Le premier ministre Stephen Harper vient de perdre un de ses principaux lieutenants. Jim Prentice, député d’Alberta, quitte son poste de ministre de l’environnement pour entrer à la Banque Impériale de Commerce, comme vice-président exécutif. Il était un politicien aimé de ses commettants, un gentilhomme respecté par tous les Canadiens et Canadiennes, quelque soit leur parti politique. C’est une grosse perte pour le Parti Conservateur du Canada (PC) qui n’a que de rares députés conservateurs sociaux (red tory) avec une approche intelligente, nuancée, ouverte au changement et capable de faire la part des choses dans les décisions gouvernementales pour tenir compte des besoins de la société. Le PC a un grand besoin d’hommes ou de femmes comme lui.
Prentice faisait partie du Parti Progressiste-Conservateur du Canada (PPC) lorsque ce parti s’est fusionné avec l’Alliance Canadienne, parti strictement de droite, pour devenir le PC. Le PPC a toujours défendu les préoccupations conservatrices traditionnelles mais avec des idées sociales pour les questions économiques. Le nouveau parti a été envahi par les Alliantistes de l’Ouest et s’est fixé solidement à droite du spectre politique mettant au rancart l’approche sociale de la politique du PPC. C’est à cause de ce positionnement radical que j’ai quitté définitivement le PC, après plus de trente ans de membership actif dans le PPC, et que je suis devenu indépendant.
Malgré le malaise évident que Prentice ressentait au sein de sa nouvelle équipe, il a toujours fait un travail consciencieux au ministère de l’environnement. Il a même osé prendre des positions publiques qui ne correspondaient pas toujours aux dires du PM Harper, particulièrement sur le contrôle de l’exploitation des sables bitumineux, la position du pays sur l’accord de Kyoto et l’approche négative du Canada à Copenhague qui a contribué à ce que la rencontre onusienne sur l’environnement se termine en queue de poisson.
Le départ subit de Prentice est-il un signe de ce qui s’en vient ? Je le crois. Au lieu de viser à recentrer le parti et à gagner les indécis, le PC ne cherche qu’à satisfaire sa base, ceux du pays qui crient fort (un genre de teapartyers canadiens), qui lui a donné le pouvoir par ses votes. Il glisse lentement mais sûrement vers l’abime politique où l’entraîne son idéologie de droite de la droite.
La presqu’élimination du contenu du questionnaire du recensement, l’abolition du registre des armes, le militarisme excessif, le non-respect des décisions environnementales internationales, la construction de nouvelles prisons (alors que le taux de criminalité baisse), la fascisation des lois au ministère de la justice… sont tous des exemples où le gouvernement canadien perd son temps et où l’amène son idéologie. Pendant ce temps, le déficit augmente commensurablement, la dette réapparaît et le respect du Canada fléchit dans l’opinion mondiale.
Harper garde le pouvoir depuis quatre ans de manière tout à fait imprévisible puisqu’il est minoritaire à la Chambre des Communes et n’obtient que 35-38% d’appuis dans les sondages. Le manque de courage politique des autres partis pour le renverser, qui vient du désintéressement de la population pour une autre élection, doit s’estomper.
Nous, Canadiens et Canadiennes, devons remplacer ce gouvernement mené par des idéologues dont la pensée ne correspond absolument pas à celle de la majorité et dont les actions politiques non pertinentes nous amènent nulle part. Nous avons besoin que l’intelligence et le réalisme soient au pouvoir à Ottawa.
Une autre solution serait un putsch dans le PC pour qu’il redevienne le PPC. Mais çà, pour l’instant, c’est un rêve en couleurs !
À chacune de ses interventions à la Chambre des Communes, Jim Prentice a su élever le débat au haut niveau qu’il doit être. Il a accompli beaucoup et rempli plusieurs tâches difficiles que lui confiait le PM Harper. « Monsieur Fix-it », comme on le surnommait, aurait fait un bon premier ministre. Je rêve de le voir revenir en politique, à la tête du parti PC. Ce sera peut être le jour où le PC retrouvera le bon chemin. Qui sait ?
Merci Jim Prentice pour un travail bien fait, malgré tout, et bonne chance.
Claude Dupras
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samedi 6 novembre 2010
La regrettable démission du ministre Jim Prentice
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jeudi 4 novembre 2010
L’ennemi no. 1 d’Obama : Glen Beck
Il y a un homme qui a fait la différence dans l’élection de mi-mandat que viennent de vivre les Américains. Il a réussi à monter une armée d’individus dans tous les coins des USA pour voter contre le président et le parti démocrate.
Ce vote qui a permis aux Républicains de balayer les Démocrates est, en fait, un vote négatif. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais un sondage auprès des électeurs à la sortie des bureaux de scrutin. Presqu’à l’unanimité, dans tous les États, dans les campagnes comme les villes, une majorité des électeurs a avoué avoir surtout voté « contre Obama ». Pourquoi ?
Depuis l’entrée de Barack Obama à la Maison Blanche, j’ai suivi sa démarche. J’en reste impressionné car il s’est avéré comme un des bons présidents que les Américains ont connus. Il a travaillé fort, a parlé intelligemment à ses concitoyens, a réagi efficacement à la crise économique et a fait voter des lois que peu de présidents ont réussi à faire voter dont celle sur la santé qui a permis à plus de 35 millions d’Américains d’être enfin protégés par un système d’assurance-maladie. Malgré tout cela, il est honni aujourd’hui par une majorité d’Américains dans tous les coins de ce grand pays.
Depuis plus d’un an, j’appréhendais le soir de l’élection « mid-term ». Ma crainte venait de ce que je percevais chez le polémiste Glen Beck. Il est un animateur d’une émission de télévision à la chaîne américaine Fox qui appartient au magnat australien des médias, Rupert Murdoch. Fox News est la dernière des grandes chaînes arrivées sur le marché Américain en 1997. Voyant un vide, Murdoch la campa complètement à droite pour promouvoir les positions politiques conservatrices. Elle le fait 24h /24, 7j/7 de façon très partisane. Aujourd’hui, Fox News a plus de 110 millions d’abonnés et est devenue une des chaînes préférées des Américains, au point que la compagnie vient tout juste d’annoncer, pour la dernière année, un accroissement des profits de 8% et des ventes publicitaires de 16%. Il faut reconnaître, en toute vérité, que la présentation des émissions est fort intéressante.
Glen Beck est un genre de René Lévesque du Québec du temps où ce dernier animait l’émission « Point de Mire » à Radio-Canada, et venait hebdomadairement expliquer aux Québécois et Québécoises, avec son ardoise et sa craie, l’évolution de la politique dans le monde. Nous étions tous accrochés à ses lèvres. Il était un vrai pédagogue. Lévesque, qui au début n’était pas très connu, a fait un tabac de son émission et est devenu une étoile de la télévision canadienne. Les Québécois et les Québécoises l’appréciaient et l’aimaient. Animateur responsable, honnête, très divertissant, clair et net dans ses propos, sa popularité fut si grande qu’il est devenu, avec le temps, premier ministre du Québec, et un des meilleurs.
Malheureusement, Glen Beck n’est pas un vrai René Lévesque. Il est un polémiste qui vise la controverse publique. Il joue avec les mots et les sentiments de ses auditeurs. Il a un objectif et il fait tout pour amener ces derniers où il veut. Il est habile, intelligent, un manipulateur hors de l’ordinaire, sur le petit écran tous les soirs à la même heure et très suivi. Dès les premiers soubresauts du « Tea Party », il a fait sien ce mouvement et s’est lancé tête basse dans la mêlée. Ses outils : l’ardoise et la craie; sa méthode : la démagogie. Il se fait professeur, enseigne, démontre, éclaircit, décortique les discours, interprète les affirmations et les projets de lois d’Obama comme s’il était un prix Nobel. Il a l’air vrai mais il est menteur. Il a l’air renseigné, mais il est manipulateur. Il a l’air d’un professeur, mais il est irresponsable. C’est un faux pédagogue, super habile et fort convaincant. Son auditoire est montée jusqu’à 3 millions d’auditeurs chaque jour.
J’ai réalisé le tort qu’il faisait lorsque deux des mes amis américains, dans des emails, m’ont recommandé l’émission télévisée de Glen Beck. Par hasard, les deux ont utilisé le même qualificatif pour le décrire : « il est très « éducatif ». Je leur ai répondu que Beck utilisait des « arguments tout croches », mais ils ne m’ont pas cru. C’est là que j’ai compris le danger pour Obama.
Depuis et souventes fois, aux nouvelles télévisées américaines, des gens bien ordinaires sont appelés à expliquer leur position anti-Obama. Chaque fois, j’ai remarqué qu’ils utilisaient les arguments de Beck, presque mot pour mot. Ce qui est le plus étonnant, c’est que ces gens critiquent, entre autres, le programme de santé d’Obama prétextant qu’il est trop coûteux, etc., alors qu’ils en sont les premiers bénéficiaires. De toute évidence, ils ne comprennent pas ce qu’ils critiquent.
Selon le New York Times, que Beck accuse d’être vendu à Obama, il a suggéré récemment aux chrétiens de quitter leur église si elle prêche la justice sociale et économique, car, dit-il, « ce sont des mot-codes pour communisme et nazisme ». Il est super-capitaliste, antisocialiste et s’oppose à tout ce qui peut venir de la gauche. Le problème est qu’il est persuasif et que ses arguments et explications deviennent des évidences dans l’esprit de ses auditeurs.
Son implication dans la récente période électorale a été très forte. Il a réuni à Washington des centaines de milliers d’électeurs pour une manifestation anti-Obama. Il a fait la promotion constante des teapartyers. Il a invité, moussé la candidature, appuyé et mis en vedette les candidats anti-Obama. Il a développé une influence profonde et une admiration étonnante chez l’Américain moyen qui est loin de comprendre la complexité des lois qui se votent à Washington mais qui gobe facilement ses explications démagogiques et simplistes du danger (qu’il invente) de ces lois.
Le résultat, c’est que des centaines de milliers d’Américains ont voté contre Obama à cause de Glen Beck. Et cela a fait la différence. Plusieurs candidats du « Tea Party » ont été élus. Mais ce qui compte surtout, c’est que des milliers d’indépendants et de Démocrates « mous » ont été convaincus par Beck de voter contre Obama et par conséquent pour les Républicains. Ajouté au noyau dur du parti républicain, ce nouvel apport de votes a fait la différence et a permis aux Républicains d’obtenir la victoire éclatante qu’ils ont obtenue.
Si Barak Obama et le parti démocrate veulent être réélus, ils devront tenir compte des actions néfastes de polémistes comme Beck, nombreux dans les médias américains, pour contrer, de façon persuasive, les arguments simplistes et démagogiques de ces derniers, afin de pouvoir ramener vers eux un nombre suffisant d’électeurs en 2012. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible !
Claude Dupras
Ps. Durant les deux derniers mois, l’auditoire de Beck a diminué sensiblement car il a tendance à se montrer de plus en plus comme un leader politique au lieu d’un « entertainer » et cela plait moins à l’auditeur américain. Néanmoins, son auditoire actuel demeure supérieur aux auditoires combinés de toutes les émissions politiques équivalentes des autres chaînes qui se présentent comme ses compétitrices.
Ce vote qui a permis aux Républicains de balayer les Démocrates est, en fait, un vote négatif. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais un sondage auprès des électeurs à la sortie des bureaux de scrutin. Presqu’à l’unanimité, dans tous les États, dans les campagnes comme les villes, une majorité des électeurs a avoué avoir surtout voté « contre Obama ». Pourquoi ?
Depuis l’entrée de Barack Obama à la Maison Blanche, j’ai suivi sa démarche. J’en reste impressionné car il s’est avéré comme un des bons présidents que les Américains ont connus. Il a travaillé fort, a parlé intelligemment à ses concitoyens, a réagi efficacement à la crise économique et a fait voter des lois que peu de présidents ont réussi à faire voter dont celle sur la santé qui a permis à plus de 35 millions d’Américains d’être enfin protégés par un système d’assurance-maladie. Malgré tout cela, il est honni aujourd’hui par une majorité d’Américains dans tous les coins de ce grand pays.
Depuis plus d’un an, j’appréhendais le soir de l’élection « mid-term ». Ma crainte venait de ce que je percevais chez le polémiste Glen Beck. Il est un animateur d’une émission de télévision à la chaîne américaine Fox qui appartient au magnat australien des médias, Rupert Murdoch. Fox News est la dernière des grandes chaînes arrivées sur le marché Américain en 1997. Voyant un vide, Murdoch la campa complètement à droite pour promouvoir les positions politiques conservatrices. Elle le fait 24h /24, 7j/7 de façon très partisane. Aujourd’hui, Fox News a plus de 110 millions d’abonnés et est devenue une des chaînes préférées des Américains, au point que la compagnie vient tout juste d’annoncer, pour la dernière année, un accroissement des profits de 8% et des ventes publicitaires de 16%. Il faut reconnaître, en toute vérité, que la présentation des émissions est fort intéressante.
Glen Beck est un genre de René Lévesque du Québec du temps où ce dernier animait l’émission « Point de Mire » à Radio-Canada, et venait hebdomadairement expliquer aux Québécois et Québécoises, avec son ardoise et sa craie, l’évolution de la politique dans le monde. Nous étions tous accrochés à ses lèvres. Il était un vrai pédagogue. Lévesque, qui au début n’était pas très connu, a fait un tabac de son émission et est devenu une étoile de la télévision canadienne. Les Québécois et les Québécoises l’appréciaient et l’aimaient. Animateur responsable, honnête, très divertissant, clair et net dans ses propos, sa popularité fut si grande qu’il est devenu, avec le temps, premier ministre du Québec, et un des meilleurs.
Malheureusement, Glen Beck n’est pas un vrai René Lévesque. Il est un polémiste qui vise la controverse publique. Il joue avec les mots et les sentiments de ses auditeurs. Il a un objectif et il fait tout pour amener ces derniers où il veut. Il est habile, intelligent, un manipulateur hors de l’ordinaire, sur le petit écran tous les soirs à la même heure et très suivi. Dès les premiers soubresauts du « Tea Party », il a fait sien ce mouvement et s’est lancé tête basse dans la mêlée. Ses outils : l’ardoise et la craie; sa méthode : la démagogie. Il se fait professeur, enseigne, démontre, éclaircit, décortique les discours, interprète les affirmations et les projets de lois d’Obama comme s’il était un prix Nobel. Il a l’air vrai mais il est menteur. Il a l’air renseigné, mais il est manipulateur. Il a l’air d’un professeur, mais il est irresponsable. C’est un faux pédagogue, super habile et fort convaincant. Son auditoire est montée jusqu’à 3 millions d’auditeurs chaque jour.
J’ai réalisé le tort qu’il faisait lorsque deux des mes amis américains, dans des emails, m’ont recommandé l’émission télévisée de Glen Beck. Par hasard, les deux ont utilisé le même qualificatif pour le décrire : « il est très « éducatif ». Je leur ai répondu que Beck utilisait des « arguments tout croches », mais ils ne m’ont pas cru. C’est là que j’ai compris le danger pour Obama.
Depuis et souventes fois, aux nouvelles télévisées américaines, des gens bien ordinaires sont appelés à expliquer leur position anti-Obama. Chaque fois, j’ai remarqué qu’ils utilisaient les arguments de Beck, presque mot pour mot. Ce qui est le plus étonnant, c’est que ces gens critiquent, entre autres, le programme de santé d’Obama prétextant qu’il est trop coûteux, etc., alors qu’ils en sont les premiers bénéficiaires. De toute évidence, ils ne comprennent pas ce qu’ils critiquent.
Selon le New York Times, que Beck accuse d’être vendu à Obama, il a suggéré récemment aux chrétiens de quitter leur église si elle prêche la justice sociale et économique, car, dit-il, « ce sont des mot-codes pour communisme et nazisme ». Il est super-capitaliste, antisocialiste et s’oppose à tout ce qui peut venir de la gauche. Le problème est qu’il est persuasif et que ses arguments et explications deviennent des évidences dans l’esprit de ses auditeurs.
Son implication dans la récente période électorale a été très forte. Il a réuni à Washington des centaines de milliers d’électeurs pour une manifestation anti-Obama. Il a fait la promotion constante des teapartyers. Il a invité, moussé la candidature, appuyé et mis en vedette les candidats anti-Obama. Il a développé une influence profonde et une admiration étonnante chez l’Américain moyen qui est loin de comprendre la complexité des lois qui se votent à Washington mais qui gobe facilement ses explications démagogiques et simplistes du danger (qu’il invente) de ces lois.
Le résultat, c’est que des centaines de milliers d’Américains ont voté contre Obama à cause de Glen Beck. Et cela a fait la différence. Plusieurs candidats du « Tea Party » ont été élus. Mais ce qui compte surtout, c’est que des milliers d’indépendants et de Démocrates « mous » ont été convaincus par Beck de voter contre Obama et par conséquent pour les Républicains. Ajouté au noyau dur du parti républicain, ce nouvel apport de votes a fait la différence et a permis aux Républicains d’obtenir la victoire éclatante qu’ils ont obtenue.
Si Barak Obama et le parti démocrate veulent être réélus, ils devront tenir compte des actions néfastes de polémistes comme Beck, nombreux dans les médias américains, pour contrer, de façon persuasive, les arguments simplistes et démagogiques de ces derniers, afin de pouvoir ramener vers eux un nombre suffisant d’électeurs en 2012. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible !
Claude Dupras
Ps. Durant les deux derniers mois, l’auditoire de Beck a diminué sensiblement car il a tendance à se montrer de plus en plus comme un leader politique au lieu d’un « entertainer » et cela plait moins à l’auditeur américain. Néanmoins, son auditoire actuel demeure supérieur aux auditoires combinés de toutes les émissions politiques équivalentes des autres chaînes qui se présentent comme ses compétitrices.
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samedi 30 octobre 2010
Le vide politique du Québec
Rien ne va plus en politique au Québec.
Le premier ministre libéral Jean Charest et son parti s’accrochent les pieds dans les fleurs du tapis. Depuis que le PM a refusé, à tort, de mettre sur pied une commission d’enquête sur les coûts de la construction, la foudre lui tombe sur la tête. L’opposition parlementaire et les journalistes ne cessent de rendre publiques des décisions et des transactions gouvernementales de toutes sortes dans lesquelles amis, supporteurs ou financiers du parti libéral du Québec ont été favorisés. Ces nombreux scandales qui pour la plupart n’en sont pas, ont un air de vérité. Et c’est çà le problème du PM car, en politique, l’apparence a autant d’importance que la réalité et par conséquent sa popularité en subit le contrecoup et fond dans les sondages.
Pendant ce temps, les dirigeants et députés du parti Québécois, l’opposition officielle, jubilent. Voyant le pouvoir possible de si près, ils ne peuvent s’empêcher de se lécher les babines. Les sites internet dédiés à l’indépendance du Québec font le plein d’articles optimistes, ce qui démontrent bien que la fièvre se répand. Mais il y a un problème. Le parti Québécois et son chef Pauline Marois ne figurent pas bien, eux non plus, dans les sondages. Les Québécois et les Québécoises ne sont pas satisfaits du parti Québécois ni du parti Libéral.
Le parti Libéral et le parti Québécois sont des partis de centre-gauche. Les libéraux flirtent par moment avec la droite. Les péquistes agissent de même avec la gauche. Cette dernière est représentée par le parti Québec-Solidaire qui n’a qu’un député. La droite est le parti Action Démocratique du Québec (ADQ) qui est venu à quelques députés près de prendre le pouvoir à l’avant-dernière élection générale. Après 21 mois comme opposition officielle, où il a fait mauvaise figure, il est retombé à seulement quelques députés et ne pèse plus politiquement. Pourtant, la droite est au pouvoir à Ottawa et croît rapidement aux USA où les élections législatives « mid-term » sont imminentes et pour lesquelles les sondages indiquent que le parti Républicain, parti de droite, fait une remontée impressionnante et enlèvera aux Démocrates la majorité à la Chambre des représentants et possiblement au Sénat. La droite a le vent dans les voiles en Amérique du Nord.
Plusieurs anciens membres du parti Québécois, dont l’ex-ministre démissionnaire François Legault, estiment que l’option indépendance n’est pas dans l’air. Ils rêvent de créer un nouveau parti, Force-Québec, avec des gens d’autres formations politiques pour s’attaquer efficacement aux vrais problèmes. Il y a quelques semaines, les medias ont rapporté que le parti se formait et qu’une annonce était imminente. Le sondage qui suivit, incluait ce nouveau parti comme option et l’a placé à 39% par rapport au parti Québécois qui chutait de 18% pour se retrouver à 22% (les purs et durs), le parti libéral à 21% et l’ADQ 6%. Ensemble, les trois partis traditionnels n’ont obtenu que 49% face à un parti qui n’existe pas. Ce qui démontre bien que les Québécois sont insatisfaits et ont une grande faim de changement.
À Québec, Il y a une semaine, un nouveau groupement, le Réseau-Liberté-Québec, a réuni durant un weekend plus de 450 individus de toutes les régions du Québec autour de chercheurs, de penseurs et d’activistes de droite pour parler politique. La rencontre a eu un impact positif dans les médias. Le Réseau-Liberté-Québec n’est pas et ne sera pas un parti politique. C’est un genre de « think-thank » en devenir, à tendance conservatrice, qui regroupe hommes et femmes politiques, chercheurs, universitaires, syndicalistes, gens d’affaires qui voient des solutions dans la philosophie de Droite. Ces individus veulent influencer les partis politiques en place pour qu’ils adoptent leurs suggestions. Dès l’annonce de la création de Réseau-Liberté-Québec, certains politiciens se sont empressés d’élever l’épouvantail à corneilles pour effrayer sans raison les Québécois et les Québécoises contre la droite qu’ils ont même associée à l’extrême-droite (idéologie contre-révolutionnaire voire fasciste). Cela n’a rien à voir avec le Réseau-Liberté-Québec qui est une bouffée d’air frais pour la politique québécoise.
