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dimanche 2 août 2015

La radicalisation des péquistes



Depuis la venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent qu’autrement dans la mauvaise direction. 
PKP, devenu, en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions de toutes sortes.
Pour les séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les fédéralistes « ne parviendront qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche, milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le meilleur intérêt de la nation. 
Et si un péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants, il est aussitôt qualifié de « sournois » comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente « le plus grand espoir depuis les années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce n’est pas peu dire si on pense à Lesage, Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre des Ressources naturelles ; Alexandre Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les questions.
C’est ce que dénonçait le jeune étudiant et militant Gabriel Nadeau-Dubois en qualifiant « une certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ». Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des mots de son texte comme « militantisme sectaire et fielleux », « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes nous voient encore comme des moutons ! 
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure. En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit, pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires, journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides, démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les Québécois.


Claude Dupras
 




 

dimanche 5 octobre 2014

Le congrès de leadership du Parti Québécois est important

Vigile est le site internet par excellence des séparatistes québécois. Il est complet, moderne, très lu et parcouru.

La direction du site, son conseil d’administration, vient de prendre position pour le choix du prochain chef du Parti Québécois (PQ). Elle opte pour Pierre Karl Péladeau (PKP), l’ex magnat des médias et député du comté de Saint-Jérôme depuis six mois. 
Elle a comme objectif d’obtenir que PKP soit le seul candidat. En somme, elle propose, comme j’expliquais dans mon blog précédent, qu’il soit choisi par le caucus des 29 députés et que cette décision soit soumise à un scrutin par lequel tous les membres du parti seraient appelés à lui manifester leur confiance par un « oui » ou un « non ».
Drôle de façon de choisir un chef pour le PQ qui a toujours été le parti le plus démocratique du Québec. Celui des débats, des résolutions, du respect de toutes les opinions, de l’égalité de tous les membres, des droits de chacun.
Pour atteindre son objectif, elle cherche à convaincre les péquistes, par ses éditoriaux, des qualités de PKP, mais par contre elle s’acharne contre les ex-ministres ou députés qui ont signifié leur intérêt pour briguer les suffrages du leadership.
Parmi ces derniers, il y a :
Bernard Drainville, député depuis 2007, ministre du gouvernement Marois.  responsable des institutions démocratiques et du débat sur la charte des valeurs québécoises. Il a un baccalauréat en sciences politiques de l’Université d’Ottawa, une maîtrise en relations internationales du London School of Economics. Sa carrière à Radio-Canada a duré 18 années où il a  œuvré sur le plan municipal, provincial, fédéral et même international. Il a 51 ans.
Jean-François Lisée, députée depuis 2012, ministre de Pauline Marois au titre des Relations internationales et du Commerce Extérieur. Il une licence en droit. une maîtrise en communications de l’UQAM et un diplôme en journalisme du Centre de formation des journalistes de Paris. Il a été correspondant à Paris et Washington pour des médias montréalais et collaborateur à la revue Actualité. Conseiller des premier ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, il est devenu chef de la direction du Centre d’Études et de recherches internationales de l’U de M. Il a 56 ans.
Martine Ouellet, député depuis 2010, ministre des Ressources naturelles durant deux ans à partir de 2012. Ingénieure en mécanique, diplômée de l’université McGill en 1992, elle a ajouté à ses connaissances un MBA des HEC de Montréal. Elle a fait carrière à l’Hydro-Québec à des postes de plus en plus importants et prépara, entre autres, un document « la politique nationale de l’eau » qui fut adopté par le ministère de l’environnement du Québec. Parallèlement à son travail elle s’engagea dans plusieurs organisations communautaires et politiques jusqu’à son élection comme député. Elle a 45 ans.
Alexandre Cloutier, député depuis 2007, ministre du gouvernement Marois au poste de délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, avocat constitutionnel et administratif, il a été clerc d’un juge de la cour suprême du Canada et chargé de cours à l’université d’Ottawa. Il détient un baccalauréat en droit de l’Université d’Ottawa, une maîtrise en droit constitutionnel de l’U de M, une maîtrise en droit international de l’université de Cambridge et un doctorat en droit constitutionnel de l’Université Laval. Il a 37 ans.
Jean-Martin Aussant a été député de 2008 à 2012. Il a fait des études en économie des affaires au Aston Business School d’Angleterre. Il a obtenu un MBA de l’Université Laval, une maîtrise en sciences économiques de l’U de M et un doctorat en analyses économiques de l’université de Barcelone. Il commença sa vie professionnelle chez Morgan Stanley Capital International/Barra à Londres. Puis il revint au Québec pour s’engager en politique. Comme député, il quitte les rangs du PQ sur une question de principe et crée un nouveau parti « Option Nationale ». Puis MSCB lui propose de les rejoindre à nouveau. Il accepte, démissionne comme député et il part travailler à Londres. Il est âgé de 44 ans.
Comme on peut le juger, ces cinq candidats potentiels ont une très bonne éducation et ont rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie. Le PQ n’est pas à court de bons candidats. Il est raisonnable qu’ils veuillent continuer à servir le Québec et ambitionnent de diriger sa destinée.  
Pourtant, la direction de Vigile les qualifie de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Elle continue : « L’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ». « S’il fallait qu’ils se placent en travers de la volonté populaire (?)…. ils seraient les premiers à en pâtir ».
La direction de Vigile estime nécessaire « de faire l’économie de débats désormais futiles et de divisions inutiles qui ne feraient qu’affaiblir le parti. « Tout autre issue serait carrément suicidaire », estime-t-elle, « tant pour le parti que pour les personnes concernées ». 
« L’intérêt supérieur (?) du Québec exigerait que les députés du PQ se rallient au candidat le plus fort et soumettent cette candidature au plébiscite des membres de façon à donner au nouveau chef la légitimité démocratique requise ! »  

