La politique est un boomerang.
Nous venons d’en avoir une nouvelle démonstration avec la révélation du « scandale du Bloc ». Le parti fédéral Bloc Québécois est accusé d’avoir utilisé des portions de son budget parlementaire pour payer l’important salaire du président de son organisation politique et électorale. Pourtant le Bloc recevait du gouvernement, comme les autres partis reconnus, des millions $ pour ses fins électorales calculés sur la base du nombre de ses électeurs à l’élection générale précédente.
C’est le même Bloc, plus blanc que neige, qui n’a jamais manqué d’attaquer les pécheurs politiques des autres partis. Avec raison.
Lors du fameux « scandale des commandites », nous étions tous en accord avec le Bloc, qui accablait avec des accusations précises le Parti Libéral du Canada d’avoir utilisé malhonnêtement les argents du gouvernement pour ses fins électorales et d’être un parti sale. Suite à l’enquête de ce scandale, nous avons chassé le PLC du pouvoir pour le punir.
Aujourd’hui, c’est Gilles Duceppe, l’ex-chef du Bloc qui a pris cette décision de mal utiliser les fonds, et son parti qui sont au banc des accusés.
Et ça tombe mal !
En effet, une pression grandissante venant d’une myriade d’opposants vise la chef du Parti Québécois (PQ) afin qu’elle quitte son poste et soit remplacée par Duceppe. Ce n’est que le plus récent putsch contre Pauline Marois et il est motivé par le même leitmotiv, soit la faible situation du PQ dans l’opinion publique et son impossibilité de reprendre le pouvoir aux prochaines élections.
Accusé, Duceppe a surpris par sa réaction en annonçant subitement son départ définitif de la politique disant vouloir dédier tout son temps à se défendre contre l’accusation. Son geste laisse croire qu’elle est fondée puisqu’on ne rejette pas ses ambitions politiques pour des riens.
Pauline Marois obtiendra donc à nouveau la confiance de son parti, lors de la rencontre du bureau national du PQ durant le prochain weekend.
C’est par une Une exagérément éclatante, suivie d’une page 3 de même nature, que La Presse a appris le « scandale du Bloc » aux Québécois. À Ottawa, le parti libéral et le NPD ont déclaré vouloir éclaircir cette situation et, si elle est vraie, réclamer le remboursement de près de 1 millions $ de Duceppe et du Bloc.
Dès la publication de la nouvelle, un grand nombre de séparatistes-souverainistes-indépendantistes, parmi ceux dont la plume est la meilleure, ont déclenché des accusations gratuites contre le journaliste, auteur de l’article, et les propriétaires de La Presse. Pour eux, ce n'est qu'un coup monté pour empêcher la venue de Duceppe à la tête du parti Québécois et la reprise du pouvoir par le PQ. En somme, ils s’attaquent au messager et non au message.
Au lieu d’affirmer qu’ils sont choqués par la révélation, qu’elle est inacceptable si elle s’avère fondée et que ce n’est pas le genre de pays qu’ils veulent faire du Québec, ils cherchent à défendre directement ou indirectement la décision de Duceppe, à la qualifier de « pas grave », à la justifier en prétextant que d’autres ont fait pire, à la réduire à un coup monté, etc..
Le « scandale du Bloc » n’a pas l’envergure du « scandale des commandites ». Mais il a la même importance puisqu’il brave ostensiblement les principes moraux. Et, on se demande, après, pourquoi les électeurs en ont « plein le casque » des politiciens.
Non, ce n’est pas acceptable. Tous les partis doivent s’élever contre une telle façon de faire et le dire, à chaque fois. Le cynisme des électeurs est suffisamment élevé contre la gente politique. Il faut que cessent ces attitudes partisanes et ce genre d’argumentation qui faussent la réalité.
Pour renverser ce courant malsain, nous devons nous donner des femmes et des hommes qui comprennent l’importance de cela dans chacun des partis politiques. Ce n’est pas une question de fédéralisme ou de séparatisme. C’est une question qui touche le genre de Québec que l’on veut, qu’il soit dans le Canada ou indépendant.
Claude Dupras
Le blog politique de Claude Dupras
Pour mieux comprendre les enjeux
mardi 24 janvier 2012
Le genre de Québec que l'on veut
Libellés :
Bloc Québécois,
Canada,
Gilles Duceppe,
indépendantistes,
La Presse,
Parti libéral du Canada,
Pauline Marois,
PQ
mercredi 18 janvier 2012
2012, une année pour les mordus de la politique
2012 est une année rare de trois Vendredi 13. Ça augure mal, puisque vendredi le 13 janvier, le gigantesque navire de croisière Costa Concordia avec 4229 passagers à bord frappa un rocher, s’échoua et roula à tribord en Méditerranée. De plus, Nostradamus et les Mayas ont prédit la fin du monde pour 2012.
On se rappellera longtemps de 2012 puisqu’elle sera aussi hautement politique et électorale en Amérique, en France, au Québec, au Canada, dans les pays arabes… Une année exceptionnelle pour les mordus de la politique.
Aux USA, le résultat de l’élection présidentielle de novembre prochain peut secouer éventuellement le monde. La bataille entre les partis démocrate et républicain s’annonce pour être une des moins civilisées. L’élection primaire républicaine en donne des signes avant-coureurs. Les cinq candidats qui sont encore en liste : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum, Rick Perry, et Ron Paul n’hésitent pas à s’accuser mutuellement méchamment et faussement dans le but de salir leurs adversaires. Ils oublient qu’un d’eux sera le candidat contre Barack Obama et que l’organisation électorale de ce dernier pourra utiliser leurs diatribes contre lui.
Mitt Romney est le seul modéré du groupe et un ancien gouverneur républicain du démocrate Massachusetts où il a fait voter d’importantes lois sociales. Aujourd’hui, il dénonce des lois similaires d’Obama et renie son passé simplement pour plaire à l’aile conservatrice et religieuse de son parti. Il veut gagner à tout prix. Il récolte actuellement près de 35% des suffrages des primaires et l’establishment du parti l’appuie.
Ron Paul est un libertaire de droite qui croit en la liberté absolue de chaque américain en matière politique et sociale. Il s’oppose à la guerre et veut que la presque totalité des 900 bases militaires américaines dans le monde soient fermées et le personnel rapatrié. Il prône que les USA cessent d’influencer les pays du monde. Il veut diminuer considérablement les dépenses gouvernementales. 20 à 25% d’électeurs primaires enthousiastes l’appuient.
Newt Gingrich et Rick Santorum sont comme des frères jumeaux, même si Gingrich est plus âgé et a une plus vaste expérience politique puisqu’il a été le Speaker de la chambre. Ce dernier est un homme intelligent, un historien bien renseigné et un excellent orateur. Il est cependant un démagogue qui n’hésite pas à lancer des arguments insoutenables. Sa part d’appui se situe à près de 20%. Quant à Santorum, il est le candidat choisi des évangélistes. Ancien sénateur du Pennsylvanie, il a été chassé par ses électeurs par une marge de 16%. Nonobstant cette cuisante défaite, il est cette année candidat à l’investiture de son parti et est venu à huit voix de gagner la primaire de l’Iowa. On lui donne actuellement près de 15% des votes et son étoile est à la hausse. Une fusion Gingrich-Santorum est dans l’air car la droite récolte actuellement plus de 50% des suffrages et vise à avoir un candidat unique.
Quant au gouverneur du Texas, Rick Perry, il est fortement à droite mais sa campagne ne lève pas. Il est malhabile, mal renseigné et les débats l’ont coulé. Il devrait quitter la course bientôt et ses supporteurs (3-5%) iront vers Gingrich ou Santorum.
Malgré que la prochaine primaire soit en Caroline du Sud, terre fertile pour les évangélistes et la droite de la droite, Mitt Romney mène dans les sondages. Ce sera sa troisième victoire consécutive après celles du New Hampshire et de l’Iowa et elle amplifiera le vent dans ses voiles.
Dans cette course, comme toujours aux USA, l’argent est important. Ces primaires coûtent une fortune à chaque candidat, et lorsqu’un candidat faiblit, la source de ses revenus s’assèche et il se voit obligé de la quitter. Bientôt, trois candidats demeureront en liste. Romney, Paul et Gingrich ou Santorum.
Un facteur additionnel peut affecter le résultat. C’est le vote des délégués ex-officio, « Unpleged delegates », choisis parmi les dirigeants du parti. Ils représentent près de 20% du total des délégués à la convention et peuvent faire la différence. Je crois de plus en plus que Mitt Romney sera le candidat du parti républicain.
En France, le président Nicolas Sarkozy a des problèmes importants de réélection à cause, entre autres, de l’économie. Malgré qu’il ne reste que moins de 100 jours avant l’élection présidentielle, Sarkozy n’est pas encore officiellement en campagne électorale, prétextant qu’il a trop à faire en rapport avec la crise de l’euro et de l’Europe, la baisse de la notation de la France, et tout ce qu’il doit faire comme président. Il y a du vrai dans tout cela, mais ses actions et ses déplacements montrent bien, en tout cas, qu’il y pense. Depuis plusieurs mois, Sarkozy a remonté dans les sondages. La cote de son adversaire principal, le socialiste François Hollande a diminué mais il conserve une marge de 6% pour le deuxième tour si lui et Sarkozy sont les candidats. Cela semble beaucoup, mais si seulement 3% des supporteurs d’Hollande changent d’idée, Sarkozy peut gagner. C’est possible.
Mais comment gagner et avec quelle stratégie devant la détestation manifeste d’un très grand nombre de Français. Comment agir face un Hollande qui l’accuse de n’être qu’un gouvernement de paroles, alors qu’à ce jour, comme candidat socialiste, il ne dit que des mots, des mots et encore des mots qui ne signifient rien de concret car il ne veut pas s’engager et risquer des critiques. Le défi de Sarkozy est grand, mais possible. Comment faire ?
Il semble que Sarkozy optera pour l’action. Il veut implanter des changements qui depuis longtemps auraient dû l’être. Des changements qui répondront aux vrais problèmes de la France, la compétitivité et la productivité. C’est la raison principale pourquoi l’Allemagne a si distancé industriellement la France. C’est aussi l’argument de Standard and Poor’s, cette semaine, lorsqu’elle a baissé la note de la France de AAA à AA+.
