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lundi 11 mars 2019

L'affaire SNC-Lavalin, une affaire canadienne des plus importante.


Une nouvelle importante en rapport avec l'affaire SNC-Lavalin vient d'être émis:

"OTTAWA - Un organisme international a annoncé lundi qu'il surveillait les allégations selon lesquelles le premier ministre Justin Trudeau et son bureau auraient tenté de s'immiscer politiquement dans les poursuites contre SNC-Lavalin, qui, si cela est vrai, pourrait mettre le Canada en violation d'un accord multilatéral de lutte contre la corruption.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui regroupe les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d'autres pays, a annoncé lundi qu'elle "surveillerait de près" les enquêtes sur l'affaire SNC-Lavalin menées par le comité de la justice de la Chambre des communes et le commissaire fédéral à l'éthique.

«Ces processus sont encourageants pour le Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption, qui note que les autorités canadiennes insistent sur le fait qu'ils sont transparents et indépendants», lit-on dans un communiqué. "Le groupe de travail reconnaît la volonté du Canada de le tenir pleinement informé de l'évolution des travaux, y compris lors de sa prochaine réunion en juin 2019."

L’ancienne procureure générale, Jody Wilson-Raybould, continue de poser des questions, affirmant qu’elle faisait face à des pressions inappropriées et à des « menaces voilées » pour empêcher des poursuites pénales contre la firme montréalaise d’ingénierie, accusée de corruption et de fraude pour faciliter les affaires en Libye sous l’ancien dictateur Muammar Ghadafi

Dans l’état actuel des choses, le cabinet fait l’objet de poursuites et d’une possible interdiction de soumissionner pour des contrats publics au Canada pendant dix ans. Trudeau a affirmé qu'il recherchait des emplois canadiens en discutant de l'affaire avec Wilson-Raybould et qu'il n'avait admis aucun acte répréhensible"

Nos grands journalistes et Conrad Black peuvent donner les interprétations qu'ils veulent de l'affaire SNC-Lavalin mais c'est avant tout une question de corruption par de l'ingérence politique au plus haut niveau de notre gouvernement canadien.

Je le dis et répète depuis le début et voilà que l'OCDE agissant selon les règles gouvernementales mondiales réagit. Cela va placer le PM Trudeau dans de beaux draps, puisqu'il n'a pas nié ce que la procureure générale lui a dit. Personnellement, j'ai cru la procureure générale dès que j'ai entendu sa déposition. Cette jeune femme qui avait tout à perdre ne pouvait mentir. Son origine et sa carrière m'indiquaient qu'elle ne pouvait mentir. J’ai eu confiance en elle. Et, il semble qu'elle ait convaincu les autorités de l'OCDE. Ça devient de la haute politique.

Nous nous plaignons toujours de la malhonnêteté que l’on découvre trop souvent en politique. Et voilà qu’une jeune femme ministre, intelligente, honnête et propre tient le coup devant son PM sur une question de principe et on trouve peu de gens pour croire en son honnêteté et la défendre ou l’appuyer. Au contraire, pour défendre une grande entreprise, on la bafoue et cherchons les arguments pour la ridiculiser. J’ai écrit dans un de mes textes, au début, « c’est un grand moment de la politique canadienne que nous allons vivre », il semble que l’OCDE vient le confirmer. Ce n’est pas fini.  




jeudi 14 novembre 2013

Quand Pauline Marois charrie !

La première ministre du Québec Pauline Marois a fait un discours retentissant à la clôture du dernier congrès du parti Québécois qui prône la séparation du Québec du Canada.

Elle a dit « nous aimons tellement les gens qui y vivent, que nous caressons pour eux un très grand rêve. Nous voulons que le Québec soit un pays libre et indépendant ! ». C’est son rêve, je la comprends. Mais beaucoup de Québécois aiment leur Québec sans qu’il soit nécessaire de briser le Canada, le pays de leurs ancêtres.

Elle a continué « si le Québec était un pays, il serait le 18e plus grand du monde… riche en ressources et d’une population parmi les plus scolarisées et les plus créatives du monde ». Mais notre pays le Canada est le 2e plus grand au monde et sa population a toutes ces qualités.

Elle a ajouté en comparant le Québec d’aujourd’hui avec celui de 1995: « Le poids de notre dette est moins élevé. Notre cote de crédit s’est améliorée. Notre solde budgétaire également. Les Québécois sont individuellement plus riches. La pauvreté a reculé aussi. Jamais le Québec n’a compté aussi peu de familles sans emploi ou vivant de l’aide sociale ». Mais c’est la même chose partout au Canada pour chaque Canadien. Elle omet de dire que cela s’est concrétisé alors que le Québec faisait partie du Canada et que Jean Charest était PM du Québec pendant 10 ans. Plusieurs provinces « pauvres » sont devenues des provinces « riches » durant ce temps comme le souligne le système de la péréquation. Elle omet les données de l’OCDE qui estime qu’un Québec indépendant serait le cinquième pays le plus endetté au monde, alors que le Canada est le 14e..

Elle a affirmé : « Si le Québec était un pays, il serait au 19 e rang de l’OCDE au chapitre du produit intérieur brut par habitant ». Actuellement, le Canada est au 9e rang.

Elle a rajouté: « Nous serions 9e quant à la proportion de notre population qui occupe un emploi ». Le Canada est 2e.

