Pierre-Elliot Trudeau fut un grand premier ministre du Canada. Éduqué par les jésuites, avocat, il a parcouru le monde durant sa jeunesse. Racé, coloré, libre penseur, il a marqué la politique canadienne. C’est en 1965 qu’il fut invité par le premier ministre canadien Lester Pearson à se joindre au Parti Libéral du Canada (PLC) avec deux autres éminents Québécois, Jean Marchand et Gérard Pelletier. Les « trois colombes », qualificatif choisi par les médias, acceptèrent. Trudeau croyait dans la confédération canadienne et c’est ce qui l’incita à se joindre à un parti politique fédéral. Élu facilement député, il devint secrétaire parlementaire du PM.
Deux ans plus tard, en 1967, une conférence constitutionnelle des premiers ministres, canadien et provinciaux, fut organisée et c’est là, en tant que ministre de la Justice, que Trudeau, grâce à ses interventions dans les débats, fut reconnu comme un homme qui prendrait une place importante dans la politique canadienne. Au congrès pour la chefferie libérale qui suivit la démission de Pearson, il contra tous les obstacles et fut élu au quatrième tour pour devenir le quinzième premier ministre (PM) canadien.
Trudeau ne refusa aucune bataille, constitutionnelle ou autre. Intelligent, articulé, ayant un bon jugement, debater exceptionnel et persuasif, il avait un franc-parler qui laissait bouche bée ses adversaires.
Il se maria alors qu’il était premier ministre et eut trois fils, dont son ainé Justin.
A sa retraite, il entreprit de combattre, presque seul, l’important accord constitutionnel du Lac Meech qui, finalement, ne fut pas ratifié au grand dam du PM Brian Mulroney. Décédé en 2000, il est demeuré dans la mémoire des Canadiens, même de ceux qui ne l’ont pas aimé, un politicien pas comme les autres, situé à plusieurs coches au-dessus.
Nous voilà en 2013, au moment où le Parti Libéral du Canada est dans une situation dramatique. Jadis si puissant, il est maintenant la 2ième opposition à la Chambre des Communes, dépassé par les socialistes du Nouveau Parti Démocrate (NDP). Depuis sa descente aux enfers, il a tout fait pour se redresser. Il cherche le chef-miracle capable de ramener les Canadiens à son bercail. Dans un premier temps il a choisi lors d’un congrès palpitant et surprenant, l’intellectuel Stéphane Dion, député de Montréal. Malgré son intelligence, sa clarté de vue, son bon vouloir, Dion a été balayé aux élections par Stephen Harper, chef du Parti conservateur (PC). Puis, Michael Ignatieff, aussi intellectuel mais de Toronto, fut choisi pour diriger les destinées du parti. Lui aussi subit une dégelée électorale aux mains d’Harper et du NPD. Dion et Ignatieff auraient été de bons premiers ministres mais ils n’avaient pas le charisme nécessaire à la victoire politique.
Malgré ses revers et grâce à son chef intérimaire, Bob Rae, le parti a su se tenir la tête hors l’eau. Il a repris quelques forces, mais sa résistance est fragile. Une nouvelle course au leadership a été déclenchée. Et, pour élire ce chef, le PLC a imaginé une méthode originale mais bizarre : tous les Canadiens sympathiques à la cause du parti, membres ou non, peuvent voter. Le coût d’inscription est de 4$, il faut avoir atteint 18 ans, être un électeur qualifié, non-membre d’un autre parti et se déclarer « supporteur ». A ce jour, le parti a plus de 300 000 membres et supporteurs, mais seulement 40% d’entre-eux se sont inscrits pour voter le 14 avril 2013.
Huit candidats se disputent actuellement le leadership, depuis que l’ex-astronaute Marc Garneau s’est retiré de la course, la semaine dernière. Quatre de ces candidats sont des femmes qui ont toutes de grandes qualités. Un autre candidat est Justin Trudeau, le fils de Pierre-Elliot. Il a 36 ans et aime se faire appeler, simplement, Justin.
Il a étudié la littérature anglaise à l'université McGill, l'éducation à l'université de Colombie-Britannique. Il a fait des études de génie à l’École Polytechnique de Montréal, mais a quitté après deux ans. Il s’est engagé dans une maîtrise en géographie environnementale à l'université McGill mais, encore une fois, a quitté avant de terminer. En somme, il a butiné d’école en école, sans obtenir de diplôme, piquant ici et là des bribes de connaissances. Marié, il a deux enfants de 4 et 6 ans.
À l’élection générale de 2008, Justin est élu député fédéral du comté de Papineau à Montréal malgré qu’il n’était pas le favori à cause d’une vague populaire qui transporta le Bloc Québécois. Il est réélu en 2011, nonobstant, cette-fois, la vague NPD qui remporta presque tout le Québec. Chaque fois, il s’avère être un bon « campaigner » qui sait gagner la faveur des électeurs ouvriers et multiethniques. Un gagnant !
Le 31 mars 2012, il met KO par décision, alors qu’il n’est pas favori, le sénateur conservateur Patrick Brazeau lors d'un combat de boxe à l'occasion d'un gala de bienfaisance pour la lutte contre le cancer.
En septembre, Justin annonce qu'il sera candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada.
Depuis le début de sa carrière politique fédérale de 5 ans, Justin est porté à gaffer. Quelques exemples : en 2007, il critique « la séparation en éducation des anglophones et des francophones au Nouveau-Brunswick ». En 2011, il s'exprime indirectement en faveur de la souveraineté du Québec, disant que « sa loyauté au Canada dépend de si le gouvernement de l'heure correspondait à ses valeurs personnelles ». Il accuse faussement « le gouvernement Harper de vouloir rendre illégaux l'avortement et le mariage gay ». En 2012, il lance que « le Canada ne va pas bien parce que ce sont des Albertains qui contrôlent nos communautés et notre agenda socio-démocratique ».
Les médias, les fédéralistes, les Albertains, les Acadiens, les Québécois et évidemment ses adversaires qualifient les propos de Justin d’irréfléchis, d’arrogants, d’haineux, de diviseurs et de discriminatoires. À mon avis, il aime frôler la démagogie et ce faisant démontre un manque de jugement. Encore plus, les excuses, que Justin présente pour se sortir des pétrins dans lesquels il se fourre sans attention, sont maladroites et non persuasives.
Malgré ses fautes politiques, rien ne colle à Justin comme le démontre un récent sondage interne au PLC qui indique qu’il remportera plus de 60% des votes au congrès de leadership. Il est le candidat « teflon ». Comme si l’adage politique « en politique peu importe ce que vous dîtes, l’important c’est que l’on parle de vous.. » était vrai.
De toute évidence, Justin Trudeau n’est pas prêt à être chef d’un des plus grands partis politique du Canada. Il n’a, à ce moment-ci de sa carrière politique, ni la formation, ni l’expérience pour devenir premier ministre du Canada. Ses seules forces sont son nom, sa belle face, son entregent. Il mise sur le fait que la politique est un commerce d’images et d’illusions. Mais, malheureusement, pour lui et le parti, il n’est pas Pierre-Elliot Trudeau. Ce dernier avait l’intellect, la connaissance, le caractère, l’envergure, le « flower power » qui lui donnaient la capacité de persuader les Canadiens et Canadiennes de le porter à la tête du pays. Justin ne semble avoir rien de cela, sauf le charisme.
Les libéraux qui avaient misé sur les qualités intellectuelles de Dion et Ignatieff gagent maintenant sur l’image. À mon avis, ils font, à nouveau, une erreur.
C’est triste car deux des candidates au leadership libéral sont exceptionnelles et capables de gagner éventuellement une élection générale. Ce sont Martha Hall Findlay et Joyce Murray. Elles ont chacune l’éducation, l’expérience, la capacité et l’image requises. Quelle belle opportunité s’offre aux membres du parti ! Ils se doivent de réaliser que les Canadiens et Canadiennes, depuis quelques années, votent, partout au pays, pour des candidates féminines, puisque cinq d’entre elles sont premiers ministres de dix des provinces canadiennes : Pauline Marois au Québec, Alison Redford en Alberta, Christy Clark en Colombie–Britannique, Kathleen Wynne en Ontario et Kathy Dunderdale au Terreneuve-Labrador. Ensemble, elles représentent plus 81% de la population canadienne.
Justin deviendra probablement le nouveau leader de son parti. Mais l’affaire n’est pas dans le sac pour la prochaine élection générale.
Claude Dupras
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mercredi 20 mars 2013
L’affaire n’est pas dans le sac pour Justin
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mercredi 14 mars 2012
Un chef politique pour le Canada : Thomas Mulcair
On sait rarement si un candidat à la chefferie de son parti pourra devenir un leader politique capable de gagner une élection et de bien diriger le pays. Ayant assisté à quelques congrès de leadership, j’ai constaté qu’un très grand nombre de délégués avaient tendance à se baser, pour faire leur choix, sur des critères politiques, laissant de côté l’image projetée par les candidats. Parmi les chefs choisis, politiquement compétents mais sans charisme, rares sont ceux qui ont pu se faire accepter par l’électorat. Parmi eux, on retrouve Robert Stanfield du Parti Progressiste Conservateur du Canada, Stéphane Dion et Michael Ignatieff du Parti Libéral canadien qui subirent des défaites électorales retentissantes et durent démissionner. Par contre, des Pierre Elliott Trudeau et des Brian Mulroney allièrent les deux facettes, politique et charisme, et devinrent de grands premiers ministres réélus maintes fois. La réalité est que la politique est aussi un commerce d’images et d’illusions. La clef du succès d’un parti est là.
Voilà le défi des 140 000 membres-votants du Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD), qui doivent élire un nouveau chef le 24 mars prochain pour remplacer le « bon Jack » Layton décédé prématurément quelques mois après l’élection générale fédérale de mai dernier. Ce ne sera pas une mince tâche pour ces membres de trouver le bon successeur puisque sept candidats briguent les rangs et plusieurs d’entre eux sont reconnus pour leur compétence.
Pour ce choix, aux facteurs politique et image doit s’ajouter celui du bilinguisme. En effet, il est primordial que le prochain chef possède bien la langue française puisque le Canada est officiellement bilingue et qu’une majorité des députés néo-démocrates sont québécois.
Parmi les candidats, on retrouve Thomas Mulcair.
Né en Ontario d’une mère francophone, descendant d’Honoré Mercier, élevé au Québec, étudiant des Sciences sociales à Montréal, diplômé en droit de McGill, il a enseigné au campus du collège Champlain et à l’université du Québec à Trois-Rivières, présidé l’Office des professions du Québec et le conseil scolaire catholique anglophone. Comme avocat, il s’est spécialisé dans les causes linguistiques.
En 1994, il joint les rangs du parti libéral du Québec. Il est élu député de Chomedey à l’Assemblée nationale du Québec et réélu en 1998 et 2003. Porte-parole en matière de justice et de commerce, il devient leader-adjoint de l’opposition officielle et laisse sa marque. En 2003, nommé ministre du développement durable, de l’environnement et des parcs, il propose une politique environnementale moderne et appuie le protocole de Kyoto, mais s’oppose au projet d’une nouvelle centrale thermique au gaz naturel d’Hydro-Québec et à la privatisation du parc national Mont-Orford, projets appuyés par le gouvernement. Certains affirment qu’il démontre alors un manque de solidarité avec ses collègues, qu’il est un loose canon. Pourtant, il a toujours été loyal. Il démissionne de son poste de ministre en 2006, refuse d’être candidat libéral à l’élection de 2007 et quitte la politique provinciale. C’est la réponse à ses détracteurs qui démontre ainsi qu’il est en fait un homme de principes.
Mulcair est aussitôt approché par les partis fédéraux qui l’invitent à se joindre à eux. Sa sensibilité politique, compatible avec celle du NPD, le pousse dans cette direction. Il joint le parti et devient candidat à une élection partielle qui se tient dans le comté d’Outremont. Tous les observateurs qualifient sa candidature de « mission impossible » car le comté Outremont a toujours été fortement libéral. Surprise, Mulcair est élu avec une avance de 20 % et devient le seul député NPD au Québec. Jack Layton le nomme chef-adjoint du parti et son lieutenant au Québec. Il est réélu à l’élection de 2008, toujours seul député de son parti. En 2011, avec le « bon Jack » ils créent une vague exceptionnelle au Québec où le NDP fait élire 59 députés. Du jamais vu !
