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mercredi 5 août 2015

Le québécois « frileux »

Suite à mon récent blog sur « la radicalisation des péquistes », un internaute m’a fait part de son commentaire. Malheureusement, ce dernier ne tenait pas compte de l’argumentation de mon blog mais plutôt de l’auteur. J’ai remarqué souventes fois dans le passé que c’est souvent le cas dans les échanges politiques avec mes compatriotes. On oublie le message pour s’en prendre au messager.

Le critique rejetait mon argumentation parce qu’elle venait d’un « fédéraliste » il ne discutait pas du fond. Oui, c’est vrai, j’aime le Canada et veux le conserver pour mes descendants. Il me qualifia aussi d’être un des « québécois frileux des années 1970 » qui ont voté NON aux référendums québécois sur la séparation du Québec.

Nous serions « frileux » à cause de la peur que nous aurions de perdre ce que nous avons «acquis compte tenu de l'énergie dépensée à gagner du terrain petit à petit sur la mainmise du Dominion anglais sur cette partie du territoire canadien qui leur rapporte beaucoup depuis cent ans et plus ».

Il est vrai que depuis la bataille sur les plaines d’Abraham à Québec, le 13 septembre 1759, qui marqua le début de la conquête britannique et la fin du régime français en Nouvelle France, un grand chemin a été parcouru pour la reconquête de nos droits et libertés démocratiques. Jamais, ceux qui nous ont précédés, tout comme nous, ont lâché la lutte et le résultat est qu’aujourd’hui, nous sommes, au Canada, un peuple français, fier, solide, et qui prend de plus en plus sa place, dans tous les domaines, dans toutes les provinces  particulièrement au Québec et ce n’est pas fini. C’est irréversible.

Des centaines, sinon des milliers, de jeunes comme moi, issus des années ’30, ont fait eux aussi leur part dans cette progression du bienêtre et du pouvoir des Canadiens français. J’ai toujours collaboré avec mes compatriotes pour faire avancer la cause. J’ai eu la chance d’être éduqué par de bons professeurs des communautés religieuses des Frères du Sacré-Cœur et des Frères des Écoles chrétiennes, deux communautés dédiées à l’enseignement et à la formation de jeunes québécois. Ils nous ont bien enseigné l’histoire du Canada et nous avons appris les difficultés auxquelles les francophones ont dû faire face tout au long de leur histoire depuis la conquête pour défendre leur langue et leur religion et démontrer leur détermination pour assurer le développement futur de notre nation. Nous devenions motivés pour faire de même. Et, c’était comme ça partout où les Canadiens-français vivaient, que ce soit au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan au Yukon et ici et là dans les autres provinces.

J’étais déterminé à faire ma part et je suis devenu membre de l’ordre secret de Jacques Cartier (OJC), souvent appelé « la patente ». Il  était voué à la défense de la nation canadienne-française partout au Canada et à l’avancement de ses intérêts par l’entremise d’une élite militante qui infiltrait autant l'administration gouvernementale que les entreprises privées.

Au Québec, l'un des objectifs des membres de l'OJC était également de lutter contre l'influence des loges maçonniques et des orangistes qui moussaient leurs candidats et leurs idées pour la gouverne de la province et le contrôle des affaires.

Parmi les résultats de l’OJC, il y eut : la première élection d’un gouvernement francophone au Nouveau-Brunswick, la nomination d’un très grand nombre de haut-fonctionnaires francophones à Ottawa, la fondation des clubs Richelieu, le bilinguisme sur la monnaie canadienne et les formulaires d’assurance-chômage, des émissions de radio en Français diffusées à Radio-Canada d’Halifax aux Rocheuses, des services en Français, dans les compagnies d’utilité publique (chez Bell Canada, entre autres), ainsi que de nombreuses nominations d’ecclésiastiques francophones au lieu d’irlandaises qui étaient anglophones dans des écoles et des paroisses à travers le pays, etc…

L’Ordre créa aussi la Ligue d’achat chez nous, qui favorisa l’achat local et permit à de nombreux commerçants de survivre. Elle a été dissoute en 1965 avec la venue de la révolution tranquille et le débat sur la séparation du Québec. Puis, j’ai joint les chevaliers de Colomb et la Société St-Jean Baptiste de Montréal.  Partout nous avons combattu pour l’avancement des nôtres.

Par ailleurs, j’ai été président de la Chambre de Commerce des jeunes de Montréal, après y avoir œuvré cinq années durant lesquelles nous avons créé une Université Populaire pour permettre aux jeunes gens de Montréal de rencontrer des personnages importants, de notre société, qui avaient réussi dans leur vie professionnelle ou d’affaires, au rythme de cinq sessions par semaine, afin qu’ils puissent les écouter, réfléchir et apprendre d’eux à se préparer à la vie pour réussir. Nous avons aussi rencontré, entre autres, annuellement les premiers ministres (PM) du Canada et du Québec pour la présentation de mémoires relatifs à l’avancement de Montréal, du Québec ou de notre société. Lors de ma présidence, j’ai eu l’occasion de présenter les mémoires au PM John Diefenbaker sur le sujet du port de Montréal et au PM Maurice Duplessis pour la mise sur pied d’un conseil d’orientation économique au Québec. J’ai été aussi vice-président national du mouvement, ce qui m’a permis de rencontrer des membres Jeune Commerce (Jaycees) de toutes les parties du Canada.  

Plus tard, avec des amis, je créai le club Richelieu Lasalle, y œuvrai 3 ans avant de devenir son président. En plus de recevoir des conférenciers importants et aider les colonies de vacances de jeunes, nous avons contribué à la formation des Clubs Richelieu en France. Ce fut un succès, et le président Charles De Gaulle, quelques années plus tard, invita cinq de nos membres à diner à l’Élysée pour souligner le succès de cette entreprise.

J’ai été co-président de Canada 125, pour marquer le 125ième anniversaire du Canada. J’ai eu à cette occasion l’opportunité de traverser plusieurs fois le pays et de rencontrer un grand nombre de Canadiens et Canadiennes de toutes origines, particulièrement les francophones. J’ai pu ainsi apprécier et connaître davantage leur mode de vie, leurs espoirs et comprendre encore mieux le formidable pays qu’est le nôtre et l’importance de notre présence dans le pays.

J’ai été témoin de l’importante transformation politique de mon pays. J’ai constaté l’avancement des francophones et toute la place qu’occupe la francophonie aujourd’hui. Cela doit continuer. Et c’est en voyageant partout dans le monde, que j’ai constaté et compris la beauté, la richesse, la grandeur de l’exceptionnel pays qu’est le nôtre et les opportunités qu’il offre.

Malgré tout, aujourd’hui, certains Québécois veulent encore détruire le Canada en séparant le Québec de l’ensemble canadien. En réalité, ils veulent redonner aux Canadiens Anglais tout le pays, sauf le Québec. Ils veulent construire un nouveau pays, le Québec, et établir une frontière près de la ville de Rigaud située à 30 km de Montréal alors qu’elle est actuellement à 5 022 km de la métropole (200 milles à l’ouest de Vancouver dans le Pacifique). Où est l’erreur ?

