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mercredi 5 septembre 2012

Un bon résultat


L’élection générale québécoise du 4 septembre a donné un bon résultat. Le Parti Québécois (PQ) a gagné un gouvernement minoritaire et sa chef Pauline Marois devient la première femme au Québec à accéder au poste de premier ministre et chef du gouvernement. C’est une journée historique.

Le PQ a fait élire 54 députés et la surprise fut le score du parti libéral du Québec (PLQ) avec 50 députés contrairement aux prévisions des sondages qui annonçaient une déconfiture du parti. Le nouveau parti la Coalition Avenir Québec (CAQ) obtint 19 députés et Québec Solidaire (QS) en remporta deux dont sa co-chef Françoise David qui accède enfin à l’Assemblée Nationale. Une chose est certaine c’est que plusieurs ne se fieront plus aux sondages dans l’avenir.

Le partage des votes donna le PQ à 31,9 %, le PLQ à 31,2 %, la CAQ à 27,1 %, le QS à 6 % et autres 2 %. Au total, 66,3 % ont voté contre le Parti-Québécois-de-Pauline Marois.

Le résultat aurait pu être fort différent étant donné les petites majorités obtenues par certains députés. Si des poignées d’électeurs de trois comtés avaient voté différemment, Charest aurait été réélu. C’est donc dire que le résultat de cette élection est une presque-égalité. Ce n’est pas un rejet massif du PM Charest qui a été accusé de tous les péchés d’Israël. Mais les jeux sont faits et Pauline Marois a gagné. Notre système électoral est ainsi fait et nous nous devons de le respecter et se rallier à la gagnante.

Ce résultat fait en sorte que Pauline Marois ne pourra mettre en force la majorité de ses propositions électorales dont plusieurs allaient trop loin comme j’ai expliqué dans mon billet précédent. J’en suis bien heureux.

Pauline Marois est une femme politique avec une grande expérience. Elle a été souventes fois ministre et a toujours bien rempli la tâche. Pour gagner cette élection, elle a cru devoir pousser fort sur la question du référendum pour la séparation du Québec de l’ensemble canadien et offrir son allégeance aux francophones au détriment des anglophones, des autochtones et des néo-québécois qui ne parlent pas le français. J’ai été heureux hier, lors de son discours de victoire, l’entendre changer sa position et affirmer en anglais (sous quelques huées) qu’elle protégera les droits de ces groupes importants de Québécois. C’est un bon départ.

Marois sait qu’elle devra faire des compromis importants si elle veut que son gouvernement dure. L’opposition officielle du PLQ sera forte puisque la presque totalité des anciens ministres a été réélue. Le nouveau parti CAQ aura l’opportunité de prendre du galon sur les bancs de l’opposition et avec ses budgets de recherche qui seront dorénavant à sa disposition, il acquerra l’expertise pour pouvoir un jour diriger le Québec.

J’espère que la première ministre Marois prendra exemple sur René Lévesque qui promit de diriger un « bon gouvernement » en mettant de côté pour son mandat la question référendaire. Ce fut gouvernement qui apporta beaucoup au Québec. Un nouveau référendum n’est pas opportun à ce moment-çi et diviserait profondément les Québécois et les Québécoises.

La crise économique est toujours là et peut devenir virulente. C’est sur cette question importante que la PM doit œuvrer en se mettant sur le cap établi par l’ancien premier ministre Jean Charest qui a bien réussi sur cette question.

Quant à Jean Charest, je considère qu’il a été un très bon premier ministre et que l’ensemble des Québécois lui doit respect et reconnaissance. Demeurera-t-il chef de son parti ? Je ne le crois pas. Il peut sûrement joindre une grande étude d’avocats et vivre une vie professionnelle fructueuse et surtout normale. Il le mérite bien après neuf intenses années à la tête du gouvernement du Québec.

Je souhaite bonne chance à Pauline Marois et je nous la souhaite aussi.

