Le premier ministre du Canada Stephen Harper est un drôle de politicien. Élu le 2 mai dernier avec 39,6% des suffrages, il qualifie ce pourcentage de majorité alors que c’est une pluralité de députés du Parti Conservateur (PC) à la Chambre des communes qui ont été élus. Il y règne, depuis, en roi et maître. Il se dit mandaté par le peuple canadien pour respecter ses promesses électorales, même celles dont les projets de loi ont été défaits par les parlements précédents.
Dans le passé récent, il est vrai que le PC - il se nommait alors progressiste-conservateur (PPC) - a connu d’énormes difficultés à gagner des sièges au Québec. Harper rencontra le même problème à l’élection de 2006, puisque seulement 10 députés conservateurs québécois furent élus. Ce fut, par contre, suffisant pour lui permettre de prendre le pouvoir avec un gouvernement minoritaire. Le même scénario se répéta à l’élection de 2008. C’est l’élection de 2011 qui fut fatale pour le Québec. Malgré qu’Harper perdit six de ses onze députés québécois, il réussit quand même, grâce à un tour de force politique impensable, à gagner le pouvoir majoritaire dans l’ensemble des provinces hors-Québec. Du jamais vu. Ce jour-là, le Québec s’est retrouvé sur la voie d’évitement.
Le soir de sa victoire, Harper affirma qu’il gouvernerait le Canada dans l’intérêt de tous les Canadiens. Il rassura les Québécois et leur promit de tout faire pour regagner leur faveur. Le Québec, c’est important puisque nous sommes la nation francophone, une des deux du pays, et comptons 25% de la population canadienne. Depuis, il agit autrement et fait l’opposé.
Tout ce que le Québec veut, c’est que sa voix soit entendue dans les débats fédéraux. Mais, que veut Harper ? C’est la question. Alors qu’il fait tout ce qu’il peut pour se renforcer politiquement dans les comtés anglophones ou ethniques du Canada, il néglige totalement ceux du Québec. Il adopte à toute-vapeur des lois qui vont à contre-sens de l’opinion québécoise et impose même le bâillon pour limiter les débats. Pourtant comme chef du pays, sa responsabilité est de gouverner pour tous les Canadiens, qu’ils soient politiquement avec lui ou non.
Les sujets de mésentente sont importants et nombreux: bilinguisme dans la fonction publique, réalisation de projets fédéraux, indépendance du Canada versus la royauté britannique, militarisme, justice, criminalité des jeunes, contrôle des armes à feu, environnement et beaucoup d’autres sujets. Le Québec et Harper sont sur des voies parallèles. Çà n’a pas de bon sens.
La constitution canadienne fait du Canada un pays biculturel et bilingue. Pour certains postes importants comme celui du Vérificateur général, le détenteur de ce poste doit être obligatoirement bilingue. Nonobstant l’opinion québécoise, Harper a nommé une personne unilingue anglaise. Il en est de même pour sa nomination d’un nouveau juge à la cour Suprême. Son argument : ces nominés ont promis d’apprendre la langue française. Comme si c’était aussi simple que de prendre un comprimé pour un rhume.
A notre grande surprise, le premier ministre nous a dévoilé, depuis l’élection, qu’il est un monarchiste. J’ai écrit sur ce sujet dans mes billets précédents et souligné ses multiples décisions visant à ce que la monarchie britannique redevienne un de symboles importants du Canada. Cela n’intéresse pas les Québécois qui n’apprécient pas son engouement pour Élizabeth II et qui croient que le Canada se doit d’être totalement indépendant.
Les nouvelles lois durcissent la justice envers les adolescents. Elles sont rejetées par les professionnels de la santé et par 90% des Québécois, selon un sondage récent. Il en est de même de l’opinion publique d’une majorité des citoyens des autres provinces canadiennes, dont l’Ontario. Malgré cette opposition généralisée, le conservateur Harper insiste pour imposer ces lois à couleur fasciste qui mettent de côté la réhabilitation. Il les a copiées sur celles des conservateurs républicains à la GWBush. Ce qui est encore plus méprisant, c’est que ces lois doivent être appliquées par les provinces qui ont la responsabilité de l’administration des lois pénales. De nouvelles prisons seront nécessaires, des coûts additionnels de toutes sortes seront engendrés et cela sans compensation fédérale. En somme, les provinces n’en veulent pas, mais elles devront payer pour les conséquences de l’idéologie droite de la droite du PC.