Elle a déclaré : « Je suis convaincue que le Québec aurait pas mal plus de moyens s’il était indépendant. Quand Ottawa investit 10 milliards pour l’industrie de l’auto, il y a 2 milliards qui viennent du Québec. Quand Ottawa donne des contrats de 25 milliards pour la construction de navires à Halifax, 5 milliards viennent de chez nous ». Du même souffle, elle refuse de reconnaître les centaines de millions en sous-contrats accordés à des entreprises Québécoises pour ces projets. De plus, elle ne cite pas les projets fédéraux au Québec, comme le sera celui du nouveau pont Champlain estimé à un coût de 3 milliards $ par Ottawa, duquel 2,4 milliards viendront des autres provinces et les centaines de milliards pour les projets passés et nouveaux d’infrastructures où 80% de ces fonds sont venus et continueront de venir des autres provinces. Et les décisions fédérales qui favorisent le Québec comme la concentration de l’industrie de l’avionnerie à Montréal qui crée plus de 70 000 emplois, pourquoi ne les souligne-t-elle pas ? On peut poser la question, si le Québec est indépendant, le domaine de l’avionnerie demeura-t-il à Montréal ?

Elle a lancé : « … de rester dans le Canada est risqué. C’est risqué d’être soumis aux décisions d’Ottawa. C’est risqué de demeurer dans un pays qui évolue dans une direction opposée à la nôtre ». Pourtant, le passé n’indique pas cela. Certes, le Québec et d’autres provinces ne sont pas toujours en accord avec Ottawa. On a vu dans le passé des luttes mémorables entre les PM Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque et Parizeau et le PM canadien sur des sujets de taxation et des sujets constitutionnels. Le Québec a gagné plusieurs de ces débats importants.

La « direction opposée » dont parle Pauline Marois a rapport avec les politiques du gouvernement du PM Stephen Harper sur la question de l’environnement, des armes à feu, des peines de prisons trop sévères, des valeurs immobilières, de l’assurance-emploi, etc… Je lui donne raison sur plusieurs de ces points, malgré que je sois sympathique à la couleur du parti d’Harper. Je ne partage absolument pas plusieurs des opinions et des positions politiques conservatrices de ce dernier. Mais, on ne jette pas un pays à terre à cause d’un gouvernement qui occupe momentanément le pouvoir.

Les Québécois ont à leur crédit une grosse part du mérite de ce qu’est le Canada d’aujourd’hui. Des chefs de notre milieu : Lafontaine, Cartier, Laurier, Saint-Laurent, Trudeau, Mulroney, Chrétien, Martin se sont avérés des leaders exceptionnels qui ont bien dirigé notre pays pour en faire aujourd’hui un modèle sur la scène mondiale. Que le PQ ne cherche pas à nous faire croire avec un discours teinté de négativisme et d’arguments de croques-mitaines, qu’il y va de notre intérêt de casser ce beau pays bâti par des gens de chez nous.

Tous les Québécois élus de tous les partis politiques des deux niveaux du gouvernement, défendent le Québec. Pas de la même façon, c’est évident. Pauline Marois s’est ridiculisée en affirmant qu’« il n’y a que le Parti Québécois qui défend les intérêts du Québec ». Qu’elle continue à travailler avec les autres partis et ses collègues des autres provinces, et elle verra qu’elle peut défendre positivement nos prérogatives.

Elle veut un système de transport léger sur rail sur le pont Champlain. Elle l’obtiendra si elle adopte l’attitude de convaincre au lieu de blâmer. Elle profite de l’indignation de plusieurs qui s’élèvent contre un possible péage sur le pont Champlain pour critiquer encore le fédéral. C’est de la petite politique. Pourquoi n’a-t-elle rien dit lorsque le péage a été imposé sur le pont de la 125 au nord de Montréal. Le seul sur la rive nord.

« Depuis la confédération, combien de temps avons-nous perdu en rondes constitutionnelles, en rencontres fédérales-provinciales, en réunions de fonctionnaires ? » s’est-elle exclamée ! N’est-ce pas une chose normale dans un grand pays comme le Canada ? Les autres pays de l’Occident sont aussi maintes fois engagés dans des débats interminables. Le résultat de toutes ces rondes et réunions a fait du Canada un des pays les plus enviés de la planète. « Si on choisit d’en finir avec la chicane et de nous tourner vers l’avenir, il n’y a aura plus de conflits entre le Canada et le Québec ». Pour elle « en finir » veut dire « séparation ». Si elle pensait coopération au lieu de renonciation et montrait un peu de loyauté au Canada, ce serait peut être mieux pour tout le monde.

Elle veut « en finir avec le multiculturalisme et de choisir le « mieux-vivre-ensemble ». Des mots vides qui ne veulent rien dire et qui ne correspondent pas à la réalité. Le Québec moderne est multiculturel. Depuis plus de cent ans des vagues d’immigrés de toutes races et religions se sont succédées : irlandais, écossais, grecs, italiens, juifs, polonais, lithuaniens, arabes, haïtiens, asiatiques, tamuls, etc… et cela ne s’arrête pas. Nous sommes un pays riche et les pauvres y voient une possibilité pour assurer le bien-être de leur famille. En grande partie tous ces néo-québécois parlent de plus en plus français. Notre défi est d’accueillir et d’intégrer tous ces gens dans notre culture et de montrer suffisamment de créativité pour qu’ensemble nous puissions bâtir notre économie. C’est manquer d’audace et de réalisme que de nier cela.

