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lundi 12 décembre 2016

Le Canada mon pays, le Québec ma patrie

Dans un article qui vient de paraître, Mathieu Bock-Coté (MBC) n’y va pas de main morte pour qualifier le Canada d’un endroit horrible. Il salit et barbouille le Canada, un pays démocrate où règne la liberté, la justice, la paix, l’avant-gardisme, une haute qualité de vie et qui fait l’envie du monde.

Voici certains des qualificatifs avec lesquels MBC le décrit :  « le Canada est une immense absurdité », « un régime fondé sur la négation de la nation québécoise », « la subordination qui pèse sur notre peuple dans le régime canadien », « ce pays fondamentalement étranger pour eux (les Québécois) », nous sommes « seulement un pion dans le jeu canadien », « l’effacement du Québec à Ottawa », « à Ottawa, on traite le Québec comme une province parmi d’autres », le « nationalisme québécois comme un résidu historique », « absurde et humiliant pour un peuple comme le nôtre à exister dans l’espace réduit que le Canada lui laisse », « nous sommes structurellement minoritaires et subordonnées », « ce pays artificiel », « le laboratoire de la postmodernité la plus délirante », « une anomalie historique et politique », « la constitution nous nie », « programme notre dissolution dans le paramètres d’un multiculturalisme extrême », « nous transforme en étrangers chez nous », ce qui est absurde c’est « d’y demeurer aux conditions insensées qu’il nous impose », « le Canada n’est pas notre pays et à moins de consentir à une forme de suicide national, il ne le sera jamais »…  
Mathieu Bock-Coté est une jeune homme talentueux, cultivé, sociologue, chroniqueur, chargé de cours aux HEC et profondément séparatiste. Il aime les Québécois francophones, les autres pas sûrs. Quotidiennement, ou presque, il écrit ou parle contre le Canada et pour le Québec. La majorité de ses articles sont teintés de cette haine anti-canadienne qui l’enivre. Il dépasse souvent les limites du réel, du bon sens, et est porté à exagérer ce qui le porte à dire n’importe quoi pour dénigrer le Canada comme le démontre bien cet article que je commente aujourd’hui.
La formation du Canada fut logique. Elle découla de longues années de conflits entre l’Angleterre et la France. C’est la conséquence du peu d’intérêt que les rois de France eurent pour la Nouvelle France et du grand intérêt que les Britanniques eurent pour l’Amérique. En effet, l'immigration de l'Ancienne à la Nouvelle-France fut composée d’à peine 15 000 Français et Françaises qui ont fait voile en direction du Canada au XVIIe siècle, et près des deux tiers d'entre eux n'ont fait qu'un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l'état de célibataire. Les francophones du Canada descendent de seulement 4 500 immigrants français qui ont eu un fils qui se soit marié. C'est très peu. Par contre, avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant la même période. Si la France avait envoyé, proportionnellement à sa population, plus d’immigrants et de soldats au Canada, elle aurait pu triompher dans ses conflits avec les anglais et l’Amérique serait probablement, aujourd’hui, française.  

Le Canada, c’est l’entente finale entre les deux nations, française et anglaise, qui apporta la paix et le développement de ses nouvelles terres du nord de l’Amérique. 
Ce n’est pas une négation de la nation française mais une reconnaissance des nations en présence et de l’importance qu’elles soient gouvernées par un gouvernement uni dans lequel chacune participerait. Malgré de nombreux conflits et frictions que l’on peut qualifier de normaux, le Canada est un grand succès et non pas une anomalie historique et politique.
Les deux grandes nations sont toujours-là sur l’immense territoire canadien et, avec les nouveaux venus, ils sont près de 40 millions. La nation française, moins nombreuse, vit surtout au Québec avec 6,7 millions d’individus alors qu’un million de francophones vivent hors Québec. Au Canada, les francophones sont près de 20% de la population. La nation anglaise occupe majoritairement les autres provinces et 8% de la population québécoise est anglaise de naissance. Aujourd’hui, le Québec représente 22,9% de la population canadienne.

Malgré cette différence importante dans les chiffres, un Québécois a été premier ministre du Canada plus longtemps qu’un canadien hors-Québec depuis le début de la Confédération. Aujourd’hui, encore, c’est Justin Trudeau, un des nôtres, qui est premier ministre et une part importante de ses ministres principaux sont québécois et francophones. Le Québec n’est donc pas qu’un pion dans le jeu canadien, n’est pas effacé à Ottawa, bien au contraire. Les entreprises québécoises, les consultants en génie, informatique, et autres, travaillent et réussissent partout au pays sur une base égale. Il n’y a pas de négation de la nation québécoise (pour MBC la nation francophone du Québec). De plus, un très grand nombre de Québécois maitrise bien les deux langues du pays contrairement aux anglophones. Dire que comme Québécois, nous somme minoritaires, subordonnés, c’est du délire !
Le nationalisme Québécois n’est pas le séparatisme. Un nationaliste est un fier individu qui œuvre partout au pays mais qui en tout temps se rappelle l’histoire de son pays et assure que sa nation maintient sa place dans toutes situations, en étant présent et actif. C’est ainsi pour tout le monde sur la planète. Les vrais nationalistes ne chialent pas, ils agissent. Le Québec a toujours su garder sa force politique au pays grâce à des personnages politiques francophones et nationalistes qui comprenaient ces principes élémentaires et gouvernaient en conséquence, tels Honoré Mercier, Henri Bourassa, Maurice Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque et autres. Grâce à eux et d’autres, la nation française au Québec ne s’est pas dissoute mais a progressé.

Le Canada est le deuxième pays le plus grand au monde, après la Russie. Un Québécois à Victoria en Colombie Britannique et un Albertain à Chicoutimi au Québec se ressentent quelque peu comme des étrangers car la langue et le mode de vie sont différents, même si les services offerts par le gouvernement du Canada sont bilingues et les mêmes pour tous. Mais après quelques jours, chacun s’acclimate et apprécie son nouvel environnement...
Le Québec, n’est pas un espace réduit mais un territoire 14 fois grand comme la France.

De plus, le Québec est une terre d’immigration. Depuis plus d’un siècle, il accueille des peuples en détresse venant d’Europe, d’Afrique, d’Asie ou des Amériques. Ces gens se sont installés près de nous, ont élevé des familles et ont bâti avec nous le Québec et le Canada. Ils ont appris notre langue, l’ont transmise à leurs descendants et ont participé à notre développement. Le Québec est multiculturel comme le Canada et chacun s’en porte bien. L’ajout de nouveaux venus est loin d’avoir été extrême car ils se sont bien intégrés dans notre société. Juifs, Irlandais, Écossais, Gallois, Français, Maghrébins, Indiens, Polonais, Lithuaniens, Africains, Vietnamiens, Haïtiens, Sud-américains et tous les autres n’ont pas fait de nous des étrangers au Québec ou dans notre propre pays car leur intégration a été bien réussie.
Le Canada décide de ce qui va de l’intérêt national et les pouvoirs touchant directement l’individu sont la responsabilité des provinces. La constitution n’est pas insensée et ne nous nie rien car elle tient compte de notre nation française et du Québec. Par exemple, c’est le Québec qui décide du nombre d’immigrants que nous accueillons annuellement. Les 37 000 nouveaux venus par année au Québec sont un apport important et essentiel à notre économie. Tous ceux qui sont arrivés durant les dernières décennies ne nous ont pas appauvris, n’ont pas pris nos places, bien au contraire. Ils ont renforcé notre société, notre milieu de travail, notre économie et nos vies en s’y intégrant et en y ajoutant la richesse de leurs traditions, de leur langue, de leurs expériences et de leurs capacités.  

Aujourd’hui, avec les moyens de communications extraordinaires qui sont à notre portée, nous devenons non seulement de meilleurs citoyens du Québec et du Canada mais du monde puisque les différences entre nous s’amenuisent et nous comprenons de mieux en mieux le mode et la qualité de vie des autres dans leur pays. Et avec le temps ce sera encore mieux.
Le Canada est qualifié souventes fois de « meilleur pays au monde » et le décrire comme artificiel est injuste, mesquin et blessant. Le Canada est mon pays, le Québec est ma patrie et j’ai la chance d’y vivre. J’en suis heureux et fier !