Il a 57 ans lorsque le « bon Jack » meurt. Sa vie politique comprend, à ce moment-là, treize ans comme député à Québec et cinq ans à Ottawa. Il a été leader-adjoint de l’opposition officielle libérale, ministre à Québec et chef-adjoint du NPD à Ottawa.
Sa longue expérience, sa bonne réputation et son approche de progressiste le poussent à être candidat pour devenir le nouveau chef du NPD. Nous en sommes-là !
Thomas Mulcair est éloquent, impressionnant, convaincant, a une physionomie ouverte et possède un charisme naturel. Il est parfaitement bilingue, excellent communicateur et démontre une compréhension des enjeux. Certains de ses collègues le qualifient de visionnaire. C’est un homme de famille avec deux enfants. Son image publique est bonne. Il passe bien la rampe, est bon à la télé et s’exprime clairement et précisément. C’est un homme de vérité qui peut devenir parfois un peu tranchant mais qui est généralement charmant et attrayant.
Bon debater, il est toujours bien préparé et sait reconnaître le nœud de chaque question. Sensible aux problèmes de chacun et aux revendications de la population, il estime que la démocratie sociale est une bonne voie pour agir. Pragmatique, il aime l’action pratique et sait reconnaître une bonne idée sans nécessairement considérer si elle est de droite ou de gauche. Pour lui, ce qui est vrai réussit. Il se retrouve souventes fois plus près du centre du spectre politique, un peu désaxé par rapport à la position normale centre-gauche du NPD qu’il espère faire bouger afin qu’il soit en mesure d’attirer plus d’électeurs. Son ambition est de faire du NPD un parti moderne et moins dogmatique pouvant assurer une bonne gouvernance du Canada. Il sait, pour ce faire, qu’il devra « frapper le clou sur la tête » en proposant des idées, des politiques qui collent à la réalité et être en mesure de les faire accepter par une majorité d’électeurs.
C’est un leader. Un vrai. Et cela, il l’a démontré par son travail au Québec. Je ne veux pas ici lui donner tout le crédit de l’impressionnante victoire québécoise du NDP de mai dernier. Au contraire, car cet évènement extraordinaire a été réalisé par Jack Layton et le mérite lui revient. Mais Thomas Mulcair a su bien l’appuyer, le conseiller, planifier, recruter… De plus, il a su motiver une nouvelle génération de Canadiens à participer aux affaires publiques. Jamais, comme député québécois, il a désappointé, fait une erreur tactique ou prononcé des paroles qui auraient pu nuire au parti. Au contraire, chacune de ses sorties, à la Chambre des Communes et à l’extérieur, a été bien rapportée et reçue positivement par l’opinion publique. Travaillant dans l’ombre du « bon jack », si on peut dire cela, il a su préparer le terrain pour son chef.
Aujourd’hui, Thomas Mulcair est, de toute évidence, prêt à diriger le NPD. Je suis convaincu qu’il sera un chef solide capable de redynamiser le parti et lui redonner un nouvel élan dans la trace laissée par son prédécesseur. Il saura diriger l’opposition officielle à la Chambre des Communes pour qu’elle soit à la hauteur de l’intérêt supérieur du pays en exécutant son rôle de critique, de façon efficace, honnête, positive et inlassable sur les agissements des Conservateurs et des lois présentées par leur gouvernement.
J’ai le sentiment qu'il saura persuader les Canadiens et les Canadiennes de le suivre et d’élire des députés NPD. Ils découvriront un homme politique sérieux avec une profonde connaissance de la politique canadienne, un charisme entraînant et le potentiel de devenir un bon Premier Ministre canadien.
À ce jour, il a fait une campagne au leadership positive et sans attaques contre les autres candidats. Ses propositions politiques ont été précises et le caractérisent bien. Ces dernières lui ont apporté le support d’un très grand nombre de néo-démocrates importants des autres provinces.
C’est une belle opportunité pour les électeurs NPD de donner au Canada un vrai chef politique.
Claude Dupras
Voilà le défi des 140 000 membres-votants du Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD), qui doivent élire un nouveau chef le 24 mars prochain pour remplacer le « bon Jack » Layton décédé prématurément quelques mois après l’élection générale fédérale de mai dernier. Ce ne sera pas une mince tâche pour ces membres de trouver le bon successeur puisque sept candidats briguent les rangs et plusieurs d’entre eux sont reconnus pour leur compétence.
Pour ce choix, aux facteurs politique et image doit s’ajouter celui du bilinguisme. En effet, il est primordial que le prochain chef possède bien la langue française puisque le Canada est officiellement bilingue et qu’une majorité des députés néo-démocrates sont québécois.
Parmi les candidats, on retrouve Thomas Mulcair.
Né en Ontario d’une mère francophone, descendant d’Honoré Mercier, élevé au Québec, étudiant des Sciences sociales à Montréal, diplômé en droit de McGill, il a enseigné au campus du collège Champlain et à l’université du Québec à Trois-Rivières, présidé l’Office des professions du Québec et le conseil scolaire catholique anglophone. Comme avocat, il s’est spécialisé dans les causes linguistiques.
En 1994, il joint les rangs du parti libéral du Québec. Il est élu député de Chomedey à l’Assemblée nationale du Québec et réélu en 1998 et 2003. Porte-parole en matière de justice et de commerce, il devient leader-adjoint de l’opposition officielle et laisse sa marque. En 2003, nommé ministre du développement durable, de l’environnement et des parcs, il propose une politique environnementale moderne et appuie le protocole de Kyoto, mais s’oppose au projet d’une nouvelle centrale thermique au gaz naturel d’Hydro-Québec et à la privatisation du parc national Mont-Orford, projets appuyés par le gouvernement. Certains affirment qu’il démontre alors un manque de solidarité avec ses collègues, qu’il est un loose canon. Pourtant, il a toujours été loyal. Il démissionne de son poste de ministre en 2006, refuse d’être candidat libéral à l’élection de 2007 et quitte la politique provinciale. C’est la réponse à ses détracteurs qui démontre ainsi qu’il est en fait un homme de principes.
Mulcair est aussitôt approché par les partis fédéraux qui l’invitent à se joindre à eux. Sa sensibilité politique, compatible avec celle du NPD, le pousse dans cette direction. Il joint le parti et devient candidat à une élection partielle qui se tient dans le comté d’Outremont. Tous les observateurs qualifient sa candidature de « mission impossible » car le comté Outremont a toujours été fortement libéral. Surprise, Mulcair est élu avec une avance de 20 % et devient le seul député NPD au Québec. Jack Layton le nomme chef-adjoint du parti et son lieutenant au Québec. Il est réélu à l’élection de 2008, toujours seul député de son parti. En 2011, avec le « bon Jack » ils créent une vague exceptionnelle au Québec où le NDP fait élire 59 députés. Du jamais vu !
Il a 57 ans lorsque le « bon Jack » meurt. Sa vie politique comprend, à ce moment-là, treize ans comme député à Québec et cinq ans à Ottawa. Il a été leader-adjoint de l’opposition officielle libérale, ministre à Québec et chef-adjoint du NPD à Ottawa.
Sa longue expérience, sa bonne réputation et son approche de progressiste le poussent à être candidat pour devenir le nouveau chef du NPD. Nous en sommes-là !
Thomas Mulcair est éloquent, impressionnant, convaincant, a une physionomie ouverte et possède un charisme naturel. Il est parfaitement bilingue, excellent communicateur et démontre une compréhension des enjeux. Certains de ses collègues le qualifient de visionnaire. C’est un homme de famille avec deux enfants. Son image publique est bonne. Il passe bien la rampe, est bon à la télé et s’exprime clairement et précisément. C’est un homme de vérité qui peut devenir parfois un peu tranchant mais qui est généralement charmant et attrayant.
Bon debater, il est toujours bien préparé et sait reconnaître le nœud de chaque question. Sensible aux problèmes de chacun et aux revendications de la population, il estime que la démocratie sociale est une bonne voie pour agir. Pragmatique, il aime l’action pratique et sait reconnaître une bonne idée sans nécessairement considérer si elle est de droite ou de gauche. Pour lui, ce qui est vrai réussit. Il se retrouve souventes fois plus près du centre du spectre politique, un peu désaxé par rapport à la position normale centre-gauche du NPD qu’il espère faire bouger afin qu’il soit en mesure d’attirer plus d’électeurs. Son ambition est de faire du NPD un parti moderne et moins dogmatique pouvant assurer une bonne gouvernance du Canada. Il sait, pour ce faire, qu’il devra « frapper le clou sur la tête » en proposant des idées, des politiques qui collent à la réalité et être en mesure de les faire accepter par une majorité d’électeurs.
C’est un leader. Un vrai. Et cela, il l’a démontré par son travail au Québec. Je ne veux pas ici lui donner tout le crédit de l’impressionnante victoire québécoise du NDP de mai dernier. Au contraire, car cet évènement extraordinaire a été réalisé par Jack Layton et le mérite lui revient. Mais Thomas Mulcair a su bien l’appuyer, le conseiller, planifier, recruter… De plus, il a su motiver une nouvelle génération de Canadiens à participer aux affaires publiques. Jamais, comme député québécois, il a désappointé, fait une erreur tactique ou prononcé des paroles qui auraient pu nuire au parti. Au contraire, chacune de ses sorties, à la Chambre des Communes et à l’extérieur, a été bien rapportée et reçue positivement par l’opinion publique. Travaillant dans l’ombre du « bon jack », si on peut dire cela, il a su préparer le terrain pour son chef.
Aujourd’hui, Thomas Mulcair est, de toute évidence, prêt à diriger le NPD. Je suis convaincu qu’il sera un chef solide capable de redynamiser le parti et lui redonner un nouvel élan dans la trace laissée par son prédécesseur. Il saura diriger l’opposition officielle à la Chambre des Communes pour qu’elle soit à la hauteur de l’intérêt supérieur du pays en exécutant son rôle de critique, de façon efficace, honnête, positive et inlassable sur les agissements des Conservateurs et des lois présentées par leur gouvernement.
J’ai le sentiment qu'il saura persuader les Canadiens et les Canadiennes de le suivre et d’élire des députés NPD. Ils découvriront un homme politique sérieux avec une profonde connaissance de la politique canadienne, un charisme entraînant et le potentiel de devenir un bon Premier Ministre canadien.
À ce jour, il a fait une campagne au leadership positive et sans attaques contre les autres candidats. Ses propositions politiques ont été précises et le caractérisent bien. Ces dernières lui ont apporté le support d’un très grand nombre de néo-démocrates importants des autres provinces.
C’est une belle opportunité pour les électeurs NPD de donner au Canada un vrai chef politique.
Claude Dupras
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mardi 3 mai 2011
The conservatives are coming !
L’élection générale canadienne a produit un résultat exceptionnel : un gouvernement conservateur majoritaire; une opposition néo-Démocrate; un Parti Libéral décimé, un Bloc Québécois éliminé et un Parti Vert enfin représenté au parlement.
Le Parti Conservateur du Canada (PC) a réussi l’impossible. Il a gagné une majorité de députés à la Chambre des Communes sans le Québec où il a vu cinq de ses onze députés sortant-de-charge perdre leurs sièges. Trois de ses principaux ministres québécois, dont Lawrence Cannon, vice-premier ministre et ministre des Affaires Extérieures du Canada, ont été défaits Pour une première fois, un parti fédéral a gagné une majorité au Parlement, sans le Québec. C’est tout un tour de force qu’ont réalisé Stephen Harper et ses stratèges politiques. Le PC devait gagner 67% des sièges hors Québec pour atteindre une majorité parlementaire. Réussir cet objectif dans un pays aussi vaste que le Canada, avec une population aussi diversifiée et un paysage politique aussi différent d’une région à l’autre, constitue un tour de force politique hors de l’ordinaire. Finalement, le PC a recueilli 165 sièges, soit dix de plus que la majorité. Même sans ses six élus du Québec, le PC a maintenant 159 députés, soit quatre au dessus de la barre de la majorité. Il peut donc gouverner sans le Québec.
Le Parti Néo-Démocrate (NDP) a aussi connu une soirée électorale unique. La vague de support au parti, prévue par les sondeurs politiques, s’est transformée en un véritable tsunami politique au Québec. Ce parti qui n’avait jamais eu plus d’un député québécois, se retrouve aujourd’hui avec 56 députés sur un total possible de 75. Son chef, Jack Layton, a fait une campagne électorale exceptionnelle. Avec un budget très limité, il a réussi l’impossible. Il a su toucher la corde sensible des Québécois et leur montrer que leur avenir politique se retrouve dans un parti national, un parti fédéraliste. L’handicap, c’est qu’ils se retrouvent dans l’opposition officielle. Donc, loin du pouvoir et de la possibilité de générer les grandes décisions, puisque le parti au pouvoir est majoritaire. Mais cela n’est pas la fin du monde.
