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mardi 16 mars 2010

Les malheurs de Sarkozy

Décidément ça ne tourne pas rond dans les médias pour le président français Nicolas Sarkozy. On trouve difficilement un texte ou un commentaire positif sur le président français. Les résultats des récentes élections régionales en France ne l’aident pas non plus.

Les prophètes de malheur sont au rendez-vous pour qualifier la montée de la gauche à ces élections comme étant une condamnation de Sarkozy et de son gouvernement. Ils ne vivent que pour 2012 et l’élection présidentielle. Ces antisarkozistes socialistes français n’ont jamais voulu se rallier suite à son élection à la présidence et n’ont cessé de le dénigrer de plus belle estimant que c’est la façon pour eux de reprendre le pouvoir.

Ce qui est insolite, c’est d’entendre les Républicains américains traiter les Démocrates de socialistes. Pourtant, les Socialistes français agissent de la même façon que les Républicains. Ils disent « NON » à tout ce que propose le chef de leur nation sans tenir compte de l’intérêt supérieur de leur pays.

53% des électeurs n’ont pas voté aux élections régionales. Un record. Un sondage publié ce matin démontre que la grande majorité des votants n‘a pas tenu compte du bilan de Sarkozy pour décider de son choix. Alors comment les opposants peuvent-ils prétendre que c’est un jugement négatif des Français envers leur président qui s’est exprimé dans ce scrutin ? La réalité, c’est qu’ils ne font que de la « potilique », comme j’aime à dire.

Le président Sarkozy est un homme d’action. Il s’est avéré un leader courageux, dynamique avec un sens prononcé de l’État. Son bilan à la présidence, à ce jour, est impressionnant, nonobstant ce que rapporte le parti socialiste (PS).

On n’a qu’à se rappeler sa présidence de l’Union européenne où il s’est avéré un chef hors pair qui a épaté tous les observateurs du monde. De même à Copenhague, où il a tout fait pour obtenir une conclusion positive de cette grande rencontre internationale sur le climat. La conférence s’est terminée par un échec démoralisant mais on ne peut en blâmer Sarkozy. Ses interventions en Russie, en Géorgie, en Haïti, au Brésil, aux USA, au Québec et ailleurs ont toutes été de qualité.

Les efforts remarquables de Sarkozy pour mettre de l’avant une politique écologique française d’avant-garde (grenelle de l’environnement) ont reçu l’appui de Nicolas Hulot, le plus grand des grands environnementalistes français. Le président Sarkozy a même accepté d’implanter une taxe carbone dans le pays, une mesure qui ne peut être populaire mais qui est la façon la plus efficace de réduire la consommation de pétrole. Personnellement, je crois que Sarkozy devrait en retarder la mise en oeuvre jusqu’au moment où les autres pays de l’Europe, qui actuellement hésitent, l’imposent aussi.

Aujourd’hui, les Écolos qui ont obtenu 12% des voix aux régionales discutent avec le PS pour le deuxième tour de l’élection des régionales. Cela montre bien que les dirigeants écolos sont socialistes avant d’être écolos. La logique serait qu’ils négocient avec l’UMP car le parti de Sarkozy a fait plus pour l’écologie que tous les autres partis réunis. Les Écolos seraient ainsi plus près de l’oreille du président pour faire valoir les politiques qu’ils suggèrent.

Pour diaboliser Sarkozy, ses adversaires sont prêts à tout dire et à tout oublier. Par exemple, ils ne tiennent pas compte dans leurs critiques des effets de la récession dont sort l’Occident lorsqu’ils comparent certaines statistiques d’aujourd’hui avec celles de 2007. Tout est la faute à Sarko !, À ce rythme, bientôt lorsqu’il pleuvra, ce sera la faute à… Sarkozy !

Les dénigreurs du président Sarkozy oublient les grandes décisions qu’il a prise depuis son avènement à l’Élysée : la défiscalisation pour aider ceux qui travaillent, osent et produisent; les services minimums dans les transports et dans les écoles; le sauvetage des régimes spéciaux de retraite; le déblocage de la participation dans les entreprises; la loi de modernisation de l’économie, la réforme de la représentativité dans les syndicats; la création du pôle d’emploi; l’autonomie des universités; la suppression de la carte scolaire et des cours le samedi, la réorganisation de la justice; la rétention de sûreté pour les prisonniers en fin de peine présentant un risque élevé de récidive; les changements au fonctionnement du parlement; la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, et encore et encore…

Mais, ce qui m’a incité à écrire ce blog c’est la nouvelle que je viens de lire à l’effet que le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni auraient des problèmes matrimoniaux. Les médias ont même donné les noms d’un supposé amant pour Madame Bruni et d’une nouvelle maîtresse pour le président. Là, franchement, je crois que les dénigreurs du président vont trop loin. Ils démontrent qu’ils sont prêts à tout pour coller une mauvaise image à Nicolas Sarkozy afin de lui créer un tort politique. Personnellement, je ne crois rien à ces rumeurs et même si elles s’avèraient vraies, cette situation délicate et privée n’a rien à voir avec la direction de la France.

Même de loin, je suis de près les activités, les actions et les déclarations du président Nicolas Sarkozy et j’envie la France d’avoir un tel président. J’échangerais vite le premier ministre canadien actuel pour lui. Ce serait un très bon « deal » pour mes compatriotes.

Claude Dupras

samedi 6 février 2010

Qui croire ? : Les scientifiques ou les machos ?

On entend peu parler d’environnement ou de réchauffement climatique depuis la désastreuse conférence de Copenhague. Il semble que nous soyons restés sur notre appétit et que nous voulions vite oublier les raisons qui avaient motivé la tenue de cette conférence qui devait être cruciale pour l’humanité.

Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.

Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.

Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.

Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.

Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.

J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !

Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.

Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.

Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.

Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.

Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.

