Denis Coderre, lieutenant québécois du chef du Parti Libéral du Canada (PLC), vient de quitter son poste avec fracas. De plus, il a démissionné de son poste de critique de l’opposition officielle du Ministère de la Défense, au parlement. Ses gestes sont surprenants d’autant plus que des élections fédérales prochaines sont possibles puisque le gouvernement canadien du Parti Conservateur du Canada fait face à une motion de confiance proposée par le PLC.
Je connais Denis Coderre depuis longtemps et j’ai toujours admiré son enthousiasme, sa ténacité et sa fougue à servir la cause de son parti. Il y œuvre depuis sa jeunesse. Plus libéral que lui, on n’en trouve pas. Il a été trois fois candidat dans des comtés-châteaux-forts de partis adverses où il avait été mis en nomination par aider la cause son parti. Nonobstant la forte probabilité de défaite, il s’est, chaque fois, battu admirablement bien mais sans succès. Finalement, il s’est fait élire dans le comté de Montréal-Nord où il est un député fédéral bien apprécié puisqu’il a été maintes fois réélu, même lorsque son parti n’avait pas la cote et fut rejeté. Il a été ministre.
Depuis la descente aux enfers du PLC suite au scandale des commandites, Coderre n’a pas lâché. Il a tout fait pour aider son parti à relever la tête. Au congrès de leadership pour choisir un nouveau chef, il a pris parti pour Michael Ignatieff qui fut défait par Stéphane Dion. Coderre se rallia à ce dernier et donna le meilleur de lui-même. Dion perdit l’élection qui suivit, démissionna et Ignatieff fut appelé à le remplacer comme chef du PLC.
Le PLC était alors en plein désarroi au Québec avec un nombre de députés minimum. Ignatieff, dont la popularité reprenait du poil de la bête au Canada et particulièrement au Québec, décida, suite à une longue tradition, de se donner un lieutenant politique québécois, chargé des affaires du parti. Un genre de sous-chef. Ce poste fut brillamment rempli dans le passé par des Ernest Lapointe et des Marc Lalonde qui eurent une influence importante sur l’organisation du parti et sur la politique canadienne. Ignatieff choisit Denis Coderre pour remplir cette tâche importante. À mon point de vue, ce fut une erreur car Coderre n’est ni un Lapointe ni un Lalonde. Comme organisateur, oui, mais comme politique, non. Il aurait dû être nommé président d’un comité organisateur en vue des prochaines élections.
Coderre a fait un travail remarquable pour rebâtir le parti. Il a redonné un regain de vie aux troupes libérales québécoises. Il a créé une structure organisationnelle efficace, trouvé du financement par des activités démocratiques, fait choisir près de 90% des candidats, établi une stratégie électorale, bien représenté le parti dans tous les coins de la province et n’a cessé d’appuyer loyalement son chef en tout moment. Il a fait preuve d’un dévouement inlassable et d’une maîtrise exceptionnelle de l’appareil électoral du parti au Québec.
Pour atteindre les objectifs de son comité, il a dû, par la force des choses, piler sur certains orteils et cela a fait mal à plusieurs. Il a fait ce qu’il fallait faire pour réussir. Mais, il y en a toujours qui sont là pour chialer, critiquer et se plaindre. Ces derniers sont normalement ceux qui ne font rien et qui ne sont pas capables de faire quoi que ce soit de pratico-pratique. Coderre a su naviguer parmi ces eaux troubles et a maintenu son cap. Malheureusement, une dispute s’est développée pour le choix du candidat dans le comté d’Outremont, où l’ex député-ministre Martin Cauchon, qui avait, lâchement, quitté la barque libérale de la dernière élection alors qu’elle coulait, a voulu, puisque le vent est revenu dans les voiles du parti, reprendre son poste de député. Coderre refusa car il avait choisi une candidate très valable pour remplir ce poste et même décidé de l’imposer aux libéraux du comté en outre-passant une assemblée de mise-en-nomination ouverte à tous. Ce fut une erreur. Ignatieff refusa et décida que l’assemblée devait avoir lieu et que Cauchon pourrait y être candidat.
