samedi 7 janvier 2017

"Séparatiste" ou « Sécessionniste »

Je suis toujours surpris au contact de Québécois qui veulent la séparation du Québec du Canada de les entendre m'exprimer leur profond désaccord sur le fait que j'utilise les mots "séparatiste" ou "séparatisme" dans mes textes pour les décrire ou définir leur pensée ou action politique. C'est comme si ce mot était une insulte pour eux ! 
 
Ils veulent que j'écrive "indépendantiste" ou en encore "souverainiste". Certains me suggèrent "nationaliste".
 
Je suis un nationaliste qui a à cœur et défend, depuis ma jeunesse, la nation française canadienne et les intérêts particuliers du Québec afin qu'il devienne le plus autonome possible dans la Confédération canadienne. Je reconnais que les habitants des provinces et territoires ont noué d'étroits liens d'interdépendance (économique, sociale, politique et culturelle) basés sur des valeurs communes qui comprennent le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités. 

De leur côté, les séparatistes parlent de la nation québécoise comme si nous étions tous francophones. Ils semblent ne pas vouloir reconnaître que le gouvernement du Québec représente l'ensemble du peuple (ou des peuples) résidant sur son territoire, dans l'égalité et sans discrimination. Le Parti Québécois qui veut gouverner le Québec avant de détruire le Canada se doit d’être un parti qui respecte ces principes élémentaires.  

Je suis indépendantiste et souverainiste car je veux que le Canada, mon pays, agisse en tout temps comme un pays indépendant et souverain. 

Ailleurs, dans le monde, on utilise partout le qualificatif séparatiste. Les séparatistes catalans, les séparatistes écossais, les séparatistes criméens, les séparatistes basques, les séparatistes pro russe, le conseil séparatiste de Starwars et ainsi de suite. C'est de toute évidence le bon mot français. Partout les gens qui veulent séparer leur territoire de leur pays sont fiers de se qualifier de séparatistes.  

Pour une raison que je ne comprends pas, les québécois séparatistes expriment une certaine honte de porter un tel label malgré que Larousse nous dît qu'un séparatiste est celui qui a une attitude, une tendance à sortir d'un ensemble national et à former une entité politique distincte de l'État d'origine. 

La Cour suprême du Canada, dans son jugement « Renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] » fait allusion au mot sécessionniste. Larousse le définit comme celui qui fait une action menée avec une fraction de la population d'un État en vue de se séparer de la collectivité nationale pour former un État distinct. Il me semble que c’est la même chose que séparatiste mais je suis prêt à utiliser dorénavant le mot sécessionniste pour décrire les séparatistes si cela leur plait davantage.  

En fait, je crois comprendre pourquoi les sécessionnistes québécois rejettent le mot "séparatiste". Ça semble être pour eux une question stratégique car ils croient que le mot fait peur à l'ensemble des Québécois et ils blâment en partie l'utilisation de ce mot pour leurs défaites référendaires du passé. Il est vrai que l'ex PM Canadien, Jean Chrétien, a répété à outrance ce mot lors des référendums. Mais est-ce une raison valable pour le cacher aujourd'hui en lui substituant des qualificatifs qui ne sont pas aussi précis dans leurs définitions ? C'est comme s'ils voulaient cacher la réalité.  

Si jamais un vote québécois aboutissait à une majorité claire en faveur de la sécession, en réponse à une question claire, cela conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres participants à la Confédération auraient l'obligation de reconnaître. Je serai, à ce moment-là, solidaire de la décision de la majorité de mes compatriotes et je deviendrai alors indépendantiste et souverainiste pour les mêmes raisons que je le suis aujourd'hui pour mon pays le Canada.
Mais je demeure persuadé que cela ne se concrétisera pas car le Canada est un pays trop riche et extraordinaire pour que les Québécois le donnent aux autres. Ce serait un vrai mauvais deal… 
Claude Dupras

mardi 3 janvier 2017

2017, une année particulière de fêtes

Cette année, nous célébrons le 150e anniversaire du Canada et le 375e anniversaire de la ville de Montréal. Les festivités seront nombreuses et grâce aux moyens de communication contemporains, particulièrement les médias sociaux, les citoyens et citoyennes seront motivés de participer en grand nombre.

