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dimanche 4 septembre 2016

L'immigration au Québec, un problème ? NON !

Depuis quelques années, en Occident, les programmes d’immigration sont de plus en plus critiqués. Les attentats monstrueux au Canada, en France et dans un trentaine d’autre pays font peur. La crainte a envahi l’esprit de plusieurs et comme les auteurs de ces crimes sont, souventes fois, des immigrants naturalisés dans le pays où ils commettent leurs crimes, un grand nombre de citoyens dénoncent les services d’immigration. Certains politiciens, toujours à l’aguet de situations pour se faire valoir, profitent de ces mouvements de mécontentement pour proposer des réductions annuelles du nombre de nouveaux immigrants. Ainsi au Québec, le chef du parti « Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) », vient de proposer une réduction de 10,000 nouveaux immigrants par année, soit une réduction de 20%. Certains chroniqueurs de nos journaux partagent cet avis.  

Pourtant au Québec, l’immigration est bien organisée. Les statistiques du gouvernement du Québec indiquent que de 2011 à 2015 nous avons accueilli 258 057 immigrants, soit une moyenne 51,611 immigrants par année dont 67,4% capables de répondre à nos besoins économiques et d’y investir, 21,1% pour répondre aux besoins de regroupement familial et 10,2% de réfugiés. Les autres comptent pour seulement 1,2% des entrées.
La répartition hommes/femmes était égale. Quant à l’âge, 21,2% avaient moins de 14 ans, 11,1% de 15-24 ans, 56,7% de 25-44 ans et les autres 10,9%.

Plusieurs des immigrants ont quitté le Québec après y avoir été admis. En rapport avec la langue parlée, des 25,8% qui parlaient le français, 84% sont restés au Québec ; des 33,6% qui parlaient le français et l’anglais, 73% sont restés au Québec ; des 16,4% qui ne parlaient que l’anglais, 54% sont restés au Québec ; des 24,2% qui ne parlaient ni l’anglais ni le français, 68% sont restés au Québec. (journal Le Devoir).
Et cela, malgré que les patrons, les hommes d’affaires, les manufacturiers et les exportateurs aient demandé que les exigences en rapport avec la connaissance du français soient allégées pour privilégier les compétences professionnelles à cause « de la pénurie de main d’œuvre ». Pour juger de ces départs fâcheux, il faut savoir qu’ils comprennent deux-tiers des Pakistanais et des Indiens admis et une moitié des Chinois et des Iraniens admis. Ce qui est choquant est que ces groupes incorporent plusieurs investisseurs. Ils partent pour diverses raisons : rejoindre des membres de leur famille vivant dans les autres provinces ; leur inhabilité à parler le français ; leur difficulté à trouver un emploi ; la liberté de parler anglais et de faire des affaires dans cette langue... Ils choisissent de travailler ou d’investir ailleurs alors que le chômage afflige près du « quart » des immigrants restés au Québec.
Il y a aussi la demande des francophones et acadiens hors Québec qui affecte quelque peu l’immigration québécoise. Le nouveau Programme de Mobilité Internationale (PMI), favorise la venue de parlants français vers l’ensemble des communautés francophones hors Québec.
En tenant compte de ce qui précède, 35,620 des 51 611 immigrants admis, en moyenne, sont devenus des néoquébécois permanents. Il est faux de dire que 50 000 immigrants s’ajoutent à la population québécoise à tous les ans. Près de 26 283, se sont installés à Montréal, 2 040 à Laval, 2 889 en Montérégie, 1 907 dans la région de Québec, 980 en Outaouais, et le reste, 1 161, est réparti plus ou moins également dans chacune des 12 autres régions du Québec.
Ils avaient émigré de toutes les parties du monde, dont 32,9 % d’Afrique, 20,8% des Amériques, 29,6% d’Asie et 16,5% d’Europe. 
Ils sont venus de la Chine (8,8%), de la France (8,1%), d’Haïti (7,1%), d’Algérie (7,0%), du Maroc (5,8%), d’Iran (5,5%), de Colombie (3,5%), du Cameroun (2,6%), d’Égypte (2,6%), de Tunisie (2,5%) et 45,7% des autres pays du monde.
Leur niveau de scolarité est élevé puisque 67,8 % des 15 ans et plus totalisent 14 années et plus d’études.  
Beaucoup de ces néoquébécois ont des qualités leur permettant de bien s’intégrer dans notre société particulièrement dans les domaines de la gestion, des affaires, de l’administration, du secteur de la santé, des sciences sociales, des arts et culture, des sports et loisirs, des ventes et services, des métiers de construction, de la fabrication et autres, du transport, des services d’utilité publique, etc… En effet, 29,5% sont des professionnels, 12,5% sont des techniciens et para professionnels, 5,7% sont des techniciens intermédiaires, 3,7% des entrepreneurs et investisseurs et 44,4 % sont de nouveaux travailleurs.
Parmi eux, il y a aussi les conjoints de fait, les enfants, les autres personnes à charge, les parents, les cas humanitaires, les aides familiaux… Il faut aussi compter les réfugiés et les membres de leurs familles pris-en-charge par le Canada, le Québec et ceux qui sont parrainés par des organismes à but non lucratif ou des groupes de résidents qui s’engagent à subvenir à leurs besoins et faciliter leur intégration.  
Voilà un survol rapide des statistiques de l’immigration québécoise des cinq dernières années.
35 620 nouveaux néoquébécois par année, c’est l’équivalent de la population d’une nouvelle ville comme Val-D’or ou Saint-Georges de Beauce ou Sorel-Tracy à chaque année. Imaginer tout ce que nécessite une telle ville : maisons, logements, écoles, services sociaux et hospitaliers, commerces, autos, nourriture, vêtements, centre de sports, services urbains, etc… etc… et le travail que ça génère : constructeurs, entrepreneurs, professionnels, ouvriers, vendeurs, secrétaires, etc… etc… Estimez les revenus, les taxes, les dépenses, les investissements, etc… C’est l’activité économique potentielle d’une population équivalente au nombre d’immigrés qui s’installent au Québec par an. Combien de familles ont quitté l’est de Montréal depuis les 20 dernières années et plus pour s’établir sur la rive nord de la rivière des prairies, ou la rive sud du fleuve Saint-Laurent, et laissé leurs logements aux nouveaux venus pour aller dans des maison neuves gonfler des villages existants en villes. Ces nouvelles municipalités importantes sont le résultat en bonne partie des effets de l’immigration. 
De 1951 à 2013, la population du Québec a augmenté en moyenne de 66 101 individus par année. À mon avis, ce n’est pas suffisant puisque la proportion par rapport à la population canadienne est passée de 28,9 % à 23 %. Les immigrés ont contribué près de 52,9 % de l’augmentation annuelle de notre population.
Actuellement, le Québec vieillit à cause « du manque de natalité chez les jeunes (taux de fécondité inférieur à 2,1) et du pic de natalité des ainés. En 2036, les aînés devraient être plus nombreux que les moins de 19 ans (une différence de 228 000 individus, comparée à 79 000 pour les jeunes). Le « baby-boom » de l'après-guerre, 1941-1960, fait son œuvre. Les personnes nées durant cette période sont désormais près de l'âge à la retraite ou le sont présentement, ce qui occasionne une population vieillissante et une population active réduite ».
En somme, contrairement aux dires des protagonistes favorables à la réduction des seuils de l’immigration au Québec, 64,6% des immigrés connaissent le français en arrivant, 12,4 % ne parlent que l’anglais et 22,9% des immigrés ne parlent ni le français et ni l’anglais. Une fois admis, ils ont l’opportunité de suivre des cours de français, une langue très difficile à apprendre, et leurs enfants seront placés dans des écoles françaises. Combien de leurs descendants parleront français dans quelques années ? Un très grand nombre si on en juge par le passé. Rappelons-nous, les Johnson, les Macdonald, les Mulroney, les Burns, les Gray, et des milliers d’autres… dont les ancêtres arrivés sur le sol québécois ne parlaient que la langue anglaise. Et le Québec était alors beaucoup moins fort qu’aujourd’hui…
Certains affirment que l’immigration est un truc des fédéralistes pour assurer des votes additionnels en vue d’un référendum futur sur la séparation du Québec du Canada. C’est farfelu, de la petite politique. A vrai dire, rien n’est plus ridicule. L’immigration est actuellement le sauveur économique du Québec et lui donne les moyens de continuer son développement et d’assurer une protection sociale à ses citoyens. Pour bien continuer, nous nous devons de trouver moyen d’intégrer plus de nouveaux venus dans notre société par des emplois, car trop d’entre eux n’ont pas de travail et quittent le Québec, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans les autres grandes villes canadiennes.
D’autres y voient une porte ouverte aux musulmans et blâment l’immigration de ne pas contrôler leur entrée au pays. Plusieurs d’entre eux sont francophones, possèdent des diplômes divers et sont prêts à œuvrer dans des domaines cruciaux comme celui des hôpitaux où, selon mon expérience récente, ils font un travail exceptionnel grâce à leur dévouement et leurs compétences.  
On ne cesse de parler des problèmes du développement de notre économie québécoise. Imaginez ce que ce serait sans les centaines de milliers d’immigrés que nous avons reçus durant les dernières décennies. Ils se sont bien intégrés dans notre société et leur contribution est immense.
Radio-Canada rapportait hier, que depuis un an le Québec compte 33 400 personnes de moins dans sa population active. C’est un autre argument qui nous indique que le nombre d’immigrants doit être augmenté et que leur intégration doit être accélérée. 
Donc, pour maintenir le rythme du développement économique du Québec et tout ce qui en découle, les Québécois et leur gouvernement doivent trouver des solutions pratiques pour améliorer le programme d’immigration. Les Montréalais veulent continuer à vivre dans un milieu cosmopolite qui nous ouvre au monde et à ses cultures tout en ajoutant à notre enrichissement personnel, en respectant notre langue, nos principes et notre mode de vie. Fermer l’immigration nous étoufferait économiquement à la longue. Au contraire, il faut l’accroître et la rendre efficace et performante pour bien répondre aux besoins nouveaux du Québec qui évolue rapidement.
Les solutions sont simples : les jeunes québécois doivent se donner de plus grosses familles ou le nombre d’immigrés devra s’accroître. Nous devons trouver les moyens pour diminuer le taux de chômage des nouveaux arrivés en enseignant bien le français à ceux qui le maîtrisent mal et en leur trouvant des « jobs ». Pour les prochaines immigrations, nous devons tout faire pour augmenter la présence de parlants français et de candidats qui ont des liens culturels avec le Québec, qu’ils soient unilingues français ou bilingues.
Une modification de la loi 101 pourrait nous aider à renforcir la présence de la langue française dans le monde multiculturel où nous vivons, sans brimer les droits des autres.
L’immigration coûte cher, 15-20 milliards $ par an pour le Canada et 3-4 milliards $ au Québec. On ne peut l’éviter. Il est donc important de bien administrer ce budget pour obtenir le maximum de rendement.

