Mon ami et correspondant depuis toujours Mansour, berbère algérien, m’exprime dans un récent courrier sa pensée sur l’évolution du printemps arabe. Je crois que ses propos peuvent intéresser mes lecteurs et j’ai décidé d’en faire un billet de mon blog.
Mansour sera très intéressé par vos commentaires que je vous invite à m’envoyer ou à ajouter sur mon blog.
Claude Dupras
Cher ami,
Le comportement des USA et de ses alliés européens à travers tout le monde arabe me dégoûte. La goutte qui a vraiment fait débordé le vase pour moi a été le comportement de la Cour internationale de justice, qui soi-disant est là pour défendre les droits internationaux de toutes les sociétés du monde et qui se comporte tout simplement comme un instrument de la politique internationale des USA, depuis pratiquement les attentats du 9 septembre de 2001 à New York.
Revoyons rapidement les récentes interventions de cette Cour suprême. Elle n'a pas hésité d’émettre des mandats d’arrêts du président du Soudan, de Kadhafi et d’un nombre de membres du Hezbollah du Liban, inculpés de l'assassinat du dernier premier ministre libanais. Et maintenant, le président de la Syrie est dans la mire.
Où était cette Cour internationale de justice lors des atrocités commises par des gens comme Moubarak ou El Abidine ou mieux encore du président du Yémen qui opprime son people plus de 30 ans ? Où est-elle face à l'oppression des chiites par les régimes sunnis, à travers les émirats arabes qui sont soumis à la domination de l'Arabie saoudite et de ses alliés américains et européens.
Cette cour, qui devient kangourou, se donne le droit moral universel de poursuivre des gens comme Milosevic ou autres slaves mais oublie les atrocités commises par toutes les républiques de la Yougoslavie du passé. Mieux encore, comment peut-elle être la défenseure des droits internationaux et mettre de côté toutes les atrocités commises par les alliés des USA. Bientôt, nous allons la voir s'intéresser aux leaders politiques de l'Iran et peut être même de la nouvelle Turquie qui ont créé des démocraties tirées des valeurs occidentales mais qui refusent d'abandonner leurs valeurs culturelles musulmanes.
Un célèbre écrivain algérien, Malek Benabi, a publié dans le passé un ouvrage qui m'a considérablement marqué. Il y explique la colonisation par le monde occidental des pays arabes, en particulier, et dans le reste de la planète lors des 19e et 20e siècles. Il décrit bien les conditions sociopolitiques qui prévalaient à travers le monde arabe et surtout en Algérie, avant les interventions coloniales européennes. Ce qui me choque aujourd’hui même, c'est que je trouve que les mêmes conditions sociopolitiques, qui ont mené à la colonisation de ce monde arabe, sont encore "live and kicking" à travers ce même monde.
Les pseudos politologues français, anglais et surtout américains veulent nous faire croire que les événements en Tunisie et surtout en Egypte sont une dénonciation publique des mouvements islamiques à travers les mondes arabe et musulman de la terre. Mais on oublie de nous dire que ces mouvements, aussi spontanés qu'ils soient n'ont aucune vision de ce qu'ils veulent à long terme pour leurs sociétés qu'ils disent vouloir réformer. Cette révolte spontanée des jeunes arabes, en particulier, me rappelle tout de même le fameux ouvrage de Gillas « la révolte des gueux ». Et, l'histoire nous enseigne, tous les jours, que ces révoltes n'aboutissent à rien, en fin de compte. La révolte d’Alger du 5 octobre 1998 à Alger nous l’a bien démontré.
Je n'oublierai jamais une fameuse réponse du général de Gaule à une question posée par un journaliste français concernant la nation algérienne durant la guerre de libération. Sa réponse a été extraordinaire et très profonde pour toutes les générations du passé aussi bien que du futur. Il avait tout simplement répondu en posant une série de questions au journaliste. Il lui avait demandé s’il y avait des Diderot, Victor Hugo, Descartes, Lamartine ou tous les membres de l'histoire culturelle de la France façonnant la société algérienne d’alors. Il avait terminé sa réponse en affirmant que tous les dirigeants du mouvement nationaliste algérien de l'époque n'étaient que des grenouillards et que les algériens ne finiront jamais à toujours grenouiller dans l'avenir.
