dimanche 5 décembre 2010

Des « red tories » à la droite sociale

Il y a beaucoup de mouvement actuellement au Québec pour reclasser les opinions politiques dans des cases rigides, comme le font les Français. On parle de plus en plus de la gauche, de la droite, du centre, du centre-gauche, du centre-droite, d’extrême... Ce sont des mots avec lesquels une majorité de Québécois et Québécoises actuels ne sont pas très familiers.

Depuis la révolution tranquille qui a suivi l’ère du vieux conservatisme canadien-français, la droite du temps, on peut affirmer que celle-ci n’est plus vraiment structurée au Québec.

Cependant, il y a toujours eu des gens de chez nous, et il y en a de plus en plus, qui s’identifient aux valeurs des conservateurs américains (je ne parle pas des teapartyers), défendent leurs politiques de droite et aimeraient qu’elles soient appliquées sur notre territoire. Mais ils veulent plus que la droite.

Même si nous ressentons tous, jusqu’à un certain point, le besoin de revaloriser le passé, de retrouver nos traditions que la révolution tranquille a enlevées à notre société, cela ne devrait pas se faire avec des solutions autoritaires imposées par un nouveau gouvernement de droite. Après la « révolution tranquille » étatique des années ’60, nous n’avons pas besoin d’une nouvelle révolution qui ne serait pas tranquille. Ce qu’il faut, c’est trouver des solutions pratiques aux problèmes contemporains.

L’ex-Parti Progressiste Conservateur du Canada (PPC) et ses chefs depuis l’ex-PM John Diefenbaker en passant par Robert Stanfield, l’ex-PM Joe Clark et l’ex-PM Brian Mulroney ont toujours défendu les préoccupations conservatrices traditionnelles mais avec des idées sociales pour les questions économiques. Les « red tories », les conservateurs sociaux comme on les nommait en français, épousaient cette politique et ils étaient alors majoritaires dans le parti. J’étais l’un d’eux.

Lorsque le PPC, affaibli politiquement, s’est joint au Parti de l’Alliance Canadienne, un parti de conservateurs de la droite dure, plusieurs membres du PPC n’ont pas suivi. On se rappellera Joe Clark, l’ex-ministre Flora Macdonald, le Sénateur Lowell Murray et plusieurs autres qui se sont élevés contre la décision du chef du PPC, Peter Mackay, de fusionner leur formation politique avec celle des « alliancistes ». Ce que nous craignions est arrivé. Le nouveau Parti Conservateur (PC) sous la gouverne de Stephen Harper a été majoritairement noyauté par des « purs et durs » et pratique depuis une politique conservatrice beaucoup trop à droite et loin de la vision d’une majorité de Canadiens et de Canadiennes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Harper n’a pu à ce jour obtenir une majorité à la Chambre des Communes et n’a le support que de 35-40% des Canadiens.

Au Québec, les partis politiques qui ont gouverné depuis Maurice Duplessis ont été libéral (centre-droit), péquiste (centre-gauche) et Union Nationale de Daniel Johnson (centre-droit). Notre société est le résultat de la valse que les Québécois ont dansée tour à tour avec ces formations.

La crise économique a changé beaucoup de choses. On ressent, aujourd’hui, encore plus de désespoir dans notre société. Aux pauvres, s’ajoute la classe moyenne modeste qui s’appauvrit et qui crie de plus en plus : « à l’aide ». On ne peut simplement pas l’oublier pour des raisons idéologiques.

Cette nouvelle droite s’exprime au Québec via le député conservateur fédéral Maxime Bernier, le réseau Liberté-Québec et les Adéquistes. Plusieurs d’entre-eux la définissent comme une pensée magique qui viendra guérir tous les maux, effacer les déficits, réduire la dette, impliquer l’entreprise privée dans tout et créer un nouveau mode de gouvernance. Ce n’est pas si simple, mais je reconnais que la nouvelle droite peut donner un coup de barre sérieux et positif à la direction de notre société pour nous faire voir les choses de façon différente.

