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dimanche 2 août 2015

La radicalisation des péquistes



Depuis la venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent qu’autrement dans la mauvaise direction. 
PKP, devenu, en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions de toutes sortes.
Pour les séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les fédéralistes « ne parviendront qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche, milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le meilleur intérêt de la nation. 
Et si un péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants, il est aussitôt qualifié de « sournois » comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente « le plus grand espoir depuis les années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce n’est pas peu dire si on pense à Lesage, Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre des Ressources naturelles ; Alexandre Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les questions.
C’est ce que dénonçait le jeune étudiant et militant Gabriel Nadeau-Dubois en qualifiant « une certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ». Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des mots de son texte comme « militantisme sectaire et fielleux », « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes nous voient encore comme des moutons ! 
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure. En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit, pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires, journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides, démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les Québécois.


Claude Dupras
 




 

lundi 6 juillet 2015

Quand PKP humilie le PQ !

Depuis sa fondation, le Parti Québécois a toujours eu à sa tête un chef cultivé qui savait faire la part des choses. De René Lévesque à Pauline Marois, ces chefs ont toujours tenu un discours aux arguments responsables, très souvent convaincants, même durs parfois mais toujours respectueux. Ils ont quelques fois élevé la voix d’exaspération mais toujours de façon à point et polie. Et j’inclus dans ceux-là, les propos de Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995 lorsque le OUI l’avait perdu par quelques dizaines de milliers de votes seulement. Ses propos ont été bien critiqués mais, à mon point de vue, ils correspondaient à la réalité. On en a fait un plat, mais la réalité était évidente. Il ne méritait pas, à mon point de vue les nombreuses critiques qui l’ont affligé.

Aujourd’hui, le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau semble être d’une autre catégorie que ses prédécesseurs. Il est comme un jeune boxeur inexpérimenté qui donne des coups de poing à gauche et à droite sans vraiment frapper au bon endroit tout en en recevant des coups durs constamment sur la tête. Il ne fait pas la part des choses. Pour lui, ceux qui se trouvent à ses côtés sont bons et ceux qui sont devant lui ne sont que des êtres sur lesquels il faut frapper sans cesse, même au bas de la ceinture. Et pourquoi ? Simplement parce qu’ils bloquent le chemin qui mène à son idéal. Il faut qu’il déblaye. Une approche d’homme d’affaires sans scrupule qui est prêt à tout pour grossir ses profits, ses entreprises et ses avoirs. Un genre de rouleau-compresseur. Au diable les manières, ce qui compte c’est le résultat !
Ses apôtres le voient comme un seigneur, une légende, presque le messie. Ils en sont obnubilés. Avec lui c’est sûr que l’idéal sera atteint et la fin justifie les moyens. Quelques soient les bêtises ou les positions abracadabrantes qu’il affirme, écrit et répète même si elles dépassent les normes de la politesse, du bon sens, du respect des faits, de l’autre, des élus, ils les acceptent comme des données de la bible et les défendent sur la place publique. Parmi ceux-là, il y a l'ex PM Bernard Landry qui a toujours tenu un message mesuré dans ses discours comme chef de l'État du Québec. Aujourd'hui, il se veut le premier supporteur de PKP et oublie ses principes passés pour défendre l'indéfendable. D'autres, dans leurs écritures, mettent de côté toutes leurs formes passées, leurs raisonnements balancés. Au diable la logique traditionnelle, on en invente une autre dédiée exclusivement à la nouvelle approche. On frappe dans le tas ! Ne vous inquiétez pas, ça va rapporter…  le chef n’est-il pas milliardaire. On ne répond plus à personne car tout le monde est vendu à l’adversaire. Particulièrement les journalistes qui ont vendu leur âme aux Desmarais !
Oui, il s’en prend aux membres de la famille du défunt Paul Desmarais, l’extraordinaire homme d’affaires qui a réussi mieux que tout autre et qui a toujours cru que l’intérêt des francophones québécois était d’être activement présents dans les affaires du monde. Il a été un exemple unique d’intelligence des affaires qui a tellement manqué à nos compatriotes du passé. Parti de rien, il est devenu l’homme le plus riche du Canada et un leader mondial des affaires. Malgré cela, PKP critique sa famille, la barbouille, invente des histoires malencontreuses sur son compte et encore… Pourquoi ? Simplement parce que Paul était fédéraliste, qu’il croyait dans le Canada, qu’il y voyait un potentiel extraordinaire pour tous ses compatriotes francophones et savait mieux que tous que la nouvelle garde, les jeunes qui l’ont suivi, était mieux éduquée, prête à faire face au challenge difficile de la vie économique québécoise et canadienne et à y trouver la place qui lui revient. Et cela s’est réalisé et ça continue de plus en plus fort…
Comme chef du Parti Québécois PKP a décidé que son parti prendrait le leadership des attaques anti-famille Desmarais, pour la simple raison que la famille est propriétaire de grands journaux au Québec, dont La Presse, et que Paul Desmarais a toujours indiqué que la ligne éditoriale de ses journaux soit fédéraliste. Quant à ses journalistes, qui sont tous de haute qualité, ils ont la liberté d’écrire leurs articles sans interventions des propriétaires. Mais PKP ne les aime pas, particulièrement ceux qui traitent de lui et de sa conjointe Julie Snyder.  
Pierre Péladeau, le père de PKP, était un autre du même genre. Il a réussi à bâtir un empire d’imprimeries et de journaux qu’il a laissé à ses enfants à son décès. Différent de Desmarais, il était indépendantiste. Mais il n’insultait pas les gens si leur approche politique était différente de la sienne. Je le sais, car je l’ai connu puisqu’il m’a confié la réalisation totale des bâtiments, bureaux et imprimerie du Journal de Montréal de la rue Frontenac à Montréal.
Il est temps que Pierre-Karl Péladeau se ressaisisse s’il veut connaître un succès politique. Au rythme actuel, il va, à mon avis, directement et sans détour vers l’abime. Son attitude, sa façon de faire, ses mots, son indifférence face aux journalistes, son refus de répondre à leurs questions en se cachant derrière sa page Facebook et ses conflits d’intérêts ne l’aident pas et tout augure mal. Ah! Il peut obtenir des sursauts momentanés dans les sondages, mais à long terme, je n’y vois que le déclin car il est vraiment une bombe à retardement, selon l’évaluation d’un de ses propres députés et ex-ministre. Plusieurs membres du PQ souffrent de la situation actuelle et se disent humiliés par la tournure des évènements.
Pourtant, PKP est un gars intelligent, différent, bien éduqué et qui a une expérience d’affaires assez rare chez un homme politique québécois. Il peut rehausser le débat politique et faire sa marque.  J’espère qu’il le fera… et sortira du tourbillon de sottises dans lequel il s’est engagé.   

Claude Dupras 

samedi 21 février 2015

La campagne référendaire québécoise est lancée

Il faut le reconnaître, les séparatistes québécois ne sont pas des lâcheurs. Même après avoir subi une dégelée électorale, ils foncent à nouveau tête baissée vers leur objectif, sans tenir compte des erreurs qui leur ont fait si mal.

La principale fut d’avoir laissé entendre, en période électorale, qu’il y aurait un autre référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien. Le principal fauteur de cette erreur fut leur candidat-vedette, le milliardaire Pierre-Karl Péladeau (PKP), qui arriva sur scène le poing en l’air à la Lénine pour marquer avec force sa détermination séparatiste.