La majorité des Québécois ne pouvait faire autrement puisqu’elle n’acceptait pas les politiques et les orientations extrêmes du PC. Le vote stratégique des Québécois a été de renforcer l’opposition sociale-démocrate pour freiner la dérive vers la droite où veut l’entraîner le PC. Ils ont eu raison et avec le NDP, ils réussiront peut être non pas à faire fléchir les politiques du PC, dans un avenir rapproché, mais, petit à petit, à ramener l’opinion publique canadienne vers le centre du spectre politique. Ce qui compte, c’est le temps. C’est l’avenir.
Le gouvernement PC sera au pouvoir un peu plus de quatre ans. C’est vite fait et c’est une période courte dans la vie d’un peuple. Durant ce temps, ceux qui ne sont pas de la droite de la droite, pourront ramener le bons sens dans le débat politique canadien. Je ne suis pas de la gauche, mais du centre-droit, et je me sens confortable de m’associer avec les gens de gauche du NDP pour atteindre cet objectif. Je crois que cette position est essentielle pour corriger le tir du PC qui fait trop american republican party.
Le Bloc Québécois (BQ) nous a cassé les oreilles avec ses lamentations et ses exagérations depuis trop longtemps. Ses grands discours, ses accusations à tout vent, ses gémissements et ses cris contre tout ce qui était de nature fédérale, n’ont mené à rien pour le Québec. Enfin, mes compatriotes ont vu clair et ont conclu : « assez, c’est assez ». De 43 députés, le BQ se retrouve à quatre députés. Ce qui est plus grave pour lui, c’est qu’il n’est plus reconnu comme un parti politique canadien (minimum de 12 députés) et qu’il perd les subventions annuelles de plus de 3 millions de $ (86% des revenus totaux du BQ) que lui accordait le gouvernement canadien. Il était temps que cesse cette absurdité.
Le malheur de cette déconfiture du Bloc est le sort réservé à son chef Gilles Duceppe. Ce dernier est un vrai patriote qui a mis son intelligence et sa santé au service de notre nation québécoise. Il l’a fait en gentleman et il mérite toute notre affection et notre reconnaissance. Même si je n’ai jamais été en accord avec ses objectifs, j’ai toujours gardé une admiration réelle envers Gilles Duceppe. J’aurais bien aimé, qu’avant cette élection, il passe le flambeau du leadership à un autre et mette fin à sa carrière politique fédérale. Il en serait alors sorti avec tous les honneurs. Malheureusement, aujourd’hui, il a dû démissionner devant l’amère et écrasante défaite de ses troupes et en sort humilié. Il ne méritait pas cela.
Le parti libéral du Canada (PLC) a subi une défaite démoralisante. Il s’est effondré. Depuis le scandale des commandites, qui continue à le hanter, le PLC souffre. Son chef Mikael Ignatieff a fait une bonne campagne, mais il a démontré qu’il n’est pas un politicien. Et, le succès politique appartient aux politiciens. C’est malheureux, mais c’est comme çà. Le PLC sort de l’élection avec le plus bas score depuis toujours, 34 députés au Canada dont seulement six au Québec. Alors qu’encore récemment, ce parti était reconnu comme le parti de la gouvernance au pays, le voilà relégué aux limbes politiques canadiennes. Il souffre toujours du scandale politique qui a marqué le gouvernement Chrétien et son étiquette « parti libéral », au Québec surtout, l’afflige. Seul le temps l’aidera. Ignatieff a démissionné aussitôt de son poste et le PLC repart à la recherche d’un nouveau chef.
Je demeure convaincu que le PLC a jugé trop vite son ancien chef Stéphane Dion qu’il a blâmé du piètre résultat lors de la dernière élection. Le résultat de celle d’hier est encore pire que celui de Dion qui avait fait élire 77 députés. Je garde un grand respect pour ce dernier, car j’ai la conviction que le Canada a perdu, en sa personne, un leader intelligent, dédié, sincère et grand.
Le Parti Vert (PV) a enfin fait élire son chef à la Chambre des Communes. Mme Élizabeth May a obtenu la confiance des électeurs du comté Saanich-Gulf Islands de l’ouest canadien, près de Victoria. Ils lui ont donné une très belle majorité. J’en suis très heureux. Mme May est une personne renseignée, charismatique, émotive, éloquente, persuasive et dédiée à la cause de l’environnement. Au parlement, elle sera une porte-parole extraordinaire devant le PM Harper pour discuter des effets désastreux de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Le PM a démontré dans le passé qu’il est insensible aux revendications des écologistes. Enfin, il y aura au parlement, une personne capable et crédible pour lui faire face.
Les Canadiens viennent de vivre une élection extraordinaire à laquelle on référera souvent dans l’avenir. L’histoire du Canada raconte que les Québécois ont toujours été les vrais leaders de la politique nationale et, encore un fois, j’ai l’impression qu’ils agissent ainsi. L’intérêt supérieur de notre pays n’est pas de se tourner vers la droite de la droite, là où veut-nous entraîner notre PM Harper. Malheureusement aujourd’hui, nos compatriotes canadiens des autres provinces, ont été amené à pencher de ce côté. L’unité que les Québécois viennent de manifester en concentrant leur vote sur le NDP, un parti fédéraliste, démontre qu’ils veulent combattre sur le même niveau que les Conservateurs. Il est vrai que nous sommes généralement très sociaux-démocrates et que le NDP répond à beaucoup de nos valeurs. Mais il y a plus dans notre geste.
Nous recherchons des politiques de bon sens, des politiques qui répondent à nos aspirations et je dirais même à celles de tous les Canadiens. Ce ne sont pas les machines politiques des grands partis qui nous impressionnent. Nous venons de le démontrer en élisant au Québec, tous les candidats d’un parti dont la majorité, pensant être battue d’avance, n’a même pas fait de campagne sérieuse pour être élue. Nous avons élu des étudiants comme députés, un anglophone qui ne parle pas le français dans un comté 100% francophone, une députée qui était à Las Vegas durant la période électorale, une autre qui était en voyage en France et qui doit revenir pour accepter son mandat, etc… Ce qui comptait c’était le message.
The conservatives are coming… Il faut les aider à bien faire les choses, à notre goût.
Claude Dupras
Le Parti Conservateur du Canada (PC) a réussi l’impossible. Il a gagné une majorité de députés à la Chambre des Communes sans le Québec où il a vu cinq de ses onze députés sortant-de-charge perdre leurs sièges. Trois de ses principaux ministres québécois, dont Lawrence Cannon, vice-premier ministre et ministre des Affaires Extérieures du Canada, ont été défaits Pour une première fois, un parti fédéral a gagné une majorité au Parlement, sans le Québec. C’est tout un tour de force qu’ont réalisé Stephen Harper et ses stratèges politiques. Le PC devait gagner 67% des sièges hors Québec pour atteindre une majorité parlementaire. Réussir cet objectif dans un pays aussi vaste que le Canada, avec une population aussi diversifiée et un paysage politique aussi différent d’une région à l’autre, constitue un tour de force politique hors de l’ordinaire. Finalement, le PC a recueilli 165 sièges, soit dix de plus que la majorité. Même sans ses six élus du Québec, le PC a maintenant 159 députés, soit quatre au dessus de la barre de la majorité. Il peut donc gouverner sans le Québec.
Le Parti Néo-Démocrate (NDP) a aussi connu une soirée électorale unique. La vague de support au parti, prévue par les sondeurs politiques, s’est transformée en un véritable tsunami politique au Québec. Ce parti qui n’avait jamais eu plus d’un député québécois, se retrouve aujourd’hui avec 56 députés sur un total possible de 75. Son chef, Jack Layton, a fait une campagne électorale exceptionnelle. Avec un budget très limité, il a réussi l’impossible. Il a su toucher la corde sensible des Québécois et leur montrer que leur avenir politique se retrouve dans un parti national, un parti fédéraliste. L’handicap, c’est qu’ils se retrouvent dans l’opposition officielle. Donc, loin du pouvoir et de la possibilité de générer les grandes décisions, puisque le parti au pouvoir est majoritaire. Mais cela n’est pas la fin du monde.
La majorité des Québécois ne pouvait faire autrement puisqu’elle n’acceptait pas les politiques et les orientations extrêmes du PC. Le vote stratégique des Québécois a été de renforcer l’opposition sociale-démocrate pour freiner la dérive vers la droite où veut l’entraîner le PC. Ils ont eu raison et avec le NDP, ils réussiront peut être non pas à faire fléchir les politiques du PC, dans un avenir rapproché, mais, petit à petit, à ramener l’opinion publique canadienne vers le centre du spectre politique. Ce qui compte, c’est le temps. C’est l’avenir.
Le gouvernement PC sera au pouvoir un peu plus de quatre ans. C’est vite fait et c’est une période courte dans la vie d’un peuple. Durant ce temps, ceux qui ne sont pas de la droite de la droite, pourront ramener le bons sens dans le débat politique canadien. Je ne suis pas de la gauche, mais du centre-droit, et je me sens confortable de m’associer avec les gens de gauche du NDP pour atteindre cet objectif. Je crois que cette position est essentielle pour corriger le tir du PC qui fait trop american republican party.
Le Bloc Québécois (BQ) nous a cassé les oreilles avec ses lamentations et ses exagérations depuis trop longtemps. Ses grands discours, ses accusations à tout vent, ses gémissements et ses cris contre tout ce qui était de nature fédérale, n’ont mené à rien pour le Québec. Enfin, mes compatriotes ont vu clair et ont conclu : « assez, c’est assez ». De 43 députés, le BQ se retrouve à quatre députés. Ce qui est plus grave pour lui, c’est qu’il n’est plus reconnu comme un parti politique canadien (minimum de 12 députés) et qu’il perd les subventions annuelles de plus de 3 millions de $ (86% des revenus totaux du BQ) que lui accordait le gouvernement canadien. Il était temps que cesse cette absurdité.
Le malheur de cette déconfiture du Bloc est le sort réservé à son chef Gilles Duceppe. Ce dernier est un vrai patriote qui a mis son intelligence et sa santé au service de notre nation québécoise. Il l’a fait en gentleman et il mérite toute notre affection et notre reconnaissance. Même si je n’ai jamais été en accord avec ses objectifs, j’ai toujours gardé une admiration réelle envers Gilles Duceppe. J’aurais bien aimé, qu’avant cette élection, il passe le flambeau du leadership à un autre et mette fin à sa carrière politique fédérale. Il en serait alors sorti avec tous les honneurs. Malheureusement, aujourd’hui, il a dû démissionner devant l’amère et écrasante défaite de ses troupes et en sort humilié. Il ne méritait pas cela.
Le parti libéral du Canada (PLC) a subi une défaite démoralisante. Il s’est effondré. Depuis le scandale des commandites, qui continue à le hanter, le PLC souffre. Son chef Mikael Ignatieff a fait une bonne campagne, mais il a démontré qu’il n’est pas un politicien. Et, le succès politique appartient aux politiciens. C’est malheureux, mais c’est comme çà. Le PLC sort de l’élection avec le plus bas score depuis toujours, 34 députés au Canada dont seulement six au Québec. Alors qu’encore récemment, ce parti était reconnu comme le parti de la gouvernance au pays, le voilà relégué aux limbes politiques canadiennes. Il souffre toujours du scandale politique qui a marqué le gouvernement Chrétien et son étiquette « parti libéral », au Québec surtout, l’afflige. Seul le temps l’aidera. Ignatieff a démissionné aussitôt de son poste et le PLC repart à la recherche d’un nouveau chef.
Je demeure convaincu que le PLC a jugé trop vite son ancien chef Stéphane Dion qu’il a blâmé du piètre résultat lors de la dernière élection. Le résultat de celle d’hier est encore pire que celui de Dion qui avait fait élire 77 députés. Je garde un grand respect pour ce dernier, car j’ai la conviction que le Canada a perdu, en sa personne, un leader intelligent, dédié, sincère et grand.
