Un récent article rappelait les résultats de l’enquête nationale de 2011 sur les ménages en rapport avec la place de la religion dans la vie des Canadiens. La province de Québec compte 12% d’individus qui affirment n’avoir aucune appartenance religieuse, tout de suite avant Terreneuve qui est la plus religieuse avec 6% de non-croyants. La plus athée est la Colombie Britannique avec 44%.
Je ne suis pas surpris de cette statistique en rapport avec le Québec. Encore aujourd’hui, les Québécois, descendants d’occidentaux, élevés surtout dans la religion catholique mais aussi dans le protestantisme et les religions orthodoxes et juives, demeurent croyants même si un grand nombre ne sont plus pratiquants. Cela se manifeste lors de grands évènements. À ces moments-là, l’église devient le point de ralliement pour marquer à nouveau notre foi, prier, se consoler mutuellement et écouter les paroles apaisantes d’un prêtre. On l’a constaté à nouveau récemment à Lac Mégantic suite au terrible accident ferroviaire. Quant aux funérailles de monsieur-et-madame-tout-le-monde, si elles ne sont tenues que rarement à l’église à cause des coûts plus élevés, elles le sont au salon funéraire lors d’une cérémonie à caractère religieux présidée soit par un prêtre, un diacre ou une personne autorisée. Je n’ai été témoin qu’une seule fois où un ami avait demandé de n’avoir aucune cérémonie.
Les nombreux immigrés venus s’installer au Québec depuis de nombreuses années pratiquent pour la plupart une religion. Ceux d’Amérique du sud sont généralement catholiques, ceux d’Arabie sont musulmans ou coptes, ceux d’Asie sont hindouistes, taôistes ou sikhs; ceux de l’Europe de l’est sont orthodoxes… Chacun a son clergé, ses pasteurs, ses imans, ses moines ou même ses gourous. Pour plusieurs, c’est la foi en un Être suprême. Pour d’autres, c’est une manière de vivre ou une réponse aux questions difficiles de l’humanité. Pour les non-croyants, ce n’est que de la superstition.
Malgré les 88% de croyants québécois, l’État du Québec est laïc. Je considère que c’est bien ainsi et peu de personnes questionnent cet état de fait. Cependant, nous croyons en la liberté de religion pour chacun.
La « charte des valeurs québécoises » n’implante pas la laïcité puisqu’elle existe déjà. Elle est proposée par le gouvernement actuel qui soupçonne que les serviteurs de l’État profitent de l’occasion qu’ils ont de rencontrer personnellement le public pour faire une propagande en faveur de la religion dans laquelle ils croient. Il ne tient pas compte que les fonctionnaires ont un devoir de réserve.
Pourquoi présenter une telle proposition à ce moment-ci, alors qu’il n’y a pas vraiment de problème entre les races au Québec ? Pourquoi susciter inutilement à l’extérieur des émotions négatives envers le Québec ? Pour défendre le port du voile intégral ? Mais il n’y a pas une fonctionnaire québécoise qui le porte !
Certes, nous avons connu il y a quelques années, la« crisette » d’Hérouxville, petite municipalité de 1 300 personnes, suite à l’adoption par le conseil de ville d’un règlement stipulant notamment que « la lapidation des femmes et le fait de les brûler vives, de même que l'excision, étaient interdits dans la municipalité ». Il craignait qu’une famille musulmane s’installe dans son patelin. Cette réaction xénophobe a été amplifiée démesurément par certains politiciens qui ont joué sur la perception négative de plusieurs Québécois envers les musulmans pour soulever la nation. Pourtant, c’est l’intolérance qui a été mise en évidence à ce moment-là. Voulons-nous répéter cette hystérie collective ?
Trop de Québécois ne font pas la différence entre l’Islam et le mouvement islamiste. Et on ne peut les blâmer. Ils ont été témoins de l’attentat du 11 septembre 2001 sur les tours du World Center de New York. Et depuis, ça n’arrête pas. Encore aujourd’hui, c’est le brutal acte terroriste au centre commercial en Nairobi au Kenya qui fait les manchettes. Ces islamistes nuisent à la réputation des musulmans monde.
Je connais plusieurs Algériens de Montréal. J’ai signé des documents d’immigration pour quelques uns. Ce sont de bonnes gens, qui sont venues s’implanter chez nous pour y vivre, travailler, élever leurs enfants et assurer l’avenir de chacun. Et, ils réussissent et veulent contribuer et s’intégrer à notre société puisque leurs espérances sont similaires aux nôtres. Nous nous devons de les comprendre car eux aussi sont victimes d’islamistes. Ils sont un groupe parmi toutes les cultures différentes qui sont venues au Québec pour y vivre et qui ont droit à leur chance. Nous nous devons de faire la part des choses et leur assurer notre appui. La discrimination n’a pas sa place.
J’ai grandi dans un milieu fortement multiculturel. Ma famille et celles de nos voisins francophones sont demeurées, malgré cela, canadiennes-françaises « pure-laine ». Pour nous, les plus jeunes, ce fut positif de vivre avec des anglophones. En plus d’être devenus parfaits bilingues dès notre très jeune âge, leur esprit cartésien a laissé des traces positives sur notre formation, notre personnalité.
L’identité du Québec est principalement sa langue. Elle est protégée par la loi 101. D’où qu’ils viennent, de quelques langues qu’ils parlent, quelque soit leur culture, les nouveaux immigrés deviendront avec le temps des Québécois parlants-français. Peut être pas les parents, mais leurs descendants sûrement puisqu’ils devront obligatoirement fréquenter l’école française dès le niveau élémentaire. Tout comme ce fut le cas pour les anglophones dont 70% parlent le français, aujourd’hui. Et, avec le temps, le score sera encore plus haut. Cela démontre bien l’importance de la loi 101 et la raison pour laquelle nous devons veiller à ce qu’elle soit protégée et toujours respectée.
