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vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

lundi 31 mars 2014

« On va leur faire peur »

Après un début de campagne désastreux durant lequel le Parti Québécois (PQ) a vu ses espoirs d’un gouvernement majoritaire fondre comme neige au soleil alors que les Québécois réalisaient qu’un gouvernement majoritaire PQ leur imposerait un nouveau référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien, les stratèges péquistes réalisant la gravité de la situation se sont rencontrés d’urgence pour déterminer une stratégie capable de replacer leurs chances d’atteindre leur objectif initial.

Un premier organisateur a dit : « Il faut cesser de parler de pays, c’est mal compris ».

Un deuxième d’ajouter : « Oui, ça met trop en évidence notre stratégie de tenir un référendum dans le mandat, trop n’en veulent pas et les maudits fédéralistes en profitent pour en ajouter… ».

Un troisième continue : « on aurait dû contrôler le discours de Péladeau (PKP). Il faut cesser de parler de pays. Idéalement, y faudrait que Pauline dise fort, tout de suite, qu’il n’y en aura pas de référendum dans le mandat. Ça fermerait la gueule aux rouges ».

Un autre plus réaliste de conclure : « Non, non, on peut pas faire ça. Ça va mettre les « purs et durs » en maudit. Y faut qu’elle dise qu’a reconnait que les Québécois sont contre et trouve moyen de paraître qu’a change pas d’idée. Sans ça, a va perdre sa crédibilité… Y faut surtout changer de sujet. Au plus vite. Nous devons reprendre la pole. Sans ça, on risque d’avoir mal… Que faire ? ».

Unanimement, ils ont tous lancé : « il faut revenir à la charte ».

Le premier de rappeler : « oui, avec la charte on naviguait bien, les eaux n’étaient pas troubles. Les gens étaient de notre bord parce qu’on a touché une de leurs cordes sensibles. Y faut recentrer le débat sur la charte ».

Le deuxième reprend : « Ouais, mais si on manque notre coup, on est foutu. Pauline devrait d’abord revenir sur l’intégrité pour essayer de retrouver les effets de la Commission Charbonneau, pis après on finira la campagne avec la charte ».

« Oui, Oui.. » ajoute le troisième « Y faut rattacher Couillard à la Commission, à Charest pis au parti libéral d’avant. Pis après, on va le coller solide aux musulmans parce qu’y a travaillé en Arabie Saoudite. Avec ça, le monde va avoir peur ».

Le quatrième de conclure : « Ouais, ça serait une bonne transition. Pis on, ramène Drainville. Ça va le calmer parce qu’yé un peu en maudit qu’on parle pas de lui ! Pis on terminera fort avec Mme Bertrand et ses Janettes. Sans oublier la Mailloux qui en met toujours épais. Oui, on va leur faire peur. D’accord ? ».

Un « d’accord » retentit à l’unisson.

C’est ainsi que je m’imagine la rencontre des stratèges politiques de la PM Marois après sa première semaine désastreuse en campagne.

Depuis, Marois a répété et répété « Il n’y en aura pas de référendum… si les Québécois sont contre ». En somme, elle répète et répète la même chose mais avec plus d’accent sur « pas de référendum ». Pas vraiment crédible !

Puis, on a blâmé Couillard de tous les péchés de l’ère Charest même s’il n’était pas membre du gouvernement libéral depuis juin 2008.

Et, enfin, nous sommes dans la période de la « charte de valeurs québécoises », proposée par le PQ, qui n’a pas été adoptée avant l’élection, malgré la volonté des trois partis de l’opposition de trouver un compromis. Marois a refusé car elle y voyait le moyen d’obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale.

La campagne électorale est dans le dernier droit et le débat est principalement concentré sur la charte. Et y on entend des mûres et des pas mûres.