Puis pour mettre la crème sur le gâteau, la direction sort son argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
Tout cela me semble totalement irréel, ridicule, injuste et ne correspond pas à l’intérêt du PQ ni du Québec. Surtout pour un parti foncièrement démocratique comme le Parti Québécois avec des membres profondément convaincus et aux options politiques variées.
Je ne connais pas de congrès au leadership d’un parti, du passé, à Québec ou à Ottawa qui ait nui au parti. Au contraire, après le résultat final, le parti et son nouveau chef grimpent dans les sondages. Un tel congrès donne l’occasion à tous les candidats de bien se faire connaître de la population à tel point que ceux qui sont défaits deviennent des vedettes positives pour l’avenir. Quant au parti, il gagne en prestige suite à un congrès bien organisé même si la bataille a été très engagée entre les candidats.
La direction de Vigile en utilisant avec un ton arrogant des qualificatifs négatifs contre les aspirants au leadership péquiste, en les insultant, ne fait qu’alimenter les braises de discorde dans le parti.  
J’ai été co-président du congrès de leadership du parti progressiste conservateur qui a choisi Brian Mulroney. Je connais bien les bienfaits que peut rapporter un tel évènement pour un parti politique, s’il est bien organisé.
Le Québec mérite que le PQ présente un bon congrès, juste et équitable pour choisir son prochain chef. Que chacun ait sa chance de se faire valoir. Si PKP est vraiment le meilleur, il sera choisi. Mais qu’il « gagne ses épaulettes » sans piler sur les pieds des autres.
Claude Dupras

Ps. Le PQ vient tout juste de confirmer que le nouveau chef sera choisi par les membres du parti. C’est bien, mais il lui faudra être vigilant pour s’assurer que ce qui est décrit dans ce billet ne se concrétise pas.  
Que Vigile cesse de chercher à imposer PKP en ne respectant pas les autres candidats. Ce site internet est celui de tous ses nombreux collaborateurs séparatistes/souverainistes/indépendantistes et autres. Qu’il devienne objectif et permette à chacun de prendre sa place.

lundi 28 avril 2014

Le Carré St-Laurent à Montréal, un projet à revoir

Le nouveau gouvernement du Québec du premier ministre (PM) Philippe Couillard, aura à revoir, dans un premier temps, la pléiade de projets annoncés par l’ex-PM Marois avant qu’elle ne déclenche prématurément l’élection générale du 7 avril dernier, qui lui a été fatale. Ces projets sont-ils vraiment nécessaires, aideront-il l’économie, sont-ils financièrement solides, essentiels, rentables, utiles… ? Plusieurs partisans libéraux diront qu’ils ont été mis de l’avant pour ajouter aux chances de la PM de gagner une majorité parlementaire pour son parti. C’est possible, mais je ne crois pas que ce fut le cas pour tous les projets. Cependant, quelques-uns m’intriguent car j’y vois une intervention politique démesurée qui ressemble davantage à du patronage politique qu’à une décision bien réfléchie et pesée. Parmi ceux-là, le plus évident me semble être le projet immobilier « Carré Saint-Laurent » (CStL) dans l’est de Montréal.

Le projet est localisé dans un quadrilatère formé par la rue St-Laurent qui le borde à l’est jusqu'au théâtre Monument National au sud, à l’ouest par la rue Clark et au nord par la rue Ste-Catherine est. Il aura 10-12 étages et sera d’occupation multiple dont 3 700 m2 pour un marché d’alimentation et des services de restauration, de brasseries, de cafés…. au R-de-C; 3 200 m2 réservés au domaine culturel au 1er étage; 14 000 m2 d’espaces à bureau répartis sur huit étages où logeront 700 fonctionnaires des ministères des affaires internationales, finances et justice. Le reste de l’espace, 26 550 m2 au nord du bâtiment sur 12 étages, sera occupé par 150 logements en copropriété divise pour une moyenne de 177 m2 par logement alors que la moyenne actuelle à Montréal est de 100 m2 par logement. Il n’y aura aucun logement social.

Les façades devront inclure la reconstruction, en partie, des murs existants de pierres à bossage. Cette incongruité farfelue devient un défi architectural et coûteux. De plus, le Cabaret Café Cléopâtre, club de strip-teaseuses où les habitués, depuis des décennies, prenaient le temps d’admirer des femmes séduisantes offrant des spectacles érotiques, sera maintenu. Ridicule !

Les habitations doivent être livrées en 2016 et les bureaux en 2018.

C’est un projet de 160 000 000$ dans le domaine immobilier qui normalement est du ressort de l’entreprise privée et qui va coûter plus cher au m2 que tout projet de même nature en construction à Montréal. Comme ingénieur qui a passé sa vie professionnelle dans le domaine de la construction de bâtiments, j’en ai le frisson.

Ce projet a été décidé sous l’impulsion de l’ex-ministre Jean-François Lisée avec comme prétexte qu’il « revitalisera le boulevard (rue) St-Laurent de façon significative et durable ». Il sera porteur et attirera d’autres investisseurs » disait-il. Malheureusement, l’optimisme de l’ex-ministre n’est appuyé par aucune expérience ni connaissance de sa part dans le domaine immobilier. Son affirmation à l’effet que ce projet fera boule de neige est au mieux un « rêve en couleurs » et n’est basé que sur ses fantaisies auxquelles il a donné cours.

En 1962, la construction de l’édifice d’Hydro-Québec (HQ) près du boulevard St-Laurent et, en 1969, de la tour Radio-Canada par Ottawa dans l’est de Montréal devait assurer la relance de la ville et de la rue Ste-Catherine dans l’est. Il n’en fut rien puisqu’elle n’a pas eu l’effet d’entraînement que les gouvernements avaient escompté.

Les fonctionnaires qui déménageront au CStL sont actuellement très bien installées dans des locaux de qualité au Centre de Commerce Mondial (CCM), une propriété de la Caisse de dépôts et placements du Québec. Ils quitteront leurs locaux avant la terminaison des baux pour se reloger au CStL. En somme, selon un observateur averti, « le gouvernement pige dans le « bas de laine » des québécois pour payer plus cher de loyer dans un projet instigué par des amis du parti ».

En effet, le gouvernement a conclu un bail de location de 14 000 m2 de bureaux et a accepté de débourser 2 500 000$ de plus par année, une hausse de 45% sur ses frais de loyers futurs. L’engagement gouvernemental durera 25 ans et se chiffre à près de 60 millions $. « Décision politique » de dire Lisée « c’est le prix à payer pour revitaliser la rue St-Laurent » et qui ajoute « il n’aura aucun impact sur les finances publiques ». Faux. Ce n’est que de la respiration artificielle politique qui augmentera davantage le déficit annuel du Québec et son surendettement.

