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dimanche 31 janvier 2010

À Harper : « BRAVO ! » et « CHOU ! »

Les décisions du PM Stephen Harper en rapport avec l’aide de notre pays à Haïti sont remarquables. Le Canada est le plus généreux de tous les pays du monde sur la base du per capita.

Cet intérêt du PM pour Haïti a commencé bien avant le tremblement de terre qui a ravagé la nation haïtienne. Est-ce l’influence du gouverneur général, la canadienne-haïtienne Michaëlle Jean ? Probablement, car cette dernière a toujours été très dévouée pour aider ce pauvre pays, le plus mal-en-point de notre hémisphère.

Le PM Harper veut faire encore plus. Il a comme ambition de persuader le G8 d’aider les femmes et les enfants de pays en développement. Il a affirmé que les pays du G8 et les organisations internationales devraient viser à obtenir des résultats plutôt que de faire des promesses. Au sommet économique de Davos, il a, entre autres, insisté sur ce sujet.

Cette année, le Canada est l’hôte du G8 et du G20. M. Harper sera président du premier sommet et co-président du 2ième. Il sera donc bien placé pour faire valoir ses propositions et obtenir des résultats concrets. De plus, Il peut compter sur l’appui du président français Nicolas Sarkozy qui professe une politique similaire d’aide aux pays pauvres et qui pourra poursuivre dans la même direction puisque les deux sommets se tiendront en France en 2011.

Les nouvelles positions du PM Harper sont surprenantes puisque depuis sa venue au pouvoir, le Canada a annulé son aide aux pays Africains. Il semble que le désastre d’Haïti l’ait bouleversé et l’ait amené à de meilleurs sentiments. Comme Bill Clinton et Bill Gates qui ont salué la nouvelle politique canadienne, je crois que nous nous devons de dire au PM Harper : « Bravo ! ».

Est-ce strictement pour des fins politiques que le PM Harper a mis l’accent sur ce créneau ? Plusieurs personnes, dont le soussigné, demeurent sceptiques. L’opposition à la Chambre des communes n’y croit pas. Je leur dis « donnons la chance au coureur, nous aurons tout le temps éventuellement pour faire les mises au point, si elles s’avèrent nécessaires».

Par contre, sur la question du réchauffement climatique de la planète, ce n’est pas fort ! Le ministre de l’environnement vient d’annoncer que le Canada réduira ses gaz à effets de serre (GES) d’un pourcentage égal à ce que vient d’annoncer les USA, soit 17% sur la base des niveaux de 1995.

Le Ministre se « pète les bretelles » en affirmant que le Canada a été vite à réagir sur ce sujet en annonçant si tôt ses objectifs qu’il affirme être conformes à l’accord de Copenhague. De toute façon, il était tenu de le faire avant le 31 janvier pour répondre à la demande des Nations-Unies.

Le Canada a fait son annonce un jour après celle des USA et a simplement copié l’objectif fixé par les Américains. On n’a pas besoin d’un ministre de l’environnement pour faire cela. Ça sert à quoi un ministère de l’environnement si, sur un sujet capital comme celui de la réduction des GES, on ne fait qu’accepter un document préparé par les Américains, pour les Américains, et qui n’a rien à voir avec l’intérêt à long terme du Canada.

Notre PM agit comme si le protocole de Kyoto n’avait pas été signé par un des ses prédécesseurs, l’ancien PM canadien Jean Chrétien. Sur ce sujet, Greenpeace souligne que « la nouvelle cible correspond à une augmentation de 2,5% des émissions, d’ici 2020, au-dessus de 1990 » fixée à Kyoto comme base de comparaison.

Dans son annonce, le ministre Jim Prentice n’a pas abordé le sujet de l’exploitation des sables bitumineux. « Plus tard » a-t-il dit.

Alors que l’objectif des pétrolières est de multiplier par quatre le nombre de barils de pétrole extraits par jour de ces sables d'ici 10 ans, le ministre laisse penser que les réductions de GES devront se faire ailleurs.

Le Canada est devenu, toute proportion gardée, l’un des pays les plus polluants de la planète. Même si les sables bitumineux sont une source incroyable de richesse pour les Canadiens, je crois que devrions cesser d’en accélérer l’exploitation tant que nous n’aurons pas trouvé une manière propre d’en extraire le pétrole. Notre planète passe avant notre richesse immédiate. Les générations futures de Canadiens pourront en profiter pleinement puisque l’exploitation des sables bitumineux prendra au moins 150 ans. L’argent n’est pas perdu, il ira à nos descendants.

Je dis « CHOU ! » au PM Harper pour son manque de responsabilité et le tort qu’il continue de faire à la réputation de notre pays dans le monde sur la question du réchauffement climatique de la planète.