Claude Dupras

dimanche 2 septembre 2012

Tout, sauf le Parti-Québécois-de-Pauline-Marois

Ce n’est pas facile dans une élection générale, comme celle que vit actuellement le Québec, de choisir le parti ou le candidat à qui on veut attribuer son vote.

Il y a plusieurs partis et options politiques : libéral, Parti-Québécois-de-Pauline -Marois (PQDPM), Coalition Avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS), Option nationale (ON).

J’ai voulu contribué par les billets de mon blog à définir les positions de chacun et l’orientation politique qu’il offre aux Québécois et Québécoises : « Et pourquoi pas Legault et la CAQ » ; « Charest sera-t-il réélu ? » ; « Un gouvernement péquiste : la surprise Marois ». On peut retrouver ces textes sur mon blog à http://claudedupras.blogspot.com. Le moment de prendre une décision pour mon vote est arrivé.

La campagne de Pauline Marois a été très décevante. Elle s’est montrée intolérante envers ceux qui ne pensent pas comme elle. J’ai pensé souventes fois à René Lévesque qui sûrement devait se retourner dans sa tombe devant plusieurs propositions ethniques et séparatistes de Marois.

Je ne suis pas surpris, non plus, qu’un des plus ardents et authentiques souverainistes, l’ex PM, ex chef du Parti Québécois (PQ) et économiste Jacques Parizeau ait renié le PQDPM pour annoncer qu’il voterait pour l’ON. Il y a le valeureux et aimé député Pierre Curzi qui s’est placé au service d’Aussant. On se rappellera que l’an dernier, Curzi avec quatre autres députés seniors du PQDPM ont quitté brusquement le parti. Il en est aussi des vieux bonzes du PQ, comme Yves Michaud, qui ont annoncé leur support à Jean-Martin Aussant, le chef de l’ON. Au pouvoir dans le passé, ces gens-là nous ont donné de bons gouvernements qui ont toujours été respectueux de tous les Québécois, tout en maintenant leur idéal de faire du Québec un pays.

Je vous rappelle que Marois a proposé de disqualifier pour des postes électifs les Québécois qui ne maîtrisent pas la langue française. Dans ceux-là, il y a des centaines de milliers d’anglophones, d’autochtones et de néo-canadiens issus de plus de 100 nationalités et vivant à Montréal et ailleurs au Québec. Lorsqu’on écoute Pauline Marois on remarque qu’elle n’inclut jamais dans sa définition du « peuple québécois », sauf pour les immigrants de quelques pays francophones, les anglo-québécois, les autochtones comme ceux des nations iroquoises, algonquines, cris ou autres, ni ceux de la grande majorité des immigrants néo-québécois qui arrivent ici avec la langue de leur pays ou la langue anglaise. Dans les derniers jours de la campagne, sûre de sa victoire, elle a même plaidé sa « seule vraie allégeance » à ceux qui parlent français et qui sont descendants de ceux qui ont résisté depuis des centaines d’années aux anglais. Et les autres ? Si elle devient PM sera-t-elle seulement celle de ceux qui ne parlent que le français ?

Qu’elle veuille défendre la langue française dans une mer d’anglophones en Amérique, j’en suis totalement. Mais on ne peut être injuste envers ceux qui ne maîtrisent pas encore la langue française. On ne deviendra jamais grand en mettant nos pieds sur la tête des anglais. Ce n’est que par l’éducation, l’effort constant, de bonnes lois et des fonds disponibles pour encourager l’initiation à la langue française que petit à petit nous pourrons tous parler la langue française. J’ai horreur d’affirmations comme celle du candidat Jean-François Lisée, qui sera de toute évidence le prochain chef PQ, à l’effet que le français comme langue seconde pour les non-francophones n’est, dorénavant, pas suffisant pour participer entièrement à la vie politique de notre milieu puisque, dit-il, « seuls ceux qui parlent français sont en mesure de défendre notre langue ».