Face à la décision de son chef, Coderre jugea que son autorité était minée et il démissionna. Une autre erreur. De plus, sa fracassante sortie s’accompagna de dénonciations indirectes envers son chef sur la place publique lorsqu’il affirma que les décisions importantes en rapport avec l’organisation électorale de son parti au Québec étaient prises par les anglais à Toronto. Une autre erreur.
J’ai été dans la même position que Coderre pour le parti progressiste-conservateur du Canada (PPCC) sous Stanfield. Je tirais tous les cordons pour l’élection de 1972. J’ai connu ces moments difficiles où il fallait discuter longuement avec les autres membres de l’organisation nationale qui ne favorisaient pas nécessairement nos approches. Je ne gagnais pas toujours mon point, tout comme les autres membres des autres provinces ne gagnaient pas toujours les leurs. C’est ça un parti national ! Mon rôle et celui des autres Québécois qui y participaient nous a permis d’influencer les affaires nationales du parti. C’est ainsi que le PPCC s’est transformé pour devenir un parti pour tous les Canadiens et cela s’est avéré réel lorsque la porte s’est finalement ouverte pour la venue du premier Québécois comme chef, Brian Mulroney.
Coderre a nui à son parti en agissant comme il l’a fait. Sa décision intempestive est inexplicable pour moi. Il est triste de constater qu’un partisan aussi dévoué à un parti politique pose des gestes qui risquent d’entacher l’image de son parti, surtout à la veille d’une élection. Il a eu tort de démissionner et de tout foutre en l’air. Il a agi de façon irresponsable et a donné l’impression qu’il se prenait pour un général alors qu’il était lieutenant.
Denis Coderre est un homme travaillant, dévoué, sincère et dynamique. J’espère qu’il va se ressaisir et continuer à bien servir Montréal, le Québec et le Canada.
Claude Dupras
vendredi 2 octobre 2009
La colère de Coderre
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lundi 28 septembre 2009
Polanski : 30 ans après, on oublie tout ?
Le fameux cinéaste Roman Polanski vient de se faire piéger en Suisse, où la police a mis en force un mandat d’arrêt international délivré par la justice américaine contre lui, il y a 30 ans.
La justification du mandat découle d’un procès contre Polanski en 1977, à Los Angeles, où il était accusé d’avoir drogué et violé une petite fille de 13 ans.
Incarcéré puis libéré sous caution après 47 jours, le procès traîna pendant près d’un an lorsque Polanski décida d’acheter un billet « aller simple » vers Paris pour se sauver des USA et du procès. Il donna comme raison, pour avoir échappé au tribunal californien, le fait que le juge cherchait de la publicité personnelle et faisait durer le procès inutilement. De plus, selon lui, le magistrat n’était supposément pas en accord avec une prétendue entente entre son avocat et le procureur américain à l’effet qu’il acceptait de plaider coupable pour détournement de mineure à la condition que les charges pour viol soient abandonnées.
Depuis, il n’est jamais revenu aux USA, même pas pour accepter l’Oscar du meilleur réalisateur pour son film le Pianiste. Français d’origine polonaise, il était protégé en France par son statut, mais lorsqu’il se déplaçait en Europe et dans le monde et découvrait qu’il y avait une possibilité qu’il soit arrêté et extradé, il annulait le voyage, souvent à la dernière minute. J’ai souvent été surpris qu’il ne soit pas arrêté lors de ses déplacements qui étaient largement rapportés dans les mass media.
