vendredi 11 avril 2014

Le parti Québécois est-il mort ?

Depuis l’écrasante victoire du parti libéral du Québec (PLQ) sur le Parti Québécois (PQ) nous entendons toutes sortes d’affirmations à l’effet que le PQ a perdu de son importance dans la vie politique du Québec et du Canada et qu’il est sur une pente descendante qui l’amènera à sa disparition.

Certains de ses membres parmi les plus connus, comme l’ex-ministre Louise Beaudoin et le sociologue Gérard Bouchard, n’hésitent pas à affirmer : « l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays ». Eux qui, il y a à peine un mois, annonçaient avec grande confiance la victoire de leur parti et rêvaient d’un référendum gagnant, aujourd’hui déblatèrent contre le PQ en le condamnant à un avenir noir.

Si on oublie les deux référendums qui ont brassé un peu trop et inutilement la cage et que nous nous rappelons les nombreuses lois qui ont été votées par les gouvernements qui ont suivi la révolution tranquille, beaucoup de progrès a été accompli. Parmi elles, il y avait celles des chefs péquistes René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Chacun a livré la marchandise : loi 101 sur la langue, lois sociales, assurance-auto, loi anti-scab, zonage agricole, programme Épargne-actions, etc… Malgré que j’aimais plusieurs de leurs décisions, je les ai combattus aux élections parce qu’ils voulaient tenir un référendum pour séparer le Québec du Canada, sauf en une occasion, en 1981, lorsque René Lévesque a gagné l’élection avec sa proposition « un bon gouvernement, sans référendum ».

À l’élection de lundi dernier, le PQ a perdu 24 députés et n’a récolté que 25,4% des votes, son deuxième plus bas score depuis sa création, tout en laissant filer le pouvoir qu’il avait acquis, par chance, en 2012 avec 31,95% du vote. Une vraie catastrophe !

Aujourd’hui, les commentateurs, chroniqueurs, blogueurs, politiciens fédéraux et autres affirment que 70%-75% des Québécois s’opposent à la tenue d’un référendum et, par conséquent, le PQ risque de disparaître. Est-ce la réalité ? Je ne le crois pas.

Durant les dernières années, jusqu’au lancement de la récente élection, les sondeurs affirmaient que 40% des Québécoises et Québécois favorisaient la séparation du Québec. Ce score a été constant de sondages en sondages. Je l’ai d’ailleurs utilisé maintes fois dans mes blogs pour souligner le danger possible qu’un référendum nous réservait. Il ressemble d’ailleurs étrangement à celui obtenu par René Lévesque lors du référendum de 1980, lorsque le OUI avait obtenu 40,6% des suffrages. J’ai la conviction que dans quelques mois, nous retrouverons le même score de 40% dans les sondages.

C’est donc dire que pour gagner un référendum, le OUI doit recueillir 10% de plus de votes. Il l’a presque fait en 1995. Mais dans la situation actuelle, cela semble impossible malgré que ce soit une relative petite marche à monter.

Pauline Marois a perdu l’élection à cause de son utilisation malencontreuse de la charte des valeurs et la tenue d’un référendum qu’elle cherchait à cacher. Trop de sources sérieuses, venues contredire ce qu’elle affirmait pour le démontrer, ont miné sa crédibilité. Sa décision d’aller en élection pour profiter de l’appui majoritaire qu’exprimaient les francophones à la loi 60, celle de la charte, ne s’est pas matérialisée en une victoire à cause de la mauvaise campagne électorale qu’elle a menée. Ajoutée aux votes négatifs presqu’unanimes des non-francophones à cause de la charte, ce fut fatal.

Jusqu’à un certain point, la PM Pauline Marois a dirigé un bon gouvernement comme je l’ai souligné dans quelques blogues, à ce moment-là. Les astres étaient bien alignés pour elle et son parti, au point que si elle avait mené une vraie bonne campagne et avait confirmé, dès l’annonce de l’élection, qu’il n’y aurait pas référendum durant son prochain mandat, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu maintenir son parti au pouvoir. Elle est donc directement responsable.

