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vendredi 25 mars 2016

L’affront à Marine Le Pen

Marine Le Pen est venue au Québec. Cette femme députée de France et de l’Union Européenne, cheffe du parti français le Front National (FN) qui est actuellement le premier des partis de France (celui qui obtient le plus de votes), avait pensé venir rencontrer les Québécois pour parler politique française et internationale. Elle s’attendait, comme démocrate, à être reçue poliment et avoir l’opportunité de discuter normalement avec ses homologues québécois et la presse pour mieux faire connaitre le FN qui grandit d’élection en élection, prend de plus en plus de place sur l’échiquier politique de la France puisqu’il dirige maintenant des régions gouvernementales et plusieurs villes dont des grandes. Son influence de plus en plus importante mérite d’être connue et comprise par les citoyens québécois et canadiens et elle avait raison de venir nous rencontrer pour mieux se faire connaître et expliquer ses positions politiques.

Elle a été reçue comme un chien dans un jeu de quilles. Évitée, critiquée, contestée, insultée, elle a été traitée d’une façon inconvenable, comme si elle n’avait pas droit à ses opinions, comme si nous ne vivions pas dans une démocratie, par des personnages politiques qui ont démontré au monde, en quelques jours, la petitesse de la politique québécoise. Du PM québécois Couillard, aux chefs des oppositions Pierre Karl Péladeau (PKP) et François Legault, ce fut honteux de les voir refuser de la rencontrer et de réagir avec politesse ne serait-ce que par respect pour les institutions politiques françaises. Ils semblent ne pas avoir compris que le FN est, en France, de plus en plus considéré comme un parti comme un autre. Que les choses changent ! C’est le journaliste du journal Le Monde, Jean-Yves Camus spécialiste de l’extrême droite, qui a écrit il n’y a pas tellement longtemps « il faut admettre que la formule consacrée selon laquelle le Front National serait un parti antirépublicain, véhiculant le racisme et l’antisémitisme, n’est plus opérante ».
Nos personnages politiques et nos journalistes ont agi par ignorance et ont démontré leur retard sur l’évolution de la politique en France.
La presse locale, française et même mondiale s’est empressée de rapporter, comme il se doit, le déroulement de ces quelques jours de Marine Le Pen au Québec où le tout s’est terminé par une entrevue mal ficelée, d’une trentaine de minutes, à l’émission 24/60 de Radio Canada, animée par la journaliste expérimentée Dussault qui a agressé malhabilement et injustement Marine Le Pen avec des questions et des sous-entendus insensés sans rapport réel avec l’opportunité d’une telle visite chez nous.
Le Front National est un parti de droite. Souventes fois et encore aux dernières élections, pour gagner des votes, ses adversaires politiques n’ont cessé de le qualifier d’extrême droite dans la lignée des partis fascistes de la deuxième guerre mondiale en Italie et en Allemagne, même si ce parti n'est que quelque peu à droite de la droite traditionnelle. Il est moins à droite sur certaines politiques que le parti conservateur du Canada et beaucoup moins à droite que les politiques défendues par le candidat républicain Donald Trump.

En France, les adversaires du FN trompent l’électorat et cherchent continuellement à créer la peur de la venue au pouvoir d’un tel parti. Malgré les campagnes négatives à outrance, le FN a grandi d’élection en élection et aux dernières élections européennes à maximisé son électorat dès le premier tour pour devenir le premier parti de France au point qu’il peut même l’emporter seul au 2e tour en allant chercher des votes chez les abstentionnistes et dans les autres partis, mettant fin à la formule du passé du « front républicain solide » qui se créait (droite et socialiste) pour le bloquer. La donne politique en France a changé.
Le Parti Socialiste (PS) d’Hollande et le parti Les Républicains (LR) de Sarkozy ont donné, suite à des revers importants, le pouvoir au FN, pour une première fois dans des départements français. Il en a gagné deux plus un grand nombre de villes.
De plus, malgré les évènements tragiques comme la tuerie de Charlie Hebdo, le FN s’est haussé à 30% d’opinions favorables, alors qu’avant il callait dans les sondages lors de telles situations.
Marine Le Pen a changé le Front National depuis qu’elle le dirige. Elle a mis de côté l’antisémitisme du père et récupéré plusieurs éléments du programme de la gauche, comme la laïcité et la défense des emplois industriels contre l’Union européenne. Les milieux populaires sont tentés par Marine Le Pen et le PS a beau crier, il ne répond plus aux motivations de ces lecteurs.  (Journal Le Devoir)
Depuis les 15 dernières années, je vis en France 4 mois par an dans un village de Provence près d’Avignon. Toujours intéressé par la politique, j’ai appris à connaitre mieux la politique française, ses partis, leurs programmes et ses personnages. J’ai suivi chaque élection de près, qu’elles soient présidentielles, départementales, municipales ou cantonales. J’ai vu et entendu sur la télévision française et la radio française, les débats, les grands discours, les commentaires d’analystes politiques chevronnés, les interviews des principaux joueurs, etc.. Je dois admettre que cela n’a rien à voir avec ce qui se passe au Québec ou au Canada. On se retrouve à un autre niveau, supérieur et beaucoup plus complexe.
J’ai suivi la carrière politique de Jean-Marie Le Pen, un homme cultivé et brillant mais surtout un des grands orateurs politiques français. Son problème était qu’il poussait trop à droite et finalement, comme beaucoup de français, j’ai compris qu’il ne pouvait être au pouvoir. Puis vint Marine Le Pen.  
Au début, la nouvelle présidente du Front National, ne m’impressionnait guère. Nonobstant qu’elle projetait une belle image, qu’elle était cultivée, solide, je demeurais avec le souvenir du père et la comparaison atténuait ma curiosité. J’avais l’impression que le parti disparaitrait d’autant plus qu’il y avait une bataille de clans dans les rangs pour la direction du parti.
Mais des élections se déclenchèrent et dans mon village, qui votait en majorité pour le père, j’ai constaté que le vote FN se maintenait et augmentait même. C’était de même dans les villages voisins des départements du Gard et du Vaucluse. Je ne comprenais pas car la presse maintenait une ligne fortement négative sur le FN et ses chefs. Elle en faisait des diables dangereux pour le bien être des français et le futur de la France. La campagne négative était si intense que les supporteurs du FN hésitaient à s’afficher ouvertement et à admettre en privé qu’ils votaient FN.
Avec le temps cela a changé. La diabolisation s’est évaporée au point que plusieurs de mes voisins, amis et connaissances m’apprirent qu’ils votaient FN. Des médecins, des gens d’affaires, des entrepreneurs, des professionnels, des enseignants, des ouvriers, des sportifs qui en ont marre des personnages politiques français actuels et qui veulent de grands changements en économie, en immigration, etc...
Après avoir eu confiance en Sarkozy, puis en Hollande, ils sont désespérés de la situation en France. Ils se sont mis à écouter Marine Le Pen. Et chaque jour, elle a gagné des points et continuent à le faire au point que l’on prédit qu’elle sera au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle. Sera-t-elle capable de le gagner ? That is the question !  
Si, à cette élection, Marine Le Pen devient présidente de la France et vient en visite officielle au Québec, nos chefs politiques refuseront-ils encore de la rencontrer? Et si Donald Trump devient président des USA et visite le Québec, vont-ils le boycotter parce qu’il est plus à droite que Marine Le Pen ? Et madame Dussault à Radio-Canada sera-t-elle aussi irrespectueuse ?
Claude Dupras

dimanche 9 décembre 2012

USA, l’heure de vérité

2012 marque la fin de l’importante réduction générale des impôts, accordée par l’ex président américain GWBush, en 2001 et 2003, pour relancer l’économie de son pays. Cette loi de finance devait se terminer en décembre 2010. À ce moment-là, le président Obama, suite à un dur débat a dû accepter une extension de deux ans. Elle se termine donc le 31 décembre prochain.

Les réductions de taxes ont non seulement bénéficié aux riches mais aussi aux payeurs de taxes de la classe moyenne. Bush a toujours affirmé qu’il pensait nécessaire de stimuler davantage la reprise de l’économie et la création d’emplois pour générer plus de revenus. Se fiant au succès obtenu par son mentor Ronald Reagan, qui avait lancé un tel programme, il assurait le peuple américain que ces réductions se paieraient d’elles même. Mais Bush a lancé deux guerres qu’il a dû financer et a engagé des dépenses croissantes malgré une dette qui grossissait à vue d’œil.