Nous avons un grand besoin, annuellement, de bons candidats francophones pouvant répondre aux valeurs québécoises, en nombre important. Ce n’est pas une question de survie à long terme du français au Québec mais un besoin pour son épanouissement.
A ce moment-ci, une politique populiste, des expressions de peur ou des arguments nationalistes mal fondés n’apportent rien de positif au débat. En fait, un nouveau « baby-boom » comme le plus récent des "millennials" serait la vraie solution. Mais cela, c’est un rêve en couleurs !

Claude Dupras

dimanche 2 août 2015

La radicalisation des péquistes



Depuis la venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent qu’autrement dans la mauvaise direction. 
PKP, devenu, en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions de toutes sortes.
Pour les séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les fédéralistes « ne parviendront qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche, milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le meilleur intérêt de la nation. 
Et si un péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants, il est aussitôt qualifié de « sournois » comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente « le plus grand espoir depuis les années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce n’est pas peu dire si on pense à Lesage, Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre des Ressources naturelles ; Alexandre Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les questions.
C’est ce que dénonçait le jeune étudiant et militant Gabriel Nadeau-Dubois en qualifiant « une certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ». Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des mots de son texte comme « militantisme sectaire et fielleux », « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes nous voient encore comme des moutons ! 
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure. En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit, pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires, journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides, démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les Québécois.


Claude Dupras
 




 

lundi 23 mars 2015

"Ce salopard de Couillard"

Je ne suis pas libéral et je n’ai jamais assisté à une réunion électorale de ce parti. Je n’ai rencontré qu’une seule fois le premier ministre québécois Philippe Couillard. C’était au début de la campagne électorale qui le porta au pouvoir avec une écrasante majorité. Ce jour-là, il était dans les Laurentides et sa caravane arrêtait dans un comté voisin. Je voulais l’écouter, le voir en personne, constater sa façon de réagir avec les électeurs, analyser ses réparties aux journalistes, avoir le feeling de ce candidat premier ministre.

J’ai bien aimé ce que j’ai vu et entendu. J’ai découvert un individu intelligent, racé, poli, convaincu et convaincant. Certes, il était en campagne électorale et j’ai fait suffisamment d’organisation électorale dans ma vie pour savoir que tous les candidats cherchent normalement à mettre ces qualités en évidence. Mais j’ai cru, ce jour-là, que Couillard était un homme vrai.
Je ne croyais vraiment pas à ce moment-là qu’il deviendrait PM car j’avais l’impression que Pauline Marois avait relativement accompli un bon boulot avec sa jeune équipe de ministres et qu’elle avait recruté une belle équipe de candidats aux curriculum vitae impressionnants. De plus, elle n’était au pouvoir que depuis 2 ans et j’avais l’impression que les électeurs lui accorderaient un autre mandat. Je n’avais cependant aucune intention de voter pour elle et son candidat dans mon comté à cause de la politique séparatiste de son parti, malgré qu’elle assurait constamment les Québécois qu’elle visait à leur offrir, avant tout, un bon gouvernement et se refusait de parler référendum.  

La campagne était relativement calme jusqu’au jour où elle présenta son candidat dans Saint-Jérôme, Pierre-Karl Péladeau (PKP), et qu’il leva le point durant son élocution avec le cri « je veux un pays ». Ce geste fait et ces mots prononcés devant la première ministre confirmaient les dires de Couillard que cette dernière voulait en réalité organiser un autre référendum.  Les péquistes venaient de perdre l’élection, car les Québécois voulaient avant tout parler des vrais problèmes. C’était clair !
Couillard gagna facilement, nomma son conseil des ministres et entreprit de réorienter le Québec dans une politique de bon sens. Il est temps que nous vivions selon nos moyens tout en ne mettant pas en péril ceux et celles qui ont besoin d’aide. C’est notre jeunesse qui demain en profitera.

Depuis deux ou trois mois, j’aime moins le premier ministre. Il défend mal ses politiques, coordonne peu le travail de ses ministres et ne pratique pas toujours ce qu’il dit.
Il n’est pas précis, inconfortable et agacé par des questions importantes de certains journalistes. Il semble incertain. Il laisse trainer les critiques, souventes fois injustifiées et insensées, contre certains de ses ministres.   

Non pas que je ne sois pas en accord avec ses politiques, le développement économique qu’il propose, son attitude ouverte et sa façon d’expliquer les situations politiques qui se présentent et son style calme et courtois à l’Assemblée nationale. Mais sa façon de gérer m’indispose, depuis un bon moment, et il y a plus d’un mois, je tweetais « il est temps qu’il se ressaisisse ». Le récent sondage, indique bien que mes préoccupations sont aussi celles d’un très grand nombre de mes compatriotes qui réclament comme toujours un chef solide avec une main de fer dans un gant de velours et c’est la raison pour laquelle, je pense, qu’ils montrent de plus en plus de préférence pour le chef de la CAQ, François Legault.
Cependant, je crois que nous devons, comme démocrates, toujours respecter, dans nos commentaires, le chef de notre état du Québec. L’on ne peut comme l’a fait aujourd’hui le site internet des séparatistes traiter le PM du Québec de « salopard ». Larousse dit « Individu sans scrupule qui agit envers autrui d'une façon ignoble ». Couillard est tout sauf ça.

La direction de ce site internet Vigile qui se dit le phare de ceux qui réclament l’indépendance du Québec, a décidé dès le début de supporter la candidature de PKP à la chefferie du PQ. Pour ce faire, elle rehausse PKP et diminue Couillard. Et non seulement ce dernier, mais aussi les adversaires de PKP : l’ex-ministre Alexande Cloutier, l’ex-ministre Martine Ouellette, Pierre Céré, et l’ex-ministre Bernard Drainville en les traitant de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes, amateurs, fantaisistes, illusionnistes, carriéristes ou chauffards qui font le jeu des fédéralistes.. » et qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Elle continue..« ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui donner gracieusement la place ». Elle conclut « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Mon Dieu Seigneur, ayez pitié de nous !
 
La direction de Vigile est depuis le début contre les débats. On la comprend mieux maintenant en constatant les gaffes répétées de son candidat.

