Le 13 mai 2009, j’ai réclamé dans mon blog une enquête sur les augmentations vertigineuses des prix de la construction dans les projets publics au Québec. Mon billet intitulé : « Des prix de fous! » faisait état de « la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là car il y en a des dizaines d’autres ».
Comme ingénieur qui a œuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans, je ne pouvais m’expliquer les augmentations aussi considérables et je voulais les souligner à mes lecteurs. En conclusion, j’en étais arrivé à proposer « la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction » et j’ajoutais « Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures ».
En 2010, l’opposition à l’Assemblée Nationale a finalement ressenti ce qui se passait dans le domaine de la construction et a réclamé sans relâche une enquête du domaine de la construction et ses effets sur le financement des partis politiques. Malheureusement, les attaques du PQ étaient trop teintées de partisannerie pour avoir les effets qu’elles méritaient. Mais, heureusement, de nombreux groupes et individus se sont levés pour dénoncer la situation et le PM Jean Charest, en bon politicien et après de longues hésitations, a finalement décidé d’agir. Il a donné le mandat à Jacques Duchesneau, ex-chef de police de Montréal, de diriger l’Unité Anti-collusion du ministère des Transports et de faire rapport sur la situation. De plus, il a créé l'Unité Permanente Anti-Corruption (UPAC) avec pouvoirs d’enquête et recommandation.
Même si depuis 2009, j’avais alimenté mon blog de plusieurs billets pour insister et démontrer la nécessité de la mise sur pied d’une enquête publique, j’en étais venu à la conclusion que finalement ces nouveaux organismes gouvernementux, mis-sur-pied par le gouvernement, pouvaient faire la lumière sur ce que je dénonçais comme un scandale extraordinaire de corruption. J’en concluais que la commission d’enquête publique serait longue, coûteuse, avec des témoins protégés par la loi, et n’aboutirait pas aussi rapidement que la police pour mettre fin au scandale. En somme, il me semblait que l’on pouvait atteindre les mêmes résultats plus facilement et rapidement avec les Unités. Depuis, comme tous les Québécois et Québécoises, j'ai attendu. Peu de résultats ont émané des responsables de ces Unités.
Et, comme je commençais à désespérer, voilà, il y a une semaine, que Jacques Duchesneau a présenté son rapport à son ministre. Ce document est accablant et résume une situation dans la construction qui frise le crime organisé, où la vraie concurrence n’existe pas, où les prix sont fixés... et où les partis politiques semblent être récipiendaires d’une partie de ces fonds pour leurs besoins électoraux. Dans un premier temps, le PM Charest a pris le tout comme un grain de sel et a recommandé aux Québécois de ne pas croire toutes « les allégations » du rapport car il n’est pas truffé de preuves. Il est difficile de croire que Duchesneau, dont la carrière policière et la réputation sont sans tache, se soit amusé à produire un rapport simplement pour écrire des mots. La conclusion est simple : Duchesneau a frappé le clou sur la tête et ça fait mal…. Il a raison. Et le gouvernement le sait.
Le PM veut remettre le rapport Duchesneau à l’UPAC pour continuer l’enquête et porter les accusations qui s’imposent. Que Jean Charest le fasse, s’il le veut, mais qu’il sache que face à une telle situation, unique dans son genre, qui sent mauvais et qui porte les soupçons d’un scandale d’une envergure jamais connue au Québec, la vraie solution est d’assurer que les Québécois soient totalement renseignés et sensibilisés sur tous les aspects de cette situation. Nous devons connaitre les vrais coupables qu’ils soient de la pègre, du gouvernement, de la fonction publique, d’entreprises de construction, de fournisseurs de matériaux, de firmes d’ingénieurs, etc…. La seule façon de tout découvrir et de tout comprendre est une enquête publique. La démocratie l’exige. Le scandale des commandites nous l’a bien démontré.
Ce sont les Québécois qui payent…Ce sont eux qui sont les dindons de la farce… Et avec les besoins grandissants de notre population, ça suffit le vol de nos deniers.
M. Charest, je ne vous blâme pas de cette situation. Je crois vraiment que nous nous sommes tous fait avoir par ces bandits. Mais, dans les circonstances actuelles, vous n’avez pas d’autre alternative. Si non, vous semblerez être un complice de ce système pourri qui mine davantage, de jour en jour, notre société.
Claude Dupras
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mercredi 21 septembre 2011
Une commission d’enquête sur la construction au Québec : Oui ou Non ?
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samedi 11 décembre 2010
Au Québec, malgré tout, ça va mieux qu’ailleurs !
La session parlementaire de l’Assemblée Nationale du Québec est enfin ajournée jusqu’au mois de février 2011. Nous allons enfin, pendant plus d’un mois, pouvoir vivre sans entendre constamment les accusations, les allégations, les insinuations et les exagérations qui émanent de chacune des périodes de questions.
Cette guerre politique entre les deux partis nous a fait oublier le travail accompli durant cette session. Surprise, beaucoup a été réalisé. Malheureusement, les medias ne rapportent pas ces réalisations car ils ne recherchent que les situations juteuses pouvant entacher les personnages politiques. Elles se situent au niveau de nouvelles lois : électorales, financement des partis, éthique; des finances publiques, des ententes collectives avec les employés du secteur public, des grands projets d’infrastructure, de construction, des politiques économiques réalistes, etc. Elles ont résulté dans une performance hors pair du Québec si on le compare avec le Canada, les USA et les pays occidentaux. Nonobstant la grave crise économique qui a frappé partout, nous en sortons en tête du peloton et en meilleure position que les provinces canadiennes. Ici, l’emploi a augmenté plus qu’ailleurs, le taux de chômage est le plus bas. Le déficit peut être éliminé d’ici trois ans.
C’est un bilan remarquable et il faut en féliciter le gouvernement et les députés de tous les partis. C’est la démonstration que malgré les invectives « politicailleuses » qu’ils se lancent en public, nos députés travaillent ensemble derrière les rideaux.
Il y a aussi les prestations du PM Charest à l’étranger. Dans le dernier mois seulement, il est allé en France pour signer une entente importante avec le premier ministre François Fillon, sur la mobilité professionnelle et l'intégration des immigrants, qui doit faciliter l'installation des Français au Québec et inversement. Il a aussi convenu avec le président Sarkozy d’inclure dans le futur accord de libre échange Canada-Europe, une clause reconnaissant le droit de chaque état à protéger sa culture. Il a été décoré de la Légion d’Honneur. Puis, il est allé à Cancun, où se tenait la conférence de l’environnement de l’ONU où il a agi comme co-président du sommet des chefs d’états. Il a reçu à cette occasion le prix australien dédié au « leadership sur les changements climatiques », et le PM australien a déclaré qu’il avait été choisi parce que « sous sa direction le Québec est devenu l’état le plus responsable, en rapport avec l’environnement mondial, de l’Amérique du Nord » et qu’une forêt australienne a été nommée en son honneur. Jean Charest est un bon ambassadeur pour le Québec.
Le premier ministre sort de cette période physiquement fatigué mais toujours combattif, digne et respectueux de ses adversaires. Jamais au Québec, un homme politique a subi un tel barrage d’attaques, justifiées ou non, venant de tous les angles. Avec l’accroissement du nombre des medias et la prédominance d’Internet dans la vie de chacun, tout ce qui a été dit de négatif envers Charest a été amplifié sans cesse, dispersé partout et répété interminablement en boucle, que ce soit vrai ou faux.
Depuis avril 2009, je réclame une enquête publique sur les coûts de construction. Jean Charest s’obstine à ne pas vouloir la créer. Il voit la chose d’un autre angle et croit plus efficace de confier à la police le mandat de démasquer la mafia qui s’est emparé de la construction à Montréal. Une escouade spéciale a été créée et un budget exceptionnel lui a été alloué. Plusieurs autres mesures et groupes ont été mis sur pied et aujourd’hui, plus de 500 personnes travaillent sur le dossier. Il me semble que cela ne peut qu’apporter des résultats. Si Charest a peur d’une enquête publique comme le prétend le PQ, il ne semble pas avoir peur de la police. C’est déjà çà. Tant que nous ne connaîtrons pas les résultats concrets des enquêtes policières, nous ne pourrons juger si Charest a eu raison de refuser l’enquête publique.
Ce que je n’ai pas aimé, c’est le langage excessif de ceux qui réclament une enquête. C’est comme s’ils voulaient autre chose. Rarement parlent-ils du mérite d’une enquête publique ou des démérites d’une enquête policière. Salir le personnage Charest semble être l’objectif. Ils l’ont traité de voyou, de menteur, de traître à la nation, de patroneux, de rapetisseur d’un grand peuple, de mauvaise foi, de copinage, de collabo, de radical de la dépendance, d’extrémiste de la servitude, de fou furieux de l’exploitation, de terroriste du capital, de corrompu et encore et encore… Certains ont même écrit, il y a six mois, qu’il serait vite en prison.
Les critiques de Charest sont devenus agressifs, l’insultent et manquent de respect pour la position qu’il occupe. On a l’impression qu’ils croient tout ce qui a été dit contre lui, comme si c’était la vérité pure. À moins qu’ils aient un autre objectif. Il y a des exceptions, comme le comédien Louis Morrisset invité à « Tout le monde en parle » qui a posé une question difficile à Charest, aussi invité, et qui n’a pas hésité à ajouter qu’il était son premier ministre et qu’il le respectait. Voilà une façon civilisée de s’opposer à quelqu’un. Par contre, le journaliste de TVA, lors de la récente conférence de presse du PM a agi en effronté et en mal appris envers le PM. Et il n’était pas le seul. C’est une honte de voir certains journalistes qui se doivent d’être neutres, agir ainsi. Ce n’est pas digne du Québec.
Le PQ traite les libéraux de tous les noms et ne cesse de transformer les révélations journalistiques en collusion, corruption, tricheries, favoritisme, etc…. Mais ce que ne dit pas le PQ, c’est qu’il a fait de même. Par exemple, dans ses attaques sur la question des prête-noms pour les contributions à la caisse électorale du parti libéral, le PQ ne dit pas qu’il a aussi été un des grands bénéficiaires de cette méthode de financement lors de la dernière élection et depuis. Autre exemple, en rapport avec les individus nommés aux conseils d’administration de sociétés publiques, le PQ a insinué que le PM Charest a nommé ces personnes parce qu’elles avaient personnellement contribué à la caisse électorale du parti. Depuis, on a appris que le PQ avait agi de la même façon lorsqu’il était au pouvoir. Si c’est mal pour les libéraux, pourquoi ne l’est-ce pas pour les péquistes ?
Le PQ dans son opposition à Charest est sans pitié, j’allais dire sans jugement. Si quelqu’un se lève pour défendre le PM, tout de suite une équipe interne est formée pour faire des recherches afin de trouver des informations pouvant discréditer le défendeur du PM. Le plus récent exemple est le cas de Luc Beauregard qui a créé la plus grande agence en relations publiques au Canada. Beauregard qui connait bien tous les niveaux la politique, a écrit un article, paru dans le journal La Presse, pour défendre Jean Charest. Il fut vite accusé à l’Assemblée Nationale de n’être qu’un libéral qui vit au dépend du gouvernement. C’est un genre de menace que fait le PQ. Le message est simple : ne défendez pas Jean Charest, car on va vous attaquer. Beauregard n’était le premier cas. Mme Marois et ses troupes ont oublié que National a souventes fois été engagé pour des travaux importants par les gouvernements péquistes qui se sont succédés. De toute façon, National n’a que 17% de ses affaires qui viennent du domaine public. Ce qui démontre bien que c’est une grande compagnie de chez nous, réunissant des gens de chez nous qui sont les meilleurs de leur catégorie au Canada et aux services des entreprises et des gouvernements. De quoi être fiers, mais pour les péquistes, Beauregard est une honte.
Quant aux projets de construction actuels et l’envolée des prix, c’est un scandale qui semble évident et il est temps que la vérité soit connue. Malheureusement, ce n’est pas nouveau. Le PQ qui accuse Jean Charest sur cette question a vite oublié le projet de Papiers Gaspésia Ltée.
C’était en Gaspésie, et le PQ cherchait à assurer l’élection de députés dans la péninsule pour l’élection qui était imminente. Le projet fut lancé, financé en majeure partie et sa réalisation organisée par le gouvernement péquiste du PM Bernard Landry.
Le syndicat FTQ avait obtenu le monopole du projet. Ce n’était pas surprenant car il supportait ouvertement le PQ aux élections. Il s’agissait de la rénovation du moulin de la papeterie de Chandler qui devait coûter 500 millions $. Le projet était rendu à 765 millions $, soit une augmentation de 53%. L’ordonnancement n’était pas respecté et la réalisation fortement en retard. Le projet fut arrêté, le moulin n’a jamais été ré-ouvert et les 765 millions $ ont été perdus.
L’ex-juge de la Cour Supérieure Robert Lesage fut appelé a présider une commission d’enquête sur la Gaspésia. Son rapport, déposé en mai 2005, indiquait que les experts avaient démontré clairement le trafic d’influence des syndicats québécois. Ses recommandations touchaient l’intervention de l’État dans la construction d’un projet privé qu’il finance, la gestion des fonds de travailleurs et les lois qui régissent les relations de travail. Il fut clairement établi que la FTQ avait empêché des travailleurs du Bas Saint-Laurent et de la Gaspésie, membres d’autres organisations syndicales, d’y travailler. Leurs droits au travail et de choisir leur organisation syndicale, un droit bien implanté dans la construction, avaient été bafoués. De plus, l’équipe de la réalisation du projet n’avait pu trouver un leader avec suffisamment d’autorité et d’influence morale pour exercer son pouvoir et contrôler les intervenants dont la FTQ qui faisait la pluie et le beau temps, avec la bénédiction du gouvernement du PQ. (voir mon blog du 2 février 2007).
A mon avis, le PQ en met trop et ne fait pas la part des choses. Certes, beaucoup de questions sont à poser et il faut à tout prix trouver la clef à ce qui se passe dans la construction. Mais la désinformation qu’il répand n’aide pas. Elle fait basculer l’opinion publique non seulement contre le parti au pouvoir mais contre tous les hommes et femmes politiques. Cela est inacceptable. Y a-t-il un homme ou une femme qui a une famille, une bonne entreprise, un bon métier ou est professionnel qui voudra être candidat à la prochaine élection ? Je crains que non.
On a les politiciens que l’on mérite… c’est donc vrai !
Claude Dupras
Cette guerre politique entre les deux partis nous a fait oublier le travail accompli durant cette session. Surprise, beaucoup a été réalisé. Malheureusement, les medias ne rapportent pas ces réalisations car ils ne recherchent que les situations juteuses pouvant entacher les personnages politiques. Elles se situent au niveau de nouvelles lois : électorales, financement des partis, éthique; des finances publiques, des ententes collectives avec les employés du secteur public, des grands projets d’infrastructure, de construction, des politiques économiques réalistes, etc. Elles ont résulté dans une performance hors pair du Québec si on le compare avec le Canada, les USA et les pays occidentaux. Nonobstant la grave crise économique qui a frappé partout, nous en sortons en tête du peloton et en meilleure position que les provinces canadiennes. Ici, l’emploi a augmenté plus qu’ailleurs, le taux de chômage est le plus bas. Le déficit peut être éliminé d’ici trois ans.
C’est un bilan remarquable et il faut en féliciter le gouvernement et les députés de tous les partis. C’est la démonstration que malgré les invectives « politicailleuses » qu’ils se lancent en public, nos députés travaillent ensemble derrière les rideaux.
Il y a aussi les prestations du PM Charest à l’étranger. Dans le dernier mois seulement, il est allé en France pour signer une entente importante avec le premier ministre François Fillon, sur la mobilité professionnelle et l'intégration des immigrants, qui doit faciliter l'installation des Français au Québec et inversement. Il a aussi convenu avec le président Sarkozy d’inclure dans le futur accord de libre échange Canada-Europe, une clause reconnaissant le droit de chaque état à protéger sa culture. Il a été décoré de la Légion d’Honneur. Puis, il est allé à Cancun, où se tenait la conférence de l’environnement de l’ONU où il a agi comme co-président du sommet des chefs d’états. Il a reçu à cette occasion le prix australien dédié au « leadership sur les changements climatiques », et le PM australien a déclaré qu’il avait été choisi parce que « sous sa direction le Québec est devenu l’état le plus responsable, en rapport avec l’environnement mondial, de l’Amérique du Nord » et qu’une forêt australienne a été nommée en son honneur. Jean Charest est un bon ambassadeur pour le Québec.
Le premier ministre sort de cette période physiquement fatigué mais toujours combattif, digne et respectueux de ses adversaires. Jamais au Québec, un homme politique a subi un tel barrage d’attaques, justifiées ou non, venant de tous les angles. Avec l’accroissement du nombre des medias et la prédominance d’Internet dans la vie de chacun, tout ce qui a été dit de négatif envers Charest a été amplifié sans cesse, dispersé partout et répété interminablement en boucle, que ce soit vrai ou faux.
Depuis avril 2009, je réclame une enquête publique sur les coûts de construction. Jean Charest s’obstine à ne pas vouloir la créer. Il voit la chose d’un autre angle et croit plus efficace de confier à la police le mandat de démasquer la mafia qui s’est emparé de la construction à Montréal. Une escouade spéciale a été créée et un budget exceptionnel lui a été alloué. Plusieurs autres mesures et groupes ont été mis sur pied et aujourd’hui, plus de 500 personnes travaillent sur le dossier. Il me semble que cela ne peut qu’apporter des résultats. Si Charest a peur d’une enquête publique comme le prétend le PQ, il ne semble pas avoir peur de la police. C’est déjà çà. Tant que nous ne connaîtrons pas les résultats concrets des enquêtes policières, nous ne pourrons juger si Charest a eu raison de refuser l’enquête publique.
Ce que je n’ai pas aimé, c’est le langage excessif de ceux qui réclament une enquête. C’est comme s’ils voulaient autre chose. Rarement parlent-ils du mérite d’une enquête publique ou des démérites d’une enquête policière. Salir le personnage Charest semble être l’objectif. Ils l’ont traité de voyou, de menteur, de traître à la nation, de patroneux, de rapetisseur d’un grand peuple, de mauvaise foi, de copinage, de collabo, de radical de la dépendance, d’extrémiste de la servitude, de fou furieux de l’exploitation, de terroriste du capital, de corrompu et encore et encore… Certains ont même écrit, il y a six mois, qu’il serait vite en prison.
Les critiques de Charest sont devenus agressifs, l’insultent et manquent de respect pour la position qu’il occupe. On a l’impression qu’ils croient tout ce qui a été dit contre lui, comme si c’était la vérité pure. À moins qu’ils aient un autre objectif. Il y a des exceptions, comme le comédien Louis Morrisset invité à « Tout le monde en parle » qui a posé une question difficile à Charest, aussi invité, et qui n’a pas hésité à ajouter qu’il était son premier ministre et qu’il le respectait. Voilà une façon civilisée de s’opposer à quelqu’un. Par contre, le journaliste de TVA, lors de la récente conférence de presse du PM a agi en effronté et en mal appris envers le PM. Et il n’était pas le seul. C’est une honte de voir certains journalistes qui se doivent d’être neutres, agir ainsi. Ce n’est pas digne du Québec.
Le PQ traite les libéraux de tous les noms et ne cesse de transformer les révélations journalistiques en collusion, corruption, tricheries, favoritisme, etc…. Mais ce que ne dit pas le PQ, c’est qu’il a fait de même. Par exemple, dans ses attaques sur la question des prête-noms pour les contributions à la caisse électorale du parti libéral, le PQ ne dit pas qu’il a aussi été un des grands bénéficiaires de cette méthode de financement lors de la dernière élection et depuis. Autre exemple, en rapport avec les individus nommés aux conseils d’administration de sociétés publiques, le PQ a insinué que le PM Charest a nommé ces personnes parce qu’elles avaient personnellement contribué à la caisse électorale du parti. Depuis, on a appris que le PQ avait agi de la même façon lorsqu’il était au pouvoir. Si c’est mal pour les libéraux, pourquoi ne l’est-ce pas pour les péquistes ?
Le PQ dans son opposition à Charest est sans pitié, j’allais dire sans jugement. Si quelqu’un se lève pour défendre le PM, tout de suite une équipe interne est formée pour faire des recherches afin de trouver des informations pouvant discréditer le défendeur du PM. Le plus récent exemple est le cas de Luc Beauregard qui a créé la plus grande agence en relations publiques au Canada. Beauregard qui connait bien tous les niveaux la politique, a écrit un article, paru dans le journal La Presse, pour défendre Jean Charest. Il fut vite accusé à l’Assemblée Nationale de n’être qu’un libéral qui vit au dépend du gouvernement. C’est un genre de menace que fait le PQ. Le message est simple : ne défendez pas Jean Charest, car on va vous attaquer. Beauregard n’était le premier cas. Mme Marois et ses troupes ont oublié que National a souventes fois été engagé pour des travaux importants par les gouvernements péquistes qui se sont succédés. De toute façon, National n’a que 17% de ses affaires qui viennent du domaine public. Ce qui démontre bien que c’est une grande compagnie de chez nous, réunissant des gens de chez nous qui sont les meilleurs de leur catégorie au Canada et aux services des entreprises et des gouvernements. De quoi être fiers, mais pour les péquistes, Beauregard est une honte.
Quant aux projets de construction actuels et l’envolée des prix, c’est un scandale qui semble évident et il est temps que la vérité soit connue. Malheureusement, ce n’est pas nouveau. Le PQ qui accuse Jean Charest sur cette question a vite oublié le projet de Papiers Gaspésia Ltée.
C’était en Gaspésie, et le PQ cherchait à assurer l’élection de députés dans la péninsule pour l’élection qui était imminente. Le projet fut lancé, financé en majeure partie et sa réalisation organisée par le gouvernement péquiste du PM Bernard Landry.
Le syndicat FTQ avait obtenu le monopole du projet. Ce n’était pas surprenant car il supportait ouvertement le PQ aux élections. Il s’agissait de la rénovation du moulin de la papeterie de Chandler qui devait coûter 500 millions $. Le projet était rendu à 765 millions $, soit une augmentation de 53%. L’ordonnancement n’était pas respecté et la réalisation fortement en retard. Le projet fut arrêté, le moulin n’a jamais été ré-ouvert et les 765 millions $ ont été perdus.
