Affichage des articles dont le libellé est politique américaine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est politique américaine. Afficher tous les articles

jeudi 25 octobre 2012

Mitt Romney : le caméléon

Fils d’un ex-gouverneur du Michigan qui chercha en vain à devenir candidat présidentiel de son parti, candidat défait au sénat contre Ted Kennedy, élu gouverneur du Massachussetts, aspirant défait à la candidature présidentielle républicaine en 2008 et finalement candidat républicain contre le président Barack Obama en 2012, Mitt Romney a une longue expérience électorale et politique qui lui a permis de comprendre mieux que quiconque que la politique est un commerce d’images et d’illusions.

Il y a à peine quelques mois, lors des primaires du parti républicain qui précédèrent la convention du parti à Tampa en fin d’août dernier, le discours de Romney se situait à droite et à droite de la droite. Ce fut sa stratégie pour gagner la majorité de ces élections et devenir le candidat présidentiel de son parti. Le parti était dominé par les teapartyers, les évangélistes, les riches, les pétrolières, les fabricants de produits pharmaceutiques, etc., et, depuis 2010 par une nouvelle majorité à la Chambre des Représentants, élus grâce à leur politique de droite radicale.

Romney s’adapta à chaque occasion et n’y alla pas avec le dos de la cuillère pour se montrer sympathique. Les principes politiques ne pesaient pas lourds dans son argumentation. Il s’agissait pour lui de dire, tout en ayant l’air sérieux, ce que les républicains de ces États voulaient entendre, nonobstant ce que pouvait en penser une majorité d’Américains qui exprimaient leur désaccord dans les sondages.

Il atteignit son objectif et sortit victorieux de Tampa. Puis, avec sa nomination en poche, le toujours pragmatique Romney changea sa stratégie du tout au tout dans le but de convaincre une majorité d’Américains qu’il serait un bon président. Pour satisfaire son clan de droite, il choisit leur idole, le représentant Paul Ryan pour être son vice-président. Puis, il se repositionna politiquement. Sans gêne, il devint, par ses discours, centriste avec un penchant soit à gauche, soit à droite, dépendant des circonstances, avec le défi de maintenir sa crédibilité.

Et Romney l’a fait, et le fait très bien. Au point que le sondage de ce matin (24/10/12) de Gallup lui donne une avance de 5% des électeurs probables. Un revirement sensationnel qui découle principalement du premier des trois débats entre les deux opposants. Lors de cette rencontre, Obama, sûr de l’avance qu’il avait à ce moment-là dans les sondages, a cherché à maintenir le statuquo. De son côté, Romney a adopté un ton positif, poli, respectueux, dynamique, intelligent et clair. Il a démontré une attitude présidentielle qu’on ne lui connaissait pas. Il a réussi sa prestation au point qu’il a placé Obama sur la défensive. Il a agréablement surpris et les Américains l’ont soudainement aimé.

On sait que lors d’élections, les électeurs donnent généralement plus d’importance au caractère du candidat qu’à ses politiques. « Est-ce que je l’aime ? », pensent-ils. Récemment, les campagnes anti-sarkozistes et anti-charestistes en sont une démonstration et les ont amenés à ne pas aimer Nicolas Sarkozy ou Jean Charest.

Les citoyens ne comprennent pas tout ce qui se dit en période électorale mais ils veulent avoir le sentiment que le candidat sait de quoi il parle. C’est l’impression que Romney a laissée. Depuis, il grimpe dans les sondages. Les deux autres débats qui ont suivi, ont été gagnés par Obama, mais Romney n’a pas perdu de plumes. Pourquoi ?

Gallup nous donne des indices en soulignant l’effritement du vote des femmes, des latinos et de la gauche qui étaient à la base de la victoire de 2008 d’Obama.

Les femmes critiquent Obama pour avoir éviter de parler, durant le débat, de la contraception, du salaire égal et de l’attitude qui règne à Washington envers les femmes et leur rôle en politique.

Les latinos sont profondément déçus d’Obama à cause de son manque d’action pour la réforme des lois d’immigration.

La gauche américaine exprime son désappointement envers Obama à cause de promesses électorales non respectées : taxes des riches, Guantanamo…

Les sondages ne veulent pas nécessairement dire que Romney va gagner car un président américain n’est pas élu directement par le suffrage de tous les américains, mais par les grands électeurs de chaque État dont le nombre est lié à sa population. Ces électeurs sont choisis en proportion des votes recueillis par chacun des candidats dans chacun des États.

Il y a 538 grands électeurs et la majorité à atteindre pour devenir président des USA est de 270. Comme ailleurs, il y a des États qui sont fortement probables ou solides pour les démocrates ou les républicains. Ils représentent actuellement, selon les observateurs avertis, 201 grands électeurs pour Obama et 206 pour Romney. L’élection se joue donc dans les États indécis : Colorado (9 grands électeurs), Floride (29), Iowa (6), Michigan (16), Nevada (6), New Hampshire (4), Ohio (18) Pennsylvanie (20), Virginie (13) et le Wisconsin (10). Sur ces 131 grands électeurs de ces États, Obama doit en gagner 69 et Romney 63 pour être élu. De toute évidence, c’est très serré !

Pour rallier les États indécis à sa cause, chaque candidat devra s’adresser directement aux problèmes de chacun. En voici quelques exemples :

Au Michigan, où Mitt Romney à grandi et où son père a été fabricant d’automobiles et gouverneur, c’est la relance des grandes compagnies GM, Chrysler, etc… qui prime.

En Floride, c’est le très grand nombre de retraités qui craint les coupures dans la sécurité sociale et le Medicare.

L’économie de l’Ohio est malade et la classe moyenne souffre. Là, plus qu’ailleurs, on blâme la mondialisation pour la perte d’emplois et les coupures draconiennes proposées par les républicains de l’État.

En Pennsylvanie, c’est la population qui diminue.

Paul Ryan est un élu du Wisconsin. Mais il y a beaucoup de méfiance envers lui à cause de son approche budgétaire et de sa volonté de transférer au privé le plus grand nombre de programmes sociaux pour couper dans les dépenses.

En Virginie, comme ailleurs dans le sud américain, où le nombre de latinos et de noir croît, il y a des tensions nouvelles qui se dessinent.

La population de l’Iowa est généralement plus âgée et pour elle la stabilité des programmes sociaux et de santé est importante. L’agriculture est capitale et compte sur la continuation des subsides fédéraux.

Le Colorado change vite. Sa population estudiantine augmente rapidement ainsi que le nombre des latinos qui représente 22% de la population. L’économie est relativement bonne.

Le Nevada a un des plus hauts taux de chômage du pays. Il en est de même pour le nombre de familles qui ont perdu leur maison. Le manque d’emplois et la diminution des valeurs immobilières sont les problèmes principaux.

À ce jour, il semble que le caméléon Romney est sur la bonne voie. Mais rien n’est certain, puisque durant les derniers jours, la cote d’Obama s’est améliorée de 2% dans le Gallup.

Mais si j’étais Obama, je serais nerveux suite à des propos d’anciens supporteurs importants. Ted Turner, le fondateur de CNN, vient d’affirmer « Même si je ne suis pas en accord avec beaucoup de ce que Romney dit, je crois qu’il fera un bon président ». De même, Georges Soros, milliardaire américain, philanthrope, décrit l’administration Obama comme étant fatiguée. L’ex-président Jimmy Carter reconnaît que Romney a montré sa compétence comme gouverneur et organisateur des JO de l’Utah et ajoute « je serais confortable avec Romney comme président ».

Je crois que les électeurs américains doivent se poser la question « qui est le vrai Romney ? ». C’est la réponse qui déterminera qui sera le prochain président des États-Unis.

Claude Dupras

mardi 10 avril 2012

Deux candidats diamétralement opposés : Romney et Hollande

Mitt Romney deviendra sans aucun doute le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre prochain. François Hollande, candidat du parti socialiste français, fera face au président Nicolas Sarkozy lors du deuxième tour de l’élection présidentielle. Romney et Hollande ont d’excellentes chances de devenir président de leur pays.

Récemment, ils viennent de confirmer leur programme électoral économique et les actions qu’ils proposent prendre dès leur prise de pouvoir. Hollande a expliqué le sien avec force détails, il y a quelques jours, lors d’un long discours à Rennes. Romney vient tout juste de promettre de faire sien le rapport Ryan « The path to prosperity », du comité de la Chambre des Représentants sur le budget, et de le faire adopter dès sa rentrée à la Maison Blanche en janvier prochain.

Les deux programmes sont diamétralement opposés. L’Américain coupe les programmes, les dépenses et les taxes. Le Français les augmente tous. Qui a raison ?

Dans un premier temps, le plan Ryan-Romney annule la loi sur les soins de santé de 2010 du président Obama et du sénateur défunt Ted Kennedy. Surnommée Obamacare, elle a été créée pour fournir une assurance santé à 35 millions d'Américains qui en sont privés et pour réduire le trou de 43 milliards de dollars creusé par les non-assurés.

Romney supprime l’obligation pour tous les citoyens américains d’obtenir une assurance-maladie.

Romney élimine le programme Medicare, le système gouvernemental d'assurance-santé au bénéfice des personnes de plus de 65 ans, pour tous les Américains nés après 1956.

Il remplace le tout par un nouveau programme de coupons, ou bons-d’échanges, avec lesquels chaque Américain pourra négocier et acheter une police d’assurance-santé d’une compagnie privée.

Les paiements des primes seront versés directement aux compagnies par le gouvernement. Elles seront augmentées annuellement selon le taux d’inflation moyen et non selon l’augmentation réelle des coûts des soins de santé. Ils tiendront compte du revenu des bénéficiaires, de leur âge et de leurs besoins de soins grandissants. Le 2% des plus riches (même s’ils gagnent des dizaines de millions $ annuellement) recevra 30% de la prime, le suivant 6% recevra 50%, le 92% restant la prime totale.

Le plan fédéral Medicaid, qui fournit l’assurance maladie aux individus et aux familles à faibles revenu et ressources, sera aussi annulé et la responsabilité sera transférée aux États. A partir de 2013, la part du fédéral sera versée en bloc aux États. Le montant sera augmenté annuellement pour tenir compte de la croissance de la population, de l’inflation moyenne et non de l’augmentation réelle des coûts des soins de santé.

En rapport avec la taxation, Romney propose des taux d’impôt réduits et l’élimination d’exemptions et de subsides existants. Il veut diminuer les taux de taxes des corporations de 35 % à 25% et éliminer les taxes des compagnies sur les profits à l’étranger. Il veut rendre permanentes les coupures temporaires d’impôt, mis en place par GWBush, pour tous les payeurs de taxe même si cela augmentera la dette nationale de 3,3 trillions $ durant les 10 prochaines années. Il vient ainsi à l’encontre de ce qu’il dit être son objectif principal, la diminution de la dette.