Claude Dupras

mercredi 7 décembre 2016

France : Une élection présidentielle perdue d’avance pour la gauche ?


Il y a aura élection présidentielle en France cette année. Un moment important pour les Français. Après cinq ans d’une administration qui n’était pas à la hauteur de la France, le pays a besoin d’un élan et le peuple français d’une bouffée d’air frais capable de lui remonter le moral. Il semble qu’il les découvre sur la droite.
Cette droite française vient de connaître une élection primaire et a choisi un candidat fort populaire avec une très forte majorité de 65%, en la personne de François Fillon, l’ex-premier ministre du mandat du président Nicolas Sarkozy. Ce nouveau porte-étendard est un homme neuf, calme, intelligent, blanc comme neige, qui n’a jamais eu d’accusations légales portées contre lui. Un homme de qualité, qui présente un programme clair, précis, difficile, pour répondre, dit-il, aux principaux problèmes de la France.
De son côté, le président socialiste François Hollande vient d’annoncer qu’il ne briguera pas les suffrages pour un renouvellement de son mandat. Rien de surprenant puisqu’il a calé dans la cave des sondages au fur et à mesure que son administration démontrait son incapacité à trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la France.
J’étais en France en 2012, durant la campagne électorale gagnée par Hollande contre le président sortant Nicolas Sarkozy. Ce fut une période excitante pour une personne qui aime la bataille politique. J’aimais Sarkozy. J’avais remarqué et bien apprécié sa gouverne durant son quinquennat, particulièrement la période de six mois où il a été président de l’Europe et durant laquelle il avait vraiment démontré ses qualités de chef. Il a su, alors, rassembler les dirigeants des pays Européens pour faire face à deux grandes crises : la guerre de Géorgie et les turbulences financières qui menaçaient l’Europe. Malgré que chaque pays ait le réflexe normal de bien défendre avant tout ses intérêts nationaux, Sarkozy a obtenu qu’ils surmontent leur division pour renforcer l’Union Européenne. Dans le conflit de la Russie avec la Géorgie, il s’est imposé comme un vrai négociateur efficace.  Dans la crise financière puis économique qui a frappé de plein fouet l’Europe, il a su coordonner les actions des États-membres pour réussir à traverser ce moment très difficile. De plus, trois des quatre priorités Françaises, de ce moment-là, ont fait l’objet de décisions positives au niveau de l’Europe, soient le pacte sur l’immigration et l’asile, la défense européenne et la politique agricole commune. La France ne pouvait demander mieux et je sais que plusieurs Français furent très impressionnés et fiers de leur président.
Malgré tout, ce chef politique qui venait de faire preuve d’un leadership hors de l’ordinaire a été défait par François Hollande, un candidat prêt à dire et promettre n’importe quoi pour gagner, tel « je vais imposer un impôt de 75% aux riches » et sa tirade mensongère « Moi, président » qui, ajoutés à une campagne sale de dénigrement de la personne de Sarkozy, l’ont porté jusqu’à l’Élysée. Aujourd’hui, son mandat achève, il n’a pas livré la marchandise et Hollande en sort avec la réputation du pire président français. Beau parleur mais petit faiseur.
Actuellement, les candidats pullulent à la gauche qui est de plus en plus divisée.  
Déjà, l’éternel candidat Jean Luc Mélenchon devient le porte-parole de la gauche de la gauche, la gauche radicale, et sera le candidat du Front de Gauche avec l’appui du parti communiste. Ancien trotskyste et professeur, il a été 30 ans dans le parti socialiste dont ministre. Il est un grand orateur, puissant et impressionnant, mais ce qu’il dit ne mène nulle part. Il est coloré, articulé, drôle, divertissant et intéressant à regarder et écouter, mais une perte de temps car il n’a aucune chance.
La gauche responsable et équilibrée cherche un candidat capable de relever une opinion publique littéralement écœurée de la néfaste administration socialiste de Hollande et le Parti socialiste organise une élection primaire à cet effet.
Manuel Valls, le premier ministre d’Hollande, vient de démissionner pour être candidat à la primaire qui aura lieu en fin de janvier prochain. Il a été candidat à la dernière primaire contre Hollande mais n’avait obtenu que 5% des votes à cette occasion. Son discours actuel est surprenant car il semble préconisé une gauche ancienne alors qu’avant il défendait « une gauche moderne nécessaire à l’équilibre démocratique ». Martine Aubry, l’âme du parti, vient d’affirmer : « Valls, ce n’est pas évident ».
Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie, a déclaré qu’il sera candidat à la primaire. Avocat, bon orateur, renseigné, il a perdu, en 2014, son poste de ministre après avoir blâmé Hollande de positions trop pro-affaires. Depuis, il a suivi des cours de gérance des affaires dans une École de Commerce et se dit maintenant prêt et favorable à renforcir la France afin qu’elle se protège contre les intérêts étrangers. Il a des airs de Kennedy, sans l’être car il se montre trop satisfait de lui-même, mais pourrait gagner la primaire.
Benoit Hamon, a aussi fait part de son intention d’être candidat à la primaire socialiste. Il a été deux fois ministre dont celui de l’Éducation sous Hollande et chaque fois il a perdu sa « job ». À mon avis, il n’est pas de taille avec les autres.
Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation, représente le courant central du Parti socialiste et deviendra le candidat-surprise de la primaire. Toujours loyal à Hollande, à ses décisions, à ses premiers ministres, il n’est pas l’homme des petites phrases assassines. Il a été à la base de la réforme de l’école primaire puis celle du collège. Ayant quitté tôt, on ne peut le blâmer de la totalité du quinquennat d’Hollande. Respecté et solide, il pourrait être l’homme de la situation.
Christiane Taubira, ex-ministre de la justice d’Hollande, vient de Cayenne de la Guinée Française. Une pétition, comprenant 70 000 noms, la supplie d’être candidate à la primaire socialiste. Vraiment de gauche, elle a quitté le cabinet d’Hollande en contestation des mesures de sécurité imposées suite aux attaques terroristes à Paris. Elle hésite à accepter d’être candidate à la primaire socialiste car elle n’a aucune chance de gagner. On peut prévoir que d’autres candidats de nature moins importante s’ajouteront à la liste.
Emmanuel Macron, attaché à aucun parti politique, a été un protégé de Hollande qui l’a nommé son ministre de l’économie. Jeune de 38 ans, très articulé, brillant, racé, il sait bien expliquer ses positions économiques et impressionne particulièrement la génération Y qui voit en lui, le seul homme politique qui parle son langage. Il a quitté avec fracas le cabinet d’Hollande, se disant de gauche et non socialiste. Il veut susciter une « révolution démocratique » contre un système politique français qui se retrouve, selon lui, dans le « vide ». Il vise à unir la gauche et la droite en une équipe centriste. Il refuse d’être de la primaire et organise son propre mouvement pour sa campagne.
Puis, il y a, à la droite de la droite, Marine LePen du Front National.  C’est du sérieux comme possibilité de gagner. Elle a su, avec les années, s’imposer grâce à son intelligence, ses connaissances et son supérieur caractère de combattante politique. Salie, moquée, insultée, ridiculisée et encore, elle continue néanmoins à grimper dans les sondages car elle frappe le clou sur la tête des problèmes qui confrontent ses compatriotes. Son discours contient du vrai, de la réalité et il résonne positivement dans la tête d’un très grand nombre de Français. Elle est impressionnante et dépasse de cent coudées la majorité des politiciens français. Mais son programme politique de droite de la droite fait peur à un grand nombre qui se rappelle le passé fasciste de l’Europe et qui l’attache exagérément à Marine LePen en la qualifiant de tous les mots et maux comme si elle était frappée de la peste.
On peut difficilement prédire les résultats d’une telle primaire ouverte où près de quatre millions de personnes viendront choisir leur candidat. Une surprise aussi grande que celle qu’a créée François Fillon peut en être le résultat. Je ne crois pas que se sera Valls, car il porte le blâme de l’impuissance d’une grande partie du régime Hollande. De plus, son discours démodé, son vocabulaire étourdissant, ses constantes leçons de morale, sans sourire, ne lui donnent plus un air d’authenticité.  
Aujourd’hui, il semble que les candidats principaux pour l’élection du prochain président de la France seront : François Fillon représentant la droite et son parti « Les républicains » ; Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon que je qualifie de favoris pour gagner la primaire socialiste ; Emmanuel Macron pour son propre parti et Marine LePen pour le Front National.
L’élection d’un président français est à deux tours. Il est fortement probable que Fillon sera au deuxième tour avec Marine LePen car les Français rejetteront le Parti socialiste malgré tous ses efforts pour regagner leur confiance.  
Les Français auront alors un choix final entre un candidat de droite et un candidat de droite de la droite que plusieurs qualifient d’extrême-droite. Et, si on se fie au mouvement populiste qui s’empare du monde d’aujourd’hui, le résultat sera serré.