Sarkozy a fait beaucoup pour encourager les Français à travailler plus. Il a combattu et corrigé l’erreur magistrale qu’a été la loi des 35 heures. Il reste à favoriser l’emploi dans les entreprises et chez les artisans en éliminant les charges sociales.
Je vis en France depuis 13 ans, 4,5 mois par an et combien de fois ai-je entendu un artisan français plombier, ébéniste, maçon, jardinier, électricien, et autres travaillant seuls, et à qui je demandais la raison pour laquelle ils n’engageaient pas d’employés alors que leur carnet de commandes débordait. « les charges, Monsieur, les charges… », est la réponse chaque fois. Impossible de faire un profit raisonnable face à un coût de travail excessif.
Sarkozy, veut s’attaquer à cette situation en proposant la TVA sociale. Il s’agit d’augmenter la taxe de valeur ajoutée de 2% et de financer, avec ces revenus additionnels, les cotisations sociales actuellement payées par l’employeur et l’employé sur chaque salaire. Sans ses charges, l’employeur profite d’une meilleure compétitivité-prix et l’employé voit son revenu net augmenter. Je suis convaincu qu’il y aura une augmentation rapide de l’emploi chez les artisans et que les entreprises pourront vendre leurs produits à meilleurs prix à l’étranger puisqu’ils pourront concurrencer les autres pays. Évidemment, l’opposition est forte, et accuse Sarkozy de ne vouloir faire qu’un cadeau aux entreprises au détriment d’une augmentant des prix pour les consommateurs.
Si Sarkozy prend finalement cette décision, ce sera un geste non seulement nécessaire à ce moment-ci, mais courageux. À cause de l’élection présidentielle, la France ne peut quand même pas rester 6 mois à ne rien faire face aux menaces qui la confrontent.
Au lieu de promesses électorales, Sarkozy passera à l’action. S’il perd, tant pis pour lui, mais la France aura gagné. Si les Français comprennent son geste, l’impopularité initiale de cette mesure sera renversée et Sarkozy sera réélu. Quant à Hollande, il sera devant un dilemme important : la France ou le parti socialiste. S’il est politiquement intelligent, il optera pour la France en appuyant Sarkozy. Il amenuisera ainsi les effets positifs gagnés par le président.
Au Québec, c’est l’ère des transfuges. Il s’agit d’individus qui se qualifient « personnes de principe », mais qui laissent l’impression de ne chercher qu’à sauver leur poste de député ou de vouloir accéder au cabinet des ministres du prochain gouvernement. Je suis surpris des ouvertures de François Legault, chef de la « Coalition de l’avenir », aux députés des autres partis. Je n’aime pas qu’il favorise de telles singeries. Alors qu’il trône au haut des sondages depuis un long moment, que la presse est bonne pour lui et qu’il est populaire, pourquoi ne présente-t-il pas une brochette de candidats nouveaux et de haut niveau prêts à laisser leurs affaires personnelles pour servir le Québec. Les Québécois veulent des personnes sincères et compétentes pour les diriger. Ils aiment des chefs forts mais pas des « one-man show ». Le chef François Legault a les moyens, grâce à son niveau élevé de popularité, de présenter une « équipe du tonnerre ». S’il ne le fait pas, il ferait mieux de rentrer chez lui tout de suite, car les Québécois l’y amèneront le soir des élections.
Quant au Parti Québécois, c’est l’auto-destruction qui est en vogue. Malgré que la chef, Pauline Marois, ait obtenu 93 % d’appuis au dernier congrès, les députés, affolés par les sondages, ne cessent de critiquer sur la place publique leur chef et leur parti quand ils ne les quittent pas. Et les « purs et durs » ne cessent d’invectiver la chef tout en appelant à l’unité des forces. C’est ridicule car s’il n’y a pas d’unité dans un parti, il n’y a pas de succès électoral.
Devant ce parterre de groupuscules qui se chamaillent, la chef semble vouloir prendre la politique française comme modèle. Elle veut proposer des ententes avec les micropartis souverainistes. Il s’agit pour elle d’attribuer à ces groupuscules des comtés où le Parti Québécois ne présenterait pas de candidats en échange qu’ils ne présentent pas de candidat contre ceux du PQ. Par exemple, dans le comté de Gouin, le Parti Solidaire présente sa chef Françoise David contre le député sortant Girard. Cela pourrait avoir comme effet de diviser les votes et de permettre au candidat libéral ou caquiste de gagner le comté. C’est du magouillage politique et antidémocratique et l’exemple français démontre combien c’est injuste. Mme Marois fera une grave erreur si elle accorde l’opportunité à ces groupes non importants d’obtenir, par un jeu de coulisses, des représentants à l’Assemblée nationale qu’ils ne pourraient obtenir autrement. Le PQ le regrettera longtemps.
Que les souverainistes, indépendantistes, séparatistes, péquistes se rallient derrière la chef du parti Québécois et ils seront surpris des résultats. Dans la situation de fluctuation actuelle, rien n’est perdu et affirmer comme certains que la prochaine élection marquera la fin du parti Québécois, est de la folie furieuse. Quand même, soyons sérieux !
Quant au parti libéral de Jean Charest, il se dirige lentement et surement vers un gouvernement minoritaire. À moins que Jean Charest ne démissionne, comme je le prévois.
Au niveau fédéral, c’est l’élection du chef du Nouveau Parti Démocratique (NDP) qui est importante pour le Canada. Les membres de ce parti ont un choix important à faire. Ils ne doivent pas oublier que la majorité des députés de leur parti vient du Québec. Thomas Mulcair, le député NPD d’Outremont est candidat. Dans sa carrière professionnelle, il a toujours été associé à des causes difficiles et à des groupes de défense de droits de l’individu. Il a été ministre de l’environnement du Québec et a protégé notre patrimoine écologique allant même jusqu’à refuser une décision gouvernementale, en raison de laquelle il a finalement démissionné du gouvernement et du parti. Il s’est présenté à Outremont pour le NPD et a réussi l’impossible en se faisant élire député fédéral. Le seul au Québec. Il a bien travaillé à la Chambre des communes et a démontré sa vigueur et sa rigueur dans ses débats avec le premier ministre et les ministres. Il a collaboré étroitement avec Jack Layton, est devenu son principal assistant et a contribué grandement à l’élection des 59 députés québécois le 2 mai dernier. Nous savons qu’il a toutes les qualités requises pour être un bon chef de parti et qu’il saura bien représenter tous les électeurs du NPD.
Mais peut-il gagner la chefferie ? Aujourd’hui, cela semble peu probable à cause du fait que ce sont les membres qui votent et qu’au Québec, à cause de la conjoncture, il y a peu de membres. Les députés du Québec y travaillent, mais réussiront-ils ?
Le choix du chef NPD est difficile à cause des qualités personnelles des huit aspirants. Le favori d’après les observateurs serait Brian Topp, un organisateur de longue date. C’est un Québécois, qui parle le français. Cependant lors du premier débat, il a démontré de la difficulté à s’exprimer avec aisance, charisme et conviction. Topp a affirmé qu’il apprendrait avec le temps. Malheureusement, ce n’est pas en tant que chef de l’opposition officielle à Ottawa que le temps est venu d’apprendre à débattre. Non, le chef est alors dans le feu de l’action et ses mots et ses arguments doivent porter. Avec Mulcair, nous sommes certains qu’il sait comment faire. Il l’a démontré maintes fois dans le passé.
J’espère que les délégués néodémocrates auront l’intelligence politique de choisir Thomas Mulcair comme chef de leur parti.
Puis, il y a tous les pays arabes qui seront confrontés en 2012 avec l’immense tâche politique de bâtir des gouvernements démocratiques à leur image. Marocains, Tunisiens, Libyens, Égyptiens et de nombreux autres ont devant eux un défi important pour l’avenir de leur pays et la liberté individuelle de leurs populations. Il est clair et normal, dans les circonstances, que ces gouvernements seront musulmans tout comme les nôtres en Occident étaient chrétiens alors que nous étions tous de fervents pratiquants, il n’y a pas tellement longtemps. Ce sera fort intéressant de suivre le développement politique de tous ces pays.
Oui, 2012 sera une année politiquement remplie et exceptionnelle.
Claude Dupras
Note ajoutée le 20 janvier 2012
Au contraire de ce que j'ai écrit dans ce texte, suite au recomptage des votes, c'est Rick Santorum qui a gagné la primaire d'Iowa par 34 votes.
Claude Dupras
On se rappellera longtemps de 2012 puisqu’elle sera aussi hautement politique et électorale en Amérique, en France, au Québec, au Canada, dans les pays arabes… Une année exceptionnelle pour les mordus de la politique.
Aux USA, le résultat de l’élection présidentielle de novembre prochain peut secouer éventuellement le monde. La bataille entre les partis démocrate et républicain s’annonce pour être une des moins civilisées. L’élection primaire républicaine en donne des signes avant-coureurs. Les cinq candidats qui sont encore en liste : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum, Rick Perry, et Ron Paul n’hésitent pas à s’accuser mutuellement méchamment et faussement dans le but de salir leurs adversaires. Ils oublient qu’un d’eux sera le candidat contre Barack Obama et que l’organisation électorale de ce dernier pourra utiliser leurs diatribes contre lui.
Mitt Romney est le seul modéré du groupe et un ancien gouverneur républicain du démocrate Massachusetts où il a fait voter d’importantes lois sociales. Aujourd’hui, il dénonce des lois similaires d’Obama et renie son passé simplement pour plaire à l’aile conservatrice et religieuse de son parti. Il veut gagner à tout prix. Il récolte actuellement près de 35% des suffrages des primaires et l’establishment du parti l’appuie.
Ron Paul est un libertaire de droite qui croit en la liberté absolue de chaque américain en matière politique et sociale. Il s’oppose à la guerre et veut que la presque totalité des 900 bases militaires américaines dans le monde soient fermées et le personnel rapatrié. Il prône que les USA cessent d’influencer les pays du monde. Il veut diminuer considérablement les dépenses gouvernementales. 20 à 25% d’électeurs primaires enthousiastes l’appuient.
