C’est avec le coeur brisé que je viens d'apprendre le décès de Jack Layton. Le bon Jack est parti. Il aura été un vrai politicien. Charismatique, plein d'idées, respectant l'opinion des autres, il a été un modèle et les Québécoises et Québécois ont ressenti en lui un chef comme ils les aiment et lui ont donné toute leur confiance. Je suis certain qu’il ne les aurait pas déçus.
C'est triste de penser qu'on ne le reverra jamais. Sa bonhomie, son bon sens, sa politesse, son sourire, son air compétent, sa sensibilité pour les familles… et sa cane demeureront marqués en nous pour longtemps. Il y avait un bon moment que nous n’avions pas eu à la Chambre des Communes un homme avec qui nous étions si confortables. Je pleure son départ subit.
Merci Jack. Merci. On ne t’oubliera pas
lundi 22 août 2011
Merci Jack
Libellés :
Jack Layton,
NDP,
parlement canadien,
politique canadienne,
Québécois
dimanche 21 août 2011
Le pipeline des sables bitumineux : une occasion pour Obama
Barak Obama a fait de l’environnement un des importants piliers de sa campagne électorale qui l’a mené à la Maison Blanche. À ce jour, Obama déçoit ses plus ardents supporteurs. Il n’agit pas comme espéré et semble vouloir se limiter à trouver des compromis entre Démocrates et Républicains. Il désappointe le peuple américain et particulièrement son électorat. Ses appuis sont tombés à 40% dans le plus récent sondage Gallup et la tendance est à la baisse. Le New York Times vient d’affirmer dans sa page éditoriale que Barak Obama ne gouverne pas. Cela n’augure pas bien pour sa réélection.
Du côté positif pour Obama, il y a le fait que le parti républicain soit embourbé avec le tea party et la droite évangéliste du pays. Cela se reflète sur la qualité des candidats en lice pour représenter le parti républicain à la prochaine élection présidentielle. Ils ne sont pas présidentiables sauf une exception, Mitt Romney. Et même ce dernier contredit son excellent passé de gouverneur du Massachusetts en se repositionnant, particulièrement sur le programme de santé, pour chercher à obtenir le plus d’appuis possibles des républicains qui s’opposent à l’Obamacare. La course, qui vient de débuter dans l’Iowa, met en évidence cette bande de bouffons politiques. Il me semble impensable que le peuple américain choisisse l’un d’eux pour devenir le prochain président. Mais, dans les circonstances économiques actuelles, qui sait…
Le département d’État américain doit émettre dans les prochains jours son analyse du projet de pipeline Keystone XL, qui doit traverser la frontière canado-américaine et six états américains pour transporter du nord de l’Alberta au Texas, chaque semaine, des millions de barils de pétrole brut provenant des sables bitumineux. Dès la remise de ce rapport, le président Obama aura 90 jours pour déterminer si le projet est d’intérêt national et s’il l’autorisera. Cette décision n’a pas à être ratifiée par le Congrès américain.
Les environnementalistes de tous les États américains veulent modifier les activités humaines qui génèrent les changements climatiques de notre planète. C’est pour cette raison qu’ils sont contre l’exploitation des sables bitumineux. Ils s’organisent pour convaincre Obama de refuser la construction du pipeline. Ils comptent en grande partie sur le pouvoir de la popularité des stars d’Hollywood pour accentuer le mouvement de protestation. Appuyés par le producteur James « Titanic, Avatar » Cameron, l’acteur mis en nomination pour un Oscar Mark Ruffalo, la canadienne Margot Kidder, l’acteur Danny Glover et une pléiade d’autres, ils convergent vers Washington pour un sit-in prévu jusqu’au 3 septembre. Ils disent vouloir organiser durant les deux prochaines semaines un grand mouvement de désobéissance civile. Ils se disent prêts à être arrêtés et emprisonnés pour faire valoir leur opposition au pipeline.
De leur côté, les compagnies pétrolières et le gouvernement du Canada ont engagé des milliers de lobbyistes pour convaincre la population américaine et presser ainsi Obama d’accepter leur projet. Pour eux, comme pour le premier ministre canadien Stephen Harper, les changements climatiques ne sont qu’une vaine imagination, une illusion et une utopie inventées par les socialistes. Déjà, et sans surprise, le parti républicain a signifié son approbation de la construction du pipeline. Ce sera une lutte serrée.
Ce n’est pas une décision facile à prendre pour Obama. Une chose est certaine, c’est une occasion pour lui de redynamiser ses partisans. S’il dit NON au projet, ces derniers seront enfin heureux d’avoir voté pour lui car il aura prouvé qu’il veut vraiment protéger l’environnement.
Par contre, il devra évaluer les aspects négatifs d’une telle décision : la perte de nouveaux emplois générés par la construction de cet immense projet au moment où le pays en réclame à haute voix; la continuation possible des augmentations des prix à la pompe; le maintien du joug des producteurs arabes de pétrole sur les USA alors que les Américains plaident pour se défaire de cette contrainte morale; l’augmentation des contributions financières du monde pétrolier à ses adversaires politiques qui sont passionnément pour le projet alors que l’élection présidentielle est dans 15 mois; la détérioration des relations diplomatiques canado-canadiennes puisque le Canada tient mordicus à ce pipeline pour augmenter ses revenus; etc.
Pour nous Canadiens, c’est aussi difficile de choisir. Plusieurs d’entre nous combattons depuis longtemps l’exploitation des sables bitumineux canadiens, situés en Alberta. C’est la plus grande réserve de pétrole au monde et dépasse celle de l’Arabie Saoudite. Le malheur est que pour produire trois barils de nouveau pétrole, on doit en brûler deux et tous les rejets de gaz à effet de serre (GES) vont directement dans l’atmosphère alors que les autres résidus, tel le carbone, trouvent leur chemin vers la grande rivière Athabaska et le lac du même nom. L’importante forêt boréale canadienne est gravement attaquée. Cela fait de notre pétrole un « pétrole sale ».
Les Albertains en ont bien profité. Leur gouvernement a éliminé totalement sa dette, diminué considérablement ses impôts, augmenté les services à la population et vu celle-ci augmenter considérablement. Le Québec a aussi bénéficié de l’augmentation de la richesse de l’Alberta car cela a fait croître les paiements de péréquation qu’il reçoit du Canada. Par contre, lorsque le prix du pétrole baissa en 2009, l’exploitation devint non économique. Certaines compagnies firent faillite et les Albertains furent surpris par un déficit important. Depuis, les choses se sont rétablies.
