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jeudi 9 juin 2011

Au Québec, rien ne se fait… aujourd’hui ?

La chronique d’aujourd’hui de Réjean Tremblay, l’excellent et légendaire chroniqueur sportif de La Presse, offre matière à discussion. Intitulée « Un Casino 2 ? », elle compare le projet de l’amphithéâtre de Québec à celui qui fut rejeté, en 2006, pour la relocalisation du Casino de Montréal au bassin Peel du port de Montréal. Il en conclut que depuis les derniers 20 ans, rien ne se fait au Québec. En somme, il sous-entend que trop d’oppositions s’élèvent contre les projets importants et que les élus se plient devant les contestataires et n’approuvent pas les projets.

Les deux projets, Casino et Amphithéâtre, ne se comparent pas, sauf pour ceux qui ne voient dans de tels projets que du développement immobilier. À Québec, les citoyens se sont prononcée pour leur projet tandis qu'à Montréal, les citoyens étaient contre le leur.

En 2005, je me suis opposé fermement et j’ai fait campagne contre le projet de relocalisation du Casino. Finalement, ce sont les Montréalais, les Montréalaises et un grand nombre de groupements sociaux qui, par leurs argumentations et leurs actions, ont réussi à l’arrêter. Les citoyens de Montréal ont exprimé leur bon sens.

Réjean Tremblay blâme le PM Jean Charest de ne pas avoir appuyé le projet en se ralliant au vœu de la majorité des Montréalais des arrondissements où il devait être implanté. Le premier ministre a eu l’intelligence de comprendre que le développement de Montréal ne passait pas nécessairement par des projets de promoteurs dont le seul but est de faire « une piastre vite » sans tenir compte des effets à long terme sur la ville et sa population.

Le projet de la relocalisation du Casino avait été imaginé par la société Canderel. Cette dernière avait réussi à convaincre les dirigeants de Loto-Québec, propriétaire du Casino, de déménager leurs pénates d’un endroit pittoresque et isolé de l’île Notre-Dame à un quartier populaire de Montréal. Et cela, malgré que des centaines de millions de $ avaient été investis pour transformer les pavillons de France et du Québec de l’expo67 en un casino exceptionnel. Nonobstant cela, ces dirigeants, prétextant que les revenus du casino diminuaient (on n’en a jamais eu la preuve), ont sauté sur l’idée du promoteur de reconstruire un nouveau casino sur son site pensant ainsi respecter leur mandat qui est d’augmenter les revenus à tous les ans.

Et les milliers de joueurs invétérés qui ont développé la « maladie du jeu », à cause de la venue du Casino dans notre ville, qu’en faisait-on ? Et les pertes financières de ces joueurs qui affectent directement leurs proches, femme et enfants, qui en souffre profondément ? Les statistiques sont là, connues et confirmées par des rapports d’experts médicaux qui ont constaté le ravage que fait le jeu chez trop de personnes. On n’a qu’à constater l’affluence qui augmente, au Casino et chez Loto-Québec, le jour de l’arrivée des chèques de bien-être social dédiés aux besoins minimums des familles nécessiteuses, pour comprendre.

Il est quasi-impossible de fermer le casino, comme beaucoup de gens le réclament, mais il faut se battre pour en limiter les dégâts et empêcher qu’il devienne plus attrayant. Le Casino de Montréal devrait, entre autres, cesser toute publicité et tout octroi de contribution à des groupes sociaux dans le but d’attirer de nouveaux clients. Le Québec n’a pas besoin de cet argent sale pour survivre.

Canderel avait obtenu l’accord tacite du Cirque du Soleil. Cependant, les dirigeants de ce dernier avaient annoncé ne vouloir mettre aucun sou dans le construction du projet. On lui a fait miroiter l’utilisation d’une salle de 2 500 places spécialement conçue pour ses spectacles, comme celles de Las Vegas. Il aurait pu, ainsi, présenter un spectacle de cirque dans ce mégacomplexe, durant quelques mois à tous les ans. Cette salle évidemment devait être construite et payée par le Casino de Montréal. Heureusement, devant les arguments des opposants et la pression qu’ils exercèrent sur la ville de Montréal et le gouvernement du Québec, le propriétaire du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, retira son accord au projet. Il était devenu sensible aux préoccupations de ces Montréalais. Dès la décision de Laliberté, la direction de Loto-Québec annonça sa décision de renoncer au mégaprojet dont le coût total était estimé, à ce moment-là, à 1,2 milliards $.

Réjean Tremblay affirme que rien ne se fait aujourd’hui par rapport aux années 60’ et 70’. Il oublie que, dans ce temps-là, la dette n’existait pas et que le gouvernement québécois pouvait emprunter à volonté. De plus, le métro de Montréal, l’expo67, la Manicouagan et les jeux olympiques76 n’ont rien à voir avec le méga-complexe projeté au bassin Peel ou l’amphithéâtre de Québec. Les dires de Tremblay sont irréalistes lorsqu’on constate les milliards de $ actuellement investis dans d’innombrables infrastructures de toutes sortes sur tout le territoire du Québec et ceux pour les deux mégahôpitaux en construction à Montréal. Et que dire de l’extraordinaire barrage hydroélectrique de La Romaine, dont la construction débute, et qui est plus important que ceux de la Manicouagan et de la Baie James ?

Après avoir passé un savon à tous les intervenants du projet de l’amphithéâtre, Tremblay se reprend quelque peu en espérant que le PM Charest soit plus fort qu’il imagine et que le l’amphithéâtre de Québec puisse se réaliser. J’ai la conviction qu’il sera construit.