Aujourd’hui, trois ministres dont deux du gouvernement français, Frédéric Mitterrand de la culture et Bernard Kouchner des affaires extérieures et Radoslaw Sikorski, chef de la diplomatie polonaise, se montrent scandalisés par cette arrestation et réclament la libération de celui qui est, pour eux, « l’un des cinéastes les plus extraordinaires de notre époque ». Kouchner affirme en avoir parlé à son président qui, dit il, « est au même diapason d’émotion que moi ». Il est question que Kouchner parle à la secrétaire d’état américaine Hillary Clinton pour qu’elle obtienne sa libération et que possiblement le président Obama le gracie. Personnellement, je serais surpris que le président français, le président américain et la secrétaire Clinton s’occupent de ce dossier.
Cette attitude des ministres me révolte tout comme celle des membres de la communauté cinématographique française qui monte dans les rideaux, depuis l’arrestation. Si cette petite fille de 13 ans avait été la leur, est-ce qu’après 31 ans, un ou l’autre aurait tout oublié ? Si Polanski n’était pas un personnage VIP, est-ce qu’ils monteraient sur les tréteaux pour demander sa libération ? La justice, qu’elle soit française, polonaise ou américaine n’a-t-elle pas l’obligation de rattraper un fuyard et de continuer les poursuites pour les gestes infâmes dont il est accusé ? Il ne faut pas déplacer le problème.
Si Polanski a fui si longtemps, n’est-ce pas le signe qu’il se savait coupable ? Avec ses millions et sûr de son innocence, Roman Polanski pouvait retenir les services des meilleurs avocats et plaider sa cause en cour, jusqu’à la fin. Non, cet homme important a fui en accusant le juge de perversion, par personnes interposées. Cela ne me semble qu’un faux-fuyant indéfendable.
Je suis triste de ce qui arrive à Polanski car je suis un de ses fans depuis son film Chinatown. J’ai déploré la mort de son épouse Sharon Tate, tuée par le groupe du fou Manson. Depuis, il nous a donné de bons moments avec des films inoubliables. Mais cela ne doit pas influencer notre jugement personnel surtout lorsqu’une telle question de justice est en jeu.
Par ailleurs, les journaux rapportent que la victime de 13 ans, qui aujourd’hui a 43 ans, est prête maintenant à pardonner à Polanski pour ce qu’il lui a fait subir ce jour-là, en 1977. Est-ce que cela veut dire que le procès doit être annulé et que l’accusation ne tient plus ? Je ne crois pas et je ne sais pas si ce nouvel aspect peut aider Polanski en cour, s’il s’y rend, mais il me semble que c’est là, seulement, que cette tragique histoire peut prendre fin.
Claude Dupras
La justification du mandat découle d’un procès contre Polanski en 1977, à Los Angeles, où il était accusé d’avoir drogué et violé une petite fille de 13 ans.
Incarcéré puis libéré sous caution après 47 jours, le procès traîna pendant près d’un an lorsque Polanski décida d’acheter un billet « aller simple » vers Paris pour se sauver des USA et du procès. Il donna comme raison, pour avoir échappé au tribunal californien, le fait que le juge cherchait de la publicité personnelle et faisait durer le procès inutilement. De plus, selon lui, le magistrat n’était supposément pas en accord avec une prétendue entente entre son avocat et le procureur américain à l’effet qu’il acceptait de plaider coupable pour détournement de mineure à la condition que les charges pour viol soient abandonnées.
Depuis, il n’est jamais revenu aux USA, même pas pour accepter l’Oscar du meilleur réalisateur pour son film le Pianiste. Français d’origine polonaise, il était protégé en France par son statut, mais lorsqu’il se déplaçait en Europe et dans le monde et découvrait qu’il y avait une possibilité qu’il soit arrêté et extradé, il annulait le voyage, souvent à la dernière minute. J’ai souvent été surpris qu’il ne soit pas arrêté lors de ses déplacements qui étaient largement rapportés dans les mass media.