Janette Bertrand, grande idole de télé, aujourd’hui à sa retraite, ne cesse de répéter des sornettes impensables qui démontrent parfaitement la fausseté et le ridicule du débat. Le problème est que la PM Marois est à ses côtés et ne bronche pas devant les idioties que Madame Bertrand ne cesse de répéter. Elle l’invite même dans son autobus de campagne, et ensemble elles vont de réunion en réunion, et partout Mme Bertrand continue ses élucubrations. Ainsi, elle affirme qu’elle ne veut pas être traité par une femme médecin avec un hijab, « car » dit-elle « elle craint de recevoir des soins de qualité inférieure aux standards québécois. J’ai peur, car je me dis, que dans leur religion, ces femmes ne sont pas aussi bien traitées que les hommes et que les vieux meurent plus vite ».

À Laval, cette semaine, Madame Bertrand a émis un autre argument « percutant ». « J’étais dans la piscine de mon édifice à appartement pour mes exercices quotidiens et deux hommes sont arrivés. Voyant les femmes, ils sont partis. Je suppose qu’ils sont allés voir le propriétaire, qui aime bien les étudiants riches de McGill, pour lui dire : ‘nous voulons seulement une journée’. Ils paient et bientôt ils auront la piscine tout le temps pour eux. Nous avons peur et c’est ce qui va arriver si nous n’avons pas de charte ». Ouf ! Cela n’a aucun rapport avec la charte qui ne s’appliquera que pour le gouvernement. Que dire de tant de racisme aussi évident que ridicule ?

Devant les critiques fusant de toute part sur les propos de Mme Bertrand et l’appui public que lui donne la PM Marois, le ministre JF Lisée explique qu’il faut lui pardonner parce qu’ « elle est vieille ». Belle insulte pour les personnes âgées ! Et si elle est ainsi, pourquoi Marois l’a-t-elle invitée à participer avec elle dans la campagne électorale et ne cesse de la féliciter ?

Je ne suis pas surpris de tels scénarios de peur car depuis le début du débat sur la charte, les péquistes ne cessent de l’alimenter d’arguments fallacieux. Par exemple, le ministre Drainville, lui-même, a argumenté qu’un québécois musulman refuserait d’être traité par une infirmière portant un voile et que cela est une bonne raison pour abolir le voile au Québec dans les services publics. Je ne suis pas où il l’a trouvé celui-là !

Puis, il y a Louise Mailloux, candidate péquiste contre la chef de Québec Solidaire dans son comté de Gouin. Professeur de philosophie, elle a signé le document des « Janette » en faveur de la « charte ». Elle est contre toute religion et compare le baptême et la circoncision à un viol. Elle affirme hautement que les produits Kosher et Halal sont un « racket » car ils enrichissent les rabbins et les imans qui, avec leurs profits, alimentent les fonds de guerres religieuses. C’est la PM Marois qui l’a personnellement choisie pour représenter son parti. Incroyable !

Quant à la candidate péquiste dans le comté de Laviolette, elle affirme que la prière des musulmans devient un poids pour notre économie. Elle devient un droit acquis et crée des problèmes économiques et sociaux. La charte, pour elle arrêtera la prière du Vendredi des musulmans. Que dire devant de telles singeries qui se répètent partout au Québec ?

Oui, la campagne du PQ « On va leur faire peur » bat son plein. Il est temps que ça cesse, si on veut pouvoir se regarder dans le miroir le lendemain des élections et ne pas avoir honte !

Claude Dupras

vendredi 14 février 2014

Que le vrai Philippe Couillard se lève !

Il est neurochirurgien. Il est un homme politique québécois. Un politicien pas comme les autres. Il surprend souvent pour le mieux. Trop souvent pour le pire.

Ministre de la santé durant cinq années sous le gouvernement de Jean Charest, presque un record, il a démontré en tout temps le calme de son intelligence en agissant avec une certaine grandeur, élévation et générosité donnant ainsi au ministère la stabilité qu’il recherchait depuis longtemps.

C’est là que ses qualités ont été remarquées par nul autre que le ministre péquiste actuel, Réjean Hébert, alors doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke : « Philippe Couillard a fait preuve d'un sens politique exceptionnel en réussissant à imposer et à maintenir la santé parmi les priorités du gouvernement. Il a aussi réussi à bien informer la population ».