De son côté, François Hollande propose la réduction de 30% des rémunérations des ministres et du chef de l'Etat, ce qui ne représente rien sur le total des dépenses gouvernementales. Il veut augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire, bloquer pour trois mois les prix du carburant, créer une caution solidaire pour permettre aux jeunes d'accéder à la location, réinstaurer le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et négocier avec les syndicats pour changer la décision difficile et importante qu’a prise Sarkozy sur le financement des retraites.

Quant à la taxation, Hollande y va gaiement. Il veut élever le niveau d’impôt à 75% pour la tranche d’un million d’euros et plus pour ceux qui gagnent de tels revenus, réappliquer le barème de l'impôt de solidarité sur la fortune, celle de la taxation des revenus du capital comme ceux du travail, annuler la nouvelle TVA sociale qui vise à diminuer le coût du travail (mesure importante pour faciliter l’emploi par les petits entrepreneurs et les artisans).

Il veut créer 60 000 postes dans l'Education nationale et 5 000 postes pour la sécurité et la justice. Il veut lancer 150 000 "emplois d'avenir" par des exonération de charge pour les entreprises embauchant un jeune tout en gardant un senior dans le cadre d'une loi pour l'emploi et la cohésion sociale. Il veut encadrer les loyers et modifier « la tarification progressive de l'eau, de l'électricité et du gaz ».

Et pour payer pour tout cela, Eh bien ! C’est facile ! On taxe les riches et on élimine les niches fiscales mêmes si plusieurs d’entre-elles ont été créées depuis des années dans le but de stimuler l’économie et rétablir une certaine justice sociale. L’argent est là, selon Hollande qui agit comme si la crise monétaire qui fait des ravages en Europe et la situation économique dangereuse qui n’attend que son moment pour ressauter sur sa proie, n’existent pas.

Les politiques de Mitt Romney sont ridicules et « sans cœur » parce qu’il propose d’importantes coupures d’impôt pour les riches et des diminutions des aides aux pauvres et à la classe moyenne. L’élimination d’Obamacare va créer des torts énormes aux Américains et rendra plus difficile la bataille contre la croissance des coûts de soins de santé. Romney ne peut prouver que ses propositions réduisent ces coûts. La valeur des coupons pour l’achat de primes d’assurance basée sur les coûts d’inflation deviendra vite insuffisante car les taux d’augmentations des services de santé sont beaucoup plus importants que les taux de croissance de l’inflation.

Je remarque que le programme de Romney n’inclut aucune coupure de dépenses militaires ni de garantie que les taxes du citoyen moyen n’augmenteront pas. De son côté, le Centre de Recherches Économiques et Politiques prévoit que sa proposition ajoutera des trillions de $ aux dépenses pour les aux soins de santé à cause de l’inefficacité de l’assurance privée comparée au programme actuel du gouvernement.

Quant aux propositions d’Hollande, on ne peut savoir ce qu’il en adviendra car il a démontré être un adepte du lissage. Par exemple, suite aux critiques de la communauté du football sur la taxation à 75%, il a laissé entendre qu’il est prêt à considérer à « mettre en place des mécanismes pour compenser les dommages au football français ». Que fera-t-il devant les demandes des artistes ? Et des autres ? Et du nombre d’exilés fiscaux qui augmentera ? Ce changement de cap met en doute sa sincérité et démontre que ses propositions sont purement idéologiques, sans consistance et vides de réalisme.

Pour la création de nouveaux emplois, Hollande affirme que le gouvernement en est capable, alors que Romney dit que seules les entreprises privées et les riches le sont.

Nous sommes témoins de deux campagnes électorales de candidats qui se situent de chaque côté de l’échiquier politique. A mon avis, ni un ni l’autre n’a raison car les deux proposent des politiques idéologiques et opportunistes. La gérance du pays, les nouvelles taxes, les coupures de dépenses, les programmes de stimulation de l’économie et ceux d’aide aux citoyens doivent viser en tout temps à assurer la solidité financière de l’État, son développement et le bien-être de ses citoyens, dans l’immédiat et le futur.

A mon avis, le meilleur exemple d’une politique bien équilibrée est celle du président Obama ou encore celui du Canada du temps du premier ministre Jean Chrétien et de son ministre des finances Paul Martin lorsqu’ils mirent de l’ordre dans nos finances publiques.

Claude Dupras

samedi 8 janvier 2011

Les ridicules Républicains américains

Le congrès américain a changé le 1er janvier 2011. Les nouveaux élus de l’élection mi-mandat ont été assermentés et ont pris place à la Chambre des représentants et au Sénat. En très grand nombre, ce sont des Républicains. Dorénavant le parti républicain est majoritaire à la Chambre et a la responsabilité de gouverner. Au Sénat, les Démocrates ont maintenu leur majorité mais leur nombre a baissé. Le président Barack Obama aura donc plus de difficultés dans l’avenir à faire adopter ses réformes.

Les nouveaux représentants ont été élus suite un mouvement anti-déficit et anti-dette qui s’est répandu aux USA, particulièrement dans l’ouest du pays. Immergés par la vague des teapartyers anti-Obama, ces Républicains leur ont promis mer et monde pour se faire élire. Ils doivent maintenant livrer la marchandise.

Dès les premiers jours, deux de leurs propositions m’ont surpris. La première, proposée par les « birthers », est la demande de démission d’Obama sous prétexte qu’il n’est pas né aux USA, comme l’exige la constitution américaine. Ils étaient douze représentants avec plusieurs supporteurs dans les tribunes à faire cette demande. Et cela, malgré que l’endroit de naissance d’Obama ait été clairement établi, qu’il ait produit un certificat précisant qu’il est né en l’état d’Hawaï et que les journaux hawaïens, le jour suivant sa naissance, en aient fait état dans la chronique des nouveau-nés. Ces gens haïssent tellement Obama qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer de la carte politique.

Puis, et là c’est moins drôle, les représentants républicains ont proposé de résilier la loi sur la santé, l’Obamacare, adoptée l’an dernier par le gouvernement et qui ajoutait, enfin, 32 millions de pauvres américains au système de l’assurance-maladie. Les Républicains prétendent que la mise en application de cette loi résultera, à long terme, dans des pertes d’emplois et qu’elle va ruiner les USA en augmentant annuellement le déficit et en faisant croître considérablement la dette. Non seulement leur proposition est indéfendable, mais ils savent qu’elle ne sera jamais adoptée par le Sénat, et que même si elle l’était, le président Obama y opposerait son véto. Donc, cette longue discussion qui s’engage est une perte de temps pure et inutile.

Il en est de même au niveau des états américains où 24 gouverneurs questionnent en cours de justice la constitutionnalité de l’Obamacare.

La proposition républicaine pour l’abolition de l’Obamacare a été examinée par le non-partisan Congressional Budget Office (CBO) qui a remis son rapport jeudi dernier aux représentants, avant le début des débats. Il énonce clairement qu’il en coûterait au gouvernement 230 billions $ pour le 10 prochaines années s’il annule la loi. Les Républicains répliquent et affirment le contraire : la loi coûtera 2,6 trillions $ et ajoutera 701 billions au déficit dans les premiers 10 ans. Leurs projections sont préparées par des lobbyistes du domaine privé de la santé. Qui croire ? Un organisme indépendant nommé par les deux parties ou les données issues d’intérêts privés ?

Questionné, M. Elmendorf, directeur du CBO et économiste respecté, a expliqué que son étude est basée sur la médiane de données techniques, de comportement humain et de facteurs économiques. Les Républicains refusent son approche qui est reconnu dans le monde.

Ce qui devient évident, c’est que les Républicains veulent faire rembourser les déficits par les moins nantis. Ils ont imposé le renouvellement des baisses d’impôts aux plus riches, enlevant ainsi au gouvernement un revenu de 700 milliards $ sur 10 ans. Et, pour réduire le déficit annuel et la dette grandissante, ils prônent toutes sortes de mesures rétrogrades qui s’attaquent aux lois sociales qui aident les plus infortunés, qui contrecarrent, au niveau des états, les moyens de pression des unions de travailleurs afin de diminuer les salaires et les pensions de ceux-ci, etc… et ceci en refusant carrément de couper dans les dépenses militaires.

C’est la démonstration que les Républicains sont prisonniers du populisme des teapartyers et des conservateurs d’extrême-droite et que chacun d’entre eux craint de perdre son siège. À cause de cette emprise sur le parti, c’est un mauvais temps pour les républicains d’être au pouvoir. Voila pourquoi j’espère que les Démocrates sauront se ressaisir et arrêter la marche vers le pouvoir absolu de ces ridicules politiciens républicains.

Claude Dupras

PS. Au moment où j'émets ce message, CNN annonce qu'une représentante démocrate de l'Arizona, une des rares élues de ce parti dans cet état de l'Ouest américain lors de la campagne mi-mandat, vient d'être tirée à bout portant dans la tête. Elle est en danger de mort suite à l'opération. Six autres personnes sont mortes et onze furent blessées. Est-ce un résultat de la haine envers les Démocrates qu'ont semée les teapartyers ? Peut être.. L'enquête le dira.

Il est temps que les Démocrates et les Républicains se traitent avec respect.

jeudi 6 janvier 2011

Une opportunité en or pour les socialistes français

Le parti socialiste français (PS) tiendra sa «primaire» à l’automne 2011 en vue de la désignation par ses membres de son candidat à l’élection présidentielle. Les mises en candidatures se tiennent en juin et sont ouvertes à toute personne de gauche, une première, si celle-ci rencontre les conditions établies par le parti socialiste.

C’est une chance unique pour la gauche française de prendre toute la place médiatique de juin à novembre 2011 car une telle compétition peut devenir fort intéressante et capter l’imagination de tous les Français. Ce résultat est inévitable, si on en juge par les dernières «primaires» américaines qui ont été suivies par des millions de personnes, non seulement aux USA mais dans le monde entier.

Le PS est le seul grand parti politique français qui tiendra une «primaire» en vue de la prochaine élection présidentielle. Le président Sarkozy étant éligible pour un second mandat, son parti, l’UMP, n’aura pas de «primaire». Sur le plan médiatique, le PS sera donc seul. C’est un avantage important.

Déjà, six candidatures sont déclarées, dont celles du député Arnaud Montebourg qui a présidé le comité du PS pour la mise en forme de cette élection «primaire», Ségolène Royal qui a recueilli plus de 18 millions de votes lors de la dernière élection présidentielle contre Nicolas Sarkozy et le député-maire Manuel Valls. D’autres viendront, dont les plus attendues sont celles de Martine Aubry, premier secrétaire du PS et de Daniel Strauss-Kahn (DSK), président du FMI et défait à la «primaire» de 2006 par Ségolène Royal. À ce jour, le grand favori est DSK.