Un vrai gouvernement québécois doit se dédier à réaliser ces défis importants. Ainsi, nous serons plus fiers de notre coin du monde où la liberté, le respect et la qualité de vie seront au rendez-vous pour tous.

Claude Dupras

jeudi 28 février 2013

La séparation du Québec, c’est payant ?

Encore une fois, un gouvernement péquiste veut nous embarquer dans un débat pour séparer le Québec du Canada. Au moment où les gouvernements du monde, le Canada et le Québec inclus, vivent des problèmes économiques et fiscaux de plus en plus importants, voilà que la PM du Québec, Pauline Marois, relance le débat sur la séparation avec le slogan « la souveraineté, c’est payant ».

Le Québec, nonobstant le haut montant de péréquation que le gouvernement fédéral lui verse annuellement, ajouté à nos impôts, dont les taux sont les plus hauts du pays, demeure une province « pauvre » du Canada. Mais c’est temporaire car dans quelques années tout va changer, d’après Marois. En effet, nous serons devenus si riches que le Québec ne recevra plus de versement de péréquation annuelle. WOW ! bonne nouvelle ! Tant mieux si cela arrivait. J’ai toujours rêvé à ce moment qui signifierait qu’en tant que membre de la fédération canadienne nous aurions finalement, grâce à tous nos efforts, amélioré notre capacité de production et de services au point de générer des revenus pouvant faire du Québec : une province « riche » du Canada.

« C’est un bon moment pour quitter le Canada » dit Pauline Marois, si nous voulons atteindre et profiter du niveau de richesse qui, selon elle, nous attend à l’horizon.

Pour atteindre cet apex, il faudra que les choses changent radicalement car nous sommes loin d’être riches. Stephen Jarislowsky, gestionnaire et investisseur renommé de Montréal, nous l’a rappelé dans une récente déclaration qui nous ramène vite à la réalité.

Tout le monde connaît les problèmes de la Grèce. C’est en particulier l’endettement découlant de ses dépenses effarantes qui ont tué sa capacité de concurrencer sur les marchés mondiaux et de rembourser sa dette. Or, « le Québec est dans une position similaire », affirme Jarislowsky. Soulignant que 25% de nos travailleurs sont soient syndiqués ou fonctionnaires, gagnent davantage que le secteur privé et ont et auront tous des pensions indexées, il s’écrie « Ça ne peut durer » sinon c’est la catastrophe.

Il faut rappeler que le ministère des finances du Québec, calquant la méthode de calcul de l'OCDE, estime que Québec est la province canadienne la plus endettée du Canada. Et, plus que le Canada dans son ensemble, les USA, la France…

Nos gouvernements passés ont agi trop souvent en fonction de gagner leur réélection. Ils ont généralement évité de poser les gestes nécessaires à la réorientation progressive et solide de l’économie québécoise. « Nous avons besoin d’un gouvernement responsable » de dire Jarislowsky.

Il estime que le prix des matières premières va baisser, que cela affectera négativement le plan Nord et fera en sorte que les revenus additionnels générés par les augmentations des redevances minières imaginées et promises par le gouvernement Marois risquent de devenir des chimères.

Par ailleurs, la diminution actuelle du nombre des transactions immobilières démontre que les propriétés au Québec sont trop chères et que la tendance à la baisse est réelle et risque de s’accentuer. Dans l’ensemble du Canada, elles sont surévaluées de 20%. Plusieurs observateurs avertis craignent que la bulle immobilière éclate. Et, quand le bâtiment ne va pas, peu va...

L’autre problème, est le niveau d’économie chez les Québécois et Québécoises. Les taux d’intérêt étant presque nuls, ces derniers ne sont pas motivés à épargner. On vit avec sa ligne et sa carte de crédit et, comme un funambule, on jongle à chaque fin de mois pour assurer son équilibre. Sur ce sujet, Jarislowsky rappelle « la relance de l’économie va se faire avec l’argent épargné et non l’endettement ». Il craint que la continuation de l’augmentation de l’endettement nous mène vers une période de « 20 ans sans essor économique ». On le voit déjà dans les pays du sud de l’Europe et même en France. Hollande parle de croissance mais en fait sa gouvernance l’empêche et il ne peut faire autrement. Au Québec, nous profitons depuis les récentes années de la réalisation de nombreux programmes de constructions et de rénovations des infrastructures. C’est suite à une initiative du gouvernement du Canada que le Québec a décidé d’y participer activement. Sans ces projets où serions-nous ? Le taux de chômage serait sûrement beaucoup plus élevé que le 7,1% actuel ? Malheureusement, le fédéral et le Québec annoncent vouloir réduire leurs efforts dans ces domaines vitaux, pour maintenir la relance, à cause de leurs problèmes budgétaires. Ça risque de faire mal…

Depuis toujours, Montréal est le moteur économique du Québec. « Cependant on constate que l’argent normalement dévolu à la métropole prend maintenant, plus souvent qu’autrement, la direction des régions », explique Jarislowsky. Et cela pour des raisons de pouvoir politique. Ce n’est pas le bien être économique du Québec qui est la priorité mais la capacité des gouvernements de rester au pouvoir. « Un vote de Montréal vaut moins qu’ailleurs », souligne Jarislowsky avec raison. Les régions deviennent plus puissantes et accaparent des fonds.