Le président Barack Obama a juré de combattre le réchauffement climatique et lors d’une rencontre avec Harper à Ottawa, il s’est entendu avec le PM canadien pour que l’exploitation future des sables bitumineux change et que les carbones soient enterrés afin de protéger l’environnement. À cette condition, il semble que les USA soient intéressés à acheter notre pétrole qui serait alors qualifié de propre.
Cela démontre que nous avons commencé prématurément l’exploitation des sables bitumineux, motivés que nous étions par les revenus extraordinaires qu’elle apporte au pays. Heureusement, depuis, suite à la pression des environnementalistes du monde, de blogueurs et des acheteurs, les exploiteurs ont considérablement amélioré leurs méthodes d’extractions. Mais il y a encore beaucoup à faire.
Tous les Canadiens peuvent obtenir des avantages financiers encore plus importants de cette exploitation. Lorsqu’on connaît les difficultés financières de nos gouvernements fédéral et provinciaux pour maintenir et améliorer le filet social qui protège notre population, nos déficits grandissants et notre dette combinée provincial/fédéral toujours croissante, nous sommes tentés d’être favorables à l’exploitation puisque nos générations futures en profiteront grandement et deviendront riches.
L’exploitation des sables bitumineux est une très grosse entreprise. Elle durera plus de cent ans. Il est temps d’agir de façon responsable. Nous nous devons de poser les actes nécessaires, comme la construction de centrales nucléaires pour chauffer l’eau au lieu d’utiliser le pétrole afin de diminuer les GES. Nous devons accélérer l’utilisation de tous les moyens techniques pour protéger la faune de notre forêt boréale, de la rivière et du grand lac Athabaska.
Quant au pipeline vers les USA, je suis favorable à sa construction si le président Obama, obtient la garantie du Canada que le pétrole qui ira vers son pays sera du « pétrole propre ».
Claude Dupras
Du côté positif pour Obama, il y a le fait que le parti républicain soit embourbé avec le tea party et la droite évangéliste du pays. Cela se reflète sur la qualité des candidats en lice pour représenter le parti républicain à la prochaine élection présidentielle. Ils ne sont pas présidentiables sauf une exception, Mitt Romney. Et même ce dernier contredit son excellent passé de gouverneur du Massachusetts en se repositionnant, particulièrement sur le programme de santé, pour chercher à obtenir le plus d’appuis possibles des républicains qui s’opposent à l’Obamacare. La course, qui vient de débuter dans l’Iowa, met en évidence cette bande de bouffons politiques. Il me semble impensable que le peuple américain choisisse l’un d’eux pour devenir le prochain président. Mais, dans les circonstances économiques actuelles, qui sait…
Le département d’État américain doit émettre dans les prochains jours son analyse du projet de pipeline Keystone XL, qui doit traverser la frontière canado-américaine et six états américains pour transporter du nord de l’Alberta au Texas, chaque semaine, des millions de barils de pétrole brut provenant des sables bitumineux. Dès la remise de ce rapport, le président Obama aura 90 jours pour déterminer si le projet est d’intérêt national et s’il l’autorisera. Cette décision n’a pas à être ratifiée par le Congrès américain.
Les environnementalistes de tous les États américains veulent modifier les activités humaines qui génèrent les changements climatiques de notre planète. C’est pour cette raison qu’ils sont contre l’exploitation des sables bitumineux. Ils s’organisent pour convaincre Obama de refuser la construction du pipeline. Ils comptent en grande partie sur le pouvoir de la popularité des stars d’Hollywood pour accentuer le mouvement de protestation. Appuyés par le producteur James « Titanic, Avatar » Cameron, l’acteur mis en nomination pour un Oscar Mark Ruffalo, la canadienne Margot Kidder, l’acteur Danny Glover et une pléiade d’autres, ils convergent vers Washington pour un sit-in prévu jusqu’au 3 septembre. Ils disent vouloir organiser durant les deux prochaines semaines un grand mouvement de désobéissance civile. Ils se disent prêts à être arrêtés et emprisonnés pour faire valoir leur opposition au pipeline.
De leur côté, les compagnies pétrolières et le gouvernement du Canada ont engagé des milliers de lobbyistes pour convaincre la population américaine et presser ainsi Obama d’accepter leur projet. Pour eux, comme pour le premier ministre canadien Stephen Harper, les changements climatiques ne sont qu’une vaine imagination, une illusion et une utopie inventées par les socialistes. Déjà, et sans surprise, le parti républicain a signifié son approbation de la construction du pipeline. Ce sera une lutte serrée.
Ce n’est pas une décision facile à prendre pour Obama. Une chose est certaine, c’est une occasion pour lui de redynamiser ses partisans. S’il dit NON au projet, ces derniers seront enfin heureux d’avoir voté pour lui car il aura prouvé qu’il veut vraiment protéger l’environnement.
Par contre, il devra évaluer les aspects négatifs d’une telle décision : la perte de nouveaux emplois générés par la construction de cet immense projet au moment où le pays en réclame à haute voix; la continuation possible des augmentations des prix à la pompe; le maintien du joug des producteurs arabes de pétrole sur les USA alors que les Américains plaident pour se défaire de cette contrainte morale; l’augmentation des contributions financières du monde pétrolier à ses adversaires politiques qui sont passionnément pour le projet alors que l’élection présidentielle est dans 15 mois; la détérioration des relations diplomatiques canado-canadiennes puisque le Canada tient mordicus à ce pipeline pour augmenter ses revenus; etc.
Pour nous Canadiens, c’est aussi difficile de choisir. Plusieurs d’entre nous combattons depuis longtemps l’exploitation des sables bitumineux canadiens, situés en Alberta. C’est la plus grande réserve de pétrole au monde et dépasse celle de l’Arabie Saoudite. Le malheur est que pour produire trois barils de nouveau pétrole, on doit en brûler deux et tous les rejets de gaz à effet de serre (GES) vont directement dans l’atmosphère alors que les autres résidus, tel le carbone, trouvent leur chemin vers la grande rivière Athabaska et le lac du même nom. L’importante forêt boréale canadienne est gravement attaquée. Cela fait de notre pétrole un « pétrole sale ».