Mais rien ne dit que dans le futur, un nouveau chef ne pourra pas réussir là où elle a failli. Le problème est que le PQ n’a pas actuellement dans ses rangs un tel chef ou, s’il est là, il est bien caché, Parmi la panoplie de ses candidats possibles, aucun ne démontre être capable de gagner une élection. Les trois vedettes actuelles du parti, Drainville, Lisée et PKPéladeau, ont agi en bouffons sur scène le soir de l’élection. Alors que tout le Québec attendait, devant la télé, Pauline Marois qui devait accepter la défaite, chacun des trois mousquetaires mandatés pour préparer sa venue, a démontré un manque de jugement politique en prononçant, à tour de rôle, un discours pro-référendum alors qu’elle avait refusé d’en parler durant toute la campagne et que c’était la cause principale de sa défaite.

PKP semble favori actuellement pour devenir le nouveau chef du PQ. Ce milliardaire en a surpris plusieurs lorsqu’il a décidé de faire de la politique active. Séparatiste ardent, il s’est embarqué dans les circonstances que nous connaissons et, à la surprise générale, a fait déraillé la campagne de la PM Marois. Par la suite, nous l’avons vu plusieurs fois à la télé et entendu à la radio débattre ses positions politiques. Plusieurs électeurs ont été désappointés par ses prestations, surpris de sa difficulté à bien s’exprimer et de se produire en public. Orateur sans éloquence puissante et directe, sans prestance, il ne génère pas la confiance. Il n’est ni un René Lévesque, ni un Lucien Bouchard et ni même un Jacques Parizeau. Ceux-là étaient passionnés, connaissaient bien tous les dossiers et savaient s’exprimer avec ardeur, intelligence et conviction. On ne pouvait que les admirer, même si on ne partageait pas leurs avancés. PKP, pour sa part, a été bien superficiel dans ses discours, pas convaincant et même désappointant. Si je me fie aux nombreux commentaires que j’ai reçus depuis l’élection, il a « manqué son coup », il a manqué son entrée. Et ça c’est difficile à corriger car le mal est fait et ne devient pas orateur qui veut ! Malheureusement pour lui, Dale Carnegie n’est plus là !

En réalité, c’est triste parce que PKP pouvait être le prochain grand chef du PQ. Excellent homme d’affaires, il ne sera pas un grand politicien.

Sans PKP à sa tête, le PQ ne mourra pas car l’idée est encore là. Qu’il s’adapte à la réalité et que le prochain chef se lève !

Claude Dupras

13 commentaires:

Liane a dit…

Pour ma part, je voudrais bien que peu importe le futur chef du PQ, que la séparation du Québec du Canada soit oubliée. Le PQ ne peut-il exister sans séparer le Québec du Canada? Pourquoi pas si ses intentions sont de travailler pour le peuple. Ne peuvent-ils changer leur option? Je suis peut-être naïve, mais je répète le «pourquoi pas». Ça prendrait une personne de qualité avec une forte personnalité. Ça causerait du brou-ha-ha, et puis? Ça ne serait rien de nouveau! Il faut dire que je n'y crois pas! Je peux rêver en couleur. Quand les péquistes sont nés, le Canada était entier! Ont-ils été tellement maltraités?

Claude Dupras a dit…

Pierre B. a écrit:

Pas mort, mais très peu de chances d'être réélus s'ils demeurent dans le déni, comme en ont fait preuve les trois "chefs" le soir du 7 avril. Je crois que ce serait mieux si ce parti disparaissait, parce que ça changerait la donne au moment des élections. On pourrait vraiment parler des vraies affaires.

P.B.

