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mardi 8 septembre 2015

Les migrants et nous

Quel extraordinaire mouvement vers l’Europe de réfugiés venant de pays tyrannisés par les guerres, la misère ou la faim !

C’est par dizaines de milliers que nous les voyons traverser la Méditerranée avec leurs enfants, à leurs risques et périls, dans des embarcations fragiles après avoir payé un gros prix à des bandits qui leur ont promis mer et monde et être assurés qu’ils seraient protégés alors, qu’en réalité, ils se foutent d’eux et les laissent le plus vite possible à leur misère et plusieurs à leur mort, dès que la mer fait des siennes.
Hier, les réfugiés arrivaient de l’Afrique noire. Ces jours-ci, ils arrivent en trombe de la Syrie, d’Iran et d’Irak. Près de 40 000 sont entrés en Allemagne après avoir traversé tout le territoire européen à partir des rives de la mer en Grèce, en Italie ou ailleurs.
Le gouvernement allemand n’a pas attendu que les pays d’Europe se décident sur le sort de ces individus. Ce pays qui, plus que d’autres, met l’accent sur le respect de l’État de droit et sur les valeurs fondamentales, a ouvert tout grand ses frontières et ses bras pour les accueillir et a fixé à 800 000 le nombre de réfugiés qu’il est prêt à intégrer. Les Allemands les ont même applaudis en les voyant entrer dans leur pays. C’est typique de ce peuple germanique dont les actions passées d’intégration de nouveaux-venus ont toujours été bien organisées et remarquables.
Les nouveaux arrivants seront dirigés vers des centres d’enregistrements installés dans des tentes temporaires pour y être recensés. Des interprètes sont sur place pour les aider à remplir les procédures qui sont sous la surveillance de la police fédérale pour assurer la sécurité nationale. Ensuite, on leur distribue vivres et vêtements. Puis, dans les jours suivants, vitement, ils sont dirigés en régions en nombre déterminé proportionnellement par la population de chacune de ces dernières.
Partout, ces régions sont prêtes à leur trouver logements, nourriture, soins et tout ce qui est nécessaire pour assurer leur bien-être immédiat. Dès les premiers jours, elles placent les enfants dans des écoles. De plus, et c’est fort remarquable, elles organisent, pour tous, des cours accélérés de langue allemande afin de faciliter leur intégration. Elles cherchent du travail selon, si possible, les qualifications de chacun. Ces réfugiés sont généralement bien instruits, ont un bon métier ou une profession et veulent travailler. C’est ainsi qu’un État responsable doit agir envers des gens dans le besoin qui doivent, pour leur sécurité et celle de leur famille, quitter subitement leur pays et qui désirent s’installer ailleurs, temporairement ou de façon permanente.  
Pendant ce temps-là, le gouvernement canadien entrebâille à peine ses portes pour n’y laisser passer que quelques milliers de nouveaux arrivants par année, malgré le potentiel de gain appréciable qui découle de la venue d’étrangers dans notre pays. Les allemands ont su reconnaître dans les Syriens, des gens brillants, bien éduqués, entreprenants, travaillants et avec du cœur. Ceux, comme moi, qui ont eu l’opportunité de connaître, d’être amis et de travailler avec nos compatriotes d’origine syrienne, le savent. C’est sûrement la même chose pour les Iraniens, et les Irakiens.
La décision de l’Allemagne est motivée d’abord par sa démographie décroissante et les besoins de travailleurs et d’ingénieurs de son industrie. Cependant, ce ne sont pas des travailleurs-invités pour une période de temps définie, comme elle l’a fait dans le passé avec les Turcs, mais des immigrés invités à rester avec leur famille de façon permanente pour devenir allemands. Elle voit dans les nouveaux venus le maintien du niveau de sa main d’œuvre, de sa croissance et la continuation du développement de son économie. Ce serait ainsi, pour la même raison, au Canada et au Québec. D’ailleurs tout indique que le PM québécois Philippe Couillard le sait, puisqu’il a offert de recevoir 10 000 réfugies syriens, tout de suite.
Pour se convaincre de la véracité d’une telle affirmation, on n’a qu’à se rappeler le passé lors de la venue des 50 000 boatpeoples vietnamiens au Canada et au Québec. De même de celle des 37 000 hongrois et des 11 000 tchèques. Ils étaient pauvres mais éduqués, dynamiques, plein d’initiatives et ils se sont bien intégrés. Ils sont devenus de bons citoyens et un actif constant de développement économique pour le Québec et le Canada. Ce fut ainsi aussi pour les milliers d’individus d’une centaine de nationalités différentes qui vivent dans le Grand Montréal.
Malheureusement, une partie de notre population s’oppose à recevoir les réfugiés syriens pour la raison qu’ils sont en majorité de religion musulmane. Ce sentiment de rejet a pris racine lors du débat sur la Charte québécoise des valeurs et sur le port du voile. Suite à tout ce qui s’est dit de négatif à la Commission, rapporté dans nos médias, mal répété, mêlé, tordu, déformé, amplifié et répandu de bouche à oreille, un profond mal a été créé nonobstant que la Charte n’ait pas été adoptée. Il reste à le déraciner.
C’est similaire à la position du Front National en France. Ce parti d’extrême droite est antimusulman. Il l’affiche tout haut et refuse tout nouveau réfugié de cette religion en France, comme l’a encore répété sa cheffe Marine Le Pen lors du weekend dernier à l’université d’été du parti.  
Cela explique le sentiment négatif de plusieurs de nos compatriotes envers la religion musulmane, ses imans et les musulmans. Mais cela ne peut durer car ça va à l’encontre du bon sens, de la vérité et de la liberté. Qu’on aime ou non le voile, le fait demeure que la religion musulmane est une religion comme les autres dans laquelle des milliards de personnes ont foi. Celle-ci est la croyance dans un être supérieur et la religion, le moyen de le prier. Ceux qui n’y croient pas, ont le droit de penser comme ils le veulent mais la foi est un attribut de l’homme qui se doit d’être respecté et cela me semble indiscutable.
Il existe des musulmans de toutes nationalités. Ils sont, par exemple, des centaines de millions en Asie (Indonésie, Philippines, …), en Afrique (Maghreb, Arabie…). Ce sont des gens intelligents, éduqués, entreprenants... comme l’indique clairement leur lointain passé. J’ai eu le privilège de travailler professionnellement dans des pays musulmans africain et j’ai appris à les connaître, à rencontrer leurs familles, à être inviter à leurs fêtes et à en faire des amis. J’ai été pour quelques-uns leur parrain lors de leur venue à Montréal. Ce sont des gens de bonne famille qui veulent travailler pour gagner leur vie honnêtement. Ce sont des gens bien qui ont du potentiel. Il faut cesser de les diaboliser et mettre fin à cette injustice.   
Nous nous devons d’aider les réfugiés de tous pays quelles que soient leur couleur, leur religion. Pour l’humain, c’est un geste naturel que d’aider ceux qui sont en détresse. Certains diront obligatoire, et je suis d’accord ! De plus, c’est notre tradition et il n’y a pas de bonnes raisons pour la discontinuer. Nous avons aussi, dans le présent, besoin d’eux pour contribuer à la croissance de notre économie. Voilà pourquoi, je suis triste de voir la France se laisser banaliser par des sentiments irraisonnables basés sur la peur et de constater la même chose au Québec à cause d’une crainte injustifiée.
Le Canada est un pays de réfugiés. Ceux qui y sont venus, l’ont fait pour avoir une meilleure vie. Ils ont réussi, se sont intégrés dans notre société et y ont apporté leur soutien humain, économique et fraternel. Tous ces néo-québécois-canadiens sont un atout pour notre société.
Avec la grandeur de notre pays, ses richesses, son potentiel et sa relative petite population, il y a de la place et une espérance de bonne vie pour beaucoup de personnes.
Les Nations-Unies estiment que les réfugiés syriens seront plus d’un million au cours des cinq prochaines années. Et il y a ceux de tous les autres pays…  Nous entrons dans une période de transfert de population jamais vu.
N’hésitons pas à accueillir les réfugiés et préparons-les à bien s’intégrer chez nous en prenant l’Allemagne comme modèle.
Que le gouvernement canadien bouge ! 