Claude Dupras

dimanche 31 janvier 2010

À Harper : « BRAVO ! » et « CHOU ! »

Les décisions du PM Stephen Harper en rapport avec l’aide de notre pays à Haïti sont remarquables. Le Canada est le plus généreux de tous les pays du monde sur la base du per capita.

Cet intérêt du PM pour Haïti a commencé bien avant le tremblement de terre qui a ravagé la nation haïtienne. Est-ce l’influence du gouverneur général, la canadienne-haïtienne Michaëlle Jean ? Probablement, car cette dernière a toujours été très dévouée pour aider ce pauvre pays, le plus mal-en-point de notre hémisphère.

Le PM Harper veut faire encore plus. Il a comme ambition de persuader le G8 d’aider les femmes et les enfants de pays en développement. Il a affirmé que les pays du G8 et les organisations internationales devraient viser à obtenir des résultats plutôt que de faire des promesses. Au sommet économique de Davos, il a, entre autres, insisté sur ce sujet.

Cette année, le Canada est l’hôte du G8 et du G20. M. Harper sera président du premier sommet et co-président du 2ième. Il sera donc bien placé pour faire valoir ses propositions et obtenir des résultats concrets. De plus, Il peut compter sur l’appui du président français Nicolas Sarkozy qui professe une politique similaire d’aide aux pays pauvres et qui pourra poursuivre dans la même direction puisque les deux sommets se tiendront en France en 2011.

Les nouvelles positions du PM Harper sont surprenantes puisque depuis sa venue au pouvoir, le Canada a annulé son aide aux pays Africains. Il semble que le désastre d’Haïti l’ait bouleversé et l’ait amené à de meilleurs sentiments. Comme Bill Clinton et Bill Gates qui ont salué la nouvelle politique canadienne, je crois que nous nous devons de dire au PM Harper : « Bravo ! ».

Est-ce strictement pour des fins politiques que le PM Harper a mis l’accent sur ce créneau ? Plusieurs personnes, dont le soussigné, demeurent sceptiques. L’opposition à la Chambre des communes n’y croit pas. Je leur dis « donnons la chance au coureur, nous aurons tout le temps éventuellement pour faire les mises au point, si elles s’avèrent nécessaires».

Par contre, sur la question du réchauffement climatique de la planète, ce n’est pas fort ! Le ministre de l’environnement vient d’annoncer que le Canada réduira ses gaz à effets de serre (GES) d’un pourcentage égal à ce que vient d’annoncer les USA, soit 17% sur la base des niveaux de 1995.

Le Ministre se « pète les bretelles » en affirmant que le Canada a été vite à réagir sur ce sujet en annonçant si tôt ses objectifs qu’il affirme être conformes à l’accord de Copenhague. De toute façon, il était tenu de le faire avant le 31 janvier pour répondre à la demande des Nations-Unies.

Le Canada a fait son annonce un jour après celle des USA et a simplement copié l’objectif fixé par les Américains. On n’a pas besoin d’un ministre de l’environnement pour faire cela. Ça sert à quoi un ministère de l’environnement si, sur un sujet capital comme celui de la réduction des GES, on ne fait qu’accepter un document préparé par les Américains, pour les Américains, et qui n’a rien à voir avec l’intérêt à long terme du Canada.

Notre PM agit comme si le protocole de Kyoto n’avait pas été signé par un des ses prédécesseurs, l’ancien PM canadien Jean Chrétien. Sur ce sujet, Greenpeace souligne que « la nouvelle cible correspond à une augmentation de 2,5% des émissions, d’ici 2020, au-dessus de 1990 » fixée à Kyoto comme base de comparaison.

Dans son annonce, le ministre Jim Prentice n’a pas abordé le sujet de l’exploitation des sables bitumineux. « Plus tard » a-t-il dit.

Alors que l’objectif des pétrolières est de multiplier par quatre le nombre de barils de pétrole extraits par jour de ces sables d'ici 10 ans, le ministre laisse penser que les réductions de GES devront se faire ailleurs.

Le Canada est devenu, toute proportion gardée, l’un des pays les plus polluants de la planète. Même si les sables bitumineux sont une source incroyable de richesse pour les Canadiens, je crois que devrions cesser d’en accélérer l’exploitation tant que nous n’aurons pas trouvé une manière propre d’en extraire le pétrole. Notre planète passe avant notre richesse immédiate. Les générations futures de Canadiens pourront en profiter pleinement puisque l’exploitation des sables bitumineux prendra au moins 150 ans. L’argent n’est pas perdu, il ira à nos descendants.

Je dis « CHOU ! » au PM Harper pour son manque de responsabilité et le tort qu’il continue de faire à la réputation de notre pays dans le monde sur la question du réchauffement climatique de la planète.

Claude Dupras

mercredi 30 décembre 2009

La décade maudite

J’aurais pu intituler ce texte « la décade Ben Laden », mais je crois que tous les évènements qui se sont passés depuis le premier jour de l’an 2000, que nous attendions tous impatiemment pour célébrer l’avancement des nos sociétés après deux millénaires, vont plus loin que les actions des islamistes fondamentaux puisqu’en ce jour qui termine cette décade, nous constatons les dégâts non seulement générés par les terroristes mais aussi par ceux qui nous ont affligés de leur ineptie économique, de leur incompétence politicienne, de leur corruption et par ceux qui s’acharnent de façon grossière à dégrader tout ce qui est de bon goût. Nous méritons tous mieux.