Je ne suis pas tout fait d'accord avec cette conclusion du général de Gaule. C’est vrai en rapport avec les dirigeants historiques algériens, mais faux en rapport avec le président Boumediene. Ce dernier était franchement sincère dans ses efforts de construire une nouvelle société moderne en Algérie. Malheureusement il n'avait pas les alliés nécessaires pour aboutir à ses objectifs.
Il ne fait pas de doute que nous avons des intellectuels arabes courageux qui décrivent bien la situation de leurs sociétés et qui dénoncent aussi les régimes qui les gèrent. Mais je suis désolé de reconnaître que le monde arabe est toujours aussi disloqué qu'à travers toute son histoire. Il ne croit pas en son avenir et apparemment se contente de son état présent, autant matériel que politique.
La crise actuelle du monde arabe me rappelle l'Algérie des années 1988-1991, alors qu’elle a vécu un soi-disant printemps arabe. Ceux qui appuient les révoltes actuelles sont les mêmes qui avaient applaudi la déstabilisation politique de l'Algérie, durant cette période, qui a coûté plus de 150,000 victimes à mon pays et qui continue, à ce jour, de payer lourdement pour ce soulèvement.
Cette révolte d’Alger qui éclata le 5 octobre 1988, avait en fait été organisée sournoisement par le ministre de l'intérieur lui même, pour répondre à des agitations importantes au sein même du parti au pouvoir, le FLN. Le syndicat national, l'UGTA, avait lancé toute une série de grèves pour faire comprendre au président Chadli que son pouvoir s'éloignait de plus en plus des droits des travailleurs en général et des populations les plus démunies.
Ce qui a vraiment poussé le peuple algérien à se révolter contre la "mal-vie" fut la grève illimitée des ouvriers de la Sonatrach. Après plus d'une semaine, les motoristes algériens étaient incapables de trouver une goutte d'essence pour leurs voitures. Et pour briser ce syndicat qui remettait en question la légitimité du pouvoir de Chadli, le ministre de l'intérieur encouragea la révolte populaire à travers Alger, en particulier. Il lâcha même tous les milliers d'écoliers du primaire et du secondaire dans la rue pour susciter une révolte générale.
Le soir du 5 octobre, un grand nombre de bus municipaux avaient été mis à feu et certains ministères saccagés. Le régime de Chadli profita de ces événements pour remettre en cause la légitimité du FLN. au pouvoir depuis le jour de l'indépendance politique du pays. Le système de représentation politique fut modifié pour détruire le monopole de ce dernier et pour, surtout, permettre la légalisation des tendances islamistes. Le régime encouragea la création de partis artificiels mineurs, pour soi-disant démocratiser la vie politique en Algérie.
En 1991 le front islamique du salut (FIS) remporta les élections législatives nationales. Mais les généraux, le pouvoir réel en Algérie, ne pouvaient pas accepter l'arrivée au pouvoir des islamistes fondamentalistes qui promettaient de retourner à l'orthodoxie musulmane et même de pendre tous les algériens qui avaient contribué au renforcement du pouvoir passé. C'est ainsi que ces généraux, avec une fois de plus l'approbation sournoise des pays occidentaux, se sont débarrassés de Chadli et ont installé une nouvelle dictature militaire, qui à ce jour est toujours au pouvoir.
J’estime que nous allons voir le printemps arabe d’aujourd’hui se métamorphoser en une série de nouveaux régimes encore plus dictatoriaux que par le passé et le renforcement des mouvements fondamentalistes musulmans à travers le monde arabe. C’est triste.