Puis, il y a le débat sur le registre des armes à feu mis sur pied par le gouvernement fédéral précédent. Pour répondre aux désirs de la National Rifle Association (NRA) américaine – elle finance largement les politiciens conservateurs - et des cultivateurs de l’ouest canadien, Harper a décidé de l’abolir. Ce registre a coûté des centaines de millions $ à préparer. Le gouvernement du Québec et ses corps policiers croient dans l’importance d’un tel registre et plaident pour son maintien. S’il est aboli, Jean Charest affirme vouloir créer un registre québécois, et demande au fédéral de lui transmettre toutes les données, afin de réduire les coûts. Charest, avec raison, affirme que les Québécois ont payé largement leur part pour la mise sur pied du registre fédéral et qu’ils ont droit à ces données. Harper refuse et avise qu’elles seront détruites. Pour lui, c’est une question d’idéologie.
Avec son militarisme agressif, ses guerres en Afghanistan et en Lybie, ses commandes excessives de nouveaux avions à jet, de destroyers, ses installations de nouvelles bases militaires dans le monde, etc… les dépenses du ministère de la Défense ont grimpé en flèche.. La Canada, le pays de la paix et des casques bleus, est devenu sous Harper un pays guerrier. Encore là, la pensée québécoise est loin d’une telle politique.
Et ça coûte cher. Le pays est en déficit depuis la venue de Harper au pouvoir. Aujourd’hui, il a le culot de blâmer l’Europe pour sa difficulté à respecter ses prévisions budgétaires. Malgré la crise monétaire et la diminution de la croissance qui secouent le monde, nous sommes en meilleure position que la plupart des pays occidentaux. C’est pourquoi, je suis triste de constater que la dette de mon pays grimpe, surtout après les efforts des gouvernements précédents qui l’ont réduite à grands coups de sacrifices par les Canadiens.
Harper a le front de faire dire par son entourage que les Québécois ne sont jamais satisfaits et en demandent toujours plus. Il souligne le montant de 2,2 milliards de $ que le gouvernement fédéral a accepté de remettre au Québec, suite au protocole d'entente sur l'harmonisation des taxes de vente du Canada et du Québec. Dorénavant, le Québec collectera ces taxes et versera au Canada sa part. Les autres provinces qui ont accepté l’entente de l’harmonisation ont déjà reçu leur chèque. Harper réagit comme s’il nous avait fait un cadeau. De plus, il nous met sous le nez son acceptation de construire un nouveau pont Champlain à Montréal dans dix ans. C’est un mirage pour calmer les Montréalais car dans dix ans, Harper ne sera plus au pouvoir. C’est une situation urgente pour les automobilistes. En réalité, la réalisation de ce pont peut se faire en cinq ans. Harper se moque de nous.
En ne tenant pas compte des sensibilités québécoises, Stephen Harper éloigne, de plus en plus, du Canada, les Québécois et les Québécoises car nous ne nous reconnaissons plus dans l’orientation politique de notre pays. Par son attitude, Le PM Harper alimente d’eau le moulin des indépendantistes. On n’a qu’à lire les chroniques et les blogs de sites Internet pour se rendre compte du mal qui est fait à la cause Canada.
L’option indépendantiste n’est pas très populaire de nos jours. Mais la braise séparatiste n’est pas éteinte et, au premier vent fort, le feu peut reprendre de plus belle. Ce jour là, je penserai à Harper !
Claude Dupras
Affichage des articles dont le libellé est Lybie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lybie. Afficher tous les articles
mercredi 23 novembre 2011
Entre Harper et Québec, rien ne va plus !
Libellés :
afghanistan,
Canada,
Elizabeth II,
Europe,
indépendantistes,
Jean Charest,
Lybie,
Montréal,
parlement canadien,
parti conservateur du Canada,
Stephen Harper
samedi 19 mars 2011
Deux poids, deux mesures pour l’Arabie : la fin du printemps arabe ?