À ce moment-là, la campagne électorale du parti Québécois (PQ), qui se déroulait relativement bien, s’écroula subitement malgré l’excellente équipe de candidats que présentait la Première Ministre Pauline Marois. Le chat était sorti du sac. Marois ne put réaligner sa campagne, perdit l’élection, le pouvoir et démissionna.   
Aujourd’hui, au moment où se déroule la campagne à la chefferie du Parti Québécois (PQ), les sondages indiquent que 72% de la population votante n’est pas favorable à la séparation et que les jeunes de 18-24 ans, n’appuient pas le PQ, massivement.
PKP est candidat avec quatre autres dont les ex-ministres Bernard Drainville, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet et un outsider Pierre Céré.  Malgré tout, PKP demeure le grand favori avec près de 60% d’appuis qui comprennent principalement les péquistes à tête blanche car les jeunes ne sont pas au rendez-vous. 
Le récent sondage CROP au Québec place PKP devant Couillard, advenant une élection. Les séparatistes qui ont toujours qualifié les sondages CROP de « bidon » s’en régalent aujourd’hui.
Mais en même temps, PKP perd des plumes dans son parti à cause de sa moche campagne, teintée d’erreurs de comportement et de stratégie. La dernière, l’affirmation de la possibilité qu’advenant une victoire du PQ à la prochaine élection, son gouvernement pourrait déclarer unilatéralement l’indépendance, sans référendum. Aux Québec, les élections sont gagnées avec 35% à 42% du vote exprimé alors qu’un référendum exige 50% +1. Les péquistes expérimentés savent bien qu’une telle élection est un accro intolérable à la démocratie et qu’aucun gouvernement du monde ne la reconnaîtra.
PKP a démontré à l’annonce de sa candidature qu’il était un mauvais orateur. Depuis, il ne s’est pas amélioré et il ne s’aide pas, non plus, avec le contenu de ses discours. Au sein de son parti, les épaules de ses auditeurs se haussent de plus en plus. Ils sont surpris de son manque d’habilité à s’exprimer avec conviction. Au récent conseil national du PQ, tous attendaient son discours. Il ne fut pas à la hauteur de ce moment important. Un journaliste présent a écrit : « il a parlé comme un jeune étudiant qui ne s’est pas préparé pour son examen oral. L’assemblée ne lui a réservé que des applaudissements polis ». Ailleurs, dans sa tournée des comtés pour chercher des appuis, il se veut éducateur et historien. Il fait appel à un discours patriotique pour toucher le cœur sensible de ceux qui l’écoutent. Il rappelle la conquête anglaise de la Nouvelle-France en oubliant le peu de support accordé par les rois de France à la colonie. Il souligne aussi les rébellions des patriotes de 1836-38 contre la milice britannique, les tensions politiques de l’époque et la proposition de Lord Durham pour assujettir les francophones à la domination vigoureuse d’une majorité anglaise afin de les assimiler. En somme, il cherche à rappeler certaines actions passées des anglais afin qu’aujourd’hui, pour creuser un fossé entre les anglophones et nous, nos compatriotes se révoltent contre les anglophones du gouvernement canadien actuel. En fait, cela est partie de notre histoire et n’a rien à voir avec 2015. Grâce à leur solidarité, nos pères ne se sont pas laissés faire et ont riposté en agissant pour que nous devenions ce que nous sommes. Un peuple fier, fort et autonome dans un grand pays indépendant qu’est le nôtre, le Canada.
Et il y a l’incident de Rouyn-Noranda. En tournée de campagne, il assista en fin de soirée à un concert de chansons anglaises donné par des artistes francophones du groupe pop montréalais Groenland. Soudainement, à la surprise de tous, il cria du fond de la salle « en français ». Le lendemain, sans excuse, il déclara « je suis un défenseur de la langue française », persista dans sa position et signa. Son porte-parole, insista pour dire que PKP n’était pas ivre et justifia sa bévue comme étant normale après une journée de cabale bien remplie. Ouais !
 
Ces situations surprenantes démontrent une stratégie revancharde, irrespectueuse et déplacée. Le moins que l’on puisse dire, c’est une approche mesquine envers les anglophones du Québec.
À cause de PKP, les rapports journalistiques des rencontres de candidats à la chefferie portent surtout sur la séparation du Québec. C’est devenu une enchère entre eux pour déterminer lequel a la meilleure façon d’aborder cette question. Pendant ce temps, heureux de la tournure des évènements, le PM Philippe Couillard se frotte les mains car il connaît le pouls de la population et sait qu’elle ne veut rien savoir d’un nouveau référendum.   
À la dernière assemblée générale du PQ, les dirigeants ont hésité à faire adopter des résolutions politiques expliquant que le nouveau chef devait imprimer sa marque sur le programme. Donc, ce que propose et dit PKP, qui deviendra vraisemblablement le chef, sera le prochain programme du PQ. Quelle différence avec le PQ d’hier dont les membres savaient se tenir debout. Certains, dont Jacques Parizeau,  ont même quitté la salle en protestation contre des éléments du discours de René Lévesque qui présidait la réunion. Ils l’ont humilié pour faire valoir leurs opinions.
Aujourd’hui, aveuglement, les péquistes suivent le joueur de flute PKP même si, malgré ses réussites impressionnantes en affaires, il ne démontre absolument pas, à ce jour, des qualités de chef d’État. Tellement désespérés de reprendre le pouvoir, ils mettent tous leurs œufs dans le même panier malgré son manque d’expérience politique. Il ne faudrait pas qu’il trébuche car, comme Perrette, ils diront  « adieu veau, vache, cochon, couvée…. ». Le rêve s’évanouira en un instant. Pourtant, ils ont d’autres bons candidats qui montrent de telles qualités comme le jeune Alexandre Cloutier qui, à 37 ans, a le même âge que Robert Bourassa lorsqu’il devint premier ministre.  
Les campagnes référendaires du passé dirigées par René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard étaient basées sur des arguments sérieux qui découlaient de conflits et de débats importants avec le gouvernement fédéral tels les accords du lac Meech et de Charlottetown, de commissions gouvernementales nationales et québécoises, d’états-généraux de la nation et de toute une série d’autres de même nature issus des niveaux nationaux et provinciaux. Y participaient pour les péquistes, des individus de la trempe des René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Jacques-Yvan Morin, Camille Laurin, Denis Lazure, Marc-André Bédard, Jean Garon, Yves Bérubé, Claude Charron, Lise Payette, Pierre Marc Johnson, Gérald Godin, Rodrigue Biron, Yves Duhaime, Denis Vaugeois, Denis de Belleval et des dizaines d’autres. Aujourd’hui, rares sont les individus de cette trempe dans le PQ.
Pour les remplacer, PKP veut créer « un think tank sur la séparation » dont il choisira évidemment les membres. Ils seront sûrement séparatistes puisque les conclusions devront aller dans le sens qu’il recherche. Elles seront contestées pour cette raison car les Québécois se méfieront d’un tel organisme.
Les fédéralistes de leur côté ne sont pas en reste non plus. Ils n’auront pas de Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Paul Martin sur le plan fédéral, mais Stephen Harper et ses conservateurs, s’ils sont encore au pouvoir. Pas fort pour défendre le système fédéral dans un référendum québécois.
Pauvres Québécois ! Il me semble que nous avons donné souventes  fois nos opinions sur la question de la séparation du Québec et que les sondages scientifiques démontrent qu’elles n’ont pas changé. Nous avons tellement d’autres problèmes importants à régler, pourquoi devons-nous nous faire rabâcher les oreilles avec les mêmes rengaines. Assez, c’est assez ! Non ?
La meilleure situation pour le PQ serait que PKP ne gagne pas. Les raisons sont celles de son écrasante défaite à la dernière élection qui a permis au parti Libéral de gagner une majorité inattendue. Les mêmes débats ajoutés à la question de conflits d’intérêts (l’ex-ministre Lisée l’a bien démontré) donneront le même résultat électoral ou pire.
Claude Dupras

samedi 10 janvier 2015

Le PM Couillard et la légitimité

Au Québec, les séparatistes prétendent que le premier ministre Philippe Couillard n’a pas la légitimité démocratique pour entreprendre les profondes transformations qu’il a entreprises pour assainir les dépenses publiques. Ils estiment cette légitimité sur la base des suffrages que son parti a obtenus à l’élection qui l’a porté au pouvoir par rapport au nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Et cela, même si son parti a remporté une forte majorité parlementaire et que le gouvernement sortant-de-charge du parti Québécois (PQ) a subi sa pire défaite depuis des décennies, venant même près de perdre le rôle de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale aux mains du parti Coalition Avenir Québec (CAQ). Ils prétendent que le PM ne peut agir comme il le fait car son parti n’a obtenu que 41,52% des voix alors que seulement 71,44% de l’électorat a voté. En réalité, calculent-ils en multipliant les deux pourcentages, le PLQ n’a obtenu que 29,6% du nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale. Donc, pour eux, il n’a pas l’appui d’une majorité réelle de la population et, par conséquent, pas de légitimité pour entreprendre ses réformes importantes.   