Les agences immobilières indiquent que de plus en plus, le marché de location de bureaux à Montréal sera favorable aux locataires pour les prochaines années. Les locataires importants, comme le gouvernement du Québec, seront bien placés pour négocier des taux de location très avantageux au renouvellement de leurs baux. En somme, dans deux ans, à la fin du bail au CCM, Québec pourrait obtenir un loyer inférieur à celui prévu aujourd’hui. La différence réelle entre le prix qui sera payé pour 25 ans au CStL et le coût au CCM ou ailleurs sera encore plus grande.

Quant aux condos, le marché montréalais est très actif et de nombreuses tours de plus de 40 étages de condos sont en construction au centre-ville sans compter tous les autres projets dont celui du quartier Griffintown, à proximité du centre-ville. Cette offre d’un grand nombre de nouveaux logements à copropriété divise montre quelques signes d’essoufflement qui favoriseront la baisse des coûts d’achat, selon la Société Canadienne d’Hypothèques et de Logement. C’est contraire aux projections financières du CStL. De plus, qui voudra vivre près de l’ancien « red-light district » alors qu’il aura l’opportunité d’emménager là où la qualité de vie environnante est clairement supérieure.

C’est de toute évidence une très mauvaise affaire qu’a fait le gouvernement québécois. Une affaire qui sent le patronage et le favoritisme à plein nez. Le gouvernement semble n’avoir rien appris de ses politiques erronées lors du développement de la Cité du multimédia. « Il payait à coup de crédits d’impôts (l’argent du gouvernement) le déménagement d’emplois existants ». Le ridicule est vite devenu une erreur magistrale.

C’est la société de développement Angus (SDA), une « entreprise d’économie sociale », selon Lisée, qui a mis la main sur le terrain avec de l’argent public, et qui est le maître d’œuvre. Aujourd’hui, la valeur du terrain est moindre. Comme toujours, SDA mise sur l’apport de fonds publics importants pour réaliser son projet. Christian Yaccarini en est le promoteur. Dans le passé, le syndicat ouvrier CSN a financé la SDA. En 2009, cette dernière avait tenté de réaliser un premier projet de bureaux en collaboration avec HQ. Mais après études sérieuses, l’HQ se retira du dossier.

Sans le contrat de location du Gouvernement québécois, le projet CStL ne pourra probablement pas se réaliser actuellement. Les vrais promoteurs qui s’y connaissent en développement immobilier hésitent, pour le moment, à investir dans ce secteur de Montréal. Mais, avec un généreux bail garanti par le gouvernement pour 25 ans, tel qu’offert à la SDA, ils auraient sauté sur l’occasion. Voilà ce qui est inéquitable.

Ce « deal » n’a pas été accordé suite à une demande de soumissions publiques. Il a été négocié de gré à gré avec Yaccarini. La Presse rapportait que ce dernier a contribué aux partis politiques provinciaux. Depuis 2000, il a donné 21 695 $ au PQ, trois fois plus qu’au parti libéral. Il affirma, le jour de l’annonce du projet, « je suis souverainiste, mais convictions sont connues ». Ce promoteur a aussi souligné qu’il était appuyé fortement par André Lavallée, bras droit de Lisée, adepte du Parti Québécois.

Qu’un individu appuie un parti politique est une bonne chose et j’ai toujours encouragé mes amis et autres à s’engager activement en politique. Mais, de là, à profiter de la situation pour obtenir des avantages qui normalement doivent être alloués suite à des soumissions publiques, c’est inacceptable. Tous les promoteurs ou entrepreneurs du Québec en mesure de réaliser un tel projet auraient dû avoir l’opportunité de soumissionner pour l’obtenir. Avec une telle occasion en « or », les Québécois auraient bénéficié d’une compétition saine et les coûts pour le gouvernement auraient été sûrement plus bas.

Dans les circonstances financières actuelles du Québec, notre gouvernement ne peut imposer une construction de bâtiments d’espaces de locations dans l’espoir qu’elle fera « boule de neige ». Lisée chercha à la justifier au nom du « Quartier des spectacles », malgré que ce dernier n’a pas un besoin criant d’un tel projet. Tout semble bien artificiel. Comme des architectes-urbanistes et des promoteurs qui ont analysé ce projet, je pense que cette initiative politique onéreuse s’infiltre inutilement dans le domaine de l’investissement privé et n’apporte pas beaucoup au développement de Montréal.

À mon avis, ce projet doit être annulé. Mais, si le nouveau gouvernement l’estime nécessaire, ce dont je doute puisqu’il n’a aucun besoin d’espaces de locations nouveaux pour y loger ses fonctionnaires, qu’il annule les ententes Lisée-Québec-SDA. Puis, qu’il lance un appel d’offres publiques aux promoteurs immobiliers du Québec, après avoir revu le programme fonctionnel et technique du projet. Qu’il demande à SDA d’offrir le terrain en vente ou en location aux soumissionnaires. Que l’offre de location d’espaces à bureaux gouvernementaux soit offerte à tous et qu’il obtienne un coût de bail des soumissionnaires et leurs solutions pour le développement de ce quadrilatère. SDA, qui a déjà son plan, pourra soumissionner comme les autres. Ainsi les Québécois bénéficieront de la compétition et justice sera rendue à tous ceux qui ont la possibilité de s’impliquer dans un tel projet. Si SDA refuse de collaborer, eh bien que le gouvernement se retire !

Claude Dupras

vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

lundi 31 mars 2014

« On va leur faire peur »

Après un début de campagne désastreux durant lequel le Parti Québécois (PQ) a vu ses espoirs d’un gouvernement majoritaire fondre comme neige au soleil alors que les Québécois réalisaient qu’un gouvernement majoritaire PQ leur imposerait un nouveau référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien, les stratèges péquistes réalisant la gravité de la situation se sont rencontrés d’urgence pour déterminer une stratégie capable de replacer leurs chances d’atteindre leur objectif initial.

Un premier organisateur a dit : « Il faut cesser de parler de pays, c’est mal compris ».

