dimanche 24 mai 2015

Duplessis (1) : l’Union Nationale

Le personnage de l'ancien premier ministre du Québec Maurice Duplessis revient souvent dans les discussions et les débats politiques québécois d'aujourd'hui. On le calomnie, le salit et injure sa mémoire. Ce n'était pas Duplessis !

Ayant vécu une bonne partie de cette période, je l’ai décrite dans mon livre « Et dire que j’étais là : Itinéraire d’un p’tit gars de Verdun » qui est affiché sur mon site internet.

Afin d’en faciliter la lecture, j’ai regroupé toutes les parties qui réfèrent à Duplessis pour en faire un seul texte. Le problème est qu’il est long. Je l’ai divisé en six sections que je présenterai en six blogs consécutifs à tous les deux ou trois jours. 
Voici les titres de chacun de ces blogs : l’Union Nationale, King et Saint-Laurent, Les antiduplessistes, l’impôt provincial, Autonomie… autonomie, la mort de Duplessis.
Voici le premier :
Duplessis : l’Union Nationale
À l’élection provinciale du Québec de 1935, le parti Action Libérale Nationale (ALN) est dirigée par Paul Gouin, un politicien nationaliste, poète à ses heures, qui a quitté le parti libéral dirigé par Louis-Alexandre Taschereau en claquant la porte l’année précédente avec d’autres dissidents et qui jubile à l’idée d’appliquer son programme de restauration économique et sociale Il entrevoit maintenant la possibilité de prendre le pouvoir dans un avenir rapproché. Suite à une alliance avec les Conservateurs dirigé par Maurice Duplessis, les deux partis se partagent les comtés afin de ne présenter qu’un candidat de l’alliance par comté. L’ALN fait élire 26 candidats sur 57 comtés et les conservateurs 16 sur 33 comtés. Les libéraux minoritaires conservent le pouvoir et choisissent un nouveau chef, Adélard Godbout. Conformément à l’entente entre les partenaires de l’alliance, Duplessis devient chef de l’opposition. Quelques mois plus tard, l’effet combiné du manque de leadership de Gouin et d’un manque de fonds permettent à Duplessis, qui manœuvre bien contre le gouvernement, de récupérer l’ALN et un grand nombre de ses partisans à la faveur d’une fusion. Duplessis crée un nouveau parti : l’Union Nationale.
Godbout croyant pouvoir obtenir une majorité déclare une élection générale pour 1936. Maurice Duplessis ouvre sa campagne électorale à Trois-Rivières. Il définit son programme politique en promettant de défendre l’autonomie provinciale dans les rapports du Québec avec le fédéral, de lancer des programmes d’électrification rurale, de pavage des routes, de construction d’écoles et d’hôpitaux et de restaurer l’intégrité de l’administration publique. Plus particulièrement, il s’engage à nationaliser l’électricité. L’Union Nationale remporte une éclatante victoire avec 70 sièges contre 15 et les libéraux perdent le pouvoir après l’avoir exercé pendant 42 ans, sans interruption. Suite à cette victoire, le gouvernement fédéral met sur pied la commission Rowell-Sirois pour faire enquête sur les relations financières entre le fédéral et les provinces. Elle conclut que le rôle du Canada doit être plus important dans les programmes sociaux afin de les protéger contre de futures calamités économiques.
Malgré cela, à la suite d’un grand débat à la Chambre des communes à l’issue duquel la déchirure du pays s’exprime par l’appui à la guerre ou la neutralité, King décide d’engager le Canada aux côtés des Anglais. Le 10 septembre 1939, il déclare la guerre à l’Allemagne. Cependant, King veut limiter l’engagement du Canada et insiste qu’il n’y aura pas de conscription.
Au Québec, la cote du Premier Ministre Duplessis est en baisse. Pourtant, il a fait adopter les premières mesures sociales du Québec, telles que les lois sur les pensions de vieillesses, l’assistance aux mères nécessiteuses, la pension aux aveugles, les salaires raisonnables (qui deviendra plus tard la loi sur le salaire minimum). Il crée aussi le Ministère de la santé et du bien-être social. La dépression l’a empêché d’appliquer son programme de réforme sociale et économique et il a également dû renier sa promesse électorale de nationaliser les producteurs d’électricité à cause du refus du syndicat financier de la rue Saint-Jacques de le financer. De plus, il est trop nationaliste au goût de ce milieu anglophone, qui incarne le pouvoir réel au Québec.
L’annonce par King de l’entrée en guerre du Canada fournit à Duplessis une façon de racheter sa carrière politique. Il déclenche une élection provinciale en 1939 en invoquant le besoin d’obtenir un mandat fort pour tenir tête aux visées centralisatrices d’Ottawa et à la conscription qu’il pressent. Mais les ministres fédéraux du Québec, Lapointe, Cardin et Power, défendent King et promettent qu’il n’y aura jamais de conscription sous le parti libéral fédéral. Sentant de plus un défi à leur crédibilité et à leur légitimité, ils menacent de démissionner ensemble si Duplessis est réélu. Les libéraux reviennent au pouvoir.
Godbout, vendu ?

Depuis son élection au Québec, le Premier ministre Godbout collabore totalement avec les autorités fédérales. On dit qu’il doit son élection aux libéraux fédéraux. Que ce soit vrai ou non, il se dit surtout préoccupé par ce qu’on dit de sa province. Il souhaite éviter une répétition des attaques intolérantes dont elle a été la cible à la fin de la 1ière guerre mondiale. Afin d’éviter que ne soit mise en cause la loyauté des Canadiens français ou leur courage, il décide d’offrir à King toute sa collaboration pour assurer la victoire. Il s’identifie à ce long courant d’opinion au Québec pour qui la Confédération canadienne peut fonctionner si les compromis nécessaires se font. Cette position politique le situe en droite ligne avec les Lafontaine, Cartier, Chapleau et Laurier, qui furent tous confrontés à des problèmes semblables.