Je n’aime pas la droite à la GWBush ou à la Stephen Harper : trop d’idéologie, pas suffisamment de sensibilité dans les solutions pour les grands problèmes. J’espère que la droite québécoise ne prendra pas les politiques de ces hommes comme modèles. D’ailleurs, aujourd’hui, le Canada en souffre puisque les Nations Unies viennent de nous refuser un siège au conseil de sécurité parce qu’elles ne digèrent pas les politiques de notre PM Harper : environnement, unilatéralisme pour Israël, etc… (Par contre, sur plusieurs points, il a fait un excellent travail, comme vient justement de l’affirmer la vérificatrice générale du Canada en rapport avec l’important programme de 45 milliards de projets d’infrastructure lancés pour contrer les effets négatifs de la crise économique. Ce fut bien géré et de façon honnête. Bravo).
À cause de l’impopularité grandissante du PM Charest, les séparatistes « purs et durs » du parti Québécois croient que la victoire électorale est, par défaut, inévitable et certaine. Ils réclament un nouveau référendum sur la séparation du Québec du Canada, lors du premier mandat que le parti gagnera. Quant à elle, Mme Marois s’en tient à l’article 1 de la constitution du parti qui stipule «au moment jugé approprié». Elle est une fine politicienne et ne veut pas faire peur à ceux qui ne sont pas indépendantistes et qui auraient le goût de changer de gouvernement, à cause des circonstances, et voter PQ. Électoralement, elle a raison. Dans un premier temps, elle veut être élue premier ministre et gouverner. Ensuite, dans un deuxième temps, suite à une autre élection générale, tenir un référendum. C’est ce qu’elle appelle « le temps opportun ».
Mais c’est un peu d’hypocrisie car le Parti Québécois ne cesse d’affirmer qu’il existe pour faire l’indépendance du Québec. Je suis d’accord avec ceux qui veulent le tenir dans un premier mandat. L’électeur a droit de se prononcer sur la question nationale le plus tôt possible et cette question doit être réglé une fois pour toutes. Ce sera le troisième référendum et probablement le dernier, quelque soit le résultat. S’il n’a pas lieu dans le premier mandat et le parti non réélu, il n’y aura pas de référendum et la discorde sera toujours là.
Les « purs et durs » ont une autre crainte. Ils s’inquiètent de la performance de Mme Marois. Ils croient qu’elle sera un handicap qui pourra les empêcher de gagner la prochaine élection. Malgré qu’elle en ait vu d’autres et ait une longue expérience, elle subira un vote de confiance au congrès du PQ, le 15 avril prochain, qui risque de faire mal !
Jean Charest et Pauline Marois sont en mauvaise position dans l’opinion publique et dans l’esprit des membres de leur parti. Le parti Libéral est entaché de suppositions de mauvaise gouvernance et le parti Québécois dispute les qualités de son chef et la stratégie en vue d’un nouveau référendum. L’ADQ est faible mais est bien placé pour progresser étant donné sa position à droite de l’échiquier politique québécois. La gauche maintiendra-t-elle son ascendance sur la politique québécoise ? Force-Québec naîtra-t-il et sa popularité sera-t-elle éphémère ? Quelle sera l’influence de Réseau-Liberté-Québec sur l’évolution vers la droite des politiques des partis ? En fait, nous sommes dans un vrai « free for all » où tout peut arriver.
Dans le vide politique actuel du Québec, dans quelle case s’arrêtera la bille sur le panneau tournant de la roulette politique québécoise ? Voilà la question !
Claude Dupras
Le premier ministre libéral Jean Charest et son parti s’accrochent les pieds dans les fleurs du tapis. Depuis que le PM a refusé, à tort, de mettre sur pied une commission d’enquête sur les coûts de la construction, la foudre lui tombe sur la tête. L’opposition parlementaire et les journalistes ne cessent de rendre publiques des décisions et des transactions gouvernementales de toutes sortes dans lesquelles amis, supporteurs ou financiers du parti libéral du Québec ont été favorisés. Ces nombreux scandales qui pour la plupart n’en sont pas, ont un air de vérité. Et c’est çà le problème du PM car, en politique, l’apparence a autant d’importance que la réalité et par conséquent sa popularité en subit le contrecoup et fond dans les sondages.
Pendant ce temps, les dirigeants et députés du parti Québécois, l’opposition officielle, jubilent. Voyant le pouvoir possible de si près, ils ne peuvent s’empêcher de se lécher les babines. Les sites internet dédiés à l’indépendance du Québec font le plein d’articles optimistes, ce qui démontrent bien que la fièvre se répand. Mais il y a un problème. Le parti Québécois et son chef Pauline Marois ne figurent pas bien, eux non plus, dans les sondages. Les Québécois et les Québécoises ne sont pas satisfaits du parti Québécois ni du parti Libéral.
Le parti Libéral et le parti Québécois sont des partis de centre-gauche. Les libéraux flirtent par moment avec la droite. Les péquistes agissent de même avec la gauche. Cette dernière est représentée par le parti Québec-Solidaire qui n’a qu’un député. La droite est le parti Action Démocratique du Québec (ADQ) qui est venu à quelques députés près de prendre le pouvoir à l’avant-dernière élection générale. Après 21 mois comme opposition officielle, où il a fait mauvaise figure, il est retombé à seulement quelques députés et ne pèse plus politiquement. Pourtant, la droite est au pouvoir à Ottawa et croît rapidement aux USA où les élections législatives « mid-term » sont imminentes et pour lesquelles les sondages indiquent que le parti Républicain, parti de droite, fait une remontée impressionnante et enlèvera aux Démocrates la majorité à la Chambre des représentants et possiblement au Sénat. La droite a le vent dans les voiles en Amérique du Nord.
Plusieurs anciens membres du parti Québécois, dont l’ex-ministre démissionnaire François Legault, estiment que l’option indépendance n’est pas dans l’air. Ils rêvent de créer un nouveau parti, Force-Québec, avec des gens d’autres formations politiques pour s’attaquer efficacement aux vrais problèmes. Il y a quelques semaines, les medias ont rapporté que le parti se formait et qu’une annonce était imminente. Le sondage qui suivit, incluait ce nouveau parti comme option et l’a placé à 39% par rapport au parti Québécois qui chutait de 18% pour se retrouver à 22% (les purs et durs), le parti libéral à 21% et l’ADQ 6%. Ensemble, les trois partis traditionnels n’ont obtenu que 49% face à un parti qui n’existe pas. Ce qui démontre bien que les Québécois sont insatisfaits et ont une grande faim de changement.
À Québec, Il y a une semaine, un nouveau groupement, le Réseau-Liberté-Québec, a réuni durant un weekend plus de 450 individus de toutes les régions du Québec autour de chercheurs, de penseurs et d’activistes de droite pour parler politique. La rencontre a eu un impact positif dans les médias. Le Réseau-Liberté-Québec n’est pas et ne sera pas un parti politique. C’est un genre de « think-thank » en devenir, à tendance conservatrice, qui regroupe hommes et femmes politiques, chercheurs, universitaires, syndicalistes, gens d’affaires qui voient des solutions dans la philosophie de Droite. Ces individus veulent influencer les partis politiques en place pour qu’ils adoptent leurs suggestions. Dès l’annonce de la création de Réseau-Liberté-Québec, certains politiciens se sont empressés d’élever l’épouvantail à corneilles pour effrayer sans raison les Québécois et les Québécoises contre la droite qu’ils ont même associée à l’extrême-droite (idéologie contre-révolutionnaire voire fasciste). Cela n’a rien à voir avec le Réseau-Liberté-Québec qui est une bouffée d’air frais pour la politique québécoise.
Je n’aime pas la droite à la GWBush ou à la Stephen Harper : trop d’idéologie, pas suffisamment de sensibilité dans les solutions pour les grands problèmes. J’espère que la droite québécoise ne prendra pas les politiques de ces hommes comme modèles. D’ailleurs, aujourd’hui, le Canada en souffre puisque les Nations Unies viennent de nous refuser un siège au conseil de sécurité parce qu’elles ne digèrent pas les politiques de notre PM Harper : environnement, unilatéralisme pour Israël, etc… (Par contre, sur plusieurs points, il a fait un excellent travail, comme vient justement de l’affirmer la vérificatrice générale du Canada en rapport avec l’important programme de 45 milliards de projets d’infrastructure lancés pour contrer les effets négatifs de la crise économique. Ce fut bien géré et de façon honnête. Bravo).
À cause de l’impopularité grandissante du PM Charest, les séparatistes « purs et durs » du parti Québécois croient que la victoire électorale est, par défaut, inévitable et certaine. Ils réclament un nouveau référendum sur la séparation du Québec du Canada, lors du premier mandat que le parti gagnera. Quant à elle, Mme Marois s’en tient à l’article 1 de la constitution du parti qui stipule «au moment jugé approprié». Elle est une fine politicienne et ne veut pas faire peur à ceux qui ne sont pas indépendantistes et qui auraient le goût de changer de gouvernement, à cause des circonstances, et voter PQ. Électoralement, elle a raison. Dans un premier temps, elle veut être élue premier ministre et gouverner. Ensuite, dans un deuxième temps, suite à une autre élection générale, tenir un référendum. C’est ce qu’elle appelle « le temps opportun ».
Mais c’est un peu d’hypocrisie car le Parti Québécois ne cesse d’affirmer qu’il existe pour faire l’indépendance du Québec. Je suis d’accord avec ceux qui veulent le tenir dans un premier mandat. L’électeur a droit de se prononcer sur la question nationale le plus tôt possible et cette question doit être réglé une fois pour toutes. Ce sera le troisième référendum et probablement le dernier, quelque soit le résultat. S’il n’a pas lieu dans le premier mandat et le parti non réélu, il n’y aura pas de référendum et la discorde sera toujours là.
Les « purs et durs » ont une autre crainte. Ils s’inquiètent de la performance de Mme Marois. Ils croient qu’elle sera un handicap qui pourra les empêcher de gagner la prochaine élection. Malgré qu’elle en ait vu d’autres et ait une longue expérience, elle subira un vote de confiance au congrès du PQ, le 15 avril prochain, qui risque de faire mal !
Jean Charest et Pauline Marois sont en mauvaise position dans l’opinion publique et dans l’esprit des membres de leur parti. Le parti Libéral est entaché de suppositions de mauvaise gouvernance et le parti Québécois dispute les qualités de son chef et la stratégie en vue d’un nouveau référendum. L’ADQ est faible mais est bien placé pour progresser étant donné sa position à droite de l’échiquier politique québécois. La gauche maintiendra-t-elle son ascendance sur la politique québécoise ? Force-Québec naîtra-t-il et sa popularité sera-t-elle éphémère ? Quelle sera l’influence de Réseau-Liberté-Québec sur l’évolution vers la droite des politiques des partis ? En fait, nous sommes dans un vrai « free for all » où tout peut arriver.