Newt Gingrich et Rick Santorum sont comme des frères jumeaux, même si Gingrich est plus âgé et a une plus vaste expérience politique puisqu’il a été le Speaker de la chambre. Ce dernier est un homme intelligent, un historien bien renseigné et un excellent orateur. Il est cependant un démagogue qui n’hésite pas à lancer des arguments insoutenables. Sa part d’appui se situe à près de 20%. Quant à Santorum, il est le candidat choisi des évangélistes. Ancien sénateur du Pennsylvanie, il a été chassé par ses électeurs par une marge de 16%. Nonobstant cette cuisante défaite, il est cette année candidat à l’investiture de son parti et est venu à huit voix de gagner la primaire de l’Iowa. On lui donne actuellement près de 15% des votes et son étoile est à la hausse. Une fusion Gingrich-Santorum est dans l’air car la droite récolte actuellement plus de 50% des suffrages et vise à avoir un candidat unique.
Quant au gouverneur du Texas, Rick Perry, il est fortement à droite mais sa campagne ne lève pas. Il est malhabile, mal renseigné et les débats l’ont coulé. Il devrait quitter la course bientôt et ses supporteurs (3-5%) iront vers Gingrich ou Santorum.
Malgré que la prochaine primaire soit en Caroline du Sud, terre fertile pour les évangélistes et la droite de la droite, Mitt Romney mène dans les sondages. Ce sera sa troisième victoire consécutive après celles du New Hampshire et de l’Iowa et elle amplifiera le vent dans ses voiles.
Dans cette course, comme toujours aux USA, l’argent est important. Ces primaires coûtent une fortune à chaque candidat, et lorsqu’un candidat faiblit, la source de ses revenus s’assèche et il se voit obligé de la quitter. Bientôt, trois candidats demeureront en liste. Romney, Paul et Gingrich ou Santorum.
Un facteur additionnel peut affecter le résultat. C’est le vote des délégués ex-officio, « Unpleged delegates », choisis parmi les dirigeants du parti. Ils représentent près de 20% du total des délégués à la convention et peuvent faire la différence. Je crois de plus en plus que Mitt Romney sera le candidat du parti républicain.
En France, le président Nicolas Sarkozy a des problèmes importants de réélection à cause, entre autres, de l’économie. Malgré qu’il ne reste que moins de 100 jours avant l’élection présidentielle, Sarkozy n’est pas encore officiellement en campagne électorale, prétextant qu’il a trop à faire en rapport avec la crise de l’euro et de l’Europe, la baisse de la notation de la France, et tout ce qu’il doit faire comme président. Il y a du vrai dans tout cela, mais ses actions et ses déplacements montrent bien, en tout cas, qu’il y pense. Depuis plusieurs mois, Sarkozy a remonté dans les sondages. La cote de son adversaire principal, le socialiste François Hollande a diminué mais il conserve une marge de 6% pour le deuxième tour si lui et Sarkozy sont les candidats. Cela semble beaucoup, mais si seulement 3% des supporteurs d’Hollande changent d’idée, Sarkozy peut gagner. C’est possible.
Mais comment gagner et avec quelle stratégie devant la détestation manifeste d’un très grand nombre de Français. Comment agir face un Hollande qui l’accuse de n’être qu’un gouvernement de paroles, alors qu’à ce jour, comme candidat socialiste, il ne dit que des mots, des mots et encore des mots qui ne signifient rien de concret car il ne veut pas s’engager et risquer des critiques. Le défi de Sarkozy est grand, mais possible. Comment faire ?
Il semble que Sarkozy optera pour l’action. Il veut implanter des changements qui depuis longtemps auraient dû l’être. Des changements qui répondront aux vrais problèmes de la France, la compétitivité et la productivité. C’est la raison principale pourquoi l’Allemagne a si distancé industriellement la France. C’est aussi l’argument de Standard and Poor’s, cette semaine, lorsqu’elle a baissé la note de la France de AAA à AA+.
Sarkozy a fait beaucoup pour encourager les Français à travailler plus. Il a combattu et corrigé l’erreur magistrale qu’a été la loi des 35 heures. Il reste à favoriser l’emploi dans les entreprises et chez les artisans en éliminant les charges sociales.
Je vis en France depuis 13 ans, 4,5 mois par an et combien de fois ai-je entendu un artisan français plombier, ébéniste, maçon, jardinier, électricien, et autres travaillant seuls, et à qui je demandais la raison pour laquelle ils n’engageaient pas d’employés alors que leur carnet de commandes débordait. « les charges, Monsieur, les charges… », est la réponse chaque fois. Impossible de faire un profit raisonnable face à un coût de travail excessif.
Sarkozy, veut s’attaquer à cette situation en proposant la TVA sociale. Il s’agit d’augmenter la taxe de valeur ajoutée de 2% et de financer, avec ces revenus additionnels, les cotisations sociales actuellement payées par l’employeur et l’employé sur chaque salaire. Sans ses charges, l’employeur profite d’une meilleure compétitivité-prix et l’employé voit son revenu net augmenter. Je suis convaincu qu’il y aura une augmentation rapide de l’emploi chez les artisans et que les entreprises pourront vendre leurs produits à meilleurs prix à l’étranger puisqu’ils pourront concurrencer les autres pays. Évidemment, l’opposition est forte, et accuse Sarkozy de ne vouloir faire qu’un cadeau aux entreprises au détriment d’une augmentant des prix pour les consommateurs.
Si Sarkozy prend finalement cette décision, ce sera un geste non seulement nécessaire à ce moment-ci, mais courageux. À cause de l’élection présidentielle, la France ne peut quand même pas rester 6 mois à ne rien faire face aux menaces qui la confrontent.
Au lieu de promesses électorales, Sarkozy passera à l’action. S’il perd, tant pis pour lui, mais la France aura gagné. Si les Français comprennent son geste, l’impopularité initiale de cette mesure sera renversée et Sarkozy sera réélu. Quant à Hollande, il sera devant un dilemme important : la France ou le parti socialiste. S’il est politiquement intelligent, il optera pour la France en appuyant Sarkozy. Il amenuisera ainsi les effets positifs gagnés par le président.
Au Québec, c’est l’ère des transfuges. Il s’agit d’individus qui se qualifient « personnes de principe », mais qui laissent l’impression de ne chercher qu’à sauver leur poste de député ou de vouloir accéder au cabinet des ministres du prochain gouvernement. Je suis surpris des ouvertures de François Legault, chef de la « Coalition de l’avenir », aux députés des autres partis. Je n’aime pas qu’il favorise de telles singeries. Alors qu’il trône au haut des sondages depuis un long moment, que la presse est bonne pour lui et qu’il est populaire, pourquoi ne présente-t-il pas une brochette de candidats nouveaux et de haut niveau prêts à laisser leurs affaires personnelles pour servir le Québec. Les Québécois veulent des personnes sincères et compétentes pour les diriger. Ils aiment des chefs forts mais pas des « one-man show ». Le chef François Legault a les moyens, grâce à son niveau élevé de popularité, de présenter une « équipe du tonnerre ». S’il ne le fait pas, il ferait mieux de rentrer chez lui tout de suite, car les Québécois l’y amèneront le soir des élections.
Quant au Parti Québécois, c’est l’auto-destruction qui est en vogue. Malgré que la chef, Pauline Marois, ait obtenu 93 % d’appuis au dernier congrès, les députés, affolés par les sondages, ne cessent de critiquer sur la place publique leur chef et leur parti quand ils ne les quittent pas. Et les « purs et durs » ne cessent d’invectiver la chef tout en appelant à l’unité des forces. C’est ridicule car s’il n’y a pas d’unité dans un parti, il n’y a pas de succès électoral.
Devant ce parterre de groupuscules qui se chamaillent, la chef semble vouloir prendre la politique française comme modèle. Elle veut proposer des ententes avec les micropartis souverainistes. Il s’agit pour elle d’attribuer à ces groupuscules des comtés où le Parti Québécois ne présenterait pas de candidats en échange qu’ils ne présentent pas de candidat contre ceux du PQ. Par exemple, dans le comté de Gouin, le Parti Solidaire présente sa chef Françoise David contre le député sortant Girard. Cela pourrait avoir comme effet de diviser les votes et de permettre au candidat libéral ou caquiste de gagner le comté. C’est du magouillage politique et antidémocratique et l’exemple français démontre combien c’est injuste. Mme Marois fera une grave erreur si elle accorde l’opportunité à ces groupes non importants d’obtenir, par un jeu de coulisses, des représentants à l’Assemblée nationale qu’ils ne pourraient obtenir autrement. Le PQ le regrettera longtemps.
Que les souverainistes, indépendantistes, séparatistes, péquistes se rallient derrière la chef du parti Québécois et ils seront surpris des résultats. Dans la situation de fluctuation actuelle, rien n’est perdu et affirmer comme certains que la prochaine élection marquera la fin du parti Québécois, est de la folie furieuse. Quand même, soyons sérieux !
Quant au parti libéral de Jean Charest, il se dirige lentement et surement vers un gouvernement minoritaire. À moins que Jean Charest ne démissionne, comme je le prévois.
Au niveau fédéral, c’est l’élection du chef du Nouveau Parti Démocratique (NDP) qui est importante pour le Canada. Les membres de ce parti ont un choix important à faire. Ils ne doivent pas oublier que la majorité des députés de leur parti vient du Québec. Thomas Mulcair, le député NPD d’Outremont est candidat. Dans sa carrière professionnelle, il a toujours été associé à des causes difficiles et à des groupes de défense de droits de l’individu. Il a été ministre de l’environnement du Québec et a protégé notre patrimoine écologique allant même jusqu’à refuser une décision gouvernementale, en raison de laquelle il a finalement démissionné du gouvernement et du parti. Il s’est présenté à Outremont pour le NPD et a réussi l’impossible en se faisant élire député fédéral. Le seul au Québec. Il a bien travaillé à la Chambre des communes et a démontré sa vigueur et sa rigueur dans ses débats avec le premier ministre et les ministres. Il a collaboré étroitement avec Jack Layton, est devenu son principal assistant et a contribué grandement à l’élection des 59 députés québécois le 2 mai dernier. Nous savons qu’il a toutes les qualités requises pour être un bon chef de parti et qu’il saura bien représenter tous les électeurs du NPD.