Le PM Charest a remis le débat à septembre. Deux mois et demi de délai. Ce n’est certainement pas la mer à boire… Il est impossible que le projet éclate à cause de cela.

Le débat des derniers jours a dégénéré en une mise en scène trompeuse qui a bouleversé un grand nombre d’individus. Quatre députés du Parti Québécois ont démissionné face aux agissements de leur parti. Le parti libéral est aussi ébranlé. La légalité du projet de loi a été rejetée par le barreau canadien et celui du Québec. La commission parlementaire est devenue une comédie tragique. Et tout cela pour une raison simple : le projet de loi de l’amphithéâtre, tel que présenté, était basé sur des fondements peu solides. Le responsable de ce gâchis est le gouvernement et le PM Charest doit en assumer la responsabilité. Heureusement, il a mis fin à cette mascarade qui devenait choquante pour tous les Québécois. Il a compris qu’il ne pouvait forcer, coûte que coûte, l’adoption de la loi protégeant le projet contre toutes contestations légales, seulement pour le plaisir du maire de Québec.

Le projet de loi doit être revu et tenir compte des points de vue des Québécois qui se sont exprimés en personne ou via les sondages sur le projet. Le vote pourra être pris sans que l’Assemblée Nationale brave ostensiblement et brutalement les principes de « la loi des cités et villes » et ceux de l’Assemblée Nationale.

Ne vous inquiétez pas M. Tremblay, l’amphithéâtre de Québec sera construit. Les Québécois de Québec le veulent, alors donnons-le leur. Ils obtiendront possiblement une équipe d’hockey professionnel. Je leur souhaite. Mais je crains que leur amphithéâtre devienne un éléphant blanc et un fardeau fiscal important pour eux.

M. Tremblay, rappelez-vous la pression exercée sur la commission parlementaire par le maire de Québec et le président de Quebecor. Ces derniers n’ont cessé d’affirmer que la période de temps pour voter la loi était courte et que si elle n’était pas respectée, la fenêtre d’opportunité pour obtenir la franchise d’un club d’hockey professionnel serait perdue. Aujourd’hui, suite à leurs dernières déclarations en rapport avec la remise du vote à l’automne, on se rend compte que tout n’était que du « bluff ».

Claude Dupras

mardi 31 mai 2011

Amir Khadir : un bon ou un mauvais député ?

Un député peut être ou être perçu comme un homme important de la société. Trop passent inaperçus alors que quelques uns, et ils sont rares, ont ce feu sacré qui génère une capacité, hors de l’ordinaire, d’agir, de réagir, d’être remarqué et suivi. Plusieurs chefs politiques animés de cette qualité rare, dès leur jeunesse, sont devenus de grands leaders de leur nation.

Le député Amir Khadir de la circonscription de Mercier à Montréal est un de ceux là. Né en Iran, immigré au Canada à l’âge de douze ans, il est un physicien, un médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie. Il a formé avec une féministe de gauche, Françoise David, un nouveau parti de gauche Québec Solidaire (QS) dédié, entres autres, à la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Il a réussi à se faire élire à l’Assemblée Nationale du Québec en 2008, où il est le seul député de son parti.

Khadir est un homme cultivé qui s’intéresse à la poésie, à la littérature ainsi qu'à la philosophie. Il aime la physique qui lui offre des « réponses simples, englobantes, qui résument en quelques mots ou en quelques phrases mathématiques de grandes vérités ».

Étudiant, il s’implique dans le Mouvement Étudiant Iranien hors-Iran qui lutte contre la dictature en Iran. Il fait partie du Comité pour la défense des Droits Humains en Iran. Il est l’un des fondateurs du Centre culturel et communautaire des Iraniens à Montréal. Il appuie les moudjahiddines du peuple iranien, un organisme islamique socialiste, ce qui le place sous la surveillance du Service Canadien du renseignement de Sécurité. Il est diplômé de McGill en physique et de Laval en médecine.

Il est de tous les mouvements de protestation, de toutes les manifestations : Outils de paix, Caravane Québec-Cuba, Santé-Tiers-Monde, Objection de Conscience, Solidarité-Union-Coopération, Médecins du Monde, Coalition des Médecins pour la justice sociale. Il participe à des projets de ces groupes au Nicaragua, au Zimbabwe, en Inde et en Irak.

Puis, Khadir saute en politique et devient membre du Rassemblement pour l’Alternative Progressiste, candidat défait du Bloc Québécois dans Outremont en 2000, candidat défait de l’Union des Forces Progressistes dans Mercier en 2003, signataire du manifeste « pour un Québec Solidaire » en opposition à celui « pour un Québec lucide » de l’ex-PM Lucien Bouchard et fondateur du parti politique « Québec Solidaire ».

Après une première défaite dans Mercier, Khadir est élu député QS en 2008. À l’Assemblée Nationale, de son siège de député, il demande, en juin 2010, la condamnation de l'arraisonnement par Israël d'un navire qui cherche à casser le blocus autour de Gaza. En novembre 2010, Khadir soutient une pétition électronique demandant la démission de Jean Charest, PM du Québec, et obtient 240 000 signatures. En décembre, il présente une motion pour réhabiliter l’ex-député Yves Michaud blâmé par l’Assemblée Nationale, il y a dix ans, pour des propos antisémites. Le même mois, un sondage le place comme le politicien le plus populaire au Québec.