En grand besoin d’arguments, comme l’indiquent les sondages qui les placent vers le bas de l’échelle des partis, ces gens s’accrochent à toutes les paroles du PM et cherchent à les déformer et à le salir. Ce matin, en lisant le terme de « salopard », j’ai été révolté et dégouté. Incapables de rallier l’opinion publique à leurs idées, trop souvent fabriquées de toutes pièces, ils optent pour le « salissage » du caractère de leurs adversaires et particulièrement du chef de notre gouvernement, pensant qu’en agissant ainsi ils réussiront à obtenir la confiance des Québécois et des Québécoises. Le contraire est vrai.  
Claude Dupras

 

 

 

 

samedi 10 janvier 2015

Le PM Couillard et la légitimité

Au Québec, les séparatistes prétendent que le premier ministre Philippe Couillard n’a pas la légitimité démocratique pour entreprendre les profondes transformations qu’il a entreprises pour assainir les dépenses publiques. Ils estiment cette légitimité sur la base des suffrages que son parti a obtenus à l’élection qui l’a porté au pouvoir par rapport au nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Et cela, même si son parti a remporté une forte majorité parlementaire et que le gouvernement sortant-de-charge du parti Québécois (PQ) a subi sa pire défaite depuis des décennies, venant même près de perdre le rôle de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale aux mains du parti Coalition Avenir Québec (CAQ). Ils prétendent que le PM ne peut agir comme il le fait car son parti n’a obtenu que 41,52% des voix alors que seulement 71,44% de l’électorat a voté. En réalité, calculent-ils en multipliant les deux pourcentages, le PLQ n’a obtenu que 29,6% du nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale. Donc, pour eux, il n’a pas l’appui d’une majorité réelle de la population et, par conséquent, pas de légitimité pour entreprendre ses réformes importantes.   

Si on accepte ce raisonnement, on doit reconnaître qu’aucun parti politique ou chef québécois du passé n’a eu la légitimité d’entreprendre de grandes réformes, car aucun n’a obtenu une telle majorité. Par exemple, en 1960, Jean Lesage a pris le pouvoir en ne remportant que 41,95% du nombre d’électeurs inscrits. Pour l’élection de 1962, celle de la nationalisation de l’électricité, il a obtenu 44,8%. Robert Bourassa en 1970 a obtenu 38,2% et 43,9% en 1973. René Lévesque à l'élection de 1976 a obtenu 35,27% et a organisé un référendum en 1980 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Puis il obtint 40,6% en 1981 pour faire « un bon gouvernement ». Toutes ces années passées sont celles de la « révolution tranquille » durant laquelle des politiques importantes ont changé profondément la société québécoise pour lui donner un nouveau départ.
Plus tard, Gérard Parizeau imposa un second référendum après avoir obtenu 36,5% en 1994. Quatre ans plus tard, Lucien Bouchard obtenait 33,5% et imposa des coupures budgétaires draconiennes suite auxquelles des milliers de fonctionnaires compétents furent mis à la retraite et de nombreuses villes, dont celles de l’île de Montréal, fusionnées. Jean Charest ne fit pas mieux avec 32,3% en 2003, 23,5% en 2007 et 24,16% en 2008. Quant à Pauline Marois, elle obtint 23,8% en 2012 pour former un gouvernement minoritaire et son ministre des finances s’apprêtait à couper dans les dépenses. Les bas-scores depuis 1994 s’expliquent par la présence de tiers partis qui sont appuyés par de bonnes franges de l’électorat et qui en fait divisent le vote.
Je souligne à nouveau, les pourcentages précédents sont toujours sur la base des électeurs inscrits sur la liste électorale.
Tous ces chefs politiques avaient le droit de faire ce qu’ils ont fait et ils l’ont utilisé pour bien réorienter les politiques, économiques, sociales et culturelles du Québec. Ils ont agi avec responsabilité malgré de nombreuses et sévères critiques venant des milieux traditionnels, religieux et autres. Ils ont même perdu leurs élections par la suite.
De plus, on se rappellera que lors de la dernière élection, le sujet principal débattu a été la nécessité de réorganiser les dépenses gouvernementales pour protéger financièrement l’avenir du Québec. Le plus grand propagandiste de cette difficile politique fut le chef de la CAQ, François Legault. Sur toutes les tribunes, il a martelé sans cesse l’importance d’assainir les dépenses gouvernementales et de les réduire. Alors que les sondages le plaçaient très bas dans l’opinion publique en début de la campagne, il est revenu en force à la fin de celle-ci en obtenant 23,05% des suffrages et 22 députés alors que le gouvernement péquiste sortant-de-charge obtenait 25,38% des suffrages et 30 députés.
De son côté, le chef libéral Couillard développait longuement le même sujet dans ses discours. Avec moins d’ardeur que Legault, il est vrai, mais avec autant de conviction. Ils étaient, sur le sujet des finances, sur la même longueur d’ondes à quelques différences près.
Même si on cumule les suffrages en leur faveur, PLQ 41,52% et CAQ 23,05%, ils ne représentent que 46,12% du nombre d’électeurs inscrits. Encore là, le 50% n’est pas atteint.
Notre système politique est ainsi fait. Certains diront : la solution, c’est un système électoral comme en France avec deux tours de votation. Analysons la dernière élection présidentielle en France où Hollande a obtenu, au deuxième tour, 51,64% des suffrages. Ce résultat ne représente en fait que 41,49% des français ayant le droit de vote. Donc pas de telle majorité là non plus.
Tout ça démontre bien que l’on ne peut accuser un chef politique au pouvoir ou son parti de manquer de légitimité sur la base du nombre de suffrages qu’il a reçus. Si on le fait pour un, on doit le faire pour tous les autres. C’est ridicule et teinté de démagogie.
La légitimité est le fondement de notre vie sociale et politique. Un élu qui n’a pas un sens naturel de la justice, qui ne respecte pas les droits de chacun ou qui décide de façon partiale perd sa légitimité même s’il a été élu avec une majorité absolue.

Claude Dupras

jeudi 2 octobre 2014

PKPéladeau, chef du Parti Québécois

Il semble bien que « l’affaire est dans le sac » pour Pierre-Karl Péladeau (PKP). Il sera le prochain chef du Parti Québécois. Malgré que la course à la chefferie débute à peine, qu’il n’ait pas encore annoncé sa candidature, le résultat est fort prévisible pour les observateurs avertis.