Godbout collabore vraiment. Trop? C’est certainement l’avis de plusieurs. Il accepte de céder au fédéral la juridiction du Québec sur l’assurance-chômage. Il accepte également que le fédéral enlève aux provinces leur autonomie fiscale. Il recommande de voter « oui » au plébiscite. Il refuse de condamner le gouvernement fédéral lorsqu’il adopte la loi 80 autorisant la conscription. Il ne cesse de répéter que l’état de guerre exige l’entente et la coopération. Godbout va même jusqu’à dire que si King lui demande « de cirer les bottines de soldat, parce que cela aidera l’effort de guerre, il le fera ». Suite aux recommandations de la commission Rowell-Sirois, Godbout accepte la création d’un nouveau programme d’allocations familiales canadien qui est une ingérence dans un champ de juridiction provinciale. De nombreux québécois pensent qu’il en fait trop. Pour eux, Godbout a un chef et ce chef est à Ottawa.
Cela n’empêche pas de nombreuses personnes de trouver remarquable la performance du gouvernement Godbout. La prospérité engendrée par la guerre lui fournit l’occasion de faire beaucoup. En 1940, il donne le droit de vote aux femmes qui, sous la gouverne d’Idola Saint-Jean et autres dirigeantes féministes canadiennes françaises, ont bataillé ferme pour l’obtenir, malgré les vœux des plus hautes instances religieuses. Pourtant, le Québec est la dernière province à l’accorder. En 1943, il s’oppose encore une fois à la hiérarchie de l’Église et fait adopter une loi rendant obligatoire l’éducation des enfants jusqu’à 14 ans, car il croit que la prospérité future de la province passe inévitablement par de profondes réformes en matière d’éducation. Il nationalise la Beauharnois Light Heat and Power Company, crée l’Hydro-Québec et lui cède toutes les réserves d’eau non déjà concédées de la province. Il crée un conseil économique pour le gouvernement en matière de stratégies de développement. Il fait adopter un nouveau code du travail qui précise les droits des travailleurs à la négociation collective et à la syndicalisation. En général, son gouvernement est considéré honnête, ce qui est rare à cette époque, et progressiste.
Une élection générale doit avoir lieu le 8 août 1944. Duplessis sait que l’« à-plat-ventrisme » de Godbout devant le fédéral et la conscription obligatoire, décrétée malgré les promesses du contraire aux gens du Québec par les ministres de King et douloureusement inscrite dans la mémoire des Canadiens français, vont lui donner une occasion en or pour reprendre le pouvoir.
Il doit cependant compter avec la présence d’un mouvement contestataire devenu parti politique, « Le Bloc Populaire Canadien ». Composé de nationalistes québécois, ce parti a été créé le 8 septembre 1942, peu après le plébiscite, par des opposants à la conscription. Il s’inspire des idées d’Henri Bourassa, qui l’endosse. Ce parti fédéral, appuyé entre autres par Camilien Houde et un groupe de jeunes étoiles montantes comme Jean Drapeau et Pierre Trudeau, décide de créer une aile provinciale pour contester l’élection de 1944. Il prend pour chef André Laurendeau, son secrétaire. Ce parti base son programme sur la défense des droits des Canadiens français et propose l’intervention de l’état aux niveaux économique et social, tout en se défendant bien d’être socialiste.
Duplessis, en pleine forme, entreprend sa campagne électorale sur un thème accrocheur, l’autonomie provinciale. Il y gagne en crédibilité. Il promet de récupérer d’Ottawa tous les pouvoirs qui lui ont été cédés par le gouvernement Godbout, d’électrifier tout le territoire (à ce moment-là, seulement 60 % des Québécois ont l’électricité), de paver toutes les routes principales, de construire des écoles, des universités, des hôpitaux… En somme, de moderniser sa province. Il se dit prêt à respecter la constitution canadienne et affirme « La coopération toujours, l’assimilation jamais ! ».
L’Union Nationale remporte 48 comtés, les libéraux 37 et le Bloc 4, dont celui d’André Laurendeau qui devient député à l’Assemblée législative. Maurice Le Noblet Duplessis redevient Premier Ministre du Québec, le 20ième depuis la Confédération.
C’est un important changement de gouvernement qui promet des débats politiques fondamentaux. Il s’ajoute à celui qu’a connu la Saskatchewan, le mois précédent, où le CCF a pris le pouvoir avec son chef, Tommy Douglas. Celui-ci s’est ainsi trouvé à former le premier gouvernement socialiste du Canada. Les choses ne seront plus jamais les mêmes. Notre pays arrive à un point tournant de son histoire. Désormais, la constitution et les questions sociales vont passer au premier plan des préoccupations des Canadiens. 
 
suite 2: Duplessis, King et Saint-Laurent... à venir

mercredi 29 avril 2015

On veut un mot à dire à Ottawa pour être écouté

L’histoire du parti conservateur du Canada est particulière. Voilà un grand parti national qui n’a pas réussi à s’implanter solidement dans le cœur des Québécois. 