Je sais l’immense travail de planification, d’organisation, de financement et de réalisation que requièrent de telles réjouissances ayant été, en 1992, coprésident de la corporation Canada125 créée par le gouvernement du Canada pour organiser les fêtes du 125e anniversaire du pays. Les responsables ont toute mon admiration.
Ce jour-là, en 1990, j’étais en plein travail professionnel lorsque je reçu un appel téléphonique du ministre Gerry Weiner, secrétaire d’État du Canada, m’annonçant que mon nom avait été choisi pour être coprésident du comité organisateur des fêtes du 125e anniversaire du Canada avec un homme d’affaires d’origine macédonienne de Toronto. Je fus fort surpris et flatté de cette marque de confiance, mais j’hésitai devant cette proposition intéressante. Je n’avais pas vraiment le temps de remplir une telle tâche et si j’acceptais, je serais condamné à travailler presque tous les soirs et les weekends pour rencontrer mes obligations envers mes clients. Le ministre m’invita à le rencontrer à Ottawa pour en discuter avec le co-président. Ce que je fis. Finalement, j’acceptai et je me retroussai les manches.
Le ministère avait déjà mis en place un groupe de hauts fonctionnaires pour la préparation de la planification des fêtes. Quelques semaines plus tard, le macédonien démissionna et le ministre me demanda d’identifier un nouveau coprésident. J’ai compris qu’il devait venir d’une autre partie du pays que moi, préférablement de l’Ouest canadien. Je pensai à Frank King qui avait été le président du comité des Jeux Olympiques d’hiver de Calgary en 1988 qui avait connu un très grand succès. Suite à mon appel, ce dernier accepta et ensemble nous avons convoqué le conseil d’administration dont les membres avaient été choisis en grande partie par le gouvernement. Ils étaient tous de grands canadiens qui avaient fait leur marque dans des secteurs différents et étaient décorés de l’Ordre du Canada, dont une ex-ministre libérale.
Ce fut le début d’une aventure exceptionnelle qui m’amena dans tous les coins du Canada à la rencontre de milliers de Canadiens. Plusieurs activités demeurent dans ma mémoire comme lorsque je fus invité à lancer la première balle avant une partie des Blue Jays de Toronto pour souligner une activité de Canada 125 dans la ville reine, de même avant une partie des Expos de Montréal, à prononcer une courte allocution à l’ouverture du Stampede de Calgary devant plus de 50 000 personnes ou à parler à l’école Emilie-Tremblay à Yellowknife dans le Yukon à ses élèves et leur familles francophones de l’ouest canadien. 
Nous voulions réaliser quelques grandes activités mais surtout encourager les Canadiens à prendre des initiatives personnelles pour organiser, comme il l’entendait, les fêtes dans leur milieu. Une intense campagne télévisée fut conçue à cet effet et dirigée par une agence publicitaire renommée de Montréal. Elle porta ses fruits et plus de 22 000 activités furent reconnues, acceptées et organisées.
De plus, nous proposions de monter une grande activité dans chaque grande ville du pays. À Montréal, par exemple, nous avons réuni les orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto au stade Olympique de Montréal avec trois grands chanteurs canadiens : un ténor, un baryton et une soprano. De plus, les tambours et les canons de l’armée canadienne furent invités pour produire les percussions nécessaires à l’« Ouverture solennelle 1812 » de Tchaïkovski qui était au programme. Plus de 65 000 personnes étaient présentes au parterre et dans les estrades. Le spectacle fut télévisé par Radio-Canada partout au pays, d’un océan à l’autre, à deux reprises, sur toutes les chaînes.  
En général, le gouvernement fut satisfait du résultat des fêtes.
Le comité organisateur voulait aussi laisser au pays un projet que nous qualifions de « projet-héritage » pour les générations futures. C’est ainsi que fut conçu et lancé le projet d’une piste transcanadienne « le sentier Canadien - Canada trail ». Des membres de Canada125 siégèrent sur le comité fondateur du projet dont Paul LaBarge, l’avocat de Canada125. Aujourd’hui, après 25 ans, il est toujours là comme président de la corporation du sentier.
Le but était de relier tous les sentiers du Canada dans un grand sentier en construisant des liens nouveaux, en réaménageant les parties existantes où nécessaires et en les rendant tous accessibles à un plus grand nombre de Canadiens possibles. Aujourd’hui, plus de 90 % des sentiers sont raccordés dans les 10 provinces et les trois territoires canadiens, pour une longueur totale de 23, 864 km. Incroyable ? Non, vrai !
Voici un court vidéo où Pierre Camu, un des proches collaborateurs de Canada 125 et un des mandatés pour lancer ce projet du grand sentier, parle du pourquoi du projet.
En furetant sur internet, le lecteur trouvera toute l’information sur ce projet important qui ne cesse de croître et de s’améliorer. On remarquera que le sigle du Grand sentier est celui de Canada 125, légèrement modifié.
Je souhaite aux organisateurs des fêtes du 150ième anniversaire du Canada et du 375ième de Montréal, un grand succès en espérant qu’ils sauront aussi laisser chacun un « projet-héritage » pour les générations futures qui leur rappelleront ces moments importants.
Claude Dupras

