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mercredi 12 septembre 2012

Ça fera l’antisarkozysme ! Et l’avenir ?

Le parti socialiste français (PS) a passé de longues et dures années dans le purgatoire de l’opposition. Durant ce temps, il a régulièrement réuni ses membres pour discuter politique et adopter les propositions qui ont faits partie de ses prises de positions en vue de l’élection de 2012. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a exigé que chaque candidat à la primaire socialiste affirme qu’advenant son choix il appliquerait le programme du PS, si élu président de la République. François Hollande gagna la primaire, fit la promesse et affirma maintes fois durant la campagne présidentielle que le programme était bon puisqu’il avait été proposé par le PS, un parti politique sérieux qui écoutait ses milliers de membres et que c’était la garantie qu’il était prêt à agir dès son entrée à l’Élysée.

François Hollande est président de la France depuis quatre mois. Qu’a-t-il fait ? Selon les observateurs : peu.

Certes, il a agi. Il a surtout aboli des lois votées par l’Assemblée Nationale, sous Sarkozy, comme la TVA sociale qui diminuait le coût du travail de 13,5 milliards d’euros afin d’améliorer la compétitivité des entreprises, la défiscalisation des heures supplémentaires pour faciliter l’emploi, l’augmentation du coefficient d’occupation des sols d’un terrain à bâtir pour favoriser la densification des constructions et contribuer à remédier à la pénurie de logements, et encore et encore. En somme, pour Hollande et son gouvernement, tout ce qu’a fait l’administration Sarkozy est mauvais et leur première responsabilité en est une de démolition pour obtenir un terrain vierge où ils érigeront leur programme de rêve pour l’avenir des Français.

Mais voilà ! Les Français ne sont pas des imbéciles. Face à ces gestes négatifs et partisans, la popularité d’Hollande dégringole. Alors que les loups sortent du bois et que les masques tombent, que disent Hollande et ses ministres pour se défendre ? Je vous le donne en mille…… c’est la faute à Sarkozy. Non seulement ont-ils réussi à épandre le mythe antisarkoziste à partir de l’élection de 2007, ils l’utilisent encore pour justifier leur inaction. Lors de sa récente conférence de presse, Hollande a encore jeté le blâme de ses difficultés sur son prédécesseur, plusieurs fois.

Les Français ont aussi remarqué que lorsque surgit un problème, le président et son gouvernement démontrent leur impensable manque de préparation à gouverner en créant commission d’études sur commission d’études avec mission de faire rapport dans deux à six mois. Et là, après avoir retardé leurs décisions, ils prendront, disent-ils, celles qui s’imposent. En réalité, ne sachant pas quoi faire, ils végètent et utilisent des faux-fuyant au lieu de se presser à sortir la France des sables mouvants économiques dans lesquels elle est embourbée et qui deviennent de plus en plus dangereux.

Hollande a affirmé hautement et clairement que le monde de la Finance était son véritable ennemi et qu’il le combattrait. Dès le début de sa présidence, il a confirmé son mépris envers les dirigeants d’entreprises en accusant publiquement ceux de PSA Citroën Peugeot (PSA) de « mensonges » lorsqu’ils annoncèrent la nécessité de fermer une usine. Ce fut une nette démonstration de son manque de confiance surtout lorsqu’il nomma un expert pour faire rapport sur la justification de cette décision. Comme si la famille Peugeot et le président de PSA étaient des gens peu sérieux qui s’amusent à détruire des usines dont ils auraient en fait besoin. Hollande ne semble pas comprendre que PSA a des actionnaires et qu’il est essentiel que l’entreprise retrouve le chemin de la profitabilité. Sans surprise, le rapport qui vient d’être rendu public justifie la décision de PSA. Le président de la France a nui à PSA puisque la valeur de ses actions a chuté considérablement à la bourse suite au branle-bas public qu’il a généré et il a injustement fait miroiter aux salariés de cette usine qu’il sauverait leurs emplois alors qu’aujourd’hui il se dit obligé de reconnaître la réalité. Un temps précieux a été perdu, à cause de son ignorance du monde des affaires, alors que tout aurait dû être mis en marche pour aider ces salariés à se relocaliser, si possible.

Il y a aussi ces autres affirmations d’Hollande à l’effet qu’il n’est pas Sarkozy puisque son premier ministre n’est pas un « collaborateur » mais le vrai chef du gouvernement. Dans la même phrase, sans même un léger sourire, il affirme que le gouvernement doit suivre la voie qu’il impose. Et on entend sans cesse les ministres, dire et répéter à la radio et à télé, « nous faisons ce qu’Hollande a promis et veut ». Il devient évident que le premier ministre n’est pas un collaborateur mais plutôt la marionnette du président. De la foutaise !

Il est temps que cesse l’antisarkozyste et qu’Hollande « mette ses culottes ».