Claude Dupras

 

 

jeudi 27 août 2015

L'Iran et les Canadiens

C’est actuellement la période touristique de pointe en Iran. Les visiteurs y affluent de tous les continents pour visiter les merveilles de ce pays si riche que son passé de 5 millénaires lui a laissées. 

L’Iran, pays des poètes et des roses, a rouvert au monde son musée à ciel ouvert. 
J’ai rencontré des amis français qui en sont revenus ébahis et enchantés. Non seulement ils ont pu, lors de leur voyage culturel et historique, admirer les grands trésors que le pays renferme mais ils ont été enchantés de la réception que les Iraniens et Iraniennes moyens leur ont réservée. Partout, c’était un accueil chaleureux exprimé par des sourires, des salutations, des politesses et des attentions d’aide. Ils en furent agréablement surpris.
Mon épouse et moi avons décidé d’y aller et de profiter de l’ouverture du pays pour le visiter et mieux comprendre et apprécier son histoire artistique, musicale, poétique, philosophique, de traditions et d’idéologies.
Grâce au site internet Evaneos.com, nous avons accédé aux différentes possibilités de voyages préparés pour plaire à tous les goûts. Fixé pour octobre, le voyage de 10 jours fut négocié facilement, en français, avec un représentant de l’agence locale iranienne installé en France. Nous avons choisi le thème « Les trésors de la Perse » qui nous amenait à Téhéran, Chiraz, Persépolis, Ispahan et Yazd pour visiter les villes, les villages, les palais, les citadelles, les bâtiments, les constructions monumentales, les jardins, les places, les quartiers, les marchés publics, les bazars, les musées archéologiques et historiques, les superbes immenses mosquées, les collections préislamiques, les peintures, les fresques, les tapisseries, les musées (du tapis, des joyaux nationaux, de l’eau, du verre, de la céramique, etc..), les fontaines immenses, etc…
Je m’imaginais le superbe photoreportage que je pourrais préparer à mon retour et l’occasion de pouvoir le partager avec mes amis.
Nous avons confirmé notre voyage, les dates, les vols internationaux et… nous avons tout annulé !
La raison. Le Canada n’est pas la France ou un pays européen. Notre premier ministre Stephen Harper, qui est, selon Benjamin Netanyahou, « le plus grand ami d’Israël », est le pire ennemi de l’Iran. Alors que les USA discutent de la réouverture de leur ambassade à Téhéran après avoir réussi, en compagnie de la Russie, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, à négocier une entente sur le nucléaire iranien, le Canada continue à dénigrer l’Iran tel qu’en fait foi la déclaration du ministre le lendemain de l’entente : «L’Iran reste l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales ».
De plus, le Canada, contrairement aux autres pays, recommande aux Canadiens et Canadiennes « d’éviter tout voyage et de ne pas visiter l’Iran », prétextant que l’ambassade canadienne, fermée en 2012, demeure close et que les services normaux qu’elle devrait rendre aux Canadiens en nécessité, sont inexistants. De toute évidence, de plus en plus, cela n’est que de la bouillie pour les chats !
Nonobstant que les chefs des partis d’opposition, notamment celui du NPD, proposent de rouvrir l’ambassade canadienne en Iran si leur parti prend le pouvoir à l’élection fédérale d’octobre prochain, le PM Harper continue à dire NON. De plus, son gouvernement affirme créer des délais pour l’émission de documents de voyage ou le remplacement d’un passeport perdu.
Par ailleurs, pour toute sortie du Canada, le voyageur se doit de prendre une assurance-voyage pour couvrir les risques d’accident ou de maladie. Encore-là, pour l’Iran, le Canada créé problème et c’est la raison principale de l’annulation de notre voyage en Iran. Nous avons une telle assurance-voyage mais elle contient une prévision pour exclusions et protections non couvertes : « Tout problème de santé dont vous souffrez ou que vous contactez dans un pays… à l’égard duquel le ministère des Affaires extérieurs a publié, avant la date de votre départ, un avertissement officiel conseillant aux Canadiens d’éviter tout voyage, essentiel ou non, dans le pays ». En fait, à cause des mauvaises relations du Premier Ministre de notre pays avec l’Iran, notre assurance ne nous protège pas. 
Par contre, de leur côté, le Royaume Uni, la France  et la Chine ont rétabli leurs ambassades avec l’Iran alors que les USA sont en pourparlers comme ils viennent de le faire à Cuba. 
Si un Canadien décide de faire le voyage quand même en oubliant les restrictions gouvernementales, il lui faut dans un premier temps faire application au gouvernement iranien pour obtenir la permission de faire une demande de visa. Avec cette confirmation en main, il doit se rendre en personne à l’ambassade iranienne à Ottawa pour faire application. Plus tard, le visa lui est envoyé en bonne et due forme par la poste à son adresse. Si vous ne demeurez pas dans la ville où se situe l’ambassade iranienne, c’est complexe et coûteux.
Pendant ce temps, les ressortissants d’autres pays peuvent obtenir un visa d’entrée à l’aéroport d’Iran.
Contrairement aux gouvernements canadiens précédents qui ne prenaient parti ni pour Israël ni pour la Palestine, le gouvernement conservateur continue à jouer une carte politique palestinienne qui nuit à notre pays. Et, ce sont nous les Canadiens qui en payons le prix. 
Déjà, selon le rapport alarmant de l'ONU, nous et nos descendants ne pourrons plus voir et apprécier les trésors de plus de 300 sites du patrimoine culturel syrien et mondial qui ont été détruits, endommagés ou pillés par Daech en plus de quatre ans de guerre, notamment l'une des forteresses les plus anciennes et les plus vastes au monde à Alep, les temples romains de Palmyre, ou les statues assyriennes du 1er millénaire à Hassaka…
Les visites culturelles, historiques et touristiques du fabuleux pays qu’est l’Iran se doivent d’être facilitées pour que les Canadiens aient toutes les opportunités de découvertes des uniques trésors du passé lointain dans ce pays de 80 millions d’habitants.