Aujourd’hui, trois ministres dont deux du gouvernement français, Frédéric Mitterrand de la culture et Bernard Kouchner des affaires extérieures et Radoslaw Sikorski, chef de la diplomatie polonaise, se montrent scandalisés par cette arrestation et réclament la libération de celui qui est, pour eux, « l’un des cinéastes les plus extraordinaires de notre époque ». Kouchner affirme en avoir parlé à son président qui, dit il, « est au même diapason d’émotion que moi ». Il est question que Kouchner parle à la secrétaire d’état américaine Hillary Clinton pour qu’elle obtienne sa libération et que possiblement le président Obama le gracie. Personnellement, je serais surpris que le président français, le président américain et la secrétaire Clinton s’occupent de ce dossier.
Cette attitude des ministres me révolte tout comme celle des membres de la communauté cinématographique française qui monte dans les rideaux, depuis l’arrestation. Si cette petite fille de 13 ans avait été la leur, est-ce qu’après 31 ans, un ou l’autre aurait tout oublié ? Si Polanski n’était pas un personnage VIP, est-ce qu’ils monteraient sur les tréteaux pour demander sa libération ? La justice, qu’elle soit française, polonaise ou américaine n’a-t-elle pas l’obligation de rattraper un fuyard et de continuer les poursuites pour les gestes infâmes dont il est accusé ? Il ne faut pas déplacer le problème.
Si Polanski a fui si longtemps, n’est-ce pas le signe qu’il se savait coupable ? Avec ses millions et sûr de son innocence, Roman Polanski pouvait retenir les services des meilleurs avocats et plaider sa cause en cour, jusqu’à la fin. Non, cet homme important a fui en accusant le juge de perversion, par personnes interposées. Cela ne me semble qu’un faux-fuyant indéfendable.
Je suis triste de ce qui arrive à Polanski car je suis un de ses fans depuis son film Chinatown. J’ai déploré la mort de son épouse Sharon Tate, tuée par le groupe du fou Manson. Depuis, il nous a donné de bons moments avec des films inoubliables. Mais cela ne doit pas influencer notre jugement personnel surtout lorsqu’une telle question de justice est en jeu.
Par ailleurs, les journaux rapportent que la victime de 13 ans, qui aujourd’hui a 43 ans, est prête maintenant à pardonner à Polanski pour ce qu’il lui a fait subir ce jour-là, en 1977. Est-ce que cela veut dire que le procès doit être annulé et que l’accusation ne tient plus ? Je ne crois pas et je ne sais pas si ce nouvel aspect peut aider Polanski en cour, s’il s’y rend, mais il me semble que c’est là, seulement, que cette tragique histoire peut prendre fin.
Claude Dupras
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samedi 26 septembre 2009
Une nouvelle ONU
Kadhafi est un dictateur politique parmi les pires. Depuis que GWBush a décidé, pour des raisons qui relèvent des intérêts des compagnies pétrolifères américaines, de lui pardonner ses gestes infâmes passés, voilà qu’il est devenu une vedette internationale courtisée par les présidents de pays, dont Nicolas Sarkozy. Il a pris la parole à l’assemblée générale des Nations Unies où il n’a respecté aucune règle et a agi avec disgrâce. Il a lancé au président de l’assemblée, avec une expression de dédain, le livre de la constitution de l’ONU. Quel triste personnage !
Cependant, son discours a traité de la réforme de l’ONU et a fait tinté une cloche chez plusieurs délégations de pays et chez plusieurs individus dans le monde.
Beaucoup se plaignent que l’ONU, créée après la deuxième guerre mondiale, n’est pas démocratique, ne sert que les grandes puissances et est dépassée. Je crois que c’est vrai. Le monde a changé considérablement depuis 1945, et pour le mieux. N’est-il pas temps de modifier la structure de l’ONU afin qu’elle devienne un véritable parlement international où la voix démocratique de chaque pays sera entendue et respectée ? La tragique situation planétaire actuelle démontre bien que le monde a besoin d’un instrument fort pour la défense de la stabilité et de la paix.
