vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

mardi 8 avril 2014

Le « gros bon sens » des Québécois

Quelle élection et quel résultat! Félicitations aux Québécois qui ont dit NON aux « chicanes » et aux divisions. Ce fut une victoire écrasante pour Philippe Couillard et son parti libéral (PLQ), une remontée spectaculaire pour François Legault et son parti Coalition Avenir Québec (CAQ) et une descente aux enfers pour la PM Pauline Marois et son Parti Québécois (PQ).

Le nouveau premier ministre Philippe Couillard a démontré que la sérénité, la transparence, l’intelligence, le savoir-faire et le respect des autres sont ensemble une formule gagnante en politique. Elle lui a permis d’élire 70 députés, alors que la PM Marois a perdu des sièges partout au Québec pour terminer avec 30 députés. De son côté, Legault a fait la démonstration qu’une approche politique non électoraliste peut aussi rapporter des succès si elle est bien articulée. Il a fait élire 22 députés, a gagné en crédibilité, et son parti est dorénavant assis sur une base solide.

Le PQ a récolté ce qu’il a semé. Il a divisé le Québec en refusant d’écouter de grandes franges de la population particulièrement en rapport avec son projet de charte des valeurs. Sa démagogie populiste et son approche du tout ou rien n’ont pas été appréciés. Par ailleurs, il n’a pas tenu compte des sensibilités d’une grande majorité de Québécois en agissant toujours pour briser le Canada. En présentant le nouveau candidat, dit de prestige, Pierre-Karl Péladeau et en sachant que, lors de sa mise en nomination, ce dernier enjoindrait les péquistes à faire un pays le plus vite possible, le PQ a laissé planer la tenue possible d’un troisième référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien, alors que près de 70% des Québécois n’ont cessé de dire depuis plusieurs années qu’ils n’en veulent plus. Il a aussi promis des restrictions sur l’enseignement de la langue anglaise. Face à ce manque de réalisme, les Québécois ont rejeté le PQ et l’ont vite démontré par les sondages.

La campagne a été de l’aveu de tous, électeurs comme observateurs, une des plus sales depuis des dizaines d’années. Allégations mensongères et insinuations trompeuses ont été mitraillées par les péquistes et leurs supporteurs, jour après jour, sur Couillard et ses libéraux. Ils cherchaient à les démontrer coupables, par association, des scandales découverts par la Commission Charbonneau. En tout temps, Couillard a maintenu son calme, est demeuré sobre dans ses déclarations, respectueux et a refusé de s’engager dans ces débats sans fin. Il est allé à la rencontre de tous les Québécois dans tous les coins de la province et leur a parlé des vrais problèmes, de ses solutions et de ses engagements. Les Québécois l’ont aimé et l’ont choisi même s’il n’offrait pas une vision nouvelle et excitante pour l’avenir du Québec.

Couillard n’a jamais caché ses positions en rapport avec le Canada. Il n’hésite pas à dire qu’il est Canadien, qu’il est Québécois, qu’il veut reconnaître les amendements de 1982 à la constitution canadienne que le gouvernement péquiste du temps n’a pas voulu signer. Il veut que le Québec reprenne sa place dans la fédération canadienne et que les jeunes Québécois voient dans leur pays, qu’est le Canada, ses opportunités nombreuses et qu’ils puissent en profiter. Il a rejeté la séparation, n’a pas insisté sur le statut particulier et a défendu le bilinguisme. Il a souligné les innombrables bénéfices que les Québécois reçoivent comme canadiens et son désir que le Québec devienne aussi riche que l’Ontario et l’Ouest canadien. C’est une approche réaliste et pragmatique. Il a même affirmé « nous sommes heureux dans le Canada ». L’élection n’a pas été un référendum sur ces questions mais son résultat peut démontrer que les Québécois acceptent amplement cette approche.

