lundi 31 janvier 2011

Cris d'Égypte: La police secrète sème la terreur

Aalam Wassef est Égyptien. Il a 40 ans. Il est plasticien, éditeur, chroniqueur et blogueur sous une dizaine de pseudonymes ou sous son vrai nom quand le contexte le lui permet. Il écrit un blog. via le journal français Libération, sur la situation de la crise qui balaie son pays, jour après jour. Il est un citoyen du Caire et un internaute qui participe activement au développement de la révolte. Comme tous les autres Cairotes, il veut que le président-dictateur de son pays, Hosni Moubarak, démissionne ainsi que son gouvernement. Il voit dans la démocratie, un avenir positif pour ses compatriotes.

Il est toujours plus intéressant d’être informé de l’intérieur d’une crise, par un correspondant natif du pays et qui a vécu depuis toujours à l’endroit où elle évolue, que par les rapports de médias internationaux qui souventes fois sont trop superficiels. Dans le cas de l’importante crise qui balaie actuellement l’Égypte, de telles d’informations nous permettent de mieux saisir les tensions qui accablent les Égyptiens et les Égyptiennes ainsi que leurs opinions, leurs objectifs et la tendance que prend la crise.

Voici le billet de son blog « Cris d’Égypte », paru le 30 janvier 2011 :

La police secrète sème la terreur

Depuis le 28 janvier au soir des événements inquiétants se produisent en marge des manifestations. Des vitrines du Musée du Caire sont brisées et des sculptures millénaires sont jetées au sol. Des banques sont attaquées. Des dizaines, (peut-être des centaines) de criminels dangereux sont libérés des prisons de Tora, Abou Zaabal, Wadi Natrum el Anater.

Les foyers, à l’échelle de la nation, sont attaqués par des bandes armées jusqu’aux dents qui pillent et terrorisent la population.

La tactique est limpide. Terroriser la population qui demandera à genoux le retour des forces de police qu’elle a combattu.

Il suffirait d’un peu de bon sens pour conclure que des criminels prétendument isolés et indépendants ne sont pas à l’origine de ces crimes. Mais le bon sens ne suffit pas, car l’accusation est grave. Il faut des preuves et il y en a. Elles sont irréfutables.

Avant de les fournir, je voudrais vous décrire la ville du Caire en cette nuit du 29 au 30 janvier. Je vais faire l’impasse sur l’attaque du Musée du Caire qui est une machination médiatique burlesque car nous n’avons pas le cœur à rire.

Depuis les affrontements du 28 janvier, le Caire s’est vidé de l’intégralité de ses forces de police et de sécurité publique. Pas un policier en vue, ni même devant les ambassades ou les bâtiments administratifs. La ville est livrée à ses seuls habitants qui assurent désormais leur propre sécurité, ainsi que la circulation.

A l’annonce de ces raids criminels, dès 18 heures, et toute la nuit durant (du 29 au 30 janvier), des hommes gardent tous les accès à leurs quartiers. Derrière des barricades improvisées ou des barrières métalliques, ils se relaient et contrôlent tous les passages. La présence militaire est mince et jugée totalement insuffisante. Les habitants des quartiers s’arment de barres métalliques, de fusils à plomb, de carabines, de battes de baseball, de couteaux de cuisine, d’armes de poing. D’est en ouest, ce service de protection partage un même code diffusé par l’armée qui permet à celle-ci de distinguer les individus pacifiques des hommes de main de la police secrète. Ce code est un brassard blanc à porter sur son bras gauche.

Les militaires, avec lesquels la population a spontanément passé un contrat de confiance et de solidarité, sillonne les quartiers pour décrire le type de véhicules et d’individus dont il faut se méfier. Une Fiat 127 blanche aux vitres fumées, avec à son bord un homme muni d’une arme automatique ; des ambulances ; des hommes à moto qui passent en éclaireurs pour voir si les quartiers sont gardés ou non ; des minibus touristiques. Ces hommes tirent à balles réelles, pillent, cassent et terrorisent.

Ces hommes de main, nous les connaissons aussi bien que nous connaissons Hosni Moubarak, on les appelle les Baltagueyya. Ce sont les mêmes qui sèment la terreur pendant les élections ou qui sèment le trouble lors de manifestations pacifiques. Ils sont payés par la caisse noire du Parti National Démocratique ou par les services de police. Le butin collecté s’ajoute à leur salaire.

