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samedi 8 janvier 2011

Les ridicules Républicains américains

Le congrès américain a changé le 1er janvier 2011. Les nouveaux élus de l’élection mi-mandat ont été assermentés et ont pris place à la Chambre des représentants et au Sénat. En très grand nombre, ce sont des Républicains. Dorénavant le parti républicain est majoritaire à la Chambre et a la responsabilité de gouverner. Au Sénat, les Démocrates ont maintenu leur majorité mais leur nombre a baissé. Le président Barack Obama aura donc plus de difficultés dans l’avenir à faire adopter ses réformes.

Les nouveaux représentants ont été élus suite un mouvement anti-déficit et anti-dette qui s’est répandu aux USA, particulièrement dans l’ouest du pays. Immergés par la vague des teapartyers anti-Obama, ces Républicains leur ont promis mer et monde pour se faire élire. Ils doivent maintenant livrer la marchandise.

Dès les premiers jours, deux de leurs propositions m’ont surpris. La première, proposée par les « birthers », est la demande de démission d’Obama sous prétexte qu’il n’est pas né aux USA, comme l’exige la constitution américaine. Ils étaient douze représentants avec plusieurs supporteurs dans les tribunes à faire cette demande. Et cela, malgré que l’endroit de naissance d’Obama ait été clairement établi, qu’il ait produit un certificat précisant qu’il est né en l’état d’Hawaï et que les journaux hawaïens, le jour suivant sa naissance, en aient fait état dans la chronique des nouveau-nés. Ces gens haïssent tellement Obama qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer de la carte politique.

Puis, et là c’est moins drôle, les représentants républicains ont proposé de résilier la loi sur la santé, l’Obamacare, adoptée l’an dernier par le gouvernement et qui ajoutait, enfin, 32 millions de pauvres américains au système de l’assurance-maladie. Les Républicains prétendent que la mise en application de cette loi résultera, à long terme, dans des pertes d’emplois et qu’elle va ruiner les USA en augmentant annuellement le déficit et en faisant croître considérablement la dette. Non seulement leur proposition est indéfendable, mais ils savent qu’elle ne sera jamais adoptée par le Sénat, et que même si elle l’était, le président Obama y opposerait son véto. Donc, cette longue discussion qui s’engage est une perte de temps pure et inutile.

Il en est de même au niveau des états américains où 24 gouverneurs questionnent en cours de justice la constitutionnalité de l’Obamacare.

La proposition républicaine pour l’abolition de l’Obamacare a été examinée par le non-partisan Congressional Budget Office (CBO) qui a remis son rapport jeudi dernier aux représentants, avant le début des débats. Il énonce clairement qu’il en coûterait au gouvernement 230 billions $ pour le 10 prochaines années s’il annule la loi. Les Républicains répliquent et affirment le contraire : la loi coûtera 2,6 trillions $ et ajoutera 701 billions au déficit dans les premiers 10 ans. Leurs projections sont préparées par des lobbyistes du domaine privé de la santé. Qui croire ? Un organisme indépendant nommé par les deux parties ou les données issues d’intérêts privés ?

Questionné, M. Elmendorf, directeur du CBO et économiste respecté, a expliqué que son étude est basée sur la médiane de données techniques, de comportement humain et de facteurs économiques. Les Républicains refusent son approche qui est reconnu dans le monde.

Ce qui devient évident, c’est que les Républicains veulent faire rembourser les déficits par les moins nantis. Ils ont imposé le renouvellement des baisses d’impôts aux plus riches, enlevant ainsi au gouvernement un revenu de 700 milliards $ sur 10 ans. Et, pour réduire le déficit annuel et la dette grandissante, ils prônent toutes sortes de mesures rétrogrades qui s’attaquent aux lois sociales qui aident les plus infortunés, qui contrecarrent, au niveau des états, les moyens de pression des unions de travailleurs afin de diminuer les salaires et les pensions de ceux-ci, etc… et ceci en refusant carrément de couper dans les dépenses militaires.

C’est la démonstration que les Républicains sont prisonniers du populisme des teapartyers et des conservateurs d’extrême-droite et que chacun d’entre eux craint de perdre son siège. À cause de cette emprise sur le parti, c’est un mauvais temps pour les républicains d’être au pouvoir. Voila pourquoi j’espère que les Démocrates sauront se ressaisir et arrêter la marche vers le pouvoir absolu de ces ridicules politiciens républicains.

Claude Dupras

PS. Au moment où j'émets ce message, CNN annonce qu'une représentante démocrate de l'Arizona, une des rares élues de ce parti dans cet état de l'Ouest américain lors de la campagne mi-mandat, vient d'être tirée à bout portant dans la tête. Elle est en danger de mort suite à l'opération. Six autres personnes sont mortes et onze furent blessées. Est-ce un résultat de la haine envers les Démocrates qu'ont semée les teapartyers ? Peut être.. L'enquête le dira.