L’élection d’hier est une bonne leçon pour les jeunes qui veulent s’engager en politique. Ils y ont vu le beau et le laid, le sensé et l’insensé, le raisonnable et le ridicule, le faux et le vrai mais ils ont surtout compris la perspicacité des Québécois qui ne se laissent pas facilement tromper par des mots et des actions allant à l’encontre du « gros bon sens ». Ils ont été témoins de la déconfiture d’un parti politique qui s’est lancé en élection alors qu’il était en avance dans les sondages et avec le vent dans les voiles. Ils ont sûrement compris qu’ils ne doivent jamais minimiser l’appétit des électeurs pour un changement révolutionnaire.

Philippe Couillard hérite d’une province endettée, de problèmes d’infrastructures graves, de la corruption mise-à-jour par la Commission Charbonneau, d’un débat-diviseur sur la charte des valeurs... situations qu’il devra aborder dès ses premiers jours à la tête du Québec. De plus, il veut se mettre immédiatement à l’œuvre pour encourager les investissements privés, développer l’économie, créer des emplois, renforcer le système d’éducation et stimuler le système de la santé en ouvrant, entre autres, les super-cliniques. Il dit aussi vouloir écouter les suggestions de François Legault qui en a de très pragmatiques.

Avec une nouvelle direction, le Québec peut devenir plus prospère, plus riche, plus harmonieux et une terre de tolérance pour assurer le mieux-vivre de chacun de nous.


Claude Dupras

samedi 5 avril 2014

OUI, à Philippe Couillard

La campagne électorale pour l’élection québécoise du 7 avril est particulière si on la compare avec celles du passé. C’est une des plus dures et plus « sales » de toutes celles que j’ai suivies dans ma vie, tout niveau politique confondu.

Déclenchée par opportunisme, le Parti Québécois (PQ) voulant profiter de l’appui majoritaire à la Charte « des valeurs » exprimé par les francophones, elle est devenue un enfer pour la PM Marois. Rien ne s’est déroulé comme elle, ses conseillers et ses faiseurs d’images l’avaient planifié. Un vrai désastre. Cela m’a surpris, puisqu’avant l’élection ils avaient la main heureuse avec leurs tactiques.

Aujourd’hui, le doute s’est emparé de la machine péquiste et elle grinche de partout. Marois est nerveuse, les ministres sont inquiets et tous, à tour de rôle, disent n’importe quoi pour chercher à s’en sortir et rallier plus d’électeurs.

Malgré cela, il est difficile de prédire le gagnant même si le parti libéral (PLQ) obtient ce matin dans le sondage Léger une avance importante : PLQ 38% PQ 29 % ACQ 23% QS 9%.

L’appui des non-francophones au PLQ est de 71%. C’est très fort mais il est, en bonne partie, concentré dans 45 comtés. Quant aux francophones, majoritaires dans 80 comtés, ils sont partagés entre les partis : PLQ 29%, PQ 35%, CAQ 27% et QS 8%.

Cette situation me fait penser à l’élection surprise de Daniel Johnson, père, en 1966, pour lequel j’avais été l’un de ses jeunes organisateurs. Chef de l’Union Nationale (UN), Johnson combattait l’« équipe du tonnerre » de Jean Lesage, celle qui faisait la révolution tranquille depuis 1960. Johnson avait perdu l’élection précédente à cause du « scandale des faux-certificats » mais avait pu, par la suite, démontrer qu’il fut une manigance du parti libéral. À l’élection de 1966, l’Union Nationale obtint 40,82% des votes et les libéraux 47,29%. Mais il avait fait élire 56 députés contre les 50 de Lesage, et Johnson devint premier ministre au Québec. Le vote non-francophone était alors concentré dans l’ouest de Montréal, les Cantons de l’Est et la région de l’Outaouais.

La différence avec 1966 réside dans le fait que depuis quelques années les anglophones se sont dispersés dans la région Montréalaise. Ainsi, dans le comté péquiste de Crémazie, les anglophones représentent actuellement 28% de la population, dans les comtés de Laval on en compte jusqu’à 35%. Et, comme ils ont ressenti être particulièrement visés par la Charte, il est fort probable qu’ils réagiront en votant massivement libéral.