Claude Dupras

vendredi 23 septembre 2016

Les Y : Citoyens du monde

Les générations se suivent mais ne se ressemblent pas.
 
Depuis la mienne, la génération silencieuse née de 1925-1945, se sont succédées celle des baby-boomers de 1945 à 1960, celle de la génération X dite du « baby-bust » de 1961 à 1980 et celle, qui arrive en trombe aujourd’hui et dont tout le monde parle de plus en plus, la génération Y, ou les Millennials (certains disent « Milléniaux » en français) de 1980 à 2000.
Pourquoi Y, certains disent que ça vient du mot anglais « Why ? ». C’est la question qu’ils posent et qui marque leur remise en cause systématique des contraintes qu’on veut leur imposer. D’autres y voient le Y sur leur poitrine dessiné par les fils de leurs écouteurs reliés à celui qui rejoint leur baladeur. Millennials, parce qu’il ferme le deuxième millénaire. C’est la génération émergente.
Avec 92 millions d’individus aux USA, la génération Y est la plus nombreuse dépassant même celle des baby-boomers qui compta 77 millions d’enfants nés aux lendemains de la 2ième guerre mondiale dans un moment de paix, de prospérité, de plein-emploi et de progrès.
Entre les deux, la génération X a connu un faible taux de natalité avec 61 millions d’enfants dans une atmosphère d’augmentation des divorces, de l’arrivée des femmes sur le marché du travail, de la pilule contraceptive, etc…
Même si le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé, le fossé avec les générations précédentes peut s’expliquer par un changement rapide de la société à cause de l’apparition de nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’Église, l’armée, même la famille sont moins influentes pour eux que l’internet, la télévision et les réseaux relationnels. Ils n’ont pas connu de menaces d’apocalypse de guerre froide, ni un monde sans le SIDA.   
Au Canada, la génération Y compte 8,9 millions d’individus dont 700 000 sont sans emplois et 4,5 millions vivent chez leurs parents. Plus de 60% ont un smartphone et écrivent un minimum de 60 textos par jour.
Les Y représentent 15% de la population européenne et 40 % de la population active en France (salariés, non-salariés et chômeurs).
En Europe de l’est, les Y sont venus en âge ou sont nés après la libération de leur peuple du communisme en 1989. Ils ont appris des notions inconnues de leurs parents, tels le chômage, le consumérisme, la liberté d’expression, la liberté d’entreprendre, l’acceptation des inégalités sociales, la démocratie… et ils ont pu faire la part des choses de chaque système politique, totalitaire ou démocratique.
C’est une génération de rebelles qui veulent un bon emploi pour s’épanouir au contact de l’action et travailler en s’amusant. Elle est influencée par la culture du partage et non par la compétition ou l’égoïsme. Elle veut être active sur les nouvelles plateformes sociales. Elle est née alors que l’intérêt général de la population pour l’écologie se manifestait, alors qu’avant, seule une minorité s’en préoccupait. Elle est « la génération performance » dopée au travail, mais aussi « la génération micro-ondes » qui exige tout, tout de suite.
Les Y étaient jeunes lors de l’introduction massive de l’information, de la téléphonie mobile, de la photo numérique, du GPS, etc… et ils ont acquis une maitrise intuitive de ces équipements dépassant même celle de leurs parents Le jeu vidéo est pour eux banal alors que la génération X le découvrait. Pour les américains, ce sont les digital natives.
Leur identité s’est forgée par les apports culturels autour d’eux. C’est surtout devant la télévision qu’ils ont grandi et elle les a grandement influencés. 
Bien éduqués, les Y répondent à la pénurie de la main d’œuvre hautement qualifiée. Mais se sachant rares, ils savent ce qu’ils valent et l’exigent. Pour eux, l’autorité n’est pas nécessairement synonyme de compétence et ils ne craignent pas de se comparer car ils peuvent communiquer directement ou avec l’aide des technologies. Ils n’acceptent pas le principe de la priorité de l’ancienneté au travail et veulent plutôt être jugés par leur contribution.  
Cependant, le travail pour eux n’est pas nécessairement au premier plan. Ils refusent de travailler les week-ends ou les jours de fêtes et veulent du temps pour décompresser afin de protéger leur santé mentale et physique qui est pour eux de première importance.  
En somme, les Y recherchent une meilleure qualité de vie, conciliant travail, liberté, autonomie et intérêt personnel. Ils pensent à court terme. Ils sont très mobiles.
Plus à l’aise avec les technologies et internet, ils ont facilement accès à l’ensemble des outils de création et de communication contrairement aux générations précédentes, ce qui leur permet de diffuser sur-le-champ leurs travaux dès leur production. Mais ce sont surtout des consommateurs des nouvelles technologies plutôt que des créateurs.
La génération Y se déplace beaucoup. Elle profite de la baisse des coûts de transport aérien, des autos et du transport en commun. Les études et échanges à l’étranger sont nombreux. Contrairement à la génération précédente, son kilométrage annuel a diminué de 23%. C’est l’avion et le surfe sur internet qui l’intéresse. Ou encore le vélo qu’elle a adopté de plein cœur. 
Chez les 18 à 31 ans, 23% de jeunes mariés américains vivent dans leur propre appartement. Ce pourcentage a chuté de 50% depuis 1960. Un nombre grandissant de jeunes choisissent de vivre à la maison avec leurs parents, puisqu’ils jugent que le mariage peut attendre.
Les Y veulent aussi être en bonne santé et non seulement « pas malades ». Ils recherchent de la nourriture enrichissante, ne fument pas, ne boivent pas et sont concentrés sur l’entrainement physique.
Pour eux, une marque reconnue d’un produit n’est pas suffisante pour confirmer un achat. Pour leurs achats au commerce de détail, 42% des Y achètent en ligne au moins une fois par mois et veulent qu’on leur facilite l’utilisation de leurs appareils mobiles pendant qu’ils sont dans les magasins. Avant d’acheter, ils comparent les prix, en ligne ou sur leur appareil mobile, avec ceux de la concurrence au Canada et dans le monde, lisent les critiques de produits, obtiennent des coupons et des codes promotionnels et concluent l’achat par voie numérique ou au magasin.
47% des Y sont confiants de pouvoir vivre une retraite idéale, alors que seulement 1/3 des baby-boomers pensent la même chose.
Même si tous les individus de l’Occident de cet âge sont des millenials, leur pays influence leur mode de vie, Ainsi les Y canadiens ont plus de potentiel économique que leur contrepartie américaine. À ce jour, 50% des Y canadiens possèdent une maison et cela à un âge plus jeune que leurs parents. En comparaison à 36% pour les américains. Ces derniers ont des conditions de travail moins bonnes que leurs semblables au Canada, les offres d’emplois sont plus rares et ils ont moins d’accès au crédit. De plus, les jeunes américains ont des dettes étudiantes beaucoup plus importantes que les canadiens.
Cette bonne performance des canadiens est due en grande partie aux femmes qui sont mieux éduquées et aux offres d’emplois pour elles qui atteignent des niveaux records au pays. Encore-là, les américaines performent moins bien.  
La génération Y comme les autres générations est critique de la génération précédente. Ainsi, elle regarde de haut la génération X qu’elle considère comme ayant été une bande de bousilleurs qui bâclaient leur travail, retardaient leurs prises de décision, ne rêvaient que de divertissements, avaient un moment d’attention très court et retardaient leur mariage car ils avaient peur de divorcer. 
Quant à la génération X qui suivit les baby-boomers, elle jugea ces derniers comme une bande centrée sur elle-même, inconstante et pas pratique.  
Pour le journaliste Joel Stein du magazine américain Times, « les Y sont trois fois plus touchés que leurs parents par des troubles de personnalité narcissique. Ce sont des obsédés par leur apparence physique et le désir de devenir célèbres. Ils manquent totalement d’ambition dans leur vie professionnelle. C’est pourquoi ils vivent plus nombreux avec leurs parents. Cette génération n’essaie pas de confronter l’establishment comme ses aïeules mais elle vit en dehors, inventant ses propres règles ».
Par contre, une étude par Jean Pralong, sur un échantillon français, conclut à « l’absence de différences entre les X et les Y dans le rapport au travail, à l’entreprise et à la carrière ». En fait, « ce ne sont pas les gens nés après 1980 qui sont narcissistes, ce sont les jeunes personnes qui sont narcissistes et qui par la suite s’en sortent au fur et à mesure qu’ils vieillissent ». Mais la France n’est pas l’Amérique.   
Les changements démographiques générés par chaque génération modifient les priorités des individus et, par conséquent, leur approche à la solution des problèmes. Selon les recherches du Centre pour l’Étude de la citoyenneté démocratique (CECD) du Québec, les succès ou les insuccès d’un parti politique peuvent être liés directement au « remplacement progressif de l’électorat par la nouvelle génération ». Les Y se ressentent des « citoyens du monde » et expriment une pensée politique marquée par ce sentiment. Ils sont au centre-droite du spectre politique. L’étude démontre aussi qu’« ils appuient l’importance de l’éducation et le respect de l’environnement mais accordent moins d’importance à la souveraineté et à la charte des valeurs ». Il me semble fort logique que chaque génération se distingue.
« Le parti québécois (PQ) qui avait été porté par les générations des baby-boomers et des X, a vu chuter ses résultats dès que les Y ont eu droit de vote. Alors que ce parti était le 1er choix des baby-boomers, le 2e de la génération X, il est devenu le 3e de la génération Y. » Cela s’explique en partie par le fait que ce parti est plus à gauche que les Y. Rien n’est évidemment tout perdu car un parti politique peut toujours redéfinir son projet politique pour s’adapter aux circonstances changeantes, mais ce peut être difficile si la question est fondamentale.
La génération des Y est unique de celles qui l’ont précédée. Elle a grandi lors d’une croissance économique sans précédent et a été éduquée durant le temps où le respect de soi était important et la technologie avancée devint disponible. Même si ces individus n’ont pas tous les mêmes comportements ou attitudes, que ce soit au travail, dans les magasins réels et en ligne ou dans l’isoloir électoral, leur interaction est évidente dans la façon qu’ils échangent et consomment l’information.  
Claude Dupras

