Ce qui est triste du débat politique, dans notre pays et ailleurs, c’est qu’il dérape souventes fois vers les attaques personnelles. C’est particulièrement vrai au Québec lorsqu’on discute le pour ou le contre de l’indépendance du Québec.
Celui qui est le plus souvent visé est un des hommes les plus riches au Canada, le milliardaire et fédéraliste Paul Desmarais. Aux deux référendums tenus au Québec sur la question nationale, il fut très actif et tira toutes les ficelles possibles pour convaincre les Québécois de voter NON. C’était son droit le plus strict et on ne peut lui reprocher son action comme on ne peut blâmer les tenants du OUI, tel le banquier Claude Béland, ex-président des Caisses Populaires Desjardins. À chacun son opinion et sa liberté d’expression.
Paul Desmarais est un self-made man. Diplômé en commerce de l’université d’Ottawa, il quitte, à 23 ans, son premier emploi à Montréal pour retourner à Sudbury en Ontario, où il est né, pour acheter la petite compagnie d’autobus, de son père, qui est au bord de la faillite. Desmarais s’avère avoir le sens des affaires, être audacieux et capable de saisir les opportunités qui passent. Il sait ouvrir les portes pour obtenir du crédit. Dix ans plus tard, il contrôle la majorité du transport par autobus en Ontario et au Québec.
Sa rencontre avec le financier Jean-Louis Lévesque est déterminante puisque ce dernier qui avait réussi à enlever la commercialisation des bons du trésor du Québec à la finance anglophone, grâce au premier ministre Duplessis, développe une grande confiance dans le jeune Desmarais. Il le démontre lorsque Desmarais repère que la compagnie d’assurance Imperial Life pourrait être achetée. Lévesque croit que ce n’est qu’un rêve puisque « l’establishment anglophone ne la lâchera pas ». Pour Desmarais « ce n’est pas une question de langue, mais une question de cash » et il l’obtiendra grâce à sa ténacité, sa capacité de persuasion et au financement prêté par Lévesque. Ce dernier, au moment de sa retraite, propose de fusionner son holding à celui de Desmarais qui se retrouve à la tête d’une pléiade de compagnies (bateaux, confitures, meubles, assurances, fonds de placements, immeubles …).
En 1968, Power Corporation, dirigée par le célèbre Peter Thompson, est en difficulté. Les erreurs de ce dernier ajoutées à l’économie qui se dégrade mettent en danger ses entreprises. Les pâtes et papiers s’effondrent, le verre est en perte de vitesse, le transport naval et la construction de navires sont handicapés par des grèves, la construction est au ralenti… Thompson négocie un échange d’actions avec la compagnie de Desmarais et les deux deviennent partenaires égaux de Power. Deux ans plus tard, Desmarais achète la part de Thompson.
Grâce au fonds d’investissement de Power, Desmarais acquiert une autre papeterie et crée Abitibi-Bowater. Pour éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier, il décide de diversifier Power et achète le quotidien La Presse, trois quotidiens et 10 hebdos. Il vise aussi l’Europe, les USA et l’Asie. Il achète 5% de Paribas. Il devient ami de l’ambassadeur de Chine au Canada et détient 5% de Citic, une immense entreprise chinoise qui œuvre dans l’électricité, l’immobilier, les lignes aériennes, les fabriques d’acier et une mine de fer. Il achète la compagnie Great-West des Américains. Avec Albert Frère, financier belge, il fait des OPA (offre pour achat) d’entreprises en difficultés financières importantes, mais temporaires, et les relancent. Frère et lui détiennent près de 4,5% de Total et en deviennent des administrateurs.
Ce bref aperçu démontre combien de services Paul Desmarais a rendus au Québec et au Canada. Il a créé et sauver des centaines de milliers d’emplois, a su protéger les argents de tous ceux qui ont fait confiance à ses compagnies que ce soit en y investissant ou en payant des primes d’assurances ou de retraites. Personne n’a été trompé.
Cet extraordinaire canadien-français québécois a pris sa retraite, il y a plus de 10 ans, en cédant à ses deux fils la gérance de Power et des intérêts Desmarais. C’est cet homme, attaché à la liberté et à la démocratie, que les indépendantistes-souverainistes-séparatistes dénigrent encore parce qu’il est un fédéraliste, donc leur ennemi.
On traite Desmarais de prédateur ou d’écumeur qui ne pense qu’à un retour sur son argent, alors qu’il a toujours été un bâtisseur. Certes, comme tout bon dirigeant d’entreprise, il se devait d’être préoccupé par la rentabilité de ses entreprises puisque sans elle, elles ne pouvaient survivre. Desmarais s’est assuré qu’elles étaient bien dirigées et qu’elles avaient tout le capital nécessaire pour leur plein épanouissement. Et il a réussi.
Si on suit le raisonnement des critiques de Desmarais, Arthur Rock, le légendaire investisseur d’Apple était un prédateur-écumeur puisqu’il ne pensait qu’à la rentabilité de ses investissements ! Au contraire, il a été un homme de vision qui a cru dans Steve Jobs et les autres jeunes de Silicon Valley et qui, finalement, a permis à Apple de devenir la plus grande compagnie au monde. Comme Desmarais, il a pris des risques calculés et a gagné tout en permettant une révolution technologique mondiale incomparable.
On insinue que Desmarais planifie d’acheter l’Hydro Québec. C’est le plus ridicule fantasme que j’ai entendu. Jamais, au grand jamais, un premier ministre du Québec ne pourra convaincre les Québécois ou les Québécoises de vendre le fleuron de l’économie de la province. Il faut vraiment manquer d’arguments pour écrire de telles sornettes.
Quant au domaine Sagard des Desmarais, c’est un endroit particulier que seul un homme très riche peut entretenir. Il y a plusieurs Sagard dans le monde, en Écosse, au Royaume-Uni, aux USA, en France, en Suisse, en Belgique, aux Émirats Arabes, etc… et ils appartiennent tous à des hommes ou des femmes riches. C’est dans de tels endroits que ces grands personnages d’affaires aiment inviter leurs amis ou des individus qu’ils veulent apprendre à mieux connaître. Voilà pourquoi, à Sagard, sont invités des Bill Clinton, des GHW Bush, des Nicolas Sarkozy, des Dassault, des Peugeot, des Rothschild, des premiers ministres, des rois, des académiciens, des leaders d’affaires du monde, de Chine, des prix Nobel, des acteurs, des vedettes… en somme des gens qui marquent nos sociétés et qui sont pour la plupart des décideurs. La qualité de ses contacts aide un homme intelligent comme Paul Desmarais à réussir. À plus petite échelle, des ingénieurs-conseils comme moi, ou autres professionnels, avons toujours invité des décideurs à un match de golf, à un week-end, etc… C’est normal en affaires de faire connaître son entreprise, de bien connaître ceux qui décident et de créer des relations de confiance.
Paul Desmarais devrait être un exemple pour les jeunes Québécois. Son immense contribution au développement économique du Québec et du Canada devrait être célébrée hautement au lieu d’être dénigrée.
Je nous souhaite dans l’avenir des centaines de Paul Desmarais.