Les médias français traitent de plus en plus de cette élection «primaire» et dès qu’un candidat fait une déclaration pour le moins sensationnelle, cette dernière capte sur-le-champ la « Une » des médias et son propos est discuté en fond et en large.

Il en est ainsi, actuellement, pour la récente position de Manuel Valls sur la question des 35 heures. Cette loi fut proposée par Martine Aubry et adoptée par l’ex-gouvernement socialiste Jospin pour réduire la semaine de travail des Français à 35 heures. La loi fut opposée férocement par la droite et, dès sa prise de pouvoir, le président Sarkozy la modifia pour permettre aux Français de « travailler plus longtemps pour gagner plus ». Que le socialiste Valls propose aujourd’hui de « déverrouiller les 35 h pour permettre aux entreprises d’augmenter les salaires » devient une grosse nouvelle et tous les médias s’en emparent, même si certains la qualifient de « politiquement inepte ».
Je comprends Valls de chercher à faire du bruit pour se faire remarquer et il réussit. À la guerre comme à la guerre !

Mais le plus révélateur est la position du parti socialiste de Mme Aubry, face à cette proposition de Valls. Pour elle, il est inacceptable qu’un candidat au «primaire» propose des changements aux lois qui ont été adoptées dans le passé par un gouvernement socialiste et surtout sa loi des 35 heures. Elle menace d’expulser Valls du PS et le somme de se conformer à la « ligne officielle » sinon... Au lieu d’argumenter, elle fait peur ! On se penserait en Russie de Staline.

Il y a aussi cette rumeur, bien fondée, d’une entente entre DSK, Royal et Aubry. Si DSK est candidat, elles se désisteraient en sa faveur. Quelle idée farfelue, injuste et indigne pour les membres du parti socialiste ! Au Québec, on appelle cela du « paquetage de convention ». Si une telle chose se produit, tout le suspense qui devait être généré par une vraie compétition pour le choix du candidat présidentiel socialiste disparaîtra ipso facto. La presse ne fera plus qu’une couverture minimale de cet exercice démocratique puisqu’il aura été méprisé par ses dirigeants principaux. Ce sera un mauvais calcul de la part de ces derniers puisqu’il ne tiendra pas compte que la bataille électorale est en réalité un commerce d’images et d’illusions.

Pour l’organisation de sa primaire, le PS s’est inspiré de celle du parti démocrate qui a choisi Barack Obama. Il semble qu’il n’ait rien compris. À cette «primaire» américaine, aucun candidat ne s’est désisté en faveur d’un autre. Au contraire, ils se sont livrés jusqu’à la dernière minute une bataille de titans. Ce sont les délégués de tous les états américains qui ont analysé, décidé et choisi leur candidat à la présidence américaine. La confrontation entre les candidats fut dure et intense et ce n’est qu’après l’annonce du vote que les candidats défaits se sont ralliés à Obama. Le parti démocrate sur lequel toute l’attention du monde entier s’était concentrée est sorti gagnant à cause de toute la publicité médiatique que la rivalité entre ses candidats a générée. Les démocrates ont réussi non seulement à faire élire Obama lors de l’élection générale mais aussi une majorité de représentants à la Chambre et une majorité de sénateurs au Sénat. Ces résultats démontrent bien que ce n’est pas uniquement le candidat à la présidence qui bénéficie des retombées médiatiques d’une telle «primaire» mais tous les candidats de son parti.

On me dit souvent que l’approche électorale en France n’est pas comme celle des USA ou du Canada. J’ai toujours montré mon désaccord devant une telle affirmation. Un électeur est un électeur et, où qu’il soit, il suit d’un œil distrait l’évolution de la politique qui le concerne. Mais lorsque son attention est attirée par des ondes positives ou négatives qui sont émises par un incident ou un personnage politique, il réagit en conséquence.

La finale de la «primaire» socialiste française doit être l’aboutissement d’un affrontement sain et réel entre tous ses candidats qui aspirent à devenir président de la France. Ils ont plus de six mois pour se faire valoir. Ce faisant, ils attireront à la longue l’attention de plus en plus de futurs électeurs et les influenceront. Si cette «primaire» est sabotée par des stratèges de cuisine ou par l’intérêt personnel des dirigeants du parti, le PS manquera la marque et cette belle opportunité qui s’offre à lui s’envolera en fumée.

Claude Dupras

lundi 27 décembre 2010

La nouvelle année nous réserve-t-elle un tsunami financier ?

Déficit, dette, taxes, qualité de vie, chômage, emplois rémunérateurs, retraite, etc… voilà des sujets qui inquiètent un grand nombre de Québécois en rapport avec leur avenir. Où en sommes-nous par rapport aux provinces canadiennes, aux États américains et aux pays européens ?

Aux États-Unis, la dette fédérale croît à une vitesse vertigineuse et semble impossible à rembourser. Il en est de même au niveau des États.

Les États américains font face à des difficultés incroyables et plusieurs ont tenu le coup durant la crise économique grâce aux milliards $ du programme fédéral de stimulus d’Obama. Mais cette aide se termine. L’heure de vérité arrive. La lente reprise sera-t-elle alors déraillée ?

La Californie aura l’an prochain un déficit de 19 milliards $. Déjà son crédit ne vaut rien. Les frais dans ses universités viennent d’augmenter de 32%.

Pour rencontrer ses obligations budgétaires, l’Arizona vient de vendre son Capitole, l’édifice de la cour Suprême et celui des chambres législatives à des investisseurs et paiera dorénavant un loyer pour l’usage de ses bâtiments gouvernementaux.

Pour balancer leur budget, le New Hampshire pige dans le fonds d’assurance pour contrer la mauvaise pratique médicale, le Colorado veut s’accaparer le surplus de 500 millions $ de l’assurance des travailleurs de l’État, Hawaï a institué une semaine d’école de quatre jours. Les déficits du Rhode Island et de l’Alaska dépassent de beaucoup leur produit intérieur brut (PIB).

Le New Jersey, l’État le plus taxé du pays, a une économie en pleine dépression. Son gouverneur vient de trancher 26 % du budget dont des coupures draconiennes dans les versements aux banlieues, accentuant ainsi leurs problèmes financiers. Malgré cela, le déficit prévu pour l’an prochain sera de 10 milliards $.

En Illinois, l’État dépense deux fois le montant des taxes collectées. Il a des comptes à payer de 5 milliards de $ et n’a pas l’argent pour le faire.

Les engagements pour les pensions dans les États américains se chiffrent à 5,17 trillions $, alors que seulement 1,97 trillions $ sont mis de coté dans ces fonds. C’est un déficit de 3,23 trillions $ à combler au moment où les baby-boomers arrivent et réclament aussi leurs pensions.

Les gouverneurs admettent enfin aujourd’hui : « Nous avons trop dépensé, nos cartes de crédit sont annulées. C’est fini. Ce ne sera pas facile de sortir du trou que nous avons creusé depuis les dix dernières années ».

Selon les analystes financiers de Wall Street, personne ne connait vraiment la profondeur des trous. Ils soulignent le manque de transparence des États en rapport avec le marché des obligations municipales et questionnent leur capacité de rembourser leurs emprunts. Ce marché a toujours eu la réputation d’être sécuritaire pour les petits investisseurs qui y plaçaient leurs économies pour leurs vieux jours. Mais cela a changé. Par exemple, la ville de Harrisburg, capitale de la Pennsylvanie, a dû être sauvée par l’État à cause de son incapacité de rembourser ses dettes. Les analystes estiment que plus de 75 villes importantes tomberont bientôt en défaut et que cela impliquera des centaines de milliards $ d’aide. Mais ils déplorent surtout la diminution de la confiance des investisseurs pour ce marché.

Le grand test pour les États américains sera au printemps quand le programme de stimulus d’Obama de 160 milliards $ prendra fin.

Plusieurs gouverneurs affirment que le problème réside dans la trop grande quantité d’avantages sociaux que l’État donne à ses citoyens. « Il va falloir changer tout ça » disent-ils car, pour eux, l’heure est aux coupures budgétaires.

Les élections américaines de mi-mandat ont démontré qu’un très grand nombre d’Américains actifs ne veut plus payer pour les retraites des autres ni pour le financement d’un système d’assurance santé national. Par contre, ils ne s’opposent pas aux dépenses faramineuses en Irak et en Afghanistan. Comme si l’argent pour les dépenses militaires est différent de l’argent pour le social. De plus, ils ne disent rien lorsqu’Obama feint de vouloir s’engager au Yemen et en Corée du Nord. Ils préfèrent mieux couper l’aide sociale à leurs compatriotes en besoins que de trancher dans le financement des dépenses militaires. Incroyable !

Pendant ce temps là au Canada, on roule notre bosse… sans trop se préoccuper de la dette. Cette dernière comprend : la dette brute (déficits accumulés, avances aux sociétés d’État et à Hydro-Québec, investissements dans les routes et les immobilisations, dettes des municipalités, des réseaux de santé et d’éducation), plus la part du Québec (122,9 milliards $) de la dette du gouvernement fédéral. Un grand total de 285,6 milliards, soit 35,600 $ par Québécois.

La dette du Québec est à 96,3% du produit intérieur brut (PIB). Par rapport à cet index, nous sommes plus endettés que la France (75,7%), les USA (70%), le Canada pris dans son ensemble (69,7%)… Notre dette est la cinquième plus haute du monde industrialisé. Nous sommes la province la plus endettée du Canada. Et dire qu’après le règne de Duplessis, nous étions la moins endettée.

Au Canada, après des années de surplus et depuis la venue des Conservateurs, le gouvernement engendre des déficits de plus en plus gros. Au Québec, le gouvernement fait de même mais affirme avoir le déficit sous contrôle et prévoit que d’ici trois ans la situation financière sera positive (c’est à voir!).

Aux USA, le déficit a dépassé le trillion $. Cependant, le président Obama, les Démocrates et surtout les Républicains jurent que les deux prochaines années seront dédiées à réduire les dépenses (les teapartyers les ont-ils réveillés ?). Quant aux états Américains, c’est le désastre qui s’annonce car les coupures sociales sont à l’horizon.

En Europe, plusieurs Allemands, Français et autres remettent en question l’opportunité de garder l’euro, après les quasi-faillites de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Italie…

Aux USA, en France, en Allemagne, au Canada et ailleurs, les profits connaissent des rebonds et sont engrangés par les petites et moyennes entreprises. Les grands groupes voient leurs ventes et leurs effectifs gonfler à l’étranger, leurs profits exploser. Les bourses grimpent. Malheureusement, l’emploi en prend un coup et ne suit pas. La petite classe moyenne disparaît et la pauvreté augmente. L’aide sociale devient de plus en plus nécessaire.

Constatant ce qui précède, plusieurs prophètes de malheur prédisent qu’un tsunami financier déferlera sur nos continents. Il amplifierait tout le mal créé par la première crise économique. Je ne veux même pas penser à cette possibilité.