L’ex-juge de la Cour Supérieure Robert Lesage fut appelé a présider une commission d’enquête sur la Gaspésia. Son rapport, déposé en mai 2005, indiquait que les experts avaient démontré clairement le trafic d’influence des syndicats québécois. Ses recommandations touchaient l’intervention de l’État dans la construction d’un projet privé qu’il finance, la gestion des fonds de travailleurs et les lois qui régissent les relations de travail. Il fut clairement établi que la FTQ avait empêché des travailleurs du Bas Saint-Laurent et de la Gaspésie, membres d’autres organisations syndicales, d’y travailler. Leurs droits au travail et de choisir leur organisation syndicale, un droit bien implanté dans la construction, avaient été bafoués. De plus, l’équipe de la réalisation du projet n’avait pu trouver un leader avec suffisamment d’autorité et d’influence morale pour exercer son pouvoir et contrôler les intervenants dont la FTQ qui faisait la pluie et le beau temps, avec la bénédiction du gouvernement du PQ. (voir mon blog du 2 février 2007).
A mon avis, le PQ en met trop et ne fait pas la part des choses. Certes, beaucoup de questions sont à poser et il faut à tout prix trouver la clef à ce qui se passe dans la construction. Mais la désinformation qu’il répand n’aide pas. Elle fait basculer l’opinion publique non seulement contre le parti au pouvoir mais contre tous les hommes et femmes politiques. Cela est inacceptable. Y a-t-il un homme ou une femme qui a une famille, une bonne entreprise, un bon métier ou est professionnel qui voudra être candidat à la prochaine élection ? Je crains que non.
On a les politiciens que l’on mérite… c’est donc vrai !
Claude Dupras
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mardi 23 novembre 2010
Les maux de tête de Jean Charest : taxes, gaz de schiste et enquête publique
Il y a à peine trois mois, le premier ministre québécois Jean Charest recevait 51% d’appuis favorables à sa façon de gouverner le Québec. Aujourd’hui, il n’en reçoit que 22%. Comment peut-il avoir chuté si bas, si vite ?
Dans mon dernier blog « Jean Charest, le " punching bag " », je semblais expliquer la baisse rapide de sa popularité exclusivement par son refus de mettre sur pied une commission d’enquête dans le domaine de la construction. En fait, il y a plus que ça. Il y a aussi les sujets de l’exploitation du gaz de schiste et les taxes nouvelles.
Actuellement, le gouvernement autorise l’exploration de sources de gaz de schiste pour évaluer son potentiel énergétique global pour le Québec et son apport à son économie.
De retour au pays, depuis quelques jours, j’ai constaté combien cette question inquiète vivement les Québécois et les Québécoise. J’avais bien lu certaines critiques citoyennes et j’étais porté à penser qu’elles venaient surtout de ceux qui vivent à proximité des sites où l’exploration est en cours d’exécution. Je croyais que ces plaintes ne correspondaient qu’au syndrome « pas dans ma cour ». Je me suis trompé.
En effet, suite à quelques émissions de télé faisant état de l’expérience qu’ont connue les populations des états de la Pennsylvanie et de New York dans l’exploitation du gaz de schiste, les Québécois y voient maintenant des possibilités de danger pour la vie et de contamination des nappes phréatiques. Ils ont été profondément touchés par ces informations. Avec raison, ils sont devenus craintifs et voient dans un moratoire, qu’ils réclament maintenant expressivement, une façon d’arrêter les explorations jusqu’au moment où le gouvernement du Québec pourra leur faire la démonstration que l’exploitation de gaz de schiste n’engendrera pas de danger futur pour eux.
Le PM Charest, pour calmer les esprits, a soumis le dossier au Bureau d’Audiences Publiques pour l’environnement (BAPE) mais a refusé de décréter un moratoire.
Je ne suis pas d’accord avec cette approche du PM car le mandat actuel du BAPE ne couvre pas toutes les questions à analyser. En effet, il se limite à « proposer un cadre de développement de l’exploration et de l’exploitation, et proposer des orientations pour un encadrement légal et réglementaire ». Rien dans un tel rapport ne viendra calmer les appréhensions des Québécois sur ce sujet. Et c’est ce qui compte à ce moment-ci.
Ce qu’il faut faire c’est ce que propose l’Ordre des Ingénieurs du Québec : « un travail approfondi d’étude de la filière des gaz de schiste susceptible d’éclairer les citoyens et les décideurs et d’orienter la politique énergétique du Québec. … c’est une véritable évaluation environnementale stratégique (EES), qui vise à intégrer les facteurs environnementaux à l’élaboration de politiques, de plans et de programmes publics ». (Voir mon blog du 8 octobre 2010, « le gaz de schiste : rectifions le tir ! »)
L’exploitation du gaz de schiste apportera un avantage incroyable pour le Québec. 40% de nos énergies consommées viennent du pétrole et 13% du gaz naturel. Réduire appréciablement la partie de pétrole sale en faveur du gaz propre serait un apport important à l’environnement et par conséquent à notre qualité de vie. Ce sera aussi un gain économique extraordinaire pour tous les Québécois et Québécoises. Il est donc important que ce projet de développement énergétique aille de l’avant si des études bien faites démontrent qu’il n’y a pas de danger pour la vie humaine. Lorsque les Québécois seront bien instruits sur le sujet, je suis convaincu qu’ils seront d’accord à poursuivre ce projet important.
J’en appelle au PM Charest à modifier immédiatement le mandat du BAPE afin que les citoyens obtiennent les vraies réponses à leurs questions. De plus, j’espère qu’il décrétera le moratoire demandé à hauts cris par eux. Le PM calmera ainsi les appréhensions de ses commettants. Rien n’est urgent puisque le gaz sera toujours là.
Il y a aussi un autre dossier qui nuit à Jean Charest. C’est celui des nouvelles taxes. Le 2 avril 2010, mon blog s’intitulait : « Bye, Bye, Jean Charest ». J’ai écrit ce dernier pour critiquer le budget de l’année que venait de déposer le ministre des finances à l’Assemblée Nationale québécoise. Je fus tellement surpris de ce budget qui prévoit tant de taxes nouvelles et d’augmentations de tarifs que j’en avais conclu que Jean Charest ne serait pas réélu, car la politique québécoise m’a appris qu’un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre.
Les conséquences de ce budget pour les payeurs de taxes prirent un certain temps à apparaître. Elles commencent à se faire sentir comme on l’a vu depuis quelques mois. Depuis, le taux de satisfaction du PM baisse.
On peut donc conclure que ce n’est pas seulement la question du refus de Jean Charest de tenir une enquête publique sur la construction qui contribue à sa présente descente aux enfers. Il y a aussi les craintes des Québécois et Québécoises au sujet de l’exploitation future du gaz de schiste et leurs révoltes devant les nouvelles taxes et tarifs. Tout cela pèse dans la balance anti-Charest.
Jean Charest peut-il se sortir de l’étau qui le resserre de plus en plus ? Je le crois, s’il décide finalement :
1. De créer une enquête publique dans le domaine de la construction. Perdra-t-il la face s’il « vire son capot de bord », à ce moment-ci ? Pas nécessairement, car l’opération policière « marteau », qu’il a mise en place pour enquêter sur la construction, fait actuellement un travail de plus en plus intense. Elle pourra collaborer étroitement avec les nouveaux commissaires de l’enquête publique. Ainsi, ce qui est fait ne sera pas perdu et la nouvelle enquête publique pourra agir beaucoup plus rapidement.
2. De modifier le mandat du BAPE afin que celui-ci puisse faire une enquête complète et produire une évaluation environnementale stratégique (EES), afin de renseigner comme il se doit les Québécois et Québécoises.
3. D’assurer que son gouvernement coupera le plus possible dans ses dépenses afin de réduire les augmentations de taxes au strict minimum.
Si Charest ne fait rien, je crois que cela démontrera qu’il a décidé de quitter la politique.
Claude Dupras
Dans mon dernier blog « Jean Charest, le " punching bag " », je semblais expliquer la baisse rapide de sa popularité exclusivement par son refus de mettre sur pied une commission d’enquête dans le domaine de la construction. En fait, il y a plus que ça. Il y a aussi les sujets de l’exploitation du gaz de schiste et les taxes nouvelles.
Actuellement, le gouvernement autorise l’exploration de sources de gaz de schiste pour évaluer son potentiel énergétique global pour le Québec et son apport à son économie.
De retour au pays, depuis quelques jours, j’ai constaté combien cette question inquiète vivement les Québécois et les Québécoise. J’avais bien lu certaines critiques citoyennes et j’étais porté à penser qu’elles venaient surtout de ceux qui vivent à proximité des sites où l’exploration est en cours d’exécution. Je croyais que ces plaintes ne correspondaient qu’au syndrome « pas dans ma cour ». Je me suis trompé.
En effet, suite à quelques émissions de télé faisant état de l’expérience qu’ont connue les populations des états de la Pennsylvanie et de New York dans l’exploitation du gaz de schiste, les Québécois y voient maintenant des possibilités de danger pour la vie et de contamination des nappes phréatiques. Ils ont été profondément touchés par ces informations. Avec raison, ils sont devenus craintifs et voient dans un moratoire, qu’ils réclament maintenant expressivement, une façon d’arrêter les explorations jusqu’au moment où le gouvernement du Québec pourra leur faire la démonstration que l’exploitation de gaz de schiste n’engendrera pas de danger futur pour eux.
Le PM Charest, pour calmer les esprits, a soumis le dossier au Bureau d’Audiences Publiques pour l’environnement (BAPE) mais a refusé de décréter un moratoire.
Je ne suis pas d’accord avec cette approche du PM car le mandat actuel du BAPE ne couvre pas toutes les questions à analyser. En effet, il se limite à « proposer un cadre de développement de l’exploration et de l’exploitation, et proposer des orientations pour un encadrement légal et réglementaire ». Rien dans un tel rapport ne viendra calmer les appréhensions des Québécois sur ce sujet. Et c’est ce qui compte à ce moment-ci.
Ce qu’il faut faire c’est ce que propose l’Ordre des Ingénieurs du Québec : « un travail approfondi d’étude de la filière des gaz de schiste susceptible d’éclairer les citoyens et les décideurs et d’orienter la politique énergétique du Québec. … c’est une véritable évaluation environnementale stratégique (EES), qui vise à intégrer les facteurs environnementaux à l’élaboration de politiques, de plans et de programmes publics ». (Voir mon blog du 8 octobre 2010, « le gaz de schiste : rectifions le tir ! »)
L’exploitation du gaz de schiste apportera un avantage incroyable pour le Québec. 40% de nos énergies consommées viennent du pétrole et 13% du gaz naturel. Réduire appréciablement la partie de pétrole sale en faveur du gaz propre serait un apport important à l’environnement et par conséquent à notre qualité de vie. Ce sera aussi un gain économique extraordinaire pour tous les Québécois et Québécoises. Il est donc important que ce projet de développement énergétique aille de l’avant si des études bien faites démontrent qu’il n’y a pas de danger pour la vie humaine. Lorsque les Québécois seront bien instruits sur le sujet, je suis convaincu qu’ils seront d’accord à poursuivre ce projet important.
J’en appelle au PM Charest à modifier immédiatement le mandat du BAPE afin que les citoyens obtiennent les vraies réponses à leurs questions. De plus, j’espère qu’il décrétera le moratoire demandé à hauts cris par eux. Le PM calmera ainsi les appréhensions de ses commettants. Rien n’est urgent puisque le gaz sera toujours là.
Il y a aussi un autre dossier qui nuit à Jean Charest. C’est celui des nouvelles taxes. Le 2 avril 2010, mon blog s’intitulait : « Bye, Bye, Jean Charest ». J’ai écrit ce dernier pour critiquer le budget de l’année que venait de déposer le ministre des finances à l’Assemblée Nationale québécoise. Je fus tellement surpris de ce budget qui prévoit tant de taxes nouvelles et d’augmentations de tarifs que j’en avais conclu que Jean Charest ne serait pas réélu, car la politique québécoise m’a appris qu’un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre.
Les conséquences de ce budget pour les payeurs de taxes prirent un certain temps à apparaître. Elles commencent à se faire sentir comme on l’a vu depuis quelques mois. Depuis, le taux de satisfaction du PM baisse.
On peut donc conclure que ce n’est pas seulement la question du refus de Jean Charest de tenir une enquête publique sur la construction qui contribue à sa présente descente aux enfers. Il y a aussi les craintes des Québécois et Québécoises au sujet de l’exploitation future du gaz de schiste et leurs révoltes devant les nouvelles taxes et tarifs. Tout cela pèse dans la balance anti-Charest.
Jean Charest peut-il se sortir de l’étau qui le resserre de plus en plus ? Je le crois, s’il décide finalement :
1. De créer une enquête publique dans le domaine de la construction. Perdra-t-il la face s’il « vire son capot de bord », à ce moment-ci ? Pas nécessairement, car l’opération policière « marteau », qu’il a mise en place pour enquêter sur la construction, fait actuellement un travail de plus en plus intense. Elle pourra collaborer étroitement avec les nouveaux commissaires de l’enquête publique. Ainsi, ce qui est fait ne sera pas perdu et la nouvelle enquête publique pourra agir beaucoup plus rapidement.
2. De modifier le mandat du BAPE afin que celui-ci puisse faire une enquête complète et produire une évaluation environnementale stratégique (EES), afin de renseigner comme il se doit les Québécois et Québécoises.
3. D’assurer que son gouvernement coupera le plus possible dans ses dépenses afin de réduire les augmentations de taxes au strict minimum.
Si Charest ne fait rien, je crois que cela démontrera qu’il a décidé de quitter la politique.
Claude Dupras
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vendredi 19 novembre 2010
Jean Charest : Le « punching bag »
Corruption ! Corruption! Corruption ! C’est tout ce que l’on entend au Québec! Le premier ministre Jean Charest est la cible de ces attaques et le mouvement s’amplifie au point que l’on peut se demander s’il démissionnera ou pas.
Jean Charest est-il vraiment un politicien corrompu ? Je dis non.
Son erreur a été de refuser de mettre sur pied une commission d’enquête sur ce qui se passe dans le domaine de la construction au Québec. J’ai été un des premiers à la réclamer, le 13 mai 2009, dans mon blog intitulé « Des prix de fous », et je suis revenu souventes fois à la charge dans d’autres blogs.
Ancien ingénieur conseil avec 40 ans dans la construction, je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles lorsque je constatais les dépassements des coûts de construction de certains grands projets. Des augmentations qui allaient du simple au double quand ce n’était pas au triple. Parmi ceux-là, il y avait, entre autres, l’extension du métro à Laval, l’autoroute Ville-Marie, le centre d’entretien de l’agence métropolitaine de transport et le centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM).
Je posais alors les questions : « Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Y a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? ».
L’élection à Montréal en novembre 2009 ajouta à mon questionnement. Les journalistes d’enquêtes de La Presse révélèrent des informations troublantes sur une série de super contrats accordés à des prix exorbitants par la ville. Les Québécois comprirent alors que quelque chose ne tournait pas rond dans le domaine de la construction. Malgré tout, le maire Tremblay fut réélu.
Jean Charest décida alors de confier le dossier sur ces problèmes à la Sûreté du Québec. Pour lui, une enquête policière pouvait être enclenchée plus vite qu’une commission d’enquête gouvernementale qui nécessite plus d’une année à se mettre en place. Le budget de la Sûreté fut augmenté considérablement. Mais une vague déferlante anti-premier-ministre se manifesta contre cette décision. Du jamais vu. Depuis, l’opposition affirme n’importe quoi contre Charest et tout est rapporté et amplifié aussitôt dans les médias. À ce jour, les policiers n’ont rien révélé.
On frappe Charest avec la même ardeur qu’un boxeur attaque vicieusement son « punching bag » durant son entraînement. C’est vraiment triste à voir car ce n’est pas à la hauteur d’une vraie démocratie.
Au lieu de parler d’économie, d’éducation, de santé, d’écologie, de développement…, l’opposition et les medias ne se concentrent que sur la tenue d’une enquête publique. Une pétition exigeant la démission immédiate de Jean Charest est affichée sur internet. Plus de 180,000 personnes ont signé en trois jours, et ça continue.
Jean Charest ne mérite pas cet acharnement qui vient surtout du Parti Québécois et de ses alliés qui y voient un moyen de reprendre le pouvoir. Les séparatistes « purs et durs » sont chauffés à bloc et voient la possibilité d’un nouveau référendum sur la séparation du Québec, si le PQ parvient aux affaires à Québec. Ils font tout pour répandre leur fiel anti-Charest et réussissent. À écouter, voir et lire tout ce qui s’écrit, on a l’impression que Jean Charest et son parti libéral sont foutus. Mais ce n’est pas aussi simple.
Léger-Marketing vient de publier un récent sondage sur la politique au Québec. C’est là que l’on peut voir la vraie image des sentiments des Québécois. Le PQ obtient 37% dans les intentions de vote, le parti libéral 33%, l’ADQ 11%, Québec solidaire 8% et le parti vert 6%. Mais ce qui est plus révélateur, c’est que malgré l’ouragan anti-Charest, on constate que le PQ a chuté de quatre points depuis le dernier sondage alors que le parti libéral a grimpé de trois. J’ai été fort surpris, mais c’est la réalité. Et cela malgré le taux d’insatisfaction envers le PM Charest de 78%, le plus élevé jamais. En somme, les Québécois et Québécoises disent, « quand je regarde Charest, je me désole mais quand je le compare avec les chefs des autres partis, je me console avec Charest ».
Donc, rien n’est perdu pour Charest. Certes, il traîne dans l’opinion publique derrière le Parti Québécois, mais il était dans la même situation au début de la dernière élection générale, qu’il a gagnée.
Pourquoi les Québécois réagissent-ils ainsi ? Je crois qu’en eux-mêmes, ils savent que Jean Charest est un bon premier ministre.
Ils constatent que malgré la crise économique, le Québec s’en est mieux sorti par rapport aux autres provinces canadiennes. Ici, l’économie roule et le taux de chômage est le plus bas au Canada. La construction va…
Ils savent que Charest sait défendre le Québec durant ses rencontres fédérales-provinciales. Ils se rappellent que l’ex-PM canadien Paul Martin à cédé aux provinces, devant les arguments de Jean Charest, le pouvoir de dépenser à leur guise les octrois fédéraux dédiéds à des projets particuliers. C’était une première canadienne. Jamais dans le passé, les provinces canadiennes avaient été autorisées à utiliser l’argent qui venait d’Ottawa à des fins autres que celles qu’Ottawa avait choisies. Charest avait appliqué ces octrois à des diminutions des impôts des particuliers afin que le taux d’imposition au Québec soit compétitif avec celui des autres provinces.
Il vient tout juste de signer une entente avec le gouvernement fédéral qui reconnaît que le Québec a droit à sa différence.
Il a bien représenté le Québec auprès des gouverneurs des États de l’est américain et a réussi à signer des contrats importants pour les alimenter en électricité du Québec. Voyant là un avenir rempli de revenus extraordinaires, il a engagé la construction de nouveaux barrages hydro-électriques.
Il a créé le Conseil de la Fédération pour réunir les provinces afin qu’elles aient plus de poids dans leurs discussions avec le gouvernement du Canada. À ce jour, cela a donné des résultats très positifs.
Il a su contrôler les dépenses, baisser les impôts, éliminer la taxe sur le capital, augmenter la main-d’œuvre qualifiée en haussant l’immigration, passer une loi sur la retraite progressive, faire adopter le pacte sur l'emploi et l'entente sur la reconnaissance des compétences, dégeler les droits de scolarité, imposer le bulletin chiffré, renforcer le code de la sécurité routière. Il a entrepris, par son dernier budget, la réduction du déficit et de la dette.
Il a nommé, pour la première fois, autant de femmes que d’hommes comme ministres.
Son gouvernement a investi massivement dans les infrastructures, dans le développement énergétique et dans le secteur manufacturier pour créer des emplois et assurer une économie prospère. Son « timing » a été parfait et c’est au plus fort de la crise que les emplois nouveaux arrivèrent sur le marché.
Même la présidente syndicaliste de la CSN reconnaît que « Jean Charest a bien mesuré le terrain, ouvert le débat avec l’opposition et n’est pas provocateur ».
En conclusion, il faut reconnaître que Jean Charest a été, à ce jour, un des bons premiers ministres du Québec. Les électeurs le savent puisqu’ils l’ont réélu trois fois. Évidemment, l’opposition ne cherche qu’à le réduire et à le critiquer, mais nous, les Québécois et les Québécoises, jugeons un homme à ses actes.
Il est vrai que Jean Charest a fait des erreurs politiques et qu’il a fait des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord. De gros problèmes n’ont pas été réglés à notre satisfaction, tels : les attentes dans les hôpitaux, le décrochage scolaire…
J’ai toujours cru que la vraie façon de juger un homme ou une femme politique était d’utiliser le principe de « la balance ». On place dans un plateau les bonnes décisions et on place dans l’autre celles avec lesquelles on n’est pas d’accord. Puis, on constate de quel côté elle penche. En rapport avec le bilan de Jean Charest, j’estime qu’elle s’abaisse du bon côté.
Claude Dupras
ps. À ce jour, a-t-on fait la preuve que Jean Charest est un homme politique corrompu ? Je ne le crois pas même si on l’a dit, répété et amplifié. Il a respecté les lois du Québec.
Malheureusement, d’autres personnes, particulièrement des contributeurs financiers comme dans l’affaire des prête-noms, n’ont pas respecté l’esprit de la loi. Mais cela n’est pas la faute de Jean Charest ni celle de Pauline Marois ou de Mario Dumont, puisque non seulement le parti libéral a reçu des contributions importantes de ces personnes mais aussi le PQ et l’ADQ, lors de la dernière élection générale.
Quant aux individus choisis pour remplir des tâches au gouvernement ou dans des agences gouvernementales, qu’ils soient souventes fois libéraux ne me surprend pas. Du temps du parti Québécois, ils étaient péquistes et ces derniers contribuaient aussi à la caisse de leur parti. D’ailleurs, c’est de même à Ottawa, dans toutes les provinces canadiennes, aux USA et en France. Je ne veux pas que l’on pense que je suis d’accord avec ces manières d’agir, mais on doit faire la part des choses. J’aimerais mieux que tous les Québécois et Québécoises, quelles que soient leurs pensées politiques, soient traités équitablement et aient les mêmes opportunités nonobstant la couleur du gouvernement. Mais je crains que ce ne soit qu’une utopie.
Je sais que plusieurs diront que je ne suis qu’un libéral. Ils se trompent, je ne le suis pas et je ne l’ai jamais été. J’ai déjà été partisan, un « bleu » comme on disait, surtout au niveau fédéral, mais je suis devenu indépendant depuis 1986.