Claude Dupras
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lundi 27 février 2012
Le « gros méchant » Paul Desmarais
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mardi 6 décembre 2011
Et si Jean Charest et Pauline Marois demeuraient en place…
Le vote d’hier dans Bonaventure est révélateur, même si le comté est depuis toujours une forteresse du parti libéral. Celui-ci l’a conservé avec un pourcentage de votes qui approche 50% (9% de moins qu’à la dernière élection). De son côté, le score du Parti Québécois (PQ) a augmenté de 14% depuis le scrutin précédent. Jean Charest est sûrement heureux de l’élection de son candidat, car la tempête d’accusations négatives qui lui tombent sur la tête depuis deux ans auraient pu avoir des répercussions dans cette élection complémentaire.
De son côté, Pauline Marois ne peut être que satisfaite. Elle a travaillé fort et nonobstant les dénonciations de plusieurs membres influents de son parti qui réclamaient sa démission, les électeurs de ce coin de la Gaspésie n’en n’ont pas tenu compte et lui ont accordé leur confiance, en plus grand nombre.
Mon récent billet « Bye, bye, Jean Charest, Pauline Marois… » m’a été dicté par mon expérience politique. Je crois dans les enquêtes scientifiques d’opinions populaires sur la politique. Elles sont généralement précises. Leurs résultats évoluent jour après jour puisqu’ils sont en fait une image de l’instant où ils sont captés. Mais lorsqu’une tendance se maintient, durant plusieurs semaines, on peut présumer de la tournure des évènements.
Un bon exemple est l’élection générale fédérale du 2 mai dernier. Au déclenchement, je croyais que le Bloc Québécois (BQ) conserverait ses sièges à la Chambre des Communes. Mais dès les deux premiers sondages, j’ai observé une baisse dans sa cote de popularité. Pas beaucoup, mais assez pour attirer ma curiosité et me pousser à les suivre. Comme le mouvement a continué, j’en suis vite venu à conclure que le BQ se dirigeait vers une débandade. Aux débats des chefs, Gilles Duceppe me l’a confirmé. Il me semblait mal à l’aise et réagissait plus nerveusement et avec moins d’assurance qu’à l’habitude. J’en ai alors déduit qu’il devait être affecté par les sondages internes de son parti qui, sûrement, confirmaient ceux des médias. On sait ce qui est arrivé !
Il en est de même actuellement pour Newt Gingrich, candidat à la nomination présidentielle républicaine. On ne lui attribuait aucune chance d’être le nominé. Le 30 octobre dernier, dans le billet pour mon blog, j’ai décrit le mouvement que je percevais dans les sondages américains : « les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Petit à petit, Gingrich refait son nid ». Aujourd’hui, en Iowa et en Floride il obtient près de 40% d’appuis (soit + 29% en un mois) et dépasse Mitt Romney, le grand favori depuis le début de la course, qui semble figé à 20-25%. Au New Hampshire, il le talonne. Cela fait croire qu'il est fortement possible qu’une grande surprise soit en voie de préparation. Lorsqu’une tendance s’exprime, même ce qui semble impossible devient possible. Le NPD au Québec !
Pauline Marois, a été victime d’une telle tendance. Alors que sa popularité se fixait dans les 30-35%, tout le monde la donnait gagnante. Puis, suite à la démission de quatre de ses députés, elle a chuté en quelques semaines à 16% et se maintient à ce niveau. Depuis, 40% des péquistes espèrent sa démission. Ils peuvent affirmer et prétendre que c’est à cause de sa politique de gouvernance souverainiste…. mais je crois que cela a plus à voir avec son score constant aux sondages.
Et si, contrairement à ce que j’ai écrit, Jean Charest et Pauline Marois ne démissionnaient pas et décidaient de faire face aux électeurs lors de la prochaine élection, qu’arriverait-il ? Personnellement, c’est le scénario que je préfère. Ces chefs politiques ont travaillé durement et ont été élus. Pourquoi démissionneraient-ils sur la base de sondages ou suite aux pressions de membres de leur parti influencés par les sondages. Que les électeurs décident et non les lobbys de groupes d’intérêts ou les individus qui visent à exercer le pouvoir ou encore à faire progresser leur option politique. C’est la façon la plus démocratique.
Actuellement, les sondages indiquent un gouvernement majoritaire dirigé par le nouveau parti de François Legault, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Mais rien n’est figé dans le béton car la situation demeure très volatile.
Legault est-il capable de maintenir son allure ? A-t-il le charisme pour conserver tout le support qu’il a aujourd’hui ? Lors des débats des chefs, aura-t-il la capacité de bien débattre avec les autres chefs et de persuader les auditeurs de la valeur de ses politiques ? Présentera-t-il une équipe crédible, de qualité et capable d’assurer aux Québécois que voter pour le CAQ ne sera pas un trop grand risque ? Pourra-t-il démontrer que son parti est libre de toutes attaches avec des groupes d’intérêts particuliers et qu’il œuvrera pour l’intérêt général ? Malgré son positionnement à droite, saura-t-il démontrer que ses politiques tout en visant à améliorer la protection sociale des québécois ne détruiront pas l’ensemble de nos programmes sociaux ? Saura-t-il consulter les Québécois et non imposer brusquement ses politiques comme il semble vouloir le faire ? Et …
L’erreur qu’a faite Charest de proposer une commission d’enquête sur la construction sans lui donner tous les pouvoirs énoncés dans la loi, viendra-t-elle le hanter ? Malgré qu’il ait bien dirigé le Québec comme premier ministre, durant un si long pouvoir, les Québécois ne penseront-ils pas que « c’est le temps que ça change » ? Toutes les accusations de corruption, même si non prouvées, vont-elles finalement l’atteindre ? Et …
Pauline Marois aura-t-elle le pouvoir d’amener ses députés à s’émouvoir devant ses problèmes afin qu’ils reviennent au bercail et l’aident à gagner l’élection ? Est-elle suffisamment forte pour arrêter l’hémorragie de ses députés qui pour sauver leur peau, lorgnent vers une alliance politique différente ? Pourra-t-elle rallier les indépendantistes « purs et durs » qui actuellement lui font la vie dure ? Que fera-t-elle pour toucher les séparatistes indignés et accusateurs afin qu’ils cessent de dénoncer sans limite son leadership sur la place publique ? Saura-t-elle convaincre les souverainistes que la porte à leur idéal est un PQ qui gouverne ? Est-elle capable de faire une campagne électorale à la hauteur des difficultés qui s’élèvent devant elle ? A-t-elle le pouvoir de persuasion et le bon sens politique pour présenter un programme politique réaliste qui corresponde aux problèmes actuels des Québécois ? Et …
Quant au chef de l’ADQ, Gérard Deltell, qui veut fusionner son parti avec le CAQ, saura-t-il agir sagement pour convaincre ses ouailles à le suivre afin qu’ils trouvent leur place dans le nouveau parti ?
Et ces Québécois et Québécoises qui montrent une impatience grandissante envers la classe politique en voulant « tout foutre en l’air », sont-ils prêts à retrouver leur objectivité traditionnelle et écouter, analyser et choisir le meilleur programme politique, les meilleurs candidats et le meilleur parti capables de leur redonner confiance dans la politique et dans le gouvernement, nonobstant toute la démagogie des dernières années.
Charest, Marois, Legault, Deltell et Québec Solidaire ont un beau défi devant eux car il est clair que la prochaine élection ne sera pas une élection comme les autres.
Le résultat dépendra beaucoup des chefs, des débats, de la nature et de la qualité de l’organisation électorale de chaque parti, de la motivation des troupes, de l'atmosphère que tout cela va créer et aussi … de qui sera à la ligne de départ ? Les premiers sondages nous indiqueront la tendance. D'ici là tout n'est que spéculation.