Mais peut-il gagner la chefferie ? Aujourd’hui, cela semble peu probable à cause du fait que ce sont les membres qui votent et qu’au Québec, à cause de la conjoncture, il y a peu de membres. Les députés du Québec y travaillent, mais réussiront-ils ?
Le choix du chef NPD est difficile à cause des qualités personnelles des huit aspirants. Le favori d’après les observateurs serait Brian Topp, un organisateur de longue date. C’est un Québécois, qui parle le français. Cependant lors du premier débat, il a démontré de la difficulté à s’exprimer avec aisance, charisme et conviction. Topp a affirmé qu’il apprendrait avec le temps. Malheureusement, ce n’est pas en tant que chef de l’opposition officielle à Ottawa que le temps est venu d’apprendre à débattre. Non, le chef est alors dans le feu de l’action et ses mots et ses arguments doivent porter. Avec Mulcair, nous sommes certains qu’il sait comment faire. Il l’a démontré maintes fois dans le passé.
J’espère que les délégués néodémocrates auront l’intelligence politique de choisir Thomas Mulcair comme chef de leur parti.
Puis, il y a tous les pays arabes qui seront confrontés en 2012 avec l’immense tâche politique de bâtir des gouvernements démocratiques à leur image. Marocains, Tunisiens, Libyens, Égyptiens et de nombreux autres ont devant eux un défi important pour l’avenir de leur pays et la liberté individuelle de leurs populations. Il est clair et normal, dans les circonstances, que ces gouvernements seront musulmans tout comme les nôtres en Occident étaient chrétiens alors que nous étions tous de fervents pratiquants, il n’y a pas tellement longtemps. Ce sera fort intéressant de suivre le développement politique de tous ces pays.
Oui, 2012 sera une année politiquement remplie et exceptionnelle.
Claude Dupras
Note ajoutée le 20 janvier 2012
Au contraire de ce que j'ai écrit dans ce texte, suite au recomptage des votes, c'est Rick Santorum qui a gagné la primaire d'Iowa par 34 votes.
Claude Dupras
Libellés :
Allemagne,
Canada,
France,
François Hollande,
François Legault,
Jack Layton,
Jean Charest,
Mitch Romney,
Mulcair,
NDP,
Newt Gingrich,
parti libéral du Québec,
Pauline Marois,
PQ,
Sarkozy,
USA
mercredi 11 janvier 2012
La part des choses
L’écriture est une activité captivante, intéressante, motivante et combien satisfaisante. Écrire régulièrement une chronique, un billet ou un article est un exercice fascinant mais ô combien difficile. Évidemment, il faut les rédiger en respectant l’ensemble des règles grammaticales de la langue utilisée et exprimer sa pensée, ses émotions, ses sentiments par un style personnel capable d’intéresser le lecteur et lui faciliter la compréhension de l’enchaînement de l’argumentation.
Pour être logique, cette dernière nécessite, entre autres, un raisonnement juste, méthodique, cohérent et vrai qui doit prendre en compte toutes les circonstances avant d’arriver à une opinion. Ce n’est pas facile mais l’auteur le doit à ses lecteurs.
Je lis quotidiennement mon lot d’articles de presse, de blogues, etc… Ils sont généralement très bien écrits, neutres et souvent convaincants. Quelques autres, par contre, publiés généralement sur les sites partisans de gauche, de droite, fédéralistes ou séparatistes, tendent à favoriser les objectifs du site et sont trop souvent biaisés. C’est ce que je trouve triste. À mon avis, on ne peut prétendre défendre une option politique si on fausse les faits d’une argumentation ou que l’on ne considère qu’un côté de la médaille. Un tel jeu partisan ne rend service à personne. Il y a suffisamment de bons arguments pour défendre toute cause, qu’elle soit de gauche ou de droite, fédéraliste ou indépendantiste.
Certes, il y a les erreurs de jugement ou les mauvaises interprétations qui peuvent entrer en ligne de jeu, mais cela est compréhensible car l’auteur est un être comme les autres et loin d’être parfait. Je ne parle pas de cela mais d’arguments sciemment écrits pour tromper ou faire valoir son option à tout prix.
Trop souvent, pour contrer une argumentation, on s’attaque à la personne qui l’a formulée. Par exemple, on diminue la valeur d’un écrit d’un éditorialiste en prétextant qu’il suit obligatoirement la ligne politique du journal. Même si on sait que les éditoriaux provoquent ou cherchent à accroître l’adhésion du lecteur à une certaine thèse, il n’en demeure pas moins qu’ils sont généralement basés sur des arguments solides. Combien de fois ai-je lu des ripostes insensées contre les éditoriaux des journaux montréalais Le Devoir (souverainiste) et La Presse (fédéraliste) ou encore Libération (gauche) ou Le Figaro (droite) de France. Au lieu de réfuter logiquement le fonds de l’argumentation de l’article avec lequel on est en désaccord, on détourne l’attention du lecteur en affirmant que l’auteur est vendu à la ligne éditorialiste de son journal et qu’il plagie sciemment et malhonnêtement le contenu de son article pour satisfaire son employeur.
Il en est de même pour les blogueurs ou autres individus qui écrivent des articles sur des sites internet. Récemment, j’ai reçu un commentaire suite à la publication de mon billet « Sarkozy, un moindre mal », L’auteur affirma sans broncher ce qui suit : « Épouvantable ! Il ne faut vraiment rien connaître à la politique française pour écrire des choses pareilles ». Pourtant, il me connaît bien et sait que je vis près de 4,5 mois par an en France et cela depuis 13 ans. Il sait aussi que je suis, au pas, l’évolution de tout le débat politique français, que je le commente et que les lecteurs de mon blog politique sont à 66% de France. Il sait aussi que j’ai toujours été impliqué dans la politique à tous les niveaux où j’ai rempli des tâches importantes, ce qui m’a donné une expérience et une connaissance uniques de la vie politique. C’est un exemple patent de ce que j’ai affirmé précédemment. Au lieu de réfuter mes arguments, contraire aux affirmations de trois de ses articles (il est un antisarkozyste), il a cherché à me ridiculiser. Malgré cela, je ne retire rien de ce que j’ai écrit sur le réformateur qu’est Sarkozy et sur l’évolution de l’élection présidentielle française, parce qu’honnêtement c’est ce que je pense.
Chaque blogueur a son expérience de vie et sa façon de voir et de juger des choses. Sur ce blog, je recommande à mes lecteurs, sur la colonne à droite, la lecture de plus de 60 blogs de toutes sortes que j’ai choisis parce qu’ils représentent des opinions politiques de tous les coins du monde et d’auteurs aux positions politiques variées et au savoir approfondi dans un domaine particulier de connaissances. Même si parfois je suis en désaccord avec le contenu de leurs billets, j’aime bien les lire car je sais qu’ils sont des individus sérieux et responsables qui savent faire la part des choses. Cela m’aide à mieux juger de l’évolution de la société qui me touche et je crois qu’ils peuvent aider les autres.
Je sais que plusieurs personnes ont tendance à rechercher des articles qui leur plaisent et aiment lire ceux qui expriment la tendance politique avec laquelle ils sont confortables. C’est un peu normal. Mais est-ce bon ? Sommes-nous assez ouverts aux idées différentes et nouvelles alors que la vie change constamment. On ne s’en rend pas nécessairement compte, mais on n’a qu’à penser qu’il y a à peine 50 ans, le Québec n’avait pas de dettes, était solidement catholique et n’était pas au diapason du monde. Les politiques québécoise, canadienne et mondiale évoluent rapidement.
Avant, nous étions bleus ou rouges. Aujourd’hui, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont représentées dans le spectre de la politique et chacune représente une partie des désirs et des problèmes évolutifs des membres de notre société. Nous nous devons d’écouter, d’analyser, de considérer et de peser toutes les argumentations qui jaillissent de notre monde. Il y va de notre intérêt personnel et de l’intérêt général. Nous deviendrons ainsi de meilleurs citoyens.
Quant à ceux qui écrivent, ils ont tous ma sympathie. Je sais que la plupart cherchent à agir de façon responsable dans l’écriture de leurs articles. Ils savent qu’il est trop facile de concevoir des scénarios noirs qui annoncent la fin du monde sans autre preuve que les articles négatifs qui circulent sur internet, regrouper en un, tout en oubliant ceux qui émettent des sons différents. Ils savent aussi qu’il est trop facile de conclure qu’un tel ou tel autre sont des çi et des ça et ne pensent qu’à profiter de tout au dépend des autres, sans preuves réelles.
La fin du monde annoncée n’a pas eu lieu, la bourse a repris du poil de la bête et l’Europe est à régler ses problèmes. Il ne faut jamais oublier que les prophètes de malheur semblent ne pas comprendre ou tenir compte qu’il y a des solutions à tout problème et que le bonhomme-sept-heures est une histoire d’enfants.
Il ne faut surtout pas oublier qu’être responsable en écriture signifie faire la part des choses.
Claude Dupras
Pour être logique, cette dernière nécessite, entre autres, un raisonnement juste, méthodique, cohérent et vrai qui doit prendre en compte toutes les circonstances avant d’arriver à une opinion. Ce n’est pas facile mais l’auteur le doit à ses lecteurs.
Je lis quotidiennement mon lot d’articles de presse, de blogues, etc… Ils sont généralement très bien écrits, neutres et souvent convaincants. Quelques autres, par contre, publiés généralement sur les sites partisans de gauche, de droite, fédéralistes ou séparatistes, tendent à favoriser les objectifs du site et sont trop souvent biaisés. C’est ce que je trouve triste. À mon avis, on ne peut prétendre défendre une option politique si on fausse les faits d’une argumentation ou que l’on ne considère qu’un côté de la médaille. Un tel jeu partisan ne rend service à personne. Il y a suffisamment de bons arguments pour défendre toute cause, qu’elle soit de gauche ou de droite, fédéraliste ou indépendantiste.
