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dimanche 2 août 2015

La radicalisation des péquistes



Depuis la venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent qu’autrement dans la mauvaise direction. 
PKP, devenu, en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions de toutes sortes.
Pour les séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les fédéralistes « ne parviendront qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche, milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le meilleur intérêt de la nation. 
Et si un péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants, il est aussitôt qualifié de « sournois » comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente « le plus grand espoir depuis les années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce n’est pas peu dire si on pense à Lesage, Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre des Ressources naturelles ; Alexandre Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes » qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ». « Ils font le jeu des fédéralistes… ».
 « D’autres plaident la nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures idéologiques revanchardes… » 
« Tout à leurs petits calculs personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… qui tentent de forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument marteau : « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les questions.
C’est ce que dénonçait le jeune étudiant et militant Gabriel Nadeau-Dubois en qualifiant « une certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ». Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des mots de son texte comme « militantisme sectaire et fielleux », « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes nous voient encore comme des moutons ! 
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure. En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit, pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires, journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides, démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les Québécois.


Claude Dupras
 




 

lundi 6 juillet 2015

Quand PKP humilie le PQ !

Depuis sa fondation, le Parti Québécois a toujours eu à sa tête un chef cultivé qui savait faire la part des choses. De René Lévesque à Pauline Marois, ces chefs ont toujours tenu un discours aux arguments responsables, très souvent convaincants, même durs parfois mais toujours respectueux. Ils ont quelques fois élevé la voix d’exaspération mais toujours de façon à point et polie. Et j’inclus dans ceux-là, les propos de Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995 lorsque le OUI l’avait perdu par quelques dizaines de milliers de votes seulement. Ses propos ont été bien critiqués mais, à mon point de vue, ils correspondaient à la réalité. On en a fait un plat, mais la réalité était évidente. Il ne méritait pas, à mon point de vue les nombreuses critiques qui l’ont affligé.

Aujourd’hui, le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau semble être d’une autre catégorie que ses prédécesseurs. Il est comme un jeune boxeur inexpérimenté qui donne des coups de poing à gauche et à droite sans vraiment frapper au bon endroit tout en en recevant des coups durs constamment sur la tête. Il ne fait pas la part des choses. Pour lui, ceux qui se trouvent à ses côtés sont bons et ceux qui sont devant lui ne sont que des êtres sur lesquels il faut frapper sans cesse, même au bas de la ceinture. Et pourquoi ? Simplement parce qu’ils bloquent le chemin qui mène à son idéal. Il faut qu’il déblaye. Une approche d’homme d’affaires sans scrupule qui est prêt à tout pour grossir ses profits, ses entreprises et ses avoirs. Un genre de rouleau-compresseur. Au diable les manières, ce qui compte c’est le résultat !
Ses apôtres le voient comme un seigneur, une légende, presque le messie. Ils en sont obnubilés. Avec lui c’est sûr que l’idéal sera atteint et la fin justifie les moyens. Quelques soient les bêtises ou les positions abracadabrantes qu’il affirme, écrit et répète même si elles dépassent les normes de la politesse, du bon sens, du respect des faits, de l’autre, des élus, ils les acceptent comme des données de la bible et les défendent sur la place publique. Parmi ceux-là, il y a l'ex PM Bernard Landry qui a toujours tenu un message mesuré dans ses discours comme chef de l'État du Québec. Aujourd'hui, il se veut le premier supporteur de PKP et oublie ses principes passés pour défendre l'indéfendable. D'autres, dans leurs écritures, mettent de côté toutes leurs formes passées, leurs raisonnements balancés. Au diable la logique traditionnelle, on en invente une autre dédiée exclusivement à la nouvelle approche. On frappe dans le tas ! Ne vous inquiétez pas, ça va rapporter…  le chef n’est-il pas milliardaire. On ne répond plus à personne car tout le monde est vendu à l’adversaire. Particulièrement les journalistes qui ont vendu leur âme aux Desmarais !
Oui, il s’en prend aux membres de la famille du défunt Paul Desmarais, l’extraordinaire homme d’affaires qui a réussi mieux que tout autre et qui a toujours cru que l’intérêt des francophones québécois était d’être activement présents dans les affaires du monde. Il a été un exemple unique d’intelligence des affaires qui a tellement manqué à nos compatriotes du passé. Parti de rien, il est devenu l’homme le plus riche du Canada et un leader mondial des affaires. Malgré cela, PKP critique sa famille, la barbouille, invente des histoires malencontreuses sur son compte et encore… Pourquoi ? Simplement parce que Paul était fédéraliste, qu’il croyait dans le Canada, qu’il y voyait un potentiel extraordinaire pour tous ses compatriotes francophones et savait mieux que tous que la nouvelle garde, les jeunes qui l’ont suivi, était mieux éduquée, prête à faire face au challenge difficile de la vie économique québécoise et canadienne et à y trouver la place qui lui revient. Et cela s’est réalisé et ça continue de plus en plus fort…
Comme chef du Parti Québécois PKP a décidé que son parti prendrait le leadership des attaques anti-famille Desmarais, pour la simple raison que la famille est propriétaire de grands journaux au Québec, dont La Presse, et que Paul Desmarais a toujours indiqué que la ligne éditoriale de ses journaux soit fédéraliste. Quant à ses journalistes, qui sont tous de haute qualité, ils ont la liberté d’écrire leurs articles sans interventions des propriétaires. Mais PKP ne les aime pas, particulièrement ceux qui traitent de lui et de sa conjointe Julie Snyder.  
Pierre Péladeau, le père de PKP, était un autre du même genre. Il a réussi à bâtir un empire d’imprimeries et de journaux qu’il a laissé à ses enfants à son décès. Différent de Desmarais, il était indépendantiste. Mais il n’insultait pas les gens si leur approche politique était différente de la sienne. Je le sais, car je l’ai connu puisqu’il m’a confié la réalisation totale des bâtiments, bureaux et imprimerie du Journal de Montréal de la rue Frontenac à Montréal.
Il est temps que Pierre-Karl Péladeau se ressaisisse s’il veut connaître un succès politique. Au rythme actuel, il va, à mon avis, directement et sans détour vers l’abime. Son attitude, sa façon de faire, ses mots, son indifférence face aux journalistes, son refus de répondre à leurs questions en se cachant derrière sa page Facebook et ses conflits d’intérêts ne l’aident pas et tout augure mal. Ah! Il peut obtenir des sursauts momentanés dans les sondages, mais à long terme, je n’y vois que le déclin car il est vraiment une bombe à retardement, selon l’évaluation d’un de ses propres députés et ex-ministre. Plusieurs membres du PQ souffrent de la situation actuelle et se disent humiliés par la tournure des évènements.
Pourtant, PKP est un gars intelligent, différent, bien éduqué et qui a une expérience d’affaires assez rare chez un homme politique québécois. Il peut rehausser le débat politique et faire sa marque.  J’espère qu’il le fera… et sortira du tourbillon de sottises dans lequel il s’est engagé.   