Il est de la responsabilité de chaque citoyen de percevoir la situation économique de son pays. C’est d’autant plus important que le départ des baby-boomers du marché du travail risque de réduire la croissance économique canadienne et d’ajouter énormément aux dépenses gouvernementales en raison de leur vieillissement.

Soyons optimistes et encourageons (au lieu de critiquer sans cesse) nos gouvernements pour qu'ils prennent les moyens nécessaires pour stimuler l'économie et pour réduire leurs dépenses afin d'éliminer les déficits le plus tôt possible. Nous nous devons de vivre selon nos moyens. Ce n’est pas un luxe.

Claude Dupras

samedi 4 septembre 2010

Qui veut être politicien aujourd’hui ?

Ce n’est pas facile d’être un homme ou une femme politique aujourd’hui.

Avec l’explosion des médias, internet, la téléphonie, les blogs etc.. chaque pas, chaque expression, chaque mot d’un politicien est saisi, analysé, interprété et critiqué. Rarement la critique est positive. Au contraire, les journalistes, les pseudo-journalistes, les blogueurs et les internautes qui commentent l’activité semblent vouloir ne chercher que la bête noire, celle qui fera la une du journal, du magazine, des émissions de radio, des nouvelles télévisées, des sites internet, et quoi encore. Tout pour attirer l’attention, accroître l’écoute, le nombre de lecteurs, influencer les sondages, les BBM…

J’ai toujours cru qu’un journaliste se devait d’être professionnel dans ses analyses avant d’écrire un texte pour informer ses lecteurs. Je comprends que comme individu il a sa propre pensée, ses propres inclinations, mais ne doit-il pas mettre de côté ses sentiments afin que l’objectivité fasse partie de ses critères professionnels. Si un journaliste d’enquête trouve un semblant de faille chez un politicien, est-ce un raison suffisante pour qu’il le « monte en épingle » et que tous les medias sautent sur l’information pour la reproduire en boucle 24h sur 24 avant que tous les vrais faits soient connus. Même si un politicien tenté d’avoir la manchette, qui a l’immunité parlementaire, se lève et accuse un adversaire à l’Assemblée Nationale ou à la Chambre des Communes, est-ce une raison pour les médias de reprendre sans cesse cette accusation, alors que l’on sait que ces attaques répétées, trop souvent infondées, trouvent normalement des explications satisfaisantes.

Le PM du Québec, Jean Charest, vit actuellement un moment difficile. Il est empêtré dans une spirale de critiques qui semble sans fin et qui prend de la vitesse. Il a beau vouloir être ouvert, s’en sortir, rien n’y fait.

Il n’est pas le seul.

En France, par exemple, le président Nicolas Sarkozy est aussi pris dans un tourbillon négatif. Jour après jour, les médias ne font qu’émettre des articles, des commentaires, des images qui minent sa popularité quand ce n’est pas son autorité. On le dénigre, le salit, le diminue, le ridiculise avec des faits non fondés, des analyses superficielles, des arguments qui ne cherchent qu’à le diminuer dans l’opinion publique. On se moque de ses réactions personnelles, car dit-on « cela ne fait pas président ». On le traite de tous les noms. Quant on ne peut pas l’atteindre, on vise un des ses ministres pour l’attaquer indirectement. Malgré qu’il soit un bon président, qui travaille comme pas un, qui réforme ce pays qui doit l’être, son taux de popularité est si bas qu’il est maintenant possible, disent les sondeurs, qu’il ne soit pas réélu. Je n’y crois pas, mais qui sait.

Aux USA, Barack Obama, s’avère être un des meilleurs présidents que les USA ont eu depuis FDR. Malgré sa compétence, sa cote baisse dangereusement dans les sondages. Et pourquoi ? Toujours la même raison, la même tactique : des critiques non justifiées, inventées, répétées. Dans ce pays, elles sont en plus financées par des billionnaires qui poussent, motivent et encouragent les Américains de droite et d’extrême-droite à critiquer sans cesse le président sur tout et sur rien et cela depuis le lendemain de son élection. Leur mouvement « Tea Party » vient de remporter des élections primaires républicaines à la surprise de plusieurs observateurs. Un poste de télé important Fox News se dédie à 100% à dénigrer Obama. Les innombrables évangélistes se liguent contre lui à cause, entre autres, de ses positions sur l’avortement. Les milliers de « radiomen » à travers le pays ne cessent de « casser du sucre sur son dos » pour faire grimper leurs cotes d’écoute. Qu’Obama remplisse ses promesses électorales, cela ne compte pas, ce qui est important c’est de le salir au maximum afin que même ses électeurs commencent à douter de sa compétence et de son intégrité.

Trop de partis d’opposition ne font que critiquer. Pas les projets de lois, mais les individus. Incapables de produire des solutions alternatives aux politiques proposées par le gouvernement, ils s’attaquent à l’individu en insinuant des mensonges. « Mentez, mentez, mentez… il en restera toujours quelque chose ». Voilà leur stratégie !

J’ai lu hier que le parti fédéral Bloc Québécois attaquait le PM Stephen Harper parce qu’il avait écrit à des écoliers de 8ième année pour les inviter à visiter les parcs nationaux canadiens. Pour le Bloc, ce geste du PM n’est que de la propagande politique pour le fédéralisme. Cela m’a rappelé 1992 alors que j’étais co-président de Canada 125, organisme mis sur pied par le gouvernement du Canada pour célébrer le 125 ième anniversaire de la Confédération. Dès l’annonce de ma nomination et du lancement de nos activités, le ministre péquiste Jacques Brasssard se leva à l’assemblée nationale du Québec pour dénigrer notre organisation comme étant un instrument de propagande pour le fédéralisme au Québec. Ce qui était complètement faux et les résultats l’ont amplement démontré. Pour lui, on ne pouvait célébrer quoi que ce soit qui était canadien car ce n’était que de la sale propagande anti-Québec.

J’exprime souvent mon désaccord avec les politiques trop de droite du PM Harper, mais je vais le défendre bec et ongles contre ceux qui affirment qu’inviter les jeunes canadiens à s’intéresser à nos ressources naturelles n’est que de la propagande politique. Serait-ce que les séparatistes ne veulent pas que leurs enfants entendent parler du Canada de crainte qu’ils y voient un pays riche et prometteur pour leur avenir. Leur approche est négative et ne va pas dans l’intérêt de l’éducation des enfants car il faut leur ouvrir tous les horizons afin qu’ils puissent décider librement un jour du pays qu’ils voudront avoir.

Le PM Charest a invité l’opposition péquiste à rentrer à l’Assemblée Nationale avec une approche positive et cela dans l’intérêt des Québécois. Il a suggéré de laisser les enquêtes et les commissions actuellement en cours faire leur travail et a invité Mme Marois à ne réagir qu’au moment propice lorsque les résultats seront connus. Entretemps, il l’a encouragée à débattre des vrais enjeux politiques afin que le Québec puisse continuer à bien réagir à la crise économique. Elle a refusé. Je crains pour elle qu’elle s’en mordra un jour les pouces.

Les médias ont un rôle capital à jouer pour assurer que nous soyons bien informés afin que nous puissions bien juger. De leur côté, nos politiciens doivent agir sérieusement, intelligemment et avec un sens de responsabilité pour bien nous servir. Ils se doivent aussi de penser à l’exemple qu’ils donnent à nos jeunes et de la répercussion sur eux de toute démagogie.

La politique est importante pour le développement de notre nation. Les meilleurs éléments d’entre nous devraient avoir le goût de la joindre afin que nous ayons le meilleur gouvernement possible. Malheureusement, avec la tendance actuelle, de moins en moins d’individus sérieux voudront joindre les rangs de nos partis politiques. Et dire que quand j’étais jeune la plupart d’entre nous rêvions de faire de la politique !

Il est temps que ça change !

Claude Dupras

lundi 22 mars 2010

La paix est-elle possible en Palestine ? Il y a un espoir.

Déjà 5 morts aux mains des troupes israélites, en 24 heures. Des jeunes, dont Mohammad 15 ans… Osaid 17 ans… qui lançaient des pierres pour manifester contre la construction illégale de 1 600 logements sur une terre de Jérusalem-Est, propriété des Palestiniens envahie par Israël. On les a trouvés avec des petits trous dans la tête et dans le corps. Pourtant, et comme toujours, l’armée nie avoir utilisé des balles vivantes mais des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Les médecins de l’hôpital confirment que ce sont des balles de métal.

Le secrétaire-général des Nations-Unies s’est rendu à Gaza pour affirmer que la construction des logements est illégale et dénoncer la décision du gouvernement d’Israël. Il arrivait d’une rencontre avec le quartette USA-Union Européenne-Russie-ONU qui de Moscou avait demandé au Premier ministre Bibi Netanyahou d’annuler le projet. La réponse de ce dernier a été arrogante : « nous construisons depuis 42 ans dans ce coin du pays et nous n’arrêterons pas. Si on construit à Tel Aviv, on peut construire à Jésuralem-Est ». Pour lui, la justification est simple, Jérusalem est « une » ville et elle est israélite, puisqu’il y a 2 000 ans elle était juive. Il a décidé que le territoire de Jérusalem-Est, occupé en 1967 par l’armée israélienne, fait partie d’Israël. Et, parce qu’il est arabe, il ne faut qu’augmenter suffisamment le nombre de juifs y vivant pour changer la majorité. Ceci est fortement contesté par les Palestiniens, la Ligue Arabe et tous les pays du monde, sans exception, qui n’acceptent pas les dires d’Israël sur cet envahissement d’un territoire étranger. Même le gouvernement canadien de Stephen Harper a critiqué Israël, et c’était une première, sur la question de la construction des logements.

C’est triste de constater le « timing » de l’affaire des logements. En effet, au moment où le président Barak Obama s’est donné comme objectif de régler le conflit israélo-palestinien qui pourrit toutes les relations des USA avec les pays du Proche et du Moyen Orient et qu’il accepte l’idée, émise par son prédécesseur et l’ex-PM Sharon, de créer deux nations indépendantes vivant côte-à-côte sur cette terre bénie par le temps, le hasard a voulu que ce soit Netanyahou qui devienne le premier ministre d’Israël. Ce dernier, un dur parmi les durs, n’accepte pas l’idée des deux nations. Suite à son élection, j’ai écrit mon blog du 11 juin 2009, intitulé « Netanyahou le pas bon ». À le voir évoluer, depuis son élection, je n’ai pas changé mon opinion de ce triste personnage. Le Guardian de Londres affirme aujourd’hui que c’est lui Netanyahou qui a ordonné l’assassinat à Dubaï du membre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh. Il semble qu’au lieu de négocier avec ses adversaires, il les fait tuer.