J’aime la politique et respecte les politiciens. Je m’abstiens de parler contre eux personnellement car ce sont les politiques qui comptent. J’invite ceux qui critiquent, et c’est leur droit, à faire de même avec des arguments fondés. Ainsi, nous rendrons service à notre société. Autrement, c’est une perte de temps et un « salissage ! intolérable de réputations d’individus. Pensons à leur famille. CD
Jean Charest est-il vraiment un politicien corrompu ? Je dis non.
Son erreur a été de refuser de mettre sur pied une commission d’enquête sur ce qui se passe dans le domaine de la construction au Québec. J’ai été un des premiers à la réclamer, le 13 mai 2009, dans mon blog intitulé « Des prix de fous », et je suis revenu souventes fois à la charge dans d’autres blogs.
Ancien ingénieur conseil avec 40 ans dans la construction, je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles lorsque je constatais les dépassements des coûts de construction de certains grands projets. Des augmentations qui allaient du simple au double quand ce n’était pas au triple. Parmi ceux-là, il y avait, entre autres, l’extension du métro à Laval, l’autoroute Ville-Marie, le centre d’entretien de l’agence métropolitaine de transport et le centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM).
Je posais alors les questions : « Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Y a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? ».
L’élection à Montréal en novembre 2009 ajouta à mon questionnement. Les journalistes d’enquêtes de La Presse révélèrent des informations troublantes sur une série de super contrats accordés à des prix exorbitants par la ville. Les Québécois comprirent alors que quelque chose ne tournait pas rond dans le domaine de la construction. Malgré tout, le maire Tremblay fut réélu.
Jean Charest décida alors de confier le dossier sur ces problèmes à la Sûreté du Québec. Pour lui, une enquête policière pouvait être enclenchée plus vite qu’une commission d’enquête gouvernementale qui nécessite plus d’une année à se mettre en place. Le budget de la Sûreté fut augmenté considérablement. Mais une vague déferlante anti-premier-ministre se manifesta contre cette décision. Du jamais vu. Depuis, l’opposition affirme n’importe quoi contre Charest et tout est rapporté et amplifié aussitôt dans les médias. À ce jour, les policiers n’ont rien révélé.
On frappe Charest avec la même ardeur qu’un boxeur attaque vicieusement son « punching bag » durant son entraînement. C’est vraiment triste à voir car ce n’est pas à la hauteur d’une vraie démocratie.
Au lieu de parler d’économie, d’éducation, de santé, d’écologie, de développement…, l’opposition et les medias ne se concentrent que sur la tenue d’une enquête publique. Une pétition exigeant la démission immédiate de Jean Charest est affichée sur internet. Plus de 180,000 personnes ont signé en trois jours, et ça continue.
Jean Charest ne mérite pas cet acharnement qui vient surtout du Parti Québécois et de ses alliés qui y voient un moyen de reprendre le pouvoir. Les séparatistes « purs et durs » sont chauffés à bloc et voient la possibilité d’un nouveau référendum sur la séparation du Québec, si le PQ parvient aux affaires à Québec. Ils font tout pour répandre leur fiel anti-Charest et réussissent. À écouter, voir et lire tout ce qui s’écrit, on a l’impression que Jean Charest et son parti libéral sont foutus. Mais ce n’est pas aussi simple.
Léger-Marketing vient de publier un récent sondage sur la politique au Québec. C’est là que l’on peut voir la vraie image des sentiments des Québécois. Le PQ obtient 37% dans les intentions de vote, le parti libéral 33%, l’ADQ 11%, Québec solidaire 8% et le parti vert 6%. Mais ce qui est plus révélateur, c’est que malgré l’ouragan anti-Charest, on constate que le PQ a chuté de quatre points depuis le dernier sondage alors que le parti libéral a grimpé de trois. J’ai été fort surpris, mais c’est la réalité. Et cela malgré le taux d’insatisfaction envers le PM Charest de 78%, le plus élevé jamais. En somme, les Québécois et Québécoises disent, « quand je regarde Charest, je me désole mais quand je le compare avec les chefs des autres partis, je me console avec Charest ».
Donc, rien n’est perdu pour Charest. Certes, il traîne dans l’opinion publique derrière le Parti Québécois, mais il était dans la même situation au début de la dernière élection générale, qu’il a gagnée.
Pourquoi les Québécois réagissent-ils ainsi ? Je crois qu’en eux-mêmes, ils savent que Jean Charest est un bon premier ministre.
Ils constatent que malgré la crise économique, le Québec s’en est mieux sorti par rapport aux autres provinces canadiennes. Ici, l’économie roule et le taux de chômage est le plus bas au Canada. La construction va…
Ils savent que Charest sait défendre le Québec durant ses rencontres fédérales-provinciales. Ils se rappellent que l’ex-PM canadien Paul Martin à cédé aux provinces, devant les arguments de Jean Charest, le pouvoir de dépenser à leur guise les octrois fédéraux dédiéds à des projets particuliers. C’était une première canadienne. Jamais dans le passé, les provinces canadiennes avaient été autorisées à utiliser l’argent qui venait d’Ottawa à des fins autres que celles qu’Ottawa avait choisies. Charest avait appliqué ces octrois à des diminutions des impôts des particuliers afin que le taux d’imposition au Québec soit compétitif avec celui des autres provinces.
Il vient tout juste de signer une entente avec le gouvernement fédéral qui reconnaît que le Québec a droit à sa différence.
Il a bien représenté le Québec auprès des gouverneurs des États de l’est américain et a réussi à signer des contrats importants pour les alimenter en électricité du Québec. Voyant là un avenir rempli de revenus extraordinaires, il a engagé la construction de nouveaux barrages hydro-électriques.
Il a créé le Conseil de la Fédération pour réunir les provinces afin qu’elles aient plus de poids dans leurs discussions avec le gouvernement du Canada. À ce jour, cela a donné des résultats très positifs.
Il a su contrôler les dépenses, baisser les impôts, éliminer la taxe sur le capital, augmenter la main-d’œuvre qualifiée en haussant l’immigration, passer une loi sur la retraite progressive, faire adopter le pacte sur l'emploi et l'entente sur la reconnaissance des compétences, dégeler les droits de scolarité, imposer le bulletin chiffré, renforcer le code de la sécurité routière. Il a entrepris, par son dernier budget, la réduction du déficit et de la dette.
Il a nommé, pour la première fois, autant de femmes que d’hommes comme ministres.
Son gouvernement a investi massivement dans les infrastructures, dans le développement énergétique et dans le secteur manufacturier pour créer des emplois et assurer une économie prospère. Son « timing » a été parfait et c’est au plus fort de la crise que les emplois nouveaux arrivèrent sur le marché.
Même la présidente syndicaliste de la CSN reconnaît que « Jean Charest a bien mesuré le terrain, ouvert le débat avec l’opposition et n’est pas provocateur ».
En conclusion, il faut reconnaître que Jean Charest a été, à ce jour, un des bons premiers ministres du Québec. Les électeurs le savent puisqu’ils l’ont réélu trois fois. Évidemment, l’opposition ne cherche qu’à le réduire et à le critiquer, mais nous, les Québécois et les Québécoises, jugeons un homme à ses actes.
Il est vrai que Jean Charest a fait des erreurs politiques et qu’il a fait des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord. De gros problèmes n’ont pas été réglés à notre satisfaction, tels : les attentes dans les hôpitaux, le décrochage scolaire…
J’ai toujours cru que la vraie façon de juger un homme ou une femme politique était d’utiliser le principe de « la balance ». On place dans un plateau les bonnes décisions et on place dans l’autre celles avec lesquelles on n’est pas d’accord. Puis, on constate de quel côté elle penche. En rapport avec le bilan de Jean Charest, j’estime qu’elle s’abaisse du bon côté.
Claude Dupras
ps. À ce jour, a-t-on fait la preuve que Jean Charest est un homme politique corrompu ? Je ne le crois pas même si on l’a dit, répété et amplifié. Il a respecté les lois du Québec.
Malheureusement, d’autres personnes, particulièrement des contributeurs financiers comme dans l’affaire des prête-noms, n’ont pas respecté l’esprit de la loi. Mais cela n’est pas la faute de Jean Charest ni celle de Pauline Marois ou de Mario Dumont, puisque non seulement le parti libéral a reçu des contributions importantes de ces personnes mais aussi le PQ et l’ADQ, lors de la dernière élection générale.
Quant aux individus choisis pour remplir des tâches au gouvernement ou dans des agences gouvernementales, qu’ils soient souventes fois libéraux ne me surprend pas. Du temps du parti Québécois, ils étaient péquistes et ces derniers contribuaient aussi à la caisse de leur parti. D’ailleurs, c’est de même à Ottawa, dans toutes les provinces canadiennes, aux USA et en France. Je ne veux pas que l’on pense que je suis d’accord avec ces manières d’agir, mais on doit faire la part des choses. J’aimerais mieux que tous les Québécois et Québécoises, quelles que soient leurs pensées politiques, soient traités équitablement et aient les mêmes opportunités nonobstant la couleur du gouvernement. Mais je crains que ce ne soit qu’une utopie.
Je sais que plusieurs diront que je ne suis qu’un libéral. Ils se trompent, je ne le suis pas et je ne l’ai jamais été. J’ai déjà été partisan, un « bleu » comme on disait, surtout au niveau fédéral, mais je suis devenu indépendant depuis 1986.
J’aime la politique et respecte les politiciens. Je m’abstiens de parler contre eux personnellement car ce sont les politiques qui comptent. J’invite ceux qui critiquent, et c’est leur droit, à faire de même avec des arguments fondés. Ainsi, nous rendrons service à notre société. Autrement, c’est une perte de temps et un « salissage ! intolérable de réputations d’individus. Pensons à leur famille. CD
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dimanche 14 novembre 2010
Québec: la foire d'empoigne
Au Québec, comme en France, nous sommes rendus à un stage où trop de politiciens ou partisans politiques croient nécessaire de lutter contre leurs adversaires en les frappant en bas de la ceinture pour se donner un avantage ou pour aider leur parti.
J’en ai marre, comme disent si bien les Français, des insinuations mensongères, des fausses vérités qu’on qualifie de réelles, des scénarios noirs forgés de toutes pièces... en somme, de cette « politicaillerie » dépourvue de scrupule et d’envergure politique.
Il y a trop de débats stériles, vains, inutiles, sans profondeur dont le ton est indigne et mesquin. On peut se tromper dans un débat en se servant, sans le savoir, de données ou de faits imprécis, c’est normal, mais de là à utiliser volontairement des faussetés ou faire des accusations injustes qui visent la personne de l’opposant, il y a une marge.
Suite à la mauvaise décision du PM Jean Charest de refuser une enquête publique sur la construction, un mal-être se généralise au Québec. Cependant, il ne doit pas se transformer en une dissension violente entre les Québécois et Québécoises aux opinions différentes.
Les commentaires positifs ou négatifs basés sur des opinions sérieuses sont sains et les bienvenus par toute personne qui écrit ou discourt car ils ajoutent à l’intérêt du sujet débattu, aident à mieux le comprendre et à le nuancer. Malheureusement d’autres commentaires tordus de politiciens, de certains journalistes, de blogueurs, d’animateurs d’émissions radio, de sites internet, de commentateurs de blogs semblent avoir comme seul but de vouloir faire pourrir le débat et de salir les réputations. Cela nourrit la mal-information et n’aide personne.
La profession politique est une des plus importantes dans notre société. Il faut la respecter, l’aider et la valoriser dans l’opinion publique afin que les meilleurs de notre société aient le goût d’y accéder. Sinon, nous aurons les politiciens que l’on mérite.
Ce n’est pas en traitant l’adversaire de tous les noms, sans preuves réelles, que l’on atteindra ce but. Je demeure convaincu que la vaste majorité de nos politiciens et politiciennes, quelque soit leur parti, sont des personnes intègres et honnêtes. Malheureusement, à écouter le débat public au Québec et à lire les commentaires, on reste avec l’impression que nous sommes dirigés par une bande de vendus, de voyous, de truands, d’alliés de mafiosi, d’imbéciles, de profiteurs et encore.
Assez, c’est assez, la foire d’empoigne !
Nos hommes et femmes politiques doivent être jugés sur leurs mots et leurs actions. Qu’on les aime ou non, c’est notre droit. Mais agissons de façon responsable et n’oublions pas que c’est dans la boîte de scrutin que se décidera s’ils doivent être appréciés ou châtiés.
Claude Dupras
J’en ai marre, comme disent si bien les Français, des insinuations mensongères, des fausses vérités qu’on qualifie de réelles, des scénarios noirs forgés de toutes pièces... en somme, de cette « politicaillerie » dépourvue de scrupule et d’envergure politique.
Il y a trop de débats stériles, vains, inutiles, sans profondeur dont le ton est indigne et mesquin. On peut se tromper dans un débat en se servant, sans le savoir, de données ou de faits imprécis, c’est normal, mais de là à utiliser volontairement des faussetés ou faire des accusations injustes qui visent la personne de l’opposant, il y a une marge.
Suite à la mauvaise décision du PM Jean Charest de refuser une enquête publique sur la construction, un mal-être se généralise au Québec. Cependant, il ne doit pas se transformer en une dissension violente entre les Québécois et Québécoises aux opinions différentes.
Les commentaires positifs ou négatifs basés sur des opinions sérieuses sont sains et les bienvenus par toute personne qui écrit ou discourt car ils ajoutent à l’intérêt du sujet débattu, aident à mieux le comprendre et à le nuancer. Malheureusement d’autres commentaires tordus de politiciens, de certains journalistes, de blogueurs, d’animateurs d’émissions radio, de sites internet, de commentateurs de blogs semblent avoir comme seul but de vouloir faire pourrir le débat et de salir les réputations. Cela nourrit la mal-information et n’aide personne.
La profession politique est une des plus importantes dans notre société. Il faut la respecter, l’aider et la valoriser dans l’opinion publique afin que les meilleurs de notre société aient le goût d’y accéder. Sinon, nous aurons les politiciens que l’on mérite.
Ce n’est pas en traitant l’adversaire de tous les noms, sans preuves réelles, que l’on atteindra ce but. Je demeure convaincu que la vaste majorité de nos politiciens et politiciennes, quelque soit leur parti, sont des personnes intègres et honnêtes. Malheureusement, à écouter le débat public au Québec et à lire les commentaires, on reste avec l’impression que nous sommes dirigés par une bande de vendus, de voyous, de truands, d’alliés de mafiosi, d’imbéciles, de profiteurs et encore.
Assez, c’est assez, la foire d’empoigne !
Nos hommes et femmes politiques doivent être jugés sur leurs mots et leurs actions. Qu’on les aime ou non, c’est notre droit. Mais agissons de façon responsable et n’oublions pas que c’est dans la boîte de scrutin que se décidera s’ils doivent être appréciés ou châtiés.
Claude Dupras
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coûts de construction,
Jean Charest,
politique québécoise
jeudi 30 septembre 2010
NON, le Québec n’est pas corrompu !
Le 19 mars dernier, mon blog s’intitulait « le Québec corrompu ? » dans lequel j’exprimais ma conviction que les Québécois et leur gouvernement ne sont pas corrompus.
Or, voilà, il y a à peine quelques jours, le magazine canadien Maclean’s a publié un long article sur le sujet et déclare en première page, avec force et en gros caractères couvrant l’entièreté de la page : « Québec : The most corrupt province ». Pour avoir de la copie, ce magazine est prêt à tout !
Cela m’a fait sursauter car l’affirmation est totalement fausse. L’article n’est qu’un regroupement de racontars tous croches sur des scandales qui ont éclaté au Québec depuis près de 80 ans. Pour trouver des arguments, les deux auteurs de ce torchon ont remonté dans le temps, au premier ministre Maurice Duplessis. Ils auraient pu creuser un autre 40 ans, au commencement du règne de l’ex-PM Alexandre Taschereau, pour trouver des histoires encore plus juteuses.
Leur texte n’est que du bavardage médisant qui s’ajoute aux ragots qui circulent dans le pays envers les Québécois francophones.
De l’ère Duplessis, les auteurs de l’article réfèrent au système de « patronage politique » qui existait. Cela est indéniable et l’enquête Salvas qui a eu lieu après l’entrée au pouvoir de Jean Lesage l’a démontré. Mais, sciemment, ils ne soulignent pas que des systèmes de même nature existaient aussi dans les autres provinces canadiennes, au gouvernement du pays et aux USA. Partout, pour se maintenir au pouvoir, les politiciens influents et leur parti accordaient à leurs amis des faveurs en reconnaissance de leur aide passée. Ils négligent de dire que Duplessis fut un bâtisseur et un rénovateur. Il a réalisé l’École Polytechnique de Montréal, la faculté des sciences de Laval, créé l’université de Sherbrooke, construit plus de 3,000 bâtiments scolaires, 144 hôpitaux, les premières autoroutes, pavé plus de 5,000 milles de routes, multiplié les barrages hydroélectriques, électrifié 90% du Québec, mis en place le crédit agricole, les premières lois sociales, et encore et encore.
De plus, il a bataillé ferme avec le gouvernement fédéral pour défendre la compétence fiscale du Québec au point de vue constitutionnel et pouvoir établir un premier impôt personnel provincial avec sa déduction de l’impôt fédéral. Ainsi le Québec a augmenté considérablement son autonomie. Avec la basse dette, que Duplessis a remboursée, d’année en année, et cette nouvelle ouverture fiscale, le Québec était prêt à se lancer financièrement dans « la révolution tranquille ». Mais où était donc le Québec avant lui ? Les auteurs n’en glissent pas un mot.
Le patronage de l’ère Duplessis a été utilisé par Jean Lesage pour convaincre les Québécois de lui faire confiance. Il a été élu et beaucoup de choses ont changé. Les lois se sont raffermies, le ministère de l’éducation a été créé, les soumissions publiques ont été instituées, les autoroutes se sont multipliées, le Québec a gagné d’autres points d’impôts, l’Hydro-Québec est devenu le monopole de l’électricité au Québec, etc… Mais un ingénieur qui n’était pas libéral n’obtenait pas de mandat, ni un avocat, etc… le patronage existait sous une autre forme. Malgré que l’équipe de Jean Lesage était qualifiée de l’ « équipe du tonnerre » à cause de la grande compétence et de l’intégrité de ses ministres, les auteurs de McClean’s ont repêché un article d’un historien qui soulignait, à ce moment-là, que « la province de Québec était l’endroit le plus corrompu de tout l’espace occupé par l’Australie, la Grande Bretagne, les USA et le Canada ». Comme citation fausse et mensongère, on ne peut trouver pire pour qualifier la « révolution tranquille » du Québec. Elle démontre bien la mauvaise foi des auteurs.
Pour les années suivantes, ces derniers soulignent les problèmes syndicaux importants qui se sont développés, lors de la construction de l’aéroport de Mirabel, du barrage hydroélectrique de la Baie James et dans l’industrie de la construction. Cette période fut particulièrement difficile pour l’ensemble des Québécois.. Le gouvernement de Robert Bourassa a finalement réagi et lancé l’enquête Cliche qui a dévoilé l’envergure du banditisme dans le milieu de la construction. Elle était due à une poignée de chefs syndicaux malhonnêtes. Ses recommandations ont mis fin à cette situation déplorable. Les Québécois furent scandalisés par le rapport de la commission et, à l’élection qui suivit, rejetèrent massivement les libéraux pour élire le premier gouvernement indépendantiste au Québec.
Plus tard, et il y a à peine quelques années, le gouvernement fédéral Martin à Ottawa forma une Commission d’enquête sur un scandale qui devenait évident, celui des « commandites ». Le but du gouvernement canadien était de publiciser le Canada dans toutes les activités sociales, récréatives, culturelles, sportives et autres du pays, particulièrement au Québec. L’enquête fut révélatrice et découvrit un scandale d’une envergure insoupçonnée. Les coupables, des fonctionnaires et des publicistes, furent clairement identifiés et punis sévèrement. Encore une fois, le peuple québécois a réagi vivement et rejeta le parti libéral aux élections fédérales qui suivirent.
Les auteurs de McClean’s ne manquent pas une occasion de baver sur le Québec. Ils voient de la corruption dans la démarche récente des députés conservateurs de la région de Québec pour obtenir du gouvernement canadien une partie importante du financement d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel. C’est une bêtise politique et non de la corruption.
Les auteurs accusent aussi de corruption les candidats de deux comtés fédéraux au Québec où se sont tenues des élections partielles récemment et où le gouvernement a dépensé démesurément pour aider la cause de ses candidats. Ils ont gagné de justesse face au Bloc québécois. Ce fut la même chose lors d’élections partielles hors Québec, mais cela, les auteurs n’en parlent pas. Tous les partis à quelque niveau que ce soit, Québec ou ailleurs au Canada, lorsqu’au pouvoir, font de même. Corruption ? Sûrement pas, mais une tactique électorale injuste qui est trop répandue au Canada car il en fut de même pour les comtés conservateurs du Canada qui ont reçu plus que leur part des argents du programme de stimulus implanté par le gouvernement fédéral pour contrer la crise économique. Ce ne sont pas les Québécois qui ont décidé de cela, mais l’intelligentsia du parti conservateur à Ottawa, et on sait tous qu’elle n’est pas québécoise. Encore une fois, cela n’est pas acceptable et doit être corrigé. De la corruption, c’est un peu fort… plutôt de la mal-administration.
Les auteurs ajoutent dans le même chapeau les transfuges des partis politiques : les députés qui changent de parti politique durant leur mandat. Parmi ceux-là, ils nomment Lucien Bouchard, qui a quitté le parti progressiste-conservateur du Canada pour joindre les rangs des indépendantistes du Parti Québécois. Bouchard, un homme corrompu pour avoir agi ainsi ? On y voit bien le manque d’arguments sérieux de ces journalistes du McClean’s.
Les récentes années nous ont apporté un scandale de nature différente : la flambée des coûts de la construction. Nous avons tous constaté ce nouveau phénomène en apprenant l’augmentation démesurée des coûts de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là, car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient des augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent… (mon blog du 13 août 2009 « des prix de fous »).
J’ai recommandé alors la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. J’estime qu’il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires avant que le Québec entreprenne les cinq prochaines années où plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures seront réalisés. Nous avons besoin d’hommes et de femmes politiques qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la qualité et les finances de la réalisation de grands projets de construction, infrastructures ou autres. Notre monde de la construction doit aussi être à la hauteur, honnête et respectueux des règles de l’art.
Le premier ministre québécois actuel Jean Charest, voit différemment et a confié à la police le mandat de trouver les coupables. J’espère qu’elle réussira. Mais cette décision du PM a déchainé contre lui une tempête politique qui le décrédibilise énormément et qui affectera dans l’avenir, si on juge par le passé, sa possibilité et celle de son parti de revenir au pouvoir, car les Québécois sont choqués de ce qu’ils apprennent.
