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samedi 8 novembre 2014

Stephen Harper aime-t-il le Québec ?

Le passage du président de la France, François Hollande, en nos murs, a suscité beaucoup d’intérêt. Après avoir visité l’ouest Canadien avec le PM canadien Stephen Harper, pour parler de pétrole en faveur de la pétrolière française Total, il se présenta à la Chambre des Communes, pour livrer un discours à la nation où un parterre impressionnant de leaders de notre pays l’attendait. Le président exprima ses bons sentiments envers le Canada et n’a pas tari d’éloges sur sa splendeur, sa grandeur et sa richesse. Quant au peuple canadien, il déclara ouvertement son amour pour les Québécois et son amitié profonde pour tous les autres Canadiens. 

Son discours fut important et toucha particulièrement les sujets de l’énergie et du climat. Deux sujets délicats pour notre premier ministre Stephen Harper, grand défenseur de l’exploitation pétrolière des sables bitumineux albertains et incrédule de la véracité des changements climatiques qu’il a qualifié d’« invention socialiste ». Hollande prononça son allocution avec vigueur et conviction et ce fut le plus important et le meilleur discours de sa visite. Il s’était bien préparé et il impressionna la majorité des Canadiens qui l’écoutaient de tous les coins du pays.
Malheureusement, son discours au Québec ne fut pas de la même nature. Il semblait non structuré et improvisé. Hollande cherchait dans ses feuilles des points de discours et voltigeait d’un à l’autre sans suite vraiment logique. Et, tout comme il fait en France où il accepte, à cause de son impopularité personnelle extrême, toutes les idées qui lui sont soumises pour chercher à regagner de la sympathie et l’appui de tous ceux qui l’ont lâché politiquement, il a dit « OUI » au Québec. Il a affirmé que la France participerait activement aux deux nouveaux projets du PM Couillard : Le « Plan Nord » au nord du 49e parallèle et le « Maritime » sur les berges du Saint-Laurent. 
Si j’avais un conseil à donner au PM québécois, ce serait d’attendre le premier engagement officiel de la part d’une entreprise française dans un de ces projets pour se réjouir. Personnellement, j’y croirai lorsque de tels gestes seront posés car je n’ai aucune confiance dans les dires et les capacités de réalisation de ce président français qui est venu parler à Québec… pour parler.
Aujourd’hui, Hollande ne récolte que seulement 12% d’appuis du peuple français. Harper est dans la même situation au Québec, puisqu’il ne recueille que 14%. Mais, contrairement à Hollande, Harper ne fléchit pas. Il croit à sa vision du Canada, à ses politiques et est convaincu que le Québec s’en sortira mieux malgré son indifférence envers lui. Il est convaincu du résultat futur et continue à foncer en avant vers la destination que, pour lui, le Canada doit atteindre. Pourtant, s’il tenait compte plus souvent de l’opinion des Québécois, il pourrait probablement faire élire, à la prochaine élection, une dizaine de députés conservateurs de plus au Québec, ce qui lui assurera son retour au pouvoir car son bilan économique est très fort.
Dans les jours qui ont suivi la visite du président français, je discutais  de tout cela avec un ami, autour de tasses de café. Lorsque notre conversation porta sur la politique fédérale, mon compagnon m’affirma soudainement que les agissements d’Harper envers le Québec venaient du fait qu’ « Harper n’aime pas le Québec ». Je fus surpris de cette affirmation claire et nette. Depuis, j’y réfléchis.
En fait, si on juge l’attitude d’Harper envers le Québec, son approche politique, ses décisions, ses lois, on peut être porté à penser qu’Harper a un problème personnel avec le Québec et que peut-être il ne l’aime pas. En effet, il n’accepte que rarement une position politique qui correspond aux désirs des québécois. Entre autres, il a détruit le registre canadien des armes à feu qui fut réclamé fort majoritairement par les Québécois suite au massacre de Polytechnique. Il a engagé le Canada dans la guerre en Afghanistan malgré l’opposition des Québécois. Il a coupé injustement dans les budgets des arts et de la culture si chers aux québécois. Il a modifié les transferts pour le système de santé, accablant ainsi le budget québécois. Il a coupé de moitié le budget