Tout a commencé en 1854 lorsque John A. Macdonald et Georges-Etienne Cartier fondent le parti libéral-conservateur pour faire l’union de députés conservateurs et libéraux modérés du Canada-Ouest et de députés du parti bleu du Canada-Est, les libéraux radicaux ayant refusé de joindre les rangs du parti de Macdonald. À ce moment-là, Macdonald et Cartier dirigent ensemble, comme premiers ministres conjoints, le Canada-Uni. Ce n’est que vers les années ’30 que le parti utilisera le nom « Parti conservateur ».

En 1867, la confédération canadienne est créée et Macdonald devient le premier ministre (PM) du nouveau Canada. A la surprise de tous, le chef libéral Alexander Mackenzie réussit, en 1874, à défaire le gouvernement Macdonald grâce au « scandale du Pacifique ». Mais à l’élection de 1878, Macdonald regagne le pouvoir.

Suite à la rébellion des Métis dans l’Ouest Canadien, leur leader Louis Riel est condamné à mort pour trahison et Macdonald refuse que la peine soit commuée ou rejugée. Il déclare même : « Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur ». Le député libéral Wilfrid Laurier exprime sa colère et prend vigoureusement la défense de Riel à la Chambre des Communes. Ce dernier est exécuté le 16 novembre 1885. Macdonald ne démissionnera qu’en 1891.

Laurier devient le premier Canadien-Français au poste de PM du Canada en 1896. Pour lui, « le Canada est le pays du 20e siècle ». Il le dirigera durant 5 ans jusqu’au moment où il est défait en 1911 par le libéral-conservateur Robert Borden.

La première guerre mondiale éclate et Borden, réalisant que le nombre de volontaires canadiens pour aller au front ne rencontre pas les quotas qu’il avait promis au Royaume-Uni, réclame la conscription obligatoire. La plupart des Canadiens-Français, menés par Henri Bourassa, ne ressentent aucune loyauté particulière envers le Royaume-Uni et la France. Bourassa s’oppose à la conscription et affirme que « les Québécois ont un pays : le Canada, tandis que les Canadiens anglais en ont deux : le Royaume-Uni et le Canada ». Cartier exprime aussi son opposition.

Afin de consolider sa position lors de l’élection de 1917, Borden accorde le droit de vote aux soldats à l'étranger, aux infirmières et aux femmes ayant des membres de leur famille à la guerre. Mais, il se donne le pouvoir de distribuer ces votes dans n'importe quelle circonscription, sans égard au lieu de résidence habituel du soldat. Des manifestations de masse sont tenues au Québec pour protester et l’armée tire sur la foule. Quatre morts.

Borden réélu, la loi du service militaire est adoptée, 125 000 individus sont conscrits, 25 000 sont envoyés au front. Heureusement, la guerre prend fin après quelques mois.

Ces évènements majeurs de la conscription et la pendaison de Riel marquent profondément les Canadiens-Français qui n’oublieront jamais ces coups-bas des conservateurs et plusieurs s’en rappelleront à chaque élection, de père en fils. Macdonald et Borden ont oublié que « Je me souviens » est la devise des Canadiens-Français.

En 1921, le parti libéral-conservateur d’Arthur Meighen est défait par le libéral Mackenzie King qui devient PM, aucun conservateur n’est élu au Québec. Mais cinq ans plus tard Meighen prend sa revanche, grâce aux misères suscitées par la grande dépression, il se présente sous le vocable « Parti conservateur » mais ne fait élire que quatre députés au Québec.

En 1930, King est surpris par le nouveau chef conservateur Richard B. Bennett qui prend le pouvoir grâce à 24 députés ruraux du Québec. Les cultivateurs aiment sa politique agricole protectionniste et votent pour ses candidats. Mais dès 1935, King, qui n’a pas dit son dernier mot, revient au pouvoir. Il y restera jusqu’à 1948 alors qu’il le cède à Louis Saint-Laurent

Entre temps, le parti conservateur devient le parti progressiste-conservateur (PPC) en 1942 lorsque le premier ministre manitobain John Bracken, longtemps chef du Parti Progressiste de sa province, pose cette condition pour accepter la chefferie. L’union des deux philosophies politiques, libérale et conservatrice, donne au nouveau parti une orientation centre-droite.

A l’élection de 1957, John Diefenbaker, chef du PPC depuis un an, remporte le pouvoir contre King. Il forme un gouvernement minoritaire n’ayant fait élire que huit députés du Québec.    

En 1958, après une alliance avec Maurice Duplessis, PM du Québec, sur la question des impôts québécois, John Diefenbaker obtient une majorité écrasante qui comprend 50 députés québécois. Un résultat impensable. Enfin, les Canadiens-Français ont un mot à dire dans le parti et le gouvernement progressiste-conservateur. Mais, Diefenbaker désappointe. Le nouveau chef libéral, Lester Pearson reprend le pouvoir à l’élection suivante alors que seulement 14 députés conservateurs du Québec (DCQ) sont réélus. Pierre-Elliott Trudeau lui succède, en 1968, seuls 4 DCQ sont élus. Il est réélu en 1972, deux DCQ sont élus. En 1979, il est défait par le progressiste-conservateur Joe Clark qui ne remporte que deux sièges au Québec. Quelques mois après, en 1980, Trudeau revient au pouvoir pour quatre ans, alors qu’un seul DCQ est élu. John Turner prendra sa succession pendant quelques mois.  

Puis, Brian Mulroney nouveau chef du parti progressiste-conservateur est élu en 1984 et réélu en 1988. En 1993, le libéral Jean Chrétien est le nouveau PM, un DCQ est élu. En 1997, il est réélu et à nouveau un DCQ est élu. Paul Martin lui succède en 2004 et encore un seul DCQ est élu.