Les preuves d’un terrorisme d’état

1. La preuve du quartier d’El Agouza : deux rôdeurs de 19 et 14 ans sont envoyés en éclaireurs dans une rue du quartier. Ils sont repérés par les habitants qui les arrachent et les giflent jusqu’à obtenir des aveux. Il s’avère qui sont envoyés par des hommes de main de la police secrète qui les ont déposés en minibus.

2. La preuve du centre ville : un témoin oculaire –une de mes connaissances directes- a vu entrer et sortir du commissariat de police du Caire, des véhicules comme ceux décrits plus haut : ambulances, voitures banalisées, motos et minibus. A leurs bords, des hommes en civil armés. Pas d’ambulanciers, donc.

3. La première preuve de l’armée. Des militaires debout sur des chars s’adressent à la population de Suez pour les prévenir des méthodes utilisées par les Baltagueyya de la police. Ouvertement, l’armée pointe du doigt les responsables et rassure la population qu’elle n’est pas dupe des coups bas de la police secrète et qu’elle saura faire la différence.

4. La seconde preuve de l’armée : Monsieur Y est un acteur célèbre de cinéma et de télévision qui a préféré garder l’anonymat. Monsieur Y a appelé le numéro vert mis en place par l’armée pour signaler le pillage et la destruction d’une bibliothèque de quartier, la Bibliothèque Moubarak. Au téléphone, le sergent qui a reconnu le nom et la voix célèbre de son interlocuteur lui répond : « la Bibliothèque… Moubarak, dites-vous ? Laissez les faire et rassurez vous, Monsieur Y. Dès qu’il s’en ira, nous nous occuperons des Baltagueyya. Vous savez de qui je parle en disant « Il » ? « oui », répond Monsieur Y

5. La preuve d’Alexandrie. Le 29 janvier, deux individus armés qui s’attaquaient à une banque sont pris à partie par des manifestants. Ceux-ci les immobilisent, les fouillent et s’emparent de leurs « carnets ». En Egypte, les carnets sont des cartes professionnelles que chacun porte sur soi, comme une carte d’identité. Les deux individus sont des policiers.

La télévision égyptienne diffuse sans interruption les cris de panique des mères de famille.

Aalam Wassef


Je vous recommande de suivre quotidiennement l’évolution de cet important blog égyptien.

En voici l’adresse : http://crisdegypte.blogs.liberation.fr/cairote/. Vous trouverez ce lien dans la liste des blogs que je recommande sur mon blog, colonne de droite.

Claude Dupras

jeudi 27 janvier 2011

Les jeunes arabes au pouvoir

Mon ami Berbère a du flair. Sa longue expérience dans la vie politique de son pays et du Maghreb lui sert bien lorsque vient le temps d’analyser les remous anti-gouvernementaux qui déboulent dans le monde arabe. Il prédisait dans un billet en date du 16 janvier 2011, de mon blog, que « Je crois que le monde arabe vient de commencer une nouvelle page de son histoire présente et future. De plus, je suis convaincu que tous les régimes politiques arabes n'arrivent plus à dormir tranquillement après ce qui est arrivé au président tunisien ».

J’ai cru en sa prédiction et la tournure des évènements est la démonstration de la justesse de son appréciation de l’état de la vie politique des pays arabes. Il a vu les chambardements qui s’annoncent dans ces pays.

Et ce ne sont pas les islamistes fondamentalistes qui sont à la base de ces révoltes, mais les jeunes qui sont en colère parce sans emploi et sans avenir. Il y a longtemps qu’il broute du noir. Mais maintenant, ils ont enfin à leur disposition l’arme capable de renverser leur gouvernement respectif : les réseaux sociaux d’internet (Facebook, Twitter…), et ils les utilisent à fond.

Voici, à la suite, un nouveau texte de mon ami que je m’empresse de présenter à mes lecteurs.

Claude Dupras


Cher ami,

Je vais peut être te surprendre en te demandant pourquoi le monde occidental s'inquiète du renforcement des mouvements islamistes à travers le monde arabe en particulier chaque fois qu'une société arabe se révolte contre le régime politique qui l'a opprimé depuis des décennies.

Tout d'abord, je ne crois pas qu'il y a une idéologie islamiste unique et qui explique les mouvements comme les islamistes égyptiens (les frères musulmans) ou les islamistes tunisiens ou les islamistes algériens, sans parler des islamistes de tout bord de la péninsule arabique. Ces mouvements islamistes se révoltent tout d'abord contre les régimes politiques arabes qui ne font qu'imiter les valeurs culturelles occidentales sans pour autant les mettre en application. La publication des fameux papiers palestiniens par El Djazeera (voir note à la fin) nous donnent les raisons pour lesquelles l'islamisme politique ne fera que se renforcer à travers tout le monde arabe, même durant cette période de révolte tunisienne, égyptienne, yéménite ou algérienne.
Ceci étant dit, je ne crois pas que les islamistes fondamentalistes finiront par vraiment prendre le pouvoir dans un pays arabe ou un autre. Les jeunes « révolutionnaires » les en empêcheront.