Les néoquébécois sont là et de nouveaux viendront, à moins que l’on change toutes les lois… ce qui n’arrivera pas. Nous nous devons d’accepter cette évidence et réaliser le potentiel extraordinaire que cette diversité nous apporte. Dans un premier temps, libérons-nous de la peur instinctive face aux immigrants qui hante plusieurs d’entre-nous. Devenons plus conciliants. Cela ne changera rien pour nous, ni en nous, puisque nous serons toujours ce que nous sommes !
La langue majoritaire sera toujours le français. Notre identité demeurera intacte. On ne se fera pas de mal en nous ouvrant aux autres. Au contraire. Nous comprendrons mieux ce qu’est le monde et ses habitants et les avantages que leurs cultures peuvent apporter aux connaissances des membres de notre société.
Les immigrants vivent la fracture avec leur pays d’origine. C’est difficile pour eux même s’ils l’ont quitté volontairement. Mais avec le temps, et on a de multiples exemples du passé qui nous le démontrent, ils se joindront de plus en plus à nos activités culturelles, sociales, sportives…. Certes, il y aura des problèmes et des conflits… mais ces différends seront réglés. Pour juger de ce potentiel, on n’a qu’à écouter à la télé des jeunes de familles chinoises, coréennes, haïtiennes et d’autres qui parlent le français avec un bel accent québécois. Ce sont des exemples d’intégration et une démonstration claire des effets de la loi 101.
Face à la réalité, notre gouvernement devrait renseigner les Québécois et les préparer à l’avenir. Qu’il ait confiance en l’intelligence de notre peuple ! Nous comprenons que tout change rapidement et que nous devons bien saisir l’opportunité, ouvrir nos esprits, être généreux, oublier nos préjugés, raffermir notre culture et s’assurer que les néo-québécois participent au développement culturel et économique de notre société francophone. Voilà un objectif positif.
Je souhaite que mon gouvernement mette l’accent sur les vrais défis de demain et bâtisse notre coin de pays au lieu de semer une zizanie qui ne crée que des conflits.
Claude Dupras
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vendredi 27 septembre 2013
Ne pas soulever la nation, mais la bâtir
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mercredi 26 juin 2013
On est Québécois et Canadien, ou bien on ne l’est pas !
Le 24 Juin, la St-Jean-Baptiste, est la fête nationale des Québécois. Mais aussi la fête de tous les francophones du Canada. À l’origine, la St-Jean Baptiste était la fête des canadiens-français de tout le pays. La Société St-Jean-Baptiste était nationale et dédiée à unir et aider les francophones à prendre leur place dans tout le pays et à promouvoir leur culture et la langue française.
Depuis la révolution tranquille, les séparatistes québécois se sont emparés de cette fête. Ce faisant, ils ont essayé de faire oublier qu’il y a plus d’un million de francophones hors Québec qui ont, avec succès, conservé leur culture et leur langue française. Nous en avons eu la démonstration encore hier à la télé où on montrait les images des graves inondations qui affligent la ville de Medecine Hat en Alberta. Le maire de la ville répondait à des journalistes québécois dans un français impeccable. Pour plusieurs c’est surprenant puisque les séparatistes ne cessent de dire que les francophones du Canada sont de plus en plus assimilés et sur le point de disparaître. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Je dis merci à la télévision de la démontrer chaque jour.
Le 1er juillet est la fête du Canada. Celle de tous les Canadiens. C’est le temps de reconnaître avec satisfaction que notre pays est un des plus beaux, des plus grands et des plus riches de la planète où la qualité de vie est la meilleure. Nonobstant cela, plusieurs séparatistes le dénigreront en boycottant la fête.
Le chef du parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, a fait une déclaration récente qui montre sans équivoque que son parti est fédéraliste et respecte le Canada. Contrairement à plusieurs de nos politiciens québécois, il n’hésite pas à dire le mot CANADA. Il est Québécois et Canadien et il en est fier. Je le suis aussi, sans être libéral.
Évidemment, cela a froissé les séparatistes qui ont rétorqué de façon mensongère en qualifiant Couillard de fédéraliste pur et dur. On l’a même accusé d’avoir dit que son parti est définitivement fédéraliste. Quel péché ! Ils veulent faire croire qu’il a amené son parti dans une nouvelle voie politique. Il ne faut pas vouloir se rappeler du passé pour affirmer une telle inexactitude. Il faut faire exprès de vouloir oublier les positions claires et nettes du PLQ lors des deux référendums québécois sur la séparation du Québec. Ce sont deux chefs libéraux, Claude Ryan et Jean Charest, qui ont dirigé le comité référendaire favorable au maintien du Québec dans le Canada.
Ce parti a toujours été près de l’opinion majoritaire des Québécois sur la question nationale. Comme les autres partis, il est sensible à la défense de notre langue, de notre culture et, comme les autres gouvernements, il a donné aux Québécois de plus en plus d’outils pour se parfaire, se développer et assurer la protection de leur liberté culturelle et linguistique. Cependant, il veut continuer à défendre l’appartenance des Québécois au Canada car il croit que c’est pour eux un avantage sans égal.
Les batailles passées d’anciens premiers ministres Duplessis, Lesage, Lévesque et de Johnson sur le plan national ont fait valoir les aspirations du Québec et après de longues discussions, des changements importants ont été apportés à la fédération. Jamais le fédéral a dit « qu’importe l’opinion des Québécois, c’est la nôtre qui compte ». Le passé nous a démontré que le fédéralisme canadien est flexible, ajustable et toujours en mutation. Il a toujours été en évolution. Il y eut des passages difficiles, mais toujours les issues ont été trouvées.