Si on accepte ce raisonnement, on doit reconnaître qu’aucun parti politique ou chef québécois du passé n’a eu la légitimité d’entreprendre de grandes réformes, car aucun n’a obtenu une telle majorité. Par exemple, en 1960, Jean Lesage a pris le pouvoir en ne remportant que 41,95% du nombre d’électeurs inscrits. Pour l’élection de 1962, celle de la nationalisation de l’électricité, il a obtenu 44,8%. Robert Bourassa en 1970 a obtenu 38,2% et 43,9% en 1973. René Lévesque à l'élection de 1976 a obtenu 35,27% et a organisé un référendum en 1980 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Puis il obtint 40,6% en 1981 pour faire « un bon gouvernement ». Toutes ces années passées sont celles de la « révolution tranquille » durant laquelle des politiques importantes ont changé profondément la société québécoise pour lui donner un nouveau départ.
Plus tard, Gérard Parizeau imposa un second référendum après avoir obtenu 36,5% en 1994. Quatre ans plus tard, Lucien Bouchard obtenait 33,5% et imposa des coupures budgétaires draconiennes suite auxquelles des milliers de fonctionnaires compétents furent mis à la retraite et de nombreuses villes, dont celles de l’île de Montréal, fusionnées. Jean Charest ne fit pas mieux avec 32,3% en 2003, 23,5% en 2007 et 24,16% en 2008. Quant à Pauline Marois, elle obtint 23,8% en 2012 pour former un gouvernement minoritaire et son ministre des finances s’apprêtait à couper dans les dépenses. Les bas-scores depuis 1994 s’expliquent par la présence de tiers partis qui sont appuyés par de bonnes franges de l’électorat et qui en fait divisent le vote.
Je souligne à nouveau, les pourcentages précédents sont toujours sur la base des électeurs inscrits sur la liste électorale.
Tous ces chefs politiques avaient le droit de faire ce qu’ils ont fait et ils l’ont utilisé pour bien réorienter les politiques, économiques, sociales et culturelles du Québec. Ils ont agi avec responsabilité malgré de nombreuses et sévères critiques venant des milieux traditionnels, religieux et autres. Ils ont même perdu leurs élections par la suite.
De plus, on se rappellera que lors de la dernière élection, le sujet principal débattu a été la nécessité de réorganiser les dépenses gouvernementales pour protéger financièrement l’avenir du Québec. Le plus grand propagandiste de cette difficile politique fut le chef de la CAQ, François Legault. Sur toutes les tribunes, il a martelé sans cesse l’importance d’assainir les dépenses gouvernementales et de les réduire. Alors que les sondages le plaçaient très bas dans l’opinion publique en début de la campagne, il est revenu en force à la fin de celle-ci en obtenant 23,05% des suffrages et 22 députés alors que le gouvernement péquiste sortant-de-charge obtenait 25,38% des suffrages et 30 députés.
De son côté, le chef libéral Couillard développait longuement le même sujet dans ses discours. Avec moins d’ardeur que Legault, il est vrai, mais avec autant de conviction. Ils étaient, sur le sujet des finances, sur la même longueur d’ondes à quelques différences près.
Même si on cumule les suffrages en leur faveur, PLQ 41,52% et CAQ 23,05%, ils ne représentent que 46,12% du nombre d’électeurs inscrits. Encore là, le 50% n’est pas atteint.
Notre système politique est ainsi fait. Certains diront : la solution, c’est un système électoral comme en France avec deux tours de votation. Analysons la dernière élection présidentielle en France où Hollande a obtenu, au deuxième tour, 51,64% des suffrages. Ce résultat ne représente en fait que 41,49% des français ayant le droit de vote. Donc pas de telle majorité là non plus.
Tout ça démontre bien que l’on ne peut accuser un chef politique au pouvoir ou son parti de manquer de légitimité sur la base du nombre de suffrages qu’il a reçus. Si on le fait pour un, on doit le faire pour tous les autres. C’est ridicule et teinté de démagogie.
La légitimité est le fondement de notre vie sociale et politique. Un élu qui n’a pas un sens naturel de la justice, qui ne respecte pas les droits de chacun ou qui décide de façon partiale perd sa légitimité même s’il a été élu avec une majorité absolue.

Claude Dupras

dimanche 24 août 2014

Conseil de Lucien Bouchard aux séparatistes : soyez réalistes !


S’il y a un homme politique qui connaît bien le Québec et qui sait prendre son pouls, c’est bien l’ex-premier ministre Lucien Bouchard. Nationaliste dans l’âme, il a quitté le parti progressiste-conservateur canadien et le gouvernement de Brian Mulroney, en 1990, sur, ce qui était pour lui, une question de principe. Nous n’étions pas tous en accord avec lui, mais la quasi-majorité des Québécois l’était.
Après sa démission, il fonda un parti politique fédéral dédié à la séparation du Québec, le Bloc Québécois (BQ), et remporta une forte majorité des sièges du Québec. Ce faisant, il se retrouva chef de l’opposition de Sa Majesté à la Chambre des Communes puisque son parti avait fait élire le deuxième plus grand nombre de députés. Impensable, mais vrai !
Sa popularité était grandissante et elle a été bien démontrée lors du référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien de 1995. C’est Bouchard qui, par la force des choses, a mené la campagne lancée par le PM québécois Jacques Parizeau. Avec son dynamisme, sa forte personnalité, sa force de caractère et la puissance de ses mots, il a capté, assemblée après assemblée, l’imagination des Québécois qui venaient de plus en plus nombreux le voir, l’entendre, l’apprécier et se laisser convaincre de ses idées. Ce fut une démonstration spectaculaire d’un chef politique charismatique au discours clair, efficace et laconique. Il n’échoua que par quelques déciles puisque sur 4,7 millions de votes exprimés, le « NON » gagna par seulement 54 288 voix.
L’année suivante, Parizeau démissionna et Lucien Bouchard devint premier ministre du Québec et chef du Parti Québécois (PQ).
Cet homme aujourd’hui, suite à son retrait de la politique en 2001, est devenu un personnage important dans le monde légal et des affaires. Ses paroles portent toujours dans l’opinion publique. Ainsi, il y a quelques jours, il a exprimé ses convictions lors d’une interview importante durant laquelle il a démontré, encore une fois, sa sensibilité québécoise, son intelligence stratégique et son savoir politique. Il a résumé clairement ses sentiments sur son histoire politique personnelle, sur celles du PQ, du Québec, du Canada et sur les référendums sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien.
Évidemment, les séparatistes actuels n’ont pas aimé ses propos et sont en furie contre Bouchard, surtout lorsqu’il a prédit qu’il n’y aura pas de nouveau « référendum de mon vivant », et que s’il y en avait un, « le « Oui » serait encore rejeté ». Concernant le BQ, il estime qu’il n’a plus sa place sur la scène fédérale car il y va de l’intérêt des Québécois d’être bien représentés dans les partis politiques nationaux capables de prendre le pouvoir.
Ses opposants ne partagent pas ses opinions puisque ses mots sont venus détruire leurs rêves, leurs actions et leurs prédictions sur la séparation du Québec. Depuis, ils le méprisent, le caricaturent et le déprécient tout en cherchant à démontrer qu’il a tort et que l’idée de la séparation est toujours aussi vive et présente dans l’esprit des québécois. Et cela, même si ce qu’a dit Bouchard correspond aux résultats des recherches de tous les sondeurs et au vote cruellement réel des Québécois envers le PQ lors de la dernière élection québécoise.  
Malgré tout, j’ai une certaine admiration pour ces individus en ce qui a trait à la densité de leur ferveur et de leur nationalisme. Le malheur est, qu’aveuglés par leurs ardeurs et leurs espoirs, ils refusent de reconnaître la sagesse de l’un de leurs plus prestigieux chefs du passé et de mettre de côté leur créature de rêve. De plus, en ne se ralliant pas à la pensée de la majorité des Québécois, ils n’aident pas la cause du peuple québécois sur le plan national. Ils ne sont pas des bâtisseurs.
De plus, ils ne respectent pas ceux qui ne partagent pas leurs opinions. Bouchard est un bon exemple. Voilà le chef qui leur a donné le pouvoir au Québec et qui par ses gestes et ses actions leur a presque livré un résultat positif à un référendum sur la séparation du Québec. Aujourd’hui, il le blâme de n’avoir pas déclenché un troisième référendum même si Bouchard savait que les conditions gagnantes n’étaient pas réunies. Ils se tournent contre lui comme s’il était un vulgaire individu en le pointant du doigt. On n’a qu’à les lire pour réaliser que pour beaucoup d’entre eux, Bouchard est un vendu, qu’il a été acheté, qu’il ne travaille que pour l’argent et qu’il est un paria qu’ils méprisent entre eux et sur la place publique. Ils sont intransigeants.
Ces séparatistes sont généralement bien instruits, écrivent très bien, abondamment et savent dénicher et amplifier tout ce qui va mal avec le gouvernement fédéral et celui du Québec pour asseoir les bases de leurs argumentations. Ce qui compte pour eux, c’est de dénigrer, avant tout, les porteurs de l’autre message. Je considère que c’est là leur erreur principale puisqu’elle résulte dans la baisse de leur crédibilité.
Quant à leur programme politique, il ne germe pas car il n’y a pas de terreau politique comme celui qui a prévalu lors des projets avortés de la réforme constitutionnelle au Canada suite aux accords rejetés du Lac Meech et de Charlottetown. 
De plus, ils n’ont pas de chef charismatique, chaleureux, sensible, aimé et convaincu comme René Lévesque qui a mené le premier référendum ni comme Lucien Bouchard qui a mené le second avec Jacques Parizeau. Ils rêvent de trouver un sauveur, sans réaliser que de tels chefs sont normalement issus de moments politiques particuliers où la société traverse des difficultés hors de l’ordinaire à cause de l’environnement politique qui rend alors propice l’impact de discours nationalistes pouvant fouetter l’imagination et ayant figures de solutions aux problèmes. On est loin de cela.
En fait, l’entrevue récente de Bouchard a mis en relief, encore une fois, l’impossibilité pour les séparatistes d’atteindre leur objectif. Il est temps qu’ils réagissent positivement et deviennent réalistes.
Claude Dupras

 

vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

vendredi 14 février 2014

Que le vrai Philippe Couillard se lève !