L'évolution des événements en Arabie Saoudite, au Bahreïn et au Yémen me donnent envie de vomir quand je vois la réaction qu’elle engendre de la part de la Maison Blanche, de la France, du Royaume–Uni et du Canada qui se disent champions des droits de l'homme où qu'il soit.
Je ne suis pas contre la pression internationale d'arrêter la folie de Kadhafi, bien au contraire, mais je dénonce l'hypocrisie de plusieurs pays occidentaux qui gardent un silence criminel face à tout ce qui se passe actuellement en Arabie saoudite, comme si ce fameux pays était le berceau de la démocratie à travers le monde arabe.
Pour contrer la révolte grandissante dans son pays, l’Arabie Saoudite défend toute manifestation. Son roi arrogant et ses scheiks royaux ne sont que des dictateurs qui se sont accaparés les richesses pétrolifères de leur pays et qui ont toujours agi envers leur peuple, particulièrement leurs femmes, avec une arrogance cruelle.
Ces rois maudits qui se sont auto déclarés gardiens de la mythique race arabe et de l’islam véritable font la pluie et le beau temps grâce à leur argent.
Pour contrer la révolte qui s’est manifestée malgré l’interdit, le roi saoudien a entrepris d’acheter la paix en augmentant le salaire minimum, en promettant la construction de milliers de nouveaux logements et la création de 75 000 nouveaux emplois. Si cette démarche ne débouche pas sur le calme et la fin de la révolte, il n’hésitera pas à utiliser son armée pour mettre à bas les révolutionnaires. La preuve vient d’être faite, puisqu’il a dépêché plus de 1 000 de ses soldats et des centaines de tanks pour soi-disant défendre l'indépendance de Bahreïn, contre les révolutionnaires Bahreinis eux mêmes.
A ce jour, le président Obama, le PM anglais Cameron, le président français Sarkozy et le PM canadien Harper n'ont aucune difficulté à garder un silence continu face aux massacres des manifestants bahreinis. Ils protègent ainsi l'émir de Bahreïn, leur allié de toujours. Ils agissent de même avec les Yéménites. Aujourd'hui même, un ami m’affirme avoir vu à la télé que les forces de répression du régime du Yémen viennent d'assassiner plus de 30 manifestants et d’autres images qui montraient que l'émir de Bahreïn n'hésite plus à tirer à bout portant sur les pauvres Bahreïnis. Les révolutionnaires de ces deux pays sont sans armes et c’est dans le calme et la sérénité qu’ils ont manifesté jusqu’à ce jour dans l’espoir de démocratiser leur coin du monde.
Le silence des USA, de l'Europe et du Canada indique qu’ils n'ont aucun problème avec des interventions militaires futures par les dictateurs des autres émirats du golfe Persique pour contenir les révoltes chez eux. Ils agissent comme si la seule tragédie internationale qui nous obsède aujourd’hui est la guerre civile en Lybie. En réalité, ce silence de l’Occident a plus à voir avec la production mondiale de pétrole et le fait que ces dictateurs sont ses alliés fidèles depuis longtemps.
Dernièrement, la chaîne de télévision arabe El Djazeera retransmettait les déclarations d'un citoyen de Bahreïn qui disait en gros qu'il était dégoûté du comportement du monde occidental qui soit disant sympathisait avec le sort des martyrs de Lybie et qu’apparemment le sang des pauvres civils tués par les forces de répression à Bahreïn n'était pas aussi important que le sang des martyrs Libyens.
Pourquoi toute cette hypocrisie du monde occidental vis à vis les différentes sociétés arabes et leurs souffrances ? Est-ce que le renouveau du monde arabe va se terminer à cause des armes et le support tacite des USA, de l’UK, de la France et du Canada aux dictateurs-amis qui les utilisent contre ceux qui se révoltent contre eux ?
