Affichage des articles dont le libellé est Hollande. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hollande. Afficher tous les articles

mercredi 7 décembre 2016

France : Une élection présidentielle perdue d’avance pour la gauche ?


Il y a aura élection présidentielle en France cette année. Un moment important pour les Français. Après cinq ans d’une administration qui n’était pas à la hauteur de la France, le pays a besoin d’un élan et le peuple français d’une bouffée d’air frais capable de lui remonter le moral. Il semble qu’il les découvre sur la droite.
Cette droite française vient de connaître une élection primaire et a choisi un candidat fort populaire avec une très forte majorité de 65%, en la personne de François Fillon, l’ex-premier ministre du mandat du président Nicolas Sarkozy. Ce nouveau porte-étendard est un homme neuf, calme, intelligent, blanc comme neige, qui n’a jamais eu d’accusations légales portées contre lui. Un homme de qualité, qui présente un programme clair, précis, difficile, pour répondre, dit-il, aux principaux problèmes de la France.
De son côté, le président socialiste François Hollande vient d’annoncer qu’il ne briguera pas les suffrages pour un renouvellement de son mandat. Rien de surprenant puisqu’il a calé dans la cave des sondages au fur et à mesure que son administration démontrait son incapacité à trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la France.
J’étais en France en 2012, durant la campagne électorale gagnée par Hollande contre le président sortant Nicolas Sarkozy. Ce fut une période excitante pour une personne qui aime la bataille politique. J’aimais Sarkozy. J’avais remarqué et bien apprécié sa gouverne durant son quinquennat, particulièrement la période de six mois où il a été président de l’Europe et durant laquelle il avait vraiment démontré ses qualités de chef. Il a su, alors, rassembler les dirigeants des pays Européens pour faire face à deux grandes crises : la guerre de Géorgie et les turbulences financières qui menaçaient l’Europe. Malgré que chaque pays ait le réflexe normal de bien défendre avant tout ses intérêts nationaux, Sarkozy a obtenu qu’ils surmontent leur division pour renforcer l’Union Européenne. Dans le conflit de la Russie avec la Géorgie, il s’est imposé comme un vrai négociateur efficace.  Dans la crise financière puis économique qui a frappé de plein fouet l’Europe, il a su coordonner les actions des États-membres pour réussir à traverser ce moment très difficile. De plus, trois des quatre priorités Françaises, de ce moment-là, ont fait l’objet de décisions positives au niveau de l’Europe, soient le pacte sur l’immigration et l’asile, la défense européenne et la politique agricole commune. La France ne pouvait demander mieux et je sais que plusieurs Français furent très impressionnés et fiers de leur président.
Malgré tout, ce chef politique qui venait de faire preuve d’un leadership hors de l’ordinaire a été défait par François Hollande, un candidat prêt à dire et promettre n’importe quoi pour gagner, tel « je vais imposer un impôt de 75% aux riches » et sa tirade mensongère « Moi, président » qui, ajoutés à une campagne sale de dénigrement de la personne de Sarkozy, l’ont porté jusqu’à l’Élysée. Aujourd’hui, son mandat achève, il n’a pas livré la marchandise et Hollande en sort avec la réputation du pire président français. Beau parleur mais petit faiseur.
Actuellement, les candidats pullulent à la gauche qui est de plus en plus divisée.  
Déjà, l’éternel candidat Jean Luc Mélenchon devient le porte-parole de la gauche de la gauche, la gauche radicale, et sera le candidat du Front de Gauche avec l’appui du parti communiste. Ancien trotskyste et professeur, il a été 30 ans dans le parti socialiste dont ministre. Il est un grand orateur, puissant et impressionnant, mais ce qu’il dit ne mène nulle part. Il est coloré, articulé, drôle, divertissant et intéressant à regarder et écouter, mais une perte de temps car il n’a aucune chance.
La gauche responsable et équilibrée cherche un candidat capable de relever une opinion publique littéralement écœurée de la néfaste administration socialiste de Hollande et le Parti socialiste organise une élection primaire à cet effet.
Manuel Valls, le premier ministre d’Hollande, vient de démissionner pour être candidat à la primaire qui aura lieu en fin de janvier prochain. Il a été candidat à la dernière primaire contre Hollande mais n’avait obtenu que 5% des votes à cette occasion. Son discours actuel est surprenant car il semble préconisé une gauche ancienne alors qu’avant il défendait « une gauche moderne nécessaire à l’équilibre démocratique ». Martine Aubry, l’âme du parti, vient d’affirmer : « Valls, ce n’est pas évident ».
Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie, a déclaré qu’il sera candidat à la primaire. Avocat, bon orateur, renseigné, il a perdu, en 2014, son poste de ministre après avoir blâmé Hollande de positions trop pro-affaires. Depuis, il a suivi des cours de gérance des affaires dans une École de Commerce et se dit maintenant prêt et favorable à renforcir la France afin qu’elle se protège contre les intérêts étrangers. Il a des airs de Kennedy, sans l’être car il se montre trop satisfait de lui-même, mais pourrait gagner la primaire.
Benoit Hamon, a aussi fait part de son intention d’être candidat à la primaire socialiste. Il a été deux fois ministre dont celui de l’Éducation sous Hollande et chaque fois il a perdu sa « job ». À mon avis, il n’est pas de taille avec les autres.
Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation, représente le courant central du Parti socialiste et deviendra le candidat-surprise de la primaire. Toujours loyal à Hollande, à ses décisions, à ses premiers ministres, il n’est pas l’homme des petites phrases assassines. Il a été à la base de la réforme de l’école primaire puis celle du collège. Ayant quitté tôt, on ne peut le blâmer de la totalité du quinquennat d’Hollande. Respecté et solide, il pourrait être l’homme de la situation.
Christiane Taubira, ex-ministre de la justice d’Hollande, vient de Cayenne de la Guinée Française. Une pétition, comprenant 70 000 noms, la supplie d’être candidate à la primaire socialiste. Vraiment de gauche, elle a quitté le cabinet d’Hollande en contestation des mesures de sécurité imposées suite aux attaques terroristes à Paris. Elle hésite à accepter d’être candidate à la primaire socialiste car elle n’a aucune chance de gagner. On peut prévoir que d’autres candidats de nature moins importante s’ajouteront à la liste.
Emmanuel Macron, attaché à aucun parti politique, a été un protégé de Hollande qui l’a nommé son ministre de l’économie. Jeune de 38 ans, très articulé, brillant, racé, il sait bien expliquer ses positions économiques et impressionne particulièrement la génération Y qui voit en lui, le seul homme politique qui parle son langage. Il a quitté avec fracas le cabinet d’Hollande, se disant de gauche et non socialiste. Il veut susciter une « révolution démocratique » contre un système politique français qui se retrouve, selon lui, dans le « vide ». Il vise à unir la gauche et la droite en une équipe centriste. Il refuse d’être de la primaire et organise son propre mouvement pour sa campagne.
Puis, il y a, à la droite de la droite, Marine LePen du Front National.  C’est du sérieux comme possibilité de gagner. Elle a su, avec les années, s’imposer grâce à son intelligence, ses connaissances et son supérieur caractère de combattante politique. Salie, moquée, insultée, ridiculisée et encore, elle continue néanmoins à grimper dans les sondages car elle frappe le clou sur la tête des problèmes qui confrontent ses compatriotes. Son discours contient du vrai, de la réalité et il résonne positivement dans la tête d’un très grand nombre de Français. Elle est impressionnante et dépasse de cent coudées la majorité des politiciens français. Mais son programme politique de droite de la droite fait peur à un grand nombre qui se rappelle le passé fasciste de l’Europe et qui l’attache exagérément à Marine LePen en la qualifiant de tous les mots et maux comme si elle était frappée de la peste.
On peut difficilement prédire les résultats d’une telle primaire ouverte où près de quatre millions de personnes viendront choisir leur candidat. Une surprise aussi grande que celle qu’a créée François Fillon peut en être le résultat. Je ne crois pas que se sera Valls, car il porte le blâme de l’impuissance d’une grande partie du régime Hollande. De plus, son discours démodé, son vocabulaire étourdissant, ses constantes leçons de morale, sans sourire, ne lui donnent plus un air d’authenticité.  
Aujourd’hui, il semble que les candidats principaux pour l’élection du prochain président de la France seront : François Fillon représentant la droite et son parti « Les républicains » ; Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon que je qualifie de favoris pour gagner la primaire socialiste ; Emmanuel Macron pour son propre parti et Marine LePen pour le Front National.
L’élection d’un président français est à deux tours. Il est fortement probable que Fillon sera au deuxième tour avec Marine LePen car les Français rejetteront le Parti socialiste malgré tous ses efforts pour regagner leur confiance.  
Les Français auront alors un choix final entre un candidat de droite et un candidat de droite de la droite que plusieurs qualifient d’extrême-droite. Et, si on se fie au mouvement populiste qui s’empare du monde d’aujourd’hui, le résultat sera serré.

