La démission du maire de Montréal Gérald Tremblay fut émotionnelle et difficile pour lui. Plusieurs témoins à la Commission d’enquête Charbonneau avaient entaché indélébilement sa réputation au point qu’une bonne partie de la population était devenue embarrassée de le voir à la tête de la ville.
Le gouvernement du Québec, qui aime suivre le vent, se transforma en arnaqueur de la démocratie montréalaise et l’encouragea à renier les responsabilités que le peuple de Montréal lui avait confiées. Cet homme émotif, toujours accessible et réceptif, fut touché droit au cœur par le manque de soutien du gouvernement. À contrecœur, il tira sa révérence et sortit la tête basse de la vie publique, alors qu’il méritait de la tenir haute jusqu’à la fin de son mandat.
Gérald Tremblay arriva à la mairie de Montréal au moment où la ville avait à faire face aux plus grands défis structurels de son histoire. Même plus importants que ceux de l’ex-maire Jean Drapeau qui avait réussi à faire abolir les classes de conseillers municipaux A, B et C dans les années ’60.
Les 28 municipalités de l’île de Montréal s’apprêtaient à s’unir en une ville. Tremblay travailla ardemment pour cet objectif qui fut atteint. La structure organisationnelle de Montréal devait être refaite et un travail gigantesque, herculéen et d’une grande complexité attendait le nouveau maire.
En plus, Tremblay devait bien étudier, analyser des documents et des projets en vue de réunions du comité exécutif, du conseil municipal, de la mairie de l’arrondissement Ville-Marie (où il était aussi maire) et de l’agglomération montréalaise. À celles-ci s’additionnaient de multiples rencontres et des participations à des évènements de toutes sortes, locaux, provinciaux, nationaux et internationaux, où il représentait les Montréalais. Il devait aussi recevoir à l’hôtel de ville tous les personnages importants qui se présentaient à la mairie pour offrir leurs hommages, où en recevoir, et signer le livre d’or, tels : chefs d’états, ambassadeurs, consuls, équipes sportives, artistes, hommes et femmes politiques, etc… Il devait être à l’écoute des doléances particulières d’investisseurs, de promoteurs, de chefs d’entreprises, de syndiqués, et encore... Cette liste, non-exhaustive, démontre le grand nombre d’activités du maire de Montréal qui lui requièrent beaucoup de temps.
Alors que la ville unifiée prenait enfin ses premiers ébats sérieux, voilà que deux ans plus tard le gouvernement vota une nouvelle loi donnant aux villes fusionnées la possibilité de se dé-fusionner. Quinze choisirent de partir. Montréal dut alors être réorganisée et le maire Tremblay se remit à la tâche pour repenser la nouvelle structure, la définir et la mettre en marche. Encore une fois du très gros boulot.
À sa première élection, le maire Tremblay créa un parti politique Union-Montréal, une coalition hétéroclite de politiciens des banlieues dont le maire de St-Léonard, Frank Zampino, comptable agréé. À ce moment-là, dans plusieurs milieux, on doutait de la probité de l’administration de St-Léonard.
Homme d’équipe, le maire Tremblay, reconnaissant l’immense travail qui s’annonçait, décida que le prochain président de l’exécutif, son comité et le directeur général de la ville, se verraient confier les responsabilités de bien gérer la machine administrative de la ville de Montréal.
Homme d’une valeur exceptionnelle et d’une honnêteté légendaire, avocat à 20 ans, MBA d’Harvard Business School, professeur aux HEC, ex-président de la SDI, ex-député d’Outremont, ex-ministre de l’industrie du Commerce et de la Technologie, membre d’importants conseils d’administration dont l’Hydro-Québec et la Caisse de Dépôts et de Placements du Québec, homme dévoué à aider les jeunes promoteurs et leurs entreprises, nouveau maire de Montréal, Gérald Tremblay avait à choisir le nouveau président de l’exécutif et les membres de ce comité.
Aveuglé par on ne sait quoi, au point de ne pas être alerté par les rumeurs d’actions louches qui émanaient de l’administration Frank Zampino de la ville de Saint-Léonard et de l’entourage de celui-ci, Gérald Tremblay mit toute sa confiance dans ce dernier et le nomma au poste-clef de président. Ce fut là son erreur.
Depuis qu’il a quitté la ville, il mérite mieux que les blâmes que j’entends et le cynisme que je perçois de la part de trop de ses anciens commettants. Durant sa gouverne, nonobstant tous les scandales qui l’affligent et qui pointent vers Zampino et sa gang, la ville de Montréal s’est agrandie et a été transformée pour le mieux, dans d’innombrables domaines.
A son départ, il a affirmé : « Je ne vous ai jamais trahis ». Je le crois et je suis persuadé qu’avec le temps, les Montréalais et les Montréalaises reconnaîtront son mérite, particulièrement, au mois de juin prochain, lors de la tenue du Grand Prix du Canada à Montréal, évènement, parmi d’autres, qu’il a su récupérer pour sa ville.
Claude Dupras
Le blog politique de Claude Dupras
Pour mieux comprendre les enjeux
dimanche 12 mai 2013
mercredi 1 mai 2013
Que les firmes de génie coupables soient punies !
J’ai été ingénieur-conseil durant plus de 40 ans. J’ai vécu la naissance du génie au Québec, particulièrement celle des firmes francophones. Ma promotion de 1955, comptait 105 ingénieurs, la première fois que Polytechnique en produisait plus de 100.
Nous étions à peine quelques années avant la révolution tranquille qui viendra tout changer. De l’hydroélectricité, aux écoles secondaires et polyvalentes, aux cegeps, aux hôpitaux gouvernementaux, à la modernisation du système routier à la relocalisation d’une grande partie de la population dans la couronne métropolitaine, et encore, tout découlait de la révolution tranquille. D’un coup, le besoin de services d’ingénieurs conseils éclata. C’est ainsi que de cette promotion plus de 10 nouvelles firmes d’ingénieurs conseils prirent naissance, dont la mienne devenue Dupras Ledoux, Desjardins Sauriol (devenue Dessau), Gendron Lefebvre, etc..
Ma firme était spécialisée en mécanique et électricité de bâtiments, gérance de travaux et informatique avec un personnel variant de 50 à 100 individus. On qualifie aujourd’hui une telle firme de « petite firme ». Depuis 15 ans, j’ai l’ai quitté pour la retraite et mes autres occupations. Elle demeure toujours active.
Pour dénicher des contrats, nous devions nous faire connaître professionnellement pour obtenir des nominations, présenter multiples applications aux commissions scolaires, aux villes, au gouvernement, aux CA des hôpitaux, etc… avec le CV des employés de la firme et la liste de ses réalisations. Et malgré de petits budgets de relations publiques nous avons réussi, petit à petit, à obtenir des mandats de plus en plus importants, ici et là, dans les domaines privé et public.
La commission d’enquête Charbonneau sur la construction dévoile que des systèmes de collusion et de corruption inimaginables étaient en place dans le domaine public. Encore hier, un témoin dénommé Gilles Cloutier, qui se présente comme un organisateur hors pair pour élections municipales, est venu expliquer comment il a réussi à faire élire les maires et les conseillers municipaux de dizaines de villes et villages du Québec. Pour atteindre ses fins, il utilisait des méthodes irrespectueuses des lois électorales. Il a admis avoir été mandaté pour ce faire, à tour de rôle, par deux firmes d’ingénieurs-conseils : Dessau et Roche.
Cloutier offrait (il garantissait presque) aux aspirants-candidats à la mairie et au conseil des villes impliquées, de les faire élire en organisant leur campagne électorale avec la méthode clef-en-main (financement, organisation, publicité etc.) et cela gratuitement à la condition qu’ils s’engagent, une fois élus, d’accorder durant leur mandat, sans soumission ou autrement, tous les travaux municipaux nécessitant un travail de génie civil à la firme d’ingénieurs-conseils qui avait retenu ses services.
Non seulement, ces firmes nommées semblent avoir triché en œuvrant pour la ville de Montréal et avoir participé illégalement au financement des partis politiques du Québec dans le but d’obtenir des contrats publics, elles se sont abaissées, selon les dires de Cloutier, à devenir des fossoyeurs de la démocratie en mettant sur pied et en finançant des stratagèmes électoraux illégaux.
En aparté, Cloutier a fait des déclarations ayant rapport avec du financement illégal qu'il aurait collecté lors de la campagne référendaire de 1995 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. On se rappellera quelle fut gagnée de justesse par le NON. Les souverainistes-indépendantistes-séparatistes accusent, depuis ce jour, le clan du NON de leur avoir volé le pays Québec. Ils rappellent la déclaration du premier ministre Parizeau, le soir du vote, qui blâma les « ethnies et l’argent » pour la défaite de son option et pour laquelle il a essuyé des reproches sévères. Les déclarations de Cloutier viennent confirmer en partie l’opinion de Parizeau et renforcent la hargne des séparatistes envers les fédéralistes, tout en allant à l’encontre de la bonne entente au Québec. Encore-là, il a rendu un mauvais service.
Les exemples précédant l'aparté, ajoutés à tous les autres donnés depuis le début de l’enquête, sont intolérables. À mon avis, toutes les firmes qui les ont générés et qui seront reconnues coupables par la loi, devront être punies. Que faire ?
Voici ma suggestion :
Premièrement, l’Ordre des Ingénieurs doit agir, enquêter et suspendre tous les ingénieurs qui de près ou de loin ont participé à ces illégalités. C’est une question de déontologie et de protection de la société.
