jeudi 18 octobre 2012

Et si les Anglais n’étaient pas partis !


C’est en lisant l’article « As Quebec decays, Toronto seizes greatness » (Alors que le Québec se détériore, Toronto s’imprègne de grandeur) de lord Black dans le National Post que le sujet de ce billet m’est venu.

Conrad Black est né au Québec. Diplômé, dans les années ’70, en droit à l’université Laval de Québec et en histoire à McGill, il achète le journal Sherbrooke Record qui dessert la minorité anglophone des Cantons-de-l’est. Ce sera le début d’une épopée extraordinaire durant laquelle il deviendra propriétaire d’innombrables et importants journaux canadiens, américains et britanniques, un baron de la presse. Il quitte le Québec pour Toronto et plus tard renonce à sa citoyenneté canadienne pour devenir citoyen du Royaume-Uni où il devient membre de la chambre des lords britanniques. Mais certaines de ses transactions d’affaires attirent l’attention de la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. En 2007, il se retrouve au milieu d’un scandale financier en rapport avec les entreprises de son holding et est traduit en cour pour fraude. En 2007, il écope de six ans et six mois de prison. On le libère sous caution en juillet 2010 et il attend le résultat de son appel à la condamnation, puisqu’il se considère innocent des charges portées contre lui. Black est aussi biographe et a écrit l’histoire de Maurice Duplessis, premier ministre du Québec et des présidents américains F. D. Roosevelt et Richard Nixon.

En tôle, Black écrit sur l’actualité politique et le National Post, qu’il a créé, reproduit ses textes. Depuis sa libération, il continue. Son plus récent, mentionné précédemment, a choqué un grand nombre de Québécois. Blogueurs et chroniqueurs francophones l’ont décrié. Black y explique les raisons de l’exode hors-Québec de 500 000 Québécois anglophones durant les années ’60 à ’90. Il blâme les pressions nationalistes, les hauts taux de taxes non-compétitives, la redéfinition sans fin de l’utilisation de la langue anglaise comme si c’était un privilège et que l’on peut amender sans cesse par des lois comme la loi 101, etc.

Plus de cent sièges sociaux de compagnies importantes et d'un grand nombre de leurs sous-traitants ont quitté le Québec. Le « brain drain » a coûté plus de 100 000 diplômés de nos universités qui nous ont quittés pour s’installer hors-Québec. Des hommes et des femmes d’affaires d’envergure, des professionnels expérimentés, des créateurs reconnus et autres de bon calibre nous ont laissé pour aller travailler ailleurs. Et je pourrais continuer… Mais mon propos n’est pas de ressasser tout ça, mais de poser la question : Et si les Anglais n’étaient pas partis ?

Mais avant d’attaquer directement cette question, on peut se demander si nos concitoyens anglais ont eu raison de nous quitter. Selon eux, leurs droits étaient bafoués, leur identité sociale diminuée, leur langue et leurs traditions attaquées malicieusement. À tort ou à raison, ils ne sentaient plus bien dans leur peau. Ils ont cru que l’air frais d’ailleurs leur permettrait de reprendre goût à la vie. Pour eux, le bonheur s’y trouvait, là était la liberté de faire ce qu’ils voulaient dans leur langue, là ils seraient respectés. Ils quittèrent la terre de leurs ancêtres pour mieux vivre sans contrainte. Pour aller vers ce rêve, ils ont laissé leurs parents, leurs amis, leur maison, leur milieu, leurs habitudes… Ce fut pour chacun une décision difficile à prendre. Je le sais car plusieurs étaient mes amis. Je m’imagine me retrouver dans une telle situation et comment ce serait douloureux de tout quitter. Il faut être vraiment découragé par ce qui se passe autour de soi pour en arriver à ce point. Ils l’ont fait.

Par contre, les a-t-on vraiment brimés dans leurs droits ? L’avocat québécois Christian Néron nous éclaire sur cette question. Diplômé en histoire et en psychopédagogie, il a réagit à l’article de Lord Black sur l’Aut’journal (http://lautjournal.info/) dans un article intitulé « Lord Black is wrong ».

Me Néron souligne qu’il n’y a pas de droit sans loi. Sa « genèse des droits linguistiques au Canada » nous ramène à la case de départ et à Louis XIV qui en 1663 fait adopter un « Édit de création » pour objet de mettre en vigueur dans la colonie, l’universalité des lois et coutumes qui ont cours dans le parlement de Paris. En matière de langue, le français devient la langue officielle de l’État et le roi l’impose comme langue des relations internationales, aux dépens du latin ».

En 1763, le Canada change de roi pour celui de l’Angleterre et de régime. Le statut de la langue française changera-t-il ? Non, car le gouvernement anglais applique une règle à l’effet que toute colonie acquise par conquête se doit de maintenir en place ses propres lois et coutumes à l’exception de celles contraires à la religion. Ils sont brillants, ces Anglais !

