mardi 29 mars 2011

Un vote stratégique ?

Des partis politiques peu emballants, un premier ministre peu emballant et une opposition peu emballante ne peuvent que déboucher sur une élection peu emballante. Pour la quatrième fois en huit ans, les Canadiens se retrouvent en élection générale. Et, on est surpris de la diminution de l’intérêt et du niveau de participation qui approche les 50%.

Pour la première fois, une élection fédérale m’intéresse peu. J’ai toujours été un mordu de ces élections et j’y ai participé à tous les niveaux dont celui d’organisateur-en-chef du parti progressiste-conservateur (PPC) et même de candidat. Mais les choses ont tellement changé que la motivation n’existe plus.

Le nouveau parti conservateur (PC) de Stephen Harper gère bien nos sous mais s’imbrique mal dans le genre de vie recherché par une vaste majorité de Canadiens. Il est issu d’un parti d’idéologues et se campe à droite de la droite. Par moment, il fait peur ! De plus, on a pu constater, avec le temps, la faiblesse de ses ministres, dont plusieurs manquent d’envergure et de compréhension de ce qu’est la société canadienne.

Depuis qu’il s’est enfargé dans le scandale des commandites, le parti libéral n’a pu retrouver sa vitesse de croisière de leader de la politique canadienne. Il avait choisi un chef venant du Québec, Stéphane Dion, mais l’a vite remplacé suite à la dernière défaite électorale. Je continue à croire que ce fut une grave erreur de limoger cet intellectuel brillant, motivé, sincère, au sens pratique. On ne lui a pas donné suffisamment de temps pour bien s’adapter à son rôle de chef de parti. Il a été vite remplacé par un autre intellectuel Michel Ignatieff qui, malgré ses efforts, n’a pas su, à ce jour, définir clairement ses positions politiques ni attirer au sein de son parti suffisamment d’hommes et de femmes de valeur comme l’a toujours fait ce grand parti national.

Le Nouveau Parti Démocratique continue à jouer le rôle de défenseur des droits des travailleurs. Sous la direction de Jack Layton, il a su attirer un grand nombre d’électeurs, à cause du manque d’intérêt pour les autres partis. Mais le chef relève d’une maladie et on se demande s’il saura maintenir le rythme endiablé qu’exige une campagne électorale nationale à travers notre grand pays. De toute façon, ce tiers parti ne peut espérer prendre le pouvoir.

Puis il y a le Bloc Québécois, un parti dédié à la séparation du Québec du reste du Canada. Son chef Gilles Duceppe est un leader charismatique et je le respecte. Il ferait un excellent chef du Parti Québécois. Avec son prédécesseur Lucien Bouchard, il a fait élire une majorité de députés du Bloc à chaque élection, depuis sa création en 1991. Le parti dit œuvrer exclusivement aux intérêts du Québec. Membres perpétuels de l’opposition, ses députés n’ont cependant aucun pouvoir et leurs paroles se résument à parler dans le vide. Noircir le plus possible le Canada pour aider le Québec, voilà le sens de leurs actions. Le malheur c’est que le Bloc avec son discours à faveur très nationaliste attire beaucoup trop de Québécois et évide, par conséquent, les autres partis fédéraux d’une représentation québécoise essentielle. En somme, rien de positif.

La campagne électorale a débuté avec l’accusation du PM que l’opposition planifie en secret la création d’une coalition, si Harper est encore minoritaire, pour prendre le pouvoir, puisqu’elle sait qu’elle ne gagnera pas cette élection. Alors que normalement le gouverneur général demande au chef du parti ayant gagné le plus de sièges de former le prochain gouvernement, Harper, élu par 35% de la population, prétend que l’opposition veut se regrouper pour offrir au gouverneur un gouvernement de coalition (représentant près de 65% de l’électorat). Harper s’offusque et qualifie cette manœuvre d’antidémocratique. Pourtant, la Grande-Bretagne, mère de notre système parlementaire, est actuellement dirigée par un gouvernement de coalition. La position du PM est ridicule.

Mais le problème réside dans la participation du Bloc dans cette coalition. Comment un parti fédéral peut-il faire confiance à ces députés séparatistes? En fait, la seule coalition possible est celle du parti libéral et du NDP, deux partis vraiment fédéraux de centre-gauche, à la condition qu’ensemble ils obtiennent plus de 50% des votes et représentent une majorité de députés au parlement. Ce qui est peu probable.