Deuxièmement, ces firmes devraient perdre le droit de soumissionner pour une période de cinq ans sur tous les projets directs et indirects, financés par le gouvernement, où la collusion a été démontrée. Si une ou l’autre des firmes perd des mandats et se réveille avec du personnel en surplus, que ces ingénieurs spécialisés et compétents créent leur propre de « petites firmes » et obtiennent des mandats à leur compte.
La réalisation des plans et devis et la surveillance des travaux de 90 % des travaux publics peuvent être faits par les « petites firmes » spécialisées. C’est un mythe de penser que nous avons besoin au Québec de « grosses firmes » fourre-tout de 2 000 à 20 000 employés pour la réalisation des projets de construction publics. Ces firmes sont trop grosses, leur pouvoir n’a pas de limite et elles bousculent les petites firmes compétentes par leurs manèges et leur gros budget de développement des affaires.
Les « grosses firmes » pour les projets internationaux et certains très gros projets locaux, c’est bon, mais chez nous, il faut reconnaître davantage la valeur des « petites firmes » et bien les utiliser. Normalement, les clients sont très bien servis par ces dernières car leurs patrons s’impliquent personnellement dans la réalisation de leurs projets. Il est bon de rappeler ici, que dans le domaine privé, les grands projets sont souventes fois réalisés par les « petites firmes ».
Troisièmement, ces firmes devraient payer une amende égale au montant total des crédits d’impôt accordés par le gouvernement à tous les prête-noms qui ont participé à cette illégalité. En plus, chacun de ces prête-noms devrait rembourser personnellement aussi les crédits d’impôts dont il a bénéficié. Ainsi, le gouvernement recevra la presque totalité des montants versés et tous ceux qui ont participé à ce stratagème seront punis.
Par contre, les partis politiques qui ont reçu ces contributions ne devraient pas être obligés de les rembourser. Ils ne peuvent être blâmés par ce stratagème imaginé et mis en place par les firmes et les contributeurs. L’argent est dépensé et les sommes sont si mirobolantes qu’un remboursement nuirait à la solidité financière des partis politiques.
Quatrièmement, les firmes de génie ayant travaillé pour Montréal et faisant partie de la collusion du partage des contrats devraient rembourser 20% des honoraires supplémentaires qu’elles ont perçus sur les contrats exécutés pour la ville, puisque les coûts des travaux de la ville ont été augmentés, par tricherie des entrepreneurs, de 20% à 30% par rapport aux coûts normaux et qu’ils n’ont rien dit.
Cinquièmement, il serait sensé que tous les dirigeants actuels de ces firmes et les membres de leur conseil d’administration soient renvoyés pour une période de 5 ans et remplacés par des individus dont la compétence et la probité est reconnue.
Si on n’agit pas radicalement et vite, on verra dans quelques années la tête de l’hydre ressurgir.
Nous étions à peine quelques années avant la révolution tranquille qui viendra tout changer. De l’hydroélectricité, aux écoles secondaires et polyvalentes, aux cegeps, aux hôpitaux gouvernementaux, à la modernisation du système routier à la relocalisation d’une grande partie de la population dans la couronne métropolitaine, et encore, tout découlait de la révolution tranquille. D’un coup, le besoin de services d’ingénieurs conseils éclata. C’est ainsi que de cette promotion plus de 10 nouvelles firmes d’ingénieurs conseils prirent naissance, dont la mienne devenue Dupras Ledoux, Desjardins Sauriol (devenue Dessau), Gendron Lefebvre, etc..
Ma firme était spécialisée en mécanique et électricité de bâtiments, gérance de travaux et informatique avec un personnel variant de 50 à 100 individus. On qualifie aujourd’hui une telle firme de « petite firme ». Depuis 15 ans, j’ai l’ai quitté pour la retraite et mes autres occupations. Elle demeure toujours active.
Pour dénicher des contrats, nous devions nous faire connaître professionnellement pour obtenir des nominations, présenter multiples applications aux commissions scolaires, aux villes, au gouvernement, aux CA des hôpitaux, etc… avec le CV des employés de la firme et la liste de ses réalisations. Et malgré de petits budgets de relations publiques nous avons réussi, petit à petit, à obtenir des mandats de plus en plus importants, ici et là, dans les domaines privé et public.
La commission d’enquête Charbonneau sur la construction dévoile que des systèmes de collusion et de corruption inimaginables étaient en place dans le domaine public. Encore hier, un témoin dénommé Gilles Cloutier, qui se présente comme un organisateur hors pair pour élections municipales, est venu expliquer comment il a réussi à faire élire les maires et les conseillers municipaux de dizaines de villes et villages du Québec. Pour atteindre ses fins, il utilisait des méthodes irrespectueuses des lois électorales. Il a admis avoir été mandaté pour ce faire, à tour de rôle, par deux firmes d’ingénieurs-conseils : Dessau et Roche.
Cloutier offrait (il garantissait presque) aux aspirants-candidats à la mairie et au conseil des villes impliquées, de les faire élire en organisant leur campagne électorale avec la méthode clef-en-main (financement, organisation, publicité etc.) et cela gratuitement à la condition qu’ils s’engagent, une fois élus, d’accorder durant leur mandat, sans soumission ou autrement, tous les travaux municipaux nécessitant un travail de génie civil à la firme d’ingénieurs-conseils qui avait retenu ses services.
Non seulement, ces firmes nommées semblent avoir triché en œuvrant pour la ville de Montréal et avoir participé illégalement au financement des partis politiques du Québec dans le but d’obtenir des contrats publics, elles se sont abaissées, selon les dires de Cloutier, à devenir des fossoyeurs de la démocratie en mettant sur pied et en finançant des stratagèmes électoraux illégaux.
En aparté, Cloutier a fait des déclarations ayant rapport avec du financement illégal qu'il aurait collecté lors de la campagne référendaire de 1995 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. On se rappellera quelle fut gagnée de justesse par le NON. Les souverainistes-indépendantistes-séparatistes accusent, depuis ce jour, le clan du NON de leur avoir volé le pays Québec. Ils rappellent la déclaration du premier ministre Parizeau, le soir du vote, qui blâma les « ethnies et l’argent » pour la défaite de son option et pour laquelle il a essuyé des reproches sévères. Les déclarations de Cloutier viennent confirmer en partie l’opinion de Parizeau et renforcent la hargne des séparatistes envers les fédéralistes, tout en allant à l’encontre de la bonne entente au Québec. Encore-là, il a rendu un mauvais service.
Les exemples précédant l'aparté, ajoutés à tous les autres donnés depuis le début de l’enquête, sont intolérables. À mon avis, toutes les firmes qui les ont générés et qui seront reconnues coupables par la loi, devront être punies. Que faire ?
Voici ma suggestion :
Premièrement, l’Ordre des Ingénieurs doit agir, enquêter et suspendre tous les ingénieurs qui de près ou de loin ont participé à ces illégalités. C’est une question de déontologie et de protection de la société.
Deuxièmement, ces firmes devraient perdre le droit de soumissionner pour une période de cinq ans sur tous les projets directs et indirects, financés par le gouvernement, où la collusion a été démontrée. Si une ou l’autre des firmes perd des mandats et se réveille avec du personnel en surplus, que ces ingénieurs spécialisés et compétents créent leur propre de « petites firmes » et obtiennent des mandats à leur compte.
La réalisation des plans et devis et la surveillance des travaux de 90 % des travaux publics peuvent être faits par les « petites firmes » spécialisées. C’est un mythe de penser que nous avons besoin au Québec de « grosses firmes » fourre-tout de 2 000 à 20 000 employés pour la réalisation des projets de construction publics. Ces firmes sont trop grosses, leur pouvoir n’a pas de limite et elles bousculent les petites firmes compétentes par leurs manèges et leur gros budget de développement des affaires.
Les « grosses firmes » pour les projets internationaux et certains très gros projets locaux, c’est bon, mais chez nous, il faut reconnaître davantage la valeur des « petites firmes » et bien les utiliser. Normalement, les clients sont très bien servis par ces dernières car leurs patrons s’impliquent personnellement dans la réalisation de leurs projets. Il est bon de rappeler ici, que dans le domaine privé, les grands projets sont souventes fois réalisés par les « petites firmes ».
Troisièmement, ces firmes devraient payer une amende égale au montant total des crédits d’impôt accordés par le gouvernement à tous les prête-noms qui ont participé à cette illégalité. En plus, chacun de ces prête-noms devrait rembourser personnellement aussi les crédits d’impôts dont il a bénéficié. Ainsi, le gouvernement recevra la presque totalité des montants versés et tous ceux qui ont participé à ce stratagème seront punis.
Par contre, les partis politiques qui ont reçu ces contributions ne devraient pas être obligés de les rembourser. Ils ne peuvent être blâmés par ce stratagème imaginé et mis en place par les firmes et les contributeurs. L’argent est dépensé et les sommes sont si mirobolantes qu’un remboursement nuirait à la solidité financière des partis politiques.
Quatrièmement, les firmes de génie ayant travaillé pour Montréal et faisant partie de la collusion du partage des contrats devraient rembourser 20% des honoraires supplémentaires qu’elles ont perçus sur les contrats exécutés pour la ville, puisque les coûts des travaux de la ville ont été augmentés, par tricherie des entrepreneurs, de 20% à 30% par rapport aux coûts normaux et qu’ils n’ont rien dit.
Cinquièmement, il serait sensé que tous les dirigeants actuels de ces firmes et les membres de leur conseil d’administration soient renvoyés pour une période de 5 ans et remplacés par des individus dont la compétence et la probité est reconnue.