Claude Dupras

vendredi 25 mars 2016

L’affront à Marine Le Pen

Marine Le Pen est venue au Québec. Cette femme députée de France et de l’Union Européenne, cheffe du parti français le Front National (FN) qui est actuellement le premier des partis de France (celui qui obtient le plus de votes), avait pensé venir rencontrer les Québécois pour parler politique française et internationale. Elle s’attendait, comme démocrate, à être reçue poliment et avoir l’opportunité de discuter normalement avec ses homologues québécois et la presse pour mieux faire connaitre le FN qui grandit d’élection en élection, prend de plus en plus de place sur l’échiquier politique de la France puisqu’il dirige maintenant des régions gouvernementales et plusieurs villes dont des grandes. Son influence de plus en plus importante mérite d’être connue et comprise par les citoyens québécois et canadiens et elle avait raison de venir nous rencontrer pour mieux se faire connaître et expliquer ses positions politiques.

Elle a été reçue comme un chien dans un jeu de quilles. Évitée, critiquée, contestée, insultée, elle a été traitée d’une façon inconvenable, comme si elle n’avait pas droit à ses opinions, comme si nous ne vivions pas dans une démocratie, par des personnages politiques qui ont démontré au monde, en quelques jours, la petitesse de la politique québécoise. Du PM québécois Couillard, aux chefs des oppositions Pierre Karl Péladeau (PKP) et François Legault, ce fut honteux de les voir refuser de la rencontrer et de réagir avec politesse ne serait-ce que par respect pour les institutions politiques françaises. Ils semblent ne pas avoir compris que le FN est, en France, de plus en plus considéré comme un parti comme un autre. Que les choses changent ! C’est le journaliste du journal Le Monde, Jean-Yves Camus spécialiste de l’extrême droite, qui a écrit il n’y a pas tellement longtemps « il faut admettre que la formule consacrée selon laquelle le Front National serait un parti antirépublicain, véhiculant le racisme et l’antisémitisme, n’est plus opérante ».
Nos personnages politiques et nos journalistes ont agi par ignorance et ont démontré leur retard sur l’évolution de la politique en France.
La presse locale, française et même mondiale s’est empressée de rapporter, comme il se doit, le déroulement de ces quelques jours de Marine Le Pen au Québec où le tout s’est terminé par une entrevue mal ficelée, d’une trentaine de minutes, à l’émission 24/60 de Radio Canada, animée par la journaliste expérimentée Dussault qui a agressé malhabilement et injustement Marine Le Pen avec des questions et des sous-entendus insensés sans rapport réel avec l’opportunité d’une telle visite chez nous.
Le Front National est un parti de droite. Souventes fois et encore aux dernières élections, pour gagner des votes, ses adversaires politiques n’ont cessé de le qualifier d’extrême droite dans la lignée des partis fascistes de la deuxième guerre mondiale en Italie et en Allemagne, même si ce parti n'est que quelque peu à droite de la droite traditionnelle. Il est moins à droite sur certaines politiques que le parti conservateur du Canada et beaucoup moins à droite que les politiques défendues par le candidat républicain Donald Trump.