Ces hommes et femmes politiques qui prônent la nouvelle droite comprennent que l’intérêt de la collectivité est plus que l’ensemble des intérêts personnels ou de groupes et que leurs actions politiques devront respecter la liberté des individus d’où vient la pensée, l’initiative, la création, le sens d’entreprise… car ils savent que ces derniers doivent être motivés de contribuer à la société.

La nouvelle droite devra aussi promouvoir un volet social important et sérieux pour répondre aux besoins de la population et l’incorporer dans son programme. Ainsi, elle deviendra « la droite sociale » et elle trouvera un plus grand nombre de sympathisants. Ce sera comme un nouveau parti progressiste conservateur au Québec.

Claude Dupras

mardi 23 novembre 2010

Les maux de tête de Jean Charest : taxes, gaz de schiste et enquête publique

Il y a à peine trois mois, le premier ministre québécois Jean Charest recevait 51% d’appuis favorables à sa façon de gouverner le Québec. Aujourd’hui, il n’en reçoit que 22%. Comment peut-il avoir chuté si bas, si vite ?

Dans mon dernier blog « Jean Charest, le " punching bag " », je semblais expliquer la baisse rapide de sa popularité exclusivement par son refus de mettre sur pied une commission d’enquête dans le domaine de la construction. En fait, il y a plus que ça. Il y a aussi les sujets de l’exploitation du gaz de schiste et les taxes nouvelles.

Actuellement, le gouvernement autorise l’exploration de sources de gaz de schiste pour évaluer son potentiel énergétique global pour le Québec et son apport à son économie.

De retour au pays, depuis quelques jours, j’ai constaté combien cette question inquiète vivement les Québécois et les Québécoise. J’avais bien lu certaines critiques citoyennes et j’étais porté à penser qu’elles venaient surtout de ceux qui vivent à proximité des sites où l’exploration est en cours d’exécution. Je croyais que ces plaintes ne correspondaient qu’au syndrome « pas dans ma cour ». Je me suis trompé.

En effet, suite à quelques émissions de télé faisant état de l’expérience qu’ont connue les populations des états de la Pennsylvanie et de New York dans l’exploitation du gaz de schiste, les Québécois y voient maintenant des possibilités de danger pour la vie et de contamination des nappes phréatiques. Ils ont été profondément touchés par ces informations. Avec raison, ils sont devenus craintifs et voient dans un moratoire, qu’ils réclament maintenant expressivement, une façon d’arrêter les explorations jusqu’au moment où le gouvernement du Québec pourra leur faire la démonstration que l’exploitation de gaz de schiste n’engendrera pas de danger futur pour eux.

Le PM Charest, pour calmer les esprits, a soumis le dossier au Bureau d’Audiences Publiques pour l’environnement (BAPE) mais a refusé de décréter un moratoire.

Je ne suis pas d’accord avec cette approche du PM car le mandat actuel du BAPE ne couvre pas toutes les questions à analyser. En effet, il se limite à « proposer un cadre de développement de l’exploration et de l’exploitation, et proposer des orientations pour un encadrement légal et réglementaire ». Rien dans un tel rapport ne viendra calmer les appréhensions des Québécois sur ce sujet. Et c’est ce qui compte à ce moment-ci.

Ce qu’il faut faire c’est ce que propose l’Ordre des Ingénieurs du Québec : « un travail approfondi d’étude de la filière des gaz de schiste susceptible d’éclairer les citoyens et les décideurs et d’orienter la politique énergétique du Québec. … c’est une véritable évaluation environnementale stratégique (EES), qui vise à intégrer les facteurs environnementaux à l’élaboration de politiques, de plans et de programmes publics ». (Voir mon blog du 8 octobre 2010, « le gaz de schiste : rectifions le tir ! »)

L’exploitation du gaz de schiste apportera un avantage incroyable pour le Québec. 40% de nos énergies consommées viennent du pétrole et 13% du gaz naturel. Réduire appréciablement la partie de pétrole sale en faveur du gaz propre serait un apport important à l’environnement et par conséquent à notre qualité de vie. Ce sera aussi un gain économique extraordinaire pour tous les Québécois et Québécoises. Il est donc important que ce projet de développement énergétique aille de l’avant si des études bien faites démontrent qu’il n’y a pas de danger pour la vie humaine. Lorsque les Québécois seront bien instruits sur le sujet, je suis convaincu qu’ils seront d’accord à poursuivre ce projet important.