Mon plus grand souhait aujourd'hui est de voir l'avenir de la Tunisie défini non pas par les partis politiques de ce pays mais plutôt par tout d'abord l'UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) et les associations de tous genres représentant cette société où les jeunes sont impliqués.

L'avenir de tout le monde arabe dépendra énormément de l'évolution de la transformation politique de la Tunisie. S’il y a une société arabe capable de vraiment construire un système politique capable de servir toute la société, c'est bien la Tunisie. Aucun autre pays arabe n'a une classe moyenne aussi importante que la Tunisie. Et cette classe moyenne n'a rien à envier aux classes moyennes européennes et surtout françaises.

Ceci étant dit, nous ne devons pas oublier qu'il y a tout de même en Tunisie, un régime basé sur l'armée et surtout les services de sécurité. La révolution tunisienne devra trouver un moyen de démanteler cet appareil politico-militaire.

Ton ami

Note de C.D. : La chaîne Al-Jazeera a révélé des centaines de «documents confidentiels» relatifs aux négociations israélo-palestiniennes, montrant selon elle que les négociateurs palestiniens étaient prêts à d’importantes concessions sur Jérusalem et le sort des réfugiés.

dimanche 23 janvier 2011

Harper : cinq ans déjà !

Stephen Harper, premier ministre du Canada, est au pouvoir avec son parti conservateur (PC) depuis cinq années. C’est pas mal pour un gouvernement minoritaire. C’est même très bien puisque c’est un nouveau record. Il faut quand même lever notre chapeau devant l’habilité de cet homme politique.

J’ai écrit plusieurs billets de mon blog traitant des politiques de Harper. Plus souvent qu’autrement j’étais en désaccord avec lui. J’en étais moi-même surpris puisque j’ai toujours été membre actif du parti progressiste conservateur du Canada (PPC). J’ai vite compris que le PC n’est pas le PPC. Plusieurs de mes lecteurs m’ont fait remarquer que je n’étais pas tendre avec notre PM. Ce n’est pas exact car je respecte l’homme mais je ne suis pas en accord avec un grand nombre de ses politiques.

Comment être avec lui sur les questions environnementales alors qu’il a boycotté l’accord de Kyoto et refusé de contrôler le développement des sables bitumineux d’Alberta ? Comment l’être sur sa politique d’abolir le registre des armes alors que ce dernier est appuyé par toutes les forces policières du Canada; sur sa décision d’éliminer les subventions annuelles aux partis politiques avec lesquelles ceux-ci financent leurs activités et les libèrent en grande partie des influences des donneurs de fonds; sur sa position unilatérale favorable à l’État hébreu dans ses conflits avec les Palestiniens et les Libanais, alors que le Canada a toujours été neutre afin d’aider au règlement de ces disputes.

Comment être avec lui lorsqu’il se campe sur son idéologie de droite et veut transformer nos institutions; lorsqu’il cherche à implanter au Canada les politiques du parti républicain des USA en rapport avec la sécurité policière à outrance, la construction de nouveaux pénitenciers, le durcissement des pénalités alors que la criminalité baisse au Canada ; lorsqu’il a lancé nos soldats dans la guerre ingagnable de l’Afghanistan, dépensé des sommes mirobolantes pour des équipements et des armes militaires alors que le Canada ne s’était même pas engagé dans la guerre d’Irak malgré les fortes pressions de GWBush; lorsqu’il a montré une insensibilité incompréhensible pour le jeune Omar Kadhr toujours prisonnier à Guantanamo; lorsqu’il autorise son parti à faire des campagnes publicitaires ouvertement démagogiques contre ses adversaires dans le but de mousser sa popularité; lorsqu’il se durcit contre le Québec parce que le PM Charest défend les intérêts des Québécois en matière de langue, de culture et défend sur les tribunes internationales une politique pro-environnementale qui est à l’opposé de la sienne; lorsqu’il insiste pour créer une commission pancanadienne des valeurs mobilières alors que ce domaine est de juridiction provinciale ? Je m’arrête là car c’est déjà beaucoup trop.