Les Québécois sont Canadiens mais ne profitent suffisamment pas des avantages que leur offre le Canada. Ils n’y voyagent pas assez, n’y investissent pas suffisamment. Plusieurs l’on fait et ils ont bien réussi. Ils sont devenus des chefs de file canadiens, dans le génie par exemple.
Les séparatistes reprochent au fédéral l’accord de 1982, pour le rapatriement de la constitution canadienne de Londres, que le Québec a refusé de signer à la toute dernière minute. Couillard veut régler cette question qui mine le pays, une fois pour toutes. Les séparatistes l’accusent de vouloir le faire à tout prix sans rien exiger en échange. Il est évident qu’une telle affirmation frise la partisannerie car Couillard sait en bon politicien que ce serait sa mort politique s’il agissait ainsi. Il y va de l’intérêt du Québec que cette anomalie soit corrigée, et il veut le faire en tenant compte de l’opinion de tous les Québécois.
Les séparatistes accusent son parti d’être une succursale du parti libéral du Canada. Ridicule. Peut être que c’était le cas dans les années ’40 et ’50 du temps du temps du PM Louis St-Laurent et du ministre Ernest Lapointe, mais il y a longtemps que le PLQ a démontré qu’il est un parti québécois fortement autonome.
Couillard veut que les Québécois soient bilingues. Évidemment, les séparatistes l’accusent aussitôt de se sentir mieux avec la loi canadienne des langues officielles qu’avec la loi 101 du Québec. Comme si le bilinguisme pour un individu était négatif. Ils vont même jusqu’à affirmer qu’il veut abandonner la loi 101. Quelle insulte! Quelle tromperie!
Les séparatistes parlent du droit fondamental du peuple de décider de lui-même la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Quel peuple? Leurs arguments persistants laissent croire que seuls les francophones ont l’identité québécoise, comme si être Québécois c’est d’être francophone. Les Québécois anglophones dont les familles sont ici depuis des centaines d’années, ne le sont-ils? Les Québécois de la centaine d’autres souches dont plusieurs sont au Québec depuis près d’un siècle, italiens, polonais, slaves, irlandais, arabes, africains, asiatiques ne sont-ils de notre peuple ? Et les autochtones qui étaient là bien avant nos ancêtres, ne le sont-ils ? Est-ce seulement ceux qui parlent le français dans tout ce beau monde, que je viens de mentionner, qui sont le peuple québécois? J’aimerais bien connaître la définition séparatiste du mot « peuple ».
Pour moi, le peuple québécois d’aujourd’hui est composé de tous ceux qui ont des droits politiques au Québec, quelques soient leurs origines. Et j’aimerais bien que tous soient bilingues et parlent le français et l’anglais, les deux langues des nations fondatrices du Canada où elles sont officielles.
Une chose est certaine. La personne et les positions politiques positives et réalistes de Philippe Couillard sont à ce jour très bien acceptées par une majorité de Québécois. Il se dévoile comme un homme intelligent, qui sait ce dont il parle et qui sait faire toutes les nuances nécessaires pour la bonne compréhension des Québécois de ses politiques. Cet ensemble de qualités lui donne une image positive qui fait mal aux séparatistes. Il voit en lui un grand danger pour leur option politique et craignent que le voile sera levé sur leur argumentation séparatiste qui mène nulle part. Ils feront tout et diront tout pour le détruire. Couillard ne bronchera pas dans ses convictions. Il est Québécois. Il est Canadien. Il n’oublie pas que le Canada est la terre découverte par nos aïeux !
Cette terre est à nous et à ceux qui sont venus y vivre. Pas question de la céder à quiconque.
Bonne fête du Canada à tous.
Claude Dupras
Depuis la révolution tranquille, les séparatistes québécois se sont emparés de cette fête. Ce faisant, ils ont essayé de faire oublier qu’il y a plus d’un million de francophones hors Québec qui ont, avec succès, conservé leur culture et leur langue française. Nous en avons eu la démonstration encore hier à la télé où on montrait les images des graves inondations qui affligent la ville de Medecine Hat en Alberta. Le maire de la ville répondait à des journalistes québécois dans un français impeccable. Pour plusieurs c’est surprenant puisque les séparatistes ne cessent de dire que les francophones du Canada sont de plus en plus assimilés et sur le point de disparaître. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Je dis merci à la télévision de la démontrer chaque jour.
Le 1er juillet est la fête du Canada. Celle de tous les Canadiens. C’est le temps de reconnaître avec satisfaction que notre pays est un des plus beaux, des plus grands et des plus riches de la planète où la qualité de vie est la meilleure. Nonobstant cela, plusieurs séparatistes le dénigreront en boycottant la fête.
Le chef du parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, a fait une déclaration récente qui montre sans équivoque que son parti est fédéraliste et respecte le Canada. Contrairement à plusieurs de nos politiciens québécois, il n’hésite pas à dire le mot CANADA. Il est Québécois et Canadien et il en est fier. Je le suis aussi, sans être libéral.
Évidemment, cela a froissé les séparatistes qui ont rétorqué de façon mensongère en qualifiant Couillard de fédéraliste pur et dur. On l’a même accusé d’avoir dit que son parti est définitivement fédéraliste. Quel péché ! Ils veulent faire croire qu’il a amené son parti dans une nouvelle voie politique. Il ne faut pas vouloir se rappeler du passé pour affirmer une telle inexactitude. Il faut faire exprès de vouloir oublier les positions claires et nettes du PLQ lors des deux référendums québécois sur la séparation du Québec. Ce sont deux chefs libéraux, Claude Ryan et Jean Charest, qui ont dirigé le comité référendaire favorable au maintien du Québec dans le Canada.