Les sondeurs nous informent que PKP récolte, aujourd’hui, l’appui de plus de 53% des sympathisants péquistes du Québec. Les autres candidats se voient attribuer à peine 2% à 7% d’appuis. Ce sont des indices clairs mais pas définitifs car rien n’est certain en politique.
La direction du PQ a mis de côté l’idée d’une élection primaire pour tous les sympathisants péquistes au Québec et a opté pour un vote internet limité aux membres du parti. Cela me semble une belle occasion perdue car la confrontation des candidats aurait suscité dans la population, qui aime ce genre de course au leadership d’un parti politique, un intérêt certain. Les luttes et débats dans de telles circonstances attirent l’attention car ils portent sur l’avenir. Je ne comprends pas le PQ qui, placé dans une position très défavorable par l’opinion publique, refuse une opportunité pouvant faire tourner tous les regards vers lui. 
Le politicien PKP n’est pas très connu. Par contre, l’homme d’affaires l’est et il est favorablement apprécié, comme je l’écrivais dans mon blog du 20 avril 2013 intitulé « Un géant : Pierre-Karl Péladeau ». J’y exprimais une opinion positive sur son flair et son savoir-faire des affaires après l’avoir vu maintenir la compagnie Québecor Inc, héritée de son père, et la transformer au point d’en faire un de plus importants conglomérats dans le domaine des médias au Canada.
Mais en politique, il est loin du top. Son entrée politique durant la dernière campagne électorale québécoise fut un flop monumental. Son « poing en l’air », similaire au signe des membres de l’internationale communiste, a frappé l’imagination collective. D’un coup, son geste a confirmé l’idée que le PQ voulait imposer un nouveau référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Comme c’était au moment où les Québécois n’en voulaient absolument pas, cela a contribué fortement au renversement du gouvernement de Pauline Marois et à la dégelée du Parti Québécois, la pire défaite depuis sa formation.
Durant la campagne, le manque de clarté de ses discours a surpris et il s’est avéré un orateur sans éloquence puissante ni directe. Ses prestations télévisuelles laissaient à désirer. Il devenait clair que la politique était pour lui un nouveau monde.  
Aujourd’hui ses plus chauds partisans recherchent un couronnement. Pour eux, le choix est décidé. Ils vont même jusqu’à réclamer que les 29 députés péquistes se rallient à PKP et que cette décision soit plébiscitée par les membres du parti afin de lui conférer une légitimité démocratique. Ils traitent, de façon arrogante, les autres candidats de « petits ambitieux, rêveurs, et utopistes… qui font le jeu des fédéralistes ». Pas de débats, pas de discussions, pas de choc des idées, pas d’ouverture pour les vedettes du parti mais des insultes, seul PKP. Ça ne frise pas le ridicule, mais pas loin. Vive la démocratie… 
Qui sait comment PKP va réagir dans le feu de la compétition politique. Quelles sont ses vraies convictions? De droite, de gauche ou du centre ? Est-il un homme convaincu ou un opportuniste capable de gagner la bataille d’images et d’illusions qu’est la politique, parce qu’il en a les moyens financiers ? Son « Québec, mon pays » se définit-il par un référendum sur la question le plus vite possible ou l’adoption d’un simple projet de loi à cette effet par l’Assemblée nationale ? Peut-on se fier uniquement aux quelques brides politiciennes qu’il lance ici et là pour se maintenir dans le limelight, via sa page facebook, pour juger de sa compétence politique ? Est-ce parce qu’il est riche et a été magnat des médias, grâce à des aides substantielles du gouvernement, qu’il est plus apte à diriger un gouvernement qu’un autre candidat qui vient du milieu professionnel, journalistique, culturel, ou social? Possiblement, mais avant de le couronner, la démonstration reste à faire.  
Dans le passé, des hommes riches et issus du milieu des affaires ont fait leur entrée en politique. Plusieurs ont vite plié bagages. Un rare parmi eux, François Legault, aujourd’hui chef du parti Coalition Avenir Québec (CAQ), a  finalement, après des années comme ministre et des années comme chef de parti, démontré qu’il a les capacités de diriger un gouvernement.
Justement, c’est Legault qui rappelait hier avoir discuté maintes fois dans le passé avec PKP du sujet des dépenses gouvernementales. Il affirme ne pas comprendre son opposition soudaine au budget austère du gouvernement actuel visant à diminuer les dépenses élevées, le déficit et l’endettement du Québec. « C’est un revirement de 180° par rapport avec ses opinions précédentes », dit-il. Pourquoi ? « Pour calmer l’aile gauche de son parti qui l’oppose », ajoute Legault ? Voilà le genre de questions qui pourraient être éclaircies si de vrais débats ont lieu entre les candidats. Les Québécois pourraient alors mieux juger ses propositions politiques et sa sincérité.
Sur le sujet de l’austérité, nous n’avons qu’à comprendre ce qui se passe en France, pour le juger. Le président socialiste François Hollande coincé par l’Allemagne et l’Union Européenne a dû imposer un programme d’austérité car la situation économique française est dangereusement en difficulté. Chômage à la hausse, croissance négative, déficits constants, taxes additionnelles, etc… Le résultat : Hollande se retrouve à 15% favorable dans l’opinion publique car personne n’aime l’austérité. Pour regagner sa popularité, Hollande renie en partie maintenant son propre programme et blâme les autres de l’avoir engagé dans ce sillon. PKP se prononce-t-il contre l’austérité pour obtenir la faveur générale ?
Le Québec n’est pas la France. Nous sommes financièrement en meilleure posture. Mais si nous continuons à dépenser, à augmenter nos programmes sociaux au nom d’un supposé « modèle québécois », à emprunter et que soudainement nos revenus stagnent, nous connaîtrons des difficultés économiques comme la France. Nous pourrions aussi, dans un cas extrême, vivre des périodes difficiles comme celles que l’Espagne, la Grèce ou l’Italie ont presque fini de traverser. Pour éviter à tout prix une telle situation, il nous faut apprendre des autres et cela veut dire contrôler nos dépenses et vivre selon nos moyens. PKP nous réserve-t-il un avenir plus difficile en disant autrement aujourd’hui ? De bons débats nous éclaireraient sur sa surprenante position.
De son côté, le chef de l’opposition officielle québécoise, Stéphane Bédard. espère voir l’émergence d’un nouveau leader à la Bouchard. Il fait allusion à Lucien Bouchard, ministre démissionnaire à Ottawa, fondateur du Bloc Québécois, leader du référendum de 1995, chef du PQ et PM du Québec. Mais Bouchard a fait beaucoup politiquement avant de devenir chef du PQ. Qu’à fait PKP? Rien. On ne s’invente pas politicien encore moins sauveur.
En fait qui est le vrai politicien PKP ? Six mois après son élection comme député, on connaît peu de lui. Et s’il devient un chef péquiste plébiscité, on ne le saura qu’après. Il sera peut-être trop tard.   

Claude Dupras

dimanche 18 mai 2014

PKP versus les frères Desmarais

De toute évidence, le milliardaire Pierre-Karl Péladeau (PKP), nouveau député péquiste du comté de Saint-Jérôme, sera candidat à la chefferie du Parti Québécois (PQ) pour remplacer la chef démissionnaire Pauline Marois. À l’écouter, depuis son élection du 7 avril dernier, lors d’interviews à la radio où il prend le temps d’expliquer d’où il vient et où il veut aller, on peut déduire que sa candidature est certaine. Il reconnaît que la politique est pour lui un nouveau monde et qu’il doit faire son apprentissage de député en apprenant de ses commettants comment devenir un bon député pour son comté. Il avoue peu connaître le travail de parlementaire d’un député à l’Assemblée Nationale et veut passer beaucoup de temps pour se familiariser le plus possible avec tous les rouages du gouvernement du Québec. Enfin, il veut porter la plus grande attention au Parti Québécois où il n’a pas d’assise. Il veut comprendre « ses statuts lourds », sa structure, ses membres, ses dirigeants, son financement et ses possibilités. En somme, il veut adapter sa culture personnelle, sa vie professionnelle, son travail de leader d’entreprises à son rôle de parlementaire afin de pouvoir démontrer aux membres du parti qu’il sera prêt à diriger le PQ.

Depuis son poing levé, qui a marqué son entrée en politique, il a déclaré haut et clair qu’il n’était là que pour faire un pays du Québec. Il n’a pas changé d’idée. Certes, il fut un temps durant la campagne où il a cherché à calmer les esprits des « antiréférendistes » en affirmant qu’il voulait, s’il était élu, s’occuper surtout de l’aspect économique dans un nouveau gouvernement Marois. Mais, depuis la défaite magistrale du PQ aux mains du PM Couillard et de son parti libéral, PKP est vite revenu à sa position initiale et confirme haut et bas, sur toutes les tribunes, qu’il veut l’indépendance totale du Québec afin que ses compatriotes francophones aient en mains tous les moyens pour faire du Québec un pays solide, riche et à eux.

Pour lui, le PQ doit changer sa stratégie et cesser, comme dans le passé, de créer des illusions, d’élection en élection, dont le but était de faire croire aux Québécois par des mots ou des slogans que la séparation du Québec de l’ensemble canadien n’était pas pour demain puisque le parti voulait d’abord soit diriger « un bon gouvernement », soit créer des « conditions gagnantes », soit appliquer une « gouvernance souverainiste », etc…

PKP est plus pressé et crie Vivement le pays ! Il espère diriger une campagne électorale dont le thème sera clairement « l’indépendance ». En somme, j’estime qu’il veut une élection référendaire en bonne et due forme durant laquelle il proposera un tel programme politique. Et, advenant une victoire par majorité parlementaire du PQ, son gouvernement engagera la séparation du Québec du Canada. Le moins que l’on puisse dire est que son approche a le mérite d’être franche, honnête et ouverte. PKP estime que c’est le meilleur chemin et, pour l’atteindre, il croit en la nécessité d’en parler tous les jours, partout et à chaque occasion qui s’offre pour définir les avantages d’un Québec libre tout en citant les désavantages du fédéralisme à la sauce canadienne.

Les péquistes accepteront-ils son approche ? Si oui, ce sera un changement fondamental dans leur stratégie. Ce sera le jour du grand risque, le jour du casino. Pour eux, ce sera tout ou rien et pour longtemps.

Aujourd’hui, ce que je décris précédemment semble invraisemblable. En effet, les deux derniers sondages placent le PQ et son option séparatiste au plus bas niveau d’estime populaire depuis son arrivée sur la scène politique québécoise. Si ce portrait négatif momentané dure, le rêve de PKP s’évaporera.

Par contre, pour moi, on ne peut rejeter si vite du revers de la main tous les sondages de la dernière décennie dans lesquels on découvrait, sur une base relativement constante, que le pourcentage des Québécois favorables à la séparation du Québec variait entre 35% et 40%. Le vote cumulé du PQ et du parti Québec Solidaire (QS), aussi parti séparatiste, à l’élection du 7 avril dernier, approche cette fourchette. De plus, il ne faut pas oublier que le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est un ancien ministre séparatiste et que lors du dernier référendum, ce parti sous le nom de l’Action Démocratique du Québec (ADQ) s’était prononcé pour le OUI à la séparation. J’estime que la base pro-séparation n’a pas vraiment changé mais s’est déplacée. C’est sur cette base que mise PKP pour lancer sa marche vers l’indépendance.