Obama et son secrétaire d’État Hillary Clinton ont choisi l’ex-sénateur George Mitchell comme envoyé spécial pour négocier la paix auprès des deux parties. C’est un des meilleurs et avec lui tout avançait lentement mais bien, jusqu’à l’incident de la construction des nouveaux logements. Le président Obama a réagi fortement, Mme Clinton encore plus, le vice-président américain Joseph Biden s’est montré insulté puisqu’il était en visite officielle en Israël et reçu par Netanyahou qui ne lui a pas glissé mot de sa décision. La situation s’est vite refroidie et a résulté en un début de crise diplomatique amère, entre les USA et Israël, la pire depuis des décades.

L’équipe d’Obama a dénoncé la nouvelle violence qui découle de l’affaire des logements et qui nuit aux aspirations de paix des Juifs et des Palestiniens. Elle a demandé l’arrêt des hostilités et suggéré aux deux parties de cesser leur bagarre et de se reconnaître l’une et l’autre.

C’est alors que la droite américaine, les Républicains en tête, sous l’impulsion de l’important lobby juif pro-Israël de Washington a commencé une campagne d’insinuations contre le président prétextant qu’il prenait partie pour les Palestiniens, qu’il était un faible et qu’il n’avait la couenne assez dure pour faire face à de telles situations. Obama a riposté que « son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël est immuable comme un rocher solide » mais qu’il se devait de rappeler les parties à l’ordre, incluant Israël, afin que les objectifs de paix soient maintenus. Mme Clinton d’ajouter : « la vérité doit être dite lorsque nécessaire, même entre amis ».

La position pro-Israël passée du gouvernement américain a été influencée fortement par le lobby juif de droite que je mentionnais précédemment. C’est un groupe puissant, de 2,5 millions de membres et un budget de 2,5 millions $ par an. C’est l’AIPAC. Depuis toujours, il fait la cabale pro-Israël dans toutes les officines du congrès américain et à la Maison-Blanche. Pour eux, Israël a toujours raison. Je ne les blâme pas d’agir ainsi, c’est leur droit. Le problème c’est que leur puissance a fait plier les décideurs américains, plus d’une fois, en faveur d’Israël alors que l’intérêt des USA se trouvait plutôt du côté d’une politique neutre dans ce conflit. Ces positions partisanes ont amené le monde arabe à se méfier et petit à petit à perdre confiance en les dirigeants américains, ce qui n’a pas aidé à calmer les esprits dans ce coin du monde.

Malgré tout, je vois un nouvel espoir qui pointe à l’horizon. En effet, un groupe de juifs de gauche a créé l’an dernier un nouveau lobby à Washington. C’est le « J Street ». Il a profité de la campagne électorale présidentielle pour trouver des fonds afin de contribuer, contrairement à la stratégie d’AIPAC, au financement direct de candidats qu’ils soient démocrates ou républicains. 33 des 41 candidats choisis au Sénat et à la Chambre des représentants ont gagné leurs élections. Pensant, au début, collecter 50,000$, « J Street » a recueillit plus de $600,000$. Ce fut un succès inespéré et surprenant qui a motivé ses dirigeants à s’organiser de façon permanente. Leur objectif est de viser à modifier le débat américain sur Israël et les autres sujets qui touchent le Moyen-Orient. Il se qualifie de pro-Israël et pro-mouvement de paix, Il affirme que le débat à propos d’Israël est trop influencé par la droite et cela malgré les tendances de gauche des juifs américains. « J Street » approuve la « solution des deux-États » pour la Palestine et Israël et favorise la diplomatie à la force militaire.

Son approche qualifiée d’agressive est critiquée par la droite qui dénonce les positions de « J Street ». Elle comporte, selon la droite, trop de critiques des politiques d’Israël. Malgré la montée spectaculaire de ce nouveau groupe de pression, il semble que la droite ne s’inquiète pas de perdre son pouvoir car elle constate que « J Street » a trouvé des fonds chez un groupe relativement restreint de supporteurs contrairement à AIPAC qui en mène large chez les donateurs.

Les dirigeants de « J Street » affirment ne pas vouloir que leur organisation devienne aussi grosse qu’AIPAC, mais croient pouvoir avoir suffisamment d’influence pour modifier les paramètres du débat américain sur les politiques israéliennes. Ils visent les collèges américains. Ils n’espèrent pas changer le monde mais simplement remettre les choses à leur place.

Par exemple, « J Street » a critiqué fortement l’incursion récente de l’armée israélienne à Gaza suite à l’affaire des logements. Dans un message à ses membres, le groupe a déclaré : « Même si le lancement des roquettes sur les familles israéliennes ou l’envoi de porteur de bombes suicidaires n’est pas acceptable, il n’est pas plus acceptable de punir un million et demi de Gazois qui souffrent déjà pour les actions des extrémistes qui vivent parmi eux ». Cela me semble une bouffée d’air frais en politique israélo-palestinienne mais les critiques de « J Street » ne sont pas d’accord. Ils qualifient de naïfs et de moralement déficient l’approche de ce mouvement qui, selon eux, est loin des sentiments réels des juifs américains.

Il est à espérer que ce nouveau lobby juif puisse grandir et s’imposer car il émettra un son de cloche différent de celui qui a toujours influencé la pensée des politiciens américains sur le sujet israélo-palestinien. Il est un nouvel espoir pour ceux qui croient en l’importance de la neutralité des USA pour régler le conflit israélo-palestinien. J’en suis.

Claude Dupras

dimanche 14 mars 2010

Politique à l’américaine et assurance-santé

La bataille du président Barack Obama est difficile. Il veut régler les problèmes majeurs que rencontre le système d’assurance-maladie actuel et surtout permettre à 35 millions d’américains privés de soins de santé de les obtenir. C’est gros car ce nombre d’individus est l’équivalent de la population canadienne. Le projet est la plus importante loi sociale des dernières quarante années.

Malgré cette injustice flagrante qui perdure aux USA depuis toujours, le président Obama peine à faire approuver sa mesure même si son parti démocrate est majoritaire à la Chambre des représentants et au Sénat. Face à l’intransigeance des Républicains qui ont adopté la politique du NON - ils refusent tout ce qu’Obama propose - le président a opté pour la formule de « réconciliation ». C’est une formule compliquée et surprenante qui consiste à demander aux représentants (les congressmen) d’oublier le plan de santé qu’ils avaient adopté et d’accepter intégralement celui du Sénat qui est fort différent du leur. Ainsi, le projet remontera au Sénat où, par une majorité simple, il pourra enfin devenir loi. Obama veut beaucoup plus que ce que le Sénat propose mais il est prêt à s’en accommoder. « Mieux vaut cela que rien » pense-t-il. C’est quand même beaucoup.

Si cela semble facile, c’est ne pas compter sur la politicaillerie, car malgré que les Démocrates aient une majorité de 75 sièges à la Chambre des représentants et 59 des 100 sénateurs, Obama n’est pas certain de pouvoir réussir son coup.

Contrairement au Canada où les députés votent fidèlement pour leur parti, aux USA, les représentants votent aussi en tenant compte de l’opinion du moment de leurs électeurs. Obama a besoin de 216 représentants pour gagner le vote de leur Chambre. Actuellement, il semble en avoir 194. Il en manque donc 22 sur le total des 97 autres représentants démocrates.

Parmi ces derniers, plusieurs négocient un avantage matériel pour leur district tandis que d’autres, et c’est la grosse majorité, craignent les réactions de leurs commettants s’ils votent favorablement pour ce projet de soins de santé car ils doivent se représenter en novembre pour obtenir un renouvellement de mandat. D’autant plus que 49 d’entre eux ont été élus dans des États républicains où John McCain a défait Barack Obama lors de la dernière présidentielle. Ils savent qu’ils seront salis et traités de socialistes par leur adversaire républicain et les « teapartyers » et risquent de perdre leur siège, comme le démontre la tendance récente en Virginie et au Massachusetts. Ils réalisent que leurs ennemis racontent au 90% d’Américains déjà assurés que la qualité de leurs services médicaux diminuera et que leurs primes augmenteront à cause des coûts nécessaires pour assurer les 35 millions de nouveaux arrivants. Ils exploitent ainsi l’égoïsme des gens.

En plus, de nombreux représentants estiment que la grosseur du projet empêche de connaître précisément les vraies conséquences sur la qualité future de l’ensemble des soins de santé aux Américains et ses effets sur l’économie de demain du pays. Devant l’inconnu, ils hésitent à s’engager.

Pour pouvoir conserver leur siège, un très grand nombre envisage de voter contre le projet de loi ou bien de faire en sorte que le vote ne puisse être appelé si le nombre de 216 n’est pas réuni par Nancy Pelosi, l’orateur de la Chambre. Ils pourront alors toujours dire « Obama allait trop vite... j’ai pu contribuer à l’arrêter… nous recommencerons à la case départ en tenant compte de tout ce que ce débat nous a appris à ce jour… ». Ils s’en sortiront peut être, en tout cas c’est ce qu’ils espèrent.

Ont-ils raison de penser ainsi ?

Une chose est certaine, cette réforme sera historique si elle est votée. Ce sera une réalisation majeure du parti démocrate et sûrement du président Obama. Elle sera sûrement critiquée de façon démagogique durant la période électorale par les Républicains qui la décriront comme une main mise du gouvernement sur le régime de santé et une autre tentative d’imposer le socialisme (le mot qui fait peur aux Américains depuis que le mot communisme est disparu) dans le pays. De leur côté, les Démocrates pourront dire qu’ils ont fait quelque chose de grand et que la longue année de discussions sur le sujet a porté fruit. Mais si la loi ne passe pas, le parti démocrate et Obama subiront un coup qui risque d’être fatal et de se transformer en déconfiture générale pour leurs candidats lors de l’élection de novembre prochain.

J’espère que les représentants démocrates prendront le risque de voter pour la réforme d’Obama, car ils se doivent de penser aux près de 100,000 de leurs commettants qui n’ont pas d’assurance –santé (n’est-ce pas leur travail ?). Sûrement cela leur apportera beaucoup de votes. S’ils perdent leur siège, ils auront au moins voté pour la plus importante pièce de législation de leur carrière et aidé énormément le peuple américain. De toute façon, « ils conserveront alors leur titre de « congressman », retireront leur généreuse pension et seront toujours protégés gratuitement par l’assurance-maladie de la Chambre des représentants. Et qui sait, ils se trouveront peut être un emploi bien rémunérateur comme lobbyiste auprès du Congrès américain ».

Tout se décide cette semaine et il sera très intéressant de suivre ce débat et l’évolution des choses.

Claude Dupras

samedi 6 février 2010

Qui croire ? : Les scientifiques ou les machos ?

On entend peu parler d’environnement ou de réchauffement climatique depuis la désastreuse conférence de Copenhague. Il semble que nous soyons restés sur notre appétit et que nous voulions vite oublier les raisons qui avaient motivé la tenue de cette conférence qui devait être cruciale pour l’humanité.

Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.

Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.

Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.

Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.

Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.

J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !

Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.

Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.

Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.

Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.

Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.

Claude Dupras

dimanche 31 janvier 2010

À Harper : « BRAVO ! » et « CHOU ! »

Les décisions du PM Stephen Harper en rapport avec l’aide de notre pays à Haïti sont remarquables. Le Canada est le plus généreux de tous les pays du monde sur la base du per capita.

Cet intérêt du PM pour Haïti a commencé bien avant le tremblement de terre qui a ravagé la nation haïtienne. Est-ce l’influence du gouverneur général, la canadienne-haïtienne Michaëlle Jean ? Probablement, car cette dernière a toujours été très dévouée pour aider ce pauvre pays, le plus mal-en-point de notre hémisphère.

Le PM Harper veut faire encore plus. Il a comme ambition de persuader le G8 d’aider les femmes et les enfants de pays en développement. Il a affirmé que les pays du G8 et les organisations internationales devraient viser à obtenir des résultats plutôt que de faire des promesses. Au sommet économique de Davos, il a, entre autres, insisté sur ce sujet.

Cette année, le Canada est l’hôte du G8 et du G20. M. Harper sera président du premier sommet et co-président du 2ième. Il sera donc bien placé pour faire valoir ses propositions et obtenir des résultats concrets. De plus, Il peut compter sur l’appui du président français Nicolas Sarkozy qui professe une politique similaire d’aide aux pays pauvres et qui pourra poursuivre dans la même direction puisque les deux sommets se tiendront en France en 2011.

Les nouvelles positions du PM Harper sont surprenantes puisque depuis sa venue au pouvoir, le Canada a annulé son aide aux pays Africains. Il semble que le désastre d’Haïti l’ait bouleversé et l’ait amené à de meilleurs sentiments. Comme Bill Clinton et Bill Gates qui ont salué la nouvelle politique canadienne, je crois que nous nous devons de dire au PM Harper : « Bravo ! ».

Est-ce strictement pour des fins politiques que le PM Harper a mis l’accent sur ce créneau ? Plusieurs personnes, dont le soussigné, demeurent sceptiques. L’opposition à la Chambre des communes n’y croit pas. Je leur dis « donnons la chance au coureur, nous aurons tout le temps éventuellement pour faire les mises au point, si elles s’avèrent nécessaires».

Par contre, sur la question du réchauffement climatique de la planète, ce n’est pas fort ! Le ministre de l’environnement vient d’annoncer que le Canada réduira ses gaz à effets de serre (GES) d’un pourcentage égal à ce que vient d’annoncer les USA, soit 17% sur la base des niveaux de 1995.

Le Ministre se « pète les bretelles » en affirmant que le Canada a été vite à réagir sur ce sujet en annonçant si tôt ses objectifs qu’il affirme être conformes à l’accord de Copenhague. De toute façon, il était tenu de le faire avant le 31 janvier pour répondre à la demande des Nations-Unies.

Le Canada a fait son annonce un jour après celle des USA et a simplement copié l’objectif fixé par les Américains. On n’a pas besoin d’un ministre de l’environnement pour faire cela. Ça sert à quoi un ministère de l’environnement si, sur un sujet capital comme celui de la réduction des GES, on ne fait qu’accepter un document préparé par les Américains, pour les Américains, et qui n’a rien à voir avec l’intérêt à long terme du Canada.

Notre PM agit comme si le protocole de Kyoto n’avait pas été signé par un des ses prédécesseurs, l’ancien PM canadien Jean Chrétien. Sur ce sujet, Greenpeace souligne que « la nouvelle cible correspond à une augmentation de 2,5% des émissions, d’ici 2020, au-dessus de 1990 » fixée à Kyoto comme base de comparaison.

Dans son annonce, le ministre Jim Prentice n’a pas abordé le sujet de l’exploitation des sables bitumineux. « Plus tard » a-t-il dit.

Alors que l’objectif des pétrolières est de multiplier par quatre le nombre de barils de pétrole extraits par jour de ces sables d'ici 10 ans, le ministre laisse penser que les réductions de GES devront se faire ailleurs.

Le Canada est devenu, toute proportion gardée, l’un des pays les plus polluants de la planète. Même si les sables bitumineux sont une source incroyable de richesse pour les Canadiens, je crois que devrions cesser d’en accélérer l’exploitation tant que nous n’aurons pas trouvé une manière propre d’en extraire le pétrole. Notre planète passe avant notre richesse immédiate. Les générations futures de Canadiens pourront en profiter pleinement puisque l’exploitation des sables bitumineux prendra au moins 150 ans. L’argent n’est pas perdu, il ira à nos descendants.

Je dis « CHOU ! » au PM Harper pour son manque de responsabilité et le tort qu’il continue de faire à la réputation de notre pays dans le monde sur la question du réchauffement climatique de la planète.

Claude Dupras

jeudi 28 janvier 2010

Obama : « Je ne suis pas un lâcheur »

Je viens d’écouter le discours « State of the Union » du président américain Barack Obama et celui du gouverneur Robert F. McDonnell de Virginie, qui donna la réplique du parti républicain. Obama a fait un bon discours, à point et a démontré une détermination nouvelle pour mener à bien ses objectifs.

Suite à l’élection d’un républicain comme sénateur du Massachussetts, pour remplacer Ted Kennedy, la presse de droite s’est déchaînée contre Obama prétendant qu’il est devenu ineffectif et ne pourra dorénavant faire voter ses propositions de réforme. OBAMA passe un mauvais quart d’heure. Le niveau de sa popularité est passé de 63%, le soir de son élection il y a un an, à 51%, aujourd’hui. Ses adversaires affirment qu’il a perdu la confiance du peuple américain. Et si Obama avait le 35% de confiance du PM canadien Stephen Harper, que diraient-ils ?

Ce ne sont pas les actions d’Obama qui ont affecté les sondages, mais plutôt les campagnes insidieuses de l’extrême-droite américaine envers lui. Elle l’a sali, calomnié, traité de « socialiste » et même de « communiste » sachant que de tels mots font peur à plusieurs. Il a été caricaturé au point qu’un grand nombre d’Américains, peu familiers avec la politique de leur pays et pensant plus à leur situation personnelle qu’à celle de leur voisin, se sont mis à l’haïr et à le blâmer pour tout ce qui va mal dans le pays. Et ça continue, comme nous en avons été témoins hier…..

L’héritage que lui a laissé son prédécesseur n’était pas riche : deux guerres, une réputation des USA minée dans le monde, une crise immobilière domestique et devenue mondiale par laquelle des centaines de milliers de familles américaines ont perdu leur maison, une bourse effondrée, des scandales financiers au niveau bancaire dont la faillite d’une des plus grandes banques et qui risquaient de tuer le système monétaire du pays, etc…

Les positions politiques de Barack Obama ont réjoui le monde entier et les Américains y ont retrouvé une popularité renouvelée. Malgré cela, les Républicains lui reprochent le contenu de ses grands discours internationaux qu’ils qualifient de faiblesse. Le président américain n’a pas à s’excuser des politiques passées de son pays, disent-ils, car l’Amérique doit être crainte dans le monde.

J’ai suivi de près Barack Obama durant sa première année. Une fois élu, il a vite réagi . Il a très bien fait. Il a travaillé très fort et s’est engagé dans d’innombrables projets de réforme. Peut-être trop, calculent certains observateurs qui ont peut-être raison, car son engagement personnel intense dans chaque dossier lui a fait oublier de bien expliquer aux Américains les objectifs des grands changements qu’il proposait et de les engager avec lui dans ce travail important. Son slogan « Yes, we can » est devenu « Yes, I can » et ce fut son erreur. Mais, l’élection du sénateur républicain Scott Brown l’a secoué et il a compris.

La crise s’est arrêtée, mais le taux de chômage n’a pas diminué aussi vite qu’Obama avait prévu car il semble n’avoir pas réalisé que l’inertie de projets d’infrastructures est une réalité implacable. Les emplois ne sont-là qu’au moment où les projets atteignent leur vitesse de croisière. Hier soir, encore, les Républicains ont critiqué vertement le programme d’Obama d’investissements dans les infrastructures (et on sait, si on visite les USA, combien ces travaux sont nécessaires) les qualifiant d’argent dépensé inutilement qui ne font que grossir l’appareil gouvernemental et accentuent d’avantage la dette. Au Canada, particulièrement au Québec, nous savons que l’ensemble de nos programmes de financement de travaux d’infrastructures a réussi à casser la crise et à redonner une nouvelle vigueur à notre pays. Nous comprenons que ce n’est que grâce à une économie florissante que nous diminuerons la dette nationale.

Le chômage reste le tendon d’Achille du président Obama. On le blâme du taux actuel de 10% de chômeurs aux USA. Cette accusation est de toute évidence injuste, à ce moment-ci. Mais, les Républicains s’en foutent car leur motivation n’est que politicienne. Ils font fi de la vérité, de la réalité et mettent tout le blâme sur le dos d’Obama, oubliant volontairement le désastre GWBush. Ils le boycottent depuis le début, sur tout et rien, croyant que c’est la seule stratégie capable de le renverser. Ils sont contre, contre, contre… Cette attitude est en fait la preuve de la mauvaise foi des Républicains.

Ce fut encore évident hier lors du discours du porte-parole républicain. Il a affirmé que les Républicains sont favorables à des réformes sur la santé, l’éducation et l’environnement mais pas à celles d’Obama qui sont, disent-ils, trop à gauche. Comme si permettre à 35 millions d’Américains d’être protégés contre la maladie, par un système de santé privé, était une politique inacceptable. Les Républicains proposent, par exemple, de recommencer à zéro le débat sur la santé (il dure depuis près de dix mois) alors qu’il est évident que ce n’est qu’un manège pour empêcher l’adoption de la loi qu’Obama propose.

Hier soir, le président Obama a proposé, entre autres, une approche pour atteindre les demandes de la nation en rapport avec la création d’emplois. L’unité de la classe politique à Washington est nécessaire pour mener à bien ces mesures essentielles. Je crains que le parti républicain continue son boycott des propositions du président Obama et refuse de l’appuyer. Si c’est le cas, ce sera tragique car l’histoire nous enseigne que jamais, dans le passé, les grandes lois sociales et de droits civils américains ont été votées par un seul parti. Toujours, c’est la réunion d’élus de bonne volonté des deux grands partis politiques qui a permis l’adoption de ces lois qui ont fait des USA une terre accueillante pour tous.

Si les Républicains modérés ne se libèrent pas de l’influence grandissante des conservateurs de l’extrême-droite, de celle des « preachers » et de celle des grandes compagnies qui ne pensent qu’à leurs intérêts, ils perdront définitivement les rênes de leur parti. J’espère qu’ils réagiront avant qu’il ne soit trop tard. Les Américains méritent mieux !

Les élus doivent servir la nation et non leurs ambitions a rappelé hier le président Barack Obama.