Puis, il y a la question de l’heure. Celle de la nomination des juges par le gouvernement du Québec. Les deux auteurs de McClean’s semblent dire que les déclarations de l’ex-ministre de la justice Marc Bellemare sont vraies alors que de toute évidence aujourd’hui, après les témoignages de plusieurs personnes qui connaissent le rouage du gouvernement québécois, on peut en douter sérieusement. Ces auteurs disent que les Québécois acceptent les dires de Bellemare. Je crois qu’il est prématuré d’affirmer cela puisque la Commission n’a pas encore terminé son travail. Les Québécois sont plus intelligents que pensent les scribouilleurs de McClean’s
Conclusion
Il est clair que tout au long de l’histoire du Québec, il y a eu des scandales politiques. C’est la même chose ailleurs. Le peuple du Québec a toujours réagi vivement à ces scandales, à partir du moment où ils ont été connus. Il a, à chaque fois, rejeté aux urnes le gouvernement en fonction à ce moment-la. Il le voyait responsable de n’avoir pas agi pour éviter de telles situations.
Il est clair que ces scandales sont le lot de quelques individus qui obtiennent un pouvoir particulier du gouvernement et qui l’utilisent de façon malhonnête. Encore là, à chaque fois, malgré que le gouvernement pouvait être impliqué indirectement, ce dernier a réagi et a fait enquête via une commission ou autrement, même si les retombées pouvaient lui nuire.
J’ai connu un très grand nombre d’hommes et de femmes politiques, à tous les niveaux, et je suis absolument convaincu que l’ensemble de ces individus est honnête, intègre et bien intentionné.
Les scandales politiques se manifestent partout au Canada, et non surtout au Québec. C’est de la démagogie pure d’affirmer que le Québec est la province la plus corrompue du pays. C’est vouloir faire mal, salir, dénigrer et gagner aisément des sous au détriment d’autrui. Ces deux journalistes de McClean’s, n’ont cherché qu’à produire une forte impression de surprise, d'intérêt ou d'émotion nonobstant les conséquences néfastes pour les Québécois. Ils voulaient de l’effet, rien d’autre et cela par intérêt personnel. Ce sont clairement des personnages qui ne sont pas à la hauteur du professionnalisme que requiert leur profession. Ce sont de tristes personnages.
Claude Dupras
Or, voilà, il y a à peine quelques jours, le magazine canadien Maclean’s a publié un long article sur le sujet et déclare en première page, avec force et en gros caractères couvrant l’entièreté de la page : « Québec : The most corrupt province ». Pour avoir de la copie, ce magazine est prêt à tout !
Cela m’a fait sursauter car l’affirmation est totalement fausse. L’article n’est qu’un regroupement de racontars tous croches sur des scandales qui ont éclaté au Québec depuis près de 80 ans. Pour trouver des arguments, les deux auteurs de ce torchon ont remonté dans le temps, au premier ministre Maurice Duplessis. Ils auraient pu creuser un autre 40 ans, au commencement du règne de l’ex-PM Alexandre Taschereau, pour trouver des histoires encore plus juteuses.
Leur texte n’est que du bavardage médisant qui s’ajoute aux ragots qui circulent dans le pays envers les Québécois francophones.
De l’ère Duplessis, les auteurs de l’article réfèrent au système de « patronage politique » qui existait. Cela est indéniable et l’enquête Salvas qui a eu lieu après l’entrée au pouvoir de Jean Lesage l’a démontré. Mais, sciemment, ils ne soulignent pas que des systèmes de même nature existaient aussi dans les autres provinces canadiennes, au gouvernement du pays et aux USA. Partout, pour se maintenir au pouvoir, les politiciens influents et leur parti accordaient à leurs amis des faveurs en reconnaissance de leur aide passée. Ils négligent de dire que Duplessis fut un bâtisseur et un rénovateur. Il a réalisé l’École Polytechnique de Montréal, la faculté des sciences de Laval, créé l’université de Sherbrooke, construit plus de 3,000 bâtiments scolaires, 144 hôpitaux, les premières autoroutes, pavé plus de 5,000 milles de routes, multiplié les barrages hydroélectriques, électrifié 90% du Québec, mis en place le crédit agricole, les premières lois sociales, et encore et encore.
De plus, il a bataillé ferme avec le gouvernement fédéral pour défendre la compétence fiscale du Québec au point de vue constitutionnel et pouvoir établir un premier impôt personnel provincial avec sa déduction de l’impôt fédéral. Ainsi le Québec a augmenté considérablement son autonomie. Avec la basse dette, que Duplessis a remboursée, d’année en année, et cette nouvelle ouverture fiscale, le Québec était prêt à se lancer financièrement dans « la révolution tranquille ». Mais où était donc le Québec avant lui ? Les auteurs n’en glissent pas un mot.
Le patronage de l’ère Duplessis a été utilisé par Jean Lesage pour convaincre les Québécois de lui faire confiance. Il a été élu et beaucoup de choses ont changé. Les lois se sont raffermies, le ministère de l’éducation a été créé, les soumissions publiques ont été instituées, les autoroutes se sont multipliées, le Québec a gagné d’autres points d’impôts, l’Hydro-Québec est devenu le monopole de l’électricité au Québec, etc… Mais un ingénieur qui n’était pas libéral n’obtenait pas de mandat, ni un avocat, etc… le patronage existait sous une autre forme. Malgré que l’équipe de Jean Lesage était qualifiée de l’ « équipe du tonnerre » à cause de la grande compétence et de l’intégrité de ses ministres, les auteurs de McClean’s ont repêché un article d’un historien qui soulignait, à ce moment-là, que « la province de Québec était l’endroit le plus corrompu de tout l’espace occupé par l’Australie, la Grande Bretagne, les USA et le Canada ». Comme citation fausse et mensongère, on ne peut trouver pire pour qualifier la « révolution tranquille » du Québec. Elle démontre bien la mauvaise foi des auteurs.
Pour les années suivantes, ces derniers soulignent les problèmes syndicaux importants qui se sont développés, lors de la construction de l’aéroport de Mirabel, du barrage hydroélectrique de la Baie James et dans l’industrie de la construction. Cette période fut particulièrement difficile pour l’ensemble des Québécois.. Le gouvernement de Robert Bourassa a finalement réagi et lancé l’enquête Cliche qui a dévoilé l’envergure du banditisme dans le milieu de la construction. Elle était due à une poignée de chefs syndicaux malhonnêtes. Ses recommandations ont mis fin à cette situation déplorable. Les Québécois furent scandalisés par le rapport de la commission et, à l’élection qui suivit, rejetèrent massivement les libéraux pour élire le premier gouvernement indépendantiste au Québec.
Plus tard, et il y a à peine quelques années, le gouvernement fédéral Martin à Ottawa forma une Commission d’enquête sur un scandale qui devenait évident, celui des « commandites ». Le but du gouvernement canadien était de publiciser le Canada dans toutes les activités sociales, récréatives, culturelles, sportives et autres du pays, particulièrement au Québec. L’enquête fut révélatrice et découvrit un scandale d’une envergure insoupçonnée. Les coupables, des fonctionnaires et des publicistes, furent clairement identifiés et punis sévèrement. Encore une fois, le peuple québécois a réagi vivement et rejeta le parti libéral aux élections fédérales qui suivirent.
Les auteurs de McClean’s ne manquent pas une occasion de baver sur le Québec. Ils voient de la corruption dans la démarche récente des députés conservateurs de la région de Québec pour obtenir du gouvernement canadien une partie importante du financement d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel. C’est une bêtise politique et non de la corruption.
Les auteurs accusent aussi de corruption les candidats de deux comtés fédéraux au Québec où se sont tenues des élections partielles récemment et où le gouvernement a dépensé démesurément pour aider la cause de ses candidats. Ils ont gagné de justesse face au Bloc québécois. Ce fut la même chose lors d’élections partielles hors Québec, mais cela, les auteurs n’en parlent pas. Tous les partis à quelque niveau que ce soit, Québec ou ailleurs au Canada, lorsqu’au pouvoir, font de même. Corruption ? Sûrement pas, mais une tactique électorale injuste qui est trop répandue au Canada car il en fut de même pour les comtés conservateurs du Canada qui ont reçu plus que leur part des argents du programme de stimulus implanté par le gouvernement fédéral pour contrer la crise économique. Ce ne sont pas les Québécois qui ont décidé de cela, mais l’intelligentsia du parti conservateur à Ottawa, et on sait tous qu’elle n’est pas québécoise. Encore une fois, cela n’est pas acceptable et doit être corrigé. De la corruption, c’est un peu fort… plutôt de la mal-administration.
Les auteurs ajoutent dans le même chapeau les transfuges des partis politiques : les députés qui changent de parti politique durant leur mandat. Parmi ceux-là, ils nomment Lucien Bouchard, qui a quitté le parti progressiste-conservateur du Canada pour joindre les rangs des indépendantistes du Parti Québécois. Bouchard, un homme corrompu pour avoir agi ainsi ? On y voit bien le manque d’arguments sérieux de ces journalistes du McClean’s.
Les récentes années nous ont apporté un scandale de nature différente : la flambée des coûts de la construction. Nous avons tous constaté ce nouveau phénomène en apprenant l’augmentation démesurée des coûts de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là, car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient des augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent… (mon blog du 13 août 2009 « des prix de fous »).
J’ai recommandé alors la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. J’estime qu’il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires avant que le Québec entreprenne les cinq prochaines années où plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures seront réalisés. Nous avons besoin d’hommes et de femmes politiques qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la qualité et les finances de la réalisation de grands projets de construction, infrastructures ou autres. Notre monde de la construction doit aussi être à la hauteur, honnête et respectueux des règles de l’art.
Le premier ministre québécois actuel Jean Charest, voit différemment et a confié à la police le mandat de trouver les coupables. J’espère qu’elle réussira. Mais cette décision du PM a déchainé contre lui une tempête politique qui le décrédibilise énormément et qui affectera dans l’avenir, si on juge par le passé, sa possibilité et celle de son parti de revenir au pouvoir, car les Québécois sont choqués de ce qu’ils apprennent.
Puis, il y a la question de l’heure. Celle de la nomination des juges par le gouvernement du Québec. Les deux auteurs de McClean’s semblent dire que les déclarations de l’ex-ministre de la justice Marc Bellemare sont vraies alors que de toute évidence aujourd’hui, après les témoignages de plusieurs personnes qui connaissent le rouage du gouvernement québécois, on peut en douter sérieusement. Ces auteurs disent que les Québécois acceptent les dires de Bellemare. Je crois qu’il est prématuré d’affirmer cela puisque la Commission n’a pas encore terminé son travail. Les Québécois sont plus intelligents que pensent les scribouilleurs de McClean’s
Conclusion
Il est clair que tout au long de l’histoire du Québec, il y a eu des scandales politiques. C’est la même chose ailleurs. Le peuple du Québec a toujours réagi vivement à ces scandales, à partir du moment où ils ont été connus. Il a, à chaque fois, rejeté aux urnes le gouvernement en fonction à ce moment-la. Il le voyait responsable de n’avoir pas agi pour éviter de telles situations.
Il est clair que ces scandales sont le lot de quelques individus qui obtiennent un pouvoir particulier du gouvernement et qui l’utilisent de façon malhonnête. Encore là, à chaque fois, malgré que le gouvernement pouvait être impliqué indirectement, ce dernier a réagi et a fait enquête via une commission ou autrement, même si les retombées pouvaient lui nuire.
J’ai connu un très grand nombre d’hommes et de femmes politiques, à tous les niveaux, et je suis absolument convaincu que l’ensemble de ces individus est honnête, intègre et bien intentionné.
Les scandales politiques se manifestent partout au Canada, et non surtout au Québec. C’est de la démagogie pure d’affirmer que le Québec est la province la plus corrompue du pays. C’est vouloir faire mal, salir, dénigrer et gagner aisément des sous au détriment d’autrui. Ces deux journalistes de McClean’s, n’ont cherché qu’à produire une forte impression de surprise, d'intérêt ou d'émotion nonobstant les conséquences néfastes pour les Québécois. Ils voulaient de l’effet, rien d’autre et cela par intérêt personnel. Ce sont clairement des personnages qui ne sont pas à la hauteur du professionnalisme que requiert leur profession. Ce sont de tristes personnages.
Claude Dupras
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jeudi 15 avril 2010
Halte, les moteurs !
Ce n’est pas drôle, aujourd’hui, d’être un homme politique. S’il est accusé de trafic d’influence ou de quoi que ce soit d’autre, même sans fondement, il est vite écrasé par une avalanche de nouvelles qui le salissent. Les nombreux médias qui existent de nos jours, pris dans une spirale de surenchère de popularité, n’hésitent pas à dire n’importe quoi pour émettre la nouvelle la plus percutante qu’importe la vérité ou encore, et c’est fort dommageable, les conséquences pour l’épouse, les enfants et la famille de l’individu visé. Ce dernier est vite déclaré coupable par l’opinion publique, même s’il est innocent. Mais où donc est le journalisme professionnel au Québec pour faire la part des choses ?
En ce moment, c’est le premier ministre du Québec, accusé par son ancien ministre de la justice, qui est la victime de ce nouveau mode d’harcèlement. Les sondages indiquent que les allégations de cet ex-ministre libéral, Marc Bellemare, sont crues par 65% de la population devenue cynique. À ce jour, ce dernier a insinué que le PM ne l’écoutait pas lorsqu’il se plaignait des influences de son parti politique en rapport avec les décisions du gouvernement et particulièrement avec la nomination des juges qui était de son ressort.
Le PM a vite réagi à ces insinuations et a institué une commission d’enquête publique sur la nomination des juges, présidée par un ex-juge de la Cour suprême du Canada. Récemment, il avait demandé au Directeur général des élections de faire enquête sur le financement des partis politiques. Avant cela, il avait ordonné à la police du Québec de créer une opération d’envergure pour enquêter sur de présumés scandales dans le domaine de la construction. Malgré que, dans tous ces cas, le parti libéral du Québec puisse être interrogé, touché et accusé, le PM n’a pas hésité à mettre en place toutes ces enquêtes.
Cela n’a pas calmé la rumeur publique qui a décidé que Jean Charest est coupable. Et les médias en mettent encore plus…
La grande erreur de Jean Charest a été de refuser d’instituer une enquête publique sur la construction. La population a été amenée a réclamer cette enquête et le PM a résisté pour des raisons, dit-il, de gouvernance et de coût. J’ai été parmi les premiers à la suggérer et je la veux toujours car c’est la seule façon de déterminer les vraies raisons des augmentations faramineuses des coûts de la construction. Si Jean Charest avait accepté de la créer, il ne serait pas dans la mire de ceux qui pensent qu’il veut cacher quelque chose et qui font tout pour l’ébranler.
Qu’importe le long passé politique du PM, ses victoires électorales répétées, son service comme élu au gouvernement du Canada et à celui du Québec, Jean Charest est, aujourd’hui, la victime d’insinuations et d’accusations gratuites sur tout et rien. On cherche à le dénigrer afin de le paralyser dans son travail. Les partis d’opposition voient là une chance unique de se remplumer électoralement. La chef du Parti Québécois, n’hésite pas à aller jusqu’à affirmer que ce sont les bailleurs de fonds du parti libéral qui mènent à Québec. Un « gouvernement clandestin » est la dernière trouvaille médiatique qu’a lancée Pauline Marois qui semble oublier qu’elle vit dans un château de verre.
Il est temps que nous nous ressaisissions tous et attendions le résultat des enquêtes. Il y a trop de problèmes importants qui confrontent notre société aujourd’hui pour se laisser distraire ainsi. Halte, les moteurs ! Soyons calmes, ne nous inquiétons pas, la lumière sera faite sur toutes ces affaires et nous saurons qui dit la vérité et connaîtrons les vrais coupables. Quand même, la démocratie n’est pas en péril !
Quant à l’octroi des contrats gouvernementaux, laissez-moi vous raconter un moment de ma vie : j’ai été durant 40 ans dans le génie conseil et le temps où ma firme obtint le plus de contrats directement du gouvernement du Québec fut lorsque René Lévesque était le PM québécois. Il avait institué un système de « roulement » d’octroi de contrats à toutes les firmes professionnelles. Dépendant de l’importance de la firme et de sa compétence, les nouveaux contrats étaient distribués à tour de rôle. Lorsque notre firme obtenait un mandat, alors son nom tombait au bas de la liste. La couleur politique des dirigeants de la firme ne comptait pas, ni les contributions financières au parti. Malheureusement suite son départ, le système a été démonté.
Aujourd’hui, le gouvernement du Québec devrait revenir à ce système de « roulement » qui évite le favoritisme, qui donne une chance égale à tout le monde et protège la réputation des hommes politiques et des partis. C’est une façon de faire qui est juste pour tout Québécois ou toute Québécoise qui a la compétence pour bien servir le gouvernement et qui offre ses services.
Claude Dupras
En ce moment, c’est le premier ministre du Québec, accusé par son ancien ministre de la justice, qui est la victime de ce nouveau mode d’harcèlement. Les sondages indiquent que les allégations de cet ex-ministre libéral, Marc Bellemare, sont crues par 65% de la population devenue cynique. À ce jour, ce dernier a insinué que le PM ne l’écoutait pas lorsqu’il se plaignait des influences de son parti politique en rapport avec les décisions du gouvernement et particulièrement avec la nomination des juges qui était de son ressort.
Le PM a vite réagi à ces insinuations et a institué une commission d’enquête publique sur la nomination des juges, présidée par un ex-juge de la Cour suprême du Canada. Récemment, il avait demandé au Directeur général des élections de faire enquête sur le financement des partis politiques. Avant cela, il avait ordonné à la police du Québec de créer une opération d’envergure pour enquêter sur de présumés scandales dans le domaine de la construction. Malgré que, dans tous ces cas, le parti libéral du Québec puisse être interrogé, touché et accusé, le PM n’a pas hésité à mettre en place toutes ces enquêtes.
Cela n’a pas calmé la rumeur publique qui a décidé que Jean Charest est coupable. Et les médias en mettent encore plus…
La grande erreur de Jean Charest a été de refuser d’instituer une enquête publique sur la construction. La population a été amenée a réclamer cette enquête et le PM a résisté pour des raisons, dit-il, de gouvernance et de coût. J’ai été parmi les premiers à la suggérer et je la veux toujours car c’est la seule façon de déterminer les vraies raisons des augmentations faramineuses des coûts de la construction. Si Jean Charest avait accepté de la créer, il ne serait pas dans la mire de ceux qui pensent qu’il veut cacher quelque chose et qui font tout pour l’ébranler.
Qu’importe le long passé politique du PM, ses victoires électorales répétées, son service comme élu au gouvernement du Canada et à celui du Québec, Jean Charest est, aujourd’hui, la victime d’insinuations et d’accusations gratuites sur tout et rien. On cherche à le dénigrer afin de le paralyser dans son travail. Les partis d’opposition voient là une chance unique de se remplumer électoralement. La chef du Parti Québécois, n’hésite pas à aller jusqu’à affirmer que ce sont les bailleurs de fonds du parti libéral qui mènent à Québec. Un « gouvernement clandestin » est la dernière trouvaille médiatique qu’a lancée Pauline Marois qui semble oublier qu’elle vit dans un château de verre.
Il est temps que nous nous ressaisissions tous et attendions le résultat des enquêtes. Il y a trop de problèmes importants qui confrontent notre société aujourd’hui pour se laisser distraire ainsi. Halte, les moteurs ! Soyons calmes, ne nous inquiétons pas, la lumière sera faite sur toutes ces affaires et nous saurons qui dit la vérité et connaîtrons les vrais coupables. Quand même, la démocratie n’est pas en péril !
Quant à l’octroi des contrats gouvernementaux, laissez-moi vous raconter un moment de ma vie : j’ai été durant 40 ans dans le génie conseil et le temps où ma firme obtint le plus de contrats directement du gouvernement du Québec fut lorsque René Lévesque était le PM québécois. Il avait institué un système de « roulement » d’octroi de contrats à toutes les firmes professionnelles. Dépendant de l’importance de la firme et de sa compétence, les nouveaux contrats étaient distribués à tour de rôle. Lorsque notre firme obtenait un mandat, alors son nom tombait au bas de la liste. La couleur politique des dirigeants de la firme ne comptait pas, ni les contributions financières au parti. Malheureusement suite son départ, le système a été démonté.
Aujourd’hui, le gouvernement du Québec devrait revenir à ce système de « roulement » qui évite le favoritisme, qui donne une chance égale à tout le monde et protège la réputation des hommes politiques et des partis. C’est une façon de faire qui est juste pour tout Québécois ou toute Québécoise qui a la compétence pour bien servir le gouvernement et qui offre ses services.
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vendredi 19 mars 2010
Le Québec corrompu ?
Il y a quelques jours, mon épouse et moi, apercevions sur la plage Isla Verde de Puerto Rico un attroupement de personnes. Je m’approche pour en comprendre la raison lorsque je me rends compte que c’est un groupe de Québécois dont le bateau de croisière est dans le port de San Juan et qui font un « tour » de l’île organisé par la compagnie de navigation. Heureux d’entendre parler français, je m’approche pour m’entretenir avec ces compatriotes qui sont rares à Puerto Rico puisque ce n’est pas un endroit privilégié par les agences de voyages canadiennes.
Curieux de nous trouver là, ils nous bombardent de questions dont plusieurs touchent la politique locale. Or, ici ce n’est pas rose car la corruption est omniprésente, au point que les prisons sont remplies d’ex-politiciens et de fonctionnaires. L’ancien gouverneur est un de ceux-là et les journaux ne cessent de rapporter les nouvelles de multiples procès qui mettent en relief la maladie qui ronge le milieu politique de cette île enchanteresse. À m’entendre expliquer la situation, plusieurs s’exclament spontanément « C’est comme au Québec ! » alors que les autres, qui m’écoutent, hochent de la tête pour signifier leur accord. À mon tour, d’instinct, je réagis « non, loin de là, chez nous nos hommes politiques et nos fonctionnaires sont honnêtes ». Cette remarque fut accueillie par des regards d’incrédulité qui me choquèrent intérieurement.
Je le crois fermement. Certes, je reconnais qu’il y a quelques oranges pourries dans le tas mais que la corruption soit généralisée au point que les Québécois et le Québécoises en viennent à le penser aujourd’hui, n’est pas la réalité.
