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lundi 30 janvier 2017

Garder l'espoir

Ce matin sur ma page Facebook, j'ai écrit un texte suite à l'attaque à la mosquée de Québec où 6 musulmans sont morts et huit autres ont été blessés alors qu'ils faisaient leurs prières. Cette attaque m'a bouleversé et j'ai exprimé ma peine ainsi:

Aujourd'hui, j'ai honte d'être Québécois et Canadien !
J'ai honte qu'un lieu de prière ait été attaqué chez nous !
J'ai honte du sentiment antimusulman qui s'est développé chez trop des miens !
J'ai honte d'avoir lu depuis trop longtemps les insultes contre la religion musulmane par certains de mes "amis" facebook !...
J'ai honte des tweets haineux des derniers mois de trop gens de mon pays contre les musulmans !
J'ai honte de l'ignorance générale de mes compatriotes en regard avec la religion musulmane !
J'ai honte de ne pas avoir assez réagi devant la montée d'islamophobie au Québec depuis quelques années !
J'ai honte de n'avoir pas assez défendu mes amis musulmans !
J'ai honte de voir mon Québec et mon Canada salis à la Une du monde entier pour ces crimes haineux contre des musulmans en prière !
J'ai honte que ces morts et blessés musulmans soient tombés sur le sol de ma patrie !
J'ai honte que des gens de mon pays expriment autant d'haine et de mépris contre ceux qui prient !
Je pleure et prie pour ces morts et blessés et espère que les musulmans puissent pardonner à mes compatriotes qui ont posé ces gestes infâmes car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient !

Un vieil ami, Gilles Tittley, qui fut secrétaire général de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal en 1958-59 alors que j'en fus le président, m'a écrit un message suite à cette journée douloureuse. J'ai pensé le partager avec mes lecteurs.

GARDER L'ESPOIR

Les heures et les jours que nous vivons nous apparaissent inquiétants pour mille et une raisons. Les pronostics nous font penser un peu à celles de la météo: pas toujours sûres à cause de la fragilité de l'atmosphère et des changements qui s'ensuivent. Inquiétude justifiée souvent mais pas toujours assumée. L'être humain est fait pour le combat. À preuve, les luttes qu'ont menées nos ancêtres pour assurer non seulement notre survie mais aussi notre épanouissement. Nous sommes, comme disait le poète, un peuple qui ne sait pas mourir. Nous en avons vu bien d'autres. Et c'est ainsi qu'on voit transmettre cette force de vivre et de résister aux obstacles à ceux et celles qui nous suivent. Cette transmission des valeurs sans doute incommensurable nous fait garder confiance en l'avenir dans la sérénité.

Bien sûr qu'on ne peut nier la fragilité de l'humanité face aux nombreux problèmes de l'heure. La mondialisation assortie d'une technologie inimaginable sans limites et sans pareille à assimiler nous interpelle et souvent inquiète particulièrement les aînés. On ne peut tout laisser tomber pour adopter de nouveaux outils sans préparation adéquate ni adaptation et tout cela à la vitesse de l'éclair.

Mais les moments que nous vivons ne sont-ils pas l'occasion de nous plonger en nous-mêmes pour écouter la voix de notre conscience? Car qui que nous soyons, dans des périodes difficiles, nous avons le devoir et le pouvoir d'agir. Nous sommes en démocratie et il nous reste toujours un rôle participatif à celle-ci. Si nous ne pouvons être en avant de la scène, nous avons le rôle indispensable d'électeur et électrice. C'est là le moyen d'agir: se renseigner et voter. Tant de pays n'ont plus ce droit strict d'être électeur et nous qu'en faisons-nous?

La démocratie est un privilège qui permet aux hommes et femmes d'affirmer leurs convictions. La passivité est alors bien mauvaise conseillère. Les peuples désirent la paix: rien de mieux qu'être à l'écoute et agir en conséquence. Le mieux-être n'est pas que dans la production et le profit: il est dans le partage juste et le respect des autres.

La peur n'est pas à conseiller, Il ne faut pas craindre d'afficher ses convictions, pas nécessairement avec des banderoles , mais surtout de les vivre de manière exemplaire: une bonne façon de laisser sa trace.

Et malgré le combat du bien et du mal, il nous faut garder l'espoir: le remède à tant de maux.

Gilles Tittley

mercredi 4 mars 2015

Réponse à un Montréalais tunisien né à Paris et musulman


Suite à mon dernier blog « La France, le Québec et la laïcité », j’ai reçu le commentaire suivant :
Bonjour M. Dupras
……
Concernant le livre d’Éric Zemmour, nous pouvons en discuter en long et en large, malheureusement je pense que les maux de la France sont beaucoup plus profonds que les thèses énumérées par ce journaliste qui, en passant, surf sur une vague qui fait de lui une personne qu’on invite aux émissions juste pour attendre la ou les polémiques (voir ce vidéo https://www.youtube.com/watch?v=-rk64vrYAvs).

Je vous invite aussi à regarder le vidéo d’un tête-à-tête avec Patrice Leconte, le cinéaste qui, lui, défend véritablement les valeurs françaises que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, la moralité est très intéressante.
https://www.youtube.com/watch?v=1JExRkB7gxw

Quant à l’islamisation du Québec (qui n’aura jamais lieu), je vous en parlerai une autre fois en citant des personnes intellectuelles et des penseurs de renommée internationale d’origine Arabe tel que M. Tarak Ramadan que je vous invite à lire (justement voilà une joute verbale avec Éric Zemmour
https://www.youtube.com/watch?v=DytabnUE8To vous constaterez que M. Zemmour ne fait jamais le poids quand il est en face de personnes qui comprennent de quoi il parle).

Au plaisir de vous lire bientôt.


Excellente continuation pour votre blog que je trouve très instructif.
Cordialement.
K.
P.S : Je suis Tunisien (maghrébin), musulman et je suis né à Paris. (il vit et travaille à Montréal)
Bonjour monsieur K.

Merci pour votre message que j’ai bien apprécié. Je suis heureux que vous considériez mon blog comme un espace de discussion libre. C’est justement ce que je voulais. Malheureusement, certains participants n’y voient qu’un endroit de partisannerie politique. Je ne cache pas que j’ai mes opinions personnelles sur la politique, comme tout le monde, mais je cherche toujours à faire la part des choses et invite mes lecteurs à faire de même. J’accepte et évalue toutes les opinions car personne ne possède toute la vérité.
Pour votre information, je vis dans le sud de la France 4 mois par an, depuis 15 ans. J’ai vu, entendu et compris beaucoup de choses sur l’évolution de l’immigration maghrébine dans ce coin de ce grand pays. J’ai constaté la division claire et nette entre les Français et la population musulmane. Elle est aussi observable sur tous les réseaux sociaux où on amplifie les problèmes, les défauts... On ne se parle pas. Pour plusieurs de ces Français, le Front National, parti de droite de la droite, est la solution.
Je vais régulièrement au marché arabe d’Avignon-sud car j’aime cet endroit coloré, bruyant, aux odeurs remarquables, où tout bouge et où les étals débordent de produits de toutes sortes et de qualité, dont des viandes halal et des dattes d’Algérie. Pourtant, j’y vois peu de Français de souche. Ces arabes parlent arabe, un grand nombre des femmes sont habillées comme dans leur pays d’origine, plusieurs hommes aussi, et cela même s’ils sont en France depuis plusieurs décennies et que la grande majorité parle le français.
Pour mon travail d’ingénieur, je suis allé durant une période de 7 ans en Algérie. J’ai eu la chance de rencontrer des gens intéressants qui sont devenus mes amis et à qui, encore aujourd’hui (40 ans plus tard), j’aime écrire, échanger des idées et rencontrer. J’y suis retourné, il y a quelques années, pour un voyage de touriste avec mon épouse et nous avons bien aimé les retrouver à Alger et en Kabylie. J’ai aussi visité la Tunisie, le Maroc et trois fois l’Égypte. Ces rencontres et ces visites m’ont donné une connaissance particulière de ces pays, de leurs peuples, de leurs religions et de leurs politiques. Ces expériences m’aident dans mes réflexions. C’est peu, mais c’est utile. 
J’ai aussi eu comme employés dans mon bureau d’ingénieur-conseil, deux musulmans, un turc et un marocain. Ils étaient compétents. Un jour, ils m’ont demandé s’ils pouvaient faire leurs prières durant le temps de travail. J’ai accepté et je leur ai dédié un endroit privé pour ce faire. À l’heure convenue, on les voyait partir avec leur petit tapis roulé sous le bras et revenir quelques minutes plus tard. Ils étaient heureux, satisfaits et cela ne faisait pas de mal à personne. Ils se savaient respectés.
J’ai regardé les trois vidéos que vous recommandez et je les ai trouvés révélatrices et instructives sur le personnage Zemmour et sur les idées qu’il défend si bien. J’ai découvert Tarak Ramadan, un être impressionnant qui tient un discours conciliateur, explicatif et qui mérite d’être écouté par les gens des deux côtés du débat.
Je ne sais si vous avez lu le livre de Zemmour, « le suicide Français », mais à mon point de vue, son effet fera beaucoup plus que de faire passer son auteur sur une vague momentanée de popularité. Je crois que Zemmour, dont les parents étaient juifs d’Algérie, s’incruste dans la politique Française et y demeurera comme un des bons défenseurs de ceux et celles qui regrettent la France d’hier. Mais ce qui compte, en réalité, c’est demain et l’influence qu’aura tout ce débat sur l’avenir de la France. Je serais surpris que l’orientation politique actuelle du pays demeure ce qu’elle est. Le bon sens, la paix sociale et les Français méritent mieux que ça.
Comme vous, je ne crois pas en l’islamisation du Québec. C’est de la foutaise. Ce n’est que le fruit d’une peur collective qui s’est incrustée dans notre société depuis quelques années. Mais j’aimerais bien que la jeunesse maghrébine puisse s’y intégrer et y participer activement comme beaucoup d’autres ont fait dans le passé, sans toutefois oublier les particularités de leurs origines et de leur religion. Je ne parle pas d’assimilation, mais d’intégration. Les Québécois ont refusé, après la conquête, l’assimilation britannique et ne réclament pas d’assimiler les nouveaux venus sur leur territoire. Le passé a démontré leur capacité d’intégration : italiens, écossais, irlandais, grecs, polonais, européens de l’est, vietnamiens, hindous, autres asiatiques, etc… (il y a plus de 100 nationalités à Montréal).
Je sais que c’est possible pour les maghrébins francophones car quelques familles algériennes qui sont à Montréal et pour lesquelles j’avais signé, comme garant, les documents d’immigration, il y a déjà plus de 25 ans, l’ont fait. Leurs enfants sont devenus médecins, ingénieurs, éducateurs, travailleurs. Ils réussissent bien et font leur marque.
Malheureusement tout est devenu une question d’image, d’illusions. On s’imagine le pire. Peut-être faudrait-il inviter Tarak Ramadan pour donner des conférences au Québec auxquelles les médias pourraient assister et transmettre à notre population la réalité et le potentiel de l’immigration maghrébine. Ou encore trouver moyen de partager ses vidéos u-tube par les réseaux sociaux à un plus grand nombre de nos concitoyens. Je le souhaite.
Merci de votre intervention.

