vendredi 16 novembre 2018

Un premier ministre québécois pas comme les autres

Dans ma vie, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs premiers ministres du Québec. Le premier et sans aucun doute le meilleur fut Maurice Duplessis, suivi de près par René Lévesque et Jean Lesage. Ces trois individus ont changé le Québec et lui ont donné sa base solide. Ils étaient des personnages de vision et d’action et ce qu’ils ont accompli a permis à leurs successeurs de continuer à bâtir notre société et à lui donner son dynamisme.

Les Québécois viennent d’élire un nouveau premier ministre, François Legault.

Il a une formation d’homme d’affaires et a une approche pragmatique aux problèmes. Il a créé avec d’autres la compagnie aérienne Air Transat qu’il a quitté subitement pour reprendre ses billes, sans explication, après un différend d’affaires avec ses associés.

Il vise alors la politique. Pour lui il ne s’agit pas de réorienter le Québec mais de le réparer. Il est nommé ministre de l’éducation en 1998 par le PM Lucien Bouchard et aussitôt, il dénonce l’inertie et le manque de vision des hauts fonctionnaires. Il croit alors en la viabilité d’un Québec souverain et le démontre dans une analyse qu’il publie.

Mais 14 ans plus tard, il crée un nouveau parti qui n’aura rien à voir avec l’idée de l’indépendance ni avec les politiques des partis Libéral et Québécois. Il faut que ça change clamait Jean Lesage. Pour Legault c’est en fait le même slogan. Il veut de la performance dans le gouvernement et cherche à l’imposer par des méthodes diverses.

Legault entreprend alors un long pèlerinage à travers le Québec et réunit, partout sur le territoire, des Québécois par petits groupes. Même s’il n’aime pas critiquer, il explique qu’il veut que cessent la querelle stérile Canada-Québec et le déclin de la qualité de vie des Québécois. Son parti n’est ni à gauche ni à droite et est présent aux élections générales de 2012 et 2014, sans trop de succès. Par la suite, il affirme être un nationaliste, oubliant les effets dévastateurs de ce genre de politique en Europe.

Il promet de créer des richesses et de rendre tous les Québécois plus riches. Il n’est pas politicologue et comprend qu’il n’est pas né pour être un politicien d’opposition. En politique, il se voit comme un homme d’affaires, en compétition. Cependant, lorsqu’attaqué, il se défend mal.

Sa campagne électorale 2018 est sans erreur de parcours. Pour gagner, il mise sur les scandales chez les Libéraux et l’usure du gouvernement libéral dirigé par le PM Couillard. Il réunit sous sa bannière une équipe de candidats hors-pair et similaires à l’équipe du tonnerre de Lesage. Il répète les mêmes arguments et les Québécois l’écoutent enfin. Se sentant gagnant, il ose diminuer et modifier à la baisse ses promesses électorales. Il ne se trompe pas et son parti est élu majoritaire. Legault devient premier ministre.

Comment va-t-il se comporter lorsque la critique inévitable de son administration viendra ? C’est là que l’on connaîtra le vrai François Legault.

Une chose est certaine, le Québec vient de se donner un chef politique à l’antipode de ses premiers ministres précédents. 


2 commentaires:

andre perrault a dit…

Je suis bien d'accord avec ton analyse de la place de François Legault dans le "groupe" des douze premiers ministres québecois des 60. dernières années.
Oui, je le place unpeu comme Jean Lesage (l'histoire se répètme...) en 1960.
Oui, il. a réunie une bonne équipe autour de lui
Oui, il faut htre positif et lui donner la chance de produire des résultats

Unknown a dit…

Maurice Duplessis!!! Et sa grande noirceur? Je n'en reviens pas.....Le pire pm que le Québec aura ''subi''....Vive la révolution tranquille des années 60...