samedi 31 décembre 2016


 
 
 
 

À tous mes parents, amis, voisins et lecteurs, je souhaite que 2016 se termine dans la joie et la nouvelle année 2017 dans le bonheur et la santé ! Merci pour votre amitié.  Claude Dupras
  
To all my parents, friends, neighbors and readers, I wish that 2016 will terminate in joy and the new year 2017 in happiness and good health ! Thank you for your friendship.  Claude Dupras

lundi 12 décembre 2016

Le Canada mon pays, le Québec ma patrie

Dans un article qui vient de paraître, Mathieu Bock-Coté (MBC) n’y va pas de main morte pour qualifier le Canada d’un endroit horrible. Il salit et barbouille le Canada, un pays démocrate où règne la liberté, la justice, la paix, l’avant-gardisme, une haute qualité de vie et qui fait l’envie du monde.

Voici certains des qualificatifs avec lesquels MBC le décrit :  « le Canada est une immense absurdité », « un régime fondé sur la négation de la nation québécoise », « la subordination qui pèse sur notre peuple dans le régime canadien », « ce pays fondamentalement étranger pour eux (les Québécois) », nous sommes « seulement un pion dans le jeu canadien », « l’effacement du Québec à Ottawa », « à Ottawa, on traite le Québec comme une province parmi d’autres », le « nationalisme québécois comme un résidu historique », « absurde et humiliant pour un peuple comme le nôtre à exister dans l’espace réduit que le Canada lui laisse », « nous sommes structurellement minoritaires et subordonnées », « ce pays artificiel », « le laboratoire de la postmodernité la plus délirante », « une anomalie historique et politique », « la constitution nous nie », « programme notre dissolution dans le paramètres d’un multiculturalisme extrême », « nous transforme en étrangers chez nous », ce qui est absurde c’est « d’y demeurer aux conditions insensées qu’il nous impose », « le Canada n’est pas notre pays et à moins de consentir à une forme de suicide national, il ne le sera jamais »…  
Mathieu Bock-Coté est une jeune homme talentueux, cultivé, sociologue, chroniqueur, chargé de cours aux HEC et profondément séparatiste. Il aime les Québécois francophones, les autres pas sûrs. Quotidiennement, ou presque, il écrit ou parle contre le Canada et pour le Québec. La majorité de ses articles sont teintés de cette haine anti-canadienne qui l’enivre. Il dépasse souvent les limites du réel, du bon sens, et est porté à exagérer ce qui le porte à dire n’importe quoi pour dénigrer le Canada comme le démontre bien cet article que je commente aujourd’hui.
La formation du Canada fut logique. Elle découla de longues années de conflits entre l’Angleterre et la France. C’est la conséquence du peu d’intérêt que les rois de France eurent pour la Nouvelle France et du grand intérêt que les Britanniques eurent pour l’Amérique. En effet, l'immigration de l'Ancienne à la Nouvelle-France fut composée d’à peine 15 000 Français et Françaises qui ont fait voile en direction du Canada au XVIIe siècle, et près des deux tiers d'entre eux n'ont fait qu'un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l'état de célibataire. Les francophones du Canada descendent de seulement 4 500 immigrants français qui ont eu un fils qui se soit marié. C'est très peu. Par contre, avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant la même période. Si la France avait envoyé, proportionnellement à sa population, plus d’immigrants et de soldats au Canada, elle aurait pu triompher dans ses conflits avec les anglais et l’Amérique serait probablement, aujourd’hui, française.  

