Ce titre choquant est une affirmation de Stephen Harper, premier ministre du Canada, qui a été prononcée avant qu’il n’atteigne le plus haut poste politique de notre pays. Plusieurs de mes lecteurs la connaissent, mais je la répète car elle est la seule explication possible aux actions continues et incompréhensibles de notre PM conservateur contre la lutte pour la protection de l’environnement. Il continue à agir comme s’il en était l’ennemi public numéro 1.
Alors qu’Harper propose de réduire de 50% les budgets d’ « Environnement Canada » et de « Pêches et Océans Canada », le commissaire canadien à l’environnement a déclaré hier que le pays est incapable de faire une évaluation environnementale du Nord de l’Alberta (où se situent les sables bitumineux). De plus, il dénonce l’autorisation de nombreux nouveaux projets d’exploitation qui s’accumulent avec les autres et empirent le problème. Sa déclaration ne calme pas l’inquiétude des scientifiques en rapport avec « la pollution venant de l’extraction du bitume des sables, de son raffinage et de son entreposage dans d’immenses bassins à ciel ouvert ».
Le PM dit reconnaître qu’il y a lacune dans l’obtention de données de base environnementales et dans les mécanismes de leur surveillance. Par contre son gouvernement refuse d’annuler ses coupures aux budgets des ministères responsables et d’imposer « un moratoire sur les nouveaux permis ». La politique prime dans ses paroles et ses actions. Pour bien comprendre, il faut être bien renseigné. Le Canada ne l’est pas et ne veut pas l’être.
Pour calmer les esprits des opposants, Harper a mis en place un groupe d’experts « indépendants » pour évaluer les impacts environnementaux de ce projet immense et produire un rapport. L’étude doit coûter 100 millions $ et est financée par l’industrie pétrolière. En fait, je crains que tout çà soit de la foutaise ! J’ai lu quelques pages de rapports anciens des pétrolières. Ils sont très bien faits et la présentation est impeccable mais le contenu est faussé. Ce n’est que de la propagande pure servant à appuyer leurs arguments. Les experts indépendants, s’ils le sont vraiment, vont vite déchanter.
De son côté, le ministre canadien de l’environnement, Peter Kent, vient d’affirmer que ce rapport va vite aider le Canada à vendre son pétrole. Kent se moque de nous puisqu’il sera complété dans deux ans et que, pendant ce temps, les projets se développent à toute vitesse, au point que les pétrolières veulent quadrupler leurs exploitations d’ici 2030, pour atteindre 3 millions de barils par jour. C’est une vraie mine d’or, des revenus incroyables pour l’Alberta, pour le gouvernement du Canada et pour les Canadiens puisque c’est la deuxième plus importante réserve de pétrole au monde. Mais est-ce une raison suffisante pour accepter les dégâts quasi-irréparables à la forêt boréale, au réchauffement du climat, aux rivières et aux fleuves dans lesquels elles se jettent, à la faune ?
Il y a aussi le débat sur la construction du pipeline Keystone XL pour transporter le pétrole brut, extrait des sables bitumineux, au Texas. Mon blog du 21 août dernier « Le pipeline des sables bitumineux : une occasion pour Obama » traitait de ce sujet. Je suis favorable à ce projet si le pétrole est « propre ». Et c’est là qu’Obama peut aider car actuellement le pétrole est « polluant ». L’Union Européenne, par exemple, refuse de le recevoir sur le vieux continent et menace de restreindre les exportations canadiennes sur son territoire. Ailleurs, le New York Times vient de prendre position contre le pipeline à cause des impacts négatifs sur la forêt boréale. J’espère qu’Obama insistera pour que le pétrole qui entrera dans son pays soit propre et retardera l’acceptation du pipeline jusqu’au moment où ses experts établiront que cet objectif est rencontré. Cela forcera les pétrolières à revoir tous les aspects de leur exploitation en Alberta.
On peut protéger l’environnement, mais faut-il vouloir le faire ! A ce jour, le gouvernement conservateur de l’Alberta n’a autorisé qu’un seul projet de réhabilitation couvrant 100 hectares sur les 60 000 hectares minés. Ce n’est pas sérieux.
On apprend aussi, aujourd’hui, qu’un trou sans précédent a été découvert dans la couche d’ozone dans l’Arctique. Le centre canadien qui l’observe joue un rôle absolument nécessaire, selon les responsables mondiaux, pour la poursuite des travaux dans ce secteur. Encore là, une partie de ces chercheurs affirment craindre de voir leurs postes disparaître à cause des coupures d’Harper. Il est clair que le Canada ne veut plus être, comme avant, un chef de file en matière d’évaluation environnementale.
De la façon qu’il se comporte actuellement, le gouvernement d’Harper ne rencontrera même pas les objectifs réduits qu’il avait établis pour 2020 après avoir laisser tomber le protocole de Kyoto, accepté par son prédécesseur. Il n’a pas encore mis en place la stratégie globale nécessaire à la coordination, à l’établissement des objectifs, des échéanciers, des cibles provisoires, etc… qu’il doit réaliser pour 2012. Il n’est pas sérieux. Il fait semblant. Le Canada risque d’être ridiculisé à nouveau.
Le PM et son parti PC atteignent un degré d’arrogance méprisant qui dépasse la borne. Enivrés de la majorité parlementaire qu’ils ont obtenue à l’élection du 2 mai dernier, malgré que 60,4% des électeurs aient voté pour leurs adversaires, les Conservateurs ne cessent de répéter que les Canadiens leur ont fait majoritairement confiance et que cela justifie leurs actions unilatérales. Harper va même jusqu’à conclure que le pays est devenu conservateur et le PC, le parti du peuple. Il rêve en couleurs !
De plus, le grand stratège, comme aime l’appeler les membres de sa cour, se trompe. Des signes extérieurs le démontrent. Ainsi les élections provinciales récentes dans les provinces de l’Île-du-Prince-Édouard et du Manitoba sont des signes avant-coureurs qui ne trompent pas. Malgré qu’Harper ait mis sa machine électorale au service des partis conservateurs de ces provinces et prédisait des victoires « bleues » partout, le Nouveau Parti Démocratique (NPD) a gagné la première et le parti libéral la deuxième. Il reste à venir l’élection d’aujourd’hui (6 octobre) en Ontario. Au moment où ces lignes sont écrites, le parti Libéral est en avance de 10% (il traînait de 10 % il y a à peine un mois) et a toutes les chances d’être réélu.
J’espère que ces mise-en-gardes que lui envoient les électeurs de trois provinces représentatives du Canada anglais (une de l’ouest, une du centre et une de l’est du pays) feront réfléchir notre PM que les Canadiens ne sont pas à droite de la droite et qu’ils considèrent ses politiques comme rétrogrades pour le temps que nous vivons.
Claude Dupras
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jeudi 6 octobre 2011
Le réchauffement climatique : une invention des Socialistes !
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mardi 16 mars 2010
Les malheurs de Sarkozy
Décidément ça ne tourne pas rond dans les médias pour le président français Nicolas Sarkozy. On trouve difficilement un texte ou un commentaire positif sur le président français. Les résultats des récentes élections régionales en France ne l’aident pas non plus.
Les prophètes de malheur sont au rendez-vous pour qualifier la montée de la gauche à ces élections comme étant une condamnation de Sarkozy et de son gouvernement. Ils ne vivent que pour 2012 et l’élection présidentielle. Ces antisarkozistes socialistes français n’ont jamais voulu se rallier suite à son élection à la présidence et n’ont cessé de le dénigrer de plus belle estimant que c’est la façon pour eux de reprendre le pouvoir.
Ce qui est insolite, c’est d’entendre les Républicains américains traiter les Démocrates de socialistes. Pourtant, les Socialistes français agissent de la même façon que les Républicains. Ils disent « NON » à tout ce que propose le chef de leur nation sans tenir compte de l’intérêt supérieur de leur pays.
53% des électeurs n’ont pas voté aux élections régionales. Un record. Un sondage publié ce matin démontre que la grande majorité des votants n‘a pas tenu compte du bilan de Sarkozy pour décider de son choix. Alors comment les opposants peuvent-ils prétendre que c’est un jugement négatif des Français envers leur président qui s’est exprimé dans ce scrutin ? La réalité, c’est qu’ils ne font que de la « potilique », comme j’aime à dire.
Le président Sarkozy est un homme d’action. Il s’est avéré un leader courageux, dynamique avec un sens prononcé de l’État. Son bilan à la présidence, à ce jour, est impressionnant, nonobstant ce que rapporte le parti socialiste (PS).
On n’a qu’à se rappeler sa présidence de l’Union européenne où il s’est avéré un chef hors pair qui a épaté tous les observateurs du monde. De même à Copenhague, où il a tout fait pour obtenir une conclusion positive de cette grande rencontre internationale sur le climat. La conférence s’est terminée par un échec démoralisant mais on ne peut en blâmer Sarkozy. Ses interventions en Russie, en Géorgie, en Haïti, au Brésil, aux USA, au Québec et ailleurs ont toutes été de qualité.
Les efforts remarquables de Sarkozy pour mettre de l’avant une politique écologique française d’avant-garde (grenelle de l’environnement) ont reçu l’appui de Nicolas Hulot, le plus grand des grands environnementalistes français. Le président Sarkozy a même accepté d’implanter une taxe carbone dans le pays, une mesure qui ne peut être populaire mais qui est la façon la plus efficace de réduire la consommation de pétrole. Personnellement, je crois que Sarkozy devrait en retarder la mise en oeuvre jusqu’au moment où les autres pays de l’Europe, qui actuellement hésitent, l’imposent aussi.
Aujourd’hui, les Écolos qui ont obtenu 12% des voix aux régionales discutent avec le PS pour le deuxième tour de l’élection des régionales. Cela montre bien que les dirigeants écolos sont socialistes avant d’être écolos. La logique serait qu’ils négocient avec l’UMP car le parti de Sarkozy a fait plus pour l’écologie que tous les autres partis réunis. Les Écolos seraient ainsi plus près de l’oreille du président pour faire valoir les politiques qu’ils suggèrent.
Pour diaboliser Sarkozy, ses adversaires sont prêts à tout dire et à tout oublier. Par exemple, ils ne tiennent pas compte dans leurs critiques des effets de la récession dont sort l’Occident lorsqu’ils comparent certaines statistiques d’aujourd’hui avec celles de 2007. Tout est la faute à Sarko !, À ce rythme, bientôt lorsqu’il pleuvra, ce sera la faute à… Sarkozy !
Les dénigreurs du président Sarkozy oublient les grandes décisions qu’il a prise depuis son avènement à l’Élysée : la défiscalisation pour aider ceux qui travaillent, osent et produisent; les services minimums dans les transports et dans les écoles; le sauvetage des régimes spéciaux de retraite; le déblocage de la participation dans les entreprises; la loi de modernisation de l’économie, la réforme de la représentativité dans les syndicats; la création du pôle d’emploi; l’autonomie des universités; la suppression de la carte scolaire et des cours le samedi, la réorganisation de la justice; la rétention de sûreté pour les prisonniers en fin de peine présentant un risque élevé de récidive; les changements au fonctionnement du parlement; la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, et encore et encore…
Mais, ce qui m’a incité à écrire ce blog c’est la nouvelle que je viens de lire à l’effet que le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni auraient des problèmes matrimoniaux. Les médias ont même donné les noms d’un supposé amant pour Madame Bruni et d’une nouvelle maîtresse pour le président. Là, franchement, je crois que les dénigreurs du président vont trop loin. Ils démontrent qu’ils sont prêts à tout pour coller une mauvaise image à Nicolas Sarkozy afin de lui créer un tort politique. Personnellement, je ne crois rien à ces rumeurs et même si elles s’avèraient vraies, cette situation délicate et privée n’a rien à voir avec la direction de la France.
Même de loin, je suis de près les activités, les actions et les déclarations du président Nicolas Sarkozy et j’envie la France d’avoir un tel président. J’échangerais vite le premier ministre canadien actuel pour lui. Ce serait un très bon « deal » pour mes compatriotes.
Claude Dupras
Les prophètes de malheur sont au rendez-vous pour qualifier la montée de la gauche à ces élections comme étant une condamnation de Sarkozy et de son gouvernement. Ils ne vivent que pour 2012 et l’élection présidentielle. Ces antisarkozistes socialistes français n’ont jamais voulu se rallier suite à son élection à la présidence et n’ont cessé de le dénigrer de plus belle estimant que c’est la façon pour eux de reprendre le pouvoir.
Ce qui est insolite, c’est d’entendre les Républicains américains traiter les Démocrates de socialistes. Pourtant, les Socialistes français agissent de la même façon que les Républicains. Ils disent « NON » à tout ce que propose le chef de leur nation sans tenir compte de l’intérêt supérieur de leur pays.
53% des électeurs n’ont pas voté aux élections régionales. Un record. Un sondage publié ce matin démontre que la grande majorité des votants n‘a pas tenu compte du bilan de Sarkozy pour décider de son choix. Alors comment les opposants peuvent-ils prétendre que c’est un jugement négatif des Français envers leur président qui s’est exprimé dans ce scrutin ? La réalité, c’est qu’ils ne font que de la « potilique », comme j’aime à dire.
Le président Sarkozy est un homme d’action. Il s’est avéré un leader courageux, dynamique avec un sens prononcé de l’État. Son bilan à la présidence, à ce jour, est impressionnant, nonobstant ce que rapporte le parti socialiste (PS).
On n’a qu’à se rappeler sa présidence de l’Union européenne où il s’est avéré un chef hors pair qui a épaté tous les observateurs du monde. De même à Copenhague, où il a tout fait pour obtenir une conclusion positive de cette grande rencontre internationale sur le climat. La conférence s’est terminée par un échec démoralisant mais on ne peut en blâmer Sarkozy. Ses interventions en Russie, en Géorgie, en Haïti, au Brésil, aux USA, au Québec et ailleurs ont toutes été de qualité.
Les efforts remarquables de Sarkozy pour mettre de l’avant une politique écologique française d’avant-garde (grenelle de l’environnement) ont reçu l’appui de Nicolas Hulot, le plus grand des grands environnementalistes français. Le président Sarkozy a même accepté d’implanter une taxe carbone dans le pays, une mesure qui ne peut être populaire mais qui est la façon la plus efficace de réduire la consommation de pétrole. Personnellement, je crois que Sarkozy devrait en retarder la mise en oeuvre jusqu’au moment où les autres pays de l’Europe, qui actuellement hésitent, l’imposent aussi.
Aujourd’hui, les Écolos qui ont obtenu 12% des voix aux régionales discutent avec le PS pour le deuxième tour de l’élection des régionales. Cela montre bien que les dirigeants écolos sont socialistes avant d’être écolos. La logique serait qu’ils négocient avec l’UMP car le parti de Sarkozy a fait plus pour l’écologie que tous les autres partis réunis. Les Écolos seraient ainsi plus près de l’oreille du président pour faire valoir les politiques qu’ils suggèrent.
Pour diaboliser Sarkozy, ses adversaires sont prêts à tout dire et à tout oublier. Par exemple, ils ne tiennent pas compte dans leurs critiques des effets de la récession dont sort l’Occident lorsqu’ils comparent certaines statistiques d’aujourd’hui avec celles de 2007. Tout est la faute à Sarko !, À ce rythme, bientôt lorsqu’il pleuvra, ce sera la faute à… Sarkozy !
Les dénigreurs du président Sarkozy oublient les grandes décisions qu’il a prise depuis son avènement à l’Élysée : la défiscalisation pour aider ceux qui travaillent, osent et produisent; les services minimums dans les transports et dans les écoles; le sauvetage des régimes spéciaux de retraite; le déblocage de la participation dans les entreprises; la loi de modernisation de l’économie, la réforme de la représentativité dans les syndicats; la création du pôle d’emploi; l’autonomie des universités; la suppression de la carte scolaire et des cours le samedi, la réorganisation de la justice; la rétention de sûreté pour les prisonniers en fin de peine présentant un risque élevé de récidive; les changements au fonctionnement du parlement; la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, et encore et encore…
Mais, ce qui m’a incité à écrire ce blog c’est la nouvelle que je viens de lire à l’effet que le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni auraient des problèmes matrimoniaux. Les médias ont même donné les noms d’un supposé amant pour Madame Bruni et d’une nouvelle maîtresse pour le président. Là, franchement, je crois que les dénigreurs du président vont trop loin. Ils démontrent qu’ils sont prêts à tout pour coller une mauvaise image à Nicolas Sarkozy afin de lui créer un tort politique. Personnellement, je ne crois rien à ces rumeurs et même si elles s’avèraient vraies, cette situation délicate et privée n’a rien à voir avec la direction de la France.
Même de loin, je suis de près les activités, les actions et les déclarations du président Nicolas Sarkozy et j’envie la France d’avoir un tel président. J’échangerais vite le premier ministre canadien actuel pour lui. Ce serait un très bon « deal » pour mes compatriotes.
Claude Dupras
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samedi 6 février 2010
Qui croire ? : Les scientifiques ou les machos ?
