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vendredi 23 septembre 2016

Les Y : Citoyens du monde

Les générations se suivent mais ne se ressemblent pas.
 
Depuis la mienne, la génération silencieuse née de 1925-1945, se sont succédées celle des baby-boomers de 1945 à 1960, celle de la génération X dite du « baby-bust » de 1961 à 1980 et celle, qui arrive en trombe aujourd’hui et dont tout le monde parle de plus en plus, la génération Y, ou les Millennials (certains disent « Milléniaux » en français) de 1980 à 2000.
Pourquoi Y, certains disent que ça vient du mot anglais « Why ? ». C’est la question qu’ils posent et qui marque leur remise en cause systématique des contraintes qu’on veut leur imposer. D’autres y voient le Y sur leur poitrine dessiné par les fils de leurs écouteurs reliés à celui qui rejoint leur baladeur. Millennials, parce qu’il ferme le deuxième millénaire. C’est la génération émergente.
Avec 92 millions d’individus aux USA, la génération Y est la plus nombreuse dépassant même celle des baby-boomers qui compta 77 millions d’enfants nés aux lendemains de la 2ième guerre mondiale dans un moment de paix, de prospérité, de plein-emploi et de progrès.
Entre les deux, la génération X a connu un faible taux de natalité avec 61 millions d’enfants dans une atmosphère d’augmentation des divorces, de l’arrivée des femmes sur le marché du travail, de la pilule contraceptive, etc…
Même si le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé, le fossé avec les générations précédentes peut s’expliquer par un changement rapide de la société à cause de l’apparition de nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’Église, l’armée, même la famille sont moins influentes pour eux que l’internet, la télévision et les réseaux relationnels. Ils n’ont pas connu de menaces d’apocalypse de guerre froide, ni un monde sans le SIDA.   
Au Canada, la génération Y compte 8,9 millions d’individus dont 700 000 sont sans emplois et 4,5 millions vivent chez leurs parents. Plus de 60% ont un smartphone et écrivent un minimum de 60 textos par jour.
Les Y représentent 15% de la population européenne et 40 % de la population active en France (salariés, non-salariés et chômeurs).
En Europe de l’est, les Y sont venus en âge ou sont nés après la libération de leur peuple du communisme en 1989. Ils ont appris des notions inconnues de leurs parents, tels le chômage, le consumérisme, la liberté d’expression, la liberté d’entreprendre, l’acceptation des inégalités sociales, la démocratie… et ils ont pu faire la part des choses de chaque système politique, totalitaire ou démocratique.
C’est une génération de rebelles qui veulent un bon emploi pour s’épanouir au contact de l’action et travailler en s’amusant. Elle est influencée par la culture du partage et non par la compétition ou l’égoïsme. Elle veut être active sur les nouvelles plateformes sociales. Elle est née alors que l’intérêt général de la population pour l’écologie se manifestait, alors qu’avant, seule une minorité s’en préoccupait. Elle est « la génération performance » dopée au travail, mais aussi « la génération micro-ondes » qui exige tout, tout de suite.
Les Y étaient jeunes lors de l’introduction massive de l’information, de la téléphonie mobile, de la photo numérique, du GPS, etc… et ils ont acquis une maitrise intuitive de ces équipements dépassant même celle de leurs parents Le jeu vidéo est pour eux banal alors que la génération X le découvrait. Pour les américains, ce sont les digital natives.
Leur identité s’est forgée par les apports culturels autour d’eux. C’est surtout devant la télévision qu’ils ont grandi et elle les a grandement influencés. 
Bien éduqués, les Y répondent à la pénurie de la main d’œuvre hautement qualifiée. Mais se sachant rares, ils savent ce qu’ils valent et l’exigent. Pour eux, l’autorité n’est pas nécessairement synonyme de compétence et ils ne craignent pas de se comparer car ils peuvent communiquer directement ou avec l’aide des technologies. Ils n’acceptent pas le principe de la priorité de l’ancienneté au travail et veulent plutôt être jugés par leur contribution.  
Cependant, le travail pour eux n’est pas nécessairement au premier plan. Ils refusent de travailler les week-ends ou les jours de fêtes et veulent du temps pour décompresser afin de protéger leur santé mentale et physique qui est pour eux de première importance.  
En somme, les Y recherchent une meilleure qualité de vie, conciliant travail, liberté, autonomie et intérêt personnel. Ils pensent à court terme. Ils sont très mobiles.
Plus à l’aise avec les technologies et internet, ils ont facilement accès à l’ensemble des outils de création et de communication contrairement aux générations précédentes, ce qui leur permet de diffuser sur-le-champ leurs travaux dès leur production. Mais ce sont surtout des consommateurs des nouvelles technologies plutôt que des créateurs.
La génération Y se déplace beaucoup. Elle profite de la baisse des coûts de transport aérien, des autos et du transport en commun. Les études et échanges à l’étranger sont nombreux. Contrairement à la génération précédente, son kilométrage annuel a diminué de 23%. C’est l’avion et le surfe sur internet qui l’intéresse. Ou encore le vélo qu’elle a adopté de plein cœur. 
Chez les 18 à 31 ans, 23% de jeunes mariés américains vivent dans leur propre appartement. Ce pourcentage a chuté de 50% depuis 1960. Un nombre grandissant de jeunes choisissent de vivre à la maison avec leurs parents, puisqu’ils jugent que le mariage peut attendre.
Les Y veulent aussi être en bonne santé et non seulement « pas malades ». Ils recherchent de la nourriture enrichissante, ne fument pas, ne boivent pas et sont concentrés sur l’entrainement physique.
Pour eux, une marque reconnue d’un produit n’est pas suffisante pour confirmer un achat. Pour leurs achats au commerce de détail, 42% des Y achètent en ligne au moins une fois par mois et veulent qu’on leur facilite l’utilisation de leurs appareils mobiles pendant qu’ils sont dans les magasins. Avant d’acheter, ils comparent les prix, en ligne ou sur leur appareil mobile, avec ceux de la concurrence au Canada et dans le monde, lisent les critiques de produits, obtiennent des coupons et des codes promotionnels et concluent l’achat par voie numérique ou au magasin.
47% des Y sont confiants de pouvoir vivre une retraite idéale, alors que seulement 1/3 des baby-boomers pensent la même chose.
Même si tous les individus de l’Occident de cet âge sont des millenials, leur pays influence leur mode de vie, Ainsi les Y canadiens ont plus de potentiel économique que leur contrepartie américaine. À ce jour, 50% des Y canadiens possèdent une maison et cela à un âge plus jeune que leurs parents. En comparaison à 36% pour les américains. Ces derniers ont des conditions de travail moins bonnes que leurs semblables au Canada, les offres d’emplois sont plus rares et ils ont moins d’accès au crédit. De plus, les jeunes américains ont des dettes étudiantes beaucoup plus importantes que les canadiens.
Cette bonne performance des canadiens est due en grande partie aux femmes qui sont mieux éduquées et aux offres d’emplois pour elles qui atteignent des niveaux records au pays. Encore-là, les américaines performent moins bien.  
La génération Y comme les autres générations est critique de la génération précédente. Ainsi, elle regarde de haut la génération X qu’elle considère comme ayant été une bande de bousilleurs qui bâclaient leur travail, retardaient leurs prises de décision, ne rêvaient que de divertissements, avaient un moment d’attention très court et retardaient leur mariage car ils avaient peur de divorcer. 
Quant à la génération X qui suivit les baby-boomers, elle jugea ces derniers comme une bande centrée sur elle-même, inconstante et pas pratique.  
Pour le journaliste Joel Stein du magazine américain Times, « les Y sont trois fois plus touchés que leurs parents par des troubles de personnalité narcissique. Ce sont des obsédés par leur apparence physique et le désir de devenir célèbres. Ils manquent totalement d’ambition dans leur vie professionnelle. C’est pourquoi ils vivent plus nombreux avec leurs parents. Cette génération n’essaie pas de confronter l’establishment comme ses aïeules mais elle vit en dehors, inventant ses propres règles ».
Par contre, une étude par Jean Pralong, sur un échantillon français, conclut à « l’absence de différences entre les X et les Y dans le rapport au travail, à l’entreprise et à la carrière ». En fait, « ce ne sont pas les gens nés après 1980 qui sont narcissistes, ce sont les jeunes personnes qui sont narcissistes et qui par la suite s’en sortent au fur et à mesure qu’ils vieillissent ». Mais la France n’est pas l’Amérique.   
Les changements démographiques générés par chaque génération modifient les priorités des individus et, par conséquent, leur approche à la solution des problèmes. Selon les recherches du Centre pour l’Étude de la citoyenneté démocratique (CECD) du Québec, les succès ou les insuccès d’un parti politique peuvent être liés directement au « remplacement progressif de l’électorat par la nouvelle génération ». Les Y se ressentent des « citoyens du monde » et expriment une pensée politique marquée par ce sentiment. Ils sont au centre-droite du spectre politique. L’étude démontre aussi qu’« ils appuient l’importance de l’éducation et le respect de l’environnement mais accordent moins d’importance à la souveraineté et à la charte des valeurs ». Il me semble fort logique que chaque génération se distingue.
« Le parti québécois (PQ) qui avait été porté par les générations des baby-boomers et des X, a vu chuter ses résultats dès que les Y ont eu droit de vote. Alors que ce parti était le 1er choix des baby-boomers, le 2e de la génération X, il est devenu le 3e de la génération Y. » Cela s’explique en partie par le fait que ce parti est plus à gauche que les Y. Rien n’est évidemment tout perdu car un parti politique peut toujours redéfinir son projet politique pour s’adapter aux circonstances changeantes, mais ce peut être difficile si la question est fondamentale.
La génération des Y est unique de celles qui l’ont précédée. Elle a grandi lors d’une croissance économique sans précédent et a été éduquée durant le temps où le respect de soi était important et la technologie avancée devint disponible. Même si ces individus n’ont pas tous les mêmes comportements ou attitudes, que ce soit au travail, dans les magasins réels et en ligne ou dans l’isoloir électoral, leur interaction est évidente dans la façon qu’ils échangent et consomment l’information.  
Claude Dupras

sources: Internet, Times

dimanche 4 septembre 2016

L'immigration au Québec, un problème ? NON !

Depuis quelques années, en Occident, les programmes d’immigration sont de plus en plus critiqués. Les attentats monstrueux au Canada, en France et dans un trentaine d’autre pays font peur. La crainte a envahi l’esprit de plusieurs et comme les auteurs de ces crimes sont, souventes fois, des immigrants naturalisés dans le pays où ils commettent leurs crimes, un grand nombre de citoyens dénoncent les services d’immigration. Certains politiciens, toujours à l’aguet de situations pour se faire valoir, profitent de ces mouvements de mécontentement pour proposer des réductions annuelles du nombre de nouveaux immigrants. Ainsi au Québec, le chef du parti « Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) », vient de proposer une réduction de 10,000 nouveaux immigrants par année, soit une réduction de 20%. Certains chroniqueurs de nos journaux partagent cet avis.  