Une autre alternative s’offre aux Québécois. Aujourd’hui, les sondages indiquent que le PC gagnera cette élection avec peu de députés du Québec. Cela placera le Québec dans une position d’autant plus difficile que certaines indications pointent vers une défaite de quelques uns des députés conservateurs actuels de la région de Québec. Cela veut dire que nous nous réveillerons le soir des élections avec moins de 10 députés conservateurs québécois sur 155 au pouvoir et peu d’influence dans le caucus conservateur et le prochain gouvernement. Je crois que beaucoup de Québécois craignent cette éventuelle situation.

L’exemple de 1958 avec le chef unilingue du PPC, John Diefenbaker, peut être une voie de solution. Diefenbaker avait peu de chances de remporter plusieurs comtés au Québec. En fin de campagne, les Québécois, dont le nez politique a toujours été fin, voyant la victoire de Diefenbaker se confirmer, ont opté pour un vote stratégique. Les candidats de Diefenbaker remportèrent 50 comtés et le Québec se retrouva fortement représenté au sein du parti majoritaire à Ottawa. Par la suite, une des décisions importantes prises par Diefenbaker fut de choisir Montréal comme site de l’Expo67 au lieu de Toronto !

Si, en fin de campagne, les sondages prédisent un PC définitivement majoritaire, je ne serais pas surpris d’un tel vote stratégique cette année. Il sera d’autant plus important que pour contrebalancer le pouvoir des réformistes de droite au sein du PC et du gouvernement, il y ait, à côté d’eux, une délégation imposante de députés conservateurs du Québec. Les Québécois sont assez astucieux pour poser un tel geste et forcer ainsi le PM Harper à recentrer son gouvernement.

Claude Dupras

vendredi 25 mars 2011

Le coût de la langue française

Au Québec, on parle le français! Plus qu’avant, mieux qu’avant. La langue française est prédominante partout, même à Montréal où vivent plus de citoyens de langue anglaise.

Avant la loi 101, statuée en 1977, c’était un free for all. Par exemple, au début de ma carrière d’ingénieur-conseil en 1958, la très grande majorité des grands entrepreneurs en plomberie, chauffage, ventilation et électricité était de langue anglaise. Lors de soumissions publiques pour la construction d’écoles, ils étaient presque toujours bas soumissionnaires au détriment des entreprises francophones qui souffraient d’une carence de personnel expérimenté et de moyens financiers. Un autre cas fut la construction du siège social de l’Hydro Québec, inauguré en 1962. Pour ce projet important entrepris par le gouvernement du Québec, les plans et devis d’architecture, de mécanique et d’électricité furent préparés uniquement en langue anglaise, et cela par des firmes-conseils francophones. Ces exemples démontrent bien que les droits linguistiques des Québécois et Québécoises étaient mal définis malgré qu’on affirmait alors que le Québec était la seule province du Canada à pratiquer le bilinguisme anglais-français au niveau institutionnel.

Avec la loi 101, quasi constitutionnelle, la langue de la majorité, le français, est devenue la langue officielle de l’État.

Le Québec a aussitôt changé, puisque ses objectifs nous donnaient le droit de communiquer en français avec le gouvernement, les ordres professionnels, les associations d’employés et les entreprises québécoises établis au Québec. De même, dans les assemblées délibérantes. Nos travailleurs pouvaient exercer leurs activités en français, les consommateurs être informés et servis en français, et les personnes aptes à l’enseignement le recevoir en français. C’était simple et normal.

Cette loi arriva au moment où le Québec commençait à former des individus techniquement capables d’entreprendre, de gérer des entreprises et même de prendre des risques financiers. En effet, les écoles scientifiques et commerciales bénéficiant de nouveaux bâtiments, lancés par Maurice Duplessis, pour l’université de Sherbrooke en 1954, l’École Polytechnique en 1956, la faculté des sciences à Québec inaugurée en 1962 et les HEC de Montréal, produisaient enfin un nombre grandissant de diplômés. L’atmosphère de la révolution tranquille ajoutait à l’enthousiasme et on vit germer partout sur le territoire de nouvelles entreprises de toutes catégories, propriétés de francophones. Plusieurs acquéraient des entreprises anglaises.