Heureusement, un nouvel espoir existe, l’ONU. La récente décision de son conseil de sécurité en rapport avec la Lybie démontre enfin que l’organisme international fonctionne. Pour une fois, c’est elle qui a décidé d’intervenir militairement là où il y a un problème des droits de l’homme. De plus, avec l’appui de la ligue arabe, elle émet un signal à la rue arabe que le monde est maintenant avec eux, que le chemin est libre et que l’ONU peut dorénavant s’interposer pour aider des rebelles injustement pilonnés par les dictateurs qu’ils combattent. C’est aussi un avertissement important à ces derniers qu’ils ne peuvent plus agir à leur guise puisqu’ils risquent une opération militaire internationale.
En rapport avec la décision des Nations Unies, le ministre des affaires étrangères de France, Alain Juppé, écrivait dans son dernier blog ce qui suit : « Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n'est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle. Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir ».
Est-ce suffisant pour convaincre les dictateurs du golfe et ceux de la Syrie, de l’Algérie, de la Jordanie, du Maroc et les autres de laisser les manifestations populaires antigouvernementales se dérouler dans la paix ? Je l’espère.
Si non, je crains que ce soit la fin du printemps arabe.
Claude Dupras
Je ne suis pas contre la pression internationale d'arrêter la folie de Kadhafi, bien au contraire, mais je dénonce l'hypocrisie de plusieurs pays occidentaux qui gardent un silence criminel face à tout ce qui se passe actuellement en Arabie saoudite, comme si ce fameux pays était le berceau de la démocratie à travers le monde arabe.
Pour contrer la révolte grandissante dans son pays, l’Arabie Saoudite défend toute manifestation. Son roi arrogant et ses scheiks royaux ne sont que des dictateurs qui se sont accaparés les richesses pétrolifères de leur pays et qui ont toujours agi envers leur peuple, particulièrement leurs femmes, avec une arrogance cruelle.
Ces rois maudits qui se sont auto déclarés gardiens de la mythique race arabe et de l’islam véritable font la pluie et le beau temps grâce à leur argent.
Pour contrer la révolte qui s’est manifestée malgré l’interdit, le roi saoudien a entrepris d’acheter la paix en augmentant le salaire minimum, en promettant la construction de milliers de nouveaux logements et la création de 75 000 nouveaux emplois. Si cette démarche ne débouche pas sur le calme et la fin de la révolte, il n’hésitera pas à utiliser son armée pour mettre à bas les révolutionnaires. La preuve vient d’être faite, puisqu’il a dépêché plus de 1 000 de ses soldats et des centaines de tanks pour soi-disant défendre l'indépendance de Bahreïn, contre les révolutionnaires Bahreinis eux mêmes.
A ce jour, le président Obama, le PM anglais Cameron, le président français Sarkozy et le PM canadien Harper n'ont aucune difficulté à garder un silence continu face aux massacres des manifestants bahreinis. Ils protègent ainsi l'émir de Bahreïn, leur allié de toujours. Ils agissent de même avec les Yéménites. Aujourd'hui même, un ami m’affirme avoir vu à la télé que les forces de répression du régime du Yémen viennent d'assassiner plus de 30 manifestants et d’autres images qui montraient que l'émir de Bahreïn n'hésite plus à tirer à bout portant sur les pauvres Bahreïnis. Les révolutionnaires de ces deux pays sont sans armes et c’est dans le calme et la sérénité qu’ils ont manifesté jusqu’à ce jour dans l’espoir de démocratiser leur coin du monde.
Le silence des USA, de l'Europe et du Canada indique qu’ils n'ont aucun problème avec des interventions militaires futures par les dictateurs des autres émirats du golfe Persique pour contenir les révoltes chez eux. Ils agissent comme si la seule tragédie internationale qui nous obsède aujourd’hui est la guerre civile en Lybie. En réalité, ce silence de l’Occident a plus à voir avec la production mondiale de pétrole et le fait que ces dictateurs sont ses alliés fidèles depuis longtemps.
Dernièrement, la chaîne de télévision arabe El Djazeera retransmettait les déclarations d'un citoyen de Bahreïn qui disait en gros qu'il était dégoûté du comportement du monde occidental qui soit disant sympathisait avec le sort des martyrs de Lybie et qu’apparemment le sang des pauvres civils tués par les forces de répression à Bahreïn n'était pas aussi important que le sang des martyrs Libyens.