En 1774, le parlement de Westminster adopte l’Acte de Québec. Le français demeure la seule langue officielle du pays. La langue anglaise fait sa place dans les « usages », mais ce ne sont ni des lois ni des droits. Le français… était même favorisé par la « common law » applicable aux colonies de peuplement. Par contre, sur le plan judiciaire, l’Acte garanti pour la première fois des droits linguistiques aux anglophones de la province de Québec… et leur reconnaît le droit de conserver et de diriger leurs écoles sur une base confessionnelle.

En 1986, la loi sur la santé et les services sociaux permet aux anglophones de réclamer des services et des soins de santé dans leur langue
.

Je crois que l’on peut conclure, comme Me Néron que les « humiliations » ressenties par les anglophones suite à certaines politiques linguistiques du gouvernement du Québec découlent d’une méconnaissance du droit et d’attentes irréalistes fondées uniquement sur des droits supposés ou imaginés. La loi 101 est légale et a été reconnue comme telle par la cour Suprême du Canada. Les anglophones n’ont pas perdu de droits et la langue anglaise a conservé tous ses attributs.

Lord Black ne tient pas compte de l’histoire des lois linguistiques au Canada et semble croire que les « usages » de la période coloniale anglaise tiennent lieu de lois et de droits.

Quant aux centaines de milliers d’anglophones qui sont restés au Québec, ils se sont adaptés et ont bien gagné leur vie. Ils ont vécu les changements linguistiques. Ils ont envoyé leurs enfants dans les écoles élémentaires et secondaires de langue française. Ils les ont vus plus tard fréquenter et marier un ou une francophone (50% d’entre eux l’ont fait)). Ils ont constaté que leur communauté est devenue à 70% bilingue. Ils ont respecté le français comme langue d’affichage, le travail en français et les autres conditions de la loi 101. Certes, ce ne fut pas facile et plusieurs ont regimbé, mais généralement tout est tombé en place. Aujourd’hui, ils sont généralement heureux. Cependant, ils s’inquiètent des ondes négatives qu’émet le nouveau gouvernement Marois. Ils sont surpris qu’il ne reconnaisse pas tout le trajet qu’ils ont parcouru en rapport avec leur adaptation à la langue française.

Et si les exilés n’étaient pas partis, où en seraient-ils ? Où en serions-nous ?

. Ceux qui sont restés nous démontrent qu’ils auraient eu les mêmes opportunités qu’ailleurs.

. La loi 101 serait toujours en vigueur et leurs enfants seraient bilingues et non unilingues comme ils le sont aujourd’hui.

. Leur vie familiale et d’affaires auraient été normales puisque les contraintes d’opportunités qu’ils appréhendaient ne se sont jamais réalisées.

. Montréal serait toujours la métropole canadienne et au lieu d’être au 17e rang mondial comme centre de services financiers, elle occuperait probablement une des premières places (Toronto est 3ième).

. L’importance et l’influence de Montréal au pays et dans le monde seraient demeurées intactes puisqu’elle serait la ville où les deux nations fondatrices du pays vivent ensemble.

. Avec les études, mieux préparés et plus expérimentés, les francophones feraient partie de la direction et du management des compagnies, quelles qu’elles soient. Ils participeraient activement et contribueraient également aux succès des entreprises canadiennes.

. La population de Montréal compterait un million de plus de résidents et la très grande majorité serait bilingue.

. Montréal à cause de ses facettes bilingues et la compétence de ses citoyens et citoyennes serait devenue un aimant capable d’attirer les compagnies étrangères voulant un pied à terre en Amérique.

. Les sièges sociaux des grandes compagnies se seraient multipliés, tout comme ceux des compagnies de sous-traitance qui leur fournissent services et produits.

. Les carnets de commandes des fournisseurs et des sous-traitants installés à Montréal augmenteraient considérablement puisqu’ils seraient situés à proximité des départements d’achats des sièges sociaux des compagnies.

. On n’entendrait plus, lorsqu’on veut placer une commande pour un objet particulier « c’est back-order Toronto ».

. L’offre d’emploi serait supérieure dans tous les domaines.

. Le nombre de payeurs de taxes seraient fortement augmenté, particulièrement dans la catégorie des plus hauts salariés.

. Avec plus de citoyens, le Québec aurait beaucoup plus de députés au parlement canadien et son poids y serait proportionnellement plus influent.

Et je pourrais continuer cette liste… Mais pour terminer, j’en ajoute un, qui me touche personnellement : l’architecture.