Mon pessimisme pour l'avenir de tout le monde arabe vient du fait que je ne vois rien de bon pour lui à l’horizon. ll est certain que la Turquie finira par donner la solution finale à tous les problèmes du monde arabe, mais tant que les régimes féodaux de toute la péninsule arabique continueront à accepter le support inconditionnel du monde occidental, la renaissance du monde arabe ne sera pas au rendez-vous.
Mansour.
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mercredi 13 juillet 2011
Les lendemains du printemps arabe : islamiques ou démocratiques ?
dimanche 6 février 2011
Que penser des Frères musulmans égyptiens ?
La révolte égyptienne met de plus en plus en évidence les Frères musulmans. Qui sont-ils ? Un groupe islamiste militantiste et politique comme le Hamas de Palestine, le Hezbollah du Liban ou l’ex-FIS d’Algérie ? Un groupe relié à Al-Qaïda ? Un groupe de purs et durs musulmans qui ne voient que dans l’Islam la solution aux nombreux problèmes des arabes et veulent un État islamiste ? Un groupe qui a comme objectif d’amener la religion musulmane à l’heure du monde ? C’est à ces questions que je vais tenter de répondre dans ce billet.
Aujourd’hui, un délégué des Frères musulmans rencontre, pour la première fois, le nouveau vice-président Égyptien pour discuter de l’évolution de la révolte et des solutions possibles. Tout de suite, cette nouvelle a soulevé une clameur chez les médias qui à ce jour amenuisaient l’importance des Frères musulmans dans le pays et dans la révolution et qui maintenant les discréditent et les représentent comme un grand danger pour Israël et pour les USA. Qui mousse ces affirmations ?
L’histoire nous enseigne que ce mouvement a été créé par des érudits musulmans égyptiens pour sortir des mosquées les idées moyenâgeuses et moderniser leur religion. Un but qui ressemble étrangement à celui des protestants d’Europe. Parmi leurs premiers objectifs a été l’éducation des femmes musulmanes.
Les Frères musulmans ont été à la base de la résurgence du nationalisme égyptien et ils n’ont jamais défendu l’idée d’un régime politique calqué sur les lois musulmanes du passé. Au contraire, le mouvement a fait la promotion des droits et de la liberté de tous les citoyens égyptiens incluant les Coptes chrétiens. Par hasard, ce matin nous avons un bel exemple de ce qui précède, dans le parc Tahrir au Caire où se rassemblent les protestataires révolutionnaires, puisque les Coptes ont célébré publiquement la messe, entourés par les musulmans qui les protégeaient. C’est une pertinente image de ce que proposent les Frères musulmans.
Politiquement, les Frères musulmans défendent les droits des individus et la pluralité politique. D’ailleurs, c’est la vraie raison qui a motivé le régime Moubarak à les combattre sans cesse et à les disqualifier politiquement. Le prétexte de ce dernier à l’effet que les partis politiques confessionnels ne pouvaient contester une élection, n’était en fait qu’une manœuvre pour conserver le pouvoir.
De plus, avec la montée des islamistes fondamentalistes en Arabie et la catastrophe du World Trade Center, Moubarak profita habilement de cette situation pour effrayer les USA et les Européens avec la perspective d’une Égypte dirigée par les Frères musulmans. Il les jugeait forts et capables de changer le statut géopolitique du pays ainsi que la forme du régime (pour le rendre démocratique). Ce qui a permis au gouvernement Moubarak de brandir la carte de la menace islamiste à l’étranger.
Depuis toujours, les Frères musulmans ont défendu les mêmes valeurs morales et universelles que l’Occident, alors que les échos qui sont venus jusqu’à nous les décrivaient comme un mouvement populaire anti-démocratique qui ne contemplait que son nombril.