Les Albertains en ont bien profité. Leur gouvernement a éliminé totalement sa dette, diminué considérablement ses impôts, augmenté les services à la population et vu celle-ci augmenter considérablement. Le Québec a aussi bénéficié de l’augmentation de la richesse de l’Alberta car cela a fait croître les paiements de péréquation qu’il reçoit du Canada. Par contre, lorsque le prix du pétrole baissa en 2009, l’exploitation devint non économique. Certaines compagnies firent faillite et les Albertains furent surpris par un déficit important. Depuis, les choses se sont rétablies.
Le président Barack Obama a juré de combattre le réchauffement climatique et lors d’une rencontre avec Harper à Ottawa, il s’est entendu avec le PM canadien pour que l’exploitation future des sables bitumineux change et que les carbones soient enterrés afin de protéger l’environnement. À cette condition, il semble que les USA soient intéressés à acheter notre pétrole qui serait alors qualifié de propre.
Cela démontre que nous avons commencé prématurément l’exploitation des sables bitumineux, motivés que nous étions par les revenus extraordinaires qu’elle apporte au pays. Heureusement, depuis, suite à la pression des environnementalistes du monde, de blogueurs et des acheteurs, les exploiteurs ont considérablement amélioré leurs méthodes d’extractions. Mais il y a encore beaucoup à faire.
Tous les Canadiens peuvent obtenir des avantages financiers encore plus importants de cette exploitation. Lorsqu’on connaît les difficultés financières de nos gouvernements fédéral et provinciaux pour maintenir et améliorer le filet social qui protège notre population, nos déficits grandissants et notre dette combinée provincial/fédéral toujours croissante, nous sommes tentés d’être favorables à l’exploitation puisque nos générations futures en profiteront grandement et deviendront riches.
L’exploitation des sables bitumineux est une très grosse entreprise. Elle durera plus de cent ans. Il est temps d’agir de façon responsable. Nous nous devons de poser les actes nécessaires, comme la construction de centrales nucléaires pour chauffer l’eau au lieu d’utiliser le pétrole afin de diminuer les GES. Nous devons accélérer l’utilisation de tous les moyens techniques pour protéger la faune de notre forêt boréale, de la rivière et du grand lac Athabaska.
Quant au pipeline vers les USA, je suis favorable à sa construction si le président Obama, obtient la garantie du Canada que le pétrole qui ira vers son pays sera du « pétrole propre ».
Claude Dupras
Libellés :
Alberta,
Arabie,
Barack Obama,
Bloc Québécois,
Congrès américain,
démocrates,
les républicains,
sables bitumineux,
Stephen Harper,
teapartyers,
USA
jeudi 18 août 2011
Les extrêmes en marche au Canada
C’est un drôle de pays que le mien, le Canada. À un extrême, les séparatistes québécois font preuve d’un manque de pragmatisme surprenant. À l’autre, le gouvernement conservateur fédéral se montre de plus en plus attaché à la couronne britannique.
Au Québec, le Parti Québécois (PQ) qui menait largement dans les sondages, il y a à peine quelques mois, se détruit de l’intérieur. Cinq députés, et non les moindres, l’ont quitté sur un coup de cœur prétextant que les stratégies de leur parti ne le positionnaient pas carrément en faveur de l’indépendance du Québec. Depuis l’élection fédérale de mai dernier où le Bloc Québécois (BQ) a été à toutes fins pratiques éliminé de la carte politique canadienne et québécoise, la panique s’est emparée des péquistes. Les démissions ont été suivies de multiples déclarations fracassantes dénonçant la chef péquiste Pauline Marois et réclamant sa démission immédiate, et cela à peine quelques mois après que le congrès national du PQ lui ait accordé sa confiance à 93%. Les idéalistes séparatistes lui reprochent sa politique de « gouvernance souverainiste » par laquelle elle s’engage à former un bon gouvernement tout en préparant le terrain pour un référendum sur la séparation de l’ensemble canadien sans toutefois s’engager à le tenir dans un premier mandat électoral. Ces mordus de l’indépendance le veulent tout de suite. Les conséquences de cette querelle de famille sont clairement exposées dans les récents sondages où le PQ devient presque un tiers parti dans l’opinion québécoise et risque de subir le même sort que le BQ. C’est un revirement à 180°.
Du côté du premier ministre canadien Stephen Harper, le revirement est aussi à 180°. Élus avec une majorité parlementaire, lors de l’élection fédérale, le PM et son parti conservateur se pensent tout permis. Ils ne cessent d’affirmer que le peuple canadien leur a donné le mandat d’agir comme ils le font. Et même s’ils n’ont jamais parlé des liens avec la couronne britannique durant l’élection, le PM et ses ministres ont décidé de rétablir tous les symboles de la royauté qui ont été mis au rancart par les gouvernements canadiens passés. Ainsi, les deux tableaux représentant le Canada, de l’important peintre québécois Alfred Pellan, qui étaient suspendus dans le Hall d’entrée du ministère des Affaires extérieures depuis des dizaines d’années ont été enlevés et remplacés par un immense portrait de sa majesté Elizabeth II. L’explication pour eux est simple, la reine est le chef d’état et son portrait doit être affiché à cet endroit. Il semble qu’Harper a été très impressionné d’avoir été invité à coucher à Buckingham Palace…
De plus, Harper a décidé de revenir sur la décision, d’il y a 60 ans, de l’ex-PM Lester Pearson, Nobel de la paix, d’enlever le mot « royal » du nom de chacune des trois forces militaires canadiennes. Ainsi l’armée royale canadienne, la marine royale canadienne et la « Royal Air Force » sont devenues l’armée canadienne, la marine canadienne et la « Canadian Air force ». Aujourd’hui, Harper rajoute le mot « royal » à nouveau pour montrer son attachement à la reine de l’Angleterre. Alors que la population canadienne devient de plus en plus multiculturelle, alors que notre pays a retrouvé sa constitution et qu’il serait normal de chercher à s’éloigner définitivement de la couronne Britannique et de devenir, non seulement par la loi mais aussi par les symboles, un pays vraiment indépendant, Harper recrée les images de notre dépendance passée envers les anglais et Londres. Je n’y comprends rien.