Malgré des difficultés prévisibles de soins et de gérance à court terme, il a créé de grands réseaux intégrés de services, les CSSS, en fusionnant les CLSC avec les CHSLD et, dans plusieurs cas, avec l'hôpital de la région qui de plus en plus s’annoncent bénéfiques.

Nonobstant toutes les protestations, il a ouvert la porte au privé afin de soulager les hôpitaux du nombre grandissant de patients et réduire les délais d’attente du public. Des cliniques privées ont été permises, mises sur pied et les Québécois, qui les fréquentent et payent des frais additionnels, apprécient les courts délais qu’elles offrent pour « voir » un médecin et se faire soigner avec les membres de leur famille. Il ne s’agit pas d’un système privé parallèle mais complémentaire et intégré.

Le départ du PM Jean Charest a motivé Couillard à revenir en politique après cinq ans d’absence. Il a brigué les suffrages pour la chefferie de son parti et a gagné. Il s’est fait élire député d'Outremont et a fait son entrée cette semaine à l’Assemblée Nationale du Québec en tant que chef de l’opposition officielle.

Suite à sa venue comme chef libéral, les premiers sondages le favorisèrent grandement. Il semblait imbattable dans une élection générale. Mais ce n’était pas compter sur les qualités politiciennes de la première ministre Pauline Marois et de ses conseillers. Ils savent que la politique est un commerce d’images et d’illusions qui vise à faire réagir émotionnellement les électeurs.

Ils comprennent que la majorité des Québécoises et Québécois pensent que la politique peut résoudre tous leurs problèmes, qu’elle peut organiser la société pour que celle-ci devienne idéale et que toute image qui peut faire croire que cela se fait est une bonne image pour un politicien.

Quant aux illusions, on les utilise pour laisser une perception fausse, un jugement erroné, une opinion fausse, une apparence trompeuse qui ne correspond pas à la réalité. Toute illusion qui peut faire croire que la société sera mieux organisée est bonne pour un politicien.

Les « faiseurs d’images » de Pauline Marois se sont mis à l’œuvre. Sa coupe de cheveux a changé, ses robes ont remplacé ses pantalons, ses lunettes sont plus à jour…, elle est mieux préparée, présente, toujours prête à bondir, montre un aplomb surprenant dans la défense de ses dossiers, convaincante et surtout a l’air vraie. Au total, la perception qu’ont les Québécois de Pauline Marois s’est grandement améliorée et les illusions qu’elle a créées de bonne gérance et de ses capacités de relancer l’économie québécoise ont eu leurs effets.

Mais l’ex PM péquiste et économiste, Jacques Parizeau, a voulu mettre les points sur les « i ». « C’est la première fois depuis trente ans que je suis inquiet quant à l’avenir économique du Québec », écrit-il dans une lettre ouverte, il y a quatre jours.

Il souligne une étude des Hautes Études Commerciales, publiée à la fin janvier, affirmant que le niveau de vie des Québécois stagne depuis 1981 alors que les dépenses publiques poursuivent leur croissance. Ainsi, Québec a grandement accru son endettement depuis le début des années 2000. Le diagnostic est dur, réaliste et ce qui frappe le plus est « la lente et persistante détérioration de l’économie du Québec depuis dix ou douze ans ».

Parizeau estime que les sommes allouées à la politique industrielle sont insuffisantes. « Il va falloir mettre beaucoup d’argent et beaucoup d’organisation », ajoute-t-il dans une entrevue. En somme, nous avons besoin d’un plan bien structuré, pensé et non d’une distribution de millions $ à hue et à dia, sans réflexion à l’ensemble, simplement pour obtenir une publicité positive capable d’améliorer l’image du parti.

De son côté, Philippe Couillard a trouvé son chemin de Damas et refuse une telle approche politicienne qu’il qualifie de mirage et il ne veut agir ainsi. Il veut respecter les Québécois en leur parlant intelligemment d’une façon vraie. Il joue gros car il n’est pas évident qu’une telle franchise rapporte des votes au moulin. Et cela tend à être démontré par les sondages CROP et LEGER de décembre qui indiquaient que la tendance avait changé et que la faveur populaire penchait vers les péquistes.