J’en appelle au PM Charest à modifier immédiatement le mandat du BAPE afin que les citoyens obtiennent les vraies réponses à leurs questions. De plus, j’espère qu’il décrétera le moratoire demandé à hauts cris par eux. Le PM calmera ainsi les appréhensions de ses commettants. Rien n’est urgent puisque le gaz sera toujours là.

Il y a aussi un autre dossier qui nuit à Jean Charest. C’est celui des nouvelles taxes. Le 2 avril 2010, mon blog s’intitulait : « Bye, Bye, Jean Charest ». J’ai écrit ce dernier pour critiquer le budget de l’année que venait de déposer le ministre des finances à l’Assemblée Nationale québécoise. Je fus tellement surpris de ce budget qui prévoit tant de taxes nouvelles et d’augmentations de tarifs que j’en avais conclu que Jean Charest ne serait pas réélu, car la politique québécoise m’a appris qu’un politicien qui taxe est un politicien qui se fait battre.

Les conséquences de ce budget pour les payeurs de taxes prirent un certain temps à apparaître. Elles commencent à se faire sentir comme on l’a vu depuis quelques mois. Depuis, le taux de satisfaction du PM baisse.

On peut donc conclure que ce n’est pas seulement la question du refus de Jean Charest de tenir une enquête publique sur la construction qui contribue à sa présente descente aux enfers. Il y a aussi les craintes des Québécois et Québécoises au sujet de l’exploitation future du gaz de schiste et leurs révoltes devant les nouvelles taxes et tarifs. Tout cela pèse dans la balance anti-Charest.

Jean Charest peut-il se sortir de l’étau qui le resserre de plus en plus ? Je le crois, s’il décide finalement :

1. De créer une enquête publique dans le domaine de la construction. Perdra-t-il la face s’il « vire son capot de bord », à ce moment-ci ? Pas nécessairement, car l’opération policière « marteau », qu’il a mise en place pour enquêter sur la construction, fait actuellement un travail de plus en plus intense. Elle pourra collaborer étroitement avec les nouveaux commissaires de l’enquête publique. Ainsi, ce qui est fait ne sera pas perdu et la nouvelle enquête publique pourra agir beaucoup plus rapidement.

2. De modifier le mandat du BAPE afin que celui-ci puisse faire une enquête complète et produire une évaluation environnementale stratégique (EES), afin de renseigner comme il se doit les Québécois et Québécoises.

3. D’assurer que son gouvernement coupera le plus possible dans ses dépenses afin de réduire les augmentations de taxes au strict minimum.

Si Charest ne fait rien, je crois que cela démontrera qu’il a décidé de quitter la politique.

Claude Dupras

vendredi 19 novembre 2010

Jean Charest : Le « punching bag »

Corruption ! Corruption! Corruption ! C’est tout ce que l’on entend au Québec! Le premier ministre Jean Charest est la cible de ces attaques et le mouvement s’amplifie au point que l’on peut se demander s’il démissionnera ou pas.

Jean Charest est-il vraiment un politicien corrompu ? Je dis non.

Son erreur a été de refuser de mettre sur pied une commission d’enquête sur ce qui se passe dans le domaine de la construction au Québec. J’ai été un des premiers à la réclamer, le 13 mai 2009, dans mon blog intitulé « Des prix de fous », et je suis revenu souventes fois à la charge dans d’autres blogs.

Ancien ingénieur conseil avec 40 ans dans la construction, je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles lorsque je constatais les dépassements des coûts de construction de certains grands projets. Des augmentations qui allaient du simple au double quand ce n’était pas au triple. Parmi ceux-là, il y avait, entre autres, l’extension du métro à Laval, l’autoroute Ville-Marie, le centre d’entretien de l’agence métropolitaine de transport et le centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM).

