palestiniens. Elle a demandé l’arrêt des hostilités et suggéré aux deux parties de cesser leur bagarre et de se reconnaître l’une et l’autre.

C’est alors que la droite américaine, les Républicains en tête, sous l’impulsion de l’important lobby juif pro-Israël de Washington a commencé une campagne d’insinuations contre le président prétextant qu’il prenait partie pour les Palestiniens, qu’il était un faible et qu’il n’avait la couenne assez dure pour faire face à de telles situations. Obama a riposté que « son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël est immuable comme un rocher solide » mais qu’il se devait de rappeler les parties à l’ordre, incluant Israël, afin que les objectifs de paix soient maintenus. Mme Clinton d’ajouter : « la vérité doit être dite lorsque nécessaire, même entre amis ».

La position pro-Israël passée du gouvernement américain a été influencée fortement par le lobby juif de droite que je mentionnais précédemment. C’est un groupe puissant, de 2,5 millions de membres et un budget de 2,5 millions $ par an. C’est l’AIPAC. Depuis toujours, il fait la cabale pro-Israël dans toutes les officines du congrès américain et à la Maison-Blanche. Pour eux, Israël a toujours raison. Je ne les blâme pas d’agir ainsi, c’est leur droit. Le problème c’est que leur puissance a fait plier les décideurs américains, plus d’une fois, en faveur d’Israël alors que l’intérêt des USA se trouvait plutôt du côté d’une politique neutre dans ce conflit. Ces positions partisanes ont amené le monde arabe à se méfier et petit à petit à perdre confiance en les dirigeants américains, ce qui n’a pas aidé à calmer les esprits dans ce coin du monde.

Malgré tout, je vois un nouvel espoir qui pointe à l’horizon. En effet, un groupe de juifs de gauche a créé l’an dernier un nouveau lobby à Washington. C’est le « J Street ». Il a profité de la campagne électorale présidentielle pour trouver des fonds afin de contribuer, contrairement à la stratégie d’AIPAC, au financement direct de candidats qu’ils soient démocrates ou républicains. 33 des 41 candidats choisis au Sénat et à la Chambre des représentants ont gagné leurs élections. Pensant, au début, collecter 50,000$, « J Street » a recueillit plus de $600,000$. Ce fut un succès inespéré et surprenant qui a motivé ses dirigeants à s’organiser de façon permanente. Leur objectif est de viser à modifier le débat américain sur Israël et les autres sujets qui touchent le Moyen-Orient. Il se qualifie de pro-Israël et pro-mouvement de paix, Il affirme que le débat à propos d’Israël est trop influencé par la droite et cela malgré les tendances de gauche des juifs américains. « J Street » approuve la « solution des deux-États » pour la Palestine et Israël et favorise la diplomatie à la force militaire.

Son approche qualifiée d’agressive est critiquée par la droite qui dénonce les positions de « J Street ». Elle comporte, selon la droite, trop de critiques des politiques d’Israël. Malgré la montée spectaculaire de ce nouveau groupe de pression, il semble que la droite ne s’inquiète pas de perdre son pouvoir car elle constate que « J Street » a trouvé des fonds chez un groupe relativement restreint de supporteurs contrairement à AIPAC qui en mène large chez les donateurs.

Les dirigeants de « J Street » affirment ne pas vouloir que leur organisation devienne aussi grosse qu’AIPAC, mais croient pouvoir avoir suffisamment d’influence pour modifier les paramètres du débat américain sur les politiques israéliennes. Ils visent les collèges américains. Ils n’espèrent pas changer le monde mais simplement remettre les choses à leur place.

Par exemple, « J Street » a critiqué fortement l’incursion récente de l’armée israélienne à Gaza suite à l’affaire des logements. Dans un message à ses membres, le groupe a déclaré : « Même si le lancement des roquettes sur les familles israéliennes ou l’envoi de porteur de bombes suicidaires n’est pas acceptable, il n’est pas plus acceptable de punir un million et demi de Gazois qui souffrent déjà pour les actions des extrémistes qui vivent parmi eux ». Cela me semble une bouffée d’air frais en politique israélo-palestinienne mais les critiques de « J Street » ne sont pas d’accord. Ils qualifient de naïfs et de moralement déficient l’approche de ce mouvement qui, selon eux, est loin des sentiments réels des juifs américains.

Il est à espérer que ce nouveau lobby juif puisse grandir et s’imposer car il émettra un son de cloche différent de celui qui a toujours influencé la pensée des politiciens américains sur le sujet israélo-palestinien. Il est un nouvel espoir pour ceux qui croient en l’importance de la neutralité des USA pour régler le conflit israélo-palestinien. J’en suis.

Claude Dupras

mardi 16 mars 2010

Les malheurs de Sarkozy

Décidément ça ne tourne pas rond dans les médias pour le président français Nicolas Sarkozy. On trouve difficilement un texte ou un commentaire positif sur le président français. Les résultats des récentes élections régionales en France ne l’aident pas non plus.