Il qualifie Charest de « fainéant » pour n’avoir pas été plus productif, Maintenant, un gouvernement minoritaire rejette l’exploration des gaz de schiste et laisse les élus municipaux (ils pensent aussi à leur réélection) décider de l’exploitation de cette ressource naturelle pouvant bénéficier à tous. On ne veut pas en produire chez nous mais on en importe des USA. Drôle de logique économique que celle de ces idéologues, devenus ministres, qui gèrent les questions importantes touchant les ressources naturelles et l’environnement selon leurs objectifs personnels, tout en ignorant la réalité et l’intérêt général.

Un autre problème, souligné par Jarislowsky et qui n’est pas seulement celui du Québec, est l’âge fixé pour la retraite. La vie se prolonge à 82 ans, une augmentation de 12 ans depuis les 25 dernières années, alors que l’on travaille toujours de 30 à 40 ans. En plus, les baby-boomers accèdent à cette tranche de la vie. Cela fera en sorte que les régimes de pensions vont de toute évidence manquer de fonds. Il devient incontournable que l’âge de la retraite passe à 70 ans au lieu de 67 ans. Si elle veut que le Québec soit riche, la PM Marois devra agir sans hésitation, sinon notre futur économique ne sera pas aussi rose qu’elle le pense et cela n’a rien à voir avec la séparation.

Depuis son élection, Pauline Marois a agi en personne sage, expérimentée et n’a pas voulu trop bousculer la cage. Elle a démontré qu’elle sait que le temps est au travail et à l’investissement et non pas nécessairement au placotage séparatiste. Mais elle est chef d’un parti dans lequel bouille une nouvelle ferveur indépendantiste activée par une nouvelle génération poussée par l’ancienne. Pour le chef d’un tel parti rien n’est facile. Alors pour rallier les résistants à son gouvernement, elle donne le signal à ses troupes de « retrousser les manches » et d’affirmer partout que la séparation du Québec est pertinente, alors qu’elle ne l’est pas. Et elle le sait, puisque les sondages de Léger Marketing et CROP (et sûrement ceux de son parti) démontrent que le nombre de Québécois et Québécoises qui la favorise est graduellement à la baisse et frise actuellement 30%, nonobstant le fait que le gouvernement Harper fasse tout pour déplaire aux Québécois.

Pour chercher à démontrer la justesse de sa prévision de richesse future, Marois fustige le gouvernement fédéral qui investit 20 milliards $ dans la construction de navires militaires canadiens dans les provinces maritimes au lieu d’au Québec. « C’est notre argent aussi » déclare-t-elle, laissant entendre que cet argent serait dépensé au Québec, si celui-ci ne faisait pas partie du Canada. Elle néglige de souligner qu’un très grand nombre de fournisseurs, de sous-traitants et de travailleurs québécois participeront à la réalisation de ce projet.

De plus, Marois semble avoir oublié (on ne peut la blâmer puisqu’aucune personne d’affaires ne fait partie du cabinet des ministres pour lui rappeler) qu’il y a à peine quelques années le gouvernement canadien a favorisé Montréal au lieu de Winnipeg pour l’entretien des chasseurs F-18, confirmant Montréal comme capitale de l’aéronautique canadien. Il aida aussi au renforcement de l’avionnerie Bombardier Aéronautique dans la métropole en facilitant l’achat, par elle, de Canadair et de De Haviland.

Bombardier en plus de ses avions d’affaires et autres, vend de plus en plus les avions régionaux de sa série C, capables de transporter de 100 à 150 personnes. Elle concurrence Airbus, Boeing et l'avionnerie brésilienne Embraer.

La permanence et le développement de notre avionnerie a favorisé la création de centaines d’entreprises de fournisseurs spécialisés, réparties partout au Québec et au Canada. Des dizaines et des dizaines de milliers d’emplois à long terme, de haute technologie et de hauts salaires ont été créés. De nouveaux métiers s’ajoutent sans cesse grâce à de nouvelles technologies comme, par exemple, le nouveau matériel de fuselage « composite ». En plus ces fournisseurs, tels Rolls-Royce pour les moteurs, CAE pour l’électronique et d’autres, d’importance égale ou moindre, vendent maintenant non seulement à Bombardier mais aussi à ses concurrents. Plusieurs signent même des contrats de produits dérivés de l’application Bombardier à des constructeurs de métros et d’équipements de transport dans le monde.

Bombardier Aéronautique engage plus de 70 000 personnes sur la planète. Ça c’est de l’aide gouvernementale qui rapporte à court et long terme et une démonstration que Montréal est le moteur économique du Québec.

Si Jarislowsky a raison, et je le pense, le temps est de faire face à la musique, de prendre les décisions qui s’imposent et de travailler davantage, car des jours difficiles s’annoncent. Et cela s’applique à chacun de nous et à notre gouvernement. Il est facile de jacasser de séparation surtout en brandissant le mythe d’une richesse basée sur des probabilités discutables, mais est-ce réaliste et dans notre intérêt comme nation ? Je ne crois pas que ce soit payant à ce moment-ci !

Claude Dupras

jeudi 21 juin 2012

Où en sera la France dans cinq ans ?