Le Canada, c’est l’entente finale entre les deux nations, française et anglaise, qui apporta la paix et le développement de ses nouvelles terres du nord de l’Amérique. 
Ce n’est pas une négation de la nation française mais une reconnaissance des nations en présence et de l’importance qu’elles soient gouvernées par un gouvernement uni dans lequel chacune participerait. Malgré de nombreux conflits et frictions que l’on peut qualifier de normaux, le Canada est un grand succès et non pas une anomalie historique et politique.
Les deux grandes nations sont toujours-là sur l’immense territoire canadien et, avec les nouveaux venus, ils sont près de 40 millions. La nation française, moins nombreuse, vit surtout au Québec avec 6,7 millions d’individus alors qu’un million de francophones vivent hors Québec. Au Canada, les francophones sont près de 20% de la population. La nation anglaise occupe majoritairement les autres provinces et 8% de la population québécoise est anglaise de naissance. Aujourd’hui, le Québec représente 22,9% de la population canadienne.

Malgré cette différence importante dans les chiffres, un Québécois a été premier ministre du Canada plus longtemps qu’un canadien hors-Québec depuis le début de la Confédération. Aujourd’hui, encore, c’est Justin Trudeau, un des nôtres, qui est premier ministre et une part importante de ses ministres principaux sont québécois et francophones. Le Québec n’est donc pas qu’un pion dans le jeu canadien, n’est pas effacé à Ottawa, bien au contraire. Les entreprises québécoises, les consultants en génie, informatique, et autres, travaillent et réussissent partout au pays sur une base égale. Il n’y a pas de négation de la nation québécoise (pour MBC la nation francophone du Québec). De plus, un très grand nombre de Québécois maitrise bien les deux langues du pays contrairement aux anglophones. Dire que comme Québécois, nous somme minoritaires, subordonnés, c’est du délire !
Le nationalisme Québécois n’est pas le séparatisme. Un nationaliste est un fier individu qui œuvre partout au pays mais qui en tout temps se rappelle l’histoire de son pays et assure que sa nation maintient sa place dans toutes situations, en étant présent et actif. C’est ainsi pour tout le monde sur la planète. Les vrais nationalistes ne chialent pas, ils agissent. Le Québec a toujours su garder sa force politique au pays grâce à des personnages politiques francophones et nationalistes qui comprenaient ces principes élémentaires et gouvernaient en conséquence, tels Honoré Mercier, Henri Bourassa, Maurice Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque et autres. Grâce à eux et d’autres, la nation française au Québec ne s’est pas dissoute mais a progressé.