Pourtant au Québec, l’immigration est bien organisée. Les statistiques du gouvernement du Québec indiquent que de 2011 à 2015 nous avons accueilli 258 057 immigrants, soit une moyenne 51,611 immigrants par année dont 67,4% capables de répondre à nos besoins économiques et d’y investir, 21,1% pour répondre aux besoins de regroupement familial et 10,2% de réfugiés. Les autres comptent pour seulement 1,2% des entrées.
La répartition hommes/femmes était égale. Quant à l’âge, 21,2% avaient moins de 14 ans, 11,1% de 15-24 ans, 56,7% de 25-44 ans et les autres 10,9%.

Plusieurs des immigrants ont quitté le Québec après y avoir été admis. En rapport avec la langue parlée, des 25,8% qui parlaient le français, 84% sont restés au Québec ; des 33,6% qui parlaient le français et l’anglais, 73% sont restés au Québec ; des 16,4% qui ne parlaient que l’anglais, 54% sont restés au Québec ; des 24,2% qui ne parlaient ni l’anglais ni le français, 68% sont restés au Québec. (journal Le Devoir).
Et cela, malgré que les patrons, les hommes d’affaires, les manufacturiers et les exportateurs aient demandé que les exigences en rapport avec la connaissance du français soient allégées pour privilégier les compétences professionnelles à cause « de la pénurie de main d’œuvre ». Pour juger de ces départs fâcheux, il faut savoir qu’ils comprennent deux-tiers des Pakistanais et des Indiens admis et une moitié des Chinois et des Iraniens admis. Ce qui est choquant est que ces groupes incorporent plusieurs investisseurs. Ils partent pour diverses raisons : rejoindre des membres de leur famille vivant dans les autres provinces ; leur inhabilité à parler le français ; leur difficulté à trouver un emploi ; la liberté de parler anglais et de faire des affaires dans cette langue... Ils choisissent de travailler ou d’investir ailleurs alors que le chômage afflige près du « quart » des immigrants restés au Québec.
Il y a aussi la demande des francophones et acadiens hors Québec qui affecte quelque peu l’immigration québécoise. Le nouveau Programme de Mobilité Internationale (PMI), favorise la venue de parlants français vers l’ensemble des communautés francophones hors Québec.
En tenant compte de ce qui précède, 35,620 des 51 611 immigrants admis, en moyenne, sont devenus des néoquébécois permanents. Il est faux de dire que 50 000 immigrants s’ajoutent à la population québécoise à tous les ans. Près de 26 283, se sont installés à Montréal, 2 040 à Laval, 2 889 en Montérégie, 1 907 dans la région de Québec, 980 en Outaouais, et le reste, 1 161, est réparti plus ou moins également dans chacune des 12 autres régions du Québec.
Ils avaient émigré de toutes les parties du monde, dont 32,9 % d’Afrique, 20,8% des Amériques, 29,6% d’Asie et 16,5% d’Europe. 
Ils sont venus de la Chine (8,8%), de la France (8,1%), d’Haïti (7,1%), d’Algérie (7,0%), du Maroc (5,8%), d’Iran (5,5%), de Colombie (3,5%), du Cameroun (2,6%), d’Égypte (2,6%), de Tunisie (2,5%) et 45,7% des autres pays du monde.
Leur niveau de scolarité est élevé puisque 67,8 % des 15 ans et plus totalisent 14 années et plus d’études.  
Beaucoup de ces néoquébécois ont des qualités leur permettant de bien s’intégrer dans notre société particulièrement dans les domaines de la gestion, des affaires, de l’administration, du secteur de la santé, des sciences sociales, des arts et culture, des sports et loisirs, des ventes et services, des métiers de construction, de la fabrication et autres, du transport, des services d’utilité publique, etc… En effet, 29,5% sont des professionnels, 12,5% sont des techniciens et para professionnels, 5,7% sont des techniciens intermédiaires, 3,7% des entrepreneurs et investisseurs et 44,4 % sont de nouveaux travailleurs.
Parmi eux, il y a aussi les conjoints de fait, les enfants, les autres personnes à charge, les parents, les cas humanitaires, les aides familiaux… Il faut aussi compter les réfugiés et les membres de leurs familles pris-en-charge par le Canada, le Québec et ceux qui sont parrainés par des organismes à but non lucratif ou des groupes de résidents qui s’engagent à subvenir à leurs besoins et faciliter leur intégration.  
Voilà un survol rapide des statistiques de l’immigration québécoise des cinq dernières années.
35 620 nouveaux néoquébécois par année, c’est l’équivalent de la population d’une nouvelle ville comme Val-D’or ou Saint-Georges de Beauce ou Sorel-Tracy à chaque année. Imaginer tout ce que nécessite une telle ville : maisons, logements, écoles, services sociaux et hospitaliers, commerces, autos, nourriture, vêtements, centre de sports, services urbains, etc… etc… et le travail que ça génère : constructeurs, entrepreneurs, professionnels, ouvriers, vendeurs, secrétaires, etc… etc… Estimez les revenus, les taxes, les dépenses, les investissements, etc… C’est l’activité économique potentielle d’une population équivalente au nombre d’immigrés qui s’installent au Québec par an. Combien de familles ont quitté l’est de Montréal depuis les 20 dernières années et plus pour s’établir sur la rive nord de la rivière des prairies, ou la rive sud du fleuve Saint-Laurent, et laissé leurs logements aux nouveaux venus pour aller dans des maison neuves gonfler des villages existants en villes. Ces nouvelles municipalités importantes sont le résultat en bonne partie des effets de l’immigration. 
De 1951 à 2013, la population du Québec a augmenté en moyenne de 66 101 individus par année. À mon avis, ce n’est pas suffisant puisque la proportion par rapport à la population canadienne est passée de 28,9 % à 23 %. Les immigrés ont contribué près de 52,9 % de l’augmentation annuelle de notre population.
Actuellement, le Québec vieillit à cause « du manque de natalité chez les jeunes (taux de fécondité inférieur à 2,1) et du pic de natalité des ainés. En 2036, les aînés devraient être plus nombreux que les moins de 19 ans (une différence de 228 000 individus, comparée à 79 000 pour les jeunes). Le « baby-boom » de l'après-guerre, 1941-1960, fait son œuvre. Les personnes nées durant cette période sont désormais près de l'âge à la retraite ou le sont présentement, ce qui occasionne une population vieillissante et une population active réduite ».
En somme, contrairement aux dires des protagonistes favorables à la réduction des seuils de l’immigration au Québec, 64,6% des immigrés connaissent le français en arrivant, 12,4 % ne parlent que l’anglais et 22,9% des immigrés ne parlent ni le français et ni l’anglais. Une fois admis, ils ont l’opportunité de suivre des cours de français, une langue très difficile à apprendre, et leurs enfants seront placés dans des écoles françaises. Combien de leurs descendants parleront français dans quelques années ? Un très grand nombre si on en juge par le passé. Rappelons-nous, les Johnson, les Macdonald, les Mulroney, les Burns, les Gray, et des milliers d’autres… dont les ancêtres arrivés sur le sol québécois ne parlaient que la langue anglaise. Et le Québec était alors beaucoup moins fort qu’aujourd’hui…
Certains affirment que l’immigration est un truc des fédéralistes pour assurer des votes additionnels en vue d’un référendum futur sur la séparation du Québec du Canada. C’est farfelu, de la petite politique. A vrai dire, rien n’est plus ridicule. L’immigration est actuellement le sauveur économique du Québec et lui donne les moyens de continuer son développement et d’assurer une protection sociale à ses citoyens. Pour bien continuer, nous nous devons de trouver moyen d’intégrer plus de nouveaux venus dans notre société par des emplois, car trop d’entre eux n’ont pas de travail et quittent le Québec, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans les autres grandes villes canadiennes.
D’autres y voient une porte ouverte aux musulmans et blâment l’immigration de ne pas contrôler leur entrée au pays. Plusieurs d’entre eux sont francophones, possèdent des diplômes divers et sont prêts à œuvrer dans des domaines cruciaux comme celui des hôpitaux où, selon mon expérience récente, ils font un travail exceptionnel grâce à leur dévouement et leurs compétences.  
On ne cesse de parler des problèmes du développement de notre économie québécoise. Imaginez ce que ce serait sans les centaines de milliers d’immigrés que nous avons reçus durant les dernières décennies. Ils se sont bien intégrés dans notre société et leur contribution est immense.
Radio-Canada rapportait hier, que depuis un an le Québec compte 33 400 personnes de moins dans sa population active. C’est un autre argument qui nous indique que le nombre d’immigrants doit être augmenté et que leur intégration doit être accélérée. 
Donc, pour maintenir le rythme du développement économique du Québec et tout ce qui en découle, les Québécois et leur gouvernement doivent trouver des solutions pratiques pour améliorer le programme d’immigration. Les Montréalais veulent continuer à vivre dans un milieu cosmopolite qui nous ouvre au monde et à ses cultures tout en ajoutant à notre enrichissement personnel, en respectant notre langue, nos principes et notre mode de vie. Fermer l’immigration nous étoufferait économiquement à la longue. Au contraire, il faut l’accroître et la rendre efficace et performante pour bien répondre aux besoins nouveaux du Québec qui évolue rapidement.
Les solutions sont simples : les jeunes québécois doivent se donner de plus grosses familles ou le nombre d’immigrés devra s’accroître. Nous devons trouver les moyens pour diminuer le taux de chômage des nouveaux arrivés en enseignant bien le français à ceux qui le maîtrisent mal et en leur trouvant des « jobs ». Pour les prochaines immigrations, nous devons tout faire pour augmenter la présence de parlants français et de candidats qui ont des liens culturels avec le Québec, qu’ils soient unilingues français ou bilingues.
Une modification de la loi 101 pourrait nous aider à renforcir la présence de la langue française dans le monde multiculturel où nous vivons, sans brimer les droits des autres.
L’immigration coûte cher, 15-20 milliards $ par an pour le Canada et 3-4 milliards $ au Québec. On ne peut l’éviter. Il est donc important de bien administrer ce budget pour obtenir le maximum de rendement.

Nous avons un grand besoin, annuellement, de bons candidats francophones pouvant répondre aux valeurs québécoises, en nombre important. Ce n’est pas une question de survie à long terme du français au Québec mais un besoin pour son épanouissement.
A ce moment-ci, une politique populiste, des expressions de peur ou des arguments nationalistes mal fondés n’apportent rien de positif au débat. En fait, un nouveau « baby-boom » comme le plus récent des "millennials" serait la vraie solution. Mais cela, c’est un rêve en couleurs !