Certes, il y a les erreurs de jugement ou les mauvaises interprétations qui peuvent entrer en ligne de jeu, mais cela est compréhensible car l’auteur est un être comme les autres et loin d’être parfait. Je ne parle pas de cela mais d’arguments sciemment écrits pour tromper ou faire valoir son option à tout prix.
Trop souvent, pour contrer une argumentation, on s’attaque à la personne qui l’a formulée. Par exemple, on diminue la valeur d’un écrit d’un éditorialiste en prétextant qu’il suit obligatoirement la ligne politique du journal. Même si on sait que les éditoriaux provoquent ou cherchent à accroître l’adhésion du lecteur à une certaine thèse, il n’en demeure pas moins qu’ils sont généralement basés sur des arguments solides. Combien de fois ai-je lu des ripostes insensées contre les éditoriaux des journaux montréalais Le Devoir (souverainiste) et La Presse (fédéraliste) ou encore Libération (gauche) ou Le Figaro (droite) de France. Au lieu de réfuter logiquement le fonds de l’argumentation de l’article avec lequel on est en désaccord, on détourne l’attention du lecteur en affirmant que l’auteur est vendu à la ligne éditorialiste de son journal et qu’il plagie sciemment et malhonnêtement le contenu de son article pour satisfaire son employeur.
Il en est de même pour les blogueurs ou autres individus qui écrivent des articles sur des sites internet. Récemment, j’ai reçu un commentaire suite à la publication de mon billet « Sarkozy, un moindre mal », L’auteur affirma sans broncher ce qui suit : « Épouvantable ! Il ne faut vraiment rien connaître à la politique française pour écrire des choses pareilles ». Pourtant, il me connaît bien et sait que je vis près de 4,5 mois par an en France et cela depuis 13 ans. Il sait aussi que je suis, au pas, l’évolution de tout le débat politique français, que je le commente et que les lecteurs de mon blog politique sont à 66% de France. Il sait aussi que j’ai toujours été impliqué dans la politique à tous les niveaux où j’ai rempli des tâches importantes, ce qui m’a donné une expérience et une connaissance uniques de la vie politique. C’est un exemple patent de ce que j’ai affirmé précédemment. Au lieu de réfuter mes arguments, contraire aux affirmations de trois de ses articles (il est un antisarkozyste), il a cherché à me ridiculiser. Malgré cela, je ne retire rien de ce que j’ai écrit sur le réformateur qu’est Sarkozy et sur l’évolution de l’élection présidentielle française, parce qu’honnêtement c’est ce que je pense.
Chaque blogueur a son expérience de vie et sa façon de voir et de juger des choses. Sur ce blog, je recommande à mes lecteurs, sur la colonne à droite, la lecture de plus de 60 blogs de toutes sortes que j’ai choisis parce qu’ils représentent des opinions politiques de tous les coins du monde et d’auteurs aux positions politiques variées et au savoir approfondi dans un domaine particulier de connaissances. Même si parfois je suis en désaccord avec le contenu de leurs billets, j’aime bien les lire car je sais qu’ils sont des individus sérieux et responsables qui savent faire la part des choses. Cela m’aide à mieux juger de l’évolution de la société qui me touche et je crois qu’ils peuvent aider les autres.
Je sais que plusieurs personnes ont tendance à rechercher des articles qui leur plaisent et aiment lire ceux qui expriment la tendance politique avec laquelle ils sont confortables. C’est un peu normal. Mais est-ce bon ? Sommes-nous assez ouverts aux idées différentes et nouvelles alors que la vie change constamment. On ne s’en rend pas nécessairement compte, mais on n’a qu’à penser qu’il y a à peine 50 ans, le Québec n’avait pas de dettes, était solidement catholique et n’était pas au diapason du monde. Les politiques québécoise, canadienne et mondiale évoluent rapidement.
Avant, nous étions bleus ou rouges. Aujourd’hui, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont représentées dans le spectre de la politique et chacune représente une partie des désirs et des problèmes évolutifs des membres de notre société. Nous nous devons d’écouter, d’analyser, de considérer et de peser toutes les argumentations qui jaillissent de notre monde. Il y va de notre intérêt personnel et de l’intérêt général. Nous deviendrons ainsi de meilleurs citoyens.
Quant à ceux qui écrivent, ils ont tous ma sympathie. Je sais que la plupart cherchent à agir de façon responsable dans l’écriture de leurs articles. Ils savent qu’il est trop facile de concevoir des scénarios noirs qui annoncent la fin du monde sans autre preuve que les articles négatifs qui circulent sur internet, regrouper en un, tout en oubliant ceux qui émettent des sons différents. Ils savent aussi qu’il est trop facile de conclure qu’un tel ou tel autre sont des çi et des ça et ne pensent qu’à profiter de tout au dépend des autres, sans preuves réelles.
La fin du monde annoncée n’a pas eu lieu, la bourse a repris du poil de la bête et l’Europe est à régler ses problèmes. Il ne faut jamais oublier que les prophètes de malheur semblent ne pas comprendre ou tenir compte qu’il y a des solutions à tout problème et que le bonhomme-sept-heures est une histoire d’enfants.
Il ne faut surtout pas oublier qu’être responsable en écriture signifie faire la part des choses.
Claude Dupras
jeudi 5 janvier 2012
Quebec is up for grabs !
Il y a quelques jours, lors d’une entrevue à l’émission politique télévisée de la CBC animée par Evan Solomon, Jim Flaherty, ministre canadien des finances, affirma qu’à la prochaine élection générale fédérale « Quebec is up for grabs » (Québec est à prendre). Pour lui, tout peut arriver et le parti conservateur du Canada (PC) peut y obtenir une grande victoire.
Il affirme que la situation économique canadienne qui se dégradait a éloigné de son parti les électeurs québécois au moment même où ils décidaient de se débarrasser du Bloc Québécois. Ils ont trouvé refuge chez Jack Layton qui les a séduits. C’est ainsi qu’il explique la déconfiture du PC au Québec (il a perdu six de ses onze députés, dont quatre ministres) alors qu’ailleurs, au Canada, il ralliait une majorité.
Les commentaires de Flaherty nous font donc entrevoir que le PC vise à remporter un grand nombre de sièges au Québec à la prochaine élection. Il a raison de planifier ainsi car son étoile devient moins brillante et il aura fort probablement besoin du Québec pour maintenir sa majorité. Un sondage pancanadien confirmait, hier, que s’il y avait élection en ce moment, le PC redeviendrait minoritaire. De plus, les autres partis politiques se ragaillardissent. Le NPD, le parti libéral du Canada (PLC) et le Bloc Québécois (BQ) auront chacun un nouveau chef, de nouveaux candidats, une nouvelle organisation et un programme politique mis à jour. Le parti Vert avec sa dynamique et solide chef, Elizabeth May, profitera du reniement de l’accord de Kyoto par le PC pour redorer son blason. Par contre, le financement de ces partis devient problématique et, comme c’est le nerf de la guerre, cela aidera le PC.
Il serait surprenant que le NDP répète l’exploit de faire élire autant de députés NPD au Québec. Mais si les néo-démocrates ont l’intelligence politique de choisir le québécois Thomas Mulcair pour les diriger, on peut prévoir que le NPD en conservera un grand nombre.
Comment le PC s’y prendra-t-il pour vraiment s’imposer dans l’esprit des électeurs québécois ?
Ses cinq députés actuels, dont quatre ministres, peuvent se faire réélire, mais encore-là, il faut se rappeler l’élection du 2 mai dernier où les ministres Laurence Cannon, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner ont été défaits. Rien n’est certain. A Montréal, Il y a deux comtés où la population juive est nombreuse et pourrait favoriser le PC. Cette dernière a toujours été fortement libérale, mais un grand nombre de ses membres a déjà rejoint le PC lors de la dernière élection et grâce aux constantes positions unilatérales et favorables d’Harper pour Israël, il est fort possible que le PC remporte enfin ces comtés.
Ce ne sont sûrement pas les décisions et les positions du premier ministre depuis sa réélection qui attireront la sympathie des gens de chez nous vers le PC. Le PM ne cesse d’aller à rebrousse-poil des opinions québécoises sur des sujets d’importance capitale. On ne gagne pas la faveur publique ainsi.
Par ailleurs, à mon avis, le vieux fonds conservateur au Québec n’existe plus, à cause principalement de l’intensité des médias, de la venue d’internet et du changement drastique des classes de notre société. Aujourd’hui, on peut avoir une idéologie conservatrice, nationaliste, libérale ou autre et décider quand même de voter selon la voie que nous dicte la situation économique, sociale, politique ou démographique du moment de l’élection.
Ce qui n’a pas changé chez nous, c’est la façon particulière de voter des Québécois. Ils votent très souvent ensemble avec une expression surprenante de solidarité. On l’a vu dans le passé par les majorités écrasantes qu’ils ont accordées, entre autres, à Duplessis, Lévesque, Bouchard, Bourassa, Diefenbaker, Mulroney, Trudeau, Duceppe, Drapeau et le 2 mai dernier à Jack Layton. Pour la masse, la couleur ou l’idéologie du parti n’ont jamais vraiment compté.
Est-ce possible qu’un jour Harper ait ce privilège. Je ne gagerais pas un « vieux cinq cennes » sur un tel résultat. De toute façon, je crois qu’il est suffisamment réaliste pour ne pas y croire. Il espère probablement une bonne représentation du Québec pour son parti au parlement mais il veut surtout assurer sa majorité parlementaire. N’affirme-t-il pas son espoir que le PC devienne le parti naturel des Canadiens ?
Comment s’y prendra-t-il ? Une chose est certaine, la première année de son mandat est dédiée à mettre en place, coûte que coûte, les grandes lignes du programme de droite de la droite de l’ex-Reform Party. Il sait que ces mesures sont impopulaires au Québec, mais il profite du fait que les prochaines élections seront tenues dans plus de trois ans pour les faire adopter à toute vapeur, sachant que les électeurs oublient vite.
La deuxième année sera celle des coupures de budget. Elles sont nécessaires pour respecter ses promesses électorales mais surtout pour protéger le Canada contre les effets de nouvelles crises. Il les a reniées une première fois en 2008 en augmentant appréciablement le déficit pour contrer les effets négatifs de la crise économique sur la croissance. Je crois qu’il n’osera pas le faire à nouveau. Encore-là, ce sera une période où sa popularité souffrira car personne n’aime voir ses allocations diminuer ou ses taxes augmenter. Comme on disait jadis : « Un politicien qui taxe est une politicien qui se fait battre », c’est encore vrai, et Harper le sait !