Depuis qu’il est député, Khadir participe à toutes les manifestations montréalaises organisées par la gauche de la gauche. Il a lancé des chaussures sur une effigie du président américain GWBush lors d'une manifestation à Montréal, en réaction au geste du journaliste irakien qui avait fait de même en Irak, quelques jours plus tôt. Il participe à une manifestation afin de dénoncer la vente de produits israéliens (2% de ses ventes) faite par un petit commerçant de chaussures de la rue Saint-Denis à Montréal. Il s’oppose aux projets de réalisation de travaux de construction avec la formule Partenariat Public-Privé, n’hésitant pas à utiliser le mot « corruption » et ses déclinaisons lorsqu’il parle de ceux qui sont mêlés à la construction, qu’ils soient élus ou entrepreneurs.

Khadir s’oppose à la loi privée, actuellement en étude au parlement québécois, pour sécuriser l'entente entre la Ville de Québec et la compagnie Québecor en rapport avec la gérance du nouvel amphithéâtre prévu pour la ville de Québec. La loi cautionnera l'absence d'appels d'offres publics par la ville pour confier ce mandat à une entreprise privée. La loi protégera cette entente contre toute poursuite légale.

Cette loi spéciale, présentée par l’opposition, requiert l’unanimité des votes et Khadir menace de la boycotter. Pour lui, le maire de Québec doit dévoiler le contenu de toutes les offres reçues privément pour la gestion du nouvel amphithéâtre.

Ce problème résulte du fait que le maire de Québec n’a pu obtenir une participation privée pour la construction de l’amphithéâtre qui se chiffre à 400 millions $. Tout sera financé par des fonds publics, soit 200 millions $ par le gouvernement du Québec et le reste par la ville de Québec. Ce sera le seul aréna de hockey professionnel qui ne sera pas construit par des promoteurs privés.

Dès les premiers jours de l’annonce de ce projet, je me suis opposé au principe d’un financement public pour un tel projet. J’estime qu’il pourrait devenir un « éléphant blanc ». La ville de Québec n’a pas le bassin de population ni le nombre d’entreprises privées importantes suffisamment riches pour financer une telle entreprise de hockey professionnel. Elle a déjà eu une équipe dans le passé « Les Nordiques de Québec », mais elle l’a perdue, faute de fonds.

Aujourd’hui, alors que le coût d’un billet à chaque match approche les 200 $ et que celui de la finale de la coupe Stanley, qui débute cette semaine, coûte en moyenne 1,900 $, on peut imaginer que Québec, une ville de fonctionnaires, aura de la difficulté à remplir les gradins pour chaque joute. Par conséquent, pourra-t-elle rencontrer les deux bouts d’une telle opération financière ? Si Khadir réussi à arrêter le projet, comme le prédit le maire si la loi n’est pas votée, il rendra peut être un bon service aux payeurs de taxes de la capitale. Sur-le-champ, la majorité lui reprochera son geste, mais un jour, elle reconnaîtra qu’il lui aura rendu un fier service en arrêtant cette folie des grandeurs du maire.

Un aspect intéressant, à ce moment-ci de la conjoncture politique au Québec, est la nouvelle stratégie du Parti Québécois (PQ) envers Québec Solidaire. Suite à l’élection de 2008, le PQ voyait dans le QS un allié séparatiste. Il applaudissait sa venue. Mais, avec le temps, la popularité de Khadir croît sans cesse. Le PQ, encore ébranlé par la récente victoire surprise du NDP et la disparition soudaine du Bloc Québécois à l’élection fédérale, voit dans le QS un danger similaire. Il craint que les électeurs insatisfaits diviseront leurs votes entre le PQ et le QS et que cela favorisera les candidats libéraux qui se faufileront entre leurs adversaires pour gagner leur comté respectif et permettre au parti libéral de se maintenir au pouvoir.

Le PQ a donc entrepris de salir Khadir et le QS, car il les voit dorénavant comme des ennemis politiques. Une campagne de dénigrement a été entreprise par le parti. C’est Pauline Marois, la chef du PQ, qui en a donné le signal de départ en traitant la position de Khadir de « niaiseuse ». Les auteurs du site indépendantiste Vigile ne cesse depuis quelques jours d’attaquer la personne de Khadir et de le banaliser. Plusieurs animateurs de radio, péquistes camouflés, le ridiculisent. Ce n’est pas beau et ce n’est que le début.

Nous avons 125 députés à Québec et le seul qui fait les manchettes sur des sujets importants, mais avouons-le souventes fois forts discutables, c’est Amir Khadir. Même si on ne partage pas ses opinions, ses politiques et ses prises de position, il faut reconnaitre que c’est avec intelligence, conviction et efficacité qu’il avance ses idées d’opposition. J’aimerais bien qu’il se trouve d’autres députés comme lui sur les bancs de l’autre côté de la chambre. La politique deviendrait beaucoup plus intéressante et les débats plus vrais et nombreux.

Du choc des idées jaillit la lumière !

Claude Dupras

dimanche 13 mars 2011

Les « hockey moms » ont peur

Depuis la blessure au cerveau de Sydney Crosby, le jeune joueur professionnel par excellence du hockey sur glace, au potentiel de devenir le plus grand joueur de tous les temps, et le récent accident au jeune Max Pacioretty du Canadien de Montréal, aussi touché au cerveau, les « hockey moms » ont peur.

Ce sont elles, les mamans, et leurs maris qui encouragent leurs jeunes enfants à joindre les rangs de clubs d’hockey dès l’âge de huit ans. Les enfants y apprennent tous les rudiments du jeu avec des entraîneurs en affrontant leurs copains dans des matchs réguliers de ligues. C’est fort intéressant de les voir progresser d’année en année, se motiver pour améliorer leur coup de patins et devenir des joueurs de plus en plus habiles et complets. Ils progressent de la ligue Atome à PeeWee à Bantam à Midget et enfin à Junior AA.