Il me semble illogique qu’un organisme comme l’OTAN se mêle de choses qui doivent normalement relever de l’ONU, comme en Afghanistan.
Le conseil de sécurité devrait devenir le comité exécutif de l’ONU et répondre à l’assemblée générale des pays. Il devrait avoir le pouvoir d’agir au nom du meilleur intérêt de tous les citoyens de la planète.
Évidemment, la représentation des pays à l’ONU devra tenir compte de la grosseur des pays. Un petit pays avec quelques centaines de milliers d’individus, ne pourra avoir le même poids que les grands pays comme les USA, la Chine, l’Inde ou le Brésil. Le parlement européen est une bonne référence pour établir les principes d’une telle représentation.
Utopie ? Peut être, mais j’ai l’impression que l’ONU risque de se disloquer puisqu’elle devient de moins en moins pertinente face à la cacophonie émanant du G8, du G20, de l’OTAN et d’autres organismes ou gouvernements qui cherchent à établir des politiques qui influencent le monde entier. L’importance grandissante de ces voix discordantes montre bien que ce n’est pas en élargissant le conseil de sécurité, comme on le suggère actuellement, que la dégradation de l’ONU s’arrêtera.
Certains diront qu’il est impossible de faire appliquer centralement des lois qui seront respectées par tous les pays. Hippocrate n’a-t-il pas institué la discipline et les règles éthiques à tous les médecins du monde ? Faut-il être toujours défaitiste, accepter que l’ONU meure et que « la loi de la jungle » continue. Depuis 1945, les pays qui sont les plus respectés dans l’arène politique internationale sont ceux qui ont l’arme atomique. Alors que le Japon est la deuxième puissance économique mondiale, après les USA, il a moins de poids politique que le Royaume-Uni, la France ou même l’Inde, le Pakistan et Israël. Est-ce normal ? Non, il faut mettre fin à ce règne du plus fort.
Après le conflit du communisme versus le soi-disant « monde libre », voulons-nous laisser à nos petits-enfants, un monde plus divisé que lors de la deuxième guerre mondiale ? Les nations riches ont-elles seules droit de définir l’avenir de l’humanité ?
Et l’Islam dans tout cela ? Allons-nous continuer à nous lamenter et à craindre les affres du terroriste islamique ? Avons-nous oublié que le mouvement islamique n’existait même pas il y a à peine 50 ans et que jusqu’au 11 septembre 2001, le jour de l’attentat des «Twin towers », il était supporté par toutes les nations occidentales, incluant le Canada et la France.
J’ai connu l’émergence de l’islamisme en Algérie et même à Montréal. En Algérie, cela s’est traduit pas des centaines de milliers de victimes innocentes, tandis qu’à Montréal j’ai été témoin de l’attitude d’individus comme certains de mes employés arabes qui, du jour au lendemain, se sont présentés au travail avec une barbe, une robe et un bonnet et un discours nouveau (souvent agressif) sur le rôle de l’Islam dans la vie de chaque musulman et envers les USA et Israël. Alors que le FLN algérien, le parti au pouvoir, se forçait à éradiquer ce nouveau mouvement extrémiste, nos dirigeants politiques occidentaux (particulièrement les Américains) faisaient tout pour supporter l’élection de leur parti politique, le Front Islamique du Salut (FIS), qui avait l’appui moral et financier des Saoudiens.
Jusqu’à l’attentat de New York, ces islamistes étaient les bienvenus à Washington, Paris, Londres ou Ottawa. Ceux qui recherchaient l’asile politique en obtenaient le droit alors que les Algériens qui étaient menacés dans leur pays par ces mêmes islamistes se voyaient refuser un droit d’asile similaire. Les principaux représentants du FIS avaient plus d’accès aux officiels américains, allemands, anglais ou français que l’ambassadeur officiel du pays.