Claude Dupras 

lundi 26 janvier 2015

L’intégration au lieu de la laïcité imposée

La Laïcité n’est pas un sujet facile à traiter au Québec. Les opinions sont très partagées sur sa définition, son importance et divisent les québécois.

Le Parti Québécois (PQ) qui cherche souvent à calquer ses politiques sur celle de la France, prétexte, de nos jours, que la laïcité est essentielle pour notre mode de vie future puisqu’elle assure, entre autres, la neutralité religieuse, l’égalité hommes-femmes et la paix sociale. De tous les pays du monde, seule la France a adopté une loi sur la laïcité. Est-ce à dire qu’ailleurs, sur toute la planète, il n’y a pas de neutralité, d’égalité ou de paix ? Évidemment, non. Aux USA, par exemple, le pays le plus d’avant-garde du monde où les immigrés se sentent les mieux intégrés et l’affirment en grand nombre, le dollar comporte l’inscription In God we Trust.
Pourquoi veut-il précipiter le Québec dans l’adoption d’une telle loi. Il est clair qu’il cherche à profiter des émotions générées par l’agression de Charlie Hebdo pour gagner des points politiques. Pourtant, aujourd’hui, il y a plusieurs français et étrangers qui concluent que la laïcité est devenue en fait une arme de destruction de leur pays.
L’ex-gouvernement Marois a divisé profondément notre société avec sa Charte des valeurs québécoises. Il avait créé un comité parlementaire pour recevoir les dépositions des auteurs de mémoires. Celui-ci devint un vrai cirque où des opinions plus bizarres les unes que les autres furent émises. Cet opportunisme véreux fut vite détecté par la population qui réserva, par la suite, une raclée électorale hors de l’ordinaire au PQ.
Dès sa venue au pouvoir, le nouveau gouvernement libéral du PM Couillard mit fin au comité parlementaire tout en promettant de présenter un nouveau projet de loi pour compléter ce qui existe déjà et le confirmer.
Aujourd’hui, le PQ insiste sur l’urgence d’une loi sur la laïcité pour, dit-il, combattre l’intégrisme, nonobstant la vraie priorité qui est de régler les problèmes budgétaire et financier du Québec et de créer un grand nombre de nouveaux emplois. Pourtant, la France est laïque depuis longtemps et la menace terroriste y est fortement installé, comme ailleurs dans le monde. On voit bien que la laïcité de l’État n’a rien à voir avec le combat contre la radicalisation.
De toute évidence, l’adoption d’une telle loi n’est pas urgente car depuis des décennies, toutes les lois québécoises sont indépendantes de conceptions religieuses et les dirigeants religieux n’ont aucun pouvoir politique ou administratif. Dieu n’est pas mentionné, ni les religions. Dans toutes les activités humaines telles, l’éducation, les soins de santé, la vie sociale … les québécois et les québécoises ont les mêmes opportunités, les mêmes protections et les mêmes droits à tous les niveaux. Certes, il y a encore des difficultés notamment dans le travail mais avec le temps, les statistiques montrent qu’elles s’amenuisent.
De plus, nous vivons depuis des décennies dans une réelle paix sociale.
Mais soyons francs, ce qui est à la base de toute cette discussion est la présence grandissante de musulmans dans notre société. Certains de nos concitoyens sont mal à l’aise avec des personnes étrangères surtout celles qui sont vêtues de façon non conformiste. Mais de tels sentiments ne justifient pas l’adoption d’une loi sur la laïcité qui ne changera rien. mais qui peut diviser.
Le monde musulman existe principalement au Maghreb, en Libye, en Turquie, en Égypte, en Arabie Saoudite, en Syrie, en Irak, en Iran, au Pakistan, en Indonésie, en Afrique noire, en Inde… Il regroupe plus d’un milliard d’individus sur la planète. En France, ils sont 8% de la population. Au Canada, c’est 5%. Au Québec, 3%. Les musulmans québécois ne sont donc pas tous arabes, pas tous du même courant (sunnite ou chiite), pas tous du même pays ou du même continent. Ils sont vraiment différents les uns des autres. Au Québec, plus de 100 nationalités coexistent et un très grand nombre des religions de la terre y sont représentées.
Les gouvernements libéral et péquiste du passé étaient en accord pour augmenter le nombre des immigrants et encourageaient particulièrement les parlant français, dont les maghrébins, à venir chez nous. Ils voulaient en plus profiter de l’apport économique important que ces immigrants génèreraient.
Ayant eu l’opportunité de travailler en Algérie de nombreuses années, j’ai eu le privilège de me faire plusieurs amis algériens. J’ai connu leurs épouses, leurs familles, leurs modes de vie et leur approche à la société. Depuis, j’ai pu y retourner en touriste et partout on m’a toujours accueilli à bras ouverts, généreusement et amicalement. Ce sont tous des gens bien. J’en connais plusieurs à Montréal et c’est la même chose.
Dans le débat actuel au Québec, en entend plusieurs affirmations en rapport avec la religion et le comportement culturel des musulmans. Trop sont inventées de toute pièce et amplifiées pour faire peur. Pour les crieurs de malheur, la religion musulmane n’est pas compatible avec notre mode de vie et nous sommes en danger. Pourquoi proférer de telles faussetés ? Pour alimenter un mouvement islamophobe dans le but de les chasser de notre territoire ?  
Les musulmans ne sont pas une menace au sens que certains voudraient nous le faire croire. Ils ne sont pas culturellement incompatibles avec nous. Face à ce que plusieurs qualifient de menace fondamentaliste, il faut avoir la tête froide et ne pas crier des absurdités mal définies et faire la part des choses. Il nous faut trouver et réaliser les politiques publiques les plus susceptibles de faciliter et de maximiser leur intégration.
Oui, la solution est l’intégration. Elle est rattachée aux opportunités disponibles pour que les néo-québécois puissent participer à la vie économique du Québec. Il faut trouver les moyens pour les aider et les inciter à le faire comme en Angleterre et en Allemagne où ils sont mieux intégrés avec leurs enfants parce que les marchés du travail de ces pays sont peu réglementés alors que la France, avec un système quasi byzantin de lois sur le travail, obtient un résultat nettement moins bon.
En somme, lorsqu’on ne bloque pas artificiellement l’intégration, les immigrants voient moins d'avantages à la réclusion et préfèrent s'intégrer comme les Canadiens-français l'ont fait aux États-Unis et comme les Italiens, les Irlandais, les Grecs, les Écossais, les Slaves l'ont fait au Québec. P
Pour le reste, cela n’empêche pas d’avoir de bonnes politiques pour rechercher et expulser les éléments islamistes radicaux très minoritaires qui violent leurs conditions de citoyenneté en prêchant la violence au nom de l’Islam. L’intégration veut dire aussi que la société civile dénonce les éléments extrémistes dans son sein afin que tous sachent la perfidie de leurs propos.
Pour l'ensemble de l'Europe, les démographes ont constaté que « le taux de croissance de la population musulmane a chuté de 2,2% par année pendant la décennie 1990-2000 à 1% pendant la décennie 2000-2010. Ce taux continuera de chuter progressivement au fur et à mesure que les différences du taux de fertilité entre les femmes non-musulmanes et celui des autres femmes s'estomperont d'ici 2030. Aux États-Unis, la différence est encore plus petite puisque les musulmans ont un taux de fertilité déjà très proche de la moyenne nationale ». Au Canada et au Québec ce sera éventuellement de même.
Les promoteurs de la laïcité parlent encore d’éliminer les signes religieux tels, la croix accrochée au mur principal de l’Assemblée nationale. Ils y voient un signe de dépendance à une autorité religieuse alors qu’elle est devenue un symbole de notre passé. L’exemple de la France sur ce sujet devrait les éclairer. Alors qu’elle est supposément très neutre religieusement, la France nomme encore ses jours fériés avec des noms de fêtes religieuses : lundi de Pâques, jeudi de l’Ascension, lundi de la Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint. Elle ne craint pas de montrer son passé religieux.
De plus, ils affirment que la laïcité protégera toutes les religions et leur pratique alors qu’ils s’opposent à ce que les fonctionnaires portent un vêtement ou un objet ayant rapport avec une religion (musulmane, juive, sikh) contrairement avec ce qui se fait en France. C’est un manque de respect à la liberté démocratique de ces individus.
Les églises de France sont devenues la propriété du gouvernement pour les protéger contre des démolitions sauvages. Il les entretient pour les mettre à la disposition des fidèles. Dans un petit village de Provence, que je connais bien et qui ressemble à tous les autres, l’église est le lieu de messes dominicales, de baptêmes et de funérailles. Son clocher carillonne à toutes les heures et demi-heures et le son se répercute dans la vallée. Les musulmans de leur côté prient à leur mosquée, les juifs à leur synagogue et les protestants à leur temple.
Au Québec, on vend les églises pour en faire des condos, des centres communautaires, etc.. ou on les détruit comme la belle église de pierres de Notre-Dame-de-la-paix à Verdun. Même l’église de la paroisse de Lamothe en Abitibi, celle du cardinal Marc Ouellet qui fut considéré comme un papabile lors du dernier conclave à Rome, est devenue un centre d’activités communautaires.
Le PQ propose la laïcité pour régler un problème qui n’existe pas. Un tel projet est un instrument de division et ne réglera aucune des craintes générées par les fondamentalistes radicaux comme on vient de le voir en France.
En somme, les promoteurs de la laïcité du Québec sont plus catholiques que le pape.
Claude Dupras