Que doit faire notre PM pour vraiment gagner le Québec et obtenir la majorité dont il rêve à la Chambre des communes ? Il doit recentrer sa politique. Oublier les idéologues réformistes de son passé et comprendre que les Canadiens sont généralement centristes. Et, s’il décide de bouger sur l’échiquier politique, il devra faire la preuve qu’il est sérieux puisque les Canadiens craignent qu’il profitera d’un pouvoir majoritaire pour implanter ses politiques trop à droite.

Il semble qu’une élection fédérale peut être déclenchée bientôt. Ce sera le temps pour le PM Harper de se ressaisir, de se réaligner, de proposer de grandes politiques et de s’identifier à des projets d’envergure. Il veut changer le sénat et le rendre électif. J’en suis. Mais ce n’est qu’une façade pour démontrer qu’il est un démocrate. Je lui suggère plutôt de transformer le Canada en une vraie république. Voilà un grand projet à la hauteur de ceux de ses prédécesseurs.

Claude Dupras

jeudi 20 janvier 2011

Bravo juge Bastarache

Marc Bellemare est avocat. Il a été ministre de la justice du gouvernement du Québec. Sept ans après avoir quitté la politique, il a lancé des accusations graves de trafic d’influence contre le premier ministre Jean Charest et le parti libéral du Québec en rapport avec les nominations de nouveaux juges. Le malheur, c’est qu’il n’avait pas de preuve. Il n’est donc pas surprenant qu’il vienne d’être débouté par le rapport de la commission Bastarache chargée par le gouvernement d’enquêter sur ses allégations.

Un autre malheur, c’est que Bellemare a du charisme, de la facilité à s’exprimer et à montrer de la conviction. Et lors de son témoignage, qui était télévisé, il a su par ses mots, son allure et sa démarche convaincre une majorité de Québécois et de Québécoises qu’il disait la vérité. Il avait l’air vrai.

Un malheur additionnel, c’est que les adversaires politiques du PM Charest et de son parti n’ont cessé d’agir comme si les avancés de l’avocat-accusateur étaient vrais. Ils n’ont cessé de dénigrer le PM au lieu de laisser la commission faire son travail. Un climat malsain s’est installé au Québec.

Au fur et à mesure de l’évolution de l’enquête, il devenait de plus en plus évident que la preuve n’existait pas. Ne voulant pas perdre le bénéfice politique qu’ils retiraient de toute cette affaire, les adversaires du PM se sont mis à dénigrer la personne du juge Bastarache prétextant qu’il était biaisé et n’était là que pour sauver le PM et son parti. Ces adversaires ont profité de la frénésie médiatique qui, de nos jours, s’empare de chaque scandale ou pseudo-scandale et rapporte n’importe quoi, n’importe quand et de n’importe quelle façon, sans tenir compte si c’est vrai ou faux.

Malheureusement, les opposants du PM ont attaqué la réputation d’un avocat de haute qualité, reconnu par ses pairs, qui a été juge de la Cour Suprême du Canada et un bon. Malgré qu’il était clair que le juge Bastarache était un homme de grande stature et ne s’abaisserait pas à s’impliquer dans de petites intrigues politiques, ils ont continué leur campagne démagogique pour le diminuer dans l’opinion publique et préparer le terrain du jour de la présentation du rapport afin que les Québécois aient l’impression que toute l’ « affaire est arrangée ». Quelle irresponsabilité! Avec ce qu’ils sèment aujourd’hui, ils ne devraient pas être surpris si un jour ce soit leur tour.

Par des billets passés de mon blog, je me suis élevé contre certaines décisions importantes du PM Charest. Comme ingénieur, j’ai compris depuis longtemps que ça ne tournait plus rond dans la construction et j’ai été un des premiers à proposer une commission d’enquête publique sur les coûts de la construction. De plus, dans l’affaire du gaz de schiste, j’ai réclamé un mandat plus étendu pour le BAPE qui tient des audiences sur le sujet. Je me suis rallié à l’idée d’un moratoire sur la question jusqu’à ce que cela soit fait et que le rapport soit produit. On ne pourra sûrement pas m’accuser de partisannerie lorsque je répète, avec conviction, que Jean Charest est un homme honnête et intègre. Le rapport Bastarache vient de le blanchir. Charest a été victime d’attaques personnelles et malhonnêtes. Qu’on attaque ses politiques, j’en suis. Mais que l’on ne cherche qu’à le salir pour gagner des points électoraux, je dis non d’autant plus que c’est toute la classe politique qui en subira éventuellement les conséquences.