Cela peut durer de 10 à 12 ans. Pour les parents, ce n’est pas une mince tâche car ils doivent se lever tôt, voyager sur de longues distances jusqu’aux arénas tout en s’occupant des autres membres de leur famille. Et cela, sans compter les frais très onéreux pour les costumes, les patins, les bâtons, les casques, etc… Plusieurs s’imposent de gros sacrifices pour assurer que leurs petits puissent rivaliser avec leurs amis.

Puis vient le rêve… A voir évoluer leurs jeunes de mieux en mieux d’année en année, les parents se mettent à projeter et à rêvasser. Ils les voient se rendre jusqu’au hockey professionnel, à la ligue Nationale (LNH), où les millions $ les attendent. Cela les motive, les encourage à persister, à investir davantage de temps et d’argent, à voyager plus loin car avec le temps les matchs sont régionaux, interrégionaux et provinciaux.

Mais à 15 ans, le jeu change. Dorénavant, ce sera le hockey de contact. Le jeu est plus dur, plus dangereux, les blessures plus nombreuses. Les parents croient que tous les équipements modernes, qu’ils achètent à gros prix, protègent bien le corps de leurs fils. Malheureusement, ce n’est pas exact.

Cette année on estime à 75 le nombre de joueurs de la LNH qui subiront une commotion cérébrale. Les causes sont accidentelles ou suite à des coups vicieux de la part de l’adversaire. Quelque soit la raison, c’est inacceptable ! Le malheur, c’est que cela n’émeut pas les dirigeants de la ligue. Pour ces derniers, c’est le marché américain qui réclame un jeu rude pour remplir les estrades. Pourtant leur jeu national, le baseball, n’est pas rude et attire plus de spectateurs que tous les autres sports professionnels. Il est d’une finesse et d’une rapidité étonnantes.

Pour les propriétaires d’équipes, modifier l’allure actuelle des matchs est un risque financier. La santé des joueurs… ils s’en foutent !

Seul, le président du Canadien de Montréal, Geoff Molson, s’est élevé contre la récente décision du commissaire du hockey de ne rien faire suite aux blessures à Pacioretty, mais il s’est vite fait rabrouer par ses collègues.

La Presse rapporte les propos du joueur-étoile du Canadien Michael Cammalleri: « Il faut changer la culture, le hockey est plus rapide, les joueurs plus gros et le résultat des traumatismes plus prononcés qu’avant. Avant, une mise en échec causait une épaule endolorie, aujourd’hui une déchirure. Les commotions cérébrales sont plus nombreuses ». Et il ajoute : « en ne suspendant pas Chara (celui qui a blessé Pacioretty) la ligue semble dire : c’est correct de tuer un gars si c’est à l’intérieur de nos règlements! ». C’est la loi de la jungle.

La LNH doit changer. Les arguments de ses dirigeants ne tiennent plus. Les mentalités doivent évoluer. On ne peut continuer à risquer la qualité de vie future des joueurs. La stupidité a ses limites.

Pour réconforter les « hockey moms », les règles du jeu doivent être revues pour rendre celui-ci moins violent (par exemple, « interdire les coups par derrière, les placages contre la bande et les coups à la tête »).. et les équipements améliorés. Mais, il faut savoir que des médecins renommés affirment que les casques protègent contre les fractures du crâne mais estiment impossible de concevoir un casque protecteur pour éviter les commotions cérébrales.

Le jeu que pratiquent les joueurs aujourd’hui, ils l’ont appris avant d’arriver à la LNH. Il est temps que tous les responsables du hockey amateur et les « hockey moms » soient bien informés sur les dangers du hockey. Les futurs joueurs doivent être mieux éduqués. Ils doivent apprendre à mieux respecter leur corps et leur cerveau et ceux de leurs adversaires. Leurs entraîneurs doivent revoir leur enseignement. La culture doit changer.

Enfin, tous les intervenants de notre sport national et nos gouvernements doivent concerter leurs pressions sur la LHN pour faire changer les règlements. J’estime que non seulement cela protégera les jeunes mais que cela rendra le jeu encore plus rapide, plus intéressant et mettra davantage en vedette l’habileté réelle de chaque joueur. Le hockey olympique est un bon exemple. Le hockey féminin aussi.

Si rien n’est fait par la LNH, je crois que les « hockey moms » et leurs maris, qui aujourd’hui ont peur, se doivent de remettre en question une carrière possible de hockey professionnel pour leurs enfants dès le moment où le hockey pour leurs jeunes devient un jeu de contact. Les millions de $ n’en valent pas la chandelle !

Claude Dupras

jeudi 10 février 2011

L'amphithéâtre pour Québec : Un rêve irréaliste

Le premier ministre du Québec et le maire de Québec viennent d’annoncer conjointement la construction d’un amphithéâtre multifonctionnel au coût de 400 millions $ à Québec payé par les taxes : 50% par l’ensemble des Québecois et 50% par les citoyens de la ville de Québec.

Après que le gouvernement fédéral et les entreprises privées eurent refusé de se joindre à la réalisation de ce projet, le maire a imaginé un semblant de montage financier public « initial et final » pour le réaliser d’ici 2015. Pour lui c’est facile : ce sont ses payeurs de taxes qui vont payer la contribution de 200 de millions $. Il a vite oublié sa promesse, faite lors de la dernière campagne électorale qui l’a réélu, de limiter à 50 millions $ la part de sa ville. Il croit que ses concitoyens accepteront avec satisfaction ces nouvelles charges puisque, dit-il, « ils veulent à tout prix un nouvel amphithéâtre ». Je crains qu’il soit désagréablement surpris de leurs réactions.