En 2006, le nom du parti redevient le Parti Conservateur et Stephen Harper est élu PM mais ne fait élire que 10 députés au Québec. Il est réélu en 2011 mais le nombre de ses députés québécois baisse à cinq.  

En résumé, depuis les 148 ans de la Confédération, les Conservateurs de différents noms et les libéraux ont partagé le pouvoir également. Mais depuis Borden, les libéraux ont été au pouvoir durant 54 ans et les conservateurs 32 ans.  

Sauf pour les élections de Diefenbaker en 1958 (50 sièges), de Mulroney en 1984 (58 sièges) et 1988 (63 sièges), les Québécois n’ont pas voté pour les conservateurs. Depuis 1957, en 14 autres élections générales fédérales, la moyenne de DCQ élus à la Chambre des communes s’établit à moins de neuf députés sur 75 et huit en trois élections avec Harper depuis 2006.

Il est quand même remarquable que les seuls gouvernements majoritaires « non-libéral » comprenant un grand nombre de députés du Québec l’ont été lorsque le parti portait le nom Progressiste-Conservateur. Cela démontre clairement que les gens du Québec ne sont pas majoritairement de droite et que le Parti Conservateur ne correspond pas à leurs attentes.

Comment les Québécois peuvent-ils espérer avoir un mot à dire dans ce parti avec une représentation aussi faible ? Doivent-ils mettre de côté leur orientation politique pour le pouvoir politique ?

Et on se demande pourquoi il y a un fossé si profond entre le  gouvernement Harper et les Québécois. Il me semble clair, qu’avec lui, l’influence québécoise ne pèse pas sur la politique nationale. Quant aux nombreux projets particuliers que le PM Harper annonce dans la région de Québec, ils sont en réalité des gestes de patronage envers la région de la capitale qui lui a donné quelques députés. Et, en plus, Québec a un maire pragmatique qui sait être ami-ami avec le PM. Ça ça paye !  

Par contre, Montréal ne reçoit pas la même attention. Harper visite peu la métropole, sauf pour des funérailles. Il ne tient pas compte des demandes du nouveau maire Denis Coderre qui est d’allégeance libérale ayant été député et ministre du parti libéral durant de nombreuses années à Ottawa. Pour Harper, Coderre est un adversaire politique. Et Harper, qui a la mémoire longue, n’aime pas les ennemis de son parti.  

Malheureusement, Montréal n’a pas en son sein un leader PC avec suffisamment d’influence pour faire bouger le gouvernement conservateur en faveur des Montréalais. Ces derniers ont manqué une opportunité lorsque l’ex-sénateur Michael Fortier, candidat à l’élection de 2008, a été bêtement défait. Ce dernier, un homme d’action, a démontré sa capacité et son intelligence lors des négociations pour renouveler le contrat du Grand Prix du Canada à Montréal avec Bernie Ecclestone. Malheureusement, suite à sa défaite, Fortier a quitté la politique.

Nous, Québécois, avons aussi la mauvaise habitude de voter pour un chef ou un parti. La dernière élection fédérale est un exemple probant alors que nous avons élu 59 députés du NPD en raison de la sympathie que nous avons ressentie soudainement pour son chef Jack Layton. Il aurait mieux fallu que nous choisissions le meilleur candidat dans notre comté respectif. Ainsi des gens comme Fortier aurait été élu et aujourd’hui Montréal s’en porterait mieux car l’un d’eux serait le porteur influent de nos demandes et besoins à Ottawa.

Qui peut devenir ce chef de file conservateur, ce phare, à Montréal, suite à la prochaine élection, si Harper est reporté au pouvoir ?

Je soumets un nom, une candidature prometteuse. Celle d'Eric Girard dans la circonscription électorale montréalaise de Lac-Saint-Louis. Homme de conviction, il a choisi son tracé et est devenu candidat officiel du parti Conservateur du Canada pour l’élection d’octobre 2015.

Bien éduqué, il est économiste de formation et détient un « Bachelor joint honours in Economics and Finance » de l’université McGill et une maîtrise en économie de l’UQAM.

Pour devenir candidat, Éric Girard a demandé et obtenu un congé civique de son poste de trésorier de la Banque Nationale du Canada où il était responsable des liquidités, du financement et du risque de taux d’intérêt de la Banque et de ses filiales. Il était aussi président du comité de la caisse de retraite de la Banque.

Il a démontré ainsi qu’il est prêt à mettre de côté sa carrière pour servir ses concitoyens en contribuant au développement économique et social du Canada.

À tous ses futurs commettants, je suggère de le rencontrer, d’apprendre à le connaître, à partager avec lui leurs idées, d’écouter les siennes et de décider de l’appuyer dans son trajet vers les plus haut sommets de la politique canadienne.

Ainsi, Montréal sera bien servi.

Claude Dupras

 

vendredi 24 avril 2015

La culpabilité par amalgames !

On lit de plus en plus, particulièrement dans les textes de blogueurs et de chroniqueurs anti-Couillard, des arguments qui découlent de faux syllogismes. Ils cherchent à l’associer abusivement à des personnes, des groupes ou des actions de nature différente pour le dénigrer et l’accuser de tous les péchés d’Israël. Ils jouent avec des raisonnements basés sur des propositions de valeurs différentes, qu’elles soient vraies ou fausses, et déduisent des conclusions qui semblent logiques et cohérentes. Mais, ces dernières sont rarement vraies ou exactes, car l’une ou l’autre des propositions est généralement fausse ou mal appropriée. Ils ne respectent pas les règles de la logique, du bon sens et ne considèrent pas leurs lecteurs avec respect. Pourtant, ce ne sont pas des écrivassiers car ils écrivent bien, mais ils manquent de rigueur.