Les Frères musulmans n’ont pas commencé la révolution égyptienne d’aujourd’hui. Ils n’ont pas réagi, le 6 avril, lors de la première démonstration de jeunes. Ils n’étaient pas là, il y a à peine 15 jours, lorsque le peuple, motivé par la révolution tunisienne du jasmin, a décidé de faire de même et d’aller sur la place publique exiger un changement de régime et la démocratie. Ils expliquent qu’ils ne croyaient pas possible que cette révolution devienne ce qu’elle est devenue et qu’ils ne voulaient pas mettre en péril tous leurs réseaux de services sociaux par lesquels ils aident les plus pauvres de la société égyptienne. Ils affirment avoir agi par prudence pour éviter les foudres de Moubarak et le démantèlement de leurs activités.
Mais aujourd’hui, comme les autres Égyptiens, les Frères musulmans croient possible de renverser le Rais et se sont joint activement à la révolte. À cause de leurs actions humanitaires dans la population, les Frères musulmans ont de 25 à 30% d’appuis chez le peuple égyptien. C’est beaucoup. Leur parti est le seul en opposition à Moubarak qui est bien organisé. Il est donc normal qu’ils soient au premier rang pour discuter du changement de régime puisqu’ils sont incontournables. Le mouvement a affirmé, il y a quelques jours, qu’il ne présentera pas de candidat à une future élection présidentielle mais veut faire partie du gouvernement pour assurer que celui-ci interviendra pour aider socialement les Égyptiens.
Les Frères musulmans ne doivent pas être l’unique invité à la table des négociations, car cette révolution n’est pas la leur mais celle des jeunes et de tout le monde.
L’Égypte pourrait se doter d’un système démocratique laïc semblable à celui de Turquie, qui est aussi un pays musulman. Avec une telle constitution, des structures de programmes d’aide aux citoyens seront mis en place et le besoin des services sociaux que donnent les Frères musulmans ira en diminuant. Cela sera la démonstration que le fléau islamiste peut disparaître si des gouvernements démocratiques offrent les mêmes services ou mieux.
Claude Dupras
Aujourd’hui, un délégué des Frères musulmans rencontre, pour la première fois, le nouveau vice-président Égyptien pour discuter de l’évolution de la révolte et des solutions possibles. Tout de suite, cette nouvelle a soulevé une clameur chez les médias qui à ce jour amenuisaient l’importance des Frères musulmans dans le pays et dans la révolution et qui maintenant les discréditent et les représentent comme un grand danger pour Israël et pour les USA. Qui mousse ces affirmations ?
L’histoire nous enseigne que ce mouvement a été créé par des érudits musulmans égyptiens pour sortir des mosquées les idées moyenâgeuses et moderniser leur religion. Un but qui ressemble étrangement à celui des protestants d’Europe. Parmi leurs premiers objectifs a été l’éducation des femmes musulmanes.
Les Frères musulmans ont été à la base de la résurgence du nationalisme égyptien et ils n’ont jamais défendu l’idée d’un régime politique calqué sur les lois musulmanes du passé. Au contraire, le mouvement a fait la promotion des droits et de la liberté de tous les citoyens égyptiens incluant les Coptes chrétiens. Par hasard, ce matin nous avons un bel exemple de ce qui précède, dans le parc Tahrir au Caire où se rassemblent les protestataires révolutionnaires, puisque les Coptes ont célébré publiquement la messe, entourés par les musulmans qui les protégeaient. C’est une pertinente image de ce que proposent les Frères musulmans.
Politiquement, les Frères musulmans défendent les droits des individus et la pluralité politique. D’ailleurs, c’est la vraie raison qui a motivé le régime Moubarak à les combattre sans cesse et à les disqualifier politiquement. Le prétexte de ce dernier à l’effet que les partis politiques confessionnels ne pouvaient contester une élection, n’était en fait qu’une manœuvre pour conserver le pouvoir.
De plus, avec la montée des islamistes fondamentalistes en Arabie et la catastrophe du World Trade Center, Moubarak profita habilement de cette situation pour effrayer les USA et les Européens avec la perspective d’une Égypte dirigée par les Frères musulmans. Il les jugeait forts et capables de changer le statut géopolitique du pays ainsi que la forme du régime (pour le rendre démocratique). Ce qui a permis au gouvernement Moubarak de brandir la carte de la menace islamiste à l’étranger.