Claude Dupras

lundi 24 novembre 2014

Le gros méchant Vladimir Putin


Le président de la Russie est de nos jours la cible d’une violente propagande occidentale anti-Putin. On l’attaque de tous les angles, sur tous les sujets, dans tous les médias occidentaux.
On rappelle sans cesse ses actions politiques passées contre ses adversaires politiques et certaines minorités de son pays, même si certaines sont fausses et d’autres amplifiées. Hier, à la télé, un documentaire traitait de la richesse personnelle de Vladimir Putin. L’argumentaire était basé sur des transactions qu’il aurait faites depuis son accession au pouvoir. Malgré qu’à la dernière élection présidentielle il déclara ne posséder qu’un appartement et des autos de valeurs, nous avons vu à l’écran des propriétés, des accessoires de valeur, des montres de haute qualité, qui supposément lui appartiennent. Particulièrement, une immense maison d’une valeur supérieure à 500 millions $ (on peut l’apercevoir sur Google Earth), on devrait dire un palais, sur la Mer Noire qui d’après l’auteur du documentaire est sa nouvelle maison d’été. J’ai plutôt l’impression que c’est une nouvelle maison pour la présidence russe, construit par la Russie, oèu le président pourra recevoir les invités de son pays. Cette nuance n’a pas été faite.
Dans l’affaire de l’Ukraine et de la Crimée, le président de la France et d’autres l’ont comparé à l’Hitler de 1939, pour faire peur au monde, alors que la situation était totalement différente.
Je viens tout juste de lire un article du Washington Post qui prétend que Putin aurait fait mettre en orbite un satellite capable de détruire les satellites de communications des autres pays. La Russie dément cette version qui est invraisemblable car un tel geste deviendrait une déclaration de guerre étant donné l’importance des satellites pour l’information de l’économie mondiale et les forces militaires du monde. Comment croire que Putin poserait un tel geste dont les conséquences se retourneraient vite contre la Russie ? Ce sont de telles affirmations invraisemblables qui me font penser qu’une campagne de dénigrement est orchestrée contre Putin pour une raison quelconque.  
Au lieu de chercher à s’associer avec la Russie, l’Occident, dont la France, le boycotte, le sanctionne. Il riposte par des embargos comme sur les fruits, légumes, viandes et poissons et des milliers de producteurs occidentaux ont perdu une bonne partie de leurs produits et des travailleurs en grand nombre sont devenus chômeurs.
La Russie est un pays riche, grand, peuplé et important avec qui on a intérêt à être ami. Ça, le Canada ne semble pas le comprendre puisque notre PM Harper a bousculé Putin à Brisbane lors de la réunion du G20. Pourquoi ?  Par principe ? Non, pour se montrer fort et gagner la faveur du million de Canadien-Ukrainiens qui voteront à la prochaine élection fédérale.
On peut être fortement en désaccord avec un chef d’un autre pays mais on ne l’assaille pas en public en cherchant à l’humilier devant la presse. C’est la diplomatie. Heureusement, Putin n’est pas du genre à s’en faire pour de telles bêtises ni à écouter un PM comme Harper. Pour lui, rien n’est personnel. Il défend l’intérêt de son pays et ne s’adresse qu’aux grands qui sont les seuls lui permettant d’atteindre ses objectifs.
Dans un article du National Post, Derek Fraser, ex-ambassadeur canadien en Ukraine, explique l’évolution de la politique en Russie depuis Eltsine. Putin veut que l’Ouest cesse ses actions unilatérales et tienne compte de la sécurité de la Russie et de ses intérêts. Si ces attaques continuent, il affirme craindre une évolution vers une anarchie mondiale. Après la guerre froide, la Russie avait proposé à l’Ouest une organisation de sécurité indivisible pour l’espace euro-atlantique. La réponse fut l’expansion de l’OTAN aux frontières russes. La Russie voulait créer une union bilatérale avec l’Europe pour établir un complexe énergétique unique et une coordination de sujets touchant les armées, la politique, les aspects stratégiques et les problèmes globaux. Ce fut refusé. Encore aujourd’hui, la Russie recherche une telle organisation de sécurité et une coopération particulière avec toute l’Europe et espère qu’elle débouchera sur un espace économique et culturel commun. Le ministre des affaires extérieures de la Russie, Sergey Lavrov, affirme que le conflit Ukrainien ne serait pas arrivé si une telle organisation de sécurité avait été mise sur pied.
Putin est un nationaliste et joue fortement cette carte. Il a été, pour les américains, une trouble-fête en aidant des pays comme l’Iran ou en intervenant en Ukraine. Au lieu de tirer à hue et à dia, l’Ouest devrait offrir des contre-propositions à Putin qui parle d’entente. C’est ainsi que les Accords d’Helsinki en 1975 devinrent une étape importante pour la fin de la Guerre Froide. L’Ouest et Harper peuvent continuer à vilipender Putin et le traiter de brute, mais cela n’est pas productif.
Un récent sondage en Russie montre que 80% de la population se montre satisfait de sa présidence. Il d’ailleurs été réélu récemment. On peut l’accuser de tous les péchés d’Israël mais c’est avec lui qu’il faut négocier et s’entendre. Les Chinois ont compris en signant une entente qui prévoit la construction du plus long TGV au monde entre la Chine et la Russie et celle d’un gazoduc transsibérien pour alimenter la Chine du gaz naturel de la Russie. C’est sous sa gouverne que la Russie devient plus grande, s’ouvre au monde et assume son rôle de puissance mondiale.
On peut s’objecter à l’annexion de la Crimée, partie de l’Ukraine et anciennement partie de la Russie, mais le référendum tenu dans la péninsule a été fortement majoritaire pour rejoindre la Russie. Quant au règlement du conflit dans le Donbass, il est important et difficile. Putin et l’Ouest devront sûrement trouver les compromis nécessaires pour créer le climat favorable à des ententes bilatérales pouvant assurer le développement de la Russie et de l’Europe.
Claude Dupras

jeudi 14 novembre 2013

Quand Pauline Marois charrie !

La première ministre du Québec Pauline Marois a fait un discours retentissant à la clôture du dernier congrès du parti Québécois qui prône la séparation du Québec du Canada.

Elle a dit « nous aimons tellement les gens qui y vivent, que nous caressons pour eux un très grand rêve. Nous voulons que le Québec soit un pays libre et indépendant ! ». C’est son rêve, je la comprends. Mais beaucoup de Québécois aiment leur Québec sans qu’il soit nécessaire de briser le Canada, le pays de leurs ancêtres.

Elle a continué « si le Québec était un pays, il serait le 18e plus grand du monde… riche en ressources et d’une population parmi les plus scolarisées et les plus créatives du monde ». Mais notre pays le Canada est le 2e plus grand au monde et sa population a toutes ces qualités.

Elle a ajouté en comparant le Québec d’aujourd’hui avec celui de 1995: « Le poids de notre dette est moins élevé. Notre cote de crédit s’est améliorée. Notre solde budgétaire également. Les Québécois sont individuellement plus riches. La pauvreté a reculé aussi. Jamais le Québec n’a compté aussi peu de familles sans emploi ou vivant de l’aide sociale ». Mais c’est la même chose partout au Canada pour chaque Canadien. Elle omet de dire que cela s’est concrétisé alors que le Québec faisait partie du Canada et que Jean Charest était PM du Québec pendant 10 ans. Plusieurs provinces « pauvres » sont devenues des provinces « riches » durant ce temps comme le souligne le système de la péréquation. Elle omet les données de l’OCDE qui estime qu’un Québec indépendant serait le cinquième pays le plus endetté au monde, alors que le Canada est le 14e..

Elle a affirmé : « Si le Québec était un pays, il serait au 19 e rang de l’OCDE au chapitre du produit intérieur brut par habitant ». Actuellement, le Canada est au 9e rang.

Elle a rajouté: « Nous serions 9e quant à la proportion de notre population qui occupe un emploi ». Le Canada est 2e.

Elle a déclaré : « Je suis convaincue que le Québec aurait pas mal plus de moyens s’il était indépendant. Quand Ottawa investit 10 milliards pour l’industrie de l’auto, il y a 2 milliards qui viennent du Québec. Quand Ottawa donne des contrats de 25 milliards pour la construction de navires à Halifax, 5 milliards viennent de chez nous ». Du même souffle, elle refuse de reconnaître les centaines de millions en sous-contrats accordés à des entreprises Québécoises pour ces projets. De plus, elle ne cite pas les projets fédéraux au Québec, comme le sera celui du nouveau pont Champlain estimé à un coût de 3 milliards $ par Ottawa, duquel 2,4 milliards viendront des autres provinces et les centaines de milliards pour les projets passés et nouveaux d’infrastructures où 80% de ces fonds sont venus et continueront de venir des autres provinces. Et les décisions fédérales qui favorisent le Québec comme la concentration de l’industrie de l’avionnerie à Montréal qui crée plus de 70 000 emplois, pourquoi ne les souligne-t-elle pas ? On peut poser la question, si le Québec est indépendant, le domaine de l’avionnerie demeura-t-il à Montréal ?

Elle a lancé : « … de rester dans le Canada est risqué. C’est risqué d’être soumis aux décisions d’Ottawa. C’est risqué de demeurer dans un pays qui évolue dans une direction opposée à la nôtre ». Pourtant, le passé n’indique pas cela. Certes, le Québec et d’autres provinces ne sont pas toujours en accord avec Ottawa. On a vu dans le passé des luttes mémorables entre les PM Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque et Parizeau et le PM canadien sur des sujets de taxation et des sujets constitutionnels. Le Québec a gagné plusieurs de ces débats importants.

La « direction opposée » dont parle Pauline Marois a rapport avec les politiques du gouvernement du PM Stephen Harper sur la question de l’environnement, des armes à feu, des peines de prisons trop sévères, des valeurs immobilières, de l’assurance-emploi, etc… Je lui donne raison sur plusieurs de ces points, malgré que je sois sympathique à la couleur du parti d’Harper. Je ne partage absolument pas plusieurs des opinions et des positions politiques conservatrices de ce dernier. Mais, on ne jette pas un pays à terre à cause d’un gouvernement qui occupe momentanément le pouvoir.

Les Québécois ont à leur crédit une grosse part du mérite de ce qu’est le Canada d’aujourd’hui. Des chefs de notre milieu : Lafontaine, Cartier, Laurier, Saint-Laurent, Trudeau, Mulroney, Chrétien, Martin se sont avérés des leaders exceptionnels qui ont bien dirigé notre pays pour en faire aujourd’hui un modèle sur la scène mondiale. Que le PQ ne cherche pas à nous faire croire avec un discours teinté de négativisme et d’arguments de croques-mitaines, qu’il y va de notre intérêt de casser ce beau pays bâti par des gens de chez nous.