Si on n’agit pas radicalement et vite, on verra dans quelques années la tête de l’hydre ressurgir.
dimanche 28 avril 2013
Les chefs du Parti Québécois : de Lévesque à…. PKP
Les récents sondages au Québec nous éclairent sur l’évolution de la politique depuis l’élection générale, d’il y a sept mois. Le gouvernement du Parti Québécois (PQ) perd des plumes et l’opinion publique lui préfère le Parti Libéral du Québec (PLQ) dirigé par le nouveau chef Philippe Couillard. Quant au deuxième parti de l’opposition, Coalition pour l’avenir du Québec (ADQ) de François Legault, il continue sa descente aux enfers.
Les souverainistes-indépendantistes-séparatistes, on ne sait plus par quel nom les désigner, expliquent l’impopularité croissante de leur parti en blâmant le richissime Paul Desmarais, l’incontournable fédéraliste qui incarne pour eux le diable en personne. Ils le traitent de tous les noms : écumeur, prédateur… Leur prétention est qu’il mène une constante et subtile campagne anti-séparatiste via les journalistes de sa chaîne de journaux. Ils le honnissent au point que c’en est devenu une obsession maladive.
Pourtant, leur parti PQ est au pouvoir à Québec. Leur PM Pauline Marois et ses ministres sont libres de traduire en lois toutes les résolutions adoptées aux congrès de leur parti. Leurs adeptes et amis sont nommés à tous les postes importants de la machine gouvernementale. Le PLQ, l’opposition officielle, est en réorganisation profonde et loin d’être prêt à devenir le gouvernement. La CAQ qui détient la balance du pouvoir à l’Assemblée nationale perd des appuis à chaque sondage et, au risque de perdre des députés, ne peut forcer une élection dans un avenir rapproché, ce qui assure que leur gouvernement minoritaire demeurera au pouvoir pour plus de deux ans.
Alors, où est le problème ? Pourquoi le gouvernement perd-t-il graduellement la confiance des Québécois? À cause de son programme électoral qu’il peine à respecter ? Au déficit de charisme de sa cheffe Pauline Marois ? De ses reculs constants ? Des notes discordantes que le public entend de ses propres partisans qui le critiquent à qui mieux mieux ?
À mon avis, dans un premier temps, le message est le problème. Trop de séparatistes propagent d’invraisemblables scénarios plus irréalistes les uns des autres. Sévères envers la PM, ses ministres et leurs actions, ils expriment leur déception réelle en prétextant que le gouvernement ne répond pas à leurs attentes en ne propulsant pas à l’avant-scène le débat sur la séparation du Québec. La clameur qui en résulte est négative. En plus, ils perdent leur temps à dénigrer Desmarais et ses amis, ils tonnent avec véhémence contre leurs anciens chefs Johnson et Bouchard, contre Justin Trudeau, contre tout ce que fait le fédéral et contre leurs compatriotes qui ne sont pas en accord avec eux. Certains vont même jusqu’à accuser ces derniers d’être traitres à la nation. Ne comprenant pas l’importance de faire la part des choses, leur crédibilité en souffre.
Contrairement à René Lévesque, Gérard Parizeau, Lucien Bouchard et autres qui avaient un message à la hauteur de la question, leurs contemporains n’en n’ont pas.
De plus, ils ne semblent pas réaliser qu’en plus du message, il faut un chef, un leader charismatique, persuasif, simple, aimé, entraînant et capable de toucher simultanément le cœur et l’intelligence de ses compatriotes, comme l’ont été René Lévesque et Lucien Bouchard.
Lévesque fut un grand PM du Québec. Il avait un message fort, émouvant, profond et persuasif à un moment tournant de l’histoire moderne du Québec.
Lucien Bouchard devint le leader charismatique du référendum de 1995. Il était un orateur populaire, à l'éloquence puissante et son message toucha directement le cœur des Québécois qui en nombre croissant venaient à sa rencontre.
Le vrai défi des séparatistes d’aujourd’hui est de trouver un tel leader, qui par sa magie intellectuelle et verbale, transformera l’opinion publique au point qu’elle veuille accepter de considérer sérieusement leur idée de séparer le Québec du Canada.
Au rythme actuel des reculs du gouvernement de Pauline Marois par rapport à son programme électoral, de la situation économique qui l’empêchera de balancer le budget, de ses improvisations dans le domaine de l’énergie, des tergiversations de sa gouvernance séparatiste, des nouveaux impôts et taxes et encore, il est fort possible que le PQ soit défait à la prochaine élection. Il est donc pensable que d’ici trois ans, il voudra se trouver un nouveau chef.
Ce pourrait être le moment attendu par plusieurs qui voient dans leur soupe le profil de Pierre-Karl Péladeau (PKP).
Ceux qui le connaissent, savent que PKP a une forte sensibilité nationaliste. Il n’est pas le seul au Québec avec un tel sentiment. Je connais un très grand nombre de Québécois qui le partagent, qu’ils soient fédéralistes ou séparatistes. Nous aimons le Québec et nous voulons qu’il puisse atteindre son plein potentiel de développement pour assurer une vie de qualité à nos familles et nos descendants. C’est dans la manière qui nous différons.
PKP, contrairement à son père Pierre, n’a jamais hautement affiché sa couleur politique. Ne mêlant pas affaires et politiques, il a toujours contribué financièrement aux partis politiques du Québec et du Canada. Les gouvernements et le public étant essentiels à la création de son empire et il ne voulait bousculer ni l’un ni l’autre.
Québecor a été bâti grâce à l’apport de son père, l’obtention d’importantes aides financières gouvernementales, l’octroi de permis de communications du fédéral, l’appui des PM Landry, Charest, Marois et Harper, d’importantes acquisitions mais surtout par le flair et les talents personnels de PKP.
Aujourd’hui, PKP demeure le principal actionnaire du Groupe Québecor Inc. et le président de son conseil d’administration (CA). Il maintient donc un intérêt personnel et financier important dans ce conglomérat géant. C’est pourquoi sa récente nomination à la présidence du CA de l’Hydro-Québec a créé certains malaises en rapport avec la possibilité de conflits d’intérêts. Mais la PM Marois a expliqué qu’elle avait pris les précautions nécessaires pour assurer que PKP les évite.
De toute façon, l’avenir nous le dira. Si, par exemple, les membres du CA de l’HQ sont vitement changés par des sympathisants politiques, ce sera un signe révélateur des vraies intentions de la PM Marois et de PKP.
Les milieux séparatistes rêvent. Ils croient avoir trouvé en PKP le chef charismatique qui les amènera éventuellement vers la terre promise. En a-t-il les qualités ?
Je leur rappelle simplement qu’il y a un monde entre le succès en affaires et le succès en politique. À suivre….
Claude Dupras
Les souverainistes-indépendantistes-séparatistes, on ne sait plus par quel nom les désigner, expliquent l’impopularité croissante de leur parti en blâmant le richissime Paul Desmarais, l’incontournable fédéraliste qui incarne pour eux le diable en personne. Ils le traitent de tous les noms : écumeur, prédateur… Leur prétention est qu’il mène une constante et subtile campagne anti-séparatiste via les journalistes de sa chaîne de journaux. Ils le honnissent au point que c’en est devenu une obsession maladive.
Pourtant, leur parti PQ est au pouvoir à Québec. Leur PM Pauline Marois et ses ministres sont libres de traduire en lois toutes les résolutions adoptées aux congrès de leur parti. Leurs adeptes et amis sont nommés à tous les postes importants de la machine gouvernementale. Le PLQ, l’opposition officielle, est en réorganisation profonde et loin d’être prêt à devenir le gouvernement. La CAQ qui détient la balance du pouvoir à l’Assemblée nationale perd des appuis à chaque sondage et, au risque de perdre des députés, ne peut forcer une élection dans un avenir rapproché, ce qui assure que leur gouvernement minoritaire demeurera au pouvoir pour plus de deux ans.
Alors, où est le problème ? Pourquoi le gouvernement perd-t-il graduellement la confiance des Québécois? À cause de son programme électoral qu’il peine à respecter ? Au déficit de charisme de sa cheffe Pauline Marois ? De ses reculs constants ? Des notes discordantes que le public entend de ses propres partisans qui le critiquent à qui mieux mieux ?
À mon avis, dans un premier temps, le message est le problème. Trop de séparatistes propagent d’invraisemblables scénarios plus irréalistes les uns des autres. Sévères envers la PM, ses ministres et leurs actions, ils expriment leur déception réelle en prétextant que le gouvernement ne répond pas à leurs attentes en ne propulsant pas à l’avant-scène le débat sur la séparation du Québec. La clameur qui en résulte est négative. En plus, ils perdent leur temps à dénigrer Desmarais et ses amis, ils tonnent avec véhémence contre leurs anciens chefs Johnson et Bouchard, contre Justin Trudeau, contre tout ce que fait le fédéral et contre leurs compatriotes qui ne sont pas en accord avec eux. Certains vont même jusqu’à accuser ces derniers d’être traitres à la nation. Ne comprenant pas l’importance de faire la part des choses, leur crédibilité en souffre.
Contrairement à René Lévesque, Gérard Parizeau, Lucien Bouchard et autres qui avaient un message à la hauteur de la question, leurs contemporains n’en n’ont pas.
De plus, ils ne semblent pas réaliser qu’en plus du message, il faut un chef, un leader charismatique, persuasif, simple, aimé, entraînant et capable de toucher simultanément le cœur et l’intelligence de ses compatriotes, comme l’ont été René Lévesque et Lucien Bouchard.