lundi 29 décembre 2014

Économie 2015 : la relance vers un nouveau boom


Le moindre que l’on puisse dire de l’économie américaine en 2014 est qu’elle a été dynamique. Au point que plusieurs économistes de ce pays prévoient qu’elle connaîtra une expansion encore plus grande en 2015 pouvant résulter dans un boom économique. Leurs arguments sont probants.

La croissance annualisée de 5% pour les trois mois se terminant à la fin de septembre dernier, suite à celle de 4,6% au début du semestre, laisse croire à certains analystes que le boom de la fin des années ’90 pourrait revivre.

Ce qui génère cette fois l’espoir grandissant des investisseurs est la volonté de dépenser des consommateurs, le bas niveau de leurs dettes personnelles suite à la crise financière, la baisse fulgurante des prix du pétrole, la hausse vertigineuse des marchés et un gouvernement qui favorise davantage la croissance.

Les USA sont différents des autres, économiquement, et le contraste est frappant. Les pays d’Europe dont la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France… vivent sur le seuil de la récession. Certains en sortent, d’autres y entrent.

Les entreprises américaines vont bien et cela se reflète par les bons chiffres des marchés qui savent les reconnaître dont le Dow Jones qui atteint des niveaux-records (18 000) et le Standard and Poor’s qui se situe aussi à des marques records.

D’autres statistiques sont aussi révélatrices dont le niveau de chômage à 5,8% et la tendance dans la croissance de l’emploi devenue la plus forte depuis 25 ans.

Les salaires commencent à remonter après de longues années de stagnation, les dettes des ménages ont diminué depuis la crise financière et la baisse du coût de pétrole équivaut à une diminution de taxes qui fait économiser des milliers de $ aux entreprises et des centaines aux automobilistes. Et les pronostics sont que cette situation puisse continuer jusqu’au milieu de l’été prochain.

Le côté incertain est l’immobilisme du marché des habitations et des salaires qui tardent à confirmer la solidité de leur croissance. Il y a aussi les compagnies qui sont relativement riches mais qui hésitent à investir dans certains domaines, comme en équipement et en machinerie, même si les taux d’intérêts sont bas.

Nonobstant cela, les signaux macroéconomiques sont encourageants. Durant quatre des cinq derniers trimestres, la croissance a dépassé 3,5 %. Et pour le trimestre qui n’a pas produit, on attribue le résultat aux mauvaises conditions climatiques qui ont affligé le pays. Les économistes séniors américains interprètent cette situation comme étant la démonstration que le pays a résolu les problèmes négatifs qui ralentissaient la reprise. Ils croient que le nouveau momentum permettra aux USA de résister au ralentissement économique du Japon et au peu de croissance des pays européens. Les prévisions actuelles pour la croissance de 2014 sont de 2,3 % et de 3,3% en 2015.

Les périodes d’austérité instituées par les États et les villes américaines contribuent maintenant à la croissance. Le gouvernement fédéral de Washington a aussi augmenté ses dépenses de 9,9% au troisième quart, ce qui est un apport positif pour l’avenir. Cette situation affectera l’Europe qui verra son économie croître suite aux nouvelles commandes de machinerie et de matériel venant des USA.  

Au Canada, la croissance pour 2015 est prévue à 2,5% selon la Chambre de Commerce du Canada, une augmentation de 0.2% par rapport à l’année précédente, nonobstant le fait qu’elle ait été affectée par la baisse de la croissance mondiale qui a fait fléchir les exportations de notre production manufacturière.

Grâce au nouvel accord de libre-échange Canada-Europe, les croissances américaine et européenne auront un effet important sur les exportations du Canada en donnant à celui-ci une vigueur économique additionnelle qui s’ajoutera à celles des gouvernements des provinces et des ménages. L’augmentation de la demande sera graduelle, progressive et influencée aussi par la baisse du huard. Nos entreprises investiront davantage dans le développement de leurs entreprises et voudront être plus efficaces. L’occasion étant là, elles voudront aussi accroître leur compétitivité et trouver de nouveaux marchés en renforçant leur participation aux chaînes d’approvisionnement mondiales pour en tirer parti, comme en Chine, au Brésil, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Mexique… et cela avec l’aide des gouvernements.  

Malgré qu’il soit prévu que le consommateur demeurera un acheteur prudent (son taux d’épargne demeurera élevé) et modérément actif, le taux de chômage diminuera de 6,7% à 6,5% pour 2015. Et s’il décide de dépenser, étant donné ce qu’il ressentira des USA, tout devient possible.