Pour revenir au Québec, la seule vraie chance qu’ont les séparatistes d’atteindre leur but passe par un gouvernement PQ. Le passé l’a clairement établi puisque les deux référendums ont été votés par un gouvernement péquiste qui avait passé un mandat électoral au pouvoir. Le peuple québécois ne veut pas être brusqué et les séparatistes devraient s’en souvenir. Pauline Marois n’est peut être pas la plus sympathique des leaders politiques, mais elle a été élue et plébiscitée à son poste.
Après les trois mandats électoraux successifs de Jean Charest, il est normal que les Québécoises et les Québécois pensent à changer de gouvernement. Mais suite à la façon spectaculaire avec laquelle les séparatistes se tirent dans le pied, ils indiquent dans les sondages que Jean Charest et le parti libéral reprennent du poil de la bête. S’ils veulent vraiment créer le pays Québec, les séparatistes doivent cesser de se chamailler et redevenir sérieux. Comme membres responsables d’un parti politique, le bon sens indique leur obligation d’appuyer leur parti et leur chef. Si la division règne, ils sont assurés de l’opposition et risquent même de perdre l’opposition officielle.
Quant au monarchiste Harper, il continue d’aller à rebrousse-poil par rapport aux tendances dans le monde et à la façon de penser et de voir des Québécois. Alors que la première ministre d’Australie propose publiquement l’abolition de la monarchie, Harper en fait la promotion au Canada. Partout au monde, lorsqu’on voyage, les gens de tous les pays ne peuvent pas comprendre que la photo de la reine Élizabeth soit sur les billets d’argent canadien. Et s’il continue, Harper enlèvera-t-il les portraits d’ex-PM du pays qui figurent sur certains autres billets ? Ce sera de beaux billets lorsque Charles deviendra roi !
Ce faisant, le PM Harper ne retrouvera certes pas l’appui des Québécois. Nous avons besoin au Canada d’un vrai gouvernement pour tous ses citoyens et citoyennes quelques soient leurs origines. Certes Harper a une majorité, mais il ne représente qu’une nation du pays et qu’une frange de l’opinion publique. Diriger le Canada sans tenir compte du statut et de l’opinion de la nation canadienne-française n’est pas dans l’intérêt de l’unité canadienne puisque plusieurs Québécois et francophones des autres provinces se révoltent tous les jours contre cette façon de faire. Harper ne rend pas service à notre pays en poussant vers la souveraineté ceux qui hésitent entre le Canada et le Québec.
Claude Dupras
Au Québec, le Parti Québécois (PQ) qui menait largement dans les sondages, il y a à peine quelques mois, se détruit de l’intérieur. Cinq députés, et non les moindres, l’ont quitté sur un coup de cœur prétextant que les stratégies de leur parti ne le positionnaient pas carrément en faveur de l’indépendance du Québec. Depuis l’élection fédérale de mai dernier où le Bloc Québécois (BQ) a été à toutes fins pratiques éliminé de la carte politique canadienne et québécoise, la panique s’est emparée des péquistes. Les démissions ont été suivies de multiples déclarations fracassantes dénonçant la chef péquiste Pauline Marois et réclamant sa démission immédiate, et cela à peine quelques mois après que le congrès national du PQ lui ait accordé sa confiance à 93%. Les idéalistes séparatistes lui reprochent sa politique de « gouvernance souverainiste » par laquelle elle s’engage à former un bon gouvernement tout en préparant le terrain pour un référendum sur la séparation de l’ensemble canadien sans toutefois s’engager à le tenir dans un premier mandat électoral. Ces mordus de l’indépendance le veulent tout de suite. Les conséquences de cette querelle de famille sont clairement exposées dans les récents sondages où le PQ devient presque un tiers parti dans l’opinion québécoise et risque de subir le même sort que le BQ. C’est un revirement à 180°.
Du côté du premier ministre canadien Stephen Harper, le revirement est aussi à 180°. Élus avec une majorité parlementaire, lors de l’élection fédérale, le PM et son parti conservateur se pensent tout permis. Ils ne cessent d’affirmer que le peuple canadien leur a donné le mandat d’agir comme ils le font. Et même s’ils n’ont jamais parlé des liens avec la couronne britannique durant l’élection, le PM et ses ministres ont décidé de rétablir tous les symboles de la royauté qui ont été mis au rancart par les gouvernements canadiens passés. Ainsi, les deux tableaux représentant le Canada, de l’important peintre québécois Alfred Pellan, qui étaient suspendus dans le Hall d’entrée du ministère des Affaires extérieures depuis des dizaines d’années ont été enlevés et remplacés par un immense portrait de sa majesté Elizabeth II. L’explication pour eux est simple, la reine est le chef d’état et son portrait doit être affiché à cet endroit. Il semble qu’Harper a été très impressionné d’avoir été invité à coucher à Buckingham Palace…
De plus, Harper a décidé de revenir sur la décision, d’il y a 60 ans, de l’ex-PM Lester Pearson, Nobel de la paix, d’enlever le mot « royal » du nom de chacune des trois forces militaires canadiennes. Ainsi l’armée royale canadienne, la marine royale canadienne et la « Royal Air Force » sont devenues l’armée canadienne, la marine canadienne et la « Canadian Air force ». Aujourd’hui, Harper rajoute le mot « royal » à nouveau pour montrer son attachement à la reine de l’Angleterre. Alors que la population canadienne devient de plus en plus multiculturelle, alors que notre pays a retrouvé sa constitution et qu’il serait normal de chercher à s’éloigner définitivement de la couronne Britannique et de devenir, non seulement par la loi mais aussi par les symboles, un pays vraiment indépendant, Harper recrée les images de notre dépendance passée envers les anglais et Londres. Je n’y comprends rien.
Pour revenir au Québec, la seule vraie chance qu’ont les séparatistes d’atteindre leur but passe par un gouvernement PQ. Le passé l’a clairement établi puisque les deux référendums ont été votés par un gouvernement péquiste qui avait passé un mandat électoral au pouvoir. Le peuple québécois ne veut pas être brusqué et les séparatistes devraient s’en souvenir. Pauline Marois n’est peut être pas la plus sympathique des leaders politiques, mais elle a été élue et plébiscitée à son poste.