Il est neurochirurgien. Il est un homme politique québécois. Un politicien pas comme les autres. Il surprend souvent pour le mieux. Trop souvent pour le pire.

Ministre de la santé durant cinq années sous le gouvernement de Jean Charest, presque un record, il a démontré en tout temps le calme de son intelligence en agissant avec une certaine grandeur, élévation et générosité donnant ainsi au ministère la stabilité qu’il recherchait depuis longtemps.

C’est là que ses qualités ont été remarquées par nul autre que le ministre péquiste actuel, Réjean Hébert, alors doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke : « Philippe Couillard a fait preuve d'un sens politique exceptionnel en réussissant à imposer et à maintenir la santé parmi les priorités du gouvernement. Il a aussi réussi à bien informer la population ».

Malgré des difficultés prévisibles de soins et de gérance à court terme, il a créé de grands réseaux intégrés de services, les CSSS, en fusionnant les CLSC avec les CHSLD et, dans plusieurs cas, avec l'hôpital de la région qui de plus en plus s’annoncent bénéfiques.

Nonobstant toutes les protestations, il a ouvert la porte au privé afin de soulager les hôpitaux du nombre grandissant de patients et réduire les délais d’attente du public. Des cliniques privées ont été permises, mises sur pied et les Québécois, qui les fréquentent et payent des frais additionnels, apprécient les courts délais qu’elles offrent pour « voir » un médecin et se faire soigner avec les membres de leur famille. Il ne s’agit pas d’un système privé parallèle mais complémentaire et intégré.

Le départ du PM Jean Charest a motivé Couillard à revenir en politique après cinq ans d’absence. Il a brigué les suffrages pour la chefferie de son parti et a gagné. Il s’est fait élire député d'Outremont et a fait son entrée cette semaine à l’Assemblée Nationale du Québec en tant que chef de l’opposition officielle.

Suite à sa venue comme chef libéral, les premiers sondages le favorisèrent grandement. Il semblait imbattable dans une élection générale. Mais ce n’était pas compter sur les qualités politiciennes de la première ministre Pauline Marois et de ses conseillers. Ils savent que la politique est un commerce d’images et d’illusions qui vise à faire réagir émotionnellement les électeurs.

Ils comprennent que la majorité des Québécoises et Québécois pensent que la politique peut résoudre tous leurs problèmes, qu’elle peut organiser la société pour que celle-ci devienne idéale et que toute image qui peut faire croire que cela se fait est une bonne image pour un politicien.

Quant aux illusions, on les utilise pour laisser une perception fausse, un jugement erroné, une opinion fausse, une apparence trompeuse qui ne correspond pas à la réalité. Toute illusion qui peut faire croire que la société sera mieux organisée est bonne pour un politicien.

Les « faiseurs d’images » de Pauline Marois se sont mis à l’œuvre. Sa coupe de cheveux a changé, ses robes ont remplacé ses pantalons, ses lunettes sont plus à jour…, elle est mieux préparée, présente, toujours prête à bondir, montre un aplomb surprenant dans la défense de ses dossiers, convaincante et surtout a l’air vraie. Au total, la perception qu’ont les Québécois de Pauline Marois s’est grandement améliorée et les illusions qu’elle a créées de bonne gérance et de ses capacités de relancer l’économie québécoise ont eu leurs effets.

Mais l’ex PM péquiste et économiste, Jacques Parizeau, a voulu mettre les points sur les « i ». « C’est la première fois depuis trente ans que je suis inquiet quant à l’avenir économique du Québec », écrit-il dans une lettre ouverte, il y a quatre jours.

Il souligne une étude des Hautes Études Commerciales, publiée à la fin janvier, affirmant que le niveau de vie des Québécois stagne depuis 1981 alors que les dépenses publiques poursuivent leur croissance. Ainsi, Québec a grandement accru son endettement depuis le début des années 2000. Le diagnostic est dur, réaliste et ce qui frappe le plus est « la lente et persistante détérioration de l’économie du Québec depuis dix ou douze ans ».

Parizeau estime que les sommes allouées à la politique industrielle sont insuffisantes. « Il va falloir mettre beaucoup d’argent et beaucoup d’organisation », ajoute-t-il dans une entrevue. En somme, nous avons besoin d’un plan bien structuré, pensé et non d’une distribution de millions $ à hue et à dia, sans réflexion à l’ensemble, simplement pour obtenir une publicité positive capable d’améliorer l’image du parti.

De son côté, Philippe Couillard a trouvé son chemin de Damas et refuse une telle approche politicienne qu’il qualifie de mirage et il ne veut agir ainsi. Il veut respecter les Québécois en leur parlant intelligemment d’une façon vraie. Il joue gros car il n’est pas évident qu’une telle franchise rapporte des votes au moulin. Et cela tend à être démontré par les sondages CROP et LEGER de décembre qui indiquaient que la tendance avait changé et que la faveur populaire penchait vers les péquistes.

Depuis, Couillard traverse une mauvaise période. L’effet de cette nouvelle importante a attiré davantage l’attention de la presse sur ses moindres faits et gestes. Depuis, les critiques pleuvent. Les reportages sont plus souvent qu’autrement négatifs, souvent insignifiants. Peu de journalistes et animateurs de radio et télévision relèvent ses commentaires pour en faire des topos. Ce qui compte pour eux, c’est le sensationnel. Ils ne sont pas intéressés par les vraies solutions aux vrais problèmes. C’est à se demander, parfois, s’ils les comprennent. Pourquoi agissent-ils ainsi ? Pour faire grimper leur cote d’écoute ou la circulation de leur journal ? Pour se montrer au diapason avec l’opinion publique ? Une chose certaine, une telle dérive nuit considérablement à l’homme politique visé et dans le cas présent au Québec, c’est Philippe Couillard. Mais cela peut changer et vite.

Suite à sa première prestation comme chef de l’opposition, le 11 février dernier, le journaliste chevronné, attaché depuis toujours à la colline parlementaire de Québec, Denis Lessard de la Presse, a écrit ce qui suit dans sa colonne du journal : « Philippe Couillard a offert une solide performance à l'Assemblée nationale », puis « l'affrontement quotidien des deux chefs à l'Assemblée nationale a gagné en qualité et en intensité » et ajoute « il est parvenu à maintenir la barre haute avec des interventions mesurées, incisives sans être agressives…. Même ses détracteurs chez les libéraux reconnaissent qu'il a été «rassurant ». Lessard conclut « Manifestement, Pauline Marois prend plus au sérieux cet adversaire que son prédécesseur… ».

Ce fut un bon début à l’Assemblée Nationale et possiblement un point tournant dans le niveau de popularité de Philippe Couillard.

Une chose est certaine, nous savons que la PM Marois veut faire de l’appui à la « charte sur les valeurs québécoises », l’enjeu électoral. S’il n’en tient qu’à Couillard, la prochaine campagne électorale sera réaliste, utile et portera sur les vrais enjeux : l’économie qui confronte l’avenir des Québécois et la réalité qu’un Parti Québécois majoritaire nous engagera à nouveau dans un troisième et coûteux référendum pour séparer le Québec de l’ensemble canadien, alors que par deux fois, les Québécoises et les Québécois ont rejeté cette proposition.

Si le vrai Philippe Couillard se lève, ce sera toute une campagne électorale.

Claude Dupras

mercredi 15 janvier 2014

Même craqué, le Bloc est utile

Depuis sa fondation, le Bloc Québécois, parti politique canadien, a toujours représenté exclusivement à la Chambre des Communes canadienne les opinions politiques des séparatistes québécois. Même si je n’ai jamais été un partisan de ce parti, je reconnais d’emblée que maintes fois ses prises de positions reflétaient l’intérêt de tous les Québécois.

