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vendredi 22 avril 2016


La « balle-dure » au stade Olympique et non ailleurs 

J’aime le baseball, la « balle-dure » comme on disait durant mon temps de collège. J’y ai été initié très jeune par mon père qui était un grand amateur des Royaux de Montréal qui jouaient au Stade Delorimier. C’était le club-ferme AAA des Dodgers de Brooklyn, de la ligue Internationale.
Les joueurs canadiens-français y excellaient et je me rappelle les exploits de Stan Bréard à l’arrêt court, de Roland Gladu au 3ième but et comme voltigeur et de notre lanceur préféré Jean-Pierre Roy. Ces derniers ont éventuellement joué dans les ligues majeures.
Je revois, en 1946, la venue de Jacky Robinson avec les Royaux, un joueur afro-américain exceptionnel. Alors que la discrimination raciale aux USA empêchait les super joueurs de la Negro League de jouer dans les ligues professionnelles, Branch Rickey, propriétaire des Dodgers, décida de miser le tout pour le tout et engagea Robinson pour jouer à Montréal où les noirs étaient respectés. Cette décision suscita une clameur de protestations de toutes les villes-membres de la ligue Internationale. Nonobstant cette indignation générale, Rickey tint bon. Robinson confirma ses qualités de grand joueur, d’homme respectable et nous, Montréalais, avions le privilège de le voir jouer pour nous dans notre ville.
Nous avons réservé le même accueil chaleureux pour chacun des autres joueurs noirs qui le suivirent dont le lanceur Don Newcombe, l’arrêt-court Sam Jethroe et ceux élus par la suite, comme Robinson, au Temple de la Renommée du Baseball : Roy Campanella et le portoricain Roberto Clemente qui devint un des plus grands joueur du baseball.
Malheureusement, en 1960, après 52 années à Montréal, les Dodgers déménagèrent leur club-ferme à Syracuse, NY. À ce moment-là, les Royaux de Montréal étaient de loin l'équipe la plus titrée de l'histoire de la Ligue Internationale.
C’est durant ces années que naquit et grandit l’amour des Montréalais pour le baseball. Il nous été transmis de génération en génération depuis nos arrières-arrières-arrières-grands-parents. C’est ce qui explique que nous avons le baseball dans le sang.
Puis en 1969, miracle ! Le baseball revint avec un club des ligues majeures, un premier hors USA, qui prit le nom Expos de Montréal, pour rappeler l’Exposition Internationale et Universelle de 1967 que les Montréalais avaient tant appréciée.
Le club s’installa temporairement au stade ouvert du parc Jarry, modifié pour accueillir 30 000 personnes. Heureux, je courus acheter deux billets de saison, aux premiers rangs, au prix de 5$ chacun par match. Le bonheur des sportifs Montréalais était comblé.
Puis un an plus tard, un autre miracle. Le 12 mai 1970, le Comité International Olympique nous accorda les jeux de la 76ième olympiade. Et, pour ce faire, Montréal construisit un stade olympique qui après les Jeux logea les Expos. Et, il avait un toit amovible. C’était le bonheur total.
Le 15 avril 1977, 57 000 spectateurs assistèrent à la partie d’ouverture au stade olympique. J’y étais avec mes billets de saison. Le stade afficha complet durant tout le weekend. Lors des 80 autres parties de la saison, l’assistance fut forte à chaque match. De 1979 à 1983, plus de 2 000 000 d’amateurs accoururent chaque année pour voir « leurs amours ». L’enthousiasme débordait.
Le septembre 2004, le nouveau propriétaire annonça le transfert des Expos à Washington DC après 5 698 matchs. C’était devenu inévitable. Les Montréalais étaient dégoûtés des agissements de la nouvelle direction du club qui avait congédié le grand entraineur Felipe Alou,  vendu, pour des raisons financières, des joueurs-étoiles tels John Wetteland, Larry Walker, Marquis Grissom et Ken Hill, et des recrues exceptionnelles comme Vladimir Guerrero capables d’assurer une équipe compétitive dans le futur. Ces décisions furent des douches froides sur notre enthousiasme et même si nous aimions toujours le baseball, nous boycottions, par notre absence, les propriétaires. J’étais de ceux-là. En effet, en 2002 j’avais annulé mes achats de billets de saison, avec regret.