Dans le vide politique actuel du Québec, dans quelle case s’arrêtera la bille sur le panneau tournant de la roulette politique québécoise ? Voilà la question !
Claude Dupras
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jeudi 12 août 2010
Le parti socialiste français est-il à gauche ?
La question peut surprendre mais à voir évoluer actuellement le parti socialiste français, je crois que l’on peut exprimer un gros doute.
Depuis Guy Mollet, durant les années ’50, il a été intéressant de suivre l’évolution des idées des femmes et des hommes politiques français, particulièrement ceux qui ont été le moteur de leur mouvement respectif.
La surprise est surtout du côté de la gauche. En effet, on réalise que le parti socialiste français (PS) s’éloigne, au fur et à mesure des années, de la cause fondamentale pour laquelle il fut créé. C’est le pouvoir qui l’a changé. L’ayant goûté, ses dirigeants ont depuis glissé à droite simplement pour le garder ou le reprendre.
Aujourd’hui, plus que jamais, le PS se montre conservateur. Il s’oppose à tout changement, à toute adaptation à l’évolution des choses. Un exemple, parmi des dizaines d’autres : le PS s’oppose à l’augmentation de la retraite de 60 à 62 ans (alors qu’ailleurs elle est de 65-67 ans) et encourage tous les mouvements à manifester le 7 septembre prochain dans les rues de toutes les villes de France. Le PS est contre cette mesure et cela malgré que cette dernière vise à maintenir, à protéger et à améliorer la qualité des pensions pour les Français.
La constante inquiétude des dirigeants du PS de rester dans l’opposition fait en sorte que le parti n’a pas de stratégie concrète, ni réaliste, ni globale pour mener les Français et les Françaises vers le nouveau monde dominé, non pas par les mouvements ouvriers ou même les petits ou grands entrepreneurs économiques, mais par la Chine et l’Inde d’un côté et les multinationales de l’autre. Sa stratégie se résume à pratiquer un commerce d’images et d’illusions pour gagner le pouvoir.
Ce qui est inquiétant, c’est l’absence de nouvelles idées proposées par la soi-disant élite intellectuelle de la gauche qui a toujours joué un rôle fondamental dans le passé de cette mouvance politique, à commencer par l'ère des Lumières du 18ième siècle. Cette gauche intellectuelle a-t-elle déserté le PS ? Existe-t-elle encore ? Est-elle submergée par les dirigeants actuels qui priorisent la réussite de l’élection à l’importance des idées ?
La droite et la gauche prétendent défendre les intérêts des pauvres mortels mais depuis les trente dernières années, l’espace entre les « have » et les « have-not » ne fait que s’agrandir. Le parti socialiste français qui dit mettre l'homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs, propose-il des politiques capables d’arrêter l’élargissement de ce gouffre qui sépare de plus en plus les riches et le reste du monde ? Non !
Le désarroi à gauche est non seulement le fait du PS de France mais aussi celui d’un très grand nombre de mouvements politiques similaires dans les pays qui se réclament démocratiques comme les USA, l'Inde et un grand nombre de pays asiatiques. Il semble que seul l’hémisphère du monde qui continue aujourd’hui à réellement lutter pour la défense des « have not » est l'Amérique latine, qui paradoxalement était l'hémisphère le plus rétrograde durant tout le siècle dernier.
Le monde occidental a-t-il besoin d’une mobilisation globale des travailleurs et des moins nantis pour engager une révolution profonde afin d’éviter une noyade générale ? Combien de salaires additionnels devront être appréciablement réduits, quand ce n’est pas de la moitié comme on a vu encore récemment aux USA et en France, pour sauver, dit-on, les emplois et les entreprises ? Quand allons-nous nous offusquer de cette diminution de la qualité de vie d’un si grand nombre, au lieu de ne hausser que les épaules ? Et, lors de la prochaine crise, les salaires seront-ils à nouveau diminués et réagirons-nous de la même façon ?
N’est-ce pas évident que maintenir le rythme actuel ne pourra pas durer indéfiniment ? Comment faire réaliser aux sociétés occidentales, qui ne se rendent même pas compte de cet état de fait, qu’elles doivent trouver ensemble des solutions à cette évolution dramatique qui en réalité nous guette tous ?
Les civilisations romaine et arabe ont vécu de tels changements et ont finalement disparu. Vivons-nous le début de la disparition de la nôtre ? Je n’en ai aucune idée, mais des analystes qui s’y connaissent en parlent !
Une chose est certaine. Les chefs politiques du G20 n’écoutent pas les revendications qui s’expriment lors des manifestations de masse qui surgissent à chaque réunion de ce groupe important. Plusieurs observateurs, politiciens et policiers déblatèrent contre ces manifestants qui sont là pour exprimer leur profonde inquiétude de l’évolution de notre civilisation. Au lieu de frapper sur ces gens à coups de matraques, souventes fois sans raison comme récemment à Toronto, il serait plus important d’écouter l’expression de leurs craintes, de leurs souffrances et de leurs peurs. Plusieurs parmi ces manifestants semblent comprendre mieux que nos leaders politiques, l’envergure des calamités qui pointent à l’horizon.
Il est temps et important que le parti socialiste français retrouve sa vraie vocation de gauche. Il est facile pour ses ténors de se gargariser constamment avec tous les mots et les sentiments qui riment avec humaniste, mais être un vrai humaniste est le défi et l’outil nécessaire pour changer la tendance de nos sociétés d’aujourd’hui. Le pouvoir est intéressant et utile pour mettre en force ses idées, mais encore faut-il les proposer à l’électorat et les réaliser lorsqu’on l’exerce.
La France a été longtemps le phare pour les mouvances politiques de gauche du monde. Le demeurera-t-elle ? À ce que je constate aujourd’hui, je crois que ce temps est passé.
Claude Dupras
Depuis Guy Mollet, durant les années ’50, il a été intéressant de suivre l’évolution des idées des femmes et des hommes politiques français, particulièrement ceux qui ont été le moteur de leur mouvement respectif.
La surprise est surtout du côté de la gauche. En effet, on réalise que le parti socialiste français (PS) s’éloigne, au fur et à mesure des années, de la cause fondamentale pour laquelle il fut créé. C’est le pouvoir qui l’a changé. L’ayant goûté, ses dirigeants ont depuis glissé à droite simplement pour le garder ou le reprendre.
Aujourd’hui, plus que jamais, le PS se montre conservateur. Il s’oppose à tout changement, à toute adaptation à l’évolution des choses. Un exemple, parmi des dizaines d’autres : le PS s’oppose à l’augmentation de la retraite de 60 à 62 ans (alors qu’ailleurs elle est de 65-67 ans) et encourage tous les mouvements à manifester le 7 septembre prochain dans les rues de toutes les villes de France. Le PS est contre cette mesure et cela malgré que cette dernière vise à maintenir, à protéger et à améliorer la qualité des pensions pour les Français.
La constante inquiétude des dirigeants du PS de rester dans l’opposition fait en sorte que le parti n’a pas de stratégie concrète, ni réaliste, ni globale pour mener les Français et les Françaises vers le nouveau monde dominé, non pas par les mouvements ouvriers ou même les petits ou grands entrepreneurs économiques, mais par la Chine et l’Inde d’un côté et les multinationales de l’autre. Sa stratégie se résume à pratiquer un commerce d’images et d’illusions pour gagner le pouvoir.
Ce qui est inquiétant, c’est l’absence de nouvelles idées proposées par la soi-disant élite intellectuelle de la gauche qui a toujours joué un rôle fondamental dans le passé de cette mouvance politique, à commencer par l'ère des Lumières du 18ième siècle. Cette gauche intellectuelle a-t-elle déserté le PS ? Existe-t-elle encore ? Est-elle submergée par les dirigeants actuels qui priorisent la réussite de l’élection à l’importance des idées ?
La droite et la gauche prétendent défendre les intérêts des pauvres mortels mais depuis les trente dernières années, l’espace entre les « have » et les « have-not » ne fait que s’agrandir. Le parti socialiste français qui dit mettre l'homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs, propose-il des politiques capables d’arrêter l’élargissement de ce gouffre qui sépare de plus en plus les riches et le reste du monde ? Non !
Le désarroi à gauche est non seulement le fait du PS de France mais aussi celui d’un très grand nombre de mouvements politiques similaires dans les pays qui se réclament démocratiques comme les USA, l'Inde et un grand nombre de pays asiatiques. Il semble que seul l’hémisphère du monde qui continue aujourd’hui à réellement lutter pour la défense des « have not » est l'Amérique latine, qui paradoxalement était l'hémisphère le plus rétrograde durant tout le siècle dernier.
Le monde occidental a-t-il besoin d’une mobilisation globale des travailleurs et des moins nantis pour engager une révolution profonde afin d’éviter une noyade générale ? Combien de salaires additionnels devront être appréciablement réduits, quand ce n’est pas de la moitié comme on a vu encore récemment aux USA et en France, pour sauver, dit-on, les emplois et les entreprises ? Quand allons-nous nous offusquer de cette diminution de la qualité de vie d’un si grand nombre, au lieu de ne hausser que les épaules ? Et, lors de la prochaine crise, les salaires seront-ils à nouveau diminués et réagirons-nous de la même façon ?
N’est-ce pas évident que maintenir le rythme actuel ne pourra pas durer indéfiniment ? Comment faire réaliser aux sociétés occidentales, qui ne se rendent même pas compte de cet état de fait, qu’elles doivent trouver ensemble des solutions à cette évolution dramatique qui en réalité nous guette tous ?
Les civilisations romaine et arabe ont vécu de tels changements et ont finalement disparu. Vivons-nous le début de la disparition de la nôtre ? Je n’en ai aucune idée, mais des analystes qui s’y connaissent en parlent !
Une chose est certaine. Les chefs politiques du G20 n’écoutent pas les revendications qui s’expriment lors des manifestations de masse qui surgissent à chaque réunion de ce groupe important. Plusieurs observateurs, politiciens et policiers déblatèrent contre ces manifestants qui sont là pour exprimer leur profonde inquiétude de l’évolution de notre civilisation. Au lieu de frapper sur ces gens à coups de matraques, souventes fois sans raison comme récemment à Toronto, il serait plus important d’écouter l’expression de leurs craintes, de leurs souffrances et de leurs peurs. Plusieurs parmi ces manifestants semblent comprendre mieux que nos leaders politiques, l’envergure des calamités qui pointent à l’horizon.
Il est temps et important que le parti socialiste français retrouve sa vraie vocation de gauche. Il est facile pour ses ténors de se gargariser constamment avec tous les mots et les sentiments qui riment avec humaniste, mais être un vrai humaniste est le défi et l’outil nécessaire pour changer la tendance de nos sociétés d’aujourd’hui. Le pouvoir est intéressant et utile pour mettre en force ses idées, mais encore faut-il les proposer à l’électorat et les réaliser lorsqu’on l’exerce.