L’état de l’économie européenne et de celle de la France demandent toute l’attention de son président pour trouver de vraies solutions et des arguments pour changer le pays et la mentalité de son peuple. La France ne semble pas avoir de vision d’avenir. Trop de Français sont d’éternels pessimistes qui ne pensent pas que demain peut être mieux qu’aujourd’hui. Ils voient les riches, les entrepreneurs, les entreprises comme des prédateurs qui les réduisent à un état de dépendance absolue. Pourtant, un bon exemple n’est pas loin. L’Allemagne. Un pays qui après une période difficile est devenu productif. Un pays réformé par tous ses dirigeants qui ont utilisé le capitalisme pour sa réussite. Un pays qui s’est donné un plan, il y a plus de quinze ans, et qui l’a suivi même en changeant de gouvernement. Un pays qui vend partout sur la planète grâce à la compétitivité de ses entreprises et à la qualité de ses produits. Un pays qui a compris que la réussite découle de l’innovation et qu’elle peut changer le monde.

Ailleurs, particulièrement en Asie, les pays dépensent des sommes colossales pour réussir mondialement en innovant et ils y réussissent plus en plus. Le Japon l’a démontré dans le passé et maintenant c’est, entre autres exemples, la Corée du Sud qui est partout avec des produits innovants et de qualité. Et la Chine s’en vient…

À quel moment les dirigeants politiques français de quelques partis qu’ils soient, reconnaîtront-ils que la France a trop de conflits sociaux et politiques qui bloquent son ouverture à un avenir réussi. C’est beau les commissions d’enquêtes d’experts, encore faut-il que les conclusions soient respectées par tous les joueurs et mises en application, non pas pour des raisons politiques mais pour assurer un développement constant. Mais il faut beaucoup plus que ça pour que la France de demain devienne un des grands pays manufacturiers de la terre. Il faut qu’elle devienne audacieuse et qu’elle investisse massivement dans la haute technologie, la recherche et l’innovation comme elle l’a fait dans le passé avec le nucléaire, le TGV, le Concorde, etc.

Le président Hollande se dit contre l’austérité mais pour la croissance. C’est facile à dire. Ce qu’il ne dit pas c’est que dans le monde d’aujourd’hui, la croissance ne peut venir que de l’innovation et que cette dernière découle de la recherche et de la haute technologie. De telles activités sont très difficiles à lancer et à financer, surtout dans un pays avec des politiques comme celles de la France. Cela demande premièrement une vision d’avenir claire et nette, une volonté inébranlable d’agir, une collaboration étroite État-entreprises et des investissements forts importants de la part des pouvoirs publics et du privé. Si on se fie à ce qui s’est passé ailleurs, ces conditions sont nécessaires pour obtenir un succès éventuel.

Le projet des Allemands était « Allemagne base productive ». Compte tenu de la situation actuelle et des conditions sociétales requises pour lancer un tel programme d’avenir adapté au temps actuel et à ce qui se fait ailleurs dans le monde, est-ce possible pour la France ? Est-ce adaptable aux intérêts et aux valeurs françaises actuelles ou vice versa ? Une chose est certaine, l’avenir ne sera pas ce qu’est aujourd’hui.

Claude Dupras

samedi 21 juillet 2012

PSA Peugeot Citroën : Business is business

Le président français François Hollande a renoué avec l’habitude du président Mitterrand de donner une conférence de presse le jour de la fête nationale, le 14 juillet. Le président Sarkozy avait annulé cet évènement afin d’assurer aux Français qu’il n’y aurait pas de politique partisane en ce jour d’unité nationale. Si j’en juge par ce qu’à dit le président actuel, Sarkozy avait amplement raison. En effet, Hollande en a profité pour continuer son discours antisarkosyste démagogique en blâmant l’ex-président de tous les maux de la France et de l’Europe. De plus, il s’en est pris publiquement à la famille Peugeot, actionnaire principal à 25% du fabricant d’automobiles PSA Peugeot et Citroën (PSA). Choqué par le plan de redressement des affaires de la compagnie, qui est en difficulté, le président Hollande a attaqué le président de l’entreprise, Philippe Varin, en l’accusant d’avoir dit un « mensonge » et en qualifiant « de pas acceptable » le plan de la compagnie.

Pour ajouter à l’insulte, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif et responsable du dossier, en a mis encore plus. Grandiloquent, fier, beau, médiatique, ce ministre prend de plus en plus de place dans l’équipe ministérielle mais son panache ne me semble pas à la hauteur du travail à accomplir pour aider la France à devenir industriellement compétitive. Rêveur idéaliste et irraisonné, justicier autoproclamé, certains journalistes français le qualifient, avec raison, de « Don Quichotte de l’emploi industriel ». Face à PSA, il a employé des mots durs pour réclamer des comptes, insinuer qu’elle avait dissimulé des informations, dénigrer sa stratégie d’emploi, son alliance avec General Motors, le « comportement de ses actionnaires » et encore.