Claude Dupras

jeudi 21 janvier 2010

L’Amérique infectée

Quelle surprise ! Un républicain élu pour remplacer le sénateur Ted Kennedy, champion de l’assurance-santé pour tous les Américains. Surprise encore plus grande puisque ce nouveau sénateur, Scott Brown, a fait campagne en promettant de s’opposer au projet du président Barack Obama sur les soins de santé aux Américains dont l’objectif est de corriger les déficiences du programme de santé actuel et de permettre à 35 millions d’individus, à ce jour non-assurés, d’être protégés contre la maladie.

Le Sénat américain et la Chambre des représentants ont chacun voté leur version du projet. Il reste à fondre ces deux documents en un et à le faire voter, à majorité simple, par les deux groupes pour que le projet devienne loi. Le vote final doit avoir lieu d’ici un an sinon le projet sera enlevé du feuilleton du Sénat. Les démocrates, majoritaires, voulaient voter ce mois-ci.

L’élection de Brown augmente le nombre de sénateurs républicains à 41 vis-à-vis les 59 démocrates. Et ce chiffre de 41 change tout puisqu’il dépasse le chiffre 40 qui est le seuil fixé par les règles de procédure parlementaire du Sénat et qui empêchaient les républicains de filibuster (faire un débat sans fin). Dorénavant, les républicains peuvent le faire et c’est le nouveau dilemme d’Obama. Tiendra-t-il son bout en maintenant son projet tel quel et en risquant que les sénateurs républicains décident de filibuster ou le modifiera-t-il en réduisant sa portée afin d’obtenir l’accord des républicains ?

La victoire du candidat démocrate dans l’État du Massachusetts s’explique par plusieurs raisons. La première, est Scott Brown. Il a été un candidat exceptionnel. Photogénique, chaleureux, belle famille, bon orateur, bonne expérience politique dans son État, excellente organisation, il a mené une campagne électorale parfaite. Déjà sénateur du gouvernement du Massachussetts, il en était à sa dixième campagne électorale et n’a jamais perdu. Son adversaire, Martha Coakley, attorney general de l’État avant de devenir la candidate démocrate, a mené une campagne qui ne l’a pas avantagée. Calme, sereine, peu dynamique, elle n’a reçu que peu d’appuis de son parti qui la considérait victorieuse. Obama ne s’est déplacé que le dernier jour pour faire une vite incursion dans l’État pour l’appuyer. Malgré ces différences entre l’image et la vigueur des deux candidats, elles n’étaient pas, à mon avis, suffisantes pour que Mme Coakley perde car le Massachusetts a toujours été profondément démocrate. Il y a beaucoup plus.

Le conservatisme prend des galons en Amérique, particulièrement aux USA. Une chaîne de cable de télévision, Fox News TV, s’est dédiée à le promouvoir, tout comme des milliers de postes de radio des USA. Intéressant pour le téléspectateur, Fox est devenu le poste le plus regardé. Il dépasse CNN. Ces conservateurs d’extrême-droite ne faisaient pas de vague du temps de l’ex-président Georges W. Bush mais ils se sont revivifiés suite à l’élection d’Obama. Leurs grands apôtres sont Rush Limbaugh (radio), Sean Hannity (TV), Glen Beck (TV) et des centaines d’autres animateurs de télé et de radio à travers le pays.

Ces promoteurs répandent sur le peuple leurs arguments trop souvent démagogiques et infectieux. Ils affirment ne pas être des républicains comme ceux de Bush mais, en réalité, ils l’appuyaient et appuient toujours ce parti mais visent à le changer profondément. Ils prêchent que l’entreprise est le moteur principal qui assure la qualité de vie des Américains et non le gouvernement. Ils critiquent le niveau de la dette, veulent baisser les taxes et amenuiser la présence du gouvernement dans la vie des américains. Pour eux, les USA doivent avoir la plus forte armée du monde; le complexe militaro-industriel du pays doit être appuyer sans aucune restriction; leur pays est supérieur aux autres et doit s’imposer nonobstant les circonstances et les lois; la torture de terroristes d’Al-Qaeda n’est pas de la vraie torture; les chercheurs scientifiques se trompent et le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme; les pauvres sont des fainéants et des paresseux; et, aujourd’hui, je les ai entendu critiquer l’aide apportée aux Haïtiens par Obama prétextant que c’est pour garder le vote noir en sa faveur qu’il a agi. Ils s’opposent aussi au plan d’assurance-santé d’Obama et ne veulent absolument pas de rôle gouvernemental dans la santé.

Pour mousser leurs idées, ils organisent des mouvements populaires, tels les « tea parties », à travers les USA qui réunissent des milliers d’Américains dans leur milieu respectif pour protester, dénoncer, critiquer tout ce qui n’est pas de droite. Et ça marche, puisque les sondages leur donnent un appui de 40% d’Américains, ce qui est plus qu’au parti démocrate et encore plus qu’au parti républicain. Ils trouvent des appuis importants auprès de plusieurs grands patrons, de la chambre de commerce américaine, etc… Ils ont supporté ardemment Scott Brown.

Souventes fois, les propos des vendeurs du conservatisme gênent le parti républicain et ses élus. Leur influence devient si importante partout au pays (comme on vient de le constater au Massachusetts, l’État le plus démocrate des USA) que plusieurs sénateurs et représentants républicains, pensant à leur réélection, pilent sur leurs principes, ne disent rien et flirtent même avec ces conservateurs qui sont beaucoup plus à droite qu’eux. C’est ce qui explique la tactique invraisemblable du parti républicain envers Obama et son administration qui se résume à ne rien proposer, tout critiquer et toujours voter contre. À ce jour, je suis surpris que cela les ait bien servis.

De plus, Scott Brown a bénéficié de l’argent des grands lobbyistes et de nombreuses campagnes publicitaires bien montées et payées par les compagnies qui se sentent bousculées par Obama à cause de ses politiques touchant la santé, le bien-être, le contrôle du système bancaire, l’environnement, etc… Ce fut un déluge de pubs négatives et souvent mensongères qui, jour après jours, a fait son œuvre. La forte avance de Mme Coakley rétrécissait comme une peau de chagrin.

Le président Obama et les démocrates ont un grand défi à relever. Ils doivent se rapprocher davantage du peuple américain et mieux expliquer leurs idées, leurs programmes et leurs politiques afin de contrecarrer les insinuations, les mensonges et les attaques vicieuses dont ils sont la cible.

Quant au conservatisme, il prend de l’ampleur à cause de la crise économique et des investissements majeurs qu’elle a suscités, des déficits qui en découlent et des dettes qui s’empilent. Le terrain est fertile pour la critique à outrance. Je crains qu’un très grand nombre de nos voisins du sud soient infectés par ces « vendeurs de tapis » et glissent vers leurs idées politiques insensées qui peuvent sembler logiques, pour plusieurs, mais qui à long terme freinent le progrès des sociétés et deviennent des obstacles à une certaine répartition de la richesse.

L’élection du Massachusetts nous indique ce qui peut venir.

Claude Dupras

mercredi 30 décembre 2009

La décade maudite

J’aurais pu intituler ce texte « la décade Ben Laden », mais je crois que tous les évènements qui se sont passés depuis le premier jour de l’an 2000, que nous attendions tous impatiemment pour célébrer l’avancement des nos sociétés après deux millénaires, vont plus loin que les actions des islamistes fondamentaux puisqu’en ce jour qui termine cette décade, nous constatons les dégâts non seulement générés par les terroristes mais aussi par ceux qui nous ont affligés de leur ineptie économique, de leur incompétence politicienne, de leur corruption et par ceux qui s’acharnent de façon grossière à dégrader tout ce qui est de bon goût. Nous méritons tous mieux.

Certes Ben Laden nous a fait un tort immense. J’ai toujours été un grand amateur des films de James Bond et le déroulement de leurs scénarios était pour moi invraisemblable puisqu’il mettait toujours en vedette un individu, présenté comme un « gros méchant », capable de terroriser et de mettre en danger la planète. À ce moment-là, je croyais que seul un pays avec ses ressources et sa population pouvait avoir un tel pouvoir. Mais Ben Laden existe avec ses théories, ses arguments, sa vicieuse stratégie, et ses adeptes ne cessent, depuis l’impensable tragédie du World Trade Center, de terroriser les populations de plusieurs coins du monde. Nous aurions besoin, aujourd’hui, d’un James Bond pour le trouver et lui régler son compte tout en démantelant son réseau et ses appuis. Mais malheureusement, Bond n’est que de la fiction alors que Ben Laden est bien réel. Il a changé nos vies et continue de le faire. Deux guerres ont été provoquées par ses actions en Irak et en Afghanistan. Plusieurs autres pays dont le Pakistan, la Somalie, le Yémen sont menacés de voir leur pays devenir le théâtre d’autres conflits guerriers. Des centaines de milliers d’individus ont été tués et blessés. L’Occident le craint et fait tout pour le contrecarrer et cela à coups de milliards de $. Les frontières sont difficiles à passer, les vols d’avions coûtent beaucoup plus cher, les pays sont en déficit, la peur règne. Cela dure depuis 9 ans et ce n’est pas fini…

Copenhague nous a démontré jusqu’à quel point la bêtise politique peut nous mener. Malgré le travail de milliers de scientifiques dans le monde, surtout durant les dix dernières années, qui par leurs recherches, leurs statistiques, leurs analyses et leurs conclusions ont démontré clairement le danger qui confronte notre planète, nous avons été témoins du fiasco de Copenhague. Les dirigeants politiques du monde ont été incapables de s’entendre pour prendre les actions appropriées pour sauver la terre. Nonobstant le zèle et travail intenses des environnementalistes, depuis si longtemps, une autre opinion a primé. C’est celle de la droite-conservatrice qui affirme que la preuve du réchauffement climatique de main d’homme n’a pas été faite, que les gouvernements n’ont pas à engager des sommes mirobolantes pour le combattre car c’est un phénomène naturel qui va et revient dans l’histoire de la terre. Elle qualifie « d’éco-arnaque » les charges financières additionnelles imposées au public comme la taxe carbone, les frais générés par les lois anti-GES et les trilions de $ exigés par les pays pauvres pour les aider dans leur développement vert. Elle traite Kyoto de fraude et souligne que l’Ouest a déjà englouti un trillion $ d’aide dans un traité qui a été adopté solennellement puis ignoré.