Ce qui me surprend et me désappointe c’est la décision du PM québécois Jean Charest d’accorder 200 millions pour ce rêve irréaliste. Alors que la dette du Québec augmente; que le déficit croît; que le gouvernement serre la ceinture à tous les ministères; que le système de santé, déjà saturé, devient de plus sollicité par la population; que les procureurs publics sont en grève; etc….voilà que le PM choisit de faire de la petite politique afin que sa cote de popularité remonte dans la région de Québec où elle est décroissante depuis un bon moment. Ce n’est pas à son honneur, mais il faut dire, en même temps, que la chef de l’opposition, Madame Marois, est aussi favorable au projet car elle n’a pas les moyens politiques de l’opposer, étant donné qu’elle veut battre les députés libéraux de la région de la ville de Québec, aux prochaines élections. En somme, nos politiciens sont tous pareils, ils n’ont pas de couilles !

Charest et Labeaume ont employé tous les arguments et qualificatifs pour justifier leur projet : Québec est une ville modèle; le futur moteur économique de la province; un projet qui deviendra une source de fierté pour la capitale nationale; il faut avoir confiance dans l’avenir; ce sera un appareil urbain catalyseur pour le développement de la ville; une action de courage politique; sans augmentation de taxes; un projet à la hauteur des ambitions des citoyens de l’Est du Québec; etc.. comme si c’était suffisant pour le faire accepter.

Le maire prétend pouvoir baisser les dépenses de la ville de 20% durant les prochaines années pour trouver l’argent nécessaire à la construction de l’amphithéâtre. Si c’est possible, cela voudra dire que les citoyens de Québec ont été mal administrés et ont payé trop de taxes dans le passé. Sinon, cela veut dire que le maire devra couper dans les services aux citoyens. On verra bien, ce jour là, la réaction de ces derniers. En réalité, il est clair que le maire Labeaume dit n’importe quoi !

D’ailleurs le maire a admis lui-même durant la conférence de presse, qu’un tel édifice n’est pas rentable sans une équipe de hockey sur glace, et il le propose quand même ! Même si la ville de Québec a connu un développement économique satisfaisant depuis quelques années, ce n’est pas une ville où il y a beaucoup de richesses. C’est une ville de fonctionnaires. La population du bassin régional est petite, même si on y ajoute celui du Bas-Saint-Laurent. Cela n’a rien à voir avec Montréal. D'ailleurs, il faut se rappeler que la ville de Québec a déjà eu une équipe professionnelle d'hockey sur glace "Les Nordiques de Québec" et l'a perdue car ce n'était pas rentable pour les propriétaires.

Un tel amphithéâtre est rentable si les loges dédiées aux compagnies privées sont toutes vendues. Or le nombre de grosses compagnies à Québec est limitée et ce ne sont sûrement pas les ministères ou les agences gouvernementales qui achèteront ces loges qui coûtent entre 100M$ et 200M$ par an. Quant à l’obtention d’un club de hockey professionnel, rien n’est certain de ce côté-là d’autant plus que le président de la LNH a dit et répété que Québec ne peut s’attendre à obtenir une équipe dans la ligue. Sans hockey, c’est 55 jours de location perdue. Le centre Bell de Montréal, serait-il rentable sans l’apport du club d’hockey « Les Canadiens »?

Quant aux spectacles comme ceux de Céline Dion, y aura-t-il suffisamment de personnes prêtes à payer les prix exorbitants demandés pour assister à ces représentations, comme à Montréal où la population régionale dépasse les trois millions d’habitants ! Et les individus qui dépenseront une partie de leur budget « spectacles » pour aller au nouvel amphithéâtre de Québec, auront-t-ils suffisamment de fonds pour continuer à assister au même nombre de représentations théâtrales auxquelles ils assistent aujourd’hui ?

Une ville américaine Kansas city a suivi le trajet que Québec entend suivre. Elle a construit son amphithéâtre de rêve mais n’a pas obtenu l’équipe professionnelle qu’elle espérait. Depuis, c’est un éléphant blanc.

Le cirque médiatique d’aujourd’hui n’est pas à l’honneur de ceux qui l’ont organisé, d’autant plus que suite à l’annonce du projet, les journalistes qui posaient des questions pointues ont été vitement rabroués par le maire, comme s’ils étaient de purs ignorants. Ce dernier s’est même moqué du gouvernement fédéral qui exigeait, comme il se doit, une étude technique et économique sur l’ensemble du projet avant de décider s’il devait y contribuer. L’arrogance du maire est inacceptable. Elle démontre que le projet est bâclé et qu’il y a dans tout cela un manque d’éthique et de morale.

Claude Dupras

mercredi 15 septembre 2010

Non à Québec !

Réjean Tremblay, le grand journaliste sportif du Québec, vient d’écrire dans sa dernière chronique un article percutant en faveur du financement public pour la construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec capable de loger un nouveau club professionnel de hockey sur glace. Une affaire de 400 millions $.

Tremblay cite les projets des dernières années qui ont reçu du financement public en tout ou en grande partie : salle de l’orchestre symphonique de Montréal, quartier des spectacles de Montréal, Grand Prix du Canada, stade de tennis Uniprix de Montréal, stade Saputo du club de soccer « Impact de Montréal », stade Molson du club de football « les Alouettes de Montréal », centre « Georges Vézina » de Chicoutimi, amphithéâtre de Shawinigan, salles de spectacles en projet partout au Québec, et encore. Il rappelle aussi que dans le domaine culturel, les investissements publics ont été importants pour le financement de la presque totalité des films canadiens, d’émissions de télévision pour les grandes séries, de l’orchestre symphonique de Montréal, de Radio-Canada, de Télé-Québec, de festivals de toutes sortes et encore.