Lévesque fut un grand PM du Québec. Il avait un message fort, émouvant, profond et persuasif à un moment tournant de l’histoire moderne du Québec.
Lucien Bouchard devint le leader charismatique du référendum de 1995. Il était un orateur populaire, à l'éloquence puissante et son message toucha directement le cœur des Québécois qui en nombre croissant venaient à sa rencontre.
Le vrai défi des séparatistes d’aujourd’hui est de trouver un tel leader, qui par sa magie intellectuelle et verbale, transformera l’opinion publique au point qu’elle veuille accepter de considérer sérieusement leur idée de séparer le Québec du Canada.
Au rythme actuel des reculs du gouvernement de Pauline Marois par rapport à son programme électoral, de la situation économique qui l’empêchera de balancer le budget, de ses improvisations dans le domaine de l’énergie, des tergiversations de sa gouvernance séparatiste, des nouveaux impôts et taxes et encore, il est fort possible que le PQ soit défait à la prochaine élection. Il est donc pensable que d’ici trois ans, il voudra se trouver un nouveau chef.
Ce pourrait être le moment attendu par plusieurs qui voient dans leur soupe le profil de Pierre-Karl Péladeau (PKP).
Ceux qui le connaissent, savent que PKP a une forte sensibilité nationaliste. Il n’est pas le seul au Québec avec un tel sentiment. Je connais un très grand nombre de Québécois qui le partagent, qu’ils soient fédéralistes ou séparatistes. Nous aimons le Québec et nous voulons qu’il puisse atteindre son plein potentiel de développement pour assurer une vie de qualité à nos familles et nos descendants. C’est dans la manière qui nous différons.
PKP, contrairement à son père Pierre, n’a jamais hautement affiché sa couleur politique. Ne mêlant pas affaires et politiques, il a toujours contribué financièrement aux partis politiques du Québec et du Canada. Les gouvernements et le public étant essentiels à la création de son empire et il ne voulait bousculer ni l’un ni l’autre.
Québecor a été bâti grâce à l’apport de son père, l’obtention d’importantes aides financières gouvernementales, l’octroi de permis de communications du fédéral, l’appui des PM Landry, Charest, Marois et Harper, d’importantes acquisitions mais surtout par le flair et les talents personnels de PKP.
Aujourd’hui, PKP demeure le principal actionnaire du Groupe Québecor Inc. et le président de son conseil d’administration (CA). Il maintient donc un intérêt personnel et financier important dans ce conglomérat géant. C’est pourquoi sa récente nomination à la présidence du CA de l’Hydro-Québec a créé certains malaises en rapport avec la possibilité de conflits d’intérêts. Mais la PM Marois a expliqué qu’elle avait pris les précautions nécessaires pour assurer que PKP les évite.
De toute façon, l’avenir nous le dira. Si, par exemple, les membres du CA de l’HQ sont vitement changés par des sympathisants politiques, ce sera un signe révélateur des vraies intentions de la PM Marois et de PKP.
Les milieux séparatistes rêvent. Ils croient avoir trouvé en PKP le chef charismatique qui les amènera éventuellement vers la terre promise. En a-t-il les qualités ?
Je leur rappelle simplement qu’il y a un monde entre le succès en affaires et le succès en politique. À suivre….
Claude Dupras
samedi 20 avril 2013
Un géant : Pierre Karl Péladeau
Pierre-Karl Péladeau vient d’accéder au poste de président du conseil d’administration d’Hydro-Québec. C’est une bonne nomination.
Fils de l’unique Pierre Péladeau, homme d’affaires et fondateur de Québecor, il en a gardé le sens des affaires et la sensibilité nationaliste. L’argent en plus, évidemment. Depuis son arrivée à la tête du "Groupe Québécor Inc.", PKP en a fait l’un des plus importants conglomérats dans le domaine des médias au Canada.
Avocat, philosophe, il a le flair des affaires. Jeune, il s’occupe du développement des imprimeries de l’entreprise et à la mise en place de la papetière Donahue alors filiale de Québecor. Suite au décès de son père, il acquiert la Corporation Sun Media et voit Québecor se hisser au 2ième rang des groupes de presse canadiens. Devenu président et chef de la direction, il a la vision de réunir télécommunications et divertissements et de les faire converger avec ses autres entreprises pour que chacune d’elles en profite.
Moins jeune, André Chagnon, propriétaire de Videotron, premier câblodistributeur au Québec et 3ième au Canada, décide de vendre son entreprise à la compagnie ontarienne Rogers, 2ième au pays. Une entente est faite au grand dam des dirigeants de la Caisse de dépôt et de placements du Québec. Ces derniers recherchent une entreprise québécoise capable de garder le centre décisionnel de cette importante compagnie de câble et de télévision de langue française au Québec et leur choix s’arrête sur Québecor. La bataille est dure car Rodgers veut faire respecter son entente et ne lâche pas le morceau. Finalement, la Caisse et Québecor s’unissent et gagnent la bataille après avoir déposé une offre impensable et finale de 5,4 milliards $, devant la presse financière du pays qui s’insurge contre les procédés « tribaux » utilisés pour écarter Rogers. Elle a raison mais rien ne change.
Sans la Caisse, qui a déposé au moment de l’achat 2,5 milliards $, PKP n’aurait jamais pu acquérir Videotron. Plus tard, elle a investi 650 millions $ additionnels. Pour ses dirigeants, ce n’est pas strictement une question d’affaires car ils sont motivés par un certain nationalisme économique. Pourtant le mandat de la Caisse est de bien gérer les fonds de pensions des Québécois et pour se faire de les investir le plus judicieusement possible. Jusqu’à aujourd’hui, la Caisse a perdu en fait plus de 2 milliards dans cette affaire car elle aurait pu acheter des obligations à rendement supérieur. Par contre, les emplois Videotron ont été protégés et la compagnie a grossi.
Depuis toujours, PKP démontre sans gêne sa fierté d’être québécois. Certains le qualifient de « nationaliste sans teinte politique ». D’autres ajoutent qu’il est un conservateur modéré. Les séparatistes le disent séparatiste. Les hommes d’affaires croient qu’il vise à voir le Québec jouer un rôle important au Canada et aux USA. Je crois qu’il faudra attendre le tenue d’un autre référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien pour le savoir vraiment. Une chose est certaine, avec les acquisitions de Videotron et TVA, auxquelles il a ajouté Osprey Media, l’un des plus importants éditeurs au pays, PKP dirige une entreprise gigantesque qui peut devenir fort importante pour le développement du Québec. Québecor a tout en main pour rencontrer la vision de son président Pierre-Karl Péladeau.
En 10 ans, Videotron est transformée en une compagnie d’excellence. Tout est d’avant-garde. Tout est bien fait, et on ne peut trouver de clients plus satisfaits. Son résultat financier en fait « la locomotive » de Québecor et lui assure « 70% de ses bénéfices ».
La nomination de PKP, qui a 51 ans, vient quelques jours après avoir annoncer qu’il quittait la présidence et la direction de Québecor pour les confier à des subalternes fiables afin de se libérer et avoir le temps de mûrir, de définir « les grandes orientations stratégiques futures des activités de télécommunications et de médias » dans un monde où elles évoluent si rapidement.
Évidemment, PKP n’est pas sans reproche. Il a été un patron qui a imposé un lock-out par année durant 14 ans. On souligne que sans le gouvernement, ses entreprises n’auraient pas eu l’envol qu’elles ont connu. On rappelle qu’encore aujourd’hui, contrairement à la famille Molson à Montréal, il se dit incapable de construire un amphithéâtre pour le hockey professionnel à Québec sans obtenir 200 millions $ en octroi du gouvernement québécois. Enfin, certains craignent que l’empire médiatique de PKP manifeste de la gratitude dans ses médias au profit de la PM Marois et de son parti politique comme reconnaissance de sa nomination à la tête du CA de l’HQ, etc..
Ces questions et craintes légitimes ne font pas l’unanimité et sont, à mon point de vue, insuffisantes pour empêcher des individus, dont la compétence et le sérieux ont été clairement démontrés, de servir à des postes importants de sociétés gouvernementales. C’est ce qu’est Pierre-Karl Péladeau avec sa forte personnalité, ses qualités d’homme d’affaires et de vision.
La PM Marois, du temps qu’elle était chef de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale, dénonçait l’ex-gouvernement d’avoir « la filiation partisane comme critère de sélection ». Elle n’est pas gênée de faire de même depuis qu’elle a le pouvoir. Je sais qu’il est reconnu comme normal qu’un parti au pouvoir veuille nommer des amis à des postes importants comme « courroie de transmission pour la mise en place de ses priorités », mais c’est une approche qui demeure injuste si la compétence n’est pas le critère principal d’embauche.
À ce jour, ses nominations sont acceptables sauf celles à la Commission d’enquête sur la formation de la main-d'œuvre et l’assurance-emploi, comme je le soulignais dans mon billet précédent. Mais voilà qu’elle vient de désigner l’ancien ministre péquiste Sylvain Simard au poste de président du conseil d'administration de la Société des alcools du Québec (SAQ). Ce dernier, ex-professeur, était le moins compétent sur la liste des prétendants. Il n’a aucune compétence dans le domaine du marché au détail ni dans la direction d’une entreprise. Il a été un bon ministre des relations internationales mais son accès à la tête de cette importante société commerciale est injustifiable et n'aide pas le Québec.
Ce n’est pas le cas de Pierre-Karl Péladeau qui saura bien diriger l’Hydro-Québec, la développer, la protéger, stimuler sa productivité et accroître ses profits. C’est un bon choix.