Le Parti Vert (PV) a enfin fait élire son chef à la Chambre des Communes. Mme Élizabeth May a obtenu la confiance des électeurs du comté Saanich-Gulf Islands de l’ouest canadien, près de Victoria. Ils lui ont donné une très belle majorité. J’en suis très heureux. Mme May est une personne renseignée, charismatique, émotive, éloquente, persuasive et dédiée à la cause de l’environnement. Au parlement, elle sera une porte-parole extraordinaire devant le PM Harper pour discuter des effets désastreux de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Le PM a démontré dans le passé qu’il est insensible aux revendications des écologistes. Enfin, il y aura au parlement, une personne capable et crédible pour lui faire face.
Les Canadiens viennent de vivre une élection extraordinaire à laquelle on référera souvent dans l’avenir. L’histoire du Canada raconte que les Québécois ont toujours été les vrais leaders de la politique nationale et, encore un fois, j’ai l’impression qu’ils agissent ainsi. L’intérêt supérieur de notre pays n’est pas de se tourner vers la droite de la droite, là où veut-nous entraîner notre PM Harper. Malheureusement aujourd’hui, nos compatriotes canadiens des autres provinces, ont été amené à pencher de ce côté. L’unité que les Québécois viennent de manifester en concentrant leur vote sur le NDP, un parti fédéraliste, démontre qu’ils veulent combattre sur le même niveau que les Conservateurs. Il est vrai que nous sommes généralement très sociaux-démocrates et que le NDP répond à beaucoup de nos valeurs. Mais il y a plus dans notre geste.
Nous recherchons des politiques de bon sens, des politiques qui répondent à nos aspirations et je dirais même à celles de tous les Canadiens. Ce ne sont pas les machines politiques des grands partis qui nous impressionnent. Nous venons de le démontrer en élisant au Québec, tous les candidats d’un parti dont la majorité, pensant être battue d’avance, n’a même pas fait de campagne sérieuse pour être élue. Nous avons élu des étudiants comme députés, un anglophone qui ne parle pas le français dans un comté 100% francophone, une députée qui était à Las Vegas durant la période électorale, une autre qui était en voyage en France et qui doit revenir pour accepter son mandat, etc… Ce qui comptait c’était le message.
The conservatives are coming… Il faut les aider à bien faire les choses, à notre goût.
Claude Dupras
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vendredi 29 avril 2011
Mon vote est pour Jack Layton
Jamais j’aurais pensé qu’un jour j’écrirais un billet comme celui-ci. Je suis de centre-droit et j’ai toujours voté ainsi. Me voilà décidé à voter pour un parti de gauche.
Lundi, le 2 mai, je vais voter pour le candidat du Nouveau Parti Démocratique (NDP) de mon comté. Je vote parce que je crois que le temps est venu de bousculer les grands partis traditionnels afin que la politique au Canada reprenne éventuellement la place importante qu’elle mérite dans l’esprit des Canadiens et Canadiennes.
La prestation de Jack Layton, lors du premier débat des chefs en langue anglaise m’a marqué. Soudainement, j’ai ressenti le regret qu’un homme brillant comme lui ne puisse être premier ministre de mon pays puisqu’il dirige un tiers-parti.
Le PM actuel Stephen Harper peut faire élire une majorité de députés. Son parti, le Parti Conservateur du Canada (PC), se prépare depuis longtemps pour atteindre ce but. Par exemple, il a fait en sorte que le budget pour le vaste projet canadien d’infrastructures soit dépensé en grande partie dans les comtés de ses députés. De plus, il a concentré ses efforts électoraux, monétaires et autres, dans une vingtaine de comtés qui avaient glissé entre ses doigts lors de l’élection précédente. Il y a aussi la politique partisane d’Harper au Moyen-Orient, favorable unilatéralement à Israël, qui lui rapporte des fruits dans les circonscriptions où la population juive est concentrée et qui a toujours été fortement libérale. Dans tous ces comtés, le Parti Conservateur (PC) est en avance ou très près de la tête. Mais, et il y a toujours un « mais » en politique, le phénomène Layton peut venir bousculer toutes les prévisions. Le PC est entré dans cette élection avec un appui de 40% de tous les électeurs canadiens et se retrouve aujourd’hui à 35%. Reprendra-t-il le terrain perdu, dans les derniers jours, ou cette baisse s’accentuera-t-elle pour venir miner davantage ses chances de gagner les comtés qu’il juge primordiaux pour obtenir la majorité absolue de la Chambre des Communes ?
Michel Ignatieff, le chef du parti libéral du Canada, fait une belle campagne électorale si on en juge par ses discours de fond. Malheureusement pour lui, ça ne colle pas ! Alors qu’il était bon deuxième, le jour du déclenchement de l’élection, il se retrouve, à la veille du jour du scrutin, troisième avec seulement 22% des votes à l’échelle nationale. Son parti a un problème d’image. En effet, l’étiquette « parti libéral », est actuellement mal vue au Québec. Le désastreux « scandale des commandites » du temps du PM libéral Jean Chrétien n’est pas complètement effacé de la mémoire des Québécois et des Québécoises. De plus, le parti libéral du Québec se retrouve dans les limbes politiques depuis un an, suite au refus de son chef de mettre en place une « Commission royale d’enquête sur la construction » et de la peur qui a envahi les Québécois en rapport avec l’exploration mal engagée du gaz de schiste et mal défendue par le PM québécois, le libéral Jean Charest. Le parti d’Ignatieff est bon dernier au Québec avec un appui qui frise les 15%. C’est pitoyable !
De son côté, le Bloc Québécois panique. De 40% le jour 1, le voilà, trois jours avant les élections, à 22% d’appuis au Québec. C’était impensable, il y a à peine 10 jours. Même son cœur de « purs et durs » rétrécit malgré tous les discours de peur prononcés par son chef, Gilles Duceppe, pour arrêter le tsunami NDP qui s’annonce; malgré tous les blogueurs séparatistes qui cherchent à démontrer que le Bloc va gagner et malgré toutes les grandes vedettes du passé qui interviennent dans le débat pour faire remonter la ferveur bloquiste.
Les électeurs en ont le ras le bol. Ils se révoltent contre l’illogisme de la situation de ces députés séparatistes, grassement payés par le Canada avec de grosses pensions, qui dénigrent et cherchent à briser leur pays. Ils sont révoltés de voir, dans leurs rues, une multitude de grands panneaux publicitaires et de constater l’imposante publicité dans les médias et ailleurs faisant la promotion des candidats du Bloc Québécois, alors qu’ils ont appris que 86% de ces dépenses proviennent de contributions financières du gouvernement du Canada.
L’avance du NDP ne cesse d’augmenter et les sondeurs affirment qu’elle se solidifie. Au pays, le parti de Jack Layton est deuxième. Au Québec, il est premier à 42%, soit 20% de plus que le Bloc Québécois. De plus, et cela a son importance, Jack Layton est celui de tous les chefs qui est préféré comme premier ministre du Canada.
Je voterai pour le NDP car le temps est venu de « brasser la baraque » pour obtenir des politiques réalistes. La position politique du PM Harper est à droite de la droite où on retrouve dans la pénombre GWBush et les Teapartyers. Cela n’est pas dans l’intérêt canadien et ce n’est pas le genre de pays dont je rêve.
Le parti libéral semble incapable actuellement de redevenir le parti des grandes politiques auxquelles il nous a habitués dans le passé. Il s’autodétruit encore. Il lui faudra purger plus de temps dans l’opposition avant que les Canadiens et Canadiennes reprennent confiance en lui.
Duceppe vient d’affirmer à nouveau que « le Bloc se tient debout » mais en ajoutant cette fois « contre les partis Canadiens ». Debout oui, mais avec des paroles en l’air ? Le seul commentaire devant une telle fanfaronnade est un extrait des fables de Jean-Pierre Floriant : « À chacun son métier et les vaches seront bien gardées ! ».
Alors que Duceppe et ses amis accusent le NDP de s’opposer à tout ce que le Québec veut, la réalité est tout autre. En effet, le programme du parti indique que Jack Layton et le NDP :
. Sont favorables au fédéralisme asymétrique en raison du caractère « national » du Québec.
. Sont en accord avec un « droit de retrait avec compensation » de tout programme fédéral qui intervient dans les domaines de juridiction provinciale (tels, santé et éducation).
. Promettent de reconnaître la « décision majoritaire des québécois (50% + 1) » s’il y a un autre référendum.
. Acceptent, pour le Québec, l’ « abolition du pouvoir fédéral de dépenser » dans les champs de ses compétences;
. Dont une majorité de ses députés « s’opposent à l’abolition du registre des armes à feu ».
. Sont favorables à un usage plus grand de la langue française au pays et à l’obligation de « bilinguisme pour les juges de la Cour suprême ».
. Veulent « franciser les communications entre les entreprises fédérales du Québec » et Jack Layton s’est dit favorable à y appliquer les principes de la loi 101 du Québec.
. « Refusent de réduire le poids démocratique du Québec » malgré la démographie qui lui est défavorable.
. « Refusent une commission nationale des valeurs immobilières » au pays, qui au détriment de celle du Québec.
. Veulent établir les « conditions gagnantes » pour que le Québec trouve la place qui lui revient dans le pays.
. et encore…
Cette élection peut donner un gouvernement conservateur, majoritaire ou minoritaire, et une opposition officielle forte dirigée par Jack Layton et ses néo-démocrates. Si cela se réalise, j’en serais heureux car d’un gouvernement conservateur et d’une opposition authentiquement sociale-démocrate et nationale ne peuvent surgir que des débats forts intéressants et importants qui sauront intéresser les Canadiens d’un océan à l’autre à l’autre et les faire participer à nouveau à l’orientation politique du pays. C’est dans le compromis entre les positions de ces deux extrêmes que se trouve le meilleur intérêt des Canadiens et des Québécois en particulier.
Claude Dupras
Lundi, le 2 mai, je vais voter pour le candidat du Nouveau Parti Démocratique (NDP) de mon comté. Je vote parce que je crois que le temps est venu de bousculer les grands partis traditionnels afin que la politique au Canada reprenne éventuellement la place importante qu’elle mérite dans l’esprit des Canadiens et Canadiennes.
La prestation de Jack Layton, lors du premier débat des chefs en langue anglaise m’a marqué. Soudainement, j’ai ressenti le regret qu’un homme brillant comme lui ne puisse être premier ministre de mon pays puisqu’il dirige un tiers-parti.
Le PM actuel Stephen Harper peut faire élire une majorité de députés. Son parti, le Parti Conservateur du Canada (PC), se prépare depuis longtemps pour atteindre ce but. Par exemple, il a fait en sorte que le budget pour le vaste projet canadien d’infrastructures soit dépensé en grande partie dans les comtés de ses députés. De plus, il a concentré ses efforts électoraux, monétaires et autres, dans une vingtaine de comtés qui avaient glissé entre ses doigts lors de l’élection précédente. Il y a aussi la politique partisane d’Harper au Moyen-Orient, favorable unilatéralement à Israël, qui lui rapporte des fruits dans les circonscriptions où la population juive est concentrée et qui a toujours été fortement libérale. Dans tous ces comtés, le Parti Conservateur (PC) est en avance ou très près de la tête. Mais, et il y a toujours un « mais » en politique, le phénomène Layton peut venir bousculer toutes les prévisions. Le PC est entré dans cette élection avec un appui de 40% de tous les électeurs canadiens et se retrouve aujourd’hui à 35%. Reprendra-t-il le terrain perdu, dans les derniers jours, ou cette baisse s’accentuera-t-elle pour venir miner davantage ses chances de gagner les comtés qu’il juge primordiaux pour obtenir la majorité absolue de la Chambre des Communes ?
Michel Ignatieff, le chef du parti libéral du Canada, fait une belle campagne électorale si on en juge par ses discours de fond. Malheureusement pour lui, ça ne colle pas ! Alors qu’il était bon deuxième, le jour du déclenchement de l’élection, il se retrouve, à la veille du jour du scrutin, troisième avec seulement 22% des votes à l’échelle nationale. Son parti a un problème d’image. En effet, l’étiquette « parti libéral », est actuellement mal vue au Québec. Le désastreux « scandale des commandites » du temps du PM libéral Jean Chrétien n’est pas complètement effacé de la mémoire des Québécois et des Québécoises. De plus, le parti libéral du Québec se retrouve dans les limbes politiques depuis un an, suite au refus de son chef de mettre en place une « Commission royale d’enquête sur la construction » et de la peur qui a envahi les Québécois en rapport avec l’exploration mal engagée du gaz de schiste et mal défendue par le PM québécois, le libéral Jean Charest. Le parti d’Ignatieff est bon dernier au Québec avec un appui qui frise les 15%. C’est pitoyable !