Avant la crise linguistique, Montréal a connu un boom architectural remarquable grâce à la collaboration des plus grands architectes du monde. Parmi ceux-ci, il y a eu la Place Ville Marie de l’architecte Ieoh Ming Pei, la ville souterraine de l’urbaniste américain devenu montréalais Vincent Ponte, l’édifice de la Banque Canadienne Impériale de Commerce de l’architecte britannique Peter Dickinson, la place Westmount de l’architecte américain Mies Van der Rohe, la tour de la Bourse des architectes italiens Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi, la biosphère de l’architecte-futuriste américain Buckminster Fuller, le stade olympique du français Roger Tailibert, Habitat 67 de Moshe Safdie, le Château Champlain de l’architecte québécois Roger Dastous qui réalisa plus tard le village Olympique et plusieurs autres projets d'architectes renommés qui ont changé le visage de Montréal.

Depuis, Toronto donne le pas avec des projets des plus grands architectes du monde. On nous dit qu’à Montréal on ne pourrait se payer un bâtiment comme le musée de Bilbao, construit dans la ville industrielle espagnole et dont l’architecture attire des centaines de milliers de visiteurs. Ce musée est l’œuvre d’un canadien, le célère architecte canadien Frank Gehry. Pourtant à Toronto, il vient d’être engagé à nouveau pour un projet important, qui s’annonce extraordinaire, de trois tours de 80 étages dans le district des théâtres.

À considérer les faits mentionnés précédemment, on peut conclure que le départ des Anglais de Montréal fut injustifié. Les malheurs qu'entrevoyaient leurs craintes ne se sont pas matérialisées. Montréal, eux et nous serions aujourd’hui en meilleure position s’ils étaient restés au Québec. Plusieurs justifient leur décision d’alors par la peur. Je crois que malheureusement, ils ont eu peur d’avoir peur.

Claude Dupras

samedi 6 octobre 2012

« How am I not une vraie québécoise ? »

Son nom est Jennifer Sykucki de Saint-Hubert, Québec. Elle est désespérée face à son statut de québécoise. Dans une chronique du journal « the Montreal Gazette », elle vient d’exprimer l’angoisse qu’elle vit en rapport avec son identité. Je connais plusieurs personnes qui vivent une telle situation.

Jennifer a fait ses classes élémentaires et secondaires en langue française. Mariée depuis 19 ans à un Québécois pur-laine, ils ont deux adolescents parfaitement bilingues. Chez elle, on parle le français et l’anglais. Avec ses amis et les enfants du voisinage c’est le français. Son identité est trahie par son accent et la façon anglaise qu’elle a de s’exprimer.

Le cimetière de l’île d’Orléans témoigne que ses ancêtres maternels sont des Québécois de souche remontant jusqu’au 17e siècle à Dieppe. Il y a plus de soixante ans, ses grands parents paternels arrivent au Québec, avec leur fils, leur vie et rien d’autres, de la Pologne et de l’Allemagne, pays occupés par les nazis. Son père parle l’anglais et le français avec un fort accent.

Jennifer est fière de ses deux branches d’ancêtres qui lui enseignent ce que ce sont le travail et la liberté. Jeune, elle est affectée par la discorde linguistique autour de la loi 101. La tension entre les communautés anglophone et francophone monte dans son milieu de la Rive-sud. Elle devient aux yeux de plusieurs, l’« anglaise ». Durant cette période difficile, elle rêve aux USA, un endroit où elle se sentirait complètement à l’aise intellectuellement et linguistiquement, pense-t-elle. Finalement elle ne part pas et vingt-deux ans plus tard, elle est en amour avec le Québec.

Elle lit le français et l’écrit parfaitement sans devoir référer à une grammaire. Elle parle les deux langues et n’en préfère aucune. Avec son mari et ses enfants, elle utilise les deux langues. Pour ses parents c’est le français, pour son père c’est l’anglais.

Chez le dentiste, le médecin ou pour autres services, on lui demande dans quelle langue veut-elle être servie, elle répond celle que son interlocuteur préfère. Quelques fois, elle oublie un mot français ou un mot anglais. Mais cela, ça arrive à tout le monde !

Jennifer aime les langues française et anglaise et se dit bénie de les connaître toutes les deux. Elle explique que lorsqu’elle va partout au Québec, au Canada, aux USA, en France et autres nations francophones et anglophones,elle n’est jamais perdue et comprend toutes les indications routières ou les explications verbales de ceux qui l’aident à trouver son chemin. Dans le monde, on la voit comme une canadienne-française.

Malgré tout cela, elle se considère une québécoise anglophone. Si elle devient émotionnelle, c’est l’anglais qui ressort. Si elle devient passionnée pour un sujet, c’est en anglais qu’elle exprime mieux ses sentiments.

Son fils, comme sa mère, se voit comme un anglophone. Une fois, à l’école maternelle où elle l’avait inscrit pour mieux apprendre son français, il rencontre des parents d’élèves et se présente en anglais. Un père lui fait remarquer sèchement : « Parle français, on est au Québec…icitte ». Cet incident la marque négativement et elle s’en rappelle encore. Il y a à peine quelques jours, suite à l’élection du nouveau gouvernement, son fils revient de l’école avec un air blessé et dit à sa mère : « aujourd’hui on m’a dit à l’école que je n’étais pas un Québécois ! ». Encore une fois, Jennifer ressent son cœur souffrir.