De plus, il a été dévoilé que Marois acceptera qu’un référendum pour séparer le Québec du Canada soit déclenché suite à un « référendum d’initiative populaire » qui requiert 15% des électeurs. Même si elle s’est corrigée en disant que c’est elle qui contrôlera la date du référendum, je ne peux la croire à cause du fait que sa position découle d’une promesse qu’elle a dû faire l’an dernier, aux « purs et durs » de son parti », afin de demeurer chef du parti au moment ou son leadership était en question suite à la démission de cinq députés seniors.

Il y a aussi plusieurs autres propositions qu’elle veut implanter et qui sont inacceptables pour une société juste comme celle de limiter le libre accès des adultes de langue anglaise au collège de leur choix pour les forcer à aller dans un CEGEP français. Quand même…

De plus, elle a démontré sa faiblesse en s’enquiquinant avec les manifestants dans les rues. Ce qui présage que dorénavant, si vous êtes en grève et que le gouvernement refuse un accord avec vous, eh bien, manifestez… et Pauline Marois reculera. Une telle lâcheté n’augure rien de bon pour la justice sociale et un bon gouvernement.

Au moment où le monde occidental est envahi par une crise économique qui croît, Marois veut engager des batailles constitutionnelles avec le gouvernement canadien dans le seul but d’obtenir des refus afin de pouvoir démontrer que le Canada refuse tout au Québec. Tout le long de cette campagne elle a démontré sa mauvaise foi et son peu de compétence en rapport avec la bonne gouvernance économique du Québec. C’est pourtant ce dont nous aurons besoin le plus durant les prochaines années.

Face à ces prises de positions inacceptables dans une démocratie qui se respecte, on ne peut voter pour le « Parti-Québécois-de-Pauline-Marois » qui ne mérite pas d’être appuyé.

Jean Charest et le parti libéral ont bien dirigé le Québec depuis la crise qui a commencé en 2008. À ce jour, nous avons traversé la tempête mieux que les autres gouvernements. Il a lancé un grand projet important « le grand Nord » pour accélérer le développement de nos ressources minières, créer des emplois et augmenter appréciablement les redevances au Québec. Il a une équipe bien rôdée et compétente. Il a résisté au chantage des manifestations de rues et imposé une loi qui finalement a mis fin à ces protestations de masse et permis aux étudiants de reprendre le semestre perdu par les grèves. Le malheur est que le gouvernement Charest est usé par le temps et qu’il est pris dans une spirale d’accusations mensongères de collusion et de corruption. Pourtant, il a fait exactement comme le parti Québécois au pouvoir et dans l’opposition en acceptant des contributions de $3 000 de plusieurs membres d’une même entreprise d’ingénieurs, de comptables ou d’avocats. Jean Charest est un honnête homme qui a rendu de grands services au Québec. Il mérite d’être réélu.

Francois Legault et son parti la CAQ ont surpris. Bon programme, belle équipe de candidats compétents, enthousiastes, pragmatiques et rénovateurs sont les qualités principales qui ressortent de cette campagne de Legault et des siens. Legault a démontré qu’il est un chef solide. Après avoir été ministre et homme d’affaires à succès, il a réuni autour de lui plusieurs bons députés issus de l’action Démocratique, du Parti Québécois et du Parti Libéral. Il faut quand même admettre qu’ensemble ils manquent d’expérience pour diriger un gouvernement. Cela ne veut pas dire qu’ils ne pourraient pas le faire, mais cela comporte un risque à déterminer par chacun de nous. Legault et un très grand nombre de ses candidats méritent d’être élus.

Le parti Québec Solidaire est petit et limité à l’est de Montréal. La campagne électorale a dévoilé que sa présidente, Françoise David, est plus qu’une féministe et une altermondialiste mais qu’elle a le potentiel de devenir une femme politique d’envergure. Son seul député, le Dr. Amir Khadir, a souventes fois brassé la cage à l’assemblée nationale et a fait sa marque de bon debater et d’homme logique. Même s’ils sont de la gauche de la gauche, je crois important que leurs opinions politiques soient entendues dans le débat québécois et la meilleurs façon c’est que c’est deux personnes soient élus députés à l’Assemblée Nationale.