Les prophètes de malheur sont au rendez-vous pour qualifier la montée de la gauche à ces élections comme étant une condamnation de Sarkozy et de son gouvernement. Ils ne vivent que pour 2012 et l’élection présidentielle. Ces antisarkozistes socialistes français n’ont jamais voulu se rallier suite à son élection à la présidence et n’ont cessé de le dénigrer de plus belle estimant que c’est la façon pour eux de reprendre le pouvoir.

Ce qui est insolite, c’est d’entendre les Républicains américains traiter les Démocrates de socialistes. Pourtant, les Socialistes français agissent de la même façon que les Républicains. Ils disent « NON » à tout ce que propose le chef de leur nation sans tenir compte de l’intérêt supérieur de leur pays.

53% des électeurs n’ont pas voté aux élections régionales. Un record. Un sondage publié ce matin démontre que la grande majorité des votants n‘a pas tenu compte du bilan de Sarkozy pour décider de son choix. Alors comment les opposants peuvent-ils prétendre que c’est un jugement négatif des Français envers leur président qui s’est exprimé dans ce scrutin ? La réalité, c’est qu’ils ne font que de la « potilique », comme j’aime à dire.

Le président Sarkozy est un homme d’action. Il s’est avéré un leader courageux, dynamique avec un sens prononcé de l’État. Son bilan à la présidence, à ce jour, est impressionnant, nonobstant ce que rapporte le parti socialiste (PS).

On n’a qu’à se rappeler sa présidence de l’Union européenne où il s’est avéré un chef hors pair qui a épaté tous les observateurs du monde. De même à Copenhague, où il a tout fait pour obtenir une conclusion positive de cette grande rencontre internationale sur le climat. La conférence s’est terminée par un échec démoralisant mais on ne peut en blâmer Sarkozy. Ses interventions en Russie, en Géorgie, en Haïti, au Brésil, aux USA, au Québec et ailleurs ont toutes été de qualité.

Les efforts remarquables de Sarkozy pour mettre de l’avant une politique écologique française d’avant-garde (grenelle de l’environnement) ont reçu l’appui de Nicolas Hulot, le plus grand des grands environnementalistes français. Le président Sarkozy a même accepté d’implanter une taxe carbone dans le pays, une mesure qui ne peut être populaire mais qui est la façon la plus efficace de réduire la consommation de pétrole. Personnellement, je crois que Sarkozy devrait en retarder la mise en oeuvre jusqu’au moment où les autres pays de l’Europe, qui actuellement hésitent, l’imposent aussi.

Aujourd’hui, les Écolos qui ont obtenu 12% des voix aux régionales discutent avec le PS pour le deuxième tour de l’élection des régionales. Cela montre bien que les dirigeants écolos sont socialistes avant d’être écolos. La logique serait qu’ils négocient avec l’UMP car le parti de Sarkozy a fait plus pour l’écologie que tous les autres partis réunis. Les Écolos seraient ainsi plus près de l’oreille du président pour faire valoir les politiques qu’ils suggèrent.

Pour diaboliser Sarkozy, ses adversaires sont prêts à tout dire et à tout oublier. Par exemple, ils ne tiennent pas compte dans leurs critiques des effets de la récession dont sort l’Occident lorsqu’ils comparent certaines statistiques d’aujourd’hui avec celles de 2007. Tout est la faute à Sarko !, À ce rythme, bientôt lorsqu’il pleuvra, ce sera la faute à… Sarkozy !

Les dénigreurs du président Sarkozy oublient les grandes décisions qu’il a prise depuis son avènement à l’Élysée : la défiscalisation pour aider ceux qui travaillent, osent et produisent; les services minimums dans les transports et dans les écoles; le sauvetage des régimes spéciaux de retraite; le déblocage de la participation dans les entreprises; la loi de modernisation de l’économie, la réforme de la représentativité dans les syndicats; la création du pôle d’emploi; l’autonomie des universités; la suppression de la carte scolaire et des cours le samedi, la réorganisation de la justice; la rétention de sûreté pour les prisonniers en fin de peine présentant un risque élevé de récidive; les changements au fonctionnement du parlement; la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, et encore et encore…

Mais, ce qui m’a incité à écrire ce blog c’est la nouvelle que je viens de lire à l’effet que le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni auraient des problèmes matrimoniaux. Les médias ont même donné les noms d’un supposé amant pour Madame Bruni et d’une nouvelle maîtresse pour le président. Là, franchement, je crois que les dénigreurs du président vont trop loin. Ils démontrent qu’ils sont prêts à tout pour coller une mauvaise image à Nicolas Sarkozy afin de lui créer un tort politique. Personnellement, je ne crois rien à ces rumeurs et même si elles s’avèraient vraies, cette situation délicate et privée n’a rien à voir avec la direction de la France.

Même de loin, je suis de près les activités, les actions et les déclarations du président Nicolas Sarkozy et j’envie la France d’avoir un tel président. J’échangerais vite le premier ministre canadien actuel pour lui. Ce serait un très bon « deal » pour mes compatriotes.

Claude Dupras