Jean Charest et Pauline Marois y seront-ils ?
Claude Dupras
De son côté, Pauline Marois ne peut être que satisfaite. Elle a travaillé fort et nonobstant les dénonciations de plusieurs membres influents de son parti qui réclamaient sa démission, les électeurs de ce coin de la Gaspésie n’en n’ont pas tenu compte et lui ont accordé leur confiance, en plus grand nombre.
Mon récent billet « Bye, bye, Jean Charest, Pauline Marois… » m’a été dicté par mon expérience politique. Je crois dans les enquêtes scientifiques d’opinions populaires sur la politique. Elles sont généralement précises. Leurs résultats évoluent jour après jour puisqu’ils sont en fait une image de l’instant où ils sont captés. Mais lorsqu’une tendance se maintient, durant plusieurs semaines, on peut présumer de la tournure des évènements.
Un bon exemple est l’élection générale fédérale du 2 mai dernier. Au déclenchement, je croyais que le Bloc Québécois (BQ) conserverait ses sièges à la Chambre des Communes. Mais dès les deux premiers sondages, j’ai observé une baisse dans sa cote de popularité. Pas beaucoup, mais assez pour attirer ma curiosité et me pousser à les suivre. Comme le mouvement a continué, j’en suis vite venu à conclure que le BQ se dirigeait vers une débandade. Aux débats des chefs, Gilles Duceppe me l’a confirmé. Il me semblait mal à l’aise et réagissait plus nerveusement et avec moins d’assurance qu’à l’habitude. J’en ai alors déduit qu’il devait être affecté par les sondages internes de son parti qui, sûrement, confirmaient ceux des médias. On sait ce qui est arrivé !
Il en est de même actuellement pour Newt Gingrich, candidat à la nomination présidentielle républicaine. On ne lui attribuait aucune chance d’être le nominé. Le 30 octobre dernier, dans le billet pour mon blog, j’ai décrit le mouvement que je percevais dans les sondages américains : « les arguments de Gingrich touchent positivement la frange droite du parti. Plusieurs électeurs, qui l’avaient classé comme un « has been », commencent maintenant à le voir sous un nouvel angle. Les sondages changent, puisqu’au point de vue national, on l’a vu partir de 4% à 6% à 8% pour se retrouver maintenant à 11%. Petit à petit, Gingrich refait son nid ». Aujourd’hui, en Iowa et en Floride il obtient près de 40% d’appuis (soit + 29% en un mois) et dépasse Mitt Romney, le grand favori depuis le début de la course, qui semble figé à 20-25%. Au New Hampshire, il le talonne. Cela fait croire qu'il est fortement possible qu’une grande surprise soit en voie de préparation. Lorsqu’une tendance s’exprime, même ce qui semble impossible devient possible. Le NPD au Québec !
Pauline Marois, a été victime d’une telle tendance. Alors que sa popularité se fixait dans les 30-35%, tout le monde la donnait gagnante. Puis, suite à la démission de quatre de ses députés, elle a chuté en quelques semaines à 16% et se maintient à ce niveau. Depuis, 40% des péquistes espèrent sa démission. Ils peuvent affirmer et prétendre que c’est à cause de sa politique de gouvernance souverainiste…. mais je crois que cela a plus à voir avec son score constant aux sondages.
Et si, contrairement à ce que j’ai écrit, Jean Charest et Pauline Marois ne démissionnaient pas et décidaient de faire face aux électeurs lors de la prochaine élection, qu’arriverait-il ? Personnellement, c’est le scénario que je préfère. Ces chefs politiques ont travaillé durement et ont été élus. Pourquoi démissionneraient-ils sur la base de sondages ou suite aux pressions de membres de leur parti influencés par les sondages. Que les électeurs décident et non les lobbys de groupes d’intérêts ou les individus qui visent à exercer le pouvoir ou encore à faire progresser leur option politique. C’est la façon la plus démocratique.
Actuellement, les sondages indiquent un gouvernement majoritaire dirigé par le nouveau parti de François Legault, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Mais rien n’est figé dans le béton car la situation demeure très volatile.
Legault est-il capable de maintenir son allure ? A-t-il le charisme pour conserver tout le support qu’il a aujourd’hui ? Lors des débats des chefs, aura-t-il la capacité de bien débattre avec les autres chefs et de persuader les auditeurs de la valeur de ses politiques ? Présentera-t-il une équipe crédible, de qualité et capable d’assurer aux Québécois que voter pour le CAQ ne sera pas un trop grand risque ? Pourra-t-il démontrer que son parti est libre de toutes attaches avec des groupes d’intérêts particuliers et qu’il œuvrera pour l’intérêt général ? Malgré son positionnement à droite, saura-t-il démontrer que ses politiques tout en visant à améliorer la protection sociale des québécois ne détruiront pas l’ensemble de nos programmes sociaux ? Saura-t-il consulter les Québécois et non imposer brusquement ses politiques comme il semble vouloir le faire ? Et …
L’erreur qu’a faite Charest de proposer une commission d’enquête sur la construction sans lui donner tous les pouvoirs énoncés dans la loi, viendra-t-elle le hanter ? Malgré qu’il ait bien dirigé le Québec comme premier ministre, durant un si long pouvoir, les Québécois ne penseront-ils pas que « c’est le temps que ça change » ? Toutes les accusations de corruption, même si non prouvées, vont-elles finalement l’atteindre ? Et …
Pauline Marois aura-t-elle le pouvoir d’amener ses députés à s’émouvoir devant ses problèmes afin qu’ils reviennent au bercail et l’aident à gagner l’élection ? Est-elle suffisamment forte pour arrêter l’hémorragie de ses députés qui pour sauver leur peau, lorgnent vers une alliance politique différente ? Pourra-t-elle rallier les indépendantistes « purs et durs » qui actuellement lui font la vie dure ? Que fera-t-elle pour toucher les séparatistes indignés et accusateurs afin qu’ils cessent de dénoncer sans limite son leadership sur la place publique ? Saura-t-elle convaincre les souverainistes que la porte à leur idéal est un PQ qui gouverne ? Est-elle capable de faire une campagne électorale à la hauteur des difficultés qui s’élèvent devant elle ? A-t-elle le pouvoir de persuasion et le bon sens politique pour présenter un programme politique réaliste qui corresponde aux problèmes actuels des Québécois ? Et …
Quant au chef de l’ADQ, Gérard Deltell, qui veut fusionner son parti avec le CAQ, saura-t-il agir sagement pour convaincre ses ouailles à le suivre afin qu’ils trouvent leur place dans le nouveau parti ?
Et ces Québécois et Québécoises qui montrent une impatience grandissante envers la classe politique en voulant « tout foutre en l’air », sont-ils prêts à retrouver leur objectivité traditionnelle et écouter, analyser et choisir le meilleur programme politique, les meilleurs candidats et le meilleur parti capables de leur redonner confiance dans la politique et dans le gouvernement, nonobstant toute la démagogie des dernières années.
Charest, Marois, Legault, Deltell et Québec Solidaire ont un beau défi devant eux car il est clair que la prochaine élection ne sera pas une élection comme les autres.
Le résultat dépendra beaucoup des chefs, des débats, de la nature et de la qualité de l’organisation électorale de chaque parti, de la motivation des troupes, de l'atmosphère que tout cela va créer et aussi … de qui sera à la ligne de départ ? Les premiers sondages nous indiqueront la tendance. D'ici là tout n'est que spéculation.
Jean Charest et Pauline Marois y seront-ils ?