La peur de la loi 101 a cependant créé un tort appréciable au Québec, dit « le brain drain ». La société anglophone devint inquiète de son avenir. Ses familles les plus enracinées demeurèrent au Québec, mais un très grand nombre de leurs jeunes hommes et femmes d’affaires, diplômés universitaires, jeunes et moins jeunes, crurent bon de se réinstaller hors Québec. De 788 000 membres, la communauté anglaise diminua à 600 000 en 1971. De plus, depuis 1971, près de 20% des anglophones nés au Québec, bilingues et possédant des doctorats, continuent à nous quitter pour gagner ailleurs leur vie. Nous avons perdu une richesse de talents incroyables et j’ai mal en imaginant ce que seraient Montréal et le Québec si toutes ces personnes, qui nous connaissaient bien, étaient demeurées ici avec leurs descendants (qui aujourd’hui seraient bilingues).

Et il y a l’immigration. Un débat s’élève sur le critère de la connaissance et de l’apprentissage du français dans la grille québécoise de sélection des nouveaux immigrants. L’an dernier, le Québec a accueilli 53 000 nouveaux arrivants dont 33 000 travailleurs qualifiés et 2 000 gens d’affaires. 68 % maitrisaient bien le français. La majorité venait d’Afrique, particulièrement du Maghreb. Malheureusement, cette immigration s'est avérée insuffisante pour répondre à la demande des employeurs québécois pour des travailleurs de haute technicité.

En Ontario, et particulièrement à Toronto, les immigrants sont d’Asie. Ils sont plus riches, plus nombreux et plus techniquement qualifiés que ceux qui viennent au Québec. D’ailleurs, ça se répercute par le boom immobilier que Toronto connaît actuellement. Par exemple, une des nombreuses nouvelles tours à condos en construction est un édifice de 65 étages dont l’appartement le moins cher se vend environ 600 000$. Le promoteur est le montréalais Jonathan Weiner qui affirme avoir vendu en quelques semaines plus de 50% des condos. « On se bousculait pour les acheter et les acquéreurs sont de nouveaux arrivants asiatiques hautement instruits et compétents ». En général, ces derniers ne parlent que l’anglais comme langue seconde et Toronto est plus facilement accessible pour eux que le Québec comme porte d’entrée au Canada.

Voilà pourquoi Toronto a enlevé à Montréal, le titre de la grande ville canadienne qui compte le plus de sociétés nationales et internationales de haut niveau.

La question que plusieurs se posent maintenant est la suivante : « Doit-on, au Québec, davantage tenir compte des besoins des employeurs et accorder moins d’importance à la maîtrise initiale de la langue française ? ». En somme, doit-on favoriser l’immigration économique ? Cela ajouterait un nombre d’immigrants plus riches et plus éduqués à l’économie québécoise qui serait ainsi mieux soutenue.

Les indépendantistes québécois par la bouche du député péquiste Pierre Curzi répondent : « …le français est menacé, particulièrement dans la région de Montréal, il est tout à fait inadmissible de chercher à supprimer le critère de la langue française dans la sélection des nouveaux arrivants ». Leurs opposants diront que les nouveaux arrivants qui contrôlent moins bien le français devront de toute façon faire éduquer leurs descendants dans les écoles françaises du Québec et ceux-ci deviendront éventuellement des parlant français. Entretemps, l’économie québécoise aura profité de leur apport et sera plus forte pour tout le monde.

Comment calculer le coût de la langue française pour les Québécois ?

Au point de vue des objectifs de la loi 101 pour l’individu et sa langue, des nouvelles générations d’entrepreneurs francophones, du visage français de Montréal et de l’amélioration de la langue parlée et écrite, ce fut un gros gain.

Au point de vue de l’économie de Montréal et du Québec suite au « brain drain », au déménagement des entreprises à Toronto et de la constance depuis dans l’apport supérieur des immigrants à l’économie de la Ville-reine, ce fut une perte pour Montréal qui a été évidée de sa vigueur économique.

Doit-on modifier la loi 101 pour favoriser l’économie québécoise ? C’est la question actuelle. Pas facile à trancher…

Claude Dupras

lundi 21 mars 2011

Avec peu de Québécois à la tête du pays, peu se fait !