Certes Ben Laden nous a fait un tort immense. J’ai toujours été un grand amateur des films de James Bond et le déroulement de leurs scénarios était pour moi invraisemblable puisqu’il mettait toujours en vedette un individu, présenté comme un « gros méchant », capable de terroriser et de mettre en danger la planète. À ce moment-là, je croyais que seul un pays avec ses ressources et sa population pouvait avoir un tel pouvoir. Mais Ben Laden existe avec ses théories, ses arguments, sa vicieuse stratégie, et ses adeptes ne cessent, depuis l’impensable tragédie du World Trade Center, de terroriser les populations de plusieurs coins du monde. Nous aurions besoin, aujourd’hui, d’un James Bond pour le trouver et lui régler son compte tout en démantelant son réseau et ses appuis. Mais malheureusement, Bond n’est que de la fiction alors que Ben Laden est bien réel. Il a changé nos vies et continue de le faire. Deux guerres ont été provoquées par ses actions en Irak et en Afghanistan. Plusieurs autres pays dont le Pakistan, la Somalie, le Yémen sont menacés de voir leur pays devenir le théâtre d’autres conflits guerriers. Des centaines de milliers d’individus ont été tués et blessés. L’Occident le craint et fait tout pour le contrecarrer et cela à coups de milliards de $. Les frontières sont difficiles à passer, les vols d’avions coûtent beaucoup plus cher, les pays sont en déficit, la peur règne. Cela dure depuis 9 ans et ce n’est pas fini…

Copenhague nous a démontré jusqu’à quel point la bêtise politique peut nous mener. Malgré le travail de milliers de scientifiques dans le monde, surtout durant les dix dernières années, qui par leurs recherches, leurs statistiques, leurs analyses et leurs conclusions ont démontré clairement le danger qui confronte notre planète, nous avons été témoins du fiasco de Copenhague. Les dirigeants politiques du monde ont été incapables de s’entendre pour prendre les actions appropriées pour sauver la terre. Nonobstant le zèle et travail intenses des environnementalistes, depuis si longtemps, une autre opinion a primé. C’est celle de la droite-conservatrice qui affirme que la preuve du réchauffement climatique de main d’homme n’a pas été faite, que les gouvernements n’ont pas à engager des sommes mirobolantes pour le combattre car c’est un phénomène naturel qui va et revient dans l’histoire de la terre. Elle qualifie « d’éco-arnaque » les charges financières additionnelles imposées au public comme la taxe carbone, les frais générés par les lois anti-GES et les trilions de $ exigés par les pays pauvres pour les aider dans leur développement vert. Elle traite Kyoto de fraude et souligne que l’Ouest a déjà englouti un trillion $ d’aide dans un traité qui a été adopté solennellement puis ignoré.

L’un des chefs de file non avoués de cette droite conservatrice est le PM du Canada, Stephen Harper. Il a participé avec répugnance à la conférence de Copenhague. Il n’a fait aucun discours, à joué à cache-cache avec la presse, n’a rencontré que quelques chefs d’état et est revenu au Canada en dénonçant les premiers ministres des provinces de l’Ontario et du Québec qui ont exprimé à Copenhague des opinions opposées à celle de son gouvernement. Il a même trouvé moyen d’attaquer publiquement, via son attaché de presse, l’un des environnementalistes les plus sérieux et les plus connus du Québec. À son retour, le PM Harper a été porté aux nues par les conservateurs pour avoir façonné une politique environnementale (pour protéger les sables bitumineux) qui est, selon eux, à la fine pointe de ce qui a été fait en politique étrangère au Canada. Ce qui veut dire que l’exploitation des sables bitumineux peut voguer allègrement et multiplier par quatre sa production durant la prochaine décade. Et, ce n’est que le début car il y a de la place pour beaucoup plus puisque le territoire des sables bitumineux est grand comme celui de l’Angleterre.

Le Canada a connu durant la décade une longue période de surplus budgétaire qui s’est transformé en 2009 en un déficit de 56 milliards $. De son côté, l’économie américaine a été chambardée et l’avenir est incertain malgré le ressaut actuel. Une chose est claire, le gouvernement américain ne peut continuer à s’endetter au rythme actuel. Un jour et bientôt, les Américains devront réagir. Le risque de la dévaluation du $ US est réel. Certains observateurs prédisent qu’elle atteindra 15%. Les taux d’intérêts vont grimper rapidement, encore-là les échos répètent 6%. Les coupures de dépenses dans le budget américain devront être radicales (estimées à 500 billions $ annuellement) et cela pour plusieurs années consécutives. La croissance de l’emploi et de l’économie sera lente durant cette longue période transitoire mais celle-ci débouchera sur une nouvelle ère qui affectera positivement le Canada et l’Occident.

En somme, la dernière décade est une période qu’il vaut mieux oublier tout en espérant que la prochaine sera mieux adaptée aux besoins des populations, de l’environnement et de la paix.

Je souhaite à tous une bonne, heureuse et prospère année 2010.

Claude Dupras

samedi 19 décembre 2009

Un écho de l’ouest

Bob Harvie est avocat et président de l’Association du parti conservateur du comté de Lethbridge en Alberta. Il écrit un blog quotidien qui fait partie de la liste de blogues que je lis régulièrement et que je recommande à mes lecteurs pour mieux connaître le pouls des Canadiens de l’Ouest du pays.

Récemment en rapport avec ce qui s’est déroulé à Copenhague, il a rédigé plusieurs blogues sur le sujet de cette conférence des Nations Unies et le rôle du Canada. J’ai pensé reproduire ici son blog du 16 décembre.

Écrit en Anglais, j’en ai fait la traduction française le plus près possible de la façon d’écrire de Bob Harvie et j’ai conservé sa présentation.

Claude Dupras

Fierté grandissante avec la position du Canada à Copenhague

Souveraineté.

Cela veut dire quelque chose.

Cela veut dire que nous avons tous les droits de contrôler ce qui arrive à nos frontières. Pas l’ONU, pas un « petit » dictateur comme Hugo Chavez du Venézuela. Le Canada contrôle le Canada.

Et notre gouvernement a l’obligation de protéger notre souveraineté et de protéger TOUS nos citoyens, incluant, n’en déplaise à David Suzuki, ceux qui sont engagés dans l’industrie minière, l’industrie forestière et l’industrie pétrolifère.

Et ce que ne discutent jamais ceux qui se qualifient de “verts” est le coût, le coût réel de faire de vrais efforts pour changer l’environnement. Ils font du bruit pour clamer que « l’industrie verte » est la nouvelle économie. Vraiment ?