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jeudi 15 septembre 2011
Obama : président d’un mandat ?
Le sondage américain Gallup de ce matin, compte 40% d’Américains favorables au travail du président Barack Obama et 52% non favorables. Il y a près d’un an, le score était l’inverse. Ça va mal à la « shop » de la Maison Blanche !
Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.
Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.
Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.
Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.
On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…
L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.
Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…
Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !
Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.
Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.
Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.
Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.
Claude Dupras
Le « slogan » de campagne de Mme Michelle Bauchman, candidate à l’investiture pour le choix du candidat républicain à l’élection de novembre 2012, est « Obama, président d’un mandat ». Chaque fois qu’elle le crie à une foule, une ovation d’un enthousiasme débordant répond.
Je suis de près cette élection primaire républicaine qui est triste à regarder. Les attitudes, les opinions et la qualité des candidats en lice ne sont pas à la hauteur d’un grand parti comme celui des républicains. Un seul, à mon avis, devrait être président, c’est Mitch Romney, l’ex gouverneur de l’état du Massachusetts. Les autres semblent venir d’un autre temps.
Celui qui est actuellement le favori pour l’emporter est le gouverneur du Texas, Rick Perry. Il est comme un illuminé charismatique avec des airs de « preacher ». Mais il présente un bon bilan à la tête du Texas. En août, voulant imiter Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine, il a organisé, au grand stade d’Houston, une journée (sept heures) de prière et de jeûne pour demander pardon à Dieu pour les péchés du peuple américain et le supplier d’aider l’Amérique à se sortir de la crise économique… 30 000 personnes répondirent. Pourtant, Perry devrait comprendre les limites de la prière puisqu’en avril il a organisé une vigile de trois jours de prière pour que Dieu envoie la pluie sur le Texas à cause de la pire sécheresse depuis 1895. Aucune goutte d’eau n’est tombée depuis. Ces gestes « religieux » ont conquis la droite évangéliste américaine. Perry est aussi le préféré des teapartyers car il promet de couper sans réserve les dépenses gouvernementales. Ce sont ces appuis qui le placent aujourd’hui à la tête des candidats.
Hier avait lieu, dans le 9ième district de New York, l’élection partielle d’un représentant au Congrès américain qui en compte 435. Actuellement ce sont les républicains qui ont la majorité de cette chambre législative très importante de la politique américaine. Le sortant-de-charge était un démocrate qui fut pris dans un scandale. La population de ce district à 40% juive est de tradition démocrate. Bill Clinton et l’ex-gouverneur de NY Cuomo ont fait campagne pour le candidat démocrate qui est juif. À la grande surprise des observateurs, c’est le candidat républicain, novice de la politique, catholique, qui a gagné. L’ancien maire Koch de NY, démocrate et juif, a « viré son capot » et a fait campagne pour le républicain, tout comme les rabbins de New York car ils n’aiment pas la politique d’Obama envers Israël en rapport avec sa décision d’utiliser les frontières de 1967 entre la Palestine et Israël comme base de discussion pour une entente entre les deux parties.
On comprend mieux qu’Obama ait décidé de voter contre la création de l’État de la Palestine par le conseil de sécurité des Nations Unies. Ce n’est que pour garder ou récupérer sa base électorale juive. C’est de l’opportunisme politique. Que les droits des Palestiniens soient brimés…
L’autre aspect important dans ce district, et dans un autre au Nevada où il y avait aussi élection ce même jour, a été la stratégie républicaine de faire campagne sur les enjeux nationaux alors que normalement les batailles électorales dans les districts se font sur des enjeux locaux. En réussissant à centrer les critiques sur Obama, en faisant un genre de référendum sur le président, les républicains ont gagné les deux districts.
Les républicains ont appris à contrôler et dicter le message politique. Pour eux « éduqué » devient « élitiste », « riche » devient « créateur d’emplois », « stimulus » devient politiquement un mot sale…. au point qu’Obama ne l’utilise plus. Ils répètent sans cesse que le « stimulus » de 800 milliards $, d’il y a deux ans, proposé par Obama et adopté par le congrès à majorité démocrate, n’a rien donné. Ce qui est faux, mais un nombre grandissant d’américains le croient malgré l’avis des économistes qui affirment que le stimulus a mis fin à la dépression. Les républicains connaissent bien le proverbe : Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…
Ils s’opposent avec les mêmes arguments au nouveau programme de stimulus de 450 milliards $ proposé par Obama pour créer de nouveaux emplois immédiatement pour contrer la nouvelle crise. Comme les républicains sont maintenant majoritaires à la chambre des représentants, ils veulent tout arrêter car, disent-ils, ce n’est que de l’argent dépensé inutilement. Perry est un de ceux qui critiquent le plus le nouveau stimulus, mais, hypocritement, il oublie de dire qu’il a utilisé 6 milliards $ du premier stimulus pour balancer son budget texan. Avec de tels hommes politiques, les USA ne sont pas sortis du bois !
Le parti républicain réunit de plus en plus de monde de tous les niveaux de la société. Alors qu’avant il était reconnu comme le parti des « riches », il est devenu le repaire de tous ceux qui s’opposent aux dépenses gouvernementales et d’une large partie de la classe moyenne qui en a assez de la politique. Le nouveau parti républicain, et je crois qu’un peut le qualifier ainsi, est redevenu une force politique importante.
Barack Obama et les démocrates ne peuvent qu’être inquiets. L’élection d’hier à New York n’indique rien de bon. Celle du Nevada non plus. Et les sondages encore moins.
Les observateurs qui s’y connaissent prédisent maintenant que le candidat républicain remportera la présidence en 2012. Dans tout cela, Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le suffrage universel qui compte aux USA pour l’élection du président mais le collège électoral. Et lorsqu’on constate l'évolution politique d'un État comme celui de New York qui a toujours voté du côté démocrate au collège électoral, c’est significatif.
Je crains de plus en plus que le président Barack Obama ne soit le président que d’un mandat. Et dire que GWBush en a eu deux.
Claude Dupras
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samedi 16 juillet 2011
Les républicains et les démocrates américains à l’O.K. Corral
À Tombstone, en Arizona, à O. K. Corral lors de la conquête de l’Ouest américain, des cow-boys ivres et armés jusqu’aux dents arrivèrent en ville pour venger un des leurs et résistèrent à être désarmés par le Marshall Virgil Earp. Une fusillade éclata et en quelques minutes, ils étaient morts. Cet évènement devint légendaire.
Les USA vivent un nouvel O.K. Corral. Les républicains, ivres de l’appui des teapartyers, se croient invincibles et veulent politiquement tuer le président Barack Obama. La bataille entre les républicains et les démocrates a rapport au rehaussement du niveau d’emprunt légal des USA.
Les républicains s’y opposent et donnent l’impression d’être prêts à créer la crise financière qui en découlera. Ils refusent de faire aujourd’hui, ce qu’ils ont fait sept fois sous la présidence du républicain GWBush.
Les teapartyers ont facilité leur élection majoritaire lors de la dernière élection législative et, par conséquent, leur ont donné le contrôle de la Chambre des représentants. Parmi ces derniers, 85 nouveaux élus sont arrivés au Congrès dans le but de défaire Obama. Ils ont affirmé publiquement qu’ils étaient prêts à tout pour atteindre cet objectif. Les teapartyers les suivent de près et exigent maintenant qu’ils respectent leurs promesses et diminuent radicalement les dépenses gouvernementales. Ces teapartyers sont anti-gouvernement, contre l’accumulation de la dette et contre toute augmentation de taxe. Pour eux, le gouvernement est trop gros, trop présent dans leur vie et les taxe trop. Ils affirment qu’Obama est un piètre président, qu’il dépense sans limite et qu’il leur a imposé le dispendieux Obamacare (le programme de santé qui a permis à 35 millions d’américains d’être enfin protégés pour les soins de santé). Ce qui est surprenant c’est que beaucoup de ces teapartyers seront des bénéficiaires de l’Obamacare.