La construction demeurera très forte au Canada et des régions comme celle de Montréal verront des projets évalués globalement à des dizaines de milliards de $ d’investissements privés et publics pour la construction de plusieurs tours à logements et à bureaux, de 30 à 40 étages, dans le centre-ville et sur le territoire de la métropole, du nouveau pont Champlain, du nouvel échangeur Turcot, etc.. Sans compter le nouveau programme d’investissements dans les infrastructures que mettra en marche le gouvernement du Québec et qui viendra s’ajouter à celui annoncé en 2014 par le gouvernement conservateur d’Ottawa. Il y aura aussi les centaines de millions de $ en remboursements d’impôts fédéraux qui seront versés par chèques aux familles et aux individus durant 2015.

Les 50 000 nouveaux immigrants au Québec, en 2015, viendront ajouter à la demande d’habitations, de voitures, de meubles, de vêtements, de nourriture, de matériaux de construction, etc..

Par contre, les coupures budgétaires pour les dépenses gouvernementales du Canada et du Québec feront en sorte qu’elles contribueront peu à la croissance. Mais ce que les gouvernemens font augure bien pour le futur comme on peut le constater à Ottawa qui annonce maintenant non seulement un budget équilibré mais aussi des coupures d’impôts. Il nous faut être patients de ce côté-là, comprendre le pourquoi des actions draconiennes qui sont prises et savoir que demain sera un meilleur jour.

L’inflation est bien contrôlée et il est prévu qu’elle évoluera à « l’intérieur de la fourchette de maîtrise de l’inflation de 1 à 3 % ». Le taux de financement des banques sera aussi maintenu bas puisque la Banque du Canada a indiqué qu’elle n’est pas pressée de le hausser.

On prévoit aussi que le dollar se maintiendra à la baisse d’ici la fin de 2015, ce qui aidera les exportations.

Je sais que depuis quelques jours, plusieurs économistes nous conseillent d’être prudents en rapport avec les prévisions du développement économique 2015 au Québec. Certains sont mêmes négatifs. Certes, il y a des risques que les perspectives changent. Et comme je ne suis pas un économiste, je ne peux affirmer qu’ils ont tort. Mais je suis porté à ne pas être en accord avec leur position pour les raisons que je viens de décrire. On verra bien à la fin de 2015.

Pour moi, tout est là pour réussir. Il nous reste à faire ce qui doit être fait. Investir, innover et travailler… davantage.

Claude Dupras

jeudi 2 octobre 2014

PKPéladeau, chef du Parti Québécois

Il semble bien que « l’affaire est dans le sac » pour Pierre-Karl Péladeau (PKP). Il sera le prochain chef du Parti Québécois. Malgré que la course à la chefferie débute à peine, qu’il n’ait pas encore annoncé sa candidature, le résultat est fort prévisible pour les observateurs avertis.

Les sondeurs nous informent que PKP récolte, aujourd’hui, l’appui de plus de 53% des sympathisants péquistes du Québec. Les autres candidats se voient attribuer à peine 2% à 7% d’appuis. Ce sont des indices clairs mais pas définitifs car rien n’est certain en politique.
La direction du PQ a mis de côté l’idée d’une élection primaire pour tous les sympathisants péquistes au Québec et a opté pour un vote internet limité aux membres du parti. Cela me semble une belle occasion perdue car la confrontation des candidats aurait suscité dans la population, qui aime ce genre de course au leadership d’un parti politique, un intérêt certain. Les luttes et débats dans de telles circonstances attirent l’attention car ils portent sur l’avenir. Je ne comprends pas le PQ qui, placé dans une position très défavorable par l’opinion publique, refuse une opportunité pouvant faire tourner tous les regards vers lui. 
Le politicien PKP n’est pas très connu. Par contre, l’homme d’affaires l’est et il est favorablement apprécié, comme je l’écrivais dans mon blog du 20 avril 2013 intitulé « Un géant : Pierre-Karl Péladeau ». J’y exprimais une opinion positive sur son flair et son savoir-faire des affaires après l’avoir vu maintenir la compagnie Québecor Inc, héritée de son père, et la transformer au point d’en faire un de plus importants conglomérats dans le domaine des médias au Canada.
Mais en politique, il est loin du top. Son entrée politique durant la dernière campagne électorale québécoise fut un flop monumental. Son « poing en l’air », similaire au signe des membres de l’internationale communiste, a frappé l’imagination collective. D’un coup, son geste a confirmé l’idée que le PQ voulait imposer un nouveau référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien. Comme c’était au moment où les Québécois n’en voulaient absolument pas, cela a contribué fortement au renversement du gouvernement de Pauline Marois et à la dégelée du Parti Québécois, la pire défaite depuis sa formation.
Durant la campagne, le manque de clarté de ses discours a surpris et il s’est avéré un orateur sans éloquence puissante ni directe. Ses prestations télévisuelles laissaient à désirer. Il devenait clair que la politique était pour lui un nouveau monde.  
Aujourd’hui ses plus chauds partisans recherchent un couronnement. Pour eux, le choix est décidé. Ils vont même jusqu’à réclamer que les 29 députés péquistes se rallient à PKP et que cette décision soit plébiscitée par les membres du parti afin de lui conférer une légitimité démocratique. Ils traitent, de façon arrogante, les autres candidats de « petits ambitieux, rêveurs, et utopistes… qui font le jeu des fédéralistes ». Pas de débats, pas de discussions, pas de choc des idées, pas d’ouverture pour les vedettes du parti mais des insultes, seul PKP. Ça ne frise pas le ridicule, mais pas loin. Vive la démocratie… 
Qui sait comment PKP va réagir dans le feu de la compétition politique. Quelles sont ses vraies convictions? De droite, de gauche ou du centre ? Est-il un homme convaincu ou un opportuniste capable de gagner la bataille d’images et d’illusions qu’est la politique, parce qu’il en a les moyens financiers ? Son « Québec, mon pays » se définit-il par un référendum sur la question le plus vite possible ou l’adoption d’un simple projet de loi à cette effet par l’Assemblée nationale ? Peut-on se fier uniquement aux quelques brides politiciennes qu’il lance ici et là pour se maintenir dans le limelight, via sa page facebook, pour juger de sa compétence politique ? Est-ce parce qu’il est riche et a été magnat des médias, grâce à des aides substantielles du gouvernement, qu’il est plus apte à diriger un gouvernement qu’un autre candidat qui vient du milieu professionnel, journalistique, culturel, ou social? Possiblement, mais avant de le couronner, la démonstration reste à faire.  
Dans le passé, des hommes riches et issus du milieu des affaires ont fait leur entrée en politique. Plusieurs ont vite plié bagages. Un rare parmi eux, François Legault, aujourd’hui chef du parti Coalition Avenir Québec (CAQ), a  finalement, après des années comme ministre et des années comme chef de parti, démontré qu’il a les capacités de diriger un gouvernement.
Justement, c’est Legault qui rappelait hier avoir discuté maintes fois dans le passé avec PKP du sujet des dépenses gouvernementales. Il affirme ne pas comprendre son opposition soudaine au budget austère du gouvernement actuel visant à diminuer les dépenses élevées, le déficit et l’endettement du Québec. « C’est un revirement de 180° par rapport avec ses opinions précédentes », dit-il. Pourquoi ? « Pour calmer l’aile gauche de son parti qui l’oppose », ajoute Legault ? Voilà le genre de questions qui pourraient être éclaircies si de vrais débats ont lieu entre les candidats. Les Québécois pourraient alors mieux juger ses propositions politiques et sa sincérité.
Sur le sujet de l’austérité, nous n’avons qu’à comprendre ce qui se passe en France, pour le juger. Le président socialiste François Hollande coincé par l’Allemagne et l’Union Européenne a dû imposer un programme d’austérité car la situation économique française est dangereusement en difficulté. Chômage à la hausse, croissance négative, déficits constants, taxes additionnelles, etc… Le résultat : Hollande se retrouve à 15% favorable dans l’opinion publique car personne n’aime l’austérité. Pour regagner sa popularité, Hollande renie en partie maintenant son propre programme et blâme les autres de l’avoir engagé dans ce sillon. PKP se prononce-t-il contre l’austérité pour obtenir la faveur générale ?
Le Québec n’est pas la France. Nous sommes financièrement en meilleure posture. Mais si nous continuons à dépenser, à augmenter nos programmes sociaux au nom d’un supposé « modèle québécois », à emprunter et que soudainement nos revenus stagnent, nous connaîtrons des difficultés économiques comme la France. Nous pourrions aussi, dans un cas extrême, vivre des périodes difficiles comme celles que l’Espagne, la Grèce ou l’Italie ont presque fini de traverser. Pour éviter à tout prix une telle situation, il nous faut apprendre des autres et cela veut dire contrôler nos dépenses et vivre selon nos moyens. PKP nous réserve-t-il un avenir plus difficile en disant autrement aujourd’hui ? De bons débats nous éclaireraient sur sa surprenante position.
De son côté, le chef de l’opposition officielle québécoise, Stéphane Bédard. espère voir l’émergence d’un nouveau leader à la Bouchard. Il fait allusion à Lucien Bouchard, ministre démissionnaire à Ottawa, fondateur du Bloc Québécois, leader du référendum de 1995, chef du PQ et PM du Québec. Mais Bouchard a fait beaucoup politiquement avant de devenir chef du PQ. Qu’à fait PKP? Rien. On ne s’invente pas politicien encore moins sauveur.
En fait qui est le vrai politicien PKP ? Six mois après son élection comme député, on connaît peu de lui. Et s’il devient un chef péquiste plébiscité, on ne le saura qu’après. Il sera peut-être trop tard.   