Le Bloc fut créé en 1991 par le ministre progressiste-conservateur démissionnaire Lucien Bouchard, suite à une mésentente de ce dernier avec le premier ministre (PM) canadien Brian Mulroney en rapport avec l’accord du Lac Meech sur le rapatriement de la constitution canadienne de Londres.

Ce n’était pas la première fois qu’était proposée l’idée d’un parti national composé exclusivement de Québécois à Ottawa, pour défendre les intérêts du Québec. Dès 1926, l’Action française avait propagé une telle proposition sans succès. Plus tard, en 1942, en pleine guerre mondiale, lors du débat sur la conscription obligatoire de jeunes Canadiens dans l’armée canadienne pour aller au front en Europe, le Bloc Populaire fut créé au Québec pour s’opposer à cette mesure. Son chef était Maxime Raymond. Il ne gagna aucun siège à l’élection fédérale.

Par contre, son aile provinciale dirigée par André Laurendeau présenta, en 1944, des candidats dans tous les comtés contre le gouvernement libéral d’Adélard Godbout. Elle accusa ce dernier de marcher, main dans la main, avec le gouvernement fédéral libéral de Mackenzie King qui, disait-elle, favorisait la conscription. La popularité de Laurendeau et de son parti connut un bond de popularité dans les milieux nationalistes, au point que quelques curés n’hésitèrent pas à dire en chaire à leurs paroissiens : « Je ne peux vous dire pour qui voter, mais votez en bloc ». C’est l’Union Nationale de Maurice Duplessis, défait en 1939, qui gagna finalement l’élection. Le Bloc Populaire ne remporta que 4 sièges et le parti disparut, quelques années plus tard, suite à la démission de Laurendeau.

Dans les années ’60, le « Ralliement des Créditistes », parti du Québec résolument fédéraliste et de droite, de Réal Caouette, gagna plusieurs sièges au Québec dans les régions rurales et devint jusqu’au début des années ’80 le porte-parole, à la Chambre des Communes, du mécontentement et du nationalisme des Québécois.

Après plusieurs décennies de déceptions et d'échecs, le Bloc Québécois fit élire 54 députés à l’élection fédérale de 1993. De plus, à la surprise générale, le parti se classa deuxième avec le plus grand nombre de sièges à la Chambre des Communes et devint, par la force des choses, l’Opposition officielle du gouvernement du Canada. Ce fut grâce à l’intelligence, les convictions profondes, l’éloquence et le charisme de Lucien Bouchard qui charmèrent les Québécois.

En fin de janvier 1996, Bouchard démissionna pour remplacer Jacques Parizeau au poste de PM du Québec et le Bloc a choisi Michel Gauthier comme son deuxième chef. Après un an, il fut remplacé par Gilles Duceppe. Habile, intelligent et bon politicien, Duceppe maintint le Bloc fort et majoritaire au Québec jusqu’à l’élection fédérale de 2011 où il connut une débandade spectaculaire et perdit tous ses députés, sauf quatre. Duceppe démissionna. Son successeur, Daniel Paillé, vient de démissionner à son tour, après un an à la barre du parti et le Bloc est redevenu orphelin.

Depuis, un débat sur la pertinence du Bloc Québécois sur la scène politique canadienne fait rage au Québec : « Un parti de séparatistes québécois est-il utile et nécessaire à Ottawa ? ». Ces derniers jours, l’ex-PM québécois Bernard Landry et l’ex-député péquiste Yves Michaud ont dit publiquement NON et ont demandé la mort officielle du Bloc Québécois. D’autres s’y opposent et prétendent que la place qu’occupe le parti doit être comblée parce qu’elle est une tribune pour ceux et celles qui veulent vanter les mérites de la séparation du Québec du Canada.

Je ne suis pas séparatiste. Je ne peux me résoudre à laisser le Canada aux autres. Mon pays est si vaste, si riche, si beau et si plein d’opportunités pour mes descendants que je me dois de tout faire pour leur conserver.

Par contre, l’idée que le Bloc demeure à Ottawa ne me déplait pas. Pas fort, mais avec un représentation minimum. Je ne crois pas, dorénavant possible, qu’il obtienne des victoires aussi éclatantes que celles obtenues par Bouchard et Duceppe et c'est une bonne chose. De plus, je crois important que plusieurs députés québécois issus de partis fédéraux traditionnels soient élus et qu'un bon nombre deviennent ministres du gouvernement. Ce que le Bloc ne peut faire. Mais qu’une dizaine de députés bloquistes soient élus à la prochaine élection me semble positif. Un tel résultat aura l'avantage de maintenir sur la scène nationale le débat sur les idées d’une bonne partie de la population québécoise. De plus, il servira à renseigner les députés des autres provinces des demandes du Québec. La démocratie ne peut qu’en gagner.

Avec le temps, j’ai remarqué que le débat de politique fédérale fait partie de nos discussions lorsqu’il y a au pouvoir à Ottawa un gouvernement avec un PM québécois (comme ceux de Trudeau, Chrétien et Mulroney) ou un gouvernement composé de plusieurs ministres québécois compétents (comme celui de Joe Clark) ou encore une opposition comme celle du Bloc qui défend ardemment des positions qui sont au cœur de plusieurs de nos débats locaux. Depuis l’élection du gouvernement du Parti Conservateur de Stephen Harper, dans lequel le Québec est peu représenté, je regrette que les Québécoises et Québécois n’entendent moins parlé de la politique fédérale et n’y apportent, par conséquent, moins d’attention que par le passé.

Le Nouveau Parti Démocratique a connu une grande victoire en 2011 et a balayé le Québec. Il est devenu l’opposition officielle. Malheureusement, l’inexpérience de ses nombreux députés québécois ne l’a pas vraiment aidé avec le résultat que les échos des débats de la colline parlementaire à Ottawa nous parviennent à peine. Et cela, même si son chef, Thomas Mulcair, fait un job du tonnerre comme chef de l’opposition, selon tous les observateurs avertis.

Face au nouveau, jeune et charismatique chef libéral, Justin Trudeau, qui a redynamisé son parti; face à la force politique que conserve le NPD; face au potentiel des 850 000 votes qu’a remportés le Bloc à la dernière élection et face au 12% de votes qu’obtiendront les Conservateurs, j’en conclus qu’il est probable que le vote au Québec, à la prochaine élection fédérale, sera réparti entre tous les partis si aucun ne prend un élan hors de l’ordinaire. Une telle situation pourra aider les candidats du Bloc à se faufiler, à plusieurs endroits, entre les autres candidats et à regagner ainsi une dizaine de comtés dans les régions où le parti a toujours été très populaire.

Le Bloc a besoin d’un nouveau chef avec une expérience politique et de bons candidats. Il y a quelques jours, Richard LeHir, ex-ministre de Parizeau, a annoncé être prêt à devenir candidat du Bloc à la prochaine élection. Il a affirmé son désir de se présenter contre Justin Trudeau dans le comté de Papineau, à Montréal. Le Hir est un bon candidat mais il perdra sa chemise contre Trudeau dans ce comté cosmopolite où un séparatiste n’a aucune chance de l’emporter surtout contre le chef du parti libéral. S’il ne vise qu’à faire du bruit et attirer l’attention, il y a des possibilités qu'il atteigne son but, mais ce n’est pas certain. Mais s’il est vraiment sérieux et veut être élu pour aider le Bloc, qu’il choisisse un comté aux caractéristiques favorables pour un candidat de sa trempe et de sa couleur politique. Ce ne sera pas facile mais, comme je l’ai expliqué précédemment, un bon candidat avec une bonne organisation peut gagner de justesse un comté pour son parti à la prochaine campagne électorale, même s’il s’agit du Bloc Québécois.

Claude Dupras

samedi 12 octobre 2013

La Charte Islamique du Nouveau Monde

J’entretiens, depuis un certain temps, un dialogue politique sur les évènements du jour avec un ami internet, Antoine Théorêt, qui dans sa tendre jeunesse était Verdunois, comme moi. Nous sommes donc issus du même milieu. Il a eu une carrière exceptionnelle de scientiste.

Depuis un mois, nos échanges portent sur la charte des « valeurs québécoises », pour laquelle nous ne partageons pas tout-à-fait la même opinion.

Dans mon dernier message, je lui posais la question suivante : « Tu parles de liberté de la majorité. N’est-elle possible que s’il n’y a pas d’entrave à la liberté individuelle ? ». Voici son intéressante réponse que je publie dans l’espace de mon blog. Je vous invite à la commenter. Merci.

Claude Dupras

La Charte islamique du Nouveau Monde !