Ce parti a toujours été près de l’opinion majoritaire des Québécois sur la question nationale. Comme les autres partis, il est sensible à la défense de notre langue, de notre culture et, comme les autres gouvernements, il a donné aux Québécois de plus en plus d’outils pour se parfaire, se développer et assurer la protection de leur liberté culturelle et linguistique. Cependant, il veut continuer à défendre l’appartenance des Québécois au Canada car il croit que c’est pour eux un avantage sans égal.
Les batailles passées d’anciens premiers ministres Duplessis, Lesage, Lévesque et de Johnson sur le plan national ont fait valoir les aspirations du Québec et après de longues discussions, des changements importants ont été apportés à la fédération. Jamais le fédéral a dit « qu’importe l’opinion des Québécois, c’est la nôtre qui compte ». Le passé nous a démontré que le fédéralisme canadien est flexible, ajustable et toujours en mutation. Il a toujours été en évolution. Il y eut des passages difficiles, mais toujours les issues ont été trouvées.
Les Québécois sont Canadiens mais ne profitent suffisamment pas des avantages que leur offre le Canada. Ils n’y voyagent pas assez, n’y investissent pas suffisamment. Plusieurs l’on fait et ils ont bien réussi. Ils sont devenus des chefs de file canadiens, dans le génie par exemple.
Les séparatistes reprochent au fédéral l’accord de 1982, pour le rapatriement de la constitution canadienne de Londres, que le Québec a refusé de signer à la toute dernière minute. Couillard veut régler cette question qui mine le pays, une fois pour toutes. Les séparatistes l’accusent de vouloir le faire à tout prix sans rien exiger en échange. Il est évident qu’une telle affirmation frise la partisannerie car Couillard sait en bon politicien que ce serait sa mort politique s’il agissait ainsi. Il y va de l’intérêt du Québec que cette anomalie soit corrigée, et il veut le faire en tenant compte de l’opinion de tous les Québécois.
Les séparatistes accusent son parti d’être une succursale du parti libéral du Canada. Ridicule. Peut être que c’était le cas dans les années ’40 et ’50 du temps du temps du PM Louis St-Laurent et du ministre Ernest Lapointe, mais il y a longtemps que le PLQ a démontré qu’il est un parti québécois fortement autonome.
Couillard veut que les Québécois soient bilingues. Évidemment, les séparatistes l’accusent aussitôt de se sentir mieux avec la loi canadienne des langues officielles qu’avec la loi 101 du Québec. Comme si le bilinguisme pour un individu était négatif. Ils vont même jusqu’à affirmer qu’il veut abandonner la loi 101. Quelle insulte! Quelle tromperie!
Les séparatistes parlent du droit fondamental du peuple de décider de lui-même la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Quel peuple? Leurs arguments persistants laissent croire que seuls les francophones ont l’identité québécoise, comme si être Québécois c’est d’être francophone. Les Québécois anglophones dont les familles sont ici depuis des centaines d’années, ne le sont-ils? Les Québécois de la centaine d’autres souches dont plusieurs sont au Québec depuis près d’un siècle, italiens, polonais, slaves, irlandais, arabes, africains, asiatiques ne sont-ils de notre peuple ? Et les autochtones qui étaient là bien avant nos ancêtres, ne le sont-ils ? Est-ce seulement ceux qui parlent le français dans tout ce beau monde, que je viens de mentionner, qui sont le peuple québécois? J’aimerais bien connaître la définition séparatiste du mot « peuple ».
Pour moi, le peuple québécois d’aujourd’hui est composé de tous ceux qui ont des droits politiques au Québec, quelques soient leurs origines. Et j’aimerais bien que tous soient bilingues et parlent le français et l’anglais, les deux langues des nations fondatrices du Canada où elles sont officielles.
Une chose est certaine. La personne et les positions politiques positives et réalistes de Philippe Couillard sont à ce jour très bien acceptées par une majorité de Québécois. Il se dévoile comme un homme intelligent, qui sait ce dont il parle et qui sait faire toutes les nuances nécessaires pour la bonne compréhension des Québécois de ses politiques. Cet ensemble de qualités lui donne une image positive qui fait mal aux séparatistes. Il voit en lui un grand danger pour leur option politique et craignent que le voile sera levé sur leur argumentation séparatiste qui mène nulle part. Ils feront tout et diront tout pour le détruire. Couillard ne bronchera pas dans ses convictions. Il est Québécois. Il est Canadien. Il n’oublie pas que le Canada est la terre découverte par nos aïeux !
Cette terre est à nous et à ceux qui sont venus y vivre. Pas question de la céder à quiconque.
Bonne fête du Canada à tous.
Claude Dupras
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jeudi 18 octobre 2012
Et si les Anglais n’étaient pas partis !
C’est en lisant l’article « As Quebec decays, Toronto seizes greatness » (Alors que le Québec se détériore, Toronto s’imprègne de grandeur) de lord Black dans le National Post que le sujet de ce billet m’est venu.
Conrad Black est né au Québec. Diplômé, dans les années ’70, en droit à l’université Laval de Québec et en histoire à McGill, il achète le journal Sherbrooke Record qui dessert la minorité anglophone des Cantons-de-l’est. Ce sera le début d’une épopée extraordinaire durant laquelle il deviendra propriétaire d’innombrables et importants journaux canadiens, américains et britanniques, un baron de la presse. Il quitte le Québec pour Toronto et plus tard renonce à sa citoyenneté canadienne pour devenir citoyen du Royaume-Uni où il devient membre de la chambre des lords britanniques. Mais certaines de ses transactions d’affaires attirent l’attention de la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. En 2007, il se retrouve au milieu d’un scandale financier en rapport avec les entreprises de son holding et est traduit en cour pour fraude. En 2007, il écope de six ans et six mois de prison. On le libère sous caution en juillet 2010 et il attend le résultat de son appel à la condamnation, puisqu’il se considère innocent des charges portées contre lui. Black est aussi biographe et a écrit l’histoire de Maurice Duplessis, premier ministre du Québec et des présidents américains F. D. Roosevelt et Richard Nixon.