Depuis son accession à la présidence de la France, François Hollande s’applique à devenir ce qu’il qualifie de président normal. Ce qui est nécessaire pour la France et l’Europe c’est qu’il soit un « bon » président. Bon dans le sens du leadership, de la compétence, de l’efficacité et du réalisme.

Avec son parti socialiste qui vient d’obtenir une grande victoire électorale qui lui assure une majorité absolue à l’assemblée nationale et un sénat qui est aussi majoritaire pour lui, le président Hollande a tous les atouts pour agir et faire en sorte que la France et l’Europe puissent sortir de la crise de l’euro et de la crise économique qui déferlent sur le continent. La période de l’électoralisme est terminée et l’heure de vérité est arrivée.

Pour avoir une première idée où va Hollande, on peut analyser les quelques mesures, les positions et les orientations politiques qu’il a prises à ce jour en rapport avec les intérêts stratégiques à long terme de la France et de l’Europe.

Le premier décret voté par le conseil des ministres fut le retour de la retraite à 60 ans. Il ne touche qu’un peu plus de 125 000 personnes mais coûtera selon le Conseil d’Analyse Économique (CAE) français près de 5,5 milliards d’euros. Cette décision va à l’encontre des recommandations du FMI, de l’OCDE et de la Commission européenne et a été prise pour rencontrer une des promesses électorales du candidat Hollande.

L’ex-président Nicolas Sarkozy avait eu le courage politique d’augmenter l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, nonobstant d’immenses manifestations d’opposition dans les villes de France. Il en a payé le prix à l’élection, malgré qu’il ait agi pour le bien des Français.

De plus, Hollande va annuler la « TVA sociale » adoptée par l’ancien gouvernement pour stimuler la compétitivité des industries et la création d’emplois, comme ce fut le cas dans plusieurs pays européens. La TVA devait être augmentée pour compenser la baisse de 13 milliards des charges de cotisations sociales, alors que le « coût du travail » diminuerait de 5%. Dans un billet précédent, j’ai expliqué mon appui avec cette politique car je sais combien elle stimulera l’engagement de nouveaux employés par les petits entrepreneurs et commerçants, aux prises avec des charges exorbitantes. C’est grâce à une mesure semblable que l’Allemagne a connu un rebond économique. Son initiateur, l’ex-chancelier Gerhard Schröder, fut battu aux élections qui suivirent mais le nouveau gouvernement d’Angela Merkel n’annula pas cette réforme qui s’avéra très efficace.

L’autre challenge important est la nécessité de diminuer les dépenses gouvernementales. Hollande a diminué les salaires des ministres de 30% et cherche à avoir un train de vie de président plus bas que celui de son prédécesseur. Ce ne sont que des « peanuts », comme on dit au Québec. Mais, comme Hollande veut appliquer intégralement son programme électoral, il est clair que cela se traduira par une augmentation importante des dépenses gouvernementales.

La France a déjà les dépenses publiques les plus élevées d’Europe et c’est cela qui nuit à la compétitivité fiscale de ses entreprises. Le déficit doit disparaître peu à peu. Pour ce faire, Hollande a deux choix : couper massivement dans le budget ou augmenter drastiquement les impôts et taxes. Il annonce vouloir opter pour la deuxième option en mettant l’accès sur les riches et les sociétés. Si son nouveau gouvernement va de l’avant avec cette approche, la CAE estime, qu’aujourd’hui à 2013, près de 300 000 emplois devront être supprimés.

Le premier ministre britannique David Cameron, voyant venir les augmentations imposantes de taxes en France vient d’inviter les entreprises françaises et leurs dirigeants à s’établir au Royaume-Uni où le taux d’imposition privé vient d’être diminué et où celui des sociétés sera de 22% par rapport au 34% actuel de la France.

Le président Hollande dit vouloir activer la croissance par la consommation. Pour financer cela, il propose de surtaxer davantage la production. Il «veut aligner les taux de fiscalité de l’épargne sur ceux du travail même si déjà les revenus de l’impôt sur le capital en France, qui touchent le secteur de la production et les personnes les plus productives, sont trois fois plus élevés qu’en Allemagne». Il a annoncé qu’il allait taxer les dividendes des entreprises. Sur ce dernier point, l’économiste Christian Saint-Étienne rappelle « …quand on investit en actions ou en obligations, on supporte un risque en capital important. On va fiscaliser les gains sans compenser les pertes ».

Le paradoxe, c’est qu’Hollande promet d’une part de sauver les compagnies en faillite en créant un ministère à cet effet, alors que de l’autre, il s’apprête à surtaxer celles qui fonctionnent bien. Certains malins disent que c’est préparer les faillites de demain.

En proposant de faire le contraire de ce qui doit être fait, le président Hollande semble ignorer la réalité économique de la France. Il est évident que ce qu’il propose ajoutera à la crise de compétitivité du pays en limitant le développement des entreprises, le travail des entrepreneurs et celui des créateurs au moment où le France traverse un violent ouragan de compétitions économique, fiscale et sociale.

Le président Hollande changera-t-il d’approche ? En homme intelligent, il doit comprendre, sûrement, qu’il ne peut respecter toutes ses promesses électorales simplement pour pouvoir dire qu’il l’a fait. C’est beau promettre toutes sortes de choses alléchantes pour obtenir des votes mais la responsabilité présidentielle dicte qu’une fois au pouvoir, le président doit agir avant tout dans l’intérêt supérieur de la nation.