Si le gouvernement oblige les francophones à fréquenter exclusivement les CEGEPS français, son fils devra s’y inscrire même si un CEGEP anglais correspondrait mieux à ses ambitions académiques et futures. Le fait qu’il soit parfaitement bilingue ne change rien. Jennifer se souvient de son rêve de jeunesse et espère que son fils n’arrivera pas à la même conclusion soit celle d’aller vivre sur le sol américain.

Jennifer et ses enfants se sentent réprimés. Elle pose des questions :

Ne serait-ce pas votre sentiment, si votre gouvernement vous rappellait quotidiennement qu’il veut faire voter des lois pour vous mettre à votre place ?

Ne serait-ce pas votre sentiment, si les gens qui vivent près de vous, vous regardaient avec un certain mépris et vous disaient que même si vous avez vécu toute votre vie avec eux dans la même communauté vous n’êtes pas un des leurs ?

Ne serait-cas votre sentiment, si toute votre vie vous aviez fait tous les efforts pour être un vraie québécoise, apprendre la langue française… que vos concitoyens vous méprisaient comme si vous n’en aviez pas fait assez ?

Ne serait-ce pas votre sentiment, si comme adulte vous viviez dans un des meilleurs pays du monde libre et que vous ne pouviez pas choisir l’éducation la mieux adaptée à vos besoins ?

Le gouvernement Marois ne pourra probablement pas mettre en application les lois qu’il préconise à cause du fait qu’il est minoritaire, mais c’est surtout le tort qu’il représente pour les anglophones qui les effraie.

Jennifer est choquée parce que son fils se sent comme un citoyen de seconde classe. Elle est née au Québec, y a vécu toute sa vie et veut y mourir. Pour elle, le Québec du PQ, n’est pas son Québec. Elle parle français. Elle parle anglais. Elle est une anglophone. Elle est une Québécoise.

Le texte qui précède est puisé presqu’entièrement dans celui de Jennifer qui a paru le 1er octobre dans le journal Gazette. J’ai cru bon l’utiliser pour en faire un billet de mon blog. Je crois qu’il nous faut, nous les francophones, réfléchir sur les sentiments qui animent nos voisins et amis anglophones.

Jennifer est un vraie Québécoise même si son texte s’intitule « How am I not une vraie québécoise ? ». Avec ses parents et son mari, elle a toujours travaillé durement pour assurer à sa famille une bonne éducation, une bonne vie. Ils sont tous bilingues. Je comprends leurs frustrations devant les discours de certains politiciens qui parlent comme si au Québec, il n’y avait que des francophones. Ce n’est pas correct.

L’accès obligatoire des francophones aux CEGEPS français, que veut imposer le nouveau gouvernement, est non seulement pas nécessaire mais, à mon point de vue, un accroc à la liberté de l’individu.

Nos enfants sont francophones parce qu’ils sont issus d’un milieu familial français. Suite à leur éducation primaire et secondaire, ils ont, actuellement, le choix d’entreprendre leurs études collégiales dans un CEGEP français ou anglais. Il en est de même pour l’université. Parmi eux, une minorité choisit le CEGEP anglais, soit pour parfaire sa connaissance de la langue anglaise, soit pour profiter du curriculum particulier d’une de ces institutions ou encore des ouvertures qu’elle génère sur le milieu du travail. C’est son choix. C’est don droit. Une chose est certaine, on ne fera jamais un anglophone d’un enfant francophone.

Ceux qui comme le fils de Jennifer grandissent dans un milieu familial bilingue avec un père français et une mère anglaise ou vice versa, ont la possibilité d’être francophone ou anglophone. Certains diront que c’est un avantage. Lorsque le fils de Jennifer a choisi d’être anglophone, cela a choqué son père, même s’il est parfaitement bilingue et qu’il soit qualifié de francophone par la loi (à cause de la langue de son père). C’est son choix. C’est son droit. Lui enlever le droit d’accéder à un CEGEP anglais est un geste injuste et pas correct.

Par ailleurs, certains jeunes anglophones choisissent le CEGEP français pour améliorer leur capacité de parler français. C’est leur choix. C’est leur droit. Est-ce que la nouvelle loi les empêchera d’accéder à un tel collège ? Sûrement pas. Alors….

Le nouveau gouvernement doit oublier cette promesse électorale qui viendra tout chambarder, ouvrir de vieilles blessures et qui est tissée d’injustices.

J’espère que le cri de désespoir de Jennifer sera entendu.


Claude Dupras

mercredi 3 octobre 2012

Où étaient-ils les responsables de la construction à Montréal ?