Dès les premiers jours, les opposants ont engagé un vigoureux débat sur les coûts et bénéfices de ces décisions surtout sur celles qui favorisaient les riches. Ils ont souligné, entre autres, que ces derniers étaient vraiment gâtés puisqu’en plus ils bénéficiaient de nouvelles mesures diminuant la taxe sur les gains capitaux. Ils ont démontré que ces décisions augmenteraient appréciablement l’inégalité entre les Américains et iraient à l’encontre du principe de la distribution des richesses par un gouvernement. Ils ont même évoqué un danger possible à la sécurité nationale.

Quelques années plus tard, GWBush et son vice-président Dick Cheney ont affirmé qu’effectivement les diminutions des taux d’impôts s’étaient payées d’elles-mêmes. Ces affirmations gratuites ont été contredites par le Département du trésor américain qui a déclaré n’avoir pas de preuves concrètes démontrant leur véracité puisque les revenus d’impôt depuis 2001, sauf en 2007, ont été inférieurs à la moyenne de 8,4 % du PIB des trente dernières années.

Par ailleurs, la dette américaine a littéralement explosée. Les coupures de taxes de Bush y ont ajouté 1,6 trillions de $, sans compter les intérêts. Mais elles ne sont pas le plus grand contributeur à cette augmentation de la dette puisque l’accroissement des dépenses les surpasse. L’incapacité ou le non-vouloir des présidents Bush et Obama à réduire les dépenses est donc aussi à blâmer.

Aujourd’hui, la dette américaine est de 16 359 000 000 000 $. Elle était de 5,94 trillions $ lorsque GWBush devint président et avait atteint 12,3 trillions $ à la venue d’Obama. Selon les économistes et experts financiers, cet accroissement rapide devient intolérable car il est un danger non seulement pour l’économie des USA mais pour celle du monde.

Depuis la crise bancaire, les mesures temporaires d’injection de capitaux dans les banques et la diminution des taux d’intérêts ont eu des effets positifs aux USA. Le taux de chômage a diminué de 9,8 % à 7,7 % durant le deux dernières années. En novembre 2012, l’emploi a grimpé de 147 000 emplois (pour un 15ième mois consécutif). Il y a aussi le fait que des compagnies américaines comme Apple viennent tout juste de décider de rapatrier une partie de la fabrication de leurs produits sur le sol américain. Cela va dans le bon sens.

Malgré ces indications, plusieurs experts craignent cependant le pire puisque l’économie mondiale dépend du consommateur américain comme une source importante de sa demande. Ils s’inquiètent du faible taux de croissance des USA et de la diminution de celle de la zone euro, du Japon et d’ailleurs qui ajoutent au problème. Même les pays en développement qui profitaient d’une économie de plus en plus forte pour se développer sont aujourd’hui affectés par des ralentissements de production. L’emploi et la qualité de vie en souffrent un peu partout.

Voilà pourquoi, le gouvernement américain qui est au cœur de cette tourmente doit prendre les bonnes décisions afin d’assurer la stabilisation financière des USA. Et l’heure de vérité approche, puisqu’elle est fixée au 31 décembre 2012 à minuit. Les Américains la surnomment « the fiscal cliff », qui est devenu au Québec, avec notre bonne habitude de tout traduire en français, la falaise fiscale.

À ce jour, les deux partis politiques américains, Démocrate et Républicain, ont des vues opposées pour la solution. Lors de la récente élection présidentielle, le candidat républicain Romney a proposé la politique « aucune augmentation de taxes pour personnes ». Obama, qualifiant cette approche d’irresponsable, a répliqué en promettant de ne pas toucher aux taux d’imposition de la classe moyenne mais d’augmenter ceux des riches au niveau qu’ils étaient en 2001.

La victoire électorale d’Obama fut décisive et surprenante par son envergure. Aujourd’hui, les démocrates d’Obama maintiennent sa position électorale et les républicains marient celle de Romney. Ces derniers veulent surtout éviter toutes augmentations aux riches qui les appuient et les financent.

De plus, chacun est favorable à des coupures importantes des dépenses gouvernementales. Les républicains en proposent de plus radicales puisqu’ils devront compenser pour le manque de revenus qu’une augmentation de la taxe apporterait au trésor américain. Ils voulaient mettre la hache dans le nouveau régime de santé pour tous « Obamacare », mais le résultat de l’élection les en empêche. Ils veulent donc sabrer ailleurs et profondément, où ça fait mal !

À cause de l’écrasante majorité républicaine à la Chambre des représentants, une entente est nécessaire entre les partis si le président veut atteindre son objectif. Déjà, il a proposé l’adoption immédiate d’une loi spéciale pour garantir que les taux touchant la classe moyenne ne soient pas modifiés. Les républicains l’ont refusée et réclament un compromis, qu’Obama rejette.

Je crois qu’à la fin, les républicains cèderont. Ils ne peuvent faire autrement suite à l’humiliante défaite de leur parti à la dernière élection, malgré qu’ils aient dépensé des centaines de millions $ de plus qu’Obama. Ils se sont finalement rendu compte que l’argent n’assure pas toujours les victoires électorales. Se croyant gagnants, ils ont négligé les besoins et les opinions de larges franges de la population comme les moins nantis, les femmes et les latinos. Dorénavant, ils doivent penser à l’avenir pour gagner la présidence et le Sénat. Cela veut dire pour eux, chercher à récupérer le plus grand nombre possible de ces électeurs pour la prochaine élection. Emprunter la voie politique d’Obama pourrait les aider dans l’opinion publique.

Un autre problème pour les républicains est le fait que plusieurs de leurs actuels élus se pensent prisonniers d’un document qu’ils ont signé par lequel ils s’engageaient à ne jamais voter pour une augmentation de taxes. Ce serment « Taxpayer protection pledge "TPP" » a été signé par 236 des 242 républicains élus actuels de la Chambre des représentants et par sept des 47 sénateurs républicains. À mon avis, il allait contre le fondement du serment d’office de chacun de ces élus par lequel il s’engage à servir ses commettants le mieux possible nonobstant toute influence extérieure. C’est la peur de ne pas être réélus qui les a forcés à signer ce document véreux. Chacun d’entre-eux se sentait politiquement menacé par les groupes de droite, comme le Tea Party, qui, advenant une non-signature, déploieraient tous les efforts d’organisation et financiers contre lui.

Heureusement, depuis quelques semaines, certains représentants républicains, parmi les principaux, ont affirmé publiquement qu’ils ne respecteraient plus le TPP et supporteraient des augmentations de taxes. À ce jour, le nombre n’est pas suffisant pour assurer Obama que son projet pourra être voté par la Chambre des représentants. Mais à lire tout ce que je lis sur la question, j’ai bon espoir qu’il réussira.

Claude Dupras



dimanche 30 octobre 2011

La primaire républicaine américaine devient de plus en plus bizarre et intéressante !

Le parti républicain américain est engagé dans une course pour la nomination de son candidat présidentiel contre le président Barack Obama en 2012.

À ce jour, aucun candidat n’est capable de réunir autour de son nom plus de 25% d’appuis dans les sondages. Celui qui est en tête change régulièrement. Il semble que les électeurs républicains n’aiment aucun de leurs candidats et voltigent d’un à l’autre, comme des papillons.

Ils sont actuellement neuf qui cherchent à devenir président. Ce sont : Mitt Romney, Herman Cain, Ron Paul, Michele Bauchman, Rick Perry, John Hutsman, Newt Gingrich, Rick Santorum, Gary Johnson.

Au début, Mitt Romney était le favori. Puis, Michele Bauchman, l’espoir des teapartyers, a été projetée en tête. Ensuite, Rick Perry, gouverneur du Texas, mena la course dès qu’il joignit les rangs. Et depuis quelques jours, à la surprise générale, c’est l’homme d’affaires noir Herman Cain qui est le premier choix. Quant aux autres candidats, Ron Paul, Newt Gingrich, John Hutsman, Rick Santorum et Gary Johnson, ils trainent loin en arrière depuis le début.

Qui gagnera ce leadership ? J’ai toujours pensé que Mitt Romney devrait être choisi. Il a été gouverneur du Massachussetts. En 2002, il a agi comme président du comité organisateur des JO d’hiver du Utah et en a fait un grand succès. C’est aussi un homme d’affaires qui a très bien réussi. Il a ce qu’il faut pour devenir un bon président et a démontré dans le passé qu’il sait faire la part des choses et rallier démocrates et républicains aux causes qu’il proposait. Mais il n’a pas encore gagné et son avenir devient de plus en plus incertain car la frange droite de la droite du parti républicain - teapartyers, conservateurs sociaux, extrémistes, évangélistes chrétiens, ect..- n’en veut absolument pas.