Durant les 108 dernières années, il y a eu du baseball professionnel à Montréal pendant 79 années. Et aujourd’hui, les Montréalais veulent un nouveau club et le démontrent clairement.
Lors des déboires du club, les propriétaires prétextaient que les amateurs ne venaient pas aux parties à cause de la configuration du stade olympique et de sa localisation dans l’est de Montréal.
Pour les aider, la Régie des Installations Olympiques (RIO) a fait exécuter des travaux importants pour ramener le marbre (homeplate) et toute la surface de jeu plus près des estrades à coût de millions de $. Mais les propriétaires n’étaient pas encore satisfaits car, n’ayant pas les poches assez profondes, leurs problèmes financiers les poursuivaient et ils continuèrent à blâmer le stade au lieu de faire des promotions publicitaires pour attirer de nouveau les amateurs.
Pourtant au stade olympique, la vue des spectateurs vers la surface de jeu est sans obstacle contrairement à certains stades comme celui des Mets de New York. Chaque spectateur est bien assis sur un siège de fibre moulé, ne touche pas ses voisins et l’espace pour les genoux et les pieds a été calculé pour laisser passer, sans trop de dérangement, les spectateurs qui se dirigent vers d’autres bancs, contrairement au stade des Blue Jays de Toronto où les spectateurs, assis deux par bancs, sont inconfortables dans un espace très restreint.
Quant à sa localisation dans l’est de Montréal, cette complainte n’était pas nouvelle. On l’avait entendue dès le premier match des Expos au stade et elle venait des citoyens anglophones de l’ouest de Montréal. À ce moment-là, tout ce qui était à l’est de la rue Saint Laurent était loin pour plusieurs de ces gens. Il est vrai que la distance était plus longue que si le stade était localisé au bas du centre-ville. Pourtant, je vivais dans ce secteur, à ce moment-là, et je n’ai jamais ressenti de problème majeur.
Aujourd’hui, le maire de Montréal veut obtenir une nouvelle franchise des ligues majeures et promet un nouveau stade dans le bas de la ville. C’est à mon point de vue injustifiable.
Ce stade, le maire veut en financer le coût grâce à des contributions gouvernementales, municipales et l’apport d’entreprises privées comme pour le centre Videotron à Québec. Nous, Montréalais, nous avons eu notre part de Québec pour la construction de notre Stade dont le budget a dépassé de beaucoup les coûts prévus. Nous avons payé de longues années, avec les autres Québécois, des taxes pour rembourser cette importante dette. Aujourd’hui, il est payé et il est bien entretenu aux frais du gouvernement de Québec.
De plus, il faut tenir compte du fait que la population a changé. Au moment des Olympiades, j’ai participé à la planification du village Olympique pour déterminer la nature des bâtiments à construire pour loger les athlètes. La population dans l’est de la ville n’était pas alors très dense comparé à aujourd’hui, au point que nous avons fait une étude pour déterminer le taux d’absorption possible de 1000 logements dans l’est de la ville après les jeux. Cela peut sembler invraisemblable aujourd’hui, mais le résultat ne fut pas très concluant. Certains proposèrent alors de construire des logements pouvant être transformés en logements à prix modique après les Jeux. Heureusement, le maire Drapeau a accepté notre idée de construire des logements pouvant être revendus et des promoteurs immobiliers dirigés par le réputé constructeur René Lépine ont décidé de prendre le risque de construire le village Olympique incluant toutes les facilités nécessaires aux athlètes : cafétéria, infirmerie, bureaux des missions olympiques de pays, salles d’entrainement et de divertissement, etc.. et de transformer le tout en condominiums après les Jeux. On connait le reste de l’histoire. Ce fut un succès et ça demeure un des plus beaux bâtiments de Montréal à l’honneur des architectes Roger d’Astous et Luc Durand.
Depuis, l’est de la ville a connu un boom de développement impressionnant. La population a considérablement augmenté. Les lignes de métro ont été allongées, de nouvelles autoroutes construites vers le nord-est hors de l’ile de Montréal qui aussi a connu un développement extraordinaire, d’innombrables tours à logements sont sorties du sol, etc…  