de la condition féminine éliminant la recherche et la défense des droits des femmes, malgré les nombreuses oppositions de Québécoises. Il a mis de côté l’Accord de Kelowna destiné à améliorer, entre autres, la vie des autochtones québécois malgré les pressions de ces derniers et du gouvernement québécois. Il a favorisé une justice impitoyable et répressive à la GWBush qui va à l’inverse de l’approche pénale des québécois. Il a renié la signature du Canada sur l’accord de Kyoto, malgré l’appui quasi unanime des Québécois pour cette entente. Dans le conflit palestinien, il est à 100% avec Israël alors que les Québécois font la part des choses. Harper a perdu, à cause de ce qui précède, le siège au conseil de sécurité de l’ONU pour le Canada, au grand regret des Québécois. Il fait la promotion du pétrole brut des sables bitumineux malgré la farouche opposition des Québécois. Durant le pouvoir péquiste récent au Québec, Harper a tout fait pour ne pas aider ce gouvernement péquiste qui, pour lui, était un ennemi du Canada, même si les Québécois l’avait élu. Et ça continue… en fait, je pourrais noircir toute cette page d’exemples similaires.
Pour un Québécois, c’est à n’y rien comprendre surtout qu’il oublie vite les bons coups d’Harper, telle : l’augmentation des transferts fédéraux en 2005 pour solidifier le budget du Québec mais qui a été transformée, pour des fins électorales, en baisse d’impôts par le PM québécois Jean Charest, au grand dam d’Harper.
Harper parle relativement bien le français qu’il a appris dans les écoles albertaines où rares sont ses compatriotes qui ont réussi à maitriser cette langue comme il l’a fait. Il refuse tout débat constitutionnel pour régulariser l’accord de 1982 que le Québec n’a pas signé, car il craint la confusion et les divisions nationales qu’un tel débat crée. Pour se montrer ouvert, il a fait voter à l’unanimité à la Chambre des communes une résolution reconnaissant le Québec comme une nation. C’est peu, mais cela représente sa pensée. Il commence toujours ses discours en langue française où qu’il soit. Même s’il vient rarement au Québec, on ne peut pas dire qu’il ne respecte pas les Québécois.
Harper est un homme de droite et il a des convictions profondes. Tout comme Pierre Elliot Trudeau, l’ex-premier ministre libéral, qui était plus à gauche. Mal-aimé en Alberta, où le parti libéral ne remportait aucun comté à cause de ses politiques sur l’énergie, personne n’accusait Trudeau d’agir ainsi parce qu’il n’aimait pas les albertains. C’était une question politique et non personnelle.
Harper a réussi à réunir les forces de l’opposition de droite, à créer le nouveau Parti Conservateur du Canada et à prendre le pouvoir.  On peut être en désaccord avec ses politiques, voter contre lui, mais l’accuser de ne pas aimer les Québécois, la preuve n’est pas faite. Par contre, il a démontré de l’amitié !
La responsabilité d’un premier ministre canadien est de maintenir et de bâtir un Canada fort. Durant les longues années des libéraux et même du parti progressiste-conservateur du Canada de Joe Clark et de Brian Mulroney, les politiques s’orientaient, en bonne partie, vers le centre-gauche. Depuis le début du règne d’Harper, ce dernier croit que le temps est venu de redresser les politiques canadiennes en dirigeant le pays vers la droite afin de stabiliser notre orientation future. Il n’a pas tort de vouloir protéger la santé financière future du Canada, si on en juge par le piteux état financier de la France créé par un amoncellement de politiques de gauche, depuis la 2e guerre mondiale.. 
Pour Harper, la pouvoir politique est un balancier régulateur de la santé du pays.
Claude Dupras

mercredi 6 mars 2013

Hugo Chavez : le Robin des bois vénézuélien

Hugo Chavez est mort. Ce n’était pas n’importe qui ! Énergique, passionné, tribun, populaire, politiquement talentueux, il semblait indestructible. Il a été élu 12 fois et pourtant les critiques le disaient antidémocrate. Les pauvres l’aimaient et Dieu sait qu’au Venezuela, à son arrivée au pouvoir, il y en avait des millions dans les favélas qui entourent Caracas, et partout au pays. J’ai visité deux fois le pays à ce moment-là et j’ai été éberlué par la paupérisation de son peuple. On pouvait le constater même à l’aéroport international, au centre-ville, partout.

