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lundi 11 février 2019

Mieux vaut une promesse électorale non respectée qu’une mauvaise loi.

Le Ministre de l’immigration du Québec, pour répondre à l’important sentiment d’islamophobie qui se manifeste de plus en plus au Québec, propose de rejeter 18 000 individus immigrants non totalement encore certifiés sans tenir compte que cette décision affecte au total plus de 50 000 personnes. Et cela au moment où le Québec a un manque criant de main-d’œuvre.

Le PM Legault veut respecter ses promesses fofolles sur l’immigration, qu’il a faites durant la campagne électorale, simplement pour avoir des votes. Oui, un politicien se doit de respecter ses promesses électorales, mais il y a une condition-limite : la promesse doit répondre aux besoins du Québec. Des promesses opportunistes et irréalistes ne comptent pas si, en fait, elles vont à l’encontre de l’intérêt général du Québec. Celui qui les prononce et qui en bénéficie doit, le moment venu, reconnaître le mal-fondé de ses engagements et agir en conséquence.

Un Premier Ministre dit être suffisamment fort et responsable pour faire la part des choses et agir avec responsabilité. Dans de tels cas, il doit faire face à la musique! C’est à ce moment-là que l’on sépare les hommes politiques des petits politiciens. J’ai confiance que le PM Legault va démontrer qu’il est de la race des vrais et va retirer cette loi injustifiable qui va chasser du Québec 18 000 néo-immigrants déjà acceptés.

Sa vraie obligation de PM à ce moment-ci de la vie du Québec est d’arrêter la vague d’islamophobie qui grandit et qui peut ternir longtemps notre réputation.  

Claude Dupras

jeudi 6 décembre 2018

Le PM François Legault, opportuniste ou un vrai chef ?

Le nouveau Premier Ministre du Québec, François Legault, est vraiment un bon politicien. Je pensais différemment lors de sa démission du parti Québécois et surtout lorsqu’il a créé un nouveau parti politique au Québec, la Coalition Avenir Québec.

Avant tout un homme d’affaires qui avait beaucoup à travailler sur ses qualités d’orateur, il était peu clair dans ses énoncés de politique et montrait une image un peu gênante par moment. Rien n’annonçait la grande victoire politique qu’il a connue.

Homme intelligent, fin stratège, il a compris que la politique est un commerce d’images et d’illusions. Un jour, il a décidé qu’il serait Premier Ministre du Québec. Peu de personnes auraient misé sur cette possibilité à ce moment-là. Mais Legault, pragmatique, savait ce qui devait être fait pour rencontrer ses objectifs. Il comprenait que le vote de chacun des Québécois est motivé par une seule question qu’il a en tête, bien inconsciemment, en analysant un candidat : Est-ce que je l’aime ? » Et, pour se faire aimer, Legault se devait de dire, de répéter et de promettre tout ce que l’électeur voulait entendre et il a décidé d’écouter et d’observer tout ce qui se passait dans le milieu politique québécois depuis ce jour. Il s’est imprégné complètement des désirs politiques des Québécois et c’est ce que son programme politique comprend.

Son parti a gagné quelques sièges à sa première élection générale. Un peu plus à la deuxième. Et comme Legault n’était pas un homme à lâcher devant l’épreuve, il savait que finalement il trouverait une solution à ses défaites électorales. Il a continué à écouter les électeurs pour mieux les comprendre. Ce faisant, il bâtissait un programme politique qui se mariait parfaitement à leurs désirs.

Aujourd’hui, Legault affirme vouloir respecter ses promesses électorales. L’un des premiers débats est celui de l’immigration. Il dit souhaiter donner un coup de frein dans le nombre d’immigrants avec comme prétexte de permettre au Québec de mieux intégrer ceux qu’il accueille. Il sait très bien que cet argument n’est qu’un faux-fuyant et qu’il a fait cette promesse strictement pour avoir des votes lors de l’élection. Nonobstant cela, il maintient sa position. 