Quelles sont les possibilités, avec les frais de transport qui doivent grimper radicalement pour tout ce qui consomme du carbone, incluant les trains, les avions et les automobiles, d’assurer des emplois manufacturiers profitables à Edmonton, Calgary, Saskatoon ou Winnipeg.

Zéro.

L’”économie verte” sera un “boom” pour les territoires qui ont déjà accès aux grands marchés.

On s’entend pour dire Toronto et le sud de l’Ontario.

Il y a des choses qui ne changent jamais.

Notre gouvernement actuel, heureusement, est un peu plus sophistiqué que David Suzuki et Al Gore. Et, Dieu merci, Barack Obama l’est aussi. Ils comprennent qu’en érodant leur propre souveraineté, en s’engageant dans des traités internationaux, qui, en réalité ne sont que des trucs à sens unique par lesquels un petit nombre de pays vont hypothéquer leur futur au profit de pays qui n’ont pas, de toute évidence, l’habilité de diriger correctement leur propre peuple et qui refusent (la Chine et l’Inde) de s’engager dans des objectifs obligatoires ou dans des procédés de vérification de ces objectifs.

Et les verts et les Libéraux (pour l’instant, parce qu’ils n’agissent pas de façon responsable, il faut se rappeler qu’ils n’ont rien fait à propos de Kyoto) malgré tout ne cessent de critiquer parce que le Canada ne gagne pas de concours de popularité à Copenhague,

La responsabilité de prendre soin de tout le pays est trop importante pour la passer à des fakirs comme Al Gore et ses clones. Les enjeux sont trop élevés… il y a trop de monde sans emploi et notre économie est trop fragile pour prendre des engagements à sens unique.

Pensez-vous vraiment que nous devrions envoyer des milliards de dollars de notre pays à l’Inde afin qu’il puisse construire une usine thermique au charbon qui deviendra une des plus polluantes de carbone au monde ? Cela fait partie actuellement des transferts prévus par Kyoto car l’Inde continue la construction de telles usines avec de l’ARGENT DE KYOTO.

La 16ième plus grande source émettrice de carbone au monde sera construite en Inde avec de l’argent de Kyoto. Cette partie du protocole de Kyoto est maintenant identifiée, par certains, comme « la tricherie du carbone vert ».

Je n’ai pas de problème à ce que notre gouvernement recherche des solutions médianes pour réduire la pollution mais l’idée de céder notre souveraineté et notre bien-être économique aux penseurs de l’ONU est simplement ridicule.

Donc pour avoir “embarrasser” le Canada devant les "biens-intentionnés aux petits esprits" à Copenhague, je dis, bien fait Stephen Harper, et bien fait, Jim Prentice.

Il est bon de savoir que quelqu’un se tient debout pour le Canada.

Bob Harvie

jeudi 17 décembre 2009

Le salut de la terre ou l’égoïsme

« Pas dans ma cour ! ». Combien de fois avons-nous été témoins de manifestations publiques motivées par ce raisonnement ? On veut bien les changements, mais ailleurs que chez soi. Je croyais que c’était un sentiment individuel, mais voilà qu’il se dégage sur le plan international dans les conversations et les prises de positions exprimées à Copenhague.

La terre se réchauffe, les glaces fondent, le niveau de la mer s’élève avec toutes les graves conséquences qui en découlent et qui s’annoncent catastrophiques pour l’avenir. Les scientifiques ne cessent de nous informer et de nous mettre en garde. Les environnementalistes expliquent, crient, bousculent. Chacun des 9 milliards d’individus de la planète sera touché. Tous les pays seront affectés. Mais l’incompréhension, l’hésitation et même la négation règnent.

Plusieurs pays, dont le Canada avec ses dirigeants actuels, ne veulent pas y croire et cherchent par tous les moyens à saboter le débat. L’accord de Kyoto a été dénoncé, qualifié de non-réaliste et non respecté. Les scientifiques sont traités de menteurs, de tricheurs et de faussaires. Certains politiciens, motivés par des intérêts personnels, dénient la possibilité du réchauffement climatique de la planète et répandent des rumeurs, des faussetés et lancent même des insultes à ceux qui préconisent des actions importantes immédiates. D’autres parlent d’autonomie politique nationale pour éviter de se plier à des exigences internationales car, disent-ils, ils ont des priorités économiques différentes. Les lobbyistes des pétrolières et leurs alliés s’affairent avec des millions de $ à influencer tout ce qui est influençable.

Un nombre record de chefs d’États sont à Copenhague mais les choses ne vont pas trop bien. Une synergie nouvelle doit se développer pour qu’ils tracent ensemble le plan qui s’impose pour faire face au réchauffement climatique mondial. C’est une responsabilité très importante qui leur incombe ainsi qu’à leur gouvernement et ils ne peuvent la rejeter.

L’égoïsme n’a pas sa place dans ce débat, autant sur le plan individuel que sur le plan des nations. Il faut ensemble faire face à ce « challenge ». Notre pays ne peut, au nom de l’argent généré par l’exploitation des sables bitumineux, rejeter des normes internationales contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. Quant à nous, nous nous devons de réagir et comprendre notre responsabilité envers notre milieu, notre pays, notre planète et faire pression sur nos dirigeants. Le climat futur nous appelle tous à réagir aujourd’hui.

Le réchauffement climatique exige un sens civique élevé.

Claude Dupras

lundi 14 décembre 2009

Le Canada, la bête noire !

L’Alberta et la Saskatchewan qui exploitent les sables bitumineux de la région d’Athabasca n’en démordent pas. Ils vont continuer l’accélération de l’extraction du pétrole n’en déplaise au monde entier, et ceci avec la complicité du gouvernement du Canada. Cela devient clair et net dans les négociations qui se déroulent à Copenhague.