Atteint de cancer, Chavez a cru être guéri l’automne dernier (du moins c’est ce qu’il a dit) et a entrepris sa dernière campagne électorale qui le reporta au pouvoir pour six ans. Mais la maladie était toujours en lui et ses proches ont vite compris qu’il était irrémédiablement perdu. Il retourna vite à ses médecins cubains et une dernière opération scella son sort. Il ne put être assermenté pour son nouveau mandat comme l’exigeait la constitution de son pays. Il avait à peine 58 ans.

Les pauvres le pleurent puisqu’ils ont perdu leur « Robin des bois ». Pour eux, Chavez prenait aux riches pour leur donner leur butin.

Advenant son décès, Chavez avait indiqué vouloir être remplacé par son vice-président Nicolas Maduro. Les observateurs avertis estiment que ce dernier sera élu grâce au vote de sympathie que génèrera la mort du caudillo vénézuélien. Mais ce n’est pas certain puisque l’adversaire de Maduro sera le jeune centriste Henrique Capriles, le même qui s’opposa à Chavez à la dernière élection et qui avait réussi à diminuer sa majorité de 15% l’abaissant ainsi à 11%. Ce sera une élection intéressante à suivre.

Mais remplacer Chavez ne sera pas facile. Ses lectures de jeunesse lui avaient fait découvrir le vénézuélien Simon Bolivar, le grand révolutionnaire de l’Amérique du sud et il avait calqué sa politique sur celle de son idole au point de nommer le Venezuela, république bolivarienne. Chavez est devenu le chef politique le plus connu de l’Amérique du sud et dans le monde entier, presqu’autant que son ami Fidel Castro. Il avait une main ferme sur la conduite du pays au point que plusieurs de ses adversaires dans son pays et ailleurs, le traitaient de dictateur, de corrompu et qualifiaient son régime d’autocratie financée par le pétrole.

Né pauvre, de parents instituteurs, il rêvait dans sa jeunesse de devenir un joueur de baseball professionnel. Peut être que les Montréalais l’auraient connu autrement, durant les années 75-90, s’il était devenu membre de l’équipe des Expos de Montréal en compagnie de son compatriote Andrés Galarraga. Pour atteindre son rêve, il joignit l’académie militaire parce qu’elle avait un bon club de baseball. Mais de pensée gauche, il regroupait autour de lui ses amis pour parler d’avenir et conspirait contre le gouvernement. Petit à petit naissaient ses ambitions politiques.

À ce moment-là, le prix du pétrole plongea. Un régime d’austérité fut imposé. La pauvreté se répandit. La corruption s’implanta. Des manifestations anti-gouvernementales éclatèrent et l’armée, cherchant à maintenir les foules, tua près de 400 personnes. Hugo Chavez crut son moment arrivé. Devenu lieutenant-colonel d’un bataillon de parachutistes, il entreprit de renverser le président Andrés Perez. Il fit une erreur et fut jeté en prison pour deux ans. Ses nombreuses lectures lui firent comprendre que l’histoire d’un pays s’écrit par de grands hommes. Surtout de grands militaires. À sa sortie de tôle, en 1994, il rendit visite à son idole Fidel Castro pour trouver conseils auprès du père de la révolution cubaine.