Si le nouveau niveau d’emprunt proposé par Obama n’est pas voté, les sondages indiquent que les américains blâmeront les républicains pour la crise financière globale qui en résultera. Par exemple, ces derniers ont refusé la proposition du plan de compromis du président visant à couper la dette de 4,5 trillions $. Ce plan équilibré comprenait en partie une réduction appréciable des dépenses, et de l’autre : de nouvelles taxes pour les plus riches, l’abolition d’exemptions fiscales allouées à l’industrie pétrolifère/gazifière et l’élimination de généreux taux d’amortissements pour les propriétaires d’avions à jet privés. Si les républicains persistent et ne votent pas l’augmentation, ils porteront sûrement l’odieux d’avoir poussé le pays dans un désastre pour ne protéger que les plus riches.
Le débat semble insoluble à cause de son aspect politique. Un expert budgétaire américain affirme : « C’est le plus extrême et multidimensionnel défi politique depuis 35 ans à Washington ». En somme, l’antagonisme partisan grossit si vite que le momentum ne pourra être arrêté à temps pour voter le plan d’Obama. Les républicains, en particulier, en élevant les attentes de leurs partisans font en sorte que tout compromis de leur part sera qualifié par eux de traîtrise. En effet, ils ont promis de couper dans la sécurité sociale, le programme de soins de santé et celui de l’assistance médicale aux plus pauvres. En plus, ils veulent arrêter le programme de relance économique voté au début du mandat d’Obama et récupérer les argents non dépensés, mettre un frein aux projets touchant l’environnement et aux projets spéciaux des élus.
L’erreur de stratégie des élus républicains en surprend plusieurs. Ils ont fait de la question de leur refus à toute augmentation de taxes une condition sine qua non à leur accord pour l’augmentation du plafond de la dette. Du pur chantage car presque tout le monde reconnaît que cette dernière est essentielle pour éviter un désastre économique. Malgré qu’ils aient pris des engagements électoraux qu’ils ne pourront de toute évidence respecter, ils continuent à affirmer que jamais ils n’accepteront des augmentations de taxes. On voit bien qu’ils craignent les teapartyers.
Le sénateur Mitch McConnell, le leader républicain au sénat, vient de proposer que l’augmentation du plafond de la dette soit approuvé sans le vote des républicains et sans condition de leur part comme les diminutions de dépenses. Il dit ne pas vouloir aider Obama à se faire réélire et veut lui laisser tout le blâme de la mauvaise économie. Il rappelle la période de Clinton où les républicains, qui avaient à ce moment-là le vent dans les voiles, avaient organisé une manœuvre similaire à celle d’aujourd’hui en refusant de voter pour le budget. Le gouvernement avait dû alors fermer ses portes, faute d’argent pour payer les fonctionnaires. Les américains choqués avaient alors blâmé les républicains qui s’écroulèrent dans l’opinion publique. Leur erreur de jugement politique assura la réélection de Clinton. McConnell craint que les républicains d’aujourd’hui subissent le même sort s’ils répètent la même erreur.
Déjà, McConnell est accusé par les teapartyers de ne pas profiter de l’occasion pour diminuer les dépenses et les autres élus républicains ont peur puisque les teapartyers les menacent de s’opposer à leur nomination comme candidats républicains pour la prochaine élection. Quant à Bill Clinton, il recommande aux démocrates de tenir ferme et de ne pas se plier aux exigences des républicains.
Devant la résistance des républicains, le président Obama s’est exclamé : « ils sont des extrémistes qui tiennent un canon de révolver contre la tempe du peuple américain afin de pouvoir maintenir les exemptions de taxes à des propriétaires de jets privés ».
En somme, la bataille est politique et se résume à qui sera blâmé par les électeurs. C’est la prochaine élection présidentielle qui se joue.
Claude Dupras
Les USA vivent un nouvel O.K. Corral. Les républicains, ivres de l’appui des teapartyers, se croient invincibles et veulent politiquement tuer le président Barack Obama. La bataille entre les républicains et les démocrates a rapport au rehaussement du niveau d’emprunt légal des USA.
Les républicains s’y opposent et donnent l’impression d’être prêts à créer la crise financière qui en découlera. Ils refusent de faire aujourd’hui, ce qu’ils ont fait sept fois sous la présidence du républicain GWBush.
Les teapartyers ont facilité leur élection majoritaire lors de la dernière élection législative et, par conséquent, leur ont donné le contrôle de la Chambre des représentants. Parmi ces derniers, 85 nouveaux élus sont arrivés au Congrès dans le but de défaire Obama. Ils ont affirmé publiquement qu’ils étaient prêts à tout pour atteindre cet objectif. Les teapartyers les suivent de près et exigent maintenant qu’ils respectent leurs promesses et diminuent radicalement les dépenses gouvernementales. Ces teapartyers sont anti-gouvernement, contre l’accumulation de la dette et contre toute augmentation de taxe. Pour eux, le gouvernement est trop gros, trop présent dans leur vie et les taxe trop. Ils affirment qu’Obama est un piètre président, qu’il dépense sans limite et qu’il leur a imposé le dispendieux Obamacare (le programme de santé qui a permis à 35 millions d’américains d’être enfin protégés pour les soins de santé). Ce qui est surprenant c’est que beaucoup de ces teapartyers seront des bénéficiaires de l’Obamacare.
Si le nouveau niveau d’emprunt proposé par Obama n’est pas voté, les sondages indiquent que les américains blâmeront les républicains pour la crise financière globale qui en résultera. Par exemple, ces derniers ont refusé la proposition du plan de compromis du président visant à couper la dette de 4,5 trillions $. Ce plan équilibré comprenait en partie une réduction appréciable des dépenses, et de l’autre : de nouvelles taxes pour les plus riches, l’abolition d’exemptions fiscales allouées à l’industrie pétrolifère/gazifière et l’élimination de généreux taux d’amortissements pour les propriétaires d’avions à jet privés. Si les républicains persistent et ne votent pas l’augmentation, ils porteront sûrement l’odieux d’avoir poussé le pays dans un désastre pour ne protéger que les plus riches.
Le débat semble insoluble à cause de son aspect politique. Un expert budgétaire américain affirme : « C’est le plus extrême et multidimensionnel défi politique depuis 35 ans à Washington ». En somme, l’antagonisme partisan grossit si vite que le momentum ne pourra être arrêté à temps pour voter le plan d’Obama. Les républicains, en particulier, en élevant les attentes de leurs partisans font en sorte que tout compromis de leur part sera qualifié par eux de traîtrise. En effet, ils ont promis de couper dans la sécurité sociale, le programme de soins de santé et celui de l’assistance médicale aux plus pauvres. En plus, ils veulent arrêter le programme de relance économique voté au début du mandat d’Obama et récupérer les argents non dépensés, mettre un frein aux projets touchant l’environnement et aux projets spéciaux des élus.