De plus, ces gouvernements ont l’effronterie de proposer que ce soient les consommateurs de leurs produits, dont les Américains et nous, qui paient proportionnellement leur part pour tous les investissements futurs requis pour contrer l’émission croissante des gaz à effets de serre (GES) qu’ils produiront en assurant l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux durant les prochaines décennies. Comme le Québec et l’Ontario représentent 60% de la population canadienne, ces provinces auront donc la grosse part de la charge financière canadienne à partager.

Le ridicule de cette proposition s’exprime bien dans les chiffres. Le Québec s’engage à réduire de 20% ses émissions par rapport à 1990. L’Ontario établit sa cible à 15%. Et le Canada en tenant compte des efforts du Québec et de l’Ontario propose globalement pour le pays de ne réduire que de 3% les émissions canadiennes par rapport à 1990. C’est dire que l’Alberta continuera à augmenter sauvagement et en grande quantité ses émission de GES nonobstant le tort qu’elles créent au réchauffement climatique de notre terre.

Il est clair que sur le plan mondial, le Canada est devenu une partie importante du problème du climat. Alors qu’auparavant notre pays était un instrument de consensus et de solution, voilà que nous sommes devenus, avec les Conservateurs au pouvoir, la bête noire sur l’échiquier planétaire. Notre ministre a même annoncé avant son départ pour Copenhague que la position canadienne était non négociable. N’est-ce pas là une belle attitude ouverte au compromis, qu’une telle affirmation ? N’est-ce pas une insulte à l’intelligence de tous les participants de la conférence de Copenhague qui y sont pour trouver des solutions pour sauver la planète ?

Pour montrer patte blanche, les compagnies pétrolières-pollueuses ont imaginé de capter et de comprimer les GES pour les canaliser par pipeline sur une distance de 240 km vers de vieux champs de pétrole et de les pomper dans des réservoirs sous terre. Ce premier projet de 558 millions $ sera financé en partie par le gouvernement du Canada qui puisera dans le fonds spécial de $ 2 milliards qu’il a créé pour aider les compagnies pétrolières à réduire les émissions de GES. Non seulement ce projet n’affectera qu’une partie GES, il ne corrigera pas le dégât considérable fait à l’environnement, à la pollution indescriptible de la rivière Athabasca et de ses affluents ainsi qu’à la destruction de la forêt boréale canadienne. D’ailleurs, les environnementalistes critiquent ces projets de « captage et de storage » en rappelant que c’est l’argent des poches des Canadiens qui financent, en partie, des projets proposés par les grands pollueurs dont les résultats sont incertains.

Il serait préférable d’arrêter cette folie manifeste et d’investir ces argents dans les sources alternatives d’énergie et de conversation. Le Canada tire la patte dans ce domaine, n’a rien fait et « laisse passer la parade ». Par exemple, les USA dépensent, aujourd’hui, 14 fois plus per capita que notre pays pour les énergies recouvrables. Ce seront les Américains et les citoyens d’autres pays qui demain posséderont le savoir-faire dans ces nouveaux domaines. Les emplois iront là bas. Les argents aussi.

Enfin, je crois que les producteurs de pétrole doivent payer pour tout ce qui a rapport avec l’exploitation des sables bitumineux. Si le prix de revient de leur pétrole n’est pas compétitif, tant pis. Qu’on arrête la production et que les pétrolières se concentrent à faire toute la recherche nécessaire pour trouver des solutions rentables permettant une exploitation qui ne met pas la planète en danger. Au pied du mur, je crois que ces compagnies feront tout pour s’en sortir et trouveront de bonnes solutions pour l’avenir.

Cette réserve inouïe de pétrole sera toujours là et pourra être mise à la disposition du monde de demain au profit des Canadiens d’alors. Entretemps nous aurons fait notre part pour protéger notre planète.

Claude Dupras

dimanche 6 décembre 2009

Malbroute s'en va-t-en … Copenhague

Le PM Harper, notre Malbroute national, qui de ces temps-ci voyage dans le monde pour réparer les pots qu’il a cassés depuis que les Conservateurs sont au pouvoir, ira à Copenhague pour la grande conférence de l’ONU sur les changements climatiques. Pour lui, c’est comme aller en guerre puisqu’il est attendu de pied ferme par les écologistes du monde entier qui ont beaucoup à lui reprocher. Y sera-t-il le bon jour ? En tous cas, c’est possible puisque son modèle américain le président Barack Obama, qu’il copie sans honte, a changé sa date de visite du 6 pour le 18 décembre, soit le dernier jour de la conférence afin d’être présent au moment où les grandes décisions doivent être prises par les chefs d’États. Si le PM Harper n’est pas là le 18, on comprendra….

On peut dire merci au président français d’avoir réussi à convaincre le président Obama de changer sa date. Nicolas Sarkozy s’est révélé comme le plus ardent défenseur de l’environnement avec la venue de cette conférence importante. Non seulement a-t-il amené l’Union Européenne à accepter des objectifs sévères pour toute l’Europe, il s’est allié avec des pays importants comme le Brésil pour mieux faire valoir ses politiques environnementales. Il s’est même retrouvé à Trinidad-et-Tobago pour la conférence du Commonwealth britannique, où un président français n’était jamais allé. Le but était de rallier les pays en développement à la cause et aussi définir avec eux l’aide future que les pays riches devront leur accorder pour leur lutte contre le réchauffement climatique. Une entente majeure sur l’environnement a été acceptée à cette réunion.

Je ne m’attends pas à rien de spectaculaire de la part du PM canadien car il a les mains et les pieds liés au lobby pétrolier canadien et, qu’à ce jour, il n’a rien fait pour que le pays rencontre les objectifs de Kyoto. Au contraire. Alors que le Canada avait accepté de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % d’ici 2012, voilà qu’aujourd’hui les émissions canadiennes ont augmentées de 26 %. Pendant ce temps-là, celles de la France diminuaient de 5 %. Le Canada est devenu un des pays les plus pollueurs de la planète. Et cela à cause de l’exploitation accélérée des sables bitumineux de l’Alberta autorisée par le PM Harper et ses comparses.