Il est temps que les Démocrates et les Républicains se traitent avec respect.

jeudi 6 janvier 2011

Une opportunité en or pour les socialistes français

Le parti socialiste français (PS) tiendra sa «primaire» à l’automne 2011 en vue de la désignation par ses membres de son candidat à l’élection présidentielle. Les mises en candidatures se tiennent en juin et sont ouvertes à toute personne de gauche, une première, si celle-ci rencontre les conditions établies par le parti socialiste.

C’est une chance unique pour la gauche française de prendre toute la place médiatique de juin à novembre 2011 car une telle compétition peut devenir fort intéressante et capter l’imagination de tous les Français. Ce résultat est inévitable, si on en juge par les dernières «primaires» américaines qui ont été suivies par des millions de personnes, non seulement aux USA mais dans le monde entier.

Le PS est le seul grand parti politique français qui tiendra une «primaire» en vue de la prochaine élection présidentielle. Le président Sarkozy étant éligible pour un second mandat, son parti, l’UMP, n’aura pas de «primaire». Sur le plan médiatique, le PS sera donc seul. C’est un avantage important.

Déjà, six candidatures sont déclarées, dont celles du député Arnaud Montebourg qui a présidé le comité du PS pour la mise en forme de cette élection «primaire», Ségolène Royal qui a recueilli plus de 18 millions de votes lors de la dernière élection présidentielle contre Nicolas Sarkozy et le député-maire Manuel Valls. D’autres viendront, dont les plus attendues sont celles de Martine Aubry, premier secrétaire du PS et de Daniel Strauss-Kahn (DSK), président du FMI et défait à la «primaire» de 2006 par Ségolène Royal. À ce jour, le grand favori est DSK.

Les médias français traitent de plus en plus de cette élection «primaire» et dès qu’un candidat fait une déclaration pour le moins sensationnelle, cette dernière capte sur-le-champ la « Une » des médias et son propos est discuté en fond et en large.

Il en est ainsi, actuellement, pour la récente position de Manuel Valls sur la question des 35 heures. Cette loi fut proposée par Martine Aubry et adoptée par l’ex-gouvernement socialiste Jospin pour réduire la semaine de travail des Français à 35 heures. La loi fut opposée férocement par la droite et, dès sa prise de pouvoir, le président Sarkozy la modifia pour permettre aux Français de « travailler plus longtemps pour gagner plus ». Que le socialiste Valls propose aujourd’hui de « déverrouiller les 35 h pour permettre aux entreprises d’augmenter les salaires » devient une grosse nouvelle et tous les médias s’en emparent, même si certains la qualifient de « politiquement inepte ».
Je comprends Valls de chercher à faire du bruit pour se faire remarquer et il réussit. À la guerre comme à la guerre !

Mais le plus révélateur est la position du parti socialiste de Mme Aubry, face à cette proposition de Valls. Pour elle, il est inacceptable qu’un candidat au «primaire» propose des changements aux lois qui ont été adoptées dans le passé par un gouvernement socialiste et surtout sa loi des 35 heures. Elle menace d’expulser Valls du PS et le somme de se conformer à la « ligne officielle » sinon... Au lieu d’argumenter, elle fait peur ! On se penserait en Russie de Staline.

Il y a aussi cette rumeur, bien fondée, d’une entente entre DSK, Royal et Aubry. Si DSK est candidat, elles se désisteraient en sa faveur. Quelle idée farfelue, injuste et indigne pour les membres du parti socialiste ! Au Québec, on appelle cela du « paquetage de convention ». Si une telle chose se produit, tout le suspense qui devait être généré par une vraie compétition pour le choix du candidat présidentiel socialiste disparaîtra ipso facto. La presse ne fera plus qu’une couverture minimale de cet exercice démocratique puisqu’il aura été méprisé par ses dirigeants principaux. Ce sera un mauvais calcul de la part de ces derniers puisqu’il ne tiendra pas compte que la bataille électorale est en réalité un commerce d’images et d’illusions.

Pour l’organisation de sa primaire, le PS s’est inspiré de celle du parti démocrate qui a choisi Barack Obama. Il semble qu’il n’ait rien compris. À cette «primaire» américaine, aucun candidat ne s’est désisté en faveur d’un autre. Au contraire, ils se sont livrés jusqu’à la dernière minute une bataille de titans. Ce sont les délégués de tous les états américains qui ont analysé, décidé et choisi leur candidat à la présidence américaine. La confrontation entre les candidats fut dure et intense et ce n’est qu’après l’annonce du vote que les candidats défaits se sont ralliés à Obama. Le parti démocrate sur lequel toute l’attention du monde entier s’était concentrée est sorti gagnant à cause de toute la publicité médiatique que la rivalité entre ses candidats a générée. Les démocrates ont réussi non seulement à faire élire Obama lors de l’élection générale mais aussi une majorité de représentants à la Chambre et une majorité de sénateurs au Sénat. Ces résultats démontrent bien que ce n’est pas uniquement le candidat à la présidence qui bénéficie des retombées médiatiques d’une telle «primaire» mais tous les candidats de son parti.