Démocrate, il avait la conviction que la voie électorale était un chemin plus sûr vers le pouvoir que la force. Il devint candidat à la présidence en décembre 1998 et remporta 56% des suffrages. Sa campagne porta sur la mise en place d’une nouvelle constitution par référendum, la fin de la pauvreté et de la corruption. Il gagnera trois autres élections présidentielles avec de bonnes majorités. Cependant, comme chef de la nation, il était impatient et ne voulait pas attendre qu’un consensus se développe pour agir. Cela lui causa des problèmes, au point qu’en 2002 l’armée lui soutira son appui, suite à des émeutes anti-Chavez. Il démissionna mais, quelque temps après, l’armée se ravisa et le restaura au pouvoir devant la montée des conservateurs. Hugo Chavez venait de prendre une bonne leçon et en peu temps plaça à tous les postes clefs, même dans les cours de justice, des individus qui lui étaient loyaux. Il alla jusqu’à enlever quelques pouvoirs aux gouvernements des États et à l’Assemblée Nationale pour assurer son autorité.

Puis, le pétrole vint à la rescousse de Chavez. Le prix mondial du précieux liquide grimpa spectaculairement et comme c’était le principal produit d’exportation du Venezuela, les revenus du pays s’amplifièrent rapidement. Profitant de la situation et voulant aider ses pauvres, Hugo Chavez fit une entente humanitaire avec Fidel Castro. Le Venezuela vendrait son pétrole à Cuba à prix de rabais et en retour Cuba fournirait médecins et infirmières pour les soins primaires de santé. De plus, Cuba fournirait des enseignants pour l’éducation des adultes. D’autres missions suivraient. Ainsi chaque pays serait bien servi. Cuba avait un taux de personnel médical trop élevé et un grand besoin de pétrole et les services sociaux du Venezuela étaient inadéquats et insuffisants pour sa population grandissante et pauvre. De plus, pour assurer sa sécurité, Chavez s’entoura de gardes cubains.

Puis vint GWBush. Chavez profitant de l’impopularité mondiale de GWBush se moqua de ce dernier sur toutes les tribunes dont celle de l’ONU. Ses positions anti-américaines renforcèrent sa position politique au pays, particulièrement chez les pauvres, et il put résister au coup monté par les Américains en 2002 pour le renverser.

Grâce à l’entente avec Cuba, Chavez gagna le référendum de 2004 visant à le démettre de sa fonction. Le lendemain, il s’attaqua aux médias privés qui s’étaient rangés contre lui et devint impitoyable face aux signataires de la demande de référendum.

En 2006, suite à une victoire électorale sensationnelle, Chavez annonça l’implantation du socialisme dans son pays. Il nationalisa de grands pans de l’économie, comme les télécommunications, l’électricité, l’agriculture, le ciment et ce qui restait de l’industrie pétrolière encore aux mains d’entreprises privées.

En 2007, voulant rendre constitutionnelles ses propositions de changements, il lança un référendum. À sa surprise, il le perdit. Par la suite, il se permit de contourner cette embûche par décrets présidentiels.

Durant son règne, le nombre de fonctionnaires doubla, une milice de 125 000 hommes qui relevait de lui fut crée et il finança des conseils communautaires qui prenaient les décisions relevant normalement de gouvernements locaux. Pour lui, c’était de la démocratie directe; pour ses critiques, une main mise du président pour conserver son pouvoir.

Avec le temps, l’économie vénézuélienne dépendait de plus en plus du pétrole et des importations. La production des fermes nationalisées diminuait. L’inflation s’installait malgré le contrôle des prix. Les infrastructures s’usaient. Les pannes de courant plus fréquentes. Les hôpitaux mal entretenus. Le crime revenait avec la violence d’antan et Caracas devint un point d’entrée de la drogue à cause d’agents de sécurité soudoyés.

Malgré cette situation de plus en plus insoutenable, les Vénézuéliens ne blâmèrent pas Hugo Chavez, l’« homme des pauvres ». Son intelligence, sa sincérité et son instinct politique les charmaient. Les statistiques nous démontrent pourquoi : la pauvreté se situait à 49% à son arrivée, elle est à 29% à son décès. Durant le même temps, elle diminua de 14% en Amérique latine. L'indigence passa de 22,2%à 12,7%.