Claude Dupras

mardi 19 janvier 2010

Immigration haïtienne : Oui ou non ?

Un drame épouvantable. Des souffrances atroces. Un pays tout cassé sans gouvernance. Du jamais vu. Des images qui nous brisent le cœur. Tout le monde veut aider. Une diaspora qui s’inquiète et qui cherche par tous les moyens à sauver le plus grand nombre possible de ses concitoyens de l’enfer qu’est devenu Haïti.

Le Canada a bougé. Soldats, nourriture, médecins, infirmières… à ce jour on ne peut reprocher à notre pays de ne pas avoir fait son possible. Mais ce n’est que le début et pour plusieurs c’est l’avenir qui inquiète.

Pour sauver le plus d’individus possible, la diaspora québécoise propose au gouvernement canadien de relaxer ses lois pour ouvrir sur-le-champ notre pays à une plus grande immigration. Elle veut que les parents immédiats des Haïtiens immigrés légalement au Canada et vivant en Haïti (frères, sœurs, oncles, tantes, etc..) soient acceptés comme nouveaux immigrés canadiens sans trop de formalités puisque la plupart ont perdu leurs papiers d’identité lors du désastre du tremblement de terre. Le gouvernement du Québec se montre d’accord si le nombre permet de bien les intégrer dans la société québécoise. Plusieurs organismes d’aide supportent l’idée et blâment même le Canada de ne pas réagir.

Du côté du Canada, on ne dit pas non, mais on ne dit pas oui. Quelques membres du gouvernement aiment cette idée de la réunification des familles et se montrent favorables.

D'autres, par contre, et non les moindres prétendent que le pays sera inondé de demandes si on entrouvre la porte. Ils soulignent que tous les prisonniers de la geôle de Port-au-Prince, environ 4 000, se sont évadés et que plusieurs de ceux-ci risquent de se retrouver parmi les demandeurs. Ils se questionnent sur le fait que le Canada accepterait des Haïtiens et non des individus du Darfour ou d’autres régions du monde où les populations souffrent autant. Ils soulignent que notre système d’immigration est aligné sur nos priorités et que nous faisons exception pour des réfugiés politiques tout en affirmant que les Haïtiens ne sont pas dans ce cas. Ils rappellent qu’aucune loi canadienne ne prévoit l’acceptation d’étrangers sur la base que leur nation est pauvre, non fonctionnelle ou même affligée par une tragédie. Il estime que, si c’était le cas, des milliers d’individus d’Afrique et d’Asie auraient droit d’entrer au Canada. Ils sont favorables pour que le Canada fasse tout pour aider les Haïtiens mais refusent la demande de la diaspora car, prétendent-ils, elle ne respecte pas nos lois. Par contre, ils suggèrent au gouvernement à la lumière de la « grande catastrophe » haïtienne qu’il réexamine ses lois et que s’il croit raisonnable de les modifier, qu’elles deviennent applicables dans l’avenir à tous les individus qui vivront des crises similaires dans tous les pays du monde. Le gouvernement du Canada ne doit pas se laisser influencer par tous les reportages journalistiques qui traitent actuellement intensément de la situation affreuse en Haïti. Réagir en de telles circonstances, disent-ils, peut créer des lois qui ne sont pas raisonnables à long terme.

Même si les arguments précédents semblent bien logiques, je ne partage pas cette opinion car la crise actuelle en Haïti est unique. C'est la plus grande que les Nations-Unies aient eu à gérer, selon son secrétaire général, depuis qu’elle a été créée. À mon avis, il faut aider le plus possible les Haïtiens. L’immigration additionnelle de quelques milliers d’individus est un geste positif dans ce sens et elle ne nuira pas à l’économie canadienne.

Il y a aussi les orphelins haïtiens qui se dénombraient avant la « grande catastrophe » à près de 400,000. Aujourd’hui, ce chiffre a sûrement augmenté considérablement. On ne peut laisser ces enfants là-bas au moment où chaque individu doit se battre pour conserver sa vie. Déjà les USA, en ont récupéré 80. Mais les autres ? Je crois que les Nations-Unies devraient en prendre immédiatement l’entière responsabilité et trouver, dans les plus brefs délais, des adultes, dans les pays du monde, prêts à devenir des parents adoptifs. Cela peut se faire très vite et ainsi des milliers de vies seront sauvées.

La situation de la nation haïtienne est extrêmement grave. Il faut tout faire pour aider. L’accélération de l’immigration vers plusieurs pays, dont le Canada, et l’adoption massive des orphelins contribueront à soulager ceux qui souffrent et qui ne peuvent quitter ce pays.

Claude Dupras