On entend peu parler d’environnement ou de réchauffement climatique depuis la désastreuse conférence de Copenhague. Il semble que nous soyons restés sur notre appétit et que nous voulions vite oublier les raisons qui avaient motivé la tenue de cette conférence qui devait être cruciale pour l’humanité.
Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.
Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.
Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.
Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.
Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.
J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !
Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.
Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.
Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.
Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.
Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.
Claude Dupras
Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.
Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.
Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.
Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.
Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.
J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !
Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.
Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.
Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.
Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.
Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.
Claude Dupras
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dimanche 31 janvier 2010
À Harper : « BRAVO ! » et « CHOU ! »
Les décisions du PM Stephen Harper en rapport avec l’aide de notre pays à Haïti sont remarquables. Le Canada est le plus généreux de tous les pays du monde sur la base du per capita.
Cet intérêt du PM pour Haïti a commencé bien avant le tremblement de terre qui a ravagé la nation haïtienne. Est-ce l’influence du gouverneur général, la canadienne-haïtienne Michaëlle Jean ? Probablement, car cette dernière a toujours été très dévouée pour aider ce pauvre pays, le plus mal-en-point de notre hémisphère.
Le PM Harper veut faire encore plus. Il a comme ambition de persuader le G8 d’aider les femmes et les enfants de pays en développement. Il a affirmé que les pays du G8 et les organisations internationales devraient viser à obtenir des résultats plutôt que de faire des promesses. Au sommet économique de Davos, il a, entre autres, insisté sur ce sujet.
Cette année, le Canada est l’hôte du G8 et du G20. M. Harper sera président du premier sommet et co-président du 2ième. Il sera donc bien placé pour faire valoir ses propositions et obtenir des résultats concrets. De plus, Il peut compter sur l’appui du président français Nicolas Sarkozy qui professe une politique similaire d’aide aux pays pauvres et qui pourra poursuivre dans la même direction puisque les deux sommets se tiendront en France en 2011.
Les nouvelles positions du PM Harper sont surprenantes puisque depuis sa venue au pouvoir, le Canada a annulé son aide aux pays Africains. Il semble que le désastre d’Haïti l’ait bouleversé et l’ait amené à de meilleurs sentiments. Comme Bill Clinton et Bill Gates qui ont salué la nouvelle politique canadienne, je crois que nous nous devons de dire au PM Harper : « Bravo ! ».
Est-ce strictement pour des fins politiques que le PM Harper a mis l’accent sur ce créneau ? Plusieurs personnes, dont le soussigné, demeurent sceptiques. L’opposition à la Chambre des communes n’y croit pas. Je leur dis « donnons la chance au coureur, nous aurons tout le temps éventuellement pour faire les mises au point, si elles s’avèrent nécessaires».
Par contre, sur la question du réchauffement climatique de la planète, ce n’est pas fort ! Le ministre de l’environnement vient d’annoncer que le Canada réduira ses gaz à effets de serre (GES) d’un pourcentage égal à ce que vient d’annoncer les USA, soit 17% sur la base des niveaux de 1995.
Le Ministre se « pète les bretelles » en affirmant que le Canada a été vite à réagir sur ce sujet en annonçant si tôt ses objectifs qu’il affirme être conformes à l’accord de Copenhague. De toute façon, il était tenu de le faire avant le 31 janvier pour répondre à la demande des Nations-Unies.
Le Canada a fait son annonce un jour après celle des USA et a simplement copié l’objectif fixé par les Américains. On n’a pas besoin d’un ministre de l’environnement pour faire cela. Ça sert à quoi un ministère de l’environnement si, sur un sujet capital comme celui de la réduction des GES, on ne fait qu’accepter un document préparé par les Américains, pour les Américains, et qui n’a rien à voir avec l’intérêt à long terme du Canada.
Notre PM agit comme si le protocole de Kyoto n’avait pas été signé par un des ses prédécesseurs, l’ancien PM canadien Jean Chrétien. Sur ce sujet, Greenpeace souligne que « la nouvelle cible correspond à une augmentation de 2,5% des émissions, d’ici 2020, au-dessus de 1990 » fixée à Kyoto comme base de comparaison.
Dans son annonce, le ministre Jim Prentice n’a pas abordé le sujet de l’exploitation des sables bitumineux. « Plus tard » a-t-il dit.
Alors que l’objectif des pétrolières est de multiplier par quatre le nombre de barils de pétrole extraits par jour de ces sables d'ici 10 ans, le ministre laisse penser que les réductions de GES devront se faire ailleurs.
Le Canada est devenu, toute proportion gardée, l’un des pays les plus polluants de la planète. Même si les sables bitumineux sont une source incroyable de richesse pour les Canadiens, je crois que devrions cesser d’en accélérer l’exploitation tant que nous n’aurons pas trouvé une manière propre d’en extraire le pétrole. Notre planète passe avant notre richesse immédiate. Les générations futures de Canadiens pourront en profiter pleinement puisque l’exploitation des sables bitumineux prendra au moins 150 ans. L’argent n’est pas perdu, il ira à nos descendants.
Je dis « CHOU ! » au PM Harper pour son manque de responsabilité et le tort qu’il continue de faire à la réputation de notre pays dans le monde sur la question du réchauffement climatique de la planète.
Claude Dupras
Cet intérêt du PM pour Haïti a commencé bien avant le tremblement de terre qui a ravagé la nation haïtienne. Est-ce l’influence du gouverneur général, la canadienne-haïtienne Michaëlle Jean ? Probablement, car cette dernière a toujours été très dévouée pour aider ce pauvre pays, le plus mal-en-point de notre hémisphère.
Le PM Harper veut faire encore plus. Il a comme ambition de persuader le G8 d’aider les femmes et les enfants de pays en développement. Il a affirmé que les pays du G8 et les organisations internationales devraient viser à obtenir des résultats plutôt que de faire des promesses. Au sommet économique de Davos, il a, entre autres, insisté sur ce sujet.
Cette année, le Canada est l’hôte du G8 et du G20. M. Harper sera président du premier sommet et co-président du 2ième. Il sera donc bien placé pour faire valoir ses propositions et obtenir des résultats concrets. De plus, Il peut compter sur l’appui du président français Nicolas Sarkozy qui professe une politique similaire d’aide aux pays pauvres et qui pourra poursuivre dans la même direction puisque les deux sommets se tiendront en France en 2011.
Les nouvelles positions du PM Harper sont surprenantes puisque depuis sa venue au pouvoir, le Canada a annulé son aide aux pays Africains. Il semble que le désastre d’Haïti l’ait bouleversé et l’ait amené à de meilleurs sentiments. Comme Bill Clinton et Bill Gates qui ont salué la nouvelle politique canadienne, je crois que nous nous devons de dire au PM Harper : « Bravo ! ».
Est-ce strictement pour des fins politiques que le PM Harper a mis l’accent sur ce créneau ? Plusieurs personnes, dont le soussigné, demeurent sceptiques. L’opposition à la Chambre des communes n’y croit pas. Je leur dis « donnons la chance au coureur, nous aurons tout le temps éventuellement pour faire les mises au point, si elles s’avèrent nécessaires».
Par contre, sur la question du réchauffement climatique de la planète, ce n’est pas fort ! Le ministre de l’environnement vient d’annoncer que le Canada réduira ses gaz à effets de serre (GES) d’un pourcentage égal à ce que vient d’annoncer les USA, soit 17% sur la base des niveaux de 1995.
Le Ministre se « pète les bretelles » en affirmant que le Canada a été vite à réagir sur ce sujet en annonçant si tôt ses objectifs qu’il affirme être conformes à l’accord de Copenhague. De toute façon, il était tenu de le faire avant le 31 janvier pour répondre à la demande des Nations-Unies.
Le Canada a fait son annonce un jour après celle des USA et a simplement copié l’objectif fixé par les Américains. On n’a pas besoin d’un ministre de l’environnement pour faire cela. Ça sert à quoi un ministère de l’environnement si, sur un sujet capital comme celui de la réduction des GES, on ne fait qu’accepter un document préparé par les Américains, pour les Américains, et qui n’a rien à voir avec l’intérêt à long terme du Canada.
Notre PM agit comme si le protocole de Kyoto n’avait pas été signé par un des ses prédécesseurs, l’ancien PM canadien Jean Chrétien. Sur ce sujet, Greenpeace souligne que « la nouvelle cible correspond à une augmentation de 2,5% des émissions, d’ici 2020, au-dessus de 1990 » fixée à Kyoto comme base de comparaison.
Dans son annonce, le ministre Jim Prentice n’a pas abordé le sujet de l’exploitation des sables bitumineux. « Plus tard » a-t-il dit.
Alors que l’objectif des pétrolières est de multiplier par quatre le nombre de barils de pétrole extraits par jour de ces sables d'ici 10 ans, le ministre laisse penser que les réductions de GES devront se faire ailleurs.
Le Canada est devenu, toute proportion gardée, l’un des pays les plus polluants de la planète. Même si les sables bitumineux sont une source incroyable de richesse pour les Canadiens, je crois que devrions cesser d’en accélérer l’exploitation tant que nous n’aurons pas trouvé une manière propre d’en extraire le pétrole. Notre planète passe avant notre richesse immédiate. Les générations futures de Canadiens pourront en profiter pleinement puisque l’exploitation des sables bitumineux prendra au moins 150 ans. L’argent n’est pas perdu, il ira à nos descendants.
Je dis « CHOU ! » au PM Harper pour son manque de responsabilité et le tort qu’il continue de faire à la réputation de notre pays dans le monde sur la question du réchauffement climatique de la planète.
Claude Dupras
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jeudi 21 janvier 2010
L’Amérique infectée
Quelle surprise ! Un républicain élu pour remplacer le sénateur Ted Kennedy, champion de l’assurance-santé pour tous les Américains. Surprise encore plus grande puisque ce nouveau sénateur, Scott Brown, a fait campagne en promettant de s’opposer au projet du président Barack Obama sur les soins de santé aux Américains dont l’objectif est de corriger les déficiences du programme de santé actuel et de permettre à 35 millions d’individus, à ce jour non-assurés, d’être protégés contre la maladie.
Le Sénat américain et la Chambre des représentants ont chacun voté leur version du projet. Il reste à fondre ces deux documents en un et à le faire voter, à majorité simple, par les deux groupes pour que le projet devienne loi. Le vote final doit avoir lieu d’ici un an sinon le projet sera enlevé du feuilleton du Sénat. Les démocrates, majoritaires, voulaient voter ce mois-ci.
L’élection de Brown augmente le nombre de sénateurs républicains à 41 vis-à-vis les 59 démocrates. Et ce chiffre de 41 change tout puisqu’il dépasse le chiffre 40 qui est le seuil fixé par les règles de procédure parlementaire du Sénat et qui empêchaient les républicains de filibuster (faire un débat sans fin). Dorénavant, les républicains peuvent le faire et c’est le nouveau dilemme d’Obama. Tiendra-t-il son bout en maintenant son projet tel quel et en risquant que les sénateurs républicains décident de filibuster ou le modifiera-t-il en réduisant sa portée afin d’obtenir l’accord des républicains ?
La victoire du candidat démocrate dans l’État du Massachusetts s’explique par plusieurs raisons. La première, est Scott Brown. Il a été un candidat exceptionnel. Photogénique, chaleureux, belle famille, bon orateur, bonne expérience politique dans son État, excellente organisation, il a mené une campagne électorale parfaite. Déjà sénateur du gouvernement du Massachussetts, il en était à sa dixième campagne électorale et n’a jamais perdu. Son adversaire, Martha Coakley, attorney general de l’État avant de devenir la candidate démocrate, a mené une campagne qui ne l’a pas avantagée. Calme, sereine, peu dynamique, elle n’a reçu que peu d’appuis de son parti qui la considérait victorieuse. Obama ne s’est déplacé que le dernier jour pour faire une vite incursion dans l’État pour l’appuyer. Malgré ces différences entre l’image et la vigueur des deux candidats, elles n’étaient pas, à mon avis, suffisantes pour que Mme Coakley perde car le Massachusetts a toujours été profondément démocrate. Il y a beaucoup plus.
Le conservatisme prend des galons en Amérique, particulièrement aux USA. Une chaîne de cable de télévision, Fox News TV, s’est dédiée à le promouvoir, tout comme des milliers de postes de radio des USA. Intéressant pour le téléspectateur, Fox est devenu le poste le plus regardé. Il dépasse CNN. Ces conservateurs d’extrême-droite ne faisaient pas de vague du temps de l’ex-président Georges W. Bush mais ils se sont revivifiés suite à l’élection d’Obama. Leurs grands apôtres sont Rush Limbaugh (radio), Sean Hannity (TV), Glen Beck (TV) et des centaines d’autres animateurs de télé et de radio à travers le pays.
Ces promoteurs répandent sur le peuple leurs arguments trop souvent démagogiques et infectieux. Ils affirment ne pas être des républicains comme ceux de Bush mais, en réalité, ils l’appuyaient et appuient toujours ce parti mais visent à le changer profondément. Ils prêchent que l’entreprise est le moteur principal qui assure la qualité de vie des Américains et non le gouvernement. Ils critiquent le niveau de la dette, veulent baisser les taxes et amenuiser la présence du gouvernement dans la vie des américains. Pour eux, les USA doivent avoir la plus forte armée du monde; le complexe militaro-industriel du pays doit être appuyer sans aucune restriction; leur pays est supérieur aux autres et doit s’imposer nonobstant les circonstances et les lois; la torture de terroristes d’Al-Qaeda n’est pas de la vraie torture; les chercheurs scientifiques se trompent et le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme; les pauvres sont des fainéants et des paresseux; et, aujourd’hui, je les ai entendu critiquer l’aide apportée aux Haïtiens par Obama prétextant que c’est pour garder le vote noir en sa faveur qu’il a agi. Ils s’opposent aussi au plan d’assurance-santé d’Obama et ne veulent absolument pas de rôle gouvernemental dans la santé.
Pour mousser leurs idées, ils organisent des mouvements populaires, tels les « tea parties », à travers les USA qui réunissent des milliers d’Américains dans leur milieu respectif pour protester, dénoncer, critiquer tout ce qui n’est pas de droite. Et ça marche, puisque les sondages leur donnent un appui de 40% d’Américains, ce qui est plus qu’au parti démocrate et encore plus qu’au parti républicain. Ils trouvent des appuis importants auprès de plusieurs grands patrons, de la chambre de commerce américaine, etc… Ils ont supporté ardemment Scott Brown.
Souventes fois, les propos des vendeurs du conservatisme gênent le parti républicain et ses élus. Leur influence devient si importante partout au pays (comme on vient de le constater au Massachusetts, l’État le plus démocrate des USA) que plusieurs sénateurs et représentants républicains, pensant à leur réélection, pilent sur leurs principes, ne disent rien et flirtent même avec ces conservateurs qui sont beaucoup plus à droite qu’eux. C’est ce qui explique la tactique invraisemblable du parti républicain envers Obama et son administration qui se résume à ne rien proposer, tout critiquer et toujours voter contre. À ce jour, je suis surpris que cela les ait bien servis.
De plus, Scott Brown a bénéficié de l’argent des grands lobbyistes et de nombreuses campagnes publicitaires bien montées et payées par les compagnies qui se sentent bousculées par Obama à cause de ses politiques touchant la santé, le bien-être, le contrôle du système bancaire, l’environnement, etc… Ce fut un déluge de pubs négatives et souvent mensongères qui, jour après jours, a fait son œuvre. La forte avance de Mme Coakley rétrécissait comme une peau de chagrin.
Le président Obama et les démocrates ont un grand défi à relever. Ils doivent se rapprocher davantage du peuple américain et mieux expliquer leurs idées, leurs programmes et leurs politiques afin de contrecarrer les insinuations, les mensonges et les attaques vicieuses dont ils sont la cible.
Quant au conservatisme, il prend de l’ampleur à cause de la crise économique et des investissements majeurs qu’elle a suscités, des déficits qui en découlent et des dettes qui s’empilent. Le terrain est fertile pour la critique à outrance. Je crains qu’un très grand nombre de nos voisins du sud soient infectés par ces « vendeurs de tapis » et glissent vers leurs idées politiques insensées qui peuvent sembler logiques, pour plusieurs, mais qui à long terme freinent le progrès des sociétés et deviennent des obstacles à une certaine répartition de la richesse.
L’élection du Massachusetts nous indique ce qui peut venir.
Claude Dupras
Le Sénat américain et la Chambre des représentants ont chacun voté leur version du projet. Il reste à fondre ces deux documents en un et à le faire voter, à majorité simple, par les deux groupes pour que le projet devienne loi. Le vote final doit avoir lieu d’ici un an sinon le projet sera enlevé du feuilleton du Sénat. Les démocrates, majoritaires, voulaient voter ce mois-ci.
L’élection de Brown augmente le nombre de sénateurs républicains à 41 vis-à-vis les 59 démocrates. Et ce chiffre de 41 change tout puisqu’il dépasse le chiffre 40 qui est le seuil fixé par les règles de procédure parlementaire du Sénat et qui empêchaient les républicains de filibuster (faire un débat sans fin). Dorénavant, les républicains peuvent le faire et c’est le nouveau dilemme d’Obama. Tiendra-t-il son bout en maintenant son projet tel quel et en risquant que les sénateurs républicains décident de filibuster ou le modifiera-t-il en réduisant sa portée afin d’obtenir l’accord des républicains ?