Claude Dupras 

mardi 26 mai 2015

Duplessis (2) : Mackenzie King et Louis Stephen Saint-Laurent

King est réélu 

Le jour de l’élection fédérale de 1945, les Libéraux remportent 122 sièges, une grande victoire pour King.  La représentation libérale du Québec à Ottawa comptera 46 députés, dont Louis Stephen Saint-Laurent, Jean Lesage, Georges-Émile Lapalme, Sarto Fournier. Il y aura aussi 7 libéraux indépendants. Le Bloc Populaire canadien fait élire 2 députés dont son chef Maxime Raymond. Il y a 7 indépendants. Fred Rose est le seul député du parti communiste. Les progressistes-conservateurs n’ont aucune représentation au Québec. Ce fut une victoire surprenante au Québec pour King car, à la fin de 1944, il avait décidé finalement d’avoir recours à la conscription  obligatoire malgré sa promesse du début de la guerre. Heureusement pour lui, cette dernière pris fin quelques mois plus tard alors que seulement 2 500 conscrits avaient été envoyés au front sur les 16 000 enrôlés de force.
Le deuxième mandat de l’Union Nationale de Maurice Duplessis prend fin. La prochaine élection est prévue pour le 28 juillet 1948. Adélard Godbout est de nouveau à la tête des Libéraux.
Selon une tradition en devenir, Duplessis lance sa campagne à Trois-Rivières où Duplessis résume ses réalisations : création de l’Office de l’électrification rurale et du Département des Ressources naturelles, refus de renouveler l’entente fédérale-provinciale sur le droit de taxation sur le revenu (cédé par Godbout en 1945), ouverture du Grand Nord québécois et lancement de l’exploitation minière de l’Ungava, création du ministère du Bien-être social et de la Jeunesse, prise de possession par l’Hydro-Québec de la Montreal Light Heat and Power, loi visant la réhabilitation des jeunes délinquants, loi établissant le crédit urbain à l’habitation, loi abolissant les appels au conseil privé de Londres.
Et, Duplessis est également très fier d’avoir fait adopter le Fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec.
Il parle de ses réalisations dont les nombreuses routes qu’il a ouvertes et pavées, les nouvelles universités, les 1,500 nouvelles écoles; les écoles d’agriculture, de médecine vétérinaire, de l’automobile, du meuble, des mines, des pêcheries, du commerce, des arts graphiques et de papeterie; d’innombrables hôpitaux, des centaines de sanatoriums contre la tuberculose; de l’augmentation du pourcentage d’habitations rurales électrifiées, de la croissance de l’économie et de la dette publique qui a été substantiellement réduite. Il estime préférable que la province n’ait pas trop de dettes si elle veut combattre les politiques centralisatrices du fédéral et résister à ses pressions. Finalement, il s’affiche comme le grand défenseur de l’autonomie provinciale dans le respect de la constitution canadienne, face à l’ogre fédéral qui veut s’emparer de tout.
La Loi sur la citoyenneté canadienne précisant qu’elle est distincte de la citoyenneté britannique prend effet. Par ailleurs Fred Rose, le député communiste de Montréal-Cartier, est expulsé de la Chambre des Communes à la suite de sa condamnation pour espionnage en faveur de l’Union Soviétique. 
Au Canada, Mackenzie King sait que le temps est venu de démissionner, après 21 ans et 6 mois à la tête du pays. C’est un moment qu’il a prévu depuis le jour où il a invité le renommé avocat de Québec Louis Stephen Saint-Laurent, alors âgé de 60 ans, à briguer les suffrages en 1942 pour remplacer Ernest Lapointe, son lieutenant du Québec, tout juste décédé.
Avec sa logique rationnelle, sa connaissance profonde des lois et son dédain pour les intrigues politiques, Saint-Laurent s’attire le respect de King et même de l’opposition. Il aide le premier ministre à bien traverser la crise sur la conscription, collabore à l’établissement des Nations-Unies, s’assure que le Canada joue un rôle indépendant de la Grande-Bretagne et du Commonwealth et place le Canada dans un rôle d’intermédiaire dans les affaires internationales. En 1948, il planifie prendre sa retraite, prévue depuis longtemps, lorsque King lui annonce qu’il veut démissionner et le persuade d’être candidat à la chefferie du parti libéral, lors du congrès du mois d’août, pour le remplacer.
Élu, Louis Stephen Saint-Laurent devient Premier Ministre du Canada, le 15 novembre 1948. Il est le deuxième Canadien français dans l’histoire du pays à remplir ce poste.
Depuis qu’il est premier ministre du Canada, Saint-Laurent s’occupe particulièrement, suite à la guerre, à donner au pays un rôle de plus en plus grand sur le plan international. Il appuie la politique américaine pour la guerre de Corée et y envoie des troupes. Contrairement à la réticence de King à joindre une alliance militaire, Saint-Laurent rallie le Canada à l’OTAN. Il est parmi les plus ardents supporteurs du premier ministre anglais Clement Atlee pour transformer le Commonwealth britannique d’un club de dominions blancs à un partenariat multiracial et ceci contre le gré d’une majorité des autres chefs blancs. Il propose que le roi Georges VI devienne la tête du Commonwealth afin de maintenir une association internationale avec l’Inde, en devenir d’être une république indépendante. Pour continuer dans la veine de ces décisions fondamentales pour l’avenir du Canada, Saint-Laurent recherche une légitimité électorale et appelle aux urnes les Canadiens pour une élection générale le 27 juin 1949.
Le soir des élections, Saint-Laurent remporte une victoire éclatante avec 190 sièges contre 41 pour George Drew, 13 pour le CCF, 10 pour le Crédit Social de Solon Low de l’ouest et 4 indépendants. Les progressistes-conservateurs demeurent dans l’opposition et Drew sera le chef de l’opposition officielle. Au Québec, les libéraux font élire 68 députés dont Jean Lesage, Georges-Émile Lapalme, Sarto Fournier et Gaspard Fauteux. Quant à eux, les conservateurs ont deux députés, Léon Balcer dans Trois-Rivières et Henri Courtemanche dans Labelle. Trois indépendants sont élus dont Camilien Houde dans Papineau.
Ailleurs, Adrien Arcand, le fasciste qui s’était déclaré le führer canadien dans les années ’30 et 40 alors qu’il menait un mouvement d’extrême-droite, obtient 29 % des votes dans le comté de Richelieu-Verchères. Comment expliquer que les Canadiens français votent ainsi après le désastre mondial causé par les nazis ?   