Cette impression vient des scandales qui ont éclaté au grand jour lors de la dernière élection municipale à Montréal et qui ont été rapportés démesurément par les médias. Ces évènements particuliers ont jailli du monde de la construction dans la région métropolitaine où tout ne tourne pas rond. Je les ai dénoncés dans mes blogs passés, il y a près de trois ans, et j’ai été un des premiers à réclamer une « commission d’enquête sur les coûts de la construction », car comme ex-ingénieur-conseil avec plus de 40 ans d’expérience dans le domaine, j’étais sidéré et stupéfait devant l’augmentation « exponentielle » des coûts de travaux de construction de bâtiments et de travaux publics au Québec.
Mais ce n’est pas la seule raison qui a créé chez les Québécois la mauvaise opinion qu’ils ont maintenant de ceux qui les dirigent et gèrent leurs affaires gouvernementales. Elle vient surtout du refus du PM Charest de créer la commission d’enquête réclamée par presque tout le monde et de la campagne de « salissage » du PM, du gouvernement québécois, du parti libéral et indirectement de plusieurs fonctionnaires qu’a entreprise la chef du parti Québécois, Pauline Marois.
Je ne crois pas que Charest ait pris la bonne décision en mettant de côté une enquête publique et de confier aux policiers du Québec la tâche de faire les enquêtes nécessaires sur les allégations de tricherie dans le domaine de la construction à Montréal et ailleurs. Ceux-ci ont créé l’opération « marteau » qui est à l’œuvre. Cependant, je comprends le PM d’hésiter devant les coûts et les répercussions qu’une telle enquête peut générer. Il pense que les policiers peuvent atteindre le même but. J’espère qu’il a raison. En tout cas, les policiers ont toute la liberté d’agir, d’enquêter et peuvent même remonter au parti libéral, si nécessaire. D’autre part, c’est le ministre de la justice qui hier invitait ceux qui disent avoir des preuves de supposées malversations en rapport avec le financement du parti libéral, liées au domaine de la construction, d’adresser leurs doléances à la police. Aujourd’hui, en rapport avec ce cas, le directeur général des élections (DGE) a pris l’initiative de convoquer un accusateur dont le nom est devenu publique. Voilà qui démontre bien que c’est possible de se faire entendre si on a quelque chose à révéler.
Dans la question de l’enquête publique, Pauline Marois a vu une ouverture pour dénigrer son adversaire. Je constate malheureusement, aujourd’hui, que sa campagne porte fruits et je trouve cela irresponsable. Au lieu de parler des vrais problèmes, elle descend au plus bas de l’échelle de l’irresponsabilité politique et amplifie effrontément ses insinuations qu’elle sait mensongères. Elle salit sciemment toute la classe politique et mine la confiance que devraient avoir les Québécois et les Québécoises en leurs hommes et femmes politiques et en les fonctionnaires de leur gouvernement. Si elle a des preuves, qu’elle les dépose à l’Assemblée Nationale ou à la police ou au DGE. C’est facile de déblatérer malhonnêtement pour avoir de l’effet dans les médias mais ce n’est ni sérieux, ni le rôle, ni la responsabilité du chef de l’opposition d’agir ainsi. Elle doit avoir plus de retenue et penser aux conséquences de ses paroles sur l’ensemble de la vie politique québécoise.
J’ai écouté intégralement son récent discours devant le colloque du parti Québécois consacré à la création de la richesse. Au lieu de s’adresser au sujet important de la réunion, son discours ne fut qu’un ramassis de « qu’en-dira-t’on », d’insinuations et de faussetés qu’elle et son parti colportent depuis plusieurs mois sur la personne de Jean Charest et qu’elle a, à nouveau, malicieusement tordues et amplifiées davantage pour faire croire aux membres de son parti et aux Québécois que ce dernier n’est qu’un petit politicien corrompu. Ceux qui connaissent personnellement Jean Charest sont révoltés de cette bavure politique insoutenable car ils savent que ces accusations sont entièrement fausses.
Non, la politique au Québec n’est pas corrompue. Ses lois de financement des partis politiques sont uniques. Le Québec est un modèle de démocratie et de bon gouvernement dans le monde. Que cessent ces insinuations mensongères qui ne reflètent pas ce que nous sommes, qui nuisent à notre réputation et qui desserviront notre avenir politique !
Claude Dupras
Curieux de nous trouver là, ils nous bombardent de questions dont plusieurs touchent la politique locale. Or, ici ce n’est pas rose car la corruption est omniprésente, au point que les prisons sont remplies d’ex-politiciens et de fonctionnaires. L’ancien gouverneur est un de ceux-là et les journaux ne cessent de rapporter les nouvelles de multiples procès qui mettent en relief la maladie qui ronge le milieu politique de cette île enchanteresse. À m’entendre expliquer la situation, plusieurs s’exclament spontanément « C’est comme au Québec ! » alors que les autres, qui m’écoutent, hochent de la tête pour signifier leur accord. À mon tour, d’instinct, je réagis « non, loin de là, chez nous nos hommes politiques et nos fonctionnaires sont honnêtes ». Cette remarque fut accueillie par des regards d’incrédulité qui me choquèrent intérieurement.
Je le crois fermement. Certes, je reconnais qu’il y a quelques oranges pourries dans le tas mais que la corruption soit généralisée au point que les Québécois et le Québécoises en viennent à le penser aujourd’hui, n’est pas la réalité.
Cette impression vient des scandales qui ont éclaté au grand jour lors de la dernière élection municipale à Montréal et qui ont été rapportés démesurément par les médias. Ces évènements particuliers ont jailli du monde de la construction dans la région métropolitaine où tout ne tourne pas rond. Je les ai dénoncés dans mes blogs passés, il y a près de trois ans, et j’ai été un des premiers à réclamer une « commission d’enquête sur les coûts de la construction », car comme ex-ingénieur-conseil avec plus de 40 ans d’expérience dans le domaine, j’étais sidéré et stupéfait devant l’augmentation « exponentielle » des coûts de travaux de construction de bâtiments et de travaux publics au Québec.
Mais ce n’est pas la seule raison qui a créé chez les Québécois la mauvaise opinion qu’ils ont maintenant de ceux qui les dirigent et gèrent leurs affaires gouvernementales. Elle vient surtout du refus du PM Charest de créer la commission d’enquête réclamée par presque tout le monde et de la campagne de « salissage » du PM, du gouvernement québécois, du parti libéral et indirectement de plusieurs fonctionnaires qu’a entreprise la chef du parti Québécois, Pauline Marois.
Je ne crois pas que Charest ait pris la bonne décision en mettant de côté une enquête publique et de confier aux policiers du Québec la tâche de faire les enquêtes nécessaires sur les allégations de tricherie dans le domaine de la construction à Montréal et ailleurs. Ceux-ci ont créé l’opération « marteau » qui est à l’œuvre. Cependant, je comprends le PM d’hésiter devant les coûts et les répercussions qu’une telle enquête peut générer. Il pense que les policiers peuvent atteindre le même but. J’espère qu’il a raison. En tout cas, les policiers ont toute la liberté d’agir, d’enquêter et peuvent même remonter au parti libéral, si nécessaire. D’autre part, c’est le ministre de la justice qui hier invitait ceux qui disent avoir des preuves de supposées malversations en rapport avec le financement du parti libéral, liées au domaine de la construction, d’adresser leurs doléances à la police. Aujourd’hui, en rapport avec ce cas, le directeur général des élections (DGE) a pris l’initiative de convoquer un accusateur dont le nom est devenu publique. Voilà qui démontre bien que c’est possible de se faire entendre si on a quelque chose à révéler.
Dans la question de l’enquête publique, Pauline Marois a vu une ouverture pour dénigrer son adversaire. Je constate malheureusement, aujourd’hui, que sa campagne porte fruits et je trouve cela irresponsable. Au lieu de parler des vrais problèmes, elle descend au plus bas de l’échelle de l’irresponsabilité politique et amplifie effrontément ses insinuations qu’elle sait mensongères. Elle salit sciemment toute la classe politique et mine la confiance que devraient avoir les Québécois et les Québécoises en leurs hommes et femmes politiques et en les fonctionnaires de leur gouvernement. Si elle a des preuves, qu’elle les dépose à l’Assemblée Nationale ou à la police ou au DGE. C’est facile de déblatérer malhonnêtement pour avoir de l’effet dans les médias mais ce n’est ni sérieux, ni le rôle, ni la responsabilité du chef de l’opposition d’agir ainsi. Elle doit avoir plus de retenue et penser aux conséquences de ses paroles sur l’ensemble de la vie politique québécoise.
J’ai écouté intégralement son récent discours devant le colloque du parti Québécois consacré à la création de la richesse. Au lieu de s’adresser au sujet important de la réunion, son discours ne fut qu’un ramassis de « qu’en-dira-t’on », d’insinuations et de faussetés qu’elle et son parti colportent depuis plusieurs mois sur la personne de Jean Charest et qu’elle a, à nouveau, malicieusement tordues et amplifiées davantage pour faire croire aux membres de son parti et aux Québécois que ce dernier n’est qu’un petit politicien corrompu. Ceux qui connaissent personnellement Jean Charest sont révoltés de cette bavure politique insoutenable car ils savent que ces accusations sont entièrement fausses.
Non, la politique au Québec n’est pas corrompue. Ses lois de financement des partis politiques sont uniques. Le Québec est un modèle de démocratie et de bon gouvernement dans le monde. Que cessent ces insinuations mensongères qui ne reflètent pas ce que nous sommes, qui nuisent à notre réputation et qui desserviront notre avenir politique !
Claude Dupras
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samedi 17 octobre 2009
M. Charest le temps est arrivé… Une enquête publique, SVP
De jour en jour, on découvre, de plus en plus, l’envergure du scandale de l’augmentation des coûts de construction à Montréal et dans les alentours. Hier, les médias nous apprenaient qu’un km de route coûte au Québec 35% de plus que dans la province voisine de l’Ontario. Cela veut dire que pour le même montant nous avons 35% moins de travaux civils chez nous. C’est énorme et cela représente des milliards en taxes.
Je ne suis pas surpris car depuis longtemps j’analyse ce qui se passe et j’écris à un et à l’autre pour souligner ce scandale. J’ai d’ailleurs publié le 14 mai dernier un texte sur le sujet intitulé « Rien ne va plus » et j’ai fait un copié-collé, que j’ajoute au présent, pour l’information de mes lecteurs car il est de plus en plus d’actualité.
Il est temps que le PM du Québec Jean Charest se réveille et déclenche la « Commission d’enquête publique sur les coûts de construction » dans notre province que je réclame depuis longtemps. Ce ne sont pas les quelques enquêtes policières sur des cas précis qui vont changer globalement la situation, car le problème devient systémique.
Un aspect qui m’intrigue est le rôle des ingénieurs dans tout ce branle-bas. J’en ai été un toute ma vie professionnelle de 40 ans et j’ai toujours respecté notre code de déontologie qui nous oblige à assurer que par nos actes nous protégeons la société. Pourquoi, les ingénieurs-conseils civils qui ont fait les plans et devis pour les soumissions publiques de travaux publics, préparé les estimations budgétaires et finales pour leur clients, analysé les soumissions et fait les recommandations au donneur d’ouvrage, ne disent-ils rien ? Pourquoi, les ingénieurs du gouvernement ou des villes qui supervisent l’ensemble de l’évolution des projets, ne disent-ils rien ?.
Pourquoi les élus ont-ils accordé tous ces contrats dont les budgets étaient littéralement défoncés ?
Tous ces personnages sont des témoins importants et il devient urgent de les entendre répondre aux questions des enquêteurs.
Cette situation anormale nous coûte cher. Nous perdons la face dans les autres provinces et dans le monde où le mot corruption commence à s’identifier avec le nom de Montréal et celui du Québec. Il est temps que cela cesse. Quand même, nous ne sommes pas une république bananière !
Même si tous ces intervenants de la construction, entrepreneurs, fournisseurs, ingénieurs et autres souscrivent à la caisse du parti libéral du Québec, ce n’est pas une raison pour ne pas déclencher l’enquête car il y va de l’intérêt public et de notre réputation comme Québécois. C’est la seule façon de se débarrasser du « cancer » qui envahit notre société.
SVP, M. Charest, le temps est arrivé.
Claude Dupras
Rien ne va plus
Jeudi le 14 mai, 2009
Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple.
Nous avons tous constaté la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
J’ai oeuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans. J’ai créé, avec des associés, un bureau d’ingénieur-conseil qui fut très actif dans le domaine de la mécanique et d’électricité, en informatique et en gérance de travaux de construction. Nous avons réalisé un très grand nombre de projets importants allant du village Olympique, au Journal de Montréal, à l’hôpital Charles-Lemoyne, au Complexe ex-Centris. Jamais ai-je été témoin d’augmentation si sauvage des coûts de construction !
Par exemple, alors que la construction du stade Olympique a dépassé de beaucoup les coûts prévus (cela s’explique, en grande partie, par la complexité du projet, le court temps pour le réaliser et les problèmes syndicaux), le projet du village Olympique a rencontré ses budgets.
Au même moment, nous réalisions la gérance de construction de l’édifice de Bell Canada sur la rue Jean-Talon, près de la rue Casgrain. Je cite ce dernier exemple pour démontrer que nonobstant la crise de la construction des années 1970, la pression sur les prix et la grande demande de personnel découlant des grands travaux réalisés alors, comme le barrage de la Baie James et les installations olympiques, le budget de construction de ce projet fut quand même respecté. Et, c’était généralement le cas au Québec.
Le battage journalistique des derniers mois sur les différents projets de construction de la ville de Montréal et des autres organismes gouvernementaux, mentionnés précédemment, a marqué profondément une majorité des Montréalais qui y voient des scandales honteux. Les personnages impliqués par les médias sont venus, tour à tour, sur la place publique pour se défendre des insinuations qui pèsent sur eux et leurs entreprises.
Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Jean-Pierre Sauriol, président du groupe d’ingénieurs-constructeurs DESSAU et les présidents des associations des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) et de la construction du Québec (ACQ), se sont tous expliqués. Pour eux, tout est beau et « tout le monde il est gentil » car il n’y a pas vraiment de problèmes puisque tous les intervenants de leurs groupes respectifs sont qualifiés, efficaces, productifs, compétitifs et respectueux de l’éthique corporative et professionnelle. À peine quelques uns admettent-ils la présence de quelques moutons noirs dans leurs rangs mais ils seront vite, disent-ils, chassés de la bergerie.
La Sûreté du Québec fait actuellement enquête sur certaines entreprises et plusieurs y voient là la solution au problème actuel. Je ne le crois pas, car la police ne traitera pas de ce que j’estime être les racines du mal qui ronge la construction, soient : une collusion malsaine chez plusieurs fournisseurs de matériaux et d’équipements, une improductivité grandissante chez les travailleurs, une incompétence évidente dans la planification des projets, une inexpérience manifeste dans l’estimation des coûts des projets, un manque de contrôle et de surveillance chez les donneurs d’ouvrage, une complicité malsaine entre les politiciens, les entrepreneurs et les professionnels, un manque de respect du principe des soumissions publiques dans le domaine publique, une éthique inexistante chez plusieurs intervenants, etc…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures. Des hommes politiques mis-au-pas et qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la réalisation de projets d’infrastructures ou autres, plus un monde de la construction qui respecte les règles de l’art permettront d’économiser des centaines de millions de dollars.
J’ai été heureux ce matin d’apprendre que les fonctionnaires fédéraux prennent le temps de s’assurer que les projets présentés en catastrophe par les gouvernements des provinces et les villes sont bien ficelés avant de les approuver et d’autoriser la remise des argents votés par le parlement canadien. On les accuse de retarder les projets mais j’y vois une leçon découlant des suites de l’enquête du fameux scandale des commandites, d’il y a quelques années, durant laquelle les fonctionnaires se sont faits taper sur les doigts pour leur négligence. Je suis impressionné par ces employés de l’État qui résistent aux demandes pressées des politiciens du parti conservateur, pour faire leur « job ». Ce ne doit pas être facile pour eux, mais c’est nécessaire car cela permettra de s’assurer que l’argent fédéral sera bien utilisé et que les objectifs des investissements pour la relance de l’économie seront rencontrés. C’est un début. Espérons que le gouvernement du Québec et les villes feront de même chez nous.
Claude Dupras
Je ne suis pas surpris car depuis longtemps j’analyse ce qui se passe et j’écris à un et à l’autre pour souligner ce scandale. J’ai d’ailleurs publié le 14 mai dernier un texte sur le sujet intitulé « Rien ne va plus » et j’ai fait un copié-collé, que j’ajoute au présent, pour l’information de mes lecteurs car il est de plus en plus d’actualité.
Il est temps que le PM du Québec Jean Charest se réveille et déclenche la « Commission d’enquête publique sur les coûts de construction » dans notre province que je réclame depuis longtemps. Ce ne sont pas les quelques enquêtes policières sur des cas précis qui vont changer globalement la situation, car le problème devient systémique.
Un aspect qui m’intrigue est le rôle des ingénieurs dans tout ce branle-bas. J’en ai été un toute ma vie professionnelle de 40 ans et j’ai toujours respecté notre code de déontologie qui nous oblige à assurer que par nos actes nous protégeons la société. Pourquoi, les ingénieurs-conseils civils qui ont fait les plans et devis pour les soumissions publiques de travaux publics, préparé les estimations budgétaires et finales pour leur clients, analysé les soumissions et fait les recommandations au donneur d’ouvrage, ne disent-ils rien ? Pourquoi, les ingénieurs du gouvernement ou des villes qui supervisent l’ensemble de l’évolution des projets, ne disent-ils rien ?.
Pourquoi les élus ont-ils accordé tous ces contrats dont les budgets étaient littéralement défoncés ?
Tous ces personnages sont des témoins importants et il devient urgent de les entendre répondre aux questions des enquêteurs.
Cette situation anormale nous coûte cher. Nous perdons la face dans les autres provinces et dans le monde où le mot corruption commence à s’identifier avec le nom de Montréal et celui du Québec. Il est temps que cela cesse. Quand même, nous ne sommes pas une république bananière !
Même si tous ces intervenants de la construction, entrepreneurs, fournisseurs, ingénieurs et autres souscrivent à la caisse du parti libéral du Québec, ce n’est pas une raison pour ne pas déclencher l’enquête car il y va de l’intérêt public et de notre réputation comme Québécois. C’est la seule façon de se débarrasser du « cancer » qui envahit notre société.
SVP, M. Charest, le temps est arrivé.
Claude Dupras
Rien ne va plus
Jeudi le 14 mai, 2009
Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple.
Nous avons tous constaté la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
J’ai oeuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans. J’ai créé, avec des associés, un bureau d’ingénieur-conseil qui fut très actif dans le domaine de la mécanique et d’électricité, en informatique et en gérance de travaux de construction. Nous avons réalisé un très grand nombre de projets importants allant du village Olympique, au Journal de Montréal, à l’hôpital Charles-Lemoyne, au Complexe ex-Centris. Jamais ai-je été témoin d’augmentation si sauvage des coûts de construction !
Par exemple, alors que la construction du stade Olympique a dépassé de beaucoup les coûts prévus (cela s’explique, en grande partie, par la complexité du projet, le court temps pour le réaliser et les problèmes syndicaux), le projet du village Olympique a rencontré ses budgets.
Au même moment, nous réalisions la gérance de construction de l’édifice de Bell Canada sur la rue Jean-Talon, près de la rue Casgrain. Je cite ce dernier exemple pour démontrer que nonobstant la crise de la construction des années 1970, la pression sur les prix et la grande demande de personnel découlant des grands travaux réalisés alors, comme le barrage de la Baie James et les installations olympiques, le budget de construction de ce projet fut quand même respecté. Et, c’était généralement le cas au Québec.
Le battage journalistique des derniers mois sur les différents projets de construction de la ville de Montréal et des autres organismes gouvernementaux, mentionnés précédemment, a marqué profondément une majorité des Montréalais qui y voient des scandales honteux. Les personnages impliqués par les médias sont venus, tour à tour, sur la place publique pour se défendre des insinuations qui pèsent sur eux et leurs entreprises.
Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Jean-Pierre Sauriol, président du groupe d’ingénieurs-constructeurs DESSAU et les présidents des associations des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) et de la construction du Québec (ACQ), se sont tous expliqués. Pour eux, tout est beau et « tout le monde il est gentil » car il n’y a pas vraiment de problèmes puisque tous les intervenants de leurs groupes respectifs sont qualifiés, efficaces, productifs, compétitifs et respectueux de l’éthique corporative et professionnelle. À peine quelques uns admettent-ils la présence de quelques moutons noirs dans leurs rangs mais ils seront vite, disent-ils, chassés de la bergerie.
La Sûreté du Québec fait actuellement enquête sur certaines entreprises et plusieurs y voient là la solution au problème actuel. Je ne le crois pas, car la police ne traitera pas de ce que j’estime être les racines du mal qui ronge la construction, soient : une collusion malsaine chez plusieurs fournisseurs de matériaux et d’équipements, une improductivité grandissante chez les travailleurs, une incompétence évidente dans la planification des projets, une inexpérience manifeste dans l’estimation des coûts des projets, un manque de contrôle et de surveillance chez les donneurs d’ouvrage, une complicité malsaine entre les politiciens, les entrepreneurs et les professionnels, un manque de respect du principe des soumissions publiques dans le domaine publique, une éthique inexistante chez plusieurs intervenants, etc…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures. Des hommes politiques mis-au-pas et qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la réalisation de projets d’infrastructures ou autres, plus un monde de la construction qui respecte les règles de l’art permettront d’économiser des centaines de millions de dollars.
J’ai été heureux ce matin d’apprendre que les fonctionnaires fédéraux prennent le temps de s’assurer que les projets présentés en catastrophe par les gouvernements des provinces et les villes sont bien ficelés avant de les approuver et d’autoriser la remise des argents votés par le parlement canadien. On les accuse de retarder les projets mais j’y vois une leçon découlant des suites de l’enquête du fameux scandale des commandites, d’il y a quelques années, durant laquelle les fonctionnaires se sont faits taper sur les doigts pour leur négligence. Je suis impressionné par ces employés de l’État qui résistent aux demandes pressées des politiciens du parti conservateur, pour faire leur « job ». Ce ne doit pas être facile pour eux, mais c’est nécessaire car cela permettra de s’assurer que l’argent fédéral sera bien utilisé et que les objectifs des investissements pour la relance de l’économie seront rencontrés. C’est un début. Espérons que le gouvernement du Québec et les villes feront de même chez nous.
Claude Dupras
vendredi 18 septembre 2009
Et le parti, monsieur Mulroney ?