Herman Cain a un passé d’affaires remarquable et un discours impressionnant. Il est captivant, engageant, agréable et habile. Il propose des politiques originales mais simplistes, qu’il explique clairement et sait rendre faciles à comprendre pour le commun des mortels. Il plait à la frange droite et aux gens de 35-54 ans. Il n’a pas de profondeur intellectuelle ni d’expérience politique. C’est pourquoi, aujourd’hui, il est surprenant d’apprendre que dans l’État d’Iowa, où aura lieu le premier caucus des primaires républicaines, 23% des électeurs le choisissent pour faire face à Obama alors que 22% optent pour Romney. Paul a 12%, Bauchman 8%, Perry et Gingrich 7 % chacun et Santorum 5%. Dans le passé, les résultats de l’Iowa ont toujours eu une influence capitale sur l’allure des primaires dans les autres États. Mais rien n’est définitif puisque cette première primaire se tiendra dans 10 semaines.

Depuis qu’elle été lancée, cette primaire est le théâtre de revirements spectaculaires. Et ce n’est pas fini.

Selon certains observateurs politiques américains, il y a un candidat qui peut créer « la vraie surprise », à la fin de la longue course qui se développe. C’est Newt Gingrich. Il est un politicien chevronné qui connait tous les aspects de la politique américaine. Il a été orateur de la Chambre des représentants du temps du président Clinton, et était ainsi celui qui avait le plus de pouvoir dans le gouvernement américain après le président. Il faut savoir que si la Chambre dit NON, comme c’est le cas aujourd’hui pour chacune des propositions que présente le président Obama, rien n’est approuvé. Gingrich a été élu à ce poste, après avoir organisé brillamment l’élection qui avait donné une majorité républicaine à la Chambre. Il était alors un héros politique. Par la suite, intelligent et pragmatique, il avait su travailler avec Clinton pour faire adopter des lois importantes pour le peuple américain. Puis, avec le temps, on lui a reproché une certaine arrogance, il a été vaincu et a perdu son pouvoir.

Dès qu’il s’est lancé dans la présente campagne républicaine, Gingrich a subi les foudres des électeurs républicains. Ses divorces passés et ses extravagances dépensières lui ont été reprochés. De plus, il a été qualifié d’homme du passé qui se présentait par intérêt personnel puisqu’il venait de publier un nouveau livre et voulait le vendre. En somme, tous ces reproches l’ont balayé vers la queue du peloton et à un moment donné, il ne recevait que 4% d’appuis des républicains. Face à ces désastreux résultats, ses travailleurs l’ont quitté, ses financiers électoraux ont fermé le robinet et la pression pour démissionner est devenue si grande sur Gingrich qu’il aurait dû le faire car il n’avait, selon les évidences qui s’accumulaient, aucune possibilité de gagner la primaire. Mais Gingrich, n’est pas du genre à lâcher et il persiste. Il sait qu’il est celui qui connaît le mieux tous les dossiers politiques de son pays et qu’il peut défendre ses positions mieux que quiconque.

Dans les huit débats tenus à ce jour, il est celui qui ressort comme le plus fort intellectuellement. Comme a dit Rush Limbaugh, le célèbre radioman américain « il est le seul qui avait l’air d’un adulte dans le dernier débat ». D’autres affirment « Gingrich est brillant et est le seul capable de tenir tête à Obama ».

De plus, les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Ces sondages encouragent les financiers et dans le dernier mois, l’argent est revenu partiellement; il peut dorénavant mettre sur pied des équipes de travail dans les États où se tiendront les premières primaires. Petit à petit, Gingrich refait son nid.

Pour plusieurs électeurs, il devient le deuxième choix. C’est d’ailleurs le but qu’il veut atteindre car le parti républicain a décidé que le partage des délégués des États au congrès sera proportionnel pour chaque candidat au pourcentage de votes qu’il aura obtenu dans la primaire de l’État. Ceci est contraire au passé alors que le vainqueur d’un État remportait tous les délégués.

Gingrich espère qu’au congrès, la course soit devenue un match Romney-Gingrich. Il espère que les débats directs qu’il aura alors avec Romney lui permettront de persuader l’ensemble des délégués républicains qu’il est leur homme pour les ramener à la Maison Blanche.

Les probabilités que l’ambition de Gingrich se réalise sont minces. Mais aujourd’hui, avec l’impression que crée l’intensité des médias dans la vie de chacun, tout peut arriver et il est bien placé pour réussir.

Une chose est certaine, la campagne au leadership du parti républicain des USA devient de plus en plus intéressante et mérite d’être bien suivie.

Claude Dupras

jeudi 15 septembre 2011

Obama : président d’un mandat ?

Le sondage américain Gallup de ce matin, compte 40% d’Américains favorables au travail du président Barack Obama et 52% non favorables. Il y a près d’un an, le score était l’inverse. Ça va mal à la « shop » de la Maison Blanche !

Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.

Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.

Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.

Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.

On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…

L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.

Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…

Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !

Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.

Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.

Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.

Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.

Claude Dupras

dimanche 21 août 2011

Le pipeline des sables bitumineux : une occasion pour Obama

Barak Obama a fait de l’environnement un des importants piliers de sa campagne électorale qui l’a mené à la Maison Blanche. À ce jour, Obama déçoit ses plus ardents supporteurs. Il n’agit pas comme espéré et semble vouloir se limiter à trouver des compromis entre Démocrates et Républicains. Il désappointe le peuple américain et particulièrement son électorat. Ses appuis sont tombés à 40% dans le plus récent sondage Gallup et la tendance est à la baisse. Le New York Times vient d’affirmer dans sa page éditoriale que Barak Obama ne gouverne pas. Cela n’augure pas bien pour sa réélection.

Du côté positif pour Obama, il y a le fait que le parti républicain soit embourbé avec le tea party et la droite évangéliste du pays. Cela se reflète sur la qualité des candidats en lice pour représenter le parti républicain à la prochaine élection présidentielle. Ils ne sont pas présidentiables sauf une exception, Mitt Romney. Et même ce dernier contredit son excellent passé de gouverneur du Massachusetts en se repositionnant, particulièrement sur le programme de santé, pour chercher à obtenir le plus d’appuis possibles des républicains qui s’opposent à l’Obamacare. La course, qui vient de débuter dans l’Iowa, met en évidence cette bande de bouffons politiques. Il me semble impensable que le peuple américain choisisse l’un d’eux pour devenir le prochain président. Mais, dans les circonstances économiques actuelles, qui sait…

Le département d’État américain doit émettre dans les prochains jours son analyse du projet de pipeline Keystone XL, qui doit traverser la frontière canado-américaine et six états américains pour transporter du nord de l’Alberta au Texas, chaque semaine, des millions de barils de pétrole brut provenant des sables bitumineux. Dès la remise de ce rapport, le président Obama aura 90 jours pour déterminer si le projet est d’intérêt national et s’il l’autorisera. Cette décision n’a pas à être ratifiée par le Congrès américain.

Les environnementalistes de tous les États américains veulent modifier les activités humaines qui génèrent les changements climatiques de notre planète. C’est pour cette raison qu’ils sont contre l’exploitation des sables bitumineux. Ils s’organisent pour convaincre Obama de refuser la construction du pipeline. Ils comptent en grande partie sur le pouvoir de la popularité des stars d’Hollywood pour accentuer le mouvement de protestation. Appuyés par le producteur James « Titanic, Avatar » Cameron, l’acteur mis en nomination pour un Oscar Mark Ruffalo, la canadienne Margot Kidder, l’acteur Danny Glover et une pléiade d’autres, ils convergent vers Washington pour un sit-in prévu jusqu’au 3 septembre. Ils disent vouloir organiser durant les deux prochaines semaines un grand mouvement de désobéissance civile. Ils se disent prêts à être arrêtés et emprisonnés pour faire valoir leur opposition au pipeline.

De leur côté, les compagnies pétrolières et le gouvernement du Canada ont engagé des milliers de lobbyistes pour convaincre la population américaine et presser ainsi Obama d’accepter leur projet. Pour eux, comme pour le premier ministre canadien Stephen Harper, les changements climatiques ne sont qu’une vaine imagination, une illusion et une utopie inventées par les socialistes. Déjà, et sans surprise, le parti républicain a signifié son approbation de la construction du pipeline. Ce sera une lutte serrée.

Ce n’est pas une décision facile à prendre pour Obama. Une chose est certaine, c’est une occasion pour lui de redynamiser ses partisans. S’il dit NON au projet, ces derniers seront enfin heureux d’avoir voté pour lui car il aura prouvé qu’il veut vraiment protéger l’environnement.