Le “Centre for Public Integrity in Washington, D. C.” a mandaté l’“International Consortium of Investigative journalists” pour analyser les effets des lobbies internationaux sur les politiques traitant du réchauffement climatique. Pour le Canada, leur rapport est révélateur. Tout se passe à Ottawa où les deux lobbies, soit les groupes environnementaux et celui des compagnies pétrolifères et leurs alliés, se combattent pour influencer les politiques du gouvernement canadien.

Depuis 1996, plus de 1 570 lobbyistes ont parcouru les corridors du parlement. Ceux des producteurs de pétrole et de gaz naturel, des producteurs de charbon et autres, furent les plus nombreux avec 465 lobbyistes, soit le tiers. Leur pression sur les politiciens a été persistante afin d’amenuiser la législation anti-réchauffement climatique. Le résultat est stupéfiant. Les scientistes affirment que depuis le traité de Kyoto de 2002, le Canada n’a pris aucune action « mesurable » pour contrer les GES.

La majorité de GES est émise en Alberta. Pourtant, la population de cette province représente 10% de celle du pays mais elle produit 70% du pétrole canadien. Ses entreprises productrices crachent dans l’atmosphère 33 % des GES du Canada. On prédit que ce sera 50 % en 2025.

Les congés de taxes et les nouvelles technologies ont encouragé l’exploitation massive des gaz bitumineux. Des projets de 100 milliards $ pullulent dans la région de l’Athabasca.

Les lobbyistes ne visent que le gouvernement canadien puisque celui de l’Alberta est à 100 % acquis à l’idée de l’exploitation immédiate des sables. De plus, ils savent ce que ce dernier dit au gouvernement Harper : « Ecoutez, même si nous sommes frères politiquement (l’Alberta a aussi un gouvernement conservateur), que la majorité du cabinet des ministres canadiens est albertaine, ne vous mêlez pas de nos affaires. Retirez-vous ! Ne nous importunez pas ! »

Suncor, une des plus importantes compagnies exploitantes des sables, prédit qu’en 2012 ses GES auront doublé. Un analyste fédéral renommé affirme : « Le gouvernement ne dit rien car comme tous les autres du passé, il ne veut pas interférer dans les projets des compagnies pétrolifères.»

Le président de Suncor et ses officiers ont eu 48 rencontres avec les hautes instances gouvernementales dont sept avec le ministre actuel de l’environnement Jim Prentice, une avec le PM Harper et huit avec les ministres des ressources naturelles du Canada.

De leur côté, les groupes environnementaux ont aussi accès à ces bonzes de la politique canadienne mais ils ne sont pas traités sérieusement et qualifiés de « gauchistes » comme le fut David Susuki. Le PM Harper refuse de les rencontrer. La dernière rencontre remonte au temps qu’il était dans l’opposition. Par contre, ces groupes ont rencontré trois fois le ministre Prentice et 11 fois le négociateur-en-chef Michael Martin en vue de rencontres onusiennes.

Suncor est un bon exemple du fonctionnement du lobby à Ottawa. La compagnie a 16 lobbyistes très actifs sur la colline parlementaire dont quatre sont d’anciens conseillers du gouvernement.

Avec le temps, Suncor a exprimé des craintes que sa crédibilité corporative et environnementale soit en jeu. Mais elle maintient quand même ses liens étroits avec la puissante « Association Canadienne des Producteurs de Pétrole » qui, avec ses 51 lobbyistes, continue à vouloir réduire sans merci l’effet des lois sur les émissions de GES. Il est reconnu, dans le milieu, que ses dirigeants peuvent en tout temps appeler le PM et lui dire « Tu ne fais pas ceci ou cela, sinon.... ». Durant la dernière année, le président de l’association a rencontré 95 fois des politiciens et de hauts fonctionnaires, dont le négociateur Martin, en vue de Copenhague. Un des membres de l’association, propriétaire d’une compagnie qui exploite les sables bitumineux, a même écrit une lettre publique pour qualifier l’idée d’une banque de carbone de « cancer envahissant sur l’économie canadienne ».

Le travail des lobbyistes a évolué avec le temps. Les principales compagnies pétrolifères ont créé ICO2N, une société de lobbyistes pour l’obtention de subsides gouvernementaux pour financer un système de « capture et de stockage des carbones ». Cette société de Calgary a six lobbyistes dont trois qui furent conseillers politiques auprès du PM Harper. Et tout cela a eu ses premiers effets, puisque récemment les PM du Canada et de l’Alberta ont annoncé des subsides de 1,6 milliards $ pour l’installation de deux systèmes à deux usines thermiques au charbon qui chauffent l’eau pour le lavage des sables. C’est l’argent des taxes qui va financer ces transformations alors que les pétrolières se remplissent les poches. Et même si toutes les usines étaient munies de tels systèmes, cela réduirait le total des GES émis que de 2,6 % pour un coût de 16 milliards $. Mais le tout sera vite balayé par l’autorisation d’un projet additionnel d’exploitation des sables bitumineux comme pour Suncor.

Tout cela démontre bien que le Canada n’est pas au bout de ses peines en rapport avec l’environnement. Il y a là-bas, en Athabasca, un trésor enfoui qui appartient à tous les Canadiens. Une réserve pétrolière pour le monde entier plus grande que celles des Saoudiens. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé le procédé permettant de soustraire proprement le pétrole des sables bitumineux. Le vrai défi est technologique. Et c’est sur cet aspect de la question que le PM Harper devrait concentrer les efforts du gouvernement. Pour ralentir le réchauffement climatique, l’exploitation des sables bitumineux, telle qu’elle se fait aujourd’hui, doit arrêter. Un jour, lorsque ce sera possible d’extraire le pétrole sans polluer l’air et l’environnement, le monde entier et les générations futures de Canadiens profiteront de cette richesse incroyable.