Le thème principal des discours et le cheval de bataille de Duplessis sont l’autonomie provinciale. Depuis que sa demande de récupérer l’assurance-chômage et les impôts directs a été rabrouée par Ottawa (position appuyée par Londres), il ne manque jamais une occasion pour souligner « l’espoir qu’il serait possible d’en arriver à une entente fédérale-provinciale capable d’assurer à chaque gouvernement une répartition équitable et appropriée des pouvoirs financiers et fiscaux ». En 1947, le cabinet des ministres décrète un impôt sur le revenu des corporations. Il dénonce le gouvernement centralisateur d’Ottawa qui agit dans les domaines de compétence provinciale. En 1951, il refuse les subventions du fédéral aux universités du Québec afin de l’empêcher d’intervenir dans le domaine de l’éducation.
De nouvelles élections provinciales sont déclenchées pour le 16 juillet 1952 et l’Union Nationale dévoile son slogan: « Laissons Duplessis continuer son œuvre ». Fidèle à sa coutume, l’Union Nationale ne présente pas de programme politique officiel. En plus du sujet de l’autonomie, Duplessis parle des thèmes qui démontrent ses préoccupations : hôpitaux, développement industriel, lois sociales, routes, logements etc… et promet d’y travailler. Il aime le traditionalisme, glorifie l’agriculture, la famille, l’épargne et l’entreprise privée. Il n’aime pas le communisme car il le voit comme athée et opposé à l’effort individuel et au sens d’entreprise qu’il reconnaît chez les Canadiens français. Duplessis aime souligner les réalisations de l’Union Nationale : le crédit agricole, l’électrification rurale à 98%, l’assistance sociale, les subventions et la construction d’innombrables hôpitaux, de sanatoriums, la création du ministère du Bien-être social et de la Jeunesse, les milliers d’écoles élémentaires et supérieures (une nouvelle école par jour en moyenne depuis sa venue au pouvoir), les universités avec l’accent sur les facultés des Sciences et le génie, les centaines de ponts, les 9,000 kilomètres de chemins pavés à ce jour et le développement minier du Nouveau-Québec. Il ne parle pas évidemment du patronage aux amis du parti mais souligne l’avantage pour les électeurs de « voter du bon bord » dans leur comté. Si l’art oratoire est la faculté de convaincre, Duplessis est un bon orateur.
En 1953, Duplessis forme une commission d’enquête sur les problèmes constitutionnels, sous la présidence du juge en chef Thomas Tremblay, en rappelant : « ..la province de Québec était la première province du Canada, peuplée par les pionniers du Canada. Si vous croyez que nous avons été un obstacle au progrès, nous sommes prêts à nous retirer. La province de Québec est capable de vivre et de se suffire à elle-même ». A Saint-Laurent qui réplique en attaquant férocement le gouvernement du Québec, Duplessis souligne « qu’aucun politicien anglais n’a osé affirmer que le Québec n’était pas différent du reste du Canada. Il a fallu un compatriote pour le dire ! Affiliation : jamais ! Abdication des droits fondamentaux : jamais ! Substitution des subsides fédéraux aux pouvoirs essentiels de taxation : jamais, jamais ! Contrôle direct ou indirect d’Ottawa sur nos écoles : jamais ! Sur nos universités : jamais ! Sur notre enseignement secondaire : jamais ! ». La bataille n’est pas facile car les universités ont un grand besoin d’argent. Mais il résiste. C’est la même situation dans d’autres domaines comme celui du réseau routier.

Au Québec, les emplois sont stables, la semaine de travail est maintenant de 40 heures et les vacances sont payées. Le domaine des pâtes et papiers croît rapidement et cela favorise l’économie des régions où se trouvent ces industries. On dénombre une moyenne de 100 000 naissances par an et grâce à l’amélioration des services médicaux, bien gérés par les communautés religieuses, le taux de mortalité infantile diminue appréciablement. Les immigrants sont nombreux et viennent de l’Europe occidentale mais cela ne change pas le pourcentage de Canadiens français qui demeure à 80 %. L’agriculture connaît une formidable modernisation et un essor remarquable grâce aux lois de Duplessis sur l’électrification rurale et l’Office des marchés agricoles. En quatre ans, la télévision est présente dans plus de la moitié des foyers. Le secteur automobile touche des sommets jamais atteints.
Tout est beau au Québec, sauf si on le compare à l’Ontario. Là, les salaires sont supérieurs de 27 %, les services publics et le réseau électrique mieux gérés, le nombre d’écoles plus élevé, le système de santé nettement mieux équipé. La raison : des ressources financières plus vastes. Plus tard la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme fera état, entre autres, de salaires moindres chez les gens qui maîtrisent deux langues comme au Québec au lieu d’une comme en Ontario.
 
suite: Duplessis (3): les antiduplessistes....  à venir

vendredi 24 avril 2015

La culpabilité par amalgames !

On lit de plus en plus, particulièrement dans les textes de blogueurs et de chroniqueurs anti-Couillard, des arguments qui découlent de faux syllogismes. Ils cherchent à l’associer abusivement à des personnes, des groupes ou des actions de nature différente pour le dénigrer et l’accuser de tous les péchés d’Israël. Ils jouent avec des raisonnements basés sur des propositions de valeurs différentes, qu’elles soient vraies ou fausses, et déduisent des conclusions qui semblent logiques et cohérentes. Mais, ces dernières sont rarement vraies ou exactes, car l’une ou l’autre des propositions est généralement fausse ou mal appropriée. Ils ne respectent pas les règles de la logique, du bon sens et ne considèrent pas leurs lecteurs avec respect. Pourtant, ce ne sont pas des écrivassiers car ils écrivent bien, mais ils manquent de rigueur.