Selon ceux qui le connaissent, le député Jean-Martin Aussant est un personnage politique d’envergure qui a le potentiel de se situer au niveau des grands politiciens du passé, tous partis confondus. Je ne le connais pas, mais on dit qu’il est un vrai souverainiste, sérieux et qui sait faire la part des choses à la René Lévesque. C’est la raison pour laquelle il a réussi, malgré l’omniprésence du PQDPM, à créer l’option Nationale (ON), un nouveau parti politique dédié à la souveraineté du Québec, Ses appuis se retrouvent dans une phalange importante de souverainistes de longue date qui a rempli les postes les plus importants au gouvernement et au PQ. Aussant mérite d’être réélu dans son comté de Nicolet car, encore une fois, le débat politique a besoin de représentants sérieux pour bien représenter les Québécois de toutes les facettes du spectre politique dont ceux qui rêvent de faire du Québec un pays.

À mon avis, pour la présente élection, le vote devrait être anti-Parti-Québécois-de-Pauline-Marois. Un vote stratégique. Un vote qui va permettre au Québec d’avancer économiquement et de bien se développer au moment crucial que nous vivons.

Si vous êtes séparatiste-souverainiste-indépendantiste, le QS et l’ON sont de sérieuses options pour vous et pour l’avenir. Si vous optez pour le parti libéral ou la CAQ, un vote pour le candidat de ces partis qui a le plus de chance de défaire le candidat du PQDPM serait utile car si le vote se divise, ce dernier peut gagner. Ce serait un vote de compromis mais positif pour le futur du Québec.

Que le meilleur gagne !

Claude Dupras

dimanche 29 juillet 2012

Charest sera-t-il réélu ?

Le 6 décembre dernier mon billet s’intitulait : « Et si Jean Charest et Pauline Marois demeuraient en poste ». À ce moment-là, le leadership des deux principaux chefs politiques du Québec était remis en question suite aux sondages négatifs sur leur capacité respective de diriger le Québec. Ils étaient près de la sortie.

C’est l’élection partielle du comté de Bonaventure qui m’a fait comprendre qu’ils n’étaient pas en danger. Le parti libéral a conservé son château-fort mais son pourcentage de votes a baissé appréciablement en faveur du parti Québécois de Pauline Marois. Un bon nombre d’électeurs avaient vu en elle le moyen de s’opposer à Jean Charest. Ce dernier, malgré un taux d’insatisfaction qui frisait les 65%, a réussi quand même à obtenir à nouveau la confiance d’une majorité des électeurs de ce comté.

J’ai eu l’impression alors que les postes de Charest et Marois n’étaient plus en danger et qu’ils dirigeraient leur parti à la prochaine élection générale.

Puis, le phénomène François Legault, chef du nouveau parti Coalition Avenir Québec (CAQ), s’est estompé tel que prévu. Il devait, selon les sondages, balayer les vieux partis de la carte électorale mais il a été victime de son manque de charisme et d’éloquence et son auréole de fascination s’est dissipé aussi vite que sa capacité de séduire et d’impressionner.

Le parti Québec-Solidaire, pour sa part, bénéficiait d’un léger vent dans ses voiles, au moment où il a fait un mauvais « tack » et a ressenti l’air lui échapper lorsqu’il a trop exposé son côté anarcho-communisant. Cet étalage public de sa réelle pensée politique a été fatal pour le parti, malgré qu’Amir Khadir, son demi-chef, soit un politicien intelligent qui souventes fois sait « frapper le clou sur la tête ».

La bataille qui s’annonce pour le début septembre se fera donc entre un Jean Charest confiant, déterminé et une Pauline Marois devenue « la femme de béton » au carré rouge.