En France, les adversaires du FN trompent l’électorat et cherchent continuellement à créer la peur de la venue au pouvoir d’un tel parti. Malgré les campagnes négatives à outrance, le FN a grandi d’élection en élection et aux dernières élections européennes à maximisé son électorat dès le premier tour pour devenir le premier parti de France au point qu’il peut même l’emporter seul au 2e tour en allant chercher des votes chez les abstentionnistes et dans les autres partis, mettant fin à la formule du passé du « front républicain solide » qui se créait (droite et socialiste) pour le bloquer. La donne politique en France a changé.
Le Parti Socialiste (PS) d’Hollande et le parti Les Républicains (LR) de Sarkozy ont donné, suite à des revers importants, le pouvoir au FN, pour une première fois dans des départements français. Il en a gagné deux plus un grand nombre de villes.
De plus, malgré les évènements tragiques comme la tuerie de Charlie Hebdo, le FN s’est haussé à 30% d’opinions favorables, alors qu’avant il callait dans les sondages lors de telles situations.
Marine Le Pen a changé le Front National depuis qu’elle le dirige. Elle a mis de côté l’antisémitisme du père et récupéré plusieurs éléments du programme de la gauche, comme la laïcité et la défense des emplois industriels contre l’Union européenne. Les milieux populaires sont tentés par Marine Le Pen et le PS a beau crier, il ne répond plus aux motivations de ces lecteurs.  (Journal Le Devoir)
Depuis les 15 dernières années, je vis en France 4 mois par an dans un village de Provence près d’Avignon. Toujours intéressé par la politique, j’ai appris à connaitre mieux la politique française, ses partis, leurs programmes et ses personnages. J’ai suivi chaque élection de près, qu’elles soient présidentielles, départementales, municipales ou cantonales. J’ai vu et entendu sur la télévision française et la radio française, les débats, les grands discours, les commentaires d’analystes politiques chevronnés, les interviews des principaux joueurs, etc.. Je dois admettre que cela n’a rien à voir avec ce qui se passe au Québec ou au Canada. On se retrouve à un autre niveau, supérieur et beaucoup plus complexe.
J’ai suivi la carrière politique de Jean-Marie Le Pen, un homme cultivé et brillant mais surtout un des grands orateurs politiques français. Son problème était qu’il poussait trop à droite et finalement, comme beaucoup de français, j’ai compris qu’il ne pouvait être au pouvoir. Puis vint Marine Le Pen.  
Au début, la nouvelle présidente du Front National, ne m’impressionnait guère. Nonobstant qu’elle projetait une belle image, qu’elle était cultivée, solide, je demeurais avec le souvenir du père et la comparaison atténuait ma curiosité. J’avais l’impression que le parti disparaitrait d’autant plus qu’il y avait une bataille de clans dans les rangs pour la direction du parti.
Mais des élections se déclenchèrent et dans mon village, qui votait en majorité pour le père, j’ai constaté que le vote FN se maintenait et augmentait même. C’était de même dans les villages voisins des départements du Gard et du Vaucluse. Je ne comprenais pas car la presse maintenait une ligne fortement négative sur le FN et ses chefs. Elle en faisait des diables dangereux pour le bien être des français et le futur de la France. La campagne négative était si intense que les supporteurs du FN hésitaient à s’afficher ouvertement et à admettre en privé qu’ils votaient FN.
Avec le temps cela a changé. La diabolisation s’est évaporée au point que plusieurs de mes voisins, amis et connaissances m’apprirent qu’ils votaient FN. Des médecins, des gens d’affaires, des entrepreneurs, des professionnels, des enseignants, des ouvriers, des sportifs qui en ont marre des personnages politiques français actuels et qui veulent de grands changements en économie, en immigration, etc...
Après avoir eu confiance en Sarkozy, puis en Hollande, ils sont désespérés de la situation en France. Ils se sont mis à écouter Marine Le Pen. Et chaque jour, elle a gagné des points et continuent à le faire au point que l’on prédit qu’elle sera au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle. Sera-t-elle capable de le gagner ? That is the question !  
Si, à cette élection, Marine Le Pen devient présidente de la France et vient en visite officielle au Québec, nos chefs politiques refuseront-ils encore de la rencontrer? Et si Donald Trump devient président des USA et visite le Québec, vont-ils le boycotter parce qu’il est plus à droite que Marine Le Pen ? Et madame Dussault à Radio-Canada sera-t-elle aussi irrespectueuse ?
Claude Dupras

samedi 8 novembre 2014

Stephen Harper aime-t-il le Québec ?