En tôle, Black écrit sur l’actualité politique et le National Post, qu’il a créé, reproduit ses textes. Depuis sa libération, il continue. Son plus récent, mentionné précédemment, a choqué un grand nombre de Québécois. Blogueurs et chroniqueurs francophones l’ont décrié. Black y explique les raisons de l’exode hors-Québec de 500 000 Québécois anglophones durant les années ’60 à ’90. Il blâme les pressions nationalistes, les hauts taux de taxes non-compétitives, la redéfinition sans fin de l’utilisation de la langue anglaise comme si c’était un privilège et que l’on peut amender sans cesse par des lois comme la loi 101, etc.
Plus de cent sièges sociaux de compagnies importantes et d'un grand nombre de leurs sous-traitants ont quitté le Québec. Le « brain drain » a coûté plus de 100 000 diplômés de nos universités qui nous ont quittés pour s’installer hors-Québec. Des hommes et des femmes d’affaires d’envergure, des professionnels expérimentés, des créateurs reconnus et autres de bon calibre nous ont laissé pour aller travailler ailleurs. Et je pourrais continuer… Mais mon propos n’est pas de ressasser tout ça, mais de poser la question : Et si les Anglais n’étaient pas partis ?
Mais avant d’attaquer directement cette question, on peut se demander si nos concitoyens anglais ont eu raison de nous quitter. Selon eux, leurs droits étaient bafoués, leur identité sociale diminuée, leur langue et leurs traditions attaquées malicieusement. À tort ou à raison, ils ne sentaient plus bien dans leur peau. Ils ont cru que l’air frais d’ailleurs leur permettrait de reprendre goût à la vie. Pour eux, le bonheur s’y trouvait, là était la liberté de faire ce qu’ils voulaient dans leur langue, là ils seraient respectés. Ils quittèrent la terre de leurs ancêtres pour mieux vivre sans contrainte. Pour aller vers ce rêve, ils ont laissé leurs parents, leurs amis, leur maison, leur milieu, leurs habitudes… Ce fut pour chacun une décision difficile à prendre. Je le sais car plusieurs étaient mes amis. Je m’imagine me retrouver dans une telle situation et comment ce serait douloureux de tout quitter. Il faut être vraiment découragé par ce qui se passe autour de soi pour en arriver à ce point. Ils l’ont fait.
Par contre, les a-t-on vraiment brimés dans leurs droits ? L’avocat québécois Christian Néron nous éclaire sur cette question. Diplômé en histoire et en psychopédagogie, il a réagit à l’article de Lord Black sur l’Aut’journal (http://lautjournal.info/) dans un article intitulé « Lord Black is wrong ».
Me Néron souligne qu’il n’y a pas de droit sans loi. Sa « genèse des droits linguistiques au Canada » nous ramène à la case de départ et à Louis XIV qui en 1663 fait adopter un « Édit de création » pour objet de mettre en vigueur dans la colonie, l’universalité des lois et coutumes qui ont cours dans le parlement de Paris. En matière de langue, le français devient la langue officielle de l’État et le roi l’impose comme langue des relations internationales, aux dépens du latin ».
En 1763, le Canada change de roi pour celui de l’Angleterre et de régime. Le statut de la langue française changera-t-il ? Non, car le gouvernement anglais applique une règle à l’effet que toute colonie acquise par conquête se doit de maintenir en place ses propres lois et coutumes à l’exception de celles contraires à la religion. Ils sont brillants, ces Anglais !
En 1774, le parlement de Westminster adopte l’Acte de Québec. Le français demeure la seule langue officielle du pays. La langue anglaise fait sa place dans les « usages », mais ce ne sont ni des lois ni des droits. Le français… était même favorisé par la « common law » applicable aux colonies de peuplement. Par contre, sur le plan judiciaire, l’Acte garanti pour la première fois des droits linguistiques aux anglophones de la province de Québec… et leur reconnaît le droit de conserver et de diriger leurs écoles sur une base confessionnelle.
En 1986, la loi sur la santé et les services sociaux permet aux anglophones de réclamer des services et des soins de santé dans leur langue.
Je crois que l’on peut conclure, comme Me Néron que les « humiliations » ressenties par les anglophones suite à certaines politiques linguistiques du gouvernement du Québec découlent d’une méconnaissance du droit et d’attentes irréalistes fondées uniquement sur des droits supposés ou imaginés. La loi 101 est légale et a été reconnue comme telle par la cour Suprême du Canada. Les anglophones n’ont pas perdu de droits et la langue anglaise a conservé tous ses attributs.
Lord Black ne tient pas compte de l’histoire des lois linguistiques au Canada et semble croire que les « usages » de la période coloniale anglaise tiennent lieu de lois et de droits.
Quant aux centaines de milliers d’anglophones qui sont restés au Québec, ils se sont adaptés et ont bien gagné leur vie. Ils ont vécu les changements linguistiques. Ils ont envoyé leurs enfants dans les écoles élémentaires et secondaires de langue française. Ils les ont vus plus tard fréquenter et marier un ou une francophone (50% d’entre eux l’ont fait)). Ils ont constaté que leur communauté est devenue à 70% bilingue. Ils ont respecté le français comme langue d’affichage, le travail en français et les autres conditions de la loi 101. Certes, ce ne fut pas facile et plusieurs ont regimbé, mais généralement tout est tombé en place. Aujourd’hui, ils sont généralement heureux. Cependant, ils s’inquiètent des ondes négatives qu’émet le nouveau gouvernement Marois. Ils sont surpris qu’il ne reconnaisse pas tout le trajet qu’ils ont parcouru en rapport avec leur adaptation à la langue française.