sources: Internet, Times

samedi 23 juillet 2016

Coluche, c’est ça que ça donne un humoriste !

Coluche, le plus grand humoriste français, était un « philosophe et humaniste » qui dans sa salopette aimait dire ses quatre vérités. Il avait une tête politique capable d’aborder les grands problèmes de la société et démontrait qu’il était en avance sur son temps avec une liberté de ton et d’imagination qui scandalisait déjà à l’époque. Ses amis le voyaient comme « un personnage angoissé, d’une grande intelligence et très généreux, avec une réflexion forte sur la vie ».

Il revendiquait parfois la « grossièreté » mais « sans jamais être vulgaire ». On lui avait demandé si on pouvait tout se permettre, il avait répondu « oui, absolument tout, sauf ne pas faire rire ». Sans vulgarité.
Coluche défendait aussi les plus faibles et, malgré ses immenses succès sur scène, il a créé les « Restos du Cœur » pour leur servir des repas. Aujourd’hui, « 30 ans après sa mort, ils en servent de plus en plus pour subvenir aux 8 millions de français qui vivent sous le seuil de la pauvreté. L’an dernier seulement, ils en ont distribué 128 millions durant l’hiver ». C’est la plus grande œuvre et le vrai héritage de Coluche.

Coluche a même failli être candidat à la présidence française en 1981. Un sondage lui donna 16% d’appuis et a généré des pressions énormes du petit monde de la politique qui ont « fini par ne plus le faire rire ». Il lâcha prise. Mais son influence a persisté. Par exemple, le Parlement a voté à l’unanimité « l’amendement Coluche permettant aux contribuables de déduire de leurs impôts une partie de leurs dons aux associations ».
Il est mort happé sur sa moto en 1986, par un camion, sur une petite route du sud de la France. Les Français venaient de perdre leur amuseur public numéro 1 et ils se souviennent encore de son immense talent. Il conserve la faveur générale puisqu’il n’est pas rare de l’entendre fréquemment, encore aujourd’hui, à l’émission quotidienne de la radio française « Rires et Chansons » où on reprend ses sketchs moqueurs et satiriques, à la demande générale. C’est ainsi que je l’ai découvert depuis quelques années.

Les 30 ans de sa mort ont été marqués par la publication d’une littérature abondante, telle « Le Pavé Coluche », l’Almanach Coluche », « Chez Coluche »…
Il est un modèle pour les humoristes d’aujourd’hui.

Voici quelques phrases qui rappellent son humour tranchant sur les évènements de son pays :
Sur le racisme :

« La France est le seul pays arabe à ne pas être en guerre ».
« Tous ces étrangers seraient bien mieux dans leur pays… La preuve : nous, on y va bien en vacances ».

Sur les LGBT :
« Il était communiste et homosexuel. On l’appelait l’embrayage de gauche. Parce que c’est la pédale de gauche ».

« Les homosexuels ne se reproduisent pas entre eux et pourtant ils sont de plus en plus nombreux ».
Sur le capital et les syndicats :

« Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme ! Le syndicalisme c’est le contraire ».
« Les syndicats, c’est pour donner raison à des gens qui ont tort ».

Sur les associations juives :
« C’est un chanteur israélite, tellement il avait le pantalon moulé : non seulement on lui voyait le sexe, mais aussi on lui voyait la religion ».

« Drôle d’époque où ce sont les Allemands qui font des affaires et les juifs qui font la guerre ».
Sur le tour de France :

« Mettons que les sportifs arrêtent le doping. On aura l’air malin, nous, devant nos téléviseurs à attendre qu’ils battent les records hein ! Et puis le tour de France, pour arriver le 14 juillet, il faudra qu’il parte à Noël ».
Sur le pape :

« Dieu a dit : « Mangez, c’est mon corps ; buvez c’est mon sang ; touchez pas, c’est mon cul ».
C’est l’abbé Pierre qui présida à ses funérailles pour rappeler son aide aux plus dépourvus. Au cimetière de Montrouge à Paris, le gardien des lieux affirme que « la sépulture de Coluche est de loin celle que l’on nous demande, le plus souvent, presque tous les jours ». Le caveau de l’humoriste est constamment fleuri par les visiteurs qui laissent aussi leur message particulier. Et, au centre-ville de Montrouge, la ville a fait ériger une statue en bronze, sur la place de la Libération, qui consiste seulement en une salopette, le vêtement de spectacle de Coluche.

Cela démontre bien la qualité de ce grand homme et surtout le vide qu’il a laissé. C’est ça que ça peut donner un humoriste !
Claude Dupras

Sources, "Le Dauphin libéré", notes personnelles

dimanche 1 mai 2016

La trudeaumanie à la Justin

Le Canada connaît une nouvelle vague de trudeaumanie.