À l’étranger, Chavez se servit de son pétrole pour monter une front anti-influence-américaine. La Bolivie et l’Équateur votèrent pour des partis de gauche. Il en fut de même de petits États de l’Amérique centrale et des Caraïbes. Il a maintenu une alliance avec les « guérillos » de Colombie. Il contribua à l’élection de Christina Fernandez d’Argentine. Il collabora avec le président brésilien Lula et la présidente actuelle. Avec chacun, il organisa des marchés de biens et de services inter-états du sud. De plus, il forgea des alliances avec l’Iran d’Ahmadinejad, l’Irak de Saddam, le Zimbabwe de Mugabe, la Syrie d’Assad et la Russie de Poutine. Aujourd’hui, lendemain de son décès, on peut voir dans les médias tous les hommages rendus par ces chefs d’États à Hugo Chavez.

Le futur n’est pas rose pour son successeur Maduro qui n’a ni l’autorité ni le talent de Chavez pour communiquer avec la masse. L’économie a ralenti et il y a pénurie de biens importants et essentiels. Le bolivar vénézuélien vient d’être déprécié de 32%. L’état qui a été mal gouverné n’est plus capable de concurrencer sur les marchés mondiaux. Les millions de nouveaux étudiants universitaires risquent d’être fortement désappointés lorsqu’ils seront diplômés.

Chavez a-t-il manqué l’opportunité de donner à son pays, suite au boom du pétrole, une infrastructure de classe mondiale avec le meilleur système d’aide sociale qui soit ou a-t-il réussi à le sortir de l’abime de la pauvreté dans lequel il était condamné pour lui permettre de mieux s’élancer dans l’avenir. Les Vénézuéliens de demain le diront.

Quoiqu’on en dise, Hugo Chavez n’était pas un leader comme les autres.

Claude Dupras

dimanche 9 décembre 2012

USA, l’heure de vérité

2012 marque la fin de l’importante réduction générale des impôts, accordée par l’ex président américain GWBush, en 2001 et 2003, pour relancer l’économie de son pays. Cette loi de finance devait se terminer en décembre 2010. À ce moment-là, le président Obama, suite à un dur débat a dû accepter une extension de deux ans. Elle se termine donc le 31 décembre prochain.

Les réductions de taxes ont non seulement bénéficié aux riches mais aussi aux payeurs de taxes de la classe moyenne. Bush a toujours affirmé qu’il pensait nécessaire de stimuler davantage la reprise de l’économie et la création d’emplois pour générer plus de revenus. Se fiant au succès obtenu par son mentor Ronald Reagan, qui avait lancé un tel programme, il assurait le peuple américain que ces réductions se paieraient d’elles même. Mais Bush a lancé deux guerres qu’il a dû financer et a engagé des dépenses croissantes malgré une dette qui grossissait à vue d’œil.

Dès les premiers jours, les opposants ont engagé un vigoureux débat sur les coûts et bénéfices de ces décisions surtout sur celles qui favorisaient les riches. Ils ont souligné, entre autres, que ces derniers étaient vraiment gâtés puisqu’en plus ils bénéficiaient de nouvelles mesures diminuant la taxe sur les gains capitaux. Ils ont démontré que ces décisions augmenteraient appréciablement l’inégalité entre les Américains et iraient à l’encontre du principe de la distribution des richesses par un gouvernement. Ils ont même évoqué un danger possible à la sécurité nationale.

Quelques années plus tard, GWBush et son vice-président Dick Cheney ont affirmé qu’effectivement les diminutions des taux d’impôts s’étaient payées d’elles-mêmes. Ces affirmations gratuites ont été contredites par le Département du trésor américain qui a déclaré n’avoir pas de preuves concrètes démontrant leur véracité puisque les revenus d’impôt depuis 2001, sauf en 2007, ont été inférieurs à la moyenne de 8,4 % du PIB des trente dernières années.