La victoire du candidat démocrate dans l’État du Massachusetts s’explique par plusieurs raisons. La première, est Scott Brown. Il a été un candidat exceptionnel. Photogénique, chaleureux, belle famille, bon orateur, bonne expérience politique dans son État, excellente organisation, il a mené une campagne électorale parfaite. Déjà sénateur du gouvernement du Massachussetts, il en était à sa dixième campagne électorale et n’a jamais perdu. Son adversaire, Martha Coakley, attorney general de l’État avant de devenir la candidate démocrate, a mené une campagne qui ne l’a pas avantagée. Calme, sereine, peu dynamique, elle n’a reçu que peu d’appuis de son parti qui la considérait victorieuse. Obama ne s’est déplacé que le dernier jour pour faire une vite incursion dans l’État pour l’appuyer. Malgré ces différences entre l’image et la vigueur des deux candidats, elles n’étaient pas, à mon avis, suffisantes pour que Mme Coakley perde car le Massachusetts a toujours été profondément démocrate. Il y a beaucoup plus.
Le conservatisme prend des galons en Amérique, particulièrement aux USA. Une chaîne de cable de télévision, Fox News TV, s’est dédiée à le promouvoir, tout comme des milliers de postes de radio des USA. Intéressant pour le téléspectateur, Fox est devenu le poste le plus regardé. Il dépasse CNN. Ces conservateurs d’extrême-droite ne faisaient pas de vague du temps de l’ex-président Georges W. Bush mais ils se sont revivifiés suite à l’élection d’Obama. Leurs grands apôtres sont Rush Limbaugh (radio), Sean Hannity (TV), Glen Beck (TV) et des centaines d’autres animateurs de télé et de radio à travers le pays.
Ces promoteurs répandent sur le peuple leurs arguments trop souvent démagogiques et infectieux. Ils affirment ne pas être des républicains comme ceux de Bush mais, en réalité, ils l’appuyaient et appuient toujours ce parti mais visent à le changer profondément. Ils prêchent que l’entreprise est le moteur principal qui assure la qualité de vie des Américains et non le gouvernement. Ils critiquent le niveau de la dette, veulent baisser les taxes et amenuiser la présence du gouvernement dans la vie des américains. Pour eux, les USA doivent avoir la plus forte armée du monde; le complexe militaro-industriel du pays doit être appuyer sans aucune restriction; leur pays est supérieur aux autres et doit s’imposer nonobstant les circonstances et les lois; la torture de terroristes d’Al-Qaeda n’est pas de la vraie torture; les chercheurs scientifiques se trompent et le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme; les pauvres sont des fainéants et des paresseux; et, aujourd’hui, je les ai entendu critiquer l’aide apportée aux Haïtiens par Obama prétextant que c’est pour garder le vote noir en sa faveur qu’il a agi. Ils s’opposent aussi au plan d’assurance-santé d’Obama et ne veulent absolument pas de rôle gouvernemental dans la santé.
Pour mousser leurs idées, ils organisent des mouvements populaires, tels les « tea parties », à travers les USA qui réunissent des milliers d’Américains dans leur milieu respectif pour protester, dénoncer, critiquer tout ce qui n’est pas de droite. Et ça marche, puisque les sondages leur donnent un appui de 40% d’Américains, ce qui est plus qu’au parti démocrate et encore plus qu’au parti républicain. Ils trouvent des appuis importants auprès de plusieurs grands patrons, de la chambre de commerce américaine, etc… Ils ont supporté ardemment Scott Brown.
Souventes fois, les propos des vendeurs du conservatisme gênent le parti républicain et ses élus. Leur influence devient si importante partout au pays (comme on vient de le constater au Massachusetts, l’État le plus démocrate des USA) que plusieurs sénateurs et représentants républicains, pensant à leur réélection, pilent sur leurs principes, ne disent rien et flirtent même avec ces conservateurs qui sont beaucoup plus à droite qu’eux. C’est ce qui explique la tactique invraisemblable du parti républicain envers Obama et son administration qui se résume à ne rien proposer, tout critiquer et toujours voter contre. À ce jour, je suis surpris que cela les ait bien servis.
De plus, Scott Brown a bénéficié de l’argent des grands lobbyistes et de nombreuses campagnes publicitaires bien montées et payées par les compagnies qui se sentent bousculées par Obama à cause de ses politiques touchant la santé, le bien-être, le contrôle du système bancaire, l’environnement, etc… Ce fut un déluge de pubs négatives et souvent mensongères qui, jour après jours, a fait son œuvre. La forte avance de Mme Coakley rétrécissait comme une peau de chagrin.
Le président Obama et les démocrates ont un grand défi à relever. Ils doivent se rapprocher davantage du peuple américain et mieux expliquer leurs idées, leurs programmes et leurs politiques afin de contrecarrer les insinuations, les mensonges et les attaques vicieuses dont ils sont la cible.
Quant au conservatisme, il prend de l’ampleur à cause de la crise économique et des investissements majeurs qu’elle a suscités, des déficits qui en découlent et des dettes qui s’empilent. Le terrain est fertile pour la critique à outrance. Je crains qu’un très grand nombre de nos voisins du sud soient infectés par ces « vendeurs de tapis » et glissent vers leurs idées politiques insensées qui peuvent sembler logiques, pour plusieurs, mais qui à long terme freinent le progrès des sociétés et deviennent des obstacles à une certaine répartition de la richesse.
L’élection du Massachusetts nous indique ce qui peut venir.
Claude Dupras
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mercredi 30 décembre 2009
La décade maudite
J’aurais pu intituler ce texte « la décade Ben Laden », mais je crois que tous les évènements qui se sont passés depuis le premier jour de l’an 2000, que nous attendions tous impatiemment pour célébrer l’avancement des nos sociétés après deux millénaires, vont plus loin que les actions des islamistes fondamentaux puisqu’en ce jour qui termine cette décade, nous constatons les dégâts non seulement générés par les terroristes mais aussi par ceux qui nous ont affligés de leur ineptie économique, de leur incompétence politicienne, de leur corruption et par ceux qui s’acharnent de façon grossière à dégrader tout ce qui est de bon goût. Nous méritons tous mieux.
Certes Ben Laden nous a fait un tort immense. J’ai toujours été un grand amateur des films de James Bond et le déroulement de leurs scénarios était pour moi invraisemblable puisqu’il mettait toujours en vedette un individu, présenté comme un « gros méchant », capable de terroriser et de mettre en danger la planète. À ce moment-là, je croyais que seul un pays avec ses ressources et sa population pouvait avoir un tel pouvoir. Mais Ben Laden existe avec ses théories, ses arguments, sa vicieuse stratégie, et ses adeptes ne cessent, depuis l’impensable tragédie du World Trade Center, de terroriser les populations de plusieurs coins du monde. Nous aurions besoin, aujourd’hui, d’un James Bond pour le trouver et lui régler son compte tout en démantelant son réseau et ses appuis. Mais malheureusement, Bond n’est que de la fiction alors que Ben Laden est bien réel. Il a changé nos vies et continue de le faire. Deux guerres ont été provoquées par ses actions en Irak et en Afghanistan. Plusieurs autres pays dont le Pakistan, la Somalie, le Yémen sont menacés de voir leur pays devenir le théâtre d’autres conflits guerriers. Des centaines de milliers d’individus ont été tués et blessés. L’Occident le craint et fait tout pour le contrecarrer et cela à coups de milliards de $. Les frontières sont difficiles à passer, les vols d’avions coûtent beaucoup plus cher, les pays sont en déficit, la peur règne. Cela dure depuis 9 ans et ce n’est pas fini…
Copenhague nous a démontré jusqu’à quel point la bêtise politique peut nous mener. Malgré le travail de milliers de scientifiques dans le monde, surtout durant les dix dernières années, qui par leurs recherches, leurs statistiques, leurs analyses et leurs conclusions ont démontré clairement le danger qui confronte notre planète, nous avons été témoins du fiasco de Copenhague. Les dirigeants politiques du monde ont été incapables de s’entendre pour prendre les actions appropriées pour sauver la terre. Nonobstant le zèle et travail intenses des environnementalistes, depuis si longtemps, une autre opinion a primé. C’est celle de la droite-conservatrice qui affirme que la preuve du réchauffement climatique de main d’homme n’a pas été faite, que les gouvernements n’ont pas à engager des sommes mirobolantes pour le combattre car c’est un phénomène naturel qui va et revient dans l’histoire de la terre. Elle qualifie « d’éco-arnaque » les charges financières additionnelles imposées au public comme la taxe carbone, les frais générés par les lois anti-GES et les trilions de $ exigés par les pays pauvres pour les aider dans leur développement vert. Elle traite Kyoto de fraude et souligne que l’Ouest a déjà englouti un trillion $ d’aide dans un traité qui a été adopté solennellement puis ignoré.
L’un des chefs de file non avoués de cette droite conservatrice est le PM du Canada, Stephen Harper. Il a participé avec répugnance à la conférence de Copenhague. Il n’a fait aucun discours, à joué à cache-cache avec la presse, n’a rencontré que quelques chefs d’état et est revenu au Canada en dénonçant les premiers ministres des provinces de l’Ontario et du Québec qui ont exprimé à Copenhague des opinions opposées à celle de son gouvernement. Il a même trouvé moyen d’attaquer publiquement, via son attaché de presse, l’un des environnementalistes les plus sérieux et les plus connus du Québec. À son retour, le PM Harper a été porté aux nues par les conservateurs pour avoir façonné une politique environnementale (pour protéger les sables bitumineux) qui est, selon eux, à la fine pointe de ce qui a été fait en politique étrangère au Canada. Ce qui veut dire que l’exploitation des sables bitumineux peut voguer allègrement et multiplier par quatre sa production durant la prochaine décade. Et, ce n’est que le début car il y a de la place pour beaucoup plus puisque le territoire des sables bitumineux est grand comme celui de l’Angleterre.
Le Canada a connu durant la décade une longue période de surplus budgétaire qui s’est transformé en 2009 en un déficit de 56 milliards $. De son côté, l’économie américaine a été chambardée et l’avenir est incertain malgré le ressaut actuel. Une chose est claire, le gouvernement américain ne peut continuer à s’endetter au rythme actuel. Un jour et bientôt, les Américains devront réagir. Le risque de la dévaluation du $ US est réel. Certains observateurs prédisent qu’elle atteindra 15%. Les taux d’intérêts vont grimper rapidement, encore-là les échos répètent 6%. Les coupures de dépenses dans le budget américain devront être radicales (estimées à 500 billions $ annuellement) et cela pour plusieurs années consécutives. La croissance de l’emploi et de l’économie sera lente durant cette longue période transitoire mais celle-ci débouchera sur une nouvelle ère qui affectera positivement le Canada et l’Occident.
En somme, la dernière décade est une période qu’il vaut mieux oublier tout en espérant que la prochaine sera mieux adaptée aux besoins des populations, de l’environnement et de la paix.
Je souhaite à tous une bonne, heureuse et prospère année 2010.
Claude Dupras
Certes Ben Laden nous a fait un tort immense. J’ai toujours été un grand amateur des films de James Bond et le déroulement de leurs scénarios était pour moi invraisemblable puisqu’il mettait toujours en vedette un individu, présenté comme un « gros méchant », capable de terroriser et de mettre en danger la planète. À ce moment-là, je croyais que seul un pays avec ses ressources et sa population pouvait avoir un tel pouvoir. Mais Ben Laden existe avec ses théories, ses arguments, sa vicieuse stratégie, et ses adeptes ne cessent, depuis l’impensable tragédie du World Trade Center, de terroriser les populations de plusieurs coins du monde. Nous aurions besoin, aujourd’hui, d’un James Bond pour le trouver et lui régler son compte tout en démantelant son réseau et ses appuis. Mais malheureusement, Bond n’est que de la fiction alors que Ben Laden est bien réel. Il a changé nos vies et continue de le faire. Deux guerres ont été provoquées par ses actions en Irak et en Afghanistan. Plusieurs autres pays dont le Pakistan, la Somalie, le Yémen sont menacés de voir leur pays devenir le théâtre d’autres conflits guerriers. Des centaines de milliers d’individus ont été tués et blessés. L’Occident le craint et fait tout pour le contrecarrer et cela à coups de milliards de $. Les frontières sont difficiles à passer, les vols d’avions coûtent beaucoup plus cher, les pays sont en déficit, la peur règne. Cela dure depuis 9 ans et ce n’est pas fini…
Copenhague nous a démontré jusqu’à quel point la bêtise politique peut nous mener. Malgré le travail de milliers de scientifiques dans le monde, surtout durant les dix dernières années, qui par leurs recherches, leurs statistiques, leurs analyses et leurs conclusions ont démontré clairement le danger qui confronte notre planète, nous avons été témoins du fiasco de Copenhague. Les dirigeants politiques du monde ont été incapables de s’entendre pour prendre les actions appropriées pour sauver la terre. Nonobstant le zèle et travail intenses des environnementalistes, depuis si longtemps, une autre opinion a primé. C’est celle de la droite-conservatrice qui affirme que la preuve du réchauffement climatique de main d’homme n’a pas été faite, que les gouvernements n’ont pas à engager des sommes mirobolantes pour le combattre car c’est un phénomène naturel qui va et revient dans l’histoire de la terre. Elle qualifie « d’éco-arnaque » les charges financières additionnelles imposées au public comme la taxe carbone, les frais générés par les lois anti-GES et les trilions de $ exigés par les pays pauvres pour les aider dans leur développement vert. Elle traite Kyoto de fraude et souligne que l’Ouest a déjà englouti un trillion $ d’aide dans un traité qui a été adopté solennellement puis ignoré.
L’un des chefs de file non avoués de cette droite conservatrice est le PM du Canada, Stephen Harper. Il a participé avec répugnance à la conférence de Copenhague. Il n’a fait aucun discours, à joué à cache-cache avec la presse, n’a rencontré que quelques chefs d’état et est revenu au Canada en dénonçant les premiers ministres des provinces de l’Ontario et du Québec qui ont exprimé à Copenhague des opinions opposées à celle de son gouvernement. Il a même trouvé moyen d’attaquer publiquement, via son attaché de presse, l’un des environnementalistes les plus sérieux et les plus connus du Québec. À son retour, le PM Harper a été porté aux nues par les conservateurs pour avoir façonné une politique environnementale (pour protéger les sables bitumineux) qui est, selon eux, à la fine pointe de ce qui a été fait en politique étrangère au Canada. Ce qui veut dire que l’exploitation des sables bitumineux peut voguer allègrement et multiplier par quatre sa production durant la prochaine décade. Et, ce n’est que le début car il y a de la place pour beaucoup plus puisque le territoire des sables bitumineux est grand comme celui de l’Angleterre.
Le Canada a connu durant la décade une longue période de surplus budgétaire qui s’est transformé en 2009 en un déficit de 56 milliards $. De son côté, l’économie américaine a été chambardée et l’avenir est incertain malgré le ressaut actuel. Une chose est claire, le gouvernement américain ne peut continuer à s’endetter au rythme actuel. Un jour et bientôt, les Américains devront réagir. Le risque de la dévaluation du $ US est réel. Certains observateurs prédisent qu’elle atteindra 15%. Les taux d’intérêts vont grimper rapidement, encore-là les échos répètent 6%. Les coupures de dépenses dans le budget américain devront être radicales (estimées à 500 billions $ annuellement) et cela pour plusieurs années consécutives. La croissance de l’emploi et de l’économie sera lente durant cette longue période transitoire mais celle-ci débouchera sur une nouvelle ère qui affectera positivement le Canada et l’Occident.
En somme, la dernière décade est une période qu’il vaut mieux oublier tout en espérant que la prochaine sera mieux adaptée aux besoins des populations, de l’environnement et de la paix.
Je souhaite à tous une bonne, heureuse et prospère année 2010.
Claude Dupras
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samedi 19 décembre 2009
Un écho de l’ouest
Bob Harvie est avocat et président de l’Association du parti conservateur du comté de Lethbridge en Alberta. Il écrit un blog quotidien qui fait partie de la liste de blogues que je lis régulièrement et que je recommande à mes lecteurs pour mieux connaître le pouls des Canadiens de l’Ouest du pays.
Récemment en rapport avec ce qui s’est déroulé à Copenhague, il a rédigé plusieurs blogues sur le sujet de cette conférence des Nations Unies et le rôle du Canada. J’ai pensé reproduire ici son blog du 16 décembre.
Écrit en Anglais, j’en ai fait la traduction française le plus près possible de la façon d’écrire de Bob Harvie et j’ai conservé sa présentation.
Claude Dupras
Fierté grandissante avec la position du Canada à Copenhague
Souveraineté.
Cela veut dire quelque chose.
Cela veut dire que nous avons tous les droits de contrôler ce qui arrive à nos frontières. Pas l’ONU, pas un « petit » dictateur comme Hugo Chavez du Venézuela. Le Canada contrôle le Canada.