Je posais alors les questions : « Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Y a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? ».

L’élection à Montréal en novembre 2009 ajouta à mon questionnement. Les journalistes d’enquêtes de La Presse révélèrent des informations troublantes sur une série de super contrats accordés à des prix exorbitants par la ville. Les Québécois comprirent alors que quelque chose ne tournait pas rond dans le domaine de la construction. Malgré tout, le maire Tremblay fut réélu.

Jean Charest décida alors de confier le dossier sur ces problèmes à la Sûreté du Québec. Pour lui, une enquête policière pouvait être enclenchée plus vite qu’une commission d’enquête gouvernementale qui nécessite plus d’une année à se mettre en place. Le budget de la Sûreté fut augmenté considérablement. Mais une vague déferlante anti-premier-ministre se manifesta contre cette décision. Du jamais vu. Depuis, l’opposition affirme n’importe quoi contre Charest et tout est rapporté et amplifié aussitôt dans les médias. À ce jour, les policiers n’ont rien révélé.

On frappe Charest avec la même ardeur qu’un boxeur attaque vicieusement son « punching bag » durant son entraînement. C’est vraiment triste à voir car ce n’est pas à la hauteur d’une vraie démocratie.

Au lieu de parler d’économie, d’éducation, de santé, d’écologie, de développement…, l’opposition et les medias ne se concentrent que sur la tenue d’une enquête publique. Une pétition exigeant la démission immédiate de Jean Charest est affichée sur internet. Plus de 180,000 personnes ont signé en trois jours, et ça continue.

Jean Charest ne mérite pas cet acharnement qui vient surtout du Parti Québécois et de ses alliés qui y voient un moyen de reprendre le pouvoir. Les séparatistes « purs et durs » sont chauffés à bloc et voient la possibilité d’un nouveau référendum sur la séparation du Québec, si le PQ parvient aux affaires à Québec. Ils font tout pour répandre leur fiel anti-Charest et réussissent. À écouter, voir et lire tout ce qui s’écrit, on a l’impression que Jean Charest et son parti libéral sont foutus. Mais ce n’est pas aussi simple.

Léger-Marketing vient de publier un récent sondage sur la politique au Québec. C’est là que l’on peut voir la vraie image des sentiments des Québécois. Le PQ obtient 37% dans les intentions de vote, le parti libéral 33%, l’ADQ 11%, Québec solidaire 8% et le parti vert 6%. Mais ce qui est plus révélateur, c’est que malgré l’ouragan anti-Charest, on constate que le PQ a chuté de quatre points depuis le dernier sondage alors que le parti libéral a grimpé de trois. J’ai été fort surpris, mais c’est la réalité. Et cela malgré le taux d’insatisfaction envers le PM Charest de 78%, le plus élevé jamais. En somme, les Québécois et Québécoises disent, « quand je regarde Charest, je me désole mais quand je le compare avec les chefs des autres partis, je me console avec Charest ».

Donc, rien n’est perdu pour Charest. Certes, il traîne dans l’opinion publique derrière le Parti Québécois, mais il était dans la même situation au début de la dernière élection générale, qu’il a gagnée.

Pourquoi les Québécois réagissent-ils ainsi ? Je crois qu’en eux-mêmes, ils savent que Jean Charest est un bon premier ministre.

Ils constatent que malgré la crise économique, le Québec s’en est mieux sorti par rapport aux autres provinces canadiennes. Ici, l’économie roule et le taux de chômage est le plus bas au Canada. La construction va…

Ils savent que Charest sait défendre le Québec durant ses rencontres fédérales-provinciales. Ils se rappellent que l’ex-PM canadien Paul Martin à cédé aux provinces, devant les arguments de Jean Charest, le pouvoir de dépenser à leur guise les octrois fédéraux dédiéds à des projets particuliers. C’était une première canadienne. Jamais dans le passé, les provinces canadiennes avaient été autorisées à utiliser l’argent qui venait d’Ottawa à des fins autres que celles qu’Ottawa avait choisies. Charest avait appliqué ces octrois à des diminutions des impôts des particuliers afin que le taux d’imposition au Québec soit compétitif avec celui des autres provinces.