Un deuxième d’ajouter : « Oui, ça met trop en évidence notre stratégie de tenir un référendum dans le mandat, trop n’en veulent pas et les maudits fédéralistes en profitent pour en ajouter… ».

Un troisième continue : « on aurait dû contrôler le discours de Péladeau (PKP). Il faut cesser de parler de pays. Idéalement, y faudrait que Pauline dise fort, tout de suite, qu’il n’y en aura pas de référendum dans le mandat. Ça fermerait la gueule aux rouges ».

Un autre plus réaliste de conclure : « Non, non, on peut pas faire ça. Ça va mettre les « purs et durs » en maudit. Y faut qu’elle dise qu’a reconnait que les Québécois sont contre et trouve moyen de paraître qu’a change pas d’idée. Sans ça, a va perdre sa crédibilité… Y faut surtout changer de sujet. Au plus vite. Nous devons reprendre la pole. Sans ça, on risque d’avoir mal… Que faire ? ».

Unanimement, ils ont tous lancé : « il faut revenir à la charte ».

Le premier de rappeler : « oui, avec la charte on naviguait bien, les eaux n’étaient pas troubles. Les gens étaient de notre bord parce qu’on a touché une de leurs cordes sensibles. Y faut recentrer le débat sur la charte ».

Le deuxième reprend : « Ouais, mais si on manque notre coup, on est foutu. Pauline devrait d’abord revenir sur l’intégrité pour essayer de retrouver les effets de la Commission Charbonneau, pis après on finira la campagne avec la charte ».

« Oui, Oui.. » ajoute le troisième « Y faut rattacher Couillard à la Commission, à Charest pis au parti libéral d’avant. Pis après, on va le coller solide aux musulmans parce qu’y a travaillé en Arabie Saoudite. Avec ça, le monde va avoir peur ».

Le quatrième de conclure : « Ouais, ça serait une bonne transition. Pis on, ramène Drainville. Ça va le calmer parce qu’yé un peu en maudit qu’on parle pas de lui ! Pis on terminera fort avec Mme Bertrand et ses Janettes. Sans oublier la Mailloux qui en met toujours épais. Oui, on va leur faire peur. D’accord ? ».

Un « d’accord » retentit à l’unisson.

C’est ainsi que je m’imagine la rencontre des stratèges politiques de la PM Marois après sa première semaine désastreuse en campagne.

Depuis, Marois a répété et répété « Il n’y en aura pas de référendum… si les Québécois sont contre ». En somme, elle répète et répète la même chose mais avec plus d’accent sur « pas de référendum ». Pas vraiment crédible !

Puis, on a blâmé Couillard de tous les péchés de l’ère Charest même s’il n’était pas membre du gouvernement libéral depuis juin 2008.

Et, enfin, nous sommes dans la période de la « charte de valeurs québécoises », proposée par le PQ, qui n’a pas été adoptée avant l’élection, malgré la volonté des trois partis de l’opposition de trouver un compromis. Marois a refusé car elle y voyait le moyen d’obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale.

La campagne électorale est dans le dernier droit et le débat est principalement concentré sur la charte. Et y on entend des mûres et des pas mûres.

Janette Bertrand, grande idole de télé, aujourd’hui à sa retraite, ne cesse de répéter des sornettes impensables qui démontrent parfaitement la fausseté et le ridicule du débat. Le problème est que la PM Marois est à ses côtés et ne bronche pas devant les idioties que Madame Bertrand ne cesse de répéter. Elle l’invite même dans son autobus de campagne, et ensemble elles vont de réunion en réunion, et partout Mme Bertrand continue ses élucubrations. Ainsi, elle affirme qu’elle ne veut pas être traité par une femme médecin avec un hijab, « car » dit-elle « elle craint de recevoir des soins de qualité inférieure aux standards québécois. J’ai peur, car je me dis, que dans leur religion, ces femmes ne sont pas aussi bien traitées que les hommes et que les vieux meurent plus vite ».

À Laval, cette semaine, Madame Bertrand a émis un autre argument « percutant ». « J’étais dans la piscine de mon édifice à appartement pour mes exercices quotidiens et deux hommes sont arrivés. Voyant les femmes, ils sont partis. Je suppose qu’ils sont allés voir le propriétaire, qui aime bien les étudiants riches de McGill, pour lui dire : ‘nous voulons seulement une journée’. Ils paient et bientôt ils auront la piscine tout le temps pour eux. Nous avons peur et c’est ce qui va arriver si nous n’avons pas de charte ». Ouf ! Cela n’a aucun rapport avec la charte qui ne s’appliquera que pour le gouvernement. Que dire de tant de racisme aussi évident que ridicule ?

Devant les critiques fusant de toute part sur les propos de Mme Bertrand et l’appui public que lui donne la PM Marois, le ministre JF Lisée explique qu’il faut lui pardonner parce qu’ « elle est vieille ». Belle insulte pour les personnes âgées ! Et si elle est ainsi, pourquoi Marois l’a-t-elle invitée à participer avec elle dans la campagne électorale et ne cesse de la féliciter ?

Je ne suis pas surpris de tels scénarios de peur car depuis le début du débat sur la charte, les péquistes ne cessent de l’alimenter d’arguments fallacieux. Par exemple, le ministre Drainville, lui-même, a argumenté qu’un québécois musulman refuserait d’être traité par une infirmière portant un voile et que cela est une bonne raison pour abolir le voile au Québec dans les services publics. Je ne suis pas où il l’a trouvé celui-là !

Puis, il y a Louise Mailloux, candidate péquiste contre la chef de Québec Solidaire dans son comté de Gouin. Professeur de philosophie, elle a signé le document des « Janette » en faveur de la « charte ». Elle est contre toute religion et compare le baptême et la circoncision à un viol. Elle affirme hautement que les produits Kosher et Halal sont un « racket » car ils enrichissent les rabbins et les imans qui, avec leurs profits, alimentent les fonds de guerres religieuses. C’est la PM Marois qui l’a personnellement choisie pour représenter son parti. Incroyable !

Quant à la candidate péquiste dans le comté de Laviolette, elle affirme que la prière des musulmans devient un poids pour notre économie. Elle devient un droit acquis et crée des problèmes économiques et sociaux. La charte, pour elle arrêtera la prière du Vendredi des musulmans. Que dire devant de telles singeries qui se répètent partout au Québec ?