L’erreur de stratégie des élus républicains en surprend plusieurs. Ils ont fait de la question de leur refus à toute augmentation de taxes une condition sine qua non à leur accord pour l’augmentation du plafond de la dette. Du pur chantage car presque tout le monde reconnaît que cette dernière est essentielle pour éviter un désastre économique. Malgré qu’ils aient pris des engagements électoraux qu’ils ne pourront de toute évidence respecter, ils continuent à affirmer que jamais ils n’accepteront des augmentations de taxes. On voit bien qu’ils craignent les teapartyers.
Le sénateur Mitch McConnell, le leader républicain au sénat, vient de proposer que l’augmentation du plafond de la dette soit approuvé sans le vote des républicains et sans condition de leur part comme les diminutions de dépenses. Il dit ne pas vouloir aider Obama à se faire réélire et veut lui laisser tout le blâme de la mauvaise économie. Il rappelle la période de Clinton où les républicains, qui avaient à ce moment-là le vent dans les voiles, avaient organisé une manœuvre similaire à celle d’aujourd’hui en refusant de voter pour le budget. Le gouvernement avait dû alors fermer ses portes, faute d’argent pour payer les fonctionnaires. Les américains choqués avaient alors blâmé les républicains qui s’écroulèrent dans l’opinion publique. Leur erreur de jugement politique assura la réélection de Clinton. McConnell craint que les républicains d’aujourd’hui subissent le même sort s’ils répètent la même erreur.
Déjà, McConnell est accusé par les teapartyers de ne pas profiter de l’occasion pour diminuer les dépenses et les autres élus républicains ont peur puisque les teapartyers les menacent de s’opposer à leur nomination comme candidats républicains pour la prochaine élection. Quant à Bill Clinton, il recommande aux démocrates de tenir ferme et de ne pas se plier aux exigences des républicains.
Devant la résistance des républicains, le président Obama s’est exclamé : « ils sont des extrémistes qui tiennent un canon de révolver contre la tempe du peuple américain afin de pouvoir maintenir les exemptions de taxes à des propriétaires de jets privés ».
En somme, la bataille est politique et se résume à qui sera blâmé par les électeurs. C’est la prochaine élection présidentielle qui se joue.
Claude Dupras
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mardi 11 janvier 2011
Qu’attendons-nous pour imposer la tutelle en Haïti ?
Y a-t-il dans le monde d’aujourd’hui une situation aussi choquante et inhumaine que celle d'Haïti ? La télé ne cesse de nous donner, en ce premier anniversaire de la catastrophe, des images choquantes et désespérantes de ce qui se passe là-bas. Depuis le terrible tremblement de terre, suivi des ouragans et maintenant du choléra qui perdure, plus d’un million de personnes vivent toujours dans une situation précaire, insalubre, difficile. Sans compter ceux qui ont un toit mais qui sont sans travail, sans école et qui souffrent. Rien d’important ne se fait pour eux, sauf pour les soins de santé qui sont prodigués par les organismes internationaux et la distribution quotidienne de nourriture.
Les politiciens n’ont pas de plans. Leurs fonctionnaires ne fonctionnent pas. On dit qu’ils sont à la solde des familles riches qui elles vivent dans leurs grandes maisons et qui se foutent éperdument de la populace et de la classe défavorisée. Ces richissimes égoïstes refusent de céder les terres nécessaires pour relocaliser ceux qui n’ont plus de maison et pour reconstruire les écoles.
Cela n’a jamais été facile en Haïti. J’y suis allé plusieurs fois. Lors de ma première visite en 1961, du temps de Papa-doc Duvalier, j’ai été surpris de la pauvreté de ce pays. Mes visites subséquentes m’ont convaincu que l’on ne pouvait compter sur les politiciens haïtiens pour relever le pays. La corruption était évidente et le pauvre était considéré comme une bête.
Dans mon blog du 15 janvier 2010, « Haïti : plus qu’un « plan Marshall », je soulignais que « plusieurs observateurs, journalistes et blogueurs proposent « un plan Marshall » pour aider les Haïtiens dans cet affreux drame qui encore une fois les accable ». J’ajoutais « Je crois que la grande catastrophe est l’opportunité qui peut permettre aux Haïtiens de s’en sortir définitivement. ». Mais je concluais qu’ « une aide financière à la « plan Marshall » n’est pas suffisante car le pays n’a pas les entreprises ni les hommes ni les femmes capables d’entreprendre la reconstruction totale d’Haïti. Il n’a pas, non plus, les politiciens pour gérer une telle entreprise en toute efficacité et probité. Le pays doit être mis en tutelle par l’ONU. Celle-ci pourrait mandater un groupe de pays de former un consortium pour le rebâtir complètement aux standards modernes. Il ne s’agit pas seulement de refaire les bâtiments, les infrastructures et la reforestation mais aussi de fournir les formateurs, les enseignants, le personnel médical et les spécialistes de tous domaines pour appuyer ceux qui existent, pour en entraîner de nouveaux et bien les intégrer dans la société haïtienne ».
Ce que nous avons vu depuis la dernière année, démontre bien la justesse de cette évaluation. L’ONU a fait l’erreur de se plier devant l’exigence des leaders politiques haïtiens qui, au nom de la souveraineté de leur pays, ont réclamé que la reconstruction de leur pays passe par eux. C’est inimaginable. Ils n’en sont pas capables car ils n’ont pas la compétence requise pour réussir ce grand projet. Ils n’étaient pas capables avant le séisme, ils le sont encore moins depuis. De plus, on ne peut leur confier les dons monétaires promis par tous les pays du monde puisqu’il est de notoriété publique qu’ils n’ont pas la probité nécessaire pour bien administrer et dépenser ces fonds.
L’idée d’un consortium pour la gérance du projet me semble la seule « pratico-pratique » pour arriver aux fins visées. Présidé par l’ex-président américain Bill Clinton, on pourrait y ajouter quelques représentants du président haïtien pour assurer que le gouvernement sache ce qui se passe et collabore afin de faciliter les choses.
Lorsqu’on est démocrate, c’est triste de faire de telles propositions. Mais avons-nous vraiment le choix ? Non ! Peut-on, sans rien dire, laisser ce peuple aller à la dérive et tolérer que la nouvelle jeunesse ne soit pas éduquée pour être capable de prendre la relève un jour et de bien diriger son pays. Non !
Assez, c’est assez ! Agissons !
Claude Dupras
Les politiciens n’ont pas de plans. Leurs fonctionnaires ne fonctionnent pas. On dit qu’ils sont à la solde des familles riches qui elles vivent dans leurs grandes maisons et qui se foutent éperdument de la populace et de la classe défavorisée. Ces richissimes égoïstes refusent de céder les terres nécessaires pour relocaliser ceux qui n’ont plus de maison et pour reconstruire les écoles.
Cela n’a jamais été facile en Haïti. J’y suis allé plusieurs fois. Lors de ma première visite en 1961, du temps de Papa-doc Duvalier, j’ai été surpris de la pauvreté de ce pays. Mes visites subséquentes m’ont convaincu que l’on ne pouvait compter sur les politiciens haïtiens pour relever le pays. La corruption était évidente et le pauvre était considéré comme une bête.