Et notre gouvernement a l’obligation de protéger notre souveraineté et de protéger TOUS nos citoyens, incluant, n’en déplaise à David Suzuki, ceux qui sont engagés dans l’industrie minière, l’industrie forestière et l’industrie pétrolifère.
Et ce que ne discutent jamais ceux qui se qualifient de “verts” est le coût, le coût réel de faire de vrais efforts pour changer l’environnement. Ils font du bruit pour clamer que « l’industrie verte » est la nouvelle économie. Vraiment ?
Quelles sont les possibilités, avec les frais de transport qui doivent grimper radicalement pour tout ce qui consomme du carbone, incluant les trains, les avions et les automobiles, d’assurer des emplois manufacturiers profitables à Edmonton, Calgary, Saskatoon ou Winnipeg.
Zéro.
L’”économie verte” sera un “boom” pour les territoires qui ont déjà accès aux grands marchés.
On s’entend pour dire Toronto et le sud de l’Ontario.
Il y a des choses qui ne changent jamais.
Notre gouvernement actuel, heureusement, est un peu plus sophistiqué que David Suzuki et Al Gore. Et, Dieu merci, Barack Obama l’est aussi. Ils comprennent qu’en érodant leur propre souveraineté, en s’engageant dans des traités internationaux, qui, en réalité ne sont que des trucs à sens unique par lesquels un petit nombre de pays vont hypothéquer leur futur au profit de pays qui n’ont pas, de toute évidence, l’habilité de diriger correctement leur propre peuple et qui refusent (la Chine et l’Inde) de s’engager dans des objectifs obligatoires ou dans des procédés de vérification de ces objectifs.
Et les verts et les Libéraux (pour l’instant, parce qu’ils n’agissent pas de façon responsable, il faut se rappeler qu’ils n’ont rien fait à propos de Kyoto) malgré tout ne cessent de critiquer parce que le Canada ne gagne pas de concours de popularité à Copenhague,
La responsabilité de prendre soin de tout le pays est trop importante pour la passer à des fakirs comme Al Gore et ses clones. Les enjeux sont trop élevés… il y a trop de monde sans emploi et notre économie est trop fragile pour prendre des engagements à sens unique.
Pensez-vous vraiment que nous devrions envoyer des milliards de dollars de notre pays à l’Inde afin qu’il puisse construire une usine thermique au charbon qui deviendra une des plus polluantes de carbone au monde ? Cela fait partie actuellement des transferts prévus par Kyoto car l’Inde continue la construction de telles usines avec de l’ARGENT DE KYOTO.
La 16ième plus grande source émettrice de carbone au monde sera construite en Inde avec de l’argent de Kyoto. Cette partie du protocole de Kyoto est maintenant identifiée, par certains, comme « la tricherie du carbone vert ».
Je n’ai pas de problème à ce que notre gouvernement recherche des solutions médianes pour réduire la pollution mais l’idée de céder notre souveraineté et notre bien-être économique aux penseurs de l’ONU est simplement ridicule.
Donc pour avoir “embarrasser” le Canada devant les "biens-intentionnés aux petits esprits" à Copenhague, je dis, bien fait Stephen Harper, et bien fait, Jim Prentice.
Il est bon de savoir que quelqu’un se tient debout pour le Canada.
Bob Harvie
Récemment en rapport avec ce qui s’est déroulé à Copenhague, il a rédigé plusieurs blogues sur le sujet de cette conférence des Nations Unies et le rôle du Canada. J’ai pensé reproduire ici son blog du 16 décembre.
Écrit en Anglais, j’en ai fait la traduction française le plus près possible de la façon d’écrire de Bob Harvie et j’ai conservé sa présentation.
Claude Dupras
Fierté grandissante avec la position du Canada à Copenhague
Souveraineté.
Cela veut dire quelque chose.
Cela veut dire que nous avons tous les droits de contrôler ce qui arrive à nos frontières. Pas l’ONU, pas un « petit » dictateur comme Hugo Chavez du Venézuela. Le Canada contrôle le Canada.
Et notre gouvernement a l’obligation de protéger notre souveraineté et de protéger TOUS nos citoyens, incluant, n’en déplaise à David Suzuki, ceux qui sont engagés dans l’industrie minière, l’industrie forestière et l’industrie pétrolifère.
Et ce que ne discutent jamais ceux qui se qualifient de “verts” est le coût, le coût réel de faire de vrais efforts pour changer l’environnement. Ils font du bruit pour clamer que « l’industrie verte » est la nouvelle économie. Vraiment ?
Quelles sont les possibilités, avec les frais de transport qui doivent grimper radicalement pour tout ce qui consomme du carbone, incluant les trains, les avions et les automobiles, d’assurer des emplois manufacturiers profitables à Edmonton, Calgary, Saskatoon ou Winnipeg.
Zéro.
L’”économie verte” sera un “boom” pour les territoires qui ont déjà accès aux grands marchés.
On s’entend pour dire Toronto et le sud de l’Ontario.
Il y a des choses qui ne changent jamais.
Notre gouvernement actuel, heureusement, est un peu plus sophistiqué que David Suzuki et Al Gore. Et, Dieu merci, Barack Obama l’est aussi. Ils comprennent qu’en érodant leur propre souveraineté, en s’engageant dans des traités internationaux, qui, en réalité ne sont que des trucs à sens unique par lesquels un petit nombre de pays vont hypothéquer leur futur au profit de pays qui n’ont pas, de toute évidence, l’habilité de diriger correctement leur propre peuple et qui refusent (la Chine et l’Inde) de s’engager dans des objectifs obligatoires ou dans des procédés de vérification de ces objectifs.
Et les verts et les Libéraux (pour l’instant, parce qu’ils n’agissent pas de façon responsable, il faut se rappeler qu’ils n’ont rien fait à propos de Kyoto) malgré tout ne cessent de critiquer parce que le Canada ne gagne pas de concours de popularité à Copenhague,
La responsabilité de prendre soin de tout le pays est trop importante pour la passer à des fakirs comme Al Gore et ses clones. Les enjeux sont trop élevés… il y a trop de monde sans emploi et notre économie est trop fragile pour prendre des engagements à sens unique.
Pensez-vous vraiment que nous devrions envoyer des milliards de dollars de notre pays à l’Inde afin qu’il puisse construire une usine thermique au charbon qui deviendra une des plus polluantes de carbone au monde ? Cela fait partie actuellement des transferts prévus par Kyoto car l’Inde continue la construction de telles usines avec de l’ARGENT DE KYOTO.
La 16ième plus grande source émettrice de carbone au monde sera construite en Inde avec de l’argent de Kyoto. Cette partie du protocole de Kyoto est maintenant identifiée, par certains, comme « la tricherie du carbone vert ».
Je n’ai pas de problème à ce que notre gouvernement recherche des solutions médianes pour réduire la pollution mais l’idée de céder notre souveraineté et notre bien-être économique aux penseurs de l’ONU est simplement ridicule.
Donc pour avoir “embarrasser” le Canada devant les "biens-intentionnés aux petits esprits" à Copenhague, je dis, bien fait Stephen Harper, et bien fait, Jim Prentice.
Il est bon de savoir que quelqu’un se tient debout pour le Canada.
Bob Harvie
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jeudi 17 décembre 2009
Le salut de la terre ou l’égoïsme
« Pas dans ma cour ! ». Combien de fois avons-nous été témoins de manifestations publiques motivées par ce raisonnement ? On veut bien les changements, mais ailleurs que chez soi. Je croyais que c’était un sentiment individuel, mais voilà qu’il se dégage sur le plan international dans les conversations et les prises de positions exprimées à Copenhague.
La terre se réchauffe, les glaces fondent, le niveau de la mer s’élève avec toutes les graves conséquences qui en découlent et qui s’annoncent catastrophiques pour l’avenir. Les scientifiques ne cessent de nous informer et de nous mettre en garde. Les environnementalistes expliquent, crient, bousculent. Chacun des 9 milliards d’individus de la planète sera touché. Tous les pays seront affectés. Mais l’incompréhension, l’hésitation et même la négation règnent.
Plusieurs pays, dont le Canada avec ses dirigeants actuels, ne veulent pas y croire et cherchent par tous les moyens à saboter le débat. L’accord de Kyoto a été dénoncé, qualifié de non-réaliste et non respecté. Les scientifiques sont traités de menteurs, de tricheurs et de faussaires. Certains politiciens, motivés par des intérêts personnels, dénient la possibilité du réchauffement climatique de la planète et répandent des rumeurs, des faussetés et lancent même des insultes à ceux qui préconisent des actions importantes immédiates. D’autres parlent d’autonomie politique nationale pour éviter de se plier à des exigences internationales car, disent-ils, ils ont des priorités économiques différentes. Les lobbyistes des pétrolières et leurs alliés s’affairent avec des millions de $ à influencer tout ce qui est influençable.
Un nombre record de chefs d’États sont à Copenhague mais les choses ne vont pas trop bien. Une synergie nouvelle doit se développer pour qu’ils tracent ensemble le plan qui s’impose pour faire face au réchauffement climatique mondial. C’est une responsabilité très importante qui leur incombe ainsi qu’à leur gouvernement et ils ne peuvent la rejeter.
L’égoïsme n’a pas sa place dans ce débat, autant sur le plan individuel que sur le plan des nations. Il faut ensemble faire face à ce « challenge ». Notre pays ne peut, au nom de l’argent généré par l’exploitation des sables bitumineux, rejeter des normes internationales contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. Quant à nous, nous nous devons de réagir et comprendre notre responsabilité envers notre milieu, notre pays, notre planète et faire pression sur nos dirigeants. Le climat futur nous appelle tous à réagir aujourd’hui.
Le réchauffement climatique exige un sens civique élevé.
Claude Dupras
La terre se réchauffe, les glaces fondent, le niveau de la mer s’élève avec toutes les graves conséquences qui en découlent et qui s’annoncent catastrophiques pour l’avenir. Les scientifiques ne cessent de nous informer et de nous mettre en garde. Les environnementalistes expliquent, crient, bousculent. Chacun des 9 milliards d’individus de la planète sera touché. Tous les pays seront affectés. Mais l’incompréhension, l’hésitation et même la négation règnent.
Plusieurs pays, dont le Canada avec ses dirigeants actuels, ne veulent pas y croire et cherchent par tous les moyens à saboter le débat. L’accord de Kyoto a été dénoncé, qualifié de non-réaliste et non respecté. Les scientifiques sont traités de menteurs, de tricheurs et de faussaires. Certains politiciens, motivés par des intérêts personnels, dénient la possibilité du réchauffement climatique de la planète et répandent des rumeurs, des faussetés et lancent même des insultes à ceux qui préconisent des actions importantes immédiates. D’autres parlent d’autonomie politique nationale pour éviter de se plier à des exigences internationales car, disent-ils, ils ont des priorités économiques différentes. Les lobbyistes des pétrolières et leurs alliés s’affairent avec des millions de $ à influencer tout ce qui est influençable.
Un nombre record de chefs d’États sont à Copenhague mais les choses ne vont pas trop bien. Une synergie nouvelle doit se développer pour qu’ils tracent ensemble le plan qui s’impose pour faire face au réchauffement climatique mondial. C’est une responsabilité très importante qui leur incombe ainsi qu’à leur gouvernement et ils ne peuvent la rejeter.
L’égoïsme n’a pas sa place dans ce débat, autant sur le plan individuel que sur le plan des nations. Il faut ensemble faire face à ce « challenge ». Notre pays ne peut, au nom de l’argent généré par l’exploitation des sables bitumineux, rejeter des normes internationales contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. Quant à nous, nous nous devons de réagir et comprendre notre responsabilité envers notre milieu, notre pays, notre planète et faire pression sur nos dirigeants. Le climat futur nous appelle tous à réagir aujourd’hui.
Le réchauffement climatique exige un sens civique élevé.
Claude Dupras
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lundi 14 décembre 2009
Le Canada, la bête noire !
L’Alberta et la Saskatchewan qui exploitent les sables bitumineux de la région d’Athabasca n’en démordent pas. Ils vont continuer l’accélération de l’extraction du pétrole n’en déplaise au monde entier, et ceci avec la complicité du gouvernement du Canada. Cela devient clair et net dans les négociations qui se déroulent à Copenhague.
De plus, ces gouvernements ont l’effronterie de proposer que ce soient les consommateurs de leurs produits, dont les Américains et nous, qui paient proportionnellement leur part pour tous les investissements futurs requis pour contrer l’émission croissante des gaz à effets de serre (GES) qu’ils produiront en assurant l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux durant les prochaines décennies. Comme le Québec et l’Ontario représentent 60% de la population canadienne, ces provinces auront donc la grosse part de la charge financière canadienne à partager.
Le ridicule de cette proposition s’exprime bien dans les chiffres. Le Québec s’engage à réduire de 20% ses émissions par rapport à 1990. L’Ontario établit sa cible à 15%. Et le Canada en tenant compte des efforts du Québec et de l’Ontario propose globalement pour le pays de ne réduire que de 3% les émissions canadiennes par rapport à 1990. C’est dire que l’Alberta continuera à augmenter sauvagement et en grande quantité ses émission de GES nonobstant le tort qu’elles créent au réchauffement climatique de notre terre.
Il est clair que sur le plan mondial, le Canada est devenu une partie importante du problème du climat. Alors qu’auparavant notre pays était un instrument de consensus et de solution, voilà que nous sommes devenus, avec les Conservateurs au pouvoir, la bête noire sur l’échiquier planétaire. Notre ministre a même annoncé avant son départ pour Copenhague que la position canadienne était non négociable. N’est-ce pas là une belle attitude ouverte au compromis, qu’une telle affirmation ? N’est-ce pas une insulte à l’intelligence de tous les participants de la conférence de Copenhague qui y sont pour trouver des solutions pour sauver la planète ?
Pour montrer patte blanche, les compagnies pétrolières-pollueuses ont imaginé de capter et de comprimer les GES pour les canaliser par pipeline sur une distance de 240 km vers de vieux champs de pétrole et de les pomper dans des réservoirs sous terre. Ce premier projet de 558 millions $ sera financé en partie par le gouvernement du Canada qui puisera dans le fonds spécial de $ 2 milliards qu’il a créé pour aider les compagnies pétrolières à réduire les émissions de GES. Non seulement ce projet n’affectera qu’une partie GES, il ne corrigera pas le dégât considérable fait à l’environnement, à la pollution indescriptible de la rivière Athabasca et de ses affluents ainsi qu’à la destruction de la forêt boréale canadienne. D’ailleurs, les environnementalistes critiquent ces projets de « captage et de storage » en rappelant que c’est l’argent des poches des Canadiens qui financent, en partie, des projets proposés par les grands pollueurs dont les résultats sont incertains.
Il serait préférable d’arrêter cette folie manifeste et d’investir ces argents dans les sources alternatives d’énergie et de conversation. Le Canada tire la patte dans ce domaine, n’a rien fait et « laisse passer la parade ». Par exemple, les USA dépensent, aujourd’hui, 14 fois plus per capita que notre pays pour les énergies recouvrables. Ce seront les Américains et les citoyens d’autres pays qui demain posséderont le savoir-faire dans ces nouveaux domaines. Les emplois iront là bas. Les argents aussi.
Enfin, je crois que les producteurs de pétrole doivent payer pour tout ce qui a rapport avec l’exploitation des sables bitumineux. Si le prix de revient de leur pétrole n’est pas compétitif, tant pis. Qu’on arrête la production et que les pétrolières se concentrent à faire toute la recherche nécessaire pour trouver des solutions rentables permettant une exploitation qui ne met pas la planète en danger. Au pied du mur, je crois que ces compagnies feront tout pour s’en sortir et trouveront de bonnes solutions pour l’avenir.
Cette réserve inouïe de pétrole sera toujours là et pourra être mise à la disposition du monde de demain au profit des Canadiens d’alors. Entretemps nous aurons fait notre part pour protéger notre planète.
Claude Dupras
De plus, ces gouvernements ont l’effronterie de proposer que ce soient les consommateurs de leurs produits, dont les Américains et nous, qui paient proportionnellement leur part pour tous les investissements futurs requis pour contrer l’émission croissante des gaz à effets de serre (GES) qu’ils produiront en assurant l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux durant les prochaines décennies. Comme le Québec et l’Ontario représentent 60% de la population canadienne, ces provinces auront donc la grosse part de la charge financière canadienne à partager.
Le ridicule de cette proposition s’exprime bien dans les chiffres. Le Québec s’engage à réduire de 20% ses émissions par rapport à 1990. L’Ontario établit sa cible à 15%. Et le Canada en tenant compte des efforts du Québec et de l’Ontario propose globalement pour le pays de ne réduire que de 3% les émissions canadiennes par rapport à 1990. C’est dire que l’Alberta continuera à augmenter sauvagement et en grande quantité ses émission de GES nonobstant le tort qu’elles créent au réchauffement climatique de notre terre.
