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samedi 19 juin 2010

L’expo2010 un grand succès

De retour de l’expo2010 de Shanghai, je viens d’afficher, sur mon site internet, 937 photos captées sur le terrain de ce grand évènement. Cette exposition internationale est la plus importante jamais tenue puisqu’elle regroupe un nombre record de participants et attend un nombre record de visiteurs, soit près de 100 millions. Comme Montréalais, ayant vécu de près l’expo67 de Montréal, j’ai parcouru le site de l’expo2010 et ses pavillons avec un œil critique, Ceux, parmi mes lecteurs, qui ont visité l’expo de Montréal sauront aussi faire, grâce à mes photos, les comparaisons qui s’imposent avec celle de Shanghai.

L’expo2010 est située sur les deux rives de la rivière Huang Pu qui divise la ville de Shanghai. L’expo67 se situait en partie sur l’île de Montréal mais surtout sur l’île Ste-Hélène agrandie, en plein fleuve Saint-Laurent, avec la nouvelle île Notre-Dame qui la juxtaposait et qui fut créée de toute pièce. Ce n’est pas prendre parti que d’affirmer que le site de l’expo Montréal était de beaucoup plus spectaculaire que celui de Shanghai.

Le nombre de pays participants à Shanghai est de beaucoup supérieur à celui de Montréal mais les pavillons ne sont pas généralement plus importants. Les pavillons américain, russe, tchécoslovaque, cubain, canadien, français, allemand de l’est, etc… étaient beaucoup plus impressionnants à Montréal qu’ils le sont à Shanghai. D’ailleurs, pour ceux qui n’ont pu visiter expo67, vous pouvez comparer le bâtiment du pavillon français sur l’île Notre Dame (celui du casino) et la structure du dôme géodésique des USA, sur l’île Sainte-Hélène, désigné par Buckminster Fuller, puisque les deux structures sont toujours en place. Montréal l’emporte haut la main.

De plus à Montréal, un certain mystère accompagné d’une profonde curiosité faisait partie des sentiments que nous ressentions. En effet, en 1967 le rideau de fer existait et était étanche. La poigne de l’URSS et des partis communistes était solide partout en Europe de l’Est. Nous considérions la menace communiste dangereuse. La venue des délégations de l’URSS et des pays de l’Europe de l’Est en plus de Cuba de Fidel Castro (qui n’était pas encore ouvert au tourisme), devenaient pour nous tous : un mystère à découvrir. On ne retrouve pas ce sentiment à Shanghai. Le monde a bien changé depuis que le monde des communications y a vu. Le communisme a disparu de l’Europe. Même la Chine de Mao Tsé-toung est méconnaissable car bien que dirigée par le parti communiste chinois, elle est devenue totalement capitaliste.

En 1967, les pays devaient compter sur un grand nombre d’hôtes et d’hôtesses pour recevoir les visiteurs et expliquer leurs présentations. Aujourd’hui, ce sont de grands écrans vidéo qui présentent en boucle les images et les informations.

Il ne s’agit pas pour moi de dénigrer l’expo2010. Au contraire, c’est une très belle et imposante exposition. La plus importante jamais tenue. Le pavillon de la Chine est sûrement le plus imposant pavillon de toutes les expositions. Il est magnifique, souligne l’esprit de la culture chinoise traditionnelle et démontre la puissance nouvelle de ce pays.

Nous y sommes restés 6 jours, alors qu’au moins 15 jours auraient été nécessaires pour voir la grande partie de ce que l’expo présente. Les Chinois on fait un travail du tonnerre. Malgré les foules nombreuses, on y accède facilement et rapidement. Les services aux visiteurs sont nombreux. La restauration diverse et excellente. L’accueil est chaleureux, poli, prévenant. Malgré les problèmes de langues, le visiteur étranger se sent à l’aise. Le site est très vaste et le transport bien pensé et important.

Comme à Montréal où on trouvait de longues filées pour accéder aux pavillons, à Shanghai c’est de même mais en plus long. Mais ce n’est pas nécessairement un désavantage, puisqu’en ligne on côtoie de près les Chinois et on se rend compte que malgré leur air sévère qu’ils savent sourire. Ils démontrent du respect pour le visiteur et du bonheur de le voir. La seule contrainte et elle est surprenante, c’est que plusieurs font tout pour passer devant celui qui est en avant d’eux. J’ai l’impression que cette coutume vient du temps où ils devaient faire de longues files devant les magasins pour acheter le minimum vital. On apprend vite à se mettre en position de blocage. Cela ajoute au charme!

Le lien pour mes albums de photos d’expo2010 est : http://claude.dupras.com/l'expo2010.htm

J’espère qu’elles seront vous intéresser et vous donner une bon aperçu de ce qu’est l’expo2010. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos questions.