Il vient tout juste de signer une entente avec le gouvernement fédéral qui reconnaît que le Québec a droit à sa différence.

Il a bien représenté le Québec auprès des gouverneurs des États de l’est américain et a réussi à signer des contrats importants pour les alimenter en électricité du Québec. Voyant là un avenir rempli de revenus extraordinaires, il a engagé la construction de nouveaux barrages hydro-électriques.

Il a créé le Conseil de la Fédération pour réunir les provinces afin qu’elles aient plus de poids dans leurs discussions avec le gouvernement du Canada. À ce jour, cela a donné des résultats très positifs.

Il a su contrôler les dépenses, baisser les impôts, éliminer la taxe sur le capital, augmenter la main-d’œuvre qualifiée en haussant l’immigration, passer une loi sur la retraite progressive, faire adopter le pacte sur l'emploi et l'entente sur la reconnaissance des compétences, dégeler les droits de scolarité, imposer le bulletin chiffré, renforcer le code de la sécurité routière. Il a entrepris, par son dernier budget, la réduction du déficit et de la dette.

Il a nommé, pour la première fois, autant de femmes que d’hommes comme ministres.

Son gouvernement a investi massivement dans les infrastructures, dans le développement énergétique et dans le secteur manufacturier pour créer des emplois et assurer une économie prospère. Son « timing » a été parfait et c’est au plus fort de la crise que les emplois nouveaux arrivèrent sur le marché.

Même la présidente syndicaliste de la CSN reconnaît que « Jean Charest a bien mesuré le terrain, ouvert le débat avec l’opposition et n’est pas provocateur ».

En conclusion, il faut reconnaître que Jean Charest a été, à ce jour, un des bons premiers ministres du Québec. Les électeurs le savent puisqu’ils l’ont réélu trois fois. Évidemment, l’opposition ne cherche qu’à le réduire et à le critiquer, mais nous, les Québécois et les Québécoises, jugeons un homme à ses actes.

Il est vrai que Jean Charest a fait des erreurs politiques et qu’il a fait des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord. De gros problèmes n’ont pas été réglés à notre satisfaction, tels : les attentes dans les hôpitaux, le décrochage scolaire…

J’ai toujours cru que la vraie façon de juger un homme ou une femme politique était d’utiliser le principe de « la balance ». On place dans un plateau les bonnes décisions et on place dans l’autre celles avec lesquelles on n’est pas d’accord. Puis, on constate de quel côté elle penche. En rapport avec le bilan de Jean Charest, j’estime qu’elle s’abaisse du bon côté.

Claude Dupras


ps. À ce jour, a-t-on fait la preuve que Jean Charest est un homme politique corrompu ? Je ne le crois pas même si on l’a dit, répété et amplifié. Il a respecté les lois du Québec.

Malheureusement, d’autres personnes, particulièrement des contributeurs financiers comme dans l’affaire des prête-noms, n’ont pas respecté l’esprit de la loi. Mais cela n’est pas la faute de Jean Charest ni celle de Pauline Marois ou de Mario Dumont, puisque non seulement le parti libéral a reçu des contributions importantes de ces personnes mais aussi le PQ et l’ADQ, lors de la dernière élection générale.

Quant aux individus choisis pour remplir des tâches au gouvernement ou dans des agences gouvernementales, qu’ils soient souventes fois libéraux ne me surprend pas. Du temps du parti Québécois, ils étaient péquistes et ces derniers contribuaient aussi à la caisse de leur parti. D’ailleurs, c’est de même à Ottawa, dans toutes les provinces canadiennes, aux USA et en France. Je ne veux pas que l’on pense que je suis d’accord avec ces manières d’agir, mais on doit faire la part des choses. J’aimerais mieux que tous les Québécois et Québécoises, quelles que soient leurs pensées politiques, soient traités équitablement et aient les mêmes opportunités nonobstant la couleur du gouvernement. Mais je crains que ce ne soit qu’une utopie.