Claude Dupras

vendredi 1 août 2014

L'omniprésent Jean Jaurès

En tant que Canadien qui aime la France, je suis toujours surpris de la ferveur exprimée par la classe politique française envers Jean Jaurès. Lors de la dernière campagne électorale présidentielle, je me rappelle d’avoir entendu Nicolas Sarkozy accuser François Hollande, Lionel Jospin et Ségolène Royal d’avoir renier Jaurès. Il se disait plus près de lui qu’eux. Pourtant, il est de la droite et les trois occupent ou ont occupé des postes politiques importants dans des gouvernements socialistes. De même, aujourd’hui, plusieurs leaders de gauche se déclarent plus près des idées de Jaurès que leurs collègues, pour requinquer leur image.

Il y a partout dans les villes françaises, des parcs, des rues, des bâtiments, des garages souterrains, comme à Avignon,… portant le nom de Jean Jaurès. Il est donc un personnage important du passé qui a marqué l’imaginaire politique des Français et qui continue à le faire si j’en juge par tout ce qui se raconte actuellement en France à l’occasion du centenaire de son assassinat. Mais qui est-il ?

Fils de petits paysans du Tarn, Jaurès est professeur de philosophie et de psychologie lorsqu’à vingt-cinq ans, il est élu député à Toulouse en 1885. Il est ni socialiste ni marxiste mais du côté des républicains. Quatre ans plus tard, il perd son siège et revient à ses amours d’enseignant, tout en étudiant pour obtenir un doctorat en Lettres.
 
La vie politique l’intéresse de plus en plus, il y participe et écrit ses pensées dans un quotidien de Toulouse de tendance radicale. Hanté par elle, il devient conseiller municipal et maire-adjoint de la ville de Toulouse. A ce moment-là, les ouvriers ont beaucoup de difficultés et Jaurès est marqué par leur solidarité. Puis, une grève de mineurs deviendra un point tournant où il confirmera ses convictions.  
 
Cette grève est déclenchée suite au licenciement d’un ouvrier et leader socialiste, devenu maire de Carmaux. Ce sont les absences de l’ouvrier–maire, nécessaires pour remplir ses obligations politiques, qui sont le prétexte de son congédiement. Les mineurs y voient un refus des droits de la classe ouvrière à être actif en politique. 1 500 soldats sont envoyés par le président de la république pour maintenir l’ordre, indiquant ainsi qu’il prend parti pour le patronat. Jaurès soutient la grève et accuse les capitalistes de ne pas respecter les mineurs. C’est l’occasion pour lui de définir ce qu’est la lutte des classes et le socialisme. Finalement, l’ouvrier-maire gagne sa demande et obtient un congé illimité pour servir ses concitoyens.
 
En 1893, un siège de la Chambre est libéré par un député démissionnaire et Jaurès est élu comme socialiste indépendant grâce au vote ouvrier et malgré une massive opposition de la classe rurale. Il s'affirme comme un tribun remarquable. Il accompagne les luttes sociales très dures face à un patronat brutal.
 
Durant cinq ans, il devient le grand défenseur des mineurs, des ouvriers et des paysans en général, qui sont en lutte contre leurs patrons. Homme de terrain, il va sur place se rendre compte des situations qui affectent les travailleurs. Il s’attaque aux anarchistes, à la brutalité des patrons, à la répression du gouvernement, à la censure des journaux et des députés socialistes, à la police qu’il traite d’agent provocateur… Il défend la paix. Il est courageux.
 
Puis vient l’affaire Alfred Dreyfus. Ce capitaine de l’armée française, juif, est condamné en 1894 au bagne à perpétuité pour avoir livré aux Allemands des documents secrets.  Au début, Jaurès le croit coupable mais en août 1898, il devient son défenseur passionné suite à une nouvelle révélation qui démontre qu’un autre commandant est le vrai traître. Alors que le socialiste et marxiste Jules Guesde juge que le prolétariat n'a pas à défendre un bourgeois, Jean Jaurès s'engage en sa faveur, écrivant : « Nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfermer hors de l'humanité ». L’innocence de Dreyfus sera finalement reconnue et il sera libéré pour servir encore dans l’armée. Suite à ses discours, son action et son succès, l’influence politique de Jaurès devient nationale. Malgré tout, les patrons réussissent à le faire battre aux élections de 1898.
 
Intellectuel, il écrit de nombreux ouvrages politiques et historiques, dont « les preuves de l’affaire Dreyfus » et dirige une équipe pour la rédaction de « l’Histoire socialiste de la France contemporaine », incluant la partie qu’il rédige lui-même sur la révolution française. Il soutient le gouvernement républicain qui a nommé un socialiste au commerce et à l’industrie. En 1902, il est un de ceux qui fondent le « Parti socialiste français » et il reconquiert son siège de député et le gardera pour les trois prochains mandats jusqu’à sa mort.
 