Une telle logique fallacieuse est malhonnête. Elle peut paraître rigoureuse mais n’est pas, en fait, valide. De plus, la répétition de tels sophismes les rend sources de rumeurs, de propagande et même de lavage de cerveau. Ce qui empire la situation.
Ainsi la société Hydro-Québec qui appartient à l’État est dirigée par un conseil d’administration. En 2004, l’importante Corporation Power, celle créée par le défunt Paul Desmarais (un grand fédéraliste) et maintenant dirigée par ses fils, « les Desmarais », a vu un de ses meilleurs vice-présidents, Michel Plessis-Bélair, nommé au conseil d’administration de l'HQ. Il y est resté jusqu’au 11 novembre 2014. Pour les péquistes, Paul Desmarais était le principal ennemi de leur parti. C’est pour ça qu’ils ont inventé la sornette, répétée à satiété, à l’effet que Plessis-Bélair était en « conflit d’intérêt » puisqu’il influençait, à leur dire, les décisions du conseil en faveur des intérêts futurs de Power.  
Leur imagination fertile les amena à dire que Power vise la privatisation de l’HQ afin de pouvoir l’acheter et cela au détriment de l’intérêt public. En réalité, Plessis-Bélair, administrateur chevronné avec une longue carrière professionnelle, a été du genre d’administrateur soucieux, compétent et honnête qu’une société importante comme Hydro-Québec doit avoir. Il n’a jamais été sérieusement question de la privatiser. De toute façon, tous savent que les Québécois rejetteraient une telle proposition avec fureur.  
Je fus fort surpris et désappointé lorsque Pierre-Karl Péladeau, le candidat favori dans la présente campagne au leadership du Parti Québécois, a repris à son compte, pour des fins politiques, ce type d’argument biaisé. Il affirma publiquement « La principale occupation de Michel Plessis-Bélair est d'être un très haut dirigeant de Power Corporation... Il y a là un véritable et problématique conflit d'intérêts ». En plus, il attaqua publiquement et directement la famille Desmarais en laissant entendre qu’elle veut influencer la politique énergétique du Québec en faveur de Power. Un coup bas et disgracieux. Je fus étonné que PKP se laisse ainsi influencer par les créateurs d’amalgames, d’autant plus qu’il connait mieux la vérité que quiconque puisqu’il a été président du conseil d’administration de l’HQ. Et, surprise! Le jour où PKP a fait sa déclaration, le rôle de Plessis-Bélair comme administrateur de l’HQ était déjà terminé et il avait quitté son siège. Un vrai « strike-out ». 
Il en est de même dans le domaine privé. Témoins des bonnes relations d’affaires et sociales des Desmarais avec certains dirigeants du Mouvement Coopératif Desjardins, les péquistes y voient la conclusion que Power espère que ce dernier devienne une banque selon la loi canadienne afin de pouvoir, par la suite, mettre la main dessus. Si ce n’est pas un procès d’intention sur la base d’association d’individus, c’est quoi ?
Ces faux syllogismes sont malhonnêtement fabriqués pour dénoncer les Desmarais afin de stimuler la révolte des Québécois contre ses amis fédéralistes. Aucune preuve, aucun fait réel, rien… seuls des amalgames.
Les séparatistes ont une approche similaire dans le débat sur l’exploitation du gaz de schiste et le transport par oléoducs du pétrole de l’ouest canadien. Ils se justifient en citant comme exemple le projet américain Keystone XL sans expliquer que ce projet a été temporairement arrêté par le président Obama pour des raisons particulières et totalement différentes.
Depuis son élection au poste de PM du Québec, Philippe Couillard est devenu la principale victime de cette stratégie politique malhonnête. Les accusations sont devenues tellement nombreuses et ridicules qu’il s’est révolté à l’Assemblée Nationale et s’est écrié « ça suffit, la preuve par amalgames ».
Encore aujourd’hui, sur le site Vigile des séparatistes, on mijote et amplifie des arguments pour détruire la réputation du PM. Cette fois, cela a rapport avec le conseil d’administration de la compagnie Amorfix Life Sciences, présidé par Philippe Couillard avant son retour en politique. Un des membres du conseil d’administration était un dénommé Hans Peter Black. Ce dernier est actuellement soupçonné de fraudes au Québec et au New Hampshire via une de ses compagnies personnelles de placements, qui n’a aucun rapport avec Amorfix. À l’Assemblée nationale, Couillard a nié fortement toute les insinuations vitement montées en épingle par les péquistes contre lui dans ce dossier.
Nonobstant ce démenti solennel devant tous les députés et la population du Québec, ils accentuent leurs attaques. Ils en sont rendus à affirmer qu’Amorfix était sous le contrôle de Black et que Couillard ne protégeait pas sciemment les intérêts des actionnaires d’Amorfix.
En plus, dans un autre dossier, ils associent Couillard au personnage bahamien Porter, ex dirigeant de l’hôpital Victoria, pris dans un scandale de pot-de vins lors de la construction d’un nouvel hôpital. La preuve de la culpabilité de Couillard : lui et Porter siégeaient, jadis, ensemble sur des conseils d’administration du gouvernement fédéral et de compagnies privées et ont participé à un même voyage de pêche. Voici leur raisonnement, Porter est un voleur, un tricheur et un espiègle, donc Couillard, qui s’est tenu avec lui, occasionnellement, est de la même espèce. Sans rougir, ces petits politiciens le déclarent coupable par association et exigent son départ, affirmant hautement qu’il n’est pas digne d’être le PM du Québec.
Le vrai problème des séparatistes québécois est que leur argumentation viciée et vicieuse ne cesse de les plonger dans les limbes de la popularité. Le nombre de membres inscrits au Parti Québécois (PQ) l’indique bien. Ils sont aujourd’hui 70 000 inscrits, soit la moitié d’il y a à peine 10 ans et cela malgré l’impact journalistique et publicitaire de la campagne au leadership de leur parti en cours. Pire, le sondage d’opinion publique d’hier indique une descente du parti avec Péladeau comme chef. Le Parti Libéral reste en tête malgré l’intense mauvaise publicité à son égard suite aux coupures draconiennes qu’il a entreprises dans les budgets de tous les ministères pour atteindre l’équilibre fiscal.  
Leur discours de « nous sommes dominés par les anglais » ne colle plus et en désespoir de cause, tout comme ils ont fait durant la dernière campagne électorale, ils accentuent leur campagne de dénigrement contre le PM Couillard. Ne trouvant pas d’arguments réels, ils en inventent à des fins polémiques sur la base d’amalgames avec des individus à la réputation contestée, des textes biaisés ou des situations inventées.
Ils en sont rendus à vouloir faire du vrai avec du faux. Ils sont devenus les champions de faux syllogismes.
Claude Dupras

dimanche 29 mars 2015

Les manifestations illégales de Montréal: il est temps que ça change !

Les manifestations du printemps érable de 2012 furent mémorables. Ces mouvements de masse avaient été organisés pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité décrétée par le gouvernement libéral du PM Jean Charest. Il est vite devenu évident que le but caché de plusieurs des meneurs de claques de ces manifestations était en réalité de renverser le gouvernement libéral de Jean Charest. Les partis politiques d’opposition, particulièrement le parti Québécois (PQ), profitèrent de la situation en appuyant les manifestants pour les encourager à continuer ce grand dérangement. Le bruit généré fit le tour de la planète.