Et qu’adviendra-t-il du million et plus de francophones qui y vivent et y progressent ? Est-ce que l’on veut qu’ils retrouvent le même sort que le million de francophones qui ont émigré au Nord-Est américain dans la seconde moitié du XIX siècle pour travailler dans les filatures et qui ont été totalement assimilés ? Veut-on le même sort pour les francophones hors-Québec ? Veut-on diminuer ainsi le nombre de parlant français en Amérique ? Pourtant plusieurs sont des membres de nos familles, ont les mêmes ancêtres que nous, le même sang, la même origine, la même langue, la même religion. Soudainement, on veut me faire renier mon pays, me faire oublier ses gens qui sont comme moi ? Pour faire quoi ? Pour décider seul de tout ? Mais, c’est une bataille du passé que nous avons déjà gagnée !

On critique le gouvernement d’Ottawa prétextant que les francophones n’ont pas une voix suffisante pour influencer le pays. C’est vrai en partie, mais ce n’est que momentané sous Harper. On semble oublier que les québécois Trudeau, Chrétien, Martin et Mulroney furent tous PM du Canada et qu’avant eux, il y a eu Louis-Saint Laurent et Wilfrid Laurier. Que chacun avait dans son cabinet un grand nombre de ministres influents du Québec. Durant ces années, ce sont les Québécois qui ont le plus influencé la politique canadienne.

Depuis l’élection de Wilfrid Laurier au poste de PM en 1891, le poste de PM du Canada a été occupé durant 48 ans par un anglophone venant,  de façon générale d’une province hors-Québec et 58 ans par un francophone originaire du Québec. Et, nonobstant ce clair avantage, il y a des séparatistes qui affirment hautement que les francophones n’ont rien à dire au pays. Ils ont la vue ou la mémoire courte, c’est le moins que l’on puisse dire.

Pour eux, évidemment, tous ces PM issus du Québec furent des traitres à la cause des Québécois et des vendus aux anglophones du Canada. Eh bien, moi, je dis, que ce sont ces Canadiens-français qui ont fait le Canada d’aujourd’hui et ce sera toujours de même. Actuellement, deux des trois partis fédéraux principaux ont à leur tête un Québécois.

Les séparatistes disent que tout doit être décidé au Québec par des Québécois pour les Québécois et se servent de cet argument pour vouloir détruire le Canada. Eh bien, dans le passé, ce qui fut décidé pour le Canada le fut en majeure partie du temps par des Québécois. Et partout dans le monde, on affirme que le Canada est le meilleur pays du monde. Pas mal, pour un certificat d’appréciation de bonne administration pour le travail des nôtres.

Nous, les Québécois ne manifestons pas une prudence excessive dans nos actions et nos décisions. Nous sommes des avant-gardistes réalistes. Nous sommes des combattants pour la bonne cause. Nos ancêtres ont été des passionnés, des hommes et des femmes courageux, qui ont traversé par monts et par vaux ce pays pour le bâtir malgré toutes les tempêtes. Il est à nous. Autant à nous qu’à nos concitoyens anglophones.

Nous ne sommes pas de la race des frileux pour laisser notre pays aux autres.    

Claude Dupras

dimanche 2 août 2015

La radicalisation des péquistes



Depuis la venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent qu’autrement dans la mauvaise direction. 
PKP, devenu, en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions de toutes sortes.
Pour les séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les fédéralistes « ne parviendront qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche, milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le meilleur intérêt de la nation. 
Et si un péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants, il est aussitôt qualifié de « sournois » comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente « le plus grand espoir depuis les années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce n’est pas peu dire si on pense à Lesage, Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre des Ressources naturelles ; Alexandre Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les questions.
C’est ce que dénonçait le jeune étudiant et militant Gabriel Nadeau-Dubois en qualifiant « une certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ». Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des mots de son texte comme « militantisme sectaire et fielleux », « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes nous voient encore comme des moutons ! 
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure. En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit, pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires, journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides, démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les Québécois.


Claude Dupras
 




 

lundi 6 juillet 2015

Quand PKP humilie le PQ !

Depuis sa fondation, le Parti Québécois a toujours eu à sa tête un chef cultivé qui savait faire la part des choses. De René Lévesque à Pauline Marois, ces chefs ont toujours tenu un discours aux arguments responsables, très souvent convaincants, même durs parfois mais toujours respectueux. Ils ont quelques fois élevé la voix d’exaspération mais toujours de façon à point et polie. Et j’inclus dans ceux-là, les propos de Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995 lorsque le OUI l’avait perdu par quelques dizaines de milliers de votes seulement. Ses propos ont été bien critiqués mais, à mon point de vue, ils correspondaient à la réalité. On en a fait un plat, mais la réalité était évidente. Il ne méritait pas, à mon point de vue les nombreuses critiques qui l’ont affligé.