Claude Dupras
Fils de l’unique Pierre Péladeau, homme d’affaires et fondateur de Québecor, il en a gardé le sens des affaires et la sensibilité nationaliste. L’argent en plus, évidemment. Depuis son arrivée à la tête du "Groupe Québécor Inc.", PKP en a fait l’un des plus importants conglomérats dans le domaine des médias au Canada.
Avocat, philosophe, il a le flair des affaires. Jeune, il s’occupe du développement des imprimeries de l’entreprise et à la mise en place de la papetière Donahue alors filiale de Québecor. Suite au décès de son père, il acquiert la Corporation Sun Media et voit Québecor se hisser au 2ième rang des groupes de presse canadiens. Devenu président et chef de la direction, il a la vision de réunir télécommunications et divertissements et de les faire converger avec ses autres entreprises pour que chacune d’elles en profite.
Moins jeune, André Chagnon, propriétaire de Videotron, premier câblodistributeur au Québec et 3ième au Canada, décide de vendre son entreprise à la compagnie ontarienne Rogers, 2ième au pays. Une entente est faite au grand dam des dirigeants de la Caisse de dépôt et de placements du Québec. Ces derniers recherchent une entreprise québécoise capable de garder le centre décisionnel de cette importante compagnie de câble et de télévision de langue française au Québec et leur choix s’arrête sur Québecor. La bataille est dure car Rodgers veut faire respecter son entente et ne lâche pas le morceau. Finalement, la Caisse et Québecor s’unissent et gagnent la bataille après avoir déposé une offre impensable et finale de 5,4 milliards $, devant la presse financière du pays qui s’insurge contre les procédés « tribaux » utilisés pour écarter Rogers. Elle a raison mais rien ne change.
Sans la Caisse, qui a déposé au moment de l’achat 2,5 milliards $, PKP n’aurait jamais pu acquérir Videotron. Plus tard, elle a investi 650 millions $ additionnels. Pour ses dirigeants, ce n’est pas strictement une question d’affaires car ils sont motivés par un certain nationalisme économique. Pourtant le mandat de la Caisse est de bien gérer les fonds de pensions des Québécois et pour se faire de les investir le plus judicieusement possible. Jusqu’à aujourd’hui, la Caisse a perdu en fait plus de 2 milliards dans cette affaire car elle aurait pu acheter des obligations à rendement supérieur. Par contre, les emplois Videotron ont été protégés et la compagnie a grossi.
Depuis toujours, PKP démontre sans gêne sa fierté d’être québécois. Certains le qualifient de « nationaliste sans teinte politique ». D’autres ajoutent qu’il est un conservateur modéré. Les séparatistes le disent séparatiste. Les hommes d’affaires croient qu’il vise à voir le Québec jouer un rôle important au Canada et aux USA. Je crois qu’il faudra attendre le tenue d’un autre référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien pour le savoir vraiment. Une chose est certaine, avec les acquisitions de Videotron et TVA, auxquelles il a ajouté Osprey Media, l’un des plus importants éditeurs au pays, PKP dirige une entreprise gigantesque qui peut devenir fort importante pour le développement du Québec. Québecor a tout en main pour rencontrer la vision de son président Pierre-Karl Péladeau.
En 10 ans, Videotron est transformée en une compagnie d’excellence. Tout est d’avant-garde. Tout est bien fait, et on ne peut trouver de clients plus satisfaits. Son résultat financier en fait « la locomotive » de Québecor et lui assure « 70% de ses bénéfices ».
La nomination de PKP, qui a 51 ans, vient quelques jours après avoir annoncer qu’il quittait la présidence et la direction de Québecor pour les confier à des subalternes fiables afin de se libérer et avoir le temps de mûrir, de définir « les grandes orientations stratégiques futures des activités de télécommunications et de médias » dans un monde où elles évoluent si rapidement.
Évidemment, PKP n’est pas sans reproche. Il a été un patron qui a imposé un lock-out par année durant 14 ans. On souligne que sans le gouvernement, ses entreprises n’auraient pas eu l’envol qu’elles ont connu. On rappelle qu’encore aujourd’hui, contrairement à la famille Molson à Montréal, il se dit incapable de construire un amphithéâtre pour le hockey professionnel à Québec sans obtenir 200 millions $ en octroi du gouvernement québécois. Enfin, certains craignent que l’empire médiatique de PKP manifeste de la gratitude dans ses médias au profit de la PM Marois et de son parti politique comme reconnaissance de sa nomination à la tête du CA de l’HQ, etc..
Ces questions et craintes légitimes ne font pas l’unanimité et sont, à mon point de vue, insuffisantes pour empêcher des individus, dont la compétence et le sérieux ont été clairement démontrés, de servir à des postes importants de sociétés gouvernementales. C’est ce qu’est Pierre-Karl Péladeau avec sa forte personnalité, ses qualités d’homme d’affaires et de vision.
La PM Marois, du temps qu’elle était chef de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale, dénonçait l’ex-gouvernement d’avoir « la filiation partisane comme critère de sélection ». Elle n’est pas gênée de faire de même depuis qu’elle a le pouvoir. Je sais qu’il est reconnu comme normal qu’un parti au pouvoir veuille nommer des amis à des postes importants comme « courroie de transmission pour la mise en place de ses priorités », mais c’est une approche qui demeure injuste si la compétence n’est pas le critère principal d’embauche.
À ce jour, ses nominations sont acceptables sauf celles à la Commission d’enquête sur la formation de la main-d'œuvre et l’assurance-emploi, comme je le soulignais dans mon billet précédent. Mais voilà qu’elle vient de désigner l’ancien ministre péquiste Sylvain Simard au poste de président du conseil d'administration de la Société des alcools du Québec (SAQ). Ce dernier, ex-professeur, était le moins compétent sur la liste des prétendants. Il n’a aucune compétence dans le domaine du marché au détail ni dans la direction d’une entreprise. Il a été un bon ministre des relations internationales mais son accès à la tête de cette importante société commerciale est injustifiable et n'aide pas le Québec.
Ce n’est pas le cas de Pierre-Karl Péladeau qui saura bien diriger l’Hydro-Québec, la développer, la protéger, stimuler sa productivité et accroître ses profits. C’est un bon choix.
Claude Dupras
samedi 13 avril 2013
La constitution, nous et la gouvernance souverainiste
La constitution d’un pays est l’acte par lequel il a été établi et constitué. C’est sa définition et l’assurance de la protection des droits de ses citoyens. Elle est ce que nous sommes. Elle doit être respectée par tous, citoyens et gouvernements. On la modifie difficilement au Canada, comme ailleurs, car le processus est long, détaillé, et les propositions sont préparées suite à de nombreuses consultations avec la population et les gouvernements des provinces, dont particulièrement le Québec qui représente une des deux nations fondatrices du pays.
Il en fut ainsi pour le rapatriement de la constitution canadienne, de Londres en 1982. Durant ce long débat, des disputes importantes entre le Canada, le Québec et autres provinces s’élevèrent et furent soumises à la Cour Suprême du Canada pour décision. Or, un livre récent de Frédérick Bastien, intitulé « La bataille de Londres », révèle que le juge en chef de la Cour communiquait secrètement des informations à Michael Pittfield, le premier fonctionnaire canadien.
Suite à cette affirmation irrecevable, la Cour Suprême vient d’émettre un communiqué : « On rapporte que, selon M. Bastien, le juge en chef Bora Laskin aurait, il y a une trentaine d’années, révélé au gouvernement du Canada et à celui du Royaume-Uni des délibérations confidentielles de la Cour au sujet du renvoi sur le rapatriement de la Constitution. La Cour attache une très grande importance à son indépendance institutionnelle et à la confidentialité de ses délibérations, et elle examine présentement la teneur de ces allégations ».
Si cela est vrai, c’est très grave car la séparation entre la politique et la justice doit être totalement étanche. C’est capital. Nous devons savoir tout ce qui en est des supposés échanges Laskin-Pittfield. Je partage, sur ce sujet, l’opinion de l’ex-PM et ex-ministre fédéral Lucien Bouchard. Comme citoyens, il est primordial que nous ayons la plus grande confiance dans nos hautes autorités judiciaires.
Que le gouvernement du Québec fasse tout ce qui est nécessaire pour assurer que la constitution canadienne soit respectée et que le gouvernement fédéral gère le pays à l’intérieur des responsabilités qui sont les siennes, j’en suis. Depuis le succès immense obtenu par Duplessis en rapport avec la taxation en passant par Jean Lesage, Daniel Johnson et René Lévesque, nous avons vu le gouvernement canadien et ceux des provinces réussir à modifier la constitution afin de définir clairement les juridictions de chacun. Malheureusement, il reste le différend important de 1982 alors que le Québec n’a pas signé le rapatriement de la constitution même si elle s’applique à eux. C’est anormal et il est à espérer qu’un jour cette situation soit réglée.
Dans un état fédéral, il y a toujours une constante possibilité d’empiètement dans le jardin du voisin et c’est pourquoi j’appuie chaque fois le gouvernement du Québec, dont celui de Pauline Marois, lorsqu’il conteste une décision fédérale qui semble hors juridiction.
Il en est ainsi de la récente décision du gouvernement fédéral d’Harper en matière de formation de la main-d'œuvre et d'assurance-emploi. Plusieurs affirment que cela relève du Québec et qu’elle ne tient pas compte de la situation particulière du Québec dans ce domaine. Ils craignent qu’elle ait des effets néfastes qui affecteront sensiblement son développement économique.