Claude Dupras

samedi 28 février 2015

La France, le Québec et la laïcité


Éric Zemmour, essayiste, journaliste et polémiste français, a écrit un livre qui connaît actuellement un succès extraordinaire en France, « Le suicide français ». Je viens tout juste d’en terminer la lecture et il m’a appris pourquoi la France d’aujourd’hui n’est pas la France d’hier. Il raconte l’histoire totale d’une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la France. Je le recommande fortement.
J’ai pensé traiter, à ma façon, d’un de ces rouages concernant la venue des maghrébins en France et ce qui en a découlé depuis leur immigration massive. J’y vois une situation similaire au Québec.
En 1905, la loi sur la laïcité est adoptée en France. Elle affirme que la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes.
Elle établit les règles sur la séparation des Églises et de l’État. Dans les écoles, entre autres, elle ne s’adresse pas aux élèves mais aux professeurs qui doivent maintenir la neutralité religieuse.
En 1958, la nouvelle constitution française précise la laïcité : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
Jusqu’en 1970, les prénoms des enfants sont français conformément à un calendrier contrôlé par le préfet, comme dans la Rome des romains. Ainsi Fatima pouvait être soit Catherine, Nathalie ou Françoise mais pas Fatima. Yehudi pouvait être Jean-Jacques, Charles ou Nicolas mais pas Yehudi. Et cela s’appliquait aussi aux enfants des nouveaux venus, arabes ou juifs maghrébins.
En septembre 1989, il y a à peine 26 ans, les Français sont sidérés. Ils ne savent pas comment appeler le voile : un tchador, un foulard, un morceau de tissu, un fichu… Deux étudiantes de 13 ans et 14 ans viennent d’être renvoyées d’un collège pour avoir refusé de l’ôter pendant les cours. L’évènement prend une ampleur nationale puis internationale. La gauche prend la défense des gamines. Une manifestation a lieu à Paris contre l’interdiction. Le PM Rocard et le ministre de l’éducation Jospin ne tranchent pas. Le Conseil d’État élabore une doctrine balancée qui concilie laïcité et liberté individuelle. Les juges du Palais-Royal estiment que « le port du voile islamique est compatible avec la laïcité s’il n’y a pas de menace pour l’ordre ou le fonctionnement normal de l’enseignement. Le Ministre met ses pas dans ceux des juges et publie une circulaire à cet effet.
Quelques années plus tard, en 1993, François Bayrou, le centriste devenu ministre de l’éducation, revoit la circulaire et fait la distinction entre signes religieux ostentatoires interdits et les autres autorisés. De plus, la loi est changée et dorénavant, les prénoms des enfants sont choisis par ses père et mère.
En 1996, la Cour Européenne des droits de l’homme confirme et décrète que : ..le prénom est un moyen d’identification… il revêt un caractère intime et affectif pour les parents et relève de la sphère de la vie privée. En fait, plusieurs y voient là, le passage de l’assimilation au multiculturalisme.  
En 2004, après 15 ans de tergiversations, le président Chirac ose interdire le voile islamique à l’école, faisant semblant d’inclure dans sa législation les croix trop visibles et les calottes portées par les enfants juifs. Personne n’est dupe ». Il croit que le pouvoir législatif ajouté à celui du judiciaire est en mesure de régler la question. Mais ce ne sera que deux grand coups d’épée dans l’eau car ces décisions ne respectent pas les règles de la loi sur la laïcité.
Le débat porte aussi sur le droit des femmes. Les grand-mères ont toujours eu dans le passé des fichus pour cacher leurs cheveux, traces de la passion érotique des méditerranéens. Pour plusieurs, la liberté et la dignité de la femme sont bien plus méprisées par la pornographie, la publicité et le cinéma.
En réalité, Chirac recherche l’assimilation. Par exemple, une règle non écrite mais respectée fait en sorte que les jeunes juifs doivent ôter leur kipa de leur tête et ranger leur étoile de David sous la chemise puisque toute manifestation de tout signe religieux est interdite dans l’espace public.
En 1980, cette pratique est abandonnée au bénéfice du Moi tout-puissant et de sa liberté individuelle. Les musulmans s’engouffrent alors dans leur société pour utiliser leur religion comme un manifeste identitaire leur permettant de retrouver une certaine puissance et une autonomie politique.
Pendant ce temps, la France ne se rend pas compte qu’elle perd la guerre du halal. Dans les quartiers, où la population musulmane devient majoritaire, cette dernière impose sa culture et son culte. Elle islamise tous les domaines de l’existence. Les boucheries halal se multiplient. Les mamans demandent des viandes halal à la cantine scolaire. Certaines matières de l’enseignement sont récusées comme le darwinisme, les croisades, la Shoah, Voltaire, l’infidèle Mme Bovary.. Le ramadan doit être respecté à l’école, les jeunes filles rabrouées par leur grand frère même si elles sont décemment habillées, etc… C’est une islamisation par le bas. Quelques décennies plus tard, après le regroupement familial, les émeutes, les marches, la sortie forcée des Français de certains quartiers, l’affaire des filles voilées, etc… la France en sort bouleversée. Plus elle s’oppose, plus elle est accusée de manque de bonne volonté et de racisme par les jeunes immigrés.
En fait, au nom de la liberté, une société totalitaire s’est instaurée dans la société française. Au nom des droits de l’homme, une nation dans une nation s’est érigée. La France est devenue multiculturelle. Depuis, elle s’adapte difficilement, veut, veut pas. Et tout ça, malgré sa loi sur la laïcité.
Aujourd’hui, au Québec, nous sommes au point où était la France avant 1905 et en 1958. On débat pour savoir si oui ou non notre Assemblée Nationale doit voter une loi de la laïcité. Pour plusieurs, c’est la solution à leur peur démesurée face au nombre croissant de musulmans dans notre société. D’autres affirment aussi qu’elle assurera l’égalité homme et femme. Pour un bon nombre, ils veulent imposer leur conviction athéiste. Tous donnent en exemple la loi de la laïcité de la France sans vraiment connaître son impact réel, son efficacité et sans avoir une démonstration concluante qu’elle a atteint ses objectifs.

Claude Dupras

lundi 31 janvier 2011

Cris d'Égypte: La police secrète sème la terreur

Aalam Wassef est Égyptien. Il a 40 ans. Il est plasticien, éditeur, chroniqueur et blogueur sous une dizaine de pseudonymes ou sous son vrai nom quand le contexte le lui permet. Il écrit un blog. via le journal français Libération, sur la situation de la crise qui balaie son pays, jour après jour. Il est un citoyen du Caire et un internaute qui participe activement au développement de la révolte. Comme tous les autres Cairotes, il veut que le président-dictateur de son pays, Hosni Moubarak, démissionne ainsi que son gouvernement. Il voit dans la démocratie, un avenir positif pour ses compatriotes.

Il est toujours plus intéressant d’être informé de l’intérieur d’une crise, par un correspondant natif du pays et qui a vécu depuis toujours à l’endroit où elle évolue, que par les rapports de médias internationaux qui souventes fois sont trop superficiels. Dans le cas de l’importante crise qui balaie actuellement l’Égypte, de telles d’informations nous permettent de mieux saisir les tensions qui accablent les Égyptiens et les Égyptiennes ainsi que leurs opinions, leurs objectifs et la tendance que prend la crise.

Voici le billet de son blog « Cris d’Égypte », paru le 30 janvier 2011 :

La police secrète sème la terreur

Depuis le 28 janvier au soir des événements inquiétants se produisent en marge des manifestations. Des vitrines du Musée du Caire sont brisées et des sculptures millénaires sont jetées au sol. Des banques sont attaquées. Des dizaines, (peut-être des centaines) de criminels dangereux sont libérés des prisons de Tora, Abou Zaabal, Wadi Natrum el Anater.

Les foyers, à l’échelle de la nation, sont attaqués par des bandes armées jusqu’aux dents qui pillent et terrorisent la population.

La tactique est limpide. Terroriser la population qui demandera à genoux le retour des forces de police qu’elle a combattu.

Il suffirait d’un peu de bon sens pour conclure que des criminels prétendument isolés et indépendants ne sont pas à l’origine de ces crimes. Mais le bon sens ne suffit pas, car l’accusation est grave. Il faut des preuves et il y en a. Elles sont irréfutables.

Avant de les fournir, je voudrais vous décrire la ville du Caire en cette nuit du 29 au 30 janvier. Je vais faire l’impasse sur l’attaque du Musée du Caire qui est une machination médiatique burlesque car nous n’avons pas le cœur à rire.

Depuis les affrontements du 28 janvier, le Caire s’est vidé de l’intégralité de ses forces de police et de sécurité publique. Pas un policier en vue, ni même devant les ambassades ou les bâtiments administratifs. La ville est livrée à ses seuls habitants qui assurent désormais leur propre sécurité, ainsi que la circulation.

A l’annonce de ces raids criminels, dès 18 heures, et toute la nuit durant (du 29 au 30 janvier), des hommes gardent tous les accès à leurs quartiers. Derrière des barricades improvisées ou des barrières métalliques, ils se relaient et contrôlent tous les passages. La présence militaire est mince et jugée totalement insuffisante. Les habitants des quartiers s’arment de barres métalliques, de fusils à plomb, de carabines, de battes de baseball, de couteaux de cuisine, d’armes de poing. D’est en ouest, ce service de protection partage un même code diffusé par l’armée qui permet à celle-ci de distinguer les individus pacifiques des hommes de main de la police secrète. Ce code est un brassard blanc à porter sur son bras gauche.

Les militaires, avec lesquels la population a spontanément passé un contrat de confiance et de solidarité, sillonne les quartiers pour décrire le type de véhicules et d’individus dont il faut se méfier. Une Fiat 127 blanche aux vitres fumées, avec à son bord un homme muni d’une arme automatique ; des ambulances ; des hommes à moto qui passent en éclaireurs pour voir si les quartiers sont gardés ou non ; des minibus touristiques. Ces hommes tirent à balles réelles, pillent, cassent et terrorisent.

Ces hommes de main, nous les connaissons aussi bien que nous connaissons Hosni Moubarak, on les appelle les Baltagueyya. Ce sont les mêmes qui sèment la terreur pendant les élections ou qui sèment le trouble lors de manifestations pacifiques. Ils sont payés par la caisse noire du Parti National Démocratique ou par les services de police. Le butin collecté s’ajoute à leur salaire.