Puis, viendra le sprint final pour la réélection du PC, deux ans plus tard. C’est à partir de ce moment-là qu’il mettra en marche sa stratégie pour reconquérir le Québec. Ce sera une campagne d’images et d’illusions, que lancera le PC, pour amener les Québécoises et Québécois à l’aimer. Ce ne sera pas une mince tâche. Il accentuera sa « politique diaspora » pour faire la cour aux néo-québécois. Mais plus important encore, il se montrera plus compréhensif, flexible et sympathique face aux positions politiques québécoises et aux revendications du gouvernement du Québec.
Oui « Quebec is up for grabs », mais il ne se donnera pas à n’importe qui et ne se laissera pas duper. Il l’a rarement fait dans le passé !
Claude Dupras
Il affirme que la situation économique canadienne qui se dégradait a éloigné de son parti les électeurs québécois au moment même où ils décidaient de se débarrasser du Bloc Québécois. Ils ont trouvé refuge chez Jack Layton qui les a séduits. C’est ainsi qu’il explique la déconfiture du PC au Québec (il a perdu six de ses onze députés, dont quatre ministres) alors qu’ailleurs, au Canada, il ralliait une majorité.
Les commentaires de Flaherty nous font donc entrevoir que le PC vise à remporter un grand nombre de sièges au Québec à la prochaine élection. Il a raison de planifier ainsi car son étoile devient moins brillante et il aura fort probablement besoin du Québec pour maintenir sa majorité. Un sondage pancanadien confirmait, hier, que s’il y avait élection en ce moment, le PC redeviendrait minoritaire. De plus, les autres partis politiques se ragaillardissent. Le NPD, le parti libéral du Canada (PLC) et le Bloc Québécois (BQ) auront chacun un nouveau chef, de nouveaux candidats, une nouvelle organisation et un programme politique mis à jour. Le parti Vert avec sa dynamique et solide chef, Elizabeth May, profitera du reniement de l’accord de Kyoto par le PC pour redorer son blason. Par contre, le financement de ces partis devient problématique et, comme c’est le nerf de la guerre, cela aidera le PC.
Il serait surprenant que le NDP répète l’exploit de faire élire autant de députés NPD au Québec. Mais si les néo-démocrates ont l’intelligence politique de choisir le québécois Thomas Mulcair pour les diriger, on peut prévoir que le NPD en conservera un grand nombre.
Comment le PC s’y prendra-t-il pour vraiment s’imposer dans l’esprit des électeurs québécois ?
Ses cinq députés actuels, dont quatre ministres, peuvent se faire réélire, mais encore-là, il faut se rappeler l’élection du 2 mai dernier où les ministres Laurence Cannon, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner ont été défaits. Rien n’est certain. A Montréal, Il y a deux comtés où la population juive est nombreuse et pourrait favoriser le PC. Cette dernière a toujours été fortement libérale, mais un grand nombre de ses membres a déjà rejoint le PC lors de la dernière élection et grâce aux constantes positions unilatérales et favorables d’Harper pour Israël, il est fort possible que le PC remporte enfin ces comtés.
Ce ne sont sûrement pas les décisions et les positions du premier ministre depuis sa réélection qui attireront la sympathie des gens de chez nous vers le PC. Le PM ne cesse d’aller à rebrousse-poil des opinions québécoises sur des sujets d’importance capitale. On ne gagne pas la faveur publique ainsi.
Par ailleurs, à mon avis, le vieux fonds conservateur au Québec n’existe plus, à cause principalement de l’intensité des médias, de la venue d’internet et du changement drastique des classes de notre société. Aujourd’hui, on peut avoir une idéologie conservatrice, nationaliste, libérale ou autre et décider quand même de voter selon la voie que nous dicte la situation économique, sociale, politique ou démographique du moment de l’élection.
Ce qui n’a pas changé chez nous, c’est la façon particulière de voter des Québécois. Ils votent très souvent ensemble avec une expression surprenante de solidarité. On l’a vu dans le passé par les majorités écrasantes qu’ils ont accordées, entre autres, à Duplessis, Lévesque, Bouchard, Bourassa, Diefenbaker, Mulroney, Trudeau, Duceppe, Drapeau et le 2 mai dernier à Jack Layton. Pour la masse, la couleur ou l’idéologie du parti n’ont jamais vraiment compté.
Est-ce possible qu’un jour Harper ait ce privilège. Je ne gagerais pas un « vieux cinq cennes » sur un tel résultat. De toute façon, je crois qu’il est suffisamment réaliste pour ne pas y croire. Il espère probablement une bonne représentation du Québec pour son parti au parlement mais il veut surtout assurer sa majorité parlementaire. N’affirme-t-il pas son espoir que le PC devienne le parti naturel des Canadiens ?
Comment s’y prendra-t-il ? Une chose est certaine, la première année de son mandat est dédiée à mettre en place, coûte que coûte, les grandes lignes du programme de droite de la droite de l’ex-Reform Party. Il sait que ces mesures sont impopulaires au Québec, mais il profite du fait que les prochaines élections seront tenues dans plus de trois ans pour les faire adopter à toute vapeur, sachant que les électeurs oublient vite.
La deuxième année sera celle des coupures de budget. Elles sont nécessaires pour respecter ses promesses électorales mais surtout pour protéger le Canada contre les effets de nouvelles crises. Il les a reniées une première fois en 2008 en augmentant appréciablement le déficit pour contrer les effets négatifs de la crise économique sur la croissance. Je crois qu’il n’osera pas le faire à nouveau. Encore-là, ce sera une période où sa popularité souffrira car personne n’aime voir ses allocations diminuer ou ses taxes augmenter. Comme on disait jadis : « Un politicien qui taxe est une politicien qui se fait battre », c’est encore vrai, et Harper le sait !
Puis, viendra le sprint final pour la réélection du PC, deux ans plus tard. C’est à partir de ce moment-là qu’il mettra en marche sa stratégie pour reconquérir le Québec. Ce sera une campagne d’images et d’illusions, que lancera le PC, pour amener les Québécoises et Québécois à l’aimer. Ce ne sera pas une mince tâche. Il accentuera sa « politique diaspora » pour faire la cour aux néo-québécois. Mais plus important encore, il se montrera plus compréhensif, flexible et sympathique face aux positions politiques québécoises et aux revendications du gouvernement du Québec.
Oui « Quebec is up for grabs », mais il ne se donnera pas à n’importe qui et ne se laissera pas duper. Il l’a rarement fait dans le passé !
Claude Dupras
jeudi 29 décembre 2011
Le ras le bol mondial de 2011
Les éditeurs du magazine américain Time ont arrêté leur choix de la « personnalité de l’année 2011 » sur « les protestataires ». Ce choix judicieux montre bien l’importance de l’individu d’aujourd’hui lorsqu’il se regroupe avec ses congénères, même s’il a en main de nouvelles technologies sociales qui l’unissent au monde. Seul, dans ce monde de médias mur-à-mur, il peine à percer. Avec d’autres, il partage ses peines, ses ambitions et devient militant, inspire de la sympathie et se fait entendre.
Cet éclatement public n’est pas le résultat d’une émotion soudaine mais l’aboutissement de frustrations et de complaintes accumulées depuis plusieurs longues années contre les institutions politiques. Le Maghreb en est bien la démonstration. J’ai voyagé souventes fois au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Égypte et depuis longtemps, comme tout visiteur dans ces pays, j’ai ressenti le mécontentement qui y bouillonnait de plus en plus. Je ne comprenais pas pourquoi ça ne sautait pas.
En fait, il me semblait clair que des élections libres auraient vite chassé les dirigeants corrompus qui contrôlaient l’armée et la police de ces pays. L’élection du Front Islamiste du Salut (FIS) en Algérie en 1991 me le confirma, mais le résultat de l’élection fut vite annulé par le régime du FLN qui, en plus, mit les dirigeants du FIS en prison.
Le ras le bol mondial a généré un fervent militantisme en Tunisie, en Égypte, au Yémen, au Maroc, en Lybie, en Algérie, en Russie, en Grèce, à Madrid, à Londres, à Wall Street, à Montréal, au Mexique, en Indes, au Chili, en Iran, en Syrie… Il a pris les noms de « révolution jasmine », « printemps arabe », « indignés » et « occupy ». Il aurait pu être encore plus grand et touché la Chine, le Vietnam, la Corée du Nord, etc.. si le contrôle des partis communistes et des militaires n’y était pas si omniprésent. Ça viendra !
Les manifestations, les occupations, les insurrections et les révolutions ont apporté plusieurs fruits puisqu’elles ont réussi à créer chez plusieurs individus l’espoir d’un avenir meilleur, plus libre, plus prometteur, plus rose pour eux et leur famille.
Au Canada, nous l’avons aussi ressenti. Particulièrement au Québec, le 2 mai dernier. Un grand nombre d’entre-nous en avions assez de la « salade » que les politiciens fédéraux nous servaient depuis si longtemps. Notre seule stratégie fut de protester et de remplacer les élus, quelque soit le parti, quelque soit le programme. Nous leur avons dit « adieu Bloc, PC, Libéraux, couvée… » et nous avons choisi un homme simple, chaleureux qui semblait compréhensif et prêt à tout changer. Ce n’était pas une question de socialisme, fédéralisme, gauche, droite, centre, séparatisme, souverainisme, non rien de tout cela. Les idéologies ne comptaient plus. Nous ne proposions rien mais nous voulions que ça change et nous avons trouvé l’homme qui nous semblait être en mesure de le faire. Malheureusement, il n’est plus et nous revoilà à nouveau à la recherche de la solution.