Le Canada est le deuxième pays le plus grand au monde, après la Russie. Un Québécois à Victoria en Colombie Britannique et un Albertain à Chicoutimi au Québec se ressentent quelque peu comme des étrangers car la langue et le mode de vie sont différents, même si les services offerts par le gouvernement du Canada sont bilingues et les mêmes pour tous. Mais après quelques jours, chacun s’acclimate et apprécie son nouvel environnement...
Le Québec, n’est pas un espace réduit mais un territoire 14 fois grand comme la France.

De plus, le Québec est une terre d’immigration. Depuis plus d’un siècle, il accueille des peuples en détresse venant d’Europe, d’Afrique, d’Asie ou des Amériques. Ces gens se sont installés près de nous, ont élevé des familles et ont bâti avec nous le Québec et le Canada. Ils ont appris notre langue, l’ont transmise à leurs descendants et ont participé à notre développement. Le Québec est multiculturel comme le Canada et chacun s’en porte bien. L’ajout de nouveaux venus est loin d’avoir été extrême car ils se sont bien intégrés dans notre société. Juifs, Irlandais, Écossais, Gallois, Français, Maghrébins, Indiens, Polonais, Lithuaniens, Africains, Vietnamiens, Haïtiens, Sud-américains et tous les autres n’ont pas fait de nous des étrangers au Québec ou dans notre propre pays car leur intégration a été bien réussie.
Le Canada décide de ce qui va de l’intérêt national et les pouvoirs touchant directement l’individu sont la responsabilité des provinces. La constitution n’est pas insensée et ne nous nie rien car elle tient compte de notre nation française et du Québec. Par exemple, c’est le Québec qui décide du nombre d’immigrants que nous accueillons annuellement. Les 37 000 nouveaux venus par année au Québec sont un apport important et essentiel à notre économie. Tous ceux qui sont arrivés durant les dernières décennies ne nous ont pas appauvris, n’ont pas pris nos places, bien au contraire. Ils ont renforcé notre société, notre milieu de travail, notre économie et nos vies en s’y intégrant et en y ajoutant la richesse de leurs traditions, de leur langue, de leurs expériences et de leurs capacités.  

Aujourd’hui, avec les moyens de communications extraordinaires qui sont à notre portée, nous devenons non seulement de meilleurs citoyens du Québec et du Canada mais du monde puisque les différences entre nous s’amenuisent et nous comprenons de mieux en mieux le mode et la qualité de vie des autres dans leur pays. Et avec le temps ce sera encore mieux.
Le Canada est qualifié souventes fois de « meilleur pays au monde » et le décrire comme artificiel est injuste, mesquin et blessant. Le Canada est mon pays, le Québec est ma patrie et j’ai la chance d’y vivre. J’en suis heureux et fier !

Claude Dupras

mercredi 7 décembre 2016

France : Une élection présidentielle perdue d’avance pour la gauche ?