Le chef libéral Philippe Couillard est en meilleure posture qu’au début de la campagne. Hier, curieux et voulant mieux le connaître, j’ai assisté à sa réunion de St-Jérôme. Je l’ai trouvé calme, respectueux, racé et dégageant un charisme certain. Il s’est exprimé clairement et a bien énoncé les principaux points de sa plateforme électorale. Il veut maintenir des relations cordiales avec le gouvernement canadien et ceux des autres provinces tout en faisant respecter les droits du Québec. Il a réaffirmé que la base identitaire des Québécois est la langue française et qu’il allait tout faire pour la renforcer et la protéger. Il proposera une charte qui tiendra compte des libertés individuelles et de nos valeurs de justice sociale. Il veut mettre sur pied, partout au Québec, des cliniques médicales avec services de Rayon-X et autres, auxquels les québécois auront accès gratuitement avec leur carte-soleil, pour dégager les urgences qui actuellement imposent une attente interminable aux malades avant de pouvoir être traités par un médecin ou une infirmière. J’ai été impressionné par son positivisme et son réalisme politique.

De l’avis des observateurs avertis, Pauline Marois a perdu le contrôle de sa campagne dès le début et cherche depuis, sans succès, à reprendre la pole. Sa position sur la tenue d’un nouveau référendum n’a pas été convaincante et ses promesses farfelues des derniers jours de baisses d’impôts dont il n’a jamais été question dans le dernier budget, ni dans le programme péquiste, ont nui considérablement à sa crédibilité. Elle est devenue un handicap pour son parti.

François Legault, chef de l’ADQ, a fait une campagne du tonnerre. Il a gagné les débats et n’a cessé d’être positif et d’enthousiasmer son équipe. Ce parti, qui flirtait avec sa disparition, a repris du poil de la bête en récupérant ses appuis de la dernière élection. Sa poussée de fin de campagne, aujourd’hui et demain, peut réserver des surprises.

Le petit parti Québec Solidaire a été vrai avec lui-même et maintiendra ses appuis. On dit même qu’il pourra faire élire un troisième député à Montréal.

Mon blog à la veille de la dernière élection de 2012, s’intitulait « Tout, sauf le parti Québécois ». Et je crois avoir eu raison, puisqu’élu, le PQ n’a fait que diviser les Québécois. Pour accroître sa popularité, il a cherché à profiter du sentiment de crainte de plusieurs Québécois francophones envers les immigrants et particulièrement ceux du Maghreb qui sont devenus le plus important groupe d’immigrés au Québec. Le Parti Québécois, qui avait moussé leur venue chez nous à cause de leur capacité de parler le français, les trahit aujourd’hui à cause de leur religion musulmane. Ils voteront probablement en très grand nombre pour le parti libéral.

Je n’ai jamais été libéral. J’étais un « bleu ». Malgré que je ne sois pas séparatiste ni socialiste, j’ai voté une fois pour le « bon gouvernement » de René Lévesque et une autre fois pour le Nouveau Parti Démocratique du « bon Jack ». Avec le temps, la partisannerie politique m’a quitté et je cherche à voter pour celui ou celle qui peut le mieux répondre, selon moi, aux besoins du moment et du futur.

À cette élection, je voterai pour Philippe Couillard. Il me semble être l’homme du jour. Il a recruté une très bonne équipe de nouveaux candidats bien qualifiés, compétents, particulièrement en économie, en éducation et en santé. Avec lui, je crois que le Québec sera entre bonnes mains et que les Québécois oublieront vite ces divisions malsaines qui ont brouillé notre société, pour aller de l’avant.

Quant au Parti Québécois, j’espère qu’il retournera à sa table de travail et mettra de côté son obsession de tenir un nouveau référendum, pour devenir un parti politique capable de servir l’ensemble des Québécois. Nous avons besoin d’un bon parti nationaliste réaliste qui sait défendre les vraies valeurs.

Claude Dupras

lundi 31 mars 2014

« On va leur faire peur »

Après un début de campagne désastreux durant lequel le Parti Québécois (PQ) a vu ses espoirs d’un gouvernement majoritaire fondre comme neige au soleil alors que les Québécois réalisaient qu’un gouvernement majoritaire PQ leur imposerait un nouveau référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien, les stratèges péquistes réalisant la gravité de la situation se sont rencontrés d’urgence pour déterminer une stratégie capable de replacer leurs chances d’atteindre leur objectif initial.