Après les trois mandats électoraux successifs de Jean Charest, il est normal que les Québécoises et les Québécois pensent à changer de gouvernement. Mais suite à la façon spectaculaire avec laquelle les séparatistes se tirent dans le pied, ils indiquent dans les sondages que Jean Charest et le parti libéral reprennent du poil de la bête. S’ils veulent vraiment créer le pays Québec, les séparatistes doivent cesser de se chamailler et redevenir sérieux. Comme membres responsables d’un parti politique, le bon sens indique leur obligation d’appuyer leur parti et leur chef. Si la division règne, ils sont assurés de l’opposition et risquent même de perdre l’opposition officielle.
Quant au monarchiste Harper, il continue d’aller à rebrousse-poil par rapport aux tendances dans le monde et à la façon de penser et de voir des Québécois. Alors que la première ministre d’Australie propose publiquement l’abolition de la monarchie, Harper en fait la promotion au Canada. Partout au monde, lorsqu’on voyage, les gens de tous les pays ne peuvent pas comprendre que la photo de la reine Élizabeth soit sur les billets d’argent canadien. Et s’il continue, Harper enlèvera-t-il les portraits d’ex-PM du pays qui figurent sur certains autres billets ? Ce sera de beaux billets lorsque Charles deviendra roi !
Ce faisant, le PM Harper ne retrouvera certes pas l’appui des Québécois. Nous avons besoin au Canada d’un vrai gouvernement pour tous ses citoyens et citoyennes quelques soient leurs origines. Certes Harper a une majorité, mais il ne représente qu’une nation du pays et qu’une frange de l’opinion publique. Diriger le Canada sans tenir compte du statut et de l’opinion de la nation canadienne-française n’est pas dans l’intérêt de l’unité canadienne puisque plusieurs Québécois et francophones des autres provinces se révoltent tous les jours contre cette façon de faire. Harper ne rend pas service à notre pays en poussant vers la souveraineté ceux qui hésitent entre le Canada et le Québec.
Claude Dupras
Libellés :
Bloc Québécois,
Canada,
Elizabeth II,
Jean Charest,
parti conservateur du Canada,
parti libéral du Québec,
parti québécois,
Pauline Marois,
Pearson,
Québec,
Stephen Harper
vendredi 12 août 2011
Le « gang » d’Hanoi toujours aussi dur
Le 17 juillet 2010, le billet de mon blog s’intitulait : « Au Vietnam : les démocrates sont des terroristes ». Hier, le gouvernement communiste vietnamien vient de confirmer à nouveau cette politique de terreur qu’il applique pour se protéger d’une révolte possible de la population contre lui.
Le polytechnicien Pham Minh Hoang arrêté le 13 août 2010 a été condamné, après un an de détention, à trois ans de prison suivis de trois années en résidence surveillée pour avoir, selon les autorités, « commis le crime d’activités visant à renverser l’administration populaire ». Le tribunal du parti communiste le déclare « terroriste » et lui reproche l’écriture de 33 billets de son blog parce qu’ils « noircissaient l’image du pays ». En fait, ils montrent un Pham Minh Hoang préoccupé par les problèmes de sa nation, ému face aux peines et difficultés de la société vietnamienne et qui propose des solutions pour les résoudre. Ainsi, ils mettent en relief les causes qu’il défendait et stimulaient ses lecteurs et ses élèves, les chefs de demain, à mieux comprendre les enjeux et à faire quelques chose pour leur pays.
Pham Minh Hoang a vécu 27 ans en France où il vivait bien et en paix, où il a été bien éduqué et a appris à enseigner efficacement. En 2000, il décida de rentrer définitivement à Saigon (aujourd’hui Ho Chi Minh-ville) car il nourrissait depuis toujours l’espoir d’enseigner à ses jeunes compatriotes pour les aider à se forger un avenir solide. Il devint professeur à l’école Polytechnique.
En plus de ses cours, il s’intéresse, par ses activités personnelles, aux problèmes de son pays particulièrement ceux qui touchent l’injustice sociale, la corruption et l’environnement.
Pham Minh Hoang est choqué de la décision du gouvernement du Vietnam d’autoriser la Chine à exploiter la bauxite des hauts plateaux de son pays. Il ne peut croire et ne comprend pas le pourquoi de cette décision qu’il qualifie d’erreur environnementale monumentale et nocive pour les vietnamiens. Il n’est pas le seul puisque trois autres professeurs lancent une pétition pour demander au gouvernement de reconsidérer la décision. Il la signe et demande à ses amis et étudiants d’en faire autant. Il s’intéresse aussi aux exactions des gardes-côtes chinois, dans les îles Paracel et Spratleys, contre les pêcheurs vietnamiens. Pham Minh Hoang, reconnu par ses pairs comme un homme sincère, intègre et aimant son pays, est préoccupé par la souveraineté de sa nation qui devient le fondement de ses oppositions à l’ingérence chinoise dans son pays. Il décrie, pour ces cas, la trop grande et surprenante bienveillance des dirigeants vietnamiens envers les Chinois.
Il ne parle jamais de renverser le gouvernement mais plutôt de faire pression sur lui afin que certaines décisions, qu’il croît néfastes pour son pays, soient amendées et corrigées. En somme, il a fait exactement ce que je fais avec mon blog. J’attire l’attention sur des décisions politiques qui à mon point de vue serviront mal l’intérêt des Canadiens et des Québécois. Heureusement, je vis en démocratie canadienne, car si mon pays avait un gouvernement genre vietnamien, je serais aussi en prison.
Une activité particulière de Pham Minh Hoang tracasse particulièrement les autorités vietnamiennes. Il organise des séances de formation gratuites sur les « sciences du comportement ». Le but est de permettre aux participants d’améliorer la confiance en soi, développer leur sens d’organisation, ressortir les aspects positifs d’une situation donnée, etc… mais il semble que les communistes vietnamiens y voient une machination contre eux. Pourtant cela existe au Canada.
Dans une lettre que je recevais de son épouse, elle s’inquiétait du sort qui serait réservé à son mari en prison suite à son arrestation, des conséquences sur sa fille de 6 ans et des rêves qu’il entretenait pour les jeunes de son pays.
De toute évidence le gouvernement du Canada n’a rien fait pour aider l’ingénieur Pham Minh Hoang depuis son arrestation, pas plus qu’il ne l’a fait pour tant d’autres qui sont sous-arrêt ou emprisonnés pour des motifs semblables. Égoïstement, mon pays semble plus préoccupé par l’obtention d’avantages économiques du Viet Nam que de réclamer justice pour les victimes du parti communiste vietnamien. Ce dernier est dirigé par un gang (ils sont à peine 3 000 membres du parti dans le pays) qui se maintient au pouvoir par la force. Ils se protègent mutuellement et utilisent tous les moyens pour garder leurs positions privilégiées supposément au nom de l’intérêt général. Leur modèle, c’est la Chine.