Claude Dupras a dit…

J.KM a écrit:

... une culture HUMAINE entretient avec des rêves, des l’illusion et des croyances humaines ... des orientations inadaptés au réel ... une culture HUMAINE entretient avec des métaphores, de la poésie et un imaginaire humain(e) ... des orientations HUMAINES immatures et polluante en environnement réel ... Le parti Québécois et tous les autres partis ne sont ni morts, ni vivants ... '' LE MOT N'EST PAS LA CHOSE '' J. KM

Claude Dupras a dit…

Christian B. a écrit:

Je crois que le parti Québecois n'a plus lieu d'être.

CB

Claude Dupras a dit…

Michel B. a dit:

Moi, je crois que ce parti est moribond. Pas mort... mais en voie de disparaître. Après toutes les allégations contre le Parti libéral au dernière élection, ils ont eu peine à former le gouvernement. Voyons Claude, ne te fais pas de roman.

MB

Claude Dupras a dit…

Michel B. a écrit:

Je suis comme toi, je crois, je connais mieux les libéraux. J'ai travaillé durant mes études en sciences politiques et en droit au cabinet de M. Bourassa... dans le temps de Lawrence Cannon, Julien Aubert, Jean-Pierre Ouellet, Jean-Claude Rivest et plusieurs autres... J'étais jeune, mais j'aimais bien M. Bourassa et j'ai souvent écouté les nouvelles avec lui dans son bureau, assis, coulé même, sur son divan ( il n'avait pas le dos fort...). On allait mangé au café d'Europe et sortions dans les discos le mercredi pour une crème de menthe après avec, entre autres, son secrétaire Claude Trudel. J'ai aussi fait beaucoup d'advance pour lui dans tous les comtés de l'est. De beaux souvenirs...

MB

Claude Dupras a dit…

Denis L. a écrit ce qui suit:

Bonjour,

Votre commentaire touchant « Le partie Québécois, est-il mort? », ne m'a pas
impressionné; et pour y répondre je dirais! Que le partie Québécois est toujours
bien vivant et qu'il est nécessaire dans ce contexte de rebâtir avec la jeunesse
et un chef à sa hauteur.

D'autre part ce n'est pas vraie, que le parti n'est pas réussi à vendre son projet de
d'un pays à la classe de ses mêmes jeunes. Bien au contraire, se sont les gens
plus âgés qui réfutent cette idée et qui craignent de perdre leurs chèques de pension
d'un gouvernement Fédéral centralisateur. Pourquoi ce gouvernement ne veut pas
rouvrir le dossier du Lac Meech et redonner au Québec des droits afin qu'il reprenne
sa place dans la fédération Canadienne. Pourquoi aucun des premiers ministres des
autres Provinces du Canada ne veulent conclure une entente et s'assoir avec le
Québec à la même table? N'est pas là, notre raison de se bâtir un pays et d'y croire!

J'avais honte de constater les applaudissements à la chambre des communes et le
sourire mesquin de M. Harper après l'annonce d'un gouvernement Libéral majoritaire
au Québec.

D'entendre M. Couillard s'exclamer que la souveraineté c'est une idée, sans plus, me
laisse espérer, que de nommer un neurochirurgien à la TÊTE du Québec nous offres
un avantage marqué.

Qu'il faudra bien plus qu'un paquet d'illusions dans son mandat avec cette équipe de fantômes
libéral qui surgie subitement après 18 mois de purgatoire.
Mais bien une opération minutieuse pour enlever au Québec cette tumeur au cerveau qui nous
rend amnésique avec si peu de mémoire et de fierté.

Un peuple ne se bâti non pas sur des IDÉES, mais sur des projets concrets et réalisables en
nous laissant décider de notre propre avenir. C'est ce que nous a laissé en héritage René Lévesque
avec fierté, détermination et courage.
Il ne faut pas tenter de changer la destination du temps, il s'agit de la laisser poursuivre sa route,
peu importe les chemins qu'elle empruntera et qui sait...

Merci DL

Claude Dupras a dit…

Réponse à Denis L.

Bonjour

Merci pour votre commentaire.