Un premier organisateur a dit : « Il faut cesser de parler de pays, c’est mal compris ».

Un deuxième d’ajouter : « Oui, ça met trop en évidence notre stratégie de tenir un référendum dans le mandat, trop n’en veulent pas et les maudits fédéralistes en profitent pour en ajouter… ».

Un troisième continue : « on aurait dû contrôler le discours de Péladeau (PKP). Il faut cesser de parler de pays. Idéalement, y faudrait que Pauline dise fort, tout de suite, qu’il n’y en aura pas de référendum dans le mandat. Ça fermerait la gueule aux rouges ».

Un autre plus réaliste de conclure : « Non, non, on peut pas faire ça. Ça va mettre les « purs et durs » en maudit. Y faut qu’elle dise qu’a reconnait que les Québécois sont contre et trouve moyen de paraître qu’a change pas d’idée. Sans ça, a va perdre sa crédibilité… Y faut surtout changer de sujet. Au plus vite. Nous devons reprendre la pole. Sans ça, on risque d’avoir mal… Que faire ? ».

Unanimement, ils ont tous lancé : « il faut revenir à la charte ».

Le premier de rappeler : « oui, avec la charte on naviguait bien, les eaux n’étaient pas troubles. Les gens étaient de notre bord parce qu’on a touché une de leurs cordes sensibles. Y faut recentrer le débat sur la charte ».

Le deuxième reprend : « Ouais, mais si on manque notre coup, on est foutu. Pauline devrait d’abord revenir sur l’intégrité pour essayer de retrouver les effets de la Commission Charbonneau, pis après on finira la campagne avec la charte ».

« Oui, Oui.. » ajoute le troisième « Y faut rattacher Couillard à la Commission, à Charest pis au parti libéral d’avant. Pis après, on va le coller solide aux musulmans parce qu’y a travaillé en Arabie Saoudite. Avec ça, le monde va avoir peur ».

Le quatrième de conclure : « Ouais, ça serait une bonne transition. Pis on, ramène Drainville. Ça va le calmer parce qu’yé un peu en maudit qu’on parle pas de lui ! Pis on terminera fort avec Mme Bertrand et ses Janettes. Sans oublier la Mailloux qui en met toujours épais. Oui, on va leur faire peur. D’accord ? ».

Un « d’accord » retentit à l’unisson.

C’est ainsi que je m’imagine la rencontre des stratèges politiques de la PM Marois après sa première semaine désastreuse en campagne.

Depuis, Marois a répété et répété « Il n’y en aura pas de référendum… si les Québécois sont contre ». En somme, elle répète et répète la même chose mais avec plus d’accent sur « pas de référendum ». Pas vraiment crédible !

Puis, on a blâmé Couillard de tous les péchés de l’ère Charest même s’il n’était pas membre du gouvernement libéral depuis juin 2008.

Et, enfin, nous sommes dans la période de la « charte de valeurs québécoises », proposée par le PQ, qui n’a pas été adoptée avant l’élection, malgré la volonté des trois partis de l’opposition de trouver un compromis. Marois a refusé car elle y voyait le moyen d’obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale.

La campagne électorale est dans le dernier droit et le débat est principalement concentré sur la charte. Et y on entend des mûres et des pas mûres.

Janette Bertrand, grande idole de télé, aujourd’hui à sa retraite, ne cesse de répéter des sornettes impensables qui démontrent parfaitement la fausseté et le ridicule du débat. Le problème est que la PM Marois est à ses côtés et ne bronche pas devant les idioties que Madame Bertrand ne cesse de répéter. Elle l’invite même dans son autobus de campagne, et ensemble elles vont de réunion en réunion, et partout Mme Bertrand continue ses élucubrations. Ainsi, elle affirme qu’elle ne veut pas être traité par une femme médecin avec un hijab, « car » dit-elle « elle craint de recevoir des soins de qualité inférieure aux standards québécois. J’ai peur, car je me dis, que dans leur religion, ces femmes ne sont pas aussi bien traitées que les hommes et que les vieux meurent plus vite ».