Par ailleurs, la dette américaine a littéralement explosée. Les coupures de taxes de Bush y ont ajouté 1,6 trillions de $, sans compter les intérêts. Mais elles ne sont pas le plus grand contributeur à cette augmentation de la dette puisque l’accroissement des dépenses les surpasse. L’incapacité ou le non-vouloir des présidents Bush et Obama à réduire les dépenses est donc aussi à blâmer.

Aujourd’hui, la dette américaine est de 16 359 000 000 000 $. Elle était de 5,94 trillions $ lorsque GWBush devint président et avait atteint 12,3 trillions $ à la venue d’Obama. Selon les économistes et experts financiers, cet accroissement rapide devient intolérable car il est un danger non seulement pour l’économie des USA mais pour celle du monde.

Depuis la crise bancaire, les mesures temporaires d’injection de capitaux dans les banques et la diminution des taux d’intérêts ont eu des effets positifs aux USA. Le taux de chômage a diminué de 9,8 % à 7,7 % durant le deux dernières années. En novembre 2012, l’emploi a grimpé de 147 000 emplois (pour un 15ième mois consécutif). Il y a aussi le fait que des compagnies américaines comme Apple viennent tout juste de décider de rapatrier une partie de la fabrication de leurs produits sur le sol américain. Cela va dans le bon sens.

Malgré ces indications, plusieurs experts craignent cependant le pire puisque l’économie mondiale dépend du consommateur américain comme une source importante de sa demande. Ils s’inquiètent du faible taux de croissance des USA et de la diminution de celle de la zone euro, du Japon et d’ailleurs qui ajoutent au problème. Même les pays en développement qui profitaient d’une économie de plus en plus forte pour se développer sont aujourd’hui affectés par des ralentissements de production. L’emploi et la qualité de vie en souffrent un peu partout.

Voilà pourquoi, le gouvernement américain qui est au cœur de cette tourmente doit prendre les bonnes décisions afin d’assurer la stabilisation financière des USA. Et l’heure de vérité approche, puisqu’elle est fixée au 31 décembre 2012 à minuit. Les Américains la surnomment « the fiscal cliff », qui est devenu au Québec, avec notre bonne habitude de tout traduire en français, la falaise fiscale.

À ce jour, les deux partis politiques américains, Démocrate et Républicain, ont des vues opposées pour la solution. Lors de la récente élection présidentielle, le candidat républicain Romney a proposé la politique « aucune augmentation de taxes pour personnes ». Obama, qualifiant cette approche d’irresponsable, a répliqué en promettant de ne pas toucher aux taux d’imposition de la classe moyenne mais d’augmenter ceux des riches au niveau qu’ils étaient en 2001.

La victoire électorale d’Obama fut décisive et surprenante par son envergure. Aujourd’hui, les démocrates d’Obama maintiennent sa position électorale et les républicains marient celle de Romney. Ces derniers veulent surtout éviter toutes augmentations aux riches qui les appuient et les financent.

De plus, chacun est favorable à des coupures importantes des dépenses gouvernementales. Les républicains en proposent de plus radicales puisqu’ils devront compenser pour le manque de revenus qu’une augmentation de la taxe apporterait au trésor américain. Ils voulaient mettre la hache dans le nouveau régime de santé pour tous « Obamacare », mais le résultat de l’élection les en empêche. Ils veulent donc sabrer ailleurs et profondément, où ça fait mal !

À cause de l’écrasante majorité républicaine à la Chambre des représentants, une entente est nécessaire entre les partis si le président veut atteindre son objectif. Déjà, il a proposé l’adoption immédiate d’une loi spéciale pour garantir que les taux touchant la classe moyenne ne soient pas modifiés. Les républicains l’ont refusée et réclament un compromis, qu’Obama rejette.

