Voici certains des qualificatifs avec lesquels MBC le décrit :
« le Canada est une immense absurdité », « un régime fondé sur la négation de la nation
québécoise », « la
subordination qui pèse sur notre peuple dans le régime canadien »,
« ce pays fondamentalement étranger
pour eux (les Québécois) », nous sommes « seulement un pion dans le jeu canadien », « l’effacement du Québec à Ottawa », « à Ottawa, on traite le Québec comme une
province parmi d’autres », le « nationalisme québécois comme un résidu historique », « absurde et humiliant pour un peuple comme le
nôtre à exister dans l’espace réduit que le Canada lui laisse »,
« nous sommes structurellement
minoritaires et subordonnées », « ce pays artificiel », « le laboratoire de la postmodernité la plus délirante »,
« une anomalie historique et
politique », « la
constitution nous nie », « programme
notre dissolution dans le paramètres d’un multiculturalisme extrême », « nous transforme en étrangers chez nous »,
ce qui est absurde c’est « d’y
demeurer aux conditions insensées qu’il nous impose », « le Canada n’est pas notre pays et à
moins de consentir à une forme de suicide national, il ne le sera jamais »…
Mathieu Bock-Coté est une jeune homme talentueux, cultivé,
sociologue, chroniqueur, chargé de cours aux HEC et profondément séparatiste.
Il aime les Québécois francophones, les autres pas sûrs. Quotidiennement, ou
presque, il écrit ou parle contre le Canada et pour le Québec. La majorité de ses
articles sont teintés de cette haine anti-canadienne qui l’enivre. Il dépasse souvent
les limites du réel, du bon sens, et est porté à exagérer ce qui le porte à
dire n’importe quoi pour dénigrer le Canada comme le démontre bien cet article
que je commente aujourd’hui.
La
formation du Canada fut logique. Elle découla de longues années de conflits
entre l’Angleterre et la France. C’est la conséquence du peu d’intérêt que les
rois de France eurent pour la Nouvelle France et du grand intérêt que les Britanniques
eurent pour l’Amérique. En effet, l'immigration
de l'Ancienne à la Nouvelle-France fut composée d’à peine 15 000 Français et
Françaises qui ont fait voile en direction du Canada au XVIIe siècle, et près des
deux tiers d'entre eux n'ont fait qu'un séjour temporaire dans la colonie avant
de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l'état de
célibataire. Les francophones du Canada descendent de seulement 4 500 immigrants
français qui ont eu un fils qui se soit marié. C'est très peu. Par contre, avec
une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles
britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant
la même période. Si la France avait envoyé, proportionnellement à sa population,
plus d’immigrants et de soldats au Canada, elle aurait pu triompher dans ses conflits
avec les anglais et l’Amérique serait probablement, aujourd’hui, française.
Le Canada, c’est l’entente finale entre les deux nations,
française et anglaise, qui apporta la paix et le développement de ses nouvelles
terres du nord de l’Amérique.
Ce n’est pas une négation de la nation française mais une
reconnaissance des nations en présence et de l’importance qu’elles soient
gouvernées par un gouvernement uni dans lequel chacune participerait. Malgré de
nombreux conflits et frictions que l’on peut qualifier de normaux, le Canada
est un grand succès et non pas une anomalie historique et politique.
Les deux grandes nations sont toujours-là sur l’immense
territoire canadien et, avec les nouveaux venus, ils sont près de 40 millions. La
nation française, moins nombreuse, vit surtout au Québec avec 6,7 millions d’individus
alors qu’un million de francophones vivent hors Québec. Au Canada, les
francophones sont près de 20% de la population. La nation anglaise occupe
majoritairement les autres provinces et 8% de la population québécoise est
anglaise de naissance. Aujourd’hui, le Québec représente 22,9% de la population
canadienne.