Après son célèbre père, l’ex-PM du Canada Pierre Elliot Trudeau (PET), Justin Trudeau est devenu le nouveau premier ministre du Canada suite à l’élection qui a duré un record de 78 jours et qu’il a gagnée de façon surprenante avec son parti Libéral fortement majoritaire.
Depuis, il est omniprésent dans les médias qui n’ont cessé de transmettre son image, ses actions, ses politiques d’avant-garde, ses agissements et mettre en évidence sa personnalité. Beau gosse, charismatique, enthousiaste, il a un discours de son temps comme sur l’avortement, l’euthanasie, la légalisation de la marijuana… Il pratique la boxe et a un tatoo sur l’épaule gauche. Il emprunte les médias sociaux, fait des montages multimédias, tient des séances de questions sur Twitter, utilise Instagram pour ses centaines de photos prises depuis qu'il est tout petit à aujourd’hui, etc... Avec son épouse Sophie et leurs enfants, ils reflètent le bonheur, sont heureux et sourient. Quoi de mieux pour le commerce d’images et d’illusions qu’est la politique !  

De plus, en remplaçant un premier ministre, Stephen Harper, qui s’est avéré fade et peu intéressant pour les Canadiens et le reste du monde, il a engagé le Canada dans une cure de jouvence qui en fait un pays d’avant-garde pour plusieurs. Tout comme son père, il a transformé sa victoire électorale en trudeaumanie. Et, cela a vite fait le tour de la planète où Justin Trudeau est devenu l'objet d'un engouement général comme nous en avons été témoins lors de son passage récent aux Philippines.
C’est un phénomène unique en politique canadienne qui se répète. Il transforme un politicien en icône de la culture populaire même si il y a quelques mois, avant l’élection, tous les médias le qualifiaient de chef politique soit naïf, incompétent, inexpérimenté, incohérent et immature. Personne ne voyait en lui la stature d’un véritable chef qui pourrait diriger le « plus meilleur pays du monde », comme disait Jean Chrétien et rapporté par Le Devoir.

Depuis, la presse le recherche, épie ses moindres gestes, analyse tous ses mots et les traduit en images et en textes qui épatent le monde. Tout cela fait en sorte que des gens de tous les pays, particulièrement les plus jeunes, apprécient ce qu’ils voient, en demandent davantage pour mieux le connaître et l’aiment. Ce n’est pas peut dire car si on leur demandait de nommer le PM de l’Australie ou celui de la Nouvelle Zélande ou encore celui des Philippines, peu répondraient à l’une ou l’autre des questions. La trudeaumanie déferle et désormais Justin Trudeau est une vedette internationale connue et le Canada est sur toutes les lèvres. Les vendeurs en ligne en profitent. Des photos signées aux figurines, tous les moyens sont bons pour capitaliser sur le succès du nouveau premier ministre. La demande est forte.
Évidemment, un tel chef ne peut faire l’affaire des séparatistes québécois qui voient subitement apparaître un nouveau chef politique fédéraliste se lever et qui est de plus en plus écouté. Pour eux, il devient une embûche additionnelle et importante à leur démarche de convaincre les Québécois de quitter le Canada. Alors, on se moque de la trudeaumanie, on informe mal et on le dénigre finement et sournoisement tout en cherchant à diminuer son importance à l’étranger, dont en France, lors de rencontres, entre autres, avec la presse ou d'articles de magazine.. Ce qui est, à mon avis, de bien mauvais goût car, comme on dit chez nous, on n’étend pas son linge sale sur la corde à linge du voisin.

D’autant plus, que les Français admirent le Canada. J’y vis quatre mois par ans depuis 15 ans et j'en suis témoin. J’y ai fait un très grand nombre d’amis et de connaissances et constamment j’en rencontre de nouveaux. En général, ils aimeraient venir visiter notre pays, y travailler et même y vivre pour plusieurs. Jamais ai-je rencontré un Français me parler contre le Canada. Certes, on est très sympathique à la défense de la langue et de la culture française au Québec et on favorise le Québec dans les débats sur ce sujet. Ce qui est bien normal. Mais on envie le Canada, ses grand espaces, sa nature, son climat, son économie, sa population, son genre de gouvernement, son mode de vie…
A ce jour, Justin Trudeau va bien. Il a amélioré les relations avec les États-Unis. Il a accueilli 25 000 réfugiés syriens dans l’ordre. Il a signé l’entente globale sur le climat à Paris. Il a rétabli les relations diplomatiques avec l’Iran et a renforcé celle avec le Mexique. Il a promis de signer les ententes de libre–échange avec l’Europe et avec les pays du Pacifique. Il a annulé les missions de bombardement en Irak pour les remplacer par des missions humanitaires et de conseillers auprès des Kurdes. Il a engagé des discussions avec Obama pour la vente du bois d’œuvre canadien et pour d’autres sujets importants mis de côté par le gouvernement conservateur. Il a rencontré les premier-ministres des provinces et les leaders des territoires canadiens. Il travaille en collaboration avec l’ONU et le Commonwealth pour l’aide aux pays africains. Il prépare une entente particulière avec le président Obama sur le climat. Et, encore… Quelle différence d’approche, quelle fraicheur par rapport au gouvernement Harper !

Actuellement, tout est beau et positif pour Justin Trudeau et le sera pour une bonne période de temps, mais on ne peut oublier que la trudeaumanie à une fin. Celle de Pierre Elliot Trudeau s’est terminée dans un « dégoût quasi-universel dans l’Ouest canadien et ce mépris était partagé par beaucoup de québécois » pour d’autres raisons.
Après avoir été porté par la trudeaumanie, PET a été élu PM du Canada. Mais, 14 mois plus tard, il a été humilié et battu à l’élection suivante, par le jeune chef progressiste-conservateur Joe Clark qui dirigea un gouvernement minoritaire. Plus tard, PET revint au pouvoir pour diriger le pays durant cinq autres années...

Justin Trudeau se rappelle sûrement de ces moments de la trudeaumanie de son père. Il doit savoir que la sienne aura une fin. J’espère qu’il ne sera pas tenté de la maintenir au prix de ne pas prendre les décisions qui s’imposent dans l’intérêt du Canada. Son père a été un grand leader. On peut être ou ne pas être en accord avec sa personne ou son leadership, comme moi, mais il faut quand même reconnaître que lorsque l’intérêt général du pays était en péril, il s’est levé et a dirigé le Canada au détriment de sa popularité personnelle, de la trudeaumanie et de sa réélection car son moto était : Nous vivons dans un monde difficile: nous devons être nous-mêmes vigoureux; l'avenir n'est pas aux timides et aux faibles. J’espère que Justin Trudeau sera comme son père, ce jour-là, mais prendra des positions plus réalistes vis-à-vis le Québec !
Il ne lui reste maintenant qu’à tenir ses promesses et de continuer à traduire sa nouvelle trudeaumanie en influence diplomatique. Bonne chance !

Claude Dupras

 

vendredi 25 mars 2016

L’affront à Marine Le Pen

Marine Le Pen est venue au Québec. Cette femme députée de France et de l’Union Européenne, cheffe du parti français le Front National (FN) qui est actuellement le premier des partis de France (celui qui obtient le plus de votes), avait pensé venir rencontrer les Québécois pour parler politique française et internationale. Elle s’attendait, comme démocrate, à être reçue poliment et avoir l’opportunité de discuter normalement avec ses homologues québécois et la presse pour mieux faire connaitre le FN qui grandit d’élection en élection, prend de plus en plus de place sur l’échiquier politique de la France puisqu’il dirige maintenant des régions gouvernementales et plusieurs villes dont des grandes. Son influence de plus en plus importante mérite d’être connue et comprise par les citoyens québécois et canadiens et elle avait raison de venir nous rencontrer pour mieux se faire connaître et expliquer ses positions politiques.