Le passage du président de la France, François Hollande, en nos murs, a suscité beaucoup d’intérêt. Après avoir visité l’ouest Canadien avec le PM canadien Stephen Harper, pour parler de pétrole en faveur de la pétrolière française Total, il se présenta à la Chambre des Communes, pour livrer un discours à la nation où un parterre impressionnant de leaders de notre pays l’attendait. Le président exprima ses bons sentiments envers le Canada et n’a pas tari d’éloges sur sa splendeur, sa grandeur et sa richesse. Quant au peuple canadien, il déclara ouvertement son amour pour les Québécois et son amitié profonde pour tous les autres Canadiens. 

Son discours fut important et toucha particulièrement les sujets de l’énergie et du climat. Deux sujets délicats pour notre premier ministre Stephen Harper, grand défenseur de l’exploitation pétrolière des sables bitumineux albertains et incrédule de la véracité des changements climatiques qu’il a qualifié d’« invention socialiste ». Hollande prononça son allocution avec vigueur et conviction et ce fut le plus important et le meilleur discours de sa visite. Il s’était bien préparé et il impressionna la majorité des Canadiens qui l’écoutaient de tous les coins du pays.
Malheureusement, son discours au Québec ne fut pas de la même nature. Il semblait non structuré et improvisé. Hollande cherchait dans ses feuilles des points de discours et voltigeait d’un à l’autre sans suite vraiment logique. Et, tout comme il fait en France où il accepte, à cause de son impopularité personnelle extrême, toutes les idées qui lui sont soumises pour chercher à regagner de la sympathie et l’appui de tous ceux qui l’ont lâché politiquement, il a dit « OUI » au Québec. Il a affirmé que la France participerait activement aux deux nouveaux projets du PM Couillard : Le « Plan Nord » au nord du 49e parallèle et le « Maritime » sur les berges du Saint-Laurent. 
Si j’avais un conseil à donner au PM québécois, ce serait d’attendre le premier engagement officiel de la part d’une entreprise française dans un de ces projets pour se réjouir. Personnellement, j’y croirai lorsque de tels gestes seront posés car je n’ai aucune confiance dans les dires et les capacités de réalisation de ce président français qui est venu parler à Québec… pour parler.
Aujourd’hui, Hollande ne récolte que seulement 12% d’appuis du peuple français. Harper est dans la même situation au Québec, puisqu’il ne recueille que 14%. Mais, contrairement à Hollande, Harper ne fléchit pas. Il croit à sa vision du Canada, à ses politiques et est convaincu que le Québec s’en sortira mieux malgré son indifférence envers lui. Il est convaincu du résultat futur et continue à foncer en avant vers la destination que, pour lui, le Canada doit atteindre. Pourtant, s’il tenait compte plus souvent de l’opinion des Québécois, il pourrait probablement faire élire, à la prochaine élection, une dizaine de députés conservateurs de plus au Québec, ce qui lui assurera son retour au pouvoir car son bilan économique est très fort.
Dans les jours qui ont suivi la visite du président français, je discutais  de tout cela avec un ami, autour de tasses de café. Lorsque notre conversation porta sur la politique fédérale, mon compagnon m’affirma soudainement que les agissements d’Harper envers le Québec venaient du fait qu’ « Harper n’aime pas le Québec ». Je fus surpris de cette affirmation claire et nette. Depuis, j’y réfléchis.