Orateur hors pair, il devient le porte-parole du petit groupe de députés socialistes à l’Assemblée nationale. Il regroupe tous les partis de gauche dont les marxistes, appuie le gouvernement qui est de droite, mais le critique pour son incapacité à appliquer rapidement des réformes sociales. Il défend la liberté de conscience et propose la séparation des Églises et de l’État.
 
Il crée un journal, l’Humanité, auquel participent ses alliés de toujours et des écrivains comme Anatole France et Jules Renard. Son but est l’unité socialiste. Il l’atteint en 1905 grâce à son acceptation d’une direction bicéphale du mouvement (lui et un leader marxiste) et de l’abandon de son appui au gouvernement. Il dialogue avec succès avec les syndicats révolutionnaires qui lui deviennent sympathiques. A l’élection de 1914, son groupe socialiste obtient 17% des voix et 101 députés. Une belle victoire relative.
 
Depuis 10 ans, il discourt contre la venue d’une guerre. Inquiet, il constate la montée du nationalisme dans les pays voisins et les rivalités entre les grandes puissances. Il préconise d’organiser la défense nationale en préparant militairement l’ensemble des Français. Pacifiste, il voit dans une nation armée le moyen d’obtenir la paix. Il s’oppose au service militaire obligatoire dont la loi sera finalement votée, malgré lui. En 1914, il estime que les possibilités de guerre se sont amenuisées puisque celle des Balkans est terminée. Mais ce n’était pas compter sur l’attentat de Sarajevo qui deviendra l’étincelle du déclenchement de la première guerre mondiale à cause de l’accroissement des tensions qu’il crées entre les grandes puissances.
 
Il devient l’ennemi des « nationalistes » qui veulent leur revanche contre l’Allemagne et qui sont favorables à la guerre. Jaurès, pour sa part, veut absolument la paix et se rallie à l’idée d’une grève générale si une guerre est déclenchée. Il organise des manifestations et réclame de l’Internationale socialiste qu’elle intervienne. « Il n'y a plus qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces (pour écarter) l'horrible cauchemar ».
 
Le 31 juillet 1914, il se lève à la Chambre des députés, puis au ministère des Affaires étrangères pour faire arrêter le début des hostilités. Il se rend à son journal et rédige un article allant dans le même sens. Puis, il s’en va dîner avec ses collaborateurs au « Café du Croissant », rue Montmartre. Il est assis près d’une fenêtre lorsqu’un étudiant nationaliste approche, le voit et tire deux coups de feu de la rue. Il est abattu à bout portant. Une émotion considérable s’empare des Français. Ils ne l’oublieront jamais.
 
Le lendemain, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie alors que la France décrète la mobilisation générale. Puis, le 3 août, la France et l'Allemagne sont en guerre, et les socialistes, n’ayant pas le choix, se rallient au gouvernement d'union nationale pour combattre l’ennemi, respectant ainsi ce que Jean Jaurès avait dit : « Il n'y a aucune contradiction à faire l'effort maximum pour assurer la paix, et si cette guerre éclate malgré nous, à faire l'effort maximum pour assurer l'indépendance et l'intégrité de la nation ».
 
En 1924, Jean Jaurès entre au Panthéon.
 
En terminant, cette courte biographie de Jean Jaurès, voici quelques-unes de ses paroles : « Et vous vous étonnez de la véhémence de nos paroles, de la force de nos accusations ! Mais songez donc que nous parlons au nom d’un siècle de silence ! Songez donc qu’il y a cent ans il y avait dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui mouraient sans avoir le droit d’ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient. Puis un commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux, et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont crié tout bas dans leur poitrine comprimée vibrent en nous, et éclatent par nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas toujours. »
 
L'historien Michel Winock rappelle : « Ce qui est remarquable, c'est qu'il rend hommage à tous les camps. Ce n'est pas un sectaire. Par exemple, à propos des droits de l’homme et du citoyen, les marxistes disent que ce sont des droits formels, un masque qui rejette dans l'ombre les vraies motivations, c'est-à-dire la défense des intérêts de la bourgeoisie. Ce n'est pas du tout l'avis de Jaurès ».
 
Voilà pourquoi, après cent ans, on parle encore abondamment de cet homme politique remarquable qui a marqué la France.
 
Claude Dupras

jeudi 24 juillet 2014

Critiquer Israël


Écrire un texte qui critique Israël, sa politique et ses chefs est risqué. Si on ne partage pas l’opinion du gouvernement d’Israël ou si on dénonce ses politiques ou ses chefs, on risque d’être taxé d’antisémite.
J’ai un grand respect et une admiration profonde pour le peuple juif. J’ai lu beaucoup sur son évolution. J’ai été surpris des oppositions constantes qui ont affecté son histoire, à travers les siècles, et de sa force de caractère pour en sortir la tête haute. J’ai apprécié ses Prix Nobel, si nombreux dans tous les domaines, qui ont démontré au monde entier l’excellence de ce peuple dans les arts, les lettres, la science, la philosophie, la médecine, etc… et son sens de l’invention.
J’ai constaté sa richesse culturelle, sa domination incontestée dans tous ses domaines et sa générosité sans borne pour les arts. J’ai été témoin de son sens des affaires, ses capacités d’analyse, sa logique, ses décisions, son sens du risque bien calculé. Je l’ai vu être d’avant-garde, initiateur, investisseur, bâtisseur… en somme réalisateur de grands projets, de grandes choses.  Oui, il sait agir comme  un réalisateur hors-pair dont les actions sont basées sur ses connaissances du passé et son sens extraordinaire de ce que sera le futur.
Le peuple juif est un grand peuple doté d’une haute intelligence et d’un sens pratique remarquable.
Par contre, je n’ai pas aimé ce qui a découlé de la décision des Nations-Unies en 1948, avec laquelle j’étais en accord, qui a reconnu l’État d’Israël et lui a attribué un territoire en Palestine. Depuis, les arabes de ce territoire se ressentent dépossédés, défranchis, bousculés et sont devenus des réfugiés dans leur propre pays.  Depuis, ils contestent et le chaos règne. D’un gouvernement israélite à l’autre, c’est une résistance constante.  Les arabes revendiquent, contestent, veulent reprendre leur habitation, leur terrain… Israël avec les armements ultramodernes de son arsenal, ses soldats bien entraînés, l’appui inconditionnel autant politique, monétaire que militaire des USA, est devenue dominante et gagne du terrain sans cesse.  
Les arabes, toujours battus et humiliés, sont inconsolables mais demeurent déterminés. Ils contestent sans cesse de façon de plus en plus sophistiquée. Ils réclament leur butin, souventes fois avec raison.
Aujourd’hui, encore une fois, le monde est devant un nouveau conflit israélo-palestinien. Gaza est envahie par l’armée israélienne qui se justifie en faisant allusion aux attaques arabes incessantes par roquettes et autres moyens. Le gouvernement israélien veut y mettre fin et son prétexte est de découvrir et de démolir des tunnels construits par les palestiniens par lesquels du matériel de guerre et des produits pouvant répondre aux besoins domestiques des familles palestiniennes sont importés.
Je viens tout juste de trouver, dans mes affaires, un article de la Une du journal français MIDI LIBRE, datée du 28 avril 1945, 20 jours après la fin de la 2e guerre mondiale. Il laisse à réfléchir sur la situation actuelle en Palestine. 
 