Le sujet des droits individuels versus les droits collectifs est complexe dans un pays de multiculturalisme. Malgré la multitude des points de vue, je suis convaincu que dans une discussion franche et sereine nous trouverions rapidement, en gens raisonnables que je crois que nous sommes, plus de points de convergence que de divergence sur la question de la charte des « valeurs québécoises ». Je vous soumets donc sommairement avec tous les risques que cela comporte mes réflexions sachant que vous y apporterez toutes les nuances requises compte tenu des raccourcis que j’emprunte pour présenter mon opinion sur un sujet délicat qui soulève toutes les passions.

La longue histoire des relations entre le monde chrétien et le monde islamique a toujours été dans l’ensemble trouble et difficile. Aujourd’hui, dans la grande majorité des pays chrétiens, les religions ont conservé leur influence morale mais perdu leur influence politique au nom du principe de la laïcité de l’état tandis que dans la plupart des pays islamiques, il est difficile de dissocier politique, culture et religion.

Or, l’Islam projette à tort ou à raison une image de violence et d’intolérance sans doute à cause de la voix dominante de ses éléments extrémistes, fondamentalistes et fanatiques; leur prosélytisme religieux jette un malaise certain dans nos sociétés occidentales avec leurs valeurs de charia, de lapidation, d’amputation, de tous ces signes de soumission de la femme, de crimes d’honneur, d’attentats suicides, de réseaux terroristes…

Je suis convaincu que les peuples islamiques sont honorables et pacifiques mais qu’ils ont hérité de conditions de vie économiques et politiques très difficiles dont nous sommes en partis responsables en raison de nos interventions colonialistes. Les gens ne viennent pas au monde violents. La violence provient de l’environnement dans lequel les gens évoluent et nait le plus souvent du désespoir, de l’injustice, du sentiment profond d’exclusion. Les pays islamiques vivent depuis des générations dans la tourmente des révolutions et des guerres civiles, religieuses et d’interventions étrangères; l’injustice appelle l’injustice, la violence répond à la violence.

Lorsque je lis ou regarde, soir après soir, des reportages sur la Syrie, l’Irak, l’Égypte, la Palestine…. je suis profondément choqué et sympathise sincèrement avec toutes ces gens qui doivent subir quotidiennement et injustement les terribles conflits de factions rivales. Je suis donc ouvert à l’accueil de tous ces immigrés, réfugiés ou exilés, qui viennent s’établir chez nous pour chercher un avenir meilleur et enrichir notre société. Ce ne sont pas les signes ostentatoires en soi qui sont dérangeants mais les symboles qu’ils véhiculent, même si la majorité de ceux qui les portent le font par conviction sans intention mauvaise ou en toute innocence; Jean-Louis Roux serait bien placé pour en témoigner ! Les croyances religieuses sont des choses personnelles qui relèvent du domaine spirituel et de l’irrationnel.

Cependant, contrairement aux immigrés européens, sud-américains ou asiatiques avec le Dalai Lama faisant figure de superstar internationale, les musulmans, les sikhs et les hindouistes sont plus revendicateurs, visibles et volubiles à manifester leur différence, ce qui rend leur intégration plus problématique. Un article récent du Vancouver Sun propose cette hypothèse et montre qu’il n’y a pas qu’au Québec, contrairement à ce que l’on pense et dit, qu’il existe un certain malaise. Au Canada aussi : http://blogs.vancouversun.com/2013/10/05/interfaith-marriage-in-canada-fewer-approve/

La démocratie et les valeurs de liberté sont fragiles. Je ne crois pas que la très grande majorité de ces immigrants soit foncièrement menaçante et présente un danger potentiel imminent; il n’y a pas de quoi être alarmiste. Toutefois, il y a des motifs raisonnables pour exercer une certaine vigilance, d’expliquer les règles, les limites et la surface de jeu de nos valeurs démocratiques à ces nouveaux québécois comme c’est le cas dans plusieurs pays étrangers; c’est comme les vaccins contre la grippe mieux vaut prévenir que guérir même si les risques d’attraper la grippe sont faibles! Comme le montre présentement la crise budgétaire américaine, il n’a fallu que de quelques fanatiques du Tea Party, comme Ted Cruz et Paul Ryan, pour paralyser l’appareil gouvernemental et fausser le jeu démocratique. La dernière élection en Égypte d’un islamiste issu des « frères musulmans » à la présidence a plongé ce pays au bord de la guerre civile. En Iran, le retour d’un seul homme, Khomeiny, a radicalement bouleversé les mœurs politiques et sociales de ce pays.

Nous avons nous aussi le droit d’affirmer nos valeurs, défendre nos coutumes, nos traditions et définir les limites de notre tolérance sans à avoir à se faire traiter de racisme, de xénophobie ou de féminisme enragé. Les Québécois ne forment pas une race puisque, fruit de notre métissage, il coule doucement dans nos veines une bonne dose de sang indien, irlandais, anglais, italien…. et je ne crois pas que nos traditions catholiques nous aient inculqué le germe de la xénophobie! Par contre, j’admettrais volontiers que nos esprits sont, malheureusement, fortement contaminés dans le présent débat par la partisannerie politique! Il n’est pas question d’ostraciser les musulmans mais plutôt d’ouvrir un dialogue intelligent et respectueux comme l’ont fait ces deux femmes musulmanes à l’émission TLMP et que d’autres voix sages et raisonnables comme celle de messieurs Parizeau, Bouchard et Landry se fassent entendre.

Antoine Théorêt

NB : Je pose à mon tour une question provocatrice. Comment se comparent les mesures proposées par la Charte par rapport aux moyens pris par Duplessis à l’époque pour contrer les communistes et les témoins de Jéhovah ?

vendredi 4 octobre 2013

Il est temps d'éteindre le feu


« Selon les médias, les agressions verbales et même physiques contre les femmes voilées augmentent depuis l'annonce de la charte sur la laïcité. Désolant, on est en train de créer un monstre ». Voilà le contenu d’un email que je recevais ce matin d’un ami du Saguenay en rapport avec les effets du projet de loi de la charte sur « les valeurs québécoises ». Cet ami qui, lors du dépôt du projet, me disait être incertain face au projet, a compris petit à petit l’importance que la société québécoise soit unie et vive en paix.

Il est clair maintenant, pour la grande majorité des observateurs, que la proposition de la charte par le Parti Québécois à été motivée par des fins politiques.

Il est aussi clair que depuis qu’elle a été déposée, les agressions sous forme d’intolérance, de racisme et de violence contre les femmes voilées, et on ne parle pas de voile intégral mais de voile-foulard-culturel à visage découvert, ont augmenté dramatiquement. Hier, La Presse rapportait les affirmations de la porte-parole des centres de femmes du Québec, Valérie Létourneau, « On a des échos de plusieurs régions du Québec. Des propos haineux, racistes. Des commentaires xénophobes, envers les femmes musulmanes ». En fait, on s’oppose à ces femmes parce qu’elles s’habillent comme elles veulent.

La charte, telle que présentée, est une bourde majeure et doit être corrigée. Et ce n’est pas moi qui le dit, mais les anciens PM du Parti Québécois, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, sans oublier des centaines de péquistes convaincus tels, Yves Beauchemin, les ex-députés bloquistes Jean Dorion et Maria Mourani et une myriade d’artistes qui ont toujours par le passé souligné avec ardeur leur appui à l’indépendance du Québec et au PQ. Ceux qui l’appuient sont les « purs et durs » séparatistes pressés qui croient que c’est « à la tronçonneuse » qu’il faut agir si on veut atteindre, le plus vite possible, l’indépendance du Québec. Ils seront déçus, tout comme la PM Marois, car la dispute publique prend une ampleur qui ne peut qu’être électoralement négative pour PQ.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les opinions des élus des villes de Montréal et de Québec, les dirigeants des grands hôpitaux du Québec, ceux des principales universités et encore… qui ont publiquement affirmé qu’ils profiteraient du droit de soustraire leur milieu de l’application de la loi, si elle était votée. Au total, ceux qui se sont prononcés à ce jour font en sorte qu’une majorité de Québécoises et Québécois ne seraient pas obligés de respecter la loi. Belle affaire ! Devant cette sortie massive possible, voilà maintenant que le gouvernement veut l’empêcher en obligeant l’application de la loi par tous, sans retrait. Cela me semble normal. La loi c’est la loi et si elle ne doit être respectée par tous, elle n’est pas démocratique.

Mais pourquoi le gouvernement a-t-il fait miroiter la possibilité de retrait et change d’idée, aujourd’hui ? Est-ce à cause des sondages récents, qui montrent qu’une majorité d’électeurs approuvent le projet de loi, qu’il décide de jouer la ligne dure ? Je le mets en garde car l’appui indiqué dans les sondages est en grande partie suscité par une crainte infondée chez plusieurs Québécois envers les musulmans. Trop de francophones y voient la possibilité d’un règlement de compte et l’opportunité de les persuader de retourner dans leur pays d’origine. A mon avis, cela n’est pas sain et ne garantit rien de bon pour l’avenir. La loi ne doit ni diviser, ni limiter le droit d’accès à l’emploi, ni affecter la participation politique des individus. On ne bâtit pas ainsi une société multiethnique francophone, solide et progressive.