On ne peut rester indifférent face aux injustices que subissent les Vietnamiens sous prétexte que le pays s’est transformé radicalement durant les derniers vingt ans. Il est vrai que le pays a progressé à grand pas et continue dans la même direction. La pauvreté à été divisée par dix. Les entreprises privées se sont multipliées. Le tourisme connait une expansion formidable et avec raison car le pays est pittoresque et très intéressant à visiter. On peut donner crédit au parti communiste vietnamien d’avoir adopté la politique de marché pour développer leur pays mais on ne peut accepter qu’il continue à appliquer le régime dur traditionnel des pays totalitaires et brime le droit d’expression, la liberté individuelle et les autres droits humains.
Les Vietnamiens et les Vietnamiennes sont des individus intelligents, travaillants, intègres, imaginatifs et agréables. On les connait bien à Montréal, où ils sont devenus un apport important au développement de notre ville. Le malheur, c’est qu’ils ne sont pas libres. Le cas de Pham Minh Hoang, un innocent en prison comme tant d’autres, le démontre bien.
Tout comme la France, le Canada doit faire pression pour que les droits de la personne soient respectés au Vietnam et, particulièrement, pour la revue de la peine imposée à Pham Minh Hoang. Qu’il soit libéré, ou encore, qu’il soit transféré avec sa famille au Canada ! Nous avons un grand besoin de tels individus, de tels ingénieurs.
Claude Dupras
ps. En plus du billet mentionné précédemment, j’en ai écrit trois autres sur ce sujet : « Le Vietnam, un État policier: Nouvelle arrestation de Lê Thi Công Nhân », « Le capitalisme a sauvé le communisme vietnamien » et « Facebook sauvera-t-il le Vietnam ? ». On peut les retrouver dans les archives de mon blog. J’ai aussi créé une rubrique sur mon site internet intitulée « Au Secours ! » pour appuyer le mouvement pro-démocratique Viet Tan.
Le polytechnicien Pham Minh Hoang arrêté le 13 août 2010 a été condamné, après un an de détention, à trois ans de prison suivis de trois années en résidence surveillée pour avoir, selon les autorités, « commis le crime d’activités visant à renverser l’administration populaire ». Le tribunal du parti communiste le déclare « terroriste » et lui reproche l’écriture de 33 billets de son blog parce qu’ils « noircissaient l’image du pays ». En fait, ils montrent un Pham Minh Hoang préoccupé par les problèmes de sa nation, ému face aux peines et difficultés de la société vietnamienne et qui propose des solutions pour les résoudre. Ainsi, ils mettent en relief les causes qu’il défendait et stimulaient ses lecteurs et ses élèves, les chefs de demain, à mieux comprendre les enjeux et à faire quelques chose pour leur pays.
Pham Minh Hoang a vécu 27 ans en France où il vivait bien et en paix, où il a été bien éduqué et a appris à enseigner efficacement. En 2000, il décida de rentrer définitivement à Saigon (aujourd’hui Ho Chi Minh-ville) car il nourrissait depuis toujours l’espoir d’enseigner à ses jeunes compatriotes pour les aider à se forger un avenir solide. Il devint professeur à l’école Polytechnique.
En plus de ses cours, il s’intéresse, par ses activités personnelles, aux problèmes de son pays particulièrement ceux qui touchent l’injustice sociale, la corruption et l’environnement.
Pham Minh Hoang est choqué de la décision du gouvernement du Vietnam d’autoriser la Chine à exploiter la bauxite des hauts plateaux de son pays. Il ne peut croire et ne comprend pas le pourquoi de cette décision qu’il qualifie d’erreur environnementale monumentale et nocive pour les vietnamiens. Il n’est pas le seul puisque trois autres professeurs lancent une pétition pour demander au gouvernement de reconsidérer la décision. Il la signe et demande à ses amis et étudiants d’en faire autant. Il s’intéresse aussi aux exactions des gardes-côtes chinois, dans les îles Paracel et Spratleys, contre les pêcheurs vietnamiens. Pham Minh Hoang, reconnu par ses pairs comme un homme sincère, intègre et aimant son pays, est préoccupé par la souveraineté de sa nation qui devient le fondement de ses oppositions à l’ingérence chinoise dans son pays. Il décrie, pour ces cas, la trop grande et surprenante bienveillance des dirigeants vietnamiens envers les Chinois.
Il ne parle jamais de renverser le gouvernement mais plutôt de faire pression sur lui afin que certaines décisions, qu’il croît néfastes pour son pays, soient amendées et corrigées. En somme, il a fait exactement ce que je fais avec mon blog. J’attire l’attention sur des décisions politiques qui à mon point de vue serviront mal l’intérêt des Canadiens et des Québécois. Heureusement, je vis en démocratie canadienne, car si mon pays avait un gouvernement genre vietnamien, je serais aussi en prison.
Une activité particulière de Pham Minh Hoang tracasse particulièrement les autorités vietnamiennes. Il organise des séances de formation gratuites sur les « sciences du comportement ». Le but est de permettre aux participants d’améliorer la confiance en soi, développer leur sens d’organisation, ressortir les aspects positifs d’une situation donnée, etc… mais il semble que les communistes vietnamiens y voient une machination contre eux. Pourtant cela existe au Canada.
Dans une lettre que je recevais de son épouse, elle s’inquiétait du sort qui serait réservé à son mari en prison suite à son arrestation, des conséquences sur sa fille de 6 ans et des rêves qu’il entretenait pour les jeunes de son pays.
De toute évidence le gouvernement du Canada n’a rien fait pour aider l’ingénieur Pham Minh Hoang depuis son arrestation, pas plus qu’il ne l’a fait pour tant d’autres qui sont sous-arrêt ou emprisonnés pour des motifs semblables. Égoïstement, mon pays semble plus préoccupé par l’obtention d’avantages économiques du Viet Nam que de réclamer justice pour les victimes du parti communiste vietnamien. Ce dernier est dirigé par un gang (ils sont à peine 3 000 membres du parti dans le pays) qui se maintient au pouvoir par la force. Ils se protègent mutuellement et utilisent tous les moyens pour garder leurs positions privilégiées supposément au nom de l’intérêt général. Leur modèle, c’est la Chine.