Entre temps, le PM Harper s’en va à Copenhague. Je serai fort surpris s’il se libère des liens qui le retiennent, change son approche sur l’environnement et revient de là-bas un héros. S’il le fait, je serai un des premiers à l’en féliciter. On a découvert un nouveau Harper en rapport avec les relations internationales, connaîtrons-nous un nouveau Harper en rapport avec l’écologie ? Je me permets d’espérer.

Claude Dupras

jeudi 26 novembre 2009

« Je n’y vais pas, je n’y vais pas… j’y vais » (Harper)

Rien ne va plus pour le PM canadien Stephen Harper et sa politique environnementale. Au moment où les provinces canadiennes dénoncent l’inaction pour combattre le réchauffement climatique et qu’un rapport du Comité du Trésor sermonne le gouvernement pour sa piètre performance en rapport avec la qualité de l’air, la biodiversité et les émissions de gaz à effets de serre (GES) au Canada, voilà que le président américain Barack Obama annonce qu’il sera à Copenhague pour la conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, en décembre.

Obama rejoindra plus de 62 chefs d’état qui par leur présence active démontreront toute l’importance qu’ils attachent à ce problème majeur qui confronte la terre. De plus, ils indiquent qu’ils sont prêts à prendre leurs responsabilités financières pour aider les pays en développement à rencontrer leurs objectifs respectifs dans ce vaste effort mondial.

Copenhague est une opportunité qui arrive au bon moment. Alors que les négociations pour la préparation de cette conférence avançaient à pas de tortue, voilà que le « momentum » qui en découle maintenant exerce une pression importante sur tous les gouvernements et tous les joueurs privés pour enfin livrer la marchandise. Il faut en profiter car trop de pays, de manufacturiers, d’agriculteurs, sans compter les compagnies pétrolières, cherchent des faux-fuyants pour s’en sortir ou retarder les échéances des actions à prendre.

C’est l’ex-VP américain Al Gore qui rappelait, hier, qu’il est essentiel que Copenhague accouche d’une entente opérationnelle solide et de directives claires afin que les négociateurs internationaux puissent préparer, pour l’an prochain, le traité complet devant être signé par toutes les nations.

Pour le PM Harper et son ministre de l’environnement, Jim Prentice, tous deux députés de l’Alberta, rien ne presse et rien n’est important. Malgré qu’Harper ait annoncé hier à la Chambre des communes qu’il n’ira pas à Copenhague, aujourd’hui, en catastrophe, il annonce qu’il y ira. Le moindre que l’on puisse dire c’est que ça ne fait pas sérieux... Non seulement la politique du gouvernement conservateur est calquée sur celle des USA, le déplacement de notre premier ministre l’est sur celui du président américain. C’est à se demander si le Canada est un pays souverain.

Heureusement que les Américains ont élu Barack Obama, car s’ils avaient élu un autre Georges W. Bush, notre pays ne serait pas présent à Copenhague et notre politique environnementale inexistante.

L’hésitation du PM Harper de parler à l’étranger d’environnement, s’explique jusqu’à un certain point, par le fait que notre PM est coincé par une question d’intérêt personnel puisqu’il vient d’Alberta où se trouve l’exploitation des sables bitumineux qu’il a encouragée envers et contre tous malgré que les experts internationaux répètent depuis belle lurette que l’extraction des sables bitumineux par la façon actuelle met en danger l’espèce humaine.

Pourtant, le PM Harper sait bien maintenant que le réchauffement climatique n’est pas une « invention socialiste » comme il le disait du temps du Reform Party. Il sait bien que c’est autre chose puisque des signes jaillissent, chaque jour, de partout. Par exemple, encore aujourd’hui, on apprend que les infrastructures du grand nord se dégradent de plus en plus. Routes, bâtiments, pipelines, structures de communications ont leurs fondations assises sur le « permafrost » depuis toujours considéré comme permanent mais qui commence à fondre. Cela va devenir un problème majeur pour le gouvernement Canadien qui gère tout le grand nord.

Il est possible qu’avec le temps, le PM Harper agisse avec responsabilité, et non en hypocrite, sur la question du réchauffement climatique. Je l’espère mais je n’y compte pas car il me donne l’impression que c’est la conjoncture politique qui le force à agir. Il est lié mains et pieds par les pétrolières de l’ouest et ne sait comment se libérer.

Claude Dupras

mercredi 23 septembre 2009

La politique du p’tit chien

Le premier ministre du Canada ne cesse de me surprendre. Malheureusement dans le mauvais sens.

Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.

Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.

Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.

Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.

Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !

Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.

Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.

La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.

C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.

Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.

Claude Dupras

La politique du p’tit chien

Le premier ministre du Canada ne cesse de me surprendre. Malheureusement dans le mauvais sens.

Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.

Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.

Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.

Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.

Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !

Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.

Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.

La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.

C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.

Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.

Claude Dupras

lundi 7 septembre 2009

La taxe carbone

Le 11 juin 2008, j’écrivais un blog intitulé la « taxe verte ». C’est aujourd’hui, la « taxe carbone ». J’étais alors en faveur et je le suis toujours. Le gouvernement français veut appliquer une telle taxe dès la rentrée parlementaire et un tollé s’élève du côté de l’opposition contre cette nouvelle taxe. Malgré qu’’elle soit demandée et expliquée par les écologistes comme un moyen efficace pour réduire les émissions de CO2 , qu’elle ait prouvé son efficacité en Suède, au Danemark, au Royaume-Uni, en Finlande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande ou à Costa Rica où elle est appliquée depuis plusieurs années, le parti socialiste français, avec Ségolène Royal en tête, et les autres partis de gauche, sauf les écolos, ont décidé de combattre cette mesure écologique. Ils élèvent le spectre de la peur de nouvelles taxes, déjà très hautes en France.

Est-ce simplement une opposition pour faire de l’opposition, ou est-ce que cette position est réaliste et honnête ? La question est difficile à répondre.