Aujourd’hui, le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau semble être d’une autre catégorie que ses prédécesseurs. Il est comme un jeune boxeur inexpérimenté qui donne des coups de poing à gauche et à droite sans vraiment frapper au bon endroit tout en en recevant des coups durs constamment sur la tête. Il ne fait pas la part des choses. Pour lui, ceux qui se trouvent à ses côtés sont bons et ceux qui sont devant lui ne sont que des êtres sur lesquels il faut frapper sans cesse, même au bas de la ceinture. Et pourquoi ? Simplement parce qu’ils bloquent le chemin qui mène à son idéal. Il faut qu’il déblaye. Une approche d’homme d’affaires sans scrupule qui est prêt à tout pour grossir ses profits, ses entreprises et ses avoirs. Un genre de rouleau-compresseur. Au diable les manières, ce qui compte c’est le résultat !
Ses apôtres le voient comme un seigneur, une légende, presque le messie. Ils en sont obnubilés. Avec lui c’est sûr que l’idéal sera atteint et la fin justifie les moyens. Quelques soient les bêtises ou les positions abracadabrantes qu’il affirme, écrit et répète même si elles dépassent les normes de la politesse, du bon sens, du respect des faits, de l’autre, des élus, ils les acceptent comme des données de la bible et les défendent sur la place publique. Parmi ceux-là, il y a l'ex PM Bernard Landry qui a toujours tenu un message mesuré dans ses discours comme chef de l'État du Québec. Aujourd'hui, il se veut le premier supporteur de PKP et oublie ses principes passés pour défendre l'indéfendable. D'autres, dans leurs écritures, mettent de côté toutes leurs formes passées, leurs raisonnements balancés. Au diable la logique traditionnelle, on en invente une autre dédiée exclusivement à la nouvelle approche. On frappe dans le tas ! Ne vous inquiétez pas, ça va rapporter…  le chef n’est-il pas milliardaire. On ne répond plus à personne car tout le monde est vendu à l’adversaire. Particulièrement les journalistes qui ont vendu leur âme aux Desmarais !
Oui, il s’en prend aux membres de la famille du défunt Paul Desmarais, l’extraordinaire homme d’affaires qui a réussi mieux que tout autre et qui a toujours cru que l’intérêt des francophones québécois était d’être activement présents dans les affaires du monde. Il a été un exemple unique d’intelligence des affaires qui a tellement manqué à nos compatriotes du passé. Parti de rien, il est devenu l’homme le plus riche du Canada et un leader mondial des affaires. Malgré cela, PKP critique sa famille, la barbouille, invente des histoires malencontreuses sur son compte et encore… Pourquoi ? Simplement parce que Paul était fédéraliste, qu’il croyait dans le Canada, qu’il y voyait un potentiel extraordinaire pour tous ses compatriotes francophones et savait mieux que tous que la nouvelle garde, les jeunes qui l’ont suivi, était mieux éduquée, prête à faire face au challenge difficile de la vie économique québécoise et canadienne et à y trouver la place qui lui revient. Et cela s’est réalisé et ça continue de plus en plus fort…
Comme chef du Parti Québécois PKP a décidé que son parti prendrait le leadership des attaques anti-famille Desmarais, pour la simple raison que la famille est propriétaire de grands journaux au Québec, dont La Presse, et que Paul Desmarais a toujours indiqué que la ligne éditoriale de ses journaux soit fédéraliste. Quant à ses journalistes, qui sont tous de haute qualité, ils ont la liberté d’écrire leurs articles sans interventions des propriétaires. Mais PKP ne les aime pas, particulièrement ceux qui traitent de lui et de sa conjointe Julie Snyder.  
Pierre Péladeau, le père de PKP, était un autre du même genre. Il a réussi à bâtir un empire d’imprimeries et de journaux qu’il a laissé à ses enfants à son décès. Différent de Desmarais, il était indépendantiste. Mais il n’insultait pas les gens si leur approche politique était différente de la sienne. Je le sais, car je l’ai connu puisqu’il m’a confié la réalisation totale des bâtiments, bureaux et imprimerie du Journal de Montréal de la rue Frontenac à Montréal.
Il est temps que Pierre-Karl Péladeau se ressaisisse s’il veut connaître un succès politique. Au rythme actuel, il va, à mon avis, directement et sans détour vers l’abime. Son attitude, sa façon de faire, ses mots, son indifférence face aux journalistes, son refus de répondre à leurs questions en se cachant derrière sa page Facebook et ses conflits d’intérêts ne l’aident pas et tout augure mal. Ah! Il peut obtenir des sursauts momentanés dans les sondages, mais à long terme, je n’y vois que le déclin car il est vraiment une bombe à retardement, selon l’évaluation d’un de ses propres députés et ex-ministre. Plusieurs membres du PQ souffrent de la situation actuelle et se disent humiliés par la tournure des évènements.
Pourtant, PKP est un gars intelligent, différent, bien éduqué et qui a une expérience d’affaires assez rare chez un homme politique québécois. Il peut rehausser le débat politique et faire sa marque.  J’espère qu’il le fera… et sortira du tourbillon de sottises dans lequel il s’est engagé.   

Claude Dupras 

dimanche 29 mars 2015

Les manifestations illégales de Montréal: il est temps que ça change !

Les manifestations du printemps érable de 2012 furent mémorables. Ces mouvements de masse avaient été organisés pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité décrétée par le gouvernement libéral du PM Jean Charest. Il est vite devenu évident que le but caché de plusieurs des meneurs de claques de ces manifestations était en réalité de renverser le gouvernement libéral de Jean Charest. Les partis politiques d’opposition, particulièrement le parti Québécois (PQ), profitèrent de la situation en appuyant les manifestants pour les encourager à continuer ce grand dérangement. Le bruit généré fit le tour de la planète.

Jean Charest fut défait de peu à l’élection de 2014 et le PQ devint le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Un des jeunes leaders des manifestions fut élu député péquiste. Moins de deux ans plus tard, les libéraux revinrent au pouvoir en force avec une victoire mémorable qui écrasa littéralement le PQ et son jeune député contestataire dont la popularité s’avéra éphémère. Ces derniers venaient de comprendre que c’est le long terme qui est important pour les Québécois.
Aujourd’hui, de nouvelles manifestations anti-gouvernement-libéral reprennent. Certains chefs-étudiants actuels, (si on peut les appeler des chefs), plus à gauche, se disent justifiés de réagir contre les coupures budgétaires imposées par le gouvernement Couillard pour éliminer les déficits annuels qui augmentent exagérément, sans cesse, la dette des Québécois.
Il est clair que le Québec ne peut continuer ainsi et il est temps qu’il réévalue et réoriente ses dépenses. Les coupures sont qualifiées par les contestataires de « régime d’austérité » alors qu’elles n’en sont pas. Les chefs-étudiants comprennent aussi qu’en définitive ce seront les générations futures qui profiteront de ces serrements des dépenses et que la leur sera la première à en profiter. Évidemment, ils évitent d’en parler car leur but premier est de manifester contre le gouvernement. Pour réussir, ils ont bien compris que le sujet de « l’austérité », seul, ne sera pas suffisant pour motiver un grand nombre de personnes à se rallier à leur projet. Il fallait autre chose. Voilà la raison pour laquelle ils ont ajouté un deuxième thème, les hydrocarbures : de l’exploitation des sables bitumineux à la distribution du pétrole par oléoducs au gaz de schiste. Et oups ! Encore hier, ils viennent d’ajouter le racisme dans leur cahier de doléances, comme quoi ils ont des difficultés à rassembler tout le monde qu’ils espéraient et que c’est bien le gouvernement qu’il conteste.
Manifester est un geste démocratique. La liberté de se regrouper est un droit qui se doit d’être respecté. Les règlements municipaux aussi doivent être obéis. En 2012, ils existaient à peine. Depuis, le conseil de la ville a réagi. Pour être légale, toute manifestation doit répondre aux règlements afin que les autorités municipales puissent la justifier, l’autoriser et la céduler. Le modèle a été la ville de Paris, capitale des manifestations, qui va encore plus loin. Là-bas, elles sont le sujet d’une déclaration au préalable indiquant le but, le lieu, la date, l’heure du rassemblement et l’itinéraire projeté qui est remise aux autorités qui peuvent demander aux organisateurs des modifications de parcours ou d’horaire ou encore d’interdire si elles la jugent de nature à troubler l’ordre public. Là, une manifestation interdite est un délit punissable par la loi. Il est temps que Montréal fasse de même, que la maturité politique s’installe dans notre société, que les organisateurs démontrent un esprit civique et que ça change. Ainsi tout le monde sera heureux.  
Les récentes manifestations étudiantes ont débuté il y a deux semaines et depuis elles ont toutes été déclarées illégales par la police de Montréal. Les chefs-étudiants refusent de se soumettre aux règlements et se justifient en disant que tout est affiché sur Facebook, ne démontrant ainsi aucun respect aux autorités municipales. Pour l’instant, celles-ci tolèrent et cherchent à guider les manifestants sur certain parcours. Les affrontements éclatent. Vivement provoqué, un policier a tiré à bout portant sur une étudiante, un autre a utilisé le poivre de Cayenne pour repousser des manifestants devenus trop agressifs. C’est grave, c’est choquant. Cela ne peut continuer. C’est à se demander s’il y a des casseurs parmi les contestataires ? La conséquence de ces incidents majeurs est que public et la presse ne discutent pas des buts visés par les manifestants. Tout devient un cafouillage.  
L’anarchie ne peut prendre place dans notre métropole. Les droits et les besoins de chaque Montréalais doivent être respectés. Nous nous devons de dénoncer le non-respect des lois et des règlements. Les dirigeants des maisons d’enseignements se doivent aussi d’assurer que leurs étudiants respectent leur institution et d’imposer des sanctions disciplinaires à ceux et à celles qui posent, à l’intérieur de leurs murs, des actes politiques, de vandalisme ou illégaux en préparation de manifestations, car c’est là que tout commence. De plus, le droit démocratique de ceux et celles qui refusent de participer se doit d'être reconnu.  
Il est aussi important que les journalistes, les commentateurs, les chroniqueurs, les blogueurs et autres n’attisent pas davantage la tension en se prononçant indûment pour une partie ou pour l’autre. Les reportages se doivent d’être objectifs si nous voulons tous pouvoir juger vraiment du déroulement de la situation, justifier ou s’opposer à cet acte collectif particulier car c’est la démocratie qui s’exprime. Il nous faut protéger les manifestants, mais il nous faut aussi protéger le public, notre ville et sa réputation.
« De nos temps, l’ampleur des manifestations nécessite des méthodes d’organisation élaborées et des techniques d’informations avancées pour éviter les écueils. Si elles sont bien réussies, elles atteindront leur but d’influer sur l’opinion, influenceront le pouvoir politique et contribueront ainsi à la naissance ou à la révision de politiques rencontrant les visées des revendicateurs ». Sinon, elles deviendront un élément de division dans notre société.

