Le
gouvernement français actuel n’est pas un bon gouvernement. C’est simple. Il
parle pour parler, promet pour promettre, ne rencontre pas ses objectifs, déçoit.
Il taxe, taxe, taxe. Puis, il détaxe, détaxe, détaxe. Il ne sait pas où il va
et cela devient évident. Les statistiques d’emploi, de relance de l’économie,
de croissance, de compétitivité, etc… l’assomment mensuellement. Le français
moyen ne comprend pas, craint pour sa famille, pour son emploi, pour son
commerce, pour son entreprise. Il ne voit pas le bout du tunnel. Ce n’est pas
surprenant, le gouvernement gouverne mal.
Une bonne
démonstration est la formation du nouveau cabinet des ministres suite à
l’affaire Montebourg-Hamon-Filippetti. De ces trois, les deux derniers
n’avaient absolument pas le bagage ni l’expérience nécessaire pour être
ministres de France. C’était clair le jour de leur nomination et c’est devenu
encore plus clair le jour de leur démission. Pourtant Hollande les avait choisis.
Et, il vient de récidiver en choisissant les membres du nouveau cabinet.
Certains diront que c’est le PM Valls qui a fait le choix. Soyons sérieux !
Normalement,
un cabinet de ministres doit être formé des meilleurs individus disponibles afin que chacun puisse remplir
adéquatement le devoir du ministère qui lui est confié. Ils doivent être les
plus expérimentés, les plus à jour des problèmes de l’heure, les plus
renseignés sur les solutions réalistes pour les régler, les plus prêts à
prendre les meilleures décisions pour que la France progresse. Ils peuvent être
dans le cercle des élus ou se trouver dans le privé, si nécessaire. Qu’ils
viennent tous de la même ville, de la même rue, importe peu. S’ils sont les
mieux qualifiés, ils doivent être choisis.
Le malheur
est qu’Hollande ne procède pas comme cela. Il joue aux cartes, il avance des
jetons pour gagner politiquement. La France est son second choix.
En effet, ce
président cherche à créer des alliances pour l’avenir. Qu’importent les qualités
requises pour de vrais ministrables, les choisis le deviennent sur la base de critères
qui ont rapport avec le sexe, les régions, les services rendus, la loyauté, les
partis de gauche, la popularité, les promesses, la tendance, etc… Ainsi,
plusieurs sont nommés ministres et arrivent dans leur ministère sans savoir où
celui-ci va, qui il est et où il doit aller. On parle ici de la France, Believe
it or not !
C’est une
méthode de choix ridicule qui débouche sur un cabinet faible, non efficace,
incapable de régler les vrais problèmes. Avec l’enfer que vit la France
aujourd’hui, il semble que pour la formation du dernier cabinet, le président
aurait pu inviter plusieurs non-élus, reconnus dans leur sphère d’activité pour
leur savoir-faire et leur efficacité, à venir l’aider à gouverner. Son approche
est vouée à l’échec car le niveau des problèmes et des solutions à trouver est
trop haut pour des ministres non qualifiés. Pourtant, Hollande le sait puisqu’il
a chialé contre certains des anciens ministres, les traitants d’« incompétents ».
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui
qui l’a dit et répété à son ex-compagne et ex-première dame comme on peut le
lire dans son récent livre sur sa relation avec Hollande.
Il y a
aussi le parti socialiste français et son idéologie inébranlable de gauche. Il
veut que le comportement des français corresponde à ses croyances, ses idées,
ses doctrines. La bourgeoisie américaine qui s’associe principalement au parti
républicain fait de même, à droite. Le temps de tels partis est dépassé.
Aujourd’hui, plus que jamais, un parti doit pouvoir s’adapter aux besoins du
temps. Au pouvoir, il doit gouverner en fonction des problèmes réels et ne pas
se laisser aveuglement orienter par son idéologie. Alors que de plus en plus de
citoyens souffrent, le temps n’est pas de se complaire dans des chimères, des politiques
utopiques, des illusions ou des projets irréalisables, non plus que de ne s’occuper
que d’une classe de la société. Toutes les classes de la société française ont
besoin de l’une et de l’autre pour se sortir du marasme dans lequel elles sont toutes
immergées.
Le parti est
à un niveau d’impopularité record. Balayé aux dernières élections législatives,
il subira, de l’avis de tous, une secousse sera encore plus forte aux
prochaines élections sénatoriales. Son approche politique a entrainé Hollande dans
les bas-fonds électoraux parce qu’elle ne correspond pas aux problèmes d’aujourd’hui.
Le président semble avoir compris enfin le désastre dans lequel il a poussé la France,
et ses nouvelles politiques ont pris un tournant brusque vers la droite. C’est
ce qu’il avait à faire dans les circonstances actuelles, il n’avait d’autres
choix. Mais plusieurs membres influents du parti socialiste s’offusquent et menacent
de ne pas accorder leur confiance au nouveau programme politique du gouvernement
Valls, à l’Assemblée Nationale. Si cela se concrétise, on comprendra que ce
parti s’éloigne à nouveau des vrais problèmes et est voué à la disparition de
son influence politique en France. Il risque de devenir une entité négligeable.
Au Canada,
j’ai été longtemps membre actif du parti progressiste-conservateur du pays. Ces
deux qualificatifs ensemble sont surprenants mais ils représentent bien ce qu’était
ce parti qui avait dans son sein une aile droite forte et une aile gauche
forte. C’est le parti de John Diefenbaker, plus à droite, celui de Joe Clark,
plus à gauche et de Brian Mulroney, plus au centre. Ces trois ex-premiers ministres
appliquaient une politique du parti appropriée aux besoins du moment. Chaque aile
savait user de son influence si un besoin particulier de la population se faisait
sentir et l’autre savait se rallier. Ainsi l’approche gouvernementale était pragmatique.
Il en est de même pour le parti libéral du Canada. On peut critiquer chacun d’eux
à différents moments, mais le fait demeure que le Canada progresse constamment
et bien.
La France n’est
plus à l’heure de Jean Jaurès, ni à celle de l’après-guerre de DeGaulle. L’heure
est à la vraie démocratie. Les électeurs comprennent mieux l’envergure des
problèmes. Ils sont mieux renseignés et plus vite. Ce ne sont plus les discours
qui manient l’opinion publique, mais les médias qui, par tous les moyens
différents que leur offrent les nouvelles technologies, répandent rapidement les
informations. De plus en plus, chaque côté de la médaille de chaque problème,
est connue. Nous devenons plus aptes à nous faire une opinion. Certes, il y a
toujours les images et les illusions que cherchent à créer les politiciens pour
que l’opinion publique les favorise, mais lorsque ça va mal, elles n’atteignent
pas les électeurs.
Ensemble, le
président Hollande et son parti socialiste doivent repenser leur approche politique
afin que les meilleures personnes dirigent le pays, non seulement dans le temps
présent mais aussi et surtout dans le futur, sinon le parti risque de
disparaître. La France a besoin dans les prochaines années de meilleurs
conducteurs à la roue de l’État, quelque soit le parti, car le chemin est
parsemé d’obstacles majeurs.
Claude Dupras