L’un des chefs de file non avoués de cette droite conservatrice est le PM du Canada, Stephen Harper. Il a participé avec répugnance à la conférence de Copenhague. Il n’a fait aucun discours, à joué à cache-cache avec la presse, n’a rencontré que quelques chefs d’état et est revenu au Canada en dénonçant les premiers ministres des provinces de l’Ontario et du Québec qui ont exprimé à Copenhague des opinions opposées à celle de son gouvernement. Il a même trouvé moyen d’attaquer publiquement, via son attaché de presse, l’un des environnementalistes les plus sérieux et les plus connus du Québec. À son retour, le PM Harper a été porté aux nues par les conservateurs pour avoir façonné une politique environnementale (pour protéger les sables bitumineux) qui est, selon eux, à la fine pointe de ce qui a été fait en politique étrangère au Canada. Ce qui veut dire que l’exploitation des sables bitumineux peut voguer allègrement et multiplier par quatre sa production durant la prochaine décade. Et, ce n’est que le début car il y a de la place pour beaucoup plus puisque le territoire des sables bitumineux est grand comme celui de l’Angleterre.

Le Canada a connu durant la décade une longue période de surplus budgétaire qui s’est transformé en 2009 en un déficit de 56 milliards $. De son côté, l’économie américaine a été chambardée et l’avenir est incertain malgré le ressaut actuel. Une chose est claire, le gouvernement américain ne peut continuer à s’endetter au rythme actuel. Un jour et bientôt, les Américains devront réagir. Le risque de la dévaluation du $ US est réel. Certains observateurs prédisent qu’elle atteindra 15%. Les taux d’intérêts vont grimper rapidement, encore-là les échos répètent 6%. Les coupures de dépenses dans le budget américain devront être radicales (estimées à 500 billions $ annuellement) et cela pour plusieurs années consécutives. La croissance de l’emploi et de l’économie sera lente durant cette longue période transitoire mais celle-ci débouchera sur une nouvelle ère qui affectera positivement le Canada et l’Occident.

En somme, la dernière décade est une période qu’il vaut mieux oublier tout en espérant que la prochaine sera mieux adaptée aux besoins des populations, de l’environnement et de la paix.

Je souhaite à tous une bonne, heureuse et prospère année 2010.

Claude Dupras

vendredi 11 septembre 2009

Les « vigilantes » américains de retour ?

Quelle saloperie que cette campagne républicaine contre le projet de loi sur l’assurance- santé proposé par le président américain Barack Obama ! Depuis son élection, le parti républicain s’oppose systématiquement à tout ce que propose Obama. Les stratèges de ce parti veulent démontrer que, même majoritaire, Obama ne sait comment gérer le pays et est incapable de faire approuver les lois qu’il propose pour répondre à ses promesses électorales, puisque, disent-ils, il n’a pas les qualités nécessaires pour négocier avec l’opposition afin d’atteindre ses objectifs. Quelle hypocrisie ! Quel manque de responsabilité !

Que l’enjeu soit de faire accéder 45 millions d’Américains au régime d’assurance-santé ou en rapport avec la crise économique, l’éducation, le budget, l’environnement et autres sujets d’importance pour l’avenir américain, cela n’a aucune importance pour les Républicains ! Seul le pouvoir compte pour eux. À défaut d’avoir un chef de la trempe et de l’intellect d’Obama, ils ont choisi de nier à ce dernier tout succès, de le salir et de lui faire une obstruction systématique. On a même vu un représentant républicain se lever, tout énervé, au congrès américain, réuni pour la récente adresse d’Obama à la nation, et traiter le président de menteur. Le lendemain, il a retiré cette insulte, en s’excusant.

Même la campagne électorale présidentielle, qui a vu Obama porté au pouvoir, n'a pas été aussi imbibée de racisme et de démagogie politique que ce qu’on observe aux USA depuis le début du débat sur la réforme de l'assurance-santé et l'expansion des soins à tous les Américains.

Malgré qu’Obama ait été élu légitimement avec une grande majorité, il demeure un noir pour beaucoup d’Américains et cela malgré qu’il ne soit pas tout noir puisque sa mère était blanche. À lire et à écouter tout ce qui se dit aujourd’hui chez nos voisins du sud, on a vraiment l’impression que l’Amérique est au bord d'une véritable guerre civile. La virulence verbale de la part de l'extrême-droite américaine en particulier et aussi de la grande majorité du parti républicain d'aujourd'hui est fort surprenante et révoltante.

Par exemple, en Louisiane où deux tiers de la population (depuis l’ouragan Katrina) sont blancs et où 22% des citoyens (surtout des noirs) n’ont pas d’assurance-santé, je lisais récemment dans le NY Times que la mention du seul nom Obama fait sauter les fusibles chez les blancs. Même les cajuns (fils de nos Acadiens exportés) qui étaient dans le passé voués au parti démocrate se détournent vers le parti républicain.

Depuis le lancement de son intention de réformer le système de santé de son pays, Obama est accusé d'être tout d'abord un usurpateur de la présidence prétendant qu'il n'est pas réellement un citoyen américain. Ensuite, on l'accuse tout d'abord d'être un socialiste, comme si c’était un gros péché, et même mieux encore de fasciste et encore plus, de communiste. Maintenant la droite américaine, qu'elle soit de l'extrême phalange chrétienne ou même de républicains relativement logiques comme le sénateur Mc Cain, est déterminée à empêcher Obama de mettre en œuvre son programme de réforme du système de la santé. Ce qui est tragique c’est que cette campagne de désinformation et de « salissage » porte ses fruits puisque la popularité d’Obama baisse sensiblement dans les sondages.

Mais le réel et grand danger dans cette stratégie politique agressive est que le parti républicain américain semble encourager une véritable révolte, même si elle mène vers la violence. Quand on nous montre, à la télévision, la violence verbale exprimée par les participants aux réunions dites « town hall », ou encore des individus se promener avec des armes de guerre au milieu d'un débat sur la santé, nous pouvons nous demander jusqu’où tout cela mènera et si l’extrême-droite appuyée inconsciemment par le parti républicain américain n'a pas adopté la stratégie des chemises noires et des chemises grises en Italie et en Allemagne avant la prise de pouvoir des fascistes dans ces deux pays juste avant la 2ième guerre mondiale.

Si le parti républicain ne met pas ses culottes et ne cesse d’alimenter avec des ragots cette folie politique et ne dénonce l’extrême-droite, je me demande combien de temps nous allons encore attendre avant de voir des organisations « vigilantes » pousser comme des champignons à travers les USA.

Claude Dupras

jeudi 27 août 2009

Merci, les Kennedy !

Ted Kennedy est mort hier. Quelle tristesse j’ai ressentie en apprenant cette nouvelle ! Frère de John F. et de Robert, il nous a fait vibrer avec eux plusieurs fois dans notre vie. J’ai eu le privilège de vivre ces moments inoubliables qui m’ont fait aimer, comme tout le monde, cette famille de Joe Kennedy, de Rose et de leurs nombreux enfants, tout en m’apprenant beaucoup de choses.

Bon vivant, Ted Kennedy était un homme sensible aux besoins de ses compatriotes. Il a toujours défendu les moins nantis et je me rappellerai toujours son superbe discours à la convention démocrate où il voulait remplacer le président Carter comme candidat démocrate pour l’élection de 1981. C’était un geste difficile et invraisemblable, mais ses partisans jugeaient nécessaire de remplacer le président sortant à cause de son manque de popularité croissant. Il n’a pas réussi à déloger Jimmy Carter qui a été finalement battu par Ronald Reagan. J’ai toujours eu l’impression que ce jour-là, les démocrates avaient fait une erreur en ne choisissant pas le sénateur Ted.

Ted Kennedy était le plus grand apôtre de l’assurance santé pour tous les Américains. Je me rappelle de la visite de son frère John F. à Montréal du temps où il était sénateur du Massachusetts, il n’était pas marié à ce moment-là, pour parler justement d’assurance-maladie. Ted, en prenant la relève de son frère au poste de sénateur, après l’élection de John F. à la présidence américaine, en a fait son cheval de bataille toute sa vie. Au début, il voulait un système public similaire à celui du Canada, mais il a vite compris que le Congrès américain n’était pas une sinécure et qu’il devait trouver des compromis pour atteindre son but qui était d’assurer une protection médicale à tous ses compatriotes. Il n’a pu de son vivant réaliser cette ambition mais il était sur le point de le faire avec l’aide du président Obama.

Les trois frères Kennedy nous en ont donné des sensations exceptionnelles. L’élection de John F. à la présidence fut spectaculaire et nous a tous touché profondément même si nous n’étions pas Américains. Son mariage avec Jackie et ses beaux enfants nous ont fait voir de belles images de toutes les couleurs. Ses discours de président nous ont motivés et encouragés à servir notre pays. Son assassinat nous a écrasés. Je me rappelle le silence qui a envahi la grande salle à dessins de mon bureau d’ingénieurs où je me trouvais lorsque nous avons appris la nouvelle et les pleurs que j’ai remarqués aux visages de plusieurs techniciens et dessinateurs. L’émotion m’étranglait et j’avais la sensation que l’air se faisait rare. Je ne pouvais y croire. Nous venions tous de perdre notre idole. Je n’ai jamais oublié, même les détails, de l’hommage extraordinaire rendu au président décédé, dont la dignité émouvante de Jackie, de Robert et de Ted qui ouvrait la marche funèbre suivi du grand président français Charles De Gaulle accompagné des chefs d’états du monde entier et du salut de John John avec sa petite sœur Caroline au Capitole.

Puis ce fut la montée politique de Robert Kennedy vers la présidence après avoir été élu sénateur de l’état de New York. Sa campagne pour devenir le candidat démocrate fut sensationnelle et remplie de promesses excitantes pour l’avenir. Différent de John F., Robert avait un charisme particulier et générait un sentiment de confiance envers lui hors du commun. Mais un assassin l’attendait dans la cuisine de l’hôtel Ambassador en Californie et lui tira une balle dans la tête. L’image qui le montrait étendu au sol avec sa tête retenue dans une main, reste indélébile pour moi. Quelle secousse j’ai ressentie à nouveau ! Après l’aîné Joe mort à la guerre, John F. assassiné et maintenant « Bobby », est-ce que le malheur qui frappe cette famille va un jour se terminer, me disais-je comme tout le monde ?

Je craignais que Ted, qui avait des responsabilités familiales de plus en plus importantes, soit aussi victime du mauvais sort de ses frères. Heureusement ce ne fut pas le cas. Il vient de mourir à l’âge de 77 ans et laisse un héritage politique important. Il a su devenir le sénateur le plus prestigieux et le plus influent du sénat américain et a pu travailler avec tous les présidents démocrates ou républicains pour faire adopter des projets de loi qui ont amélioré la vie de tous les jours des Américains.

Il reste au président américain Barack Obama et au Congrès américain à compléter l’œuvre de Ted Kennedy. J’espère qu’ils voteront cette loi qui assurera un plan de santé à tous les Américains. Ce sera un grand jour qui marquera, comme il se doit, le dévouement, l’engagement, le courage et la vie de Ted Kennedy. J’ai confiance que cela se réalisera.

J’apprends que Ted Kennedy sera enterré, là où il doit être, à côté de ses frères au cimetière national de Washington.

Merci les Kennedy !

Claude Dupras