Oui, la campagne du PQ « On va leur faire peur » bat son plein. Il est temps que ça cesse, si on veut pouvoir se regarder dans le miroir le lendemain des élections et ne pas avoir honte !

Claude Dupras

lundi 24 mars 2014

Une stratégie électorale axée sur la peur, le mensonge et le "salissage"

Drôle de campagne électorale que celle que nous vivons au Québec cette année. Le Parti Québécois (PQ) au pouvoir, minoritaire, a déclenché une élection générale sans avoir perdu un vote important à l’Assemblée Nationale. Élu de peine pour un mandat de quatre ans, il y a près de dix-huit mois, il se retrouvait en difficulté dans les sondages il y a un an. Il a eu alors la brillante idée de créer un débat sur l’identité québécoise en proposant une charte des « valeurs québécoises ». Ce fut un coup de maître. Le PQ grimpa subitement dans les sondages au point que la PM Pauline Marois y a vu l’opportunité de déclencher une élection rapide afin de profiter de l’opinion populaire favorable du moment, nonobstant le fait qu’elle ait fait voter à l’Assemblée Nationale une loi fixant la tenue d’élections générales à tous les quatre ans, pour éviter des cas similaires du passé. La date de la prochaine élection était déjà fixée, mais la PM a décidé de ne pas en tenir compte préférant renier sa propre loi dans l’intérêt électoral de son parti.

Le débat sur la charte a démontré clairement que les Québécois sont fortement divisés sur la question, mais une majorité demeure favorable. Un récent sondage a indiqué pourquoi. Un grand nombre de francophones craignent les musulmans, les sikhs, les juifs et d’autres nationalités. Ils ont peur de la différence, de la société plurielle.. Et cela, même si les populations de ces groupes ethniques ont toujours agi correctement et n’ont jamais suscité de problème majeur. Pourtant de nombreux ex-PM, ex-ministres, ex-députés, recteurs d’universités, maires dont celui de Montréal, chercheurs, sociologues, etc.. plus les chefs des trois autres partis politiques du Québec, se sont prononcés publiquement pour s’objecter à la charte ou à une de ses parties. Face à ces complaintes, le gouvernement n’a changé que le nom de la charte, plusieurs fois. Aujourd’hui, le nom utilisé par la PM dans la campagne électorale est « la charte de laïcité ».

Les sondages internes du PQ soulignent la division profonde de la société québécoise. Ils indiquent, tout comme les sondages récents des journaux, que ceux qui l’appuient sont en grande partie des gens qui ont peur de l’autre, peur des étrangers, peur de leur habillement, tels un foulard, un turban, une kippa… Une peur irraisonnée et irraisonnable. Les autres partis politiques à l’Assemblée Nationale, ressentant ce malaise et pensant à l’intérêt général, ont voulu que le débat-diviseur cesse. Ils ont proposé des ajustements et des compromis à la loi 60 sur la charte afin qu’elle puisse être ratifiée unanimement. La PM a refusé et a déclenché l’élection sur la foi que la peur ferait son œuvre chez la population francophone. Elle a misé que cette peur continuerait à travailler pour elle afin qu’elle puisse se maintenir à la tête des sondages et gagner un gouvernement majoritaire. Au lieu d’agir en dirigeant responsable qui doit s’assurer d’éviter que des crises graves s’installent entre des groupes de la société, elle ne l’a pas fait par intérêt personnel politique.

Le parti Québécois est un parti démocratique dédié principalement à la séparation du Québec du Canada, comme l’indique clairement l’article 1 de sa constitution. Au dernier congrès du parti, la PM Marois a déclaré « nous l’aurons notre pays ». Depuis son élection au pouvoir, la PM et les ministres ont répété souventes fois des déclarations similaires. Son candidat-vedette, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau (PKP), a fait le gros saut en déclarant qu’il était là pour faire un pays et que c’était sa motivation la plus profonde, le poing levé. Cela allait dans le même sens que ce qu’on entend et lit depuis que les péquistes sont au pouvoir. En obtenant une majorité à l’Assemblée Nationale, ils sont convaincus qu’ils pourront faire le pays parce que, disent-ils, « la conjoncture est favorable ». Pour eux, c’est clair, c’est net, c’est précis.

J’ai toujours eu de l’admiration pour des gens convaincus, même si je ne partageais pas leurs points de vue. Les meilleurs débats en découlèrent. Le malheur pour la PM Marois est qu’elle a voulu cacher son jeu. Depuis que les Québécois l’ont découvert, le PQ coule dans les sondages au point que les libéraux ont actuellement une avance de plus de 6 points (je ne tiens pas compte du récent sondage de Forum Research qui place le parti libéral encore plus haut car je ne crois pas dans la crédibilité de son travail au Québec).

La PM Marois reconnait ses problèmes et a changé de discours. Elle dit maintenant avec insistance qu’ « il n’y aura pas de référendum mais… ce n’est pas certain » et ajoute « ce qui compte c’est l’économie et la charte ». En plus, voyant que même ces derniers arguments accrochent difficilement, elle s’abaisse à dénigrer la personne du chef libéral et son parti. Il est clair que son discours ne tient compte que de la température politique. Elle dit n’importe quoi, face aux sondages défavorables, pour retrouver sa crédibilité. Sa stratégie électorale est en désordre. Une preuve additionnelle, au même moment ses ministres continuent à parler de référendum. Par exemple, le ministre J.F. Lisée vient tout juste de déclarer devant les étudiants de l’Université de Montréal que le référendum se fera le plus rapidement possible.

Ailleurs, l’ex-Ministre péquiste Rodrigue Tremblay, professeur émérite de l’Université de Montréal, reconnu pour sa perspicacité politique et qui connait les intentions réelles de la PM, la supplie :

Madame Marois, s.v.p. réveillez-vous ! Fermez la porte au plus sacrant à un référendum lors de votre prochain mandat et clouez le bec à vos adversaires. Mais, vous n’avez pas une éternité pour le faire. Seulement un jour ou deux. De grâce, n’attendez pas de le faire à quelques jours de votre prochain débat public, jeudi le 27 mars ; il sera sans doute trop tard. Coupez l’herbe sous le pied de vos adversaires, dès maintenant.