Il est possible que le gouvernement minoritaire conservateur du PM Stephen Harper soit renversé cette semaine par un vote à la Chambre des communes canadienne. Le pays sera alors projeté dans une élection générale.

L’heure est donc à l’analyse du bilan du gouvernement Harper. Et pour l’évaluer à sa juste valeur, j’ai pensé comparer ses actions à celles des premiers ministres qui l’ont précédé, soient Louis Saint-Laurent, Pierre-Eliott Trudeau, Jean Chrétien, Brian Mulroney et Paul Martin.

Le gouvernement Harper n’a pas en son sein de Québécois à la hauteur des responsabilités gouvernementales à Ottawa. La dizaine de députés conservateurs actuels est incapable d’imposer ses idées à Harper. Les ministres québécois choisis ont été nommés parce que le PM Harper n’avait pas de choix. Peu font le poids et aucun n’est vraiment partie de la tête dirigeante du pays.

Louis Saint-Laurent fut PM du Canada de 1948 à 1957. Entouré de ministres prestigieux du Québec, il entreprit la route transcanadienne, lança la voie maritime du Saint-Laurent, construisit l’oléoduc canadien, nomma un premier gouverneur-général né au pays, participa à la fondation de l’OTAN, instaura les paiements de péréquation aux provinces, accepta de réduire l’impôt fédéral suite à l’instauration d’un impôt personnel au Québec, apporta des modifications importantes aux pensions de vieillesse et à l’assurance maladie, fit de Terre-Neuve une nouvelle province canadienne et encore…

Pierre Elliott Trudeau fut PM du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984. Il avait joint le cabinet du PM Lester Pearson avec Jean Marchand et Gérard Pelletier. Il légalisa l’avortement, le divorce et l’homosexualité. Devenu PM, il adopta la loi sur les langues officielles faisant du Canada un pays bilingue, il décréta la loi sur les mesures de guerre à la crise d’octobre 1970, abolit la peine capitale, rapatria la constitution canadienne de Londres, signa la nouvelle constitution canadienne et y intégra une nouvelle charte des droits et libertés. Il fit adopter le programme énergétique national, et encore…

Brian Mulroney fut PM du Canada de 1984 à 1993. Son équipe ministérielle comprenait des Québécois de grande qualité. Il réalisa le traité de libre-échange avec les USA et le Mexique; instaura la TPS pour régler les problèmes de dette du pays; fit tout pour obtenir une reconnaissance officielle du Québec par l’accord du Lac Meech, rejeté par deux provinces, et l’accord de Charlottetown rejeté par référendum; enchâssât les droits linguistiques des Acadiens du Nouveau-Brunswick dans la constitution. De plus, il privatisa 23 sociétés d’État dont Air Canada et Petro-Canada, créa un nouveau territoire du Nord-Ouest nommé Nanuvut, s’opposa à l’apartheid en Afrique du sud malgré les pressions des USA, collabora à la guerre du golfe de 1991, signa l’accord sur les pluies acides avec les USA, s’opposa à l’invasion du Nicaragua par les Américains, et encore…

Jean Chrétien fut PM du Canada de 1993 à 2003. Son équipe ministérielle comprenait plusieurs québécois de valeur. Il fut ministre sous Lester Pearson et Pierre Elliot Trudeau. En tant que PM, il participa aux référendums de 1995 sur la séparation du Québec, ratifia l’Accord de Kyoto, refusa de participer à la guerre en Irak. Avec son ministre des finances, Paul Martin, il élimina les déficits de plus 42 milliards $, enregistra cinq surplus, remboursa 36 milliards $ sur la dette nationale et réduisit les impôts des particuliers et des entreprises de 100 milliards $ sur 5 ans, la plus grande réduction d'impôt de l'histoire, et encore...

Paul Martin fut PM du Canada de 2003 à 2006. Il avait aussi une équipe de ministres québécois compétents. Il entreprit d’améliorer les relations avec les USA; de répartir une partie des excédents fédéraux pour aider les provinces; accepta, une première canadienne, que l’argent remis au Québec puisse être dépensé ailleurs qu’à la santé où le dictait le fédéral (le PM Charest l’attribua à l’impôt personnel pour rendre le taux fiscal québécois plus compétitif). Il suggéra d’augmenter le G8 à G20, établit de meilleures relations avec la Chine qui accepta son accord de partenaire stratégique, et nomma une Québécoise d’origine haïtienne gouverneur-générale du Canada. Et encore…

Voilà un bilan bien succinct des actions prises par les PM qui ont précédé Stephen Harper. On peut être en désaccord avec certaines de leurs actions, mais on ne peut que reconnaitre que les Québécois étaient à la tête du Canada, jouaient un rôle décisionnel et que de grandes décisions étaient prises.