Il est vrai que la liste est impressionnante, mais que serait-il arrivé si les gouvernements canadien et québécois, n’avaient pas été là pour le financement de tous ces projets et de toutes ces activités. Plusieurs auraient été réalisés autrement et d’autres n’auraient pas vu le jour.

Le malheur généré par cette généreuse distribution de fonds, que nos gouvernements ont dû emprunter, a été d’accroître, surtout au Québec, les déficits annuels qui ne cessent d’alimenter une dette déjà trop lourde à porter et devenue dangereusement inacceptable.

En somme, ce que dit Réjean Tremblay est : « vous avez donnez à tout le monde alors donnez à Québec pour son amphithéâtre de 400 millions ». Mais est-ce logique dans les circonstances actuelles? Non. Ce chaînon d'octrois à hue et à dia ne doit-il pas être brisé ? Oui. Ce n’est pas parce que c’est Québec puisque j’exprime cette idée depuis plusieurs années, mais à cause de la situation financière qui empire d’année en année et de l’héritage que nous allons laisser à nos successeurs qui sera pour eux du genre à être refusé.

Québec a payé 250,000 $ pour l’étude de Ernst & Young afin d’avoir en main un document démontrant la rentabilité du projet. Ce montant est scandaleux. D’autant plus que la conclusion est ridicule : l’amphithéâtre sera rentable si les gouvernements payent tous les coûts pour sa réalisation (400M$) et assurent par la suite, annuellement, des octrois pour rembourser tous les frais d’entretien et de réparation, et cela ad vitam aeternam. Comment alors un tel bâtiment gratuit ne peut-il pas être rentable pour la ville de Québec avec une équipe professionnelle de hockey ?

Il est certain que la ville de Québec saura bénéficier de ce bel amphithéâtre tout neuf, gratuit et à fonctions multiples, capable de présenter des activités sportives, culturelles, sociales. Ce sera bon pour elle. Mais est-ce raisonnable ? Et les autres villes avec leurs bâtiments de même nature, ne viendront-elles pas demander aussi le remboursement de leurs frais ? Ne faut-il pas profiter de ce cas pour arrêter la spirale d’octrois d’argent public ? Ce serait sûrement un bel exemple, frappant.

La province de Québec n’est pas différente des USA, de la France ou de l’Allemagne. Partout, « les élections sont locales ». La base même du système démocratique pour les politiciens est de répondre à toutes les demandes, aussi ahurissantes soient-elles, en oubliant que ce qui compte vraiment est l’aspect global du rôle de l’État dans la vie économique d’une nation.

Je comprends que notre pays et notre province lancent de grands projets d’infrastructure, particulièrement en période de crise économique, comme les réseaux d’autoroutes, les canaux, le développement de chemins de fer, les hôpitaux, les universités, les aéroports et les projets de même nature qui tous donnent une nouvelle dimension au développement économique, culturel et social de notre société. Mais je suis contre tous les petits projets, même de 400M$, qui n’ont aucune importance stratégique pour notre nation.

Le vrai problème qui nous confronte aujourd’hui est la révision de tous les programmes sociaux et de santé qui sont absolument nécessaires mais qui sont devenus insolvables. C’est là qu’il faut agir pour les protéger et assurer que notre population sera bien traitée.

Une autre exagération coûteuse est la politique canadienne d’augmenter de façon illimitée le budget de la défense. Nous dépensons actuellement des argents, que nous ne devrions pas et que nous n’avons pas, pour nous équiper pour des guerres comme celle où nous sommes, actuellement et inutilement, en Afghanistan. Nous n’avions rien à faire là, pas plus qu’en Irak où nous ne sommes pas allés. De jeunes canadiens y sont morts, pour rien. C’est une douloureuse honte pour le peuple canadien qui ne semble pas être partagée par les politiciens qui ont pris cette folle, mortelle et ruineuse décision.

Notre pays devrait devenir la Suisse de l’Amérique et laisser les Américains faire les guerres qu’ils veulent sans qu’ils nous impliquent et nous obligent à engager des dépenses énormes qui minent nos ressources. Nous avons besoin de tout l’argent que l’on a pour assurer le bien-être futur de tous les Canadiens.

Il est temps d’établir un début de bon sens dans la politique fiscale de notre pays et du Québec. Il faut vivre selon nos moyens.

Dire non au projet de financement public à 100% d’un nouvel amphithéâtre à Québec pourrait signifier le début d’une nouvelle attitude réaliste de la part de nos hommes et femmes politiques.

Claude Dupras

mercredi 8 septembre 2010

À quand un vrai contrôle des dépenses ?

Il y a à peine quelques mois, le ministre des Finances du Québec se levait à l’Assemblée Nationale, pour annoncer aux Québécois : la mauvaise nouvelle. La situation financière de la province est mauvaise et les taxes devront être augmentées.

Le ministre et le gouvernement ont promis qu’ils allaient amincir l’appareil gouvernemental et couper dans les dépenses. Ils affirmaient que ces économies allaient représenter 60% des argents nécessaires pour effacer le déficit, le reste venant des nouvelles taxes qu’ils se devaient d’imposer car ils n’avaient simplement pas le choix. Depuis, la popularité du PM et de son parti libéral s’est effondrée.