Une telle logique fallacieuse est malhonnête. Elle peut paraître rigoureuse mais n’est pas, en fait, valide. De plus, la répétition de tels sophismes les rend sources de rumeurs, de propagande et même de lavage de cerveau. Ce qui empire la situation.
Ainsi la société Hydro-Québec qui appartient à l’État est dirigée par un conseil d’administration. En 2004, l’importante Corporation Power, celle créée par le défunt Paul Desmarais (un grand fédéraliste) et maintenant dirigée par ses fils, « les Desmarais », a vu un de ses meilleurs vice-présidents, Michel Plessis-Bélair, nommé au conseil d’administration de l'HQ. Il y est resté jusqu’au 11 novembre 2014. Pour les péquistes, Paul Desmarais était le principal ennemi de leur parti. C’est pour ça qu’ils ont inventé la sornette, répétée à satiété, à l’effet que Plessis-Bélair était en « conflit d’intérêt » puisqu’il influençait, à leur dire, les décisions du conseil en faveur des intérêts futurs de Power.  
Leur imagination fertile les amena à dire que Power vise la privatisation de l’HQ afin de pouvoir l’acheter et cela au détriment de l’intérêt public. En réalité, Plessis-Bélair, administrateur chevronné avec une longue carrière professionnelle, a été du genre d’administrateur soucieux, compétent et honnête qu’une société importante comme Hydro-Québec doit avoir. Il n’a jamais été sérieusement question de la privatiser. De toute façon, tous savent que les Québécois rejetteraient une telle proposition avec fureur.  
Je fus fort surpris et désappointé lorsque Pierre-Karl Péladeau, le candidat favori dans la présente campagne au leadership du Parti Québécois, a repris à son compte, pour des fins politiques, ce type d’argument biaisé. Il affirma publiquement « La principale occupation de Michel Plessis-Bélair est d'être un très haut dirigeant de Power Corporation... Il y a là un véritable et problématique conflit d'intérêts ». En plus, il attaqua publiquement et directement la famille Desmarais en laissant entendre qu’elle veut influencer la politique énergétique du Québec en faveur de Power. Un coup bas et disgracieux. Je fus étonné que PKP se laisse ainsi influencer par les créateurs d’amalgames, d’autant plus qu’il connait mieux la vérité que quiconque puisqu’il a été président du conseil d’administration de l’HQ. Et, surprise! Le jour où PKP a fait sa déclaration, le rôle de Plessis-Bélair comme administrateur de l’HQ était déjà terminé et il avait quitté son siège. Un vrai « strike-out ». 
Il en est de même dans le domaine privé. Témoins des bonnes relations d’affaires et sociales des Desmarais avec certains dirigeants du Mouvement Coopératif Desjardins, les péquistes y voient la conclusion que Power espère que ce dernier devienne une banque selon la loi canadienne afin de pouvoir, par la suite, mettre la main dessus. Si ce n’est pas un procès d’intention sur la base d’association d’individus, c’est quoi ?
Ces faux syllogismes sont malhonnêtement fabriqués pour dénoncer les Desmarais afin de stimuler la révolte des Québécois contre ses amis fédéralistes. Aucune preuve, aucun fait réel, rien… seuls des amalgames.
Les séparatistes ont une approche similaire dans le débat sur l’exploitation du gaz de schiste et le transport par oléoducs du pétrole de l’ouest canadien. Ils se justifient en citant comme exemple le projet américain Keystone XL sans expliquer que ce projet a été temporairement arrêté par le président Obama pour des raisons particulières et totalement différentes.
Depuis son élection au poste de PM du Québec, Philippe Couillard est devenu la principale victime de cette stratégie politique malhonnête. Les accusations sont devenues tellement nombreuses et ridicules qu’il s’est révolté à l’Assemblée Nationale et s’est écrié « ça suffit, la preuve par amalgames ».
Encore aujourd’hui, sur le site Vigile des séparatistes, on mijote et amplifie des arguments pour détruire la réputation du PM. Cette fois, cela a rapport avec le conseil d’administration de la compagnie Amorfix Life Sciences, présidé par Philippe Couillard avant son retour en politique. Un des membres du conseil d’administration était un dénommé Hans Peter Black. Ce dernier est actuellement soupçonné de fraudes au Québec et au New Hampshire via une de ses compagnies personnelles de placements, qui n’a aucun rapport avec Amorfix. À l’Assemblée nationale, Couillard a nié fortement toute les insinuations vitement montées en épingle par les péquistes contre lui dans ce dossier.
Nonobstant ce démenti solennel devant tous les députés et la population du Québec, ils accentuent leurs attaques. Ils en sont rendus à affirmer qu’Amorfix était sous le contrôle de Black et que Couillard ne protégeait pas sciemment les intérêts des actionnaires d’Amorfix.
En plus, dans un autre dossier, ils associent Couillard au personnage bahamien Porter, ex dirigeant de l’hôpital Victoria, pris dans un scandale de pot-de vins lors de la construction d’un nouvel hôpital. La preuve de la culpabilité de Couillard : lui et Porter siégeaient, jadis, ensemble sur des conseils d’administration du gouvernement fédéral et de compagnies privées et ont participé à un même voyage de pêche. Voici leur raisonnement, Porter est un voleur, un tricheur et un espiègle, donc Couillard, qui s’est tenu avec lui, occasionnellement, est de la même espèce. Sans rougir, ces petits politiciens le déclarent coupable par association et exigent son départ, affirmant hautement qu’il n’est pas digne d’être le PM du Québec.
Le vrai problème des séparatistes québécois est que leur argumentation viciée et vicieuse ne cesse de les plonger dans les limbes de la popularité. Le nombre de membres inscrits au Parti Québécois (PQ) l’indique bien. Ils sont aujourd’hui 70 000 inscrits, soit la moitié d’il y a à peine 10 ans et cela malgré l’impact journalistique et publicitaire de la campagne au leadership de leur parti en cours. Pire, le sondage d’opinion publique d’hier indique une descente du parti avec Péladeau comme chef. Le Parti Libéral reste en tête malgré l’intense mauvaise publicité à son égard suite aux coupures draconiennes qu’il a entreprises dans les budgets de tous les ministères pour atteindre l’équilibre fiscal.  
Leur discours de « nous sommes dominés par les anglais » ne colle plus et en désespoir de cause, tout comme ils ont fait durant la dernière campagne électorale, ils accentuent leur campagne de dénigrement contre le PM Couillard. Ne trouvant pas d’arguments réels, ils en inventent à des fins polémiques sur la base d’amalgames avec des individus à la réputation contestée, des textes biaisés ou des situations inventées.
Ils en sont rendus à vouloir faire du vrai avec du faux. Ils sont devenus les champions de faux syllogismes.
Claude Dupras