Un stade de baseball génère beaucoup de trafic automobile. Au bas de la ville, ce surplus ajouté à l’actuel génèrera des situations très difficiles, d’autant plus que les parties sont souventes fois jouées l’après-midi. Déjà, ça prend un temps fou pour se rendre au Centre Bell les soirs de match de hockey où le trafic est bloqué jusque sur la rive sud. Si on y ajoute le baseball, ce sera intolérable pour les Montréalais qui y vivent.
Le stade Olympique a plusieurs entrées à ses immenses garages, et est desservi directement par deux stations de métro. Dans le passé, même avec 58 000 spectateurs, les attentes étaient minimales et relativement acceptables.
De plus, le stade olympique est un investissement de tous les Québécois. Il est bien entretenu, se développe comme attraction majeure de Montréal et est devenu le symbole de la ville. Le centre de natation a été refait et les espaces de la tour sont maintenant loués à Desjardins comme espaces à bureaux. Une saison de 81 matchs de baseball par année lui apportera un achalandage important pouvant le rendre quasi profitable. Ce sont des taxes en moins pour l’ensemble des Québécois. Déjà en 1965, le gouvernement a refusé, avec raison, la demande des propriétaires de financer la construction d’un nouveau stade. C’est aussi irraisonnable aujourd’hui de proposer la construction d’un nouveau stade de baseball quand on a déjà un stade magnifique qui est peu utilisé.
Du premier match des Expos en 1968 jusqu’à 2002, deux ans avant la fin, j’avais des billets de saison. Soit durant 34  ans. J’ai vu des matchs de tous les coins du stade. Partout on pouvait bien suivre et apprécier le jeu des joueurs. Les écrans géants rapportaient instantanément les derniers jeux et tous les spectateurs où qu’ils soient pouvaient juger de la justesse de chaque jeu et de la décision des arbitres, sans problème.
Ce fut de même aux Jeux Olympiques. J’ai assisté à une dizaine de séances d’athlétisme et à quelques matchs de soccer dans le stade. Où que j’étais, j’ai bien vu et apprécié les évènements. Je me rappelle entre autres, le soir du saut du Canadien Greg Joy à la finale de la compétition du « Saut en Hauteur ». J’étais assis à l’autre extrémité du stade d’où était installée la barre du saut. Lorsque Greg a passé la barre sans la toucher, la foule s’est levée instantanément pour crier des hourras, où qu’elle soit dans le stade. Il venait de gagner la médaille d’argent. Nous avons tous vu ensemble et les écrans nous rapportaient en rafale tous les détails du saut.
C’est ainsi au baseball. Grâce à ces écrans on voit tout, on comprend tout. Ce qui compte, c’est être confortable et de pouvoir apprécier le jeu. De quelques endroits où on se trouve dans le stade, cela est possible. Et aujourd’hui, avec l’évolution constante de la technologie, de plus en plus d’écrans plus précis, reliés aux iPhones, nous montrerons précisément et davantage tout ce qui se passe sur le jeu.
Enfin, un stade dans le bas de la ville va défigurer les secteurs d’habitations avoisinants. J’ai visité ceux des Indiens de Cleveland et des Reds de Cincinnati. Lorsqu’on arrive vers ces stades, on est surpris des hauteurs des estrades que l’on voit des rues avoisinantes. C’est laid. C’est comme le stade des Alouettes sur le Mont-Royal, qui est moins pire mais quand même inacceptable. Je m’étais opposé, comme chef du parti civique, à la construction d’un nouveau gymnase pour l’université McGill sur la montagne à cet endroit, mais le maire Doré a passé outre et a permis cette construction sur notre bien public. De plus, le maire Tremblay a permis l’ajout d’estrades en hauteur en arrière du gymnase pour le stade de football des Alouettes. On les voit de la rue Berri en arrivant du sud. Ce gymnase et ces estrades cachent une partie importante du Mont-Royal. À mon point de vue, c’est inacceptable d’enlaidir notre ville de cette façon.  
Tous les arguments pointent vers le baseball au stade olympique. Alors Monsieur le maire…