La politique est importante dans notre vie et ceux qui nous dirigent doivent pouvoir gouverner sereinement. Les campagnes de dénigrement personnel contre les hommes et femmes politiques doivent cesser afin que nous puissions les juger de façon objective ainsi que les politiques qu’ils proposent.

Le juge Bastarache a produit un bon rapport. L’avocat-accusateur n’a pas réussi à faire la preuve de ses allégations. Mais ce qui est plus important, c’est que le juge a reconnu que même si les procédures du passé pour le choix des juges en aient produits généralement des bons, il est nécessaire aujourd’hui qu’elles soient adaptées à nos mœurs actuelles afin d’assurer que dorénavant nos futurs juges soient choisis en toute transparence, objectivité et sans influence. Bravo juge Bastarache pour vos recommandations et merci pour un travail bien fait.

Enfin, j’espère que nos politiciens fédéraux tiendront compte des échos qui viennent du Québec et qu’ils modifieront sérieusement la méthodologie pour le choix des juges de la cour supérieure car il y a là encore plus à faire.

C’est fini le temps d’un gouvernement bleu, juges bleus ! Gouvernement rouge, juges rouges ! Gouvernement péquiste, juges péquistes !

Claude Dupras

dimanche 16 janvier 2011

La « révolution du jasmin » annonce un nouvel avenir arabe

Face à des conditions économiques difficiles, à la corruption et à la répression policière, les jeunes Tunisiens et Tunisiennes ont réussi à chasser le dictateur de leur pays et à créer un espoir nouveau pour leur avenir.

Suite à ces évènements extraordinaires, j’ai reçu un message d’un ami maghrébin. Berbère, économiste éduqué dans les écoles françaises de son pays, en France et aux USA, ancien haut fonctionnaire, il me donne son appréciation de la révolte tunisienne, « la révolution du jasmin », et de ses implications futures sur l’ensemble des pays arabes.

Étant donné la conjoncture politique internationale en rapport avec l’islamisme, ses propos me donnent confiance que des changements majeurs s’annoncent au Maghreb et au Moyen Orient. Et pour le mieux. Je crois que ce message important devrait être lu par mes lecteurs et je m’empresse d’en faire le billet du jour de mon blog.

Claude Dupras

Cher ami,

Qui aurait pensé, quelques semaines auparavant, qu'un petit peuple arabe, allait donner une leçon au reste du monde arabe. Pour la première fois dans l'histoire moderne du monde arabe, les foules tunisiennes ont réussi l'impossible en chassant le dictateur le plus féroce de tout le monde arabe, sans tirer un seul coup de feu.

Mais réflexion faite la Tunisie était en réalité la seule nation arabe capable d'un fait historique comme celui-là.

Depuis très longtemps, je pensais que le peuple tunisien était complètement « soporisé » depuis la période de Bourguiba et avec bien entendu l'appui sans faille de la France et des USA. Mais j'avais oublié qu'après tout ce même peuple a été la seule force réelle contre même l'empire romain, avec Carthage. Durant l'âge d'or de l'empire musulman, la Tunisie avait aussi créé une des plus grandes universités du monde arabe, la mosquée de la Zitouna. Et, finalement, la Tunisie a tout de même été le premier pays de l'Afrique du nord à se révolter contre le colonialisme français en 1954.

Contrairement à la description médiatique du monde arabe islamiste, la Tunisie a une fois de plus démontré que le monde arabe n'est pas ce que les mass-médias occidentaux veulent nous faire croire mais tout de même un peuple musulman, il est vrai mais qui veut après tout rejoindre le reste de l'humanité dans sa lutte contre l'injustice, la pauvreté et surtout le pouvoir dictatorial de la police et des forces armées.

À mon avis, la Tunisie vient de donner une gifle à tous les régimes politiques arabes de l’Arabie saoudite en passant par l'Egypte, la Lybie et l'Algérie. Je crois que le monde arabe vient de commencer une nouvelle page de son histoire présente et future. De plus, je suis convaincu que tous les régimes politiques arabes n'arrivent plus à dormir tranquillement après ce qui est arrivé au président tunisien. Le prochain régime politique a subir les conséquences de ce tsunami politique tunisien sera sans aucun doute celui de l'Algérie. Ensuite nous verrons la chute du régime égyptien de Moubarak, en passant par les régimes Libyens, Syriens et finalement les régimes saoudiens.

En conclusion, je crois et je souhaite surtout que les événements politiques en Tunisie viennent de lancer en fait une nouvelle renaissance de tout le monde arabe, qui en a drôlement besoin avec l'évolution rapide du reste du monde.

Ton ami….