Tous les Québécois élus de tous les partis politiques des deux niveaux du gouvernement, défendent le Québec. Pas de la même façon, c’est évident. Pauline Marois s’est ridiculisée en affirmant qu’« il n’y a que le Parti Québécois qui défend les intérêts du Québec ». Qu’elle continue à travailler avec les autres partis et ses collègues des autres provinces, et elle verra qu’elle peut défendre positivement nos prérogatives.

Elle veut un système de transport léger sur rail sur le pont Champlain. Elle l’obtiendra si elle adopte l’attitude de convaincre au lieu de blâmer. Elle profite de l’indignation de plusieurs qui s’élèvent contre un possible péage sur le pont Champlain pour critiquer encore le fédéral. C’est de la petite politique. Pourquoi n’a-t-elle rien dit lorsque le péage a été imposé sur le pont de la 125 au nord de Montréal. Le seul sur la rive nord.

« Depuis la confédération, combien de temps avons-nous perdu en rondes constitutionnelles, en rencontres fédérales-provinciales, en réunions de fonctionnaires ? » s’est-elle exclamée ! N’est-ce pas une chose normale dans un grand pays comme le Canada ? Les autres pays de l’Occident sont aussi maintes fois engagés dans des débats interminables. Le résultat de toutes ces rondes et réunions a fait du Canada un des pays les plus enviés de la planète. « Si on choisit d’en finir avec la chicane et de nous tourner vers l’avenir, il n’y a aura plus de conflits entre le Canada et le Québec ». Pour elle « en finir » veut dire « séparation ». Si elle pensait coopération au lieu de renonciation et montrait un peu de loyauté au Canada, ce serait peut être mieux pour tout le monde.

Elle veut « en finir avec le multiculturalisme et de choisir le « mieux-vivre-ensemble ». Des mots vides qui ne veulent rien dire et qui ne correspondent pas à la réalité. Le Québec moderne est multiculturel. Depuis plus de cent ans des vagues d’immigrés de toutes races et religions se sont succédées : irlandais, écossais, grecs, italiens, juifs, polonais, lithuaniens, arabes, haïtiens, asiatiques, tamuls, etc… et cela ne s’arrête pas. Nous sommes un pays riche et les pauvres y voient une possibilité pour assurer le bien-être de leur famille. En grande partie tous ces néo-québécois parlent de plus en plus français. Notre défi est d’accueillir et d’intégrer tous ces gens dans notre culture et de montrer suffisamment de créativité pour qu’ensemble nous puissions bâtir notre économie. C’est manquer d’audace et de réalisme que de nier cela.

Un vrai gouvernement québécois doit se dédier à réaliser ces défis importants. Ainsi, nous serons plus fiers de notre coin du monde où la liberté, le respect et la qualité de vie seront au rendez-vous pour tous.

Claude Dupras

lundi 28 novembre 2011

Cacher cette crise que l’on ne veut pas voir !

La crise plane sur nos têtes, aux USA et en Europe. L’Occident risque de prendre feu. Cependant, la vie continue. Les mauvaises nouvelles déboulent. Mais comme elles ne sont faciles à comprendre, on hausse les épaules sans vraiment savoir ce qui risque de nous frapper. Est-ce que ce sera une crise économique qui ne durera que quelques mois ? Ou est-ce une catastrophe qui va remettre en question le capitalisme, violer nos démocraties, briser nos économies et créer un chômage effroyable comme plusieurs experts le prétendent.

Après la Grèce et l’Italie qui sont maintenant dirigés par des banquiers non élus, voilà que l’Espagne vient de se ranger à droite élisant le Parti Populaire qui a promis de mettre de l’ordre dans les affaires économiques de l’État en imposant des mesures impopulaires.

J’ai retrouvé ce matin une caricature sur le blog LIESI qui en dit long quant à la réaction des populations dans l’Union européenne:



D’un côté, le président Sarkozy à qui une large partie des français dit : « Dégage ! » Et de l’autre, le nouveau premier ministre espagnol Mariano Rajoy, chef du Parti populaire, à qui on crie « Olé ! ». Cela me démontre que les Français n’ont pas encore saisi l’importance de la crise qui les menace, qui nous menace tous.

Voici quelques extraits de textes que j’ai trouvés ce matin dans la liste de blogs que je recommande pour lecture à mes lecteurs.

. L’agence de notation Moody ‘s assure que « l’aggravation rapide de la crise de la dette dans la zone euro menace les notes de solvabilité de tous les pays européens ».

. L’agence Prime avise les pays de la zone euro qu’ils devront renoncer partiellement à leur souveraineté pour sauver la monnaie unique. « On en parle déjà, mais pas encore à haute voix… les premiers pas vers un abandon partiel de la souveraineté sont déjà faits ».

. Le Foreign Office du Royaume-Uni se prépare à l’Eurocalypse et a prévenu ses ambassades qu’elles allaient devoir venir en aide à plusieurs dizaines de milliers de Grands Bretons, qui vont se retrouver piégés par les faillites bancaires. Le Trésor a confirmé plus tôt dans le mois qu’un effondrement était en cours. Un ministre d’ajouter : « C’est notre intérêt que les européens essayent de retarder l’inéluctable, cela nous donne plus de temps pour nous préparer ».

. Les services de l’Autorité Financière du Royaume-Uni ont publié une mise en garde aux banques britanniques pour renforcer leurs plans d’urgence en vue de la scission de l’Euro.

. Des analystes de l’UBS ont mis en garde que l’éclatement de l’Euro pourrait, à l’extrême, « réduire le PIB des pays membres de moitié, amener un chômage de masse et mettre en danger les droits de propriété les plus élémentaires ce qui amènerait à des désordres sociaux ».

. « En Europe, les nouvelles sont tellement catastrophiques que la menace d’implosion de l’euro est jugée crédible par de plus en plus d’analystes. Qui de l’euro ou du dollar tiendra le plus longtemps ? On sait seulement que ce sont les agences de notation qui décideront dans quel camp il faudra baisser le pouce, à la manière des César. Des salles de marchés informent que d’aucuns ont converti des montagnes d’euros en dollars… ».

. « Les marchés obligataires se ferment les uns après les autres aux émetteurs souverains des pays de la zone euro, ou s’ils restent ouverts, les conditions de taux sont insupportables dans la durée. Même l’Allemagne, ce mercredi, n’a pas réussi à placer tout son papier. Donc oui, au train où vont les choses, le recours au FMI pour des pays comme l’Italie, l’Espagne, voire même la France, n’est plus du tout irréaliste ».

. Jacques Delors affirme : « Le leadership allemand a été plutôt désastreux avec la valse-hésitation d’Angela Merkel du début de la crise à l’été 2011. Peut-être n’avait-elle pas bien saisi l’importance de l’Europe pour l’Allemagne ? Mais maintenant elle le reconnait elle-même, « si l’euro saute, l’Allemagne trinquera ». Elle a repris l’offensive sur le futur de l’Europe, et sent bien qu’il faut une réforme des traités pour faire passer de nouveaux transferts de souveraineté, et les faire accepter par la cour de Karlsruhe.

. Olivier Sarkozy, le demi frère du Président, et l’un des dirigeants de Carlyle (l'un des plus gros fonds d'investissement du monde), cité par la chaine américaine CNBC, déclare aujourd’hui : « la zone euro est à moins de trois mois de son effondrement, nous sommes tout proches du point de non retour ». Il ajoute en rapport avec la dette : « Le problème de l'Europe est insolvable ».

. Selon le chef de la recherche économique chez Axa "les marchés évaluent le risque d'éclatement de la zone euro entre 50 et 60%".

Et je pourrais continuer à remplir des pages de nouvelles similaires publiées aujourd’hui et dans les derniers jours et qui sont plus sombres les unes que les autres en rapport avec l’Euro, l’Europe, et même les USA et le dollar.

Pendant ce temps, les politiciens français parlent d’autres choses.

Alors que la crise battait son plein, on a vu et entendu durant la récente primaire socialiste française, les candidats éviter de parler de l’économie de la France. Plutôt, ils ont promis de créer 300,000 emplois, d’engager 60 000 nouveaux professeurs, 15 000 nouveaux policiers, ramener la pension à 60 ans, les 35 heures aussi, etc… etc… des dépenses, des dépenses et encore des dépenses. Et comme solution, des taxes, des taxes et encore des taxes. Chacun des candidats démontrait avec fierté la taxe qu’il proposait afin de payer pour ses promesses. C’était totalement irréaliste et je n’ai pas manqué de le souligner dans les billets de mon blog.

Aujourd’hui, le candidat du PS, François Hollande, est en campagne tout comme Eva Joly des Verts-Ecolos, Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche et une brochette de candidats présidentiels. Ils continuent tous à parler de tout et de rien alors qu’ils devraient traiter de la crise et de ses effets négatifs possibles sur la vie des français.

A mon humble avis, leur responsabilité première, à ce moment-çi de la politique française, est d’être solidaire du président Nicolas Sarkozy dans le travail qu’il fait pour protéger la France de la crise et pour corriger la situation en Europe. Ils doivent cesser d’être de petits politicards qui blâment le président de tout alors qu’ils savent très bien que la crise est l’aboutissement des erreurs politiques des dernières décennies, non seulement en France mais dans toute l’Europe, qui ont mené au surendettement dans lequel ils se retrouvent.

Sinon, il est possible que les politiciens français soient obtempérés par les agences de notation ou les banques prêteuses de prendre les grands moyens pour s’en sortir. Elles devront alors imposer obligatoirement des mesures sévères qui seront de toute évidence très impopulaires. Pour ce faire, l’intérêt national exigera peut être l’union de tous les partis politiques pour y travailler et convaincre le peuple français de les accepter. Cela peut aller jusqu’à la formation d’un gouvernement français d’union nationale où tous les partis seraient représentés. Je sais que plusieurs diront que c’est une solution impossible et exagérée pour la France. Je rappelle simplement que d’après tout ce qui se dit et s’écrit sur la crise de l’euro, son ampleur est telle qu’elle va tout bouleverser, même les petits épargnants.

Claude Dupras

vendredi 27 mai 2011

Les Juifs, les Arabes et Harper

Depuis la venue de Stephen Harper à la tête du Parti Conservateur du Canada (PC), petit à petit je me suis éloigné, pour des raisons de politiques, de ce parti où j’ai œuvré durant plusieurs décennies du temps où il se nommait le Parti Progressiste-Conservateur (PPC). L’une de ces politiques est la position du PC sur le conflit israélo-palestinien.