Merci

Claude Dupras

samedi 22 mai 2010

Le pavillon du Canada à l’expo2010 : un flop

À l’exposition internationale et universelle de Séville en 1992, le pavillon du Canada fut un très grand succès populaire. Les files d’attente pour y entrer étaient interminables et il fallait s’armer d’une patience à toute épreuve pour finalement le visiter et voir, entre autres, son fameux film en IMAX sur le Canada montrant, avec des images et des scènes inoubliables, ses peuples, sa nature, ses richesses et son potentiel extraordinaire. Les visiteurs en ressortaient avec le « goût du Canada ».

Arrivé le 10 mai à l’expo 2010, je me suis empressé de visiter le pavillon de mon pays, le Canada. Le bâtiment est imposant, géant et un des plus gros en volume. Sa forme est bizarre, variable, changeante et étendue à l’horizontale telle un ver de terre. C’est comme un grand « C » imparfait qu’on ne peut détecter que si on le regarde en plan. Ses arêtes vives, montantes et descendantes, suivent des angles incohérents qui ont rapport probablement avec l’activité intérieure du pavillon. Sans fenêtre ni vitrine, le pavillon est totalement couvert de tôles réfléchissantes et surtout de lattes de bois installées de façon à mettre en valeur sa forme changeante. La réalisation totale du projet a été confiée au Cirque du Soleil incluant le contenu.

La filée d’entrée exigeait une attente de 30 minutes. Le Canada attise donc la curiosité des Chinois, ce qui donne au pavillon la possibilité de devenir un attrait important de cette grande exposition. Malheureusement, ce ne sera pas le cas, car on en sort fort désappointé. On ne découvre presque rien dans ce grand bâtiment et ce qu’on y trouve n’est pas à la hauteur d’un pays spectaculaire, riche, attrayant et important comme le nôtre. Le bouche-à-bouche va le miner.

Mon sentiment fut confirmé par mon épouse qui ressentit la même chose que moi. Une heure plus tard, nous étions au pavillon du Mexique où nous avons rencontré, par hasard, six Québécois qui, comme nous, attendaient pour y entrer. Ils venaient tout juste de visiter le pavillon canadien et j’en ai profité pour faire ma petite enquête. La réaction était unanime : « pas fort ! ». Le lendemain, quelques Espagnols nous confirmèrent la même chose.

Le thème du pavillon veut respecter celui de l’Expo 2010 «meilleure ville, meilleure vie ». On peut à peine l’imaginer en visitant notre pavillon. Entrant comme dans un goulot de bouteille aux parois couvertes d’écrits difficilement lisibles à cause de l’étroitesse de l’entrée et du passage précipité des visiteurs vers la pièce suivante, qui est la principale, et où on a l’impression d’être dans une caverne au plafond fluo. Le seul message que nous y percevions était en rapport avec la vélocité qui était représentée par quelques vélos sur socle (à peine une douzaine). Seuls quelques visiteurs sur les centaines qui passaient pouvaient enfourcher ces bicyclettes et pédaler devant un écran arqué représentant des routes, des paysages ou encore des personnages de bandes dessinées. La deuxième pièce, complètement dans le noir, avait un plancher incliné vers un écran de 180 degrés sur lequel défilaient en boucle des images superposées, floues en partie, avec des scènes de vie urbaine pêle-mêle accompagnées de bruits de fond de ville. On voyait à peine où marcher et où se placer pour voir ce mélimélo d’images.

C’est tout !

Il ne restait plus qu’à passer à travers une mini boutique où on vendait des petites bouteilles de sirop d’érable, des toutous en peluche représentant des oursons, des oiseaux, des polices montées, des chats avec la feuille d’érable rouge. Le tout « made in China », les mêmes bricoles que l’on retrouve dans les giftshops bon marché pour touristes à Montréal. Pas d’artisanat canadien (sauf une dizaine de petites sculptures Inuit à prix très élevés), aucune littérature sur le Canada, pas de carte postale, photos-souvenirs. A l’extérieur, il y a un restaurant-terrasse qui n’a rien à voir avec ceux de la rue St-Denis.

Dans la cour intérieure, on annonçait la « Cour Bombardier ». Malheureusement on n’y retrouvait que des débris de construction car les ouvriers y travaillent encore. D’ailleurs, c’est la seule place à l’expo où nous avons vu des travaux inachevés.

Cette exposition de ce qu’est le Canada n’est pas à la hauteur de notre pays, ni à celle du Cirque du Soleil. Cela démontre encore une fois que « chacun son métier, et les vaches seront bien gardées ».

Le lendemain, après avoir visité les pavillons français, allemand, américain, belge et espagnol, j’ai compris que notre pavillon canadien n’est pas un flop, mais un super flop.

Claude Dupras