La France a été longtemps le phare pour les mouvances politiques de gauche du monde. Le demeurera-t-elle ? À ce que je constate aujourd’hui, je crois que ce temps est passé.
Claude Dupras
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dimanche 25 avril 2010
Le Québec de Maxime Bernier
Maxime Bernier, député conservateur de Beauce, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il n’hésite pas à dire les choses comme il les voit nonobstant le fait qu’il sait que ses avancés créeront des vagues négatives contre lui. Il est courageux, sincère et a le mérite, contrairement à d’autres politiciens, de vouloir parler des choses essentielles pour notre société.
Il soutient : « plusieurs personnes à travers le pays perçoivent les Québécois comme un groupe d’enfants gâtés qui ne sont jamais satisfaits et en redemandent toujours plus ». Sur ce point, il a raison. Lorsqu’on lit sur internet et dans les journaux les commentaires de Canadiens d’autres provinces ou encore si on les écoute sur des lignes ouvertes de radio, on se rend vite compte que ce sentiment existe.
Oui, le Québec est combatif dans ses demandes au gouvernement fédéral, mais il le fait à l’intérieur de la constitution canadienne et de son interprétation de celle-ci. Le Québec n’est pas la seule province qui agit ainsi puisqu’à plusieurs occasions dans le passé, les provinces se sont regroupées pour batailler ensemble les positions unilatérales du gouvernement canadien qui lui aussi interprète la constitution en sa faveur. Les ex-PM québécois Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque et Charest ont provoqué des conférences fédérales-provinciales pour persuader le fédéral de leurs arguments. La liste de leurs gains est longue. Depuis sa venue au pouvoir, Charest a créé le « conseil de la fédération » qui unit les premiers ministres des provinces dans leurs négociations avec le gouvernement fédéral.
Il est clair que les individus qui croient que seul le Québec demande, se trompent. À mon avis, ils sont endoctrinés par des animateurs de radio de droite qui pullulent dans les autres provinces et qui n’hésitent jamais à cogner sur le Québec. Le référendum sur l’Accord de Charlottetown a été un exemple frappant des conneries dites par ces radiomen du Canada anglais.
Notre pays est une fédération et il est normal que le Québec qui n’est pas une province comme les autres à cause de son histoire, sa culture, sa langue, sa nation quoi !, réagisse vivement et cherche à devenir le plus autonome possible dans tous les domaines qui sont de sa juridiction. Agir autrement serait irresponsable. Que certains citoyens des autres provinces pensent le contraire, tant pis ! Ils ont tort.
Bernier espère que le Québec « cesse de recevoir l’argent du système de la péréquation ». Je l’espère aussi puisque ce jour-là nous serons plus riches et plus indépendants.
Notre fédération est très décentralisée à cause de l’immense superficie du Canada, la plus grande au monde. Les responsabilités des provinces et des territoires sont grandes en matière de dépenses. Les ressources naturelles varient beaucoup d’une province à l’autre, le revenu aussi et la conséquence est une grande disparité entre les capacités fiscales de chacune. La péréquation existe pour assurer à tous les Canadiens, où qu’ils soient, les mêmes services publics, la même protection sociale et les même niveaux d’imposition. Cela fait partie de la constitution canadienne.
Il y a donc des gouvernements qui ont plus de revenus que la moyenne (les provinces riches) et ceux qui en ont moins (les pauvres). Actuellement quatre provinces sont « riches » et contribuent au fonds de la péréquation et six provinces et deux territoires sont « pauvres » et reçoivent des argents. Le Québec est dans le groupe des « pauvres » (pauvre est un mot mal choisi) et il n’y a pas de honte là-dedans. L’Ontario qui a toujours été une province riche, à un moment donné la plus riche, est depuis cette année devenue une province « pauvre » puisque son domaine manufacturier s’effondre devant la Chine.
En fait, le Québec est plus pauvre qu’il devrait l’être et cela n’a rien à voir avec les Québécois actuels. Il faut se rappeler qu’il y a à peine cinquante ans, Montréal était le centre des affaires du Canada, toutes les grandes compagnies y avaient leurs sièges sociaux, l’aéroport de Montréal était le plus important au pays, etc. Mais avec le débat sur la séparation du Québec, plus de 125 sièges sociaux des plus grandes compagnies sont déménagés à Toronto amenant avec eux des dizaines de milliers de personnes d’affaires, riches, bien éduquées et des jeunes diplômés universitaires de langue anglaise. Ce fut un « brain drain » de grande envergure qui a fait un tort immense à notre capacité de production de richesse. De plus, plusieurs grandes industries fermèrent leurs portes pour reprendre leurs activités en Ontario et ailleurs. Le plus bête, c’est que ces gens ont eu peur pour rien.
Lorsque le député Bernier critique les 40 dernières années, il semble oublier que malgré que le Québec ait perdu, d’un coup, un flanc si important de toute son activité économique et un si grand nombre de décideurs de qualité, les Québécois ont pris la relève et ont démontré une grande capacité entrepreneuriale comme le démontre l’évolution des affaires au Québec. Ce n’est pas l’incitation à entreprendre qui a manqué. Si ceux qui nous ont quitté étaient demeurés au Québec, s’ils avaient cherché à comprendre la société québécoise et à s’y intégrer davantage, ils auraient pu bénéficier de cette montée extraordinaire de l’entrepreneurship chez les Québécois. De notre côté, nous aurions pu profiter de la présence de ces grandes compagnies chez nous pour faire encore de meilleures affaires. Les compagnies et les individus qui sont partis seraient aussi riches qu’ils le sont actuellement, sinon plus, et auraient contribué considérablement à l’enrichissement du Québec. Les Québécois ne seraient peut être pas les plus taxés du Canada. Le Québec ne serait pas le 59ième sur les 60 états (provinces et États américains) de l’Amérique du Nord en rapport avec l’indice de liberté économique établi par l’institut Fraser.
Maxime Bernier dénonce « l’interventionniste du gouvernement du Québec ». Je suis d’accord avec lui. Notre gouvernement ne cesse de donner des subsides aux entreprises, à des individus et à toutes sortes d’organismes alors que nous vivons une période de déficit et de dette galopante. Le ministre semble incapable de dire « non ».
Par exemple, depuis la présentation du dernier budget, où le ministre des finances a annoncé de grosses augmentions de taxes, de tarifs et a promis de réduire les dépenses gouvernementales d’un montant équivalent à 60% du déficit prévu (les payeurs de taxes payant la différence) pour atteindre le déficit zéro, le gouvernement a accordé, comme le listait récemment le Journal de Montréal, plus de 700 millions $ en subventions de toutes sortes.
Encore la semaine dernière, nous apprenions que Québec donnait trois millions de $ sur un budget de quatre millions de $ à l’organisation d’un premier festival des arts du cirque à Montréal, l’été prochain. Personne ne me fera croire que cela est justifié alors que de grandes entreprises de cirque, comme le Cirque du Soleil, auraient pu contribuer ce montant pour le festival. Si Guy Laliberté a pu payer un ticket de 35 millions de $ pour aller dans l’espace 10 jours, sa compagnie peut sûrement contribuer largement aux frais de ce festival. C’est au milieu des affaires d’aider de telles entreprises et organismes, ne serait-ce que pour la publicité qu’il en récolte ou l’esprit civique… mais ça je ne suis pas certain.
Le problème de plusieurs de ces dons, depuis tant d’années, est qu’ils aident à former des organisateurs et non des entrepreneurs. On a une idée, on a besoin de sous, on voit les gouvernements, on obtient les sous et on organise. C’est facile ça mais ce n’est pas ça l’entrepreneurship. Et pendant ce temps-là, le gouvernement fait le beau avec de l’argent qu’il emprunte.
Maxime Bernier a frappé fort avec son discours de Mont-Saint-Grégoire. Le problème est que le contenu sent l’extrême-droite américaine. Un journaliste rapporte qu’il est un admirateur du président Reagan et qu’il a vu dans son bureau le récent livre d’Ann Coulter. Cette dernière est républicaine d’extrême-droite, radicale, insensée et est sympathique aux « teapartyers ». Elle hait Barack Obama. Si Bernier pense suivre cette voie pour entraîner les Québécois et les Québécoises, il se trompe. Jamais nous ne voudrons d’un tel esprit politique rétrograde chez nous. Par contre, s’il réaligne ses propositions au centre-droit, il trouvera beaucoup d’appuis. L’État-Providence est terminé mais cela ne veut pas dire qu’il faut jeter par terre tout ce qu’il a donné à notre population, aux non-instruits, aux pauvres, aux malades et aux plus démunis.
Maxime Bernier est un politicien intelligent qui a beaucoup de charisme. Son éducation, son talent et sa fougue le préparent à bien remplir les postes les plus élevés du gouvernement canadien, peut être même un jour le premier.
Claude Dupras
Il soutient : « plusieurs personnes à travers le pays perçoivent les Québécois comme un groupe d’enfants gâtés qui ne sont jamais satisfaits et en redemandent toujours plus ». Sur ce point, il a raison. Lorsqu’on lit sur internet et dans les journaux les commentaires de Canadiens d’autres provinces ou encore si on les écoute sur des lignes ouvertes de radio, on se rend vite compte que ce sentiment existe.
Oui, le Québec est combatif dans ses demandes au gouvernement fédéral, mais il le fait à l’intérieur de la constitution canadienne et de son interprétation de celle-ci. Le Québec n’est pas la seule province qui agit ainsi puisqu’à plusieurs occasions dans le passé, les provinces se sont regroupées pour batailler ensemble les positions unilatérales du gouvernement canadien qui lui aussi interprète la constitution en sa faveur. Les ex-PM québécois Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque et Charest ont provoqué des conférences fédérales-provinciales pour persuader le fédéral de leurs arguments. La liste de leurs gains est longue. Depuis sa venue au pouvoir, Charest a créé le « conseil de la fédération » qui unit les premiers ministres des provinces dans leurs négociations avec le gouvernement fédéral.
Il est clair que les individus qui croient que seul le Québec demande, se trompent. À mon avis, ils sont endoctrinés par des animateurs de radio de droite qui pullulent dans les autres provinces et qui n’hésitent jamais à cogner sur le Québec. Le référendum sur l’Accord de Charlottetown a été un exemple frappant des conneries dites par ces radiomen du Canada anglais.
Notre pays est une fédération et il est normal que le Québec qui n’est pas une province comme les autres à cause de son histoire, sa culture, sa langue, sa nation quoi !, réagisse vivement et cherche à devenir le plus autonome possible dans tous les domaines qui sont de sa juridiction. Agir autrement serait irresponsable. Que certains citoyens des autres provinces pensent le contraire, tant pis ! Ils ont tort.
Bernier espère que le Québec « cesse de recevoir l’argent du système de la péréquation ». Je l’espère aussi puisque ce jour-là nous serons plus riches et plus indépendants.