On ne peut rester indifférent face aux injustices que subissent les Vietnamiens sous prétexte que le pays s’est transformé radicalement durant les derniers vingt ans. Il est vrai que le pays a progressé à grand pas et continue dans la même direction. La pauvreté à été divisée par dix. Les entreprises privées se sont multipliées. Le tourisme connait une expansion formidable et avec raison car le pays est pittoresque et très intéressant à visiter. On peut donner crédit au parti communiste vietnamien d’avoir adopté la politique de marché pour développer leur pays mais on ne peut accepter qu’il continue à appliquer le régime dur traditionnel des pays totalitaires et brime le droit d’expression, la liberté individuelle et les autres droits humains.
Les Vietnamiens et les Vietnamiennes sont des individus intelligents, travaillants, intègres, imaginatifs et agréables. On les connait bien à Montréal, où ils sont devenus un apport important au développement de notre ville. Le malheur, c’est qu’ils ne sont pas libres. Le cas de Pham Minh Hoang, un innocent en prison comme tant d’autres, le démontre bien.
Tout comme la France, le Canada doit faire pression pour que les droits de la personne soient respectés au Vietnam et, particulièrement, pour la revue de la peine imposée à Pham Minh Hoang. Qu’il soit libéré, ou encore, qu’il soit transféré avec sa famille au Canada ! Nous avons un grand besoin de tels individus, de tels ingénieurs.
Claude Dupras
ps. En plus du billet mentionné précédemment, j’en ai écrit trois autres sur ce sujet : « Le Vietnam, un État policier: Nouvelle arrestation de Lê Thi Công Nhân », « Le capitalisme a sauvé le communisme vietnamien » et « Facebook sauvera-t-il le Vietnam ? ». On peut les retrouver dans les archives de mon blog. J’ai aussi créé une rubrique sur mon site internet intitulée « Au Secours ! » pour appuyer le mouvement pro-démocratique Viet Tan.
Libellés :
Canada,
Chine,
France,
Hanoi,
Ho Chi Minh-ville,
Le Thi Cong Nhan,
Montréal,
Viet Tan,
Vietnam
mercredi 3 août 2011
L’injuste attaque contre Nycole Turmel et le NDP : de la politicaillerie
L’écrivain français Max Gallo, qui écrit l’histoire de la France et qui a publié les biographies de Jules César, Napoléon et Charles de Gaulle, a été, dans sa jeunesse, membre du parti communiste. Ne dit-on pas que « celui qui n’est pas anarchiste à 20 ans est un imbécile, et que celui qui l’est encore à 50 ans l’est tout autant ». Gallo, qui aujourd’hui a 79 ans est membre de l’académie française. Il a été avec les années : gaulliste, socialiste avec Mitterrand et aujourd’hui sarkozyste.
Nycole Turmel, récemment nommée chef par intérim du Nouveau Parti Démocratique (NDP) suite au départ temporaire du chef Jack Layton pour des raisons de traitement de cancer, traverse actuellement une tempête médiatique qui la critique vivement de ses appartenances politiques passées. On lui reproche d’avoir été membre du Bloc Québécois, parti séparatiste œuvrant à Ottawa, et de Québec solidaire, parti socialiste québécois qui prône en plus la séparation du Québec de l’ensemble canadien.
La nomination de Turmel, québécoise francophone de la région de la Capitale nationale a été mal acceptée par la presse canadienne anglaise. Élue avec surprise à la récente élection, même si on lui accordait de minimes chances, la nouvelle venue sur la scène fédérale rappelle avoir travaillé pour le NDP durant les 20 dernières années. Durant ce temps, elle a aussi détenu une carte de membre du Bloc Québécois et a contribué à sa caisse électorale pour plaire à son amie Carole Lavallée, députée bloquiste entre 2004 et 2011. Elle explique en plus sa décision par sa satisfaction du programme social-démocrate du Bloc. Son geste, dit-elle, n’avait rien à voir avec le but premier du Bloc, l’indépendance du Québec. À plus de deux occasions, elle a refusé d’être candidate du Bloc lors d’une élection fédérale puisqu’elle était fédéraliste. Elle affirme avoir voté « NON » aux deux référendums québécois. Mais dès que le NDP lui a demandé de devenir candidate, elle a accepté et du même coup signifié sa démission comme membre du Bloc.
La presse anglaise se déferle contre elle et blâme le chef Layton d’avoir fait une erreur de jugement en la choisissant pour le remplacer. C’est comme si le Canada entier était en danger parce qu’une fédéraliste francophone québécoise etait devenue chef intérimaire de l’opposition officielle à la Chambre des communes. Au lieu de discuter de sa capacité à bien remplir le poste, les journalistes du conservateur National Post, du libéral Toronto Star et d’ailleurs au pays cherchent par tous les moyens à abaisser Nycole Turmel, croyant ainsi pouvoir nuire à la réputation de Layton. "Elle a quitté", disent-ils, "le bateau Bloc alors qu’il calait, ce n’est qu’une opportuniste» affirment les adversaires.
De son côté le Bloc Québécois, toujours traumatisé par sa défaite aux mains du NDP, ajoute son grain de sel pour chercher à ridiculiser Turmel. « On ne peut être fédéraliste et souverainiste en même temps » dit son représentant. Pourtant le soir des élections, il attribuait sa défaite au besoin de changement et affirmait « malgré tout, les Québécois demeurent toujours souverainistes ». Pourtant, ces Québécois venaient de voter en masse à 75% pour un des partis fermement fédéralistes. De plus, il y a à peine quelques jours, le pourcentage de 45% de suffrages obtenus lors de l’élection au Québec par le NDP en était rendu à 63 %, d’après les plus récents sondages. Si on ne peut être fédéraliste et souverainiste en même temps, cela veut dire que les Québécois sont aujourd’hui massivement fédéralistes.
Tous ces commentaires méchants et nauséabonds contre le NDP et Nycole Turmel ne sont que de la petite politique partisane. De toute façon, ce n’est pas Nycole Turmel qui changera quoi que ce soit au support du NDP. Elle n’est là que de façon temporaire et Jack Layton a jugé que son passé etait garant de l’avenir. Pour moi c’est une garantie suffisante. Si cette personne cultivée et sérieuse, qui a eu de grandes responsabilités dans sa vie, agit bien durant l’intérim qu’elle occupe, et je crois qu’elle le fera, elle aura fait son devoir, et c’est ce qui compte.