De son côté, le Bloc Québécois panique. De 40% le jour 1, le voilà, trois jours avant les élections, à 22% d’appuis au Québec. C’était impensable, il y a à peine 10 jours. Même son cœur de « purs et durs » rétrécit malgré tous les discours de peur prononcés par son chef, Gilles Duceppe, pour arrêter le tsunami NDP qui s’annonce; malgré tous les blogueurs séparatistes qui cherchent à démontrer que le Bloc va gagner et malgré toutes les grandes vedettes du passé qui interviennent dans le débat pour faire remonter la ferveur bloquiste.
Les électeurs en ont le ras le bol. Ils se révoltent contre l’illogisme de la situation de ces députés séparatistes, grassement payés par le Canada avec de grosses pensions, qui dénigrent et cherchent à briser leur pays. Ils sont révoltés de voir, dans leurs rues, une multitude de grands panneaux publicitaires et de constater l’imposante publicité dans les médias et ailleurs faisant la promotion des candidats du Bloc Québécois, alors qu’ils ont appris que 86% de ces dépenses proviennent de contributions financières du gouvernement du Canada.
L’avance du NDP ne cesse d’augmenter et les sondeurs affirment qu’elle se solidifie. Au pays, le parti de Jack Layton est deuxième. Au Québec, il est premier à 42%, soit 20% de plus que le Bloc Québécois. De plus, et cela a son importance, Jack Layton est celui de tous les chefs qui est préféré comme premier ministre du Canada.
Je voterai pour le NDP car le temps est venu de « brasser la baraque » pour obtenir des politiques réalistes. La position politique du PM Harper est à droite de la droite où on retrouve dans la pénombre GWBush et les Teapartyers. Cela n’est pas dans l’intérêt canadien et ce n’est pas le genre de pays dont je rêve.
Le parti libéral semble incapable actuellement de redevenir le parti des grandes politiques auxquelles il nous a habitués dans le passé. Il s’autodétruit encore. Il lui faudra purger plus de temps dans l’opposition avant que les Canadiens et Canadiennes reprennent confiance en lui.
Duceppe vient d’affirmer à nouveau que « le Bloc se tient debout » mais en ajoutant cette fois « contre les partis Canadiens ». Debout oui, mais avec des paroles en l’air ? Le seul commentaire devant une telle fanfaronnade est un extrait des fables de Jean-Pierre Floriant : « À chacun son métier et les vaches seront bien gardées ! ».
Alors que Duceppe et ses amis accusent le NDP de s’opposer à tout ce que le Québec veut, la réalité est tout autre. En effet, le programme du parti indique que Jack Layton et le NDP :
. Sont favorables au fédéralisme asymétrique en raison du caractère « national » du Québec.
. Sont en accord avec un « droit de retrait avec compensation » de tout programme fédéral qui intervient dans les domaines de juridiction provinciale (tels, santé et éducation).
. Promettent de reconnaître la « décision majoritaire des québécois (50% + 1) » s’il y a un autre référendum.
. Acceptent, pour le Québec, l’ « abolition du pouvoir fédéral de dépenser » dans les champs de ses compétences;
. Dont une majorité de ses députés « s’opposent à l’abolition du registre des armes à feu ».
. Sont favorables à un usage plus grand de la langue française au pays et à l’obligation de « bilinguisme pour les juges de la Cour suprême ».
. Veulent « franciser les communications entre les entreprises fédérales du Québec » et Jack Layton s’est dit favorable à y appliquer les principes de la loi 101 du Québec.
. « Refusent de réduire le poids démocratique du Québec » malgré la démographie qui lui est défavorable.
. « Refusent une commission nationale des valeurs immobilières » au pays, qui au détriment de celle du Québec.
. Veulent établir les « conditions gagnantes » pour que le Québec trouve la place qui lui revient dans le pays.
. et encore…
Cette élection peut donner un gouvernement conservateur, majoritaire ou minoritaire, et une opposition officielle forte dirigée par Jack Layton et ses néo-démocrates. Si cela se réalise, j’en serais heureux car d’un gouvernement conservateur et d’une opposition authentiquement sociale-démocrate et nationale ne peuvent surgir que des débats forts intéressants et importants qui sauront intéresser les Canadiens d’un océan à l’autre à l’autre et les faire participer à nouveau à l’orientation politique du pays. C’est dans le compromis entre les positions de ces deux extrêmes que se trouve le meilleur intérêt des Canadiens et des Québécois en particulier.
Claude Dupras
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jeudi 21 avril 2011
Un bon vote pour Jack : pourquoi pas?
Le sondage CROP de ce matin confirme la tendance que plusieurs, comme moi, ressentaient depuis un bon moment. Le Nouveau Parti Démocratique (NDP), parti de gauche, reprend du poil de la bête au point qu’il est maintenant le premier parti au Québec. Il a, à ce jour, 36% d’appuis contre 31% pour le Bloc Québécois. C’est une chute importante, mais non surprenante, pour le Bloc puisqu’il est entré dans cette élection avec un appui de 40% et l’a vu s’évaporer, de sondage en sondage. Et ce n’est pas fini, car la campagne de son chef Gilles Duceppe n’est pas à la hauteur de celles du passé. Il semble fatigué, exaspéré et ne fait que répéter et répéter les mêmes rengaines avec un air offusqué et les mêmes vieux arguments qui ne collent plus à la réalité.
Si le résultat de l’élection du 2 mai prochain se rapproche de ces prévisions, j’en serais très heureux. Cela démontera que les Québécois et Québécoises en ont assez des partis traditionnels d’aujourd’hui qui ne cessent de les désappointer avec leur manque de réalisme et leurs discours vides. Assez c’est assez !
Jack Layton fait une campagne du tonnerre. Il a clairement gagné les débats télévisés et a su se faire comprendre. Il est né et a grandi au Québec et connaît bien les Québécois et leur politique. Il est réaliste, calme, bien préparé et clair dans l’explication de ses politiques. Il a aussi un lieutenant québécois en Thomas Mulcair, le seul député NDP actuellement au Québec, qui est un politicien hors de l’ordinaire et qui sait par ses dires et ses actions obtenir le respect et la confiance des électeurs. D’ailleurs ce dernier est craint par les séparatistes, comme on a pu le lire hier dans le blog de Jean-François Lisée qui, tout en se déclarant son ami, a trouvé moyen de le dénigrer avec des arguments tronqués, simplement pour servir la cause séparatiste.
Si les précisions CROP se concrétisent, il est possible que la contagion anti-establishment des Québécois se propage aux autres provinces, comme en Ontario, aux Maritimes, en Saskatchewan et en Colombie Britannique. Cela bouleversera les partis politiques canadiens.
Le PM conservateur Stephen Harper n’obtiendra pas ainsi la majorité qu’il recherche tant. Un tel résultat sera fort décevant pour les conservateurs et les fera réfléchir sur les qualités politiques et électorales de leur chef qui n’aura jamais gagné une élection majoritaire. Sa campagne électorale actuelle est moche, sans vie et il se présente comme un robot dirigé par ses conseillers de média. Il est « platte » à mourir.
Le Bloc recevra un coup de barre sérieux qui ébranlera les séparatistes du Québec. Gilles Duceppe, qui a fait plus que sa part pour ce parti et a été un chef exceptionnel, voudra probablement quitter la politique. Ce vote démontrera que les Québécois ont finalement compris que ce parti séparatiste-contre-tout-ce-qui-se-fait-au-fédéral ne leur a rien apporté et qu’il est temps que ça change.
Quant au parti libéral avec son chef actuel Mikael Ignatieff, il désappointe. Malgré qu’il ait fait bonne figure lors des débats et ait apporté les meilleurs arguments, ceux-ci ne collent pas dans la mémoire des électeurs. Le sondage indique que le parti se classera le dernier au Québec. Du jamais vu.
Et c’est fort déplorable car le parti libéral a une bonne brochette de candidats compétents, députés sortants, et nouveaux comme Roxanne Stanners dans St-Lambert, qui méritent de gagner. Ignatieff a fait l’erreur de limoger avant les élections, pour une raison injustifiable, son lieutenant Denis Coderre. Ce dernier connaît bien le Québec et tous les rouages de la politique fédérale. Il est respecté par une majorité de Québécois. Il est un homme d’action. Ignatieff l’a remplacé par l’astronaute Garneau, qui malgré son savoir-faire scientifique ne connaît absolument rien à la politique et est le grand absent de cette élection au Québec. Si on se fie au passé, le parti libéral n’est pas tendre avec ses chefs qui perdent une élection générale. Fera-t-il de même avec Ignatieff. Je le crains.
Par contre, rien n’est encore fait, malgré que le sondage indique que le vote NDP se solidifie. J’ai toujours en mémoire la première élection de Jean Charest, alors qu’il était chef du parti Progressiste-conservateur du Canada, et le sondage au Québec qui lui donnait un avantage démesuré sur ses adversaires. Malheureusement pour lui, le ballon se dégonfla avant le jour du scrutin et Charest ne remporta que deux sièges. De même pour Mario Dumont, lors d’une de ses premières campagnes comme chef de l’ADQ, les sondages lui donnaient une avance qui le portait au pouvoir, mais la réalité fut tout autre. Alors soyons calmes, rien n’est encore fait pour Jack Layton et le NDP.
J’espère que les sondages se réaliseront. Cela rendra la politique fédérale plus intéressante, plus près des Québécois et en fera réfléchir plusieurs.
Claude Dupras
Si le résultat de l’élection du 2 mai prochain se rapproche de ces prévisions, j’en serais très heureux. Cela démontera que les Québécois et Québécoises en ont assez des partis traditionnels d’aujourd’hui qui ne cessent de les désappointer avec leur manque de réalisme et leurs discours vides. Assez c’est assez !
Jack Layton fait une campagne du tonnerre. Il a clairement gagné les débats télévisés et a su se faire comprendre. Il est né et a grandi au Québec et connaît bien les Québécois et leur politique. Il est réaliste, calme, bien préparé et clair dans l’explication de ses politiques. Il a aussi un lieutenant québécois en Thomas Mulcair, le seul député NDP actuellement au Québec, qui est un politicien hors de l’ordinaire et qui sait par ses dires et ses actions obtenir le respect et la confiance des électeurs. D’ailleurs ce dernier est craint par les séparatistes, comme on a pu le lire hier dans le blog de Jean-François Lisée qui, tout en se déclarant son ami, a trouvé moyen de le dénigrer avec des arguments tronqués, simplement pour servir la cause séparatiste.
Si les précisions CROP se concrétisent, il est possible que la contagion anti-establishment des Québécois se propage aux autres provinces, comme en Ontario, aux Maritimes, en Saskatchewan et en Colombie Britannique. Cela bouleversera les partis politiques canadiens.
Le PM conservateur Stephen Harper n’obtiendra pas ainsi la majorité qu’il recherche tant. Un tel résultat sera fort décevant pour les conservateurs et les fera réfléchir sur les qualités politiques et électorales de leur chef qui n’aura jamais gagné une élection majoritaire. Sa campagne électorale actuelle est moche, sans vie et il se présente comme un robot dirigé par ses conseillers de média. Il est « platte » à mourir.
Le Bloc recevra un coup de barre sérieux qui ébranlera les séparatistes du Québec. Gilles Duceppe, qui a fait plus que sa part pour ce parti et a été un chef exceptionnel, voudra probablement quitter la politique. Ce vote démontrera que les Québécois ont finalement compris que ce parti séparatiste-contre-tout-ce-qui-se-fait-au-fédéral ne leur a rien apporté et qu’il est temps que ça change.
Quant au parti libéral avec son chef actuel Mikael Ignatieff, il désappointe. Malgré qu’il ait fait bonne figure lors des débats et ait apporté les meilleurs arguments, ceux-ci ne collent pas dans la mémoire des électeurs. Le sondage indique que le parti se classera le dernier au Québec. Du jamais vu.