Claude Dupras

 

  

samedi 21 février 2015

La campagne référendaire québécoise est lancée

Il faut le reconnaître, les séparatistes québécois ne sont pas des lâcheurs. Même après avoir subi une dégelée électorale, ils foncent à nouveau tête baissée vers leur objectif, sans tenir compte des erreurs qui leur ont fait si mal.

La principale fut d’avoir laissé entendre, en période électorale, qu’il y aurait un autre référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien. Le principal fauteur de cette erreur fut leur candidat-vedette, le milliardaire Pierre-Karl Péladeau (PKP), qui arriva sur scène le poing en l’air à la Lénine pour marquer avec force sa détermination séparatiste.

À ce moment-là, la campagne électorale du parti Québécois (PQ), qui se déroulait relativement bien, s’écroula subitement malgré l’excellente équipe de candidats que présentait la Première Ministre Pauline Marois. Le chat était sorti du sac. Marois ne put réaligner sa campagne, perdit l’élection, le pouvoir et démissionna.   
Aujourd’hui, au moment où se déroule la campagne à la chefferie du Parti Québécois (PQ), les sondages indiquent que 72% de la population votante n’est pas favorable à la séparation et que les jeunes de 18-24 ans, n’appuient pas le PQ, massivement.
PKP est candidat avec quatre autres dont les ex-ministres Bernard Drainville, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet et un outsider Pierre Céré.  Malgré tout, PKP demeure le grand favori avec près de 60% d’appuis qui comprennent principalement les péquistes à tête blanche car les jeunes ne sont pas au rendez-vous. 
Le récent sondage CROP au Québec place PKP devant Couillard, advenant une élection. Les séparatistes qui ont toujours qualifié les sondages CROP de « bidon » s’en régalent aujourd’hui.
Mais en même temps, PKP perd des plumes dans son parti à cause de sa moche campagne, teintée d’erreurs de comportement et de stratégie. La dernière, l’affirmation de la possibilité qu’advenant une victoire du PQ à la prochaine élection, son gouvernement pourrait déclarer unilatéralement l’indépendance, sans référendum. Aux Québec, les élections sont gagnées avec 35% à 42% du vote exprimé alors qu’un référendum exige 50% +1. Les péquistes expérimentés savent bien qu’une telle élection est un accro intolérable à la démocratie et qu’aucun gouvernement du monde ne la reconnaîtra.
PKP a démontré à l’annonce de sa candidature qu’il était un mauvais orateur. Depuis, il ne s’est pas amélioré et il ne s’aide pas, non plus, avec le contenu de ses discours. Au sein de son parti, les épaules de ses auditeurs se haussent de plus en plus. Ils sont surpris de son manque d’habilité à s’exprimer avec conviction. Au récent conseil national du PQ, tous attendaient son discours. Il ne fut pas à la hauteur de ce moment important. Un journaliste présent a écrit : « il a parlé comme un jeune étudiant qui ne s’est pas préparé pour son examen oral. L’assemblée ne lui a réservé que des applaudissements polis ». Ailleurs, dans sa tournée des comtés pour chercher des appuis, il se veut éducateur et historien. Il fait appel à un discours patriotique pour toucher le cœur sensible de ceux qui l’écoutent. Il rappelle la conquête anglaise de la Nouvelle-France en oubliant le peu de support accordé par les rois de France à la colonie. Il souligne aussi les rébellions des patriotes de 1836-38 contre la milice britannique, les tensions politiques de l’époque et la proposition de Lord Durham pour assujettir les francophones à la domination vigoureuse d’une majorité anglaise afin de les assimiler. En somme, il cherche à rappeler certaines actions passées des anglais afin qu’aujourd’hui, pour creuser un fossé entre les anglophones et nous, nos compatriotes se révoltent contre les anglophones du gouvernement canadien actuel. En fait, cela est partie de notre histoire et n’a rien à voir avec 2015. Grâce à leur solidarité, nos pères ne se sont pas laissés faire et ont riposté en agissant pour que nous devenions ce que nous sommes. Un peuple fier, fort et autonome dans un grand pays indépendant qu’est le nôtre, le Canada.
Et il y a l’incident de Rouyn-Noranda. En tournée de campagne, il assista en fin de soirée à un concert de chansons anglaises donné par des artistes francophones du groupe pop montréalais Groenland. Soudainement, à la surprise de tous, il cria du fond de la salle « en français ». Le lendemain, sans excuse, il déclara « je suis un défenseur de la langue française », persista dans sa position et signa. Son porte-parole, insista pour dire que PKP n’était pas ivre et justifia sa bévue comme étant normale après une journée de cabale bien remplie. Ouais !
 