Depuis, Couillard traverse une mauvaise période. L’effet de cette nouvelle importante a attiré davantage l’attention de la presse sur ses moindres faits et gestes. Depuis, les critiques pleuvent. Les reportages sont plus souvent qu’autrement négatifs, souvent insignifiants. Peu de journalistes et animateurs de radio et télévision relèvent ses commentaires pour en faire des topos. Ce qui compte pour eux, c’est le sensationnel. Ils ne sont pas intéressés par les vraies solutions aux vrais problèmes. C’est à se demander, parfois, s’ils les comprennent. Pourquoi agissent-ils ainsi ? Pour faire grimper leur cote d’écoute ou la circulation de leur journal ? Pour se montrer au diapason avec l’opinion publique ? Une chose certaine, une telle dérive nuit considérablement à l’homme politique visé et dans le cas présent au Québec, c’est Philippe Couillard. Mais cela peut changer et vite.

Suite à sa première prestation comme chef de l’opposition, le 11 février dernier, le journaliste chevronné, attaché depuis toujours à la colline parlementaire de Québec, Denis Lessard de la Presse, a écrit ce qui suit dans sa colonne du journal : « Philippe Couillard a offert une solide performance à l'Assemblée nationale », puis « l'affrontement quotidien des deux chefs à l'Assemblée nationale a gagné en qualité et en intensité » et ajoute « il est parvenu à maintenir la barre haute avec des interventions mesurées, incisives sans être agressives…. Même ses détracteurs chez les libéraux reconnaissent qu'il a été «rassurant ». Lessard conclut « Manifestement, Pauline Marois prend plus au sérieux cet adversaire que son prédécesseur… ».

Ce fut un bon début à l’Assemblée Nationale et possiblement un point tournant dans le niveau de popularité de Philippe Couillard.

Une chose est certaine, nous savons que la PM Marois veut faire de l’appui à la « charte sur les valeurs québécoises », l’enjeu électoral. S’il n’en tient qu’à Couillard, la prochaine campagne électorale sera réaliste, utile et portera sur les vrais enjeux : l’économie qui confronte l’avenir des Québécois et la réalité qu’un Parti Québécois majoritaire nous engagera à nouveau dans un troisième et coûteux référendum pour séparer le Québec de l’ensemble canadien, alors que par deux fois, les Québécoises et les Québécois ont rejeté cette proposition.

Si le vrai Philippe Couillard se lève, ce sera toute une campagne électorale.

Claude Dupras

vendredi 4 octobre 2013

Il est temps d'éteindre le feu


« Selon les médias, les agressions verbales et même physiques contre les femmes voilées augmentent depuis l'annonce de la charte sur la laïcité. Désolant, on est en train de créer un monstre ». Voilà le contenu d’un email que je recevais ce matin d’un ami du Saguenay en rapport avec les effets du projet de loi de la charte sur « les valeurs québécoises ». Cet ami qui, lors du dépôt du projet, me disait être incertain face au projet, a compris petit à petit l’importance que la société québécoise soit unie et vive en paix.

Il est clair maintenant, pour la grande majorité des observateurs, que la proposition de la charte par le Parti Québécois à été motivée par des fins politiques.

Il est aussi clair que depuis qu’elle a été déposée, les agressions sous forme d’intolérance, de racisme et de violence contre les femmes voilées, et on ne parle pas de voile intégral mais de voile-foulard-culturel à visage découvert, ont augmenté dramatiquement. Hier, La Presse rapportait les affirmations de la porte-parole des centres de femmes du Québec, Valérie Létourneau, « On a des échos de plusieurs régions du Québec. Des propos haineux, racistes. Des commentaires xénophobes, envers les femmes musulmanes ». En fait, on s’oppose à ces femmes parce qu’elles s’habillent comme elles veulent.