Pour les définir, le gouvernement québécois vient de créer une Commission d’enquête qui va parcourir son territoire et tenir des « audiences publiques, consulter la population, des experts et les acteurs du marché du travail » pour lui faire des recommandations. Elle devra établir les « paramètres d’un régime d’assurance-emploi qui concorderait avec les besoins actuels et futurs du marché du travail québécois et proposer des modifications au régime fédéral d’assurance-emploi ». C’est donc une Commission qui a une tâche importante.
Selon Pauline Marois, cette décision s’inscrit dans le plan de « gouvernance souverainiste » que le Parti Québécois a promis de mettre en œuvre dès son accès au pouvoir pour favoriser la séparation éventuelle du Québec de l’ensemble canadien. Marois ne tient pas compte du fait qu’elle dirige un gouvernement minoritaire, que son parti n’a recueilli que 31,95% du suffrage populaire a l’élection et que les sondages actuels indiquent que 70% des Québécois et Québécoises s’opposent à la séparation. Il est scandaleux dans ces circonstances qu’elle utilise les fonds publics pour favoriser son option politique.
Lors du récent weekend, les différents mouvements et partis indépendantistes ont adopté ensemble une résolution qui remplace dorénavant le mot « souveraineté » par « indépendance ». C’est l’ex-PM Landry qui a affirmé « il faut utiliser les vrais mots pour dire ce que l’on pense vraiment ». Dans la même logique, on doit donc parler dorénavant de « gouvernance indépendantiste ».
Mais, en fait, ces groupes ne réclament pas l’indépendance du peuple français du Canada mais la séparation du Québec et c’est Bouchard, qui a mené de main-de-maître le comité du OUI lors du dernier référendum, qui l’a confirmé en reconnaissant « Oui, nous sommes des séparatistes ». Donc, les vrais mots pour qualifier le projet péquiste sont : la « gouvernance séparatiste ».
Là où le bât blesse davantage, c’est au niveau du choix des membres de la Commission. Ils se doivent d’être compétents et sans préjugés. Ils auront à écouter de multiples Québécois et syndicats de toutes opinions politiques et faire la part des choses dans leurs analyses et leurs recommandations. Or, le président choisi est l’ex-chef du Bloc Québécois à Ottawa, Gilles Duceppe, qui se montre toujours révolté contre le fédéral, quelque soit le sujet. L’autre tête de la Commission est l’ex-ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais. Quant aux deux autres commissaires, malgré qu’ils aient été de hauts fonctionnaires, leurs sympathies politiques sont bien connues. Avec des commissaires comme ça, nul ne pourra se porter garant que les opinions qui seront émises devant la Commission seront bien pesées, sous-pesées et non teintées.
À mon avis, on connait d’avance les conclusions de la Commission : ce sera contre le fédéral. Trop souvent des études de gouvernements péquistes ont conclu, quelque soit le sujet, dans le même sens: le Québec est en mauvaise position au Canada et avec la séparation il ne pourra que gagner. En fait, c’est de la propagande payée par le gouvernement qui n’a pas lieu d’être.
Pauline Marois fait une erreur importante avec sa « gouvernance séparatiste ». Elle dit vouloir répéter l’exercice pour plusieurs autres sujets. Non seulement, sa première Commission n’a pas de légitimité, les commissaires manquent de crédibilité puisque leur objectivité peut être mise en question.
Je suis favorable à la création de Commissions d’enquêtes sur des sujets d’importance capitale pour tous les Québécois, à la condition que le gouvernement choisisse des personnes qualifiées et neutres pour les diriger. Cela permettra aux Québécois d’être mieux renseignés et plus à même de juger des situations qui se présentent. Pour ce faire, la PM Marois devra oublier son concept de « gouvernance séparatiste », qui est injuste et antidémocratique.
Claude Dupras
Il en fut ainsi pour le rapatriement de la constitution canadienne, de Londres en 1982. Durant ce long débat, des disputes importantes entre le Canada, le Québec et autres provinces s’élevèrent et furent soumises à la Cour Suprême du Canada pour décision. Or, un livre récent de Frédérick Bastien, intitulé « La bataille de Londres », révèle que le juge en chef de la Cour communiquait secrètement des informations à Michael Pittfield, le premier fonctionnaire canadien.
Suite à cette affirmation irrecevable, la Cour Suprême vient d’émettre un communiqué : « On rapporte que, selon M. Bastien, le juge en chef Bora Laskin aurait, il y a une trentaine d’années, révélé au gouvernement du Canada et à celui du Royaume-Uni des délibérations confidentielles de la Cour au sujet du renvoi sur le rapatriement de la Constitution. La Cour attache une très grande importance à son indépendance institutionnelle et à la confidentialité de ses délibérations, et elle examine présentement la teneur de ces allégations ».
Si cela est vrai, c’est très grave car la séparation entre la politique et la justice doit être totalement étanche. C’est capital. Nous devons savoir tout ce qui en est des supposés échanges Laskin-Pittfield. Je partage, sur ce sujet, l’opinion de l’ex-PM et ex-ministre fédéral Lucien Bouchard. Comme citoyens, il est primordial que nous ayons la plus grande confiance dans nos hautes autorités judiciaires.
Que le gouvernement du Québec fasse tout ce qui est nécessaire pour assurer que la constitution canadienne soit respectée et que le gouvernement fédéral gère le pays à l’intérieur des responsabilités qui sont les siennes, j’en suis. Depuis le succès immense obtenu par Duplessis en rapport avec la taxation en passant par Jean Lesage, Daniel Johnson et René Lévesque, nous avons vu le gouvernement canadien et ceux des provinces réussir à modifier la constitution afin de définir clairement les juridictions de chacun. Malheureusement, il reste le différend important de 1982 alors que le Québec n’a pas signé le rapatriement de la constitution même si elle s’applique à eux. C’est anormal et il est à espérer qu’un jour cette situation soit réglée.
Dans un état fédéral, il y a toujours une constante possibilité d’empiètement dans le jardin du voisin et c’est pourquoi j’appuie chaque fois le gouvernement du Québec, dont celui de Pauline Marois, lorsqu’il conteste une décision fédérale qui semble hors juridiction.
Il en est ainsi de la récente décision du gouvernement fédéral d’Harper en matière de formation de la main-d'œuvre et d'assurance-emploi. Plusieurs affirment que cela relève du Québec et qu’elle ne tient pas compte de la situation particulière du Québec dans ce domaine. Ils craignent qu’elle ait des effets néfastes qui affecteront sensiblement son développement économique.
Pour les définir, le gouvernement québécois vient de créer une Commission d’enquête qui va parcourir son territoire et tenir des « audiences publiques, consulter la population, des experts et les acteurs du marché du travail » pour lui faire des recommandations. Elle devra établir les « paramètres d’un régime d’assurance-emploi qui concorderait avec les besoins actuels et futurs du marché du travail québécois et proposer des modifications au régime fédéral d’assurance-emploi ». C’est donc une Commission qui a une tâche importante.
Selon Pauline Marois, cette décision s’inscrit dans le plan de « gouvernance souverainiste » que le Parti Québécois a promis de mettre en œuvre dès son accès au pouvoir pour favoriser la séparation éventuelle du Québec de l’ensemble canadien. Marois ne tient pas compte du fait qu’elle dirige un gouvernement minoritaire, que son parti n’a recueilli que 31,95% du suffrage populaire a l’élection et que les sondages actuels indiquent que 70% des Québécois et Québécoises s’opposent à la séparation. Il est scandaleux dans ces circonstances qu’elle utilise les fonds publics pour favoriser son option politique.
Lors du récent weekend, les différents mouvements et partis indépendantistes ont adopté ensemble une résolution qui remplace dorénavant le mot « souveraineté » par « indépendance ». C’est l’ex-PM Landry qui a affirmé « il faut utiliser les vrais mots pour dire ce que l’on pense vraiment ». Dans la même logique, on doit donc parler dorénavant de « gouvernance indépendantiste ».
Mais, en fait, ces groupes ne réclament pas l’indépendance du peuple français du Canada mais la séparation du Québec et c’est Bouchard, qui a mené de main-de-maître le comité du OUI lors du dernier référendum, qui l’a confirmé en reconnaissant « Oui, nous sommes des séparatistes ». Donc, les vrais mots pour qualifier le projet péquiste sont : la « gouvernance séparatiste ».
Là où le bât blesse davantage, c’est au niveau du choix des membres de la Commission. Ils se doivent d’être compétents et sans préjugés. Ils auront à écouter de multiples Québécois et syndicats de toutes opinions politiques et faire la part des choses dans leurs analyses et leurs recommandations. Or, le président choisi est l’ex-chef du Bloc Québécois à Ottawa, Gilles Duceppe, qui se montre toujours révolté contre le fédéral, quelque soit le sujet. L’autre tête de la Commission est l’ex-ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais. Quant aux deux autres commissaires, malgré qu’ils aient été de hauts fonctionnaires, leurs sympathies politiques sont bien connues. Avec des commissaires comme ça, nul ne pourra se porter garant que les opinions qui seront émises devant la Commission seront bien pesées, sous-pesées et non teintées.
À mon avis, on connait d’avance les conclusions de la Commission : ce sera contre le fédéral. Trop souvent des études de gouvernements péquistes ont conclu, quelque soit le sujet, dans le même sens: le Québec est en mauvaise position au Canada et avec la séparation il ne pourra que gagner. En fait, c’est de la propagande payée par le gouvernement qui n’a pas lieu d’être.