mardi 7 avril 2015

Conditions pour le retour des Expos à Montréal : Un stade de baseball couvert et des poches profondes !

On parle beaucoup à Montréal du retour possible de notre club de baseball « Les Expos ».
Revenons à 1967, lorsque la Ville de Montréal fait les démarches en vue de l’obtention d’une franchise de la Ligue Majeure de Baseball. Elle trouve un preneur en Charles Bronfman. Montréal est choisie en 1968. 

Pour le loger, Montréal n’a, à ce moment-là, que le vieux stade Delorimier en décrépitude et celui de l’Autostade de l’Expo 67, qui n’a pas la configuration d’un stade de baseball. Il y a aussi un petit stade existant au parc Jarry. La ville le choisit, le modifie et l’agrandit pour accueillir notre nouveau club que le maire Jean Drapeau nomme « les Expos de Montréal». La joute d’ouverture a lieu 14 avril 1969.
Montréal est une ville de baseball. Elle a une équipe professionnelle depuis 1897, les Royaux de Montréal, sauf pour une interruption de 1917 à 1928. De 1939 à 1960, l’équipe est le club-école des Dodgers de Brooklyn de la ligue Nationale. De grands joueurs noirs dont Jackie Robinson, Don Newcombe, Roy Campanella, Roberto Clémente y jouent en attendant que les autorités des ligues majeures acceptent la venue de joueurs de couleur. Rejetés, ils se sentent bien à Montréal car il n’y a pas de ségrégation raciale. Les Montréalais sont gâtés d’avoir de si grands joueurs dans l’équipe de leur ville. Ils sont solidaires de leur cause, de leur bataille et en font la leur. Finalement, la barrière anti-noirs des ligues majeures est brisée par le propriétaire des Dodgers, Branch Rickey, qui les intègre dans le grand club. Les Montréalais sont heureux. Le problème de ségrégation les a marqués profondément et leur réaction positive a fait en sorte que le baseball est devenu pour eux plus qu’un jeu. C’est une mission réussie qui fera partie dorénavant de leur ADN, comme dit le maire Coderre.
En 1960, les Royaux quittent Montréal suite à une décision de la direction des Dodgers qui a déménagé son équipe à Los Angeles dans l’Ouest américain et qui veut que son club-école soit à proximité. Heureusement, en 1968, les Montréalais héritent d’un nouveau club de baseball professionnel grâce à une expansion de la Ligue Nationale. Deux nouveaux clubs sont ajoutés, Montréal et San Diego. Et là, tout devient fantasmagorique. Les Montréalais rêvent. Le stade Jarry accueille, souventes fois, 30 000 spectateurs. Certains jours, il y a de la neige, du temps froid et venteux, de la pluie. Rien n’arrête les amateurs dont certains qui se présentent en costume de motoneigiste. Mais l’assistance est directement liée aux victoires des Expos et au climat. En 1976, ils connaissent une année de misère et la moyenne de spectateurs fléchit à 7 084 spectateurs par match. 
Puis les JO de 1976 obligent Montréal à construire un stade olympique. Il est conçu aussi pour tenir compte des besoins de divers sports, dont le baseball. Il aura un toit ouvrant, à partir de 1989. En 1977, les Expos y élisent domicile et le match d’ouverture est joué devant 57 000 spectateurs. Avec les années, les Montréalais apprécient les grandes vedettes du club : Carter, Dawson, Rodgers, Raines, Cromartie… En 1983, les expos attirent 2,320,000 spectateurs pour une moyenne de 28 641 par match. Super !
Par contre, 1989 déçoit malgré tous les efforts de Bronfman pour gagner un championnat. Il est découragé et, en 1991, vend le club à un consortium de Montréalais sous la direction de Claude Brochu. Mais la malchance les attend. La toile du stade se déchire, une poutre du stade s’effondre et le club doit jouer ses 13 derniers matchs locaux à l’extérieur. L’équipe subit 91 défaites et l’assistance, pour la première fois, tombe sous le million de spectateurs (moins de 12 300 par match).
Heureusement, en 1993, avec un nouveau gérant, Felipe Alou, le club remporte 94 victoires et acquiert le lanceur vedette Pedro Martinez. Puis en 1994, grimpe en 1ère place avec une avance de 6 parties lorsqu’une grève, déclenchée le 12 août par l’Association des joueurs, vient mettre fin aux espoirs des Montréalais de voir leurs Expos accéder pour une première fois aux séries éliminatoires et fort probablement à la série mondiale. Le conflit prend fin le 31 mars 1995.
Brochu a des problèmes financiers et blâme le stade olympique pour ses déboires. Il se débarrasse des vedettes de 1994. Le club est dernier en 1995. Mais 1996 est meilleure et Brochu annonce son intention de construire un nouveau stade au centre-ville de Montréal. Le gouvernement québécois refuse d’y participer financièrement, avec raison. Pendant ce temps, une nouvelle vedette émerge, c’est Vladimir Guerrero qui fait rêver les partisans. Puis Brochu se voit forcer par les actionnaires de quitter la direction du club.