La charte, telle que présentée, est une bourde majeure et doit être corrigée. Et ce n’est pas moi qui le dit, mais les anciens PM du Parti Québécois, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, sans oublier des centaines de péquistes convaincus tels, Yves Beauchemin, les ex-députés bloquistes Jean Dorion et Maria Mourani et une myriade d’artistes qui ont toujours par le passé souligné avec ardeur leur appui à l’indépendance du Québec et au PQ. Ceux qui l’appuient sont les « purs et durs » séparatistes pressés qui croient que c’est « à la tronçonneuse » qu’il faut agir si on veut atteindre, le plus vite possible, l’indépendance du Québec. Ils seront déçus, tout comme la PM Marois, car la dispute publique prend une ampleur qui ne peut qu’être électoralement négative pour PQ.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les opinions des élus des villes de Montréal et de Québec, les dirigeants des grands hôpitaux du Québec, ceux des principales universités et encore… qui ont publiquement affirmé qu’ils profiteraient du droit de soustraire leur milieu de l’application de la loi, si elle était votée. Au total, ceux qui se sont prononcés à ce jour font en sorte qu’une majorité de Québécoises et Québécois ne seraient pas obligés de respecter la loi. Belle affaire ! Devant cette sortie massive possible, voilà maintenant que le gouvernement veut l’empêcher en obligeant l’application de la loi par tous, sans retrait. Cela me semble normal. La loi c’est la loi et si elle ne doit être respectée par tous, elle n’est pas démocratique.

Mais pourquoi le gouvernement a-t-il fait miroiter la possibilité de retrait et change d’idée, aujourd’hui ? Est-ce à cause des sondages récents, qui montrent qu’une majorité d’électeurs approuvent le projet de loi, qu’il décide de jouer la ligne dure ? Je le mets en garde car l’appui indiqué dans les sondages est en grande partie suscité par une crainte infondée chez plusieurs Québécois envers les musulmans. Trop de francophones y voient la possibilité d’un règlement de compte et l’opportunité de les persuader de retourner dans leur pays d’origine. A mon avis, cela n’est pas sain et ne garantit rien de bon pour l’avenir. La loi ne doit ni diviser, ni limiter le droit d’accès à l’emploi, ni affecter la participation politique des individus. On ne bâtit pas ainsi une société multiethnique francophone, solide et progressive.

Le gouvernement utilise à fond l’argument de l’égalité des femmes, comme de la poudre aux yeux, pour justifier sa charte. Les victimes de violence conjugale, les femmes tuées par leur conjoint, les jeunes filles violées, les femmes autochtones, les femmes professionnelles qui veulent faire carrière et avoir des enfants, les femmes seules avec enfants sans revenus raisonnables, les jeunes femmes exploitées sexuellement à Montréal « capitale du sexe », les femmes qui se voient obligées de jeûner pour être belles et plaire aux hommes ; celles qui se font bousculer, cracher au visage parce qu’elles portent le voile ; et encore… sont-elles égales ? Et celles qui ne trouveront pas d’emploi parce qu’elles portent le voile, le seront-elles ? Le gouvernement ne devrait-il pas plutôt, en tout temps, « porter plus d’attention au sort, aux conditions de vie et aux voix de l’ensemble des femmes » au lieu de leur dicter comment elles doivent s’habiller ?

Un compromis doit être trouvé et celui proposé par Jacques Parizeau appuyé par Lucien Bouchard me semble raisonnable. Ils veulent revenir aux recommandations de la Commission d’enquête Bouchard-Taylor sur les « accommodements raisonnables ». Jean Charest, qui devint PM par la suite, a fait l’erreur, pour des raisons électorales, de ne pas appliquer les solutions proposées par la Commission malgré qu’elles découlaient d’un travail sérieux et en profondeur suite à des séances publiques sur tout le territoire québécois.

Aujourd’hui, le temps presse. Ce qui se passe sur le terrain est mauvais, risque de s’envenimer et n’augure rien de bon pour l’avenir du Québec. Il est temps d’éteindre le feu !

Claude Dupras

samedi 19 mai 2012

Quand la go-gauche québécoise déborde…


Quel triste spectacle que celui du débat des deux derniers jours à l’Assemblée Nationale du Québec. Je l’ai suivi religieusement afin de bien comprendre l’argumentation de chacun des intervenants sur la nouvelle loi 78 proposée par le gouvernement, pour rétablir la paix sociale et assurer que l’accès à l’enseignement collégiale et universitaire ne soit pas entravé par qui que ce soit.