Par contre, il devra évaluer les aspects négatifs d’une telle décision : la perte de nouveaux emplois générés par la construction de cet immense projet au moment où le pays en réclame à haute voix; la continuation possible des augmentations des prix à la pompe; le maintien du joug des producteurs arabes de pétrole sur les USA alors que les Américains plaident pour se défaire de cette contrainte morale; l’augmentation des contributions financières du monde pétrolier à ses adversaires politiques qui sont passionnément pour le projet alors que l’élection présidentielle est dans 15 mois; la détérioration des relations diplomatiques canado-canadiennes puisque le Canada tient mordicus à ce pipeline pour augmenter ses revenus; etc.

Pour nous Canadiens, c’est aussi difficile de choisir. Plusieurs d’entre nous combattons depuis longtemps l’exploitation des sables bitumineux canadiens, situés en Alberta. C’est la plus grande réserve de pétrole au monde et dépasse celle de l’Arabie Saoudite. Le malheur est que pour produire trois barils de nouveau pétrole, on doit en brûler deux et tous les rejets de gaz à effet de serre (GES) vont directement dans l’atmosphère alors que les autres résidus, tel le carbone, trouvent leur chemin vers la grande rivière Athabaska et le lac du même nom. L’importante forêt boréale canadienne est gravement attaquée. Cela fait de notre pétrole un « pétrole sale ».

Les Albertains en ont bien profité. Leur gouvernement a éliminé totalement sa dette, diminué considérablement ses impôts, augmenté les services à la population et vu celle-ci augmenter considérablement. Le Québec a aussi bénéficié de l’augmentation de la richesse de l’Alberta car cela a fait croître les paiements de péréquation qu’il reçoit du Canada. Par contre, lorsque le prix du pétrole baissa en 2009, l’exploitation devint non économique. Certaines compagnies firent faillite et les Albertains furent surpris par un déficit important. Depuis, les choses se sont rétablies.

Le président Barack Obama a juré de combattre le réchauffement climatique et lors d’une rencontre avec Harper à Ottawa, il s’est entendu avec le PM canadien pour que l’exploitation future des sables bitumineux change et que les carbones soient enterrés afin de protéger l’environnement. À cette condition, il semble que les USA soient intéressés à acheter notre pétrole qui serait alors qualifié de propre.

Cela démontre que nous avons commencé prématurément l’exploitation des sables bitumineux, motivés que nous étions par les revenus extraordinaires qu’elle apporte au pays. Heureusement, depuis, suite à la pression des environnementalistes du monde, de blogueurs et des acheteurs, les exploiteurs ont considérablement amélioré leurs méthodes d’extractions. Mais il y a encore beaucoup à faire.

Tous les Canadiens peuvent obtenir des avantages financiers encore plus importants de cette exploitation. Lorsqu’on connaît les difficultés financières de nos gouvernements fédéral et provinciaux pour maintenir et améliorer le filet social qui protège notre population, nos déficits grandissants et notre dette combinée provincial/fédéral toujours croissante, nous sommes tentés d’être favorables à l’exploitation puisque nos générations futures en profiteront grandement et deviendront riches.

L’exploitation des sables bitumineux est une très grosse entreprise. Elle durera plus de cent ans. Il est temps d’agir de façon responsable. Nous nous devons de poser les actes nécessaires, comme la construction de centrales nucléaires pour chauffer l’eau au lieu d’utiliser le pétrole afin de diminuer les GES. Nous devons accélérer l’utilisation de tous les moyens techniques pour protéger la faune de notre forêt boréale, de la rivière et du grand lac Athabaska.

Quant au pipeline vers les USA, je suis favorable à sa construction si le président Obama, obtient la garantie du Canada que le pétrole qui ira vers son pays sera du « pétrole propre ».

Claude Dupras

samedi 8 janvier 2011

Les ridicules Républicains américains

Le congrès américain a changé le 1er janvier 2011. Les nouveaux élus de l’élection mi-mandat ont été assermentés et ont pris place à la Chambre des représentants et au Sénat. En très grand nombre, ce sont des Républicains. Dorénavant le parti républicain est majoritaire à la Chambre et a la responsabilité de gouverner. Au Sénat, les Démocrates ont maintenu leur majorité mais leur nombre a baissé. Le président Barack Obama aura donc plus de difficultés dans l’avenir à faire adopter ses réformes.

Les nouveaux représentants ont été élus suite un mouvement anti-déficit et anti-dette qui s’est répandu aux USA, particulièrement dans l’ouest du pays. Immergés par la vague des teapartyers anti-Obama, ces Républicains leur ont promis mer et monde pour se faire élire. Ils doivent maintenant livrer la marchandise.

Dès les premiers jours, deux de leurs propositions m’ont surpris. La première, proposée par les « birthers », est la demande de démission d’Obama sous prétexte qu’il n’est pas né aux USA, comme l’exige la constitution américaine. Ils étaient douze représentants avec plusieurs supporteurs dans les tribunes à faire cette demande. Et cela, malgré que l’endroit de naissance d’Obama ait été clairement établi, qu’il ait produit un certificat précisant qu’il est né en l’état d’Hawaï et que les journaux hawaïens, le jour suivant sa naissance, en aient fait état dans la chronique des nouveau-nés. Ces gens haïssent tellement Obama qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer de la carte politique.

Puis, et là c’est moins drôle, les représentants républicains ont proposé de résilier la loi sur la santé, l’Obamacare, adoptée l’an dernier par le gouvernement et qui ajoutait, enfin, 32 millions de pauvres américains au système de l’assurance-maladie. Les Républicains prétendent que la mise en application de cette loi résultera, à long terme, dans des pertes d’emplois et qu’elle va ruiner les USA en augmentant annuellement le déficit et en faisant croître considérablement la dette. Non seulement leur proposition est indéfendable, mais ils savent qu’elle ne sera jamais adoptée par le Sénat, et que même si elle l’était, le président Obama y opposerait son véto. Donc, cette longue discussion qui s’engage est une perte de temps pure et inutile.

Il en est de même au niveau des états américains où 24 gouverneurs questionnent en cours de justice la constitutionnalité de l’Obamacare.

La proposition républicaine pour l’abolition de l’Obamacare a été examinée par le non-partisan Congressional Budget Office (CBO) qui a remis son rapport jeudi dernier aux représentants, avant le début des débats. Il énonce clairement qu’il en coûterait au gouvernement 230 billions $ pour le 10 prochaines années s’il annule la loi. Les Républicains répliquent et affirment le contraire : la loi coûtera 2,6 trillions $ et ajoutera 701 billions au déficit dans les premiers 10 ans. Leurs projections sont préparées par des lobbyistes du domaine privé de la santé. Qui croire ? Un organisme indépendant nommé par les deux parties ou les données issues d’intérêts privés ?

Questionné, M. Elmendorf, directeur du CBO et économiste respecté, a expliqué que son étude est basée sur la médiane de données techniques, de comportement humain et de facteurs économiques. Les Républicains refusent son approche qui est reconnu dans le monde.

Ce qui devient évident, c’est que les Républicains veulent faire rembourser les déficits par les moins nantis. Ils ont imposé le renouvellement des baisses d’impôts aux plus riches, enlevant ainsi au gouvernement un revenu de 700 milliards $ sur 10 ans. Et, pour réduire le déficit annuel et la dette grandissante, ils prônent toutes sortes de mesures rétrogrades qui s’attaquent aux lois sociales qui aident les plus infortunés, qui contrecarrent, au niveau des états, les moyens de pression des unions de travailleurs afin de diminuer les salaires et les pensions de ceux-ci, etc… et ceci en refusant carrément de couper dans les dépenses militaires.

C’est la démonstration que les Républicains sont prisonniers du populisme des teapartyers et des conservateurs d’extrême-droite et que chacun d’entre eux craint de perdre son siège. À cause de cette emprise sur le parti, c’est un mauvais temps pour les républicains d’être au pouvoir. Voila pourquoi j’espère que les Démocrates sauront se ressaisir et arrêter la marche vers le pouvoir absolu de ces ridicules politiciens républicains.

Claude Dupras

PS. Au moment où j'émets ce message, CNN annonce qu'une représentante démocrate de l'Arizona, une des rares élues de ce parti dans cet état de l'Ouest américain lors de la campagne mi-mandat, vient d'être tirée à bout portant dans la tête. Elle est en danger de mort suite à l'opération. Six autres personnes sont mortes et onze furent blessées. Est-ce un résultat de la haine envers les Démocrates qu'ont semée les teapartyers ? Peut être.. L'enquête le dira.

Il est temps que les Démocrates et les Républicains se traitent avec respect.

jeudi 4 novembre 2010

L’ennemi no. 1 d’Obama : Glen Beck

Il y a un homme qui a fait la différence dans l’élection de mi-mandat que viennent de vivre les Américains. Il a réussi à monter une armée d’individus dans tous les coins des USA pour voter contre le président et le parti démocrate.