La dernière campagne électorale a démontré que PKP n’est pas un orateur à l’éloquence puissante et directe. Son image télévisuelle laisse à désirer. À la radio, même s’il est sympathique, il montre des faiblesses et de la partisannerie dans son argumentation. Et comme la politique électorale est un commerce d’images et d’illusions, PKP aura beaucoup à faire pour rejoindre le cœur et l’intelligence des Québécois.

Récemment, à la radio, il a émis des arguments qui m’ont surpris. Par exemple : « On ne peut avoir de péage sur le pont Champlain pour les automobilistes puisque les bateaux qui passent en dessous en payent »; « Si le Québec est indépendant, il pourra contrôler les paradis fiscaux »; « Les Desmarais camouflent les résultats de Gesca », « Les Desmarais gèrent mal », « c’est trop facile pour les Desmarais de dire ne pas connaître le futur de leurs journaux régionaux » et « les Desmarais auraient dû prévoir la diminution des revenus publicitaires »…. Il les blâme de n’avoir pas prévu la diminution du lectorat de leurs journaux format papier depuis la venue du numérique.

C’est un discours démagogique et petit envers des Québécois qui connaissent les plus grands succès économiques au Québec, au Canada, et dans le monde, pour la simple raison qu’ils sont des fédéralistes, surtout que le contraire des affirmations de PKP est la vérité.

Blâmer les frères Desmarais de garder confidentiels les résultats financiers de leur entreprise Gesca et du même souffle se dire surpris qu’ils aient tenu, pour une première fois après la mort de leur père, une conférence de presse à la suite de la réunion annuelle des actionnaires de Power Corporation me semble contradictoire. C’est un manque d’élégance !

Ajouter à l’éternel argument des séparatistes vis-à-vis Gesca à l’effet qu’elle est supposément déficitaire et qu’elle a toujours maintenu vivant ses journaux à Montréal, à Québec et dans les régions, simplement pour pouvoir influencer l’opinion publique en faveur du fédéralisme, c’est trop facile surtout lorsqu’on parle de millions de $.

Les Desmarais gèrent mal… vraiment ! À sa réunion, leur compagnie Power Corporation a fait état sur l’ensemble de l’exercice 2013 d’une importante hausse de son bénéfice net attribuable aux détenteurs d’actions de 977 millions $, ou 2,12 $ par action, contre 816 millions $, ou 1,78 $ par action en 2012. Sa filiale Financière Power a vu son bénéfice net grimper à 593 millions $, soit 84 cents par action, comparativement à celui de 277 millions $, ou 39 cents l’action, de la même période en 2012.

Le péage pour les automobilistes qui sera établi pour le pont Champlain tiendra compte des montants payés par les compagnies maritimes pour les bateaux passant sous le pont. Il n’y a aura pas de double imposition.

Les USA, l’Union européenne, le Canada combattent les paradis fiscaux. Prétendre que le Québec indépendant fera mieux que l’ensemble de ces pays est une chimère, une illusion utopique.

Affirmer que les Desmarais n’ont pas prévu les conséquences du numérique…vraiment ! Gesca a lancé La Presse + pour tenir compte de la présence grandissante du numérique qui menace partout dans le monde le journal papier. À ce jour, près de 500 000 personnes par jour ouvrent ce site pour obtenir les dernières nouvelles et présentations. C’est un « hit »! De plus, les Desmarais investissent actuellement plusieurs centaines de millions de $ pour rénover les bureaux de La Presse près de la Place D’armes à Montréal pour tenir compte des nouveaux besoins. Ils étudient les conséquences pour leurs journaux régionaux et cherchent à déterminer les solutions et les moyens pour les convertir à la tablette numérique.

Si PKP veut scorer des points, il devra trouver une discours qui colle à la réalité et capable d’aider les gens sur le terrain.

Claude Dupras

mardi 8 avril 2014

Le « gros bon sens » des Québécois

Quelle élection et quel résultat! Félicitations aux Québécois qui ont dit NON aux « chicanes » et aux divisions. Ce fut une victoire écrasante pour Philippe Couillard et son parti libéral (PLQ), une remontée spectaculaire pour François Legault et son parti Coalition Avenir Québec (CAQ) et une descente aux enfers pour la PM Pauline Marois et son Parti Québécois (PQ).

Le nouveau premier ministre Philippe Couillard a démontré que la sérénité, la transparence, l’intelligence, le savoir-faire et le respect des autres sont ensemble une formule gagnante en politique. Elle lui a permis d’élire 70 députés, alors que la PM Marois a perdu des sièges partout au Québec pour terminer avec 30 députés. De son côté, Legault a fait la démonstration qu’une approche politique non électoraliste peut aussi rapporter des succès si elle est bien articulée. Il a fait élire 22 députés, a gagné en crédibilité, et son parti est dorénavant assis sur une base solide.

Le PQ a récolté ce qu’il a semé. Il a divisé le Québec en refusant d’écouter de grandes franges de la population particulièrement en rapport avec son projet de charte des valeurs. Sa démagogie populiste et son approche du tout ou rien n’ont pas été appréciés. Par ailleurs, il n’a pas tenu compte des sensibilités d’une grande majorité de Québécois en agissant toujours pour briser le Canada. En présentant le nouveau candidat, dit de prestige, Pierre-Karl Péladeau et en sachant que, lors de sa mise en nomination, ce dernier enjoindrait les péquistes à faire un pays le plus vite possible, le PQ a laissé planer la tenue possible d’un troisième référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien, alors que près de 70% des Québécois n’ont cessé de dire depuis plusieurs années qu’ils n’en veulent plus. Il a aussi promis des restrictions sur l’enseignement de la langue anglaise. Face à ce manque de réalisme, les Québécois ont rejeté le PQ et l’ont vite démontré par les sondages.

La campagne a été de l’aveu de tous, électeurs comme observateurs, une des plus sales depuis des dizaines d’années. Allégations mensongères et insinuations trompeuses ont été mitraillées par les péquistes et leurs supporteurs, jour après jour, sur Couillard et ses libéraux. Ils cherchaient à les démontrer coupables, par association, des scandales découverts par la Commission Charbonneau. En tout temps, Couillard a maintenu son calme, est demeuré sobre dans ses déclarations, respectueux et a refusé de s’engager dans ces débats sans fin. Il est allé à la rencontre de tous les Québécois dans tous les coins de la province et leur a parlé des vrais problèmes, de ses solutions et de ses engagements. Les Québécois l’ont aimé et l’ont choisi même s’il n’offrait pas une vision nouvelle et excitante pour l’avenir du Québec.

Couillard n’a jamais caché ses positions en rapport avec le Canada. Il n’hésite pas à dire qu’il est Canadien, qu’il est Québécois, qu’il veut reconnaître les amendements de 1982 à la constitution canadienne que le gouvernement péquiste du temps n’a pas voulu signer. Il veut que le Québec reprenne sa place dans la fédération canadienne et que les jeunes Québécois voient dans leur pays, qu’est le Canada, ses opportunités nombreuses et qu’ils puissent en profiter. Il a rejeté la séparation, n’a pas insisté sur le statut particulier et a défendu le bilinguisme. Il a souligné les innombrables bénéfices que les Québécois reçoivent comme canadiens et son désir que le Québec devienne aussi riche que l’Ontario et l’Ouest canadien. C’est une approche réaliste et pragmatique. Il a même affirmé « nous sommes heureux dans le Canada ». L’élection n’a pas été un référendum sur ces questions mais son résultat peut démontrer que les Québécois acceptent amplement cette approche.

L’élection d’hier est une bonne leçon pour les jeunes qui veulent s’engager en politique. Ils y ont vu le beau et le laid, le sensé et l’insensé, le raisonnable et le ridicule, le faux et le vrai mais ils ont surtout compris la perspicacité des Québécois qui ne se laissent pas facilement tromper par des mots et des actions allant à l’encontre du « gros bon sens ». Ils ont été témoins de la déconfiture d’un parti politique qui s’est lancé en élection alors qu’il était en avance dans les sondages et avec le vent dans les voiles. Ils ont sûrement compris qu’ils ne doivent jamais minimiser l’appétit des électeurs pour un changement révolutionnaire.

Philippe Couillard hérite d’une province endettée, de problèmes d’infrastructures graves, de la corruption mise-à-jour par la Commission Charbonneau, d’un débat-diviseur sur la charte des valeurs... situations qu’il devra aborder dès ses premiers jours à la tête du Québec. De plus, il veut se mettre immédiatement à l’œuvre pour encourager les investissements privés, développer l’économie, créer des emplois, renforcer le système d’éducation et stimuler le système de la santé en ouvrant, entre autres, les super-cliniques. Il dit aussi vouloir écouter les suggestions de François Legault qui en a de très pragmatiques.

Avec une nouvelle direction, le Québec peut devenir plus prospère, plus riche, plus harmonieux et une terre de tolérance pour assurer le mieux-vivre de chacun de nous.