Brian Mulroney a été un grand premier ministre du Canada. On fêtait, hier soir, le 25ième anniversaire de son éclatante victoire de 1984 alors que le parti Progressiste Conservateur du Canada (PPC) avait remporté la plus grande majorité parlementaire depuis le début de la confédération canadienne. Son bilan de PM est fort impressionnant et va de l’entente avec les USA pour l’accord sur le libre-échange commercial entre les deux pays à son extraordinaire effort pour régler, une fois pour toutes, la question des relations entre les anglophones et les francophones du pays par l’Accord du lac Meech et l’Accord de Charlottetown. Ce sont les réformistes de l’ouest (Manning, Harper et cie) et les séparatistes du Québec (Parizeau et cie) avec l’aide de l’ex-PM Pierre-Elliot Trudeau qui ont finalement bloqué, lors du référendum, cet accord si important pour l’avenir du Canada.
Globalement, le Canada a bien progressé durant les 10 ans que Mulroney fut PM. Le Québec et Montréal furent particulièrement choyés.
Le PPC dont le nom est en fait composé de termes contradictoires était un vrai parti à la mesure de tous les Canadiens. S’il n’avait pas été souvent populaire au Québec, c’était surtout à cause de ses actes passés, générés par les conservateurs du parti, envers les francophones. Mais le temps changea les choses et les progressistes avaient repris le leadership du parti, depuis plusieurs décennies. Ses chefs John Diefenbaker, Robert Stanfield, Joe Clark et Mulroney avaient réussi, petit à petit, à reprendre du poil de la bête au Québec. L’Association Progressiste Conservatrice Fédérale du Québec (APCFQ) était bien vivante, politiquement et financièrement autonome.
Le malheur c’est qu’après deux victoires électorales majoritaires consécutives, tout changea dramatiquement à cause, particulièrement, de la nouvelle taxe sur les biens et services, la TPS (TVA en France), qu’imposa Mulroney. Malgré que ce fut une de ses meilleures décisions, applaudie par les économistes, puisqu’elle rétablissait le pays sur une base financière solide, elle fut très mal comprise et mal acceptée par les électeurs. Ajouté à la sale campagne négative lors du référendum, menée particulièrement dans l’Ouest Canadien par le Reform Party, où le PPC avait son château-fort, le résultat fut désastreux et le parti chuta dramatiquement dans les sondages pour atteindre 14%. Au lieu de reconnaître la situation précaire du parti et laisser son poste à un autre chef qui pourrait ragaillardir le parti, Mulroney resta au pouvoir. Je ne sais vraiment pas pourquoi car il avait clairement affirmé avant sa première victoire qu’il démissionnerait après deux mandats. Donc, malgré que son retrait de la politique fût imminent, il s’agrippa quand même.
Finalement, au bout légal du mandat, Mulroney annonça son départ et, en désespoir de cause, les membres du parti choisirent pour la première fois une femme comme leur chef, Mme Kim Campbell. Elle s’engagea dans une élection perdue d’avance. Le résultat fut plus que lamentable. De 169 députés à la Chambre des Communes, le parti se retrouva avec deux députés et perdit son statut de parti officiel. Le PPC n’était même pas l’opposition officielle au parlement. Au Québec, l’APCFQ, organisation démocratique, avait été abolie au profit des organisateurs politiques du parti. Évaluant qu’il était impossible de se maintenir au pouvoir, ces derniers, en purs opportunistes, disparurent comme des rats. Voilà l’héritage que laissa Brian Mulroney à son parti. Alors qu’il avait été élu pour diriger et protéger son parti, il ne laissa que des ruines dont le parti ne se relèvera jamais malgré que ce dernier ait bien servi le Canada depuis 1867.
Pendant ce temps, les néoconservateurs réformistes influencés par les politiques du temps du président Reagan et du PM britannique Mme Thatcher, gagnèrent des députés au point que finalement, après quelques élections, ils se retrouvèrent sur les bancs de l’opposition officielle à la Chambre des communes avec Stephen Harper comme chef de l’Alliance Canadienne (un nom nouveau que se donnèrent les réformistes pour masquer la vérité). Le PPC avait alors reprit un peu de force avec 15 députés. Ne pouvant gagner des élections avec son image de parti de droite-extrême droite, les électeurs progressistes refusant de voter pour lui, le pragmatique Harper imagina une fusion avec le PPC, qui accepta, et proposa de changer le nom du parti en celui de Parti Conservateur du Canada (PC). Tout cela au grand déplaisir des ex-conservateurs progressistes comme moi. Harper fut évidemment choisi chef du parti, car les réformistes contrôlaient plus de 80 % des délégués à la convention. Adieu, passé, histoire, PPC, progressistes…
Le Parti conservateur de Harper fait partie du bilan politique de Brian Mulroney. Ce n’est pas son plus beau fleuron puisque d’un coup le parti est revenu 60 ans en arrière. Stephen Harper et ses réformistes peinent à faire élire un gouvernement majoritaire puisque leur philosophie politique ne colle pas à la réalité canadienne, surtout pas celle des Québécois. J’espère qu’ils ne réussiront pas car je crains les changements irrationnels qu’ils nous imposeront.
Mulroney a beau se dire un ex-PM Conservateur, ce n’est que de la frime pour faire oublier ce qui est arrivé à son parti Progressiste-Conservateur. Ce dernier et le PC sont deux partis différents. L’ex-PM Joe Clark élu sous la bannière du PPC refuse depuis de se joindre au parti conservateur d’Harper et il n’est pas le seul. Il y a aussi plusieurs sénateurs importants qui rejettent l’étiquette conservatrice. Hier, lors de sa fête, Mulroney a exprimé à nouveau sa confiance dans le Parti Conservateur d’Harper. Pour moi, cela ne peut se justifier que par ce que je viens d’écrire car la philosophie politique de Mulroney est aux antipodes de celle d’Harper.
J’ai vécu ces années puisque j’ai été, plus de 30 ans, très actif dans le Parti Progressiste-conservateur du Canada. J’ai connu Brian Mulroney très jeune et je me suis lié d’amitié avec lui. Autant je l’ai admiré pour avoir pu gagner deux majorités importantes pour le PPC, autant je déplore la fin de sa carrière politique et ses prises de positions d’aujourd’hui.
J’ai été surpris de la campagne négative qu’il subit depuis plus de 15 ans. Le livre qui a été écrit contre lui avec un titre flamboyant « On the Take » ne comprenait pas de preuve. J’ai eu l’impression que l’auteur voulait se venger de Mulroney.
Je regrette les actions de la Gendarmerie Royale du Canada qui durant plus de 10 ans s’est acharnée à faire des enquêtes sur Mulroney, en affirmant même, par la bouche de son porte-parole, qu’il était un criminel, alors qu’aucune accusation n’a jamais été portée contre lui.
J’ai été choqué pas la chaine anglaise de Radio-Canada qui s’est acharné contre Mulroney en prenant comme base les extraits de ce livre et de fausses informations émanant de la GRC pour présenter des émissions télévisées visant à prouver qu’il fut un homme politique corrompu. Les mass media canadiens et québécois qui enchaînaient leurs reportages sur la base des infos de la CBC agirent aussi de façon irresponsable.
J’ai été étonné d’apprendre ses relations d’affaires, après avoir quitté son poste de PM mais toujours député, avec l’allemand Karlheinz Schreiber et le fait que ce dernier lui ait remis, en argent comptant, un « retainer » pour ses services d’avocats et que Mulroney l’ait accepté. Ce fut une erreur qu’il reconnaît aujourd’hui et qui laisse de lui une très mauvaise image à cause du fait qu’il n’a payé son impôt sur ce montant que six ans plus tard. Nonobstant cela, j’ai l’impression que l’enquête publique sur ce cas tournera en faveur de Mulroney car je le crois foncièrement honnête.
Il y en a qui diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Peut-être mais dans le cas de Mulroney, je veux souligner que malgré toutes les enquêtes faites depuis tant d’années sur sa personne, aucune preuve criminelle n’a jamais été produite contre lui. Quand même !
Assez, c’est assez ! Il est temps qu’on le lâche et qu’on le laisse lécher ses blessures, comme il dit. Il a bien servi le pays comme Premier Ministre. Il a été un grand chef d’État, fier et courageux puisqu’il a prôné des politiques même impopulaires mais nécessaires pour notre pays. Il mérite notre respect et notre reconnaissance.
Il a ses fautes et j’en ai soulignées dans ce texte. Qui n’en a pas ?
Claude Dupras
Globalement, le Canada a bien progressé durant les 10 ans que Mulroney fut PM. Le Québec et Montréal furent particulièrement choyés.
Le PPC dont le nom est en fait composé de termes contradictoires était un vrai parti à la mesure de tous les Canadiens. S’il n’avait pas été souvent populaire au Québec, c’était surtout à cause de ses actes passés, générés par les conservateurs du parti, envers les francophones. Mais le temps changea les choses et les progressistes avaient repris le leadership du parti, depuis plusieurs décennies. Ses chefs John Diefenbaker, Robert Stanfield, Joe Clark et Mulroney avaient réussi, petit à petit, à reprendre du poil de la bête au Québec. L’Association Progressiste Conservatrice Fédérale du Québec (APCFQ) était bien vivante, politiquement et financièrement autonome.
Le malheur c’est qu’après deux victoires électorales majoritaires consécutives, tout changea dramatiquement à cause, particulièrement, de la nouvelle taxe sur les biens et services, la TPS (TVA en France), qu’imposa Mulroney. Malgré que ce fut une de ses meilleures décisions, applaudie par les économistes, puisqu’elle rétablissait le pays sur une base financière solide, elle fut très mal comprise et mal acceptée par les électeurs. Ajouté à la sale campagne négative lors du référendum, menée particulièrement dans l’Ouest Canadien par le Reform Party, où le PPC avait son château-fort, le résultat fut désastreux et le parti chuta dramatiquement dans les sondages pour atteindre 14%. Au lieu de reconnaître la situation précaire du parti et laisser son poste à un autre chef qui pourrait ragaillardir le parti, Mulroney resta au pouvoir. Je ne sais vraiment pas pourquoi car il avait clairement affirmé avant sa première victoire qu’il démissionnerait après deux mandats. Donc, malgré que son retrait de la politique fût imminent, il s’agrippa quand même.
Finalement, au bout légal du mandat, Mulroney annonça son départ et, en désespoir de cause, les membres du parti choisirent pour la première fois une femme comme leur chef, Mme Kim Campbell. Elle s’engagea dans une élection perdue d’avance. Le résultat fut plus que lamentable. De 169 députés à la Chambre des Communes, le parti se retrouva avec deux députés et perdit son statut de parti officiel. Le PPC n’était même pas l’opposition officielle au parlement. Au Québec, l’APCFQ, organisation démocratique, avait été abolie au profit des organisateurs politiques du parti. Évaluant qu’il était impossible de se maintenir au pouvoir, ces derniers, en purs opportunistes, disparurent comme des rats. Voilà l’héritage que laissa Brian Mulroney à son parti. Alors qu’il avait été élu pour diriger et protéger son parti, il ne laissa que des ruines dont le parti ne se relèvera jamais malgré que ce dernier ait bien servi le Canada depuis 1867.
Pendant ce temps, les néoconservateurs réformistes influencés par les politiques du temps du président Reagan et du PM britannique Mme Thatcher, gagnèrent des députés au point que finalement, après quelques élections, ils se retrouvèrent sur les bancs de l’opposition officielle à la Chambre des communes avec Stephen Harper comme chef de l’Alliance Canadienne (un nom nouveau que se donnèrent les réformistes pour masquer la vérité). Le PPC avait alors reprit un peu de force avec 15 députés. Ne pouvant gagner des élections avec son image de parti de droite-extrême droite, les électeurs progressistes refusant de voter pour lui, le pragmatique Harper imagina une fusion avec le PPC, qui accepta, et proposa de changer le nom du parti en celui de Parti Conservateur du Canada (PC). Tout cela au grand déplaisir des ex-conservateurs progressistes comme moi. Harper fut évidemment choisi chef du parti, car les réformistes contrôlaient plus de 80 % des délégués à la convention. Adieu, passé, histoire, PPC, progressistes…
Le Parti conservateur de Harper fait partie du bilan politique de Brian Mulroney. Ce n’est pas son plus beau fleuron puisque d’un coup le parti est revenu 60 ans en arrière. Stephen Harper et ses réformistes peinent à faire élire un gouvernement majoritaire puisque leur philosophie politique ne colle pas à la réalité canadienne, surtout pas celle des Québécois. J’espère qu’ils ne réussiront pas car je crains les changements irrationnels qu’ils nous imposeront.
Mulroney a beau se dire un ex-PM Conservateur, ce n’est que de la frime pour faire oublier ce qui est arrivé à son parti Progressiste-Conservateur. Ce dernier et le PC sont deux partis différents. L’ex-PM Joe Clark élu sous la bannière du PPC refuse depuis de se joindre au parti conservateur d’Harper et il n’est pas le seul. Il y a aussi plusieurs sénateurs importants qui rejettent l’étiquette conservatrice. Hier, lors de sa fête, Mulroney a exprimé à nouveau sa confiance dans le Parti Conservateur d’Harper. Pour moi, cela ne peut se justifier que par ce que je viens d’écrire car la philosophie politique de Mulroney est aux antipodes de celle d’Harper.
J’ai vécu ces années puisque j’ai été, plus de 30 ans, très actif dans le Parti Progressiste-conservateur du Canada. J’ai connu Brian Mulroney très jeune et je me suis lié d’amitié avec lui. Autant je l’ai admiré pour avoir pu gagner deux majorités importantes pour le PPC, autant je déplore la fin de sa carrière politique et ses prises de positions d’aujourd’hui.
J’ai été surpris de la campagne négative qu’il subit depuis plus de 15 ans. Le livre qui a été écrit contre lui avec un titre flamboyant « On the Take » ne comprenait pas de preuve. J’ai eu l’impression que l’auteur voulait se venger de Mulroney.
Je regrette les actions de la Gendarmerie Royale du Canada qui durant plus de 10 ans s’est acharnée à faire des enquêtes sur Mulroney, en affirmant même, par la bouche de son porte-parole, qu’il était un criminel, alors qu’aucune accusation n’a jamais été portée contre lui.
J’ai été choqué pas la chaine anglaise de Radio-Canada qui s’est acharné contre Mulroney en prenant comme base les extraits de ce livre et de fausses informations émanant de la GRC pour présenter des émissions télévisées visant à prouver qu’il fut un homme politique corrompu. Les mass media canadiens et québécois qui enchaînaient leurs reportages sur la base des infos de la CBC agirent aussi de façon irresponsable.
J’ai été étonné d’apprendre ses relations d’affaires, après avoir quitté son poste de PM mais toujours député, avec l’allemand Karlheinz Schreiber et le fait que ce dernier lui ait remis, en argent comptant, un « retainer » pour ses services d’avocats et que Mulroney l’ait accepté. Ce fut une erreur qu’il reconnaît aujourd’hui et qui laisse de lui une très mauvaise image à cause du fait qu’il n’a payé son impôt sur ce montant que six ans plus tard. Nonobstant cela, j’ai l’impression que l’enquête publique sur ce cas tournera en faveur de Mulroney car je le crois foncièrement honnête.
Il y en a qui diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Peut-être mais dans le cas de Mulroney, je veux souligner que malgré toutes les enquêtes faites depuis tant d’années sur sa personne, aucune preuve criminelle n’a jamais été produite contre lui. Quand même !
Assez, c’est assez ! Il est temps qu’on le lâche et qu’on le laisse lécher ses blessures, comme il dit. Il a bien servi le pays comme Premier Ministre. Il a été un grand chef d’État, fier et courageux puisqu’il a prôné des politiques même impopulaires mais nécessaires pour notre pays. Il mérite notre respect et notre reconnaissance.
Il a ses fautes et j’en ai soulignées dans ce texte. Qui n’en a pas ?
Claude Dupras
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Stephen Harper
mercredi 16 septembre 2009
Le bonheur national brut
À son arrivée à la présidence française, Nicolas Sarkozy créa une Commission sur « la mesure de la performance économique et du progrès social ». En somme, le président voulait savoir comment établir la performance de la société française, hors le PIB (produit intérieur brut) qui mesure annuellement la production d’un pays et indique son niveau de croissance, ou de récession. En fait, Sarkozy recherche des instruments plus justes pour mieux comprendre les enjeux.
La Commission composée de 25 experts internationaux et présidé par l’Américain et Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, incluait aussi un autre lauréat du prix Nobel, l’Indien Amartya Sen. Après 18 mois d’études, la commission a remis son rapport au président français, lundi dernier, à la Sorbonne. Elle arrive à la conclusion qu’« un seul chiffre (le PIB) ne peut pas, à lui seul tout synthétiser ».
Par exemple, le PIB place parmi les pays les plus riches, les USA premier, la France 5ième et le Canada 11ième. Par contre, l’IDH (indice de développement humain) calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et du PIB par habitant de chaque pays, place le Canada 4ième, la France 10ième et les USA 12ième parmi les pays les mieux développés.
La crise économique actuelle a mis en évidence que « le PIB ne donnait pas la température de la maladie de nos économies ». Par exemple, les USA dépensent 15 % de leur PIB pour la santé, un record mondial, mais il y a 45 millions d’Américains qui n’ont pas de protection sociale. Le prix du carbone n’est pas vraiment $15 la tonne, comme le dit le marché, c’est beaucoup plus si on veut contrer le réchauffement climatique. Stiglitz conclut que « la confiance au marché nous aveugle ».
L'économiste affirme que « le PIB a été créé pour calculer l’activité des marchés, malheureusement, il a été utilisé davantage pour étalonner la mesure du bien-être ou de la qualité de vie ». Or, la performance d’une société doit s’évaluer aussi par des « mesures subjectives comme l’environnement, la sécurité personnelle ou économique, l’habitat, etc.».
Pour lui, nous devons avoir des « indicateurs qui nous permettent de savoir l’état de notre économie et de notre société ». Comment avoir un programme sur les inégalités si on ne les mesure pas ?
La Commission a résumé, à douze, les pistes qu’il faut suivre pour mieux mesurer les performances économiques et le bien-être social de nos sociétés. Elles sont : les revenus et la consommation, la perception des « ménages », le patrimoine, la répartition des revenus, les activités non-marchandes, le bien-être, les inégalités, la qualité de vie, les ressources, le capital humain et social et l’environnement. En somme, les gouvernements devraient « mesurer aussi le bien-être, sinon le bonheur, et pas seulement la production aux prix des marchés ».
Au PIB on pourrait ajouter « le BNB, le bonheur national brut », écrit en plaisantant un éditorialiste français.
En sachant mettre l’accent sur la richesse humaine plutôt que sur la seule croissance des biens, les gouvernements seraient alors en mesure d’infléchir leurs politiques pour mieux aider leur population.
Le président Sarkozy a été impressionné par la thèse du rapport de la Commission au point qu’il y voit un point tournant de la politique mondiale. Il projette d’en devenir le « porte-parole » dans le monde afin de persuader les organisations mondiales à modifier leur système statistique. De son côté, l’économiste Joseph Stiglitz s’est montré heureux de constater, qu’enfin, un « gouvernement de poids » comme la France donnera de la prestance aux propositions des membres de sa Commission.
Cela rejoint l’argumentaire de mon récent blog « la taxe carbone » à l’effet que la France, en l’adoptant, se donnera la capacité de devenir le leader recherché pour la faire adopter par les grands pays du monde.
Le président Sarkozy démontre de plus en plus ses qualités, hors de l’ordinaire, de chef de nation responsable.
« C’est en mettant davantage l’accent sur la mesure du bien-être sous toutes ses dimensions que sur le seul prisme de la production économique que l’on changera les comportements » conclut le président français ».
Claude Dupras
La Commission composée de 25 experts internationaux et présidé par l’Américain et Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, incluait aussi un autre lauréat du prix Nobel, l’Indien Amartya Sen. Après 18 mois d’études, la commission a remis son rapport au président français, lundi dernier, à la Sorbonne. Elle arrive à la conclusion qu’« un seul chiffre (le PIB) ne peut pas, à lui seul tout synthétiser ».
Par exemple, le PIB place parmi les pays les plus riches, les USA premier, la France 5ième et le Canada 11ième. Par contre, l’IDH (indice de développement humain) calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et du PIB par habitant de chaque pays, place le Canada 4ième, la France 10ième et les USA 12ième parmi les pays les mieux développés.
La crise économique actuelle a mis en évidence que « le PIB ne donnait pas la température de la maladie de nos économies ». Par exemple, les USA dépensent 15 % de leur PIB pour la santé, un record mondial, mais il y a 45 millions d’Américains qui n’ont pas de protection sociale. Le prix du carbone n’est pas vraiment $15 la tonne, comme le dit le marché, c’est beaucoup plus si on veut contrer le réchauffement climatique. Stiglitz conclut que « la confiance au marché nous aveugle ».
L'économiste affirme que « le PIB a été créé pour calculer l’activité des marchés, malheureusement, il a été utilisé davantage pour étalonner la mesure du bien-être ou de la qualité de vie ». Or, la performance d’une société doit s’évaluer aussi par des « mesures subjectives comme l’environnement, la sécurité personnelle ou économique, l’habitat, etc.».
Pour lui, nous devons avoir des « indicateurs qui nous permettent de savoir l’état de notre économie et de notre société ». Comment avoir un programme sur les inégalités si on ne les mesure pas ?
La Commission a résumé, à douze, les pistes qu’il faut suivre pour mieux mesurer les performances économiques et le bien-être social de nos sociétés. Elles sont : les revenus et la consommation, la perception des « ménages », le patrimoine, la répartition des revenus, les activités non-marchandes, le bien-être, les inégalités, la qualité de vie, les ressources, le capital humain et social et l’environnement. En somme, les gouvernements devraient « mesurer aussi le bien-être, sinon le bonheur, et pas seulement la production aux prix des marchés ».
Au PIB on pourrait ajouter « le BNB, le bonheur national brut », écrit en plaisantant un éditorialiste français.
En sachant mettre l’accent sur la richesse humaine plutôt que sur la seule croissance des biens, les gouvernements seraient alors en mesure d’infléchir leurs politiques pour mieux aider leur population.
Le président Sarkozy a été impressionné par la thèse du rapport de la Commission au point qu’il y voit un point tournant de la politique mondiale. Il projette d’en devenir le « porte-parole » dans le monde afin de persuader les organisations mondiales à modifier leur système statistique. De son côté, l’économiste Joseph Stiglitz s’est montré heureux de constater, qu’enfin, un « gouvernement de poids » comme la France donnera de la prestance aux propositions des membres de sa Commission.
Cela rejoint l’argumentaire de mon récent blog « la taxe carbone » à l’effet que la France, en l’adoptant, se donnera la capacité de devenir le leader recherché pour la faire adopter par les grands pays du monde.