Je sais que plusieurs diront que je ne suis qu’un libéral. Ils se trompent, je ne le suis pas et je ne l’ai jamais été. J’ai déjà été partisan, un « bleu » comme on disait, surtout au niveau fédéral, mais je suis devenu indépendant depuis 1986.

J’aime la politique et respecte les politiciens. Je m’abstiens de parler contre eux personnellement car ce sont les politiques qui comptent. J’invite ceux qui critiquent, et c’est leur droit, à faire de même avec des arguments fondés. Ainsi, nous rendrons service à notre société. Autrement, c’est une perte de temps et un « salissage ! intolérable de réputations d’individus. Pensons à leur famille. CD

mercredi 17 novembre 2010

Le vrai Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy vient de terminer une entrevue à la télévision française pour expliquer les orientations et les objectifs qu’il a fixés pour le nouveau gouvernement Fillon qu’il vient de nommer. J’ai été impressionné. Évidemment tous les partis de l’opposition ont vu sa prestation d’un oeil très négatif et n’ont pas manqué de le souligner par la suite. C’était à qui dirait le plus de mal du président.

François Fillon a démontré qu’il était un excellent premier ministre et les Français l’appuient. C’est pourquoi, il a été renommé à ce poste avec une équipe modifiée, réaliste et capable de tenir compte des priorités du pays pour les quinze derniers mois du mandat présidentiel de Sarkozy.

Ce brasse-camarades réussira-t-il à repolir l’image impopulaire du président ? Peut être.

Personnellement, j’ai peine à comprendre les raisons qui expliquent sa déchéance dans les sondages puisqu’il affiche, depuis le début de sa présidence, un bilan remarquable. Pour être correct avec lui, il faut examiner attentivement ses réalisations et son comportement depuis son accession au plus haut poste de son pays.

Certains hausseront les épaules sur mon analyse et ne seront pas en accord, mais je les assure que j’espère l’avoir fait avec la plus grande objectivité et le moins de partisannerie possible. Il est vrai que j’aime l’homme politique Sarkozy et cela depuis plusieurs années bien avant son élection à la présidence française. Mais je crois être en mesure d’analyser de façon impartiale les réalisations d’un tel homme politique.

J’espère aussi que ceux qui lisent ces lignes sauront mettre de côté leur position politique (gauche ou droite), pour juger comme moi strictement de la valeur de ce que ce président français a accompli depuis son accession aux affaires. Il nous faut être réalistes et appeler un chat, un chat.

Sarkozy vient de gagner le débat sur les retraites. Une réforme que beaucoup de ses prédécesseurs n’ont pu réaliser et que toute personne bien intentionnée reconnait comme essentielle pour assurer aux Français et Françaises le niveau promis de leur retraite. Il ne s’est pas laissé impressionner par les immenses manifestations de la rue et a maintenu le cap. Depuis, j’ai rencontré beaucoup de Français et Françaises qui ont été impressionnés par la force de caractère de leur président à cette occasion. En réalité, et c’est l’avis d’une majorité de Français que j’ai questionnés, ce fut plus un mouvement antisarkozyste primaire qu’autre chose. Si cela est vrai, ce n’est sûrement pas à l’honneur de ceux qui l’ont organisé et appuyé car on ne bloque pas un pays pour une raison politique et partisane.

Dès le début de son mandat à la tête de la France, une des premières réformes du président Sarkozy a été d’assurer l’autonomie aux universités, réclamée depuis très longtemps. De plus, il a vu à ce que leur financement soit augmenté à un niveau inégalé depuis les années ’80. Il veut le meilleur système universitaire pour les jeunes Français et Françaises, car il comprend que la force future de la France réside dans ses cerveaux. Pour se faire, il vise à ce que les universités françaises deviennent compétitives avec les meilleures universités du monde dont le Royaume-Uni et les USA. Il y a évidemment un bon nombre de choses à faire encore avant d’en être là , mais c’est un bon départ….