Et c’est fort déplorable car le parti libéral a une bonne brochette de candidats compétents, députés sortants, et nouveaux comme Roxanne Stanners dans St-Lambert, qui méritent de gagner. Ignatieff a fait l’erreur de limoger avant les élections, pour une raison injustifiable, son lieutenant Denis Coderre. Ce dernier connaît bien le Québec et tous les rouages de la politique fédérale. Il est respecté par une majorité de Québécois. Il est un homme d’action. Ignatieff l’a remplacé par l’astronaute Garneau, qui malgré son savoir-faire scientifique ne connaît absolument rien à la politique et est le grand absent de cette élection au Québec. Si on se fie au passé, le parti libéral n’est pas tendre avec ses chefs qui perdent une élection générale. Fera-t-il de même avec Ignatieff. Je le crains.
Par contre, rien n’est encore fait, malgré que le sondage indique que le vote NDP se solidifie. J’ai toujours en mémoire la première élection de Jean Charest, alors qu’il était chef du parti Progressiste-conservateur du Canada, et le sondage au Québec qui lui donnait un avantage démesuré sur ses adversaires. Malheureusement pour lui, le ballon se dégonfla avant le jour du scrutin et Charest ne remporta que deux sièges. De même pour Mario Dumont, lors d’une de ses premières campagnes comme chef de l’ADQ, les sondages lui donnaient une avance qui le portait au pouvoir, mais la réalité fut tout autre. Alors soyons calmes, rien n’est encore fait pour Jack Layton et le NDP.
J’espère que les sondages se réaliseront. Cela rendra la politique fédérale plus intéressante, plus près des Québécois et en fera réfléchir plusieurs.
Claude Dupras
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mardi 29 mars 2011
Un vote stratégique ?
Des partis politiques peu emballants, un premier ministre peu emballant et une opposition peu emballante ne peuvent que déboucher sur une élection peu emballante. Pour la quatrième fois en huit ans, les Canadiens se retrouvent en élection générale. Et, on est surpris de la diminution de l’intérêt et du niveau de participation qui approche les 50%.
Pour la première fois, une élection fédérale m’intéresse peu. J’ai toujours été un mordu de ces élections et j’y ai participé à tous les niveaux dont celui d’organisateur-en-chef du parti progressiste-conservateur (PPC) et même de candidat. Mais les choses ont tellement changé que la motivation n’existe plus.
Le nouveau parti conservateur (PC) de Stephen Harper gère bien nos sous mais s’imbrique mal dans le genre de vie recherché par une vaste majorité de Canadiens. Il est issu d’un parti d’idéologues et se campe à droite de la droite. Par moment, il fait peur ! De plus, on a pu constater, avec le temps, la faiblesse de ses ministres, dont plusieurs manquent d’envergure et de compréhension de ce qu’est la société canadienne.
Depuis qu’il s’est enfargé dans le scandale des commandites, le parti libéral n’a pu retrouver sa vitesse de croisière de leader de la politique canadienne. Il avait choisi un chef venant du Québec, Stéphane Dion, mais l’a vite remplacé suite à la dernière défaite électorale. Je continue à croire que ce fut une grave erreur de limoger cet intellectuel brillant, motivé, sincère, au sens pratique. On ne lui a pas donné suffisamment de temps pour bien s’adapter à son rôle de chef de parti. Il a été vite remplacé par un autre intellectuel Michel Ignatieff qui, malgré ses efforts, n’a pas su, à ce jour, définir clairement ses positions politiques ni attirer au sein de son parti suffisamment d’hommes et de femmes de valeur comme l’a toujours fait ce grand parti national.
Le Nouveau Parti Démocratique continue à jouer le rôle de défenseur des droits des travailleurs. Sous la direction de Jack Layton, il a su attirer un grand nombre d’électeurs, à cause du manque d’intérêt pour les autres partis. Mais le chef relève d’une maladie et on se demande s’il saura maintenir le rythme endiablé qu’exige une campagne électorale nationale à travers notre grand pays. De toute façon, ce tiers parti ne peut espérer prendre le pouvoir.
Puis il y a le Bloc Québécois, un parti dédié à la séparation du Québec du reste du Canada. Son chef Gilles Duceppe est un leader charismatique et je le respecte. Il ferait un excellent chef du Parti Québécois. Avec son prédécesseur Lucien Bouchard, il a fait élire une majorité de députés du Bloc à chaque élection, depuis sa création en 1991. Le parti dit œuvrer exclusivement aux intérêts du Québec. Membres perpétuels de l’opposition, ses députés n’ont cependant aucun pouvoir et leurs paroles se résument à parler dans le vide. Noircir le plus possible le Canada pour aider le Québec, voilà le sens de leurs actions. Le malheur c’est que le Bloc avec son discours à faveur très nationaliste attire beaucoup trop de Québécois et évide, par conséquent, les autres partis fédéraux d’une représentation québécoise essentielle. En somme, rien de positif.
La campagne électorale a débuté avec l’accusation du PM que l’opposition planifie en secret la création d’une coalition, si Harper est encore minoritaire, pour prendre le pouvoir, puisqu’elle sait qu’elle ne gagnera pas cette élection. Alors que normalement le gouverneur général demande au chef du parti ayant gagné le plus de sièges de former le prochain gouvernement, Harper, élu par 35% de la population, prétend que l’opposition veut se regrouper pour offrir au gouverneur un gouvernement de coalition (représentant près de 65% de l’électorat). Harper s’offusque et qualifie cette manœuvre d’antidémocratique. Pourtant, la Grande-Bretagne, mère de notre système parlementaire, est actuellement dirigée par un gouvernement de coalition. La position du PM est ridicule.
Mais le problème réside dans la participation du Bloc dans cette coalition. Comment un parti fédéral peut-il faire confiance à ces députés séparatistes? En fait, la seule coalition possible est celle du parti libéral et du NDP, deux partis vraiment fédéraux de centre-gauche, à la condition qu’ensemble ils obtiennent plus de 50% des votes et représentent une majorité de députés au parlement. Ce qui est peu probable.
Une autre alternative s’offre aux Québécois. Aujourd’hui, les sondages indiquent que le PC gagnera cette élection avec peu de députés du Québec. Cela placera le Québec dans une position d’autant plus difficile que certaines indications pointent vers une défaite de quelques uns des députés conservateurs actuels de la région de Québec. Cela veut dire que nous nous réveillerons le soir des élections avec moins de 10 députés conservateurs québécois sur 155 au pouvoir et peu d’influence dans le caucus conservateur et le prochain gouvernement. Je crois que beaucoup de Québécois craignent cette éventuelle situation.
L’exemple de 1958 avec le chef unilingue du PPC, John Diefenbaker, peut être une voie de solution. Diefenbaker avait peu de chances de remporter plusieurs comtés au Québec. En fin de campagne, les Québécois, dont le nez politique a toujours été fin, voyant la victoire de Diefenbaker se confirmer, ont opté pour un vote stratégique. Les candidats de Diefenbaker remportèrent 50 comtés et le Québec se retrouva fortement représenté au sein du parti majoritaire à Ottawa. Par la suite, une des décisions importantes prises par Diefenbaker fut de choisir Montréal comme site de l’Expo67 au lieu de Toronto !
Si, en fin de campagne, les sondages prédisent un PC définitivement majoritaire, je ne serais pas surpris d’un tel vote stratégique cette année. Il sera d’autant plus important que pour contrebalancer le pouvoir des réformistes de droite au sein du PC et du gouvernement, il y ait, à côté d’eux, une délégation imposante de députés conservateurs du Québec. Les Québécois sont assez astucieux pour poser un tel geste et forcer ainsi le PM Harper à recentrer son gouvernement.
Claude Dupras
Pour la première fois, une élection fédérale m’intéresse peu. J’ai toujours été un mordu de ces élections et j’y ai participé à tous les niveaux dont celui d’organisateur-en-chef du parti progressiste-conservateur (PPC) et même de candidat. Mais les choses ont tellement changé que la motivation n’existe plus.
Le nouveau parti conservateur (PC) de Stephen Harper gère bien nos sous mais s’imbrique mal dans le genre de vie recherché par une vaste majorité de Canadiens. Il est issu d’un parti d’idéologues et se campe à droite de la droite. Par moment, il fait peur ! De plus, on a pu constater, avec le temps, la faiblesse de ses ministres, dont plusieurs manquent d’envergure et de compréhension de ce qu’est la société canadienne.
Depuis qu’il s’est enfargé dans le scandale des commandites, le parti libéral n’a pu retrouver sa vitesse de croisière de leader de la politique canadienne. Il avait choisi un chef venant du Québec, Stéphane Dion, mais l’a vite remplacé suite à la dernière défaite électorale. Je continue à croire que ce fut une grave erreur de limoger cet intellectuel brillant, motivé, sincère, au sens pratique. On ne lui a pas donné suffisamment de temps pour bien s’adapter à son rôle de chef de parti. Il a été vite remplacé par un autre intellectuel Michel Ignatieff qui, malgré ses efforts, n’a pas su, à ce jour, définir clairement ses positions politiques ni attirer au sein de son parti suffisamment d’hommes et de femmes de valeur comme l’a toujours fait ce grand parti national.
Le Nouveau Parti Démocratique continue à jouer le rôle de défenseur des droits des travailleurs. Sous la direction de Jack Layton, il a su attirer un grand nombre d’électeurs, à cause du manque d’intérêt pour les autres partis. Mais le chef relève d’une maladie et on se demande s’il saura maintenir le rythme endiablé qu’exige une campagne électorale nationale à travers notre grand pays. De toute façon, ce tiers parti ne peut espérer prendre le pouvoir.
Puis il y a le Bloc Québécois, un parti dédié à la séparation du Québec du reste du Canada. Son chef Gilles Duceppe est un leader charismatique et je le respecte. Il ferait un excellent chef du Parti Québécois. Avec son prédécesseur Lucien Bouchard, il a fait élire une majorité de députés du Bloc à chaque élection, depuis sa création en 1991. Le parti dit œuvrer exclusivement aux intérêts du Québec. Membres perpétuels de l’opposition, ses députés n’ont cependant aucun pouvoir et leurs paroles se résument à parler dans le vide. Noircir le plus possible le Canada pour aider le Québec, voilà le sens de leurs actions. Le malheur c’est que le Bloc avec son discours à faveur très nationaliste attire beaucoup trop de Québécois et évide, par conséquent, les autres partis fédéraux d’une représentation québécoise essentielle. En somme, rien de positif.
La campagne électorale a débuté avec l’accusation du PM que l’opposition planifie en secret la création d’une coalition, si Harper est encore minoritaire, pour prendre le pouvoir, puisqu’elle sait qu’elle ne gagnera pas cette élection. Alors que normalement le gouverneur général demande au chef du parti ayant gagné le plus de sièges de former le prochain gouvernement, Harper, élu par 35% de la population, prétend que l’opposition veut se regrouper pour offrir au gouverneur un gouvernement de coalition (représentant près de 65% de l’électorat). Harper s’offusque et qualifie cette manœuvre d’antidémocratique. Pourtant, la Grande-Bretagne, mère de notre système parlementaire, est actuellement dirigée par un gouvernement de coalition. La position du PM est ridicule.
Mais le problème réside dans la participation du Bloc dans cette coalition. Comment un parti fédéral peut-il faire confiance à ces députés séparatistes? En fait, la seule coalition possible est celle du parti libéral et du NDP, deux partis vraiment fédéraux de centre-gauche, à la condition qu’ensemble ils obtiennent plus de 50% des votes et représentent une majorité de députés au parlement. Ce qui est peu probable.
Une autre alternative s’offre aux Québécois. Aujourd’hui, les sondages indiquent que le PC gagnera cette élection avec peu de députés du Québec. Cela placera le Québec dans une position d’autant plus difficile que certaines indications pointent vers une défaite de quelques uns des députés conservateurs actuels de la région de Québec. Cela veut dire que nous nous réveillerons le soir des élections avec moins de 10 députés conservateurs québécois sur 155 au pouvoir et peu d’influence dans le caucus conservateur et le prochain gouvernement. Je crois que beaucoup de Québécois craignent cette éventuelle situation.
L’exemple de 1958 avec le chef unilingue du PPC, John Diefenbaker, peut être une voie de solution. Diefenbaker avait peu de chances de remporter plusieurs comtés au Québec. En fin de campagne, les Québécois, dont le nez politique a toujours été fin, voyant la victoire de Diefenbaker se confirmer, ont opté pour un vote stratégique. Les candidats de Diefenbaker remportèrent 50 comtés et le Québec se retrouva fortement représenté au sein du parti majoritaire à Ottawa. Par la suite, une des décisions importantes prises par Diefenbaker fut de choisir Montréal comme site de l’Expo67 au lieu de Toronto !