Les preuves d’un terrorisme d’état

1. La preuve du quartier d’El Agouza : deux rôdeurs de 19 et 14 ans sont envoyés en éclaireurs dans une rue du quartier. Ils sont repérés par les habitants qui les arrachent et les giflent jusqu’à obtenir des aveux. Il s’avère qui sont envoyés par des hommes de main de la police secrète qui les ont déposés en minibus.

2. La preuve du centre ville : un témoin oculaire –une de mes connaissances directes- a vu entrer et sortir du commissariat de police du Caire, des véhicules comme ceux décrits plus haut : ambulances, voitures banalisées, motos et minibus. A leurs bords, des hommes en civil armés. Pas d’ambulanciers, donc.

3. La première preuve de l’armée. Des militaires debout sur des chars s’adressent à la population de Suez pour les prévenir des méthodes utilisées par les Baltagueyya de la police. Ouvertement, l’armée pointe du doigt les responsables et rassure la population qu’elle n’est pas dupe des coups bas de la police secrète et qu’elle saura faire la différence.

4. La seconde preuve de l’armée : Monsieur Y est un acteur célèbre de cinéma et de télévision qui a préféré garder l’anonymat. Monsieur Y a appelé le numéro vert mis en place par l’armée pour signaler le pillage et la destruction d’une bibliothèque de quartier, la Bibliothèque Moubarak. Au téléphone, le sergent qui a reconnu le nom et la voix célèbre de son interlocuteur lui répond : « la Bibliothèque… Moubarak, dites-vous ? Laissez les faire et rassurez vous, Monsieur Y. Dès qu’il s’en ira, nous nous occuperons des Baltagueyya. Vous savez de qui je parle en disant « Il » ? « oui », répond Monsieur Y

5. La preuve d’Alexandrie. Le 29 janvier, deux individus armés qui s’attaquaient à une banque sont pris à partie par des manifestants. Ceux-ci les immobilisent, les fouillent et s’emparent de leurs « carnets ». En Egypte, les carnets sont des cartes professionnelles que chacun porte sur soi, comme une carte d’identité. Les deux individus sont des policiers.

La télévision égyptienne diffuse sans interruption les cris de panique des mères de famille.

Aalam Wassef


Je vous recommande de suivre quotidiennement l’évolution de cet important blog égyptien.

En voici l’adresse : http://crisdegypte.blogs.liberation.fr/cairote/. Vous trouverez ce lien dans la liste des blogs que je recommande sur mon blog, colonne de droite.

Claude Dupras

dimanche 16 janvier 2011

La « révolution du jasmin » annonce un nouvel avenir arabe

Face à des conditions économiques difficiles, à la corruption et à la répression policière, les jeunes Tunisiens et Tunisiennes ont réussi à chasser le dictateur de leur pays et à créer un espoir nouveau pour leur avenir.

Suite à ces évènements extraordinaires, j’ai reçu un message d’un ami maghrébin. Berbère, économiste éduqué dans les écoles françaises de son pays, en France et aux USA, ancien haut fonctionnaire, il me donne son appréciation de la révolte tunisienne, « la révolution du jasmin », et de ses implications futures sur l’ensemble des pays arabes.

Étant donné la conjoncture politique internationale en rapport avec l’islamisme, ses propos me donnent confiance que des changements majeurs s’annoncent au Maghreb et au Moyen Orient. Et pour le mieux. Je crois que ce message important devrait être lu par mes lecteurs et je m’empresse d’en faire le billet du jour de mon blog.

Claude Dupras

Cher ami,

Qui aurait pensé, quelques semaines auparavant, qu'un petit peuple arabe, allait donner une leçon au reste du monde arabe. Pour la première fois dans l'histoire moderne du monde arabe, les foules tunisiennes ont réussi l'impossible en chassant le dictateur le plus féroce de tout le monde arabe, sans tirer un seul coup de feu.

Mais réflexion faite la Tunisie était en réalité la seule nation arabe capable d'un fait historique comme celui-là.

Depuis très longtemps, je pensais que le peuple tunisien était complètement « soporisé » depuis la période de Bourguiba et avec bien entendu l'appui sans faille de la France et des USA. Mais j'avais oublié qu'après tout ce même peuple a été la seule force réelle contre même l'empire romain, avec Carthage. Durant l'âge d'or de l'empire musulman, la Tunisie avait aussi créé une des plus grandes universités du monde arabe, la mosquée de la Zitouna. Et, finalement, la Tunisie a tout de même été le premier pays de l'Afrique du nord à se révolter contre le colonialisme français en 1954.

Contrairement à la description médiatique du monde arabe islamiste, la Tunisie a une fois de plus démontré que le monde arabe n'est pas ce que les mass-médias occidentaux veulent nous faire croire mais tout de même un peuple musulman, il est vrai mais qui veut après tout rejoindre le reste de l'humanité dans sa lutte contre l'injustice, la pauvreté et surtout le pouvoir dictatorial de la police et des forces armées.

À mon avis, la Tunisie vient de donner une gifle à tous les régimes politiques arabes de l’Arabie saoudite en passant par l'Egypte, la Lybie et l'Algérie. Je crois que le monde arabe vient de commencer une nouvelle page de son histoire présente et future. De plus, je suis convaincu que tous les régimes politiques arabes n'arrivent plus à dormir tranquillement après ce qui est arrivé au président tunisien. Le prochain régime politique a subir les conséquences de ce tsunami politique tunisien sera sans aucun doute celui de l'Algérie. Ensuite nous verrons la chute du régime égyptien de Moubarak, en passant par les régimes Libyens, Syriens et finalement les régimes saoudiens.

En conclusion, je crois et je souhaite surtout que les événements politiques en Tunisie viennent de lancer en fait une nouvelle renaissance de tout le monde arabe, qui en a drôlement besoin avec l'évolution rapide du reste du monde.

Ton ami….

jeudi 4 novembre 2010

L’ennemi no. 1 d’Obama : Glen Beck

Il y a un homme qui a fait la différence dans l’élection de mi-mandat que viennent de vivre les Américains. Il a réussi à monter une armée d’individus dans tous les coins des USA pour voter contre le président et le parti démocrate.

Ce vote qui a permis aux Républicains de balayer les Démocrates est, en fait, un vote négatif. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais un sondage auprès des électeurs à la sortie des bureaux de scrutin. Presqu’à l’unanimité, dans tous les États, dans les campagnes comme les villes, une majorité des électeurs a avoué avoir surtout voté « contre Obama ». Pourquoi ?

Depuis l’entrée de Barack Obama à la Maison Blanche, j’ai suivi sa démarche. J’en reste impressionné car il s’est avéré comme un des bons présidents que les Américains ont connus. Il a travaillé fort, a parlé intelligemment à ses concitoyens, a réagi efficacement à la crise économique et a fait voter des lois que peu de présidents ont réussi à faire voter dont celle sur la santé qui a permis à plus de 35 millions d’Américains d’être enfin protégés par un système d’assurance-maladie. Malgré tout cela, il est honni aujourd’hui par une majorité d’Américains dans tous les coins de ce grand pays.

Depuis plus d’un an, j’appréhendais le soir de l’élection « mid-term ». Ma crainte venait de ce que je percevais chez le polémiste Glen Beck. Il est un animateur d’une émission de télévision à la chaîne américaine Fox qui appartient au magnat australien des médias, Rupert Murdoch. Fox News est la dernière des grandes chaînes arrivées sur le marché Américain en 1997. Voyant un vide, Murdoch la campa complètement à droite pour promouvoir les positions politiques conservatrices. Elle le fait 24h /24, 7j/7 de façon très partisane. Aujourd’hui, Fox News a plus de 110 millions d’abonnés et est devenue une des chaînes préférées des Américains, au point que la compagnie vient tout juste d’annoncer, pour la dernière année, un accroissement des profits de 8% et des ventes publicitaires de 16%. Il faut reconnaître, en toute vérité, que la présentation des émissions est fort intéressante.

Glen Beck est un genre de René Lévesque du Québec du temps où ce dernier animait l’émission « Point de Mire » à Radio-Canada, et venait hebdomadairement expliquer aux Québécois et Québécoises, avec son ardoise et sa craie, l’évolution de la politique dans le monde. Nous étions tous accrochés à ses lèvres. Il était un vrai pédagogue. Lévesque, qui au début n’était pas très connu, a fait un tabac de son émission et est devenu une étoile de la télévision canadienne. Les Québécois et les Québécoises l’appréciaient et l’aimaient. Animateur responsable, honnête, très divertissant, clair et net dans ses propos, sa popularité fut si grande qu’il est devenu, avec le temps, premier ministre du Québec, et un des meilleurs.

Malheureusement, Glen Beck n’est pas un vrai René Lévesque. Il est un polémiste qui vise la controverse publique. Il joue avec les mots et les sentiments de ses auditeurs. Il a un objectif et il fait tout pour amener ces derniers où il veut. Il est habile, intelligent, un manipulateur hors de l’ordinaire, sur le petit écran tous les soirs à la même heure et très suivi. Dès les premiers soubresauts du « Tea Party », il a fait sien ce mouvement et s’est lancé tête basse dans la mêlée. Ses outils : l’ardoise et la craie; sa méthode : la démagogie. Il se fait professeur, enseigne, démontre, éclaircit, décortique les discours, interprète les affirmations et les projets de lois d’Obama comme s’il était un prix Nobel. Il a l’air vrai mais il est menteur. Il a l’air renseigné, mais il est manipulateur. Il a l’air d’un professeur, mais il est irresponsable. C’est un faux pédagogue, super habile et fort convaincant. Son auditoire est montée jusqu’à 3 millions d’auditeurs chaque jour.

J’ai réalisé le tort qu’il faisait lorsque deux des mes amis américains, dans des emails, m’ont recommandé l’émission télévisée de Glen Beck. Par hasard, les deux ont utilisé le même qualificatif pour le décrire : « il est très « éducatif ». Je leur ai répondu que Beck utilisait des « arguments tout croches », mais ils ne m’ont pas cru. C’est là que j’ai compris le danger pour Obama.

Depuis et souventes fois, aux nouvelles télévisées américaines, des gens bien ordinaires sont appelés à expliquer leur position anti-Obama. Chaque fois, j’ai remarqué qu’ils utilisaient les arguments de Beck, presque mot pour mot. Ce qui est le plus étonnant, c’est que ces gens critiquent, entre autres, le programme de santé d’Obama prétextant qu’il est trop coûteux, etc., alors qu’ils en sont les premiers bénéficiaires. De toute évidence, ils ne comprennent pas ce qu’ils critiquent.

Selon le New York Times, que Beck accuse d’être vendu à Obama, il a suggéré récemment aux chrétiens de quitter leur église si elle prêche la justice sociale et économique, car, dit-il, « ce sont des mot-codes pour communisme et nazisme ». Il est super-capitaliste, antisocialiste et s’oppose à tout ce qui peut venir de la gauche. Le problème est qu’il est persuasif et que ses arguments et explications deviennent des évidences dans l’esprit de ses auditeurs.