Claude Dupras

samedi 26 juin 2010

Le parc Olympique de Montréal, un citron ?

La Presse rapporte, aujourd’hui, qu’un groupe de recherche sur les espaces festifs a présenté un rapport pour changer la nature du parc Olympique La raison : pour masquer « l’héritage des Jeux Olympiques de Montréal qui est considéré comme un échec dans le monde ». On suggère de « briser le béton pour le remplacer par des espaces verts, rendre la rue Pierre-de Coubertin commerciale et changer le nom du site pour refaire son image ».

Premièrement, une mise au point s’impose. J’ai voyagé assez souvent dans le monde pour savoir que ce n’est pas l’héritage qui est critiqué. Le monde s’en fout que ces Jeux soient bons ou non pour l’héritage des montréalais. Non, c’est le dépassement des coûts des installations olympiques qui a frappé l’imagination mondiale et qui continue à être donné comme un mauvais exemple à éviter par les nouveaux pays qui aspirent à obtenir la tenue des jeux du CIO. À voir ce qui se passe à Londres pours les installations sportives des prochains JO, où les coûts sont incommensurablement plus hauts que prévus, je crois que l’exemple de Montréal va être enfin oublié.

Ce ne fut pas une erreur de construire un stade couvert. C’était une demande sine qua non du baseball majeur pour garder la concession des Expos à Montréal. Lorsque le maire Drapeau avait obtenu la venue de l’équipe à Montréal pour la faire jouer temporairement au parc Jarry, il avait convenu avec les autorités de la ligue qu’un stade couvert serait construit éventuellement.

Fut-ce une erreur de confier à l’architecte Taillebert la réalisation du parc Olympique qui contenait le stade d’athlétisme, le vélodrome et les bassins de natation sans compter les milliers de places de parking en sous-sol ? Peut-être, parce qu’il a proposé un design complexe par rapport au peu de temps disponible pour le réaliser. Mais le résultat est un chef d’œuvre architectural unique dans le monde et qui est vanté partout. Ce complexe a coûté trop cher ? Oui. Mais il aurait coûté beaucoup moins si les syndicats d’ouvriers de la construction avaient collaboré au lieu de garder un revolver sur la tempe du COJO en créant toutes sortes de délais et en le menaçant s’il n’obtempérait pas à leurs demandes qui devenaient de plus en plus exagérées.

Quant au mat et la toile qui couvre le stade, ils ont été réalisés quelques années après les JO et là le problème est simple : le design n’était pas assez bon. Nous avons dépensé des millions de $ pour un système qui ne marche pas. C’est la faute à qui ? Taillibert ? Non, car le design a été fait par des ingénieurs canadiens. On a cherché à justifier le piètre résultat par toutes sortes d’excuses en prétextant même que c’était un projet irréalisable. Quelle sottise ! Le premier projet et le deuxième des Américains se sont avérés défectueux. Ce sont de mauvais designs qui furent à la base de tout ce qui est arrivé avec la couverture du stade. Heureusement que ce ne sont pas ces ingénieurs qui ont envoyé un homme sur la lune car il ne serait jamais revenu…

Puis, il y a l’utilisation du stade. Pendant les premières années tout était beau. Les Expos, le club de football Alouettes et le club de soccer Manic de Montréal, remplissaient le stade et on ne parlait pas de mauvais héritage… au contraire. J’avais mes billets de saison pour les Expos et il était fort intéressant de se retrouver au stade pour une partie. Les billets étaient en grande demande.