Il est clair que sur le plan mondial, le Canada est devenu une partie importante du problème du climat. Alors qu’auparavant notre pays était un instrument de consensus et de solution, voilà que nous sommes devenus, avec les Conservateurs au pouvoir, la bête noire sur l’échiquier planétaire. Notre ministre a même annoncé avant son départ pour Copenhague que la position canadienne était non négociable. N’est-ce pas là une belle attitude ouverte au compromis, qu’une telle affirmation ? N’est-ce pas une insulte à l’intelligence de tous les participants de la conférence de Copenhague qui y sont pour trouver des solutions pour sauver la planète ?
Pour montrer patte blanche, les compagnies pétrolières-pollueuses ont imaginé de capter et de comprimer les GES pour les canaliser par pipeline sur une distance de 240 km vers de vieux champs de pétrole et de les pomper dans des réservoirs sous terre. Ce premier projet de 558 millions $ sera financé en partie par le gouvernement du Canada qui puisera dans le fonds spécial de $ 2 milliards qu’il a créé pour aider les compagnies pétrolières à réduire les émissions de GES. Non seulement ce projet n’affectera qu’une partie GES, il ne corrigera pas le dégât considérable fait à l’environnement, à la pollution indescriptible de la rivière Athabasca et de ses affluents ainsi qu’à la destruction de la forêt boréale canadienne. D’ailleurs, les environnementalistes critiquent ces projets de « captage et de storage » en rappelant que c’est l’argent des poches des Canadiens qui financent, en partie, des projets proposés par les grands pollueurs dont les résultats sont incertains.
Il serait préférable d’arrêter cette folie manifeste et d’investir ces argents dans les sources alternatives d’énergie et de conversation. Le Canada tire la patte dans ce domaine, n’a rien fait et « laisse passer la parade ». Par exemple, les USA dépensent, aujourd’hui, 14 fois plus per capita que notre pays pour les énergies recouvrables. Ce seront les Américains et les citoyens d’autres pays qui demain posséderont le savoir-faire dans ces nouveaux domaines. Les emplois iront là bas. Les argents aussi.
Enfin, je crois que les producteurs de pétrole doivent payer pour tout ce qui a rapport avec l’exploitation des sables bitumineux. Si le prix de revient de leur pétrole n’est pas compétitif, tant pis. Qu’on arrête la production et que les pétrolières se concentrent à faire toute la recherche nécessaire pour trouver des solutions rentables permettant une exploitation qui ne met pas la planète en danger. Au pied du mur, je crois que ces compagnies feront tout pour s’en sortir et trouveront de bonnes solutions pour l’avenir.
Cette réserve inouïe de pétrole sera toujours là et pourra être mise à la disposition du monde de demain au profit des Canadiens d’alors. Entretemps nous aurons fait notre part pour protéger notre planète.
Claude Dupras
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Stephen Harper
dimanche 6 décembre 2009
Malbroute s'en va-t-en … Copenhague
Le PM Harper, notre Malbroute national, qui de ces temps-ci voyage dans le monde pour réparer les pots qu’il a cassés depuis que les Conservateurs sont au pouvoir, ira à Copenhague pour la grande conférence de l’ONU sur les changements climatiques. Pour lui, c’est comme aller en guerre puisqu’il est attendu de pied ferme par les écologistes du monde entier qui ont beaucoup à lui reprocher. Y sera-t-il le bon jour ? En tous cas, c’est possible puisque son modèle américain le président Barack Obama, qu’il copie sans honte, a changé sa date de visite du 6 pour le 18 décembre, soit le dernier jour de la conférence afin d’être présent au moment où les grandes décisions doivent être prises par les chefs d’États. Si le PM Harper n’est pas là le 18, on comprendra….
On peut dire merci au président français d’avoir réussi à convaincre le président Obama de changer sa date. Nicolas Sarkozy s’est révélé comme le plus ardent défenseur de l’environnement avec la venue de cette conférence importante. Non seulement a-t-il amené l’Union Européenne à accepter des objectifs sévères pour toute l’Europe, il s’est allié avec des pays importants comme le Brésil pour mieux faire valoir ses politiques environnementales. Il s’est même retrouvé à Trinidad-et-Tobago pour la conférence du Commonwealth britannique, où un président français n’était jamais allé. Le but était de rallier les pays en développement à la cause et aussi définir avec eux l’aide future que les pays riches devront leur accorder pour leur lutte contre le réchauffement climatique. Une entente majeure sur l’environnement a été acceptée à cette réunion.
Je ne m’attends pas à rien de spectaculaire de la part du PM canadien car il a les mains et les pieds liés au lobby pétrolier canadien et, qu’à ce jour, il n’a rien fait pour que le pays rencontre les objectifs de Kyoto. Au contraire. Alors que le Canada avait accepté de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % d’ici 2012, voilà qu’aujourd’hui les émissions canadiennes ont augmentées de 26 %. Pendant ce temps-là, celles de la France diminuaient de 5 %. Le Canada est devenu un des pays les plus pollueurs de la planète. Et cela à cause de l’exploitation accélérée des sables bitumineux de l’Alberta autorisée par le PM Harper et ses comparses.
Le “Centre for Public Integrity in Washington, D. C.” a mandaté l’“International Consortium of Investigative journalists” pour analyser les effets des lobbies internationaux sur les politiques traitant du réchauffement climatique. Pour le Canada, leur rapport est révélateur. Tout se passe à Ottawa où les deux lobbies, soit les groupes environnementaux et celui des compagnies pétrolifères et leurs alliés, se combattent pour influencer les politiques du gouvernement canadien.
Depuis 1996, plus de 1 570 lobbyistes ont parcouru les corridors du parlement. Ceux des producteurs de pétrole et de gaz naturel, des producteurs de charbon et autres, furent les plus nombreux avec 465 lobbyistes, soit le tiers. Leur pression sur les politiciens a été persistante afin d’amenuiser la législation anti-réchauffement climatique. Le résultat est stupéfiant. Les scientistes affirment que depuis le traité de Kyoto de 2002, le Canada n’a pris aucune action « mesurable » pour contrer les GES.
La majorité de GES est émise en Alberta. Pourtant, la population de cette province représente 10% de celle du pays mais elle produit 70% du pétrole canadien. Ses entreprises productrices crachent dans l’atmosphère 33 % des GES du Canada. On prédit que ce sera 50 % en 2025.
Les congés de taxes et les nouvelles technologies ont encouragé l’exploitation massive des gaz bitumineux. Des projets de 100 milliards $ pullulent dans la région de l’Athabasca.
Les lobbyistes ne visent que le gouvernement canadien puisque celui de l’Alberta est à 100 % acquis à l’idée de l’exploitation immédiate des sables. De plus, ils savent ce que ce dernier dit au gouvernement Harper : « Ecoutez, même si nous sommes frères politiquement (l’Alberta a aussi un gouvernement conservateur), que la majorité du cabinet des ministres canadiens est albertaine, ne vous mêlez pas de nos affaires. Retirez-vous ! Ne nous importunez pas ! »
Suncor, une des plus importantes compagnies exploitantes des sables, prédit qu’en 2012 ses GES auront doublé. Un analyste fédéral renommé affirme : « Le gouvernement ne dit rien car comme tous les autres du passé, il ne veut pas interférer dans les projets des compagnies pétrolifères.»
Le président de Suncor et ses officiers ont eu 48 rencontres avec les hautes instances gouvernementales dont sept avec le ministre actuel de l’environnement Jim Prentice, une avec le PM Harper et huit avec les ministres des ressources naturelles du Canada.
De leur côté, les groupes environnementaux ont aussi accès à ces bonzes de la politique canadienne mais ils ne sont pas traités sérieusement et qualifiés de « gauchistes » comme le fut David Susuki. Le PM Harper refuse de les rencontrer. La dernière rencontre remonte au temps qu’il était dans l’opposition. Par contre, ces groupes ont rencontré trois fois le ministre Prentice et 11 fois le négociateur-en-chef Michael Martin en vue de rencontres onusiennes.
Suncor est un bon exemple du fonctionnement du lobby à Ottawa. La compagnie a 16 lobbyistes très actifs sur la colline parlementaire dont quatre sont d’anciens conseillers du gouvernement.
Avec le temps, Suncor a exprimé des craintes que sa crédibilité corporative et environnementale soit en jeu. Mais elle maintient quand même ses liens étroits avec la puissante « Association Canadienne des Producteurs de Pétrole » qui, avec ses 51 lobbyistes, continue à vouloir réduire sans merci l’effet des lois sur les émissions de GES. Il est reconnu, dans le milieu, que ses dirigeants peuvent en tout temps appeler le PM et lui dire « Tu ne fais pas ceci ou cela, sinon.... ». Durant la dernière année, le président de l’association a rencontré 95 fois des politiciens et de hauts fonctionnaires, dont le négociateur Martin, en vue de Copenhague. Un des membres de l’association, propriétaire d’une compagnie qui exploite les sables bitumineux, a même écrit une lettre publique pour qualifier l’idée d’une banque de carbone de « cancer envahissant sur l’économie canadienne ».
Le travail des lobbyistes a évolué avec le temps. Les principales compagnies pétrolifères ont créé ICO2N, une société de lobbyistes pour l’obtention de subsides gouvernementaux pour financer un système de « capture et de stockage des carbones ». Cette société de Calgary a six lobbyistes dont trois qui furent conseillers politiques auprès du PM Harper. Et tout cela a eu ses premiers effets, puisque récemment les PM du Canada et de l’Alberta ont annoncé des subsides de 1,6 milliards $ pour l’installation de deux systèmes à deux usines thermiques au charbon qui chauffent l’eau pour le lavage des sables. C’est l’argent des taxes qui va financer ces transformations alors que les pétrolières se remplissent les poches. Et même si toutes les usines étaient munies de tels systèmes, cela réduirait le total des GES émis que de 2,6 % pour un coût de 16 milliards $. Mais le tout sera vite balayé par l’autorisation d’un projet additionnel d’exploitation des sables bitumineux comme pour Suncor.
Tout cela démontre bien que le Canada n’est pas au bout de ses peines en rapport avec l’environnement. Il y a là-bas, en Athabasca, un trésor enfoui qui appartient à tous les Canadiens. Une réserve pétrolière pour le monde entier plus grande que celles des Saoudiens. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé le procédé permettant de soustraire proprement le pétrole des sables bitumineux. Le vrai défi est technologique. Et c’est sur cet aspect de la question que le PM Harper devrait concentrer les efforts du gouvernement. Pour ralentir le réchauffement climatique, l’exploitation des sables bitumineux, telle qu’elle se fait aujourd’hui, doit arrêter. Un jour, lorsque ce sera possible d’extraire le pétrole sans polluer l’air et l’environnement, le monde entier et les générations futures de Canadiens profiteront de cette richesse incroyable.
Entre temps, le PM Harper s’en va à Copenhague. Je serai fort surpris s’il se libère des liens qui le retiennent, change son approche sur l’environnement et revient de là-bas un héros. S’il le fait, je serai un des premiers à l’en féliciter. On a découvert un nouveau Harper en rapport avec les relations internationales, connaîtrons-nous un nouveau Harper en rapport avec l’écologie ? Je me permets d’espérer.
Claude Dupras
On peut dire merci au président français d’avoir réussi à convaincre le président Obama de changer sa date. Nicolas Sarkozy s’est révélé comme le plus ardent défenseur de l’environnement avec la venue de cette conférence importante. Non seulement a-t-il amené l’Union Européenne à accepter des objectifs sévères pour toute l’Europe, il s’est allié avec des pays importants comme le Brésil pour mieux faire valoir ses politiques environnementales. Il s’est même retrouvé à Trinidad-et-Tobago pour la conférence du Commonwealth britannique, où un président français n’était jamais allé. Le but était de rallier les pays en développement à la cause et aussi définir avec eux l’aide future que les pays riches devront leur accorder pour leur lutte contre le réchauffement climatique. Une entente majeure sur l’environnement a été acceptée à cette réunion.
Je ne m’attends pas à rien de spectaculaire de la part du PM canadien car il a les mains et les pieds liés au lobby pétrolier canadien et, qu’à ce jour, il n’a rien fait pour que le pays rencontre les objectifs de Kyoto. Au contraire. Alors que le Canada avait accepté de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % d’ici 2012, voilà qu’aujourd’hui les émissions canadiennes ont augmentées de 26 %. Pendant ce temps-là, celles de la France diminuaient de 5 %. Le Canada est devenu un des pays les plus pollueurs de la planète. Et cela à cause de l’exploitation accélérée des sables bitumineux de l’Alberta autorisée par le PM Harper et ses comparses.
Le “Centre for Public Integrity in Washington, D. C.” a mandaté l’“International Consortium of Investigative journalists” pour analyser les effets des lobbies internationaux sur les politiques traitant du réchauffement climatique. Pour le Canada, leur rapport est révélateur. Tout se passe à Ottawa où les deux lobbies, soit les groupes environnementaux et celui des compagnies pétrolifères et leurs alliés, se combattent pour influencer les politiques du gouvernement canadien.
Depuis 1996, plus de 1 570 lobbyistes ont parcouru les corridors du parlement. Ceux des producteurs de pétrole et de gaz naturel, des producteurs de charbon et autres, furent les plus nombreux avec 465 lobbyistes, soit le tiers. Leur pression sur les politiciens a été persistante afin d’amenuiser la législation anti-réchauffement climatique. Le résultat est stupéfiant. Les scientistes affirment que depuis le traité de Kyoto de 2002, le Canada n’a pris aucune action « mesurable » pour contrer les GES.
La majorité de GES est émise en Alberta. Pourtant, la population de cette province représente 10% de celle du pays mais elle produit 70% du pétrole canadien. Ses entreprises productrices crachent dans l’atmosphère 33 % des GES du Canada. On prédit que ce sera 50 % en 2025.
Les congés de taxes et les nouvelles technologies ont encouragé l’exploitation massive des gaz bitumineux. Des projets de 100 milliards $ pullulent dans la région de l’Athabasca.
Les lobbyistes ne visent que le gouvernement canadien puisque celui de l’Alberta est à 100 % acquis à l’idée de l’exploitation immédiate des sables. De plus, ils savent ce que ce dernier dit au gouvernement Harper : « Ecoutez, même si nous sommes frères politiquement (l’Alberta a aussi un gouvernement conservateur), que la majorité du cabinet des ministres canadiens est albertaine, ne vous mêlez pas de nos affaires. Retirez-vous ! Ne nous importunez pas ! »
Suncor, une des plus importantes compagnies exploitantes des sables, prédit qu’en 2012 ses GES auront doublé. Un analyste fédéral renommé affirme : « Le gouvernement ne dit rien car comme tous les autres du passé, il ne veut pas interférer dans les projets des compagnies pétrolifères.»
Le président de Suncor et ses officiers ont eu 48 rencontres avec les hautes instances gouvernementales dont sept avec le ministre actuel de l’environnement Jim Prentice, une avec le PM Harper et huit avec les ministres des ressources naturelles du Canada.
De leur côté, les groupes environnementaux ont aussi accès à ces bonzes de la politique canadienne mais ils ne sont pas traités sérieusement et qualifiés de « gauchistes » comme le fut David Susuki. Le PM Harper refuse de les rencontrer. La dernière rencontre remonte au temps qu’il était dans l’opposition. Par contre, ces groupes ont rencontré trois fois le ministre Prentice et 11 fois le négociateur-en-chef Michael Martin en vue de rencontres onusiennes.
Suncor est un bon exemple du fonctionnement du lobby à Ottawa. La compagnie a 16 lobbyistes très actifs sur la colline parlementaire dont quatre sont d’anciens conseillers du gouvernement.
Avec le temps, Suncor a exprimé des craintes que sa crédibilité corporative et environnementale soit en jeu. Mais elle maintient quand même ses liens étroits avec la puissante « Association Canadienne des Producteurs de Pétrole » qui, avec ses 51 lobbyistes, continue à vouloir réduire sans merci l’effet des lois sur les émissions de GES. Il est reconnu, dans le milieu, que ses dirigeants peuvent en tout temps appeler le PM et lui dire « Tu ne fais pas ceci ou cela, sinon.... ». Durant la dernière année, le président de l’association a rencontré 95 fois des politiciens et de hauts fonctionnaires, dont le négociateur Martin, en vue de Copenhague. Un des membres de l’association, propriétaire d’une compagnie qui exploite les sables bitumineux, a même écrit une lettre publique pour qualifier l’idée d’une banque de carbone de « cancer envahissant sur l’économie canadienne ».
Le travail des lobbyistes a évolué avec le temps. Les principales compagnies pétrolifères ont créé ICO2N, une société de lobbyistes pour l’obtention de subsides gouvernementaux pour financer un système de « capture et de stockage des carbones ». Cette société de Calgary a six lobbyistes dont trois qui furent conseillers politiques auprès du PM Harper. Et tout cela a eu ses premiers effets, puisque récemment les PM du Canada et de l’Alberta ont annoncé des subsides de 1,6 milliards $ pour l’installation de deux systèmes à deux usines thermiques au charbon qui chauffent l’eau pour le lavage des sables. C’est l’argent des taxes qui va financer ces transformations alors que les pétrolières se remplissent les poches. Et même si toutes les usines étaient munies de tels systèmes, cela réduirait le total des GES émis que de 2,6 % pour un coût de 16 milliards $. Mais le tout sera vite balayé par l’autorisation d’un projet additionnel d’exploitation des sables bitumineux comme pour Suncor.