À Laval, cette semaine, Madame Bertrand a émis un autre argument « percutant ». « J’étais dans la piscine de mon édifice à appartement pour mes exercices quotidiens et deux hommes sont arrivés. Voyant les femmes, ils sont partis. Je suppose qu’ils sont allés voir le propriétaire, qui aime bien les étudiants riches de McGill, pour lui dire : ‘nous voulons seulement une journée’. Ils paient et bientôt ils auront la piscine tout le temps pour eux. Nous avons peur et c’est ce qui va arriver si nous n’avons pas de charte ». Ouf ! Cela n’a aucun rapport avec la charte qui ne s’appliquera que pour le gouvernement. Que dire de tant de racisme aussi évident que ridicule ?

Devant les critiques fusant de toute part sur les propos de Mme Bertrand et l’appui public que lui donne la PM Marois, le ministre JF Lisée explique qu’il faut lui pardonner parce qu’ « elle est vieille ». Belle insulte pour les personnes âgées ! Et si elle est ainsi, pourquoi Marois l’a-t-elle invitée à participer avec elle dans la campagne électorale et ne cesse de la féliciter ?

Je ne suis pas surpris de tels scénarios de peur car depuis le début du débat sur la charte, les péquistes ne cessent de l’alimenter d’arguments fallacieux. Par exemple, le ministre Drainville, lui-même, a argumenté qu’un québécois musulman refuserait d’être traité par une infirmière portant un voile et que cela est une bonne raison pour abolir le voile au Québec dans les services publics. Je ne suis pas où il l’a trouvé celui-là !

Puis, il y a Louise Mailloux, candidate péquiste contre la chef de Québec Solidaire dans son comté de Gouin. Professeur de philosophie, elle a signé le document des « Janette » en faveur de la « charte ». Elle est contre toute religion et compare le baptême et la circoncision à un viol. Elle affirme hautement que les produits Kosher et Halal sont un « racket » car ils enrichissent les rabbins et les imans qui, avec leurs profits, alimentent les fonds de guerres religieuses. C’est la PM Marois qui l’a personnellement choisie pour représenter son parti. Incroyable !

Quant à la candidate péquiste dans le comté de Laviolette, elle affirme que la prière des musulmans devient un poids pour notre économie. Elle devient un droit acquis et crée des problèmes économiques et sociaux. La charte, pour elle arrêtera la prière du Vendredi des musulmans. Que dire devant de telles singeries qui se répètent partout au Québec ?

Oui, la campagne du PQ « On va leur faire peur » bat son plein. Il est temps que ça cesse, si on veut pouvoir se regarder dans le miroir le lendemain des élections et ne pas avoir honte !

Claude Dupras

lundi 24 mars 2014

Une stratégie électorale axée sur la peur, le mensonge et le "salissage"

Drôle de campagne électorale que celle que nous vivons au Québec cette année. Le Parti Québécois (PQ) au pouvoir, minoritaire, a déclenché une élection générale sans avoir perdu un vote important à l’Assemblée Nationale. Élu de peine pour un mandat de quatre ans, il y a près de dix-huit mois, il se retrouvait en difficulté dans les sondages il y a un an. Il a eu alors la brillante idée de créer un débat sur l’identité québécoise en proposant une charte des « valeurs québécoises ». Ce fut un coup de maître. Le PQ grimpa subitement dans les sondages au point que la PM Pauline Marois y a vu l’opportunité de déclencher une élection rapide afin de profiter de l’opinion populaire favorable du moment, nonobstant le fait qu’elle ait fait voter à l’Assemblée Nationale une loi fixant la tenue d’élections générales à tous les quatre ans, pour éviter des cas similaires du passé. La date de la prochaine élection était déjà fixée, mais la PM a décidé de ne pas en tenir compte préférant renier sa propre loi dans l’intérêt électoral de son parti.