Pourquoi toute cette hypocrisie du monde occidental vis à vis les différentes sociétés arabes et leurs souffrances ? Est-ce que le renouveau du monde arabe va se terminer à cause des armes et le support tacite des USA, de l’UK, de la France et du Canada aux dictateurs-amis qui les utilisent contre ceux qui se révoltent contre eux ?
Heureusement, un nouvel espoir existe, l’ONU. La récente décision de son conseil de sécurité en rapport avec la Lybie démontre enfin que l’organisme international fonctionne. Pour une fois, c’est elle qui a décidé d’intervenir militairement là où il y a un problème des droits de l’homme. De plus, avec l’appui de la ligue arabe, elle émet un signal à la rue arabe que le monde est maintenant avec eux, que le chemin est libre et que l’ONU peut dorénavant s’interposer pour aider des rebelles injustement pilonnés par les dictateurs qu’ils combattent. C’est aussi un avertissement important à ces derniers qu’ils ne peuvent plus agir à leur guise puisqu’ils risquent une opération militaire internationale.
En rapport avec la décision des Nations Unies, le ministre des affaires étrangères de France, Alain Juppé, écrivait dans son dernier blog ce qui suit : « Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n'est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle. Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir ».
Est-ce suffisant pour convaincre les dictateurs du golfe et ceux de la Syrie, de l’Algérie, de la Jordanie, du Maroc et les autres de laisser les manifestations populaires antigouvernementales se dérouler dans la paix ? Je l’espère.
Si non, je crains que ce soit la fin du printemps arabe.
Claude Dupras
Libellés :
Algérie,
Arabie,
Bahreïn,
Barack Obama,
Cameron,
El Djazeera,
Juppé,
Lybie,
ONU,
Sarkozy,
Stephen Harper,
Syrie,
Yémen
lundi 7 mars 2011
Jusqu’au dernier dictateur arabe….
Les intellectuels arabes comme l’écrivain algérien Boualem Sansal et les scientifiques arabes ne sont pas très écoutés en Arabie. Pourtant dans le passé, ils ont maintes fois donné des signaux d’alerte à leurs concitoyens pour chercher à les faire réagir. Malheureusement, les gouvernements de la Ligue arabe s’assuraient toujours que leurs opinions n’aient pas d’échos. Même en Occident, elles étaient volontairement ignorées.
Un exemple frappant est le rapport des Nations Unies de 2002 traitant du développement humain chez les arabes. Il a été préparé et rédigé par un groupe d’intellectuels arabes sous la direction d’un statisticien de renommée internationale, l’égyptien Nader Fergany. Les constatations de ces chercheurs ont démontré combien il sera difficile pour les Arabes de s’adapter à la démocratie.
Le rapport conclut que le monde arabe en comparaison avec l’Occident a trois grands manques : en éducation, dans le respect de la liberté et dans l’accès des femmes au travail.
Les statistiques démontrent le triste retard du monde arabe. Le produit domestique brut total des 330 millions d’Arabes est moindre que celui des 47 millions d’Espagnols. Per capita, les dépenses en éducation dans les pays arabes ont été de 20% dans les années ’80 et de 10% dans les années ’90, de celles des pays industrialisés. Les documents scientifiques émis dans ces pays (par million de personnes) ont été près de 2% de ceux des pays industrialisés. Le monde arabe a traduit 330 bouquins par année, soit le cinquième de ce qui s’est fait en Grèce. Au point de vue de la liberté individuelle, les pays arabes sont les derniers sur les échelles de comparaison. A l’aube du 21ième siècle, il y avait plus de 60 millions d’adultes illettrés en Arabie, dont la majorité sont des femmes. On prédit que dans 10 ans, le Yemen sera le premier pays du monde à manquer d’eau. Et encore….
Ce bilan désastreux est celui des dictatures des pays arabes. Voilà ce que les despotes qui les dirigent qualifient de « stabilité ». En réalité, cela ressemble plus à des sociétés prises dans un sable mouvant.