On me dit souvent que l’approche électorale en France n’est pas comme celle des USA ou du Canada. J’ai toujours montré mon désaccord devant une telle affirmation. Un électeur est un électeur et, où qu’il soit, il suit d’un œil distrait l’évolution de la politique qui le concerne. Mais lorsque son attention est attirée par des ondes positives ou négatives qui sont émises par un incident ou un personnage politique, il réagit en conséquence.

La finale de la «primaire» socialiste française doit être l’aboutissement d’un affrontement sain et réel entre tous ses candidats qui aspirent à devenir président de la France. Ils ont plus de six mois pour se faire valoir. Ce faisant, ils attireront à la longue l’attention de plus en plus de futurs électeurs et les influenceront. Si cette «primaire» est sabotée par des stratèges de cuisine ou par l’intérêt personnel des dirigeants du parti, le PS manquera la marque et cette belle opportunité qui s’offre à lui s’envolera en fumée.

Claude Dupras

lundi 22 mars 2010

La paix est-elle possible en Palestine ? Il y a un espoir.

Déjà 5 morts aux mains des troupes israélites, en 24 heures. Des jeunes, dont Mohammad 15 ans… Osaid 17 ans… qui lançaient des pierres pour manifester contre la construction illégale de 1 600 logements sur une terre de Jérusalem-Est, propriété des Palestiniens envahie par Israël. On les a trouvés avec des petits trous dans la tête et dans le corps. Pourtant, et comme toujours, l’armée nie avoir utilisé des balles vivantes mais des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Les médecins de l’hôpital confirment que ce sont des balles de métal.

Le secrétaire-général des Nations-Unies s’est rendu à Gaza pour affirmer que la construction des logements est illégale et dénoncer la décision du gouvernement d’Israël. Il arrivait d’une rencontre avec le quartette USA-Union Européenne-Russie-ONU qui de Moscou avait demandé au Premier ministre Bibi Netanyahou d’annuler le projet. La réponse de ce dernier a été arrogante : « nous construisons depuis 42 ans dans ce coin du pays et nous n’arrêterons pas. Si on construit à Tel Aviv, on peut construire à Jésuralem-Est ». Pour lui, la justification est simple, Jérusalem est « une » ville et elle est israélite, puisqu’il y a 2 000 ans elle était juive. Il a décidé que le territoire de Jérusalem-Est, occupé en 1967 par l’armée israélienne, fait partie d’Israël. Et, parce qu’il est arabe, il ne faut qu’augmenter suffisamment le nombre de juifs y vivant pour changer la majorité. Ceci est fortement contesté par les Palestiniens, la Ligue Arabe et tous les pays du monde, sans exception, qui n’acceptent pas les dires d’Israël sur cet envahissement d’un territoire étranger. Même le gouvernement canadien de Stephen Harper a critiqué Israël, et c’était une première, sur la question de la construction des logements.

C’est triste de constater le « timing » de l’affaire des logements. En effet, au moment où le président Barak Obama s’est donné comme objectif de régler le conflit israélo-palestinien qui pourrit toutes les relations des USA avec les pays du Proche et du Moyen Orient et qu’il accepte l’idée, émise par son prédécesseur et l’ex-PM Sharon, de créer deux nations indépendantes vivant côte-à-côte sur cette terre bénie par le temps, le hasard a voulu que ce soit Netanyahou qui devienne le premier ministre d’Israël. Ce dernier, un dur parmi les durs, n’accepte pas l’idée des deux nations. Suite à son élection, j’ai écrit mon blog du 11 juin 2009, intitulé « Netanyahou le pas bon ». À le voir évoluer, depuis son élection, je n’ai pas changé mon opinion de ce triste personnage. Le Guardian de Londres affirme aujourd’hui que c’est lui Netanyahou qui a ordonné l’assassinat à Dubaï du membre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh. Il semble qu’au lieu de négocier avec ses adversaires, il les fait tuer.

Obama et son secrétaire d’État Hillary Clinton ont choisi l’ex-sénateur George Mitchell comme envoyé spécial pour négocier la paix auprès des deux parties. C’est un des meilleurs et avec lui tout avançait lentement mais bien, jusqu’à l’incident de la construction des nouveaux logements. Le président Obama a réagi fortement, Mme Clinton encore plus, le vice-président américain Joseph Biden s’est montré insulté puisqu’il était en visite officielle en Israël et reçu par Netanyahou qui ne lui a pas glissé mot de sa décision. La situation s’est vite refroidie et a résulté en un début de crise diplomatique amère, entre les USA et Israël, la pire depuis des décades.