Le débat sur la charte a démontré clairement que les Québécois sont fortement divisés sur la question, mais une majorité demeure favorable. Un récent sondage a indiqué pourquoi. Un grand nombre de francophones craignent les musulmans, les sikhs, les juifs et d’autres nationalités. Ils ont peur de la différence, de la société plurielle.. Et cela, même si les populations de ces groupes ethniques ont toujours agi correctement et n’ont jamais suscité de problème majeur. Pourtant de nombreux ex-PM, ex-ministres, ex-députés, recteurs d’universités, maires dont celui de Montréal, chercheurs, sociologues, etc.. plus les chefs des trois autres partis politiques du Québec, se sont prononcés publiquement pour s’objecter à la charte ou à une de ses parties. Face à ces complaintes, le gouvernement n’a changé que le nom de la charte, plusieurs fois. Aujourd’hui, le nom utilisé par la PM dans la campagne électorale est « la charte de laïcité ».

Les sondages internes du PQ soulignent la division profonde de la société québécoise. Ils indiquent, tout comme les sondages récents des journaux, que ceux qui l’appuient sont en grande partie des gens qui ont peur de l’autre, peur des étrangers, peur de leur habillement, tels un foulard, un turban, une kippa… Une peur irraisonnée et irraisonnable. Les autres partis politiques à l’Assemblée Nationale, ressentant ce malaise et pensant à l’intérêt général, ont voulu que le débat-diviseur cesse. Ils ont proposé des ajustements et des compromis à la loi 60 sur la charte afin qu’elle puisse être ratifiée unanimement. La PM a refusé et a déclenché l’élection sur la foi que la peur ferait son œuvre chez la population francophone. Elle a misé que cette peur continuerait à travailler pour elle afin qu’elle puisse se maintenir à la tête des sondages et gagner un gouvernement majoritaire. Au lieu d’agir en dirigeant responsable qui doit s’assurer d’éviter que des crises graves s’installent entre des groupes de la société, elle ne l’a pas fait par intérêt personnel politique.

Le parti Québécois est un parti démocratique dédié principalement à la séparation du Québec du Canada, comme l’indique clairement l’article 1 de sa constitution. Au dernier congrès du parti, la PM Marois a déclaré « nous l’aurons notre pays ». Depuis son élection au pouvoir, la PM et les ministres ont répété souventes fois des déclarations similaires. Son candidat-vedette, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau (PKP), a fait le gros saut en déclarant qu’il était là pour faire un pays et que c’était sa motivation la plus profonde, le poing levé. Cela allait dans le même sens que ce qu’on entend et lit depuis que les péquistes sont au pouvoir. En obtenant une majorité à l’Assemblée Nationale, ils sont convaincus qu’ils pourront faire le pays parce que, disent-ils, « la conjoncture est favorable ». Pour eux, c’est clair, c’est net, c’est précis.

J’ai toujours eu de l’admiration pour des gens convaincus, même si je ne partageais pas leurs points de vue. Les meilleurs débats en découlèrent. Le malheur pour la PM Marois est qu’elle a voulu cacher son jeu. Depuis que les Québécois l’ont découvert, le PQ coule dans les sondages au point que les libéraux ont actuellement une avance de plus de 6 points (je ne tiens pas compte du récent sondage de Forum Research qui place le parti libéral encore plus haut car je ne crois pas dans la crédibilité de son travail au Québec).

La PM Marois reconnait ses problèmes et a changé de discours. Elle dit maintenant avec insistance qu’ « il n’y aura pas de référendum mais… ce n’est pas certain » et ajoute « ce qui compte c’est l’économie et la charte ». En plus, voyant que même ces derniers arguments accrochent difficilement, elle s’abaisse à dénigrer la personne du chef libéral et son parti. Il est clair que son discours ne tient compte que de la température politique. Elle dit n’importe quoi, face aux sondages défavorables, pour retrouver sa crédibilité. Sa stratégie électorale est en désordre. Une preuve additionnelle, au même moment ses ministres continuent à parler de référendum. Par exemple, le ministre J.F. Lisée vient tout juste de déclarer devant les étudiants de l’Université de Montréal que le référendum se fera le plus rapidement possible.