Et si les exilés n’étaient pas partis, où en seraient-ils ? Où en serions-nous ?
. Ceux qui sont restés nous démontrent qu’ils auraient eu les mêmes opportunités qu’ailleurs.
. La loi 101 serait toujours en vigueur et leurs enfants seraient bilingues et non unilingues comme ils le sont aujourd’hui.
. Leur vie familiale et d’affaires auraient été normales puisque les contraintes d’opportunités qu’ils appréhendaient ne se sont jamais réalisées.
. Montréal serait toujours la métropole canadienne et au lieu d’être au 17e rang mondial comme centre de services financiers, elle occuperait probablement une des premières places (Toronto est 3ième).
. L’importance et l’influence de Montréal au pays et dans le monde seraient demeurées intactes puisqu’elle serait la ville où les deux nations fondatrices du pays vivent ensemble.
. Avec les études, mieux préparés et plus expérimentés, les francophones feraient partie de la direction et du management des compagnies, quelles qu’elles soient. Ils participeraient activement et contribueraient également aux succès des entreprises canadiennes.
. La population de Montréal compterait un million de plus de résidents et la très grande majorité serait bilingue.
. Montréal à cause de ses facettes bilingues et la compétence de ses citoyens et citoyennes serait devenue un aimant capable d’attirer les compagnies étrangères voulant un pied à terre en Amérique.
. Les sièges sociaux des grandes compagnies se seraient multipliés, tout comme ceux des compagnies de sous-traitance qui leur fournissent services et produits.
. Les carnets de commandes des fournisseurs et des sous-traitants installés à Montréal augmenteraient considérablement puisqu’ils seraient situés à proximité des départements d’achats des sièges sociaux des compagnies.
. On n’entendrait plus, lorsqu’on veut placer une commande pour un objet particulier « c’est back-order Toronto ».
. L’offre d’emploi serait supérieure dans tous les domaines.
. Le nombre de payeurs de taxes seraient fortement augmenté, particulièrement dans la catégorie des plus hauts salariés.
. Avec plus de citoyens, le Québec aurait beaucoup plus de députés au parlement canadien et son poids y serait proportionnellement plus influent.
Et je pourrais continuer cette liste… Mais pour terminer, j’en ajoute un, qui me touche personnellement : l’architecture.
Avant la crise linguistique, Montréal a connu un boom architectural remarquable grâce à la collaboration des plus grands architectes du monde. Parmi ceux-ci, il y a eu la Place Ville Marie de l’architecte Ieoh Ming Pei, la ville souterraine de l’urbaniste américain devenu montréalais Vincent Ponte, l’édifice de la Banque Canadienne Impériale de Commerce de l’architecte britannique Peter Dickinson, la place Westmount de l’architecte américain Mies Van der Rohe, la tour de la Bourse des architectes italiens Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi, la biosphère de l’architecte-futuriste américain Buckminster Fuller, le stade olympique du français Roger Tailibert, Habitat 67 de Moshe Safdie, le Château Champlain de l’architecte québécois Roger Dastous qui réalisa plus tard le village Olympique et plusieurs autres projets d'architectes renommés qui ont changé le visage de Montréal.
Depuis, Toronto donne le pas avec des projets des plus grands architectes du monde. On nous dit qu’à Montréal on ne pourrait se payer un bâtiment comme le musée de Bilbao, construit dans la ville industrielle espagnole et dont l’architecture attire des centaines de milliers de visiteurs. Ce musée est l’œuvre d’un canadien, le célère architecte canadien Frank Gehry. Pourtant à Toronto, il vient d’être engagé à nouveau pour un projet important, qui s’annonce extraordinaire, de trois tours de 80 étages dans le district des théâtres.
À considérer les faits mentionnés précédemment, on peut conclure que le départ des Anglais de Montréal fut injustifié. Les malheurs qu'entrevoyaient leurs craintes ne se sont pas matérialisées. Montréal, eux et nous serions aujourd’hui en meilleure position s’ils étaient restés au Québec. Plusieurs justifient leur décision d’alors par la peur. Je crois que malheureusement, ils ont eu peur d’avoir peur.
Claude Dupras
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vendredi 25 mars 2011
Le coût de la langue française
Au Québec, on parle le français! Plus qu’avant, mieux qu’avant. La langue française est prédominante partout, même à Montréal où vivent plus de citoyens de langue anglaise.
Avant la loi 101, statuée en 1977, c’était un free for all. Par exemple, au début de ma carrière d’ingénieur-conseil en 1958, la très grande majorité des grands entrepreneurs en plomberie, chauffage, ventilation et électricité était de langue anglaise. Lors de soumissions publiques pour la construction d’écoles, ils étaient presque toujours bas soumissionnaires au détriment des entreprises francophones qui souffraient d’une carence de personnel expérimenté et de moyens financiers. Un autre cas fut la construction du siège social de l’Hydro Québec, inauguré en 1962. Pour ce projet important entrepris par le gouvernement du Québec, les plans et devis d’architecture, de mécanique et d’électricité furent préparés uniquement en langue anglaise, et cela par des firmes-conseils francophones. Ces exemples démontrent bien que les droits linguistiques des Québécois et Québécoises étaient mal définis malgré qu’on affirmait alors que le Québec était la seule province du Canada à pratiquer le bilinguisme anglais-français au niveau institutionnel.
Avec la loi 101, quasi constitutionnelle, la langue de la majorité, le français, est devenue la langue officielle de l’État.