Le gouvernement utilise à fond l’argument de l’égalité des femmes, comme de la poudre aux yeux, pour justifier sa charte. Les victimes de violence conjugale, les femmes tuées par leur conjoint, les jeunes filles violées, les femmes autochtones, les femmes professionnelles qui veulent faire carrière et avoir des enfants, les femmes seules avec enfants sans revenus raisonnables, les jeunes femmes exploitées sexuellement à Montréal « capitale du sexe », les femmes qui se voient obligées de jeûner pour être belles et plaire aux hommes ; celles qui se font bousculer, cracher au visage parce qu’elles portent le voile ; et encore… sont-elles égales ? Et celles qui ne trouveront pas d’emploi parce qu’elles portent le voile, le seront-elles ? Le gouvernement ne devrait-il pas plutôt, en tout temps, « porter plus d’attention au sort, aux conditions de vie et aux voix de l’ensemble des femmes » au lieu de leur dicter comment elles doivent s’habiller ?

Un compromis doit être trouvé et celui proposé par Jacques Parizeau appuyé par Lucien Bouchard me semble raisonnable. Ils veulent revenir aux recommandations de la Commission d’enquête Bouchard-Taylor sur les « accommodements raisonnables ». Jean Charest, qui devint PM par la suite, a fait l’erreur, pour des raisons électorales, de ne pas appliquer les solutions proposées par la Commission malgré qu’elles découlaient d’un travail sérieux et en profondeur suite à des séances publiques sur tout le territoire québécois.

Aujourd’hui, le temps presse. Ce qui se passe sur le terrain est mauvais, risque de s’envenimer et n’augure rien de bon pour l’avenir du Québec. Il est temps d’éteindre le feu !

Claude Dupras

mercredi 1 mai 2013

Que les firmes de génie coupables soient punies !

J’ai été ingénieur-conseil durant plus de 40 ans. J’ai vécu la naissance du génie au Québec, particulièrement celle des firmes francophones. Ma promotion de 1955, comptait 105 ingénieurs, la première fois que Polytechnique en produisait plus de 100.

Nous étions à peine quelques années avant la révolution tranquille qui viendra tout changer. De l’hydroélectricité, aux écoles secondaires et polyvalentes, aux cegeps, aux hôpitaux gouvernementaux, à la modernisation du système routier à la relocalisation d’une grande partie de la population dans la couronne métropolitaine, et encore, tout découlait de la révolution tranquille. D’un coup, le besoin de services d’ingénieurs conseils éclata. C’est ainsi que de cette promotion plus de 10 nouvelles firmes d’ingénieurs conseils prirent naissance, dont la mienne devenue Dupras Ledoux, Desjardins Sauriol (devenue Dessau), Gendron Lefebvre, etc..

Ma firme était spécialisée en mécanique et électricité de bâtiments, gérance de travaux et informatique avec un personnel variant de 50 à 100 individus. On qualifie aujourd’hui une telle firme de « petite firme ». Depuis 15 ans, j’ai l’ai quitté pour la retraite et mes autres occupations. Elle demeure toujours active.

Pour dénicher des contrats, nous devions nous faire connaître professionnellement pour obtenir des nominations, présenter multiples applications aux commissions scolaires, aux villes, au gouvernement, aux CA des hôpitaux, etc… avec le CV des employés de la firme et la liste de ses réalisations. Et malgré de petits budgets de relations publiques nous avons réussi, petit à petit, à obtenir des mandats de plus en plus importants, ici et là, dans les domaines privé et public.

La commission d’enquête Charbonneau sur la construction dévoile que des systèmes de collusion et de corruption inimaginables étaient en place dans le domaine public. Encore hier, un témoin dénommé Gilles Cloutier, qui se présente comme un organisateur hors pair pour élections municipales, est venu expliquer comment il a réussi à faire élire les maires et les conseillers municipaux de dizaines de villes et villages du Québec. Pour atteindre ses fins, il utilisait des méthodes irrespectueuses des lois électorales. Il a admis avoir été mandaté pour ce faire, à tour de rôle, par deux firmes d’ingénieurs-conseils : Dessau et Roche.

Cloutier offrait (il garantissait presque) aux aspirants-candidats à la mairie et au conseil des villes impliquées, de les faire élire en organisant leur campagne électorale avec la méthode clef-en-main (financement, organisation, publicité etc.) et cela gratuitement à la condition qu’ils s’engagent, une fois élus, d’accorder durant leur mandat, sans soumission ou autrement, tous les travaux municipaux nécessitant un travail de génie civil à la firme d’ingénieurs-conseils qui avait retenu ses services.

Non seulement, ces firmes nommées semblent avoir triché en œuvrant pour la ville de Montréal et avoir participé illégalement au financement des partis politiques du Québec dans le but d’obtenir des contrats publics, elles se sont abaissées, selon les dires de Cloutier, à devenir des fossoyeurs de la démocratie en mettant sur pied et en finançant des stratagèmes électoraux illégaux.

En aparté, Cloutier a fait des déclarations ayant rapport avec du financement illégal qu'il aurait collecté lors de la campagne référendaire de 1995 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. On se rappellera quelle fut gagnée de justesse par le NON. Les souverainistes-indépendantistes-séparatistes accusent, depuis ce jour, le clan du NON de leur avoir volé le pays Québec. Ils rappellent la déclaration du premier ministre Parizeau, le soir du vote, qui blâma les « ethnies et l’argent » pour la défaite de son option et pour laquelle il a essuyé des reproches sévères. Les déclarations de Cloutier viennent confirmer en partie l’opinion de Parizeau et renforcent la hargne des séparatistes envers les fédéralistes, tout en allant à l’encontre de la bonne entente au Québec. Encore-là, il a rendu un mauvais service.

Les exemples précédant l'aparté, ajoutés à tous les autres donnés depuis le début de l’enquête, sont intolérables. À mon avis, toutes les firmes qui les ont générés et qui seront reconnues coupables par la loi, devront être punies. Que faire ?

Voici ma suggestion :

Premièrement, l’Ordre des Ingénieurs doit agir, enquêter et suspendre tous les ingénieurs qui de près ou de loin ont participé à ces illégalités. C’est une question de déontologie et de protection de la société.

Deuxièmement, ces firmes devraient perdre le droit de soumissionner pour une période de cinq ans sur tous les projets directs et indirects, financés par le gouvernement, où la collusion a été démontrée. Si une ou l’autre des firmes perd des mandats et se réveille avec du personnel en surplus, que ces ingénieurs spécialisés et compétents créent leur propre de « petites firmes » et obtiennent des mandats à leur compte.

La réalisation des plans et devis et la surveillance des travaux de 90 % des travaux publics peuvent être faits par les « petites firmes » spécialisées. C’est un mythe de penser que nous avons besoin au Québec de « grosses firmes » fourre-tout de 2 000 à 20 000 employés pour la réalisation des projets de construction publics. Ces firmes sont trop grosses, leur pouvoir n’a pas de limite et elles bousculent les petites firmes compétentes par leurs manèges et leur gros budget de développement des affaires.

Les « grosses firmes » pour les projets internationaux et certains très gros projets locaux, c’est bon, mais chez nous, il faut reconnaître davantage la valeur des « petites firmes » et bien les utiliser. Normalement, les clients sont très bien servis par ces dernières car leurs patrons s’impliquent personnellement dans la réalisation de leurs projets. Il est bon de rappeler ici, que dans le domaine privé, les grands projets sont souventes fois réalisés par les « petites firmes ».

Troisièmement, ces firmes devraient payer une amende égale au montant total des crédits d’impôt accordés par le gouvernement à tous les prête-noms qui ont participé à cette illégalité. En plus, chacun de ces prête-noms devrait rembourser personnellement aussi les crédits d’impôts dont il a bénéficié. Ainsi, le gouvernement recevra la presque totalité des montants versés et tous ceux qui ont participé à ce stratagème seront punis.
Par contre, les partis politiques qui ont reçu ces contributions ne devraient pas être obligés de les rembourser. Ils ne peuvent être blâmés par ce stratagème imaginé et mis en place par les firmes et les contributeurs. L’argent est dépensé et les sommes sont si mirobolantes qu’un remboursement nuirait à la solidité financière des partis politiques.