Ce vote qui a permis aux Républicains de balayer les Démocrates est, en fait, un vote négatif. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais un sondage auprès des électeurs à la sortie des bureaux de scrutin. Presqu’à l’unanimité, dans tous les États, dans les campagnes comme les villes, une majorité des électeurs a avoué avoir surtout voté « contre Obama ». Pourquoi ?

Depuis l’entrée de Barack Obama à la Maison Blanche, j’ai suivi sa démarche. J’en reste impressionné car il s’est avéré comme un des bons présidents que les Américains ont connus. Il a travaillé fort, a parlé intelligemment à ses concitoyens, a réagi efficacement à la crise économique et a fait voter des lois que peu de présidents ont réussi à faire voter dont celle sur la santé qui a permis à plus de 35 millions d’Américains d’être enfin protégés par un système d’assurance-maladie. Malgré tout cela, il est honni aujourd’hui par une majorité d’Américains dans tous les coins de ce grand pays.

Depuis plus d’un an, j’appréhendais le soir de l’élection « mid-term ». Ma crainte venait de ce que je percevais chez le polémiste Glen Beck. Il est un animateur d’une émission de télévision à la chaîne américaine Fox qui appartient au magnat australien des médias, Rupert Murdoch. Fox News est la dernière des grandes chaînes arrivées sur le marché Américain en 1997. Voyant un vide, Murdoch la campa complètement à droite pour promouvoir les positions politiques conservatrices. Elle le fait 24h /24, 7j/7 de façon très partisane. Aujourd’hui, Fox News a plus de 110 millions d’abonnés et est devenue une des chaînes préférées des Américains, au point que la compagnie vient tout juste d’annoncer, pour la dernière année, un accroissement des profits de 8% et des ventes publicitaires de 16%. Il faut reconnaître, en toute vérité, que la présentation des émissions est fort intéressante.

Glen Beck est un genre de René Lévesque du Québec du temps où ce dernier animait l’émission « Point de Mire » à Radio-Canada, et venait hebdomadairement expliquer aux Québécois et Québécoises, avec son ardoise et sa craie, l’évolution de la politique dans le monde. Nous étions tous accrochés à ses lèvres. Il était un vrai pédagogue. Lévesque, qui au début n’était pas très connu, a fait un tabac de son émission et est devenu une étoile de la télévision canadienne. Les Québécois et les Québécoises l’appréciaient et l’aimaient. Animateur responsable, honnête, très divertissant, clair et net dans ses propos, sa popularité fut si grande qu’il est devenu, avec le temps, premier ministre du Québec, et un des meilleurs.

Malheureusement, Glen Beck n’est pas un vrai René Lévesque. Il est un polémiste qui vise la controverse publique. Il joue avec les mots et les sentiments de ses auditeurs. Il a un objectif et il fait tout pour amener ces derniers où il veut. Il est habile, intelligent, un manipulateur hors de l’ordinaire, sur le petit écran tous les soirs à la même heure et très suivi. Dès les premiers soubresauts du « Tea Party », il a fait sien ce mouvement et s’est lancé tête basse dans la mêlée. Ses outils : l’ardoise et la craie; sa méthode : la démagogie. Il se fait professeur, enseigne, démontre, éclaircit, décortique les discours, interprète les affirmations et les projets de lois d’Obama comme s’il était un prix Nobel. Il a l’air vrai mais il est menteur. Il a l’air renseigné, mais il est manipulateur. Il a l’air d’un professeur, mais il est irresponsable. C’est un faux pédagogue, super habile et fort convaincant. Son auditoire est montée jusqu’à 3 millions d’auditeurs chaque jour.

J’ai réalisé le tort qu’il faisait lorsque deux des mes amis américains, dans des emails, m’ont recommandé l’émission télévisée de Glen Beck. Par hasard, les deux ont utilisé le même qualificatif pour le décrire : « il est très « éducatif ». Je leur ai répondu que Beck utilisait des « arguments tout croches », mais ils ne m’ont pas cru. C’est là que j’ai compris le danger pour Obama.

Depuis et souventes fois, aux nouvelles télévisées américaines, des gens bien ordinaires sont appelés à expliquer leur position anti-Obama. Chaque fois, j’ai remarqué qu’ils utilisaient les arguments de Beck, presque mot pour mot. Ce qui est le plus étonnant, c’est que ces gens critiquent, entre autres, le programme de santé d’Obama prétextant qu’il est trop coûteux, etc., alors qu’ils en sont les premiers bénéficiaires. De toute évidence, ils ne comprennent pas ce qu’ils critiquent.

Selon le New York Times, que Beck accuse d’être vendu à Obama, il a suggéré récemment aux chrétiens de quitter leur église si elle prêche la justice sociale et économique, car, dit-il, « ce sont des mot-codes pour communisme et nazisme ». Il est super-capitaliste, antisocialiste et s’oppose à tout ce qui peut venir de la gauche. Le problème est qu’il est persuasif et que ses arguments et explications deviennent des évidences dans l’esprit de ses auditeurs.

Son implication dans la récente période électorale a été très forte. Il a réuni à Washington des centaines de milliers d’électeurs pour une manifestation anti-Obama. Il a fait la promotion constante des teapartyers. Il a invité, moussé la candidature, appuyé et mis en vedette les candidats anti-Obama. Il a développé une influence profonde et une admiration étonnante chez l’Américain moyen qui est loin de comprendre la complexité des lois qui se votent à Washington mais qui gobe facilement ses explications démagogiques et simplistes du danger (qu’il invente) de ces lois.

Le résultat, c’est que des centaines de milliers d’Américains ont voté contre Obama à cause de Glen Beck. Et cela a fait la différence. Plusieurs candidats du « Tea Party » ont été élus. Mais ce qui compte surtout, c’est que des milliers d’indépendants et de Démocrates « mous » ont été convaincus par Beck de voter contre Obama et par conséquent pour les Républicains. Ajouté au noyau dur du parti républicain, ce nouvel apport de votes a fait la différence et a permis aux Républicains d’obtenir la victoire éclatante qu’ils ont obtenue.

Si Barak Obama et le parti démocrate veulent être réélus, ils devront tenir compte des actions néfastes de polémistes comme Beck, nombreux dans les médias américains, pour contrer, de façon persuasive, les arguments simplistes et démagogiques de ces derniers, afin de pouvoir ramener vers eux un nombre suffisant d’électeurs en 2012. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible !

Claude Dupras

Ps. Durant les deux derniers mois, l’auditoire de Beck a diminué sensiblement car il a tendance à se montrer de plus en plus comme un leader politique au lieu d’un « entertainer » et cela plait moins à l’auditeur américain. Néanmoins, son auditoire actuel demeure supérieur aux auditoires combinés de toutes les émissions politiques équivalentes des autres chaînes qui se présentent comme ses compétitrices.

jeudi 12 août 2010

Le parti socialiste français est-il à gauche ?

La question peut surprendre mais à voir évoluer actuellement le parti socialiste français, je crois que l’on peut exprimer un gros doute.

Depuis Guy Mollet, durant les années ’50, il a été intéressant de suivre l’évolution des idées des femmes et des hommes politiques français, particulièrement ceux qui ont été le moteur de leur mouvement respectif.

La surprise est surtout du côté de la gauche. En effet, on réalise que le parti socialiste français (PS) s’éloigne, au fur et à mesure des années, de la cause fondamentale pour laquelle il fut créé. C’est le pouvoir qui l’a changé. L’ayant goûté, ses dirigeants ont depuis glissé à droite simplement pour le garder ou le reprendre.

Aujourd’hui, plus que jamais, le PS se montre conservateur. Il s’oppose à tout changement, à toute adaptation à l’évolution des choses. Un exemple, parmi des dizaines d’autres : le PS s’oppose à l’augmentation de la retraite de 60 à 62 ans (alors qu’ailleurs elle est de 65-67 ans) et encourage tous les mouvements à manifester le 7 septembre prochain dans les rues de toutes les villes de France. Le PS est contre cette mesure et cela malgré que cette dernière vise à maintenir, à protéger et à améliorer la qualité des pensions pour les Français.

La constante inquiétude des dirigeants du PS de rester dans l’opposition fait en sorte que le parti n’a pas de stratégie concrète, ni réaliste, ni globale pour mener les Français et les Françaises vers le nouveau monde dominé, non pas par les mouvements ouvriers ou même les petits ou grands entrepreneurs économiques, mais par la Chine et l’Inde d’un côté et les multinationales de l’autre. Sa stratégie se résume à pratiquer un commerce d’images et d’illusions pour gagner le pouvoir.