Je crois qu’à la fin, les républicains cèderont. Ils ne peuvent faire autrement suite à l’humiliante défaite de leur parti à la dernière élection, malgré qu’ils aient dépensé des centaines de millions $ de plus qu’Obama. Ils se sont finalement rendu compte que l’argent n’assure pas toujours les victoires électorales. Se croyant gagnants, ils ont négligé les besoins et les opinions de larges franges de la population comme les moins nantis, les femmes et les latinos. Dorénavant, ils doivent penser à l’avenir pour gagner la présidence et le Sénat. Cela veut dire pour eux, chercher à récupérer le plus grand nombre possible de ces électeurs pour la prochaine élection. Emprunter la voie politique d’Obama pourrait les aider dans l’opinion publique.

Un autre problème pour les républicains est le fait que plusieurs de leurs actuels élus se pensent prisonniers d’un document qu’ils ont signé par lequel ils s’engageaient à ne jamais voter pour une augmentation de taxes. Ce serment « Taxpayer protection pledge "TPP" » a été signé par 236 des 242 républicains élus actuels de la Chambre des représentants et par sept des 47 sénateurs républicains. À mon avis, il allait contre le fondement du serment d’office de chacun de ces élus par lequel il s’engage à servir ses commettants le mieux possible nonobstant toute influence extérieure. C’est la peur de ne pas être réélus qui les a forcés à signer ce document véreux. Chacun d’entre-eux se sentait politiquement menacé par les groupes de droite, comme le Tea Party, qui, advenant une non-signature, déploieraient tous les efforts d’organisation et financiers contre lui.

Heureusement, depuis quelques semaines, certains représentants républicains, parmi les principaux, ont affirmé publiquement qu’ils ne respecteraient plus le TPP et supporteraient des augmentations de taxes. À ce jour, le nombre n’est pas suffisant pour assurer Obama que son projet pourra être voté par la Chambre des représentants. Mais à lire tout ce que je lis sur la question, j’ai bon espoir qu’il réussira.

Claude Dupras



vendredi 18 novembre 2011

Quand les écolos tombent sur la tête…

Le parc de centrales nucléaires de la France fait l’envie de plusieurs pays. Les USA en particulier.

Il faut se rappeler les deux dernières campagnes électorales américaines : la réélection de GWBush en 2004 et l’élection de Barack Obama en 2008. Ces deux présidents ont cité en exemple la sagesse et la prévoyance de la France d’avoir fait appel en 1978 au nucléaire pour s’alimenter en électricité. Ils promettaient de faire de même. Aujourd’hui, quatre nouvelles usines sont en construction aux États-Unis, ou sur le point de l’être, et 26 autres attendent le financement bloqué à ce jour par le Congrès à cause du débat sur la dette.

En Russie, 26 nouvelles centrales seront en marche d’ici 2020 et le pays construit même des usines nucléaires flottantes pour alimenter ses régions éloignées. L’Angleterre veut faire appel au privé pour s’alimenter davantage en énergie nucléaire afin de rencontrer ses besoins grandissants d’énergie. La Chine en construit 27 actuellement et sa capacité totale dépassera celle de la France. La Corée du Sud projette 12 nouveaux réacteurs nucléaires. Les Émirat Arabes ont choisi la Corée du Sud, au lieu de la France et des Américains, pour construire quatre réacteurs. Même le Japon, après le désastre de Fukushima, construit une nouvelle usine nucléaire.

Le parti socialiste français et le parti Verts-Écolos viennent de signer un accord pour la fermeture de vingt-quatre réacteurs d’ici 14 ans. C’est une vraie révolution périlleuse.

Aujourd’hui, la construction d’une usine énergétique nucléaire est devenue une question de multi-billions de $, d’autant plus que depuis Fukushima les designs seront encore plus sophistiqués. Les 24 usines françaises visées pour fermeture sont presque toutes entièrement payées. Les frais pour le fuel de ces usines sont bas comparés aux usines thermiques alimentées au gaz, au charbon ou au pétrole qui devront les remplacer. Les coûts de fermeture et de démantèlement de ces usines et les coûts de « storage » de leurs déchets nucléaires seront aussi très coûteux. Il y a aussi la production des gaz à effets de serre (GES) générés par les nouvelles usines thermiques qui devra être quantifiée pour déterminer le coût de leur taxe carbone, car elles ne sont pas propres comme le nucléaire pour l’atmosphère. Toutes ces nouvelles dépenses sont en grande partie inutiles et coûteront des milliards d’euros aux Français pendant la décennie où le pays doit rebâtir sa base monétaire. C’est de la folie furieuse car tout ça va augmenter radicalement la dette du pays et les tarifs d’électricité.

