samedi 7 janvier 2017

"Séparatiste" ou « Sécessionniste »

Je suis toujours surpris au contact de Québécois qui veulent la séparation du Québec du Canada de les entendre m'exprimer leur profond désaccord sur le fait que j'utilise les mots "séparatiste" ou "séparatisme" dans mes textes pour les décrire ou définir leur pensée ou action politique. C'est comme si ce mot était une insulte pour eux ! 
 
Ils veulent que j'écrive "indépendantiste" ou en encore "souverainiste". Certains me suggèrent "nationaliste".
 
Je suis un nationaliste qui a à cœur et défend, depuis ma jeunesse, la nation française canadienne et les intérêts particuliers du Québec afin qu'il devienne le plus autonome possible dans la Confédération canadienne. Je reconnais que les habitants des provinces et territoires ont noué d'étroits liens d'interdépendance (économique, sociale, politique et culturelle) basés sur des valeurs communes qui comprennent le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités. 

De leur côté, les séparatistes parlent de la nation québécoise comme si nous étions tous francophones. Ils semblent ne pas vouloir reconnaître que le gouvernement du Québec représente l'ensemble du peuple (ou des peuples) résidant sur son territoire, dans l'égalité et sans discrimination. Le Parti Québécois qui veut gouverner le Québec avant de détruire le Canada se doit d’être un parti qui respecte ces principes élémentaires.  

Je suis indépendantiste et souverainiste car je veux que le Canada, mon pays, agisse en tout temps comme un pays indépendant et souverain. 

Ailleurs, dans le monde, on utilise partout le qualificatif séparatiste. Les séparatistes catalans, les séparatistes écossais, les séparatistes criméens, les séparatistes basques, les séparatistes pro russe, le conseil séparatiste de Starwars et ainsi de suite. C'est de toute évidence le bon mot français. Partout les gens qui veulent séparer leur territoire de leur pays sont fiers de se qualifier de séparatistes.  

Pour une raison que je ne comprends pas, les québécois séparatistes expriment une certaine honte de porter un tel label malgré que Larousse nous dît qu'un séparatiste est celui qui a une attitude, une tendance à sortir d'un ensemble national et à former une entité politique distincte de l'État d'origine. 

La Cour suprême du Canada, dans son jugement « Renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] » fait allusion au mot sécessionniste. Larousse le définit comme celui qui fait une action menée avec une fraction de la population d'un État en vue de se séparer de la collectivité nationale pour former un État distinct. Il me semble que c’est la même chose que séparatiste mais je suis prêt à utiliser dorénavant le mot sécessionniste pour décrire les séparatistes si cela leur plait davantage.  

En fait, je crois comprendre pourquoi les sécessionnistes québécois rejettent le mot "séparatiste". Ça semble être pour eux une question stratégique car ils croient que le mot fait peur à l'ensemble des Québécois et ils blâment en partie l'utilisation de ce mot pour leurs défaites référendaires du passé. Il est vrai que l'ex PM Canadien, Jean Chrétien, a répété à outrance ce mot lors des référendums. Mais est-ce une raison valable pour le cacher aujourd'hui en lui substituant des qualificatifs qui ne sont pas aussi précis dans leurs définitions ? C'est comme s'ils voulaient cacher la réalité.  

Si jamais un vote québécois aboutissait à une majorité claire en faveur de la sécession, en réponse à une question claire, cela conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres participants à la Confédération auraient l'obligation de reconnaître. Je serai, à ce moment-là, solidaire de la décision de la majorité de mes compatriotes et je deviendrai alors indépendantiste et souverainiste pour les mêmes raisons que je le suis aujourd'hui pour mon pays le Canada.
Mais je demeure persuadé que cela ne se concrétisera pas car le Canada est un pays trop riche et extraordinaire pour que les Québécois le donnent aux autres. Ce serait un vrai mauvais deal… 
Claude Dupras

4 commentaires:

Jacques C. a dit…

Bonjour Claude,

Je en sais pas si c'est parce que tu as trop mangé de boudin noir, mais tu es en feu et tu as malheureusement parfaitement raison. Je partage ton point de vue.

A un extrême il y a des séparatistes extrémistes bornés et de l'autre, il y a les mange-canayens extrémistes et bornés du ROC et du Québec..

L'un nourri l'autre et tant que ça sera comme ça, le Québec et les canadiens français baigneront dans un statut quo stérile, les pires victimes étant le Québec dans son entièreté, mais peut-être encore plus les canadiens français hors Quebec.

Bon WE

crocomickey a dit…

Simonac ! Le co-président de la campagne du NON, malgré sa victoire, est encore en bataille. Incroyable ! Quelle perte de temps ....

Claude Dupras a dit…

Bonjour mon cher,

Quand tu nous décris comme séparatiste, tu emploies une expression fausse intrinsèquement.

La réalité c’est que le Québec est une nation et une nation doit avoir son pays qui reflète ses valeurs profondes.

Nous faisons parti d’une agglomération qu’est en réalité le Canada.

La grande différence c’est que l’objectif véritable n’est pas de nous séparer des canadiens, c’est tout simplement d’être nous-mêmes. Et quand je t’entends vanter,

avec raison, les belles Rocheuses, ça me fait rire un peu,

Oui, c’est beau, oui c’est magnifique. Je les connais, je les ai visités plusieurs fois. Et si on devenais ce que nous sommes réellement un pays, on pourrait continuer à les visiter....

Mais j’ai préféré aller 27 fois à Paris et 19 fois en Italie. C’est un choix culturel.

Le désir de faire un pays du Québec, c’est comme la foi. On l’a ou on ne l’a pas.

Et je ne fêterai pas avec beaucoup de joie une entité, nommée Canada à laquelle nous ne sommes pas même de vrais partenaires. C’est de la fumisterie.

Fêtons Montréal, c’est NOUS à part entière

Salut vieux frère, lâche pas, on t’aime bien.

Gérard, séparatiste, indépendantiste, sécessionniste, mais surtout un croyant que la nation québécoise

deviendra un jour un pays pour tous, francophiles et autres.

Une question pour toi.

Plus important encore que la création d’un pays, québécois, c’est le développement d’un extrême-droite en occident.

Les Conservateurs ont-ils un responsabilité de cette situation?

Ton ami Gerard StD.


Claude Dupras a dit…

Parce que par choix des mots ils ont toujours voulu cacher la vérité !!
A++
MdGP