Nos gouvernements occidentaux portent aussi le blâme pour ces chiffres honteux. Au lieu de favoriser la transformation des sociétés arabes pour les aider à sortir leurs habitants de la misère, nos leaders politiques ont flatté et cajolé leurs dirigeants-oppresseurs, n’agissant ainsi que pour assurer et protéger l’alimentation en pétrole de nos pays respectifs. Que les peuples arabes n’aient pas de droits fondamentaux, que la corruption soit généralisée au vu et au su de tous, que leurs femmes soient illettrées et non respectées, que leurs familles demeurent dans la misère, que leurs jeunes n’aient pas l’éducation nécessaire pour obtenir des emplois motivants, que l’intolérance soit prêchée dans les mosquées, etc… rien de tout cela n’était important car seule l’alimentation en pétrole comptait et… compte toujours.
Aujourd’hui, les jeunes arabes n’en peuvent plus. Ils se soulèvent et crient leur faim de liberté et leur besoin d’accès au monde moderne. S’ils réussissent à obtenir une vraie démocratie pour leur pays, ils en seront les premiers bénéficiaires et le monde se portera mieux. Mais soyons réalistes, ce ne sera pas facile. Il y aura beaucoup de soubresauts, mais le temps fait bien les choses et finalement ils prévaudront et réussiront à s’adapter. Ce n’est pas une mince tâche qui les attend. C’est le prix de la liberté.
Ils devront être vigilants pour empêcher que de nouveaux tyrans viennent les tromper, reprennent le pouvoir et confisquent leur nouvelle démocratie, comme ce fut le cas pour les jeunes algériens de 1990 qui après avoir réussi leur révolte ont vu les généraux ressaisir le pouvoir suite aux élections démocratiques de 1992 et le conserver jusqu’à ce jour.
Appuyons ces révolutionnaires qui vont changer non seulement leur monde mais aussi le nôtre. Appuyons-les aujourd’hui, demain et après-demain car ils sont sérieux. En effet, les jeunes Égyptiens et les jeunes Tunisiens nous le démontrent encore chaque jour. Ils n’acceptent pas n’importe quoi de ceux qui les dirigent temporairement et restent dans la rue pour exiger des changements réels, profonds et durables.
Les autres contestataires de Lybie, de Bahreïn, d’Oman et du Yémen combattent toujours. Ce matin, les dépêches nous rapportent que l’Arabie Saoudite défend toute manifestation dans le pays et que l’armée de Bouteflika apeure les jeunes et les empêche de manifester à Alger et à Oran. N’est-ce pas là la démonstration que la liberté n’existe pas dans ces pays ? Ces actions irraisonnables auront à la longue un effet boomerang qui fera en sorte que ceux qui, à ce jour, demeurent supporteurs des régimes actuels, se retourneront à leur tour contre les autocrates qui les persécutent.
Supportons-les. Que nos dirigeants politiques collaborent avec eux, et avec les autres qui s’ajouteront dans les mois prochains, pour assurer que le grand chambardement de tout le monde arabe devienne une réalité. Faisons en sorte que ce peuple arabe qui a déjà été grand, puisse se débarrasser des parasites qui l’ont entraîné dans les entrailles de l’enfer où il se trouve, et qu’il ait les instruments pour le redevenir.
L’objectif final de cette lutte sera atteint, comme l’a écrit Sansal : « … lorsque tombera le dernier dictateur et que sera brisé ce machin absurde, l’Arabie Saoudite, club de faux princes arrogants et cruels, qui se pose en gardien de la mythique race arabe et du véritable islam, et que disparaîtra la Ligue arabe, club fantoche mais combien pernicieux avec sa vision raciale et raciste du monde ».
C’est possible !
Claude Dupras
Un exemple frappant est le rapport des Nations Unies de 2002 traitant du développement humain chez les arabes. Il a été préparé et rédigé par un groupe d’intellectuels arabes sous la direction d’un statisticien de renommée internationale, l’égyptien Nader Fergany. Les constatations de ces chercheurs ont démontré combien il sera difficile pour les Arabes de s’adapter à la démocratie.