Notre fédération est très décentralisée à cause de l’immense superficie du Canada, la plus grande au monde. Les responsabilités des provinces et des territoires sont grandes en matière de dépenses. Les ressources naturelles varient beaucoup d’une province à l’autre, le revenu aussi et la conséquence est une grande disparité entre les capacités fiscales de chacune. La péréquation existe pour assurer à tous les Canadiens, où qu’ils soient, les mêmes services publics, la même protection sociale et les même niveaux d’imposition. Cela fait partie de la constitution canadienne.
Il y a donc des gouvernements qui ont plus de revenus que la moyenne (les provinces riches) et ceux qui en ont moins (les pauvres). Actuellement quatre provinces sont « riches » et contribuent au fonds de la péréquation et six provinces et deux territoires sont « pauvres » et reçoivent des argents. Le Québec est dans le groupe des « pauvres » (pauvre est un mot mal choisi) et il n’y a pas de honte là-dedans. L’Ontario qui a toujours été une province riche, à un moment donné la plus riche, est depuis cette année devenue une province « pauvre » puisque son domaine manufacturier s’effondre devant la Chine.
En fait, le Québec est plus pauvre qu’il devrait l’être et cela n’a rien à voir avec les Québécois actuels. Il faut se rappeler qu’il y a à peine cinquante ans, Montréal était le centre des affaires du Canada, toutes les grandes compagnies y avaient leurs sièges sociaux, l’aéroport de Montréal était le plus important au pays, etc. Mais avec le débat sur la séparation du Québec, plus de 125 sièges sociaux des plus grandes compagnies sont déménagés à Toronto amenant avec eux des dizaines de milliers de personnes d’affaires, riches, bien éduquées et des jeunes diplômés universitaires de langue anglaise. Ce fut un « brain drain » de grande envergure qui a fait un tort immense à notre capacité de production de richesse. De plus, plusieurs grandes industries fermèrent leurs portes pour reprendre leurs activités en Ontario et ailleurs. Le plus bête, c’est que ces gens ont eu peur pour rien.
Lorsque le député Bernier critique les 40 dernières années, il semble oublier que malgré que le Québec ait perdu, d’un coup, un flanc si important de toute son activité économique et un si grand nombre de décideurs de qualité, les Québécois ont pris la relève et ont démontré une grande capacité entrepreneuriale comme le démontre l’évolution des affaires au Québec. Ce n’est pas l’incitation à entreprendre qui a manqué. Si ceux qui nous ont quitté étaient demeurés au Québec, s’ils avaient cherché à comprendre la société québécoise et à s’y intégrer davantage, ils auraient pu bénéficier de cette montée extraordinaire de l’entrepreneurship chez les Québécois. De notre côté, nous aurions pu profiter de la présence de ces grandes compagnies chez nous pour faire encore de meilleures affaires. Les compagnies et les individus qui sont partis seraient aussi riches qu’ils le sont actuellement, sinon plus, et auraient contribué considérablement à l’enrichissement du Québec. Les Québécois ne seraient peut être pas les plus taxés du Canada. Le Québec ne serait pas le 59ième sur les 60 états (provinces et États américains) de l’Amérique du Nord en rapport avec l’indice de liberté économique établi par l’institut Fraser.
Maxime Bernier dénonce « l’interventionniste du gouvernement du Québec ». Je suis d’accord avec lui. Notre gouvernement ne cesse de donner des subsides aux entreprises, à des individus et à toutes sortes d’organismes alors que nous vivons une période de déficit et de dette galopante. Le ministre semble incapable de dire « non ».
Par exemple, depuis la présentation du dernier budget, où le ministre des finances a annoncé de grosses augmentions de taxes, de tarifs et a promis de réduire les dépenses gouvernementales d’un montant équivalent à 60% du déficit prévu (les payeurs de taxes payant la différence) pour atteindre le déficit zéro, le gouvernement a accordé, comme le listait récemment le Journal de Montréal, plus de 700 millions $ en subventions de toutes sortes.
Encore la semaine dernière, nous apprenions que Québec donnait trois millions de $ sur un budget de quatre millions de $ à l’organisation d’un premier festival des arts du cirque à Montréal, l’été prochain. Personne ne me fera croire que cela est justifié alors que de grandes entreprises de cirque, comme le Cirque du Soleil, auraient pu contribuer ce montant pour le festival. Si Guy Laliberté a pu payer un ticket de 35 millions de $ pour aller dans l’espace 10 jours, sa compagnie peut sûrement contribuer largement aux frais de ce festival. C’est au milieu des affaires d’aider de telles entreprises et organismes, ne serait-ce que pour la publicité qu’il en récolte ou l’esprit civique… mais ça je ne suis pas certain.
Le problème de plusieurs de ces dons, depuis tant d’années, est qu’ils aident à former des organisateurs et non des entrepreneurs. On a une idée, on a besoin de sous, on voit les gouvernements, on obtient les sous et on organise. C’est facile ça mais ce n’est pas ça l’entrepreneurship. Et pendant ce temps-là, le gouvernement fait le beau avec de l’argent qu’il emprunte.
Maxime Bernier a frappé fort avec son discours de Mont-Saint-Grégoire. Le problème est que le contenu sent l’extrême-droite américaine. Un journaliste rapporte qu’il est un admirateur du président Reagan et qu’il a vu dans son bureau le récent livre d’Ann Coulter. Cette dernière est républicaine d’extrême-droite, radicale, insensée et est sympathique aux « teapartyers ». Elle hait Barack Obama. Si Bernier pense suivre cette voie pour entraîner les Québécois et les Québécoises, il se trompe. Jamais nous ne voudrons d’un tel esprit politique rétrograde chez nous. Par contre, s’il réaligne ses propositions au centre-droit, il trouvera beaucoup d’appuis. L’État-Providence est terminé mais cela ne veut pas dire qu’il faut jeter par terre tout ce qu’il a donné à notre population, aux non-instruits, aux pauvres, aux malades et aux plus démunis.
Maxime Bernier est un politicien intelligent qui a beaucoup de charisme. Son éducation, son talent et sa fougue le préparent à bien remplir les postes les plus élevés du gouvernement canadien, peut être même un jour le premier.
Claude Dupras
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mardi 9 mars 2010
Jean Charest : L’heure de décision
Ce ne sont pas les conseils ni les critiques qui manquent pour les hommes ou les femmes politiques de nos jours.
Au Québec, le déficit et la dette sont mis sur le dos du premier ministre Jean Charest. On oublie qu’ailleurs c’est pareil ou pire. La Grèce, le Portugal et l’Espagne frôlent la faillite. Le gouvernement des USA a une dette record inimaginable sur laquelle s’accumulent des déficits annuels record. Le Canada, modèle par excellence des pays occidentaux pour ses surplus financiers, recevait la visite de Premiers Ministres de pays étrangers, accompagnés de leurs Ministres des finances, pour comprendre la méthode canadienne de gérance des argents publics. Subitement, tout a bousculé et nous avons vu durant la dernière année, nos surplus s’évaporer et transformés en un déficit de 55 milliards $. Même la riche province d’Alberta, propriétaire des sables bitumineux, souffre et affiche un premier déficit. Adieu veau, vache, cochon, couvée…
Charest arrive à un moment crucial de sa direction des affaires gouvernementales du Québec. Au pouvoir depuis 1998 (à la fin du présent mandat il aura été Premier Ministre aussi longtemps que l’ex-PM Maurice Duplessis), il a bénéficié des années grasses que l’on vient de vivre pour bien administrer le Québec. Sous lui, les dépenses ont passé de 41 à 67 billions $, représentant un taux annuel d’accroissement de 4,6% alors que la moyenne provinciale au Canada s’est située à 6,6% et celle du gouvernement fédéral à 5,9%. Quant au déficit annuel, il s’est maintenu durant ces années aux alentours de 6 billions $ et la dette a passé de 110 à 160 milliard $, mais elle a quand même baissé en fonction du PIB de 58% en 1998 à 53,5% en 2009, puisque son poids relatif a diminué d'année en année en raison de la productivité de l'économie québécoise.
Les déficits ont été jugés nécessaires pour maintenir la création d’emploi et la protection des programmes sociaux québécois. Cependant, même si la situation actuelle est acceptable à court terme, elle risque de devenir très difficile, à cause de la récession et des augmentations probables des taux d’intérêt si le gouvernement ne prend pas, dès les prochaines années, les mesures nécessaires pour réduire ses déficits. C’est le défi de Jean Charest.
Il est prévisible que les prochains rapports financiers soient fortement déficitaires et cela pour les raisons suivantes : une baisse importante des versements de péréquation suite au ralentissement de l’exploitation des sables bitumineux, conséquence de la baisse du prix de pétrole; l’explosion des coûts de construction des grands projets d’infrastructures; les nouvelles demandes salariales des fonctionnaires; la diminution des revenus des particuliers suite à la récession qui risque de perdurer, etc.
Analystes, économistes, experts, intellectuels, journalistes et joueurs politiques s’élèvent de tous côtés pour nous dire que sans la voie qu’il propose, pour combler le déficit et réduire la dette du gouvernement du Québec, il n’y a pas d’espoir. Pour justifier leurs propositions, plusieurs cherchent à nous effrayer avec le spectre d’une apocalypse qui supposément nous guette. Certaines de ces personnes sont sincères, d’autres compétentes mais plusieurs tiennent des propos qui résonnent comme ceux de démagogues.
Parmi les suggestions avancées, on retrouve :
. L’imposition de nouvelles taxes sous forme d’une importante augmentation des tarifs d’électricité pour combler en partie les prochains déficits;
. Un accroissement majeur des frais de scolarité universitaire même si cette décision en Ontario a fermé la porte de l'éducation postsecondaire à tout un pan de la société;
. Sabrer dans les services et les salaires des fonctionnaires;
. Mettre fin à l’État-Providence;
. Augmenter les revenus de 5,6 milliards $ et réduire les dépenses d’autant;
. Retrouver l’efficacité dans les grandes sociétés de l’État telles Hydro-Québec, Société des Alcools, et autres qui sont peu performantes par rapport à des entreprises privées similaires;
. Éliminer plusieurs niveaux d’administration régionale qualifiés de structures intermédiaires inutiles;
. Augmenter la TVQ (taxe de vente) de 2% pour remplacer la diminution de 2% de la TPS (taxe sur les services) fédérale;
. Obtenir une véritable accessibilité à l’éducation;
. Utiliser immédiatement le Fonds des Générations qui accumule des argents qui sont placés via la Caisse de Dépôt en vue de rembourser un jour une partie importante de la dette pour les générations futures (commencer en 2007 avec 579 millions $, il compte aujourd’hui plus de 2 milliards $, devrait valoir 32 milliards $ en 2025 lorsqu’il sera appliqué au remboursement de la dette);
. Accélérer le remboursement de la dette, avec des taxes s’il le faut, pour obtenir une justice intergénérationnelle;
. Abolir les privilèges (évitement et évasion fiscaux) de l’entreprise privée qui privent le gouvernement d’entrées monétaires importantes;
. Reconnaître que les hommes et femmes vont travailler à la retraite plus longtemps et continuer à payer des impôts;
. Mettre en place un meilleur contrôle de l’endettement.