Suite à la dernière élection, j’ai cru que le PC chercherait à se recentrer en dépassant sa stratégie électorale qui est de positionner ses politiques en fonction du vote des groupes ethniques. Certains signes récents démontrent qu’il n’en est rien. Fier de sa majorité hors Québec, le PC semble vouloir foncer droit devant lui et ne rien changer à sa stratégie.

La politique canadienne (je devrais dire Harperienne) en rapport avec les juifs et les arabes est difficile à comprendre et le PM vient de l’indiquer à nouveau au G8 de Deauville en France. L’ensemble des chefs d’État, sous l’impulsion du président français Sarkozy, visent à établir un considérable plan d’aide économique pour les pays du printemps arabe. Après avoir, durant de longues décennies, largement financé et armé les régimes dictatoriaux de ces pays, les pays du G8 se tournent enfin vers les peuples arabes qui ont subi et chassé les despotes qui les dirigeaient. Ils veulent les aider à se donner les instruments démocratiques pour se diriger et les moyens financiers pour assurer leur développement économique.

Il me semble que c’est une position stratégique importante. Le potentiel du printemps arabe est si grand qu’il peut changer la face du monde, dans le bon sens, en rétablissant dans cette grande région orientale de la planète une qualité de vie qui permettra à ses peuples, dans un premier temps les Tunisiens et les Égyptiens, de reprendre leur place sur l’échiquier mondial. L’Occident ne peut manquer cette chance unique qu’offre le monde arabe.

Mais voilà, tous les pays sont d’accord, sauf le Canada. Pourquoi ? Le ministre tunisien des finances, bien diplomatiquement, blâme « le peu de liens forts avec le Canada ». Est-ce seulement çà ?

De son côté, le président américain Obama a reçu des éloges de la part des leaders mondiaux qui ont trouvé courageux son récent discours durant lequel il a préconisé que les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens reprennent avec comme base de discussion de départ, les frontières d’avant la guerre de six-jours de 1967. Israël avait alors conquis l’est de Jérusalem, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Ces frontières pourraient être modifiées par des échanges de territoires. Harper s’est montré en désaccord avec cette proposition.

Harper se prononçait peu sur le printemps arabe, au moment où le PM Israélien Benjamin Netanyahou exprimait ses craintes d’instabilité future, dans la région du Moyen-Orient, devant la montée des révolutionnaires égyptiens et autres. Ce n’est qu’à la toute fin de Moubarak qu’Harper les a appuyés.

De plus, il reconnaît encore le droit à Israël de continuer à construire de nouvelles colonies sur le territoire arabe occupé, alors qu’aujourd’hui Netanyahou argumente que la nouvelle démographie rend impensable de remettre Jérusalem-est aux Palestiniens. Après avoir refusé de se soumettre à toutes les résolutions de l’ONU demandant au gouvernement israélien d’arrêter les constructions, il plaide le fait accompli.

Netanyahou est actuellement engagé dans une campagne internationale pour contrer l'ONU qui veut reconnaître officiellement l’État de la Palestine. Le vote aura lieu bientôt et le Canada votera contre. Il sera un des rares pays à le faire. Harper est aussi opposé à l’union des deux partis politiques palestiniens, le Hamas et le Fatah, qui est comme un pré-requis pour la reconnaissance de leur État.

Et cela malgré les voix qui viennent de partout pour appuyer cette reconnaissance, comme celles de vingt personnalités israéliennes, dont plusieurs hauts anciens responsables. Ils affirment, dans une pétition : "Une proclamation de l'indépendance palestinienne n'est pas seulement un acte légitime, elle constitue un acte positif et constructif pour les deux nations", israélienne et palestinienne, … "l'incapacité de la communauté internationale et en premier lieu des États Unis à relancer des négociations de paix, reflète une vérité déconcertante: la paix a été prise en otage du processus de paix". L'appel est signé notamment par l'ancien procureur général de l'Etat Michael Ben Yair, l'ancien directeur du ministère des Affaires étrangères Alon Liel, l'ancien président du parlement Avraham Burg et par le prix Nobel en économie Daniel Kahneman.

Alors que le Canada a toujours eu une approche neutre, indépendante et sans parti pris dans le conflit israélo-palestinien, nous nous retrouvons aujourd’hui avec un premier ministre qui agit systématiquement en faveur d’une partie, en notre nom, sans avoir eu un mandat spécifique de notre part. Tout comme le fait la droite américaine. Netanyahou, reconnaissant, a affirmé publiquement que le PM Harper est le meilleur ami d’Israël parmi tous les chefs d’État.

Une telle politique m’attriste car elle ne rend justice à personne. Elle n’avance pas les choses. Elle nuit à la réputation du Canada comme le démontre le vote contre sa candidature au conseil de sécurité des Nations-Unies. C’est navrant et cela nous amène à nous demander si notre pays entretient une politique raciste lorsqu’il traite des arabes et des juifs ? Je ne peux le croire, mais en tout cas il semble en donner des preuves.

Claude Dupras

samedi 7 mai 2011

Ben Laden : un assassinat ?

Les Américains ont réussi après de longues années à trouver, au Pakistan, le repaire de Ben Laden, le chef incontesté d’Al-Qaeda, et, après plusieurs semaines de préparation, l’ont envahi.

Durant ce raid, Oussama Ben Laden est mort et son corps emporté par les Navy Seals, le corps d’élite de l’armée américaine. Il a été clairement identifié et enseveli en mer.

J’appris la nouvelle de la bouche du président Obama lors de sa conférence de presse sur le sujet. Ben Laden avait été tué et non capturé. Obama précisa que l’ennemi no 1 des USA était armé et avait résisté. Donc, les troupes étaient en position de légitime défense. Je compris que Ben Laden n’avait pas été assassiné.

Par contre, un point m’inquiéta. Je ne comprenais pas comment un pays pouvait intervenir illégalement de cette façon dans un autre pays souverain sans la permission de ce dernier.

Puis, surprise ! La version américaine changea, plus d’une fois. Il devint de plus en plus clair que Ben Laden aurait pu être capturé et amené devant une cour internationale pour jugement. Nonobstant cela, plusieurs affirment que son « meurtre délibéré » était légitimé par la vie meurtrière de Ben Laden. Pourtant, Saddam Hussein avait été trouvé dans son trou, amené en cour, jugé et exécuté. Il est vrai qu’il était un chef d’État et qu’il n’avait pas touché le cœur des USA comme Ben Laden l’a fait.

Depuis, une pléiade d’opinions s’expriment sur internet sur ce moment important. Les Américains en général sont très heureux, soulagés et plusieurs même euphoriques par l’ « exécution » de Ben Laden, mais les Européens expriment un certain malaise.

Le président Obama a été unanimement loué et applaudi par tous les partis politiques américains. On lui accorde beaucoup de crédit pour cette opération militaire héliportée bien dirigée. Par contre, d’autres, et ils sont nombreux, comme le cinéaste Michael Moore et grand supporteur d’Obama, critiquent cette action « barbare » qui est, selon eux, hors des principes de justice de toute démocratie qui se respecte. Ils affirment que ce fut une exécution de sang-froid prévue d’avance.

On compare cette décision brutale au procès de Nuremberg qui suivit la deuxième guerre mondiale, où les principaux dirigeants du régime nazi, dont le numéro 2 Herman Goering, ont été amenés devant un tribunal de juges internationaux pour être jugés. Ce procès a eu lieu après que les Alliés aient envahi l’Allemagne jusqu’à Berlin et que l’armée allemande ait rendu les armes. La fin de la guerre avait alors été signée par les deux parties.

La guerre contre le terrorisme, déclenchée par GWBush après les impensables attentats meurtriers du 11 septembre 2001 à New York, est toujours active. Elle s’est étendue, entre autres, en Afghanistan où combattent toujours plus de 100 000 soldats américains, sans compter ceux de tous les autres des pays de l’OTAN, dont le Canada. Ce pays a été le berceau des Talibans qui ont protégé Ben Laden et ont entraîné les recrues d’Al-Qaeda en vue de leurs mauvais coups en Occident et ailleurs. Donc, c’est en temps de guerre que les USA ont tué Ben Laden. La guerre n’autorise-t-elle pas les meurtres ?

Temps de paix pour Nuremberg, temps de guerre pour Ben Laden. Est-ce une différence suffisante pour justifier la décision d’Obama ?

Il faut se rappeler que les Alliés ont toujours cherché à tuer Hitler durant la deuxième guerre mondiale. Ce fou furieux avait entraîné son peuple, pourtant d’une intelligence supérieure, dans un conflit qui finalement a fait plus de 50 millions de morts en six ans.

Nous respectons notre système de justice et nous voulons le protéger puisque tout accusé peut se défendre pour faire valoir son innocence. Il ne nous vient pas à l’idée d’encourager la police à tuer les suspects de crimes majeurs.

Qu’auriez-vous fait à la place d’Obama, alors que les USA recherchaient vivement Ben Laden depuis le 11/9 et l’avaient finalement déniché. Le ramener vivant aurait donné quoi, puisqu’il est clair que Ben Laden n’avait même pas une mince chance d’être gracié par une cour de justice américaine ou internationale. Depuis vingt ans, ce dernier revendiquait la paternité de grands actes de terrorismes contre les USA et l’Occident, partout dans le monde, et a créé un réseau de jeunes tueurs prêts à sacrifier leur vie pour aider sa cause. Il a été impitoyable et des milliers d’individus ont perdu leur vie, suite à ses consignes, et cela continue. On peut se demander si sa mort alimentera un nouveau cycle de vengeance chez ces fous de Dieu ? Par contre, un Ben Laden en prison, aurait généré combien de prises d’otages pour le faire libérer ?

J’espère que le président Obama divulguera un jour tous les faits précis de la mort de Ben Laden. Nous avons le droit de connaître la vérité pour être à même de bien juger de cette situation qui embarrasse nos démocraties en rapport avec les droits de l’homme.

Il semble qu’Obama ait suivi le dicton « À la guerre, comme à la guerre ». Je ne peux, actuellement, le blâmer d’avoir fait éliminé ce chef terroriste assassin ? Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Qu’en pensez-vous ?

Claude Dupras

lundi 7 mars 2011

Jusqu’au dernier dictateur arabe….

Les intellectuels arabes comme l’écrivain algérien Boualem Sansal et les scientifiques arabes ne sont pas très écoutés en Arabie. Pourtant dans le passé, ils ont maintes fois donné des signaux d’alerte à leurs concitoyens pour chercher à les faire réagir. Malheureusement, les gouvernements de la Ligue arabe s’assuraient toujours que leurs opinions n’aient pas d’échos. Même en Occident, elles étaient volontairement ignorées.