Ce qui est inquiétant, c’est l’absence de nouvelles idées proposées par la soi-disant élite intellectuelle de la gauche qui a toujours joué un rôle fondamental dans le passé de cette mouvance politique, à commencer par l'ère des Lumières du 18ième siècle. Cette gauche intellectuelle a-t-elle déserté le PS ? Existe-t-elle encore ? Est-elle submergée par les dirigeants actuels qui priorisent la réussite de l’élection à l’importance des idées ?

La droite et la gauche prétendent défendre les intérêts des pauvres mortels mais depuis les trente dernières années, l’espace entre les « have » et les « have-not » ne fait que s’agrandir. Le parti socialiste français qui dit mettre l'homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs, propose-il des politiques capables d’arrêter l’élargissement de ce gouffre qui sépare de plus en plus les riches et le reste du monde ? Non !

Le désarroi à gauche est non seulement le fait du PS de France mais aussi celui d’un très grand nombre de mouvements politiques similaires dans les pays qui se réclament démocratiques comme les USA, l'Inde et un grand nombre de pays asiatiques. Il semble que seul l’hémisphère du monde qui continue aujourd’hui à réellement lutter pour la défense des « have not » est l'Amérique latine, qui paradoxalement était l'hémisphère le plus rétrograde durant tout le siècle dernier.

Le monde occidental a-t-il besoin d’une mobilisation globale des travailleurs et des moins nantis pour engager une révolution profonde afin d’éviter une noyade générale ? Combien de salaires additionnels devront être appréciablement réduits, quand ce n’est pas de la moitié comme on a vu encore récemment aux USA et en France, pour sauver, dit-on, les emplois et les entreprises ? Quand allons-nous nous offusquer de cette diminution de la qualité de vie d’un si grand nombre, au lieu de ne hausser que les épaules ? Et, lors de la prochaine crise, les salaires seront-ils à nouveau diminués et réagirons-nous de la même façon ?

N’est-ce pas évident que maintenir le rythme actuel ne pourra pas durer indéfiniment ? Comment faire réaliser aux sociétés occidentales, qui ne se rendent même pas compte de cet état de fait, qu’elles doivent trouver ensemble des solutions à cette évolution dramatique qui en réalité nous guette tous ?

Les civilisations romaine et arabe ont vécu de tels changements et ont finalement disparu. Vivons-nous le début de la disparition de la nôtre ? Je n’en ai aucune idée, mais des analystes qui s’y connaissent en parlent !

Une chose est certaine. Les chefs politiques du G20 n’écoutent pas les revendications qui s’expriment lors des manifestations de masse qui surgissent à chaque réunion de ce groupe important. Plusieurs observateurs, politiciens et policiers déblatèrent contre ces manifestants qui sont là pour exprimer leur profonde inquiétude de l’évolution de notre civilisation. Au lieu de frapper sur ces gens à coups de matraques, souventes fois sans raison comme récemment à Toronto, il serait plus important d’écouter l’expression de leurs craintes, de leurs souffrances et de leurs peurs. Plusieurs parmi ces manifestants semblent comprendre mieux que nos leaders politiques, l’envergure des calamités qui pointent à l’horizon.

Il est temps et important que le parti socialiste français retrouve sa vraie vocation de gauche. Il est facile pour ses ténors de se gargariser constamment avec tous les mots et les sentiments qui riment avec humaniste, mais être un vrai humaniste est le défi et l’outil nécessaire pour changer la tendance de nos sociétés d’aujourd’hui. Le pouvoir est intéressant et utile pour mettre en force ses idées, mais encore faut-il les proposer à l’électorat et les réaliser lorsqu’on l’exerce.

La France a été longtemps le phare pour les mouvances politiques de gauche du monde. Le demeurera-t-elle ? À ce que je constate aujourd’hui, je crois que ce temps est passé.

Claude Dupras

lundi 22 mars 2010

La paix est-elle possible en Palestine ? Il y a un espoir.

Déjà 5 morts aux mains des troupes israélites, en 24 heures. Des jeunes, dont Mohammad 15 ans… Osaid 17 ans… qui lançaient des pierres pour manifester contre la construction illégale de 1 600 logements sur une terre de Jérusalem-Est, propriété des Palestiniens envahie par Israël. On les a trouvés avec des petits trous dans la tête et dans le corps. Pourtant, et comme toujours, l’armée nie avoir utilisé des balles vivantes mais des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Les médecins de l’hôpital confirment que ce sont des balles de métal.

Le secrétaire-général des Nations-Unies s’est rendu à Gaza pour affirmer que la construction des logements est illégale et dénoncer la décision du gouvernement d’Israël. Il arrivait d’une rencontre avec le quartette USA-Union Européenne-Russie-ONU qui de Moscou avait demandé au Premier ministre Bibi Netanyahou d’annuler le projet. La réponse de ce dernier a été arrogante : « nous construisons depuis 42 ans dans ce coin du pays et nous n’arrêterons pas. Si on construit à Tel Aviv, on peut construire à Jésuralem-Est ». Pour lui, la justification est simple, Jérusalem est « une » ville et elle est israélite, puisqu’il y a 2 000 ans elle était juive. Il a décidé que le territoire de Jérusalem-Est, occupé en 1967 par l’armée israélienne, fait partie d’Israël. Et, parce qu’il est arabe, il ne faut qu’augmenter suffisamment le nombre de juifs y vivant pour changer la majorité. Ceci est fortement contesté par les Palestiniens, la Ligue Arabe et tous les pays du monde, sans exception, qui n’acceptent pas les dires d’Israël sur cet envahissement d’un territoire étranger. Même le gouvernement canadien de Stephen Harper a critiqué Israël, et c’était une première, sur la question de la construction des logements.

C’est triste de constater le « timing » de l’affaire des logements. En effet, au moment où le président Barak Obama s’est donné comme objectif de régler le conflit israélo-palestinien qui pourrit toutes les relations des USA avec les pays du Proche et du Moyen Orient et qu’il accepte l’idée, émise par son prédécesseur et l’ex-PM Sharon, de créer deux nations indépendantes vivant côte-à-côte sur cette terre bénie par le temps, le hasard a voulu que ce soit Netanyahou qui devienne le premier ministre d’Israël. Ce dernier, un dur parmi les durs, n’accepte pas l’idée des deux nations. Suite à son élection, j’ai écrit mon blog du 11 juin 2009, intitulé « Netanyahou le pas bon ». À le voir évoluer, depuis son élection, je n’ai pas changé mon opinion de ce triste personnage. Le Guardian de Londres affirme aujourd’hui que c’est lui Netanyahou qui a ordonné l’assassinat à Dubaï du membre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh. Il semble qu’au lieu de négocier avec ses adversaires, il les fait tuer.

Obama et son secrétaire d’État Hillary Clinton ont choisi l’ex-sénateur George Mitchell comme envoyé spécial pour négocier la paix auprès des deux parties. C’est un des meilleurs et avec lui tout avançait lentement mais bien, jusqu’à l’incident de la construction des nouveaux logements. Le président Obama a réagi fortement, Mme Clinton encore plus, le vice-président américain Joseph Biden s’est montré insulté puisqu’il était en visite officielle en Israël et reçu par Netanyahou qui ne lui a pas glissé mot de sa décision. La situation s’est vite refroidie et a résulté en un début de crise diplomatique amère, entre les USA et Israël, la pire depuis des décades.

L’équipe d’Obama a dénoncé la nouvelle violence qui découle de l’affaire des logements et qui nuit aux aspirations de paix des Juifs et des Palestiniens. Elle a demandé l’arrêt des hostilités et suggéré aux deux parties de cesser leur bagarre et de se reconnaître l’une et l’autre.

C’est alors que la droite américaine, les Républicains en tête, sous l’impulsion de l’important lobby juif pro-Israël de Washington a commencé une campagne d’insinuations contre le président prétextant qu’il prenait partie pour les Palestiniens, qu’il était un faible et qu’il n’avait la couenne assez dure pour faire face à de telles situations. Obama a riposté que « son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël est immuable comme un rocher solide » mais qu’il se devait de rappeler les parties à l’ordre, incluant Israël, afin que les objectifs de paix soient maintenus. Mme Clinton d’ajouter : « la vérité doit être dite lorsque nécessaire, même entre amis ».