Il y a aura élection présidentielle en France cette année. Un moment important pour les Français. Après cinq ans d’une administration qui n’était pas à la hauteur de la France, le pays a besoin d’un élan et le peuple français d’une bouffée d’air frais capable de lui remonter le moral. Il semble qu’il les découvre sur la droite.
Cette droite française vient de connaître une élection primaire et a choisi un candidat fort populaire avec une très forte majorité de 65%, en la personne de François Fillon, l’ex-premier ministre du mandat du président Nicolas Sarkozy. Ce nouveau porte-étendard est un homme neuf, calme, intelligent, blanc comme neige, qui n’a jamais eu d’accusations légales portées contre lui. Un homme de qualité, qui présente un programme clair, précis, difficile, pour répondre, dit-il, aux principaux problèmes de la France.
De son côté, le président socialiste François Hollande vient d’annoncer qu’il ne briguera pas les suffrages pour un renouvellement de son mandat. Rien de surprenant puisqu’il a calé dans la cave des sondages au fur et à mesure que son administration démontrait son incapacité à trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la France.
J’étais en France en 2012, durant la campagne électorale gagnée par Hollande contre le président sortant Nicolas Sarkozy. Ce fut une période excitante pour une personne qui aime la bataille politique. J’aimais Sarkozy. J’avais remarqué et bien apprécié sa gouverne durant son quinquennat, particulièrement la période de six mois où il a été président de l’Europe et durant laquelle il avait vraiment démontré ses qualités de chef. Il a su, alors, rassembler les dirigeants des pays Européens pour faire face à deux grandes crises : la guerre de Géorgie et les turbulences financières qui menaçaient l’Europe. Malgré que chaque pays ait le réflexe normal de bien défendre avant tout ses intérêts nationaux, Sarkozy a obtenu qu’ils surmontent leur division pour renforcer l’Union Européenne. Dans le conflit de la Russie avec la Géorgie, il s’est imposé comme un vrai négociateur efficace.  Dans la crise financière puis économique qui a frappé de plein fouet l’Europe, il a su coordonner les actions des États-membres pour réussir à traverser ce moment très difficile. De plus, trois des quatre priorités Françaises, de ce moment-là, ont fait l’objet de décisions positives au niveau de l’Europe, soient le pacte sur l’immigration et l’asile, la défense européenne et la politique agricole commune. La France ne pouvait demander mieux et je sais que plusieurs Français furent très impressionnés et fiers de leur président.
Malgré tout, ce chef politique qui venait de faire preuve d’un leadership hors de l’ordinaire a été défait par François Hollande, un candidat prêt à dire et promettre n’importe quoi pour gagner, tel « je vais imposer un impôt de 75% aux riches » et sa tirade mensongère « Moi, président » qui, ajoutés à une campagne sale de dénigrement de la personne de Sarkozy, l’ont porté jusqu’à l’Élysée. Aujourd’hui, son mandat achève, il n’a pas livré la marchandise et Hollande en sort avec la réputation du pire président français. Beau parleur mais petit faiseur.
Actuellement, les candidats pullulent à la gauche qui est de plus en plus divisée.  
Déjà, l’éternel candidat Jean Luc Mélenchon devient le porte-parole de la gauche de la gauche, la gauche radicale, et sera le candidat du Front de Gauche avec l’appui du parti communiste. Ancien trotskyste et professeur, il a été 30 ans dans le parti socialiste dont ministre. Il est un grand orateur, puissant et impressionnant, mais ce qu’il dit ne mène nulle part. Il est coloré, articulé, drôle, divertissant et intéressant à regarder et écouter, mais une perte de temps car il n’a aucune chance.
La gauche responsable et équilibrée cherche un candidat capable de relever une opinion publique littéralement écœurée de la néfaste administration socialiste de Hollande et le Parti socialiste organise une élection primaire à cet effet.
Manuel Valls, le premier ministre d’Hollande, vient de démissionner pour être candidat à la primaire qui aura lieu en fin de janvier prochain. Il a été candidat à la dernière primaire contre Hollande mais n’avait obtenu que 5% des votes à cette occasion. Son discours actuel est surprenant car il semble préconisé une gauche ancienne alors qu’avant il défendait « une gauche moderne nécessaire à l’équilibre démocratique ». Martine Aubry, l’âme du parti, vient d’affirmer : « Valls, ce n’est pas évident ».
Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie, a déclaré qu’il sera candidat à la primaire. Avocat, bon orateur, renseigné, il a perdu, en 2014, son poste de ministre après avoir blâmé Hollande de positions trop pro-affaires. Depuis, il a suivi des cours de gérance des affaires dans une École de Commerce et se dit maintenant prêt et favorable à renforcir la France afin qu’elle se protège contre les intérêts étrangers. Il a des airs de Kennedy, sans l’être car il se montre trop satisfait de lui-même, mais pourrait gagner la primaire.
Benoit Hamon, a aussi fait part de son intention d’être candidat à la primaire socialiste. Il a été deux fois ministre dont celui de l’Éducation sous Hollande et chaque fois il a perdu sa « job ». À mon avis, il n’est pas de taille avec les autres.
Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation, représente le courant central du Parti socialiste et deviendra le candidat-surprise de la primaire. Toujours loyal à Hollande, à ses décisions, à ses premiers ministres, il n’est pas l’homme des petites phrases assassines. Il a été à la base de la réforme de l’école primaire puis celle du collège. Ayant quitté tôt, on ne peut le blâmer de la totalité du quinquennat d’Hollande. Respecté et solide, il pourrait être l’homme de la situation.
Christiane Taubira, ex-ministre de la justice d’Hollande, vient de Cayenne de la Guinée Française. Une pétition, comprenant 70 000 noms, la supplie d’être candidate à la primaire socialiste. Vraiment de gauche, elle a quitté le cabinet d’Hollande en contestation des mesures de sécurité imposées suite aux attaques terroristes à Paris. Elle hésite à accepter d’être candidate à la primaire socialiste car elle n’a aucune chance de gagner. On peut prévoir que d’autres candidats de nature moins importante s’ajouteront à la liste.
Emmanuel Macron, attaché à aucun parti politique, a été un protégé de Hollande qui l’a nommé son ministre de l’économie. Jeune de 38 ans, très articulé, brillant, racé, il sait bien expliquer ses positions économiques et impressionne particulièrement la génération Y qui voit en lui, le seul homme politique qui parle son langage. Il a quitté avec fracas le cabinet d’Hollande, se disant de gauche et non socialiste. Il veut susciter une « révolution démocratique » contre un système politique français qui se retrouve, selon lui, dans le « vide ». Il vise à unir la gauche et la droite en une équipe centriste. Il refuse d’être de la primaire et organise son propre mouvement pour sa campagne.
Puis, il y a, à la droite de la droite, Marine LePen du Front National.  C’est du sérieux comme possibilité de gagner. Elle a su, avec les années, s’imposer grâce à son intelligence, ses connaissances et son supérieur caractère de combattante politique. Salie, moquée, insultée, ridiculisée et encore, elle continue néanmoins à grimper dans les sondages car elle frappe le clou sur la tête des problèmes qui confrontent ses compatriotes. Son discours contient du vrai, de la réalité et il résonne positivement dans la tête d’un très grand nombre de Français. Elle est impressionnante et dépasse de cent coudées la majorité des politiciens français. Mais son programme politique de droite de la droite fait peur à un grand nombre qui se rappelle le passé fasciste de l’Europe et qui l’attache exagérément à Marine LePen en la qualifiant de tous les mots et maux comme si elle était frappée de la peste.
On peut difficilement prédire les résultats d’une telle primaire ouverte où près de quatre millions de personnes viendront choisir leur candidat. Une surprise aussi grande que celle qu’a créée François Fillon peut en être le résultat. Je ne crois pas que se sera Valls, car il porte le blâme de l’impuissance d’une grande partie du régime Hollande. De plus, son discours démodé, son vocabulaire étourdissant, ses constantes leçons de morale, sans sourire, ne lui donnent plus un air d’authenticité.  
Aujourd’hui, il semble que les candidats principaux pour l’élection du prochain président de la France seront : François Fillon représentant la droite et son parti « Les républicains » ; Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon que je qualifie de favoris pour gagner la primaire socialiste ; Emmanuel Macron pour son propre parti et Marine LePen pour le Front National.
L’élection d’un président français est à deux tours. Il est fortement probable que Fillon sera au deuxième tour avec Marine LePen car les Français rejetteront le Parti socialiste malgré tous ses efforts pour regagner leur confiance.  
Les Français auront alors un choix final entre un candidat de droite et un candidat de droite de la droite que plusieurs qualifient d’extrême-droite. Et, si on se fie au mouvement populiste qui s’empare du monde d’aujourd’hui, le résultat sera serré.

Claude Dupras