En dirigeant politique responsable, il doit à ses électeurs d’écouter les voix des économistes français ou autres experts qui conseillent le gouvernement. Il ne peut se laisser impressionner par des questions de droite ou de gauche mais plutôt par le bon sens économique et pratique. Nonobstant les difficultés politiques qui accompagnent les décisions qui s’imposent, le président Hollande doit agir avec courage et les faire adopter. L’avenir de la France en dépend. Celui de l’Europe aussi. Agira-t-il comme un grand homme politique !

Sinon, on peut se demander dès aujourd’hui jusqu’à quel point seront affectés négativement la production industrielle et le système social de la France, à la fin du quinquennat Hollande ?

Claude Dupras

dimanche 3 juin 2012

L'utilisateur-payeur et la prochaine élection québécoise

Les représentants des étudiants québécois en grève ne veulent rien « savoir » ! Encore une fois, ils l’ont démontré lors des récentes sessions de négociations avec le gouvernement du Québec. Pour eux, c’est tout ou rien. Le gouvernement a beau proposer d’atténuer l’impact financier de l’augmentation des frais de scolarité, rien n’y fait.

Dans mes billets précédents, j’ai appuyé la position des étudiants. Comme eux, je ne suis pas d’accord avec cette hausse puisqu’elle va à l’encontre du principe de « l’accessibilité pour tous » à l’éducation universitaire.

Mais ce n’est pas l’opinion d’une majorité de Québécois et surtout ce n’est pas celle du gouvernement élu par notre peuple. Je l’ai vite réalisé suite aux messages de désapprobation que j’ai reçus après la publication de mes billets. En outre, malgré que les nombreuses manifestations publiques d’appui aux étudiants soient impressionnantes, elles ne peuvent être obligatoirement l’élément-déclencheur d’un changement de direction de la politique gouvernementale.

Je comprends bien les responsabilités du premier ministre Jean Charest et du ministre des finances qui doivent assurer que les finances québécoises soient équilibrées et saines. Nous avons trop dépensé depuis 1960. Au point qu’aujourd’hui, si le Québec devenait indépendant il serait le cinquième pays le plus endetté de la planète. Voir, ci-contre, le tableau 2008 de l’OCDE (réf. S. Taylor).
La réalité économique nous a rejoints. Nous devons dorénavant chercher et trouver des moyens différents et originaux pour générer l’argent nécessaire au maintien de nos programmes sociaux suite aux baisses importantes d’impôts que les gouvernements péquistes et libéraux ont accordées durant les 10 dernières années.

Le premier ministre Jean Charest a affirmé, lors de sa dernière rencontre avec les médias que la question de la hausse des frais scolarités pourra être décidé lors de la prochaine élection générale du Québec, d’ici dix-huit mois. A mon avis, c’est plus que cela qu’il faut discuter. Le débat devra porter sur la politique de l’utilisateur-payeur qui consiste à « faire payer par le consommateur le coût réel de l’utilisation d’un bien ou d’un service gouvernemental ». Le gouvernement québécois la généralise de plus en plus et l’applique maintenant sur les autoroutes, les ponts, les entrées dans les parcs nationaux, la contribution à la santé, etc.. La hausse des frais de scolarité n’est qu’un autre exemple puisque les étudiants sont appelés à payer davantage pour leur éducation. Et cela, malgré que ce principe d’utilisateur-payeur n’ait pas été pleinement discuté sur la place publique.

A première vue, pour plusieurs citoyens, cette nouvelle politique de taxation semble juste et équitable. Mais l’est-elle ? Vu son importance et les effets négatifs qu’elle peut avoir pour les moins nantis et de façon plus large sur le concept de ce que plusieurs se font de la société, j’estime que le temps est venu de se fixer sur cette question et le bon moment d’en débattre sera durant la prochaine élection générale. Le concept de pollueur-payeur, différent d’utilisateur-payeur, pourrait aussi faire partie de la discussion afin que nous puissions tous nous prononcer sur le principe de ces taxes relativement nouvelles.

Je n’approuve pas les étudiants dans la poursuite irraisonnée de leurs manifestations puisque les conséquences sont trop déplaisantes et négatives pour Montréal et sa population. Il est temps qu’ils se calment et agissent aussi comme des citoyens responsables. Ils doivent obéir aux lois, même à la loi 78, et aux règlements municipaux, même à celui des « masques ». Dans une démocratie basée sur le droit, la désobéissance civile est intolérable et ceux qui cherchent à la mousser ont tort et doivent être convaincus d’arrêter.

J’estime que les étudiants et ceux qui s’opposent à la politique utilisateur-payeur n’auront pas à attendre longtemps pour faire valoir leur point. Il me semble évident que l’élection aura lieu bien avant 18 mois, soit en septembre ou en octobre 2012. La probabilité est grande que les révélations de la Commission Charbonneau, qui vient de commencer ses enquêtes sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction québécoise, fassent mal aux partis politiques, et particulièrement au parti libéral. Comme la Commission ajournera au 17 septembre ses audiences publiques après l’interrogation du premier témoin, l’ex-chef de police de Montréal, je crois que le PM Charest déclenchera l’élection à une date plus rapprochée afin que lui et son parti ne soient pas empêtrés dans les rumeurs et les déclarations intempestives qui sortiront des audiences.