Claude Dupras

dimanche 2 septembre 2012

Tout, sauf le Parti-Québécois-de-Pauline-Marois

Ce n’est pas facile dans une élection générale, comme celle que vit actuellement le Québec, de choisir le parti ou le candidat à qui on veut attribuer son vote.

Il y a plusieurs partis et options politiques : libéral, Parti-Québécois-de-Pauline -Marois (PQDPM), Coalition Avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS), Option nationale (ON).

J’ai voulu contribué par les billets de mon blog à définir les positions de chacun et l’orientation politique qu’il offre aux Québécois et Québécoises : « Et pourquoi pas Legault et la CAQ » ; « Charest sera-t-il réélu ? » ; « Un gouvernement péquiste : la surprise Marois ». On peut retrouver ces textes sur mon blog à http://claudedupras.blogspot.com. Le moment de prendre une décision pour mon vote est arrivé.

La campagne de Pauline Marois a été très décevante. Elle s’est montrée intolérante envers ceux qui ne pensent pas comme elle. J’ai pensé souventes fois à René Lévesque qui sûrement devait se retourner dans sa tombe devant plusieurs propositions ethniques et séparatistes de Marois.

Je ne suis pas surpris, non plus, qu’un des plus ardents et authentiques souverainistes, l’ex PM, ex chef du Parti Québécois (PQ) et économiste Jacques Parizeau ait renié le PQDPM pour annoncer qu’il voterait pour l’ON. Il y a le valeureux et aimé député Pierre Curzi qui s’est placé au service d’Aussant. On se rappellera que l’an dernier, Curzi avec quatre autres députés seniors du PQDPM ont quitté brusquement le parti. Il en est aussi des vieux bonzes du PQ, comme Yves Michaud, qui ont annoncé leur support à Jean-Martin Aussant, le chef de l’ON. Au pouvoir dans le passé, ces gens-là nous ont donné de bons gouvernements qui ont toujours été respectueux de tous les Québécois, tout en maintenant leur idéal de faire du Québec un pays.

Je vous rappelle que Marois a proposé de disqualifier pour des postes électifs les Québécois qui ne maîtrisent pas la langue française. Dans ceux-là, il y a des centaines de milliers d’anglophones, d’autochtones et de néo-canadiens issus de plus de 100 nationalités et vivant à Montréal et ailleurs au Québec. Lorsqu’on écoute Pauline Marois on remarque qu’elle n’inclut jamais dans sa définition du « peuple québécois », sauf pour les immigrants de quelques pays francophones, les anglo-québécois, les autochtones comme ceux des nations iroquoises, algonquines, cris ou autres, ni ceux de la grande majorité des immigrants néo-québécois qui arrivent ici avec la langue de leur pays ou la langue anglaise. Dans les derniers jours de la campagne, sûre de sa victoire, elle a même plaidé sa « seule vraie allégeance » à ceux qui parlent français et qui sont descendants de ceux qui ont résisté depuis des centaines d’années aux anglais. Et les autres ? Si elle devient PM sera-t-elle seulement celle de ceux qui ne parlent que le français ?

Qu’elle veuille défendre la langue française dans une mer d’anglophones en Amérique, j’en suis totalement. Mais on ne peut être injuste envers ceux qui ne maîtrisent pas encore la langue française. On ne deviendra jamais grand en mettant nos pieds sur la tête des anglais. Ce n’est que par l’éducation, l’effort constant, de bonnes lois et des fonds disponibles pour encourager l’initiation à la langue française que petit à petit nous pourrons tous parler la langue française. J’ai horreur d’affirmations comme celle du candidat Jean-François Lisée, qui sera de toute évidence le prochain chef PQ, à l’effet que le français comme langue seconde pour les non-francophones n’est, dorénavant, pas suffisant pour participer entièrement à la vie politique de notre milieu puisque, dit-il, « seuls ceux qui parlent français sont en mesure de défendre notre langue ».

De plus, il a été dévoilé que Marois acceptera qu’un référendum pour séparer le Québec du Canada soit déclenché suite à un « référendum d’initiative populaire » qui requiert 15% des électeurs. Même si elle s’est corrigée en disant que c’est elle qui contrôlera la date du référendum, je ne peux la croire à cause du fait que sa position découle d’une promesse qu’elle a dû faire l’an dernier, aux « purs et durs » de son parti », afin de demeurer chef du parti au moment ou son leadership était en question suite à la démission de cinq députés seniors.

Il y a aussi plusieurs autres propositions qu’elle veut implanter et qui sont inacceptables pour une société juste comme celle de limiter le libre accès des adultes de langue anglaise au collège de leur choix pour les forcer à aller dans un CEGEP français. Quand même…

De plus, elle a démontré sa faiblesse en s’enquiquinant avec les manifestants dans les rues. Ce qui présage que dorénavant, si vous êtes en grève et que le gouvernement refuse un accord avec vous, eh bien, manifestez… et Pauline Marois reculera. Une telle lâcheté n’augure rien de bon pour la justice sociale et un bon gouvernement.

Au moment où le monde occidental est envahi par une crise économique qui croît, Marois veut engager des batailles constitutionnelles avec le gouvernement canadien dans le seul but d’obtenir des refus afin de pouvoir démontrer que le Canada refuse tout au Québec. Tout le long de cette campagne elle a démontré sa mauvaise foi et son peu de compétence en rapport avec la bonne gouvernance économique du Québec. C’est pourtant ce dont nous aurons besoin le plus durant les prochaines années.

Face à ces prises de positions inacceptables dans une démocratie qui se respecte, on ne peut voter pour le « Parti-Québécois-de-Pauline-Marois » qui ne mérite pas d’être appuyé.

Jean Charest et le parti libéral ont bien dirigé le Québec depuis la crise qui a commencé en 2008. À ce jour, nous avons traversé la tempête mieux que les autres gouvernements. Il a lancé un grand projet important « le grand Nord » pour accélérer le développement de nos ressources minières, créer des emplois et augmenter appréciablement les redevances au Québec. Il a une équipe bien rôdée et compétente. Il a résisté au chantage des manifestations de rues et imposé une loi qui finalement a mis fin à ces protestations de masse et permis aux étudiants de reprendre le semestre perdu par les grèves. Le malheur est que le gouvernement Charest est usé par le temps et qu’il est pris dans une spirale d’accusations mensongères de collusion et de corruption. Pourtant, il a fait exactement comme le parti Québécois au pouvoir et dans l’opposition en acceptant des contributions de $3 000 de plusieurs membres d’une même entreprise d’ingénieurs, de comptables ou d’avocats. Jean Charest est un honnête homme qui a rendu de grands services au Québec. Il mérite d’être réélu.

Francois Legault et son parti la CAQ ont surpris. Bon programme, belle équipe de candidats compétents, enthousiastes, pragmatiques et rénovateurs sont les qualités principales qui ressortent de cette campagne de Legault et des siens. Legault a démontré qu’il est un chef solide. Après avoir été ministre et homme d’affaires à succès, il a réuni autour de lui plusieurs bons députés issus de l’action Démocratique, du Parti Québécois et du Parti Libéral. Il faut quand même admettre qu’ensemble ils manquent d’expérience pour diriger un gouvernement. Cela ne veut pas dire qu’ils ne pourraient pas le faire, mais cela comporte un risque à déterminer par chacun de nous. Legault et un très grand nombre de ses candidats méritent d’être élus.

Le parti Québec Solidaire est petit et limité à l’est de Montréal. La campagne électorale a dévoilé que sa présidente, Françoise David, est plus qu’une féministe et une altermondialiste mais qu’elle a le potentiel de devenir une femme politique d’envergure. Son seul député, le Dr. Amir Khadir, a souventes fois brassé la cage à l’assemblée nationale et a fait sa marque de bon debater et d’homme logique. Même s’ils sont de la gauche de la gauche, je crois important que leurs opinions politiques soient entendues dans le débat québécois et la meilleurs façon c’est que c’est deux personnes soient élus députés à l’Assemblée Nationale.

Selon ceux qui le connaissent, le député Jean-Martin Aussant est un personnage politique d’envergure qui a le potentiel de se situer au niveau des grands politiciens du passé, tous partis confondus. Je ne le connais pas, mais on dit qu’il est un vrai souverainiste, sérieux et qui sait faire la part des choses à la René Lévesque. C’est la raison pour laquelle il a réussi, malgré l’omniprésence du PQDPM, à créer l’option Nationale (ON), un nouveau parti politique dédié à la souveraineté du Québec, Ses appuis se retrouvent dans une phalange importante de souverainistes de longue date qui a rempli les postes les plus importants au gouvernement et au PQ. Aussant mérite d’être réélu dans son comté de Nicolet car, encore une fois, le débat politique a besoin de représentants sérieux pour bien représenter les Québécois de toutes les facettes du spectre politique dont ceux qui rêvent de faire du Québec un pays.