La taxe carbone est à mon avis mal nommée à cause du mot « taxe » qui la rend hostile aux contribuables. Son but est d’influencer Monsieur, Madame tout-le-monde et les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie générée par le pétrole, le gaz et le charbon afin de réduire la production de gaz à effets de serre néfastes pour le climat de notre planète. Le principe est de rendre le coût de l’énergie plus cher, au point qu’elle soit moins consommée et que ses utilisateurs se voient obligés de modérer leur consommation et de chercher des solutions alternatives moins coûteuses et moins polluantes.

Ça marche, et l’exemple est la France où le prix de l’essence est actuellement le double de celui du Canada. Le résultat est que les Français roulent dans de petites voitures qui font beaucoup plus de km au litre que les grosses voitures canadiennes. Au double du prix à la pompe, je suis certain que les Canadiens remplaceraient vite leur automobile énergivore pour une à l’appétit moins grand et moins polluant. D’ailleurs, on a vu leurs réactions dans ce sens, l’an dernier, lors de la flambée des prix du pétrole.

Même si la France s’engage dans le sillon de la taxe carbone, le résultat ne changera presque rien au niveau de l’émission mondiale des GES puisque les gros pollueurs comme les USA, l’Inde, la Chine, la Russie et le Canada ne participent pas à cet effort et refusent l’idée de taxer pour motiver. Les dirigeants politiques de ces pays, surtout motivés par l’intérêt politique ou personnel, veulent protéger leurs entreprises, créatrices d’emplois, contre les augmentations importantes de taxes mais surtout s’assurer que leurs électeurs ne se révoltent pas suite à des augmentations radicales des coûts d’énergie. Ils ont appris qu’ « un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre » et c’est pourquoi ils craignent la taxe carbone, comme la peste.

Nous, les Canadiens, avons vécu un tel débat lors de notre dernière élection générale alors que le chef de l’opposition libérale fit de la taxe carbone le principal objet de sa plateforme électorale. Stéphane Dion savait de quoi il parlait. Il avait présidé avec brio la conférence universelle des Nations Unies à Montréal sur le réchauffement climatique et avait su rallier les délégués à des positions importantes et difficiles. Il connaissait tous les aspects de cette idée déjà implantée ailleurs et qui a fait ses preuves. Il a, contre l’avis des stratèges du parti, engagé ses troupes dans ce combat et proposé la taxe carbone en assurant les électeurs que tous les argents collectés par cette taxe seraient intégralement redistribués à ceux qui en souffriraient. En somme, le gouvernement ne bénéficierait d’aucune nouvelle entrée fiscale pour son budget.

Son adversaire, le Premier ministre Stephen Harper, député de l’Alberta, la province la plus polluante du Canada à cause de sa mauvaise exploitation des sables bitumineux, s’est évidemment opposé à cette idée de Dion et l’a accusé de vouloir taxer sur tout et partout. Il a ainsi fait oublier sa propre politique sur l'environnement qui était et est toujours déplorée par les grands écologistes du monde. Ce qui fut plus grave c’est que notre PM, pour défendre sa province et gagner ses élections, a réussi à réduire le débat sur cette question cruciale, à une question de taxe. Il a démontré alors qu’il était irresponsable.

Dion perdit son pari et le parti libéral obtint son plus bas score électoral depuis des décennies. Certes, il y avait d’autres sujets qui n’aidaient pas Dion, mais c’est la taxe carbone qui créa la crainte profonde chez les électeurs et les détourna du parti libéral.

Nicolas Sarkozy, le président français qui a montré beaucoup de courage dans le passé en prenant des décisions impopulaires et difficiles, affirme que la taxe carbone sera instaurée bientôt en France.

A-t-il raison de proposer cette contribution fiscale pour combattre l’émission de CO2 même si son effet ne modifiera qu'à peine un iota la production mondiale des GES? Tenant compte que les autres grands pays ne bougent pas sur cette question, nous pouvons nous demander s’il est raisonnable que les Français, en pleine crise économique, soient appelés à payer cette taxe carbone même si le président assure que l’intégralité du revenu qu’elle générera sera affectée aux entreprises, aux particuliers, aux ruraux et aux plus défavorisés. Les Français hésitent car, dans le passé, ils se rappellent que les revenus d’autres nouvelles taxes furent attribués à des fins autres que celles pour lesquelles elles furent adoptées. Il est normal qu’ils soient méfiants.

Par contre, la France est un leader dans le monde. Si elle ne bouge pas, pourquoi les autres pays bougeraient-ils ? Et puis, il y a l’importante conférence de l’ONU à Copenhague où des décisions importantes doivent être prises pour la suite de l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. La France peut y être un grand joueur.

Je crois Nicolas Sarkozy lorsqu’il assure que la taxe carbone sera fiscalement neutre. C’est un homme politique très réaliste, électoralement parlant. Son parti UMP est bien sorti des récentes élections européennes. Mais le parti écologiste a aussi fait bonne figure en dépassant le parti socialiste. À l’horizon, il y a les élections régionales françaises en 2010 et la prochaine élection présidentielle en 2012. Le président Sarkozy ne peut oublier la dimension électorale en prenant ses décisions politiques. Pour gagner la faveur publique lors de ces scrutins, il se doit de respecter ses positions avancées. Il n’a pas vraiment le choix.

La Planète n’a pas non plus le choix et a besoin de leadership. La France, un des pays les moins polluants de la planète, peut devenir le leader recherché. Sarkozy a démontré, dans le passé, sa capacité de persuasion. En prenant son pays comme exemple, il sera à même de démontrer, aux représentants des citoyens du monde réunis à Copenhague, le niveau de courage requis et la façon d’agir pour contrer le danger qui menace notre planète.

Je crois que les Canadiens seront impressionnés par une telle politique adoptée en France. Ils comprendront davantage que c’est la démagogie qui a fait foi de programme politique pour le parti conservateur lors de la dernière élection nationale. L’adoption de la taxe carbone en France affectera, jusqu’à un certain point, le débat lors de la prochaine élection canadienne. Il en sera de même ailleurs.

Claude Dupras