De plus, la grève des étudiants nous a dévoilé et fait comprendre, jour après jour, la mutation profonde de notre société qui se réveille, conteste, réclame et qui en a assez de tout ce qu’elle entend et constate, que ce soit vrai ou faux. Elle n’en peut plus d’être abreuvée, presque quotidiennement, par les sottises et les attitudes mesquines de politiciens, les scandales ou les pseudo-scandales, les attaques personnelles, les dépenses exagérées de toutes sortes, les salaires trop élevés des principaux dirigeants, les injustices, le jeu de l’influence, les manigances, le non-respect des lois et des règlements, les discours mensongers, les médias qui amplifient exagérément la réalité pour fins d’audience et encore, encore….

Tout çà est très malsain pour les Québécois et Québécoises puisque leur confiance dans leur l’État est minée et affecte négativement la paix sociale. Seule, à ce moment-ci, une élection générale permettra de faire la part des choses et de s’entendre non seulement sur la question de l’utilisateur-payeur mais aussi d’éliminer la gangrène qui nous ronge.

Alors que le Parti Libéral veut stimuler le développement économique en réduisant les impôts grâce à l’utilisation accentuée du principe de l’utilisateur-payeur, le Parti Québécois propose de le ralentir ou même de stopper le mouvement. Il veut, entre autres, annuler la contribution santé, suspendre la hausse des frais de scolarité, « réduire certains avantages fiscaux et augmenter l’impôt des plus riches ». Enfin, un vrai débat en perspective sur cette question capitale.

Le plus vite possible serait mieux.



Claude Dupras

lundi 3 octobre 2011

Hollande et ses faux arguments

François Hollande a le vent dans les voiles. Il se voit gagnant de la primaire socialiste française et agit comme s’il l’était, en se positionnant au-dessus de la mêlée des candidats socialistes.

J’écrivais dans le billet « Sarkozy, le moindre mal » du 10 septembre dernier, que le programme politique d’Hollande « ne résiste pas à la critique ».

Le journal « Libération » de ce matin, confirme ce que j’affirmais. Suite à une analyse du programme sur l’éducation de François Hollande et des arguments qu’il donne pour le justifier, le journal socialiste place le mot « faux » vis-à-vis ces derniers.

Voici une courte liste de quelques unes des exagérations mensongères du favori du PS :

. Seuls, 30% des étudiants qui vont s’inscrire en 1ière année du cycle universitaire auront la licence. Faux. La vérité : 53% l’obtiendront sans compter le grand nombre qui décrochera une licence professionnelle (IUT ou BTS).
. La France a le plus gros taux d’échecs de la 1ère année du cycle universitaire de l’OCDE. Faux. La vérité : Plusieurs pays dont l’Espagne, la Suède, la Norvège, La Pologne ont un taux plus élevé.
. L’accueil des élèves handicapés, en milieu scolaire, recule. Faux. La vérité. Il ne cesse de progresser et il en est de même pour les personnels accompagnants.
. La France a le plus gros taux de chômage des jeunes et est 24ième sur 27. Faux. La France est dans la moyenne européenne (8,9% contre 9%), 16ième sur 26.

Ce sont sur de tels mensonges que François Hollande fonde la grande priorité de son programme à la présidentielle. Pas fort !

Libération ne cesse pas pour autant de critiquer le président Sarkozy et de chercher à le diminuer dans l’opinion publique. Sa Une de ce matin s’étend sur la page entière et s’intitule « 68 % voient Sarkozy battu » avec une photo de Sarkozy à l’air contrit. Cette présentation porte à confusion et cherche malicieusement, de toute évidence, à accentuer l’impopularité du président.

La question était « croyez vous que Sarkozy sera battu ? » J’estime exact le pourcentage des réponses à cette question, si j’en juge par les commentaires que je reçois sur la réélection de Sarkozy. Mais un très grand nombre de ces citoyens, qui sont pro-Sarkozy, n'ont qu'exprimé leur impression venant du son de cloche fêlée qui émane des médias... C’est si négatif et répété si souvent que cela résonne, à la longue, comme un fait accompli. Mais ce ne l’est pas. Loin de là.

Aujourd’hui, on ne parle que des socialistes. Mais le tour de la droite viendra. Et là, ce sera un autre timbre, un redressement des attaques au vitriol qui pleuvent sur Nicolas Sarkozy, l’appui de personnages importants comme Jean-Louis Borloo qui vient de signifier qu’il ne veut pas « ajouter de confusion à la confusion », le rappel de la longue liste de réformes que le président a fait voter et les raisons pour lesquelles il les a faites, la pertinence de ses actions en rapport avec la dangereuse crise mondiale qui se développe...

Ce sera aussi le temps où les loups sortiront du bois et les masques tomberont, où on verra sous son vrai jour l’opposant de Sarkozy. Si c’est François Hollande, les mensonges qu’il articule aujourd’hui à haute voix, comme ceux que je liste précédemment, et ses actions passées lui retomberont alors sur la tête.

Actuellement, dans cette lutte à l’élection présidentielle, je crois que les Français et les Françaises se désolent en regardant Sarkozy, mais ils se consoleront en le comparant à ses adversaires.

Claude Dupras

vendredi 3 juin 2011

Les Québecois : pauvres ou riches ?