Le président Sarkozy démontre de plus en plus ses qualités, hors de l’ordinaire, de chef de nation responsable.
« C’est en mettant davantage l’accent sur la mesure du bien-être sous toutes ses dimensions que sur le seul prisme de la production économique que l’on changera les comportements » conclut le président français ».
Claude Dupras
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USA
mercredi 26 août 2009
Le PM Harper, raciste ?
Omar Khadr, Abousfian Abdelrazik et Suaad Hagi Mohamud sont Canadiens. Tous ont eu des problèmes personnels importants lors de voyages à l’étranger. Le PM Harper a refusé d’aider ces individus à se sortir du pétrin dans lequel ils ont été pris. Par contre, Brenda Martin, une Canadienne, blanche anglo-saxonne, condamnée pour fraude et blanchiment d’argent au Mexique, a été rapatriée, en mai 2008, à bord d’un avion nolisé par le gouvernement canadien.
Omar Khadr est le plus connu. Il est dans l’infâme prison américaine de Guantanamo de Cuba depuis 2002, alors qu’il n’avait que 15 ans. Il était enfant, de père terroriste, et a été arrêté pour avoir supposément lancer une grenade qui a tué un soldat américain. Il nie la chose. Cet enfant-soldat a été torturé et est le seul occidental dans ses murs. Malgré que le président Obama ait décidé de fermer la prison, pour raison de l’injustice qu’elle représente par rapport aux droits de la personne, et demandé aux pays-amis des USA d’accepter les prisonniers, le PM Harper refuse de rapatrier Khadr pour le remettre entre les mains de la justice canadienne. Il préfère que ce soit la partiale justice militaire américaine qui le juge. La cour fédérale canadienne s’est penchée sur ce cas et a décidé de forcer le gouvernement canadien à rapatrier Khadr pour la raison que les droits constitutionnels du jeune canadien ont été bafoués. Le gouvernement a interjeté appel de la décision et la Cour d’appel fédérale a confirmé le jugement. Aujourd’hui, choqué, le PM Harper décide de porter le tout devant la Cour Suprême du Canada. Pourquoi ?
Abousfian Abdelrazik se rend, en 2003, au Soudan visiter sa mère malade. Il est arrêté, là-bas, et on lui enlève son passeport canadien à la demande du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) qui a découvert qu’il prie à la même mosquée radicale que fréquente Ahmed Ressam, un terroriste reconnu. Relâché en 2004, les USA placent Abdelrazik sur leur liste de terroristes internationaux. Face à cette décision, il se réfugie à l’ambassade du Canada à Khartoum. Il y est coincé sans passeport, sans argent et sans possibilité de circuler. Les USA avisent le Canada qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves pour l’accuser formellement et demande au Canada de les aider à monter un dossier. Nonobstant cette admission, le PM Harper refuse d’intervenir pour aider Abdelrazik, en bloquant l’envoi de documents nécessaires pour assurer son retour au Canada. Ce n’est qu’en juin 2009, après que la Gendarmerie Royale et le SCRS aient admis, enfin, qu’ils n’ont aucune preuve contre lui, que le PM Harper bouge. Abdelrazik a perdu 6 ans de sa vie. Pourquoi ?
Suaad Hagi Mohamud a vu sa nationalité canadienne mise en doute, à l’embarquement d’un avion pour retourner chez elle à Toronto, par un employé kényan de KLM qui estime que la lèvre inférieure du visage sur la photo de son passeport n’est pas tout à fait similaire à celle de Mme Mohamud en personne. Ce qui est surprenant dans ce cas, c’est que le Haut-commissaire canadien à Nairobi, au lieu de l’aider à régler ce conflit, se tourne contre elle malgré qu’elle ait son passeport canadien. La Première secrétaire du Haut-commissaire écrit même aux autorités kenyanes qu’elle « suspecte Mme Mohamud d’être un imposteur ». Mme Mohamud, inquiète, passe huit jours en prison (on sait ce que sont les prisons africaines) et, désavouée par son pays, attend trois mois sans ressource ni sympathie dans une chambre d’hôtel minable et cela malgré toutes les communications qui parviennent de Canadiens qui confirment la véracité de sa citoyenneté canadienne. Le PM Harper vient de prétendre n’avoir appris ce cas que la semaine dernière. J’ai peine à le croire car j’en suis au courant depuis des semaines ayant lu plusieurs reportages dans les média canadiens sur ce cas, surtout que le gouvernement canadien a été vertement critiqué au pays pour n’avoir pas aidé Mme Mohamud. C’est finalement un test ADN qui a permis à cette personne de retrouver son pays. Pourquoi ?
Avant le règne du PM Harper, deux autres canadiens, Maher Arar et Zahra Kazemi furent aussi arrêtés lors d’un voyage à l’étranger.
Maher Arar travaillait à Ottawa comme ingénieur en télécommunication. À son retour de vacances en Tunisie, en 2002, il est retenu par l’immigration américaine qui le soupçonne d’avoir des liens avec Al-Qaeda. Après douze jours, il est enchaîné, déporté en Syrie, son pays d’origine, et cela même s’il détient un passeport canadien. Il est incarcéré dans une prison grande comme une fosse pendant dix mois, torturé, forcé d’admettre faussement un crime puis enfin transféré dans une cellule de grandeur normale. Grâce à toutes les pressions que son cas génère, il est enfin libéré et revient au Canada en 2003. En 2004, le gouvernement libéral de Paul Martin forme une Commission d’enquête pour analyser les actions des officiels canadiens en rapport avec ce cas et elle conclut que Maher Arar « n’a commis aucune offense et qu’aucune de ses activités a été une menace à la sécurité canadienne ». L’ex-gouvernement canadien a agi le plus rapidement possible pour le sortir de son pétrin. Pourquoi le PM Harper ne veut-il pas agir de la même façon ?
Zahra Kazemi est la photojournaliste canadienne qui en juillet 2003, trois mois après son arrestation en Iran pour avoir capté des photos à l’extérieur d’une prison durant une manifestation estudiantine, décède au fond de sa prison. Un médecin du ministère iranien de la défense, confirme, éventuellement, l’avoir examinée quatre jours après sa mort et constaté qu’elle a été violée, son crâne fracturé, deux de ses doigts brisés et a subi de nombreuses blessures abdominales. Elle a été tuée en prison. Le gouvernement canadien demande qu’une autopsie soit faite par une équipe de pathologistes internationaux. Devant le refus des dirigeants de l’Iran d’accepter cette requête, le ministre canadien des Affaires étrangères du temps coupe toutes relations avec ce pays. Quelle différence avec l’indifférence qu’exhibe le ministre actuel Lawrence Cannon qui ne cesse de blâmer Khadr, Abdelrazik et Mme Mohamud pour leur détresse !
Il est inquiétant de constater que des Canadiens nés dans d’autres pays, sans ancêtres Européens, sans nom à consonance « canadienne » et avec une couleur de peau qui n’est pas caucasienne n’obtiennent pas la même aide du gouvernement canadien que les autres Canadiens, lorsqu’ils se retrouvent en difficulté à l’étranger. Cela est inadmissible et laisse à penser que notre gouvernement actuel applique une politique raciste d’extrême-droite, en rapport avec cette catégorie d’individus. Je ne peux comprendre que les officiels de nos ambassades, qui sont normalement des professionnels et diplomates de haute qualité, collaborent au jeu de ce gouvernement d’idéologues conservateurs qui, de toute évidence, les handicapent dans leur travail.
La charte des droits et des libertés de notre pays s’applique pour chaque Canadien, quelque soit son origine, sa couleur, sa religion ou sa langue. Il me semble que cela est clair, irréfutable et très important. Et, lorsque les cours jugent sur cette base légale, pourquoi le PM Harper conteste-t-il leurs décisions ? Le gouvernement canadien est le nôtre. Il doit nous protéger et nous aider où que nous soyons. Sans cette garantie, qui viendra à notre secours ? En tout cas, si j’étais un néo-canadien, je serais nerveux chaque fois que je quitte le Canada car je sais maintenant que le gouvernement actuel de mon nouveau pays ne viendra pas me seconder si je suis pris dans une affaire discutable, même si je suis innocent. Les affaires Khadr, Abdelrazik et Mohamud le démontrent clairement aujourd’hui.
Claude Dupras
Omar Khadr est le plus connu. Il est dans l’infâme prison américaine de Guantanamo de Cuba depuis 2002, alors qu’il n’avait que 15 ans. Il était enfant, de père terroriste, et a été arrêté pour avoir supposément lancer une grenade qui a tué un soldat américain. Il nie la chose. Cet enfant-soldat a été torturé et est le seul occidental dans ses murs. Malgré que le président Obama ait décidé de fermer la prison, pour raison de l’injustice qu’elle représente par rapport aux droits de la personne, et demandé aux pays-amis des USA d’accepter les prisonniers, le PM Harper refuse de rapatrier Khadr pour le remettre entre les mains de la justice canadienne. Il préfère que ce soit la partiale justice militaire américaine qui le juge. La cour fédérale canadienne s’est penchée sur ce cas et a décidé de forcer le gouvernement canadien à rapatrier Khadr pour la raison que les droits constitutionnels du jeune canadien ont été bafoués. Le gouvernement a interjeté appel de la décision et la Cour d’appel fédérale a confirmé le jugement. Aujourd’hui, choqué, le PM Harper décide de porter le tout devant la Cour Suprême du Canada. Pourquoi ?
Abousfian Abdelrazik se rend, en 2003, au Soudan visiter sa mère malade. Il est arrêté, là-bas, et on lui enlève son passeport canadien à la demande du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) qui a découvert qu’il prie à la même mosquée radicale que fréquente Ahmed Ressam, un terroriste reconnu. Relâché en 2004, les USA placent Abdelrazik sur leur liste de terroristes internationaux. Face à cette décision, il se réfugie à l’ambassade du Canada à Khartoum. Il y est coincé sans passeport, sans argent et sans possibilité de circuler. Les USA avisent le Canada qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves pour l’accuser formellement et demande au Canada de les aider à monter un dossier. Nonobstant cette admission, le PM Harper refuse d’intervenir pour aider Abdelrazik, en bloquant l’envoi de documents nécessaires pour assurer son retour au Canada. Ce n’est qu’en juin 2009, après que la Gendarmerie Royale et le SCRS aient admis, enfin, qu’ils n’ont aucune preuve contre lui, que le PM Harper bouge. Abdelrazik a perdu 6 ans de sa vie. Pourquoi ?
Suaad Hagi Mohamud a vu sa nationalité canadienne mise en doute, à l’embarquement d’un avion pour retourner chez elle à Toronto, par un employé kényan de KLM qui estime que la lèvre inférieure du visage sur la photo de son passeport n’est pas tout à fait similaire à celle de Mme Mohamud en personne. Ce qui est surprenant dans ce cas, c’est que le Haut-commissaire canadien à Nairobi, au lieu de l’aider à régler ce conflit, se tourne contre elle malgré qu’elle ait son passeport canadien. La Première secrétaire du Haut-commissaire écrit même aux autorités kenyanes qu’elle « suspecte Mme Mohamud d’être un imposteur ». Mme Mohamud, inquiète, passe huit jours en prison (on sait ce que sont les prisons africaines) et, désavouée par son pays, attend trois mois sans ressource ni sympathie dans une chambre d’hôtel minable et cela malgré toutes les communications qui parviennent de Canadiens qui confirment la véracité de sa citoyenneté canadienne. Le PM Harper vient de prétendre n’avoir appris ce cas que la semaine dernière. J’ai peine à le croire car j’en suis au courant depuis des semaines ayant lu plusieurs reportages dans les média canadiens sur ce cas, surtout que le gouvernement canadien a été vertement critiqué au pays pour n’avoir pas aidé Mme Mohamud. C’est finalement un test ADN qui a permis à cette personne de retrouver son pays. Pourquoi ?
Avant le règne du PM Harper, deux autres canadiens, Maher Arar et Zahra Kazemi furent aussi arrêtés lors d’un voyage à l’étranger.
Maher Arar travaillait à Ottawa comme ingénieur en télécommunication. À son retour de vacances en Tunisie, en 2002, il est retenu par l’immigration américaine qui le soupçonne d’avoir des liens avec Al-Qaeda. Après douze jours, il est enchaîné, déporté en Syrie, son pays d’origine, et cela même s’il détient un passeport canadien. Il est incarcéré dans une prison grande comme une fosse pendant dix mois, torturé, forcé d’admettre faussement un crime puis enfin transféré dans une cellule de grandeur normale. Grâce à toutes les pressions que son cas génère, il est enfin libéré et revient au Canada en 2003. En 2004, le gouvernement libéral de Paul Martin forme une Commission d’enquête pour analyser les actions des officiels canadiens en rapport avec ce cas et elle conclut que Maher Arar « n’a commis aucune offense et qu’aucune de ses activités a été une menace à la sécurité canadienne ». L’ex-gouvernement canadien a agi le plus rapidement possible pour le sortir de son pétrin. Pourquoi le PM Harper ne veut-il pas agir de la même façon ?
Zahra Kazemi est la photojournaliste canadienne qui en juillet 2003, trois mois après son arrestation en Iran pour avoir capté des photos à l’extérieur d’une prison durant une manifestation estudiantine, décède au fond de sa prison. Un médecin du ministère iranien de la défense, confirme, éventuellement, l’avoir examinée quatre jours après sa mort et constaté qu’elle a été violée, son crâne fracturé, deux de ses doigts brisés et a subi de nombreuses blessures abdominales. Elle a été tuée en prison. Le gouvernement canadien demande qu’une autopsie soit faite par une équipe de pathologistes internationaux. Devant le refus des dirigeants de l’Iran d’accepter cette requête, le ministre canadien des Affaires étrangères du temps coupe toutes relations avec ce pays. Quelle différence avec l’indifférence qu’exhibe le ministre actuel Lawrence Cannon qui ne cesse de blâmer Khadr, Abdelrazik et Mme Mohamud pour leur détresse !
Il est inquiétant de constater que des Canadiens nés dans d’autres pays, sans ancêtres Européens, sans nom à consonance « canadienne » et avec une couleur de peau qui n’est pas caucasienne n’obtiennent pas la même aide du gouvernement canadien que les autres Canadiens, lorsqu’ils se retrouvent en difficulté à l’étranger. Cela est inadmissible et laisse à penser que notre gouvernement actuel applique une politique raciste d’extrême-droite, en rapport avec cette catégorie d’individus. Je ne peux comprendre que les officiels de nos ambassades, qui sont normalement des professionnels et diplomates de haute qualité, collaborent au jeu de ce gouvernement d’idéologues conservateurs qui, de toute évidence, les handicapent dans leur travail.
La charte des droits et des libertés de notre pays s’applique pour chaque Canadien, quelque soit son origine, sa couleur, sa religion ou sa langue. Il me semble que cela est clair, irréfutable et très important. Et, lorsque les cours jugent sur cette base légale, pourquoi le PM Harper conteste-t-il leurs décisions ? Le gouvernement canadien est le nôtre. Il doit nous protéger et nous aider où que nous soyons. Sans cette garantie, qui viendra à notre secours ? En tout cas, si j’étais un néo-canadien, je serais nerveux chaque fois que je quitte le Canada car je sais maintenant que le gouvernement actuel de mon nouveau pays ne viendra pas me seconder si je suis pris dans une affaire discutable, même si je suis innocent. Les affaires Khadr, Abdelrazik et Mohamud le démontrent clairement aujourd’hui.
Claude Dupras
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jeudi 18 juin 2009
Sammy Forcillo, jamais !
Le journal La Presse de Montréal, édition du 17 juin, rapporte un autre présumé scandale qui semble toucher, encore une fois, l’administration de Montréal du maire Gérald Tremblay.
Le président de la vieille firme L.M. Sauvé, spécialisée en rénovation de maçonneries anciennes, a décidé de dévoiler à la Sûreté du Québec qu’il était pourchassé par la pègre de Montréal. Il prétend que cette dernière lui réclamait des versements importants d’argent aux noms de deux conseillers municipaux du parti du maire, en rapport avec un contrat pour la rénovation de la toiture de l’hôtel de ville.
La Presse a préféré ne pas dévoiler les noms de ces deux individus et c’est tout à son honneur. Cependant l’article, publié à la une, laisse à penser qu’un nouveau scandale important salit davantage la réputation du maire et de ses acolytes.
Or, il s’avère que ces individus ont jugé bon de s’identifier publiquement pour éviter toutes les spéculations qui tourbillonnent dans de telles situations. Je connais bien l’un d’eux, Sammy Forcillo. Je ne veux rien dire de plus sur Sauvé qui semble vouloir justifier sa mauvaise administration de sa firme sur le dos d’autres personnes, mais je ne peux accepter son insinuation à l’effet que Sammy Forcillo, conseiller municipal et membre du comité exécutif de Montréal, soit impliqué dans son histoire.
Je connais bien Sammy Forcillo. Il a été longtemps, sous Jean Drapeau, le conseiller municipal d’un quartier ouvrier de Montréal. Il a toujours été reconnu comme un homme honnête, dédié à ses commettants. En 1986, lorsque je succédai à Drapeau et devint chef du Parti Civique de Montréal, il faisait partie de mon équipe et m’assura sa collaboration entière et sincère. Malheureusement, cette année-là, il perdit son siège de conseiller, battu par le candidat du RCM de Jean Doré. Il en sortit très découragé. Quelque temps après, il me blâma pour sa défaite mais je compris son angoisse et sa détresse. À ma surprise, il quitta le Parti civique, influencé par son mentor Yvon Lamarre. Mais, malgré cette décision qui me faisait mal, je ne lui en ai jamais voulu car j’estimais que Sammy, tout en étant opportuniste, était un homme convaincu qui agissait toujours dans l’intérêt général de Montréal. Je ne l’ai jamais revu depuis, avec regret.
Je me lève aujourd’hui pour défendre Sammy Forcillo, car je suis absolument certain qu’il n’est pas le genre d’homme à être impliqué dans une affaire telle que le relate le Sauvé en question. D’ailleurs, dès que j’ai su que ce dernier l’entraînait dans son histoire, j’en ai déduit que sa déclaration à la police devait être entachée d’exagérations et faite pour des raisons autres que celles qu’il invoquait.
Les soupçons de malhonnêteté envers l’administration Tremblay émergent de la fusion des municipalités. Montréal, sous trente ans de Jean Drapeau, sous huit ans de Jean Doré et huit ans de Pierre Bourque a connu des administrations honnêtes. C’est la fusion qui a impliqué des politiciens de banlieue dans les affaires de la grande ville de Montréal. Plusieurs d’entre eux, aux mœurs douteuses, comme ceux de Ville St-Laurent, ont importé leurs méthodes malhonnêtes dans l’octroi de contrats. De plus, la nouvelle grande ville de Montréal a attiré les entrepreneurs et les professionnels qui œuvraient à Laval, troisième ville du Québec et voisine de Montréal, où, depuis longtemps, il est de notoriété publique que tout n’est pas fait selon les règles de l’art. D’ailleurs, l’origine de plusieurs personnes impliquées dans tous les derniers reportages, sur des présumés scandales qui entachent Montréal, démontrent bien ce que j’avance.
Sammy Forcillo est aujourd’hui pris dans la tourmente journalistique qui déferle sur les administrateurs élus et non-élus de Montréal. À ce jour, aucune preuve de malhonnêteté n’a été faite malgré les accablantes insinuations qui circulent. Il est vrai qu’à la lecture de tous les reportages, nous sommes pris à penser que tout n’est que scandales. Cependant, si on veut être juste avec tout le monde, il faudra attendre les rapports des agences policières qui enquêtent dans six cas différents, la plupart réclamés par le maire, pour savoir vraiment ce qui en est. Il est odieux d’accabler les élus actuels de Montréal sans que l’on sache s’ils sont vraiment coupables de malhonnêteté. Mal administration, peut être mais c’est à voir. Alors soyons patients, la vérité viendra !
Cependant, advienne que pourra, je suis personnellement convaincu que Sammy Forcillo est un honnête homme et qu’il n’est d’aucune façon impliqué dans l’histoire qui fait actuellement la une des médias de Montréal. Il est de l’école politique de Jean Drapeau et d’Yvon Lamarre dans laquelle la probité politique était de rigueur. Il faut lui faire confiance.
Claude Dupras
ps. Certains diront que je m’allonge le cou… non, car ce que j’avance est pour moi clair, net et évident.
Le président de la vieille firme L.M. Sauvé, spécialisée en rénovation de maçonneries anciennes, a décidé de dévoiler à la Sûreté du Québec qu’il était pourchassé par la pègre de Montréal. Il prétend que cette dernière lui réclamait des versements importants d’argent aux noms de deux conseillers municipaux du parti du maire, en rapport avec un contrat pour la rénovation de la toiture de l’hôtel de ville.
La Presse a préféré ne pas dévoiler les noms de ces deux individus et c’est tout à son honneur. Cependant l’article, publié à la une, laisse à penser qu’un nouveau scandale important salit davantage la réputation du maire et de ses acolytes.
Or, il s’avère que ces individus ont jugé bon de s’identifier publiquement pour éviter toutes les spéculations qui tourbillonnent dans de telles situations. Je connais bien l’un d’eux, Sammy Forcillo. Je ne veux rien dire de plus sur Sauvé qui semble vouloir justifier sa mauvaise administration de sa firme sur le dos d’autres personnes, mais je ne peux accepter son insinuation à l’effet que Sammy Forcillo, conseiller municipal et membre du comité exécutif de Montréal, soit impliqué dans son histoire.
Je connais bien Sammy Forcillo. Il a été longtemps, sous Jean Drapeau, le conseiller municipal d’un quartier ouvrier de Montréal. Il a toujours été reconnu comme un homme honnête, dédié à ses commettants. En 1986, lorsque je succédai à Drapeau et devint chef du Parti Civique de Montréal, il faisait partie de mon équipe et m’assura sa collaboration entière et sincère. Malheureusement, cette année-là, il perdit son siège de conseiller, battu par le candidat du RCM de Jean Doré. Il en sortit très découragé. Quelque temps après, il me blâma pour sa défaite mais je compris son angoisse et sa détresse. À ma surprise, il quitta le Parti civique, influencé par son mentor Yvon Lamarre. Mais, malgré cette décision qui me faisait mal, je ne lui en ai jamais voulu car j’estimais que Sammy, tout en étant opportuniste, était un homme convaincu qui agissait toujours dans l’intérêt général de Montréal. Je ne l’ai jamais revu depuis, avec regret.