Si, en fin de campagne, les sondages prédisent un PC définitivement majoritaire, je ne serais pas surpris d’un tel vote stratégique cette année. Il sera d’autant plus important que pour contrebalancer le pouvoir des réformistes de droite au sein du PC et du gouvernement, il y ait, à côté d’eux, une délégation imposante de députés conservateurs du Québec. Les Québécois sont assez astucieux pour poser un tel geste et forcer ainsi le PM Harper à recentrer son gouvernement.
Claude Dupras
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lundi 11 janvier 2010
La politique politicienne canadienne
Le parti libéral du Canada vient d’entreprendre une campagne publicitaire négative contre le PM Stephen Harper sur les ondes de la télévision et le la radio. Il cherche à le diminuer dans l’opinion publique afin de reprendre du poil de la bête dans les sondages. Il imite ainsi le Parti Conservateur du Canada d’Harper qui par deux fois a fait de telles campagnes. Dans un premier temps, pour salir la réputation de l’ex-chef libéral Stéphane Dion et récemment, pour dénigrer le chef actuel Michel Ignatieff. Dans les deux cas, ces campagnes ont apporté leurs fruits puisque les deux chefs visés ont plongé dans les sondages quelque temps après.
J’avais alors dénoncé ce type de publicité et je le fais encore aujourd’hui. Comment avoir confiance dans nos hommes et femmes politiques s’ils s’adonnent à de telles pratiques d’insinuations mensongères qui n’ont rien à voir avec les problèmes qui nous confrontent ? C’est la raison pour laquelle les citoyens s’intéressent de moins en moins à la politique.
Cette tactique politique de salir impunément l’adversaire nous vient des campagnes électorales américaines où elle est utilisée abondamment par les républicains américains. Ce sont les Conservateurs actuels qui ont initié les Canadiens à cette propagande. Les Libéraux l’avaient alors dénoncée fortement avec raison et décriée sur tous les toits. Dion, un homme d’une intégrité absolue, avait rejeté les suggestions venant de son parti pour répliquer de la même façon car il refusait absolument d’abaisser le débat politique à ce niveau de ruelle. Malheureusement, Ignatieff vient de décider d’imiter Harper et cherche à salir son adversaire. Ce n’est pas à son honneur.
Michel Ignatieff est un bon homme. Il a l’intellect et la préparation pour bien diriger le Canada. Son malheur c’est qu’il ne démontre pas qu’il a le sens politique capable de rallier les Canadiens à sa pensée. Il est loin d’être un Trudeau, un Chrétien, un Diefenbaker ou un Mulroney, pour ne mentionner que ceux-là. Il donne l’impression qu’il n’y a pas dans son entourage des personnes capables de l’aider à gravir les marches du pouvoir.
Un bon exemple est la prorogation du parlement par le PM Harper. Voilà un geste inique. Certes Ignatieff a réagi et a attaqué cette décision de son adversaire mais sa parole s’envole et ne laisse pas de trace. Ce sont les éditorialistes et les intellectuels du Canada qui font la bataille. Ce sont eux qui soulèvent les citoyens contre cet affront à la démocratie canadienne. Certes le sujet est difficile à comprendre et c’est justement pourquoi c’est à Ignatieff que revient la responsabilité de bien l’expliquer aux Canadiens afin qu’ils reconnaissent l’ampleur de la faute. Ils doivent comprendre que la prorogation est une mesure exceptionnelle pour temps de crise ou pour relancer un gouvernement qui a complété l'essentiel de son programme législatif et non un moyen pour servir les intérêts du parti au pouvoir, que la décision du PM est une tentative de mettre fin à la controverse des détenus afghans et le désir de prendre le contrôle total des comités du Sénat grâce aux cinq nouveaux sénateurs qu’il nommera bientôt et qui lui donneront une majorité conservatrice à la chambre rouge, pour la première fois.
De l’ouest à l’est, comme vient de le souligner Le Devoir, on peut lire des analyses solides dans les éditoriaux des journaux pour contrer les raisons invoquées par le PM pour justifier la fermeture du parlement pour trois mois.
Dans l’ouest, où le PC est fortement majoritaire, le Calgary Herald qualifie la décision de «coup politique cynique» et de «calcul politique brut». L’Edmonton Journal, d’« une manoeuvre politique évidente» qui «est répréhensible et déshonorante». Le Regina Leader-Post parle « d’un premier ministre canadien qui manipule le système pour accommoder ses intérêts politiques » et d'un « mépris jamais vu pour les principes démocratiques ». Le Winnipeg Free Press souligne que « les politiciens devraient se rappeler que les causes nobles ne font pas fi des principes, elles s'appuient sur eux ».
En Ontario, l’Hamilton Spectator affirme que cela « n'a rien à voir avec ce qui est bon pour le Canada, la démocratie ou les Olympiques, mais avec ce que Harper croit bon pour les conservateurs fédéraux » et qu’ « il s'agit d'un abus effrayant du processus démocratique, ce qui n'était pas l'intention derrière le mécanisme de la prorogation ». L’Ottawa Citizen parle de « l'arrogance » du PM et souligne qu’il ne rate pas une occasion « d'être cynique, secret et radicalement partisan, même quand cela n'est pas nécessaire » et conclut « cela est devenu une bien laide habitude ». Le Globe and Mail de Toronto explique « ces gestes sont une insulte à l'endroit du Parlement, y compris à l'endroit de la gouverneure générale Michaëlle Jean, et ne servent qu'à rabaisser les institutions nationales du Canada ».
Quant à l’éditorialiste montréalais de La Presse, André Pratte, il écrit « Stephen Harper est arrogant? Oui. Partisan? À l'excès. Ce n'est pas une raison pour décrire la prorogation comme s'il s'agissait d'un coup d'État ». Je n’ai entendu personne qualifier ainsi la prorogation.
Michel Ignatieff ne semble pas capable de saisir la balle au bond. Au lieu d’engager une campagne négative contre la personne de Stephen Harper, c’est sur le sujet de la prorogation que devrait porter ses « spots » publicitaires avec des arguments qui sont réels, tels : que notre pays est en guerre, qu’un débat sur notre politique de défense devient nécessaire, que le parlement est la seule institution capable de demander des comptes au gouvernement, que la prorogation prend sa vraie dimension dans l’examen de tout le comportement de ce gouvernement, que les comités de la chambre des commune et du sénat sont en pleine action, que 106 projets de lois sont au feuilleton, etc.
Le PM Harper s’avère être un expert de la politique politicienne. Il sera difficile à déloger de son poste de PM car, comme sa machine électorale qui est bien rôdée et financée, il est prêt à tout faire pour gagner. Il sait que les élections sont un commerce d’images et d’illusions. Il n’hésite pas à abuser des traditions parlementaires, avec une arrogance autocratique, pour ses propres fins. C’est là la dimension du défi de l’opposition et particulièrement du parti libéral du Canada. Michel Ignatieff doit trouver d’ici la prochaine élection le moyen de s’imposer dans l’opinion publique. Il ne peut constamment changer de position ou utiliser des arguments qui ne frappent pas le clou sur la tête. Il ne doit pas s’abaisser au niveau des tactiques de son adversaire pour gagner. S’il continue sur la voie actuelle, il est foutu et son parti aussi. Il doit être perçu comme un grand homme, solide, convaincu et prêt à être le leader du pays. Il doit être suffisamment habile et un pédagogue convaincant pour secouer l’opinion publique et la sortir de sa torpeur. En est-il capable ? J’en doute.
Claude Dupras
J’avais alors dénoncé ce type de publicité et je le fais encore aujourd’hui. Comment avoir confiance dans nos hommes et femmes politiques s’ils s’adonnent à de telles pratiques d’insinuations mensongères qui n’ont rien à voir avec les problèmes qui nous confrontent ? C’est la raison pour laquelle les citoyens s’intéressent de moins en moins à la politique.
Cette tactique politique de salir impunément l’adversaire nous vient des campagnes électorales américaines où elle est utilisée abondamment par les républicains américains. Ce sont les Conservateurs actuels qui ont initié les Canadiens à cette propagande. Les Libéraux l’avaient alors dénoncée fortement avec raison et décriée sur tous les toits. Dion, un homme d’une intégrité absolue, avait rejeté les suggestions venant de son parti pour répliquer de la même façon car il refusait absolument d’abaisser le débat politique à ce niveau de ruelle. Malheureusement, Ignatieff vient de décider d’imiter Harper et cherche à salir son adversaire. Ce n’est pas à son honneur.
Michel Ignatieff est un bon homme. Il a l’intellect et la préparation pour bien diriger le Canada. Son malheur c’est qu’il ne démontre pas qu’il a le sens politique capable de rallier les Canadiens à sa pensée. Il est loin d’être un Trudeau, un Chrétien, un Diefenbaker ou un Mulroney, pour ne mentionner que ceux-là. Il donne l’impression qu’il n’y a pas dans son entourage des personnes capables de l’aider à gravir les marches du pouvoir.
Un bon exemple est la prorogation du parlement par le PM Harper. Voilà un geste inique. Certes Ignatieff a réagi et a attaqué cette décision de son adversaire mais sa parole s’envole et ne laisse pas de trace. Ce sont les éditorialistes et les intellectuels du Canada qui font la bataille. Ce sont eux qui soulèvent les citoyens contre cet affront à la démocratie canadienne. Certes le sujet est difficile à comprendre et c’est justement pourquoi c’est à Ignatieff que revient la responsabilité de bien l’expliquer aux Canadiens afin qu’ils reconnaissent l’ampleur de la faute. Ils doivent comprendre que la prorogation est une mesure exceptionnelle pour temps de crise ou pour relancer un gouvernement qui a complété l'essentiel de son programme législatif et non un moyen pour servir les intérêts du parti au pouvoir, que la décision du PM est une tentative de mettre fin à la controverse des détenus afghans et le désir de prendre le contrôle total des comités du Sénat grâce aux cinq nouveaux sénateurs qu’il nommera bientôt et qui lui donneront une majorité conservatrice à la chambre rouge, pour la première fois.
De l’ouest à l’est, comme vient de le souligner Le Devoir, on peut lire des analyses solides dans les éditoriaux des journaux pour contrer les raisons invoquées par le PM pour justifier la fermeture du parlement pour trois mois.
Dans l’ouest, où le PC est fortement majoritaire, le Calgary Herald qualifie la décision de «coup politique cynique» et de «calcul politique brut». L’Edmonton Journal, d’« une manoeuvre politique évidente» qui «est répréhensible et déshonorante». Le Regina Leader-Post parle « d’un premier ministre canadien qui manipule le système pour accommoder ses intérêts politiques » et d'un « mépris jamais vu pour les principes démocratiques ». Le Winnipeg Free Press souligne que « les politiciens devraient se rappeler que les causes nobles ne font pas fi des principes, elles s'appuient sur eux ».
En Ontario, l’Hamilton Spectator affirme que cela « n'a rien à voir avec ce qui est bon pour le Canada, la démocratie ou les Olympiques, mais avec ce que Harper croit bon pour les conservateurs fédéraux » et qu’ « il s'agit d'un abus effrayant du processus démocratique, ce qui n'était pas l'intention derrière le mécanisme de la prorogation ». L’Ottawa Citizen parle de « l'arrogance » du PM et souligne qu’il ne rate pas une occasion « d'être cynique, secret et radicalement partisan, même quand cela n'est pas nécessaire » et conclut « cela est devenu une bien laide habitude ». Le Globe and Mail de Toronto explique « ces gestes sont une insulte à l'endroit du Parlement, y compris à l'endroit de la gouverneure générale Michaëlle Jean, et ne servent qu'à rabaisser les institutions nationales du Canada ».
Quant à l’éditorialiste montréalais de La Presse, André Pratte, il écrit « Stephen Harper est arrogant? Oui. Partisan? À l'excès. Ce n'est pas une raison pour décrire la prorogation comme s'il s'agissait d'un coup d'État ». Je n’ai entendu personne qualifier ainsi la prorogation.
Michel Ignatieff ne semble pas capable de saisir la balle au bond. Au lieu d’engager une campagne négative contre la personne de Stephen Harper, c’est sur le sujet de la prorogation que devrait porter ses « spots » publicitaires avec des arguments qui sont réels, tels : que notre pays est en guerre, qu’un débat sur notre politique de défense devient nécessaire, que le parlement est la seule institution capable de demander des comptes au gouvernement, que la prorogation prend sa vraie dimension dans l’examen de tout le comportement de ce gouvernement, que les comités de la chambre des commune et du sénat sont en pleine action, que 106 projets de lois sont au feuilleton, etc.