Stephen Harper est PM depuis janvier 2006, toujours minoritaire. Qu’a-t-il fait ? Sa première action fut de s’opposer à l’accord de Kyoto et de défendre bec et ongles l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta, sa province. Puis, il se mit à mimer GWBush, calquant même ses lois aux américaines. Il fit accepter une résolution reconnaissant la nation québécoise, voter la loi sur la responsabilité réduisant les influences et instaurer le principe des élections à date fixe. Il changea notre politique de neutralité au Moyen-Orient en plaçant le Canada unilatéralement en faveur d’Israël. Il joignit la guerre en Afghanistan et dépense des milliards $ pour ce faire et pour moderniser les équipements militaires. Il a renouvelé l'accord de NORAD avec les USA, le rendant permanent et y ajoutant la défense maritime au détriment de la souveraineté canadienne. Il a boudé les Jeux Olympiques de Beijing et essaie depuis de retisser les liens avec la Chine. Il a réglé le conflit du bois d'œuvre sans récolter le remboursement total des 5 milliards $ payés inutilement par les producteurs canadiens en tarifs douaniers. Il a hérité d’un budget à surplus mais gouverne depuis avec des déficits qu’il a accentués en diminuant la TPS de 2% pour fins électorales. Il a organisé un programme de financement d’infrastructures pour contrevenir aux effets de la crise.

En comparaison avec ses prédécesseurs, je place Stephen Harper au bas de la liste. Son gouvernement manque d’imagination, de courage politique, de vision et ne pense qu’à satisfaire sa base d’à droite de la droite. Je n’ai jamais manifesté un patriotisme excessif, mais il me semble clair que c’est un gouvernement à un son de cloche. Il lui manque celui du Québec pour avoir vraiment une âme canadienne d’un océan à l’autre à l’autre.

Comme le Parti Conservateur qui n’aide pas le Québec en ne recrutant pas des candidats de grande valeur, le Bloc Québécois n’aide pas le pays et n’aide pas le Québec à Ottawa. En prêchant un nationalisme mal pensé, le Bloc vide les rangs de Québécois des partis fédéraux et empêchent ces partis d’être vraiment la réflexion de ce qu’est le pays. Les Québécois sont à la base des grandes transformations politiques du pays. La marque importante qu’ils ont laissée à Ottawa doit se poursuivre. Le pays doit cesser de végéter.

A nous de voter bientôt pour accroître la représentation du Québec dans les rangs des partis fédéraux.

Claude Dupras

samedi 19 mars 2011

Deux poids, deux mesures pour l’Arabie : la fin du printemps arabe ?

L'évolution des événements en Arabie Saoudite, au Bahreïn et au Yémen me donnent envie de vomir quand je vois la réaction qu’elle engendre de la part de la Maison Blanche, de la France, du Royaume–Uni et du Canada qui se disent champions des droits de l'homme où qu'il soit.

Je ne suis pas contre la pression internationale d'arrêter la folie de Kadhafi, bien au contraire, mais je dénonce l'hypocrisie de plusieurs pays occidentaux qui gardent un silence criminel face à tout ce qui se passe actuellement en Arabie saoudite, comme si ce fameux pays était le berceau de la démocratie à travers le monde arabe.

Pour contrer la révolte grandissante dans son pays, l’Arabie Saoudite défend toute manifestation. Son roi arrogant et ses scheiks royaux ne sont que des dictateurs qui se sont accaparés les richesses pétrolifères de leur pays et qui ont toujours agi envers leur peuple, particulièrement leurs femmes, avec une arrogance cruelle.

Ces rois maudits qui se sont auto déclarés gardiens de la mythique race arabe et de l’islam véritable font la pluie et le beau temps grâce à leur argent.