Il est intitulé : « Le rapport de la délégation britannique sur Buchenwald ». Le voici :
Londres 27 avril 1945 – Les membres de la délégation britannique qui a visité le camp allemand de Buchenwald ont été unanimes à déclarer qu’à leur avis les nazis appliquaient depuis longtemps une méthode délibérée d’extermination des internés par la famine et les mauvais traitements.
Ils estiment que les Allemands ont aussi atteint le plus bas degré de dégradation qu’ait jamais touché la conscience humaine.
Le rapport de la délégation, qui a été publié sous la forme d’un livre blanc, déclare que jusqu’au 1er avril 1944, le nombre de tué ou morts à Buchenwald s’élève à 54,072. Dix-sept mille au moins d’entre eux sont morts depuis le 1er janvier dernier.
Le rapport précise que l’une des baraques du camp était affectée à un usage spécial : certains prisonniers de marque y rencontraient pendant une vingtaine de minutes des femmes amenées d’autres camps. Celles-ci, par la menace ou la promesse d’un meilleur traitement étaient contraintes de se prostituer. Elles étaient tuées ensuite.
Il existait une baraque de la mort. Les internés y accédaient soit en descendant un escalier de pierre abrupt, soit en tombant par une trappe qui s’ouvrait sous leurs pieds. Les internés jugés réfractaires ou incapables de travailler y étaient précipités.
Selon le rapport des membres de la délégation, on avait enlevé le testicule gauche d’un homme de 29 ans.
De nombreux sujets d’expérience sont morts et la politique d’extermination semble avoir été mieux appliquée que celle de la stérilisation. Mme Koch, femme du commandant du camp, collectionnait des objets confectionnés avec de la peau humaine. Un de ces objets qui a été examiné par Sir Bernard Spilsbury et identifié par lui comme étant de la chair humaine, était un petit-abat-jour.
Il est confirmé que les enfants comme les adultes étaient astreints à un travail de 8 heures au minimum sept jours par semaine. On croit qu’il reste encore 800 enfants dans le camp.
Quelques anciens déportés nous ont confié que les opérations avaient lieu sans qu’on employât d’anesthésique, sur des tables de cuisine, au milieu des autres prisonniers.
Enfin les internés dormaient sur des planches, sans matelas, bien entendu. Ceux qui en avaient encore la force poussaient les morts dans l’allée. Tous les soirs, les cadavres étaient rassemblés à un bout de la baraque et le matin ils étaient emportés au four crématoire ou à la dissection.
Les membres de la délégation ont pu voir également dans le sous-sol une lourde massue de bois, de 60 cm de longueur environ qui servait à assommer ceux qui mouraient trop lentement. Cette massue était encore tachée de sang.
Dans la cour voisine du four crématoire, des chariots apportaient de nombreux cadavres d’internés morts de la dysenterie et provenant des divers baraquements. Le dernier de ces lugubres chargements a pu être examiné par les délégués. Aucun des corps des malheureuses victimes ne portait trace de mort violente. Toutes paraissaient avoir succombé à la faim et à la maladie.
On assure que différentes méthodes de stérilisation ont été pratiquées dans ce camp sur des juifs internés. Deux membres de la délégation ont vu un juif polonais qui avait subi une opération de ce genre.

À ce moment-là, il existait plus de quarante camps d’extermination dont plusieurs étaient du genre de Buchenwald. Mais six camps étaient particuliers et beaucoup plus horribles. Ils étaient dédiés à l'exécution organisée et massive d'êtres humains, dont une écrasante majorité de Juifs : Auschwitz 1 et 2, Chelmno 1, Majdanek, Sobibor et Treblinka. Ils avaient été mandatés pour ce faire, suite de la décision de la « Conférence nazie sur la solution finale » qui a décrétée la mise à mort rapide de tous les juifs. Les camps devenaient un processus de type industriel pour éliminer tous les juifs à tout jamais.
J’ai visité Buchenwald et Auschwitz et j’en suis sorti bouleversé. J’ai aussi visité le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem qui occupe, avec raison, une place centrale dans la volonté des juifs de maintenir le souvenir des six millions de leurs compatriotes assassinés par les nazis et leurs complices. J’en suis sorti abasourdi. Je comprends la profondeur de la mémoire juive. Aucun peuple n’a subi de telles souffrances, de tels préjudices.
C’est de là que vient la difficulté de critiquer le gouvernement israélite. Faire la part des choses n’est pas facile, mais elle doit être faite. Particulièrement aujourd’hui, dans les relations de l’état juif avec la Palestine arabe. Cette dernière n’a rien à voir avec les plans d’extermination des nazis. Elle est aussi, jusqu’à un certain point, victime des nazis. La décision de 1948 de créer l’État Juif en Palestine est venue des Nations Unies dans la foulée des crimes nazis contre les juifs européens, après la deuxième guerre mondiale. Depuis ce jour, rien ne va plus pour les arabes palestiniens. Leur qualité de vie n’a rien à voir avec celle des israélites d’autant plus que Gaza est une petite zone parmi les plus densément peuplée du monde. Le mouvement islamiste Hamas a été porté au pouvoir par les Gazaouis à l’élection de 2006 et il est très revendicateur des droits palestiniens et contestateur de l’état hébreu. De plus, la frontière avec l’Égypte est pratiquement fermée. Évidemment, cela n’aide pas.   
Dans le conflit actuel en Gaza, on peut disserter longuement pour déterminer le vrai responsable de l’enveniment de cette situation. Une chose certaine, la force militaire entre les deux parties est totalement disproportionnée. Beaucoup plus d’arabes sont tués dont des femmes et des enfants. Des familles palestiniennes perdent leur logement, leur maison. Les embargos sur la nourriture et autres produits essentiels font mal et des enfants en souffrent. Certaines écoles sont fermées et d’autres démolies. Les hôpitaux sont endommagés. Rien de va plus dans la vie des arabes palestiniens.
La vraie solution à cette situation intenable est la négociation. Une vraie. Palestiniens et Israélites sont aujourd’hui devant un fait accompli. Ils doivent vivre ensemble. Les israélites ont l’argent et dans une nouvelle paix négociée, ils devraient agir et investir massivement pour que la partie arabe atteigne le plus vite possible un niveau de vie de qualité. Ce n’est pas pour demain, mais c’est possible à la longue. Ainsi la jeunesse palestinienne montante ne se ressentira pas frustrée et verra la possibilité d’une vie meilleure dans son pays et ailleurs. Demain, ils seront les dirigeants de leur nation et, à ce moment-là, ils se rappelleront les erreurs passées et voudront sûrement ne pas les répéter.
Entre temps, il faut dénoncer la rentrée barbare de l’armée israélienne en Gaza. Oui, il y a des roquettes et nonobstant les agissements de l’armée, il y aura toujours des roquettes ou autres choses. La solution n’est pas dans la méthode dure pour les éliminer car l’être humain sait toujours trouver un moyen pour se défendre. Elle est ailleurs.

Claude Dupras