De leur côté, les fonctionnaires craignent une répétition des mesures draconiennes des gouvernements Lévesque et Bouchard qui pour des raisons de déficits ont réduit considérablement leur nombre et réclament des mesures comme l’élimination de la sous-traitance dans les services publics pour protéger leurs emplois.
On peut voir par ce bref résumé que ce n’est pas le choix qui manque.
Les différences de vue sont profondes car chacun prêche pour sa paroisse. Tous affirment s’exprimer dans le meilleur intérêt du Québec et parlent de lucidité, de réalité, d’objectivité, de franchise, de responsabilité, de liberté, d’accessibilité, d’équité, d’excellence, d’efficacité… mais on peut douter de la sincérité de plusieurs dont les textes sont clairement irréalistes, alarmistes, condescendants, défaitistes, anti-syndicalistes, anti-patronat, intolérants, partisans, fabricants de procès d’intentions et encore. En plus, et c’est le drame, chacun parle et parle mais n’entend pas l’autre et va même jusqu’à le diminuer, l’insulter. Une vraie tour de Babel d’irresponsabilités.
Un très grand nombre d’observateurs jugent que l’économie actuelle est fragile à cause de la récession et que le temps n’est pas propice pour augmenter les coûts aux citoyens. D’autres, à l’approche plus comptable, propose avec facilité de couper radicalement les dépenses du gouvernement et d’imposer de nouvelles taxes en oubliant que nous vivons en société.
À mon avis, le gouvernement doit revoir tous les postes de ses dépenses et éliminer les dépenses superflues. Il peut s’amincir sans souffrir.
Il se doit de protéger notre système d’éducation, éviter qu’un grand nombre de jeunes des nouvelles générations ne puissent accéder à des études supérieures et s’occuper en priorité du décrochage scolaire. Pour les universités, la réponse n’est pas une augmentation importante des frais de scolarité mais plutôt une responsabilisation des universités elles-mêmes et de leurs diplômés. Ces derniers ont une dette envers l’institution qui leur a donné, à bas coût, leurs grades. C’est à eux d’aider financièrement leur alma mater pour lui permettre d’être la meilleure possible. Que les universitaires québécois prennent exemple chez les diplômés de Polytechnique qui depuis des années contribuent énormément à l’École. Des anciens ont même payé complètement de nouveaux pavillons dédiés à de nouvelles spécialités du génie et continuent à supporter généreusement l’institution qui leur a permis de bien gagner leur vie. L’Université McGill est aussi un bel exemple.
Les tarifs d’électricité doivent être fixés en fonction du coût des autres énergies. L’Hydro-Québec se doit d’être compétitive sur le marché. Agir arbitrairement pour augmenter les ristournes à l’État ne serait pas sérieux. Si l’électricité est trop chère, les Québécois se retourneront vers d’autres sources pour se chauffer et l’HQ perdra des clients.
Sabrer aveuglément dans le nombre de fonctionnaires n’est pas nécessairement une solution réaliste. On a vu récemment le ministère responsable des travaux publics faire appel au privé pour assurer que l’octroi et la surveillance de ses projets respectent ses normes et ses budgets et cela parce que les fonctionnaires attitrés à ces tâches importantes avaient perdu leur emploi. « La sous-traitance, oui, mais pas nécessairement la sous-traitance ». Éliminer les rond-de-cuir, oui, mais ne pas renvoyer des gens compétents et mieux payés simplement pour diminuer les coûts. L’expérience nous montre que ce sont de fausses économies. Nous avons besoin de bons fonctionnaires et les dénigrer continuellement n’est pas à notre avantage car c’est avec eux que notre gouvernement remplit les tâches normales d’un bon gouvernement. C’est avec eux que l’on pourra trouver les vraies raisons qui font que la construction civile au Québec est 35% plus chère qu’en Ontario et corriger la situation. Les économies possibles se chiffrent par milliards.
Il est essentiel de rendre plus efficace les grandes entreprises de l’État québécois à l’image des grandes entreprises privées qui constamment font cet effort puisque c’est toujours une source de meilleure productivité et de réduction de dépenses.
Éliminer certaines administrations régionales, dont j’en suis, comme celles
de la santé entre le ministère et les administrés et certains conseils d’agglomération de villes, coûteux et inutiles, comme celui de Ste-Marguerite – Estérel. Par contre plusieurs sont fort importantes et méritent de continuer. Les municipalités régionales (MRC) en sont. Mais on doit revoir plusieurs de leurs postes de dépenses qui sont excessifs.
Augmenter la TVQ, oui, mais en dernier ressort à condition d’exempter les produits nécessaires aux familles comme les vêtements d’enfants, la nourriture, les livres scolaires, etc…
Éliminer le Fonds des générations, non ! Il assure la justice intergénérationnelle réclamée par les jeunes. De plus, augmenter les impôts pour payer la dette n’est pas justifiable car une grande partie de l’endettement public est pour la réalisation d’infrastructures qui serviront aux générations de demain.
Quant à la fiscalité pour les individus et les entreprises, il faut comprendre que nous ne vivons pas isolés de tout le monde. Nous nous devons d’être compétitifs. Les conditions de travail, les rémunérations, les impôts doivent être en sorte que les travailleurs et les entreprises restent chez nous et ne cherchent pas à œuvrer ailleurs. Pour avoir les meilleurs, il faut les attirer, les garder. Il faut aider ceux qui créent, qui osent et qui savent produire car ils sont générateurs d’emplois et de revenus. C’est ainsi que les travailleurs obtiendront les meilleurs salaires. Par contre, l’élimination des paradis fiscaux est essentielle pour atteindre une justice fiscale.
À ce moment de notre économie, il est important que nous comprenions bien les enjeux. Ainsi, notre gouvernement sera plus à l’aise pour prendre les meilleures décisions possibles.
Claude Dupras
Au Québec, le déficit et la dette sont mis sur le dos du premier ministre Jean Charest. On oublie qu’ailleurs c’est pareil ou pire. La Grèce, le Portugal et l’Espagne frôlent la faillite. Le gouvernement des USA a une dette record inimaginable sur laquelle s’accumulent des déficits annuels record. Le Canada, modèle par excellence des pays occidentaux pour ses surplus financiers, recevait la visite de Premiers Ministres de pays étrangers, accompagnés de leurs Ministres des finances, pour comprendre la méthode canadienne de gérance des argents publics. Subitement, tout a bousculé et nous avons vu durant la dernière année, nos surplus s’évaporer et transformés en un déficit de 55 milliards $. Même la riche province d’Alberta, propriétaire des sables bitumineux, souffre et affiche un premier déficit. Adieu veau, vache, cochon, couvée…
Charest arrive à un moment crucial de sa direction des affaires gouvernementales du Québec. Au pouvoir depuis 1998 (à la fin du présent mandat il aura été Premier Ministre aussi longtemps que l’ex-PM Maurice Duplessis), il a bénéficié des années grasses que l’on vient de vivre pour bien administrer le Québec. Sous lui, les dépenses ont passé de 41 à 67 billions $, représentant un taux annuel d’accroissement de 4,6% alors que la moyenne provinciale au Canada s’est située à 6,6% et celle du gouvernement fédéral à 5,9%. Quant au déficit annuel, il s’est maintenu durant ces années aux alentours de 6 billions $ et la dette a passé de 110 à 160 milliard $, mais elle a quand même baissé en fonction du PIB de 58% en 1998 à 53,5% en 2009, puisque son poids relatif a diminué d'année en année en raison de la productivité de l'économie québécoise.
Les déficits ont été jugés nécessaires pour maintenir la création d’emploi et la protection des programmes sociaux québécois. Cependant, même si la situation actuelle est acceptable à court terme, elle risque de devenir très difficile, à cause de la récession et des augmentations probables des taux d’intérêt si le gouvernement ne prend pas, dès les prochaines années, les mesures nécessaires pour réduire ses déficits. C’est le défi de Jean Charest.
Il est prévisible que les prochains rapports financiers soient fortement déficitaires et cela pour les raisons suivantes : une baisse importante des versements de péréquation suite au ralentissement de l’exploitation des sables bitumineux, conséquence de la baisse du prix de pétrole; l’explosion des coûts de construction des grands projets d’infrastructures; les nouvelles demandes salariales des fonctionnaires; la diminution des revenus des particuliers suite à la récession qui risque de perdurer, etc.
Analystes, économistes, experts, intellectuels, journalistes et joueurs politiques s’élèvent de tous côtés pour nous dire que sans la voie qu’il propose, pour combler le déficit et réduire la dette du gouvernement du Québec, il n’y a pas d’espoir. Pour justifier leurs propositions, plusieurs cherchent à nous effrayer avec le spectre d’une apocalypse qui supposément nous guette. Certaines de ces personnes sont sincères, d’autres compétentes mais plusieurs tiennent des propos qui résonnent comme ceux de démagogues.
Parmi les suggestions avancées, on retrouve :
. L’imposition de nouvelles taxes sous forme d’une importante augmentation des tarifs d’électricité pour combler en partie les prochains déficits;
. Un accroissement majeur des frais de scolarité universitaire même si cette décision en Ontario a fermé la porte de l'éducation postsecondaire à tout un pan de la société;
. Sabrer dans les services et les salaires des fonctionnaires;
. Mettre fin à l’État-Providence;
. Augmenter les revenus de 5,6 milliards $ et réduire les dépenses d’autant;
. Retrouver l’efficacité dans les grandes sociétés de l’État telles Hydro-Québec, Société des Alcools, et autres qui sont peu performantes par rapport à des entreprises privées similaires;
. Éliminer plusieurs niveaux d’administration régionale qualifiés de structures intermédiaires inutiles;
. Augmenter la TVQ (taxe de vente) de 2% pour remplacer la diminution de 2% de la TPS (taxe sur les services) fédérale;
. Obtenir une véritable accessibilité à l’éducation;
. Utiliser immédiatement le Fonds des Générations qui accumule des argents qui sont placés via la Caisse de Dépôt en vue de rembourser un jour une partie importante de la dette pour les générations futures (commencer en 2007 avec 579 millions $, il compte aujourd’hui plus de 2 milliards $, devrait valoir 32 milliards $ en 2025 lorsqu’il sera appliqué au remboursement de la dette);
. Accélérer le remboursement de la dette, avec des taxes s’il le faut, pour obtenir une justice intergénérationnelle;
. Abolir les privilèges (évitement et évasion fiscaux) de l’entreprise privée qui privent le gouvernement d’entrées monétaires importantes;
. Reconnaître que les hommes et femmes vont travailler à la retraite plus longtemps et continuer à payer des impôts;
. Mettre en place un meilleur contrôle de l’endettement.
De leur côté, les fonctionnaires craignent une répétition des mesures draconiennes des gouvernements Lévesque et Bouchard qui pour des raisons de déficits ont réduit considérablement leur nombre et réclament des mesures comme l’élimination de la sous-traitance dans les services publics pour protéger leurs emplois.