Jean Charest est un homme doux, chaleureux, attentif et qui a su séduire des foules, pourtant il est mal aimé d’un très grand nombre de Québécois. Ce sont surtout ceux qui préconisent la séparation du Québec du Canada qui ne lui ont jamais pardonné sa prestation exceptionnelle lors du débat référendaire de 1995 et qui a fait pencher la balance du côté du NON.

Malgré ses deux majorités et son gouvernement minoritaire, Charest a été trop souvent injustement critiqué. On peut se rappeler, entre autres, tout ce qui s’est dit sur son plan de réingénierie du Québec pour réduire radicalement la dimension du gouvernement. Il a dû reculer. Il en fut de même pour la privatisation d’une partie du parc National du Mont Orford et la réalisation du projet du Suroît pour la construction d'une centrale thermique au gaz naturel.

Depuis sa dernière élection, l’intégrité de Jean Charest est attaquée sans cesse sur des questions comme la nomination des juges malgré que le rapport du commissaire Bastarache ait déterminé que les allégations contre lui étaient infondées, l’octroi de certains permis pour les garderies malgré qu’il ait forcé un député à démissionner et les graves problèmes de corruption dans l’industrie de la construction malgré qu’il ait établi une super-commission (la commission Charbonneau) pour l’enquêter.

Nonobstant les pluies d’injures et d’insinuations mensongères, je continue à croire que Jean Charest est un individu foncièrement honnête et intègre, tout comme le sont Pauline Marois et la très grande majorité des députés de l’Assemblée Nationale québécoise.

En réalité, les problèmes du domaine de la construction découlent du manque de contrôle du gouvernement sur ses projets de construction. L’insuffisance criante de personnel technique et qualifié dans les ministères, particulièrement au ministère du Transport, en est la raison première. Ce n’était pas comme cela avant la venue de Lucien Bouchard à la tête du Québec.

Afin de balancer le budget québécois, à la demande des seigneurs de l’argent à New York, Bouchard a coupé radicalement dans toutes les dépenses gouvernementales. Non seulement a-t-il mis à la retraite forcée des milliers d’infirmières compétentes, des chirurgiens et des médecins expérimentés, ce qui a embourbé depuis nos services de santé, mais Bouchard a aussi renvoyé chez eux des milliers d’ingénieurs et de techniciens spécialisés en construction qui œuvraient au gouvernement afin d’assurer que la réalisation de ses bâtiments et de ses travaux publics soient conformes aux besoins et aux décisions gouvernementaux. Ces derniers vérifiaient et approuvaient les plans et devis techniques préparés par les architectes et les ingénieurs-conseils du privé, pour assurer leur conformité avec les programmes techniques, les normes, les règlements et les budgets établis par les lois et les ministères.

Le malheur, c’est que le PM Bernard Landry, qui a succédé à Bouchard, n’a rien fait pour corriger cette situation et a continué à réduire le nombre de fonctionnaires. Et, devant les difficultés que ses gouvernements ont eues pour maintenir bas les déficits, Jean Charest a fait de même.

Voilà la source des problèmes du domaine de la construction. Sans contrôle, sans surveillance, sans respect des normes et des budgets, il est devenu un « free for all » où certains intervenants malhonnêtes ont gâché le système.

Jean Charest veut un quatrième mandat. Normalement le pouvoir use mais il y a des moments où la réélection d’un premier ministre devient importante. Peu de premiers ministres ont obtenu quatre mandats des Québécois. Le dernier fut Maurice Duplessis avec la campagne électorale de 1956 dont le thème était « l’autonomie du Québec ». C’était au moment où le gouvernement du Québec réussissait, enfin, à faire accepter par le gouvernement fédéral de Louis St-Laurent la reconnaissance des droits constitutionnels fiscaux du Québec. Duplessis créa l’impôt québécois et obtint une baisse proportionnelle des impôts fédéraux afin que les Québécois ne subissent pas la « double imposition » dont les avait menacés Saint-Laurent. De plus, ce dernier implanta le système de péréquation au Canada qui aidera beaucoup le Québec.