Comment les individus de ces pays, où l’islamisme a pris racine et gagné le pouvoir, peuvent-ils avoir confiance dans le monde occidental pour organiser le monde politique de demain ? Non, ils ne voient qu’une ONU réorganisée pour obtenir une politique libre des dictats des plus forts. Ils en ont assez d’être menés par ceux qui ont un gourdin à la main.
Une chose devient de plus en plus claire de jour en jour. L’humanité de demain ne sera pas bâtie exclusivement sur la base des valeurs occidentales. La Chine et l’Inde marqueront profondément son avenir immédiat. Mais il nous faut être réalistes et reconnaître que les musulmans, qui sont plus d’un milliard et demi d’individus, les Africains et les latino-américains auront éventuellement un impact majeur sur l’humanité.
Comment gérer cette transformation culturelle de toute l’humanité afin qu’elle soit profitable à tous, si ce n’est que par une ONU transformée.
Claude Dupras
Cependant, son discours a traité de la réforme de l’ONU et a fait tinté une cloche chez plusieurs délégations de pays et chez plusieurs individus dans le monde.
Beaucoup se plaignent que l’ONU, créée après la deuxième guerre mondiale, n’est pas démocratique, ne sert que les grandes puissances et est dépassée. Je crois que c’est vrai. Le monde a changé considérablement depuis 1945, et pour le mieux. N’est-il pas temps de modifier la structure de l’ONU afin qu’elle devienne un véritable parlement international où la voix démocratique de chaque pays sera entendue et respectée ? La tragique situation planétaire actuelle démontre bien que le monde a besoin d’un instrument fort pour la défense de la stabilité et de la paix.
Il me semble illogique qu’un organisme comme l’OTAN se mêle de choses qui doivent normalement relever de l’ONU, comme en Afghanistan.
Le conseil de sécurité devrait devenir le comité exécutif de l’ONU et répondre à l’assemblée générale des pays. Il devrait avoir le pouvoir d’agir au nom du meilleur intérêt de tous les citoyens de la planète.
Évidemment, la représentation des pays à l’ONU devra tenir compte de la grosseur des pays. Un petit pays avec quelques centaines de milliers d’individus, ne pourra avoir le même poids que les grands pays comme les USA, la Chine, l’Inde ou le Brésil. Le parlement européen est une bonne référence pour établir les principes d’une telle représentation.
Utopie ? Peut être, mais j’ai l’impression que l’ONU risque de se disloquer puisqu’elle devient de moins en moins pertinente face à la cacophonie émanant du G8, du G20, de l’OTAN et d’autres organismes ou gouvernements qui cherchent à établir des politiques qui influencent le monde entier. L’importance grandissante de ces voix discordantes montre bien que ce n’est pas en élargissant le conseil de sécurité, comme on le suggère actuellement, que la dégradation de l’ONU s’arrêtera.
Certains diront qu’il est impossible de faire appliquer centralement des lois qui seront respectées par tous les pays. Hippocrate n’a-t-il pas institué la discipline et les règles éthiques à tous les médecins du monde ? Faut-il être toujours défaitiste, accepter que l’ONU meure et que « la loi de la jungle » continue. Depuis 1945, les pays qui sont les plus respectés dans l’arène politique internationale sont ceux qui ont l’arme atomique. Alors que le Japon est la deuxième puissance économique mondiale, après les USA, il a moins de poids politique que le Royaume-Uni, la France ou même l’Inde, le Pakistan et Israël. Est-ce normal ? Non, il faut mettre fin à ce règne du plus fort.
Après le conflit du communisme versus le soi-disant « monde libre », voulons-nous laisser à nos petits-enfants, un monde plus divisé que lors de la deuxième guerre mondiale ? Les nations riches ont-elles seules droit de définir l’avenir de l’humanité ?