C’est le parti conservateur (PC) qui en profita. Il avait reconstitué la « Big Blue Machine ontarienne » des années ‘60-’80 et sa stratégie principale visait à obtenir les votes des différentes ethnies canadiennes. Il a mis-en-place, selon les observateurs avertis, sa « politique de diaspora » par laquelle Harper chercha à obtenir la faveur électorale des néo-canadiens en attaquant durement les politiques et les politiciens des pays qu’ils ont quittés ou en les aidant démesurément, dépendant de la situation. Harper a fait cela à répétition, comme pour Israël avec qui il est devenu l’ami inconditionnel, contrairement à ses prédécesseurs qui étaient neutres en rapport avec le conflit israélo-palestinien et travaillaient à trouver une solution acceptable aux deux parties. Il s’apprête même à signer une entente militaire avec ce pays. Est-ce un risque acceptable pour le Canada ?
Il fit tout pour cajoler ces électeurs particuliers et a gagné sa gageure en remportant, entre autres, plusieurs comtés-clés de la région de Toronto qui lui donnèrent sa majorité nonobstant le mécontentement des Canadiens à son égard qui s’exprima par les 75,9% d’électeurs éligibles qui ne lui accordèrent pas leur confiance en ne votant pas pour lui ou en s’abstenant.
Pour un grand nombre de régions et de pays, 2011 aura été une année charnière pour l’avancement de la politique nationale et pour la politique mondiale. On le doit aux protestataires de toutes races, de tous problèmes, qui se sont levés, plus d’une fois, pour affirmer leur rejet du système ou du régime dans lequel ils vivent. La démocratie, la justice et le développement social auront fait un gros bond en avant.
Claude Dupras
Cet éclatement public n’est pas le résultat d’une émotion soudaine mais l’aboutissement de frustrations et de complaintes accumulées depuis plusieurs longues années contre les institutions politiques. Le Maghreb en est bien la démonstration. J’ai voyagé souventes fois au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Égypte et depuis longtemps, comme tout visiteur dans ces pays, j’ai ressenti le mécontentement qui y bouillonnait de plus en plus. Je ne comprenais pas pourquoi ça ne sautait pas.
En fait, il me semblait clair que des élections libres auraient vite chassé les dirigeants corrompus qui contrôlaient l’armée et la police de ces pays. L’élection du Front Islamiste du Salut (FIS) en Algérie en 1991 me le confirma, mais le résultat de l’élection fut vite annulé par le régime du FLN qui, en plus, mit les dirigeants du FIS en prison.
Le ras le bol mondial a généré un fervent militantisme en Tunisie, en Égypte, au Yémen, au Maroc, en Lybie, en Algérie, en Russie, en Grèce, à Madrid, à Londres, à Wall Street, à Montréal, au Mexique, en Indes, au Chili, en Iran, en Syrie… Il a pris les noms de « révolution jasmine », « printemps arabe », « indignés » et « occupy ». Il aurait pu être encore plus grand et touché la Chine, le Vietnam, la Corée du Nord, etc.. si le contrôle des partis communistes et des militaires n’y était pas si omniprésent. Ça viendra !
Les manifestations, les occupations, les insurrections et les révolutions ont apporté plusieurs fruits puisqu’elles ont réussi à créer chez plusieurs individus l’espoir d’un avenir meilleur, plus libre, plus prometteur, plus rose pour eux et leur famille.
Au Canada, nous l’avons aussi ressenti. Particulièrement au Québec, le 2 mai dernier. Un grand nombre d’entre-nous en avions assez de la « salade » que les politiciens fédéraux nous servaient depuis si longtemps. Notre seule stratégie fut de protester et de remplacer les élus, quelque soit le parti, quelque soit le programme. Nous leur avons dit « adieu Bloc, PC, Libéraux, couvée… » et nous avons choisi un homme simple, chaleureux qui semblait compréhensif et prêt à tout changer. Ce n’était pas une question de socialisme, fédéralisme, gauche, droite, centre, séparatisme, souverainisme, non rien de tout cela. Les idéologies ne comptaient plus. Nous ne proposions rien mais nous voulions que ça change et nous avons trouvé l’homme qui nous semblait être en mesure de le faire. Malheureusement, il n’est plus et nous revoilà à nouveau à la recherche de la solution.
C’est le parti conservateur (PC) qui en profita. Il avait reconstitué la « Big Blue Machine ontarienne » des années ‘60-’80 et sa stratégie principale visait à obtenir les votes des différentes ethnies canadiennes. Il a mis-en-place, selon les observateurs avertis, sa « politique de diaspora » par laquelle Harper chercha à obtenir la faveur électorale des néo-canadiens en attaquant durement les politiques et les politiciens des pays qu’ils ont quittés ou en les aidant démesurément, dépendant de la situation. Harper a fait cela à répétition, comme pour Israël avec qui il est devenu l’ami inconditionnel, contrairement à ses prédécesseurs qui étaient neutres en rapport avec le conflit israélo-palestinien et travaillaient à trouver une solution acceptable aux deux parties. Il s’apprête même à signer une entente militaire avec ce pays. Est-ce un risque acceptable pour le Canada ?
Il fit tout pour cajoler ces électeurs particuliers et a gagné sa gageure en remportant, entre autres, plusieurs comtés-clés de la région de Toronto qui lui donnèrent sa majorité nonobstant le mécontentement des Canadiens à son égard qui s’exprima par les 75,9% d’électeurs éligibles qui ne lui accordèrent pas leur confiance en ne votant pas pour lui ou en s’abstenant.
Pour un grand nombre de régions et de pays, 2011 aura été une année charnière pour l’avancement de la politique nationale et pour la politique mondiale. On le doit aux protestataires de toutes races, de tous problèmes, qui se sont levés, plus d’une fois, pour affirmer leur rejet du système ou du régime dans lequel ils vivent. La démocratie, la justice et le développement social auront fait un gros bond en avant.
Claude Dupras
lundi 26 décembre 2011
Découverte de 2011 : Le bulldozer Harper
Stephen Harper a été réélu premier ministre du Canada, le 2 mai dernier. Son Parti Conservateur (PC) a obtenu 39,6% des votes des 61,1 % d’électeurs qui ont voté. Grâce au jeu du système parlementaire britannique, Harper a obtenu une majorité de députés à la Chambre des communes malgré que seulement 24,1% des électeurs éligibles ont voté pour le PC. Évidemment, on peut faire le même genre de calcul pour les autres partis politiques mais ils ne sont pas le gouvernement. Contrairement aux chefs de gouvernements majoritaires précédents qui savaient faire la part des choses, Harper agit comme un p’tit dictateur.
Il me semble que dans une telle situation, un gouvernement démocratique majoritaire responsable doit, au minimum, écouter, réfléchir et s’ajuster avant de proposer. Harper, au contraire, relit le programme de son ex-parti de droite de la droite, le Reform Party, l’impose et l’applique à la lettre, sans consultation. Il serait sage qu’il se rappelle que jamais le Reform n’aurait été élu si le Parti Progressiste Conservateur (PPC) n’avait pas accepté de se fusionner avec lui et que c’est grâce aux membres de ce dernier qu’il a pu atteindre le poste important de premier ministre du Canada. Ces membres du PPC, dont j’étais, n’épousaient pas la politique du Reform, mais se situait plutôt au centre-droit. Aujourd’hui, jamais je ne pourrais voter pour le PC actuel car il méprise en grande partie ce que, sous Stanfield, Clark et Mulroney, nous avons proposé pour le pays.
Au lieu d’être un gouvernement majoritaire bon, il est devenu littéralement un bulldozer. Voici quelques exemples :
1. Il a imposé le bâillon sur des projets de loi dont le vote était assuré.
2. Il a forcé certains comités parlementaires à siéger à huis-clos.
3. Il a fait faire une démonstration de la puissance militaire aérienne canadienne au-dessus de la colline parlementaire. Du jamais vu !
4. Il a engagé une firme privée pour nuire politiquement au député libéral de Mont-Royal.
5. Il a démontré un patronage éhonté et coûteux envers les comtés conservateurs lors de l’organisation du G20 au Canada.
6. Il a dû reconnaître, devant l’évidence accumulée, sa culpabilité d’avoir enfreint la loi pour le financement des partis politiques.
7. Il a regroupé, dans une loi omnibus, neuf projets de loi de la justice criminelle sur des sujets aussi variés que le terrorisme, l’exploitation sexuelle infantile et la culture de marijuana. Le vote, suite au bâillon, a été bâclé au point que c’est le sénat non-élu qui doit, aujourd’hui, apporter des amendements jugés maintenant essentiels.
8. Il ajouté de force 30 nouveaux députés sans tenir compte des arguments de la nation québécoise, une des deux fondatrices du pays, qui réclamait que le seuil traditionnel de son poids historique de 25 % des députés à la Chambre des communes soit maintenu. Il est tombé à 23,1 %.
9. Il a modifié le financement des partis en réduisant de 30 millions $ annuellement l’apport du gouvernement à leurs caisses. Le PC a hérité du système de collecte du « Fonds PC du Canada » où j’ai siégé comme vice-président du temps de Joe Clark. Avec le temps, ce système avait amassé une liste imposante de donneurs et était devenu une formidable machine pour ramasser des sous. L’an dernier, le PC a collecté 17 millions $, plus que tous les autres partis combinés. En vue de la prochaine élection, Harper se sert de la loi pour défavoriser ses adversaires politiques qui n’ont pas un tel outil… ni l’appui inconditionnel des pétrolières.
10. Il a retiré la signature du Canada de l’accord de Kyoto sur les changements climatiques, au grand dam de l’ONU, de l’Europe et de l’Asie.
11. Il a fermé le registre des armes à l’épaule et s’apprête à en détruire toutes les données même si elles sont réclamées par le Québec, qui veut maintenant créer son propre registre en remplacement de celui du fédéral, malgré le fait que les Québécois ont payé pour.
12. Il n’a proposé aucun nouveau programme national, sauf celui pour la régulation centrale des valeurs mobilières qui vient tout juste d’être déclaré anticonstitutionnel par la cour Suprême du pays qui l’a jugé de juridiction provinciale.
13. Contrairement à ce qui s’est toujours fait, il a refusé toute discussion à la récente réunion fédérale-provinciale des ministres des finances des provinces où son ministre a tout simplement fait part de la contribution canadienne pour les prochaines années au financement des systèmes de santé gérés par les provinces et est reparti sur-le-champ vers Ottawa. D’ailleurs, Harper n’a pas convoqué de rencontre des premiers ministres des provinces comme à l’habitude.