Il y a enfin la question de la hausse des frais de scolarité et tout le brouhaha qu’elle a entraîné et continue de faire. Le mouvement représentant le tiers des étudiants collégiaux et universitaires du Québec est devenu important et a attiré le regard du monde entier. Ce sera, peut être, ce qui sauvera Jean Charest et assurera sa réélection.

J’ai appuyé la position initiale des étudiants, dès les premiers jours, en m’opposant dans mon blog aux augmentations des frais de scolarité. On trouvera ma position dans mon billet du 29 mars 2012. Je n’ai pas changé ma position depuis, sauf que suite aux actes de violence j’ai cessé de les soutenir.

L’élection arrive au moment où le phénomène estudiantin s’est transformé en une rébellion contre la loi et l’ordre.

Malgré que la participation aux manifestations organisées par les syndicats étudiants diminue et que de moins en moins de Québécois les écoute, les ralliements de protestataires continuent. Je crains que les chefs étudiants n’aient pas la perspicacité nécessaire pour arrêter la radicalisation grandissante de leur mouvement et la confrontation avec les autorités.

Ils devraient, au contraire, faciliter le retour en classe de leurs membres, au milieu d’août, pour qu’ils bénéficient des arrangements particuliers que les institutions éducatives ont mis en place pour leur permettre de reprendre leur semestre printanier, perdu à cause des grèves.

Les syndicats étudiants devraient réaliser qu’ils sont capables d’organiser une participation massive des étudiants contre le parti libéral. C’est ce que ce dernier craint. En décidant de continuer les manifestations, en pleine campagne électorale, ils joueront, au contraire, dans la main de Charest et l’aideront à consolider son support dans l’opinion publique.

Leurs actions feront revivre celles de Pauline Marois qui n’a jamais dénoncé les actions violentes des étudiants et a accepté, par opportunisme et malgré les concessions importantes du gouvernement, de porter leur symbole, le « carré rouge », à l’Assemblée Nationale. Même, si par stratégie, elle a décidé de ne plus le porter depuis le 24 juin, l’annonce de la candidature péquiste d’un des trois chefs étudiants, Léo Bureau-Blouin, vient consolider dans l’opinion publique les
liens du Parti Québécois avec le mouvement contestataire estudiantin qui n’a pas respecté les injonctions des cours de justice après que le gouvernement se soit vu forcé de faire voter une loi spéciale, la loi 78, pour protéger les droits des citoyens dont ceux des étudiants qui voulaient retourner à leurs cours, souventes fois contre des contestataires masqués.

De plus, les étudiants vont maintenant plus loin que la question des frais de scolarité dans leurs récriminations. Ils s’attaquent à tous les frais payés par les Québécois pour des services publics, au plan du développement du nord du Québec, au traitement des aborigènes, à la discrimination féminine, etc… ; leur but est clair : bousculer suffisamment la société québécoise afin qu’elle se réoriente éventuellement vers leurs objectifs.

Sachant que 56 % des Québécois et Québécoises approuvent ses actions envers les protestataires étudiants, Jean Charest, va rappeler que Pauline Marois s’est associée à ceux qui n’ont pas respecté la loi et l’ordre. Il ajoutera que ses actions démontrent qu’elle veut le pouvoir, à tout prix, en vue d’amener les Québécois et les Québécoises dans un troisième référendum sur la séparation du Québec.

Je crois que le non-respect de la loi et de l’ordre deviendra le débat principal de cette élection pour les électeurs québécois qui voudront avant tout protéger la paix et le respect de leur société.

Oui, Jean Charest peut être réélu !

Claude Dupras

mardi 31 mai 2011

Amir Khadir : un bon ou un mauvais député ?

Un député peut être ou être perçu comme un homme important de la société. Trop passent inaperçus alors que quelques uns, et ils sont rares, ont ce feu sacré qui génère une capacité, hors de l’ordinaire, d’agir, de réagir, d’être remarqué et suivi. Plusieurs chefs politiques animés de cette qualité rare, dès leur jeunesse, sont devenus de grands leaders de leur nation.