L’équipe d’Obama a dénoncé la nouvelle violence qui découle de l’affaire des logements et qui nuit aux aspirations de paix des Juifs et des Palestiniens. Elle a demandé l’arrêt des hostilités et suggéré aux deux parties de cesser leur bagarre et de se reconnaître l’une et l’autre.

C’est alors que la droite américaine, les Républicains en tête, sous l’impulsion de l’important lobby juif pro-Israël de Washington a commencé une campagne d’insinuations contre le président prétextant qu’il prenait partie pour les Palestiniens, qu’il était un faible et qu’il n’avait la couenne assez dure pour faire face à de telles situations. Obama a riposté que « son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël est immuable comme un rocher solide » mais qu’il se devait de rappeler les parties à l’ordre, incluant Israël, afin que les objectifs de paix soient maintenus. Mme Clinton d’ajouter : « la vérité doit être dite lorsque nécessaire, même entre amis ».

La position pro-Israël passée du gouvernement américain a été influencée fortement par le lobby juif de droite que je mentionnais précédemment. C’est un groupe puissant, de 2,5 millions de membres et un budget de 2,5 millions $ par an. C’est l’AIPAC. Depuis toujours, il fait la cabale pro-Israël dans toutes les officines du congrès américain et à la Maison-Blanche. Pour eux, Israël a toujours raison. Je ne les blâme pas d’agir ainsi, c’est leur droit. Le problème c’est que leur puissance a fait plier les décideurs américains, plus d’une fois, en faveur d’Israël alors que l’intérêt des USA se trouvait plutôt du côté d’une politique neutre dans ce conflit. Ces positions partisanes ont amené le monde arabe à se méfier et petit à petit à perdre confiance en les dirigeants américains, ce qui n’a pas aidé à calmer les esprits dans ce coin du monde.

Malgré tout, je vois un nouvel espoir qui pointe à l’horizon. En effet, un groupe de juifs de gauche a créé l’an dernier un nouveau lobby à Washington. C’est le « J Street ». Il a profité de la campagne électorale présidentielle pour trouver des fonds afin de contribuer, contrairement à la stratégie d’AIPAC, au financement direct de candidats qu’ils soient démocrates ou républicains. 33 des 41 candidats choisis au Sénat et à la Chambre des représentants ont gagné leurs élections. Pensant, au début, collecter 50,000$, « J Street » a recueillit plus de $600,000$. Ce fut un succès inespéré et surprenant qui a motivé ses dirigeants à s’organiser de façon permanente. Leur objectif est de viser à modifier le débat américain sur Israël et les autres sujets qui touchent le Moyen-Orient. Il se qualifie de pro-Israël et pro-mouvement de paix, Il affirme que le débat à propos d’Israël est trop influencé par la droite et cela malgré les tendances de gauche des juifs américains. « J Street » approuve la « solution des deux-États » pour la Palestine et Israël et favorise la diplomatie à la force militaire.

Son approche qualifiée d’agressive est critiquée par la droite qui dénonce les positions de « J Street ». Elle comporte, selon la droite, trop de critiques des politiques d’Israël. Malgré la montée spectaculaire de ce nouveau groupe de pression, il semble que la droite ne s’inquiète pas de perdre son pouvoir car elle constate que « J Street » a trouvé des fonds chez un groupe relativement restreint de supporteurs contrairement à AIPAC qui en mène large chez les donateurs.

Les dirigeants de « J Street » affirment ne pas vouloir que leur organisation devienne aussi grosse qu’AIPAC, mais croient pouvoir avoir suffisamment d’influence pour modifier les paramètres du débat américain sur les politiques israéliennes. Ils visent les collèges américains. Ils n’espèrent pas changer le monde mais simplement remettre les choses à leur place.

Par exemple, « J Street » a critiqué fortement l’incursion récente de l’armée israélienne à Gaza suite à l’affaire des logements. Dans un message à ses membres, le groupe a déclaré : « Même si le lancement des roquettes sur les familles israéliennes ou l’envoi de porteur de bombes suicidaires n’est pas acceptable, il n’est pas plus acceptable de punir un million et demi de Gazois qui souffrent déjà pour les actions des extrémistes qui vivent parmi eux ». Cela me semble une bouffée d’air frais en politique israélo-palestinienne mais les critiques de « J Street » ne sont pas d’accord. Ils qualifient de naïfs et de moralement déficient l’approche de ce mouvement qui, selon eux, est loin des sentiments réels des juifs américains.