En 1999, l’assistance chute à 750 000 spectateurs pour une moyenne de 9 260 par match, malgré une saison extraordinaire de Guerrero. Puis, un américain Jeffrey Loria, devient le nouveau commandité et l’espoir revient. Mais rien ne fonctionne en 2000 : absence de contrats de télédiffusion et de radiodiffusion anglophone, assistance décevante, blessures aux joueurs-clé, dollar canadien à la baisse… Pourtant, Guerrero joue de façon extraordinaire.
En 2001, le grand coach Felipe Alou est remercié de ses services et l’assistance s’écroule à 642,748 spectateurs. En 2002, avec 39 circuits et 40 buts volés, Guerrero entraine son équipe qui remporte 83 victoires. Malheureusement, les Montréalais écœurés par Brochu ne répondent plus. En 2003, les Expos se voient forcer de jouer 22 parties locales à Puerto Rico pour renflouer leur caisse.
En 2004, la Ligue annonce le déménagement de la franchise des Expos à Washington. 31 395 amateurs sont au dernier match le 29 septembre.
Au total, durant 35 ans, les Expos n’ont jamais remporté le championnat. Près de 49 millions de spectateurs ont assisté à leurs matchs, soit une moyenne de 1,4 millions par année pour 17,283 par match.
Aujourd’hui, moins de 11 ans après leur départ, les Montréalais nostalgiques veulent leur retour. A lire l’histoire que je viens de raconter, est-ce réaliste ? 
Une chose est certaine. Les nouveaux propriétaires devront avoir des poches profondes. Les 87 années de l’histoire du baseball à Montréal nous enseignent qu’ils doivent avoir de telles poches, car les années grasses sont régulièrement suivies d’années maigres. Bronfman soutenait économiquement son équipe contre vents et marées. Le groupe de Brochu, avec ses multi-millionnaires francophones, se disait incapable. Ceux qui moussent l’idée d’un retour des Expos aujourd’hui, sont-ils du genre Bronfman ? Je l’espère. Sinon, nous nous retrouverons dans quelques années dans la même position qu’en 2004.
Ces événements surviennent alors que le nouveau commissaire du baseball, Rob Manfred, a déclaré, plus tôt cette semaine, que si Montréal voulait un jour accueillir une équipe du baseball majeur, il lui faudrait se doter d’un nouveau stade. Quelle condition farfelue ! C’est comme s’il ne sait pas que le stade Olympique existe. Le maire Coderre et d’autres disent comme lui. Ils semblent tous avoir été endoctrinés par Brochu. C’est une erreur.
Si une telle proposition se concrétise, j’espère que les gouvernements canadiens, québécois et la ville de Montréal ne contribueront pas directement ou indirectement à la construction d’un tel stade.
Un nouveau stade doit être couvert. Il coûtera cher et cela se répercutera sur les coûts des billets qui déjà aujourd’hui sont très chers. Donc, le père de famille qui voudra amener sa femme et ses enfants à une partie de baseball devra payer un coût total très élevé à Montréal. C’est un facteur important à considérer si on veut avoir du monde au Stade. En 1969, le prix était de $ 5. En 2004, il était de $ 40. Aujourd’hui à Toronto il est de $ 70. Que sera-t-il-en 2018 ?
Lorsque l’assistance diminua au parc Jarry on blâma le stade non couvert.  En 2004, on blâma la grandeur du stade olympique. Chaque enceinte a connu ses jours de gloire et ses jours de honte.  Ce n’est pas une question de stade, mais celle de présenter, en tout temps, toujours la meilleure équipe possible. Sans détour.
Le stade olympique est un endroit vivant. Il répond à tous les critères. On y est confortable. Des travaux ont été faits durant les années 90 pour rapprocher le marbre des spectateurs. Deux stations de métro le desservent, son parking à une capacité de milliers d’autos, sa situation au centre de l’île de Montréal le rend facilement accessible. Il a été bien pensé. Il est couvert. Il faut cesser de le vitupérer malicieusement pour justifier la construction d’un nouveau stade. Ça fera ! 
Le stade Olympique a coûté cher aux payeurs de taxes et continue à coûter cher. Il faut augmenter son taux d’occupation afin d’aider à son financement. 81 parties des Expos dans une année, c’est beaucoup de jours occupés. Ils doivent jouer dans le Stade olympique.
Claude Dupras  

  

 

 

dimanche 29 mars 2015

Les manifestations illégales de Montréal: il est temps que ça change !

Les manifestations du printemps érable de 2012 furent mémorables. Ces mouvements de masse avaient été organisés pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité décrétée par le gouvernement libéral du PM Jean Charest. Il est vite devenu évident que le but caché de plusieurs des meneurs de claques de ces manifestations était en réalité de renverser le gouvernement libéral de Jean Charest. Les partis politiques d’opposition, particulièrement le parti Québécois (PQ), profitèrent de la situation en appuyant les manifestants pour les encourager à continuer ce grand dérangement. Le bruit généré fit le tour de la planète.