Le député Amir Khadir de la circonscription de Mercier à Montréal est un de ceux là. Né en Iran, immigré au Canada à l’âge de douze ans, il est un physicien, un médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie. Il a formé avec une féministe de gauche, Françoise David, un nouveau parti de gauche Québec Solidaire (QS) dédié, entres autres, à la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Il a réussi à se faire élire à l’Assemblée Nationale du Québec en 2008, où il est le seul député de son parti.

Khadir est un homme cultivé qui s’intéresse à la poésie, à la littérature ainsi qu'à la philosophie. Il aime la physique qui lui offre des « réponses simples, englobantes, qui résument en quelques mots ou en quelques phrases mathématiques de grandes vérités ».

Étudiant, il s’implique dans le Mouvement Étudiant Iranien hors-Iran qui lutte contre la dictature en Iran. Il fait partie du Comité pour la défense des Droits Humains en Iran. Il est l’un des fondateurs du Centre culturel et communautaire des Iraniens à Montréal. Il appuie les moudjahiddines du peuple iranien, un organisme islamique socialiste, ce qui le place sous la surveillance du Service Canadien du renseignement de Sécurité. Il est diplômé de McGill en physique et de Laval en médecine.

Il est de tous les mouvements de protestation, de toutes les manifestations : Outils de paix, Caravane Québec-Cuba, Santé-Tiers-Monde, Objection de Conscience, Solidarité-Union-Coopération, Médecins du Monde, Coalition des Médecins pour la justice sociale. Il participe à des projets de ces groupes au Nicaragua, au Zimbabwe, en Inde et en Irak.

Puis, Khadir saute en politique et devient membre du Rassemblement pour l’Alternative Progressiste, candidat défait du Bloc Québécois dans Outremont en 2000, candidat défait de l’Union des Forces Progressistes dans Mercier en 2003, signataire du manifeste « pour un Québec Solidaire » en opposition à celui « pour un Québec lucide » de l’ex-PM Lucien Bouchard et fondateur du parti politique « Québec Solidaire ».

Après une première défaite dans Mercier, Khadir est élu député QS en 2008. À l’Assemblée Nationale, de son siège de député, il demande, en juin 2010, la condamnation de l'arraisonnement par Israël d'un navire qui cherche à casser le blocus autour de Gaza. En novembre 2010, Khadir soutient une pétition électronique demandant la démission de Jean Charest, PM du Québec, et obtient 240 000 signatures. En décembre, il présente une motion pour réhabiliter l’ex-député Yves Michaud blâmé par l’Assemblée Nationale, il y a dix ans, pour des propos antisémites. Le même mois, un sondage le place comme le politicien le plus populaire au Québec.

Depuis qu’il est député, Khadir participe à toutes les manifestations montréalaises organisées par la gauche de la gauche. Il a lancé des chaussures sur une effigie du président américain GWBush lors d'une manifestation à Montréal, en réaction au geste du journaliste irakien qui avait fait de même en Irak, quelques jours plus tôt. Il participe à une manifestation afin de dénoncer la vente de produits israéliens (2% de ses ventes) faite par un petit commerçant de chaussures de la rue Saint-Denis à Montréal. Il s’oppose aux projets de réalisation de travaux de construction avec la formule Partenariat Public-Privé, n’hésitant pas à utiliser le mot « corruption » et ses déclinaisons lorsqu’il parle de ceux qui sont mêlés à la construction, qu’ils soient élus ou entrepreneurs.

Khadir s’oppose à la loi privée, actuellement en étude au parlement québécois, pour sécuriser l'entente entre la Ville de Québec et la compagnie Québecor en rapport avec la gérance du nouvel amphithéâtre prévu pour la ville de Québec. La loi cautionnera l'absence d'appels d'offres publics par la ville pour confier ce mandat à une entreprise privée. La loi protégera cette entente contre toute poursuite légale.

