lundi 24 novembre 2014

Le gros méchant Vladimir Putin


Le président de la Russie est de nos jours la cible d’une violente propagande occidentale anti-Putin. On l’attaque de tous les angles, sur tous les sujets, dans tous les médias occidentaux.
On rappelle sans cesse ses actions politiques passées contre ses adversaires politiques et certaines minorités de son pays, même si certaines sont fausses et d’autres amplifiées. Hier, à la télé, un documentaire traitait de la richesse personnelle de Vladimir Putin. L’argumentaire était basé sur des transactions qu’il aurait faites depuis son accession au pouvoir. Malgré qu’à la dernière élection présidentielle il déclara ne posséder qu’un appartement et des autos de valeurs, nous avons vu à l’écran des propriétés, des accessoires de valeur, des montres de haute qualité, qui supposément lui appartiennent. Particulièrement, une immense maison d’une valeur supérieure à 500 millions $ (on peut l’apercevoir sur Google Earth), on devrait dire un palais, sur la Mer Noire qui d’après l’auteur du documentaire est sa nouvelle maison d’été. J’ai plutôt l’impression que c’est une nouvelle maison pour la présidence russe, construit par la Russie, oèu le président pourra recevoir les invités de son pays. Cette nuance n’a pas été faite.
Dans l’affaire de l’Ukraine et de la Crimée, le président de la France et d’autres l’ont comparé à l’Hitler de 1939, pour faire peur au monde, alors que la situation était totalement différente.
Je viens tout juste de lire un article du Washington Post qui prétend que Putin aurait fait mettre en orbite un satellite capable de détruire les satellites de communications des autres pays. La Russie dément cette version qui est invraisemblable car un tel geste deviendrait une déclaration de guerre étant donné l’importance des satellites pour l’information de l’économie mondiale et les forces militaires du monde. Comment croire que Putin poserait un tel geste dont les conséquences se retourneraient vite contre la Russie ? Ce sont de telles affirmations invraisemblables qui me font penser qu’une campagne de dénigrement est orchestrée contre Putin pour une raison quelconque.  
Au lieu de chercher à s’associer avec la Russie, l’Occident, dont la France, le boycotte, le sanctionne. Il riposte par des embargos comme sur les fruits, légumes, viandes et poissons et des milliers de producteurs occidentaux ont perdu une bonne partie de leurs produits et des travailleurs en grand nombre sont devenus chômeurs.
La Russie est un pays riche, grand, peuplé et important avec qui on a intérêt à être ami. Ça, le Canada ne semble pas le comprendre puisque notre PM Harper a bousculé Putin à Brisbane lors de la réunion du G20. Pourquoi ?  Par principe ? Non, pour se montrer fort et gagner la faveur du million de Canadien-Ukrainiens qui voteront à la prochaine élection fédérale.
On peut être fortement en désaccord avec un chef d’un autre pays mais on ne l’assaille pas en public en cherchant à l’humilier devant la presse. C’est la diplomatie. Heureusement, Putin n’est pas du genre à s’en faire pour de telles bêtises ni à écouter un PM comme Harper. Pour lui, rien n’est personnel. Il défend l’intérêt de son pays et ne s’adresse qu’aux grands qui sont les seuls lui permettant d’atteindre ses objectifs.
Dans un article du National Post, Derek Fraser, ex-ambassadeur canadien en Ukraine, explique l’évolution de la politique en Russie depuis Eltsine. Putin veut que l’Ouest cesse ses actions unilatérales et tienne compte de la sécurité de la Russie et de ses intérêts. Si ces attaques continuent, il affirme craindre une évolution vers une anarchie mondiale. Après la guerre froide, la Russie avait proposé à l’Ouest une organisation de sécurité indivisible pour l’espace euro-atlantique. La réponse fut l’expansion de l’OTAN aux frontières russes. La Russie voulait créer une union bilatérale avec l’Europe pour établir un complexe énergétique unique et une coordination de sujets touchant les armées, la politique, les aspects stratégiques et les problèmes globaux. Ce fut refusé. Encore aujourd’hui, la Russie recherche une telle organisation de sécurité et une coopération particulière avec toute l’Europe et espère qu’elle débouchera sur un espace économique et culturel commun. Le ministre des affaires extérieures de la Russie, Sergey Lavrov, affirme que le conflit Ukrainien ne serait pas arrivé si une telle organisation de sécurité avait été mise sur pied.
Putin est un nationaliste et joue fortement cette carte. Il a été, pour les américains, une trouble-fête en aidant des pays comme l’Iran ou en intervenant en Ukraine. Au lieu de tirer à hue et à dia, l’Ouest devrait offrir des contre-propositions à Putin qui parle d’entente. C’est ainsi que les Accords d’Helsinki en 1975 devinrent une étape importante pour la fin de la Guerre Froide. L’Ouest et Harper peuvent continuer à vilipender Putin et le traiter de brute, mais cela n’est pas productif.
Un récent sondage en Russie montre que 80% de la population se montre satisfait de sa présidence. Il d’ailleurs été réélu récemment. On peut l’accuser de tous les péchés d’Israël mais c’est avec lui qu’il faut négocier et s’entendre. Les Chinois ont compris en signant une entente qui prévoit la construction du plus long TGV au monde entre la Chine et la Russie et celle d’un gazoduc transsibérien pour alimenter la Chine du gaz naturel de la Russie. C’est sous sa gouverne que la Russie devient plus grande, s’ouvre au monde et assume son rôle de puissance mondiale.
On peut s’objecter à l’annexion de la Crimée, partie de l’Ukraine et anciennement partie de la Russie, mais le référendum tenu dans la péninsule a été fortement majoritaire pour rejoindre la Russie. Quant au règlement du conflit dans le Donbass, il est important et difficile. Putin et l’Ouest devront sûrement trouver les compromis nécessaires pour créer le climat favorable à des ententes bilatérales pouvant assurer le développement de la Russie et de l’Europe.
Claude Dupras