Quatrièmement, les firmes de génie ayant travaillé pour Montréal et faisant partie de la collusion du partage des contrats devraient rembourser 20% des honoraires supplémentaires qu’elles ont perçus sur les contrats exécutés pour la ville, puisque les coûts des travaux de la ville ont été augmentés, par tricherie des entrepreneurs, de 20% à 30% par rapport aux coûts normaux et qu’ils n’ont rien dit.

Cinquièmement, il serait sensé que tous les dirigeants actuels de ces firmes et les membres de leur conseil d’administration soient renvoyés pour une période de 5 ans et remplacés par des individus dont la compétence et la probité est reconnue.

Si on n’agit pas radicalement et vite, on verra dans quelques années la tête de l’hydre ressurgir.

lundi 17 septembre 2012

Lucien Bouchard, un vrai Québécois !

Il est un des grands tribuns charismatiques de l’histoire de notre nation québécoise Ce fut une campagne référendaire remarquable que celle de 1995 lors de laquelle Lucien Bouchard, selon ses mots, « a amené les Québécois à la frontière de la Terre Promise ».

Aujourd’hui, les plus fervents séparatistes-souverainistes-indépendantistes le critiquent comme s’il était le dernier venu. Certains l’accusent même d’avoir fait perdre cette campagne référendaire alors qu’il l’a littéralement sauvée au moment où elle plafonnait dans l’opinion publique sous la direction du PM Jacques Parizeau. D’autres, aujourd’hui, pour des motifs que je ne comprends pas, mais qui me semblent dictés par des sentiments personnels, ne cessent de chercher à noircir sa carrière d’avocat et d’homme politique.

Cultivé, racé, dynamique, intransigeant, compétent, laconique et tribun persuasif, Bouchard est un homme qui s’est toujours tenu debout. Le début de sa carrière légale est brillant. Jeune avocat spécialisé dans les relations de travail, il est vite reconnu par les dirigeants politiques quelque soit le parti. On lui confie plusieurs tâches importantes où il fait sa marque dont celle, en 1974, de premier procureur de la Commission Cliche créée pour investiguer sur les problèmes dans le domaine de la construction. Les audiences de la Commission sont télévisées, une première au Québec, et Bouchard impressionne les Québécois qui le découvrent et qui apprécient sa rigueur et la clarté de ses propos.

Nationaliste dans l’âme, Lucien Bouchard supporte activement le « Oui » lors du référendum de 1980. Puis, il participe à la montée politique de son ami d’université Brian Mulroney qui devient premier ministre canadien en 1983. Bouchard est l’un de ses penseurs et comme « speechwriter » est l’auteur de remarquables discours que Mulroney prononce sur les relations Québec-Canada.

Nommé ambassadeur du Canada à Paris, il parle beaucoup du Québec. Il est rappelé pour devenir ministre d’état en 1988 puis ministre canadien de l’environnement. En 1990, Bouchard appuie l’accord du Lac Meech parce qu’il situe bien, une fois pour toutes, le rôle du Québec dans la gouvernance canadienne. Mais l’accord n’est pas adopté. Puis, Bouchard est torturé par les modifications à l’accord qui sont proposées par un comité dirigé par le député progressiste-conservateur Jean Charest et qui sont approuvées par Mulroney. Il rompt avec son ami sans l’avertir alors que Jacques Parizeau, à Alma, lit la lettre de démission de Bouchard qui invoque, pour se justifier, la vision de René Lévesque.

Député indépendant, il fonde le Bloc Québécois avec des amis des deux partis canadiens. Ce sera un parti fédéral dédié à séparer le Québec du Canada. À l’élection qui suit, le Bloc, avec l’aide du Parti Québécois (PQ) remporte 54 des 75 comtés et Bouchard devient chef de l’« Opposition officielle de sa Majesté », à la surprise des Canadiens. Un tour de force aussi impensable qu’incroyable. Il profite alors de chaque occasion pour promouvoir le Québec et son idéal de la séparation.

En 1994, Bouchard est amputé d’une jambe suite à l’attaque de la « bactérie mangeuse de chair » qui aurait pu lui être fatale. Les Québécois sont profondément émus. En 1995, lors du référendum, au moment où la campagne du « OUI » va nulle part, les Québécois le réclament. Des foules énormes et enthousiastes viennent à sa rencontre dans tous les coins du Québec et il devient le vrai chef du « OUI » repoussant dans l’ombre le PM Parizeau qui est en manque de charisme. Bouchard propose un pays indépendant associé au Canada, au grand dam de Parizeau qui finalement accepte l’idée. Le « OUI » reçoit 49,4% des votes.

La défaite référendaire est lourde pour Parizeau. Les péquistes veulent sa démission car il voit en Bouchard un nouveau chef capable de les maintenir au pouvoir. Suite aux pressions, Parizeau démissionne. Lucien Bouchard quitte aussitôt le Bloc, est choisi chef du PQ et assermenté comme premier ministre du Québec.

Bouchard déclare qu’aucun référendum ne sera tenu tant que les « conditions gagnantes » ne seront pas réunies pour le gagner. Il entreprend d’assainir les finances québécoises.

Le PQ est réélu en 1998 même s’il obtient moins de voix que le parti libéral. Il poursuit l’opération « déficit zéro » et congédie 30 000 haut-fonctionnaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, du transport, de la recherche… Depuis, c’est le bordel partout..

Un ami, chef-chirurgien de Ste-Justine, quitte son travail puisque son équipe d’infirmières est décimée. Un patron du CRIQ m’affirme qu’il doit refuser des essais et des recherches pour des industries car trop de ses chercheurs expérimentés ont été mis à la retraite forcée. Un ingénieur-en-chef du ministère des Travaux Publics me confesse qu’il est devenu presque impossible de contrôler la qualité et les budgets des projets de construction pour les mêmes raisons. Voilà pourquoi, j’ai toujours estimé que Bouchard ne fut pas un bon PM du Québec puisqu’il a coupé exagérément les budgets des ministères sans tenir compte des conséquences que l’on ressent encore aujourd’hui. Il a aussi créé d’immenses et coûteux problèmes à plusieurs municipalités, dont la ville de Montréal, en leur imposant de fusionner et cela sans tenir compte de tous les référendums tenus dans ces villes par lesquels leurs citoyens se sont fortement prononcés contre cette décision.

Certes, il a réussi de bons coups comme les garderies à 7$, Emploi-Québec, un budget balancé… Sous ses mandats, il a contribué à la diminution du chômage et l’économie a repris vie, mais il n’en est pas le seul responsable. Ses actions positives ne sont pas suffisantes pour faire oublier les dégâts qu’il a laissés derrière lui.

En début 2001, les tensions augmentent au PQ et Bouchard donne l’impression d’être fatigué. Il quitte subitement la politique invoquant toutes sortes de bonnes raisons et devient associé d’une importante étude d’avocats de Montréal, où il roule sa bosse. Malgré son travail, il intervient régulièrement depuis pour donner publiquement son opinion sur des sujets précis et ses sorties démontrent qu’il a toujours hautement à cœur le bien du Québec.

Depuis son départ de la politique, Bouchard est de plus en plus critiqué par les « purs et durs » séparatistes qui rivalisent de mots durs et bêtes pour le dénigrer alors qu’il affirme être toujours péquiste et indépendantiste. Une chose est certaine, il a ses qualités et ses défauts mais ses actions et ses mots ont toujours démontré qu’il est un vrai Québécois.

Je n’ai jamais partagé les opinions politiques de Lucien Bouchard sur la question nationale mais j’ai toujours admiré son intelligence, sa force de caractère, son talent oratoire, sa présence et son sens de démocrate. Comme lui, je suis nationaliste, mais je ne le défends pas de la même façon. Que l’on combatte ses positions sur le développement des gaz de schistes, de l’extraction du pétrole, etc… j’en suis, Mais que les critiques s’attaquent à ce patriote, je crois que c’est infâme et totalement injuste.

Lucien Bouchard a démontré aux séparatistes-souverainistes-indépendantistes qu’ils ont besoin, pour gagner un prochain référendum, d’un chef solide, cultivé, intelligent, au sens patriotique élevé et qui est un orateur populaire à l'éloquence puissante et directe pour persuader les Québécois et Québécoises de renier le Canada. Tant que cette personne ne sera pas au rendez-vous, leur option ne passera pas la rampe.

Bouchard a raison d’affirmer clairement qu’un nouveau référendum ne serait pas gagnant pour le « OUI ». En réalité, il ne fait qu’exprimer hautement, à sa façon, le cri des Québécois lors de la dernière élection générale et leur sentiment exprimé par les sondages depuis quelques années. Actuellement, l’importance est le développement du Québec et c’est là-dessus que le nouveau gouvernement péquiste doit se concentrer. On n’a pas de temps à perdre !

Claude Dupras