Tout cela démontre bien que le Canada n’est pas au bout de ses peines en rapport avec l’environnement. Il y a là-bas, en Athabasca, un trésor enfoui qui appartient à tous les Canadiens. Une réserve pétrolière pour le monde entier plus grande que celles des Saoudiens. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé le procédé permettant de soustraire proprement le pétrole des sables bitumineux. Le vrai défi est technologique. Et c’est sur cet aspect de la question que le PM Harper devrait concentrer les efforts du gouvernement. Pour ralentir le réchauffement climatique, l’exploitation des sables bitumineux, telle qu’elle se fait aujourd’hui, doit arrêter. Un jour, lorsque ce sera possible d’extraire le pétrole sans polluer l’air et l’environnement, le monde entier et les générations futures de Canadiens profiteront de cette richesse incroyable.
Entre temps, le PM Harper s’en va à Copenhague. Je serai fort surpris s’il se libère des liens qui le retiennent, change son approche sur l’environnement et revient de là-bas un héros. S’il le fait, je serai un des premiers à l’en féliciter. On a découvert un nouveau Harper en rapport avec les relations internationales, connaîtrons-nous un nouveau Harper en rapport avec l’écologie ? Je me permets d’espérer.
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jeudi 26 novembre 2009
« Je n’y vais pas, je n’y vais pas… j’y vais » (Harper)
Rien ne va plus pour le PM canadien Stephen Harper et sa politique environnementale. Au moment où les provinces canadiennes dénoncent l’inaction pour combattre le réchauffement climatique et qu’un rapport du Comité du Trésor sermonne le gouvernement pour sa piètre performance en rapport avec la qualité de l’air, la biodiversité et les émissions de gaz à effets de serre (GES) au Canada, voilà que le président américain Barack Obama annonce qu’il sera à Copenhague pour la conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, en décembre.
Obama rejoindra plus de 62 chefs d’état qui par leur présence active démontreront toute l’importance qu’ils attachent à ce problème majeur qui confronte la terre. De plus, ils indiquent qu’ils sont prêts à prendre leurs responsabilités financières pour aider les pays en développement à rencontrer leurs objectifs respectifs dans ce vaste effort mondial.
Copenhague est une opportunité qui arrive au bon moment. Alors que les négociations pour la préparation de cette conférence avançaient à pas de tortue, voilà que le « momentum » qui en découle maintenant exerce une pression importante sur tous les gouvernements et tous les joueurs privés pour enfin livrer la marchandise. Il faut en profiter car trop de pays, de manufacturiers, d’agriculteurs, sans compter les compagnies pétrolières, cherchent des faux-fuyants pour s’en sortir ou retarder les échéances des actions à prendre.
C’est l’ex-VP américain Al Gore qui rappelait, hier, qu’il est essentiel que Copenhague accouche d’une entente opérationnelle solide et de directives claires afin que les négociateurs internationaux puissent préparer, pour l’an prochain, le traité complet devant être signé par toutes les nations.
Pour le PM Harper et son ministre de l’environnement, Jim Prentice, tous deux députés de l’Alberta, rien ne presse et rien n’est important. Malgré qu’Harper ait annoncé hier à la Chambre des communes qu’il n’ira pas à Copenhague, aujourd’hui, en catastrophe, il annonce qu’il y ira. Le moindre que l’on puisse dire c’est que ça ne fait pas sérieux... Non seulement la politique du gouvernement conservateur est calquée sur celle des USA, le déplacement de notre premier ministre l’est sur celui du président américain. C’est à se demander si le Canada est un pays souverain.
Heureusement que les Américains ont élu Barack Obama, car s’ils avaient élu un autre Georges W. Bush, notre pays ne serait pas présent à Copenhague et notre politique environnementale inexistante.
L’hésitation du PM Harper de parler à l’étranger d’environnement, s’explique jusqu’à un certain point, par le fait que notre PM est coincé par une question d’intérêt personnel puisqu’il vient d’Alberta où se trouve l’exploitation des sables bitumineux qu’il a encouragée envers et contre tous malgré que les experts internationaux répètent depuis belle lurette que l’extraction des sables bitumineux par la façon actuelle met en danger l’espèce humaine.
Pourtant, le PM Harper sait bien maintenant que le réchauffement climatique n’est pas une « invention socialiste » comme il le disait du temps du Reform Party. Il sait bien que c’est autre chose puisque des signes jaillissent, chaque jour, de partout. Par exemple, encore aujourd’hui, on apprend que les infrastructures du grand nord se dégradent de plus en plus. Routes, bâtiments, pipelines, structures de communications ont leurs fondations assises sur le « permafrost » depuis toujours considéré comme permanent mais qui commence à fondre. Cela va devenir un problème majeur pour le gouvernement Canadien qui gère tout le grand nord.
Il est possible qu’avec le temps, le PM Harper agisse avec responsabilité, et non en hypocrite, sur la question du réchauffement climatique. Je l’espère mais je n’y compte pas car il me donne l’impression que c’est la conjoncture politique qui le force à agir. Il est lié mains et pieds par les pétrolières de l’ouest et ne sait comment se libérer.
Claude Dupras
Obama rejoindra plus de 62 chefs d’état qui par leur présence active démontreront toute l’importance qu’ils attachent à ce problème majeur qui confronte la terre. De plus, ils indiquent qu’ils sont prêts à prendre leurs responsabilités financières pour aider les pays en développement à rencontrer leurs objectifs respectifs dans ce vaste effort mondial.
Copenhague est une opportunité qui arrive au bon moment. Alors que les négociations pour la préparation de cette conférence avançaient à pas de tortue, voilà que le « momentum » qui en découle maintenant exerce une pression importante sur tous les gouvernements et tous les joueurs privés pour enfin livrer la marchandise. Il faut en profiter car trop de pays, de manufacturiers, d’agriculteurs, sans compter les compagnies pétrolières, cherchent des faux-fuyants pour s’en sortir ou retarder les échéances des actions à prendre.
C’est l’ex-VP américain Al Gore qui rappelait, hier, qu’il est essentiel que Copenhague accouche d’une entente opérationnelle solide et de directives claires afin que les négociateurs internationaux puissent préparer, pour l’an prochain, le traité complet devant être signé par toutes les nations.
Pour le PM Harper et son ministre de l’environnement, Jim Prentice, tous deux députés de l’Alberta, rien ne presse et rien n’est important. Malgré qu’Harper ait annoncé hier à la Chambre des communes qu’il n’ira pas à Copenhague, aujourd’hui, en catastrophe, il annonce qu’il y ira. Le moindre que l’on puisse dire c’est que ça ne fait pas sérieux... Non seulement la politique du gouvernement conservateur est calquée sur celle des USA, le déplacement de notre premier ministre l’est sur celui du président américain. C’est à se demander si le Canada est un pays souverain.
Heureusement que les Américains ont élu Barack Obama, car s’ils avaient élu un autre Georges W. Bush, notre pays ne serait pas présent à Copenhague et notre politique environnementale inexistante.
L’hésitation du PM Harper de parler à l’étranger d’environnement, s’explique jusqu’à un certain point, par le fait que notre PM est coincé par une question d’intérêt personnel puisqu’il vient d’Alberta où se trouve l’exploitation des sables bitumineux qu’il a encouragée envers et contre tous malgré que les experts internationaux répètent depuis belle lurette que l’extraction des sables bitumineux par la façon actuelle met en danger l’espèce humaine.
Pourtant, le PM Harper sait bien maintenant que le réchauffement climatique n’est pas une « invention socialiste » comme il le disait du temps du Reform Party. Il sait bien que c’est autre chose puisque des signes jaillissent, chaque jour, de partout. Par exemple, encore aujourd’hui, on apprend que les infrastructures du grand nord se dégradent de plus en plus. Routes, bâtiments, pipelines, structures de communications ont leurs fondations assises sur le « permafrost » depuis toujours considéré comme permanent mais qui commence à fondre. Cela va devenir un problème majeur pour le gouvernement Canadien qui gère tout le grand nord.
Il est possible qu’avec le temps, le PM Harper agisse avec responsabilité, et non en hypocrite, sur la question du réchauffement climatique. Je l’espère mais je n’y compte pas car il me donne l’impression que c’est la conjoncture politique qui le force à agir. Il est lié mains et pieds par les pétrolières de l’ouest et ne sait comment se libérer.
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mardi 24 novembre 2009
La politique : l’affaire de tout le monde
Janine Krieber est l’épouse de Stéphane Dion, l’ex-chef du parti libéral du Canada. Elle n’a pas encore digéré la brutalité avec laquelle les membres du parti ont expulsé son mari de la tête du parti. Je la comprends d’avoir encore de la rancœur car plus que quiconque elle le connaît. Dion est un homme de qualité, sincère, honnête politiquement, bien pensant et qui a démontré, comme chef, toute sa sagesse, son leadership et ses profondes connaissances intellectuelles. Des tels hommes politiques sont rares au Canada. Son seul problème est son manque de charisme et çà, dans le jeu politique d’aujourd’hui, c’est fatal.
Le malheur de Mme Kreiber c’est qu’elle a choisi de s’exprimer sur internet, en critiquant sévèrement le nouveau chef Michael Ignatieff et le parti libéral du Canada, dans une rubrique de Facebook. Elle croyait que cette conversation n’était réservée qu’à un groupe limité de ses amis. Il est surprenant qu’une femme comme elle, professeur de sciences politiques, spécialiste en sécurité et en terrorisme, ait cru qu’Internet pouvait vraiment être privé. Surtout Facebook. En entendant cette nouvelle, j’ai pensé dans un premier temps que c’était un canulard. Mais non, La Presse l’a rapporté à la une du journal et elle est bien réelle.
Réalisant son faux pas en apprenant que son message se répandait « at large », Mme Krieber l’a retiré du web et a même fermé son compte Facebook. Mais le mal était fait.
Cette sortie n’aidera pas le parti d’Ignatieff et s’ajoutera aux difficultés actuelles que rencontre cette formation politique où tout ne va pas dans le meilleur des mondes actuellement. Après un départ impressionnant, un refinancement étonnant du parti, un positionnement très favorable dans les sondages, etc… tout laissait croire en la possibilité d’une reprise de pouvoir par les libéraux. Mais voilà que depuis quelques mois, les Canadiens voient Ignatieff sous un autre angle, et ils n’aiment pas. Sa soif du pouvoir et les réactions qui en ont découlé l’ont vite rendu impopulaire.
Peut-il en revenir ? J’en doute fortement. Car malgré les belles qualités de cet homme et ses propositions politiques intéressantes, il a cherché à emberlificoté les électeurs en expliquant les raisons de sa motion de non-confiance éventuelle au parlement. Depuis, son air empêtré ne l’aide pas. Il y a aussi le fait que les Canadiens se surprennent d’apprendre les positions politiques passées d’Ignatieff et réalisent maintenant qu’il était, entre autres, favorable à la participation du Canada à la guerre en Irak et au projet de l’implantation du bouclier antimissile par les Américains. Malgré qu’Ignatieff se soit, depuis qu’il est chef, excusé de ses positions importantes antérieures, les Canadiens restent maintenant méfiants face à ses changements d’idées. Plusieurs se demandent, qui est le vrai Ignatieff ?
De l’autre côté, le gouvernement de Stephen Harper, qui ne mérite absolument pas la confiance des Canadiens pour plusieurs bonnes raisons dont celle de ses politiques environnementales et sa défense de l’exploitation des sables bitumineux albertains, continue à grimper dans les sondages. Le Parti Conservateur s’est tracé une « feuille de route », pour gagner le pouvoir majoritaire, et il la suit à la lettre. Il agit avec une haine implacable envers ses adversaires même si cela frise le non-respect des lois canadiennes. « Tout pour gagner » voilà ce qui semble être le slogan actuel des Conservateurs. Et ça marche…
De plus, Stephen Harper projette de mieux en mieux une bonne image de politicien. Il est calme, actif et donne l’impression d’un homme à l’aise aux commandes du pays. Ses voyages partout au Canada, pour annoncer les projets d’infrastructures générés par le plan gouvernemental pour la relance de l’économie, attirent beaucoup de sympathie. Ses voyages à l’étranger comme celui en Inde et celui en Chine, qui se prépare, lui confèrent l’image d’une politicien de calibre international qui représente bien le Canada. Malgré que la réputation du Canada à l’étranger ait diminué à cause des politiques d’Harper, les Canadiens oublient vite et aiment le voir regagner la ferveur internationale pour leur pays.
Par conséquent, Harper et ses acolytes grimpent dans les sondages partout au Canada, sauf au Québec, au point qu’il semble possible qu’une majorité conservatrice se dessine pour le prochain parlement, sans le Québec. Ce sera un fait très rare dans l’histoire politique de notre pays et placera le Québec dans une position fortement désavantageuse. Plusieurs y voient de la graine à séparation en préparation.
Que faire ? Nos compatriotes anglais aiment dire: « If you can’t fight them, join them ! ». Il est certain que si un plus grand nombre de Québécois étaient actifs dans le PC et y détenaient des positions importantes, ils seraient en mesure d’influencer les stratégies de ce parti.
Je ne préconise pas que mes compatriotes joignent ce parti simplement parce qu’il sera au pouvoir longtemps. Il y a déjà trop de ces individus, politiciens-éphémères, que je qualifie de néoconservateurs, sans principe et qui ne rôdent autour d’Harper et des ministres que pour obtenir des faveurs. J’ai vu cela du temps de Mulroney et cela n’a pas aidé le parti qui a été éventuellement éclaboussé par les agissements de ces individus.
Non, je dis aux jeunes et au moins jeunes qu’il est important de participer activement dans un parti politique. Je leur propose une participation constante et réelle.
Le PC a toujours été un grand parti Canadien. C’est une option importante à chaque élection. Il est important qu’il soit bien représentatif des nations qui composent le pays. Il est essentiel qu’un fort contingent de Québécois et de francophones des autres provinces en deviennent membres actifs. Je vous assure que c’est fort intéressant et engageant, ayant moi-même participé pendant pus de 25 ans dans les rangs de ce parti. C’est la seule façon que l’on peut infléchir les politiques pour qu’elles répondent à nos aspirations.
Je ne fais pas cet appel strictement pour le Parti Conservateur. Il y a aussi les autres grands partis comme le Parti Libéral et le NDP. Mais dans les circonstances actuelles, je crois qu’il serait opportun de joindre les rangs du PC, car il y a là un vide à combler pour les francophones et un potentiel d’avenir important pour celui qui veut œuvrer activement en politique et travailler pour ses semblables.
Claude Dupras
Le malheur de Mme Kreiber c’est qu’elle a choisi de s’exprimer sur internet, en critiquant sévèrement le nouveau chef Michael Ignatieff et le parti libéral du Canada, dans une rubrique de Facebook. Elle croyait que cette conversation n’était réservée qu’à un groupe limité de ses amis. Il est surprenant qu’une femme comme elle, professeur de sciences politiques, spécialiste en sécurité et en terrorisme, ait cru qu’Internet pouvait vraiment être privé. Surtout Facebook. En entendant cette nouvelle, j’ai pensé dans un premier temps que c’était un canulard. Mais non, La Presse l’a rapporté à la une du journal et elle est bien réelle.
Réalisant son faux pas en apprenant que son message se répandait « at large », Mme Krieber l’a retiré du web et a même fermé son compte Facebook. Mais le mal était fait.
Cette sortie n’aidera pas le parti d’Ignatieff et s’ajoutera aux difficultés actuelles que rencontre cette formation politique où tout ne va pas dans le meilleur des mondes actuellement. Après un départ impressionnant, un refinancement étonnant du parti, un positionnement très favorable dans les sondages, etc… tout laissait croire en la possibilité d’une reprise de pouvoir par les libéraux. Mais voilà que depuis quelques mois, les Canadiens voient Ignatieff sous un autre angle, et ils n’aiment pas. Sa soif du pouvoir et les réactions qui en ont découlé l’ont vite rendu impopulaire.
Peut-il en revenir ? J’en doute fortement. Car malgré les belles qualités de cet homme et ses propositions politiques intéressantes, il a cherché à emberlificoté les électeurs en expliquant les raisons de sa motion de non-confiance éventuelle au parlement. Depuis, son air empêtré ne l’aide pas. Il y a aussi le fait que les Canadiens se surprennent d’apprendre les positions politiques passées d’Ignatieff et réalisent maintenant qu’il était, entre autres, favorable à la participation du Canada à la guerre en Irak et au projet de l’implantation du bouclier antimissile par les Américains. Malgré qu’Ignatieff se soit, depuis qu’il est chef, excusé de ses positions importantes antérieures, les Canadiens restent maintenant méfiants face à ses changements d’idées. Plusieurs se demandent, qui est le vrai Ignatieff ?