Depuis toujours, les Frères musulmans ont défendu les mêmes valeurs morales et universelles que l’Occident, alors que les échos qui sont venus jusqu’à nous les décrivaient comme un mouvement populaire anti-démocratique qui ne contemplait que son nombril.
Les Frères musulmans n’ont pas commencé la révolution égyptienne d’aujourd’hui. Ils n’ont pas réagi, le 6 avril, lors de la première démonstration de jeunes. Ils n’étaient pas là, il y a à peine 15 jours, lorsque le peuple, motivé par la révolution tunisienne du jasmin, a décidé de faire de même et d’aller sur la place publique exiger un changement de régime et la démocratie. Ils expliquent qu’ils ne croyaient pas possible que cette révolution devienne ce qu’elle est devenue et qu’ils ne voulaient pas mettre en péril tous leurs réseaux de services sociaux par lesquels ils aident les plus pauvres de la société égyptienne. Ils affirment avoir agi par prudence pour éviter les foudres de Moubarak et le démantèlement de leurs activités.
Mais aujourd’hui, comme les autres Égyptiens, les Frères musulmans croient possible de renverser le Rais et se sont joint activement à la révolte. À cause de leurs actions humanitaires dans la population, les Frères musulmans ont de 25 à 30% d’appuis chez le peuple égyptien. C’est beaucoup. Leur parti est le seul en opposition à Moubarak qui est bien organisé. Il est donc normal qu’ils soient au premier rang pour discuter du changement de régime puisqu’ils sont incontournables. Le mouvement a affirmé, il y a quelques jours, qu’il ne présentera pas de candidat à une future élection présidentielle mais veut faire partie du gouvernement pour assurer que celui-ci interviendra pour aider socialement les Égyptiens.
Les Frères musulmans ne doivent pas être l’unique invité à la table des négociations, car cette révolution n’est pas la leur mais celle des jeunes et de tout le monde.
L’Égypte pourrait se doter d’un système démocratique laïc semblable à celui de Turquie, qui est aussi un pays musulman. Avec une telle constitution, des structures de programmes d’aide aux citoyens seront mis en place et le besoin des services sociaux que donnent les Frères musulmans ira en diminuant. Cela sera la démonstration que le fléau islamiste peut disparaître si des gouvernements démocratiques offrent les mêmes services ou mieux.
Claude Dupras
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vendredi 4 février 2011
Laïcisation ou islamisme
La révolution dans le monde arabe, commencée en Tunisie, l’appelle à décider de son avenir. Veut-il continuer à accentuer davantage la spirale ascendante de l’islamisme ou veut-il choisir la route de la laïcité ?
Nous, démocrates, nous réjouissons de la chute des gouvernements bâtards et dictatoriaux qui s’annonce, du Maghreb au Moyen-Orient. Il est temps que chutent ces régimes qui règnent dans la terreur et la corruption, manquent à leurs devoirs et imposent la force pour se tenir en place. Il est temps que tous les arabes puissent bénéficier de liberté, de transparence politique, d’élections ouvertes et libres et d’institutions qui les respectent, les consultent et leur donnent des mesures économiques et sociales justes et équitables.
Le nouvel espoir du monde arabe fait craindre ses dirigeants. La police secrète de Moubarak sème la terreur, la police de Bouteflika n’arrive pas à éteindre la flambée contestataire des Algériens, les Jordaniens s’élèvent contre leur roi même s’il a limogé son premier ministre, la Syrie bougeotte, le gouvernement du Yémen est en danger. Partout, ailleurs, les remous se font sentir. On peut penser que si l’Égypte tombe, le reste suivra vite.