Pauline Marois fait une erreur importante avec sa « gouvernance séparatiste ». Elle dit vouloir répéter l’exercice pour plusieurs autres sujets. Non seulement, sa première Commission n’a pas de légitimité, les commissaires manquent de crédibilité puisque leur objectivité peut être mise en question.
Je suis favorable à la création de Commissions d’enquêtes sur des sujets d’importance capitale pour tous les Québécois, à la condition que le gouvernement choisisse des personnes qualifiées et neutres pour les diriger. Cela permettra aux Québécois d’être mieux renseignés et plus à même de juger des situations qui se présentent. Pour ce faire, la PM Marois devra oublier son concept de « gouvernance séparatiste », qui est injuste et antidémocratique.
Claude Dupras
dimanche 31 mars 2013
La Chinafrique : « gagnant-gagnant »
Durant les années 80’ j’ai eu l’occasion de travailler en Algérie. Ce n’était pas facile. Non pas que le pays ne soit pas beau, il est extraordinaire. Non pas que les Algériens ne veuillent pas travailler, le contraire est vrai. Mais la réalisation de projets de construction était en mode ralenti pour toutes sortes de raison. J’ai visité entre autres celui de l’université de Constantine, dessiné par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Les travaux s’éternisaient et la qualité d’exécution était minable. Il en était de même, avec l’aéroport international d’Alger, de la construction de tours à logements (dont la demande était très forte), etc… Cependant certains projets comme celui du monument aux Martyrs Algériens entrepris par Lavalin se déroulait rondement puisque tous les gérants de projets et les travailleurs étaient Canadiens dont la base de vie était un bateau de croisière amarré au port d’Alger.
Une quinzaine d’années plus tard, je retournai à Alger pour constater un changement radical. L’aéroport était enfin terminé, de multiples tours à logements de plus de 15 étages étaient construites et de bonne qualité, une autoroute Maroc-Tunis était en construction, etc. C’était l’œuvre du président Bouteflika qui, profitant des importants revenus de gaz et de pétrole algérien, a voulu réaliser les grandes infrastructures nécessaires à son pays. Pour ce faire, il a négocié des ententes avec le gouvernement de Chine et des compagnies chinoises. Les travailleurs étaient chinois et algériens. Le mix était bon et les résultats concrets et spectaculaires.
De même, j’ai eu l’occasion, il y a dix ans, de visiter Arusha, deuxième ville importante de la Tanzanie. J’y suis retourné en juillet dernier. Encore là, la ville avait beaucoup changé. Durant cette période, de grands bâtiments gouvernementaux, hôteliers, privés furent réalisés, des routes pavées, des écoles construites, l’internet disponible, et tout cela grâce, entre autres et surtout, à des ententes sino-tanzaniennes.
Depuis, j’ai mis la main sur le livre « Chinafrique », des français Serge Michel et Michel Beuret. J’y ai trouvé une belle synthèse de l’effort chinois sur le continent noir.
Depuis longtemps, la Chine a compris que ses besoins d’hydrocarbures, de métaux et autres pouvaient être comblés par l’Afrique qui en contient de très grandes quantités. Pour les obtenir, elle a pensé s’y installer en aidant les pays africains à « créer des opportunités pour diversifier leurs économies, créer des emplois, améliorer la santé et l’éducation, soutenir l’agriculture, l’industrie manufacturière et les PME par des infrastructures ».
La Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique. Contrairement aux pays occidentaux ou évangélisateurs, la Chine n’attache pas ses investissements à la tenue d’élections démocratiques, ni à la défense des droits de l’homme, ni à la protection de l’environnement, etc… Non, la Chine est là pour faire des affaires en aidant les pays africains à se donner les outils nécessaires à leur développement économique futur.
C’est en 2000 que les relations sino-africaines ont pris leur envol. De 10 milliards $ d’investissements au départ, ceux-ci atteignent maintenant plus de 150 milliards $. Aujourd’hui, la Chine œuvre dans 21 pays africains : Algérie, Niger, Nigéria, Cameroun, Gabon, Guinée Équatoriale, Égypte, Tchad, Soudan, Éthiopie, Mauritanie, Guinée, Sénégal, Congo, république du Congo, Angola, Zambie, Tanzanie, Zimbabwe, Mozambique et Afrique du Sud. De plus, elle coopère militairement avec cinq pays : Mali, Ghana, république Centre-Afrique, Namibie et Botswana.
Par contre, elle n’est pas active dans 19 pays : Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Togo, Benin, Malawi, Ouganda, Kenya, Madagascar, Rwanda, Somalie, Djbouti, Érythrée, Lybie et Tunisie. Cependant, dans quelques uns de ces derniers pays, la Chine collabore aux forces de maintien des opérations de la paix de l’ONU, ou encore dirige des centres culturels chinois.
Par sa participation au développement de l’Afrique, la Chine a redonné une vraie valeur aux Africains et aux investissements étrangers. Elle a suscité un nouvel intérêt, d’une grandeur jamais vue, chez les Américains, les Européens, les Japonais et les Australiens. Ces derniers pays ont réalisé qu’ils ont manqué le bateau et veulent maintenant y revenir. « Si c’est bon pour les Chinois, c’est sûrement bon pour nous », concluent-ils.
L’Afrique a un potentiel économique extraordinaire. En plus des matières premières mentionnées précédemment, elle a une démographie exponentielle, d’énormes besoins en infrastructures, en énergie et sa classe moyenne se développe rapidement. Durant les cinq dernières années, les investissements étrangers ont augmenté de près de 25% par année car la Chine n’est pas la seule à lorgner économiquement l’Afrique. Son exemple a fouetté l’intérêt des autres pays émergents qui s’y installent de plus en plus, dont : le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud. Ce groupe avec la Chine, identifié « les BRICS » vient de tenir un cinquième sommet de ses membres pour créer des partenariats stratégiques visant à ce que le développement de la richesse africaine soit fait en collaboration étroite avec chacun des pays intéressés. Ils discutent même de créer une banque BRICS pour financer les infrastructures et les projets de développement durable.
Le succès de la Chine en Afrique repose sur des avantages très particuliers. Elle est riche avec des réserves de change qui dépassent les 1,500 milliards $, elle peut déménager en quelques semaines des dizaines de milliers d’ouvriers chinois sur n’importe quel chantier de n’importe quel pays. À cause de ses coûts de revient qui sont bas, elle offre des prix très bas et elle garantit de très courts temps de réalisation. Toujours en garantissant une non-ingérence et une non-interférence dans les affaires de l’État-client. Ce dernier apprécie qu’elle prenne des risques, qu’elle soit là pour le long terme et qu’elle ne se mêle pas de ses affaires. Qui dit mieux ?
Ce qui est extraordinaire, c’est qu’enfin l’Afrique obtient, ou se donne, les infrastructures dont elle a un si grand besoin : barrages hydro-électriques; réseaux de trains; routes trans-Afrique; exploitations de gisements pétrolifères, construction de raffineries, distribution du pétrole; usines de désalinisation; développements miniers modernes (uranium, fer, cobalt, diamants, or, coltan et autres); construction de bâtiments à logements, hospitaliers et gouvernementaux; exploitation du bois; construction d’écoles, d’universités, d’aéroports, de complexes industriels, de réseaux de télécommunications; développement du tourisme; modernisation de l’agriculture; mise sur pieds de commerces de toutes sortes avec l’entraînement du personnel; financement de banques, etc…
Les adversaires ou les jaloux du succès des Chinois insinuent que l’intrusion de ces derniers en Afrique est du néo-colonialisme. Y a-t-il vraiment un danger que l’Africain se laisse enfermer dans une « relation inégale » comme ce fut le cas avec les colonisateurs occidentaux ? Pour y contrer et par transparence, la Chine a édicté son code d’éthique pour les entreprises chinoises à l’étranger, publiques ou privées. Elles doivent obéir aux lois locales, répondre aux appels d’offres avec transparence, respecter le droit du travail des employés autochtones, protéger l’environnement, etc. Elles ont aussi eu les directives de ne pas s’ingérer dans les affaires du pays et de respecter les gouvernements.
Il est certain que tout ne tourne pas toujours à la vitesse grand V et que des problèmes de toutes natures, humains, gouvernementaux ou financiers, se présentent ! Certains dirigeants africains d’opposition affirment que la Chine vient prendre toutes les richesses nationales de leur pays. De plus, quelques fois, des projets très importants sont arrêtés par l’État pour des raisons politiques et d’autres fois par des compagnies chinoises, comme ce fut le cas, suite à la plongée des prix du cuivre. Il y a aussi les multiples entreprises chinoises privées dispersées sur tout le continent africain : Restaurateurs, importateurs, distributeurs, revendeurs de produits chinois, manufacturiers, constructeurs, etc.. Beaucoup d’entre elles ont été créées par de jeunes chinois et font de très bonnes affaires. Malheureusement, leurs agissements ne sont pas toujours sans reproche puisque certains ne respectent pas toujours le code d’éthique et ne créent que peu d’emplois puisqu’ils font venir en masse leurs propres travailleurs de Chine. Ce sont des problèmes pour lesquels la Chine devra trouver les solutions.
La Chine sait que ses attaches chinoises sur le continent sont récentes et fragiles. Elle sait aussi que les autres pays du BRICS lui soufflent dans le cou et que la compétition peut devenir de plus en plus vive. C’est la raison pour laquelle le nouveau président chinois Xi Jinping, en début de mandat, vient de passer plus d’une semaine en Afrique. Il reconnaît que la soupe est chaude et vient tout juste de déclarer : « La Chine continuera de renforcer la coopération avec les autres pays BRICS, afin de rendre la croissance économique des pays BRICS plus robuste et leur coopération plus structurée et plus productive »
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Malgré la forte présence de la Chine en Afrique et son influence grandissante, le président Obama, contrairement aux républicains américains, voit cela d’un bon oeil puisqu’elle apporte un « capital dont l’économie africaine a un besoin vital », n’occupe pas militairement les pays où elle œuvre et que son but est de faire des affaires.