Son implication dans la récente période électorale a été très forte. Il a réuni à Washington des centaines de milliers d’électeurs pour une manifestation anti-Obama. Il a fait la promotion constante des teapartyers. Il a invité, moussé la candidature, appuyé et mis en vedette les candidats anti-Obama. Il a développé une influence profonde et une admiration étonnante chez l’Américain moyen qui est loin de comprendre la complexité des lois qui se votent à Washington mais qui gobe facilement ses explications démagogiques et simplistes du danger (qu’il invente) de ces lois.

Le résultat, c’est que des centaines de milliers d’Américains ont voté contre Obama à cause de Glen Beck. Et cela a fait la différence. Plusieurs candidats du « Tea Party » ont été élus. Mais ce qui compte surtout, c’est que des milliers d’indépendants et de Démocrates « mous » ont été convaincus par Beck de voter contre Obama et par conséquent pour les Républicains. Ajouté au noyau dur du parti républicain, ce nouvel apport de votes a fait la différence et a permis aux Républicains d’obtenir la victoire éclatante qu’ils ont obtenue.

Si Barak Obama et le parti démocrate veulent être réélus, ils devront tenir compte des actions néfastes de polémistes comme Beck, nombreux dans les médias américains, pour contrer, de façon persuasive, les arguments simplistes et démagogiques de ces derniers, afin de pouvoir ramener vers eux un nombre suffisant d’électeurs en 2012. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible !

Claude Dupras

Ps. Durant les deux derniers mois, l’auditoire de Beck a diminué sensiblement car il a tendance à se montrer de plus en plus comme un leader politique au lieu d’un « entertainer » et cela plait moins à l’auditeur américain. Néanmoins, son auditoire actuel demeure supérieur aux auditoires combinés de toutes les émissions politiques équivalentes des autres chaînes qui se présentent comme ses compétitrices.

lundi 22 mars 2010

La paix est-elle possible en Palestine ? Il y a un espoir.

Déjà 5 morts aux mains des troupes israélites, en 24 heures. Des jeunes, dont Mohammad 15 ans… Osaid 17 ans… qui lançaient des pierres pour manifester contre la construction illégale de 1 600 logements sur une terre de Jérusalem-Est, propriété des Palestiniens envahie par Israël. On les a trouvés avec des petits trous dans la tête et dans le corps. Pourtant, et comme toujours, l’armée nie avoir utilisé des balles vivantes mais des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Les médecins de l’hôpital confirment que ce sont des balles de métal.

Le secrétaire-général des Nations-Unies s’est rendu à Gaza pour affirmer que la construction des logements est illégale et dénoncer la décision du gouvernement d’Israël. Il arrivait d’une rencontre avec le quartette USA-Union Européenne-Russie-ONU qui de Moscou avait demandé au Premier ministre Bibi Netanyahou d’annuler le projet. La réponse de ce dernier a été arrogante : « nous construisons depuis 42 ans dans ce coin du pays et nous n’arrêterons pas. Si on construit à Tel Aviv, on peut construire à Jésuralem-Est ». Pour lui, la justification est simple, Jérusalem est « une » ville et elle est israélite, puisqu’il y a 2 000 ans elle était juive. Il a décidé que le territoire de Jérusalem-Est, occupé en 1967 par l’armée israélienne, fait partie d’Israël. Et, parce qu’il est arabe, il ne faut qu’augmenter suffisamment le nombre de juifs y vivant pour changer la majorité. Ceci est fortement contesté par les Palestiniens, la Ligue Arabe et tous les pays du monde, sans exception, qui n’acceptent pas les dires d’Israël sur cet envahissement d’un territoire étranger. Même le gouvernement canadien de Stephen Harper a critiqué Israël, et c’était une première, sur la question de la construction des logements.

C’est triste de constater le « timing » de l’affaire des logements. En effet, au moment où le président Barak Obama s’est donné comme objectif de régler le conflit israélo-palestinien qui pourrit toutes les relations des USA avec les pays du Proche et du Moyen Orient et qu’il accepte l’idée, émise par son prédécesseur et l’ex-PM Sharon, de créer deux nations indépendantes vivant côte-à-côte sur cette terre bénie par le temps, le hasard a voulu que ce soit Netanyahou qui devienne le premier ministre d’Israël. Ce dernier, un dur parmi les durs, n’accepte pas l’idée des deux nations. Suite à son élection, j’ai écrit mon blog du 11 juin 2009, intitulé « Netanyahou le pas bon ». À le voir évoluer, depuis son élection, je n’ai pas changé mon opinion de ce triste personnage. Le Guardian de Londres affirme aujourd’hui que c’est lui Netanyahou qui a ordonné l’assassinat à Dubaï du membre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh. Il semble qu’au lieu de négocier avec ses adversaires, il les fait tuer.

Obama et son secrétaire d’État Hillary Clinton ont choisi l’ex-sénateur George Mitchell comme envoyé spécial pour négocier la paix auprès des deux parties. C’est un des meilleurs et avec lui tout avançait lentement mais bien, jusqu’à l’incident de la construction des nouveaux logements. Le président Obama a réagi fortement, Mme Clinton encore plus, le vice-président américain Joseph Biden s’est montré insulté puisqu’il était en visite officielle en Israël et reçu par Netanyahou qui ne lui a pas glissé mot de sa décision. La situation s’est vite refroidie et a résulté en un début de crise diplomatique amère, entre les USA et Israël, la pire depuis des décades.

L’équipe d’Obama a dénoncé la nouvelle violence qui découle de l’affaire des logements et qui nuit aux aspirations de paix des Juifs et des Palestiniens. Elle a demandé l’arrêt des hostilités et suggéré aux deux parties de cesser leur bagarre et de se reconnaître l’une et l’autre.

C’est alors que la droite américaine, les Républicains en tête, sous l’impulsion de l’important lobby juif pro-Israël de Washington a commencé une campagne d’insinuations contre le président prétextant qu’il prenait partie pour les Palestiniens, qu’il était un faible et qu’il n’avait la couenne assez dure pour faire face à de telles situations. Obama a riposté que « son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël est immuable comme un rocher solide » mais qu’il se devait de rappeler les parties à l’ordre, incluant Israël, afin que les objectifs de paix soient maintenus. Mme Clinton d’ajouter : « la vérité doit être dite lorsque nécessaire, même entre amis ».

La position pro-Israël passée du gouvernement américain a été influencée fortement par le lobby juif de droite que je mentionnais précédemment. C’est un groupe puissant, de 2,5 millions de membres et un budget de 2,5 millions $ par an. C’est l’AIPAC. Depuis toujours, il fait la cabale pro-Israël dans toutes les officines du congrès américain et à la Maison-Blanche. Pour eux, Israël a toujours raison. Je ne les blâme pas d’agir ainsi, c’est leur droit. Le problème c’est que leur puissance a fait plier les décideurs américains, plus d’une fois, en faveur d’Israël alors que l’intérêt des USA se trouvait plutôt du côté d’une politique neutre dans ce conflit. Ces positions partisanes ont amené le monde arabe à se méfier et petit à petit à perdre confiance en les dirigeants américains, ce qui n’a pas aidé à calmer les esprits dans ce coin du monde.

Malgré tout, je vois un nouvel espoir qui pointe à l’horizon. En effet, un groupe de juifs de gauche a créé l’an dernier un nouveau lobby à Washington. C’est le « J Street ». Il a profité de la campagne électorale présidentielle pour trouver des fonds afin de contribuer, contrairement à la stratégie d’AIPAC, au financement direct de candidats qu’ils soient démocrates ou républicains. 33 des 41 candidats choisis au Sénat et à la Chambre des représentants ont gagné leurs élections. Pensant, au début, collecter 50,000$, « J Street » a recueillit plus de $600,000$. Ce fut un succès inespéré et surprenant qui a motivé ses dirigeants à s’organiser de façon permanente. Leur objectif est de viser à modifier le débat américain sur Israël et les autres sujets qui touchent le Moyen-Orient. Il se qualifie de pro-Israël et pro-mouvement de paix, Il affirme que le débat à propos d’Israël est trop influencé par la droite et cela malgré les tendances de gauche des juifs américains. « J Street » approuve la « solution des deux-États » pour la Palestine et Israël et favorise la diplomatie à la force militaire.

Son approche qualifiée d’agressive est critiquée par la droite qui dénonce les positions de « J Street ». Elle comporte, selon la droite, trop de critiques des politiques d’Israël. Malgré la montée spectaculaire de ce nouveau groupe de pression, il semble que la droite ne s’inquiète pas de perdre son pouvoir car elle constate que « J Street » a trouvé des fonds chez un groupe relativement restreint de supporteurs contrairement à AIPAC qui en mène large chez les donateurs.

Les dirigeants de « J Street » affirment ne pas vouloir que leur organisation devienne aussi grosse qu’AIPAC, mais croient pouvoir avoir suffisamment d’influence pour modifier les paramètres du débat américain sur les politiques israéliennes. Ils visent les collèges américains. Ils n’espèrent pas changer le monde mais simplement remettre les choses à leur place.

Par exemple, « J Street » a critiqué fortement l’incursion récente de l’armée israélienne à Gaza suite à l’affaire des logements. Dans un message à ses membres, le groupe a déclaré : « Même si le lancement des roquettes sur les familles israéliennes ou l’envoi de porteur de bombes suicidaires n’est pas acceptable, il n’est pas plus acceptable de punir un million et demi de Gazois qui souffrent déjà pour les actions des extrémistes qui vivent parmi eux ». Cela me semble une bouffée d’air frais en politique israélo-palestinienne mais les critiques de « J Street » ne sont pas d’accord. Ils qualifient de naïfs et de moralement déficient l’approche de ce mouvement qui, selon eux, est loin des sentiments réels des juifs américains.

Il est à espérer que ce nouveau lobby juif puisse grandir et s’imposer car il émettra un son de cloche différent de celui qui a toujours influencé la pensée des politiciens américains sur le sujet israélo-palestinien. Il est un nouvel espoir pour ceux qui croient en l’importance de la neutralité des USA pour régler le conflit israélo-palestinien. J’en suis.

Claude Dupras

samedi 20 février 2010

Les séparatistes québécois ont-ils un avenir ?

Ça ne va pas très bien pour les séparatistes québécois, ou souverainistes comme ils aiment s’appeler. Les réactions à la récente déclaration publique de leur ex-chef Lucien Bouchard ont mis en relief les divergences profondes qui divisent les membres et les supporteurs du parti Québécois (PQ). Un article récent du journal Le Devoir les partage en trois catégories : les « fatigués » qui ont lâché prise, les « inévitalistes » qui croient que l’indépendance est certaine et les « pédagogues-léninistes » qui discourent depuis les banquettes de l’opposition.