Il n’y a pas de honte, comme le démontre la vie de Max Gallo, et de combien d’autres, d’aller vers où nos convictions nous mènent. Doit-on demeurer rouge ou bleu parce que notre père était rouge ou bleu ? Changer de parti n’est pas agir en vire-capot. C’est un geste intelligent qui tient compte du temps et de l’évolution de notre société. Je suis fier de Nycole Turmel et je lui souhaite bonne chance. À tous ceux qui scribouillent ou « politicouillent », je suggère d’attendre et de la juger sur ses actions.
J’espère que tout ira bien pour Jack Layton, malgré que je sois très inquiet. Il est un homme politique comme je les aime. Positif, compétent, racé, ne diminuant jamais son adversaire, il a su « bien faire et laisser braire ». En quatre scrutins fédéraux, il a gagné des sièges à chaque élection et a amené le NDP très près du pouvoir grâce à son approche, ses idées, ses convictions personnelles et son argumentation politique. En bonne santé, je crois qu’il pourrait l’atteindre dès la prochaine élection et devenir le premier ministre du Canada. Mais…
Claude Dupras
Nycole Turmel, récemment nommée chef par intérim du Nouveau Parti Démocratique (NDP) suite au départ temporaire du chef Jack Layton pour des raisons de traitement de cancer, traverse actuellement une tempête médiatique qui la critique vivement de ses appartenances politiques passées. On lui reproche d’avoir été membre du Bloc Québécois, parti séparatiste œuvrant à Ottawa, et de Québec solidaire, parti socialiste québécois qui prône en plus la séparation du Québec de l’ensemble canadien.
La nomination de Turmel, québécoise francophone de la région de la Capitale nationale a été mal acceptée par la presse canadienne anglaise. Élue avec surprise à la récente élection, même si on lui accordait de minimes chances, la nouvelle venue sur la scène fédérale rappelle avoir travaillé pour le NDP durant les 20 dernières années. Durant ce temps, elle a aussi détenu une carte de membre du Bloc Québécois et a contribué à sa caisse électorale pour plaire à son amie Carole Lavallée, députée bloquiste entre 2004 et 2011. Elle explique en plus sa décision par sa satisfaction du programme social-démocrate du Bloc. Son geste, dit-elle, n’avait rien à voir avec le but premier du Bloc, l’indépendance du Québec. À plus de deux occasions, elle a refusé d’être candidate du Bloc lors d’une élection fédérale puisqu’elle était fédéraliste. Elle affirme avoir voté « NON » aux deux référendums québécois. Mais dès que le NDP lui a demandé de devenir candidate, elle a accepté et du même coup signifié sa démission comme membre du Bloc.
La presse anglaise se déferle contre elle et blâme le chef Layton d’avoir fait une erreur de jugement en la choisissant pour le remplacer. C’est comme si le Canada entier était en danger parce qu’une fédéraliste francophone québécoise etait devenue chef intérimaire de l’opposition officielle à la Chambre des communes. Au lieu de discuter de sa capacité à bien remplir le poste, les journalistes du conservateur National Post, du libéral Toronto Star et d’ailleurs au pays cherchent par tous les moyens à abaisser Nycole Turmel, croyant ainsi pouvoir nuire à la réputation de Layton. "Elle a quitté", disent-ils, "le bateau Bloc alors qu’il calait, ce n’est qu’une opportuniste» affirment les adversaires.
De son côté le Bloc Québécois, toujours traumatisé par sa défaite aux mains du NDP, ajoute son grain de sel pour chercher à ridiculiser Turmel. « On ne peut être fédéraliste et souverainiste en même temps » dit son représentant. Pourtant le soir des élections, il attribuait sa défaite au besoin de changement et affirmait « malgré tout, les Québécois demeurent toujours souverainistes ». Pourtant, ces Québécois venaient de voter en masse à 75% pour un des partis fermement fédéralistes. De plus, il y a à peine quelques jours, le pourcentage de 45% de suffrages obtenus lors de l’élection au Québec par le NDP en était rendu à 63 %, d’après les plus récents sondages. Si on ne peut être fédéraliste et souverainiste en même temps, cela veut dire que les Québécois sont aujourd’hui massivement fédéralistes.
Tous ces commentaires méchants et nauséabonds contre le NDP et Nycole Turmel ne sont que de la petite politique partisane. De toute façon, ce n’est pas Nycole Turmel qui changera quoi que ce soit au support du NDP. Elle n’est là que de façon temporaire et Jack Layton a jugé que son passé etait garant de l’avenir. Pour moi c’est une garantie suffisante. Si cette personne cultivée et sérieuse, qui a eu de grandes responsabilités dans sa vie, agit bien durant l’intérim qu’elle occupe, et je crois qu’elle le fera, elle aura fait son devoir, et c’est ce qui compte.
Il n’y a pas de honte, comme le démontre la vie de Max Gallo, et de combien d’autres, d’aller vers où nos convictions nous mènent. Doit-on demeurer rouge ou bleu parce que notre père était rouge ou bleu ? Changer de parti n’est pas agir en vire-capot. C’est un geste intelligent qui tient compte du temps et de l’évolution de notre société. Je suis fier de Nycole Turmel et je lui souhaite bonne chance. À tous ceux qui scribouillent ou « politicouillent », je suggère d’attendre et de la juger sur ses actions.
J’espère que tout ira bien pour Jack Layton, malgré que je sois très inquiet. Il est un homme politique comme je les aime. Positif, compétent, racé, ne diminuant jamais son adversaire, il a su « bien faire et laisser braire ». En quatre scrutins fédéraux, il a gagné des sièges à chaque élection et a amené le NDP très près du pouvoir grâce à son approche, ses idées, ses convictions personnelles et son argumentation politique. En bonne santé, je crois qu’il pourrait l’atteindre dès la prochaine élection et devenir le premier ministre du Canada. Mais…
Claude Dupras
Libellés :
Bloc,
Canada,
Jack Layton,
Max Gallo,
National Post,
NDP,
Nycole Turmel,
Québec,
Toronto Star
Inscription à :
Articles (Atom)