L’ex-ministre péquiste François Legault et démissionnaire du parti Québécois brasse la cage. Cet homme d’affaires, brillant et dynamique, devenu politicien avait co-fondé la compagnie de transport aérien Air Transat devenue fort importante avec son chiffre d'affaires de 1,3 milliard $ et ses 4 000 employés.

Legault, homme de vision, est préoccupé de l’avenir des Québécoises et des Québécois. Depuis son départ de la politique, il a réuni autour de lui dans une « Coalition pour l’avenir » plusieurs individus, penseurs, hommes d’affaires, professionnels et autres qui sont au fait des problèmes qui confrontent la société québécoise. Ils discutent et recherchent des solutions pratiques pouvant solidifier les fondements de notre société et proposer un plan d’action pour ce faire.

La Coalition est un mouvement apolitique. Pour elle, la relance du Québec passe par deux axes importants : le rétablissement de la confiance des Québécois dans leurs institutions publiques et la fin du débat indépendantistes/fédéralistes qui les divise. La Coalition dévoile ses propositions par volets. Après avoir présenté ses cahiers sur la santé et l’éducation, François Legault vient de déposer ses idées sur l’économie. Celui de la langue et de la culture suivra.

Le volet sur l’économie fait couler beaucoup d’encre et a engendré un des meilleurs débats de blogueurs que j’ai constatés depuis que j’écris mon blog, il y a déjà sept ans. Y participent, en plus de François Legault : le conseiller politique Jean-François Lisée, l’économiste Pierre Fortin, l’économiste Martin Coiteux, le journaliste Pierre Duhamel et des centaines d’internautes qui ajoutent leurs commentaires. On peut retrouver les liens pour tous ces blogueurs dans la liste des blogs que je recommande à mes lecteurs, à la droite de cette page.

Dans ce cahier économique, Legault et la Coalition proposent des idées pour rebâtir une économie de propriétaires, pour agir afin d’accroître la productivité, pour inciter la création de valeur et mettre fin à la spirale de l’endettement public.

Le débat a pris feu lorsque Legault a affirmé, pour décrire la situation actuelle au Québec, que « les Américains gagnent 45% de plus que les Québécois ». Lisée s’est vite levé pour dénoncer Legault, l’accusant d’affirmer « des statistiques fausses, erronées et trompeuses et de volontairement les utiliser à répétition ». Il ajouta « il est dommage qu’un homme de sa valeur… s’entête à tromper ainsi les citoyens ». « En fait », dit-il « ce sont les Québécois qui gagnent plus que les Américains ». Pourtant, Lisée admet ne rien connaître aux statistiques mais se fie à celles qu’il a demandées à l’économiste Pierre Fortin de fabriquer.

Lors d’un débat à la radio de 98,5FM à l’émission « puisqu’il faut se lever », où l’animateur Paul Arcand avait invité Lisée à débattre avec l’économiste Martin Coiteux, ce dernier a affirmé clairement que les chiffres qu’utilise Lisée « ne sont pas bons, sont incorrects » et lui a suggéré de « retourner à votre table de travail ». De plus, il a reproché à Lisée de répandre la rumeur que Legault veut briser le filet social, alors que jamais ce dernier n’en a parlé. Il a même affirmé le contraire.

Au lieu d’utiliser les données de l’OCDE, le PIB de chaque pays, comme le font tous les économistes, le couple Fortin-Lisée utilise des données de taux d’inflation urbains de Statistiques Canada alors qu’il sait que l’agence elle-même met en garde de ne pas les utiliser pour établir des comparaisons de coût entre les villes. De plus, Fortin et Lisée étêtent les chiffres en enlevant les plus hauts salariés (les riches) pour établir leurs propres statistiques.

Je suis surpris que l’économiste Pierre Fortin, professeur d'économie à l'UQAM, se prête à ce jeu, car il a été l’un des douze signataires du manifeste « Pour un Québec lucide » où il a affirmé que « le Québec court à sa perte s'il n'effectue pas un sérieux coup de barre économique et social ». C’est ce que propose Legault avec des propositions pratiques et réalistes.

Jean François Lisée est un homme intelligent, articulé, auteur et chroniqueur. Il a été le conseiller politique de deux premiers ministres péquistes québécois et demeure un ardent indépendantiste. Il jouit d’une influence certaine.

Lisée voit sûrement un danger politique en la personne de François Legault puisque de récents sondages placent ce dernier au pouvoir advenant une élection générale, alors qu’il n’a même pas de parti politique. Les Québécois ont soif de changement et ceux que propose la « Coalition pour l’avenir » de Legault leur plaisent. Ils ont confiance en cet homme simple, un peu timide, sérieux, passionné du Québec et qui veut aider notre société à se réorienter vers un avenir positif.

Cela explique la véhémence avec laquelle Lisée a attaqué François Legault. Lisée devrait être de la Coalition, mais non ! Il demeure un partisan politique, même s’il joue le chroniqueur objectif, et c’est avec cet œil qu’il juge les propositions de tous ceux qui veulent aider le Québec. « Si c’est bon pour le PQ, c’est bon, sinon c’est pas bon », est son slogan. Individus et idées sont dans le même sac. Et pour trouver des arguments pour étayer son point de vue, quel qu’il soit, il est un des meilleurs en ville.

C’est malheureux car Lisée pourrait contribuer grandement à un changement majeur au Québec. Mais, « que voulez-vous » comme disait un ancien premier ministre canadien, « la partisannerie rend aveugle ».

Claude Dupras