Bouchard, François Legault l’ex-ministre-démissionnaire et d’autres estiment que les Québécois ne veulent pas se séparer du Canada et qu’il n’est pas propice de perdre du temps précieux à discuter du sujet. Les sondages confirment cette opinion. Plusieurs de ces individus, inquiets de l’évolution du Québec, suggèrent que le PQ mette de côté l’article 1 de sa constitution (l’indépendance du Québec) et oriente plutôt son programme et ses politiques vers l’objectif de créer un bon gouvernement et de classer aux oubliettes la tenue d’un autre référendum. Certains proposent même la création d’un nouveau parti « arc-en-ciel » qui embrasserait toutes les tendances et proposerait des politiques pratico-pratiques face aux grands défis qui se lèvent à l’horizon de notre province. D’autres croient qu’une nouvelle coalition de l’opposition inspirée des « lucides » et dirigée par des hommes d’affaires serait la réponse.

Qu’il y ait un nouveau parti sur la scène politique québécoise, je n’y vois pas d’objection même si je pense que les trois qui existent suffisent. Mais penser qu’il prendra le pouvoir dans un avenir rapproché me semble illusoire. Ce n’est pas la multiplication des partis qui renversera le gouvernement actuel. Jean Charest, PM et chef du parti libéral, est trop fin politicien et bon gouvernant pour se faire renverser aussi facilement.

Le mouvement séparatiste québécois est un peu comme d’autres dans le monde qui se sont exprimés depuis la deuxième guerre mondiale. Les berbères d’Algérie, les Kurdes d’Irak et de Turquie, les protestants en Irlande, les Basques d’Espagne, les Arméniens de Turquie ont tous connu une fin tragique. L'histoire de ces peuples nous a appris que toutes les batailles gagnées par les minorités dans le passé ne l'ont jamais été au bout du fusil mais grâce à l'action positive des minorités elles mêmes vis a vis des majorités.

Les Irlandais, les Italiens et surtout les noirs américains ont eu d'énormes difficultés à défendre leur identité tout en essayant de s'intégrer à la société américaine en général. Tous ces mouvements ont réussi à changer les choses dans leur pays en faveur de la société qu’ils défendaient. Par exemple, les berbérophones les plus virulents ne parlent plus, aujourd'hui, d'une république berbère indépendante du reste de la nation algérienne, mais se re-concentrent sur les revendications les plus importantes de la Kabylie, à savoir la sauvegarde de leur culture. Non seulement réaffirment-ils leur nationalisme algérien mais ils jouent aussi le jeu démocratique en Algérie pour démontrer que la pluralité culturelle est en fait un avantage pour l'avenir de leur société plutôt qu'un fardeau.

Je ne doute pas qu'il y ait encore de l’animosité entre les sociétés revendicatrices et les autres de leur pays, mais je crois qu'avec le temps, elles finiront par trouver un terrain d'entente et oublieront leurs conflits culturels du passé, malgré que ce ne soit jamais à la satisfaction de tous.

J’ai toujours pensé que le parti Québécois, le parti le plus démocratique du Québec, représentait l’âme patriote de notre peuple. Il a toujours été un grand défenseur de sa langue et de sa culture. Il a rendu de grands services depuis qu’il existe. Les politiques sociales, culturelles, économiques ont toutes subi ses influences positives et ont été transformées à l’avantage de l’ensemble de notre peuple. Toute nation a besoin que certains de ses membres soient constamment à l’affût pour rappeler et défendre la raison d’être de son existence.

Nonobstant que le fossé soit encore grand entre les francophones et les anglophones canadiens, je diffère profondément d’opinion avec les péquistes sur la question de la séparation de l’ensemble canadien. Nous avons le privilège de vivre dans un grand pays au territoire extraordinaire qui est le plus vaste du monde, riche en pétrole, en minerais, en eau, en forêt, entourée de trois mers, etc. Ce sont nos ancêtres qui l’ont découvert, parcouru et cartographié mais, malheureusement, ils en ont perdu le contrôle. Le Canada est un pays superbe à tous les points de vue, pourquoi vouloir céder notre part ? Ne devrions-nous pas chercher à le conquérir avec nos entreprises… ?

On dit que les Anglais nous ont conquis, j’aime mieux dire que les Français n’ont pas défendu leur territoire. En effet, « à peine 15 000 Français et Françaises ont fait voile en direction du Canada au XVIIe siècle, et les deux tiers d'entre eux n'ont fait qu'un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l'état de célibataire. C'est très peu. Avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 330 000 immigrants durant la même période. (PDRH) ». N’ayant pas peuplé leur territoire, les Français se sont mis en position de faiblesse et ont tout perdu. Si la France avait agi comme le gouvernement anglais d’alors, aujourd’hui l’Amérique serait française et la langue française serait probablement la langue mondiale. La France a vraiment perdu gros.

Nous avons vécu longtemps sous la domination anglaise depuis 1759 et ce que nous possédons aujourd’hui a été gagné à cause de la solidarité qu’ont fait montre nos ancêtres. Mais il nous faut quand même, et c’est un travail de tous les instants, veiller au grain afin que notre culture, notre langue, nos lois sociales, notre économie et tout ce qui à rapport à notre société demeurent en bonne santé.

La défense d'une culture minoritaire dans un pays ou un autre est une chose que je supporte avidement. C’est pourquoi je souhaite que le PQ continue à exister même si je ne partage pas sa raison d’être qu’est la séparation du Québec du Canada. Il doit se renouveler pour maintenir vivantes et à jour ses politiques de défense des intérêts de la nation francophone du Québec Cependant, il ne doit pas croire en avoir le monopole car c’est l’affaire de tout le monde, même des fédéralistes.

Claude

jeudi 3 décembre 2009

Les minarets en Suisse

Suite à mon texte « Honte aux Suisses » en rapport avec le référendum sur les minarets en Suisse, j’ai reçu beaucoup de commentaires qui désapprouvent ma position. En voici, à la suite, quelques uns :

« Moi, je dis Bravo aux Suisses, qui ont su se tenir debout, car moi aussi, j'aurais voté contre la construction de ces minarets, du haut desquels est fait l'appel à la prière, et à ce que je sache, les pays occidentaux n'ont pas besoin de ça, déjà qu'on "tolère" leurs mosquées !! »

« Je ne désapprouve pas l'action des Suisses au sujet de la construction de minarets. Nous, dans l'Occident, nous sommes en train de se débarrasser de ce despotisme religieux qui a pendant trop longtemps imposé ses lois sur la conduite de nos vies. On nous disait quoi ne pas manger, comment s'habiller, à qui ne pas parler, quoi ne pas lire, etc...et vous le savez aussi bien que moi. »

« Si les musulmans sont si malheureux, pourquoi alors, ne retournent-ils pas dans leur beau pays, si accueillant, ou leurs mosquées et leurs minarets, ne dérangent personne et ou ils pourraient vivre selon leurs traditions et leur religion, qui ne cadrent absolument, mais alors absolument pas, avec nos valeurs et nos us et coutumes ? »

« Vos propos de ce jour ont sans doute été écrits sous le coup de l'impulsion. Analysez un peu plus la situation avant de commettre des propos aussi creux. »

« Les musulmans sont intolérants; essayez d’ériger une église en Arabie Saoudite. Nous n'avons pas à être plus tolérants qu'eux. S'ils veulent absolument pratiquer la religion de l'islam, qu'ils le fassent en secret. »

« Je dis non aux grosses mosquées; c'est le temps du moyen-âge et ce temps est passé. »

« Et la liberté de culte dans les pays musulmans, on en fait quoi ??? Meurtres, mutilations, assassinats...voilà ce qui réservé aux non musulmans »

« Pour ma part, l'islam et tout ce qui s'ensuit, est un fléau mondial, un point c'est tout, et je les tolère parce que je n’ai pas le choix, car nos gouvernements sont trop peureux, pour faire autrement!! »

« Je ne suis pas d'accord avec votre commentaire. Cela s'appelle de la "démocratie" ce que nous manquons dans mon pays. Il me semble que le jour ou les musulmans voudront ENFIN s'adapter au pays qui les accueille au lieu d'exiger tout ce que eux veulent, les autochtones seront plus enclins a être positifs envers eux »

« …de la provocation. Je ne suis pas raciste mais à force des choses on le deviendrait. Ainsi pour ne pas vexer les Musulmans, dans les administrations et lieux publics il n'y a plus de sapin de Noël, ni de crèche et pourquoi c'est NOUS qui devons nous adapter à eux, c'est vraiment le comble de tout. »

« Les musulmans vivent dans leur communauté et en plus "exigent" le port du foulard pour les filles dans les écoles. Par contre, en Turquie il est interdit de porter le foulard dans les écoles! Donc, pourquoi cette exigence… ou provocation en Europe ??? »

« Qu'est-ce que les Musulmans normaux, attendent pour faire taire les fondamentalistes islamistes ? Qu'ils… prennent les mesures nécessaires, afin que ces groupes de terroristes, arrêtent de semer la terreur, et par le fait-même, entretenir la haine, envers eux?? »

« Les alliés se battent pour les faire entrer dans le 21ième siècle, qu'ils respectent les femmes, qu'ils se débarrassassent de leur coutumes barbares de mutilation et de lapidation, etc.. »


J’ai été surpris de la violence et du ton des commentaires que j’ai reçus. Un seul était positif. Mon expérience personnelle, si loin de cet état de chose, me fait voir la situation tellement différemment.

Il y a eu au Canada, presque constamment, des vagues d’immigrations reliées aux différents fléaux qui s’abattaient sur diverses parties du monde. Plusieurs des individus affectés par ces malheurs ont crû bon d’immigrer au Canada. Ils sont venus avec leur us, leurs coutumes et leur religion. Avec le temps, ils se sont intégrés et sont devenus des atouts importants pour le développement de notre pays. Le Canada a toujours eu besoin de l’immigration pour continuer à progresser. Le résultat a été qu’à Montréal, par exemple, plus de 100 nationalités différentes y résident côte à côte. Et je dirais qu’ils vivent bien ensemble.

Qu’il soit catholique, protestant, juif, hindouiste, bouddhiste, musulman, confucianiste ou d’une autre religion, chacun a trouvé son lieu de prière. Certes, il y a eu des accrochages, mais pas plus. La société change. Il n’y a pas tellement longtemps les églises catholiques étaient pleines. Aujourd’hui, elles sont vides. Il y a même, à Montréal, d’ex-églises catholiques qui ont été vendues à des groupes musulmans et transformées en mosquée. C’est la vie.