Jean Charest fut défait de peu à l’élection de 2014 et le PQ devint le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Un des jeunes leaders des manifestions fut élu député péquiste. Moins de deux ans plus tard, les libéraux revinrent au pouvoir en force avec une victoire mémorable qui écrasa littéralement le PQ et son jeune député contestataire dont la popularité s’avéra éphémère. Ces derniers venaient de comprendre que c’est le long terme qui est important pour les Québécois.
Aujourd’hui, de nouvelles manifestations anti-gouvernement-libéral reprennent. Certains chefs-étudiants actuels, (si on peut les appeler des chefs), plus à gauche, se disent justifiés de réagir contre les coupures budgétaires imposées par le gouvernement Couillard pour éliminer les déficits annuels qui augmentent exagérément, sans cesse, la dette des Québécois.
Il est clair que le Québec ne peut continuer ainsi et il est temps qu’il réévalue et réoriente ses dépenses. Les coupures sont qualifiées par les contestataires de « régime d’austérité » alors qu’elles n’en sont pas. Les chefs-étudiants comprennent aussi qu’en définitive ce seront les générations futures qui profiteront de ces serrements des dépenses et que la leur sera la première à en profiter. Évidemment, ils évitent d’en parler car leur but premier est de manifester contre le gouvernement. Pour réussir, ils ont bien compris que le sujet de « l’austérité », seul, ne sera pas suffisant pour motiver un grand nombre de personnes à se rallier à leur projet. Il fallait autre chose. Voilà la raison pour laquelle ils ont ajouté un deuxième thème, les hydrocarbures : de l’exploitation des sables bitumineux à la distribution du pétrole par oléoducs au gaz de schiste. Et oups ! Encore hier, ils viennent d’ajouter le racisme dans leur cahier de doléances, comme quoi ils ont des difficultés à rassembler tout le monde qu’ils espéraient et que c’est bien le gouvernement qu’il conteste.
Manifester est un geste démocratique. La liberté de se regrouper est un droit qui se doit d’être respecté. Les règlements municipaux aussi doivent être obéis. En 2012, ils existaient à peine. Depuis, le conseil de la ville a réagi. Pour être légale, toute manifestation doit répondre aux règlements afin que les autorités municipales puissent la justifier, l’autoriser et la céduler. Le modèle a été la ville de Paris, capitale des manifestations, qui va encore plus loin. Là-bas, elles sont le sujet d’une déclaration au préalable indiquant le but, le lieu, la date, l’heure du rassemblement et l’itinéraire projeté qui est remise aux autorités qui peuvent demander aux organisateurs des modifications de parcours ou d’horaire ou encore d’interdire si elles la jugent de nature à troubler l’ordre public. Là, une manifestation interdite est un délit punissable par la loi. Il est temps que Montréal fasse de même, que la maturité politique s’installe dans notre société, que les organisateurs démontrent un esprit civique et que ça change. Ainsi tout le monde sera heureux.  
Les récentes manifestations étudiantes ont débuté il y a deux semaines et depuis elles ont toutes été déclarées illégales par la police de Montréal. Les chefs-étudiants refusent de se soumettre aux règlements et se justifient en disant que tout est affiché sur Facebook, ne démontrant ainsi aucun respect aux autorités municipales. Pour l’instant, celles-ci tolèrent et cherchent à guider les manifestants sur certain parcours. Les affrontements éclatent. Vivement provoqué, un policier a tiré à bout portant sur une étudiante, un autre a utilisé le poivre de Cayenne pour repousser des manifestants devenus trop agressifs. C’est grave, c’est choquant. Cela ne peut continuer. C’est à se demander s’il y a des casseurs parmi les contestataires ? La conséquence de ces incidents majeurs est que public et la presse ne discutent pas des buts visés par les manifestants. Tout devient un cafouillage.  
L’anarchie ne peut prendre place dans notre métropole. Les droits et les besoins de chaque Montréalais doivent être respectés. Nous nous devons de dénoncer le non-respect des lois et des règlements. Les dirigeants des maisons d’enseignements se doivent aussi d’assurer que leurs étudiants respectent leur institution et d’imposer des sanctions disciplinaires à ceux et à celles qui posent, à l’intérieur de leurs murs, des actes politiques, de vandalisme ou illégaux en préparation de manifestations, car c’est là que tout commence. De plus, le droit démocratique de ceux et celles qui refusent de participer se doit d'être reconnu.  
Il est aussi important que les journalistes, les commentateurs, les chroniqueurs, les blogueurs et autres n’attisent pas davantage la tension en se prononçant indûment pour une partie ou pour l’autre. Les reportages se doivent d’être objectifs si nous voulons tous pouvoir juger vraiment du déroulement de la situation, justifier ou s’opposer à cet acte collectif particulier car c’est la démocratie qui s’exprime. Il nous faut protéger les manifestants, mais il nous faut aussi protéger le public, notre ville et sa réputation.
« De nos temps, l’ampleur des manifestations nécessite des méthodes d’organisation élaborées et des techniques d’informations avancées pour éviter les écueils. Si elles sont bien réussies, elles atteindront leur but d’influer sur l’opinion, influenceront le pouvoir politique et contribueront ainsi à la naissance ou à la révision de politiques rencontrant les visées des revendicateurs ». Sinon, elles deviendront un élément de division dans notre société.

Claude Dupras

 

  

lundi 23 mars 2015

"Ce salopard de Couillard"

Je ne suis pas libéral et je n’ai jamais assisté à une réunion électorale de ce parti. Je n’ai rencontré qu’une seule fois le premier ministre québécois Philippe Couillard. C’était au début de la campagne électorale qui le porta au pouvoir avec une écrasante majorité. Ce jour-là, il était dans les Laurentides et sa caravane arrêtait dans un comté voisin. Je voulais l’écouter, le voir en personne, constater sa façon de réagir avec les électeurs, analyser ses réparties aux journalistes, avoir le feeling de ce candidat premier ministre.

J’ai bien aimé ce que j’ai vu et entendu. J’ai découvert un individu intelligent, racé, poli, convaincu et convaincant. Certes, il était en campagne électorale et j’ai fait suffisamment d’organisation électorale dans ma vie pour savoir que tous les candidats cherchent normalement à mettre ces qualités en évidence. Mais j’ai cru, ce jour-là, que Couillard était un homme vrai.
Je ne croyais vraiment pas à ce moment-là qu’il deviendrait PM car j’avais l’impression que Pauline Marois avait relativement accompli un bon boulot avec sa jeune équipe de ministres et qu’elle avait recruté une belle équipe de candidats aux curriculum vitae impressionnants. De plus, elle n’était au pouvoir que depuis 2 ans et j’avais l’impression que les électeurs lui accorderaient un autre mandat. Je n’avais cependant aucune intention de voter pour elle et son candidat dans mon comté à cause de la politique séparatiste de son parti, malgré qu’elle assurait constamment les Québécois qu’elle visait à leur offrir, avant tout, un bon gouvernement et se refusait de parler référendum.  

La campagne était relativement calme jusqu’au jour où elle présenta son candidat dans Saint-Jérôme, Pierre-Karl Péladeau (PKP), et qu’il leva le point durant son élocution avec le cri « je veux un pays ». Ce geste fait et ces mots prononcés devant la première ministre confirmaient les dires de Couillard que cette dernière voulait en réalité organiser un autre référendum.  Les péquistes venaient de perdre l’élection, car les Québécois voulaient avant tout parler des vrais problèmes. C’était clair !
Couillard gagna facilement, nomma son conseil des ministres et entreprit de réorienter le Québec dans une politique de bon sens. Il est temps que nous vivions selon nos moyens tout en ne mettant pas en péril ceux et celles qui ont besoin d’aide. C’est notre jeunesse qui demain en profitera.

Depuis deux ou trois mois, j’aime moins le premier ministre. Il défend mal ses politiques, coordonne peu le travail de ses ministres et ne pratique pas toujours ce qu’il dit.
Il n’est pas précis, inconfortable et agacé par des questions importantes de certains journalistes. Il semble incertain. Il laisse trainer les critiques, souventes fois injustifiées et insensées, contre certains de ses ministres.   