La position pro-Israël passée du gouvernement américain a été influencée fortement par le lobby juif de droite que je mentionnais précédemment. C’est un groupe puissant, de 2,5 millions de membres et un budget de 2,5 millions $ par an. C’est l’AIPAC. Depuis toujours, il fait la cabale pro-Israël dans toutes les officines du congrès américain et à la Maison-Blanche. Pour eux, Israël a toujours raison. Je ne les blâme pas d’agir ainsi, c’est leur droit. Le problème c’est que leur puissance a fait plier les décideurs américains, plus d’une fois, en faveur d’Israël alors que l’intérêt des USA se trouvait plutôt du côté d’une politique neutre dans ce conflit. Ces positions partisanes ont amené le monde arabe à se méfier et petit à petit à perdre confiance en les dirigeants américains, ce qui n’a pas aidé à calmer les esprits dans ce coin du monde.

Malgré tout, je vois un nouvel espoir qui pointe à l’horizon. En effet, un groupe de juifs de gauche a créé l’an dernier un nouveau lobby à Washington. C’est le « J Street ». Il a profité de la campagne électorale présidentielle pour trouver des fonds afin de contribuer, contrairement à la stratégie d’AIPAC, au financement direct de candidats qu’ils soient démocrates ou républicains. 33 des 41 candidats choisis au Sénat et à la Chambre des représentants ont gagné leurs élections. Pensant, au début, collecter 50,000$, « J Street » a recueillit plus de $600,000$. Ce fut un succès inespéré et surprenant qui a motivé ses dirigeants à s’organiser de façon permanente. Leur objectif est de viser à modifier le débat américain sur Israël et les autres sujets qui touchent le Moyen-Orient. Il se qualifie de pro-Israël et pro-mouvement de paix, Il affirme que le débat à propos d’Israël est trop influencé par la droite et cela malgré les tendances de gauche des juifs américains. « J Street » approuve la « solution des deux-États » pour la Palestine et Israël et favorise la diplomatie à la force militaire.

Son approche qualifiée d’agressive est critiquée par la droite qui dénonce les positions de « J Street ». Elle comporte, selon la droite, trop de critiques des politiques d’Israël. Malgré la montée spectaculaire de ce nouveau groupe de pression, il semble que la droite ne s’inquiète pas de perdre son pouvoir car elle constate que « J Street » a trouvé des fonds chez un groupe relativement restreint de supporteurs contrairement à AIPAC qui en mène large chez les donateurs.

Les dirigeants de « J Street » affirment ne pas vouloir que leur organisation devienne aussi grosse qu’AIPAC, mais croient pouvoir avoir suffisamment d’influence pour modifier les paramètres du débat américain sur les politiques israéliennes. Ils visent les collèges américains. Ils n’espèrent pas changer le monde mais simplement remettre les choses à leur place.

Par exemple, « J Street » a critiqué fortement l’incursion récente de l’armée israélienne à Gaza suite à l’affaire des logements. Dans un message à ses membres, le groupe a déclaré : « Même si le lancement des roquettes sur les familles israéliennes ou l’envoi de porteur de bombes suicidaires n’est pas acceptable, il n’est pas plus acceptable de punir un million et demi de Gazois qui souffrent déjà pour les actions des extrémistes qui vivent parmi eux ». Cela me semble une bouffée d’air frais en politique israélo-palestinienne mais les critiques de « J Street » ne sont pas d’accord. Ils qualifient de naïfs et de moralement déficient l’approche de ce mouvement qui, selon eux, est loin des sentiments réels des juifs américains.

Il est à espérer que ce nouveau lobby juif puisse grandir et s’imposer car il émettra un son de cloche différent de celui qui a toujours influencé la pensée des politiciens américains sur le sujet israélo-palestinien. Il est un nouvel espoir pour ceux qui croient en l’importance de la neutralité des USA pour régler le conflit israélo-palestinien. J’en suis.

Claude Dupras

samedi 6 février 2010

Qui croire ? : Les scientifiques ou les machos ?

On entend peu parler d’environnement ou de réchauffement climatique depuis la désastreuse conférence de Copenhague. Il semble que nous soyons restés sur notre appétit et que nous voulions vite oublier les raisons qui avaient motivé la tenue de cette conférence qui devait être cruciale pour l’humanité.

Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.

Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.

Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.

Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.

Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.

J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !

Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.

Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.

Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.

Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.

Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.

Claude Dupras

jeudi 28 janvier 2010

Obama : « Je ne suis pas un lâcheur »

Je viens d’écouter le discours « State of the Union » du président américain Barack Obama et celui du gouverneur Robert F. McDonnell de Virginie, qui donna la réplique du parti républicain. Obama a fait un bon discours, à point et a démontré une détermination nouvelle pour mener à bien ses objectifs.

Suite à l’élection d’un républicain comme sénateur du Massachussetts, pour remplacer Ted Kennedy, la presse de droite s’est déchaînée contre Obama prétendant qu’il est devenu ineffectif et ne pourra dorénavant faire voter ses propositions de réforme. OBAMA passe un mauvais quart d’heure. Le niveau de sa popularité est passé de 63%, le soir de son élection il y a un an, à 51%, aujourd’hui. Ses adversaires affirment qu’il a perdu la confiance du peuple américain. Et si Obama avait le 35% de confiance du PM canadien Stephen Harper, que diraient-ils ?

Ce ne sont pas les actions d’Obama qui ont affecté les sondages, mais plutôt les campagnes insidieuses de l’extrême-droite américaine envers lui. Elle l’a sali, calomnié, traité de « socialiste » et même de « communiste » sachant que de tels mots font peur à plusieurs. Il a été caricaturé au point qu’un grand nombre d’Américains, peu familiers avec la politique de leur pays et pensant plus à leur situation personnelle qu’à celle de leur voisin, se sont mis à l’haïr et à le blâmer pour tout ce qui va mal dans le pays. Et ça continue, comme nous en avons été témoins hier…..

L’héritage que lui a laissé son prédécesseur n’était pas riche : deux guerres, une réputation des USA minée dans le monde, une crise immobilière domestique et devenue mondiale par laquelle des centaines de milliers de familles américaines ont perdu leur maison, une bourse effondrée, des scandales financiers au niveau bancaire dont la faillite d’une des plus grandes banques et qui risquaient de tuer le système monétaire du pays, etc…

Les positions politiques de Barack Obama ont réjoui le monde entier et les Américains y ont retrouvé une popularité renouvelée. Malgré cela, les Républicains lui reprochent le contenu de ses grands discours internationaux qu’ils qualifient de faiblesse. Le président américain n’a pas à s’excuser des politiques passées de son pays, disent-ils, car l’Amérique doit être crainte dans le monde.

J’ai suivi de près Barack Obama durant sa première année. Une fois élu, il a vite réagi . Il a très bien fait. Il a travaillé très fort et s’est engagé dans d’innombrables projets de réforme. Peut-être trop, calculent certains observateurs qui ont peut-être raison, car son engagement personnel intense dans chaque dossier lui a fait oublier de bien expliquer aux Américains les objectifs des grands changements qu’il proposait et de les engager avec lui dans ce travail important. Son slogan « Yes, we can » est devenu « Yes, I can » et ce fut son erreur. Mais, l’élection du sénateur républicain Scott Brown l’a secoué et il a compris.

La crise s’est arrêtée, mais le taux de chômage n’a pas diminué aussi vite qu’Obama avait prévu car il semble n’avoir pas réalisé que l’inertie de projets d’infrastructures est une réalité implacable. Les emplois ne sont-là qu’au moment où les projets atteignent leur vitesse de croisière. Hier soir, encore, les Républicains ont critiqué vertement le programme d’Obama d’investissements dans les infrastructures (et on sait, si on visite les USA, combien ces travaux sont nécessaires) les qualifiant d’argent dépensé inutilement qui ne font que grossir l’appareil gouvernemental et accentuent d’avantage la dette. Au Canada, particulièrement au Québec, nous savons que l’ensemble de nos programmes de financement de travaux d’infrastructures a réussi à casser la crise et à redonner une nouvelle vigueur à notre pays. Nous comprenons que ce n’est que grâce à une économie florissante que nous diminuerons la dette nationale.

Le chômage reste le tendon d’Achille du président Obama. On le blâme du taux actuel de 10% de chômeurs aux USA. Cette accusation est de toute évidence injuste, à ce moment-ci. Mais, les Républicains s’en foutent car leur motivation n’est que politicienne. Ils font fi de la vérité, de la réalité et mettent tout le blâme sur le dos d’Obama, oubliant volontairement le désastre GWBush. Ils le boycottent depuis le début, sur tout et rien, croyant que c’est la seule stratégie capable de le renverser. Ils sont contre, contre, contre… Cette attitude est en fait la preuve de la mauvaise foi des Républicains.