Le 13 mai 2009, cinq mois avant que la députée Sylvie Roy demande à l’Assemblée Nationale la tenue d’une enquête sur la construction au Québec, j’écrivais le billet suivant sur mon blog :

Des prix de fous !

Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles…. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple.

Nous avons tous constaté la flambée des prix de la construction de l’extension du métro à Laval, du projet de l’autoroute Ville-Marie, du contrat des compteurs d’eau de la ville de Montréal, des prévisions budgétaires pour les garages et les centres d’entretien pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT), du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pour ne mentionner que ceux-là… car il y en a des dizaines d’autres. Les observateurs avertis sont surpris de cette situation tout comme le sont les citoyens qui y voient des augmentations futures de taxes foncières et autres.

Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…

…J’ai oeuvré dans le domaine de la construction durant plus de 40 ans. J’ai créé, avec des associés, un bureau d’ingénieur-conseil qui fut très actif dans le domaine de la mécanique et d’électricité, en informatique et en gérance de travaux de construction… Jamais ai-je été témoin d’augmentation si sauvage des coûts de construction !...

…Le battage journalistique des derniers mois sur les différents projets de construction de la ville de Montréal et des autres organismes gouvernementaux, mentionnés précédemment, a marqué profondément une majorité des Montréalais qui y voient des scandales honteux. Les personnages impliqués par les médias sont venus, tour à tour, sur la place publique pour se défendre des insinuations qui pèsent sur eux et leurs entreprises.

Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Jean-Pierre Sauriol, président du groupe d’ingénieurs-constructeurs DESSAU et les présidents des associations des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) et de la construction du Québec (ACQ), se sont tous expliqués. Pour eux, tout est beau et « tout le monde il est gentil » car ils ne voient pas vraiment de problèmes puisque tous les intervenants de leurs groupes respectifs sont qualifiés, efficaces, productifs, compétitifs et respectueux de l’éthique corporative et professionnelle…. À peine quelques uns admettent-ils la présence de quelques moutons noirs dans leurs rangs mais ils seront vite, disent-ils, chassés de la bergerie.

La Sûreté du Québec fait actuellement enquête sur certaines entreprises et plusieurs y voient là la solution au problème actuel. Je ne le crois pas, car la police ne traitera pas de ce que j’estime être les racines du mal qui ronge la construction, soient : une collusion malsaine chez plusieurs entrepreneurs, fournisseurs de matériaux et d’équipements; une improductivité grandissante chez les travailleurs; une incompétence évidente dans la planification des projets; une inexpérience manifeste dans l’estimation des coûts des projets; un manque de contrôle et de surveillance chez les donneurs d’ouvrage; une complicité malsaine entre les politiciens, les entrepreneurs et les professionnels; un manque de respect du principe des soumissions publiques dans le domaine publique; une éthique inexistante chez plusieurs intervenants, etc…

Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures….

CD


Pour lire ce billet en entier, voici le lien:
http://claudedupras.blogspot.fr/2009/05/rien-ne-va-plus-dans-les-couts-de.html">


Avec les premières révélations de la commission Charbonneau, mandaté pour enquêter sur la construction, tout devient plus clair. Oui, il y a eu collusions d’entrepreneurs, de fournisseurs de matériaux, et oui les prix ont flambé à cause d’elles ? etc..

Si je reproduis ce billet aujourd’hui, c’est pour demander pourquoi, lors de la flambée des prix, les responsables-experts de la construction n’ont pas posé publiquement les vraies questions ? Où étaient-ils ?

Où étaient ceux qui préparaient les plans et devis et soumettaient avec ces documents leurs estimations des coûts des travaux à entreprendre ?

Où étaient les experts-estimateurs, engagés par les clients, qui avaient comme seule mission de s’assurer que le projet était bien soumissionné et que les prix étaient réalistes, corrects et respectés ?

Où étaient tous ces professionnels lorsque les demandes de changements et les prix les accompagnant prenaient des grandeurs inhabituelles et scandaleuses même si les documents de construction du projet avaient été élaborés sur la base de programmes techniques bien définis et un budget très réaliste ?

Où étaient les chefs de services techniques des villes, responsables de la bonne réalisation de ces projets, dont le personnel ou les professionnels privés qu’ils engageaient avaient comme tâche de veiller à la bonne exécution des travaux, au respect des plans, devis et budgets ?

Où étaient les fonctionnaires provinciaux responsables pour le gouvernement du bon contrôle de ses projets de construction et que les consignes budgétaires du gouvernement soient respectées.

N’y-a-t-il pas eu suffisamment d’alertes, à gauche et à droite, pour que tous les responsables se réveillent, déterminent les sources de ces flambées de prix et avisent les élus que quelques chose ne tournait pas rond ?