Le Québec a aussitôt changé, puisque ses objectifs nous donnaient le droit de communiquer en français avec le gouvernement, les ordres professionnels, les associations d’employés et les entreprises québécoises établis au Québec. De même, dans les assemblées délibérantes. Nos travailleurs pouvaient exercer leurs activités en français, les consommateurs être informés et servis en français, et les personnes aptes à l’enseignement le recevoir en français. C’était simple et normal.
Cette loi arriva au moment où le Québec commençait à former des individus techniquement capables d’entreprendre, de gérer des entreprises et même de prendre des risques financiers. En effet, les écoles scientifiques et commerciales bénéficiant de nouveaux bâtiments, lancés par Maurice Duplessis, pour l’université de Sherbrooke en 1954, l’École Polytechnique en 1956, la faculté des sciences à Québec inaugurée en 1962 et les HEC de Montréal, produisaient enfin un nombre grandissant de diplômés. L’atmosphère de la révolution tranquille ajoutait à l’enthousiasme et on vit germer partout sur le territoire de nouvelles entreprises de toutes catégories, propriétés de francophones. Plusieurs acquéraient des entreprises anglaises.
La peur de la loi 101 a cependant créé un tort appréciable au Québec, dit « le brain drain ». La société anglophone devint inquiète de son avenir. Ses familles les plus enracinées demeurèrent au Québec, mais un très grand nombre de leurs jeunes hommes et femmes d’affaires, diplômés universitaires, jeunes et moins jeunes, crurent bon de se réinstaller hors Québec. De 788 000 membres, la communauté anglaise diminua à 600 000 en 1971. De plus, depuis 1971, près de 20% des anglophones nés au Québec, bilingues et possédant des doctorats, continuent à nous quitter pour gagner ailleurs leur vie. Nous avons perdu une richesse de talents incroyables et j’ai mal en imaginant ce que seraient Montréal et le Québec si toutes ces personnes, qui nous connaissaient bien, étaient demeurées ici avec leurs descendants (qui aujourd’hui seraient bilingues).
Et il y a l’immigration. Un débat s’élève sur le critère de la connaissance et de l’apprentissage du français dans la grille québécoise de sélection des nouveaux immigrants. L’an dernier, le Québec a accueilli 53 000 nouveaux arrivants dont 33 000 travailleurs qualifiés et 2 000 gens d’affaires. 68 % maitrisaient bien le français. La majorité venait d’Afrique, particulièrement du Maghreb. Malheureusement, cette immigration s'est avérée insuffisante pour répondre à la demande des employeurs québécois pour des travailleurs de haute technicité.
En Ontario, et particulièrement à Toronto, les immigrants sont d’Asie. Ils sont plus riches, plus nombreux et plus techniquement qualifiés que ceux qui viennent au Québec. D’ailleurs, ça se répercute par le boom immobilier que Toronto connaît actuellement. Par exemple, une des nombreuses nouvelles tours à condos en construction est un édifice de 65 étages dont l’appartement le moins cher se vend environ 600 000$. Le promoteur est le montréalais Jonathan Weiner qui affirme avoir vendu en quelques semaines plus de 50% des condos. « On se bousculait pour les acheter et les acquéreurs sont de nouveaux arrivants asiatiques hautement instruits et compétents ». En général, ces derniers ne parlent que l’anglais comme langue seconde et Toronto est plus facilement accessible pour eux que le Québec comme porte d’entrée au Canada.
Voilà pourquoi Toronto a enlevé à Montréal, le titre de la grande ville canadienne qui compte le plus de sociétés nationales et internationales de haut niveau.
La question que plusieurs se posent maintenant est la suivante : « Doit-on, au Québec, davantage tenir compte des besoins des employeurs et accorder moins d’importance à la maîtrise initiale de la langue française ? ». En somme, doit-on favoriser l’immigration économique ? Cela ajouterait un nombre d’immigrants plus riches et plus éduqués à l’économie québécoise qui serait ainsi mieux soutenue.
Les indépendantistes québécois par la bouche du député péquiste Pierre Curzi répondent : « …le français est menacé, particulièrement dans la région de Montréal, il est tout à fait inadmissible de chercher à supprimer le critère de la langue française dans la sélection des nouveaux arrivants ». Leurs opposants diront que les nouveaux arrivants qui contrôlent moins bien le français devront de toute façon faire éduquer leurs descendants dans les écoles françaises du Québec et ceux-ci deviendront éventuellement des parlant français. Entretemps, l’économie québécoise aura profité de leur apport et sera plus forte pour tout le monde.
Comment calculer le coût de la langue française pour les Québécois ?
Au point de vue des objectifs de la loi 101 pour l’individu et sa langue, des nouvelles générations d’entrepreneurs francophones, du visage français de Montréal et de l’amélioration de la langue parlée et écrite, ce fut un gros gain.
Au point de vue de l’économie de Montréal et du Québec suite au « brain drain », au déménagement des entreprises à Toronto et de la constance depuis dans l’apport supérieur des immigrants à l’économie de la Ville-reine, ce fut une perte pour Montréal qui a été évidée de sa vigueur économique.
Doit-on modifier la loi 101 pour favoriser l’économie québécoise ? C’est la question actuelle. Pas facile à trancher…
Claude Dupras
Avant la loi 101, statuée en 1977, c’était un free for all. Par exemple, au début de ma carrière d’ingénieur-conseil en 1958, la très grande majorité des grands entrepreneurs en plomberie, chauffage, ventilation et électricité était de langue anglaise. Lors de soumissions publiques pour la construction d’écoles, ils étaient presque toujours bas soumissionnaires au détriment des entreprises francophones qui souffraient d’une carence de personnel expérimenté et de moyens financiers. Un autre cas fut la construction du siège social de l’Hydro Québec, inauguré en 1962. Pour ce projet important entrepris par le gouvernement du Québec, les plans et devis d’architecture, de mécanique et d’électricité furent préparés uniquement en langue anglaise, et cela par des firmes-conseils francophones. Ces exemples démontrent bien que les droits linguistiques des Québécois et Québécoises étaient mal définis malgré qu’on affirmait alors que le Québec était la seule province du Canada à pratiquer le bilinguisme anglais-français au niveau institutionnel.