Dans mon blog du 15 janvier 2010, « Haïti : plus qu’un « plan Marshall », je soulignais que « plusieurs observateurs, journalistes et blogueurs proposent « un plan Marshall » pour aider les Haïtiens dans cet affreux drame qui encore une fois les accable ». J’ajoutais « Je crois que la grande catastrophe est l’opportunité qui peut permettre aux Haïtiens de s’en sortir définitivement. ». Mais je concluais qu’ « une aide financière à la « plan Marshall » n’est pas suffisante car le pays n’a pas les entreprises ni les hommes ni les femmes capables d’entreprendre la reconstruction totale d’Haïti. Il n’a pas, non plus, les politiciens pour gérer une telle entreprise en toute efficacité et probité. Le pays doit être mis en tutelle par l’ONU. Celle-ci pourrait mandater un groupe de pays de former un consortium pour le rebâtir complètement aux standards modernes. Il ne s’agit pas seulement de refaire les bâtiments, les infrastructures et la reforestation mais aussi de fournir les formateurs, les enseignants, le personnel médical et les spécialistes de tous domaines pour appuyer ceux qui existent, pour en entraîner de nouveaux et bien les intégrer dans la société haïtienne ».
Ce que nous avons vu depuis la dernière année, démontre bien la justesse de cette évaluation. L’ONU a fait l’erreur de se plier devant l’exigence des leaders politiques haïtiens qui, au nom de la souveraineté de leur pays, ont réclamé que la reconstruction de leur pays passe par eux. C’est inimaginable. Ils n’en sont pas capables car ils n’ont pas la compétence requise pour réussir ce grand projet. Ils n’étaient pas capables avant le séisme, ils le sont encore moins depuis. De plus, on ne peut leur confier les dons monétaires promis par tous les pays du monde puisqu’il est de notoriété publique qu’ils n’ont pas la probité nécessaire pour bien administrer et dépenser ces fonds.
L’idée d’un consortium pour la gérance du projet me semble la seule « pratico-pratique » pour arriver aux fins visées. Présidé par l’ex-président américain Bill Clinton, on pourrait y ajouter quelques représentants du président haïtien pour assurer que le gouvernement sache ce qui se passe et collabore afin de faciliter les choses.
Lorsqu’on est démocrate, c’est triste de faire de telles propositions. Mais avons-nous vraiment le choix ? Non ! Peut-on, sans rien dire, laisser ce peuple aller à la dérive et tolérer que la nouvelle jeunesse ne soit pas éduquée pour être capable de prendre la relève un jour et de bien diriger son pays. Non !
Assez, c’est assez ! Agissons !
Claude Dupras
vendredi 17 décembre 2010
Obama et ses promesses électorales
Ce n’est pas une sinécure d’être président des États-Unis d’Amérique. Un candidat à ce poste peut être de bonne foi et être sincère lorsqu’il fait ses promesses électorales, mais rien n’assure qu’il pourra, une fois élu, les réaliser. On le voit bien en suivant le déroulement de la politique américaine actuelle.
Barack Obama a été à ce jour un bon président. Il a travaillé fort sur des sujets de première importance. Durant ses deux premières années au pouvoir, alors qu’il avait un support majoritaire au Congrès, le président Obama a fait adopter des lois importantes pour stopper la crise économique, protéger les banques, le marché et assurer à presque tous les Américains une protection de soins de santé. Cette dernière loi que les Américains ont surnommée Obamacare assure à 35 millions d’individus, une protection vitale qu’ils n’avaient pas. Elle a été votée sans l’appui du parti Républicain. Nous, Canadiens et Européens, ne pouvons comprendre pourquoi un si grand parti politique s’oppose à une protection aussi élémentaire.
Mais, avec le temps, on se rend compte qu’Obama renie les promesses qui lui ont fait gagner son élection présidentielle.
Par exemple, l’Obamacare devait couvrir tous les Américains, or il en restera encore huit millions qui ne le seront pas, l’équivalent de la population du Québec.
Il y a le crédit de taxes temporaire pour dix ans accordé par GWBush. Obama n’a cessé de répéter qu’il l’abolirait. Alors que le 31 décembre prochain était le jour où le crédit devait s’éteindre de sa belle mort, Obama a décidé de l’allonger pour deux autres années dans un compromis politique avec les Républicains qui favorisent les riches du pays. C’est un manque à gagner de 70 milliards $ par année.
Et, il y a les projets particuliers des représentants et des sénateurs, les fameux earmarks, qu’Obama avait promis, dur comme fer, encore l’an dernier, d’éliminer complètement. Or le Congrès vote actuellement sur un projet qui en contient pour huit milliards $ et Obama ne dit rien.
Puis, il y a l’Afghanistan. Obama avait promis de mettre fin à la guerre. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a augmenté les forces militaires américaines de 35,000 à 95,000 soldats et parle maintenant d’un retrait possible de l’armée américaine dans deux à quatre ans. Le coût annuel se chiffre en centaines de milliards $.
Obama a promis de couper le déficit en deux. Le déficit de 2009, première année d’Obama, a été de 1,42 trillions $ soit le triple de l’année précédente. Il n’est pas surprenant que les Républicains aient des munitions pour blâmer Obama. Cependant, ces derniers oublient volontairement les masses d’argents qui ont dû être dépensées pour contrer la déferlante de la crise économique.
Depuis l’élection de mi-mandat où Obama a trébuché et perdu sa majorité, les Républicains et la droite américaine font la pluie et le beau temps. Avec l’appui des milliers de radiomen de droite et celui des commentateurs du réseau télévisé Fox News, les Républicains persuadent, à coups de démagogie évidente, une partie de plus en plus grande de la population qu’Obama est un dépensier qui ne fait qu’augmenter le déficit et la dette nationale. Malgré que ce soient eux qui avec GWBush et ses deux guerres aient fait doubler la dette nationale, ils réussissent à amener l’opinion publique à placer le blâme sur Obama. D’ailleurs, un récent sondage le démontre clairement puisqu’il place maintenant GWBush en avant d’Obama en rapport avec le taux de satisfaction comme président. C’est invraisemblable.
Au moment d’écrire ces lignes, la dette américaine est de $13,886,724,821,930.00. Soit plus de 44 000 $ par Américain. Elle a augmenté, depuis 2007, de 4,5 milliards par jour. C’est effarant et on se demande bien où vont les USA ? Avec l’Europe qui a de graves problèmes financiers, l’Occident s’approche-t-il d’un précipice ?
Heureusement que les taux d’intérêt sont actuellement bas. Mais cela ne durera pas éternellement. Avec l’accélération de la reprise économique mondiale, les investisseurs institutionnels chercheront à faire des placements plus rentables que ceux de la trésorerie américaine et voudront prendre plus de risques afin d’obtenir un meilleur retour sur leurs investissements. Les taux d’intérêts à long terme augmenteront en conséquence et cela se reflétera par des frais d’emprunts plus élevés qui ajouteront à la dette américaine. Le gouvernement doit donc couper dans les dépenses et augmenter les taxes pour balancer le budget d’ici quelques années, en espérant que le niveau de croissance soit présent.
Voilà pourquoi le président Barack Obama doit se tenir debout devant les Républicains et respecter ses promesses électorales. Il avait raison avec son programme politique. Il peut faire quelques concessions pour atteindre des compromis mais rien qui affecte sérieusement la santé financière de son pays. Il se doit d’être intraitable sur la question du déficit et de la dette et faire les choix qui s’imposent tout en s’assurant que les Américains travaillent, qu’ils sont socialement protégés et que son pays se donne les outils pour faire face aux défis de l’avenir, comme le transport en commun rapide.
Obama doit aussi soutenir l’expansion des investissements gouvernementaux et privés dans la science, la technologie, l’innovation et l’éducation afin que les USA soient toujours les meilleurs du monde dans ces domaines. Par contre, il peut couper radicalement, entre autres, dans les dépenses générées par le complexe militaro-industriel.