Voici ce que je vous suggère de dire clairement : « … je prends aujourd’hui l’engagement ferme qu’il n’y aura pas de référendum de cette nature au cours d’un second mandat du gouvernement que je dirigerai ».


D’autres, des penseurs et des blogueurs péquistes, comme le célèbre JC Pomerleau, abondent dans le même sens que Tremblay.

Cela indique quoi ? Que ceux parmi eux qui connaissent la politique, jugent que l’allure de la campagne électorale les mène vers la perte du pouvoir du PQ. Leur cri en est un de désespoir puisqu’ils sont prêts à sacrifier la tenue d’un référendum pour demeurer aux affaires. Ils argumentent que dans les circonstances, la meilleure stratégie pour leur parti est de bien administrer le Québec et de convaincre les Québécois sur le long terme que la séparation du Canada leur sera profitable.

Depuis le lancement de l’élection, il me semble clair que la PM Marois ne dit pas la vérité sur la question d’un référendum et profite de la peur chez certains Québécois pour gagner l’élection. De plus, ses propres supporteurs lui prédisent la défaite si elle ne se ressaisit pas. Elle semble prise dans une souricière. Si elle va dans le sens de Tremblay et accepte de faire la déclaration proposée, elle aura l’air de quoi ? Comment les Québécois pourront-ils réélire une personne qui joue ainsi avec sa crédibilité ? Si elle persiste dans sa voie actuelle, son sort semble scellé ! C’est le fruit d’une mauvaise stratégie.

Claude Dupras

Ps. Par contre, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Les députés (tous partis confondus) de près de 50 comtés sont certains d’être élus nonobstant les sondages. Ils sont de bons députés et reconnus comme tels par leurs commettants. De plus, l’avance (si elle est réelle) du parti libéral, selon les sondeurs, est fragile. Tout peut arriver !


samedi 22 juin 2013

La Commission Charbonneau, pourquoi pas à huis clos ?

Le 13 mai 2009, mon expérience d’ingénieur me dicta un blog intitulé « Des prix de fous ». J’y dénonçais « la flambée des prix de la construction du métro à Laval, de l’autoroute Ville-Marie, des garages pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal, du contrat des compteurs d’eau de Montréal, pour ne mentionner que ceux-là » et j’ajoutais : « Que se passe-t-il ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ?»

En octobre 2009, le gouvernement du Québec créa l'Opération Marteau, avec la collaboration de la Sûreté du Québec et du Service de police de Montréal, afin d’enquêter sur les crimes économiques au Québec. Au même moment, le ministère des affaires municipales mit-sur-pied une équipe de vérification, Revenu Québec créa une escouade de lutte contre la malversation et la corruption, le ministère des Transports y alla d’une unité anti-collusion, la Régie du bâtiment du Québec forma un groupe d’enquêteurs dédiés aux problèmes de collusion et la Commission de la construction du Québec créa une bande d’inspecteurs spéciaux.

Puis vint, en février 2011, la création de l'Unité Permanente Anti Corruption (UPAC), visant à lutter contre le trafic d'influence, la corruption et la collusion. Elle doit aussi coordonner les efforts de Marteau et des autres escouades, unités, groupes et bandes déjà mis-en-place dans le gouvernement. La structure de L’UPAC s’inspira du Departement of Investigation de New York créé par le maire Rudi Giuliani et qui régla le grave problème du crime dans la métropole américaine.

Mais cela ne satisfit pas l’opposition à l’Assemblée nationale. Pauline Marois et ses députés, avec l’ADQ, réclamaient en plus une Commission d’enquête publique. Ne la croyant plus nécessaire, le PM Charest hésita car il connaissait bien les coûts faramineux d’une telle enquête. Les péquistes l’accusèrent d’être animé par la crainte de voir son parti libéral éclaboussé. Finalement, face à une pression publique grandissante, Charest créa la Commission Charbonneau avec mandat de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.

À ce jour, Marteau a fait son travail, entre autres, par des d’arrestations importantes sur la rive-Nord de Montréal et celle du président du comité exécutif de Montréal en 2012. Elle a eu aussi un effet immédiat sur les « collusionnaires » qui, sur leur garde, soumettent depuis 2009, des prix à la baisse pour les travaux publics. De son côté, l’UPAC a arrêté des dirigeants et ingénieurs du projet de l’hôpital universitaire McGill, émis des accusations de gangstérisme contre les dirigeants de ville Laval, arrêté le maire Applebaum, etc…

À constater tous ces résultats, plusieurs, comme Jean Charest au moment de sa décision, se demandent si la Commission Charbonneau est nécessaire même si ses audiences publiques sont intéressantes, captivantes et excitantes. Le « show » est bon. Mais est-ce nécessaire, utile ? Doit-elle continuer à agir ainsi ?

Une chose certaine, publique ou à huis clos, la Commission serait rendue au même point qu’aujourd’hui. Elle aurait interrogé les mêmes témoins et obtenu les mêmes réponses. Elle serait au même niveau de compréhension de ce qui s’est passé dans le domaine de la construction. Les témoins qui ont donné leurs dépositions à portes fermées ont sûrement dit des choses importantes et peut-être plus scandaleuses que ce qu’on a vu et entendu via la télé. Mais ce qui compte, c’est que tout ce qui a été dit a été enregistré et fait maintenant partie de la preuve. Les parties huis-clos n’ont pas nui au travail de la Commission.

C’est la démission du maire Applebaum qui m’a fait réagir. Ce jour là, j’ai pensé à l’ex-maire Gérald Tremblay. Suite à l’accusation par un témoin, déclaré plus tard non crédible, venu l’accuser publiquement de financement illégal à son parti, la PM Pauline Marois et son ministre Lisée ont réclamé sa démission. Tremblay, homme bien éduqué, pieux et bon, n’avait jamais durant toute sa longue carrière politique été accusé de quoi que ce soit. Réalisant qu’il n’était plus appuyé par le gouvernement du Québec, Tremblay démissionna, dans l’intérêt de Montréal. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la PM Marois et son ministre ont agi de façon irréfléchie avec une lâcheté scandaleuse et partisane. Donc, à cause de la Commission Charbonneau, l’honnête maire Tremblay a été remplacé par un maire qui, aujourd’hui, fait face à 14 chefs d'accusation de fraude, de complot, d'abus de confiance et d'actes de corruption dans les affaires municipales.