Et l’Islam dans tout cela ? Allons-nous continuer à nous lamenter et à craindre les affres du terroriste islamique ? Avons-nous oublié que le mouvement islamique n’existait même pas il y a à peine 50 ans et que jusqu’au 11 septembre 2001, le jour de l’attentat des «Twin towers », il était supporté par toutes les nations occidentales, incluant le Canada et la France.
J’ai connu l’émergence de l’islamisme en Algérie et même à Montréal. En Algérie, cela s’est traduit pas des centaines de milliers de victimes innocentes, tandis qu’à Montréal j’ai été témoin de l’attitude d’individus comme certains de mes employés arabes qui, du jour au lendemain, se sont présentés au travail avec une barbe, une robe et un bonnet et un discours nouveau (souvent agressif) sur le rôle de l’Islam dans la vie de chaque musulman et envers les USA et Israël. Alors que le FLN algérien, le parti au pouvoir, se forçait à éradiquer ce nouveau mouvement extrémiste, nos dirigeants politiques occidentaux (particulièrement les Américains) faisaient tout pour supporter l’élection de leur parti politique, le Front Islamique du Salut (FIS), qui avait l’appui moral et financier des Saoudiens.
Jusqu’à l’attentat de New York, ces islamistes étaient les bienvenus à Washington, Paris, Londres ou Ottawa. Ceux qui recherchaient l’asile politique en obtenaient le droit alors que les Algériens qui étaient menacés dans leur pays par ces mêmes islamistes se voyaient refuser un droit d’asile similaire. Les principaux représentants du FIS avaient plus d’accès aux officiels américains, allemands, anglais ou français que l’ambassadeur officiel du pays.
Comment les individus de ces pays, où l’islamisme a pris racine et gagné le pouvoir, peuvent-ils avoir confiance dans le monde occidental pour organiser le monde politique de demain ? Non, ils ne voient qu’une ONU réorganisée pour obtenir une politique libre des dictats des plus forts. Ils en ont assez d’être menés par ceux qui ont un gourdin à la main.
Une chose devient de plus en plus claire de jour en jour. L’humanité de demain ne sera pas bâtie exclusivement sur la base des valeurs occidentales. La Chine et l’Inde marqueront profondément son avenir immédiat. Mais il nous faut être réalistes et reconnaître que les musulmans, qui sont plus d’un milliard et demi d’individus, les Africains et les latino-américains auront éventuellement un impact majeur sur l’humanité.
Comment gérer cette transformation culturelle de toute l’humanité afin qu’elle soit profitable à tous, si ce n’est que par une ONU transformée.
Claude Dupras
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mercredi 23 septembre 2009
La politique du p’tit chien
Le premier ministre du Canada ne cesse de me surprendre. Malheureusement dans le mauvais sens.
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
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La politique du p’tit chien
Le premier ministre du Canada ne cesse de me surprendre. Malheureusement dans le mauvais sens.
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
Hier, les principaux chefs politiques du monde ont été invités à un sommet d’une journée par le secrétaire national des Nations Unies, Ban Ki-moon, préalablement à l’assemblée générale des Nations Unies, pour discuter particulièrement de leur prise de position respective lors de l’importante conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Copenhague, en décembre prochain. On doit y décider de la suite de Kyoto. Les pays de l’Europe, ayant défini une position commune, veulent s’assurer que l’Amérique et les pays émergents s’orientent vers une direction semblable.
Le PM Harper a trouvé moyen de ne pas participer à cette journée importante sauf pour le dîner, qui suivit, des 25 chefs d’États qui y participèrent. Il a donné comme prétexte que le Canada suivra la politique des États-Unis quant à ses prises de positions futures en rapport avec le réchauffement de notre planète. Ce n’est pas beau çà ? Nous sommes devenus le p’tit chien qui suit son maître, les USA.