Nous voilà rendus à un point tournant important dans notre société. Les étudiants n’ont cessé de manifester sans contrôle, de façon désordonnée et souventes fois violente pour contrer la hausse des frais de scolarité proposée par le gouvernement. Je me suis opposé à la hausse, par deux billets de mon blog, et je comprenais la réaction estudiantine lors des premières manifestations, dont celle qui a réuni plus de 100 000 individus. Mais depuis, trois mois ont passé, les manifestations se sont perpétuées et, jour après jour, elles ont créé des problèmes majeurs pour un grand nombre d’étudiants qui ont été empêchés d’aller à leurs cours et pour la qualité de vie des Québécois, particulièrement des Montréalais. Tout serait terminé depuis quelques semaines, si les étudiants avaient respecté l’entente que leurs chefs ont signée avec le gouvernement en présence des représentants des collèges, des universités et des syndicats. Malheureusement, ils la renièrent et le problème persiste.

Le débat d’hier combiné aux réactions hors de l’enceinte du parlement m’ont démontré, encore une fois, que la go-gauche québécoise ne veut rien savoir. Tout ce qui compte pour elle, c’est de renverser Jean Charest et son gouvernement. Son malheur, c’est qu’elle vient d’assurer sa réélection. Alors que normalement la longévité d’un gouvernement au pouvoir renforce la notion « il est temps que ça change ! », d’autant plus, qu’à ce moment-ci, elle était encore plus forte à cause des problèmes de corruption dévoilés au grand jour par la police, voilà que la go-gauche a donné l’opportunité au premier ministre de passer une loi qui est bien acceptée par près de 65% des électeurs. Non seulement a-t-elle encouragé les étudiants à maintenir leur entêtement et à mettre en péril leur semestre, mais elle a permis à Charest de se montrer, haut et fort, comme le défenseur de la loi, de l’ordre et du droit à l’éducation pour les jeunes de notre nation. De plus, la go-gauche s’est opposée, pour toutes sortes de raisons plus farfelues les unes que les autres, à l’adoption de loi 78, au moment où les Québécois en ont « plein le casque » des manifestations.

Et que dire de Pauline Marois, la cheffe de l’opposition officielle et du Parti Québécois. Elle a décidé que son parti s’opposerait à la loi proposée. Au lieu de prendre ses responsabilités envers l’État de droit qu’est le Québec et appuyer le droit à l’éducation qui est à la base de la nouvelle loi, elle a choisi d’être du côté de ceux qui engendrent le désordre. Pourquoi ? On n’avait qu’à l’écouter hier ainsi que ses principaux adjoints pour comprendre qu’ils n’étaient motivés que par des raisons partisanes. Elle a même défendu le député qui a proposé d’analyser la possibilité d’une désobéissance civile en invoquant les exemples de Gandhi et de Martin Luther King, comme si le conflit étudiant du Québec avait quelque chose à voir avec les révolutions indiennes et des noirs américains. Au lieu d’appuyer le gouvernement et assurer un vote unanime, ce qui aurait de facto mis fin au conflit, Marois a attisé davantage le feu en prétextant que le désordre démontre qu’il y a un profond problème social au Québec. Les histoires de croque-mitaines qu’elle a racontées mettent en évidence qu’elle n’est pas à la hauteur des vrais enjeux de notre nation.

Ce matin, la Fédération autonome des enseignants, une nouvelle organisation syndicale québécoise de la CSQ et membre de la go-gauche, a publié une pleine page intitulé « la honte a un visage » dans les journaux pour dénoncer injustement et malicieusement Jean Charest. C’est son droit, mais elle démontre justement mon point de vue. La go-gauche n’est pas le vrai Québec. Elle a son objectif et fait tout pour l’atteindre. Elle oublie que les Québécois ont toujours montré de la pondération pour justifier leurs opinions, qu’ils refusent d’être bafoués par les extrêmes, qu’il ne sont pas impressionnés par la publicité injustement enflammée et qu’ils n’ont pas les jambes tremblantes. Ils ne sont pas de faux indignés mais des gens de gros bon sens.