Un exemple frappant est le rapport des Nations Unies de 2002 traitant du développement humain chez les arabes. Il a été préparé et rédigé par un groupe d’intellectuels arabes sous la direction d’un statisticien de renommée internationale, l’égyptien Nader Fergany. Les constatations de ces chercheurs ont démontré combien il sera difficile pour les Arabes de s’adapter à la démocratie.

Le rapport conclut que le monde arabe en comparaison avec l’Occident a trois grands manques : en éducation, dans le respect de la liberté et dans l’accès des femmes au travail.

Les statistiques démontrent le triste retard du monde arabe. Le produit domestique brut total des 330 millions d’Arabes est moindre que celui des 47 millions d’Espagnols. Per capita, les dépenses en éducation dans les pays arabes ont été de 20% dans les années ’80 et de 10% dans les années ’90, de celles des pays industrialisés. Les documents scientifiques émis dans ces pays (par million de personnes) ont été près de 2% de ceux des pays industrialisés. Le monde arabe a traduit 330 bouquins par année, soit le cinquième de ce qui s’est fait en Grèce. Au point de vue de la liberté individuelle, les pays arabes sont les derniers sur les échelles de comparaison. A l’aube du 21ième siècle, il y avait plus de 60 millions d’adultes illettrés en Arabie, dont la majorité sont des femmes. On prédit que dans 10 ans, le Yemen sera le premier pays du monde à manquer d’eau. Et encore….

Ce bilan désastreux est celui des dictatures des pays arabes. Voilà ce que les despotes qui les dirigent qualifient de « stabilité ». En réalité, cela ressemble plus à des sociétés prises dans un sable mouvant.

Nos gouvernements occidentaux portent aussi le blâme pour ces chiffres honteux. Au lieu de favoriser la transformation des sociétés arabes pour les aider à sortir leurs habitants de la misère, nos leaders politiques ont flatté et cajolé leurs dirigeants-oppresseurs, n’agissant ainsi que pour assurer et protéger l’alimentation en pétrole de nos pays respectifs. Que les peuples arabes n’aient pas de droits fondamentaux, que la corruption soit généralisée au vu et au su de tous, que leurs femmes soient illettrées et non respectées, que leurs familles demeurent dans la misère, que leurs jeunes n’aient pas l’éducation nécessaire pour obtenir des emplois motivants, que l’intolérance soit prêchée dans les mosquées, etc… rien de tout cela n’était important car seule l’alimentation en pétrole comptait et… compte toujours.

Aujourd’hui, les jeunes arabes n’en peuvent plus. Ils se soulèvent et crient leur faim de liberté et leur besoin d’accès au monde moderne. S’ils réussissent à obtenir une vraie démocratie pour leur pays, ils en seront les premiers bénéficiaires et le monde se portera mieux. Mais soyons réalistes, ce ne sera pas facile. Il y aura beaucoup de soubresauts, mais le temps fait bien les choses et finalement ils prévaudront et réussiront à s’adapter. Ce n’est pas une mince tâche qui les attend. C’est le prix de la liberté.

Ils devront être vigilants pour empêcher que de nouveaux tyrans viennent les tromper, reprennent le pouvoir et confisquent leur nouvelle démocratie, comme ce fut le cas pour les jeunes algériens de 1990 qui après avoir réussi leur révolte ont vu les généraux ressaisir le pouvoir suite aux élections démocratiques de 1992 et le conserver jusqu’à ce jour.

Appuyons ces révolutionnaires qui vont changer non seulement leur monde mais aussi le nôtre. Appuyons-les aujourd’hui, demain et après-demain car ils sont sérieux. En effet, les jeunes Égyptiens et les jeunes Tunisiens nous le démontrent encore chaque jour. Ils n’acceptent pas n’importe quoi de ceux qui les dirigent temporairement et restent dans la rue pour exiger des changements réels, profonds et durables.

Les autres contestataires de Lybie, de Bahreïn, d’Oman et du Yémen combattent toujours. Ce matin, les dépêches nous rapportent que l’Arabie Saoudite défend toute manifestation dans le pays et que l’armée de Bouteflika apeure les jeunes et les empêche de manifester à Alger et à Oran. N’est-ce pas là la démonstration que la liberté n’existe pas dans ces pays ? Ces actions irraisonnables auront à la longue un effet boomerang qui fera en sorte que ceux qui, à ce jour, demeurent supporteurs des régimes actuels, se retourneront à leur tour contre les autocrates qui les persécutent.

Supportons-les. Que nos dirigeants politiques collaborent avec eux, et avec les autres qui s’ajouteront dans les mois prochains, pour assurer que le grand chambardement de tout le monde arabe devienne une réalité. Faisons en sorte que ce peuple arabe qui a déjà été grand, puisse se débarrasser des parasites qui l’ont entraîné dans les entrailles de l’enfer où il se trouve, et qu’il ait les instruments pour le redevenir.

L’objectif final de cette lutte sera atteint, comme l’a écrit Sansal : « … lorsque tombera le dernier dictateur et que sera brisé ce machin absurde, l’Arabie Saoudite, club de faux princes arrogants et cruels, qui se pose en gardien de la mythique race arabe et du véritable islam, et que disparaîtra la Ligue arabe, club fantoche mais combien pernicieux avec sa vision raciale et raciste du monde ».

C’est possible !

Claude Dupras

samedi 5 mars 2011

L’Algérie va-t-elle rater le coche ?

Après la Tunisie, l'Égypte et la Lybie, le Yémen et Bahrein qui vacillent, la liberté appelle les Algériens. L'Algérie, pays que j'aime beaucoup, m'inquiète. Je crains qu'il manque le train. J'étais à écrire un billet sur ce sujet lorsqu'un texte de l'écrivain algérien Boualem Sansal m'est tombé sous la main. Il résume très bien la situation actuelle du monde arabe, de l'Occident face aux révoltes, de l'évolution en Algérie et du pourquoi de l'hésitation des jeunes Algériens et Algériennes à faire leur propre révolution. J'ai pensé le reproduire ici, à la suite, étant donné sa qualité et sa pertinence.

Claude Dupras

L’Algérie va-t-elle rater le coche ?

"Le monde arabe de papa est mort, on se félicite chaudement. Soyons modestes, disons qu’il se meurt. Il sera fini lorsque tombera le dernier dictateur et que sera brisé ce machin absurde, l’Arabie Saoudite, club de faux princes arrogants et cruels, qui se pose en gardien de la mythique race arabe et du véritable islam, et que disparaîtra la Ligue arabe, club fantoche mais combien pernicieux avec sa vision raciale et raciste du monde. A ce stade l’affaire sera réglée, on aura arraché la racine, on tournera la page et on tentera de rattraper le temps perdu et d’échapper définitivement aux travers de ce monde : le passéisme, la folie des certitudes et l’imprécation. Et on aidera pour que meure cet autre monde, celui des ayatollahs et des talibans, là-bas en Asie. On balaie partout, ou ce n’est pas la peine.

Mais en vrai rien ne sera réglé tant que la question arabe, mélange d’islam, d’islamisme, de nationalisme, de panarabisme, de terrorisme, d’émigration, et autres ombres au tableau, hante les arrière-pensées des Occidentaux. Il faudrait aussi qu’ils cessent de penser que la démocratie et le droit leur appartiennent et qu’il leur revient de les dicter, agissant ainsi comme les princes et dictateurs arabes qui se sont convaincus que tout, la langue arabe, l’islam, son prophète, les peuples et les terres arabes, le pétrole et l’avenir du monde leur appartiennent et qu’il leur revient de convertir les mécréants ou de les tuer.

La question se pose : si le monde arabe de papa tombe, le monde arabe que les Occidentaux portent dans la tête va-t-il tomber aussi ou vont-ils le garder pour les besoins de leur vision du monde ? Le monde arabe peut-il se transformer de lui-même et échapper au scénario écrit par l’Occident ? Lui-même verra-t-il l’Occident autrement que comme un monde de mécréance et de manipulation ? Moi, je ne sais pas répondre à ces questions, sauf à dire qu’il faut en finir avec tous ces mondes qui se regardent en chiens de faïence, qui finalement n’existent que dans et par le regard méprisant de l’autre et l’échange de mauvais procédés. Ce sont des questions pour les philosophes, ils pourraient se démener et nous dire si les choses existent par elles-mêmes ou si elles ne sont que des arguments de vente qui naissent de la confrontation d’idées fausses. Il faut des philosophes courageux qui ne craignent ni les tyrans ni les fous qui mènent le monde au crash. S’il faut par exemple parler de la place de l’islam dans l’Etat et la société, ils devront le faire en toute clarté et simplicité. Y en a-t-il dans l’avion ? Il y a urgence car le diable ne dort jamais longtemps et les révolutions se dévoient comme rien. La fin des dictatures soulève des montagnes de questions existentielles.

Parlons un peu de l’Algérie. Je sais qu’on se demande ce qui se passe. L’Algérie est un pays révolutionnaire prompt à bondir, or voilà qu’il ne bouge pas. Les Algériens sont-ils déjà morts, tués préventivement ? Pourquoi ce silence, alors que de Nouakchott à Manama la bataille fait rage et que les tyrans capitulent l’un après l’autre. Même la police n’en revient pas : les 12, 19 et 26 février, jours de marches organisées par l’opposition, elle avait sorti 35 000 hommes, les meilleurs, suréquipés, gonflés à bloc, car s’attendant à un tsunami de hooligans. Et qu’a-t-elle vu ? Rien d’effrayant, un petit groupe de personnes d’âge mûr, bien mis, polis, les matraques leur en sont tombées des mains. Il faut dire que le vieux Bouteflika avait pris les devants. Cela faisait des semaines, depuis la fuite de Ben Ali, qu’il arrosait à tout-va. Ce sont des millions de dollars qui coulent du robinet jour après jour. Si on ne s’enrichit pas en ce moment avec papa Bouteflika, on ne s’enrichira jamais, c’est l’astuce du jour, elle brille au fronton des administrations, ouvertes en priorité aux jeunes, aux diplômés chômeurs, aux sans-logis, à tous les mécontents. Il a écrasé son orgueil de chef d’Etat et s’est pris d’amour fou pour ces fainéants, comme il les appelait hier. Il ne travaille que pour eux, les annonces budgétaires se succèdent à feu roulant. Le bonheur revient, la révolution recule. Le prix du pétrole grimpe, ça va, le pays ne sera pas ruiné tout de suite même si l’inflation accourt.