Il est à espérer que ce nouveau lobby juif puisse grandir et s’imposer car il émettra un son de cloche différent de celui qui a toujours influencé la pensée des politiciens américains sur le sujet israélo-palestinien. Il est un nouvel espoir pour ceux qui croient en l’importance de la neutralité des USA pour régler le conflit israélo-palestinien. J’en suis.

Claude Dupras

dimanche 14 mars 2010

Politique à l’américaine et assurance-santé

La bataille du président Barack Obama est difficile. Il veut régler les problèmes majeurs que rencontre le système d’assurance-maladie actuel et surtout permettre à 35 millions d’américains privés de soins de santé de les obtenir. C’est gros car ce nombre d’individus est l’équivalent de la population canadienne. Le projet est la plus importante loi sociale des dernières quarante années.

Malgré cette injustice flagrante qui perdure aux USA depuis toujours, le président Obama peine à faire approuver sa mesure même si son parti démocrate est majoritaire à la Chambre des représentants et au Sénat. Face à l’intransigeance des Républicains qui ont adopté la politique du NON - ils refusent tout ce qu’Obama propose - le président a opté pour la formule de « réconciliation ». C’est une formule compliquée et surprenante qui consiste à demander aux représentants (les congressmen) d’oublier le plan de santé qu’ils avaient adopté et d’accepter intégralement celui du Sénat qui est fort différent du leur. Ainsi, le projet remontera au Sénat où, par une majorité simple, il pourra enfin devenir loi. Obama veut beaucoup plus que ce que le Sénat propose mais il est prêt à s’en accommoder. « Mieux vaut cela que rien » pense-t-il. C’est quand même beaucoup.

Si cela semble facile, c’est ne pas compter sur la politicaillerie, car malgré que les Démocrates aient une majorité de 75 sièges à la Chambre des représentants et 59 des 100 sénateurs, Obama n’est pas certain de pouvoir réussir son coup.

Contrairement au Canada où les députés votent fidèlement pour leur parti, aux USA, les représentants votent aussi en tenant compte de l’opinion du moment de leurs électeurs. Obama a besoin de 216 représentants pour gagner le vote de leur Chambre. Actuellement, il semble en avoir 194. Il en manque donc 22 sur le total des 97 autres représentants démocrates.

Parmi ces derniers, plusieurs négocient un avantage matériel pour leur district tandis que d’autres, et c’est la grosse majorité, craignent les réactions de leurs commettants s’ils votent favorablement pour ce projet de soins de santé car ils doivent se représenter en novembre pour obtenir un renouvellement de mandat. D’autant plus que 49 d’entre eux ont été élus dans des États républicains où John McCain a défait Barack Obama lors de la dernière présidentielle. Ils savent qu’ils seront salis et traités de socialistes par leur adversaire républicain et les « teapartyers » et risquent de perdre leur siège, comme le démontre la tendance récente en Virginie et au Massachusetts. Ils réalisent que leurs ennemis racontent au 90% d’Américains déjà assurés que la qualité de leurs services médicaux diminuera et que leurs primes augmenteront à cause des coûts nécessaires pour assurer les 35 millions de nouveaux arrivants. Ils exploitent ainsi l’égoïsme des gens.

En plus, de nombreux représentants estiment que la grosseur du projet empêche de connaître précisément les vraies conséquences sur la qualité future de l’ensemble des soins de santé aux Américains et ses effets sur l’économie de demain du pays. Devant l’inconnu, ils hésitent à s’engager.

Pour pouvoir conserver leur siège, un très grand nombre envisage de voter contre le projet de loi ou bien de faire en sorte que le vote ne puisse être appelé si le nombre de 216 n’est pas réuni par Nancy Pelosi, l’orateur de la Chambre. Ils pourront alors toujours dire « Obama allait trop vite... j’ai pu contribuer à l’arrêter… nous recommencerons à la case départ en tenant compte de tout ce que ce débat nous a appris à ce jour… ». Ils s’en sortiront peut être, en tout cas c’est ce qu’ils espèrent.

Ont-ils raison de penser ainsi ?

Une chose est certaine, cette réforme sera historique si elle est votée. Ce sera une réalisation majeure du parti démocrate et sûrement du président Obama. Elle sera sûrement critiquée de façon démagogique durant la période électorale par les Républicains qui la décriront comme une main mise du gouvernement sur le régime de santé et une autre tentative d’imposer le socialisme (le mot qui fait peur aux Américains depuis que le mot communisme est disparu) dans le pays. De leur côté, les Démocrates pourront dire qu’ils ont fait quelque chose de grand et que la longue année de discussions sur le sujet a porté fruit. Mais si la loi ne passe pas, le parti démocrate et Obama subiront un coup qui risque d’être fatal et de se transformer en déconfiture générale pour leurs candidats lors de l’élection de novembre prochain.