À mon avis, pour la présente élection, le vote devrait être anti-Parti-Québécois-de-Pauline-Marois. Un vote stratégique. Un vote qui va permettre au Québec d’avancer économiquement et de bien se développer au moment crucial que nous vivons.

Si vous êtes séparatiste-souverainiste-indépendantiste, le QS et l’ON sont de sérieuses options pour vous et pour l’avenir. Si vous optez pour le parti libéral ou la CAQ, un vote pour le candidat de ces partis qui a le plus de chance de défaire le candidat du PQDPM serait utile car si le vote se divise, ce dernier peut gagner. Ce serait un vote de compromis mais positif pour le futur du Québec.

Que le meilleur gagne !

Claude Dupras

vendredi 31 août 2012

Et pourquoi pas Legault et la CAQ ?

Il a fondé Air Transat, il a été ministre de la santé et ministre de l’éducation du Québec, il a démissionné du Parti Québécois (PQ) et a créé un nouveau parti politique : la Coalition Avenir Québec (CAQ), il réussi à convaincre le parti de l’Action Démocratique (ADQ) de se faire hara-kiri et de joindre sa coalition, il a convaincu des péquistes et des libéraux à s’unir à lui. Voilà quelques grandes lignes du cheminement de François Legault, chef de la CAQ, et aspirant premier ministre du Québec.

Un très grand nombre de Québécois et de Québécoises furent impressionnés par lui. Durant des mois, il occupa la place d’honneur dans les sondages et son parti semblait assuré de la victoire, s’il y avait élection. Normalement, je n’aime pas les vires-capot sauf ceux qui bougent sur des questions de principes. Je me méfie des opportunistes politiques. Je crois en la sincérité de ceux qui oeuvrent pour un parti politique.

Puis, les choses ont changé. L’image de Legault devint moins enivrante et il s’exprimait mal. J’ai cru qu’il était politiquement terrassé. J’ai eu tort. L’élection a été déclenchée et il a présenté un programme politique audacieux de 94 engagements précis, une « bouffée d’air frais » qui s’adresse aux vrais problèmes du Québec et à son avenir. Son équipe de candidats a beaucoup de classe. Depuis, le vrai Legault se dévoile et il surprend tous les jours.

Excellent lors des « débats des chefs », Legault grimpe à nouveau dans l’opinion publique. À ce jour, il est deuxième et la première place est à sa portée. Sa franchise perce l’écran et son approche est pragmatique et rafraîchissante.

En rapport avec les finances publiques, Legault veut récupérer de l’argent en améliorant l’efficacité dans la santé, l’éducation et l’Hydro-Québec (HQ) qui représentent 90% des dépenses gouvernementales. Il veut aussi que cesse cette habitude de politiciens de dire « oui » à tout le monde et d’utiliser « la carte de crédit des enfants » pour payer la réalisation de promesses électorales qui ne sont pas prioritaires pour le bien du Québec.

Profitant des retraites de fonctionnaires pour les cinq prochaines années, Legault ne veut remplacer que 12 000 des 15 000 qui quitteront le gouvernement et 2 000 des 6 000 à l’HQ. Il veut aussi faire « bouger les structures » du gouvernement pour s’adapter au temps présent comme le fit avec succès le gouvernement canadien. Pour justifier ces changements, il applique la méthodologie du « benchmarking » qui consiste à comparer statistiquement nos ministères et nos sociétés publiques avec d’autres semblables dans le monde.. « C’est en regardant ce qui se fait ailleurs qu’on peut comprendre que nous sommes inefficaces dans plusieurs domaines » dit Legault. C’est le cas d’Hydro-Québec vis-à-vis BC Hydro de la Colombie Britannique.

Il veut assurer que chaque Québécois ait enfin un médecin de famille. Alors qu’en Allemagne et au Royaume-Uni la moyenne annuelle des patients par médecin est de 1 600, elle n’est que de 700 au Québec. Pour atteindre son objectif, Legault propose de fixer le seuil de patients par médecin à 1 000 et d’augmenter les rémunérations des omnipraticiens pour les motiver à travailler plus pour gagner plus. De son côté, le Dr. F-P. Gladu, président de l’Association des Jeunes Médecins du Québec, confirme clairement son accord en ajoutant « il ne manque pas de médecins au Québec ».

Legault propose d’éliminer les 72 Commissions Scolaires (69 francophones et trois anglophones) qui assurent les services éducatifs au primaire, au secondaire, en formation professionnelle et à l’éducation des adultes et de les remplacer par trente-neuf « Centre des Services » pour subvenir aux besoins des écoles. Pour l’ACQ, c’est à l’école et à son maître de décider et de prendre les décisions en rapport avec l’éducation de ses élèves, avec les budgets qu’on lui alloue. Il veut diminuer le roulement des enseignants dans les écoles, actuellement de 40%, en imposant des contrats de 3-5 ans à la même école afin qu’ils demeurent dans la même institution. Il réclame des écoles autonomes comme celles qui fonctionnent très bien en Europe et veut qu’elles soient évaluées sur la base de leurs résultats et de leur performance comme on fait en France. De même pour les hôpitaux et les sociétés d’État dont l’HQ.

Legault déplore qu’au Québec le décrochage soit de plus de 20%, alors que pour les écoles juives du Québec et de nombreux autres établissements scolaires dans le monde, seul 1% d’étudiants lâchent leurs études. C’est un drame pour notre société et Legault dit avoir la solution. Il veut inculquer à notre jeunesse des valeurs de base comme viser la meilleure éducation possible, l’effort et le dépassement de soi afin qu’elles deviennent son mode de vie.

Legault réclame un nouveau contrat social au Québec. Il veut que nous ayons les meilleures écoles, les meilleurs enseignants, etc. En somme, il refuse le dicton « né pour un petit pain ». Comprenant les raisons de notre courte tradition d’affaires, il veut valoriser l’entrepreneurship et les créateurs. Il souligne que les jeunes Ontariens sont deux fois plus nombreux que les jeunes Québécois à être attirés par l’entrepreneurship. Il propose des cours d’entrepreneurship, avec des mentors venant du monde des affaires et du capital de risque disponible.

Legault croit que l’HQ peut réduire ses dépenses de 600 millions et cite le rapport de l’homme d’affaires montréalais Claude Garcia qui a évalué que des coupures d’un milliard six cent millions de dollars sont possibles. Legault considère, avec raison, que l’Hydro vit les problèmes d’un monopole. Il cite, par exemple, le dépassement de 26% des budgets de construction des barrages établis sur la base des plans et devis. Il s’assurera que l’HQ soit plus efficace.

Legault veut établir une enquête sur la vente par l’HQ des droits pétroliers sur les gisements sous l’ile d’Anticosti. De plus, il souligne que Terre-Neuve s’apprête à pomper le pétrole de l’important gisement « Old Harry » qui est à cheval sur le Québec et Terre-Neuve dans le golfe du Saint-Laurent. Il décrie le « tournage en rond » au Québec et blâme les individus au ton et aux arguments dogmatiques qui s’opposent à ce projet. Alors que le Québec a une dette de 350 milliards, ces mêmes personnes s’opposent à tout développement qui pourrait nous permettre de la rembourser.

En rapport avec les redevances perçues par le Québec sur le développement minier ou pétrolier, Legault est réaliste et affirme qu’un niveau de redevances trop haut éloignera les investisseurs. Il préconise des participations du Québec dans le capital-actions des compagnies minières pour les grands projets, car il reconnaît que « le gouvernement n’a pas d’expertise pour exploiter les ressources naturelles ».

Face au départ du Québec de 20% des sièges sociaux, durant les dix dernières années, Legault veut agir pour arrêter ce fléau. Il déplore la perte des emplois à bons salaires que ces sièges sociaux généraient. Il souligne les conséquences néfastes du départ des départements d’achats de ces compagnies puisqu’ils ne sont plus à proximité des sous-entrepreneurs ou fournisseurs québécois à qui ils donnaient des contrats ou de qui ils achetaient des produits.

Legault veut diminuer la dette du Québec de 13 milliards en cinq ans en lui attribuant toutes ses redevances minières. Il veut rétablir l’écart de richesse des Québécois qui est passé du quatrième au neuvième rang au Canada.

Le lendemain de son élection, il veut voter la « loi 1 sur l’Intégrité » et propose d’installer un « triumvirat d’incorruptibles », pour assurer que la collusion et la corruption ne prennent pas prise dans le futur. Il sera composé de Jacques Duchesneau, l’ex-chef de police de Montréal, de la députée Sylvie Roy et de Maud Cohen l’ex-présidente de l’Ordre des Ingénieurs. Pour Legault, l’élimination de la corruption est un préalable essentiel à tout développement.