En fait, si on juge l’attitude d’Harper envers le Québec, son approche politique, ses décisions, ses lois, on peut être porté à penser qu’Harper a un problème personnel avec le Québec et que peut-être il ne l’aime pas. En effet, il n’accepte que rarement une position politique qui correspond aux désirs des québécois. Entre autres, il a détruit le registre canadien des armes à feu qui fut réclamé fort majoritairement par les Québécois suite au massacre de Polytechnique. Il a engagé le Canada dans la guerre en Afghanistan malgré l’opposition des Québécois. Il a coupé injustement dans les budgets des arts et de la culture si chers aux québécois. Il a modifié les transferts pour le système de santé, accablant ainsi le budget québécois. Il a coupé de moitié le budget de la condition féminine éliminant la recherche et la défense des droits des femmes, malgré les nombreuses oppositions de Québécoises. Il a mis de côté l’Accord de Kelowna destiné à améliorer, entre autres, la vie des autochtones québécois malgré les pressions de ces derniers et du gouvernement québécois. Il a favorisé une justice impitoyable et répressive à la GWBush qui va à l’inverse de l’approche pénale des québécois. Il a renié la signature du Canada sur l’accord de Kyoto, malgré l’appui quasi unanime des Québécois pour cette entente. Dans le conflit palestinien, il est à 100% avec Israël alors que les Québécois font la part des choses. Harper a perdu, à cause de ce qui précède, le siège au conseil de sécurité de l’ONU pour le Canada, au grand regret des Québécois. Il fait la promotion du pétrole brut des sables bitumineux malgré la farouche opposition des Québécois. Durant le pouvoir péquiste récent au Québec, Harper a tout fait pour ne pas aider ce gouvernement péquiste qui, pour lui, était un ennemi du Canada, même si les Québécois l’avait élu. Et ça continue… en fait, je pourrais noircir toute cette page d’exemples similaires.
Pour un Québécois, c’est à n’y rien comprendre surtout qu’il oublie vite les bons coups d’Harper, telle : l’augmentation des transferts fédéraux en 2005 pour solidifier le budget du Québec mais qui a été transformée, pour des fins électorales, en baisse d’impôts par le PM québécois Jean Charest, au grand dam d’Harper.
Harper parle relativement bien le français qu’il a appris dans les écoles albertaines où rares sont ses compatriotes qui ont réussi à maitriser cette langue comme il l’a fait. Il refuse tout débat constitutionnel pour régulariser l’accord de 1982 que le Québec n’a pas signé, car il craint la confusion et les divisions nationales qu’un tel débat crée. Pour se montrer ouvert, il a fait voter à l’unanimité à la Chambre des communes une résolution reconnaissant le Québec comme une nation. C’est peu, mais cela représente sa pensée. Il commence toujours ses discours en langue française où qu’il soit. Même s’il vient rarement au Québec, on ne peut pas dire qu’il ne respecte pas les Québécois.
Harper est un homme de droite et il a des convictions profondes. Tout comme Pierre Elliot Trudeau, l’ex-premier ministre libéral, qui était plus à gauche. Mal-aimé en Alberta, où le parti libéral ne remportait aucun comté à cause de ses politiques sur l’énergie, personne n’accusait Trudeau d’agir ainsi parce qu’il n’aimait pas les albertains. C’était une question politique et non personnelle.
Harper a réussi à réunir les forces de l’opposition de droite, à créer le nouveau Parti Conservateur du Canada et à prendre le pouvoir.  On peut être en désaccord avec ses politiques, voter contre lui, mais l’accuser de ne pas aimer les Québécois, la preuve n’est pas faite. Par contre, il a démontré de l’amitié !
La responsabilité d’un premier ministre canadien est de maintenir et de bâtir un Canada fort. Durant les longues années des libéraux et même du parti progressiste-conservateur du Canada de Joe Clark et de Brian Mulroney, les politiques s’orientaient, en bonne partie, vers le centre-gauche. Depuis le début du règne d’Harper, ce dernier croit que le temps est venu de redresser les politiques canadiennes en dirigeant le pays vers la droite afin de stabiliser notre orientation future. Il n’a pas tort de vouloir protéger la santé financière future du Canada, si on en juge par le piteux état financier de la France créé par un amoncellement de politiques de gauche, depuis la 2e guerre mondiale.. 
Pour Harper, la pouvoir politique est un balancier régulateur de la santé du pays.
Claude Dupras