Il y a aussi la question de l’indépendance énergétique. Les usines thermiques devront être alimentées par le gaz de Russie. Alors qu’actuellement la France ne dépend pas des autres pour son alimentation électrique, elle risque de subir dans l’avenir des pressions géopolitiques nouvelles qui possiblement pourront limiter sa liberté.

Partout, au monde, les Verts et les Écolos crient la même chose. Ils affirment que la production nucléaire ou fossile peut être remplacée par l’énergie renouvelable. Et cela même si, de plus en plus, la preuve est faite que cette affirmation est irréaliste, en plus d’être économiquement et techniquement non prouvée. Par exemple, une éolienne ne produit que 27% du temps. Le temps de non-production doit être comblé par une autre énergie. Et de plus, partout, personne ne veut d’éoliennes « dans sa cour ».

Les coûts des produits à énergie renouvelable sont très élevés et c’est le consommateur qui doit payer. Le gouvernement peut aider mais dans les circonstances économiques mondiales actuelles, cela devient de plus en plus difficile. De toute façon, il y a une limite à ce que les gouvernements peuvent faire. Par exemple, durant les récentes années, en France et aux USA, les gouvernements se sont engagés, entre autres, dans des programmes d’aide à la fabrication de panneaux photovoltaïques afin de créer de nouvelles usines et de nouveaux emplois. On s’est vite rendu compte que la très grande majorité des panneaux installés étaient d’origine chinoise à cause de leur bas prix. Les manufacturiers français et américains ne pouvaient concurrencer ceux de Chine. Les programmes d’aide ont pris fin. Les usines ont fermé. Les milliers d’emplois que les Verts avaient imaginés ne se sont pas réalisés. Encore hier, en France, la présidente des Verts répétait la même rengaine car c’est en fait son seul argument. Il est inexact.

Les réacteurs français devaient avoir une vie de 30 ans. Avec le temps, l’entretien et l’expérience des opérateurs, elle est fixée maintenant à un minimum de 40 ans. Aux USA, elle est de 60 ans. C’est donc probable que la vie des réacteurs français pourra être allongée à nouveau. Est-ce un danger pour les Français ? C’est la question primordiale qu’ils se posent, avec raison.

Les Verts sont devenus 100% anti-nucléaires. Ils semblent avoir oublié leur but premier, soit la protection de la nature. Ils veulent fermer les 58 usines nucléaires de France et veulent arrêter celle qui est en construction, dite de nouvelle génération EPR et qui a une capacité de près du double de chacune de celles des 24. Pour eux Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima ne doivent pas se répéter. Hollande voulant gagner le vote des Verts-Écolos a accepté d’éliminer, pour 2025, les 24 réacteurs mentionnés précédemment. Pour le moment, il se limite à ça.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été créée pour faire les recommandations au gouvernement sur le sujet. Elle est composée de personnes reconnues pour leur compétence et leur neutralité. À qui les Français doivent-ils se fier en rapport avec la sécurité du parc nucléaire français ? Aux Écolos ou aux politiciens qui n’y connaissent rien ? Aux scientistes, ingénieurs et experts qui y ont dédié leur vie ? La réponse me semble simple.

Claude Dupras

jeudi 15 septembre 2011

Obama : président d’un mandat ?

Le sondage américain Gallup de ce matin, compte 40% d’Américains favorables au travail du président Barack Obama et 52% non favorables. Il y a près d’un an, le score était l’inverse. Ça va mal à la « shop » de la Maison Blanche !

Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.

Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.

Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.

Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.

On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…

L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.

Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…

Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !

Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.

Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.

Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.

Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.

Claude Dupras