Ici, comme en Europe, depuis le 11-09, les éclats des conflits qui affligent le monde sont transmis par les mass-médias, presque quotidiennement, et montrent, plus souvent qu’autrement sans nuance, que ce sont des arabes musulmans fondamentalistes (on ne le dit pas toujours) qui sont les auteurs de ces crimes et qui sont caricaturés comme les ennemis du monde. La compétition au sein des médias a fait en sorte qu’une spirale ascendante de nouvelles à sensations sur ces sujets retombe négativement sur la religion musulmane. L’Islam paraît pour plusieurs comme une mauvaise religion qui engendre la guerre et la haine. Alors que c’est une religion de paix.

Sur les 1,5 milliards de pratiquants musulmans dans le monde, seule une infime pincée s’agite contre l’Occident. Mais pourtant c’est toute la religion qui est la cible des critiques. Certes, elle a des aspects difficilement compréhensibles pour un Occidental, mais la religion chrétienne, dans le passé, a aussi engendré des gestes sauvages et meurtriers que l’histoire relate et lui reproche.

Nous sommes tous, jusqu’à un certain point, endoctrinés par cette avalanche d’images et de paroles anti-arabes et anti-islam. Je le constate tous les jours dans mes conversations avec plusieurs personnes et je peine à faire valoir mon point de vue qui est, souventes fois, fort différent. Les commentaires en réaction à mon récent blog le démontrent clairement. De plus, les nombreux sondages dans tous les pays européens depuis le référendum suisse l’indiquent puisqu’une très vaste majorité d’européens, quelque soient leur origine, s’oppose à la construction de minarets sur leur territoire. Cette situation est triste car elle est basée sur une dénaturation de ce qu’est l’Islam. On ne fait pas la part des choses. À mon avis, il est temps que cela change, car ce repli sur nous-mêmes est négatif et engendrera de nouveaux conflits dans notre propre cour. La démocratie c’est le respect de l’autre. Le partage avec l’autre. La compréhension de l’autre.

La liberté de religion est aussi importante que la liberté de parole. Et même si parfois, on peut trouver difficile de s’adapter, il faut, à mon point de vue, penser à long terme et comprendre que le temps guérit bien les plaies les plus vives.

Un bon exemple est le Canada qui est composé d’immigrants et de fils et filles d’immigrants. On y voit comment petit à petit des gens de toute religion ont pu s’intégrer ensemble dans une société qui fonctionne bien mais qui, malgré tout, accepte toujours les changements avec la même réticence que par le passé.

Claude Dupras

lundi 30 novembre 2009

Honte aux Suisses !

Il est difficile de croire que les Suisses viennent de voter majoritairement contre la construction de minarets dans leur pays. Il semble qu’ils veulent donner à toutes les démocraties occidentales une leçon de morale en interdisant la construction de mosquées.

Et la liberté de culte, on en fait quoi? La majorité chrétienne de nos pays n’est pas une raison suffisante pour justifier une telle insulte à son prochain.

Je ne sais pas si je suis peiné ou choqué car ces deux sentiments s’entrechoquent en moi. Je vois dans cette bêtise le résultat de la propagande des conservateurs américains, des reportages « tout croches » des mass médias et des explications démagogiques de nos gouvernements pour justifier les guerres inutiles d’Irak et d’Afghanistan.

Le gouvernement Suisse affirme que la constitution du pays ne peut empêcher la construction de minarets. Mais, ce n’est pas une question de constitution ni d’accommodements raisonnables mais de compréhension et de respect pour les musulmans et leur religion !

Nos ancêtres ont planté de grosses églises partout à Montréal et voilà que l’on voudrait défendre aux musulmans ou à ceux qui voudraient le devenir d’avoir leur centre de culte construit selon leurs préceptes.

Je dis honte à ces Suisses qui malgré qu’ils soient civilisés et bien éduqués se montrent petits et bornés. Ils ne sont sûrement pas un exemple pour nous. Et, leur action nous nuit considérablement partout dans l’opinion des 1,5 milliards de musulmans du monde.

Ah ! si seulement Jean Paul II était encore vivant. Il saurait mettre les points sur les « i ».

Claude Dupras

samedi 26 septembre 2009

Une nouvelle ONU

Kadhafi est un dictateur politique parmi les pires. Depuis que GWBush a décidé, pour des raisons qui relèvent des intérêts des compagnies pétrolifères américaines, de lui pardonner ses gestes infâmes passés, voilà qu’il est devenu une vedette internationale courtisée par les présidents de pays, dont Nicolas Sarkozy. Il a pris la parole à l’assemblée générale des Nations Unies où il n’a respecté aucune règle et a agi avec disgrâce. Il a lancé au président de l’assemblée, avec une expression de dédain, le livre de la constitution de l’ONU. Quel triste personnage !

Cependant, son discours a traité de la réforme de l’ONU et a fait tinté une cloche chez plusieurs délégations de pays et chez plusieurs individus dans le monde.

Beaucoup se plaignent que l’ONU, créée après la deuxième guerre mondiale, n’est pas démocratique, ne sert que les grandes puissances et est dépassée. Je crois que c’est vrai. Le monde a changé considérablement depuis 1945, et pour le mieux. N’est-il pas temps de modifier la structure de l’ONU afin qu’elle devienne un véritable parlement international où la voix démocratique de chaque pays sera entendue et respectée ? La tragique situation planétaire actuelle démontre bien que le monde a besoin d’un instrument fort pour la défense de la stabilité et de la paix.

Il me semble illogique qu’un organisme comme l’OTAN se mêle de choses qui doivent normalement relever de l’ONU, comme en Afghanistan.

Le conseil de sécurité devrait devenir le comité exécutif de l’ONU et répondre à l’assemblée générale des pays. Il devrait avoir le pouvoir d’agir au nom du meilleur intérêt de tous les citoyens de la planète.

Évidemment, la représentation des pays à l’ONU devra tenir compte de la grosseur des pays. Un petit pays avec quelques centaines de milliers d’individus, ne pourra avoir le même poids que les grands pays comme les USA, la Chine, l’Inde ou le Brésil. Le parlement européen est une bonne référence pour établir les principes d’une telle représentation.

Utopie ? Peut être, mais j’ai l’impression que l’ONU risque de se disloquer puisqu’elle devient de moins en moins pertinente face à la cacophonie émanant du G8, du G20, de l’OTAN et d’autres organismes ou gouvernements qui cherchent à établir des politiques qui influencent le monde entier. L’importance grandissante de ces voix discordantes montre bien que ce n’est pas en élargissant le conseil de sécurité, comme on le suggère actuellement, que la dégradation de l’ONU s’arrêtera.

Certains diront qu’il est impossible de faire appliquer centralement des lois qui seront respectées par tous les pays. Hippocrate n’a-t-il pas institué la discipline et les règles éthiques à tous les médecins du monde ? Faut-il être toujours défaitiste, accepter que l’ONU meure et que « la loi de la jungle » continue. Depuis 1945, les pays qui sont les plus respectés dans l’arène politique internationale sont ceux qui ont l’arme atomique. Alors que le Japon est la deuxième puissance économique mondiale, après les USA, il a moins de poids politique que le Royaume-Uni, la France ou même l’Inde, le Pakistan et Israël. Est-ce normal ? Non, il faut mettre fin à ce règne du plus fort.

Après le conflit du communisme versus le soi-disant « monde libre », voulons-nous laisser à nos petits-enfants, un monde plus divisé que lors de la deuxième guerre mondiale ? Les nations riches ont-elles seules droit de définir l’avenir de l’humanité ?

Et l’Islam dans tout cela ? Allons-nous continuer à nous lamenter et à craindre les affres du terroriste islamique ? Avons-nous oublié que le mouvement islamique n’existait même pas il y a à peine 50 ans et que jusqu’au 11 septembre 2001, le jour de l’attentat des «Twin towers », il était supporté par toutes les nations occidentales, incluant le Canada et la France.

J’ai connu l’émergence de l’islamisme en Algérie et même à Montréal. En Algérie, cela s’est traduit pas des centaines de milliers de victimes innocentes, tandis qu’à Montréal j’ai été témoin de l’attitude d’individus comme certains de mes employés arabes qui, du jour au lendemain, se sont présentés au travail avec une barbe, une robe et un bonnet et un discours nouveau (souvent agressif) sur le rôle de l’Islam dans la vie de chaque musulman et envers les USA et Israël. Alors que le FLN algérien, le parti au pouvoir, se forçait à éradiquer ce nouveau mouvement extrémiste, nos dirigeants politiques occidentaux (particulièrement les Américains) faisaient tout pour supporter l’élection de leur parti politique, le Front Islamique du Salut (FIS), qui avait l’appui moral et financier des Saoudiens.

Jusqu’à l’attentat de New York, ces islamistes étaient les bienvenus à Washington, Paris, Londres ou Ottawa. Ceux qui recherchaient l’asile politique en obtenaient le droit alors que les Algériens qui étaient menacés dans leur pays par ces mêmes islamistes se voyaient refuser un droit d’asile similaire. Les principaux représentants du FIS avaient plus d’accès aux officiels américains, allemands, anglais ou français que l’ambassadeur officiel du pays.

Comment les individus de ces pays, où l’islamisme a pris racine et gagné le pouvoir, peuvent-ils avoir confiance dans le monde occidental pour organiser le monde politique de demain ? Non, ils ne voient qu’une ONU réorganisée pour obtenir une politique libre des dictats des plus forts. Ils en ont assez d’être menés par ceux qui ont un gourdin à la main.

Une chose devient de plus en plus claire de jour en jour. L’humanité de demain ne sera pas bâtie exclusivement sur la base des valeurs occidentales. La Chine et l’Inde marqueront profondément son avenir immédiat. Mais il nous faut être réalistes et reconnaître que les musulmans, qui sont plus d’un milliard et demi d’individus, les Africains et les latino-américains auront éventuellement un impact majeur sur l’humanité.

Comment gérer cette transformation culturelle de toute l’humanité afin qu’elle soit profitable à tous, si ce n’est que par une ONU transformée.

Claude Dupras

mercredi 26 août 2009

Le PM Harper, raciste ?

Omar Khadr, Abousfian Abdelrazik et Suaad Hagi Mohamud sont Canadiens. Tous ont eu des problèmes personnels importants lors de voyages à l’étranger. Le PM Harper a refusé d’aider ces individus à se sortir du pétrin dans lequel ils ont été pris. Par contre, Brenda Martin, une Canadienne, blanche anglo-saxonne, condamnée pour fraude et blanchiment d’argent au Mexique, a été rapatriée, en mai 2008, à bord d’un avion nolisé par le gouvernement canadien.