Ailleurs, l’ex-Ministre péquiste Rodrigue Tremblay, professeur émérite de l’Université de Montréal, reconnu pour sa perspicacité politique et qui connait les intentions réelles de la PM, la supplie :

Madame Marois, s.v.p. réveillez-vous ! Fermez la porte au plus sacrant à un référendum lors de votre prochain mandat et clouez le bec à vos adversaires. Mais, vous n’avez pas une éternité pour le faire. Seulement un jour ou deux. De grâce, n’attendez pas de le faire à quelques jours de votre prochain débat public, jeudi le 27 mars ; il sera sans doute trop tard. Coupez l’herbe sous le pied de vos adversaires, dès maintenant.

Voici ce que je vous suggère de dire clairement : « … je prends aujourd’hui l’engagement ferme qu’il n’y aura pas de référendum de cette nature au cours d’un second mandat du gouvernement que je dirigerai ».


D’autres, des penseurs et des blogueurs péquistes, comme le célèbre JC Pomerleau, abondent dans le même sens que Tremblay.

Cela indique quoi ? Que ceux parmi eux qui connaissent la politique, jugent que l’allure de la campagne électorale les mène vers la perte du pouvoir du PQ. Leur cri en est un de désespoir puisqu’ils sont prêts à sacrifier la tenue d’un référendum pour demeurer aux affaires. Ils argumentent que dans les circonstances, la meilleure stratégie pour leur parti est de bien administrer le Québec et de convaincre les Québécois sur le long terme que la séparation du Canada leur sera profitable.

Depuis le lancement de l’élection, il me semble clair que la PM Marois ne dit pas la vérité sur la question d’un référendum et profite de la peur chez certains Québécois pour gagner l’élection. De plus, ses propres supporteurs lui prédisent la défaite si elle ne se ressaisit pas. Elle semble prise dans une souricière. Si elle va dans le sens de Tremblay et accepte de faire la déclaration proposée, elle aura l’air de quoi ? Comment les Québécois pourront-ils réélire une personne qui joue ainsi avec sa crédibilité ? Si elle persiste dans sa voie actuelle, son sort semble scellé ! C’est le fruit d’une mauvaise stratégie.

Claude Dupras

Ps. Par contre, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Les députés (tous partis confondus) de près de 50 comtés sont certains d’être élus nonobstant les sondages. Ils sont de bons députés et reconnus comme tels par leurs commettants. De plus, l’avance (si elle est réelle) du parti libéral, selon les sondeurs, est fragile. Tout peut arriver !


mercredi 19 mars 2014

Le poing levé de PKP

L’arrivée politique spectaculaire de l’homme d’affaires Pierre-Karl Péladeau (PKP) n’a pas eu l’effet positif escompté par la PM Pauline Marois lorsqu’elle l’a recruté pour briguer les suffrages du Parti Québécois dans le comté de St-Jérôme, en vue de l’élection générale québécoise du 7 avril prochain.

Malgré cette annonce surprise qui devait apporter une publicité extraordinaire au Parti Québécois (PQ), l’effet recherché ne se concrétisa pas. Depuis, la PM Marois a vu ses appuis diminuer, les probabilités d’une victoire certaine pour son parti s’évaporer et son adversaire libéral Couillard prendre une avance de trois points dans les sondages.

Qui est le responsable ? PKP ? Marois ? J’estime que la faute incombe à la première ministre. Elle et ses conseillers ne se sont pas assuré que le discours de PKP respecterait la stratégie établie pour gagner l’élection. Il est clair qu’elle a laissé PKP libre de dire et d’agir comme il le voulait. Et, celui-ci y est allé d’une déclaration tonitruante sur la situation du Québec au Canada. Il a affirmé n’être là que pour faire un pays du Québec. De plus, pour donner plus de force à son affirmation, il a levé le poing. Subitement, les Québécois ont compris que l’élection devenait référendaire et que la question était : « OUI ou NON, voulez-vous d’un troisième référendum sur la séparation du Québec du Canada ». Et, comme ils sont 61% à ne pas le vouloir, les résultats des sondages démontrèrent que l’entrée politique de PKP fut un fiasco ! Ses mots et son expression gestuelle ont déplu aux Québécois.