Où étaient leurs associations professionnelles pour dénoncer cette situation fortement anormale. La Corporation des Architectes et l’Ordre des Ingénieurs ont demandé une enquête de la construction mais pourquoi le silence du côté des associations particulières ?

Comment est-ce possible qu’au moment où les prix grimpaient par coup de 30% et plus, des intervenants importants comme ceux mentionnés dans mon billet du 13 mai 2009 (Zampino, Sauriol, et les présidents des organismes), répondent des conneries à des questions importantes ?

Où étaient ceux qui exerçaient le pouvoir : maires, députés, leaders politiques ? Alors que les budgets de construction éclataient, que journalistes après journalistes exposaient de nouveaux faits dans leur média, pourquoi ces élus n’ont-ils pas exprimé tout haut leur incompréhension devant l’évolution irrationnelle des projets de construction ? Et malgré que les demandes d’une enquête publique venaient de tous bords, pourquoi le parti libéral résistait-il ? Pourquoi le maire de Montréal devant la hausse incompréhensible des prix de construction, affirmait-il qu’il n’y avait pas de problème à Montréal puisque le système des soumissions publiques était bien implanté ?

Certes, le gouvernement du Québec a mis sur pied des unités policières pour enquêter mais seulement après que la gangrène des prix soufflés aient atteint toutes les parties du corps gouvernemental. Quant aux partis d’opposition, ils ont joué leur rôle, mais leurs critiques ont surtout concentré sur des questions de patronage, qu’il fallait dénoncer, mais sans toutefois attaquer de plein fouet la question de la flambée des coûts de construction.

Et le rôle de la mafia ? Pourquoi, la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) qui connaissait tous les joueurs de cette association criminelle de Montréal et qui savait, avec preuves à l’appui, que la collusion dans la construction à Montréal était organisée par le milieu depuis 2002, n’a-t-elle pas mis en garde les responsables politiques du Québec. Combien d’argent les gouvernements et les villes auraient-ils sauvé s’ils avaient vu clair dans la combine des entrepreneurs protégés par la mafia ?

Si la GRC ne voulait pas que ses sources soient dévoilées, elle aurait pu au minimum aviser le PM du Québec et le maire de Montréal afin qu’ils réagissent. L’a-t-elle fait ? Le maire de Montréal Gérald Tremblay affirme pour sa part qu’il n’en savait rien alors que sa ville, par son exécutif et son président d’alors Frank Zampino, n’a cessé d'accorder des contrats lucratifs de façon répétée suite à des soumissions « paquetées ». Jean Charest le savait-il ? Si Charest ne l’a pas appris. C’est grave. S’il le savait c’est encore plus grave. La vérité sur cette question doit être révélée aux Québécois. La GRC doit s’expliquer.

Tant d’interrogations et si peu de réponses.

J’espère que la Commission Charbonneau nous éclairera afin que la situation soit complètement changée. J’espère qu’elle s’attaquera aussi à l’improductivité grandissante chez les travailleurs; la baisse de l’éthique professionnelle; la collusion des fournisseurs de produits de construction, de matériaux et d’équipements; les manigances des syndicats avec des membres du groupe qui fraudaient Montréal, le manque de contrôle des donneurs d’ouvrage; la culture de corruption qui existe dans beaucoup de sphères de la construction dont celle des professionnels et autres éléments qui affectent les coûts de construction à la hausse.

Claude Dupras

mardi 25 septembre 2012

Les jumeaux François et Pauline

Ils sont tous les deux politiciens, ils sont de nouveaux élus au plus haut poste, lui de la France, elle du Québec. Elle l’aime. On le sait puisque, durant la campagne électorale, elle a affirmé que l’homme politique qu’elle aimerait le plus rencontrer au monde c’est François. Pas Mandela, pas Obama mais François ! Elle l’aime au point qu’elle l’imite. Tellement, que si ça continue, elle sera embarrassée. Oui, car trop embrasse mal étreint.

Hollande a combattu Sarkozy par l’anti-sarkozysme, c’est par l’anti-charestisme qu’elle a réussi à battre Charest.

Il a fait toutes sortes de promesses électorales pour attirer des d’électeurs de niches particulières, Marois a promis une multitude de choses de même nature et visé des niches semblables.

Hollande a promis de taxer les riches, elle a promis de taxer les riches.

Il a annulé les lois adoptées et les décisions de Sarkozy touchant la TVA sociale, le régime des retraites, l’exonération des heures supplémentaires, le projet immobilier construire plus, etc. Marois a décidé d’annuler les décisions adoptées par Charest dont la hausse des frais de scolarité, une partie de la loi 78, le 200$ pour les frais de santé, etc.

Hollande a nommé deux écolos comme ministres, elle en a aussi nommé deux.

Il annonce la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, Marois annonce la fermeture de la centrale de Gentilly II.

Hollande vient de bannir l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes, elle vient de décider la même chose.