De l’autre côté, le gouvernement de Stephen Harper, qui ne mérite absolument pas la confiance des Canadiens pour plusieurs bonnes raisons dont celle de ses politiques environnementales et sa défense de l’exploitation des sables bitumineux albertains, continue à grimper dans les sondages. Le Parti Conservateur s’est tracé une « feuille de route », pour gagner le pouvoir majoritaire, et il la suit à la lettre. Il agit avec une haine implacable envers ses adversaires même si cela frise le non-respect des lois canadiennes. « Tout pour gagner » voilà ce qui semble être le slogan actuel des Conservateurs. Et ça marche…
De plus, Stephen Harper projette de mieux en mieux une bonne image de politicien. Il est calme, actif et donne l’impression d’un homme à l’aise aux commandes du pays. Ses voyages partout au Canada, pour annoncer les projets d’infrastructures générés par le plan gouvernemental pour la relance de l’économie, attirent beaucoup de sympathie. Ses voyages à l’étranger comme celui en Inde et celui en Chine, qui se prépare, lui confèrent l’image d’une politicien de calibre international qui représente bien le Canada. Malgré que la réputation du Canada à l’étranger ait diminué à cause des politiques d’Harper, les Canadiens oublient vite et aiment le voir regagner la ferveur internationale pour leur pays.
Par conséquent, Harper et ses acolytes grimpent dans les sondages partout au Canada, sauf au Québec, au point qu’il semble possible qu’une majorité conservatrice se dessine pour le prochain parlement, sans le Québec. Ce sera un fait très rare dans l’histoire politique de notre pays et placera le Québec dans une position fortement désavantageuse. Plusieurs y voient de la graine à séparation en préparation.
Que faire ? Nos compatriotes anglais aiment dire: « If you can’t fight them, join them ! ». Il est certain que si un plus grand nombre de Québécois étaient actifs dans le PC et y détenaient des positions importantes, ils seraient en mesure d’influencer les stratégies de ce parti.
Je ne préconise pas que mes compatriotes joignent ce parti simplement parce qu’il sera au pouvoir longtemps. Il y a déjà trop de ces individus, politiciens-éphémères, que je qualifie de néoconservateurs, sans principe et qui ne rôdent autour d’Harper et des ministres que pour obtenir des faveurs. J’ai vu cela du temps de Mulroney et cela n’a pas aidé le parti qui a été éventuellement éclaboussé par les agissements de ces individus.
Non, je dis aux jeunes et au moins jeunes qu’il est important de participer activement dans un parti politique. Je leur propose une participation constante et réelle.
Le PC a toujours été un grand parti Canadien. C’est une option importante à chaque élection. Il est important qu’il soit bien représentatif des nations qui composent le pays. Il est essentiel qu’un fort contingent de Québécois et de francophones des autres provinces en deviennent membres actifs. Je vous assure que c’est fort intéressant et engageant, ayant moi-même participé pendant pus de 25 ans dans les rangs de ce parti. C’est la seule façon que l’on peut infléchir les politiques pour qu’elles répondent à nos aspirations.
Je ne fais pas cet appel strictement pour le Parti Conservateur. Il y a aussi les autres grands partis comme le Parti Libéral et le NDP. Mais dans les circonstances actuelles, je crois qu’il serait opportun de joindre les rangs du PC, car il y a là un vide à combler pour les francophones et un potentiel d’avenir important pour celui qui veut œuvrer activement en politique et travailler pour ses semblables.
Claude Dupras
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mercredi 23 septembre 2009
La politique du p’tit chien
Le premier ministre du Canada ne cesse de me surprendre. Malheureusement dans le mauvais sens.
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
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mercredi 16 septembre 2009
Le bonheur national brut
À son arrivée à la présidence française, Nicolas Sarkozy créa une Commission sur « la mesure de la performance économique et du progrès social ». En somme, le président voulait savoir comment établir la performance de la société française, hors le PIB (produit intérieur brut) qui mesure annuellement la production d’un pays et indique son niveau de croissance, ou de récession. En fait, Sarkozy recherche des instruments plus justes pour mieux comprendre les enjeux.
La Commission composée de 25 experts internationaux et présidé par l’Américain et Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, incluait aussi un autre lauréat du prix Nobel, l’Indien Amartya Sen. Après 18 mois d’études, la commission a remis son rapport au président français, lundi dernier, à la Sorbonne. Elle arrive à la conclusion qu’« un seul chiffre (le PIB) ne peut pas, à lui seul tout synthétiser ».
Par exemple, le PIB place parmi les pays les plus riches, les USA premier, la France 5ième et le Canada 11ième. Par contre, l’IDH (indice de développement humain) calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et du PIB par habitant de chaque pays, place le Canada 4ième, la France 10ième et les USA 12ième parmi les pays les mieux développés.
La crise économique actuelle a mis en évidence que « le PIB ne donnait pas la température de la maladie de nos économies ». Par exemple, les USA dépensent 15 % de leur PIB pour la santé, un record mondial, mais il y a 45 millions d’Américains qui n’ont pas de protection sociale. Le prix du carbone n’est pas vraiment $15 la tonne, comme le dit le marché, c’est beaucoup plus si on veut contrer le réchauffement climatique. Stiglitz conclut que « la confiance au marché nous aveugle ».
L'économiste affirme que « le PIB a été créé pour calculer l’activité des marchés, malheureusement, il a été utilisé davantage pour étalonner la mesure du bien-être ou de la qualité de vie ». Or, la performance d’une société doit s’évaluer aussi par des « mesures subjectives comme l’environnement, la sécurité personnelle ou économique, l’habitat, etc.».
Pour lui, nous devons avoir des « indicateurs qui nous permettent de savoir l’état de notre économie et de notre société ». Comment avoir un programme sur les inégalités si on ne les mesure pas ?
La Commission a résumé, à douze, les pistes qu’il faut suivre pour mieux mesurer les performances économiques et le bien-être social de nos sociétés. Elles sont : les revenus et la consommation, la perception des « ménages », le patrimoine, la répartition des revenus, les activités non-marchandes, le bien-être, les inégalités, la qualité de vie, les ressources, le capital humain et social et l’environnement. En somme, les gouvernements devraient « mesurer aussi le bien-être, sinon le bonheur, et pas seulement la production aux prix des marchés ».
Au PIB on pourrait ajouter « le BNB, le bonheur national brut », écrit en plaisantant un éditorialiste français.
En sachant mettre l’accent sur la richesse humaine plutôt que sur la seule croissance des biens, les gouvernements seraient alors en mesure d’infléchir leurs politiques pour mieux aider leur population.
Le président Sarkozy a été impressionné par la thèse du rapport de la Commission au point qu’il y voit un point tournant de la politique mondiale. Il projette d’en devenir le « porte-parole » dans le monde afin de persuader les organisations mondiales à modifier leur système statistique. De son côté, l’économiste Joseph Stiglitz s’est montré heureux de constater, qu’enfin, un « gouvernement de poids » comme la France donnera de la prestance aux propositions des membres de sa Commission.
Cela rejoint l’argumentaire de mon récent blog « la taxe carbone » à l’effet que la France, en l’adoptant, se donnera la capacité de devenir le leader recherché pour la faire adopter par les grands pays du monde.
Le président Sarkozy démontre de plus en plus ses qualités, hors de l’ordinaire, de chef de nation responsable.
« C’est en mettant davantage l’accent sur la mesure du bien-être sous toutes ses dimensions que sur le seul prisme de la production économique que l’on changera les comportements » conclut le président français ».
Claude Dupras
La Commission composée de 25 experts internationaux et présidé par l’Américain et Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, incluait aussi un autre lauréat du prix Nobel, l’Indien Amartya Sen. Après 18 mois d’études, la commission a remis son rapport au président français, lundi dernier, à la Sorbonne. Elle arrive à la conclusion qu’« un seul chiffre (le PIB) ne peut pas, à lui seul tout synthétiser ».
Par exemple, le PIB place parmi les pays les plus riches, les USA premier, la France 5ième et le Canada 11ième. Par contre, l’IDH (indice de développement humain) calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et du PIB par habitant de chaque pays, place le Canada 4ième, la France 10ième et les USA 12ième parmi les pays les mieux développés.
La crise économique actuelle a mis en évidence que « le PIB ne donnait pas la température de la maladie de nos économies ». Par exemple, les USA dépensent 15 % de leur PIB pour la santé, un record mondial, mais il y a 45 millions d’Américains qui n’ont pas de protection sociale. Le prix du carbone n’est pas vraiment $15 la tonne, comme le dit le marché, c’est beaucoup plus si on veut contrer le réchauffement climatique. Stiglitz conclut que « la confiance au marché nous aveugle ».
L'économiste affirme que « le PIB a été créé pour calculer l’activité des marchés, malheureusement, il a été utilisé davantage pour étalonner la mesure du bien-être ou de la qualité de vie ». Or, la performance d’une société doit s’évaluer aussi par des « mesures subjectives comme l’environnement, la sécurité personnelle ou économique, l’habitat, etc.».
Pour lui, nous devons avoir des « indicateurs qui nous permettent de savoir l’état de notre économie et de notre société ». Comment avoir un programme sur les inégalités si on ne les mesure pas ?
La Commission a résumé, à douze, les pistes qu’il faut suivre pour mieux mesurer les performances économiques et le bien-être social de nos sociétés. Elles sont : les revenus et la consommation, la perception des « ménages », le patrimoine, la répartition des revenus, les activités non-marchandes, le bien-être, les inégalités, la qualité de vie, les ressources, le capital humain et social et l’environnement. En somme, les gouvernements devraient « mesurer aussi le bien-être, sinon le bonheur, et pas seulement la production aux prix des marchés ».
Au PIB on pourrait ajouter « le BNB, le bonheur national brut », écrit en plaisantant un éditorialiste français.
En sachant mettre l’accent sur la richesse humaine plutôt que sur la seule croissance des biens, les gouvernements seraient alors en mesure d’infléchir leurs politiques pour mieux aider leur population.
Le président Sarkozy a été impressionné par la thèse du rapport de la Commission au point qu’il y voit un point tournant de la politique mondiale. Il projette d’en devenir le « porte-parole » dans le monde afin de persuader les organisations mondiales à modifier leur système statistique. De son côté, l’économiste Joseph Stiglitz s’est montré heureux de constater, qu’enfin, un « gouvernement de poids » comme la France donnera de la prestance aux propositions des membres de sa Commission.
Cela rejoint l’argumentaire de mon récent blog « la taxe carbone » à l’effet que la France, en l’adoptant, se donnera la capacité de devenir le leader recherché pour la faire adopter par les grands pays du monde.
Le président Sarkozy démontre de plus en plus ses qualités, hors de l’ordinaire, de chef de nation responsable.
« C’est en mettant davantage l’accent sur la mesure du bien-être sous toutes ses dimensions que sur le seul prisme de la production économique que l’on changera les comportements » conclut le président français ».
Claude Dupras
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lundi 7 septembre 2009
La taxe carbone
Le 11 juin 2008, j’écrivais un blog intitulé la « taxe verte ». C’est aujourd’hui, la « taxe carbone ». J’étais alors en faveur et je le suis toujours. Le gouvernement français veut appliquer une telle taxe dès la rentrée parlementaire et un tollé s’élève du côté de l’opposition contre cette nouvelle taxe. Malgré qu’’elle soit demandée et expliquée par les écologistes comme un moyen efficace pour réduire les émissions de CO2 , qu’elle ait prouvé son efficacité en Suède, au Danemark, au Royaume-Uni, en Finlande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande ou à Costa Rica où elle est appliquée depuis plusieurs années, le parti socialiste français, avec Ségolène Royal en tête, et les autres partis de gauche, sauf les écolos, ont décidé de combattre cette mesure écologique. Ils élèvent le spectre de la peur de nouvelles taxes, déjà très hautes en France.
Est-ce simplement une opposition pour faire de l’opposition, ou est-ce que cette position est réaliste et honnête ? La question est difficile à répondre.
La taxe carbone est à mon avis mal nommée à cause du mot « taxe » qui la rend hostile aux contribuables. Son but est d’influencer Monsieur, Madame tout-le-monde et les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie générée par le pétrole, le gaz et le charbon afin de réduire la production de gaz à effets de serre néfastes pour le climat de notre planète. Le principe est de rendre le coût de l’énergie plus cher, au point qu’elle soit moins consommée et que ses utilisateurs se voient obligés de modérer leur consommation et de chercher des solutions alternatives moins coûteuses et moins polluantes.
Ça marche, et l’exemple est la France où le prix de l’essence est actuellement le double de celui du Canada. Le résultat est que les Français roulent dans de petites voitures qui font beaucoup plus de km au litre que les grosses voitures canadiennes. Au double du prix à la pompe, je suis certain que les Canadiens remplaceraient vite leur automobile énergivore pour une à l’appétit moins grand et moins polluant. D’ailleurs, on a vu leurs réactions dans ce sens, l’an dernier, lors de la flambée des prix du pétrole.
Même si la France s’engage dans le sillon de la taxe carbone, le résultat ne changera presque rien au niveau de l’émission mondiale des GES puisque les gros pollueurs comme les USA, l’Inde, la Chine, la Russie et le Canada ne participent pas à cet effort et refusent l’idée de taxer pour motiver. Les dirigeants politiques de ces pays, surtout motivés par l’intérêt politique ou personnel, veulent protéger leurs entreprises, créatrices d’emplois, contre les augmentations importantes de taxes mais surtout s’assurer que leurs électeurs ne se révoltent pas suite à des augmentations radicales des coûts d’énergie. Ils ont appris qu’ « un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre » et c’est pourquoi ils craignent la taxe carbone, comme la peste.
Nous, les Canadiens, avons vécu un tel débat lors de notre dernière élection générale alors que le chef de l’opposition libérale fit de la taxe carbone le principal objet de sa plateforme électorale. Stéphane Dion savait de quoi il parlait. Il avait présidé avec brio la conférence universelle des Nations Unies à Montréal sur le réchauffement climatique et avait su rallier les délégués à des positions importantes et difficiles. Il connaissait tous les aspects de cette idée déjà implantée ailleurs et qui a fait ses preuves. Il a, contre l’avis des stratèges du parti, engagé ses troupes dans ce combat et proposé la taxe carbone en assurant les électeurs que tous les argents collectés par cette taxe seraient intégralement redistribués à ceux qui en souffriraient. En somme, le gouvernement ne bénéficierait d’aucune nouvelle entrée fiscale pour son budget.
Son adversaire, le Premier ministre Stephen Harper, député de l’Alberta, la province la plus polluante du Canada à cause de sa mauvaise exploitation des sables bitumineux, s’est évidemment opposé à cette idée de Dion et l’a accusé de vouloir taxer sur tout et partout. Il a ainsi fait oublier sa propre politique sur l'environnement qui était et est toujours déplorée par les grands écologistes du monde. Ce qui fut plus grave c’est que notre PM, pour défendre sa province et gagner ses élections, a réussi à réduire le débat sur cette question cruciale, à une question de taxe. Il a démontré alors qu’il était irresponsable.
Dion perdit son pari et le parti libéral obtint son plus bas score électoral depuis des décennies. Certes, il y avait d’autres sujets qui n’aidaient pas Dion, mais c’est la taxe carbone qui créa la crainte profonde chez les électeurs et les détourna du parti libéral.
Nicolas Sarkozy, le président français qui a montré beaucoup de courage dans le passé en prenant des décisions impopulaires et difficiles, affirme que la taxe carbone sera instaurée bientôt en France.
A-t-il raison de proposer cette contribution fiscale pour combattre l’émission de CO2 même si son effet ne modifiera qu'à peine un iota la production mondiale des GES? Tenant compte que les autres grands pays ne bougent pas sur cette question, nous pouvons nous demander s’il est raisonnable que les Français, en pleine crise économique, soient appelés à payer cette taxe carbone même si le président assure que l’intégralité du revenu qu’elle générera sera affectée aux entreprises, aux particuliers, aux ruraux et aux plus défavorisés. Les Français hésitent car, dans le passé, ils se rappellent que les revenus d’autres nouvelles taxes furent attribués à des fins autres que celles pour lesquelles elles furent adoptées. Il est normal qu’ils soient méfiants.
Par contre, la France est un leader dans le monde. Si elle ne bouge pas, pourquoi les autres pays bougeraient-ils ? Et puis, il y a l’importante conférence de l’ONU à Copenhague où des décisions importantes doivent être prises pour la suite de l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. La France peut y être un grand joueur.
Je crois Nicolas Sarkozy lorsqu’il assure que la taxe carbone sera fiscalement neutre. C’est un homme politique très réaliste, électoralement parlant. Son parti UMP est bien sorti des récentes élections européennes. Mais le parti écologiste a aussi fait bonne figure en dépassant le parti socialiste. À l’horizon, il y a les élections régionales françaises en 2010 et la prochaine élection présidentielle en 2012. Le président Sarkozy ne peut oublier la dimension électorale en prenant ses décisions politiques. Pour gagner la faveur publique lors de ces scrutins, il se doit de respecter ses positions avancées. Il n’a pas vraiment le choix.
La Planète n’a pas non plus le choix et a besoin de leadership. La France, un des pays les moins polluants de la planète, peut devenir le leader recherché. Sarkozy a démontré, dans le passé, sa capacité de persuasion. En prenant son pays comme exemple, il sera à même de démontrer, aux représentants des citoyens du monde réunis à Copenhague, le niveau de courage requis et la façon d’agir pour contrer le danger qui menace notre planète.