Puis la débandade a commncé. Soudainement le Manic, malgré ses nombreux supporteurs enthousiastes, a disparu. Les Alouettes ont perdu peu à peu leurs supporteurs et finalement leur franchise. La propriété des Expos a changé de mains et non pour le mieux. Les nouveaux propriétaires n’avaient pas suffisamment d’argent pour supporter une telle équipe professionnelle dans les périodes creuses. Face à des difficultés, Ils blâmèrent le stade et affirmaient que le jeu était trop éloigné des spectateurs (pourtant, il ne l’était pas lorsque le stade était rempli à craquer). Le RIO réaménagea le terrain, coupa dans les estrades et rapprocha ainsi les amateurs. Rien ne fit. Puis, comble du ridicule, on insinua que le stade était trop loin du centre-ville, pourtant on s’y rend en 20 minutes, et on proposa la construction d’un nouveau stade pour garder les Expos à Montréal. Finalement, ces derniers quittèrent notre ville et Montréal perdit du coup toute la publicité que notre participation à cette grande ligue de baseball professionnelle américaine apportait à notre ville.

Ce n’est pas à cause du stade que l’on a perdu ces équipes, c’est le résultat de promoteurs inadéquats et insuffisamment riches.

Plus tard, la concession des Alouettes revint à Montréal et au lieu de réintégrer le stade, le nouveau propriétaire qui avait peu de sous, logea l’équipe au vieux stade Molson sur les flancs du Mont-Royal, près du centre-ville. Dès la première saison, j’avais mes billets de saison. Le stade était inconfortable, sans parkings, sans services sanitaires suffisants et adéquats, avec une restauration minimale, etc… rien à comparé au stade olympique qui était toujours à vingt minutes de là, vide. Les nouveaux propriétaires demandèrent l’aide des gouvernements pour améliorer leur stade. Ces derniers et la ville de Montréal acquiescèrent, au lieu de dire non et de forcer le propriétaire à réintégrer le stade olympique. Depuis, les octrois continuent à débouler et le stade Molson s’est agrandi au détriment du parc du Mont Royal. Combien de blogs ai-je écrit pour décrier cette folie ! Le comble du ridicule, c’est que les Alouettes utilisent le stade olympique lorsque le stade Molson ne peut loger tous les spectateurs quand la demande est trop forte.

Quant au soccer, le groupe Saputo s’est mis en tête de le relancer à Montréal. Avec tous les nouveaux immigrés qui viennent de pays où le « foot » est le sport national, la nouvelle équipe « les Impacts » fait fureur. Au lieu d’utiliser le stade olympique, Saputo a construit, tout à côté du stade Olympique sur le même terrain, un stade de soccer à prix économique et minable architecturalement, qui utilise les parkings de ce dernier. Cette nouvelle structure défigure l’ensemble architectural du parc Olympique. Pour ajouter à l’injure, Saputo veut agrandir son stade et demande aux gouvernements des octrois importants. Pourtant, lorsque la foule est trop nombreuse, il transfert son équipe dans le stade olympique au grand plaisir des adeptes. Ridicule…

Autre situation choquante, le déménagement de l’imposante, importante et magnifique fontaine dessinée par le grand artiste peintre du Québec, Jean-Paul Riopelle, construite sous sa supervision et installée au milieu des promenades du parc olympique. Peu de publicité était faite pour inviter le public à aller voir cette œuvre. Elle fut déménagée, il y a à peine quelques années, pour être réinstallée dans le centre-ville. Ridicule…

Il semble que nos dirigeants politiques et les investisseurs font tout pour saboter le parc Olympique. Le problème de ces derniers, ils n’ont pas les poches assez profondes pour vraiment supporter des équipes professionnelles. Ils se retournent vers les solutions faciles et les gouvernements pour trouver les argents dont ils disent avoir besoin. Le malheur est que nous n’avons pas assez de familles du calibre des Bronfman ou Molson à Montréal pour vraiment faire vivre de façon permanente de grandes équipes professionnelles dans notre ville. Le baseball est parti, le basketball n’est qu’à Toronto, le soccer n’est pas de taille mondiale.