Avec la loi 101, quasi constitutionnelle, la langue de la majorité, le français, est devenue la langue officielle de l’État.
Le Québec a aussitôt changé, puisque ses objectifs nous donnaient le droit de communiquer en français avec le gouvernement, les ordres professionnels, les associations d’employés et les entreprises québécoises établis au Québec. De même, dans les assemblées délibérantes. Nos travailleurs pouvaient exercer leurs activités en français, les consommateurs être informés et servis en français, et les personnes aptes à l’enseignement le recevoir en français. C’était simple et normal.
Cette loi arriva au moment où le Québec commençait à former des individus techniquement capables d’entreprendre, de gérer des entreprises et même de prendre des risques financiers. En effet, les écoles scientifiques et commerciales bénéficiant de nouveaux bâtiments, lancés par Maurice Duplessis, pour l’université de Sherbrooke en 1954, l’École Polytechnique en 1956, la faculté des sciences à Québec inaugurée en 1962 et les HEC de Montréal, produisaient enfin un nombre grandissant de diplômés. L’atmosphère de la révolution tranquille ajoutait à l’enthousiasme et on vit germer partout sur le territoire de nouvelles entreprises de toutes catégories, propriétés de francophones. Plusieurs acquéraient des entreprises anglaises.
La peur de la loi 101 a cependant créé un tort appréciable au Québec, dit « le brain drain ». La société anglophone devint inquiète de son avenir. Ses familles les plus enracinées demeurèrent au Québec, mais un très grand nombre de leurs jeunes hommes et femmes d’affaires, diplômés universitaires, jeunes et moins jeunes, crurent bon de se réinstaller hors Québec. De 788 000 membres, la communauté anglaise diminua à 600 000 en 1971. De plus, depuis 1971, près de 20% des anglophones nés au Québec, bilingues et possédant des doctorats, continuent à nous quitter pour gagner ailleurs leur vie. Nous avons perdu une richesse de talents incroyables et j’ai mal en imaginant ce que seraient Montréal et le Québec si toutes ces personnes, qui nous connaissaient bien, étaient demeurées ici avec leurs descendants (qui aujourd’hui seraient bilingues).
Et il y a l’immigration. Un débat s’élève sur le critère de la connaissance et de l’apprentissage du français dans la grille québécoise de sélection des nouveaux immigrants. L’an dernier, le Québec a accueilli 53 000 nouveaux arrivants dont 33 000 travailleurs qualifiés et 2 000 gens d’affaires. 68 % maitrisaient bien le français. La majorité venait d’Afrique, particulièrement du Maghreb. Malheureusement, cette immigration s'est avérée insuffisante pour répondre à la demande des employeurs québécois pour des travailleurs de haute technicité.
En Ontario, et particulièrement à Toronto, les immigrants sont d’Asie. Ils sont plus riches, plus nombreux et plus techniquement qualifiés que ceux qui viennent au Québec. D’ailleurs, ça se répercute par le boom immobilier que Toronto connaît actuellement. Par exemple, une des nombreuses nouvelles tours à condos en construction est un édifice de 65 étages dont l’appartement le moins cher se vend environ 600 000$. Le promoteur est le montréalais Jonathan Weiner qui affirme avoir vendu en quelques semaines plus de 50% des condos. « On se bousculait pour les acheter et les acquéreurs sont de nouveaux arrivants asiatiques hautement instruits et compétents ». En général, ces derniers ne parlent que l’anglais comme langue seconde et Toronto est plus facilement accessible pour eux que le Québec comme porte d’entrée au Canada.
Voilà pourquoi Toronto a enlevé à Montréal, le titre de la grande ville canadienne qui compte le plus de sociétés nationales et internationales de haut niveau.
La question que plusieurs se posent maintenant est la suivante : « Doit-on, au Québec, davantage tenir compte des besoins des employeurs et accorder moins d’importance à la maîtrise initiale de la langue française ? ». En somme, doit-on favoriser l’immigration économique ? Cela ajouterait un nombre d’immigrants plus riches et plus éduqués à l’économie québécoise qui serait ainsi mieux soutenue.
Les indépendantistes québécois par la bouche du député péquiste Pierre Curzi répondent : « …le français est menacé, particulièrement dans la région de Montréal, il est tout à fait inadmissible de chercher à supprimer le critère de la langue française dans la sélection des nouveaux arrivants ». Leurs opposants diront que les nouveaux arrivants qui contrôlent moins bien le français devront de toute façon faire éduquer leurs descendants dans les écoles françaises du Québec et ceux-ci deviendront éventuellement des parlant français. Entretemps, l’économie québécoise aura profité de leur apport et sera plus forte pour tout le monde.
Comment calculer le coût de la langue française pour les Québécois ?
Au point de vue des objectifs de la loi 101 pour l’individu et sa langue, des nouvelles générations d’entrepreneurs francophones, du visage français de Montréal et de l’amélioration de la langue parlée et écrite, ce fut un gros gain.
Au point de vue de l’économie de Montréal et du Québec suite au « brain drain », au déménagement des entreprises à Toronto et de la constance depuis dans l’apport supérieur des immigrants à l’économie de la Ville-reine, ce fut une perte pour Montréal qui a été évidée de sa vigueur économique.
Doit-on modifier la loi 101 pour favoriser l’économie québécoise ? C’est la question actuelle. Pas facile à trancher…
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