Ces situations surprenantes démontrent une stratégie revancharde, irrespectueuse et déplacée. Le moins que l’on puisse dire, c’est une approche mesquine envers les anglophones du Québec.
À cause de PKP, les rapports journalistiques des rencontres de candidats à la chefferie portent surtout sur la séparation du Québec. C’est devenu une enchère entre eux pour déterminer lequel a la meilleure façon d’aborder cette question. Pendant ce temps, heureux de la tournure des évènements, le PM Philippe Couillard se frotte les mains car il connaît le pouls de la population et sait qu’elle ne veut rien savoir d’un nouveau référendum.   
À la dernière assemblée générale du PQ, les dirigeants ont hésité à faire adopter des résolutions politiques expliquant que le nouveau chef devait imprimer sa marque sur le programme. Donc, ce que propose et dit PKP, qui deviendra vraisemblablement le chef, sera le prochain programme du PQ. Quelle différence avec le PQ d’hier dont les membres savaient se tenir debout. Certains, dont Jacques Parizeau,  ont même quitté la salle en protestation contre des éléments du discours de René Lévesque qui présidait la réunion. Ils l’ont humilié pour faire valoir leurs opinions.
Aujourd’hui, aveuglement, les péquistes suivent le joueur de flute PKP même si, malgré ses réussites impressionnantes en affaires, il ne démontre absolument pas, à ce jour, des qualités de chef d’État. Tellement désespérés de reprendre le pouvoir, ils mettent tous leurs œufs dans le même panier malgré son manque d’expérience politique. Il ne faudrait pas qu’il trébuche car, comme Perrette, ils diront  « adieu veau, vache, cochon, couvée…. ». Le rêve s’évanouira en un instant. Pourtant, ils ont d’autres bons candidats qui montrent de telles qualités comme le jeune Alexandre Cloutier qui, à 37 ans, a le même âge que Robert Bourassa lorsqu’il devint premier ministre.  
Les campagnes référendaires du passé dirigées par René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard étaient basées sur des arguments sérieux qui découlaient de conflits et de débats importants avec le gouvernement fédéral tels les accords du lac Meech et de Charlottetown, de commissions gouvernementales nationales et québécoises, d’états-généraux de la nation et de toute une série d’autres de même nature issus des niveaux nationaux et provinciaux. Y participaient pour les péquistes, des individus de la trempe des René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Jacques-Yvan Morin, Camille Laurin, Denis Lazure, Marc-André Bédard, Jean Garon, Yves Bérubé, Claude Charron, Lise Payette, Pierre Marc Johnson, Gérald Godin, Rodrigue Biron, Yves Duhaime, Denis Vaugeois, Denis de Belleval et des dizaines d’autres. Aujourd’hui, rares sont les individus de cette trempe dans le PQ.
Pour les remplacer, PKP veut créer « un think tank sur la séparation » dont il choisira évidemment les membres. Ils seront sûrement séparatistes puisque les conclusions devront aller dans le sens qu’il recherche. Elles seront contestées pour cette raison car les Québécois se méfieront d’un tel organisme.
Les fédéralistes de leur côté ne sont pas en reste non plus. Ils n’auront pas de Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Paul Martin sur le plan fédéral, mais Stephen Harper et ses conservateurs, s’ils sont encore au pouvoir. Pas fort pour défendre le système fédéral dans un référendum québécois.
Pauvres Québécois ! Il me semble que nous avons donné souventes  fois nos opinions sur la question de la séparation du Québec et que les sondages scientifiques démontrent qu’elles n’ont pas changé. Nous avons tellement d’autres problèmes importants à régler, pourquoi devons-nous nous faire rabâcher les oreilles avec les mêmes rengaines. Assez, c’est assez ! Non ?
La meilleure situation pour le PQ serait que PKP ne gagne pas. Les raisons sont celles de son écrasante défaite à la dernière élection qui a permis au parti Libéral de gagner une majorité inattendue. Les mêmes débats ajoutés à la question de conflits d’intérêts (l’ex-ministre Lisée l’a bien démontré) donneront le même résultat électoral ou pire.
Claude Dupras

samedi 10 janvier 2015

Le PM Couillard et la légitimité

Au Québec, les séparatistes prétendent que le premier ministre Philippe Couillard n’a pas la légitimité démocratique pour entreprendre les profondes transformations qu’il a entreprises pour assainir les dépenses publiques. Ils estiment cette légitimité sur la base des suffrages que son parti a obtenus à l’élection qui l’a porté au pouvoir par rapport au nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Et cela, même si son parti a remporté une forte majorité parlementaire et que le gouvernement sortant-de-charge du parti Québécois (PQ) a subi sa pire défaite depuis des décennies, venant même près de perdre le rôle de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale aux mains du parti Coalition Avenir Québec (CAQ). Ils prétendent que le PM ne peut agir comme il le fait car son parti n’a obtenu que 41,52% des voix alors que seulement 71,44% de l’électorat a voté. En réalité, calculent-ils en multipliant les deux pourcentages, le PLQ n’a obtenu que 29,6% du nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale. Donc, pour eux, il n’a pas l’appui d’une majorité réelle de la population et, par conséquent, pas de légitimité pour entreprendre ses réformes importantes.   