Voici ce que j’écrivais dans mon blog, intitulé: « Bye, Bye Jean Charest ! », du 2 avril 2010, sur ce sujet :
« Un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre… … Tout-à-coup, il semble que le Québec soit en plein désarroi financier et le remède, c’est d’imposer des taxes, des taxes et encore des taxes. Pourtant, il n’y a pas très longtemps, c’est le même gouvernement qui nous assurait que le problème du déficit n’était pas si important puisque par rapport au PIB, la dette accumulée avait diminué depuis la venue au pouvoir des libéraux et qu’elle serait éventuellement remboursée en grande partie par le Fonds des Générations… Influencé par le groupe des « lucides » et par une série d’économistes… le PM Jean Charest a décidé tout-à-coup de nous engager dans le grand saut de l’élimination du déficit et de la réduction de la dette… Il est rare de voir un politicien faire sciemment une telle bêtise électorale ».

Et j’ajoutais : « < Le malheur, c’est que durant les dernières années, le gouvernement du Québec s’est engagé dans une orgie de dépenses invraisemblables et souventes fois dans des domaines où il n’avait pas à intervenir. Il nous a donné l’image de ne refuser aucune demande d’octroi pour des activités de toutes sortes et aucune demande d’aide financière pour des projets qu’il justifiait en les qualifiant de créateurs d’emplois et d’ajouts à la croissance… L’argent n’était pas un problème… ».

Je me demande si les actions et les discours de mars dernier du ministre des finances et du PM étaient sérieux. On peut en douter si on en juge par ce que nous apprenons quotidiennement puisque le gouvernement continue à dilapider nos fonds en mettant son nez dans des affaires qui ne sont pas les siennes.

Hier encore, le PM Charest, pressé par le maire de Québec prenait l’initiative d’inviter ce dernier, un ministre et certains élus pour discuter de la construction d’un nouvel amphithéâtre pour hockey professionnel à Québec, qui servirait aussi comme salle multi-spectacles. Le projet est évalué aujourd’hui à 400 millions de $. Le PM Charest a déjà promis une participation de 50 millions de $. Mais le maire de Québec veut qu’il l’augmente à 175 millions et que le gouvernement fédéral fasse de même. Charest ne dit pas non mais espère une réponse du gouvernement de Stephen Harper et presse ce dernier à embarquer dans cette galère. Il semble dire que si le Canada met 175 millions $, lui comme PM du Québec est prêt à faire de même. Quelle sottise !

Un tel amphithéâtre est « une business », « une grosse business ». Il y a énormément d’argent à faire avec un tel complexe. À Montréal, par exemple, en quelques années, un américain qui avait acheté le club de Hockey Canadien et le centre Bell a vendu le tout pour un profit dépassant les 300 millions de $. Il a acheté une affaire qui roulait mal et a su la transformer en une machine à argent extraordinaire. Il n’y a pas un gouvernement capable de faire cela.

Si on veut une équipe de hockey professionnel à Québec, comme les ex-Nordiques de Québec qu’on a vendus pour des raisons financières, ce n’est pas aux payeurs de taxes québécois et canadiens d’en faire les frais. Il existe sûrement des hommes d’affaires au Québec pour entreprendre une telle aventure d’affaires. S’il n’y en a pas qui se présente, que l’on cherche au Canada ou aux USA. Si l’affaire est bonne, Québec trouvera un preneur. Sinon, cela indiquera que le temps n’est pas propice. Ce serait une démonstration pour nos gouvernements qu’ils n’ont pas à engager un sou dans une aventure qui risque de s’avérer un éléphant blanc.

Toute cette aventure est montée sur la probabilité qu’une nouvelle concession de la Ligue Nationale de Hockey sera accordée à Québec. Rien n’est sûr surtout que le passé a démontré que le petit bassin de population de la région de la ville de Québec rend difficile la rentabilité d’une telle équipe. Mais ce n’est pas impossible. Le maire affirme que si l’amphithéâtre de $400 millions est construit, sa ville aura une équipe de la LNH. Je lui suggère plutôt d’obtenir l’équipe conditionnellement à ce qu’un amphithéâtre soit construit. Ainsi, Québec aura plus de chance de trouver un investisseur privé sérieux.

Comment le gouvernement fédéral pourrait-il s’engager si aveuglément dans une telle aventure ? Plusieurs semblent dire qu’il n’a pas le choix s’il veut conserver ses dix députés conservateurs à Québec lors de la prochaine élection générale. Il ne manquerait plus que ça ! Si c’était la raison de son accord, ce serait un vrai scandale. Le gouvernement Harper ne peut s’engager dans de telles dépenses, sinon, il devra le faire pour les villes d’égale grosseur à la ville de Québec dans tout le pays, et il y en a plusieurs. Comment pourra-t-il refuser leur demande s’il répond positivement à la ville de Québec ? Ce serait un faux pas politique.

Quant au PM Charest, qu’il cesse donc de donner à tous ceux qui demandent des fonds pour leurs projets. Qu’il pense donc au budget qu’il a présenté et aux promesses de couper les dépenses gouvernementales. Et où est le ministre des finances Bachand ? Lui qui avait promis d’être strict, vigilant et efficace ne peut-il pas intervenir pour empêcher que le gouvernement ne dépense que les argents qu’il doit dépenser.

Le problème politique pour Jean Charest, c’est que plusieurs électeurs voient dans ces aides monétaires à hue et à dia un moyen pour assurer que les sièges libéraux de l’Assemblée Nationale ne changent pas de bannière lors de la prochaine élection. En tout cas, cela a l’air vrai pour la région de Québec.

Le temps est au serrage de ceinture ! Vivons selon nos moyens ! SVP M. Charest !

Claude Dupras

dimanche 4 juillet 2010

Le « foot » ou le hockey ?