Dès le début de son mandat, Nicolas Sarkozy a pratiqué l’ouverture en nommant des socialistes à des postes importants du gouvernement. Il a aussi nommé un socialiste pour contrôler les dépenses du gouvernement et un autre pour siéger au conseil constitutionnel. Cela ne se fait pas au Canada. Et dire qu’on le traite de dictateur !

Lorsque la crise économique s’est déchaînée, je me rappelle avoir vu, à la télé américaine, le président GWBush pris de panique. Il ne parlait que de panser rapidement, avec des centaines de milliards $, les blessures ouvertes que manifestaient les banques et les agences monétaires américaines car disait-il : « Il faut arrêter l’hémorragie car elle entraînera la faillite du système financier des USA ».

Les Européens ont été surpris de cette crise à responsabilité américaine. C’est à ce moment-là que le président Nicolas Sarkozy a démontré une vision remarquable et une capacité hors de l’ordinaire pour trouver des solutions pratiques. Avec sa force de caractère, il a réussi à mettre sur pied le G20, et cela malgré une Allemagne hésitante et un GWBush indifférent. Il proposa de réunir les pays, les plus riches du monde, pour qu’ils solutionnent ensemble ce grave problème en coordonnant leurs efforts et assurer qu’il ne se répète dans l’avenir. Sarkozy a réussi.

Lors de la présidence française de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy s’est établi en champion face à la crise. Il prit vite le taureau par les cornes et réussit à concerter les États-membres pour y répondre. Grâce à leur coopération, à l'euro, à la recapitalisation des banques et à la garantie des crédits de ces dernières, les Français comme les Européens ne se sont pas précipités à leurs guichets pour retirer leurs avoirs, évitant ainsi un crash qui aurait fait un tort immense à toute la collectivité du continent. C’est l’Europe, présidée par Nicolas Sarkozy, qui l’a protégée de la faillite bancaire.

Lorsque la présidence française prit fin, les représentants des États-membres exprimèrent des sentiments très positifs envers Nicolas Sarkozy car il avait obtenu, en plus, des résultats très concrets sur l'agriculture, l'immigration et la défense européenne. Il a, en outre, posé les problèmes au niveau qui convient, c'est-à-dire au niveau politique. Et sur le plan international, il a permis à l'Europe d'exister entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, au même titre que les grandes puissances. Ça faisait depuis De Gaulle que l’on n’avait pas vu cela !

Sarkozy à fait la promotion de la France dans le monde. Le Canada, les USA, l’Allemagne, la Russie, le Moyen-Orient, la Chine et plusieurs autres pays ont solidifié leurs relations avec le pays. Tout en défendant les droits de l’homme et l’autonomie du Tibet, sujets importants mais sensibles pour les dirigeants chinois, Sarkozy a pu quand même décrocher des contrats importants pour les industries françaises.

Puis, il y a eu le fameux « Grenelle » de l’environnement. Sarkozy et le ministre Jean-Louis Borloo ont réuni, pour une première fois, économie et écologie. Les débats furent intéressants, les conclusions nombreuses et malgré quelques exagérations, erreurs de parcours, propositions un peu fofolles et critiques sensées, ce « Grenelle » marquera l’avenir d’une France capable d’assurer que l’écologie soit au cœur des décisions sur son développement futur. Sous l’impulsion réaliste de Sarkozy, la France devient une des premières nations à être en mesure de suivre ce chemin essentiel pour atteindre un avenir propre et protecteur de la planète. Même le départ de Borloo du gouvernement et la réorganisation des ministères ne changeront rien à cet élan.

Sarkozy a aussi et enfin lancé la réforme territoriale, tant attendue. Penser pour réaliser des économies, réorganiser et simplifier l’administration des collectivités du territoire, le projet final est prêt à être voté dès l’entrée parlementaire du nouveau gouvernement.

Il y a tellement d’autres choses à souligner… mais je vais m’arrêter là.