Il y a aussi le cas de l’ex-ministre péquiste Guy Chevrette qui fut accusé par un organisateur politique libéral d’avoir reçu un pot-de-vin via un ami avocat. Chevrette, à la carrière politique sans tache, a demandé de s’expliquer devant la Commission. Celle-ci a refusé, laissant ainsi les dires de l’organisateur véreux flotter dans les esprits québécois. Il en est de même pour des dizaines d’autres personnes dont l’honneur et la dignité ont été atteints injustement par des affronts et des injures de témoins.

On se rappellera la révélation de centaines de noms de personnes qui participaient à des lunchs au club privé 357c de Montréal. J’entends encore les avocats demandant aux témoins: « donner nous des noms, des noms… ». Et cette façon de faire a été répétée en plusieurs occasions. Devenue publique, chaque personne dont le nom a été mentionné devenait accusée par association même si, souventes fois, elle n’avait rien à voir avec les affaires de la Commission.

À ces critiques, la présidente de la Commission a reconnu qu’il y avait des dommages collatéraux, mais que c’était comme ça… point final. Elle ne semble pas reconnaître qu’au tribunal de l’opinion publique, il n’y a pas de présomption d’innocence ni de culpabilité hors de tout doute raisonnable.

Afin que les dérapages injustes envers un trop grand nombre de personnes soient évités, j’estime que la Commission Charbonneau doit continuer son travail, mais à huis clos. Les buts visés par le gouvernement seront atteints et d’innombrables innocentes victimes seront épargnées.

Claude Dupras

dimanche 12 mai 2013

Le souffre-douleur montréalais

La démission du maire de Montréal Gérald Tremblay fut émotionnelle et difficile pour lui. Plusieurs témoins à la Commission d’enquête Charbonneau avaient entaché indélébilement sa réputation au point qu’une bonne partie de la population était devenue embarrassée de le voir à la tête de la ville.

Le gouvernement du Québec, qui aime suivre le vent, se transforma en arnaqueur de la démocratie montréalaise et l’encouragea à renier les responsabilités que le peuple de Montréal lui avait confiées. Cet homme émotif, toujours accessible et réceptif, fut touché droit au cœur par le manque de soutien du gouvernement. À contrecœur, il tira sa révérence et sortit la tête basse de la vie publique, alors qu’il méritait de la tenir haute jusqu’à la fin de son mandat.

Gérald Tremblay arriva à la mairie de Montréal au moment où la ville avait à faire face aux plus grands défis structurels de son histoire. Même plus importants que ceux de l’ex-maire Jean Drapeau qui avait réussi à faire abolir les classes de conseillers municipaux A, B et C dans les années ’60.

Les 28 municipalités de l’île de Montréal s’apprêtaient à s’unir en une ville. Tremblay travailla ardemment pour cet objectif qui fut atteint. La structure organisationnelle de Montréal devait être refaite et un travail gigantesque, herculéen et d’une grande complexité attendait le nouveau maire.

En plus, Tremblay devait bien étudier, analyser des documents et des projets en vue de réunions du comité exécutif, du conseil municipal, de la mairie de l’arrondissement Ville-Marie (où il était aussi maire) et de l’agglomération montréalaise. À celles-ci s’additionnaient de multiples rencontres et des participations à des évènements de toutes sortes, locaux, provinciaux, nationaux et internationaux, où il représentait les Montréalais. Il devait aussi recevoir à l’hôtel de ville tous les personnages importants qui se présentaient à la mairie pour offrir leurs hommages, où en recevoir, et signer le livre d’or, tels : chefs d’états, ambassadeurs, consuls, équipes sportives, artistes, hommes et femmes politiques, etc… Il devait être à l’écoute des doléances particulières d’investisseurs, de promoteurs, de chefs d’entreprises, de syndiqués, et encore... Cette liste, non-exhaustive, démontre le grand nombre d’activités du maire de Montréal qui lui requièrent beaucoup de temps.

Alors que la ville unifiée prenait enfin ses premiers ébats sérieux, voilà que deux ans plus tard le gouvernement vota une nouvelle loi donnant aux villes fusionnées la possibilité de se dé-fusionner. Quinze choisirent de partir. Montréal dut alors être réorganisée et le maire Tremblay se remit à la tâche pour repenser la nouvelle structure, la définir et la mettre en marche. Encore une fois du très gros boulot.

À sa première élection, le maire Tremblay créa un parti politique Union-Montréal, une coalition hétéroclite de politiciens des banlieues dont le maire de St-Léonard, Frank Zampino, comptable agréé. À ce moment-là, dans plusieurs milieux, on doutait de la probité de l’administration de St-Léonard.

Homme d’équipe, le maire Tremblay, reconnaissant l’immense travail qui s’annonçait, décida que le prochain président de l’exécutif, son comité et le directeur général de la ville, se verraient confier les responsabilités de bien gérer la machine administrative de la ville de Montréal.

Homme d’une valeur exceptionnelle et d’une honnêteté légendaire, avocat à 20 ans, MBA d’Harvard Business School, professeur aux HEC, ex-président de la SDI, ex-député d’Outremont, ex-ministre de l’industrie du Commerce et de la Technologie, membre d’importants conseils d’administration dont l’Hydro-Québec et la Caisse de Dépôts et de Placements du Québec, homme dévoué à aider les jeunes promoteurs et leurs entreprises, nouveau maire de Montréal, Gérald Tremblay avait à choisir le nouveau président de l’exécutif et les membres de ce comité.

Aveuglé par on ne sait quoi, au point de ne pas être alerté par les rumeurs d’actions louches qui émanaient de l’administration Frank Zampino de la ville de Saint-Léonard et de l’entourage de celui-ci, Gérald Tremblay mit toute sa confiance dans ce dernier et le nomma au poste-clef de président. Ce fut là son erreur.