Non pas que je ne sois pas en accord avec ses politiques, le développement économique qu’il propose, son attitude ouverte et sa façon d’expliquer les situations politiques qui se présentent et son style calme et courtois à l’Assemblée nationale. Mais sa façon de gérer m’indispose, depuis un bon moment, et il y a plus d’un mois, je tweetais « il est temps qu’il se ressaisisse ». Le récent sondage, indique bien que mes préoccupations sont aussi celles d’un très grand nombre de mes compatriotes qui réclament comme toujours un chef solide avec une main de fer dans un gant de velours et c’est la raison pour laquelle, je pense, qu’ils montrent de plus en plus de préférence pour le chef de la CAQ, François Legault.
Cependant, je crois que nous devons, comme démocrates, toujours respecter, dans nos commentaires, le chef de notre état du Québec. L’on ne peut comme l’a fait aujourd’hui le site internet des séparatistes traiter le PM du Québec de « salopard ». Larousse dit « Individu sans scrupule qui agit envers autrui d'une façon ignoble ». Couillard est tout sauf ça.

La direction de ce site internet Vigile qui se dit le phare de ceux qui réclament l’indépendance du Québec, a décidé dès le début de supporter la candidature de PKP à la chefferie du PQ. Pour ce faire, elle rehausse PKP et diminue Couillard. Et non seulement ce dernier, mais aussi les adversaires de PKP : l’ex-ministre Alexande Cloutier, l’ex-ministre Martine Ouellette, Pierre Céré, et l’ex-ministre Bernard Drainville en les traitant de « petits ambitieux, rêveurs, utopistes, amateurs, fantaisistes, illusionnistes, carriéristes ou chauffards qui font le jeu des fédéralistes.. » et qui risquent « de démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à vouloir affronter PKP ». Elle continue..« ils sont des aspirants très déconnectés de la réalité… S’ils ont deux sous de jugeote, ils vont s’effacer et lui donner gracieusement la place ». Elle conclut « PKP s’impose comme l’homme de la Providence ». Mon Dieu Seigneur, ayez pitié de nous !
 
La direction de Vigile est depuis le début contre les débats. On la comprend mieux maintenant en constatant les gaffes répétées de son candidat.

En grand besoin d’arguments, comme l’indiquent les sondages qui les placent vers le bas de l’échelle des partis, ces gens s’accrochent à toutes les paroles du PM et cherchent à les déformer et à le salir. Ce matin, en lisant le terme de « salopard », j’ai été révolté et dégouté. Incapables de rallier l’opinion publique à leurs idées, trop souvent fabriquées de toutes pièces, ils optent pour le « salissage » du caractère de leurs adversaires et particulièrement du chef de notre gouvernement, pensant qu’en agissant ainsi ils réussiront à obtenir la confiance des Québécois et des Québécoises. Le contraire est vrai.  
Claude Dupras

 

 

 

 

samedi 21 février 2015

La campagne référendaire québécoise est lancée

Il faut le reconnaître, les séparatistes québécois ne sont pas des lâcheurs. Même après avoir subi une dégelée électorale, ils foncent à nouveau tête baissée vers leur objectif, sans tenir compte des erreurs qui leur ont fait si mal.

La principale fut d’avoir laissé entendre, en période électorale, qu’il y aurait un autre référendum pour séparer le Québec de l’ensemble Canadien. Le principal fauteur de cette erreur fut leur candidat-vedette, le milliardaire Pierre-Karl Péladeau (PKP), qui arriva sur scène le poing en l’air à la Lénine pour marquer avec force sa détermination séparatiste.

À ce moment-là, la campagne électorale du parti Québécois (PQ), qui se déroulait relativement bien, s’écroula subitement malgré l’excellente équipe de candidats que présentait la Première Ministre Pauline Marois. Le chat était sorti du sac. Marois ne put réaligner sa campagne, perdit l’élection, le pouvoir et démissionna.   
Aujourd’hui, au moment où se déroule la campagne à la chefferie du Parti Québécois (PQ), les sondages indiquent que 72% de la population votante n’est pas favorable à la séparation et que les jeunes de 18-24 ans, n’appuient pas le PQ, massivement.
PKP est candidat avec quatre autres dont les ex-ministres Bernard Drainville, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet et un outsider Pierre Céré.  Malgré tout, PKP demeure le grand favori avec près de 60% d’appuis qui comprennent principalement les péquistes à tête blanche car les jeunes ne sont pas au rendez-vous. 
Le récent sondage CROP au Québec place PKP devant Couillard, advenant une élection. Les séparatistes qui ont toujours qualifié les sondages CROP de « bidon » s’en régalent aujourd’hui.
Mais en même temps, PKP perd des plumes dans son parti à cause de sa moche campagne, teintée d’erreurs de comportement et de stratégie. La dernière, l’affirmation de la possibilité qu’advenant une victoire du PQ à la prochaine élection, son gouvernement pourrait déclarer unilatéralement l’indépendance, sans référendum. Aux Québec, les élections sont gagnées avec 35% à 42% du vote exprimé alors qu’un référendum exige 50% +1. Les péquistes expérimentés savent bien qu’une telle élection est un accro intolérable à la démocratie et qu’aucun gouvernement du monde ne la reconnaîtra.
PKP a démontré à l’annonce de sa candidature qu’il était un mauvais orateur. Depuis, il ne s’est pas amélioré et il ne s’aide pas, non plus, avec le contenu de ses discours. Au sein de son parti, les épaules de ses auditeurs se haussent de plus en plus. Ils sont surpris de son manque d’habilité à s’exprimer avec conviction. Au récent conseil national du PQ, tous attendaient son discours. Il ne fut pas à la hauteur de ce moment important. Un journaliste présent a écrit : « il a parlé comme un jeune étudiant qui ne s’est pas préparé pour son examen oral. L’assemblée ne lui a réservé que des applaudissements polis ». Ailleurs, dans sa tournée des comtés pour chercher des appuis, il se veut éducateur et historien. Il fait appel à un discours patriotique pour toucher le cœur sensible de ceux qui l’écoutent. Il rappelle la conquête anglaise de la Nouvelle-France en oubliant le peu de support accordé par les rois de France à la colonie. Il souligne aussi les rébellions des patriotes de 1836-38 contre la milice britannique, les tensions politiques de l’époque et la proposition de Lord Durham pour assujettir les francophones à la domination vigoureuse d’une majorité anglaise afin de les assimiler. En somme, il cherche à rappeler certaines actions passées des anglais afin qu’aujourd’hui, pour creuser un fossé entre les anglophones et nous, nos compatriotes se révoltent contre les anglophones du gouvernement canadien actuel. En fait, cela est partie de notre histoire et n’a rien à voir avec 2015. Grâce à leur solidarité, nos pères ne se sont pas laissés faire et ont riposté en agissant pour que nous devenions ce que nous sommes. Un peuple fier, fort et autonome dans un grand pays indépendant qu’est le nôtre, le Canada.
Et il y a l’incident de Rouyn-Noranda. En tournée de campagne, il assista en fin de soirée à un concert de chansons anglaises donné par des artistes francophones du groupe pop montréalais Groenland. Soudainement, à la surprise de tous, il cria du fond de la salle « en français ». Le lendemain, sans excuse, il déclara « je suis un défenseur de la langue française », persista dans sa position et signa. Son porte-parole, insista pour dire que PKP n’était pas ivre et justifia sa bévue comme étant normale après une journée de cabale bien remplie. Ouais !
 