Elle a été reçue comme un chien dans un jeu de quilles. Évitée, critiquée, contestée, insultée, elle a été traitée d’une façon inconvenable, comme si elle n’avait pas droit à ses opinions, comme si nous ne vivions pas dans une démocratie, par des personnages politiques qui ont démontré au monde, en quelques jours, la petitesse de la politique québécoise. Du PM québécois Couillard, aux chefs des oppositions Pierre Karl Péladeau (PKP) et François Legault, ce fut honteux de les voir refuser de la rencontrer et de réagir avec politesse ne serait-ce que par respect pour les institutions politiques françaises. Ils semblent ne pas avoir compris que le FN est, en France, de plus en plus considéré comme un parti comme un autre. Que les choses changent ! C’est le journaliste du journal Le Monde, Jean-Yves Camus spécialiste de l’extrême droite, qui a écrit il n’y a pas tellement longtemps « il faut admettre que la formule consacrée selon laquelle le Front National serait un parti antirépublicain, véhiculant le racisme et l’antisémitisme, n’est plus opérante ».
Nos personnages politiques et nos journalistes ont agi par ignorance et ont démontré leur retard sur l’évolution de la politique en France.
La presse locale, française et même mondiale s’est empressée de rapporter, comme il se doit, le déroulement de ces quelques jours de Marine Le Pen au Québec où le tout s’est terminé par une entrevue mal ficelée, d’une trentaine de minutes, à l’émission 24/60 de Radio Canada, animée par la journaliste expérimentée Dussault qui a agressé malhabilement et injustement Marine Le Pen avec des questions et des sous-entendus insensés sans rapport réel avec l’opportunité d’une telle visite chez nous.
Le Front National est un parti de droite. Souventes fois et encore aux dernières élections, pour gagner des votes, ses adversaires politiques n’ont cessé de le qualifier d’extrême droite dans la lignée des partis fascistes de la deuxième guerre mondiale en Italie et en Allemagne, même si ce parti n'est que quelque peu à droite de la droite traditionnelle. Il est moins à droite sur certaines politiques que le parti conservateur du Canada et beaucoup moins à droite que les politiques défendues par le candidat républicain Donald Trump.

En France, les adversaires du FN trompent l’électorat et cherchent continuellement à créer la peur de la venue au pouvoir d’un tel parti. Malgré les campagnes négatives à outrance, le FN a grandi d’élection en élection et aux dernières élections européennes à maximisé son électorat dès le premier tour pour devenir le premier parti de France au point qu’il peut même l’emporter seul au 2e tour en allant chercher des votes chez les abstentionnistes et dans les autres partis, mettant fin à la formule du passé du « front républicain solide » qui se créait (droite et socialiste) pour le bloquer. La donne politique en France a changé.
Le Parti Socialiste (PS) d’Hollande et le parti Les Républicains (LR) de Sarkozy ont donné, suite à des revers importants, le pouvoir au FN, pour une première fois dans des départements français. Il en a gagné deux plus un grand nombre de villes.
De plus, malgré les évènements tragiques comme la tuerie de Charlie Hebdo, le FN s’est haussé à 30% d’opinions favorables, alors qu’avant il callait dans les sondages lors de telles situations.
Marine Le Pen a changé le Front National depuis qu’elle le dirige. Elle a mis de côté l’antisémitisme du père et récupéré plusieurs éléments du programme de la gauche, comme la laïcité et la défense des emplois industriels contre l’Union européenne. Les milieux populaires sont tentés par Marine Le Pen et le PS a beau crier, il ne répond plus aux motivations de ces lecteurs.  (Journal Le Devoir)
Depuis les 15 dernières années, je vis en France 4 mois par an dans un village de Provence près d’Avignon. Toujours intéressé par la politique, j’ai appris à connaitre mieux la politique française, ses partis, leurs programmes et ses personnages. J’ai suivi chaque élection de près, qu’elles soient présidentielles, départementales, municipales ou cantonales. J’ai vu et entendu sur la télévision française et la radio française, les débats, les grands discours, les commentaires d’analystes politiques chevronnés, les interviews des principaux joueurs, etc.. Je dois admettre que cela n’a rien à voir avec ce qui se passe au Québec ou au Canada. On se retrouve à un autre niveau, supérieur et beaucoup plus complexe.
J’ai suivi la carrière politique de Jean-Marie Le Pen, un homme cultivé et brillant mais surtout un des grands orateurs politiques français. Son problème était qu’il poussait trop à droite et finalement, comme beaucoup de français, j’ai compris qu’il ne pouvait être au pouvoir. Puis vint Marine Le Pen.  
Au début, la nouvelle présidente du Front National, ne m’impressionnait guère. Nonobstant qu’elle projetait une belle image, qu’elle était cultivée, solide, je demeurais avec le souvenir du père et la comparaison atténuait ma curiosité. J’avais l’impression que le parti disparaitrait d’autant plus qu’il y avait une bataille de clans dans les rangs pour la direction du parti.
Mais des élections se déclenchèrent et dans mon village, qui votait en majorité pour le père, j’ai constaté que le vote FN se maintenait et augmentait même. C’était de même dans les villages voisins des départements du Gard et du Vaucluse. Je ne comprenais pas car la presse maintenait une ligne fortement négative sur le FN et ses chefs. Elle en faisait des diables dangereux pour le bien être des français et le futur de la France. La campagne négative était si intense que les supporteurs du FN hésitaient à s’afficher ouvertement et à admettre en privé qu’ils votaient FN.
Avec le temps cela a changé. La diabolisation s’est évaporée au point que plusieurs de mes voisins, amis et connaissances m’apprirent qu’ils votaient FN. Des médecins, des gens d’affaires, des entrepreneurs, des professionnels, des enseignants, des ouvriers, des sportifs qui en ont marre des personnages politiques français actuels et qui veulent de grands changements en économie, en immigration, etc...
Après avoir eu confiance en Sarkozy, puis en Hollande, ils sont désespérés de la situation en France. Ils se sont mis à écouter Marine Le Pen. Et chaque jour, elle a gagné des points et continuent à le faire au point que l’on prédit qu’elle sera au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle. Sera-t-elle capable de le gagner ? That is the question !  
Si, à cette élection, Marine Le Pen devient présidente de la France et vient en visite officielle au Québec, nos chefs politiques refuseront-ils encore de la rencontrer? Et si Donald Trump devient président des USA et visite le Québec, vont-ils le boycotter parce qu’il est plus à droite que Marine Le Pen ? Et madame Dussault à Radio-Canada sera-t-elle aussi irrespectueuse ?
Claude Dupras