Est-ce tout ? Qu’en pense Toufik (1), le grand patron de l’Algérie ? Va-t-il laisser faire ? Est-il derrière les marches d’avertissement à Bouteflika ? Va-t-il le garder comme bouclier, chiffon rouge, attendre que son cancer l’emporte, qu’il démissionne ? Qu’en pense la DST en France, alliée stratégique du DRS (2), a-t-elle encore besoin de M. Bouteflika et sa concorde foireuse ? Si oui, pourquoi le terrorisme, s’étant déplacé au Sahel, ne sévit-il plus en Algérie que sur commande, comme piqûre de rappel ? Et M. Sarkozy, pourquoi le soutient-il encore (3), puisqu’il vient de dire que l’hypothèse islamiste a vécu et la Françafrique aussi ? Ne voit-il pas que l’homme est une potiche qu’on laisse jouer au dictateur pour cacher les vrais pouvoirs, les vrais enjeux ? On sait qu’Obama déteste Bouteflika et Sarkozy, mais ira-t-il jusqu’à actionner l’ANP (4), l’autre grand patron de l’Algérie, pour les sortir du jeu ?

Qui va gagner ? C’est opaque, le jeune Algérien veut savoir avant d’aller mourir dans les rues d’Alger. D’un autre côté, Tunis, Le Caire, Benghazi, Manama, Sanaa, le font rêver, les jeunes s’y battent comme des lions, il fait corps avec eux, via Al-Jezira. La révolution c’est beau, les peuples n’ont qu’elle pour exister, mais la révolution, comme les trains, n’attend pas. De ceux qui ratent la chance de leur vie, on dit ici : «Bobby les a mangés.» Bobby, c’est le chien de garde.

(1) et (2) Le général major Toufik est le patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), les services secrets, cœur battant du système politique algérien.

(3) Sarkozy avait déclaré durant la présidentielle algérienne de 2008 : «Je préfère Bouteflika aux talibans à Alger.» Il s’adressait évidemment aux généraux algériens, les faiseurs de rois, lesquels s’exécutèrent, après accord de confirmation de la CIA. Bouteflika eut son 3e mandat, avec un score de 94%.

(4) L’Armée nationale populaire, autre cœur battant du système politique algérien."

samedi 12 février 2011

Allez, allez, jeunes Algériens, c’est à votre tour…

Quelle journée inoubliable que ce 11 février 2011 pour l’Égypte! Quelle journée, belle à vivre! Quelles journées que celles des révoltes tunisienne et égyptienne ! Enfin, enfin les arabes réagissent ! Du jamais vu.

Lorsqu’on visite les pays arabes, on s’interroge sur la raison de la soumission des arabes envers leur gouvernement. On les sait pris dans l’engrenage d’un pouvoir corrompu, armé et sans pitié qui utilise la peur pour les contenir. Mais on ne peux comprendre pourquoi ces peuples intelligents, d’une grande humanité, pratiquent la politique du laisser-faire comme s’ils n’avaient pas d’autres choix. Pourquoi acceptent-ils la pauvreté du peuple, la privation des libertés, la corruption des élites, l’État répressif ? Pourtant, ils connaissent par la télé et les médias, la qualité de vie des peuples occidentaux. Ils en rêvent au point qu’un très grand nombre d’entre eux ont réussi à émigrer avec leurs familles vers les pays démocratiques afin de vivre mieux et de s’échapper de leur enfer.

Mais cela ne durera pas éternellement car « il n’y a pas de fatalité de la dictature arabe ». Pas plus qu’en Amérique du sud, comme on a vu. L’évolution technologique, la télévision avec la chaîne arabe Al-Jazeerra et le développement de réseaux sociaux d’internet leur permettent, enfin, de se renseigner, de se rallier et de réagir. Les Tunisiens leur ont montré comment faire. Les Égyptiens viennent de leur démontrer que tout est possible. Les citoyens des autres pays arabes comprennent maintenant que la révolte n’est pas nécessairement un saut dans un inconnu périlleux.

Ces journées de révolte nous ont fait comprendre, à nous Occidentaux, que les arabes sont des gens comme nous. Je crois que nous ne les regarderons plus de la même manière que par le passé.

La révolte doit continuer ailleurs jusqu’à ce que tous les pays arabes aient un gouvernement démocratique. Le prochain éclatement peut être l’Algérie. Et c’est pourquoi, je fais appel à tous les Algériens, et particulièrement aux jeunes, pour qu’ils se lèvent et contestent leur gouvernement afin de le faire fuir, comme les autres. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, élu par des élections truquées, dirige son pays, de 35 millions d’individus, d’une main de fer grâce à l’armée et aux services de sécurité. En fait, ce sont les indélogeables généraux sans légitimité qui sont au pouvoir. Ils se partagent le butin et sont corrompus jusqu’à la moelle. Ils ont des intérêts dans toutes les grandes compagnies qui fournissent des services ou du matériel au pays. C’est le contraire de l’armée Égyptienne.

L’Algérie a beaucoup souffert de son passé. La guerre de libération a duré huit ans et s’est terminée en 1962 par l’indépendance, suite à des centaines de milliers de morts. Puis, ce fut l’échec total du socialisme totalitaire à la soviet choisi comme modèle de développement par Boumediene et le FLN. Ensuite, en 1991, l’armée annula les résultats de l’élection après que le Front Islamiste du Salut (FIS) l’eut gagnée démocratiquement, à cause de la pauvreté envahissante qui existait au pays à ce moment-là. La majorité des dirigeants du FIS ont été mis en prison. Les islamistes-vengeurs assassinèrent plus de 200,000 innocents algériens : hommes, femmes et enfants. Les services de sécurité ont été créés et la loi des mesures d’urgence a été appliquée. Vingt ans plus tard, ces derniers et l’armée gardent toujours une main de fer sur la vie des Algériens et Algériennes et la loi d’urgence est encore en force.

Il y a cinq ans, j’ai été victime de ce contrôle sécuritaire, lors d’un voyage en Algérie. Alors que je captais des photos de ce très pittoresque pays, une voiture non identifiée, arriva à pleine vitesse, s’arrêta à angle devant la nôtre et quatre individus en civil ouvrèrent rapidement les portes pour se lancer vers moi en courant et en exigeant mon permis de photographier. J’ignorais que cela était obligatoire. Ce n’est que grâce à l’intervention des Algériens qui étaient avec moi et à leur statut dans la société, que je m’en suis sorti. Et cela persiste toujours On comprend pourquoi il n’y a pas de touristes dans ce pays alors que les pays voisins, le Maroc et la Tunisie, en débordent même si l’Algérie est de beaucoup plus intéressante et spectaculaire.

Le 22 janvier dernier, une première manifestation contre le gouvernement eut lieu alors que 300 jeunes descendirent au centre d’Alger. Elle fut vite contrôlée sous prétexte qu’ils n’avaient pas de permis. Le bilan : sept morts, 32 personnes blessées, sept arrêtées. Ailleurs, deux Algériens s’immolèrent. Hier, lors du succès des Égyptiens, il fut défendu aux Algériens de manifester publiquement leur joie.

Aujourd’hui, le 12 février 2011, alors que j’écris ces lignes, une nouvelle manifestation est en marche dans la capitale malgré que le despote Bouteflika ait défendu toute manifestation à Alger (il dit permettre les manifestations dans les autres villes). Les premiers rapports de presse indiquent qu’ils sont seulement 200 à protester alors que 30 000 policiers sont déployés dans toute la ville avec leurs équipements, camions, canon-d’eau, etc. De toute évidence, les gens ont peur de l’armée et de la prison.

Si les Algériens veulent avoir leur place au soleil, ils devront sortir plus nombreux sur la place publique pour la réclamer. Surtout la jeunesse innombrable, pauvre, moins religieuse, mieux éduquée, plus nationaliste, sans emploi, désespérée quant à son avenir qui ne supporte pas la corruption et qui refuse l’autorité en place. Pour se faire, elle doit se mobiliser et se politiser. Avec internet, elle sait mieux que ses aînés comment s’informer et traduire les sentiments de chacun en un effort collectif. Cela exigera beaucoup de leadership et de courage.

J’espère aussi que la diaspora algérienne manifestera partout dans le monde pour faire pression sur les gouvernements comme le Canada et les encourager à dire à Bouteflika et ses comparses : « Dégagez ».

Claude Dupras

vendredi 17 décembre 2010

Obama et ses promesses électorales

Ce n’est pas une sinécure d’être président des États-Unis d’Amérique. Un candidat à ce poste peut être de bonne foi et être sincère lorsqu’il fait ses promesses électorales, mais rien n’assure qu’il pourra, une fois élu, les réaliser. On le voit bien en suivant le déroulement de la politique américaine actuelle.

Barack Obama a été à ce jour un bon président. Il a travaillé fort sur des sujets de première importance. Durant ses deux premières années au pouvoir, alors qu’il avait un support majoritaire au Congrès, le président Obama a fait adopter des lois importantes pour stopper la crise économique, protéger les banques, le marché et assurer à presque tous les Américains une protection de soins de santé. Cette dernière loi que les Américains ont surnommée Obamacare assure à 35 millions d’individus, une protection vitale qu’ils n’avaient pas. Elle a été votée sans l’appui du parti Républicain. Nous, Canadiens et Européens, ne pouvons comprendre pourquoi un si grand parti politique s’oppose à une protection aussi élémentaire.

Mais, avec le temps, on se rend compte qu’Obama renie les promesses qui lui ont fait gagner son élection présidentielle.

Par exemple, l’Obamacare devait couvrir tous les Américains, or il en restera encore huit millions qui ne le seront pas, l’équivalent de la population du Québec.

Il y a le crédit de taxes temporaire pour dix ans accordé par GWBush. Obama n’a cessé de répéter qu’il l’abolirait. Alors que le 31 décembre prochain était le jour où le crédit devait s’éteindre de sa belle mort, Obama a décidé de l’allonger pour deux autres années dans un compromis politique avec les Républicains qui favorisent les riches du pays. C’est un manque à gagner de 70 milliards $ par année.

Et, il y a les projets particuliers des représentants et des sénateurs, les fameux earmarks, qu’Obama avait promis, dur comme fer, encore l’an dernier, d’éliminer complètement. Or le Congrès vote actuellement sur un projet qui en contient pour huit milliards $ et Obama ne dit rien.

Puis, il y a l’Afghanistan. Obama avait promis de mettre fin à la guerre. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a augmenté les forces militaires américaines de 35,000 à 95,000 soldats et parle maintenant d’un retrait possible de l’armée américaine dans deux à quatre ans. Le coût annuel se chiffre en centaines de milliards $.

Obama a promis de couper le déficit en deux. Le déficit de 2009, première année d’Obama, a été de 1,42 trillions $ soit le triple de l’année précédente. Il n’est pas surprenant que les Républicains aient des munitions pour blâmer Obama. Cependant, ces derniers oublient volontairement les masses d’argents qui ont dû être dépensées pour contrer la déferlante de la crise économique.