Depuis qu’il a quitté la ville, il mérite mieux que les blâmes que j’entends et le cynisme que je perçois de la part de trop de ses anciens commettants. Durant sa gouverne, nonobstant tous les scandales qui l’affligent et qui pointent vers Zampino et sa gang, la ville de Montréal s’est agrandie et a été transformée pour le mieux, dans d’innombrables domaines.

A son départ, il a affirmé : « Je ne vous ai jamais trahis ». Je le crois et je suis persuadé qu’avec le temps, les Montréalais et les Montréalaises reconnaîtront son mérite, particulièrement, au mois de juin prochain, lors de la tenue du Grand Prix du Canada à Montréal, évènement, parmi d’autres, qu’il a su récupérer pour sa ville.

Claude Dupras

vendredi 3 juin 2011

Les Québecois : pauvres ou riches ?

L’ex-ministre péquiste François Legault et démissionnaire du parti Québécois brasse la cage. Cet homme d’affaires, brillant et dynamique, devenu politicien avait co-fondé la compagnie de transport aérien Air Transat devenue fort importante avec son chiffre d'affaires de 1,3 milliard $ et ses 4 000 employés.

Legault, homme de vision, est préoccupé de l’avenir des Québécoises et des Québécois. Depuis son départ de la politique, il a réuni autour de lui dans une « Coalition pour l’avenir » plusieurs individus, penseurs, hommes d’affaires, professionnels et autres qui sont au fait des problèmes qui confrontent la société québécoise. Ils discutent et recherchent des solutions pratiques pouvant solidifier les fondements de notre société et proposer un plan d’action pour ce faire.

La Coalition est un mouvement apolitique. Pour elle, la relance du Québec passe par deux axes importants : le rétablissement de la confiance des Québécois dans leurs institutions publiques et la fin du débat indépendantistes/fédéralistes qui les divise. La Coalition dévoile ses propositions par volets. Après avoir présenté ses cahiers sur la santé et l’éducation, François Legault vient de déposer ses idées sur l’économie. Celui de la langue et de la culture suivra.

Le volet sur l’économie fait couler beaucoup d’encre et a engendré un des meilleurs débats de blogueurs que j’ai constatés depuis que j’écris mon blog, il y a déjà sept ans. Y participent, en plus de François Legault : le conseiller politique Jean-François Lisée, l’économiste Pierre Fortin, l’économiste Martin Coiteux, le journaliste Pierre Duhamel et des centaines d’internautes qui ajoutent leurs commentaires. On peut retrouver les liens pour tous ces blogueurs dans la liste des blogs que je recommande à mes lecteurs, à la droite de cette page.

Dans ce cahier économique, Legault et la Coalition proposent des idées pour rebâtir une économie de propriétaires, pour agir afin d’accroître la productivité, pour inciter la création de valeur et mettre fin à la spirale de l’endettement public.

Le débat a pris feu lorsque Legault a affirmé, pour décrire la situation actuelle au Québec, que « les Américains gagnent 45% de plus que les Québécois ». Lisée s’est vite levé pour dénoncer Legault, l’accusant d’affirmer « des statistiques fausses, erronées et trompeuses et de volontairement les utiliser à répétition ». Il ajouta « il est dommage qu’un homme de sa valeur… s’entête à tromper ainsi les citoyens ». « En fait », dit-il « ce sont les Québécois qui gagnent plus que les Américains ». Pourtant, Lisée admet ne rien connaître aux statistiques mais se fie à celles qu’il a demandées à l’économiste Pierre Fortin de fabriquer.

Lors d’un débat à la radio de 98,5FM à l’émission « puisqu’il faut se lever », où l’animateur Paul Arcand avait invité Lisée à débattre avec l’économiste Martin Coiteux, ce dernier a affirmé clairement que les chiffres qu’utilise Lisée « ne sont pas bons, sont incorrects » et lui a suggéré de « retourner à votre table de travail ». De plus, il a reproché à Lisée de répandre la rumeur que Legault veut briser le filet social, alors que jamais ce dernier n’en a parlé. Il a même affirmé le contraire.

Au lieu d’utiliser les données de l’OCDE, le PIB de chaque pays, comme le font tous les économistes, le couple Fortin-Lisée utilise des données de taux d’inflation urbains de Statistiques Canada alors qu’il sait que l’agence elle-même met en garde de ne pas les utiliser pour établir des comparaisons de coût entre les villes. De plus, Fortin et Lisée étêtent les chiffres en enlevant les plus hauts salariés (les riches) pour établir leurs propres statistiques.

Je suis surpris que l’économiste Pierre Fortin, professeur d'économie à l'UQAM, se prête à ce jeu, car il a été l’un des douze signataires du manifeste « Pour un Québec lucide » où il a affirmé que « le Québec court à sa perte s'il n'effectue pas un sérieux coup de barre économique et social ». C’est ce que propose Legault avec des propositions pratiques et réalistes.

Jean François Lisée est un homme intelligent, articulé, auteur et chroniqueur. Il a été le conseiller politique de deux premiers ministres péquistes québécois et demeure un ardent indépendantiste. Il jouit d’une influence certaine.

Lisée voit sûrement un danger politique en la personne de François Legault puisque de récents sondages placent ce dernier au pouvoir advenant une élection générale, alors qu’il n’a même pas de parti politique. Les Québécois ont soif de changement et ceux que propose la « Coalition pour l’avenir » de Legault leur plaisent. Ils ont confiance en cet homme simple, un peu timide, sérieux, passionné du Québec et qui veut aider notre société à se réorienter vers un avenir positif.

Cela explique la véhémence avec laquelle Lisée a attaqué François Legault. Lisée devrait être de la Coalition, mais non ! Il demeure un partisan politique, même s’il joue le chroniqueur objectif, et c’est avec cet œil qu’il juge les propositions de tous ceux qui veulent aider le Québec. « Si c’est bon pour le PQ, c’est bon, sinon c’est pas bon », est son slogan. Individus et idées sont dans le même sac. Et pour trouver des arguments pour étayer son point de vue, quel qu’il soit, il est un des meilleurs en ville.

C’est malheureux car Lisée pourrait contribuer grandement à un changement majeur au Québec. Mais, « que voulez-vous » comme disait un ancien premier ministre canadien, « la partisannerie rend aveugle ».

Claude Dupras