Je ne rappelle pas qu’un PM du Canada ait agi ainsi, surtout sur une question de première importance pour chaque citoyen canadien, comme l’est la question environnementale. Diefenbaker, Pearson, Trudeau, Mulroney Chrétien et Martin se sont tous, sans exception, tenus debout face au président américain, pour faire valoir l’opinion canadienne. Du débat sur la présence d’armes nucléaires sur le sol canadien à celui de la guerre en Irak, nos PM ont toujours défendu notre position face à notre voisin du sud. Plusieurs de nos ex-PM ont gagné leur point et d’autres se sont fait invectivés par les mass media américains en refusant d’accepter la position de leur président. Mais qu’importe, les Canadiens en sont sortis la tête haute. Cela nous a valu d’avoir un pays unique, qui se respecte et qui était estimé partout sur la planète.
Le PM Harper vient d’annoncer que le Canada aura dorénavant une politique environnementale intégrée avec celle des Américains. Il continue comme du temps qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes lorsqu’il voulait favoriser l’envoi de nos troupes en Irak à la demande des Américains. Son « modus vivendi » est à Washington. Devenu premier ministre canadien, il a continué sa misérable politique « aplatventriste » alors qu’il a maintes fois imité, souvent dès le lendemain, les politiques de GWBush. C’est à se demander si le PM Stephen Harper a une colonne vertébrale politique.
Pourquoi agit-il ainsi ? Pour moi, en ce qui concerne l’environnement, la raison est simple. Premièrement, le PM Harper ne croit pas au réchauffement de la planète et que s’il existe, il affirme qu’il n’est pas de source humaine. Il a dit, en faisant valoir son argument, que la question du réchauffement climatique était une machination des « socialistes ». Quelle connerie !
Deuxièmement, en tant que député albertain, le PM Harper se retrouve en position de conflit d’intérêts. Sa province, l’Alberta, est la plus polluante (et la plus riche) au Canada à cause de son exploitation des sables bitumineux. Si le PM Harper acceptait d’imposer à sa province les objectifs internationaux actuels et ceux qui se dessinent pour un avenir pas trop lointain, l’Alberta en souffrirait financièrement. Déjà que ses recettes records se sont « volatisées » depuis la baisse des prix du pétrole puisque l’exploitation des gaz bitumineux n’est rentable que si le prix du pétrole est élevé. En fixant des critères réalistes pour protéger l’environnement, l’exploitation des sables bitumineux sera retardée jusqu’au moment où ses exploitants trouveront les méthodes capables de les respecter.
Je ne partage pas l’opinion de nombreux écologistes qui suggèrent de cesser simplement l’exploitation des sables bitumineux. Ce sont les mêmes qui se sont prononcés contre le nucléaire et qui, aujourd’hui, reconnaissent que ce fut une erreur. Les mêmes qui s’opposent à la construction de barrage hydro-électrique. Ils ne sont pas infaillibles. Non, les sables bitumineux sont une richesse extraordinaire qui appartient aux Canadiens tout en étant une réserve mondiale importante de pétrole pour l’avenir. Nous avons cependant la responsabilité d’agir correctement en y soutirant le pétrole.
La réputation du Canada est sur une pente descendante dans le monde. Il suffit de voyager pour le constater. Encore hier, un comité scientifique des Nations Unies pressait le Canada de sortir de sa coquille et de faire d’avantage pour combattre le réchauffement climatique. Le PM Harper et les conservateurs sont directement responsables de cet état de chose. Le nouveau grand débat qui s’annonce sur le réchauffement climatique et qui nous mènera à Copenhague est une belle occasion pour notre gouvernement de se ressaisir. Cette conférence sera le point de mire de la planète. À nous d’y rétablir notre réputation.
C’est beau d’être un idéologue de droite mais on n’a pas le droit de prendre le pouvoir sous de fausses représentations et d’imposer ensuite son idéologie à tout le monde. On a vu ce que cela a donné dans le passé.
Pour bien agir, notre gouvernement n’a qu’à se tenir debout tout en respectant le passé, la réalité canadienne et l’opinion majoritaire des Canadiens.
Claude Dupras
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