La go-gauche veut partager les Québécois sur la partition gauche-droite. Les Québécois ont toujours refusé un tel clivage. Ils jugent leurs partis politiques et leurs politiciens sur la base de ce que ces derniers proposent pour faire avancer la qualité de vie de leur famille et de leur nation. Ils ne sont ni bleus, ni rouges, ni verts. Ils sont flexibles et honnêtement ouverts à tous les points de vue. Ils votent d’un côté ou l’autre, dépendant des circonstances, puisqu’ils ne sont pas pris dans un carcan idéologique. Le passé l’a amplement démontré puisqu’ils ont accordé des majorités écrasantes à l’Union Nationale, au parti Libéral, au parti Québécois, au Parti Progressiste-Conservateur et au NPD. La go-gauche se trompe en n’étant pas impartiale puisque le terreau québécois n’est pas compatible avec une telle approche.

La loi 78 est appuyée par la majorité des Québécois et Québécoises. Il est temps que le feu de discorde soit éteint.

Claude Dupras

mardi 21 juin 2011

La « démonisation » des chefs politiques

Aujourd’hui, être chef de parti n’est pas une sinécure. Que l’on soit au pouvoir comme Stephen Harper à Ottawa ou Jean Charest à Québec, on est la cible de toutes les critiques. Et les partis d’opposition s’en donnent à cœur joie !

Après sa tentative de prendre le pouvoir avec la coalition Libéral-NDP-BQ, le Bloc Québécois (BQ) n’a cessé de salir Harper au point qu’il a réussi, puisque les Québécois n’aiment vraiment pas le premier ministre canadien. Le Québec a été la seule province canadienne à réduire son nombre de députés PC lors de la récente élection.

De même à Québec, le Parti Québécois (PQ) a fait fondre la popularité de Jean Charest de 51%, où elle se fixait il y a un peu plus de 18 mois, à 25% aujourd’hui en le calomniant et en cherchant à faire croire que le premier ministre du Québec est un homme corrompu.

On ne peut que constater que ces tactiques de dénigrement sont venues des séparatistes élus aux deux niveaux de gouvernement.

Mais comme il y a de la justice dans ce bas monde, l’électeur ne s’est pas seulement retourné contre les attaqués mais aussi contre les attaquants et n’accorde plus sa confiance à aucun. Il en a soupé de la démagogie.

Le Bloc est disparu le soir des élections et son chef n’est plus en politique. Quant au NDP, avec un chef qui a toujours maintenu ses critiques du gouvernement et de ses dirigeants au niveau des idées et du respect, il a été récompensé en récoltant une manne providentielle de comtés.

De son côté, le PQ connaît actuellement une impensable et difficile traversée du désert alors qu’il y a à peine un mois, une sensation de parfaite joie et d’optimisme l’avait envahi, suite au vote de confiance de 93% accordé à son chef Pauline Marois. Aujourd’hui, le leadership de cette dernière est en péril et on parle même d’implosion du PQ. Cinq députés ont quitté le parti : quatre en accusant le parti de ne pas faire de l’indépendance du Québec sa priorité ; l’autre en affirmant le contraire en reprochant au parti de donner trop d’importance à la séparation tout en ne s’occupant pas suffisamment des problèmes qui affligent la société québécoise. Jour après jour, la marée de critiques envers Marois devient tsunamienne et cette dernière subit, à son tour, les effets de la « démonisation ». On dit n’importe quoi sur elle.

Pourtant les arguments des opposants de Pauline Marois ne tiennent pas la route. Alors que le Parti Libéral du Québec (PLQ) est depuis longtemps au pouvoir et que celui-ci s’use à la longue, les sondages indiquent que le PQ est bien placé pour reprendre le pouvoir. Pour ce faire, le PQ doit être en mesure d’obtenir des votes fédéralistes. Comme René Lévesque en 1976, Marois réclame le pouvoir afin de créer et de diriger un bon gouvernement en reléguant à plus tard le débat sur la séparation. Les « purs et durs » séparatistes rejettent cette tactique et veulent à tout prix faire de la prochaine élection une élection référendaire. Pourtant les sondages sont clairs. Une majorité de Québécoises et de Québécois n’est pas d’accord et le parti risque de retourner dans l’opposition et de perdre plusieurs comtés s’il s’engage dans cette voie. « Tant pis » disent les séparatistes, « il faut faire ce que l’on doit faire ». Cette réaction ridicule démontre un sens d’irresponsabilité, un manque de sérieux et une incompréhension totale de la capacité d’agir que le pouvoir donne à un parti politique qui l’exerce.