Legault refusera à ses députés et ministres tout contact personnel avec ceux qui veulent oeuvrer pour le gouvernement et leur rappellera que « le bon jugement » est meilleur qu’une loi.

Pour Legault, les dix prochaines années doivent être dédiées à « faire le grand ménage » dans la structure gouvernementale et à relancer l’économie. Pour lui, il n’y a pas de place pour des débats stériles sur l’indépendance du Québec, ni sur la signature de la constitution canadienne pour corriger l’erreur de 1982. « Point final » dit-il, en ajoutant « On n’a pas de temps à perdre ! ». Les problèmes qui confrontent le Québec et ceux des jeunes sont trop importants et nécessitent tous les efforts.

Si le PQ gagne, Legault affirme qu’il fera tout pour combattre l’imposition d’un référendum. Il affirme que ce référendum serait la pire chose autant pour les fédéralistes que pour les séparatistes puisque les Québécois perdraient leur temps dans des débats stériles. Il veut garder un horizon ouvert pour permettre au Québec de se développer. Il dénonce les « purs et durs » séparatistes (les caribous) qui veulent, grâce à la formule du référendum d’initiative populaire déclencher un référendum sur la séparation du Québec.

On peut d’ailleurs trouver sur internet les opinions de ces caribous qui suggèrent aux souverainistes de se rallier momentanément à Pauline Marois pour faire élire le Parti Québécois, ajoutant qu’ils pourront après l’élection « reprendre leur liberté de manœuvre » afin d’imposer leurs points de vue au nouveau gouvernement et forcer un référendum.

Après l’avoir écouté attentivement et lu son programme qui touche toutes les facettes de la politique québécoise et que l’on peut retrouver sur internet, je crois que François Legault a bien fait ses devoirs puisqu’il propose des solutions originales pour aider le Québec à devenir plus efficace. Avec lui, un effort est requis de tous. Ses explications ont du sens. Legault veut, avant tout, que les jeunes Québécois soient prêts à prendre leur place dans un Québec vraiment renouvelé.

Son approche d’''homme d'affaires'' enchante et plait à la communauté d'affaires mais est-ce une philosophie efficace lorsqu'il est question de bien diriger le Québec ? Gérer un état et gérer une ''business'', ce sont deux « animaux » complètement différents. C’est vrai. Mais, il faut reconnaître que François Legault est pragmatique et réformateur. Il est un homme d’affaires doublé d’un homme politique (comme ministre) qui vise des résultats tangibles et positifs, osant même des propositions bien ciblées. Il a démontré qu’il est sensible à la realpolitik. S’il accède au pouvoir, on peut s’attendre à un grand coup de balai au Québec.

Plusieurs des adversaires de Legault estiment que son approche est irréaliste et inapplicable à cause du refus des syndicats de fonctionnaires qui voudront protéger leurs acquis. Il est certain que si on laisse tomber les bras, rien ne se fera alors que tout doit être fait. On ne peut sûrement pas laisser les syndicats décider de l’avenir du Québec. Contrairement à ses opposants qui émettent de tels arguments pour minimiser son enthousiasme et son réalisme dans l’opinion publique, je crois que les dirigeants syndicalistes sauront reconnaître que le Québec a de graves problèmes et qu’il doit évoluer rapidement. C’est dans l’intérêt de tous les Québécois et Québécoises, dont eux.

Comme dirigeant politique, j’aime ceux qui ont la foi et qui ont réussi dans la vie. En disant « Oui, on est capable », Legault est logique avec lui-même et offre aux Québécois, un avenir plein de lueurs d’espoir.

Est-il le bon choix dans les circonstances actuelles ?

Claude Dupras

mercredi 22 août 2012

Charest à 35%. Et s’il gagnait…

Depuis les sondages de CROP et de Léger Marketing, la rumeur veut que le Parti Québécois remporte la prochaine élection, majoritaire ou minoritaire. Tous les commentateurs radios et télévisions ont embarqué dans la même charrette et agissent comme si c’était un fait accompli.

Je suis un de ceux qui pensent que le Parti Québécois (PQ) va gagner cette élection et je l’ai écrit, mais ce n’est pas suite aux sondages que j’ai fait mon analyse. C’est surtout à cause du « temps au pouvoir » qui use normalement un gouvernement et de la campagne anti-charestiste, entreprise il y a quelques années, qui a peint Jean Charest comme un homme corrompu à la tête d’un gouvernement corrompu. Combien de blogueurs, journalistes, commentateurs et analystes ont laissé entendre que c’était la vérité, sans vraiment posséder de preuves concrètes ?

Jean Charest a agi concrètement pour dénicher les coupables de corruption et de collusion dans la construction afin de les punir, qu’ils soient ministres, députés, ou membres de son parti. Il a aussi fait voter des lois anti-corruption, mis en place une unité policière UPAC qui apporte des résultats impressionnants et il a créé la commission Charbonneau qui entreprend une large enquête sur toutes les spirales d’allégations dans le domaine de la construction.

Jusqu’aux débats, la campagne de Pauline Marois, chef du PQ, se déroulait bien. Son image est parfaite. Elle a l’air d’un premier ministre. Elle est bien coachée par ses « faiseurs» d’images. Elle a un « plan de match » et l’a suivi religieusement, jusqu’au débat. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Mais le débats sont arrivés. Et là, elle a fait des faux pas. Certes, Jean Charest, malgré son expérience comme « debatter » a eu l’air par moment arrogant, énervé, mais il a frappé sans cesse le clou sur la tête et Marois est tombée dans le panneau.

Pauline Marois a affirmé sans détour qu’elle veut un référendum pour séparer le Québec du Canada. Elle fera tout, dit-elle, pour en avoir un. Erreur… Elle a oublié momentanément que la grande majorité des Québécoises et des Québécois ne veulent pas de référendum et veulent demeurer canadiens.

De plus, Marois a parlé de la langue française au Québec. Elle a affirmé, que nonobstant qu’il y ait 800 000 anglophones au Québec, elle refuse de participer à un débat politique en langue anglaise parce que, dit-elle, la langue officielle au Québec est le français. De plus, elle a affirmé qu’elle changera les lois sur la langue forçant tout Québécois voulant devenir candidat à un poste électif au Québec, même le plus petit, à prouver qu’il maîtrise la langue française. Elle a ainsi disqualifié des centaines de milliers de Québécois qui ne parlent que l’anglais ou une autre langue. De plus, elle a ajouté que cela inclus les autochtones, dont un très grand nombre ne parle ni le français ni l’anglais. Donc, un Québécois anglophone ne pourra devenir commissaire du Protestant School Board de sa municipalité et un autochtone du village nordique québécois Kuujjuaq ne pourra être conseiller municipal, et cela même si leurs commettants veulent l’élire à ce poste. Quelle belle démocratie Pauline Marois nous prépare ! Je suis certain qu’une large majorité de Québécois n’approuve pas une telle étroitesse d’esprit.

Quant à la section du débat touchant la corruption, celle où Jean Charest devait se faire accabler, Pauline Marois a déçu avec son argumentation basée seulement sur des allégations non prouvées. Jean Charest s’en est relativement bien sorti, selon les commentateurs politiques.

Le vrai visage de Pauline Marois a été dévoilé durant les débats et cela lui fera inévitablement mal. Je crois que les Québécois ont l’esprit plus ouvert que Pauline Marois ne le pense. Elle en a désappointé plus d’un avec ses positions électorales sur le référendum, la langue et la corruption.

Un premier signe des réactions au débat a été donné ce matin par la firme Forum Research (FR) d’Alberta. Le sondage annonce une grande surprise, un revirement spectaculaire des sondages précédents. Il place Le parti libéral à 35%, le PQ à 29%, la Coalition Avenir Québec (CAQ) à 24% Québec solidaire (QS) à 9%. J’ai peine à y croire, même si j’estimais que la prestation de Pauline Marois aux débats lui coûterait des votes.
Quelques uns diront que ce sondage ne vaut rien puisqu’il vient d’Alberta, hors du
Québec, au pays des fédéralistes et de la province de Stephen Harper, le PM canadien.

Le « Forum Poll” est un sondage de l’opinion publique canadienne et reconnu comme le plus fiable du pays. Il s’intéresse au pouls des canadiens en rapport avec la politique fédérale, provinciale ou municipale. Il a prédit précisément plusieurs élections passées incluant les récentes de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan. L’équipe de programmeurs et d’analystes du « Forum Poll » est dirigée par Lorne Bozinoff Ph.D. qui s’occupe de sondage depuis les trente dernières années dont six à la tête du « Gallup Poll. Il a été un des premiers à prédire la montée de Jack Layton.

Il ne faut pas prendre ce dernier sondage avec un grain de sel. Si j’étais organisateur de Pauline Marois, j’en analyserais toutes les données sérieusement.

Claude Dupras