samedi 3 octobre 2015

Un monde sans race

En France, on est à cheval sur le mot race. Le dernier incident qui met en relief cette affirmation est la conséquence d’une sortie verbale de l’ex-ministre du gouvernement Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, qui a lancé dans une interview à la télévision que « la France est un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères ». Hors, De Gaulle n’a jamais écrit cela. Ce sont des propos qu’il aurait tenus dans une réunion privée et rapportés par une personne qui les aurait entendus.
Morano a aussitôt été attaquée violemment par l’opposition et la presse en général. Nonobstant cette levée de boucliers, Morano a persisté, signé et répété ses propos à Moscou, où elle était invitée, en affirmant « la France est un pays de race blanche avec des noirs, comme le Congo est un pays de race noire avec des blancs ». Elle semble vouloir dire que tous les membres de la population française, plurielle et métissée, ne sont pas égaux. 
Selon le "Trésor de la Langue Française Informatisé", le mot « race » signifie en biologie : « Ensemble de personnes qui présentent des caractères communs dus à l'histoire, à une communauté, actuelle ou passée, de langue, de civilisation sans référence biologique dûment fondée ». Ou encore « Subdivision de l’espèce fondée sur des caractères physiques héréditaires, représentés pas une population.
Nadine Morano avait annoncé qu’elle serait candidate à la primaire pour le choix du candidat à la présidentielle du parti « les Républicains », ex-UMP, aujourd’hui dirigé à nouveau par Sarkozy. Ce dernier, qui veut aussi briguer les suffrages de la primaire, n’a pas aimé ses propos et l’a renié sur le champ malgré le fait qu’elle avait été l’une de ses plus grandes supportrices durant la traversée du désert qu’il a connue, suite à sa défaite aux mains de François Hollande. Dans un premier temps, il a demandé que l’investiture de la candidature de son parti pour Morano en vue des élections régionales pour le comté de Meurthe-et-Moselle soit retirée. Cela me semble une réaction exagérée.
Mais Sarkozy a été encore plus loin. Il a déclaré vouloir enlever le mot « race » de la constitution de la France. Le parti socialiste a emboité le pas pour se dire en accord avec cette proposition. En fait, ils reconnaissent la proposition de loi adoptée le 16 mai 2013 par l’Assemblée nationale française visant à supprimer le terme « race » de la législation française et à modifier la constitution qui mentionne l'égalité de tous devant la loi, « sans distinction d'origine, de race ou de religion ».
Alors quel mot employé ? Population, ethnie, espèce, sous-espèce, famille, genres… ou est-ce que le mot « origine » couvre tout ?
Au Québec, on accepte de dire « race blanche », « race noire », « race jaune » ou « peaux-rouges » tout en oubliant les autres de couleurs métissées. Et, comme dans l'ensemble du Canada, on identifie, de plus en plus, l’origine ethnique. Ce qui signifie, en fait, que le Québécois ou le Néoquébécois non francophone est d’une « race » différente que celle de la majorité, même si sa famille est au pays depuis plusieurs décennies et qu’il soit né au Québec. C’est ainsi que l’on dit : « lui il est un anglais, un italien, un grec, un polonais, un irlandais, un algérien, un haïtien, un congolais.. ». En fait, le mot race est rarement utilisé. Mais on semble y faire allusion en créant une différence entre chaque individu sur la base des définitions mentionnées précédemment du mot « race ». Pour plusieurs, les vrais Québécois sont les francophones, surtout pour ceux qui espèrent la séparation du Québec de l’ensemble Canadien. Souventes fois, ces derniers dénigrent, même ouvertement, « les anglais » du West Island, le quartier particulièrement anglophone de Montréal. … De plus, lorsqu’ils disent « Nous les Québécois… on ressent qu’ils n’incluent pas toujours les autres dans ce « nous ».
Ce qui surprend dans ce débat en France est le préjudice du monde politique face au mot « race ». Il semble que l’idéal serait un monde sans race.
Le Français moyen ne s’exprime pas trop ouvertement sur ce sujet mais on sent que cela le touche car il réagit. On peut en juger par l’accroissement des rangs et de la popularité du parti du Front National, qui ne craint pas de parler de la défense de la race. Les hommes et femmes politiques des autres partis se montrent très sensibles à ce phénomène et s’inquiètent pour des raisons électorales ? On peut penser que Nadine Morano s’est exprimée comme elle l’a fait sur la place publique car elle craint la débandade de son parti de droite aux élections devant le FN qui gruge ses supporteurs et qu’elle voulait ainsi ramener au bercail plusieurs égarés.  
Mais, ce qui est plus important, ce sont les immigrés et migrants en sol de France depuis la guerre d’Algérie, particulièrement ceux des dernières années, qui s’inquiètent que leur pays d’adoption ne soit pas à la hauteur de sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité », si le Front National gagne le pouvoir.  

Claude Dupras

jeudi 27 août 2015

L'Iran et les Canadiens

C’est actuellement la période touristique de pointe en Iran. Les visiteurs y affluent de tous les continents pour visiter les merveilles de ce pays si riche que son passé de 5 millénaires lui a laissées. 

L’Iran, pays des poètes et des roses, a rouvert au monde son musée à ciel ouvert. 
J’ai rencontré des amis français qui en sont revenus ébahis et enchantés. Non seulement ils ont pu, lors de leur voyage culturel et historique, admirer les grands trésors que le pays renferme mais ils ont été enchantés de la réception que les Iraniens et Iraniennes moyens leur ont réservée. Partout, c’était un accueil chaleureux exprimé par des sourires, des salutations, des politesses et des attentions d’aide. Ils en furent agréablement surpris.
Mon épouse et moi avons décidé d’y aller et de profiter de l’ouverture du pays pour le visiter et mieux comprendre et apprécier son histoire artistique, musicale, poétique, philosophique, de traditions et d’idéologies.
Grâce au site internet Evaneos.com, nous avons accédé aux différentes possibilités de voyages préparés pour plaire à tous les goûts. Fixé pour octobre, le voyage de 10 jours fut négocié facilement, en français, avec un représentant de l’agence locale iranienne installé en France. Nous avons choisi le thème « Les trésors de la Perse » qui nous amenait à Téhéran, Chiraz, Persépolis, Ispahan et Yazd pour visiter les villes, les villages, les palais, les citadelles, les bâtiments, les constructions monumentales, les jardins, les places, les quartiers, les marchés publics, les bazars, les musées archéologiques et historiques, les superbes immenses mosquées, les collections préislamiques, les peintures, les fresques, les tapisseries, les musées (du tapis, des joyaux nationaux, de l’eau, du verre, de la céramique, etc..), les fontaines immenses, etc…
Je m’imaginais le superbe photoreportage que je pourrais préparer à mon retour et l’occasion de pouvoir le partager avec mes amis.
Nous avons confirmé notre voyage, les dates, les vols internationaux et… nous avons tout annulé !
La raison. Le Canada n’est pas la France ou un pays européen. Notre premier ministre Stephen Harper, qui est, selon Benjamin Netanyahou, « le plus grand ami d’Israël », est le pire ennemi de l’Iran. Alors que les USA discutent de la réouverture de leur ambassade à Téhéran après avoir réussi, en compagnie de la Russie, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, à négocier une entente sur le nucléaire iranien, le Canada continue à dénigrer l’Iran tel qu’en fait foi la déclaration du ministre le lendemain de l’entente : «L’Iran reste l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales ».
De plus, le Canada, contrairement aux autres pays, recommande aux Canadiens et Canadiennes « d’éviter tout voyage et de ne pas visiter l’Iran », prétextant que l’ambassade canadienne, fermée en 2012, demeure close et que les services normaux qu’elle devrait rendre aux Canadiens en nécessité, sont inexistants. De toute évidence, de plus en plus, cela n’est que de la bouillie pour les chats !
Nonobstant que les chefs des partis d’opposition, notamment celui du NPD, proposent de rouvrir l’ambassade canadienne en Iran si leur parti prend le pouvoir à l’élection fédérale d’octobre prochain, le PM Harper continue à dire NON. De plus, son gouvernement affirme créer des délais pour l’émission de documents de voyage ou le remplacement d’un passeport perdu.
Par ailleurs, pour toute sortie du Canada, le voyageur se doit de prendre une assurance-voyage pour couvrir les risques d’accident ou de maladie. Encore-là, pour l’Iran, le Canada créé problème et c’est la raison principale de l’annulation de notre voyage en Iran. Nous avons une telle assurance-voyage mais elle contient une prévision pour exclusions et protections non couvertes : « Tout problème de santé dont vous souffrez ou que vous contactez dans un pays… à l’égard duquel le ministère des Affaires extérieurs a publié, avant la date de votre départ, un avertissement officiel conseillant aux Canadiens d’éviter tout voyage, essentiel ou non, dans le pays ». En fait, à cause des mauvaises relations du Premier Ministre de notre pays avec l’Iran, notre assurance ne nous protège pas. 
Par contre, de leur côté, le Royaume Uni, la France  et la Chine ont rétabli leurs ambassades avec l’Iran alors que les USA sont en pourparlers comme ils viennent de le faire à Cuba. 
Si un Canadien décide de faire le voyage quand même en oubliant les restrictions gouvernementales, il lui faut dans un premier temps faire application au gouvernement iranien pour obtenir la permission de faire une demande de visa. Avec cette confirmation en main, il doit se rendre en personne à l’ambassade iranienne à Ottawa pour faire application. Plus tard, le visa lui est envoyé en bonne et due forme par la poste à son adresse. Si vous ne demeurez pas dans la ville où se situe l’ambassade iranienne, c’est complexe et coûteux.
Pendant ce temps, les ressortissants d’autres pays peuvent obtenir un visa d’entrée à l’aéroport d’Iran.
Contrairement aux gouvernements canadiens précédents qui ne prenaient parti ni pour Israël ni pour la Palestine, le gouvernement conservateur continue à jouer une carte politique palestinienne qui nuit à notre pays. Et, ce sont nous les Canadiens qui en payons le prix. 
Déjà, selon le rapport alarmant de l'ONU, nous et nos descendants ne pourrons plus voir et apprécier les trésors de plus de 300 sites du patrimoine culturel syrien et mondial qui ont été détruits, endommagés ou pillés par Daech en plus de quatre ans de guerre, notamment l'une des forteresses les plus anciennes et les plus vastes au monde à Alep, les temples romains de Palmyre, ou les statues assyriennes du 1er millénaire à Hassaka…
Les visites culturelles, historiques et touristiques du fabuleux pays qu’est l’Iran se doivent d’être facilitées pour que les Canadiens aient toutes les opportunités de découvertes des uniques trésors du passé lointain dans ce pays de 80 millions d’habitants.