Malgré ces changements inespérés et tant attendus, plusieurs dirigeants occidentaux craignent les renversements de ces systèmes politiques. Par exemple, le PM Harper du Canada d’Harper est partagé entre la politique américaine et celle d’Israël, à qui il est vendu, qui veut maintenir Moubarak. D’autres, qui ne voient que les islamistes fondamentaux dans leur soupe, croient en la possibilité d’une prise de pouvoir de ces derniers. Ils identifient les Frères musulmans égyptiens au Hamas et à l’Hezbollah. Ils se rappellent l’élection libre de 1990 en Algérie où le Front Islamique du Salut (FIS) a été élu (il a été empêché de gouverner et ses dirigeants ont été emprisonnés par l’armée).
Pour eux, qu’importe si les 85 millions d’Égyptiens et Égyptiennes vivent dans la dèche et que 40% n’aient pas d’éducation, qu’importe si les 300 millions d’arabes de cette partie du monde subissent des dictatures qui minent leur vie. Ce qui compte, c’est de combattre une poignée d’islamistes.
Il me semble clair, et un très grand nombre d’observateurs le disent, que les révolutions tunisienne et égyptienne ne sont pas le fruit des islamistes mais celui du peuple tout entier, et particulièrement des jeunes. Ce sont ces derniers qui empêcheront les islamistes fondamentalistes de venir gâter le changement vers la démocratie dont ils rêvent et ont besoin.
J’ai travaillé durant sept ans en Algérie et j’ai connu un très grand nombre d’Algériens dont beaucoup de jeunes. Je n’ai presque jamais constaté chez ces derniers des sentiments antioccidentaux, de la violence, du dogmatisme, de la haine de l’autre, du non-respect des femmes... Pourtant, je les ai trouvés souvent frustrés devant la condition dans laquelle ils se retrouvaient, choqués, blessés et désespérés de ne pouvoir rien faire de leur vie. Je les voyais grandir debout aux coins des rues, sans argent, sans emploi et sans espoir, d’année en année. Plusieurs, mais pas tous, trouvaient dans la prière un refuge, dans l’Islam la solution. Mais elle n’est pas venue.
Par contre, la télévision, l’internet, les communications, les développements technologiques leur ont fait connaître la qualité de vie, la liberté et le potentiel d’un développement personnel qui existent de l’autre côté de leurs frontières, du côté de l’Occident où est la démocratie. Ils en avaient le goût et espéraient un miracle, et voilà que les Tunisiens leur ont montré le chemin. Ils sont maintenant encouragés, motivés et prêts à tout faire pour enfin se sortir des méandres interminables où ils se trouvent et obtenir leur part de cette qualité de vie. Ils ne laisseront pas les fanatiques religieux de leur pays leurs enlever cette opportunité.
Le cœur et la raison dictent aux arabes que la démocratie est la solution. Ils sont prêts à y accéder, à moderniser à leur façon leur pays et même à participer, comme leurs ancêtres, au développement universel.
Ils savent que leur prochain gouvernement ne peut être islamiste car ce serait limiter « la tolérance mutuelle entre majorités et minorités d’origines différentes, la liberté de conscience de chaque citoyenne et chaque citoyen, l’égalité des droits, notamment entre hommes et femmes ». Ils comprennent que la laïcité permettra d’atteindre ces objectifs.
Nous sommes témoins actuellement d’une révolution tsunamienne du monde arabe. Cela est aussi important que le fut le renversement du communisme en Russie et en Europe de l’Est des années ‘90. Ce sont des moments qui libèrent les peuples et changent profondément le monde.
Claude Dupras
Nous, démocrates, nous réjouissons de la chute des gouvernements bâtards et dictatoriaux qui s’annonce, du Maghreb au Moyen-Orient. Il est temps que chutent ces régimes qui règnent dans la terreur et la corruption, manquent à leurs devoirs et imposent la force pour se tenir en place. Il est temps que tous les arabes puissent bénéficier de liberté, de transparence politique, d’élections ouvertes et libres et d’institutions qui les respectent, les consultent et leur donnent des mesures économiques et sociales justes et équitables.