Il propose deux nouveaux paliers d’imposition pour les hauts salariés, Marois dit vouloir imposer davantage les revenus de 130 000$ et 250 000$.

Hollande veut imposer un impôt rétroactif d’une année pour ceux qui ont eu des « faveurs » fiscales de l’ancien gouvernement, elle veut aussi imposer rétroactivement les hauts salariés pour compenser la perte de la taxe santé.

Il a défendu, encore hier, la laïcité en France, Marois veut faire voter une charte de laïcité pour le Québec.

Depuis son élection, François et ses ministres continuent à blâmer tout ce qui ne tourne pas rond sur Sarkozy, Pauline et ses ministres pointent toujours du doigt Charest et son parti libéral pour les « surprises » qu’ils rencontrent.

Et ça continue…

Les ressemblances dans les propositions, les décisions des deux chefs et leurs comportements quasi identiques laissent penser que Pauline Marois s’inspire profondément de ce que le président François Hollande et son parti socialiste font. Coïncidence ? Je trouve que ça en fait beaucoup pour que ce soit la réponse.

C’est comme si François étant né le premier, sa sœur jumelle Pauline copie tout ce que son grand frère fait !

Même si elle aime François et l’admire, je crois qu’elle devrait être plus prudente et avoir une approche plus pertinente à la politique québécoise surtout lorsqu’elle constatera qu’Hollande a baissé de 11% dans l’opinion populaire depuis son élection, la plus forte baisse de tous les présidents de la Ve république française, sauf une exception. Marois l’imitera-t-elle encore ?

Claude Dupras

lundi 17 septembre 2012

Lucien Bouchard, un vrai Québécois !

Il est un des grands tribuns charismatiques de l’histoire de notre nation québécoise Ce fut une campagne référendaire remarquable que celle de 1995 lors de laquelle Lucien Bouchard, selon ses mots, « a amené les Québécois à la frontière de la Terre Promise ».

Aujourd’hui, les plus fervents séparatistes-souverainistes-indépendantistes le critiquent comme s’il était le dernier venu. Certains l’accusent même d’avoir fait perdre cette campagne référendaire alors qu’il l’a littéralement sauvée au moment où elle plafonnait dans l’opinion publique sous la direction du PM Jacques Parizeau. D’autres, aujourd’hui, pour des motifs que je ne comprends pas, mais qui me semblent dictés par des sentiments personnels, ne cessent de chercher à noircir sa carrière d’avocat et d’homme politique.

Cultivé, racé, dynamique, intransigeant, compétent, laconique et tribun persuasif, Bouchard est un homme qui s’est toujours tenu debout. Le début de sa carrière légale est brillant. Jeune avocat spécialisé dans les relations de travail, il est vite reconnu par les dirigeants politiques quelque soit le parti. On lui confie plusieurs tâches importantes où il fait sa marque dont celle, en 1974, de premier procureur de la Commission Cliche créée pour investiguer sur les problèmes dans le domaine de la construction. Les audiences de la Commission sont télévisées, une première au Québec, et Bouchard impressionne les Québécois qui le découvrent et qui apprécient sa rigueur et la clarté de ses propos.

Nationaliste dans l’âme, Lucien Bouchard supporte activement le « Oui » lors du référendum de 1980. Puis, il participe à la montée politique de son ami d’université Brian Mulroney qui devient premier ministre canadien en 1983. Bouchard est l’un de ses penseurs et comme « speechwriter » est l’auteur de remarquables discours que Mulroney prononce sur les relations Québec-Canada.

Nommé ambassadeur du Canada à Paris, il parle beaucoup du Québec. Il est rappelé pour devenir ministre d’état en 1988 puis ministre canadien de l’environnement. En 1990, Bouchard appuie l’accord du Lac Meech parce qu’il situe bien, une fois pour toutes, le rôle du Québec dans la gouvernance canadienne. Mais l’accord n’est pas adopté. Puis, Bouchard est torturé par les modifications à l’accord qui sont proposées par un comité dirigé par le député progressiste-conservateur Jean Charest et qui sont approuvées par Mulroney. Il rompt avec son ami sans l’avertir alors que Jacques Parizeau, à Alma, lit la lettre de démission de Bouchard qui invoque, pour se justifier, la vision de René Lévesque.

Député indépendant, il fonde le Bloc Québécois avec des amis des deux partis canadiens. Ce sera un parti fédéral dédié à séparer le Québec du Canada. À l’élection qui suit, le Bloc, avec l’aide du Parti Québécois (PQ) remporte 54 des 75 comtés et Bouchard devient chef de l’« Opposition officielle de sa Majesté », à la surprise des Canadiens. Un tour de force aussi impensable qu’incroyable. Il profite alors de chaque occasion pour promouvoir le Québec et son idéal de la séparation.