Le poing levé était le signe d’appartenance par excellence de la gauche du milieu des années ’30, tels que : marxistes, anarchistes, communistes ou pacifistes. Favorisant le pouvoir attractif des symboles, le poing levé se voulait pour ces derniers l’expression concurrentielle au bras tendu et à la main déployée des fascistes et des nazis. Plus tard, il a été utilisé par les nationalistes noirs et les nationalistes israélites.

La première fois que je l’ai vu fut aux Jeux Olympiques d’été de Mexico de 1968, lorsque les coureurs américains Smith et Carlos, premier et troisième au 200 mètres, protestèrent, sur le podium de la remise des médailles, contre la ségrégation raciale aux USA en baissant la tête et en pointant, lors de l'hymne américain, leur poing ganté de noir vers le ciel. Ils appuyaient ainsi le Black Power et particulièrement le mouvement afro-américain des Black Panthers. Ils furent exclus à vie des JO. Pourtant, il avait été question d’annuler les Jeux à cause de tout ce qui était survenu durant l’année. Le pasteur Martin Luther King avait été assassiné le 4 avril et Bob Kennedy le 6 juin. Le 20 août, les chars soviétiques avaient pénétré dans Prague. La guerre du Viêt Nam faisait rage. Un conflit au Nigeria provoqua un véritable génocide au Biafra. Les noirs américains étaient très affectés par le racisme qui trônait toujours dans leur pays et par tous ces évènements politiques majeurs qui touchaient beaucoup de noirs. Jusqu’à un certain point, on pouvait comprendre leur ras-le-bol, mais les blancs américains ne pardonnèrent pas ce geste de leurs athlètes qui pour eux était provocateur et menaçant.

Avec le temps, le poing levé, est devenu une expression de révolte, de force ou de solidarité. Aujourd’hui, il sature l’espace mondial des révoltes et est un signe qui annonce qu’on est prêt à en découdre.

On se rappellera la sortie Nelson Mandela de la prison de Robbins Island, marchant main dans la main avec son épouse Winnie et du moment où ils levèrent le poing pour marquer l’évènement. Le poing levé rappelait la marque de commerce de Mandela qui l’avait utilisé du temps qu’il préconisait un régime communiste pour l’Afrique du Sud au moment de son emprisonnement. Par la suite, le grand homme qu’il était en changea la signification de revanche pour celle de la tolérance.

En juillet 2010, en vacances, le président Obama achète une glace de « Mount Desert Island Ice Cream » dont l’affiche publicitaire est un poing levé tenant une cuillère et les mots « Mt. Desert is Icecream. Fearless power ». Les conservateurs républicains l’accusèrent sur le champ d’envoyer un message de « Black Power » à sa base militante. Cela démontra clairement que le poing levé est toujours un signe qui fait peur.

Durant les récentes années, le poing levé a été le symbole adopté par les mouvements de la révolution égyptienne en 2011 ; par le groupe international de protestation sociale Occupy, en 2011; et par les manifestants contre le mariage homosexuel en 2013 durant le Printemps français.

Je ne veux pas être injuste envers PKP et le taxer des défauts de la gauche. Il est un homme de droite et c’est bien ainsi. C’est un homme qui peut contribuer à ce que le Québec ait des programmes économiques et des lois pouvant le rendre plus prospère. Si le PQ est réélu, il aura besoin de lui pour le faire.

C’est dommage que PKP ait fait une telle erreur électorale qui de toute évidence nui à son parti. En politique, il faut savoir que les images ont souventes fois plus d’effet que les grandes théories. Dans plusieurs cas, l’apparence est plus forte que la réalité. C’est malheureux, mais c’est comme ça ! Pour une grande majorité de Québécois, l’image du « poing levé » peut être menaçante, un défi marqué de colère, de violence potentielle et l’engagement d’un combat sans merci. PKP n’aurait pas dû l’utiliser pour marquer sa détermination de séparer le Québec du Canada. Je ne crois pas qu’il va répéter ce geste, dans l’avenir, car il vient de comprendre qu’il ne s’apparente aucunement aux Québécois ni à leur façon de vivre. C’est un peuple calme, paisible, renseigné et démocrate.

Claude Dupras

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