Pour contrer la révolte qui s’est manifestée malgré l’interdit, le roi saoudien a entrepris d’acheter la paix en augmentant le salaire minimum, en promettant la construction de milliers de nouveaux logements et la création de 75 000 nouveaux emplois. Si cette démarche ne débouche pas sur le calme et la fin de la révolte, il n’hésitera pas à utiliser son armée pour mettre à bas les révolutionnaires. La preuve vient d’être faite, puisqu’il a dépêché plus de 1 000 de ses soldats et des centaines de tanks pour soi-disant défendre l'indépendance de Bahreïn, contre les révolutionnaires Bahreinis eux mêmes.

A ce jour, le président Obama, le PM anglais Cameron, le président français Sarkozy et le PM canadien Harper n'ont aucune difficulté à garder un silence continu face aux massacres des manifestants bahreinis. Ils protègent ainsi l'émir de Bahreïn, leur allié de toujours. Ils agissent de même avec les Yéménites. Aujourd'hui même, un ami m’affirme avoir vu à la télé que les forces de répression du régime du Yémen viennent d'assassiner plus de 30 manifestants et d’autres images qui montraient que l'émir de Bahreïn n'hésite plus à tirer à bout portant sur les pauvres Bahreïnis. Les révolutionnaires de ces deux pays sont sans armes et c’est dans le calme et la sérénité qu’ils ont manifesté jusqu’à ce jour dans l’espoir de démocratiser leur coin du monde.

Le silence des USA, de l'Europe et du Canada indique qu’ils n'ont aucun problème avec des interventions militaires futures par les dictateurs des autres émirats du golfe Persique pour contenir les révoltes chez eux. Ils agissent comme si la seule tragédie internationale qui nous obsède aujourd’hui est la guerre civile en Lybie. En réalité, ce silence de l’Occident a plus à voir avec la production mondiale de pétrole et le fait que ces dictateurs sont ses alliés fidèles depuis longtemps.

Dernièrement, la chaîne de télévision arabe El Djazeera retransmettait les déclarations d'un citoyen de Bahreïn qui disait en gros qu'il était dégoûté du comportement du monde occidental qui soit disant sympathisait avec le sort des martyrs de Lybie et qu’apparemment le sang des pauvres civils tués par les forces de répression à Bahreïn n'était pas aussi important que le sang des martyrs Libyens.

Pourquoi toute cette hypocrisie du monde occidental vis à vis les différentes sociétés arabes et leurs souffrances ? Est-ce que le renouveau du monde arabe va se terminer à cause des armes et le support tacite des USA, de l’UK, de la France et du Canada aux dictateurs-amis qui les utilisent contre ceux qui se révoltent contre eux ?

Heureusement, un nouvel espoir existe, l’ONU. La récente décision de son conseil de sécurité en rapport avec la Lybie démontre enfin que l’organisme international fonctionne. Pour une fois, c’est elle qui a décidé d’intervenir militairement là où il y a un problème des droits de l’homme. De plus, avec l’appui de la ligue arabe, elle émet un signal à la rue arabe que le monde est maintenant avec eux, que le chemin est libre et que l’ONU peut dorénavant s’interposer pour aider des rebelles injustement pilonnés par les dictateurs qu’ils combattent. C’est aussi un avertissement important à ces derniers qu’ils ne peuvent plus agir à leur guise puisqu’ils risquent une opération militaire internationale.

En rapport avec la décision des Nations Unies, le ministre des affaires étrangères de France, Alain Juppé, écrivait dans son dernier blog ce qui suit : « Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n'est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle. Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir ».

Est-ce suffisant pour convaincre les dictateurs du golfe et ceux de la Syrie, de l’Algérie, de la Jordanie, du Maroc et les autres de laisser les manifestations populaires antigouvernementales se dérouler dans la paix ? Je l’espère.

Si non, je crains que ce soit la fin du printemps arabe.

Claude Dupras

mercredi 16 mars 2011

Bienvenue à la droite québécoise

Depuis quelque temps, la droite québécoise s’organise. Sous l’impulsion de personnages dynamiques et intelligents comme Joanne Marcotte et Éric Duhaime, la droite cherche à réunir tous les citoyens dont l’idéal correspond à une philosophie politique qui se situe à la droite du centre de l’échiquier politique. Ils ont formé un organisme sans but lucratif qui se présente sous le vocable Réseau Liberté Québec (RLQ). Il vise le respect des traditions et des valeurs du peuple québécois.