À mon avis, c’est une erreur politique grave qui vient d’une promesse électorale regrettable car basée sur la crainte injustifiée créée dans notre société contre les nouveaux immigrés, particulièrement ceux de confession musulmane.
Le Québec a besoin de nouveaux immigrés pour assurer la poursuite de son développement actuel, rencontrer ses besoins en main-d’œuvre et pour ajouter continuellement à son éducation, à ses valeurs humaines et à la richesse qu’apporte la diversité des cultures. Un chef d’État qui met ses ambitions politiques au-dessus de l’intérêt supérieur du peuple qu’il gouverne ne peut que subir une baisse importante de sa crédibilité politique. C’est de la « politicaillerie », au moment où le Québec doit avoir un vrai chef politique.


Je suis fort désappointé du PM Legault qui démontre un opportunisme politique inapproprié et irresponsable. J’espère qu’il se rendra compte que de tels gestes et actions ne peuvent que nuire à son action politique.

vendredi 16 novembre 2018

Un premier ministre québécois pas comme les autres

Dans ma vie, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs premiers ministres du Québec. Le premier et sans aucun doute le meilleur fut Maurice Duplessis, suivi de près par René Lévesque et Jean Lesage. Ces trois individus ont changé le Québec et lui ont donné sa base solide. Ils étaient des personnages de vision et d’action et ce qu’ils ont accompli a permis à leurs successeurs de continuer à bâtir notre société et à lui donner son dynamisme.

Les Québécois viennent d’élire un nouveau premier ministre, François Legault.

Il a une formation d’homme d’affaires et a une approche pragmatique aux problèmes. Il a créé avec d’autres la compagnie aérienne Air Transat qu’il a quitté subitement pour reprendre ses billes, sans explication, après un différend d’affaires avec ses associés.

Il vise alors la politique. Pour lui il ne s’agit pas de réorienter le Québec mais de le réparer. Il est nommé ministre de l’éducation en 1998 par le PM Lucien Bouchard et aussitôt, il dénonce l’inertie et le manque de vision des hauts fonctionnaires. Il croit alors en la viabilité d’un Québec souverain et le démontre dans une analyse qu’il publie.

Mais 14 ans plus tard, il crée un nouveau parti qui n’aura rien à voir avec l’idée de l’indépendance ni avec les politiques des partis Libéral et Québécois. Il faut que ça change clamait Jean Lesage. Pour Legault c’est en fait le même slogan. Il veut de la performance dans le gouvernement et cherche à l’imposer par des méthodes diverses.

Legault entreprend alors un long pèlerinage à travers le Québec et réunit, partout sur le territoire, des Québécois par petits groupes. Même s’il n’aime pas critiquer, il explique qu’il veut que cessent la querelle stérile Canada-Québec et le déclin de la qualité de vie des Québécois. Son parti n’est ni à gauche ni à droite et est présent aux élections générales de 2012 et 2014, sans trop de succès. Par la suite, il affirme être un nationaliste, oubliant les effets dévastateurs de ce genre de politique en Europe.

Il promet de créer des richesses et de rendre tous les Québécois plus riches. Il n’est pas politicologue et comprend qu’il n’est pas né pour être un politicien d’opposition. En politique, il se voit comme un homme d’affaires, en compétition. Cependant, lorsqu’attaqué, il se défend mal.

Sa campagne électorale 2018 est sans erreur de parcours. Pour gagner, il mise sur les scandales chez les Libéraux et l’usure du gouvernement libéral dirigé par le PM Couillard. Il réunit sous sa bannière une équipe de candidats hors-pair et similaires à l’équipe du tonnerre de Lesage. Il répète les mêmes arguments et les Québécois l’écoutent enfin. Se sentant gagnant, il ose diminuer et modifier à la baisse ses promesses électorales. Il ne se trompe pas et son parti est élu majoritaire. Legault devient premier ministre.

Comment va-t-il se comporter lorsque la critique inévitable de son administration viendra ? C’est là que l’on connaîtra le vrai François Legault.

Une chose est certaine, le Québec vient de se donner un chef politique à l’antipode de ses premiers ministres précédents.