Si on accepte ce raisonnement, on doit reconnaître qu’aucun parti politique ou chef québécois du passé n’a eu la légitimité d’entreprendre de grandes réformes, car aucun n’a obtenu une telle majorité. Par exemple, en 1960, Jean Lesage a pris le pouvoir en ne remportant que 41,95% du nombre d’électeurs inscrits. Pour l’élection de 1962, celle de la nationalisation de l’électricité, il a obtenu 44,8%. Robert Bourassa en 1970 a obtenu 38,2% et 43,9% en 1973. René Lévesque à l'élection de 1976 a obtenu 35,27% et a organisé un référendum en 1980 sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Puis il obtint 40,6% en 1981 pour faire « un bon gouvernement ». Toutes ces années passées sont celles de la « révolution tranquille » durant laquelle des politiques importantes ont changé profondément la société québécoise pour lui donner un nouveau départ.
Plus tard, Gérard Parizeau imposa un second référendum après avoir obtenu 36,5% en 1994. Quatre ans plus tard, Lucien Bouchard obtenait 33,5% et imposa des coupures budgétaires draconiennes suite auxquelles des milliers de fonctionnaires compétents furent mis à la retraite et de nombreuses villes, dont celles de l’île de Montréal, fusionnées. Jean Charest ne fit pas mieux avec 32,3% en 2003, 23,5% en 2007 et 24,16% en 2008. Quant à Pauline Marois, elle obtint 23,8% en 2012 pour former un gouvernement minoritaire et son ministre des finances s’apprêtait à couper dans les dépenses. Les bas-scores depuis 1994 s’expliquent par la présence de tiers partis qui sont appuyés par de bonnes franges de l’électorat et qui en fait divisent le vote.
Je souligne à nouveau, les pourcentages précédents sont toujours sur la base des électeurs inscrits sur la liste électorale.
Tous ces chefs politiques avaient le droit de faire ce qu’ils ont fait et ils l’ont utilisé pour bien réorienter les politiques, économiques, sociales et culturelles du Québec. Ils ont agi avec responsabilité malgré de nombreuses et sévères critiques venant des milieux traditionnels, religieux et autres. Ils ont même perdu leurs élections par la suite.
De plus, on se rappellera que lors de la dernière élection, le sujet principal débattu a été la nécessité de réorganiser les dépenses gouvernementales pour protéger financièrement l’avenir du Québec. Le plus grand propagandiste de cette difficile politique fut le chef de la CAQ, François Legault. Sur toutes les tribunes, il a martelé sans cesse l’importance d’assainir les dépenses gouvernementales et de les réduire. Alors que les sondages le plaçaient très bas dans l’opinion publique en début de la campagne, il est revenu en force à la fin de celle-ci en obtenant 23,05% des suffrages et 22 députés alors que le gouvernement péquiste sortant-de-charge obtenait 25,38% des suffrages et 30 députés.
De son côté, le chef libéral Couillard développait longuement le même sujet dans ses discours. Avec moins d’ardeur que Legault, il est vrai, mais avec autant de conviction. Ils étaient, sur le sujet des finances, sur la même longueur d’ondes à quelques différences près.
Même si on cumule les suffrages en leur faveur, PLQ 41,52% et CAQ 23,05%, ils ne représentent que 46,12% du nombre d’électeurs inscrits. Encore là, le 50% n’est pas atteint.
Notre système politique est ainsi fait. Certains diront : la solution, c’est un système électoral comme en France avec deux tours de votation. Analysons la dernière élection présidentielle en France où Hollande a obtenu, au deuxième tour, 51,64% des suffrages. Ce résultat ne représente en fait que 41,49% des français ayant le droit de vote. Donc pas de telle majorité là non plus.
Tout ça démontre bien que l’on ne peut accuser un chef politique au pouvoir ou son parti de manquer de légitimité sur la base du nombre de suffrages qu’il a reçus. Si on le fait pour un, on doit le faire pour tous les autres. C’est ridicule et teinté de démagogie.
La légitimité est le fondement de notre vie sociale et politique. Un élu qui n’a pas un sens naturel de la justice, qui ne respecte pas les droits de chacun ou qui décide de façon partiale perd sa légitimité même s’il a été élu avec une majorité absolue.

Claude Dupras

dimanche 5 octobre 2014

Le congrès de leadership du Parti Québécois est important

Vigile est le site internet par excellence des séparatistes québécois. Il est complet, moderne, très lu et parcouru.

La direction du site, son conseil d’administration, vient de prendre position pour le choix du prochain chef du Parti Québécois (PQ). Elle opte pour Pierre Karl Péladeau (PKP), l’ex magnat des médias et député du comté de Saint-Jérôme depuis six mois. 
Elle a comme objectif d’obtenir que PKP soit le seul candidat. En somme, elle propose, comme j’expliquais dans mon blog précédent, qu’il soit choisi par le caucus des 29 députés et que cette décision soit soumise à un scrutin par lequel tous les membres du parti seraient appelés à lui manifester leur confiance par un « oui » ou un « non ».
Drôle de façon de choisir un chef pour le PQ qui a toujours été le parti le plus démocratique du Québec. Celui des débats, des résolutions, du respect de toutes les opinions, de l’égalité de tous les membres, des droits de chacun.
Pour atteindre son objectif, elle cherche à convaincre les péquistes, par ses éditoriaux, des qualités de PKP, mais par contre elle s’acharne contre les ex-ministres ou députés qui ont signifié leur intérêt pour briguer les suffrages du leadership.
Parmi ces derniers, il y a :
Bernard Drainville, député depuis 2007, ministre du gouvernement Marois.  responsable des institutions démocratiques et du débat sur la charte des valeurs québécoises. Il a un baccalauréat en sciences politiques de l’Université d’Ottawa, une maîtrise en relations internationales du London School of Economics. Sa carrière à Radio-Canada a duré 18 années où il a  œuvré sur le plan municipal, provincial, fédéral et même international. Il a 51 ans.
Jean-François Lisée, députée depuis 2012, ministre de Pauline Marois au titre des Relations internationales et du Commerce Extérieur. Il une licence en droit. une maîtrise en communications de l’UQAM et un diplôme en journalisme du Centre de formation des journalistes de Paris. Il a été correspondant à Paris et Washington pour des médias montréalais et collaborateur à la revue Actualité. Conseiller des premier ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, il est devenu chef de la direction du Centre d’Études et de recherches internationales de l’U de M. Il a 56 ans.
Martine Ouellet, député depuis 2010, ministre des Ressources naturelles durant deux ans à partir de 2012. Ingénieure en mécanique, diplômée de l’université McGill en 1992, elle a ajouté à ses connaissances un MBA des HEC de Montréal. Elle a fait carrière à l’Hydro-Québec à des postes de plus en plus importants et prépara, entre autres, un document « la politique nationale de l’eau » qui fut adopté par le ministère de l’environnement du Québec. Parallèlement à son travail elle s’engagea dans plusieurs organisations communautaires et politiques jusqu’à son élection comme député. Elle a 45 ans.
Alexandre Cloutier, député depuis 2007, ministre du gouvernement Marois au poste de délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, avocat constitutionnel et administratif, il a été clerc d’un juge de la cour suprême du Canada et chargé de cours à l’université d’Ottawa. Il détient un baccalauréat en droit de l’Université d’Ottawa, une maîtrise en droit constitutionnel de l’U de M, une maîtrise en droit international de l’université de Cambridge et un doctorat en droit constitutionnel de l’Université Laval. Il a 37 ans.
Jean-Martin Aussant a été député de 2008 à 2012. Il a fait des études en économie des affaires au Aston Business School d’Angleterre. Il a obtenu un MBA de l’Université Laval, une maîtrise en sciences économiques de l’U de M et un doctorat en analyses économiques de l’université de Barcelone. Il commença sa vie professionnelle chez Morgan Stanley Capital International/Barra à Londres. Puis il revint au Québec pour s’engager en politique. Comme député, il quitte les rangs du PQ sur une question de principe et crée un nouveau parti « Option Nationale ». Puis MSCB lui propose de les rejoindre à nouveau. Il accepte, démissionne comme député et il part travailler à Londres. Il est âgé de 44 ans.
Comme on peut le juger, ces cinq candidats potentiels ont une très bonne éducation et ont rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie. Le PQ n’est pas à court de bons candidats. Il est raisonnable qu’ils veuillent continuer à servir le Québec et ambitionnent de diriger sa destinée.  
Pourtant, la direction de Vigile les qualifie de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Elle continue : « L’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ». « S’il fallait qu’ils se placent en travers de la volonté populaire (?)…. ils seraient les premiers à en pâtir ».
La direction de Vigile estime nécessaire « de faire l’économie de débats désormais futiles et de divisions inutiles qui ne feraient qu’affaiblir le parti. « Tout autre issue serait carrément suicidaire », estime-t-elle, « tant pour le parti que pour les personnes concernées ». 
« L’intérêt supérieur (?) du Québec exigerait que les députés du PQ se rallient au candidat le plus fort et soumettent cette candidature au plébiscite des membres de façon à donner au nouveau chef la légitimité démocratique requise ! »  