Le nouvel espoir du monde arabe fait craindre ses dirigeants. La police secrète de Moubarak sème la terreur, la police de Bouteflika n’arrive pas à éteindre la flambée contestataire des Algériens, les Jordaniens s’élèvent contre leur roi même s’il a limogé son premier ministre, la Syrie bougeotte, le gouvernement du Yémen est en danger. Partout, ailleurs, les remous se font sentir. On peut penser que si l’Égypte tombe, le reste suivra vite.
Malgré ces changements inespérés et tant attendus, plusieurs dirigeants occidentaux craignent les renversements de ces systèmes politiques. Par exemple, le PM Harper du Canada d’Harper est partagé entre la politique américaine et celle d’Israël, à qui il est vendu, qui veut maintenir Moubarak. D’autres, qui ne voient que les islamistes fondamentaux dans leur soupe, croient en la possibilité d’une prise de pouvoir de ces derniers. Ils identifient les Frères musulmans égyptiens au Hamas et à l’Hezbollah. Ils se rappellent l’élection libre de 1990 en Algérie où le Front Islamique du Salut (FIS) a été élu (il a été empêché de gouverner et ses dirigeants ont été emprisonnés par l’armée).
Pour eux, qu’importe si les 85 millions d’Égyptiens et Égyptiennes vivent dans la dèche et que 40% n’aient pas d’éducation, qu’importe si les 300 millions d’arabes de cette partie du monde subissent des dictatures qui minent leur vie. Ce qui compte, c’est de combattre une poignée d’islamistes.
Il me semble clair, et un très grand nombre d’observateurs le disent, que les révolutions tunisienne et égyptienne ne sont pas le fruit des islamistes mais celui du peuple tout entier, et particulièrement des jeunes. Ce sont ces derniers qui empêcheront les islamistes fondamentalistes de venir gâter le changement vers la démocratie dont ils rêvent et ont besoin.
J’ai travaillé durant sept ans en Algérie et j’ai connu un très grand nombre d’Algériens dont beaucoup de jeunes. Je n’ai presque jamais constaté chez ces derniers des sentiments antioccidentaux, de la violence, du dogmatisme, de la haine de l’autre, du non-respect des femmes... Pourtant, je les ai trouvés souvent frustrés devant la condition dans laquelle ils se retrouvaient, choqués, blessés et désespérés de ne pouvoir rien faire de leur vie. Je les voyais grandir debout aux coins des rues, sans argent, sans emploi et sans espoir, d’année en année. Plusieurs, mais pas tous, trouvaient dans la prière un refuge, dans l’Islam la solution. Mais elle n’est pas venue.
Par contre, la télévision, l’internet, les communications, les développements technologiques leur ont fait connaître la qualité de vie, la liberté et le potentiel d’un développement personnel qui existent de l’autre côté de leurs frontières, du côté de l’Occident où est la démocratie. Ils en avaient le goût et espéraient un miracle, et voilà que les Tunisiens leur ont montré le chemin. Ils sont maintenant encouragés, motivés et prêts à tout faire pour enfin se sortir des méandres interminables où ils se trouvent et obtenir leur part de cette qualité de vie. Ils ne laisseront pas les fanatiques religieux de leur pays leurs enlever cette opportunité.
Le cœur et la raison dictent aux arabes que la démocratie est la solution. Ils sont prêts à y accéder, à moderniser à leur façon leur pays et même à participer, comme leurs ancêtres, au développement universel.
Ils savent que leur prochain gouvernement ne peut être islamiste car ce serait limiter « la tolérance mutuelle entre majorités et minorités d’origines différentes, la liberté de conscience de chaque citoyenne et chaque citoyen, l’égalité des droits, notamment entre hommes et femmes ». Ils comprennent que la laïcité permettra d’atteindre ces objectifs.
Nous sommes témoins actuellement d’une révolution tsunamienne du monde arabe. Cela est aussi important que le fut le renversement du communisme en Russie et en Europe de l’Est des années ‘90. Ce sont des moments qui libèrent les peuples et changent profondément le monde.
Claude Dupras
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