Omar Khadr est le plus connu. Il est dans l’infâme prison américaine de Guantanamo de Cuba depuis 2002, alors qu’il n’avait que 15 ans. Il était enfant, de père terroriste, et a été arrêté pour avoir supposément lancer une grenade qui a tué un soldat américain. Il nie la chose. Cet enfant-soldat a été torturé et est le seul occidental dans ses murs. Malgré que le président Obama ait décidé de fermer la prison, pour raison de l’injustice qu’elle représente par rapport aux droits de la personne, et demandé aux pays-amis des USA d’accepter les prisonniers, le PM Harper refuse de rapatrier Khadr pour le remettre entre les mains de la justice canadienne. Il préfère que ce soit la partiale justice militaire américaine qui le juge. La cour fédérale canadienne s’est penchée sur ce cas et a décidé de forcer le gouvernement canadien à rapatrier Khadr pour la raison que les droits constitutionnels du jeune canadien ont été bafoués. Le gouvernement a interjeté appel de la décision et la Cour d’appel fédérale a confirmé le jugement. Aujourd’hui, choqué, le PM Harper décide de porter le tout devant la Cour Suprême du Canada. Pourquoi ?

Abousfian Abdelrazik se rend, en 2003, au Soudan visiter sa mère malade. Il est arrêté, là-bas, et on lui enlève son passeport canadien à la demande du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) qui a découvert qu’il prie à la même mosquée radicale que fréquente Ahmed Ressam, un terroriste reconnu. Relâché en 2004, les USA placent Abdelrazik sur leur liste de terroristes internationaux. Face à cette décision, il se réfugie à l’ambassade du Canada à Khartoum. Il y est coincé sans passeport, sans argent et sans possibilité de circuler. Les USA avisent le Canada qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves pour l’accuser formellement et demande au Canada de les aider à monter un dossier. Nonobstant cette admission, le PM Harper refuse d’intervenir pour aider Abdelrazik, en bloquant l’envoi de documents nécessaires pour assurer son retour au Canada. Ce n’est qu’en juin 2009, après que la Gendarmerie Royale et le SCRS aient admis, enfin, qu’ils n’ont aucune preuve contre lui, que le PM Harper bouge. Abdelrazik a perdu 6 ans de sa vie. Pourquoi ?

Suaad Hagi Mohamud a vu sa nationalité canadienne mise en doute, à l’embarquement d’un avion pour retourner chez elle à Toronto, par un employé kényan de KLM qui estime que la lèvre inférieure du visage sur la photo de son passeport n’est pas tout à fait similaire à celle de Mme Mohamud en personne. Ce qui est surprenant dans ce cas, c’est que le Haut-commissaire canadien à Nairobi, au lieu de l’aider à régler ce conflit, se tourne contre elle malgré qu’elle ait son passeport canadien. La Première secrétaire du Haut-commissaire écrit même aux autorités kenyanes qu’elle « suspecte Mme Mohamud d’être un imposteur ». Mme Mohamud, inquiète, passe huit jours en prison (on sait ce que sont les prisons africaines) et, désavouée par son pays, attend trois mois sans ressource ni sympathie dans une chambre d’hôtel minable et cela malgré toutes les communications qui parviennent de Canadiens qui confirment la véracité de sa citoyenneté canadienne. Le PM Harper vient de prétendre n’avoir appris ce cas que la semaine dernière. J’ai peine à le croire car j’en suis au courant depuis des semaines ayant lu plusieurs reportages dans les média canadiens sur ce cas, surtout que le gouvernement canadien a été vertement critiqué au pays pour n’avoir pas aidé Mme Mohamud. C’est finalement un test ADN qui a permis à cette personne de retrouver son pays. Pourquoi ?

Avant le règne du PM Harper, deux autres canadiens, Maher Arar et Zahra Kazemi furent aussi arrêtés lors d’un voyage à l’étranger.

Maher Arar travaillait à Ottawa comme ingénieur en télécommunication. À son retour de vacances en Tunisie, en 2002, il est retenu par l’immigration américaine qui le soupçonne d’avoir des liens avec Al-Qaeda. Après douze jours, il est enchaîné, déporté en Syrie, son pays d’origine, et cela même s’il détient un passeport canadien. Il est incarcéré dans une prison grande comme une fosse pendant dix mois, torturé, forcé d’admettre faussement un crime puis enfin transféré dans une cellule de grandeur normale. Grâce à toutes les pressions que son cas génère, il est enfin libéré et revient au Canada en 2003. En 2004, le gouvernement libéral de Paul Martin forme une Commission d’enquête pour analyser les actions des officiels canadiens en rapport avec ce cas et elle conclut que Maher Arar « n’a commis aucune offense et qu’aucune de ses activités a été une menace à la sécurité canadienne ». L’ex-gouvernement canadien a agi le plus rapidement possible pour le sortir de son pétrin. Pourquoi le PM Harper ne veut-il pas agir de la même façon ?

Zahra Kazemi est la photojournaliste canadienne qui en juillet 2003, trois mois après son arrestation en Iran pour avoir capté des photos à l’extérieur d’une prison durant une manifestation estudiantine, décède au fond de sa prison. Un médecin du ministère iranien de la défense, confirme, éventuellement, l’avoir examinée quatre jours après sa mort et constaté qu’elle a été violée, son crâne fracturé, deux de ses doigts brisés et a subi de nombreuses blessures abdominales. Elle a été tuée en prison. Le gouvernement canadien demande qu’une autopsie soit faite par une équipe de pathologistes internationaux. Devant le refus des dirigeants de l’Iran d’accepter cette requête, le ministre canadien des Affaires étrangères du temps coupe toutes relations avec ce pays. Quelle différence avec l’indifférence qu’exhibe le ministre actuel Lawrence Cannon qui ne cesse de blâmer Khadr, Abdelrazik et Mme Mohamud pour leur détresse !

Il est inquiétant de constater que des Canadiens nés dans d’autres pays, sans ancêtres Européens, sans nom à consonance « canadienne » et avec une couleur de peau qui n’est pas caucasienne n’obtiennent pas la même aide du gouvernement canadien que les autres Canadiens, lorsqu’ils se retrouvent en difficulté à l’étranger. Cela est inadmissible et laisse à penser que notre gouvernement actuel applique une politique raciste d’extrême-droite, en rapport avec cette catégorie d’individus. Je ne peux comprendre que les officiels de nos ambassades, qui sont normalement des professionnels et diplomates de haute qualité, collaborent au jeu de ce gouvernement d’idéologues conservateurs qui, de toute évidence, les handicapent dans leur travail.

La charte des droits et des libertés de notre pays s’applique pour chaque Canadien, quelque soit son origine, sa couleur, sa religion ou sa langue. Il me semble que cela est clair, irréfutable et très important. Et, lorsque les cours jugent sur cette base légale, pourquoi le PM Harper conteste-t-il leurs décisions ? Le gouvernement canadien est le nôtre. Il doit nous protéger et nous aider où que nous soyons. Sans cette garantie, qui viendra à notre secours ? En tout cas, si j’étais un néo-canadien, je serais nerveux chaque fois que je quitte le Canada car je sais maintenant que le gouvernement actuel de mon nouveau pays ne viendra pas me seconder si je suis pris dans une affaire discutable, même si je suis innocent. Les affaires Khadr, Abdelrazik et Mohamud le démontrent clairement aujourd’hui.

Claude Dupras

lundi 15 juin 2009

Netanyahou entrouvre la porte… à peine

Le nouveau PM Israélien Benyamin Netanyahou vient de faire sa première déclaration importante sur la situation d’Israël et de la Palestine.

Netanyahou n’a pas répondu aux espoirs attendus. Motivé à trouver un équilibre entre ses aspirations à la paix et à celles de la sécurité de son pays, il a dit des mots pour satisfaire quelque peu le président américain Barack Obama et permettre à ce dernier de déclarer qu’un pas en avant venait d’être accompli. Je dirais, un petit pas.

J’ai lu intégralement le texte de son discours. Il a bien expliqué la misère des juifs depuis 2,000 ans qui a aboutit sur l’Holocauste. Ce texte m’a rappelé ma lecture du livre de Marek Halter « Mémoire d’Abraham », un livre généalogique sur le trajet deux fois millénaire de sa famille et qui démontre bien les souffrances, le martyr et la discrimination qu’a subis le peuple juif à travers les âges. Netanyahou rappelle ces injustices sur lesquelles il base son argumentation pour défendre l’existence d’un pays juif, nommé Israël. Il va même jusqu’à dire que si Israël avait existé avant la deuxième guerre, l’holocauste n’aurait pas eu lieu car les juifs de l’Europe auraient eu une patrie où fuir. C’est un argument compréhensible pour lequel j’ai beaucoup de sympathie.

Netanyahou défend la notion d’un état juif, même si, aujourd’hui, un million des habitants d’Israël sont arabes. C’est comme si on disait que le Québec est un état catholique parce que la majorité est catholique. Qu’importe les autres qu’ils soient protestants, musulmans, juifs, bouddhistes… J’ai l’impression que nous serions alors taxés des plus mauvaises épithètes. Pour le Québec ce serait indéfendable. L’est-ce pour Israël ? C’est là la question.

Des millions d’arabes vivant sur le territoire d’Israël, tel que défini par l’ONU en 1948, ont dû fuir leur maison, leur propriété pour trouver refuge dans des camps du côté de la Palestine. Ces arabes veulent revenir chez eux, reprendre leur maison, leur terrain, leur commerce. Netanyahou vient de confirmer officiellement qu’il refuse car cela rendrait les juifs minoritaires en Israël et nuirait au développement futur de leur état. Il dit vouloir les aider à se réinstaller en dehors d’Israël avec l’aide financière internationale. Donc, ce sont les autres pays qui vont payer pour cette injustice flagrante. C’est comme si on expulsait les anglophones du Québec, sans les compenser pour leurs actifs, tout en se disant prêts à les aider à se réinstaller en Ontario avec l’argent des autres gouvernements. Même question !

Pour justifier cette approche, Netanyahou affirme que cela n’est que juste car des milliers de juifs ont quitté les pays arabes pour venir s’installer en Israël et ont laissé derrière eux leur passé et leurs avoirs. Il oublie de dire que contrairement aux arabes israéliens, une très grande majorité de ces juifs ont pu vendre leurs propriétés avant de partir et aucun ne vit dans un camp de réfugiés.

Pour plaire à Obama, Netanyahou accepte de ne pas construire de nouvelles colonies sur les terres de la Palestine. Mais, il ne va pas assez loin car il veut continuer à développer les colonies déjà implantées sur les terres occupées pour des « raisons de démographie », dit-il. Il affirme que les familles qui y sont implantées, ont droit de grandir. Il laisse Obama sur sa soif !

Puis, il y a Jérusalem. Netanyahou ne veut aucunement céder sur ce sujet et affirme que Jérusalem demeurera totalement partie d’Israël, même la partie arabe occupée où vivent les arabes et qui contient la fameuse grande mosquée si importante pour l’Islam.

En conclusion, il se dit prêt à reconnaître un état palestinien indépendant. C’est la première fois qu’il fait cette affirmation. Mais il exige que le nouvel état palestinien soit démilitarisé, sans droit aérien, etc… ce qui me semble inacceptable pour un pays indépendant.