Ces situations surprenantes démontrent une stratégie revancharde, irrespectueuse et déplacée. Le moins que l’on puisse dire, c’est une approche mesquine envers les anglophones du Québec.
À cause de PKP, les rapports journalistiques des rencontres de candidats à la chefferie portent surtout sur la séparation du Québec. C’est devenu une enchère entre eux pour déterminer lequel a la meilleure façon d’aborder cette question. Pendant ce temps, heureux de la tournure des évènements, le PM Philippe Couillard se frotte les mains car il connaît le pouls de la population et sait qu’elle ne veut rien savoir d’un nouveau référendum.   
À la dernière assemblée générale du PQ, les dirigeants ont hésité à faire adopter des résolutions politiques expliquant que le nouveau chef devait imprimer sa marque sur le programme. Donc, ce que propose et dit PKP, qui deviendra vraisemblablement le chef, sera le prochain programme du PQ. Quelle différence avec le PQ d’hier dont les membres savaient se tenir debout. Certains, dont Jacques Parizeau,  ont même quitté la salle en protestation contre des éléments du discours de René Lévesque qui présidait la réunion. Ils l’ont humilié pour faire valoir leurs opinions.
Aujourd’hui, aveuglement, les péquistes suivent le joueur de flute PKP même si, malgré ses réussites impressionnantes en affaires, il ne démontre absolument pas, à ce jour, des qualités de chef d’État. Tellement désespérés de reprendre le pouvoir, ils mettent tous leurs œufs dans le même panier malgré son manque d’expérience politique. Il ne faudrait pas qu’il trébuche car, comme Perrette, ils diront  « adieu veau, vache, cochon, couvée…. ». Le rêve s’évanouira en un instant. Pourtant, ils ont d’autres bons candidats qui montrent de telles qualités comme le jeune Alexandre Cloutier qui, à 37 ans, a le même âge que Robert Bourassa lorsqu’il devint premier ministre.  
Les campagnes référendaires du passé dirigées par René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard étaient basées sur des arguments sérieux qui découlaient de conflits et de débats importants avec le gouvernement fédéral tels les accords du lac Meech et de Charlottetown, de commissions gouvernementales nationales et québécoises, d’états-généraux de la nation et de toute une série d’autres de même nature issus des niveaux nationaux et provinciaux. Y participaient pour les péquistes, des individus de la trempe des René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Jacques-Yvan Morin, Camille Laurin, Denis Lazure, Marc-André Bédard, Jean Garon, Yves Bérubé, Claude Charron, Lise Payette, Pierre Marc Johnson, Gérald Godin, Rodrigue Biron, Yves Duhaime, Denis Vaugeois, Denis de Belleval et des dizaines d’autres. Aujourd’hui, rares sont les individus de cette trempe dans le PQ.
Pour les remplacer, PKP veut créer « un think tank sur la séparation » dont il choisira évidemment les membres. Ils seront sûrement séparatistes puisque les conclusions devront aller dans le sens qu’il recherche. Elles seront contestées pour cette raison car les Québécois se méfieront d’un tel organisme.
Les fédéralistes de leur côté ne sont pas en reste non plus. Ils n’auront pas de Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Paul Martin sur le plan fédéral, mais Stephen Harper et ses conservateurs, s’ils sont encore au pouvoir. Pas fort pour défendre le système fédéral dans un référendum québécois.
Pauvres Québécois ! Il me semble que nous avons donné souventes  fois nos opinions sur la question de la séparation du Québec et que les sondages scientifiques démontrent qu’elles n’ont pas changé. Nous avons tellement d’autres problèmes importants à régler, pourquoi devons-nous nous faire rabâcher les oreilles avec les mêmes rengaines. Assez, c’est assez ! Non ?
La meilleure situation pour le PQ serait que PKP ne gagne pas. Les raisons sont celles de son écrasante défaite à la dernière élection qui a permis au parti Libéral de gagner une majorité inattendue. Les mêmes débats ajoutés à la question de conflits d’intérêts (l’ex-ministre Lisée l’a bien démontré) donneront le même résultat électoral ou pire.
Claude Dupras

lundi 26 janvier 2015

L’intégration au lieu de la laïcité imposée

La Laïcité n’est pas un sujet facile à traiter au Québec. Les opinions sont très partagées sur sa définition, son importance et divisent les québécois.