Qui est Philippe Varin ? Est-il le diable décrit par Hollande et compagnie ? Ce que j’ai lu sur sa carrière démontre qu’il est un homme remarquable. Marié à une femme-médecin, ils ont quatre enfants. Homme calme, réfléchi, sportif, il est diplômé de Polytechnique (1973), de l'École des Mines (1975) et débute sa carrière chez Pechiney en 1978. En mai 2003, il prend la direction de Corus, groupe sidérurgique britannique alors en difficulté financière. Il le redresse et vend la compagnie en 2007 au groupe indien Tata Steel, à un prix quinze fois supérieur à ce que valait l'entreprise à son arrivée. En 2006, il préside la fédération européenne des sidérurgistes. La famille Peugeot l’approche en 2009 pour lui demander de prendre la direction de PSA pour la sortir des pertes qu’elle subit depuis quelques années. La stratégie de Varin est de transformer PSA en un groupe européen et international tout en demeurant ancré en France. En 2010, les bénéfices sont de retour. Il renoue les liens avec les partenaires (BMW…), échoue une alliance avec Mitsubishi, donne la priorité à la Chine avec deux coentreprises et signe une entente avec General Motors.

Depuis 2007, le niveau des ventes d’autos baisse en Europe et atteint 25 % de diminution en 2012. PSA perd en plus son important marché iranien suite aux boycottages politiques internationaux et voit sa part de marché diminuer en France malgré la présentation de nouveaux modèles. Tout cela se traduit par des pertes de 200 millions d’euros par mois durant les six derniers mois. Pour faire face à cette situation, le plan de réorganisation de la compagnie a été accepté par les actionnaires, dont la mise-à-pied de 8 000 employés et la fermeture d’une grande usine. Tout comme GM et Chrysler durant la crise de 2008, Philippe Varin n’a pas d’autre choix pour relancer l’entreprise et assurer sa pérennité. C’est cet homme de qualité, reconnu comme un humaniste, un industriel responsable, un bon entrepreneur avec une réputation internationale qui a été insulté par la plus haute autorité de la France.

Avec leurs mots irréfléchis, Hollande et Montebourg ont ajouté aux problèmes de Peugeot car leurs attaques ont affecté négativement le cours du marché. À cause de craintes liées à l’interférence politique, une situation difficile s’est transformée en dangereuse puisque la capitalisation boursière est devenue faible et ne correspond plus aux capitaux de l’entreprise. Une offre d’achat publique (OPA), possiblement hostile, devient possible et l’entreprise pourrait tomber dans des mains autres que françaises. Les accusateurs ont démontré leur ignorance et leur irresponsabilité en ne tenant pas compte que PSA a « un potentiel énorme et un vrai savoir-faire » et devait agir pour se sortir de ses difficultés qui pouvaient à plus long terme l’affecter gravement, elle et ses 200 000 travailleurs.

Le président Hollande vient, en quelques semaines, de soutirer plus de 7 milliards d’euros des poches des consommateurs français par de nouvelles taxes et impôts votés à l’Assemblée Nationale. Au moment où l’économie est fragile, où le chômage est élevé, où normalement un gouvernement coupe dans ses dépenses et investit dans des projets créateurs-d’emplois, voilà que la France fait le contraire. Le président Hollande ne semble pas comprendre que ce sont les individus qui font l’économie et non le gouvernement. Que ce sont les créateurs, les entrepreneurs, les professionnels, les artisans, les artistes et beaucoup d’autres qui, par leur efforts personnels et leurs investissements créent des entreprises, des commerces, des activités économiques et des emplois. Pour pouvoir investir, bâtir, grandir et créer, ces individus doivent pouvoir conserver la plus grande part possible de leurs revenus.

Il est vrai que la France a de gros déficits et que son avenir immédiat n’est pas rose. Malheureusement, Hollande prend la route facile : il taxe. N’importe quel politicien peut faire cela. Mais prendre les décisions difficiles et nécessaires pour diminuer le « coût du travail », qui est le plus grand obstacle à une vraie compétitivité française en Europe, demande une bonne compréhension des relations entre les générateurs de l’économie et l’emploi, de la vision et du courage. Abolir les lois votées par le gouvernement précédent, particulièrement celles visant à diminuer le « coût du travail », est une erreur grave et un exercice politicard. Ce n’est que de la « potilique » comme disait mon père.

De PSA aux reniements des lois en passant par la sur-taxation, Hollande a fait reculer la France. Il démontre ne pas vraiment connaître la nature des affaires économiques. Il ne sait pas que pour réussir en affaires, il y a un principe de base bien important : ne pas mêler politique et affaires. « Business is business », comme disent nos compatriotes anglais, et les vaches seront bien gardées…

Claude Dupras