Malgré cette différence importante dans les chiffres, un
Québécois a été premier ministre du Canada plus longtemps qu’un canadien
hors-Québec depuis le début de la Confédération. Aujourd’hui, encore, c’est
Justin Trudeau, un des nôtres, qui est premier ministre et une part importante de
ses ministres principaux sont québécois et francophones. Le Québec n’est donc pas
qu’un pion dans le jeu canadien, n’est pas effacé à Ottawa, bien au contraire. Les
entreprises québécoises, les consultants en génie, informatique, et autres,
travaillent et réussissent partout au pays sur une base égale. Il n’y a pas de
négation de la nation québécoise (pour MBC la nation francophone du Québec). De
plus, un très grand nombre de Québécois maitrise bien les deux langues du pays
contrairement aux anglophones. Dire que comme Québécois, nous somme
minoritaires, subordonnés, c’est du délire !
Le nationalisme Québécois n’est pas le séparatisme. Un
nationaliste est un fier individu qui œuvre partout au pays mais qui en tout
temps se rappelle l’histoire de son pays et assure que sa nation maintient sa
place dans toutes situations, en étant présent et actif. C’est ainsi pour tout
le monde sur la planète. Les vrais nationalistes ne chialent pas, ils agissent.
Le Québec a toujours su garder sa force politique au pays grâce à des personnages
politiques francophones et nationalistes qui comprenaient ces principes
élémentaires et gouvernaient en conséquence, tels Honoré Mercier, Henri
Bourassa, Maurice Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque et autres. Grâce à eux
et d’autres, la nation française au Québec ne s’est pas dissoute mais a
progressé.
Le Canada est le deuxième pays le plus grand au monde, après
la Russie. Un Québécois à Victoria en Colombie Britannique et un Albertain à Chicoutimi
au Québec se ressentent quelque peu comme des étrangers car la langue et le
mode de vie sont différents, même si les services offerts par le gouvernement
du Canada sont bilingues et les mêmes pour tous. Mais après quelques jours,
chacun s’acclimate et apprécie son nouvel environnement...
Le Québec, n’est pas un espace réduit mais un territoire 14
fois grand comme la France.
De plus, le Québec est une terre d’immigration. Depuis plus
d’un siècle, il accueille des peuples en détresse venant d’Europe, d’Afrique,
d’Asie ou des Amériques. Ces gens se sont installés près de nous, ont élevé des
familles et ont bâti avec nous le Québec et le Canada. Ils ont appris notre
langue, l’ont transmise à leurs descendants et ont participé à notre
développement. Le Québec est multiculturel comme le Canada et chacun s’en porte
bien. L’ajout de nouveaux venus est loin d’avoir été extrême car ils se sont
bien intégrés dans notre société. Juifs, Irlandais, Écossais, Gallois, Français,
Maghrébins, Indiens, Polonais, Lithuaniens, Africains, Vietnamiens, Haïtiens, Sud-américains
et tous les autres n’ont pas fait de nous des étrangers au Québec ou dans notre
propre pays car leur intégration a été bien réussie.
Le Canada décide de ce qui va de l’intérêt national et les pouvoirs
touchant directement l’individu sont la responsabilité des provinces. La
constitution n’est pas insensée et ne nous nie rien car elle tient compte de
notre nation française et du Québec. Par exemple, c’est le Québec qui décide du
nombre d’immigrants que nous accueillons annuellement. Les 37 000 nouveaux
venus par année au Québec sont un apport important et essentiel à notre
économie. Tous ceux qui sont arrivés durant les dernières décennies ne nous ont
pas appauvris, n’ont pas pris nos places, bien au contraire. Ils ont renforcé
notre société, notre milieu de travail, notre économie et nos vies en s’y
intégrant et en y ajoutant la richesse de leurs traditions, de leur langue, de
leurs expériences et de leurs capacités.
Aujourd’hui, avec les moyens de communications
extraordinaires qui sont à notre portée, nous devenons non seulement de
meilleurs citoyens du Québec et du Canada mais du monde puisque les différences
entre nous s’amenuisent et nous comprenons de mieux en mieux le mode et la
qualité de vie des autres dans leur pays. Et avec le temps ce sera encore mieux.
Le Canada est qualifié souventes fois de « meilleur
pays au monde » et le décrire comme artificiel est injuste, mesquin et
blessant. Le Canada est mon pays, le Québec est ma patrie et j’ai la chance d’y
vivre. J’en suis heureux et fier !
Claude Dupras