Je sais que cet homme est honni par un très grand nombre de Français et Françaises. Lorsque j’analyse son bilan, je ne comprends vraiment pas pourquoi. Il est jeune, dynamique, intelligent, actif, un vrai chef. Il a une longue liste de réalisations à son crédit. Peut être n’est-il pas le genre de politicien que les Français et les Françaises veulent ! Peut être ne fait-il pas assez monarque !

La prestation du président Sarkozy, d’hier soir à la télé, nous a montré un homme qui veut le bien de la France, qui a fait de bons coups mais aussi des erreurs. Il sait reconnaître ces dernières, se réorienter, se réorganiser et corriger le tir afin d’atteindre ses objectifs.

En tout cas, si c’était possible de faire un échange, il me ferait plaisir de le troquer contre notre PM canadien. Nous avons besoin dans notre pays d’un homme dynamique, courageux, visionnaire, imaginatif, persuasif et capable de réaliser de grandes choses sur le plan national comme international. J’aimerais bien que Nicolas Sarkozy soit le chef de gouvernement canadien. Mais ça, c’est un rêve en couleurs.

Je suis anxieux de le suivre durant les prochains mois jusqu’à l’élection présidentielle française de 2012 pour constater la façon par laquelle il va s’y prendre pour redresser la pente de l’impopularité qui l’afflige actuellement et gagner un deuxième mandat.

Claude Dupras

dimanche 14 novembre 2010

Québec: la foire d'empoigne

Au Québec, comme en France, nous sommes rendus à un stage où trop de politiciens ou partisans politiques croient nécessaire de lutter contre leurs adversaires en les frappant en bas de la ceinture pour se donner un avantage ou pour aider leur parti.

J’en ai marre, comme disent si bien les Français, des insinuations mensongères, des fausses vérités qu’on qualifie de réelles, des scénarios noirs forgés de toutes pièces... en somme, de cette « politicaillerie » dépourvue de scrupule et d’envergure politique.

Il y a trop de débats stériles, vains, inutiles, sans profondeur dont le ton est indigne et mesquin. On peut se tromper dans un débat en se servant, sans le savoir, de données ou de faits imprécis, c’est normal, mais de là à utiliser volontairement des faussetés ou faire des accusations injustes qui visent la personne de l’opposant, il y a une marge.

Suite à la mauvaise décision du PM Jean Charest de refuser une enquête publique sur la construction, un mal-être se généralise au Québec. Cependant, il ne doit pas se transformer en une dissension violente entre les Québécois et Québécoises aux opinions différentes.

Les commentaires positifs ou négatifs basés sur des opinions sérieuses sont sains et les bienvenus par toute personne qui écrit ou discourt car ils ajoutent à l’intérêt du sujet débattu, aident à mieux le comprendre et à le nuancer. Malheureusement d’autres commentaires tordus de politiciens, de certains journalistes, de blogueurs, d’animateurs d’émissions radio, de sites internet, de commentateurs de blogs semblent avoir comme seul but de vouloir faire pourrir le débat et de salir les réputations. Cela nourrit la mal-information et n’aide personne.

La profession politique est une des plus importantes dans notre société. Il faut la respecter, l’aider et la valoriser dans l’opinion publique afin que les meilleurs de notre société aient le goût d’y accéder. Sinon, nous aurons les politiciens que l’on mérite.

Ce n’est pas en traitant l’adversaire de tous les noms, sans preuves réelles, que l’on atteindra ce but. Je demeure convaincu que la vaste majorité de nos politiciens et politiciennes, quelque soit leur parti, sont des personnes intègres et honnêtes. Malheureusement, à écouter le débat public au Québec et à lire les commentaires, on reste avec l’impression que nous sommes dirigés par une bande de vendus, de voyous, de truands, d’alliés de mafiosi, d’imbéciles, de profiteurs et encore.

Assez, c’est assez, la foire d’empoigne !

Nos hommes et femmes politiques doivent être jugés sur leurs mots et leurs actions. Qu’on les aime ou non, c’est notre droit. Mais agissons de façon responsable et n’oublions pas que c’est dans la boîte de scrutin que se décidera s’ils doivent être appréciés ou châtiés.

Claude Dupras