Une première réunion à Québec, le 23 octobre dernier, fut un succès autant par le nombre de participants que par le niveau des discussions sur la liberté et la responsabilité individuelle des individus dans la société qui y furent tenues. L’impact média de cette rencontre fut fort encourageant pour les organisateurs. Ils reviennent maintenant à la charge à Montréal avec une grande réunion, le 16 avril prochain, à laquelle sont invités tous ceux qui aimeraient partager leurs idées et collaborer à la formation d'un mouvement de masse de droite capable d’être en mesure d’influencer la classe politique, les élites médiatiques et intellectuelles et le peuple québécois.

Le RLQ veut regrouper tous les gens de droite qu’ils soient : libertarien, conservateur fiscal, centre-droit, nationaliste de droite, conservateur moral/social ou libéral classique. C’est un défi difficile, car ailleurs ces différents groupes combattent pour défendre leurs idées respectives. Mais au Québec où de telles convictions sont moins profondément enracinées, il me semble possible pour ceux qui penchent à droite de se réunir et ensemble définir une position commune.

Et ce n’est pas du luxe dans l’état actuel de la politique québécoise, car j’estime que la tendance actuelle devient malsaine pour notre économie. Les politiciens, les individus et les syndicats qui se qualifient de gauche veulent tout du gouvernement et s’acharnent à dénigrer l’entreprise privée faisant croire qu’elle est l’ennemi des citoyens et que c’est l’État qui doit tout prendre en main.

Le débat sur le gaz de schiste est un bon exemple. Dans ce dossier, comme pour l’hydroélectricité, les péquistes et les gauchistes veulent une implication à 100% du gouvernement. La chef du parti Québécois a accusé, à l’Assemblée Nationale, le PM Charest de favoriser l’entreprise privée au lieu de diminuer les taxes des Québécois avec les profits que le gouvernement pourrait engranger s’il faisait tout lui-même. Elle oublie l’expertise des intervenants privés que le gouvernement n’a pas et le risque financier qu’ils sont prêts à prendre.

Tant qu’à y être, pour suivre le raisonnement de Mme Marois, pourquoi ne pas remplacer les marchés d’alimentation comme Métro, Loblaws.. par des marchés du gouvernement ? L’agriculture ne relève-t-elle pas de ce dernier ? Ainsi tous les profits que font des grandes entreprises reviendraient au gouvernement et seraient appliquer à baisser les taxes de ses citoyens. C’est de toute évidence, ridicule ! Ce genre de raisonnement nuit au Québec où on doit favoriser l’effort, le talent et l’initiative des entrepreneurs pour qu’ils créent, lancent, organisent et dirigent de grandes entreprises créatrices d’emplois. On doit favoriser la concurrence pour obtenir les meilleurs prix.

Pourquoi ne pas faire tout l’engineering in-house et cesser de donner des contrats gouvernementaux pour les infrastructures et autres à des firmes de génie privées, comme vient de le proposer le PQ pour les études environnementales EES sur la question du gaz de schiste. Avec un tel raisonnement irréaliste, une firme comme SNC-Lavalin, qui a 26 000 employés, n’existerait pas car elle n’aurait pu dans le passé acquérir une vaste expertise, grâce à des contrats gouvernementaux, et être en mesure aujourd’hui de vendre ses services professionnels dans le monde entier. Et elle n’est pas seule.

Il est temps que le dérapage verbal anti-entreprise privée auquel nous assistons prenne fin. Les syndicats, le PQ, les gauchistes ont droit au chapitre mais pas à toute la place dans le débat public.

Voilà pourquoi je favorise l’organisation et la montée de la droite québécoise afin qu’elle apporte un autre son de cloche. Ainsi, les Québécois et les Québécoises seront mieux renseignés pour prendre les bonnes décisions quant à leur avenir et à celui des leurs enfants.

Il faut aussi cesser d’examiner la politique au Québec avec une jumelle formée de deux lunettes non identiques : la séparatiste et la fédéraliste. Le débat est envenimé au point que l’on n’y voit plus clair car il porte sur des sujets qui n’ont rien à voir avec le fond des choses et le bien-être de chaque citoyen.

Bonne chance au Réseau Liberté Québec.

Claude Dupras

Ps. On m’a invité à joindre le RLQ, mais j’ai refusé car je veux garder ma liberté d’expression dans mon blog.