Les immenses espaces vides du stade, particulièrement dans la tour, auraient pu être disponibles pour les activités sportives des étudiants montréalais. McGill, par exemple, au lieu d’empiéter sur le Mont-Royal pour construire un centre de sports, aurait pu faire une entente avec la RIO pour utiliser une partie du stade. Déjà les bassins de natation, les pistes d’athlétisme, etc. étaient disponibles. Par métro, les étudiants auraient pu facilement voyager entre le centre sportif installé au stade et leur université. De même pour les étudiants des universités de Concordia et d'UQAM ainsi que ceux de différents collèges. Le stade olympique aurait pu devenir un grand centre sportif pour notre jeunesse. Au lieu de suivre une telle route, que j’ai défendue devant les représentants de McGill et du conseil de ville de Montréal, les gouvernements ont accepté de dépenser des argents ici et là pour satisfaire les demandes de tous et chacun. On est dont heureux, chacun dans sa cour! Pendant ce temps, notre exceptionnel parc olympique dépérit.

Ce n’est pas en démolissant le parc Olympique que nous trouverons une solution. Les promoteurs de cette idée prennent comme exemple le nouveau Quartier des Spectacles qui vient d’être réalisé au centre-ville. Ils oublient que ces dépenses importantes sont justifiées par une demande importante des Montréalais et Montréalaises qui participent depuis plusieurs décennies à des activités de festivals au cœur de la ville et qu’il fallait réaménager l’ensemble pour tenir compte de ce fait. Plusieurs parties extérieures du parc peuvent devenir des espaces verts et être plus accueillantes, mais ce n’est pas en « brisant du béton » que nous protégerons l’héritage qu’est pour nous le stade Olympique. Et, changer le nom n’est qu’une chimère.

Claude Dupras.

lundi 15 février 2010

Le Canada, c'est plus que Vancouver

Je ne voulais pas écrire ce blog avant la fin des Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver. Ces Jeux, très bien organisés, nonobstant les problèmes de manque de neige, lancent des images positives du Canada dans le monde entier et je ne voulais pas poser un geste qui viendrait entacher cette grande manifestation sportive. Mais à voir évoluer les choses, j’ai décidé de l'écrire.

Le Canada, par sa constitution, est un pays bilingue et biculturel, français et anglais. Découvert par les Français, conquis par les Anglais, notre pays a pu, de peine et de misère, assurer aux deux nations qui le composent le respect des caractéristiques de chacun. Ce ne fut pas facile particulièrement pour les francophones qui depuis 1759, le jour de la conquête, ont tout fait pour se faire respecter et avoir leur place dans ce nouveau pays afin de protéger leur langue, leur culture et leur place. Ce qu’ils ont aujourd’hui, ils l’ont conquis par la force des mots et des votes.

Avec le temps et particulièrement durant les dernières décennies, l’immigration a changé considérablement l’image du Canada au point que les francophones pèsent, aujourd’hui, pour à peine 25 % de la population. Les néo-Canadiens, qui viennent de tous les pays du monde, adoptent surtout la langue anglaise pour vivre dans leur nouveau pays.

Mais cela ne change rien. Le pays a été découvert par les Français, a été pendant 225ans français et est un pays bilingue.