Puis pour mettre la crème sur le gâteau, la direction sort son argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
Tout cela me semble totalement irréel, ridicule, injuste et ne correspond pas à l’intérêt du PQ ni du Québec. Surtout pour un parti foncièrement démocratique comme le Parti Québécois avec des membres profondément convaincus et aux options politiques variées.
Je ne connais pas de congrès au leadership d’un parti, du passé, à Québec ou à Ottawa qui ait nui au parti. Au contraire, après le résultat final, le parti et son nouveau chef grimpent dans les sondages. Un tel congrès donne l’occasion à tous les candidats de bien se faire connaître de la population à tel point que ceux qui sont défaits deviennent des vedettes positives pour l’avenir. Quant au parti, il gagne en prestige suite à un congrès bien organisé même si la bataille a été très engagée entre les candidats.
La direction de Vigile en utilisant avec un ton arrogant des qualificatifs négatifs contre les aspirants au leadership péquiste, en les insultant, ne fait qu’alimenter les braises de discorde dans le parti.  
J’ai été co-président du congrès de leadership du parti progressiste conservateur qui a choisi Brian Mulroney. Je connais bien les bienfaits que peut rapporter un tel évènement pour un parti politique, s’il est bien organisé.
Le Québec mérite que le PQ présente un bon congrès, juste et équitable pour choisir son prochain chef. Que chacun ait sa chance de se faire valoir. Si PKP est vraiment le meilleur, il sera choisi. Mais qu’il « gagne ses épaulettes » sans piler sur les pieds des autres.
Claude Dupras

Ps. Le PQ vient tout juste de confirmer que le nouveau chef sera choisi par les membres du parti. C’est bien, mais il lui faudra être vigilant pour s’assurer que ce qui est décrit dans ce billet ne se concrétise pas.  
Que Vigile cesse de chercher à imposer PKP en ne respectant pas les autres candidats. Ce site internet est celui de tous ses nombreux collaborateurs séparatistes/souverainistes/indépendantistes et autres. Qu’il devienne objectif et permette à chacun de prendre sa place.

vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

mardi 8 avril 2014

Le « gros bon sens » des Québécois

Quelle élection et quel résultat! Félicitations aux Québécois qui ont dit NON aux « chicanes » et aux divisions. Ce fut une victoire écrasante pour Philippe Couillard et son parti libéral (PLQ), une remontée spectaculaire pour François Legault et son parti Coalition Avenir Québec (CAQ) et une descente aux enfers pour la PM Pauline Marois et son Parti Québécois (PQ).

Le nouveau premier ministre Philippe Couillard a démontré que la sérénité, la transparence, l’intelligence, le savoir-faire et le respect des autres sont ensemble une formule gagnante en politique. Elle lui a permis d’élire 70 députés, alors que la PM Marois a perdu des sièges partout au Québec pour terminer avec 30 députés. De son côté, Legault a fait la démonstration qu’une approche politique non électoraliste peut aussi rapporter des succès si elle est bien articulée. Il a fait élire 22 députés, a gagné en crédibilité, et son parti est dorénavant assis sur une base solide.

Le PQ a récolté ce qu’il a semé. Il a divisé le Québec en refusant d’écouter de grandes franges de la population particulièrement en rapport avec son projet de charte des valeurs. Sa démagogie populiste et son approche du tout ou rien n’ont pas été appréciés. Par ailleurs, il n’a pas tenu compte des sensibilités d’une grande majorité de Québécois en agissant toujours pour briser le Canada. En présentant le nouveau candidat, dit de prestige, Pierre-Karl Péladeau et en sachant que, lors de sa mise en nomination, ce dernier enjoindrait les péquistes à faire un pays le plus vite possible, le PQ a laissé planer la tenue possible d’un troisième référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien, alors que près de 70% des Québécois n’ont cessé de dire depuis plusieurs années qu’ils n’en veulent plus. Il a aussi promis des restrictions sur l’enseignement de la langue anglaise. Face à ce manque de réalisme, les Québécois ont rejeté le PQ et l’ont vite démontré par les sondages.

La campagne a été de l’aveu de tous, électeurs comme observateurs, une des plus sales depuis des dizaines d’années. Allégations mensongères et insinuations trompeuses ont été mitraillées par les péquistes et leurs supporteurs, jour après jour, sur Couillard et ses libéraux. Ils cherchaient à les démontrer coupables, par association, des scandales découverts par la Commission Charbonneau. En tout temps, Couillard a maintenu son calme, est demeuré sobre dans ses déclarations, respectueux et a refusé de s’engager dans ces débats sans fin. Il est allé à la rencontre de tous les Québécois dans tous les coins de la province et leur a parlé des vrais problèmes, de ses solutions et de ses engagements. Les Québécois l’ont aimé et l’ont choisi même s’il n’offrait pas une vision nouvelle et excitante pour l’avenir du Québec.

Couillard n’a jamais caché ses positions en rapport avec le Canada. Il n’hésite pas à dire qu’il est Canadien, qu’il est Québécois, qu’il veut reconnaître les amendements de 1982 à la constitution canadienne que le gouvernement péquiste du temps n’a pas voulu signer. Il veut que le Québec reprenne sa place dans la fédération canadienne et que les jeunes Québécois voient dans leur pays, qu’est le Canada, ses opportunités nombreuses et qu’ils puissent en profiter. Il a rejeté la séparation, n’a pas insisté sur le statut particulier et a défendu le bilinguisme. Il a souligné les innombrables bénéfices que les Québécois reçoivent comme canadiens et son désir que le Québec devienne aussi riche que l’Ontario et l’Ouest canadien. C’est une approche réaliste et pragmatique. Il a même affirmé « nous sommes heureux dans le Canada ». L’élection n’a pas été un référendum sur ces questions mais son résultat peut démontrer que les Québécois acceptent amplement cette approche.

L’élection d’hier est une bonne leçon pour les jeunes qui veulent s’engager en politique. Ils y ont vu le beau et le laid, le sensé et l’insensé, le raisonnable et le ridicule, le faux et le vrai mais ils ont surtout compris la perspicacité des Québécois qui ne se laissent pas facilement tromper par des mots et des actions allant à l’encontre du « gros bon sens ». Ils ont été témoins de la déconfiture d’un parti politique qui s’est lancé en élection alors qu’il était en avance dans les sondages et avec le vent dans les voiles. Ils ont sûrement compris qu’ils ne doivent jamais minimiser l’appétit des électeurs pour un changement révolutionnaire.

Philippe Couillard hérite d’une province endettée, de problèmes d’infrastructures graves, de la corruption mise-à-jour par la Commission Charbonneau, d’un débat-diviseur sur la charte des valeurs... situations qu’il devra aborder dès ses premiers jours à la tête du Québec. De plus, il veut se mettre immédiatement à l’œuvre pour encourager les investissements privés, développer l’économie, créer des emplois, renforcer le système d’éducation et stimuler le système de la santé en ouvrant, entre autres, les super-cliniques. Il dit aussi vouloir écouter les suggestions de François Legault qui en a de très pragmatiques.