On peut voir par ce bref résumé que ce n’est pas le choix qui manque.
Les différences de vue sont profondes car chacun prêche pour sa paroisse. Tous affirment s’exprimer dans le meilleur intérêt du Québec et parlent de lucidité, de réalité, d’objectivité, de franchise, de responsabilité, de liberté, d’accessibilité, d’équité, d’excellence, d’efficacité… mais on peut douter de la sincérité de plusieurs dont les textes sont clairement irréalistes, alarmistes, condescendants, défaitistes, anti-syndicalistes, anti-patronat, intolérants, partisans, fabricants de procès d’intentions et encore. En plus, et c’est le drame, chacun parle et parle mais n’entend pas l’autre et va même jusqu’à le diminuer, l’insulter. Une vraie tour de Babel d’irresponsabilités.
Un très grand nombre d’observateurs jugent que l’économie actuelle est fragile à cause de la récession et que le temps n’est pas propice pour augmenter les coûts aux citoyens. D’autres, à l’approche plus comptable, propose avec facilité de couper radicalement les dépenses du gouvernement et d’imposer de nouvelles taxes en oubliant que nous vivons en société.
À mon avis, le gouvernement doit revoir tous les postes de ses dépenses et éliminer les dépenses superflues. Il peut s’amincir sans souffrir.
Il se doit de protéger notre système d’éducation, éviter qu’un grand nombre de jeunes des nouvelles générations ne puissent accéder à des études supérieures et s’occuper en priorité du décrochage scolaire. Pour les universités, la réponse n’est pas une augmentation importante des frais de scolarité mais plutôt une responsabilisation des universités elles-mêmes et de leurs diplômés. Ces derniers ont une dette envers l’institution qui leur a donné, à bas coût, leurs grades. C’est à eux d’aider financièrement leur alma mater pour lui permettre d’être la meilleure possible. Que les universitaires québécois prennent exemple chez les diplômés de Polytechnique qui depuis des années contribuent énormément à l’École. Des anciens ont même payé complètement de nouveaux pavillons dédiés à de nouvelles spécialités du génie et continuent à supporter généreusement l’institution qui leur a permis de bien gagner leur vie. L’Université McGill est aussi un bel exemple.
Les tarifs d’électricité doivent être fixés en fonction du coût des autres énergies. L’Hydro-Québec se doit d’être compétitive sur le marché. Agir arbitrairement pour augmenter les ristournes à l’État ne serait pas sérieux. Si l’électricité est trop chère, les Québécois se retourneront vers d’autres sources pour se chauffer et l’HQ perdra des clients.
Sabrer aveuglément dans le nombre de fonctionnaires n’est pas nécessairement une solution réaliste. On a vu récemment le ministère responsable des travaux publics faire appel au privé pour assurer que l’octroi et la surveillance de ses projets respectent ses normes et ses budgets et cela parce que les fonctionnaires attitrés à ces tâches importantes avaient perdu leur emploi. « La sous-traitance, oui, mais pas nécessairement la sous-traitance ». Éliminer les rond-de-cuir, oui, mais ne pas renvoyer des gens compétents et mieux payés simplement pour diminuer les coûts. L’expérience nous montre que ce sont de fausses économies. Nous avons besoin de bons fonctionnaires et les dénigrer continuellement n’est pas à notre avantage car c’est avec eux que notre gouvernement remplit les tâches normales d’un bon gouvernement. C’est avec eux que l’on pourra trouver les vraies raisons qui font que la construction civile au Québec est 35% plus chère qu’en Ontario et corriger la situation. Les économies possibles se chiffrent par milliards.
Il est essentiel de rendre plus efficace les grandes entreprises de l’État québécois à l’image des grandes entreprises privées qui constamment font cet effort puisque c’est toujours une source de meilleure productivité et de réduction de dépenses.
Éliminer certaines administrations régionales, dont j’en suis, comme celles
de la santé entre le ministère et les administrés et certains conseils d’agglomération de villes, coûteux et inutiles, comme celui de Ste-Marguerite – Estérel. Par contre plusieurs sont fort importantes et méritent de continuer. Les municipalités régionales (MRC) en sont. Mais on doit revoir plusieurs de leurs postes de dépenses qui sont excessifs.
Augmenter la TVQ, oui, mais en dernier ressort à condition d’exempter les produits nécessaires aux familles comme les vêtements d’enfants, la nourriture, les livres scolaires, etc…
Éliminer le Fonds des générations, non ! Il assure la justice intergénérationnelle réclamée par les jeunes. De plus, augmenter les impôts pour payer la dette n’est pas justifiable car une grande partie de l’endettement public est pour la réalisation d’infrastructures qui serviront aux générations de demain.
Quant à la fiscalité pour les individus et les entreprises, il faut comprendre que nous ne vivons pas isolés de tout le monde. Nous nous devons d’être compétitifs. Les conditions de travail, les rémunérations, les impôts doivent être en sorte que les travailleurs et les entreprises restent chez nous et ne cherchent pas à œuvrer ailleurs. Pour avoir les meilleurs, il faut les attirer, les garder. Il faut aider ceux qui créent, qui osent et qui savent produire car ils sont générateurs d’emplois et de revenus. C’est ainsi que les travailleurs obtiendront les meilleurs salaires. Par contre, l’élimination des paradis fiscaux est essentielle pour atteindre une justice fiscale.
À ce moment de notre économie, il est important que nous comprenions bien les enjeux. Ainsi, notre gouvernement sera plus à l’aise pour prendre les meilleures décisions possibles.
Claude Dupras
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sables bitumineux
samedi 6 février 2010
Qui croire ? : Les scientifiques ou les machos ?
On entend peu parler d’environnement ou de réchauffement climatique depuis la désastreuse conférence de Copenhague. Il semble que nous soyons restés sur notre appétit et que nous voulions vite oublier les raisons qui avaient motivé la tenue de cette conférence qui devait être cruciale pour l’humanité.
Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.
Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.
Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.
Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.
Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.
J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !
Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.
Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.
Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.
Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.
Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.
Claude Dupras
Depuis, ce sont les arguments de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est pas de main d’homme qui se font entendre. Au Canada, les Conservateurs cherchent à nous faire croire que Copenhague leur a donné raison et que le problème du réchauffement climatique n’est finalement qu’une « invention socialiste », comme disait jadis le réformiste Stephen Harper devenu PM.
Aux USA, ce sont certains représentants et sénateurs républicains du Congrès américain qui répètent hautement et avec défiance la même théorie. Ils sont appuyés par les criards des « Tea party » qui ne cessent de hurler les conneries les plus idiotes que j’ai entendues depuis longtemps en politique américaine. Ce sont tous de vrais machos. En plus de continuer à dénoncer la campagne anti-réchauffement climatique, ils en sont rendus à qualifier les républicains modérés de dino-républicains (pour dinosaures) parce qu’ils ne partagent pas leurs sornettes.
Le problème que je perçois, dans mon entourage, c’est que de plus en plus d’individus pensent que le débat sur le réchauffement climatique a été faussé par les environnementalistes qui leur ont raconté des chimères. Ils le pensent surtout depuis que le PM de l’Alberta, Ed Stelmach, a rappelé récemment que l’exploitation des sables bitumineux, grands producteurs de GES, avait contribué, l’an dernier, plus de 21 milliards au fonds de la péréquation établi par le gouvernement du Canada pour le programme de partage de la richesse aux provinces canadiennes les plus pauvres. Le Québec est de celles-ci et a reçu plus de huit milliards à lui seul en 2008-09.
Plusieurs textes ont été écrits sur la manne albertaine. Le blogueur Jean-François Lisée, l’éditorialiste André Pratte et le chroniqueur Alain Dubuc ont traité du sujet et de l’importance pour les programmes sociaux au Québec que sont ces montants toujours grandissants qui viennent de l’ouest canadien. Ils ont été jusqu’à minimiser les effets dévastateurs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’air, l’eau et la forêt boréale.
Il est vrai que nous, Québécois, bénéficions grandement de la péréquation, comme toujours d’ailleurs, puisque qu’avant l’Alberta c’était l’Ontario, à cause de ses activités industrielles importantes, qui était la vache-à-lait du programme.
J’ai toujours pensé que le Canada est ce qu’il est à cause de la péréquation. Sans elle, plusieurs provinces n’auraient pu financer leurs programmes sociaux et beaucoup d’autres activités. Le niveau de vie aurait été très inégal au pays et aurait engendré des tensions potentiellement désastreuses. Les vrais « sauveurs » de la confédération canadienne sont les hommes et les femmes politiques qui ont compris l’importance d’implanter un tel système au pays pour permettre à ses citoyens d’être traités équitablement. Sans la péréquation, que serait le Canada ? Existerait-il encore ? Il est donc important de ne pas tuer la poule aux œufs d’or !
Mais cela ne veut pas dire que nous devons nous incliner devant l’argent qui fait la péréquation et ne pas dire ce que nous devons dire. Nous n’avons pas agi ainsi dans le passé et ce n’est pas le temps de le faire aujourd’hui.
Ceux qui donnent se plaindront toujours : les Ontariens du temps qu’ils contribuaient le plus, les Albertains aujourd’hui et on entend même de premières complaintes de la province de Terreneuve et Labrador, depuis toujours la plus pauvre du pays mais qui contribuera dorénavant au programme au lieu d’en être un récipiendaire, à cause de ses nouvelles plateformes en mer pour l’extraction de pétrole. Un jour, le Québec sera peut être un contributeur. Il devient de plus en plus riche grâce à l’expansion qu’il donne à son réseau de distribution électrique vers les USA et à ses nouveaux et futurs barrages hydroélectriques pour subvenir aux besoins des Américains. Il est aussi possible que les recherches de gisements de pétrole le long des côtes soient fructueuses.
Mes positions passées sur le réchauffement climatiques viennent surtout de rapports de scientifiques sur les conséquences des gaz à effets de serre (GES) sur notre climat. J’aime bien le militant environnementaliste Stephen Guilbault, le prix Nobel Al Gore, le mouvement Greenpeace et l’écrivain français devenu écologiste Nicolas Hulot qui sont les grands communicateurs pour la protection de l'environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. Malheureusement à ce moment-ci, leur engouement a perdu ses effets pour plusieurs.
Aujourd’hui, ce qui compte c’est de retrouver l’opinion des milliers d’hommes de science de tous les coins de la planète qui ont émis leurs avis sur les effets néfastes des GES sur notre terre. Ce sont eux que j’aimerais entendre à nouveau sur la place publique. Ils sont les seuls qui ont la crédibilité pour répondre aux intempestives prises de positions des machos anti-environnementalistes et les seuls capables de freiner le dérapage verbal actuel qui nuit à la cause verte.
Il nous faut continuer à prendre tous les moyens raisonnables pour réduire la production mondiale des GES. Ce n’est pas le temps de chercher des faux-fuyants.
Claude Dupras
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