J’espère que les représentants démocrates prendront le risque de voter pour la réforme d’Obama, car ils se doivent de penser aux près de 100,000 de leurs commettants qui n’ont pas d’assurance –santé (n’est-ce pas leur travail ?). Sûrement cela leur apportera beaucoup de votes. S’ils perdent leur siège, ils auront au moins voté pour la plus importante pièce de législation de leur carrière et aidé énormément le peuple américain. De toute façon, « ils conserveront alors leur titre de « congressman », retireront leur généreuse pension et seront toujours protégés gratuitement par l’assurance-maladie de la Chambre des représentants. Et qui sait, ils se trouveront peut être un emploi bien rémunérateur comme lobbyiste auprès du Congrès américain ».

Tout se décide cette semaine et il sera très intéressant de suivre ce débat et l’évolution des choses.

Claude Dupras

jeudi 28 janvier 2010

Obama : « Je ne suis pas un lâcheur »

Je viens d’écouter le discours « State of the Union » du président américain Barack Obama et celui du gouverneur Robert F. McDonnell de Virginie, qui donna la réplique du parti républicain. Obama a fait un bon discours, à point et a démontré une détermination nouvelle pour mener à bien ses objectifs.

Suite à l’élection d’un républicain comme sénateur du Massachussetts, pour remplacer Ted Kennedy, la presse de droite s’est déchaînée contre Obama prétendant qu’il est devenu ineffectif et ne pourra dorénavant faire voter ses propositions de réforme. OBAMA passe un mauvais quart d’heure. Le niveau de sa popularité est passé de 63%, le soir de son élection il y a un an, à 51%, aujourd’hui. Ses adversaires affirment qu’il a perdu la confiance du peuple américain. Et si Obama avait le 35% de confiance du PM canadien Stephen Harper, que diraient-ils ?

Ce ne sont pas les actions d’Obama qui ont affecté les sondages, mais plutôt les campagnes insidieuses de l’extrême-droite américaine envers lui. Elle l’a sali, calomnié, traité de « socialiste » et même de « communiste » sachant que de tels mots font peur à plusieurs. Il a été caricaturé au point qu’un grand nombre d’Américains, peu familiers avec la politique de leur pays et pensant plus à leur situation personnelle qu’à celle de leur voisin, se sont mis à l’haïr et à le blâmer pour tout ce qui va mal dans le pays. Et ça continue, comme nous en avons été témoins hier…..

L’héritage que lui a laissé son prédécesseur n’était pas riche : deux guerres, une réputation des USA minée dans le monde, une crise immobilière domestique et devenue mondiale par laquelle des centaines de milliers de familles américaines ont perdu leur maison, une bourse effondrée, des scandales financiers au niveau bancaire dont la faillite d’une des plus grandes banques et qui risquaient de tuer le système monétaire du pays, etc…

Les positions politiques de Barack Obama ont réjoui le monde entier et les Américains y ont retrouvé une popularité renouvelée. Malgré cela, les Républicains lui reprochent le contenu de ses grands discours internationaux qu’ils qualifient de faiblesse. Le président américain n’a pas à s’excuser des politiques passées de son pays, disent-ils, car l’Amérique doit être crainte dans le monde.

J’ai suivi de près Barack Obama durant sa première année. Une fois élu, il a vite réagi . Il a très bien fait. Il a travaillé très fort et s’est engagé dans d’innombrables projets de réforme. Peut-être trop, calculent certains observateurs qui ont peut-être raison, car son engagement personnel intense dans chaque dossier lui a fait oublier de bien expliquer aux Américains les objectifs des grands changements qu’il proposait et de les engager avec lui dans ce travail important. Son slogan « Yes, we can » est devenu « Yes, I can » et ce fut son erreur. Mais, l’élection du sénateur républicain Scott Brown l’a secoué et il a compris.

La crise s’est arrêtée, mais le taux de chômage n’a pas diminué aussi vite qu’Obama avait prévu car il semble n’avoir pas réalisé que l’inertie de projets d’infrastructures est une réalité implacable. Les emplois ne sont-là qu’au moment où les projets atteignent leur vitesse de croisière. Hier soir, encore, les Républicains ont critiqué vertement le programme d’Obama d’investissements dans les infrastructures (et on sait, si on visite les USA, combien ces travaux sont nécessaires) les qualifiant d’argent dépensé inutilement qui ne font que grossir l’appareil gouvernemental et accentuent d’avantage la dette. Au Canada, particulièrement au Québec, nous savons que l’ensemble de nos programmes de financement de travaux d’infrastructures a réussi à casser la crise et à redonner une nouvelle vigueur à notre pays. Nous comprenons que ce n’est que grâce à une économie florissante que nous diminuerons la dette nationale.