Le PQ est le parti le plus démocratique du Québec. Mais si ses membres ne veulent pas suivre leur chef et reconnaître qu’elle propose une stratégie électorale responsable pour accéder au pouvoir, eh bien ! qu’ils la chassent ! Les fédéralistes, comme moi, seront très heureux de la tournure des évènements.

Je soupçonne que ce branle-bas péquiste a comme source la montée dans les sondages de l’ex-ministre François Legault. Depuis que ce dernier a quitté le PQ, il s’est dédié à analyser les problèmes principaux qui confrontent l’avenir du Québec et à trouver, avec des collaborateurs chevronnés, des solutions pratiques. À ce jour, il va bien, comme je l’ai affirmé dans un billet précédent. Ses propositions sont bien accueillies.

De plus, la volte-face récente, spectaculaire, inimaginable et surprenante de l’électorat québécois en faveur du NDP fédéral a marqué profondément d’un fer rouge les députés et les organisateurs du PQ. Ils semblent subjugués par cet évènement et croient en la possibilité qu’un effet similaire se reproduise lors de la prochaine élection provinciale. Ils craignent Legault, de plus en plus, mais croient possible, qu’avec un chef capable de générer un tel engouement massif, ils seront en mesure de recréer une vague similaire en faveur de la séparation du Québec. D’autres, plus opportunistes, comme d’ex députés et organisateurs du BQ, voient un Legault vainqueur et se collent à lui simplement par intérêt personnel.

Ces politiciens actuels ou en devenir oublient que la politique est un commerce d’images et d’illusions. Malheureusement pour lui, Legault manque de charisme naturel. Il est hésitant et n’a pas l’autorité d'un chef basée sur l'éloquence, la mise en scène et la fascination. Je ne vois pas en lui le prestige d’une personnalité exceptionnelle capable d’exercer son ascendant sur les autres. Je ne vois pas chez lui les qualités nécessaires pour se maintenir au haut des sondages. Ce n’est ni un Trudeau ni un Lévesque ni un Bouchard ni un Mulroney ni un Jean Charest (à ses débuts). Il est loin de l’image positive et entraînante que projette Jack Layton. D’ailleurs, depuis un certain temps, la cote de Legault diminue, même si ses idées sont bonnes et qu’il a une presse très favorable.

Pauline Marois, comme François Legault, souffre aussi d’un manque de charisme. Jean Charest demeure un premier ministre blessé et j’ai l’impression, si les sondages ne changent pas, que ses jours sont comptés et que le PLQ devra se choisir un nouveau chef suite à sa démission. Le chef de l’ADQ, pour sa part, ne démontre pas encore qu’il a l’étoffe nécessaire pour être premier ministre du Québec. Amir Khadir de Québec Solidaire, trop à gauche, impressionne de moins en moins. Quant aux « purs et durs » s’ils n’obtiennent pas la démission de Marois, ils disent vouloir présenter leur propre candidat. On peut prévoir qu’aucun de ces chefs n’aura un ascendant sur les autres.

Les péquistes ne doivent donc pas perdre les pédales ni remplacer leur chef, car la prochaine élection québécoise s’annonce comme une des plus serrées de l’histoire du Québec et l’organisation électorale comptera alors pour beaucoup. Ce sera un « free for all » et personne à ce jour ne peut prédire qui sera le gagnant ou la gagnante. Quant à moi, j’ose avancer, si la tendance se maintient, que le résultat sera un gouvernement minoritaire.

Tout ce qui arrive est pour le mieux. La politique sera dorénavant plus civilisée et les politiciens cesseront de dire n’importe quoi simplement pour obtenir la manchette des médias. L’électeur devient à nouveau souverain.

Claude Dupras