Depuis qu’il a obtenu le privilège du CIO de tenir les Jeux à Vancouver, le COVAN (Comité Organisateur des Jeux de Vancouver) a été critiqué par plusieurs observateurs de ne pas faire place à la langue française dans ses communications et dans ses préparatifs. Chaque fois, le COVAN a promis de remédier à la situation. Ce furent des paroles vides et la cérémonie d’ouverture des Jeux en a été la démonstration.

Certes, le français a eu une certaine place à l’ouverture des jeux. Mais c’est à cause du CIO qui pour remercier Pierre de Coubertin, le fondateur des jeux modernes, a décidé que le français serait la langue des Jeux Olympiques, comme on l’a constaté en Grèce, à Pékin, à Séoul, à Turin et ailleurs. La gouverneur générale du Canada, de par son rôle, se devait de parler dans les deux langues officielles du pays et elle l’a fait. Par contre, le français a été ignoré par les présentateurs et le président du COVAN qui, dans un long discours, n’a trouvé rien de mieux que de dire « BIENVENOUE » plusieurs fois et d’ajouter trois autres petites exclamations en français. En 1976, à Montréal, j’y étais et je peux assurer mes lecteurs que les deux langues furent placées sur un pied d’égalité dans tous les discours et tous les services à la presse et pour les visiteurs. Ce n’est pas le cas à Vancouver.

Le grand spectacle de la cérémonie d’ouverture des Jeux se voulait être une image du Canada. Il fut spectaculaire, original, moderne et inoubliable par ses fresques lumineuses et la participation de ses acteurs. Il a réussi à atteindre son objectif. Ce fut très bien fait. Malheureusement, trop de Québécois n’ont pas compris que la scène du canot d’écorce, une des plus belles, connue sous le nom de « la chasse-galerie », rappelait le conte folklorique de bûcherons du Québec qui, partis travailler dans un camp isolé dans la vallée de la rivière Gatineau pour l'hiver, avaient conclu un pacte avec le diable pour pouvoir passer la veille du Jour de l'An auprès de leurs parents et amis. Je ne suis pas d’accord avec ceux de mes compatriotes qui disent que les créateurs de ce grandiose spectacle ont « passé par-dessus le Québec ».

Je regrette cependant que comme porteur du drapeau olympique ou de la flamme olympique durant la cérémonie d’ouverture des Jeux de Vancouver, on ait oublié l’un de nos plus grands athlètes olympiques, le québécois Gaétan Boucher, un patineur de vitesse sur longue piste quadruple médaillé olympique. Il fut le Canadien le plus décoré des jeux d'hiver jusqu'aux Jeux olympiques de 2002, où il obtint deux médailles d’or et une de bronze. Quatre ans plus tôt, il avait remporté une médaille d’argent à Lake Placid. Les organisateurs, dans leur sagesse anglophone, ont cru mieux de choisir Bobby Orr et Wayne Gretzky, deux grands joueurs d’hockey professionnel. Un seul aurait eu le même impact. Il me semble qu’il était plus logique, normal et juste de choisir Boucher qui de toute évidence était un choix supérieur à Orr ou a Gretzky pour une cérémonie olympique.

Il est évidemment facile de critiquer. Et surtout critiquer sur des points qui ne méritent pas de l’être. Je n’aime jamais le faire surtout dans des circonstances comme celles que nous vivons avec les olympiades d’hiver de Vancouver. Mais il y a des choses qui se doivent d’être dites si on veut que nous, les francophones de ce pays, puissions y maintenir notre place. Je ne suis pas un séparatiste, loin de là. Mais j’ai toujours crû, comme mes compatriotes d’aujourd’hui et d’hier, que nous devons toujours être debout pour nous assurer que nos droits et notre présence dans ce magnifique pays qu’est le nôtre soient respectés.

J’espère que le COVAN tiendra compte des critiques qui pleuvent du Québec, d’un ministre du gouvernement canadien, d’ex-ministres fédéraux et d’autres sources pour assurer que la cérémonie de fermeture des Jeux Olympiques de Vancouver soit à la hauteur de ce qu’est le Canada.

Claude Dupras