Depuis l’élection de mi-mandat où Obama a trébuché et perdu sa majorité, les Républicains et la droite américaine font la pluie et le beau temps. Avec l’appui des milliers de radiomen de droite et celui des commentateurs du réseau télévisé Fox News, les Républicains persuadent, à coups de démagogie évidente, une partie de plus en plus grande de la population qu’Obama est un dépensier qui ne fait qu’augmenter le déficit et la dette nationale. Malgré que ce soient eux qui avec GWBush et ses deux guerres aient fait doubler la dette nationale, ils réussissent à amener l’opinion publique à placer le blâme sur Obama. D’ailleurs, un récent sondage le démontre clairement puisqu’il place maintenant GWBush en avant d’Obama en rapport avec le taux de satisfaction comme président. C’est invraisemblable.

Au moment d’écrire ces lignes, la dette américaine est de $13,886,724,821,930.00. Soit plus de 44 000 $ par Américain. Elle a augmenté, depuis 2007, de 4,5 milliards par jour. C’est effarant et on se demande bien où vont les USA ? Avec l’Europe qui a de graves problèmes financiers, l’Occident s’approche-t-il d’un précipice ?

Heureusement que les taux d’intérêt sont actuellement bas. Mais cela ne durera pas éternellement. Avec l’accélération de la reprise économique mondiale, les investisseurs institutionnels chercheront à faire des placements plus rentables que ceux de la trésorerie américaine et voudront prendre plus de risques afin d’obtenir un meilleur retour sur leurs investissements. Les taux d’intérêts à long terme augmenteront en conséquence et cela se reflétera par des frais d’emprunts plus élevés qui ajouteront à la dette américaine. Le gouvernement doit donc couper dans les dépenses et augmenter les taxes pour balancer le budget d’ici quelques années, en espérant que le niveau de croissance soit présent.

Voilà pourquoi le président Barack Obama doit se tenir debout devant les Républicains et respecter ses promesses électorales. Il avait raison avec son programme politique. Il peut faire quelques concessions pour atteindre des compromis mais rien qui affecte sérieusement la santé financière de son pays. Il se doit d’être intraitable sur la question du déficit et de la dette et faire les choix qui s’imposent tout en s’assurant que les Américains travaillent, qu’ils sont socialement protégés et que son pays se donne les outils pour faire face aux défis de l’avenir, comme le transport en commun rapide.

Obama doit aussi soutenir l’expansion des investissements gouvernementaux et privés dans la science, la technologie, l’innovation et l’éducation afin que les USA soient toujours les meilleurs du monde dans ces domaines. Par contre, il peut couper radicalement, entre autres, dans les dépenses générées par le complexe militaro-industriel.

L’Asie est sur le point de devenir le plus grand marché de consommateurs de l’Histoire. Les exportateurs américains peuvent devenir les premiers bénéficiaires. Déjà Intel, GE, Proctor & Gamble annoncent que leur croissance vient de l’Asie. C’est au gouvernement américain de mettre en place les conditions, comme le libre-échange entre l’Asie et les USA, pour atteindre ce potentiel. C’est une vraie opportunité pour les USA d’exercer son énergie créatrice et entrepreneuriale et de créer des emplois de haute technicité pour les travailleurs américains. Une économie dynamique et florissante remplit vite les coffres de l’État. Obama le sait et il devra exercer son leadership pour montrer aux Américains que l'avenir peut être rose.

Les Américains aiment les chefs capables de défendre leurs vrais intérêts, de leur expliquer clairement la situation et la voie à suivre. L’ex-président Bill Clinton l’a bien démontré. Obama a-t-il les moyens de faire autrement ? S’il perd la prochaine élection à cause d’une telle attitude, eh bien tant pis, il aura agi dans l’intérêt à long terme de son pays. Mais les odds sont qu’il gagnera à nouveau, s’il en a le courage.

Claude Dupras

dimanche 23 mai 2010

La Chine : communiste ?

Je termine un voyage en Chine que j’ai retrouvée après 29 ans. Quelle transformation ! Rien n’est plus pareil sauf la mainmise du parti communiste chinois sur le gouvernement qui perdure. Hôtels des plus modernes, aéroports fantastiques, autoroutes de grande qualité, tours de logements en quantité incomptable, villes avec plan d’urbanisme d’avant-garde, usines de toutes sortes, entreprises privées partout, boutiques de toutes gammes, etc… tout est là. La qualité de vie des Chinois s’est améliorée du tout au tout et continue à progresser rapidement. Ce grand pays, le plus peuplé du monde, change à un rythme inimaginable et deviendra vite le plus important de la planète.

Aujourd’hui, la loi du marché gouverne la vie de tous les jours. Les commerces et les entreprises sont privés et la compétition est forte.

Pour acheter une auto, le Chinois peut marchander car presque toutes les marques connues sont disponibles et les prix sont à la baisse. De même pour tout autre produit. C’est comme au Canada sauf que les prix sont beaucoup moins élevés.

Les maisons et les logements sont généralement des propriétés privées et les propriétaires ne peuvent être forcés à déménager sauf pour des projets qui sont d’intérêt général comme le passage d’une autoroute. Et dans un tel cas, l’exproprié est bien compensé. S’il veut acheter un nouveau logement, les banques sont là pour lui prêter jusqu’à 80% de sa valeur sur une très longue période.

Les constructeurs de tours à logements sont privés et louent le terrain du gouvernement pour 70 ans (toute la terre chinoise est propriété de la Chine sauf quelques exceptions) et y érigent d’importants bâtiments en hauteur. Ils doivent trouver preneurs pour réussir. Le gouvernement construit aussi des tours pour les personnes à faible revenu.

L’école primaire n’est pas gratuite. Si elle se trouve dans son quartier, le Chinois paye un léger montant annuel pour son enfant et le gouvernement prend charge de la différence. Les livres, les repas et le transport sont à la charge des parents. S’il recherche une meilleure école pour son enfant et l’enrôle dans une école d’un autre quartier, le montant est alors fort important. Le collège et l’université sont également coûteux pour le Chinois moyen.

Les soins de santé ne sont pas gratuits car il y a une prime à payer pour voir le médecin et se faire soigner, même pour les nombreux avortements nécessaires pour obéir à la loi d’« un seul enfant par famille ». Sinon, une forte amende leur est imposée.

Si un Chinois a du talent, de l’énergie, le goût du risque et veut travailler, il bénéficie des fruits de son labeur. Il est libre de gagner sa vie à sa façon et a la rémunération en conséquence. Il n’est plus question d’égalité des salaires en Chine. Seul Cuba et la Corée du Nord obligent encore leurs citoyens à accepter ce système rétrograde.

De toute évidence, le système économique de la Chine est aujourd’hui capitaliste. On retrouve chez les citoyens de ce pays la même motivation et volonté de réussir que chez nous. On peut voir clairement leurs efforts individuels qui sont axés sur une bonne performance, l’efficacité, le rendement et le travail bien accompli. Le Chinois veut satisfaire son employeur ou son client. Il a besoin de gagner, de progresser et il agit en conséquence.

Seul le parti communiste ne suit pas. Il a permis, certes, le développement incroyable que connaît la Chine et qui est en train d’en faire le plus important pays de la planète. Malheureusement le gouvernement chinois continue à maîtriser tout ce que lit, entend et voit le Chinois. Même s’il y a plus de 70 chaînes de télé disponibles, aucune ne donne des nouvelles politiques venant d’autres pays du monde, ni ne retransmet les opinions émises sur l’évolution de la vie politique de la planète.

L’internet est contrôlé par l’État. Les réseaux du genre Facebook, les sites de blogs comme Blogspot et plusieurs autres sont éliminés du réseau. Les chefs chinois craignent que les jeunes, entre autres, s’abreuvent d’idées différentes de celles qu’ils propagent. Ils veulent éviter une révolte comme celle des jeunes des pays de l’Europe de l’Est en 1989. Ces derniers avaient compris, grâce à la télévision qui traversait le rideau de fer, que leur qualité de vie était minable, sans liberté et que leur futur était compromis et sans promesse par rapport à celui des jeunes de l’Ouest. Malgré que les jeunes Chinois aient actuellement une qualité de vie de beaucoup supérieure à celle des jeunes des ex-pays communistes sous le joug de l’URSS, l’internet libre peut créer des remous similaires en Chine et qui sait ce qu’ils peuvent générer. Le parti communiste ne joue pas avec le feu !

Seuls, 13% des Chinois sont membres du parti communiste. Ils sont les privilégiés de la société et ont des avantages, comme le logement, que d’autres n’ont pas. Les gouvernements municipaux, provinciaux et national sont sous le contrôle du parti. Il y a plusieurs élus aux différents congrès politiques qui ne sont pas communistes mais la majorité l’est et le système établi assure que le parti communiste ne sera jamais minoritaire.

Le parti contrôle le parlement, l’armée, les banques, les transports, etc… Il exerce une autorité totale. Il est le dictateur du pays. Il se dit efficace. Par exemple, dans le cas de la réalisation du barrage hydraulique des Trois-Gorges, le plus gros du monde et construit en un temps record, il a fait fi des contestations et des critiques que le projet a générées. Sous prétexte que le pays avait un grand besoin des mégawatts à être produits, le parti communiste l’a imposé. Ce faisant, il l’a fait au détriment d’autres solutions comme le nucléaire qui aurait permis d’éviter l’inondation à tout jamais de l’immense superficie de terres occupées par plus d’un million de personnes, la relocalisation forcée de celles-ci et la conservation des villes et villages millénaires avec les trésors historiques qu’ils contenaient.

Un tel régime est-il nécessaire au moment où la Chine sort du passé qui l’a détruite ? Un gouvernement sans opposition parlementaire, ou de la rue, est-il plus efficace qu’un gouvernement d’élus qui cherchent à plaire à leurs commettants pour se faire réélire au lieu de prendre les grandes décisions dans l’intérêt de la nation ? Le problème, c’est qu’en Chine on ne peut en discuter ou poser la question car le parti communiste refuse de tels débats.

Les Chinois ne sont plus communistes. Ils démontrent aujourd’hui qu’ils sont capitalistes et qu’ils aiment l’être. Leur gouvernement se dit communiste mais n’applique plus les notions de Karl Marx ni ne respecte les citations de Mao Tsé Toung. Par contre, on peut difficilement affirmer que le gouvernement actuel n’a pas bien agi. Il a quand même compris que c’est par la liberté économique de l’individu que la Chine peut vraiment se développer et a présidé à l’importante transformation du pays dont nous sommes tous témoins. Le temps est-il venu pour le parti communiste chinois de se faire harakiri, de se transformer et de démocratiser le système politique de son pays ? C’est la question que je me pose.

Claude Dupras