5 commentaires:

Ramiro Moya a dit…

Putin:
Lo extraño de los ataques a Putin son las contradicciones que incurren occidente, sobre todo históricos.
1.- Ucrania fue en la 2ª guerra aliado de Alemania, hoy se dice de los nazis para diferenciarlos a los actuales.
2.- Que el presidente ucraniano democráticamente elegido fue depuesto por un golpe de estado notoriamente ilegal.
3.- Que la anexión de Crimea fue realizada pacíficamente y por voto popular.
4.- Las anexiones de los estados de Tejas, Arizona, Nuevo México, California en Norteamérica fueron en el siglo 19 hechos por la fuerza y en contra de Mejico.
5.- La forma como Putin obtuvo el poder fue la democrática y de acuerdo a la constitución Rusa y su alternancia con el primer ministro a pesar de ser poco ética no difiere a la que practico Fanklin Delano Roosvelt en los años 30.
6.- Rusia fue el país que pagó una mayor cuota de sangre con la invasión alemana en la operación Barbaroja con 20.000.000.- de muertos, mas que todos los otros países beligerantes.
7.- La caída del muro de Berlin y el régimen soviético fue incruento.
El que Putin haya cambiado de señora no es pecado porque hasta yo lo he hecho y de presidentes pobres conozco solo uno que es Jose Mujica de Uruguay que lo hace por molestar a los otros.
R. M..

J C Manar. a dit…

Cher ami,

Je partage totalement votre analyse en ce qui concerne l'attitude des pays européens vis à vis de Poutine, attitude largement influencée par les américains qui n'ont cessé de mettre de l'huile sur le feu dans cette affaire, alors que la "real politik" voudrait au contraire qu'on se rapproche de la Russie pour faire face ensemble au danger que représente le terrorisme islamiste. Au lieu de cela, nous sommes en train de la pousser dans les bras de la Chine. C'est une faute politique majeure. Malheureusement n'est pas De Gaulle qui veut. Je peux vous dire en tout cas que si mon pays ne livre pas les navires construits à Saint Nazaire, j'en aurai personnellement honte. C'est la parole de la France qui serais trahie.
Bien amicalement,
JCM

Gérard St-D. a dit…

Salut mon ami,
Tout ce que je peux te dire de Vladimir, c’est qu’il est un voleur de grands chemins.
Bonne soirée
J’ai lu beaucoup en histoire sur la Russie.
Je maintiens des réserves.... Il y a eu de grands écrivains, musiciens, scientistes, etc.
Ca s’est surtout passé avant la grande période du communisme.
Aujourd’hui, j’oserais dire que la Russie joue un peu vers la barbarie.
Salut,
Gérard

Pierre F. a dit…

Un bon article qui saisit bien les enjeux, monsieur Dupras.

Mais de grâce, prenez note que le nom de président russe est Poutine (en russe : Пу́тин) et non Putin (qui sonne comme putain en français, ce qui rend la lecture très irritante).

Vous pouvez accéder à la prononciation russophone ici : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Ru-Vladimir_Vladimirovich_Putin.ogg

Le U des anglophones étant un "ou" côté sonorité, les adeptes de cette langue écrivent «Putin», mais en français c'est incorrect.

Cordialement,

Pierre F.

Louis Desjardins a dit…

Bonjour Claude,

Très intéressant et toujours pertinent!

Une question : pourquoi avoir choisi d’écrire Putin au lieu de Poutine? La translittération du russe au français fait de la lettre « y » (prononcée ou) en russe un vrai « ou » en français et la terminaison en « ine », présente dans Eltsine, Lénine, Pouchkine, devrait l’être aussi pour Poutine. Ici, tu as choisi la translittération anglaise... et que dire de la prononciation ici... qui est un homophone et à une lettre près un homographe d’un mot français qui a une toute autre signification...

Пу́тин s’écrit bel et bien Poutine en français.

Cordialement,

Louis