Le chômage reste le tendon d’Achille du président Obama. On le blâme du taux actuel de 10% de chômeurs aux USA. Cette accusation est de toute évidence injuste, à ce moment-ci. Mais, les Républicains s’en foutent car leur motivation n’est que politicienne. Ils font fi de la vérité, de la réalité et mettent tout le blâme sur le dos d’Obama, oubliant volontairement le désastre GWBush. Ils le boycottent depuis le début, sur tout et rien, croyant que c’est la seule stratégie capable de le renverser. Ils sont contre, contre, contre… Cette attitude est en fait la preuve de la mauvaise foi des Républicains.

Ce fut encore évident hier lors du discours du porte-parole républicain. Il a affirmé que les Républicains sont favorables à des réformes sur la santé, l’éducation et l’environnement mais pas à celles d’Obama qui sont, disent-ils, trop à gauche. Comme si permettre à 35 millions d’Américains d’être protégés contre la maladie, par un système de santé privé, était une politique inacceptable. Les Républicains proposent, par exemple, de recommencer à zéro le débat sur la santé (il dure depuis près de dix mois) alors qu’il est évident que ce n’est qu’un manège pour empêcher l’adoption de la loi qu’Obama propose.

Hier soir, le président Obama a proposé, entre autres, une approche pour atteindre les demandes de la nation en rapport avec la création d’emplois. L’unité de la classe politique à Washington est nécessaire pour mener à bien ces mesures essentielles. Je crains que le parti républicain continue son boycott des propositions du président Obama et refuse de l’appuyer. Si c’est le cas, ce sera tragique car l’histoire nous enseigne que jamais, dans le passé, les grandes lois sociales et de droits civils américains ont été votées par un seul parti. Toujours, c’est la réunion d’élus de bonne volonté des deux grands partis politiques qui a permis l’adoption de ces lois qui ont fait des USA une terre accueillante pour tous.

Si les Républicains modérés ne se libèrent pas de l’influence grandissante des conservateurs de l’extrême-droite, de celle des « preachers » et de celle des grandes compagnies qui ne pensent qu’à leurs intérêts, ils perdront définitivement les rênes de leur parti. J’espère qu’ils réagiront avant qu’il ne soit trop tard. Les Américains méritent mieux !

Les élus doivent servir la nation et non leurs ambitions a rappelé hier le président Barack Obama.

Claude Dupras

jeudi 21 janvier 2010

L’Amérique infectée

Quelle surprise ! Un républicain élu pour remplacer le sénateur Ted Kennedy, champion de l’assurance-santé pour tous les Américains. Surprise encore plus grande puisque ce nouveau sénateur, Scott Brown, a fait campagne en promettant de s’opposer au projet du président Barack Obama sur les soins de santé aux Américains dont l’objectif est de corriger les déficiences du programme de santé actuel et de permettre à 35 millions d’individus, à ce jour non-assurés, d’être protégés contre la maladie.

Le Sénat américain et la Chambre des représentants ont chacun voté leur version du projet. Il reste à fondre ces deux documents en un et à le faire voter, à majorité simple, par les deux groupes pour que le projet devienne loi. Le vote final doit avoir lieu d’ici un an sinon le projet sera enlevé du feuilleton du Sénat. Les démocrates, majoritaires, voulaient voter ce mois-ci.

L’élection de Brown augmente le nombre de sénateurs républicains à 41 vis-à-vis les 59 démocrates. Et ce chiffre de 41 change tout puisqu’il dépasse le chiffre 40 qui est le seuil fixé par les règles de procédure parlementaire du Sénat et qui empêchaient les républicains de filibuster (faire un débat sans fin). Dorénavant, les républicains peuvent le faire et c’est le nouveau dilemme d’Obama. Tiendra-t-il son bout en maintenant son projet tel quel et en risquant que les sénateurs républicains décident de filibuster ou le modifiera-t-il en réduisant sa portée afin d’obtenir l’accord des républicains ?

La victoire du candidat démocrate dans l’État du Massachusetts s’explique par plusieurs raisons. La première, est Scott Brown. Il a été un candidat exceptionnel. Photogénique, chaleureux, belle famille, bon orateur, bonne expérience politique dans son État, excellente organisation, il a mené une campagne électorale parfaite. Déjà sénateur du gouvernement du Massachussetts, il en était à sa dixième campagne électorale et n’a jamais perdu. Son adversaire, Martha Coakley, attorney general de l’État avant de devenir la candidate démocrate, a mené une campagne qui ne l’a pas avantagée. Calme, sereine, peu dynamique, elle n’a reçu que peu d’appuis de son parti qui la considérait victorieuse. Obama ne s’est déplacé que le dernier jour pour faire une vite incursion dans l’État pour l’appuyer. Malgré ces différences entre l’image et la vigueur des deux candidats, elles n’étaient pas, à mon avis, suffisantes pour que Mme Coakley perde car le Massachusetts a toujours été profondément démocrate. Il y a beaucoup plus.