14. Il s’est révélé monarchiste, sans en avoir soufflé mot durant la période électorale, en imposant brusquement et exagérément le symbole de la couronne britannique et en repoussant l’image d’indépendance du pays que les gouvernements précédents depuis Lester B. Pearson ont créée.
15. Il fait fi de l’opinion de tous les environnementalistes du monde, et l’a démontré encore récemment, en faisant pression sur Barack Obama pour qu’il accepte immédiatement la construction du pipeline Keystone entre l’Alberta et le Texas, sans forcer les compagnies pétrolières à produire un pétrole « propre ». Dans mon billet du 21 août dernier « Le pipeline des sables bitumineux : une occasion pour Obama », je me montrais favorable la construction du pipeline, bon économiquement pour le Canada, à la condition cependant que le président impose des mesures pour assurer que les producteurs produiront un pétrole « propre ». Obama a voulu se donner un an pour étudier cette question importante. En désaccord, Harper pousse Obama d’agir. Les Républicains, financés par les pétrolières, menacent aussi le Président de retarder l’approbation de ses politiques s’il n’approuve pas le pipeline d’ici deux mois. C’est le leader du NDP-Alberta, Brian Mason, qui décrit bien le lien malsain entre les politiciens conservateurs et l’industrie pétrolière : “The Conservative party is far too close to the oil industry — they’re way too cosy … They get an enormous amount of money from the oil industry. There’s just a tremendous integration of the Conservative Party and executives of the oil industry in terms of making policy. That is very inappropriate.”
La semaine dernière, l’ex-PM le libéral Jean Chrétien a mis en garde les Canadiennes et les Canadiens. À son avis, les lois sur l’avortement, le mariage gai et la peine capitale sont dans la mire des conservateurs. Il prétend possible qu’ils veuillent revenir sur les décisions prises par les gouvernements passés, libéraux ou PPC, sur ces sujets qui sont de prime importance pour notre société. En somme, ils voudraient restaurer chez nous les politiques de notre voisin du sud, où des médecins sont tués pour avoir fait un avortement, où des innocents sont déclarés coupables et tués en prison et où les gais sont pourchassés. Même si dans certains cas, comme l’avortement, Harper a nié vouloir agir ainsi, je crois qu’il faut se méfier de lui, si on se base sur les dernières années et le programme du Reform Party.
Avec son attitude intransigeante et ses gestes unilatéraux, Stephen Harper ne semble pas préoccupé par le danger que la légitimité du parlement canadien puisse être diminuée dans l’esprit des Canadiens. Il ne semble pas préoccupé par le fait qu’il s’isole de plus en plus des Québécoises et des Québécois. Il n’hésite pas à alimenter les séparatistes d’arguments de taille. Il ne craint pas de tout bousculer sur son passage, convaincu que de tels gestes n’influencent pas le vote des électeurs. Au contraire, il estime que ces derniers y voient un signe de force puisque le Canada n’est pas englué, comme d’autres pays, dans des débats stériles qui nuisent à l’économie.
C’est la nouvelle démocratie canadienne !
Claude Dupras
Il me semble que dans une telle situation, un gouvernement démocratique majoritaire responsable doit, au minimum, écouter, réfléchir et s’ajuster avant de proposer. Harper, au contraire, relit le programme de son ex-parti de droite de la droite, le Reform Party, l’impose et l’applique à la lettre, sans consultation. Il serait sage qu’il se rappelle que jamais le Reform n’aurait été élu si le Parti Progressiste Conservateur (PPC) n’avait pas accepté de se fusionner avec lui et que c’est grâce aux membres de ce dernier qu’il a pu atteindre le poste important de premier ministre du Canada. Ces membres du PPC, dont j’étais, n’épousaient pas la politique du Reform, mais se situait plutôt au centre-droit. Aujourd’hui, jamais je ne pourrais voter pour le PC actuel car il méprise en grande partie ce que, sous Stanfield, Clark et Mulroney, nous avons proposé pour le pays.
Au lieu d’être un gouvernement majoritaire bon, il est devenu littéralement un bulldozer. Voici quelques exemples :
1. Il a imposé le bâillon sur des projets de loi dont le vote était assuré.
2. Il a forcé certains comités parlementaires à siéger à huis-clos.
3. Il a fait faire une démonstration de la puissance militaire aérienne canadienne au-dessus de la colline parlementaire. Du jamais vu !
4. Il a engagé une firme privée pour nuire politiquement au député libéral de Mont-Royal.
5. Il a démontré un patronage éhonté et coûteux envers les comtés conservateurs lors de l’organisation du G20 au Canada.
6. Il a dû reconnaître, devant l’évidence accumulée, sa culpabilité d’avoir enfreint la loi pour le financement des partis politiques.
7. Il a regroupé, dans une loi omnibus, neuf projets de loi de la justice criminelle sur des sujets aussi variés que le terrorisme, l’exploitation sexuelle infantile et la culture de marijuana. Le vote, suite au bâillon, a été bâclé au point que c’est le sénat non-élu qui doit, aujourd’hui, apporter des amendements jugés maintenant essentiels.
8. Il ajouté de force 30 nouveaux députés sans tenir compte des arguments de la nation québécoise, une des deux fondatrices du pays, qui réclamait que le seuil traditionnel de son poids historique de 25 % des députés à la Chambre des communes soit maintenu. Il est tombé à 23,1 %.
9. Il a modifié le financement des partis en réduisant de 30 millions $ annuellement l’apport du gouvernement à leurs caisses. Le PC a hérité du système de collecte du « Fonds PC du Canada » où j’ai siégé comme vice-président du temps de Joe Clark. Avec le temps, ce système avait amassé une liste imposante de donneurs et était devenu une formidable machine pour ramasser des sous. L’an dernier, le PC a collecté 17 millions $, plus que tous les autres partis combinés. En vue de la prochaine élection, Harper se sert de la loi pour défavoriser ses adversaires politiques qui n’ont pas un tel outil… ni l’appui inconditionnel des pétrolières.
10. Il a retiré la signature du Canada de l’accord de Kyoto sur les changements climatiques, au grand dam de l’ONU, de l’Europe et de l’Asie.
11. Il a fermé le registre des armes à l’épaule et s’apprête à en détruire toutes les données même si elles sont réclamées par le Québec, qui veut maintenant créer son propre registre en remplacement de celui du fédéral, malgré le fait que les Québécois ont payé pour.
12. Il n’a proposé aucun nouveau programme national, sauf celui pour la régulation centrale des valeurs mobilières qui vient tout juste d’être déclaré anticonstitutionnel par la cour Suprême du pays qui l’a jugé de juridiction provinciale.
13. Contrairement à ce qui s’est toujours fait, il a refusé toute discussion à la récente réunion fédérale-provinciale des ministres des finances des provinces où son ministre a tout simplement fait part de la contribution canadienne pour les prochaines années au financement des systèmes de santé gérés par les provinces et est reparti sur-le-champ vers Ottawa. D’ailleurs, Harper n’a pas convoqué de rencontre des premiers ministres des provinces comme à l’habitude.
14. Il s’est révélé monarchiste, sans en avoir soufflé mot durant la période électorale, en imposant brusquement et exagérément le symbole de la couronne britannique et en repoussant l’image d’indépendance du pays que les gouvernements précédents depuis Lester B. Pearson ont créée.
15. Il fait fi de l’opinion de tous les environnementalistes du monde, et l’a démontré encore récemment, en faisant pression sur Barack Obama pour qu’il accepte immédiatement la construction du pipeline Keystone entre l’Alberta et le Texas, sans forcer les compagnies pétrolières à produire un pétrole « propre ». Dans mon billet du 21 août dernier « Le pipeline des sables bitumineux : une occasion pour Obama », je me montrais favorable la construction du pipeline, bon économiquement pour le Canada, à la condition cependant que le président impose des mesures pour assurer que les producteurs produiront un pétrole « propre ». Obama a voulu se donner un an pour étudier cette question importante. En désaccord, Harper pousse Obama d’agir. Les Républicains, financés par les pétrolières, menacent aussi le Président de retarder l’approbation de ses politiques s’il n’approuve pas le pipeline d’ici deux mois. C’est le leader du NDP-Alberta, Brian Mason, qui décrit bien le lien malsain entre les politiciens conservateurs et l’industrie pétrolière : “The Conservative party is far too close to the oil industry — they’re way too cosy … They get an enormous amount of money from the oil industry. There’s just a tremendous integration of the Conservative Party and executives of the oil industry in terms of making policy. That is very inappropriate.”
La semaine dernière, l’ex-PM le libéral Jean Chrétien a mis en garde les Canadiennes et les Canadiens. À son avis, les lois sur l’avortement, le mariage gai et la peine capitale sont dans la mire des conservateurs. Il prétend possible qu’ils veuillent revenir sur les décisions prises par les gouvernements passés, libéraux ou PPC, sur ces sujets qui sont de prime importance pour notre société. En somme, ils voudraient restaurer chez nous les politiques de notre voisin du sud, où des médecins sont tués pour avoir fait un avortement, où des innocents sont déclarés coupables et tués en prison et où les gais sont pourchassés. Même si dans certains cas, comme l’avortement, Harper a nié vouloir agir ainsi, je crois qu’il faut se méfier de lui, si on se base sur les dernières années et le programme du Reform Party.
Avec son attitude intransigeante et ses gestes unilatéraux, Stephen Harper ne semble pas préoccupé par le danger que la légitimité du parlement canadien puisse être diminuée dans l’esprit des Canadiens. Il ne semble pas préoccupé par le fait qu’il s’isole de plus en plus des Québécoises et des Québécois. Il n’hésite pas à alimenter les séparatistes d’arguments de taille. Il ne craint pas de tout bousculer sur son passage, convaincu que de tels gestes n’influencent pas le vote des électeurs. Au contraire, il estime que ces derniers y voient un signe de force puisque le Canada n’est pas englué, comme d’autres pays, dans des débats stériles qui nuisent à l’économie.
C’est la nouvelle démocratie canadienne !
Claude Dupras
Inscription à :
Messages (Atom)