Ce fut encore évident hier lors du discours du porte-parole républicain. Il a affirmé que les Républicains sont favorables à des réformes sur la santé, l’éducation et l’environnement mais pas à celles d’Obama qui sont, disent-ils, trop à gauche. Comme si permettre à 35 millions d’Américains d’être protégés contre la maladie, par un système de santé privé, était une politique inacceptable. Les Républicains proposent, par exemple, de recommencer à zéro le débat sur la santé (il dure depuis près de dix mois) alors qu’il est évident que ce n’est qu’un manège pour empêcher l’adoption de la loi qu’Obama propose.

Hier soir, le président Obama a proposé, entre autres, une approche pour atteindre les demandes de la nation en rapport avec la création d’emplois. L’unité de la classe politique à Washington est nécessaire pour mener à bien ces mesures essentielles. Je crains que le parti républicain continue son boycott des propositions du président Obama et refuse de l’appuyer. Si c’est le cas, ce sera tragique car l’histoire nous enseigne que jamais, dans le passé, les grandes lois sociales et de droits civils américains ont été votées par un seul parti. Toujours, c’est la réunion d’élus de bonne volonté des deux grands partis politiques qui a permis l’adoption de ces lois qui ont fait des USA une terre accueillante pour tous.

Si les Républicains modérés ne se libèrent pas de l’influence grandissante des conservateurs de l’extrême-droite, de celle des « preachers » et de celle des grandes compagnies qui ne pensent qu’à leurs intérêts, ils perdront définitivement les rênes de leur parti. J’espère qu’ils réagiront avant qu’il ne soit trop tard. Les Américains méritent mieux !

Les élus doivent servir la nation et non leurs ambitions a rappelé hier le président Barack Obama.

Claude Dupras

jeudi 21 janvier 2010

L’Amérique infectée

Quelle surprise ! Un républicain élu pour remplacer le sénateur Ted Kennedy, champion de l’assurance-santé pour tous les Américains. Surprise encore plus grande puisque ce nouveau sénateur, Scott Brown, a fait campagne en promettant de s’opposer au projet du président Barack Obama sur les soins de santé aux Américains dont l’objectif est de corriger les déficiences du programme de santé actuel et de permettre à 35 millions d’individus, à ce jour non-assurés, d’être protégés contre la maladie.

Le Sénat américain et la Chambre des représentants ont chacun voté leur version du projet. Il reste à fondre ces deux documents en un et à le faire voter, à majorité simple, par les deux groupes pour que le projet devienne loi. Le vote final doit avoir lieu d’ici un an sinon le projet sera enlevé du feuilleton du Sénat. Les démocrates, majoritaires, voulaient voter ce mois-ci.

L’élection de Brown augmente le nombre de sénateurs républicains à 41 vis-à-vis les 59 démocrates. Et ce chiffre de 41 change tout puisqu’il dépasse le chiffre 40 qui est le seuil fixé par les règles de procédure parlementaire du Sénat et qui empêchaient les républicains de filibuster (faire un débat sans fin). Dorénavant, les républicains peuvent le faire et c’est le nouveau dilemme d’Obama. Tiendra-t-il son bout en maintenant son projet tel quel et en risquant que les sénateurs républicains décident de filibuster ou le modifiera-t-il en réduisant sa portée afin d’obtenir l’accord des républicains ?

La victoire du candidat démocrate dans l’État du Massachusetts s’explique par plusieurs raisons. La première, est Scott Brown. Il a été un candidat exceptionnel. Photogénique, chaleureux, belle famille, bon orateur, bonne expérience politique dans son État, excellente organisation, il a mené une campagne électorale parfaite. Déjà sénateur du gouvernement du Massachussetts, il en était à sa dixième campagne électorale et n’a jamais perdu. Son adversaire, Martha Coakley, attorney general de l’État avant de devenir la candidate démocrate, a mené une campagne qui ne l’a pas avantagée. Calme, sereine, peu dynamique, elle n’a reçu que peu d’appuis de son parti qui la considérait victorieuse. Obama ne s’est déplacé que le dernier jour pour faire une vite incursion dans l’État pour l’appuyer. Malgré ces différences entre l’image et la vigueur des deux candidats, elles n’étaient pas, à mon avis, suffisantes pour que Mme Coakley perde car le Massachusetts a toujours été profondément démocrate. Il y a beaucoup plus.

Le conservatisme prend des galons en Amérique, particulièrement aux USA. Une chaîne de cable de télévision, Fox News TV, s’est dédiée à le promouvoir, tout comme des milliers de postes de radio des USA. Intéressant pour le téléspectateur, Fox est devenu le poste le plus regardé. Il dépasse CNN. Ces conservateurs d’extrême-droite ne faisaient pas de vague du temps de l’ex-président Georges W. Bush mais ils se sont revivifiés suite à l’élection d’Obama. Leurs grands apôtres sont Rush Limbaugh (radio), Sean Hannity (TV), Glen Beck (TV) et des centaines d’autres animateurs de télé et de radio à travers le pays.

Ces promoteurs répandent sur le peuple leurs arguments trop souvent démagogiques et infectieux. Ils affirment ne pas être des républicains comme ceux de Bush mais, en réalité, ils l’appuyaient et appuient toujours ce parti mais visent à le changer profondément. Ils prêchent que l’entreprise est le moteur principal qui assure la qualité de vie des Américains et non le gouvernement. Ils critiquent le niveau de la dette, veulent baisser les taxes et amenuiser la présence du gouvernement dans la vie des américains. Pour eux, les USA doivent avoir la plus forte armée du monde; le complexe militaro-industriel du pays doit être appuyer sans aucune restriction; leur pays est supérieur aux autres et doit s’imposer nonobstant les circonstances et les lois; la torture de terroristes d’Al-Qaeda n’est pas de la vraie torture; les chercheurs scientifiques se trompent et le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme; les pauvres sont des fainéants et des paresseux; et, aujourd’hui, je les ai entendu critiquer l’aide apportée aux Haïtiens par Obama prétextant que c’est pour garder le vote noir en sa faveur qu’il a agi. Ils s’opposent aussi au plan d’assurance-santé d’Obama et ne veulent absolument pas de rôle gouvernemental dans la santé.

Pour mousser leurs idées, ils organisent des mouvements populaires, tels les « tea parties », à travers les USA qui réunissent des milliers d’Américains dans leur milieu respectif pour protester, dénoncer, critiquer tout ce qui n’est pas de droite. Et ça marche, puisque les sondages leur donnent un appui de 40% d’Américains, ce qui est plus qu’au parti démocrate et encore plus qu’au parti républicain. Ils trouvent des appuis importants auprès de plusieurs grands patrons, de la chambre de commerce américaine, etc… Ils ont supporté ardemment Scott Brown.

Souventes fois, les propos des vendeurs du conservatisme gênent le parti républicain et ses élus. Leur influence devient si importante partout au pays (comme on vient de le constater au Massachusetts, l’État le plus démocrate des USA) que plusieurs sénateurs et représentants républicains, pensant à leur réélection, pilent sur leurs principes, ne disent rien et flirtent même avec ces conservateurs qui sont beaucoup plus à droite qu’eux. C’est ce qui explique la tactique invraisemblable du parti républicain envers Obama et son administration qui se résume à ne rien proposer, tout critiquer et toujours voter contre. À ce jour, je suis surpris que cela les ait bien servis.

De plus, Scott Brown a bénéficié de l’argent des grands lobbyistes et de nombreuses campagnes publicitaires bien montées et payées par les compagnies qui se sentent bousculées par Obama à cause de ses politiques touchant la santé, le bien-être, le contrôle du système bancaire, l’environnement, etc… Ce fut un déluge de pubs négatives et souvent mensongères qui, jour après jours, a fait son œuvre. La forte avance de Mme Coakley rétrécissait comme une peau de chagrin.

Le président Obama et les démocrates ont un grand défi à relever. Ils doivent se rapprocher davantage du peuple américain et mieux expliquer leurs idées, leurs programmes et leurs politiques afin de contrecarrer les insinuations, les mensonges et les attaques vicieuses dont ils sont la cible.

Quant au conservatisme, il prend de l’ampleur à cause de la crise économique et des investissements majeurs qu’elle a suscités, des déficits qui en découlent et des dettes qui s’empilent. Le terrain est fertile pour la critique à outrance. Je crains qu’un très grand nombre de nos voisins du sud soient infectés par ces « vendeurs de tapis » et glissent vers leurs idées politiques insensées qui peuvent sembler logiques, pour plusieurs, mais qui à long terme freinent le progrès des sociétés et deviennent des obstacles à une certaine répartition de la richesse.

L’élection du Massachusetts nous indique ce qui peut venir.

Claude Dupras