En somme, le PM d’Israël ouvre la porte aux dirigeants du peuple palestinien et à ceux des pays arabes pour commencer des pourparlers de paix à la condition qu’ils acceptent, au préalable, ses positions en rapport avec les réfugiés, Jérusalem et la démilitarisation du nouvel État Palestinien.

J’ai l’impression que Netanyahou, n’a fait qu’ajouter des obstacles au processus de paix.

Barack Obama, Nicolas Sarkozy et le président de l’Union Européenne, en diplomates, ont accepté publiquement la position de Netanyahou soulignant qu’il reconnaît enfin le droit aux Palestiniens d’avoir leur État indépendant. Mais ce n’est qu’une porte entrouverte qui devra être ouverte à la pleine grandeur par les négociateurs américains. Ces derniers auront un travail difficile pour atteindre leur objectif, soit la création de deux États libres et indépendants vivant en harmonie et en paix, côte à côte, sur leur terre ancestrale.

Mission impossible ? Qui sait… On disait cela lorsque le président américain Carter réunissait Anwar El Sadat, le président égyptien, et Menahem Begin, le PM israélien, pour négocier une paix entre l’Égypte et Israël. Cela a bien fini. Alors tout est possible…

Claude Dupras

jeudi 30 avril 2009

La mascarade électorale algérienne

J’ai toujours affirmé qu’il n’y avait pas de réelle démocratie dans l’Algérie d’aujourd’hui. Depuis le FLN de Boumediene, le système politique s’est transformé de socialiste et totalitaire à pseudo-capitaliste, mais la direction de l’État est demeurée dans les mains des mêmes individus de l’ancien régime.

Suite à mon récent blog, j’ai reçu les commentaires d’un Algérien qui vient de vivre la dernière campagne électorale présidentielle de son pays qui démontre bien que l’Algérie vit une pseudo-démocratie.

Voici l’opinion :

« Je veux vous donner mes observations sur la récente mascarade nationale des élections présidentielles en Algérie.

Avant même les élections, j'avais prédit que Bouteflika allait être déclaré vainqueur de ces élections avec 92% des suffrages exprimés. Après tout, Bouteflika ne pouvait pas faire moins que ses acolytes comme Moubarak d'Égypte et le président éternel de la pauvre Tunisie, dont je n'arrive même pas à me rappeler le nom.
Et, ce qui est vraiment tragique c'est que le régime de Bouteflika n'avait même pas à truquer les élections du fait qu'il n'avait pas du tout d'opposants en lisse. Ceci étant dit, il ne fait pas de doute que la grande majorité de la population algérienne ne s'est pas rendue aux urnes le jour du vote.

De toute ma famille en Algérie, seules ma sœur et ma belle-sœur se sont données la peine d'aller voter. Et toutes les deux m'ont juré que les bureaux de vote étaient pratiquement vides. Et le soir, nous avons appris officiellement que le taux de participation à Alger dépassait les 90%; quel culot!!!!!

Et les irrégularités ne se comptent plus sur les 10 doigts. Il paraît, par exemple, qu'à Blida, le Wally (le préfet de la province) a fermé tous les bureaux de vote à 16 heures, chassé tous les responsables des élections et s'est donné le plaisir de remplir toutes les urnes pour faire plaisir à son Émir, Bouteflika. Et vive la démocratie occidentale à l'algérienne !

Et ce qui m'a encore le plus étonné, c'est la réaction officielle de la France et de ses mass-médias. Tout juste si la France n'a pas déclaré la victoire de Bouteflika comme une fête nationale française.

Ceci étant dit, j’avoue que l'Algérie d'aujourd'hui ne pouvait pas trouver quelqu'un de mieux que Bouteflika, malgré toutes ses défaillances surtout morales. Que je le veuille ou pas, Bouteflika a tout de même réussi à acheter toute la mouvance islamiste en Algérie. Le terrorisme des années 90 a complètement disparu de la scène. La manne pétrolière aidante Bouteflika a réussi à maintenir une paix sociale très fragile, jusqu'à présent du moins.

Mais l'économie algérienne n'a jamais été aussi malade qu'aujourd'hui. Il n'y a pratiquement plus d'activité industrielle. Les entreprises publiques, construites à coût de milliards de $, sont en grande majorité fermées. Le secteur privé est pratiquement inexistant dans ce secteur. Les seules activités vibrantes depuis plus de 5 ans sont liées aux importations payées par les recettes pétrolières. L'Algérie de 2009, à mon avis, est plus dépendante de la rente pétrolière que même les pays arabes du golf.

Mais ce qui me chagrine le plus c'est l'absence totale de vie politique en Algérie. Qui aurait pensé que ce peuple, qui débattait tout et rien aussi bien avant la guerre de libération que durant le régime de Boumediene même, se retrouve aujourd'hui complètement anesthésié à tel point qu'il n'y a même pas une seule personne politique en Algérie capable de poser les vrais problèmes que notre société doit un jour ou l'autre gérer.

J'ai l'impression que nous devons attendre la fin de toutes les générations qui ont vu, de près ou de loin, la guerre de libération pour qu'enfin les Algériens commencent à se prendre en charge une fois de plus.

Merci.
»

On voit bien que l’Algérie est dans la lignée des autres pays arabes et musulmans du Maghreb et des alentours. Il semble, comme le dit si bien cet Algérien, que ce ne sont que les prochaines générations qui pourront changer la culture politique qui règne en maître aujourd’hui dans tous ces pays.

Claude Dupras

mercredi 29 avril 2009

Le comportement de l’Occident

Quelques uns de mes lecteurs me demandent pourquoi j’adresse si souvent la question des Arabes et des Musulmans dans mes blogs. Mon intérêt pour cette partie du monde vient du temps de ma carrière d’ingénieur-conseil durant laquelle j’ai œuvré plus de 7 ans en Algérie, dans les années ’70. J’ai eu l’occasion alors d’apprendre à bien connaître ce pays, les actions de ses chefs politiques (le gouvernement Boumediene dirigeait alors le pays), sa population et de me faire de nombreux amis. Malgré le système politique soviétisé de ce gouvernement, avec lequel je n’étais pas d’accord, j’ai pu constater qu’il y avait là, à ce moment-là, un grand nombre d’individus bien instruits, enthousiastes, patriotes et sincères qui travaillaient ardemment depuis 1962 à créer leur nouveau pays. L’ambiance était remarquable et prometteuse.

Suite aux évènements du 11 septembre 2001, la réaction américaine a été vive et défendable, mais avec le temps elle a dégénéré en une politique qui ne respecte plus les masses musulmanes et ne vise qu’à trouver les chefs d’Al-Qaeda, advienne que pourra. C’est devenu insensé, choquant et contre-productif. Heureusement, aujourd’hui, Obama veut changer la donne.

Pour moi, les Musulmans sont des gens comme nous, qui aiment autant leur famille que nous et qui visent à donner à leurs enfants toutes les chances possibles pour bien vivre et vaincre la vie. Je cherche donc à remettre, un peu, les pendules à l’heure en rappelant que les Musulmans ont les mêmes droits comme être humain que nous et qu’ils sont libres d’agir comme ils l’entendent. Je respecte cela et je pense que nous n’avons pas à leur dire ce qu’il faut faire !

Plusieurs gens d’ici, comme d’ailleurs, critiquent la religion musulmane mais oublient qu’il n’y a pas tellement longtemps les femmes au Québec n’avaient pas droit de vote à cause de l’Église catholique, que cette dernière s’opposait à l’école obligatoire jusqu’à 14 ans, que les curés forçaient les femmes mariés d’enfanter, sous peine de ne pas leur donner l’absolution, et que plusieurs en mourraient, et encore…. (je pourrais remplir cette page avec la description des simagrées que notre religion nous a fait faire).

Suite à mon blogue « Obama et les Musulmans » mon ami algérien Mansour, correspondant de longue date, m’a envoyé un message pour me dire son accord avec le fond de mon texte et élaborer davantage sa pensée. J’ai cru utile pour mes lecteurs de l’inclure ici. Le voici :

« Je suis très content de lire tes positions concernant le comportement du monde occidental vis-à-vis de la représentativité politique des mouvances islamiques à travers le monde arabe et musulman du monde.

N'est-il pas temps pour ce beau monde occidental, toujours prêt à donner des leçons de morale universelle, de faire un diagnostic sérieux des origines de l'émergence des mouvements politiques d’islamistes à travers le monde ? N'est-il pas temps de reconnaître que tous les problèmes que nous devons gérer aujourd'hui ont commencé avec la création de l'État d'Israël sur le dos des pauvres Palestiniens, qui n'avaient jamais rien fait de mal aux juifs du monde ?

Et pour assurer la survie de cet État construit de toutes pièces par l'Angleterre, les USA et la France en particulier; tout le monde occidental s'est mobilisé à ce jour pour pratiquement interdire toute vie politique saine à travers le monde arabe en particulier. Tous les régimes politiques arabes qui sont toujours au pouvoir sont des créations de ce monde occidental, qui par ailleurs les défend au nom de la liberté universelle de toutes les sociétés à choisir leurs dirigeants politiques. Je me demande combien les Saoudiens ou les Égyptiens, encore moins les Marocains ou les Algériens ont la liberté de choisir leurs futurs leaders politiques.

Et si la civilisation occidentale croit profondément à la démocratie, telle qu'elle est appliquée dans le monde civilisé, comment peut-on expliquer l'indifférence totale que cette civilisation vis-à-vis des mouvements réellement démocratiques qui essaient de survivre tant bien que mal à travers le monde arabe à ce jour ? Quel a été le comportement de tout le monde occidental durant les années d'enfer que l'Algérie a connu durant la décennie 90 ? Je me souviens que des centaines de jeunes algériens tous fondamentalement imbibés de la culture française, se sont retrouve interdits de séjour en Europe ou en Amérique du nord, alors que des milliers de terroristes notoires islamistes étaient reçus avec les bras ouverts.

Comment peut-on m'expliquer que le FIS des années 90 était un symbole de l'émergence de la démocratie en Algérie et qu'aujourd'hui Al-Qaeda, qui n'a pas fait un dixième du mal que le FIS est devenu après avoir été banni par l’armée algérienne, tout d'un coup l'ennemi public numéro un de toute l'humanité ?

Aujourd'hui, le monde occidental dépense des centaines de milliards de dollars pour soi-disant combattre l'islamisme international, mais je ne vois aucune initiative occidentale pour aider et promouvoir les mouvements réellement démocratiques dans le monde arabe et musulman. Où sont les actions diplomatiques, politiques ou économiques du monde occidental pour enfin mettre fin à tous ces régimes corrompus du monde arabe ? »


Mansour pose plusieurs questions importantes qui révèlent bien l’état de la situation actuelle de nos relations avec les pays arabes et musulmans.

Claude Dupras