Jean Charest fut défait de peu à l’élection de 2014 et le PQ devint le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Un des jeunes leaders des manifestions fut élu député péquiste. Moins de deux ans plus tard, les libéraux revinrent au pouvoir en force avec une victoire mémorable qui écrasa littéralement le PQ et son jeune député contestataire dont la popularité s’avéra éphémère. Ces derniers venaient de comprendre que c’est le long terme qui est important pour les Québécois.
Aujourd’hui, de nouvelles manifestations anti-gouvernement-libéral reprennent. Certains chefs-étudiants actuels, (si on peut les appeler des chefs), plus à gauche, se disent justifiés de réagir contre les coupures budgétaires imposées par le gouvernement Couillard pour éliminer les déficits annuels qui augmentent exagérément, sans cesse, la dette des Québécois.
Il est clair que le Québec ne peut continuer ainsi et il est temps qu’il réévalue et réoriente ses dépenses. Les coupures sont qualifiées par les contestataires de « régime d’austérité » alors qu’elles n’en sont pas. Les chefs-étudiants comprennent aussi qu’en définitive ce seront les générations futures qui profiteront de ces serrements des dépenses et que la leur sera la première à en profiter. Évidemment, ils évitent d’en parler car leur but premier est de manifester contre le gouvernement. Pour réussir, ils ont bien compris que le sujet de « l’austérité », seul, ne sera pas suffisant pour motiver un grand nombre de personnes à se rallier à leur projet. Il fallait autre chose. Voilà la raison pour laquelle ils ont ajouté un deuxième thème, les hydrocarbures : de l’exploitation des sables bitumineux à la distribution du pétrole par oléoducs au gaz de schiste. Et oups ! Encore hier, ils viennent d’ajouter le racisme dans leur cahier de doléances, comme quoi ils ont des difficultés à rassembler tout le monde qu’ils espéraient et que c’est bien le gouvernement qu’il conteste.
Manifester est un geste démocratique. La liberté de se regrouper est un droit qui se doit d’être respecté. Les règlements municipaux aussi doivent être obéis. En 2012, ils existaient à peine. Depuis, le conseil de la ville a réagi. Pour être légale, toute manifestation doit répondre aux règlements afin que les autorités municipales puissent la justifier, l’autoriser et la céduler. Le modèle a été la ville de Paris, capitale des manifestations, qui va encore plus loin. Là-bas, elles sont le sujet d’une déclaration au préalable indiquant le but, le lieu, la date, l’heure du rassemblement et l’itinéraire projeté qui est remise aux autorités qui peuvent demander aux organisateurs des modifications de parcours ou d’horaire ou encore d’interdire si elles la jugent de nature à troubler l’ordre public. Là, une manifestation interdite est un délit punissable par la loi. Il est temps que Montréal fasse de même, que la maturité politique s’installe dans notre société, que les organisateurs démontrent un esprit civique et que ça change. Ainsi tout le monde sera heureux.  
Les récentes manifestations étudiantes ont débuté il y a deux semaines et depuis elles ont toutes été déclarées illégales par la police de Montréal. Les chefs-étudiants refusent de se soumettre aux règlements et se justifient en disant que tout est affiché sur Facebook, ne démontrant ainsi aucun respect aux autorités municipales. Pour l’instant, celles-ci tolèrent et cherchent à guider les manifestants sur certain parcours. Les affrontements éclatent. Vivement provoqué, un policier a tiré à bout portant sur une étudiante, un autre a utilisé le poivre de Cayenne pour repousser des manifestants devenus trop agressifs. C’est grave, c’est choquant. Cela ne peut continuer. C’est à se demander s’il y a des casseurs parmi les contestataires ? La conséquence de ces incidents majeurs est que public et la presse ne discutent pas des buts visés par les manifestants. Tout devient un cafouillage.  
L’anarchie ne peut prendre place dans notre métropole. Les droits et les besoins de chaque Montréalais doivent être respectés. Nous nous devons de dénoncer le non-respect des lois et des règlements. Les dirigeants des maisons d’enseignements se doivent aussi d’assurer que leurs étudiants respectent leur institution et d’imposer des sanctions disciplinaires à ceux et à celles qui posent, à l’intérieur de leurs murs, des actes politiques, de vandalisme ou illégaux en préparation de manifestations, car c’est là que tout commence. De plus, le droit démocratique de ceux et celles qui refusent de participer se doit d'être reconnu.  
Il est aussi important que les journalistes, les commentateurs, les chroniqueurs, les blogueurs et autres n’attisent pas davantage la tension en se prononçant indûment pour une partie ou pour l’autre. Les reportages se doivent d’être objectifs si nous voulons tous pouvoir juger vraiment du déroulement de la situation, justifier ou s’opposer à cet acte collectif particulier car c’est la démocratie qui s’exprime. Il nous faut protéger les manifestants, mais il nous faut aussi protéger le public, notre ville et sa réputation.
« De nos temps, l’ampleur des manifestations nécessite des méthodes d’organisation élaborées et des techniques d’informations avancées pour éviter les écueils. Si elles sont bien réussies, elles atteindront leur but d’influer sur l’opinion, influenceront le pouvoir politique et contribueront ainsi à la naissance ou à la révision de politiques rencontrant les visées des revendicateurs ». Sinon, elles deviendront un élément de division dans notre société.

Claude Dupras