Le PM Harper s’avère être un expert de la politique politicienne. Il sera difficile à déloger de son poste de PM car, comme sa machine électorale qui est bien rôdée et financée, il est prêt à tout faire pour gagner. Il sait que les élections sont un commerce d’images et d’illusions. Il n’hésite pas à abuser des traditions parlementaires, avec une arrogance autocratique, pour ses propres fins. C’est là la dimension du défi de l’opposition et particulièrement du parti libéral du Canada. Michel Ignatieff doit trouver d’ici la prochaine élection le moyen de s’imposer dans l’opinion publique. Il ne peut constamment changer de position ou utiliser des arguments qui ne frappent pas le clou sur la tête. Il ne doit pas s’abaisser au niveau des tactiques de son adversaire pour gagner. S’il continue sur la voie actuelle, il est foutu et son parti aussi. Il doit être perçu comme un grand homme, solide, convaincu et prêt à être le leader du pays. Il doit être suffisamment habile et un pédagogue convaincant pour secouer l’opinion publique et la sortir de sa torpeur. En est-il capable ? J’en doute.
Claude Dupras
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vendredi 2 octobre 2009
La colère de Coderre
Denis Coderre, lieutenant québécois du chef du Parti Libéral du Canada (PLC), vient de quitter son poste avec fracas. De plus, il a démissionné de son poste de critique de l’opposition officielle du Ministère de la Défense, au parlement. Ses gestes sont surprenants d’autant plus que des élections fédérales prochaines sont possibles puisque le gouvernement canadien du Parti Conservateur du Canada fait face à une motion de confiance proposée par le PLC.
Je connais Denis Coderre depuis longtemps et j’ai toujours admiré son enthousiasme, sa ténacité et sa fougue à servir la cause de son parti. Il y œuvre depuis sa jeunesse. Plus libéral que lui, on n’en trouve pas. Il a été trois fois candidat dans des comtés-châteaux-forts de partis adverses où il avait été mis en nomination par aider la cause son parti. Nonobstant la forte probabilité de défaite, il s’est, chaque fois, battu admirablement bien mais sans succès. Finalement, il s’est fait élire dans le comté de Montréal-Nord où il est un député fédéral bien apprécié puisqu’il a été maintes fois réélu, même lorsque son parti n’avait pas la cote et fut rejeté. Il a été ministre.
Depuis la descente aux enfers du PLC suite au scandale des commandites, Coderre n’a pas lâché. Il a tout fait pour aider son parti à relever la tête. Au congrès de leadership pour choisir un nouveau chef, il a pris parti pour Michael Ignatieff qui fut défait par Stéphane Dion. Coderre se rallia à ce dernier et donna le meilleur de lui-même. Dion perdit l’élection qui suivit, démissionna et Ignatieff fut appelé à le remplacer comme chef du PLC.
Le PLC était alors en plein désarroi au Québec avec un nombre de députés minimum. Ignatieff, dont la popularité reprenait du poil de la bête au Canada et particulièrement au Québec, décida, suite à une longue tradition, de se donner un lieutenant politique québécois, chargé des affaires du parti. Un genre de sous-chef. Ce poste fut brillamment rempli dans le passé par des Ernest Lapointe et des Marc Lalonde qui eurent une influence importante sur l’organisation du parti et sur la politique canadienne. Ignatieff choisit Denis Coderre pour remplir cette tâche importante. À mon point de vue, ce fut une erreur car Coderre n’est ni un Lapointe ni un Lalonde. Comme organisateur, oui, mais comme politique, non. Il aurait dû être nommé président d’un comité organisateur en vue des prochaines élections.
Coderre a fait un travail remarquable pour rebâtir le parti. Il a redonné un regain de vie aux troupes libérales québécoises. Il a créé une structure organisationnelle efficace, trouvé du financement par des activités démocratiques, fait choisir près de 90% des candidats, établi une stratégie électorale, bien représenté le parti dans tous les coins de la province et n’a cessé d’appuyer loyalement son chef en tout moment. Il a fait preuve d’un dévouement inlassable et d’une maîtrise exceptionnelle de l’appareil électoral du parti au Québec.
Pour atteindre les objectifs de son comité, il a dû, par la force des choses, piler sur certains orteils et cela a fait mal à plusieurs. Il a fait ce qu’il fallait faire pour réussir. Mais, il y en a toujours qui sont là pour chialer, critiquer et se plaindre. Ces derniers sont normalement ceux qui ne font rien et qui ne sont pas capables de faire quoi que ce soit de pratico-pratique. Coderre a su naviguer parmi ces eaux troubles et a maintenu son cap. Malheureusement, une dispute s’est développée pour le choix du candidat dans le comté d’Outremont, où l’ex député-ministre Martin Cauchon, qui avait, lâchement, quitté la barque libérale de la dernière élection alors qu’elle coulait, a voulu, puisque le vent est revenu dans les voiles du parti, reprendre son poste de député. Coderre refusa car il avait choisi une candidate très valable pour remplir ce poste et même décidé de l’imposer aux libéraux du comté en outre-passant une assemblée de mise-en-nomination ouverte à tous. Ce fut une erreur. Ignatieff refusa et décida que l’assemblée devait avoir lieu et que Cauchon pourrait y être candidat.
Face à la décision de son chef, Coderre jugea que son autorité était minée et il démissionna. Une autre erreur. De plus, sa fracassante sortie s’accompagna de dénonciations indirectes envers son chef sur la place publique lorsqu’il affirma que les décisions importantes en rapport avec l’organisation électorale de son parti au Québec étaient prises par les anglais à Toronto. Une autre erreur.
J’ai été dans la même position que Coderre pour le parti progressiste-conservateur du Canada (PPCC) sous Stanfield. Je tirais tous les cordons pour l’élection de 1972. J’ai connu ces moments difficiles où il fallait discuter longuement avec les autres membres de l’organisation nationale qui ne favorisaient pas nécessairement nos approches. Je ne gagnais pas toujours mon point, tout comme les autres membres des autres provinces ne gagnaient pas toujours les leurs. C’est ça un parti national ! Mon rôle et celui des autres Québécois qui y participaient nous a permis d’influencer les affaires nationales du parti. C’est ainsi que le PPCC s’est transformé pour devenir un parti pour tous les Canadiens et cela s’est avéré réel lorsque la porte s’est finalement ouverte pour la venue du premier Québécois comme chef, Brian Mulroney.
Coderre a nui à son parti en agissant comme il l’a fait. Sa décision intempestive est inexplicable pour moi. Il est triste de constater qu’un partisan aussi dévoué à un parti politique pose des gestes qui risquent d’entacher l’image de son parti, surtout à la veille d’une élection. Il a eu tort de démissionner et de tout foutre en l’air. Il a agi de façon irresponsable et a donné l’impression qu’il se prenait pour un général alors qu’il était lieutenant.
Denis Coderre est un homme travaillant, dévoué, sincère et dynamique. J’espère qu’il va se ressaisir et continuer à bien servir Montréal, le Québec et le Canada.
Claude Dupras
Je connais Denis Coderre depuis longtemps et j’ai toujours admiré son enthousiasme, sa ténacité et sa fougue à servir la cause de son parti. Il y œuvre depuis sa jeunesse. Plus libéral que lui, on n’en trouve pas. Il a été trois fois candidat dans des comtés-châteaux-forts de partis adverses où il avait été mis en nomination par aider la cause son parti. Nonobstant la forte probabilité de défaite, il s’est, chaque fois, battu admirablement bien mais sans succès. Finalement, il s’est fait élire dans le comté de Montréal-Nord où il est un député fédéral bien apprécié puisqu’il a été maintes fois réélu, même lorsque son parti n’avait pas la cote et fut rejeté. Il a été ministre.
Depuis la descente aux enfers du PLC suite au scandale des commandites, Coderre n’a pas lâché. Il a tout fait pour aider son parti à relever la tête. Au congrès de leadership pour choisir un nouveau chef, il a pris parti pour Michael Ignatieff qui fut défait par Stéphane Dion. Coderre se rallia à ce dernier et donna le meilleur de lui-même. Dion perdit l’élection qui suivit, démissionna et Ignatieff fut appelé à le remplacer comme chef du PLC.
Le PLC était alors en plein désarroi au Québec avec un nombre de députés minimum. Ignatieff, dont la popularité reprenait du poil de la bête au Canada et particulièrement au Québec, décida, suite à une longue tradition, de se donner un lieutenant politique québécois, chargé des affaires du parti. Un genre de sous-chef. Ce poste fut brillamment rempli dans le passé par des Ernest Lapointe et des Marc Lalonde qui eurent une influence importante sur l’organisation du parti et sur la politique canadienne. Ignatieff choisit Denis Coderre pour remplir cette tâche importante. À mon point de vue, ce fut une erreur car Coderre n’est ni un Lapointe ni un Lalonde. Comme organisateur, oui, mais comme politique, non. Il aurait dû être nommé président d’un comité organisateur en vue des prochaines élections.
Coderre a fait un travail remarquable pour rebâtir le parti. Il a redonné un regain de vie aux troupes libérales québécoises. Il a créé une structure organisationnelle efficace, trouvé du financement par des activités démocratiques, fait choisir près de 90% des candidats, établi une stratégie électorale, bien représenté le parti dans tous les coins de la province et n’a cessé d’appuyer loyalement son chef en tout moment. Il a fait preuve d’un dévouement inlassable et d’une maîtrise exceptionnelle de l’appareil électoral du parti au Québec.
Pour atteindre les objectifs de son comité, il a dû, par la force des choses, piler sur certains orteils et cela a fait mal à plusieurs. Il a fait ce qu’il fallait faire pour réussir. Mais, il y en a toujours qui sont là pour chialer, critiquer et se plaindre. Ces derniers sont normalement ceux qui ne font rien et qui ne sont pas capables de faire quoi que ce soit de pratico-pratique. Coderre a su naviguer parmi ces eaux troubles et a maintenu son cap. Malheureusement, une dispute s’est développée pour le choix du candidat dans le comté d’Outremont, où l’ex député-ministre Martin Cauchon, qui avait, lâchement, quitté la barque libérale de la dernière élection alors qu’elle coulait, a voulu, puisque le vent est revenu dans les voiles du parti, reprendre son poste de député. Coderre refusa car il avait choisi une candidate très valable pour remplir ce poste et même décidé de l’imposer aux libéraux du comté en outre-passant une assemblée de mise-en-nomination ouverte à tous. Ce fut une erreur. Ignatieff refusa et décida que l’assemblée devait avoir lieu et que Cauchon pourrait y être candidat.
Face à la décision de son chef, Coderre jugea que son autorité était minée et il démissionna. Une autre erreur. De plus, sa fracassante sortie s’accompagna de dénonciations indirectes envers son chef sur la place publique lorsqu’il affirma que les décisions importantes en rapport avec l’organisation électorale de son parti au Québec étaient prises par les anglais à Toronto. Une autre erreur.
J’ai été dans la même position que Coderre pour le parti progressiste-conservateur du Canada (PPCC) sous Stanfield. Je tirais tous les cordons pour l’élection de 1972. J’ai connu ces moments difficiles où il fallait discuter longuement avec les autres membres de l’organisation nationale qui ne favorisaient pas nécessairement nos approches. Je ne gagnais pas toujours mon point, tout comme les autres membres des autres provinces ne gagnaient pas toujours les leurs. C’est ça un parti national ! Mon rôle et celui des autres Québécois qui y participaient nous a permis d’influencer les affaires nationales du parti. C’est ainsi que le PPCC s’est transformé pour devenir un parti pour tous les Canadiens et cela s’est avéré réel lorsque la porte s’est finalement ouverte pour la venue du premier Québécois comme chef, Brian Mulroney.
Coderre a nui à son parti en agissant comme il l’a fait. Sa décision intempestive est inexplicable pour moi. Il est triste de constater qu’un partisan aussi dévoué à un parti politique pose des gestes qui risquent d’entacher l’image de son parti, surtout à la veille d’une élection. Il a eu tort de démissionner et de tout foutre en l’air. Il a agi de façon irresponsable et a donné l’impression qu’il se prenait pour un général alors qu’il était lieutenant.
Denis Coderre est un homme travaillant, dévoué, sincère et dynamique. J’espère qu’il va se ressaisir et continuer à bien servir Montréal, le Québec et le Canada.
Claude Dupras
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