Je me lève aujourd’hui pour défendre Sammy Forcillo, car je suis absolument certain qu’il n’est pas le genre d’homme à être impliqué dans une affaire telle que le relate le Sauvé en question. D’ailleurs, dès que j’ai su que ce dernier l’entraînait dans son histoire, j’en ai déduit que sa déclaration à la police devait être entachée d’exagérations et faite pour des raisons autres que celles qu’il invoquait.
Les soupçons de malhonnêteté envers l’administration Tremblay émergent de la fusion des municipalités. Montréal, sous trente ans de Jean Drapeau, sous huit ans de Jean Doré et huit ans de Pierre Bourque a connu des administrations honnêtes. C’est la fusion qui a impliqué des politiciens de banlieue dans les affaires de la grande ville de Montréal. Plusieurs d’entre eux, aux mœurs douteuses, comme ceux de Ville St-Laurent, ont importé leurs méthodes malhonnêtes dans l’octroi de contrats. De plus, la nouvelle grande ville de Montréal a attiré les entrepreneurs et les professionnels qui œuvraient à Laval, troisième ville du Québec et voisine de Montréal, où, depuis longtemps, il est de notoriété publique que tout n’est pas fait selon les règles de l’art. D’ailleurs, l’origine de plusieurs personnes impliquées dans tous les derniers reportages, sur des présumés scandales qui entachent Montréal, démontrent bien ce que j’avance.
Sammy Forcillo est aujourd’hui pris dans la tourmente journalistique qui déferle sur les administrateurs élus et non-élus de Montréal. À ce jour, aucune preuve de malhonnêteté n’a été faite malgré les accablantes insinuations qui circulent. Il est vrai qu’à la lecture de tous les reportages, nous sommes pris à penser que tout n’est que scandales. Cependant, si on veut être juste avec tout le monde, il faudra attendre les rapports des agences policières qui enquêtent dans six cas différents, la plupart réclamés par le maire, pour savoir vraiment ce qui en est. Il est odieux d’accabler les élus actuels de Montréal sans que l’on sache s’ils sont vraiment coupables de malhonnêteté. Mal administration, peut être mais c’est à voir. Alors soyons patients, la vérité viendra !
Cependant, advienne que pourra, je suis personnellement convaincu que Sammy Forcillo est un honnête homme et qu’il n’est d’aucune façon impliqué dans l’histoire qui fait actuellement la une des médias de Montréal. Il est de l’école politique de Jean Drapeau et d’Yvon Lamarre dans laquelle la probité politique était de rigueur. Il faut lui faire confiance.
Claude Dupras
ps. Certains diront que je m’allonge le cou… non, car ce que j’avance est pour moi clair, net et évident.
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dimanche 17 mai 2009
Le maire mégalomaniaque ?
Une récente chronique de Lysiane Gagnon du journal La Presse de Montréal, traitait des qualités que devrait avoir le prochain maire de Montréal. Elle a commencé drôlement son écrit en définissant ce que ne devra pas être le prochain maire : un nouveau Jean Drapeau. Traitant le règne de ce dernier de mégalomaniaque, elle invite les Montréalais et les Montréalaises à se méfier d’un tel candidat s’il venait à y en avoir un qui brigue les suffrages. Le moins que l’on puisse dire de l’opinion de Mme Gagnon c’est qu’elle est erronée parce que Jean Drapeau ne surestimait pas sa valeur intellectuelle, ni sa puissance et encore moins ne souffrait pas de délire de grandeur à cause de troubles psychiatriques.
Il est bon de se rappeler que Jean Drapeau avait 38 ans lorsqu’il devint le candidat à la mairie pour la Ligue d’Action Civique qu’il avait contribué à mettre sur pied avec un groupe de citoyens (Pierre Desmarais, Lucien Saulnier, J. Z. Patenaude, Roger Sigouin, et autres) voulant assainir Montréal et la politique municipale. Ils étaient des hommes sincères décidés à combattre le crime organisé qui avait pris contrôle de la ville avec la collaboration de la police de Montréal et la protection de plusieurs politiciens. C’était le 8 octobre 1954, le jour même du dépôt du rapport du juge François Caron qui avait présidé la commission d’enquête sur le jeu et le vice commercialisé à Montréal (Drapeau y avait participé activement comme avocat). Vingt policiers furent condamnés et les deux derniers chefs de police déclarés coupables.
La campagne électorale fut dure et sale car son adversaire était appuyé par les propriétaires de cabarets, les bookies, les tenanciers de bordel, le monde interlope et plusieurs autres qui se sentaient menacés par la possibilité d’un Jean Drapeau maire. Le jour de l’élection, les machines de télégraphes (faux électeurs) furent à l’œuvre mais Drapeau était bien représenté dans les polls (j’étais un de ses représentants) et réussit à amoindrir les effets de ces manœuvres électorales frauduleuses. Il fut élu avec 49,7% des votes. Dans un premier temps, avec courage, il fit adopter des règlements municipaux pour interdire le jeu illicite, la prostitution, la vente d’alcool après deux heures le matin, etc… Il plaça à la tête des Services municipaux des hommes de haute compétence. Il prit des mesures importantes pour la rénovation d’habitations insalubres de l’est de la ville. Il lança l’idée pour la construction de la Place des Arts… Il avait son émission télévisée « le maire vous parle » où il traitait de ce qui se passait dans la ville et répondait aux questions des téléspectateurs. Il s’avéra un homme de décision et d’action qui voulait moderniser Montréal.
Puis, le maire Drapeau collabora étroitement avec le CNR pour cacher l’immense tranchée, creusée par la compagnie ferroviaire, qui allait de la rue Cathcart à la gare centrale, au coeur de Montréal. En 1955, la construction du plus grand hôtel de Montréal, le Reine Élizabeth, commença et le CNR présenta un plan d’ensemble pour couvrir le trou avec un développement immobilier d’envergure, dont son nouveau siège social. Le newyorkais William Zeckendorf, entreprit de construire la place Ville-Marie. Le rôle de Drapeau fut déterminant car il savait que ces grands projets insuffleraient un dynamisme inimaginable pour le centre-ville. Avec le président de l’exécutif, il décida de doter Montréal d’un métro et imagina une ville souterraine, la ville intérieure.
Il convainquit les promoteurs immobiliers de se joindre au nouveau réseau et présenta un plan d’ensemble pour son développement qui etait incitatif, efficace et favorisait la croissance. Par ses règlements particuliers pour la ville intérieure, l’hôtel de ville en devint le moteur. Ses attributions, par soumissions publiques, de baux emphytéotiques de parcelles importantes de terrain de part et d’autre du tunnel du métro constituèrent une formule avantageuse autant pour les promoteurs que pour la ville. Ses permissions aux promoteurs d’occuper le domaine public, pour loger les corridors sous les rues, en échange de servitudes pour l’accès du public dans leurs édifices aux heures d’ouverture du métro furent qualifiées de réalistes. Le partenariat et l’interdisciplinarité que la ville intérieure suscita avec l’opérateur du métro et les promoteurs immobiliers débouchèrent sur des projets multiples et bien réussis.
Aujourd’hui, la ville intérieure offre plus de 30 km de corridors et est devenue une attraction touristique dont on parle dans le monde entier. Les Montréalais et les Montréalaises qui subissent des hivers rigoureux, des accumulations de neige énormes, des étés de chaleur de canicule, d’une humidité approchant les 100% HR en profitent bien. J’y étais la semaine dernière et j’en suis revenu encore plus ébahi que la fois précédente en pensant à ses débuts, à ce qu’avait fait Jean Drapeau et fier d’avoir pu y participer humblement avec ma firme d’ingénieurs pour la construction de la station de métro Peel.
« Ce qui est encore plus extraordinaire pour les Montréalais et les Montréalaises c’est que cet équipement urbain unique a été réalisé sans que Montréal ait eu à investir un dollar pour le réaliser, pour l’entretenir et pour le surveiller ». En effet, tout a été fait aux frais des développeurs immobiliers et continue de l’être.
Par ailleurs, face à la compétition dynamique des centres commerciaux de banlieue, le réseau souterrain sauva le secteur immobilier commercial du centre-ville qui a pu garder sa vitalité nonobstant les crises économiques.
Le grand trou de Montréal que j’ai vu si souvent dans ma jeunesse est devenu le symbole de Montréal et le « germe de la ville intérieure » grâce à la détermination et à la vision de Jean Drapeau et de son équipe de l’Action Civique et éventuellement du Parti Civique.
Mégalomaniaque Jean Drapeau ? En tout cas, pas pour avoir chassé le crime organisé qui empoisonnait Montréal au début de son premier mandat, ni pour avoir créé la ville intérieure de Montréal qui fait sa réputation et a sauvé son économie.
Lysiane Gagnon dit que l’on ne doit pas vouloir d’un tel maire aujourd’hui ! C’est un mauvais conseil car, pour moi, son évaluation du maire Jean Drapeau n’est que de la bouillie pour les chats !
Claude Dupras
Ps. Je reviendrai dans une autre chronique sur les autres grands projets du maire Drapeau, le fondateur du Montréal moderne.
Il est bon de se rappeler que Jean Drapeau avait 38 ans lorsqu’il devint le candidat à la mairie pour la Ligue d’Action Civique qu’il avait contribué à mettre sur pied avec un groupe de citoyens (Pierre Desmarais, Lucien Saulnier, J. Z. Patenaude, Roger Sigouin, et autres) voulant assainir Montréal et la politique municipale. Ils étaient des hommes sincères décidés à combattre le crime organisé qui avait pris contrôle de la ville avec la collaboration de la police de Montréal et la protection de plusieurs politiciens. C’était le 8 octobre 1954, le jour même du dépôt du rapport du juge François Caron qui avait présidé la commission d’enquête sur le jeu et le vice commercialisé à Montréal (Drapeau y avait participé activement comme avocat). Vingt policiers furent condamnés et les deux derniers chefs de police déclarés coupables.
La campagne électorale fut dure et sale car son adversaire était appuyé par les propriétaires de cabarets, les bookies, les tenanciers de bordel, le monde interlope et plusieurs autres qui se sentaient menacés par la possibilité d’un Jean Drapeau maire. Le jour de l’élection, les machines de télégraphes (faux électeurs) furent à l’œuvre mais Drapeau était bien représenté dans les polls (j’étais un de ses représentants) et réussit à amoindrir les effets de ces manœuvres électorales frauduleuses. Il fut élu avec 49,7% des votes. Dans un premier temps, avec courage, il fit adopter des règlements municipaux pour interdire le jeu illicite, la prostitution, la vente d’alcool après deux heures le matin, etc… Il plaça à la tête des Services municipaux des hommes de haute compétence. Il prit des mesures importantes pour la rénovation d’habitations insalubres de l’est de la ville. Il lança l’idée pour la construction de la Place des Arts… Il avait son émission télévisée « le maire vous parle » où il traitait de ce qui se passait dans la ville et répondait aux questions des téléspectateurs. Il s’avéra un homme de décision et d’action qui voulait moderniser Montréal.
Puis, le maire Drapeau collabora étroitement avec le CNR pour cacher l’immense tranchée, creusée par la compagnie ferroviaire, qui allait de la rue Cathcart à la gare centrale, au coeur de Montréal. En 1955, la construction du plus grand hôtel de Montréal, le Reine Élizabeth, commença et le CNR présenta un plan d’ensemble pour couvrir le trou avec un développement immobilier d’envergure, dont son nouveau siège social. Le newyorkais William Zeckendorf, entreprit de construire la place Ville-Marie. Le rôle de Drapeau fut déterminant car il savait que ces grands projets insuffleraient un dynamisme inimaginable pour le centre-ville. Avec le président de l’exécutif, il décida de doter Montréal d’un métro et imagina une ville souterraine, la ville intérieure.
Il convainquit les promoteurs immobiliers de se joindre au nouveau réseau et présenta un plan d’ensemble pour son développement qui etait incitatif, efficace et favorisait la croissance. Par ses règlements particuliers pour la ville intérieure, l’hôtel de ville en devint le moteur. Ses attributions, par soumissions publiques, de baux emphytéotiques de parcelles importantes de terrain de part et d’autre du tunnel du métro constituèrent une formule avantageuse autant pour les promoteurs que pour la ville. Ses permissions aux promoteurs d’occuper le domaine public, pour loger les corridors sous les rues, en échange de servitudes pour l’accès du public dans leurs édifices aux heures d’ouverture du métro furent qualifiées de réalistes. Le partenariat et l’interdisciplinarité que la ville intérieure suscita avec l’opérateur du métro et les promoteurs immobiliers débouchèrent sur des projets multiples et bien réussis.
Aujourd’hui, la ville intérieure offre plus de 30 km de corridors et est devenue une attraction touristique dont on parle dans le monde entier. Les Montréalais et les Montréalaises qui subissent des hivers rigoureux, des accumulations de neige énormes, des étés de chaleur de canicule, d’une humidité approchant les 100% HR en profitent bien. J’y étais la semaine dernière et j’en suis revenu encore plus ébahi que la fois précédente en pensant à ses débuts, à ce qu’avait fait Jean Drapeau et fier d’avoir pu y participer humblement avec ma firme d’ingénieurs pour la construction de la station de métro Peel.
« Ce qui est encore plus extraordinaire pour les Montréalais et les Montréalaises c’est que cet équipement urbain unique a été réalisé sans que Montréal ait eu à investir un dollar pour le réaliser, pour l’entretenir et pour le surveiller ». En effet, tout a été fait aux frais des développeurs immobiliers et continue de l’être.
Par ailleurs, face à la compétition dynamique des centres commerciaux de banlieue, le réseau souterrain sauva le secteur immobilier commercial du centre-ville qui a pu garder sa vitalité nonobstant les crises économiques.
Le grand trou de Montréal que j’ai vu si souvent dans ma jeunesse est devenu le symbole de Montréal et le « germe de la ville intérieure » grâce à la détermination et à la vision de Jean Drapeau et de son équipe de l’Action Civique et éventuellement du Parti Civique.
Mégalomaniaque Jean Drapeau ? En tout cas, pas pour avoir chassé le crime organisé qui empoisonnait Montréal au début de son premier mandat, ni pour avoir créé la ville intérieure de Montréal qui fait sa réputation et a sauvé son économie.
Lysiane Gagnon dit que l’on ne doit pas vouloir d’un tel maire aujourd’hui ! C’est un mauvais conseil car, pour moi, son évaluation du maire Jean Drapeau n’est que de la bouillie pour les chats !
Claude Dupras
Ps. Je reviendrai dans une autre chronique sur les autres grands projets du maire Drapeau, le fondateur du Montréal moderne.
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mercredi 13 mai 2009
Des prix de fous !
Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple.
Nous avons tous constaté la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
J’ai oeuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans. J’ai créé, avec des associés, un bureau d’ingénieur-conseil qui fut très actif dans le domaine de la mécanique et d’électricité, en informatique et en gérance de travaux de construction. Nous avons réalisé un très grand nombre de projets importants allant du village Olympique, au Journal de Montréal, à l’hôpital Charles-Lemoyne, au Complexe ex-Centris. Jamais ai-je été témoin d’augmentation si sauvage des coûts de construction !
Par exemple, alors que la construction du stade Olympique a dépassé de beaucoup les coûts prévus (cela s’explique, en grande partie, par la complexité du projet, le court temps pour le réaliser et les problèmes syndicaux), le projet du village Olympique a rencontré ses budgets.
Au même moment, nous réalisions la gérance de construction de l’édifice de Bell Canada sur la rue Jean-Talon, près de la rue Casgrain. Je cite ce dernier exemple pour démontrer que nonobstant la crise de la construction des années 1970, la pression sur les prix et la grande demande de personnel découlant des grands travaux réalisés alors, comme le barrage de la Baie James et les installations olympiques, le budget de construction de ce projet fut quand même respecté. Et, c’était généralement le cas au Québec.
Le battage journalistique des derniers mois sur les différents projets de construction de la ville de Montréal et des autres organismes gouvernementaux, mentionnés précédemment, a marqué profondément une majorité des Montréalais qui y voient des scandales honteux. Les personnages impliqués par les médias sont venus, tour à tour, sur la place publique pour se défendre des insinuations qui pèsent sur eux et leurs entreprises.
Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Jean-Pierre Sauriol, président du groupe d’ingénieurs-constructeurs DESSAU et les présidents des associations des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) et de la construction du Québec (ACQ), se sont tous expliqués. Pour eux, tout est beau et « tout le monde il est gentil » car il ne voit pas vraiment de problèmes puisque tous les intervenants de leurs groupes respectifs sont qualifiés, efficaces, productifs, compétitifs et respectueux de l’éthique corporative et professionnelle. À peine quelques uns admettent-ils la présence de quelques moutons noirs dans leurs rangs mais ils seront vite, disent-ils, chassés de la bergerie.
La Sûreté du Québec fait actuellement enquête sur certaines entreprises et plusieurs y voient là la solution au problème actuel. Je ne le crois pas, car la police ne traitera pas de ce que j’estime être les racines du mal qui ronge la construction, soient : une collusion malsaine chez plusieurs entrepreneurs, fournisseurs de matériaux et d’équipements; une improductivité grandissante chez les travailleurs; une incompétence évidente dans la planification des projets; une inexpérience manifeste dans l’estimation des coûts des projets; un manque de contrôle et de surveillance chez les donneurs d’ouvrage; une complicité malsaine entre les politiciens, les entrepreneurs et les professionnels; un manque de respect du principe des soumissions publiques dans le domaine publique; une éthique inexistante chez plusieurs intervenants, etc…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures. Des hommes politiques mis-au-pas et qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la réalisation de projets d’infrastructures ou autres, plus un monde de la construction qui respecte les règles de l’art permettront d’économiser des centaines de millions de dollars.
J’ai été heureux ce matin d’apprendre que les fonctionnaires fédéraux prennent le temps de s’assurer que les projets présentés en catastrophe par les gouvernements des provinces et les villes sont bien ficelés avant de les approuver et d’autoriser la remise des argents votés par le parlement canadien. On les accuse de retarder les projets mais j’y vois une leçon découlant des suites de l’enquête du fameux scandale des commandites, d’il y a quelques années, durant laquelle les fonctionnaires se sont faits taper sur les doigts pour leur négligence. Je suis impressionné par ces employés de l’État qui résistent aux demandes pressées des politiciens du parti conservateur, pour faire leur « job ». Ce ne doit pas être facile pour eux, mais c’est nécessaire car cela permettra de s’assurer que l’argent fédéral sera bien utilisé et que les objectifs des investissements pour la relance de l’économie seront rencontrés. C’est un début. Espérons que le gouvernement du Québec et les villes feront de même chez nous.
Claude Dupras
Nous avons tous constaté la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient augmentations futures de taxes foncières et autres.
Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
J’ai oeuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans. J’ai créé, avec des associés, un bureau d’ingénieur-conseil qui fut très actif dans le domaine de la mécanique et d’électricité, en informatique et en gérance de travaux de construction. Nous avons réalisé un très grand nombre de projets importants allant du village Olympique, au Journal de Montréal, à l’hôpital Charles-Lemoyne, au Complexe ex-Centris. Jamais ai-je été témoin d’augmentation si sauvage des coûts de construction !
Par exemple, alors que la construction du stade Olympique a dépassé de beaucoup les coûts prévus (cela s’explique, en grande partie, par la complexité du projet, le court temps pour le réaliser et les problèmes syndicaux), le projet du village Olympique a rencontré ses budgets.
Au même moment, nous réalisions la gérance de construction de l’édifice de Bell Canada sur la rue Jean-Talon, près de la rue Casgrain. Je cite ce dernier exemple pour démontrer que nonobstant la crise de la construction des années 1970, la pression sur les prix et la grande demande de personnel découlant des grands travaux réalisés alors, comme le barrage de la Baie James et les installations olympiques, le budget de construction de ce projet fut quand même respecté. Et, c’était généralement le cas au Québec.
Le battage journalistique des derniers mois sur les différents projets de construction de la ville de Montréal et des autres organismes gouvernementaux, mentionnés précédemment, a marqué profondément une majorité des Montréalais qui y voient des scandales honteux. Les personnages impliqués par les médias sont venus, tour à tour, sur la place publique pour se défendre des insinuations qui pèsent sur eux et leurs entreprises.
Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Jean-Pierre Sauriol, président du groupe d’ingénieurs-constructeurs DESSAU et les présidents des associations des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) et de la construction du Québec (ACQ), se sont tous expliqués. Pour eux, tout est beau et « tout le monde il est gentil » car il ne voit pas vraiment de problèmes puisque tous les intervenants de leurs groupes respectifs sont qualifiés, efficaces, productifs, compétitifs et respectueux de l’éthique corporative et professionnelle. À peine quelques uns admettent-ils la présence de quelques moutons noirs dans leurs rangs mais ils seront vite, disent-ils, chassés de la bergerie.
La Sûreté du Québec fait actuellement enquête sur certaines entreprises et plusieurs y voient là la solution au problème actuel. Je ne le crois pas, car la police ne traitera pas de ce que j’estime être les racines du mal qui ronge la construction, soient : une collusion malsaine chez plusieurs entrepreneurs, fournisseurs de matériaux et d’équipements; une improductivité grandissante chez les travailleurs; une incompétence évidente dans la planification des projets; une inexpérience manifeste dans l’estimation des coûts des projets; un manque de contrôle et de surveillance chez les donneurs d’ouvrage; une complicité malsaine entre les politiciens, les entrepreneurs et les professionnels; un manque de respect du principe des soumissions publiques dans le domaine publique; une éthique inexistante chez plusieurs intervenants, etc…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures. Des hommes politiques mis-au-pas et qui comprennent mieux leur responsabilité en rapport avec la réalisation de projets d’infrastructures ou autres, plus un monde de la construction qui respecte les règles de l’art permettront d’économiser des centaines de millions de dollars.
J’ai été heureux ce matin d’apprendre que les fonctionnaires fédéraux prennent le temps de s’assurer que les projets présentés en catastrophe par les gouvernements des provinces et les villes sont bien ficelés avant de les approuver et d’autoriser la remise des argents votés par le parlement canadien. On les accuse de retarder les projets mais j’y vois une leçon découlant des suites de l’enquête du fameux scandale des commandites, d’il y a quelques années, durant laquelle les fonctionnaires se sont faits taper sur les doigts pour leur négligence. Je suis impressionné par ces employés de l’État qui résistent aux demandes pressées des politiciens du parti conservateur, pour faire leur « job ». Ce ne doit pas être facile pour eux, mais c’est nécessaire car cela permettra de s’assurer que l’argent fédéral sera bien utilisé et que les objectifs des investissements pour la relance de l’économie seront rencontrés. C’est un début. Espérons que le gouvernement du Québec et les villes feront de même chez nous.
Claude Dupras
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