En 1994, Bouchard est amputé d’une jambe suite à l’attaque de la « bactérie mangeuse de chair » qui aurait pu lui être fatale. Les Québécois sont profondément émus. En 1995, lors du référendum, au moment où la campagne du « OUI » va nulle part, les Québécois le réclament. Des foules énormes et enthousiastes viennent à sa rencontre dans tous les coins du Québec et il devient le vrai chef du « OUI » repoussant dans l’ombre le PM Parizeau qui est en manque de charisme. Bouchard propose un pays indépendant associé au Canada, au grand dam de Parizeau qui finalement accepte l’idée. Le « OUI » reçoit 49,4% des votes.

La défaite référendaire est lourde pour Parizeau. Les péquistes veulent sa démission car il voit en Bouchard un nouveau chef capable de les maintenir au pouvoir. Suite aux pressions, Parizeau démissionne. Lucien Bouchard quitte aussitôt le Bloc, est choisi chef du PQ et assermenté comme premier ministre du Québec.

Bouchard déclare qu’aucun référendum ne sera tenu tant que les « conditions gagnantes » ne seront pas réunies pour le gagner. Il entreprend d’assainir les finances québécoises.

Le PQ est réélu en 1998 même s’il obtient moins de voix que le parti libéral. Il poursuit l’opération « déficit zéro » et congédie 30 000 haut-fonctionnaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, du transport, de la recherche… Depuis, c’est le bordel partout..

Un ami, chef-chirurgien de Ste-Justine, quitte son travail puisque son équipe d’infirmières est décimée. Un patron du CRIQ m’affirme qu’il doit refuser des essais et des recherches pour des industries car trop de ses chercheurs expérimentés ont été mis à la retraite forcée. Un ingénieur-en-chef du ministère des Travaux Publics me confesse qu’il est devenu presque impossible de contrôler la qualité et les budgets des projets de construction pour les mêmes raisons. Voilà pourquoi, j’ai toujours estimé que Bouchard ne fut pas un bon PM du Québec puisqu’il a coupé exagérément les budgets des ministères sans tenir compte des conséquences que l’on ressent encore aujourd’hui. Il a aussi créé d’immenses et coûteux problèmes à plusieurs municipalités, dont la ville de Montréal, en leur imposant de fusionner et cela sans tenir compte de tous les référendums tenus dans ces villes par lesquels leurs citoyens se sont fortement prononcés contre cette décision.

Certes, il a réussi de bons coups comme les garderies à 7$, Emploi-Québec, un budget balancé… Sous ses mandats, il a contribué à la diminution du chômage et l’économie a repris vie, mais il n’en est pas le seul responsable. Ses actions positives ne sont pas suffisantes pour faire oublier les dégâts qu’il a laissés derrière lui.

En début 2001, les tensions augmentent au PQ et Bouchard donne l’impression d’être fatigué. Il quitte subitement la politique invoquant toutes sortes de bonnes raisons et devient associé d’une importante étude d’avocats de Montréal, où il roule sa bosse. Malgré son travail, il intervient régulièrement depuis pour donner publiquement son opinion sur des sujets précis et ses sorties démontrent qu’il a toujours hautement à cœur le bien du Québec.

Depuis son départ de la politique, Bouchard est de plus en plus critiqué par les « purs et durs » séparatistes qui rivalisent de mots durs et bêtes pour le dénigrer alors qu’il affirme être toujours péquiste et indépendantiste. Une chose est certaine, il a ses qualités et ses défauts mais ses actions et ses mots ont toujours démontré qu’il est un vrai Québécois.

Je n’ai jamais partagé les opinions politiques de Lucien Bouchard sur la question nationale mais j’ai toujours admiré son intelligence, sa force de caractère, son talent oratoire, sa présence et son sens de démocrate. Comme lui, je suis nationaliste, mais je ne le défends pas de la même façon. Que l’on combatte ses positions sur le développement des gaz de schistes, de l’extraction du pétrole, etc… j’en suis, Mais que les critiques s’attaquent à ce patriote, je crois que c’est infâme et totalement injuste.

Lucien Bouchard a démontré aux séparatistes-souverainistes-indépendantistes qu’ils ont besoin, pour gagner un prochain référendum, d’un chef solide, cultivé, intelligent, au sens patriotique élevé et qui est un orateur populaire à l'éloquence puissante et directe pour persuader les Québécois et Québécoises de renier le Canada. Tant que cette personne ne sera pas au rendez-vous, leur option ne passera pas la rampe.

Bouchard a raison d’affirmer clairement qu’un nouveau référendum ne serait pas gagnant pour le « OUI ». En réalité, il ne fait qu’exprimer hautement, à sa façon, le cri des Québécois lors de la dernière élection générale et leur sentiment exprimé par les sondages depuis quelques années. Actuellement, l’importance est le développement du Québec et c’est là-dessus que le nouveau gouvernement péquiste doit se concentrer. On n’a pas de temps à perdre !

Claude Dupras