Les résultats des boites de scrutin dans les universités et les écoles ont montrés qu’une majorité importante de jeunes ont voté libéral. D’ailleurs les sondages indiquaient durant la campagne que le seul groupe d’âge favorisant le PQ était celui des baby-boomers. Cela m’a surpris mais le résultat de l’élection l’a prouvé.

Quant à l’entente du Lac Meech, c’est le gouvernement péquiste qui a refusé de le signer. Ce fut une journée triste pour le Québec. J’aimerais bien que l’on puisse y revenir mais ça nous prendrait un chef avec les qualités de négociateurs de Mulroney. Ils sont rares de nos jours.

Salutations

Claude Dupras

Claude Dupras a dit…

Jean G. a écrit:

Si tel que Mulcair veut le faire il existe une option fédéraliste social démocrate à la prochaine élection ??? heuuu Si le PQ choisit l'option de la longue marche pour vendre l'option ??? Je suis fédéraliste mais je ne confonds pas mes voeux avec la réalité.

JG

Claude Dupras a dit…

Gérard St-D. a écrit ce qui suit:

Tu as raison.
Le PQ n’est pas mort et PKP ne doit pas être le grand chef.
On devrait lui confier le volet économie de la plate-forme économique et
le mettre à l’œuvre pour faire la promotion de l’indépendance.
Qu’il soit à la direction d’un comité du PQ qui ferait des études sérieuse sur le volet
économie de la séparation.

Les libéraux ont toujours fait la promotion du fédéralisme avec les deniers de l’État, doublé des interventions
souvent farfelues du fédéral.
Il faut aller chercher les jeunes de 20 à 30 ans.

Question: peux-tu m’expliquer comment les libéraux ont manœuvrer pour éviter qu’on révèle au public
avant les élections
la magouille incroyable des libéraux pour leur financement.
Legault avait raison quand il disait: il se peut que dans peu de temps les électeurs regrettent d’avoir voter libéral.

Si j’étais Couillard, j’aurais une petite gêne de nommer au Conseil des ministres
des anciens qui ont travaillé avec Charest.

Salut et bonne journée.

GD

Claude Dupras a dit…

Réponse à Gérard STD:

Gérard

Ce fut quand même étrange que les infos en regard des scandales passés n’aient pas été révélés ni traités durant l’élection. Pourtant Pauline Marois étaient au pouvoir mais l’UPAC et la Commission Charbonneau, d’un commun accord, ont décidé de caviarder des documents et de suspendre le travail de la Commission de crainte d’influencer le résultat électoral.

Il y a eu aussi le débat subit sur le référendum qui a changé la donne. Marois ne s’y attendait pas car elle voulait parler d’éthique. Ce n’est que 10 jours plus tard qu’elle en a parlé et à ce moment-là il y avait tellement de boue de lancé sur lui que chaque fois qu’elle abordait le sujet de l’éthique, Couillard qualifiait cela de salissage et ça coulait comme l’eau sur le dos d’un canard. Tu vas admettre que Couillard a été très habile dans cette campagne. A mon point de vue il a fait une campagne électorale parfaite.

Quant aux prochains ministres, j’ai la conviction qu’il va y aller avec toutes les précautions du monde. Mais, on ne peut mettre de côté un bon homme si son nom a été mentionné à la commission sans preuve. J’ai hâte de voir comment il va s’en tirer. C’est une étape importante et délicate.

Claude

PS, Ce qui fait la une de journaux aujourd’hui en rapport avec « le bœuf de Matane » est connu depuis longtemps. Il n’est pas sorti du bois celui-là.


Claude Dupras a dit…

JCM a écrit ce qui suit:

La chanson du PQ devrait être dorénavant "ce n'était qu'un rêve"...de maman Dion !

Qu'on en finisse à la fin !

Il serait temps que les libéraux aient une opposition différente à l'avenir : la CAQ ??

Legault est p'tête moins charismatique de Couillard, mais il a quand même un évident talent de gestionnaire...

Bon viken,

JC

Suzanne Longtin a dit…

Hahaha ha! Quel bouffon!