Cette loi spéciale, présentée par l’opposition, requiert l’unanimité des votes et Khadir menace de la boycotter. Pour lui, le maire de Québec doit dévoiler le contenu de toutes les offres reçues privément pour la gestion du nouvel amphithéâtre.

Ce problème résulte du fait que le maire de Québec n’a pu obtenir une participation privée pour la construction de l’amphithéâtre qui se chiffre à 400 millions $. Tout sera financé par des fonds publics, soit 200 millions $ par le gouvernement du Québec et le reste par la ville de Québec. Ce sera le seul aréna de hockey professionnel qui ne sera pas construit par des promoteurs privés.

Dès les premiers jours de l’annonce de ce projet, je me suis opposé au principe d’un financement public pour un tel projet. J’estime qu’il pourrait devenir un « éléphant blanc ». La ville de Québec n’a pas le bassin de population ni le nombre d’entreprises privées importantes suffisamment riches pour financer une telle entreprise de hockey professionnel. Elle a déjà eu une équipe dans le passé « Les Nordiques de Québec », mais elle l’a perdue, faute de fonds.

Aujourd’hui, alors que le coût d’un billet à chaque match approche les 200 $ et que celui de la finale de la coupe Stanley, qui débute cette semaine, coûte en moyenne 1,900 $, on peut imaginer que Québec, une ville de fonctionnaires, aura de la difficulté à remplir les gradins pour chaque joute. Par conséquent, pourra-t-elle rencontrer les deux bouts d’une telle opération financière ? Si Khadir réussi à arrêter le projet, comme le prédit le maire si la loi n’est pas votée, il rendra peut être un bon service aux payeurs de taxes de la capitale. Sur-le-champ, la majorité lui reprochera son geste, mais un jour, elle reconnaîtra qu’il lui aura rendu un fier service en arrêtant cette folie des grandeurs du maire.

Un aspect intéressant, à ce moment-ci de la conjoncture politique au Québec, est la nouvelle stratégie du Parti Québécois (PQ) envers Québec Solidaire. Suite à l’élection de 2008, le PQ voyait dans le QS un allié séparatiste. Il applaudissait sa venue. Mais, avec le temps, la popularité de Khadir croît sans cesse. Le PQ, encore ébranlé par la récente victoire surprise du NDP et la disparition soudaine du Bloc Québécois à l’élection fédérale, voit dans le QS un danger similaire. Il craint que les électeurs insatisfaits diviseront leurs votes entre le PQ et le QS et que cela favorisera les candidats libéraux qui se faufileront entre leurs adversaires pour gagner leur comté respectif et permettre au parti libéral de se maintenir au pouvoir.

Le PQ a donc entrepris de salir Khadir et le QS, car il les voit dorénavant comme des ennemis politiques. Une campagne de dénigrement a été entreprise par le parti. C’est Pauline Marois, la chef du PQ, qui en a donné le signal de départ en traitant la position de Khadir de « niaiseuse ». Les auteurs du site indépendantiste Vigile ne cesse depuis quelques jours d’attaquer la personne de Khadir et de le banaliser. Plusieurs animateurs de radio, péquistes camouflés, le ridiculisent. Ce n’est pas beau et ce n’est que le début.

Nous avons 125 députés à Québec et le seul qui fait les manchettes sur des sujets importants, mais avouons-le souventes fois forts discutables, c’est Amir Khadir. Même si on ne partage pas ses opinions, ses politiques et ses prises de position, il faut reconnaitre que c’est avec intelligence, conviction et efficacité qu’il avance ses idées d’opposition. J’aimerais bien qu’il se trouve d’autres députés comme lui sur les bancs de l’autre côté de la chambre. La politique deviendrait beaucoup plus intéressante et les débats plus vrais et nombreux.

Du choc des idées jaillit la lumière !

Claude Dupras