L’Asie est sur le point de devenir le plus grand marché de consommateurs de l’Histoire. Les exportateurs américains peuvent devenir les premiers bénéficiaires. Déjà Intel, GE, Proctor & Gamble annoncent que leur croissance vient de l’Asie. C’est au gouvernement américain de mettre en place les conditions, comme le libre-échange entre l’Asie et les USA, pour atteindre ce potentiel. C’est une vraie opportunité pour les USA d’exercer son énergie créatrice et entrepreneuriale et de créer des emplois de haute technicité pour les travailleurs américains. Une économie dynamique et florissante remplit vite les coffres de l’État. Obama le sait et il devra exercer son leadership pour montrer aux Américains que l'avenir peut être rose.
Les Américains aiment les chefs capables de défendre leurs vrais intérêts, de leur expliquer clairement la situation et la voie à suivre. L’ex-président Bill Clinton l’a bien démontré. Obama a-t-il les moyens de faire autrement ? S’il perd la prochaine élection à cause d’une telle attitude, eh bien tant pis, il aura agi dans l’intérêt à long terme de son pays. Mais les odds sont qu’il gagnera à nouveau, s’il en a le courage.
Claude Dupras
Barack Obama a été à ce jour un bon président. Il a travaillé fort sur des sujets de première importance. Durant ses deux premières années au pouvoir, alors qu’il avait un support majoritaire au Congrès, le président Obama a fait adopter des lois importantes pour stopper la crise économique, protéger les banques, le marché et assurer à presque tous les Américains une protection de soins de santé. Cette dernière loi que les Américains ont surnommée Obamacare assure à 35 millions d’individus, une protection vitale qu’ils n’avaient pas. Elle a été votée sans l’appui du parti Républicain. Nous, Canadiens et Européens, ne pouvons comprendre pourquoi un si grand parti politique s’oppose à une protection aussi élémentaire.
Mais, avec le temps, on se rend compte qu’Obama renie les promesses qui lui ont fait gagner son élection présidentielle.
Par exemple, l’Obamacare devait couvrir tous les Américains, or il en restera encore huit millions qui ne le seront pas, l’équivalent de la population du Québec.
Il y a le crédit de taxes temporaire pour dix ans accordé par GWBush. Obama n’a cessé de répéter qu’il l’abolirait. Alors que le 31 décembre prochain était le jour où le crédit devait s’éteindre de sa belle mort, Obama a décidé de l’allonger pour deux autres années dans un compromis politique avec les Républicains qui favorisent les riches du pays. C’est un manque à gagner de 70 milliards $ par année.
Et, il y a les projets particuliers des représentants et des sénateurs, les fameux earmarks, qu’Obama avait promis, dur comme fer, encore l’an dernier, d’éliminer complètement. Or le Congrès vote actuellement sur un projet qui en contient pour huit milliards $ et Obama ne dit rien.
Puis, il y a l’Afghanistan. Obama avait promis de mettre fin à la guerre. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a augmenté les forces militaires américaines de 35,000 à 95,000 soldats et parle maintenant d’un retrait possible de l’armée américaine dans deux à quatre ans. Le coût annuel se chiffre en centaines de milliards $.
Obama a promis de couper le déficit en deux. Le déficit de 2009, première année d’Obama, a été de 1,42 trillions $ soit le triple de l’année précédente. Il n’est pas surprenant que les Républicains aient des munitions pour blâmer Obama. Cependant, ces derniers oublient volontairement les masses d’argents qui ont dû être dépensées pour contrer la déferlante de la crise économique.
Depuis l’élection de mi-mandat où Obama a trébuché et perdu sa majorité, les Républicains et la droite américaine font la pluie et le beau temps. Avec l’appui des milliers de radiomen de droite et celui des commentateurs du réseau télévisé Fox News, les Républicains persuadent, à coups de démagogie évidente, une partie de plus en plus grande de la population qu’Obama est un dépensier qui ne fait qu’augmenter le déficit et la dette nationale. Malgré que ce soient eux qui avec GWBush et ses deux guerres aient fait doubler la dette nationale, ils réussissent à amener l’opinion publique à placer le blâme sur Obama. D’ailleurs, un récent sondage le démontre clairement puisqu’il place maintenant GWBush en avant d’Obama en rapport avec le taux de satisfaction comme président. C’est invraisemblable.
Au moment d’écrire ces lignes, la dette américaine est de $13,886,724,821,930.00. Soit plus de 44 000 $ par Américain. Elle a augmenté, depuis 2007, de 4,5 milliards par jour. C’est effarant et on se demande bien où vont les USA ? Avec l’Europe qui a de graves problèmes financiers, l’Occident s’approche-t-il d’un précipice ?
Heureusement que les taux d’intérêt sont actuellement bas. Mais cela ne durera pas éternellement. Avec l’accélération de la reprise économique mondiale, les investisseurs institutionnels chercheront à faire des placements plus rentables que ceux de la trésorerie américaine et voudront prendre plus de risques afin d’obtenir un meilleur retour sur leurs investissements. Les taux d’intérêts à long terme augmenteront en conséquence et cela se reflétera par des frais d’emprunts plus élevés qui ajouteront à la dette américaine. Le gouvernement doit donc couper dans les dépenses et augmenter les taxes pour balancer le budget d’ici quelques années, en espérant que le niveau de croissance soit présent.
Voilà pourquoi le président Barack Obama doit se tenir debout devant les Républicains et respecter ses promesses électorales. Il avait raison avec son programme politique. Il peut faire quelques concessions pour atteindre des compromis mais rien qui affecte sérieusement la santé financière de son pays. Il se doit d’être intraitable sur la question du déficit et de la dette et faire les choix qui s’imposent tout en s’assurant que les Américains travaillent, qu’ils sont socialement protégés et que son pays se donne les outils pour faire face aux défis de l’avenir, comme le transport en commun rapide.
Obama doit aussi soutenir l’expansion des investissements gouvernementaux et privés dans la science, la technologie, l’innovation et l’éducation afin que les USA soient toujours les meilleurs du monde dans ces domaines. Par contre, il peut couper radicalement, entre autres, dans les dépenses générées par le complexe militaro-industriel.
L’Asie est sur le point de devenir le plus grand marché de consommateurs de l’Histoire. Les exportateurs américains peuvent devenir les premiers bénéficiaires. Déjà Intel, GE, Proctor & Gamble annoncent que leur croissance vient de l’Asie. C’est au gouvernement américain de mettre en place les conditions, comme le libre-échange entre l’Asie et les USA, pour atteindre ce potentiel. C’est une vraie opportunité pour les USA d’exercer son énergie créatrice et entrepreneuriale et de créer des emplois de haute technicité pour les travailleurs américains. Une économie dynamique et florissante remplit vite les coffres de l’État. Obama le sait et il devra exercer son leadership pour montrer aux Américains que l'avenir peut être rose.
Les Américains aiment les chefs capables de défendre leurs vrais intérêts, de leur expliquer clairement la situation et la voie à suivre. L’ex-président Bill Clinton l’a bien démontré. Obama a-t-il les moyens de faire autrement ? S’il perd la prochaine élection à cause d’une telle attitude, eh bien tant pis, il aura agi dans l’intérêt à long terme de son pays. Mais les odds sont qu’il gagnera à nouveau, s’il en a le courage.
Claude Dupras
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