Au total, la Chine a entrepris plus de 900 projets importants. C’est beaucoup, mais peu si on considère que l’Afrique est le second plus grand continent du monde. La Chine veut l’aider à réaliser les grands projets essentiels à son développement et au bien-être des Africains, tout en s’assurant les sources de matières premières nécessaires pour ses besoins immédiats et futurs.
C’est une situation « gagnant-gagnant ».
Claude Dupras
Une quinzaine d’années plus tard, je retournai à Alger pour constater un changement radical. L’aéroport était enfin terminé, de multiples tours à logements de plus de 15 étages étaient construites et de bonne qualité, une autoroute Maroc-Tunis était en construction, etc. C’était l’œuvre du président Bouteflika qui, profitant des importants revenus de gaz et de pétrole algérien, a voulu réaliser les grandes infrastructures nécessaires à son pays. Pour ce faire, il a négocié des ententes avec le gouvernement de Chine et des compagnies chinoises. Les travailleurs étaient chinois et algériens. Le mix était bon et les résultats concrets et spectaculaires.De même, j’ai eu l’occasion, il y a dix ans, de visiter Arusha, deuxième ville importante de la Tanzanie. J’y suis retourné en juillet dernier. Encore là, la ville avait beaucoup changé. Durant cette période, de grands bâtiments gouvernementaux, hôteliers, privés furent réalisés, des routes pavées, des écoles construites, l’internet disponible, et tout cela grâce, entre autres et surtout, à des ententes sino-tanzaniennes.
Depuis, j’ai mis la main sur le livre « Chinafrique », des français Serge Michel et Michel Beuret. J’y ai trouvé une belle synthèse de l’effort chinois sur le continent noir.
Depuis longtemps, la Chine a compris que ses besoins d’hydrocarbures, de métaux et autres pouvaient être comblés par l’Afrique qui en contient de très grandes quantités. Pour les obtenir, elle a pensé s’y installer en aidant les pays africains à « créer des opportunités pour diversifier leurs économies, créer des emplois, améliorer la santé et l’éducation, soutenir l’agriculture, l’industrie manufacturière et les PME par des infrastructures ».
La Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique. Contrairement aux pays occidentaux ou évangélisateurs, la Chine n’attache pas ses investissements à la tenue d’élections démocratiques, ni à la défense des droits de l’homme, ni à la protection de l’environnement, etc… Non, la Chine est là pour faire des affaires en aidant les pays africains à se donner les outils nécessaires à leur développement économique futur.
C’est en 2000 que les relations sino-africaines ont pris leur envol. De 10 milliards $ d’investissements au départ, ceux-ci atteignent maintenant plus de 150 milliards $. Aujourd’hui, la Chine œuvre dans 21 pays africains : Algérie, Niger, Nigéria, Cameroun, Gabon, Guinée Équatoriale, Égypte, Tchad, Soudan, Éthiopie, Mauritanie, Guinée, Sénégal, Congo, république du Congo, Angola, Zambie, Tanzanie, Zimbabwe, Mozambique et Afrique du Sud. De plus, elle coopère militairement avec cinq pays : Mali, Ghana, république Centre-Afrique, Namibie et Botswana.
Par contre, elle n’est pas active dans 19 pays : Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Togo, Benin, Malawi, Ouganda, Kenya, Madagascar, Rwanda, Somalie, Djbouti, Érythrée, Lybie et Tunisie. Cependant, dans quelques uns de ces derniers pays, la Chine collabore aux forces de maintien des opérations de la paix de l’ONU, ou encore dirige des centres culturels chinois.
Par sa participation au développement de l’Afrique, la Chine a redonné une vraie valeur aux Africains et aux investissements étrangers. Elle a suscité un nouvel intérêt, d’une grandeur jamais vue, chez les Américains, les Européens, les Japonais et les Australiens. Ces derniers pays ont réalisé qu’ils ont manqué le bateau et veulent maintenant y revenir. « Si c’est bon pour les Chinois, c’est sûrement bon pour nous », concluent-ils.
L’Afrique a un potentiel économique extraordinaire. En plus des matières premières mentionnées précédemment, elle a une démographie exponentielle, d’énormes besoins en infrastructures, en énergie et sa classe moyenne se développe rapidement. Durant les cinq dernières années, les investissements étrangers ont augmenté de près de 25% par année car la Chine n’est pas la seule à lorgner économiquement l’Afrique. Son exemple a fouetté l’intérêt des autres pays émergents qui s’y installent de plus en plus, dont : le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud. Ce groupe avec la Chine, identifié « les BRICS » vient de tenir un cinquième sommet de ses membres pour créer des partenariats stratégiques visant à ce que le développement de la richesse africaine soit fait en collaboration étroite avec chacun des pays intéressés. Ils discutent même de créer une banque BRICS pour financer les infrastructures et les projets de développement durable.
Le succès de la Chine en Afrique repose sur des avantages très particuliers. Elle est riche avec des réserves de change qui dépassent les 1,500 milliards $, elle peut déménager en quelques semaines des dizaines de milliers d’ouvriers chinois sur n’importe quel chantier de n’importe quel pays. À cause de ses coûts de revient qui sont bas, elle offre des prix très bas et elle garantit de très courts temps de réalisation. Toujours en garantissant une non-ingérence et une non-interférence dans les affaires de l’État-client. Ce dernier apprécie qu’elle prenne des risques, qu’elle soit là pour le long terme et qu’elle ne se mêle pas de ses affaires. Qui dit mieux ?
Ce qui est extraordinaire, c’est qu’enfin l’Afrique obtient, ou se donne, les infrastructures dont elle a un si grand besoin : barrages hydro-électriques; réseaux de trains; routes trans-Afrique; exploitations de gisements pétrolifères, construction de raffineries, distribution du pétrole; usines de désalinisation; développements miniers modernes (uranium, fer, cobalt, diamants, or, coltan et autres); construction de bâtiments à logements, hospitaliers et gouvernementaux; exploitation du bois; construction d’écoles, d’universités, d’aéroports, de complexes industriels, de réseaux de télécommunications; développement du tourisme; modernisation de l’agriculture; mise sur pieds de commerces de toutes sortes avec l’entraînement du personnel; financement de banques, etc…
Les adversaires ou les jaloux du succès des Chinois insinuent que l’intrusion de ces derniers en Afrique est du néo-colonialisme. Y a-t-il vraiment un danger que l’Africain se laisse enfermer dans une « relation inégale » comme ce fut le cas avec les colonisateurs occidentaux ? Pour y contrer et par transparence, la Chine a édicté son code d’éthique pour les entreprises chinoises à l’étranger, publiques ou privées. Elles doivent obéir aux lois locales, répondre aux appels d’offres avec transparence, respecter le droit du travail des employés autochtones, protéger l’environnement, etc. Elles ont aussi eu les directives de ne pas s’ingérer dans les affaires du pays et de respecter les gouvernements.
Il est certain que tout ne tourne pas toujours à la vitesse grand V et que des problèmes de toutes natures, humains, gouvernementaux ou financiers, se présentent ! Certains dirigeants africains d’opposition affirment que la Chine vient prendre toutes les richesses nationales de leur pays. De plus, quelques fois, des projets très importants sont arrêtés par l’État pour des raisons politiques et d’autres fois par des compagnies chinoises, comme ce fut le cas, suite à la plongée des prix du cuivre. Il y a aussi les multiples entreprises chinoises privées dispersées sur tout le continent africain : Restaurateurs, importateurs, distributeurs, revendeurs de produits chinois, manufacturiers, constructeurs, etc.. Beaucoup d’entre elles ont été créées par de jeunes chinois et font de très bonnes affaires. Malheureusement, leurs agissements ne sont pas toujours sans reproche puisque certains ne respectent pas toujours le code d’éthique et ne créent que peu d’emplois puisqu’ils font venir en masse leurs propres travailleurs de Chine. Ce sont des problèmes pour lesquels la Chine devra trouver les solutions.
La Chine sait que ses attaches chinoises sur le continent sont récentes et fragiles. Elle sait aussi que les autres pays du BRICS lui soufflent dans le cou et que la compétition peut devenir de plus en plus vive. C’est la raison pour laquelle le nouveau président chinois Xi Jinping, en début de mandat, vient de passer plus d’une semaine en Afrique. Il reconnaît que la soupe est chaude et vient tout juste de déclarer : « La Chine continuera de renforcer la coopération avec les autres pays BRICS, afin de rendre la croissance économique des pays BRICS plus robuste et leur coopération plus structurée et plus productive »
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Malgré la forte présence de la Chine en Afrique et son influence grandissante, le président Obama, contrairement aux républicains américains, voit cela d’un bon oeil puisqu’elle apporte un « capital dont l’économie africaine a un besoin vital », n’occupe pas militairement les pays où elle œuvre et que son but est de faire des affaires.
Au total, la Chine a entrepris plus de 900 projets importants. C’est beaucoup, mais peu si on considère que l’Afrique est le second plus grand continent du monde. La Chine veut l’aider à réaliser les grands projets essentiels à son développement et au bien-être des Africains, tout en s’assurant les sources de matières premières nécessaires pour ses besoins immédiats et futurs.
C’est une situation « gagnant-gagnant ».
Claude Dupras
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