Le Parti Québécois (PQ) qui cherche souvent à calquer ses politiques sur celle de la France, prétexte, de nos jours, que la laïcité est essentielle pour notre mode de vie future puisqu’elle assure, entre autres, la neutralité religieuse, l’égalité hommes-femmes et la paix sociale. De tous les pays du monde, seule la France a adopté une loi sur la laïcité. Est-ce à dire qu’ailleurs, sur toute la planète, il n’y a pas de neutralité, d’égalité ou de paix ? Évidemment, non. Aux USA, par exemple, le pays le plus d’avant-garde du monde où les immigrés se sentent les mieux intégrés et l’affirment en grand nombre, le dollar comporte l’inscription In God we Trust.
Pourquoi veut-il précipiter le Québec dans l’adoption d’une telle loi. Il est clair qu’il cherche à profiter des émotions générées par l’agression de Charlie Hebdo pour gagner des points politiques. Pourtant, aujourd’hui, il y a plusieurs français et étrangers qui concluent que la laïcité est devenue en fait une arme de destruction de leur pays.
L’ex-gouvernement Marois a divisé profondément notre société avec sa Charte des valeurs québécoises. Il avait créé un comité parlementaire pour recevoir les dépositions des auteurs de mémoires. Celui-ci devint un vrai cirque où des opinions plus bizarres les unes que les autres furent émises. Cet opportunisme véreux fut vite détecté par la population qui réserva, par la suite, une raclée électorale hors de l’ordinaire au PQ.
Dès sa venue au pouvoir, le nouveau gouvernement libéral du PM Couillard mit fin au comité parlementaire tout en promettant de présenter un nouveau projet de loi pour compléter ce qui existe déjà et le confirmer.
Aujourd’hui, le PQ insiste sur l’urgence d’une loi sur la laïcité pour, dit-il, combattre l’intégrisme, nonobstant la vraie priorité qui est de régler les problèmes budgétaire et financier du Québec et de créer un grand nombre de nouveaux emplois. Pourtant, la France est laïque depuis longtemps et la menace terroriste y est fortement installé, comme ailleurs dans le monde. On voit bien que la laïcité de l’État n’a rien à voir avec le combat contre la radicalisation.
De toute évidence, l’adoption d’une telle loi n’est pas urgente car depuis des décennies, toutes les lois québécoises sont indépendantes de conceptions religieuses et les dirigeants religieux n’ont aucun pouvoir politique ou administratif. Dieu n’est pas mentionné, ni les religions. Dans toutes les activités humaines telles, l’éducation, les soins de santé, la vie sociale … les québécois et les québécoises ont les mêmes opportunités, les mêmes protections et les mêmes droits à tous les niveaux. Certes, il y a encore des difficultés notamment dans le travail mais avec le temps, les statistiques montrent qu’elles s’amenuisent.
De plus, nous vivons depuis des décennies dans une réelle paix sociale.
Mais soyons francs, ce qui est à la base de toute cette discussion est la présence grandissante de musulmans dans notre société. Certains de nos concitoyens sont mal à l’aise avec des personnes étrangères surtout celles qui sont vêtues de façon non conformiste. Mais de tels sentiments ne justifient pas l’adoption d’une loi sur la laïcité qui ne changera rien. mais qui peut diviser.
Le monde musulman existe principalement au Maghreb, en Libye, en Turquie, en Égypte, en Arabie Saoudite, en Syrie, en Irak, en Iran, au Pakistan, en Indonésie, en Afrique noire, en Inde… Il regroupe plus d’un milliard d’individus sur la planète. En France, ils sont 8% de la population. Au Canada, c’est 5%. Au Québec, 3%. Les musulmans québécois ne sont donc pas tous arabes, pas tous du même courant (sunnite ou chiite), pas tous du même pays ou du même continent. Ils sont vraiment différents les uns des autres. Au Québec, plus de 100 nationalités coexistent et un très grand nombre des religions de la terre y sont représentées.
Les gouvernements libéral et péquiste du passé étaient en accord pour augmenter le nombre des immigrants et encourageaient particulièrement les parlant français, dont les maghrébins, à venir chez nous. Ils voulaient en plus profiter de l’apport économique important que ces immigrants génèreraient.
Ayant eu l’opportunité de travailler en Algérie de nombreuses années, j’ai eu le privilège de me faire plusieurs amis algériens. J’ai connu leurs épouses, leurs familles, leurs modes de vie et leur approche à la société. Depuis, j’ai pu y retourner en touriste et partout on m’a toujours accueilli à bras ouverts, généreusement et amicalement. Ce sont tous des gens bien. J’en connais plusieurs à Montréal et c’est la même chose.
Dans le débat actuel au Québec, en entend plusieurs affirmations en rapport avec la religion et le comportement culturel des musulmans. Trop sont inventées de toute pièce et amplifiées pour faire peur. Pour les crieurs de malheur, la religion musulmane n’est pas compatible avec notre mode de vie et nous sommes en danger. Pourquoi proférer de telles faussetés ? Pour alimenter un mouvement islamophobe dans le but de les chasser de notre territoire ?  
Les musulmans ne sont pas une menace au sens que certains voudraient nous le faire croire. Ils ne sont pas culturellement incompatibles avec nous. Face à ce que plusieurs qualifient de menace fondamentaliste, il faut avoir la tête froide et ne pas crier des absurdités mal définies et faire la part des choses. Il nous faut trouver et réaliser les politiques publiques les plus susceptibles de faciliter et de maximiser leur intégration.
Oui, la solution est l’intégration. Elle est rattachée aux opportunités disponibles pour que les néo-québécois puissent participer à la vie économique du Québec. Il faut trouver les moyens pour les aider et les inciter à le faire comme en Angleterre et en Allemagne où ils sont mieux intégrés avec leurs enfants parce que les marchés du travail de ces pays sont peu réglementés alors que la France, avec un système quasi byzantin de lois sur le travail, obtient un résultat nettement moins bon.
En somme, lorsqu’on ne bloque pas artificiellement l’intégration, les immigrants voient moins d'avantages à la réclusion et préfèrent s'intégrer comme les Canadiens-français l'ont fait aux États-Unis et comme les Italiens, les Irlandais, les Grecs, les Écossais, les Slaves l'ont fait au Québec. P
Pour le reste, cela n’empêche pas d’avoir de bonnes politiques pour rechercher et expulser les éléments islamistes radicaux très minoritaires qui violent leurs conditions de citoyenneté en prêchant la violence au nom de l’Islam. L’intégration veut dire aussi que la société civile dénonce les éléments extrémistes dans son sein afin que tous sachent la perfidie de leurs propos.
Pour l'ensemble de l'Europe, les démographes ont constaté que « le taux de croissance de la population musulmane a chuté de 2,2% par année pendant la décennie 1990-2000 à 1% pendant la décennie 2000-2010. Ce taux continuera de chuter progressivement au fur et à mesure que les différences du taux de fertilité entre les femmes non-musulmanes et celui des autres femmes s'estomperont d'ici 2030. Aux États-Unis, la différence est encore plus petite puisque les musulmans ont un taux de fertilité déjà très proche de la moyenne nationale ». Au Canada et au Québec ce sera éventuellement de même.
Les promoteurs de la laïcité parlent encore d’éliminer les signes religieux tels, la croix accrochée au mur principal de l’Assemblée nationale. Ils y voient un signe de dépendance à une autorité religieuse alors qu’elle est devenue un symbole de notre passé. L’exemple de la France sur ce sujet devrait les éclairer. Alors qu’elle est supposément très neutre religieusement, la France nomme encore ses jours fériés avec des noms de fêtes religieuses : lundi de Pâques, jeudi de l’Ascension, lundi de la Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint. Elle ne craint pas de montrer son passé religieux.
De plus, ils affirment que la laïcité protégera toutes les religions et leur pratique alors qu’ils s’opposent à ce que les fonctionnaires portent un vêtement ou un objet ayant rapport avec une religion (musulmane, juive, sikh) contrairement avec ce qui se fait en France. C’est un manque de respect à la liberté démocratique de ces individus.
Les églises de France sont devenues la propriété du gouvernement pour les protéger contre des démolitions sauvages. Il les entretient pour les mettre à la disposition des fidèles. Dans un petit village de Provence, que je connais bien et qui ressemble à tous les autres, l’église est le lieu de messes dominicales, de baptêmes et de funérailles. Son clocher carillonne à toutes les heures et demi-heures et le son se répercute dans la vallée. Les musulmans de leur côté prient à leur mosquée, les juifs à leur synagogue et les protestants à leur temple.
Au Québec, on vend les églises pour en faire des condos, des centres communautaires, etc.. ou on les détruit comme la belle église de pierres de Notre-Dame-de-la-paix à Verdun. Même l’église de la paroisse de Lamothe en Abitibi, celle du cardinal Marc Ouellet qui fut considéré comme un papabile lors du dernier conclave à Rome, est devenue un centre d’activités communautaires.
Le PQ propose la laïcité pour régler un problème qui n’existe pas. Un tel projet est un instrument de division et ne réglera aucune des craintes générées par les fondamentalistes radicaux comme on vient de le voir en France.
En somme, les promoteurs de la laïcité du Québec sont plus catholiques que le pape.
Claude Dupras