Avec une nouvelle direction, le Québec peut devenir plus prospère, plus riche, plus harmonieux et une terre de tolérance pour assurer le mieux-vivre de chacun de nous.


Claude Dupras

samedi 5 avril 2014

OUI, à Philippe Couillard

La campagne électorale pour l’élection québécoise du 7 avril est particulière si on la compare avec celles du passé. C’est une des plus dures et plus « sales » de toutes celles que j’ai suivies dans ma vie, tout niveau politique confondu.

Déclenchée par opportunisme, le Parti Québécois (PQ) voulant profiter de l’appui majoritaire à la Charte « des valeurs » exprimé par les francophones, elle est devenue un enfer pour la PM Marois. Rien ne s’est déroulé comme elle, ses conseillers et ses faiseurs d’images l’avaient planifié. Un vrai désastre. Cela m’a surpris, puisqu’avant l’élection ils avaient la main heureuse avec leurs tactiques.

Aujourd’hui, le doute s’est emparé de la machine péquiste et elle grinche de partout. Marois est nerveuse, les ministres sont inquiets et tous, à tour de rôle, disent n’importe quoi pour chercher à s’en sortir et rallier plus d’électeurs.

Malgré cela, il est difficile de prédire le gagnant même si le parti libéral (PLQ) obtient ce matin dans le sondage Léger une avance importante : PLQ 38% PQ 29 % ACQ 23% QS 9%.

L’appui des non-francophones au PLQ est de 71%. C’est très fort mais il est, en bonne partie, concentré dans 45 comtés. Quant aux francophones, majoritaires dans 80 comtés, ils sont partagés entre les partis : PLQ 29%, PQ 35%, CAQ 27% et QS 8%.

Cette situation me fait penser à l’élection surprise de Daniel Johnson, père, en 1966, pour lequel j’avais été l’un de ses jeunes organisateurs. Chef de l’Union Nationale (UN), Johnson combattait l’« équipe du tonnerre » de Jean Lesage, celle qui faisait la révolution tranquille depuis 1960. Johnson avait perdu l’élection précédente à cause du « scandale des faux-certificats » mais avait pu, par la suite, démontrer qu’il fut une manigance du parti libéral. À l’élection de 1966, l’Union Nationale obtint 40,82% des votes et les libéraux 47,29%. Mais il avait fait élire 56 députés contre les 50 de Lesage, et Johnson devint premier ministre au Québec. Le vote non-francophone était alors concentré dans l’ouest de Montréal, les Cantons de l’Est et la région de l’Outaouais.

La différence avec 1966 réside dans le fait que depuis quelques années les anglophones se sont dispersés dans la région Montréalaise. Ainsi, dans le comté péquiste de Crémazie, les anglophones représentent actuellement 28% de la population, dans les comtés de Laval on en compte jusqu’à 35%. Et, comme ils ont ressenti être particulièrement visés par la Charte, il est fort probable qu’ils réagiront en votant massivement libéral.

Le chef libéral Philippe Couillard est en meilleure posture qu’au début de la campagne. Hier, curieux et voulant mieux le connaître, j’ai assisté à sa réunion de St-Jérôme. Je l’ai trouvé calme, respectueux, racé et dégageant un charisme certain. Il s’est exprimé clairement et a bien énoncé les principaux points de sa plateforme électorale. Il veut maintenir des relations cordiales avec le gouvernement canadien et ceux des autres provinces tout en faisant respecter les droits du Québec. Il a réaffirmé que la base identitaire des Québécois est la langue française et qu’il allait tout faire pour la renforcer et la protéger. Il proposera une charte qui tiendra compte des libertés individuelles et de nos valeurs de justice sociale. Il veut mettre sur pied, partout au Québec, des cliniques médicales avec services de Rayon-X et autres, auxquels les québécois auront accès gratuitement avec leur carte-soleil, pour dégager les urgences qui actuellement imposent une attente interminable aux malades avant de pouvoir être traités par un médecin ou une infirmière. J’ai été impressionné par son positivisme et son réalisme politique.

De l’avis des observateurs avertis, Pauline Marois a perdu le contrôle de sa campagne dès le début et cherche depuis, sans succès, à reprendre la pole. Sa position sur la tenue d’un nouveau référendum n’a pas été convaincante et ses promesses farfelues des derniers jours de baisses d’impôts dont il n’a jamais été question dans le dernier budget, ni dans le programme péquiste, ont nui considérablement à sa crédibilité. Elle est devenue un handicap pour son parti.

François Legault, chef de l’ADQ, a fait une campagne du tonnerre. Il a gagné les débats et n’a cessé d’être positif et d’enthousiasmer son équipe. Ce parti, qui flirtait avec sa disparition, a repris du poil de la bête en récupérant ses appuis de la dernière élection. Sa poussée de fin de campagne, aujourd’hui et demain, peut réserver des surprises.

Le petit parti Québec Solidaire a été vrai avec lui-même et maintiendra ses appuis. On dit même qu’il pourra faire élire un troisième député à Montréal.

Mon blog à la veille de la dernière élection de 2012, s’intitulait « Tout, sauf le parti Québécois ». Et je crois avoir eu raison, puisqu’élu, le PQ n’a fait que diviser les Québécois. Pour accroître sa popularité, il a cherché à profiter du sentiment de crainte de plusieurs Québécois francophones envers les immigrants et particulièrement ceux du Maghreb qui sont devenus le plus important groupe d’immigrés au Québec. Le Parti Québécois, qui avait moussé leur venue chez nous à cause de leur capacité de parler le français, les trahit aujourd’hui à cause de leur religion musulmane. Ils voteront probablement en très grand nombre pour le parti libéral.

Je n’ai jamais été libéral. J’étais un « bleu ». Malgré que je ne sois pas séparatiste ni socialiste, j’ai voté une fois pour le « bon gouvernement » de René Lévesque et une autre fois pour le Nouveau Parti Démocratique du « bon Jack ». Avec le temps, la partisannerie politique m’a quitté et je cherche à voter pour celui ou celle qui peut le mieux répondre, selon moi, aux besoins du moment et du futur.

À cette élection, je voterai pour Philippe Couillard. Il me semble être l’homme du jour. Il a recruté une très bonne équipe de nouveaux candidats bien qualifiés, compétents, particulièrement en économie, en éducation et en santé. Avec lui, je crois que le Québec sera entre bonnes mains et que les Québécois oublieront vite ces divisions malsaines qui ont brouillé notre société, pour aller de l’avant.

Quant au Parti Québécois, j’espère qu’il retournera à sa table de travail et mettra de côté son obsession de tenir un nouveau référendum, pour devenir un parti politique capable de servir l’ensemble des Québécois. Nous avons besoin d’un bon parti nationaliste réaliste qui sait défendre les vraies valeurs.

Claude Dupras