Claude Dupras 

mercredi 4 mars 2015

Réponse à un Montréalais tunisien né à Paris et musulman


Suite à mon dernier blog « La France, le Québec et la laïcité », j’ai reçu le commentaire suivant :
Bonjour M. Dupras
……
Concernant le livre d’Éric Zemmour, nous pouvons en discuter en long et en large, malheureusement je pense que les maux de la France sont beaucoup plus profonds que les thèses énumérées par ce journaliste qui, en passant, surf sur une vague qui fait de lui une personne qu’on invite aux émissions juste pour attendre la ou les polémiques (voir ce vidéo https://www.youtube.com/watch?v=-rk64vrYAvs).

Je vous invite aussi à regarder le vidéo d’un tête-à-tête avec Patrice Leconte, le cinéaste qui, lui, défend véritablement les valeurs françaises que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, la moralité est très intéressante.
https://www.youtube.com/watch?v=1JExRkB7gxw

Quant à l’islamisation du Québec (qui n’aura jamais lieu), je vous en parlerai une autre fois en citant des personnes intellectuelles et des penseurs de renommée internationale d’origine Arabe tel que M. Tarak Ramadan que je vous invite à lire (justement voilà une joute verbale avec Éric Zemmour
https://www.youtube.com/watch?v=DytabnUE8To vous constaterez que M. Zemmour ne fait jamais le poids quand il est en face de personnes qui comprennent de quoi il parle).

Au plaisir de vous lire bientôt.


Excellente continuation pour votre blog que je trouve très instructif.
Cordialement.
K.
P.S : Je suis Tunisien (maghrébin), musulman et je suis né à Paris. (il vit et travaille à Montréal)
Bonjour monsieur K.

Merci pour votre message que j’ai bien apprécié. Je suis heureux que vous considériez mon blog comme un espace de discussion libre. C’est justement ce que je voulais. Malheureusement, certains participants n’y voient qu’un endroit de partisannerie politique. Je ne cache pas que j’ai mes opinions personnelles sur la politique, comme tout le monde, mais je cherche toujours à faire la part des choses et invite mes lecteurs à faire de même. J’accepte et évalue toutes les opinions car personne ne possède toute la vérité.
Pour votre information, je vis dans le sud de la France 4 mois par an, depuis 15 ans. J’ai vu, entendu et compris beaucoup de choses sur l’évolution de l’immigration maghrébine dans ce coin de ce grand pays. J’ai constaté la division claire et nette entre les Français et la population musulmane. Elle est aussi observable sur tous les réseaux sociaux où on amplifie les problèmes, les défauts... On ne se parle pas. Pour plusieurs de ces Français, le Front National, parti de droite de la droite, est la solution.
Je vais régulièrement au marché arabe d’Avignon-sud car j’aime cet endroit coloré, bruyant, aux odeurs remarquables, où tout bouge et où les étals débordent de produits de toutes sortes et de qualité, dont des viandes halal et des dattes d’Algérie. Pourtant, j’y vois peu de Français de souche. Ces arabes parlent arabe, un grand nombre des femmes sont habillées comme dans leur pays d’origine, plusieurs hommes aussi, et cela même s’ils sont en France depuis plusieurs décennies et que la grande majorité parle le français.
Pour mon travail d’ingénieur, je suis allé durant une période de 7 ans en Algérie. J’ai eu la chance de rencontrer des gens intéressants qui sont devenus mes amis et à qui, encore aujourd’hui (40 ans plus tard), j’aime écrire, échanger des idées et rencontrer. J’y suis retourné, il y a quelques années, pour un voyage de touriste avec mon épouse et nous avons bien aimé les retrouver à Alger et en Kabylie. J’ai aussi visité la Tunisie, le Maroc et trois fois l’Égypte. Ces rencontres et ces visites m’ont donné une connaissance particulière de ces pays, de leurs peuples, de leurs religions et de leurs politiques. Ces expériences m’aident dans mes réflexions. C’est peu, mais c’est utile. 
J’ai aussi eu comme employés dans mon bureau d’ingénieur-conseil, deux musulmans, un turc et un marocain. Ils étaient compétents. Un jour, ils m’ont demandé s’ils pouvaient faire leurs prières durant le temps de travail. J’ai accepté et je leur ai dédié un endroit privé pour ce faire. À l’heure convenue, on les voyait partir avec leur petit tapis roulé sous le bras et revenir quelques minutes plus tard. Ils étaient heureux, satisfaits et cela ne faisait pas de mal à personne. Ils se savaient respectés.
J’ai regardé les trois vidéos que vous recommandez et je les ai trouvés révélatrices et instructives sur le personnage Zemmour et sur les idées qu’il défend si bien. J’ai découvert Tarak Ramadan, un être impressionnant qui tient un discours conciliateur, explicatif et qui mérite d’être écouté par les gens des deux côtés du débat.
Je ne sais si vous avez lu le livre de Zemmour, « le suicide Français », mais à mon point de vue, son effet fera beaucoup plus que de faire passer son auteur sur une vague momentanée de popularité. Je crois que Zemmour, dont les parents étaient juifs d’Algérie, s’incruste dans la politique Française et y demeurera comme un des bons défenseurs de ceux et celles qui regrettent la France d’hier. Mais ce qui compte, en réalité, c’est demain et l’influence qu’aura tout ce débat sur l’avenir de la France. Je serais surpris que l’orientation politique actuelle du pays demeure ce qu’elle est. Le bon sens, la paix sociale et les Français méritent mieux que ça.
Comme vous, je ne crois pas en l’islamisation du Québec. C’est de la foutaise. Ce n’est que le fruit d’une peur collective qui s’est incrustée dans notre société depuis quelques années. Mais j’aimerais bien que la jeunesse maghrébine puisse s’y intégrer et y participer activement comme beaucoup d’autres ont fait dans le passé, sans toutefois oublier les particularités de leurs origines et de leur religion. Je ne parle pas d’assimilation, mais d’intégration. Les Québécois ont refusé, après la conquête, l’assimilation britannique et ne réclament pas d’assimiler les nouveaux venus sur leur territoire. Le passé a démontré leur capacité d’intégration : italiens, écossais, irlandais, grecs, polonais, européens de l’est, vietnamiens, hindous, autres asiatiques, etc… (il y a plus de 100 nationalités à Montréal).
Je sais que c’est possible pour les maghrébins francophones car quelques familles algériennes qui sont à Montréal et pour lesquelles j’avais signé, comme garant, les documents d’immigration, il y a déjà plus de 25 ans, l’ont fait. Leurs enfants sont devenus médecins, ingénieurs, éducateurs, travailleurs. Ils réussissent bien et font leur marque.
Malheureusement tout est devenu une question d’image, d’illusions. On s’imagine le pire. Peut-être faudrait-il inviter Tarak Ramadan pour donner des conférences au Québec auxquelles les médias pourraient assister et transmettre à notre population la réalité et le potentiel de l’immigration maghrébine. Ou encore trouver moyen de partager ses vidéos u-tube par les réseaux sociaux à un plus grand nombre de nos concitoyens. Je le souhaite.
Merci de votre intervention.

Claude Dupras