Je crois que les Canadiens seront impressionnés par une telle politique adoptée en France. Ils comprendront davantage que c’est la démagogie qui a fait foi de programme politique pour le parti conservateur lors de la dernière élection nationale. L’adoption de la taxe carbone en France affectera, jusqu’à un certain point, le débat lors de la prochaine élection canadienne. Il en sera de même ailleurs.
Claude Dupras
Est-ce simplement une opposition pour faire de l’opposition, ou est-ce que cette position est réaliste et honnête ? La question est difficile à répondre.
La taxe carbone est à mon avis mal nommée à cause du mot « taxe » qui la rend hostile aux contribuables. Son but est d’influencer Monsieur, Madame tout-le-monde et les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie générée par le pétrole, le gaz et le charbon afin de réduire la production de gaz à effets de serre néfastes pour le climat de notre planète. Le principe est de rendre le coût de l’énergie plus cher, au point qu’elle soit moins consommée et que ses utilisateurs se voient obligés de modérer leur consommation et de chercher des solutions alternatives moins coûteuses et moins polluantes.
Ça marche, et l’exemple est la France où le prix de l’essence est actuellement le double de celui du Canada. Le résultat est que les Français roulent dans de petites voitures qui font beaucoup plus de km au litre que les grosses voitures canadiennes. Au double du prix à la pompe, je suis certain que les Canadiens remplaceraient vite leur automobile énergivore pour une à l’appétit moins grand et moins polluant. D’ailleurs, on a vu leurs réactions dans ce sens, l’an dernier, lors de la flambée des prix du pétrole.
Même si la France s’engage dans le sillon de la taxe carbone, le résultat ne changera presque rien au niveau de l’émission mondiale des GES puisque les gros pollueurs comme les USA, l’Inde, la Chine, la Russie et le Canada ne participent pas à cet effort et refusent l’idée de taxer pour motiver. Les dirigeants politiques de ces pays, surtout motivés par l’intérêt politique ou personnel, veulent protéger leurs entreprises, créatrices d’emplois, contre les augmentations importantes de taxes mais surtout s’assurer que leurs électeurs ne se révoltent pas suite à des augmentations radicales des coûts d’énergie. Ils ont appris qu’ « un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre » et c’est pourquoi ils craignent la taxe carbone, comme la peste.
Nous, les Canadiens, avons vécu un tel débat lors de notre dernière élection générale alors que le chef de l’opposition libérale fit de la taxe carbone le principal objet de sa plateforme électorale. Stéphane Dion savait de quoi il parlait. Il avait présidé avec brio la conférence universelle des Nations Unies à Montréal sur le réchauffement climatique et avait su rallier les délégués à des positions importantes et difficiles. Il connaissait tous les aspects de cette idée déjà implantée ailleurs et qui a fait ses preuves. Il a, contre l’avis des stratèges du parti, engagé ses troupes dans ce combat et proposé la taxe carbone en assurant les électeurs que tous les argents collectés par cette taxe seraient intégralement redistribués à ceux qui en souffriraient. En somme, le gouvernement ne bénéficierait d’aucune nouvelle entrée fiscale pour son budget.
Son adversaire, le Premier ministre Stephen Harper, député de l’Alberta, la province la plus polluante du Canada à cause de sa mauvaise exploitation des sables bitumineux, s’est évidemment opposé à cette idée de Dion et l’a accusé de vouloir taxer sur tout et partout. Il a ainsi fait oublier sa propre politique sur l'environnement qui était et est toujours déplorée par les grands écologistes du monde. Ce qui fut plus grave c’est que notre PM, pour défendre sa province et gagner ses élections, a réussi à réduire le débat sur cette question cruciale, à une question de taxe. Il a démontré alors qu’il était irresponsable.
Dion perdit son pari et le parti libéral obtint son plus bas score électoral depuis des décennies. Certes, il y avait d’autres sujets qui n’aidaient pas Dion, mais c’est la taxe carbone qui créa la crainte profonde chez les électeurs et les détourna du parti libéral.
Nicolas Sarkozy, le président français qui a montré beaucoup de courage dans le passé en prenant des décisions impopulaires et difficiles, affirme que la taxe carbone sera instaurée bientôt en France.
A-t-il raison de proposer cette contribution fiscale pour combattre l’émission de CO2 même si son effet ne modifiera qu'à peine un iota la production mondiale des GES? Tenant compte que les autres grands pays ne bougent pas sur cette question, nous pouvons nous demander s’il est raisonnable que les Français, en pleine crise économique, soient appelés à payer cette taxe carbone même si le président assure que l’intégralité du revenu qu’elle générera sera affectée aux entreprises, aux particuliers, aux ruraux et aux plus défavorisés. Les Français hésitent car, dans le passé, ils se rappellent que les revenus d’autres nouvelles taxes furent attribués à des fins autres que celles pour lesquelles elles furent adoptées. Il est normal qu’ils soient méfiants.
Par contre, la France est un leader dans le monde. Si elle ne bouge pas, pourquoi les autres pays bougeraient-ils ? Et puis, il y a l’importante conférence de l’ONU à Copenhague où des décisions importantes doivent être prises pour la suite de l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. La France peut y être un grand joueur.
Je crois Nicolas Sarkozy lorsqu’il assure que la taxe carbone sera fiscalement neutre. C’est un homme politique très réaliste, électoralement parlant. Son parti UMP est bien sorti des récentes élections européennes. Mais le parti écologiste a aussi fait bonne figure en dépassant le parti socialiste. À l’horizon, il y a les élections régionales françaises en 2010 et la prochaine élection présidentielle en 2012. Le président Sarkozy ne peut oublier la dimension électorale en prenant ses décisions politiques. Pour gagner la faveur publique lors de ces scrutins, il se doit de respecter ses positions avancées. Il n’a pas vraiment le choix.
La Planète n’a pas non plus le choix et a besoin de leadership. La France, un des pays les moins polluants de la planète, peut devenir le leader recherché. Sarkozy a démontré, dans le passé, sa capacité de persuasion. En prenant son pays comme exemple, il sera à même de démontrer, aux représentants des citoyens du monde réunis à Copenhague, le niveau de courage requis et la façon d’agir pour contrer le danger qui menace notre planète.
Je crois que les Canadiens seront impressionnés par une telle politique adoptée en France. Ils comprendront davantage que c’est la démagogie qui a fait foi de programme politique pour le parti conservateur lors de la dernière élection nationale. L’adoption de la taxe carbone en France affectera, jusqu’à un certain point, le débat lors de la prochaine élection canadienne. Il en sera de même ailleurs.
Claude Dupras
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jeudi 6 août 2009
Les sables bitumineux du Canada
Quelle mauvaise publicité que subit mon pays à cause des sables bitumineux d’Alberta ! Je l’ai encore vue récemment à la télé française dans le film « Home », réalisé par le célèbre photographe Yann Arthus-Bertrand qui montre les dommages et les dégâts importants causés par l'action de l’homme sur la planète et « comment des initiatives écologiques et sociales locales apportent des réponses concrètes et optimistes à la crise écologique ». C’est un film qui fait frémir et mieux comprendre qu’il est possible d’agir pour corriger la situation. Il faut voir ce film pour saisir ce qu’est notre responsabilité individuelle envers notre planète et son avenir. C’est une invitation convaincante au changement.
L’homme n’est pas seul sur la planète. Il y a aussi des « milliards de milliards d’animaux, de végétaux et d’organismes unicellulaires ». Nous sommes étroitement liés avec eux et c’est Albert Einstein qui nous le rappela par son affirmation : « si l’abeille venait à disparaître, l’espèce humaine n’aurait plus que quatre années à vivre ».
De plus, je viens de parcourir un très beau bouquin aussi intitulé « Home » qui comprend les belles et fantastiques images d’Arthus-Bertrand, accompagnées de textes qui décrivent et expliquent le pourquoi de chacune. Il est un homme positif qui cherche à montrer que nous avons le pouvoir de changer car les solutions existent.
Au Canada, nous possédons une réserve pétrolifère en Alberta qui représente plus de 300 milliards de barils. C’est plus important qu’en Arabie. Pour mon pays et le monde occidental, c’est un atout stratégique majeur. Depuis 2003, le Canada est à la deuxième place des pays producteurs de pétrole, juste derrière l'Arabie Saoudite. C’est devenu une richesse inouïe pour les Canadiens. Malheureusement, notre réserve est sous la forêt boréale, en Alberta, à 60 mètres sous terre et contenue dans des sables bitumineux.
Les sables bitumineux sont un mélange de pétrole brut, de sable, d’argile minérale et d’eau. Pour en extraire le pétrole, il faut creuser les 60 mètres de terre, injecter dans les sables de la vapeur d’eau à faible pression afin d’augmenter la température du bitume et diminuer sa viscosité. Une fois ramolli, le bitume est pompé, l’eau rejetée et la terre remise en place.
Le coût d’exploitation est élevé et l’impact environnemental est dévastateur puisqu’une tonne et demie de sables bitumineux donne à peine un baril de pétrole brut, qu’il faut trois barils d’eau douce pour le fabriquer et pour créer la vapeur d’eau, on doit brûler beaucoup de gaz naturel, soit l’équivalent de deux barils de pétrole brut pour en faire trois, ce qui ajoute un taux inacceptable de gaz à effets de serre (GES) à l’atmosphère. Peut-on vraiment imaginer l’impact total de cette entreprise colossale qui s’étend sur un territoire grand comme le quart de la France métropolitaine ?
L’eau vient des rivières et des sources (déjà on constate l’assèchement du territoire et la baisse de la nappe phréatique) et l’eau usée est traitée et rejetée dans des bassins qui longent la rivière Athabaska. Malgré tout, cette eau reste fortement polluée, demeure toxique et est une sorte de bouillie de produits dangereux. Elle trouve son chemin jusqu’à la rivière, aux sources… Le risque est qu’à la longue, cette pollution fasse partie, un jour, des sédiments et des écosystèmes pour ensuite s’installer dans la nappe phréatique.
Il y a 10 ans, 16 millions de GES étaient produits alors que dans 10 ans on évalue à 65 millions de tonnes les GES dégagés. De plus, une odeur désagréable rend les gens malades et cette pollution de l’air est entraînée par les vents de l’ouest vers le Québec et les provinces maritimes du pays, causant ainsi des pluies acides.
Ce sont les raisons pour lesquelles j’ai toujours dénoncé, dans mes blogs passés, l’exploitation des sables bitumineux au Canada et combattu la politique du Premier Ministre canadien Stephen Harper, député de l’Alberta, qui a favorisé l’accélération par 5 de la production. Notre PM s’est opposé à Kyoto, signé par son prédécesseur, prétextant que le Canada manquait de temps pour rencontrer les objectifs de l’accord. Sans l’exploitation des sables bitumineux (qui représentent plus du tiers de notre production de GES) cela aurait été probablement possible.
Nous, Canadiens, avons la possibilité de devenir très riches mais nous devons prendre le temps nécessaire pour développer les méthodes pour bien exploiter écologiquement nos sables bitumineux. Par exemple, pour éliminer les GES produits, on pourrait construire des usines nucléaires pour fabriquer la vapeur d’eau. Cela prend du temps mais si le gouvernement avait agi il y a dix ans, ces usines seraient en marche.
J’ai confiance au génie canadien pour inventer d’autres façons pour exploiter les sables bitumineux afin de reconstituer le sol de la forêt boréale, assainir parfaitement les eaux de rejet et éliminer à sa plus basse expression les rejets de GES.
Le temps ne nous presse pas car la demande en pétrole brut sera toujours là. Si nous continuons à chercher à améliorer nos méthodes d’exploitation afin de respecter l’environnement nous rendrons un immense service à tous les citoyens de la terre et nous assurerons que nos descendants puissent profiter de la richesse que génèrera la vente de ce pétrole brut dont la qualité de la production sera propre.
J’espère que le gouvernement canadien exprimera, entre autres, une nouvelle politique sur la question des sables bitumineux lors de la conférence sur le changement climatique de l’ONU à Copenhague, en décembre prochain. La réputation internationale du Canada en rapport avec l’environnement en dépend.
Claude Dupras
L’homme n’est pas seul sur la planète. Il y a aussi des « milliards de milliards d’animaux, de végétaux et d’organismes unicellulaires ». Nous sommes étroitement liés avec eux et c’est Albert Einstein qui nous le rappela par son affirmation : « si l’abeille venait à disparaître, l’espèce humaine n’aurait plus que quatre années à vivre ».
De plus, je viens de parcourir un très beau bouquin aussi intitulé « Home » qui comprend les belles et fantastiques images d’Arthus-Bertrand, accompagnées de textes qui décrivent et expliquent le pourquoi de chacune. Il est un homme positif qui cherche à montrer que nous avons le pouvoir de changer car les solutions existent.
Au Canada, nous possédons une réserve pétrolifère en Alberta qui représente plus de 300 milliards de barils. C’est plus important qu’en Arabie. Pour mon pays et le monde occidental, c’est un atout stratégique majeur. Depuis 2003, le Canada est à la deuxième place des pays producteurs de pétrole, juste derrière l'Arabie Saoudite. C’est devenu une richesse inouïe pour les Canadiens. Malheureusement, notre réserve est sous la forêt boréale, en Alberta, à 60 mètres sous terre et contenue dans des sables bitumineux.
Les sables bitumineux sont un mélange de pétrole brut, de sable, d’argile minérale et d’eau. Pour en extraire le pétrole, il faut creuser les 60 mètres de terre, injecter dans les sables de la vapeur d’eau à faible pression afin d’augmenter la température du bitume et diminuer sa viscosité. Une fois ramolli, le bitume est pompé, l’eau rejetée et la terre remise en place.
Le coût d’exploitation est élevé et l’impact environnemental est dévastateur puisqu’une tonne et demie de sables bitumineux donne à peine un baril de pétrole brut, qu’il faut trois barils d’eau douce pour le fabriquer et pour créer la vapeur d’eau, on doit brûler beaucoup de gaz naturel, soit l’équivalent de deux barils de pétrole brut pour en faire trois, ce qui ajoute un taux inacceptable de gaz à effets de serre (GES) à l’atmosphère. Peut-on vraiment imaginer l’impact total de cette entreprise colossale qui s’étend sur un territoire grand comme le quart de la France métropolitaine ?
L’eau vient des rivières et des sources (déjà on constate l’assèchement du territoire et la baisse de la nappe phréatique) et l’eau usée est traitée et rejetée dans des bassins qui longent la rivière Athabaska. Malgré tout, cette eau reste fortement polluée, demeure toxique et est une sorte de bouillie de produits dangereux. Elle trouve son chemin jusqu’à la rivière, aux sources… Le risque est qu’à la longue, cette pollution fasse partie, un jour, des sédiments et des écosystèmes pour ensuite s’installer dans la nappe phréatique.
Il y a 10 ans, 16 millions de GES étaient produits alors que dans 10 ans on évalue à 65 millions de tonnes les GES dégagés. De plus, une odeur désagréable rend les gens malades et cette pollution de l’air est entraînée par les vents de l’ouest vers le Québec et les provinces maritimes du pays, causant ainsi des pluies acides.
Ce sont les raisons pour lesquelles j’ai toujours dénoncé, dans mes blogs passés, l’exploitation des sables bitumineux au Canada et combattu la politique du Premier Ministre canadien Stephen Harper, député de l’Alberta, qui a favorisé l’accélération par 5 de la production. Notre PM s’est opposé à Kyoto, signé par son prédécesseur, prétextant que le Canada manquait de temps pour rencontrer les objectifs de l’accord. Sans l’exploitation des sables bitumineux (qui représentent plus du tiers de notre production de GES) cela aurait été probablement possible.
Nous, Canadiens, avons la possibilité de devenir très riches mais nous devons prendre le temps nécessaire pour développer les méthodes pour bien exploiter écologiquement nos sables bitumineux. Par exemple, pour éliminer les GES produits, on pourrait construire des usines nucléaires pour fabriquer la vapeur d’eau. Cela prend du temps mais si le gouvernement avait agi il y a dix ans, ces usines seraient en marche.
J’ai confiance au génie canadien pour inventer d’autres façons pour exploiter les sables bitumineux afin de reconstituer le sol de la forêt boréale, assainir parfaitement les eaux de rejet et éliminer à sa plus basse expression les rejets de GES.
Le temps ne nous presse pas car la demande en pétrole brut sera toujours là. Si nous continuons à chercher à améliorer nos méthodes d’exploitation afin de respecter l’environnement nous rendrons un immense service à tous les citoyens de la terre et nous assurerons que nos descendants puissent profiter de la richesse que génèrera la vente de ce pétrole brut dont la qualité de la production sera propre.
J’espère que le gouvernement canadien exprimera, entre autres, une nouvelle politique sur la question des sables bitumineux lors de la conférence sur le changement climatique de l’ONU à Copenhague, en décembre prochain. La réputation internationale du Canada en rapport avec l’environnement en dépend.
Claude Dupras
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