Le match Argentine- Allemagne du Mondial de football (soccer au Canada), en Afrique du Sud, vient de se terminer. Quel beau match ! Alors que l’Argentine semblait favorite, elle a perdu 4-0. Je suis loin d’être un expert de ce sport mais durant ce match j’ai compris qu’il était historique étant donné le passé commun de ces deux clubs.

Dans ma jeunesse, le soccer ne se pratiquait pas à Montréal. Certes, il y avait un club montréalais encouragé et financé par des promoteurs anglais de la métropole, mais à notre niveau, les jeunes, le ballon rond n’était pas pour nous dans les parcs de la ville de Verdun. C’était le « touch-football (américain) » en automne et le hockey sur glace en hiver.

Mais Pélé a changé bien des choses et les échos de ses exploits sont venus jusqu’à nous, avec comme conséquence que le soccer s’est implanté dans notre milieu, lentement mais sûrement. Aujourd’hui, ce sport est partout. Les villes offrent des terrains extérieurs de soccer et même intérieurs pour l’hiver. C’est fantastique pour nos jeunes car ce sport respecte l’individu, n’est pas violent et exige non seulement de la force physique mais aussi de l’intelligence, de la finesse et de la force de caractère. Il n’y a non seulement des « hockey mom » au Québec, mais aussi maintenant des « soccer mom ». Et même les grands-parents, qui n’ont jamais eu l’occasion de pratiquer ce sport, se dévouent à amener leurs petits-enfants vers les matchs des ligues dans lesquelles ces derniers performent et ils reviennent impressionnés par l’enthousiasme que génère ce sport.

De l’autre côté, il y a le hockey sur glace. Toujours et de loin le sport préféré des Canadiens. Là aussi, il y a des ligues pour tous les âges. Dès 5 ans, les jeunes patinent et jouent dans des ligues organisées. Ils ont les meilleurs équipements. Ils s’améliorent vite et avec le temps, d’année en année, ils progressent dans des ligues de plus en plus fortes et adaptées à leur âge. On leur enseigne le hockey sans contact. Le hockey pur comme le hockey féminin joué aux Olympiades. C’est un hockey rapide qui allie force, endurance et intelligence, très intéressant à regarder.

Mais à 14 ans, au Québec, le hockey enseigné à nos jeunes se transforme et devient le hockey de contact. Dorénavant, il faut jouer dur, brutalement avec comme but de désaxer l’adversaire, de l’affaiblir et si possible de le « mettre sur le carreau », afin de le ralentir, pouvoir le dépasser, lui enlever la rondelle. C’est ainsi que jouent les professionnels et comme l’espoir de tous les parents est de voir leur fils atteindre un jour la Ligne Nationale de Hockey, ils acceptent que leurs enfants apprennent à affaiblir l’adversaire le plus durement possible, sans coups déloyaux. En Ontario, c’est pire, puisque le jeu de contact est enseigné et pratiqué depuis les premières années.

On sacrifie la beauté du hockey à la violence car, dit-on, c’est ce que veulent les amateurs, surtout les Américains. Récemment, le Canadien de Montréal annonça fièrement qu’il venait de mettre sous contrat un « un pan de mur » : un gros joueur capable d’assommer l’adversaire tout en le démolissant physiquement le plus possible et de le battre aux poings, si nécessaire. C'est pas beau, çà ?

Je n’aime pas ce genre d’hockey et cela depuis le premier match de la fameuse série Canada-Russie auquel j’ai eu le privilège d’assister au Forum de Montréal en 1972. Les joueurs professionnels de l’équipe Canada qui pratiquaient le jeu de contact ont été surpris par les joueurs amateurs russes qui eux ne le pratiquaient pas et qui contournaient leurs adversaires facilement. Quelle belle partie où les spectateurs ont vu et apprécié la valeur du hockey sans contact ! Je n’oublierai jamais ce match qui, disait-on, démontrerait la supériorité de notre système politique sur le système communiste. La Russie gagna aisément et à la fin du match, les spectateurs étaient debout applaudissant les Russes et huant même leur propre équipe. Les joueurs furent traités de « voyous » par les amateurs et ridiculisés par les medias. Le hockey sans contact venait de faire la preuve de son excellence et de sa beauté. C’en était fait du système capitaliste ! Même si finalement le Canada gagna de justesse la série à Moscou, plusieurs amateurs comme moi venaient de comprendre que le hockey sur glace ne devait pas nécessairement être brutal pour être très intéressant et captivant.

Le Mondial de « football » nous démontre non seulement la popularité planétaire de ce beau sport mais aussi sa beauté. C’est un jeu difficile, dur avec des arbitres sévères. Un joueur qui ose en frapper un autre peut être banni du match et son équipe ne peut le remplacer, comme on a vu la France devoir jouer à 10 contre 11 pour l’Afrique du Sud au moment où elle devait absolument gagner pour assurer sa survie dans le tournoi. Elle a été éliminée.

Pour faire un aparté, j’ai vu des jeunes de 7-10 ans jouer le football américain où il est enseigné et pratiqué dans certaines de nos écoles. Ils apprennent à plaquer l’adversaire et on les oblige à jouer des parties où ils sont encouragés à plaquer le plus durement possible. Quand on connaît toutes les blessures graves que génère ce genre football, je ne comprends pas pourquoi les parents encouragent leurs jeunes enfants à pratiquer ce sport.

Je sais que je rêve en « couleurs » en espérant du hockey sans contact. Peut-être un jour, y aura-t-il une ligue professionnelle masculine de ce genre d’hockey au Canada ? Je l’espère et je parierais qu’elle deviendrait vite populaire.

On a le droit de rêver, non ?

Claude Dupras