Le conservatisme prend des galons en Amérique, particulièrement aux USA. Une chaîne de cable de télévision, Fox News TV, s’est dédiée à le promouvoir, tout comme des milliers de postes de radio des USA. Intéressant pour le téléspectateur, Fox est devenu le poste le plus regardé. Il dépasse CNN. Ces conservateurs d’extrême-droite ne faisaient pas de vague du temps de l’ex-président Georges W. Bush mais ils se sont revivifiés suite à l’élection d’Obama. Leurs grands apôtres sont Rush Limbaugh (radio), Sean Hannity (TV), Glen Beck (TV) et des centaines d’autres animateurs de télé et de radio à travers le pays.

Ces promoteurs répandent sur le peuple leurs arguments trop souvent démagogiques et infectieux. Ils affirment ne pas être des républicains comme ceux de Bush mais, en réalité, ils l’appuyaient et appuient toujours ce parti mais visent à le changer profondément. Ils prêchent que l’entreprise est le moteur principal qui assure la qualité de vie des Américains et non le gouvernement. Ils critiquent le niveau de la dette, veulent baisser les taxes et amenuiser la présence du gouvernement dans la vie des américains. Pour eux, les USA doivent avoir la plus forte armée du monde; le complexe militaro-industriel du pays doit être appuyer sans aucune restriction; leur pays est supérieur aux autres et doit s’imposer nonobstant les circonstances et les lois; la torture de terroristes d’Al-Qaeda n’est pas de la vraie torture; les chercheurs scientifiques se trompent et le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme; les pauvres sont des fainéants et des paresseux; et, aujourd’hui, je les ai entendu critiquer l’aide apportée aux Haïtiens par Obama prétextant que c’est pour garder le vote noir en sa faveur qu’il a agi. Ils s’opposent aussi au plan d’assurance-santé d’Obama et ne veulent absolument pas de rôle gouvernemental dans la santé.

Pour mousser leurs idées, ils organisent des mouvements populaires, tels les « tea parties », à travers les USA qui réunissent des milliers d’Américains dans leur milieu respectif pour protester, dénoncer, critiquer tout ce qui n’est pas de droite. Et ça marche, puisque les sondages leur donnent un appui de 40% d’Américains, ce qui est plus qu’au parti démocrate et encore plus qu’au parti républicain. Ils trouvent des appuis importants auprès de plusieurs grands patrons, de la chambre de commerce américaine, etc… Ils ont supporté ardemment Scott Brown.

Souventes fois, les propos des vendeurs du conservatisme gênent le parti républicain et ses élus. Leur influence devient si importante partout au pays (comme on vient de le constater au Massachusetts, l’État le plus démocrate des USA) que plusieurs sénateurs et représentants républicains, pensant à leur réélection, pilent sur leurs principes, ne disent rien et flirtent même avec ces conservateurs qui sont beaucoup plus à droite qu’eux. C’est ce qui explique la tactique invraisemblable du parti républicain envers Obama et son administration qui se résume à ne rien proposer, tout critiquer et toujours voter contre. À ce jour, je suis surpris que cela les ait bien servis.

De plus, Scott Brown a bénéficié de l’argent des grands lobbyistes et de nombreuses campagnes publicitaires bien montées et payées par les compagnies qui se sentent bousculées par Obama à cause de ses politiques touchant la santé, le bien-être, le contrôle du système bancaire, l’environnement, etc… Ce fut un déluge de pubs négatives et souvent mensongères qui, jour après jours, a fait son œuvre. La forte avance de Mme Coakley rétrécissait comme une peau de chagrin.

Le président Obama et les démocrates ont un grand défi à relever. Ils doivent se rapprocher davantage du peuple américain et mieux expliquer leurs idées, leurs programmes et leurs politiques afin de contrecarrer les insinuations, les mensonges et les attaques vicieuses dont ils sont la cible.

Quant au conservatisme, il prend de l’ampleur à cause de la crise économique et des investissements majeurs qu’elle a suscités, des déficits qui en découlent et des dettes qui s’empilent. Le terrain est fertile pour la critique à outrance. Je crains qu’un très grand nombre de nos voisins du sud soient infectés par ces « vendeurs de tapis » et glissent vers leurs idées politiques insensées qui peuvent sembler logiques, pour plusieurs, mais qui à long terme freinent le progrès des sociétés et deviennent des obstacles à une certaine répartition de la richesse.

L’élection du Massachusetts nous indique ce qui peut venir.

Claude Dupras