Le rapport conclut que le monde arabe en comparaison avec l’Occident a trois grands manques : en éducation, dans le respect de la liberté et dans l’accès des femmes au travail.
Les statistiques démontrent le triste retard du monde arabe. Le produit domestique brut total des 330 millions d’Arabes est moindre que celui des 47 millions d’Espagnols. Per capita, les dépenses en éducation dans les pays arabes ont été de 20% dans les années ’80 et de 10% dans les années ’90, de celles des pays industrialisés. Les documents scientifiques émis dans ces pays (par million de personnes) ont été près de 2% de ceux des pays industrialisés. Le monde arabe a traduit 330 bouquins par année, soit le cinquième de ce qui s’est fait en Grèce. Au point de vue de la liberté individuelle, les pays arabes sont les derniers sur les échelles de comparaison. A l’aube du 21ième siècle, il y avait plus de 60 millions d’adultes illettrés en Arabie, dont la majorité sont des femmes. On prédit que dans 10 ans, le Yemen sera le premier pays du monde à manquer d’eau. Et encore….
Ce bilan désastreux est celui des dictatures des pays arabes. Voilà ce que les despotes qui les dirigent qualifient de « stabilité ». En réalité, cela ressemble plus à des sociétés prises dans un sable mouvant.
Nos gouvernements occidentaux portent aussi le blâme pour ces chiffres honteux. Au lieu de favoriser la transformation des sociétés arabes pour les aider à sortir leurs habitants de la misère, nos leaders politiques ont flatté et cajolé leurs dirigeants-oppresseurs, n’agissant ainsi que pour assurer et protéger l’alimentation en pétrole de nos pays respectifs. Que les peuples arabes n’aient pas de droits fondamentaux, que la corruption soit généralisée au vu et au su de tous, que leurs femmes soient illettrées et non respectées, que leurs familles demeurent dans la misère, que leurs jeunes n’aient pas l’éducation nécessaire pour obtenir des emplois motivants, que l’intolérance soit prêchée dans les mosquées, etc… rien de tout cela n’était important car seule l’alimentation en pétrole comptait et… compte toujours.
Aujourd’hui, les jeunes arabes n’en peuvent plus. Ils se soulèvent et crient leur faim de liberté et leur besoin d’accès au monde moderne. S’ils réussissent à obtenir une vraie démocratie pour leur pays, ils en seront les premiers bénéficiaires et le monde se portera mieux. Mais soyons réalistes, ce ne sera pas facile. Il y aura beaucoup de soubresauts, mais le temps fait bien les choses et finalement ils prévaudront et réussiront à s’adapter. Ce n’est pas une mince tâche qui les attend. C’est le prix de la liberté.
Ils devront être vigilants pour empêcher que de nouveaux tyrans viennent les tromper, reprennent le pouvoir et confisquent leur nouvelle démocratie, comme ce fut le cas pour les jeunes algériens de 1990 qui après avoir réussi leur révolte ont vu les généraux ressaisir le pouvoir suite aux élections démocratiques de 1992 et le conserver jusqu’à ce jour.
Appuyons ces révolutionnaires qui vont changer non seulement leur monde mais aussi le nôtre. Appuyons-les aujourd’hui, demain et après-demain car ils sont sérieux. En effet, les jeunes Égyptiens et les jeunes Tunisiens nous le démontrent encore chaque jour. Ils n’acceptent pas n’importe quoi de ceux qui les dirigent temporairement et restent dans la rue pour exiger des changements réels, profonds et durables.
Les autres contestataires de Lybie, de Bahreïn, d’Oman et du Yémen combattent toujours. Ce matin, les dépêches nous rapportent que l’Arabie Saoudite défend toute manifestation dans le pays et que l’armée de Bouteflika apeure les jeunes et les empêche de manifester à Alger et à Oran. N’est-ce pas là la démonstration que la liberté n’existe pas dans ces pays ? Ces actions irraisonnables auront à la longue un effet boomerang qui fera en sorte que ceux qui, à ce jour, demeurent supporteurs des régimes actuels, se retourneront à leur tour contre les autocrates qui les persécutent.
Supportons-les. Que nos dirigeants politiques collaborent avec eux, et avec les autres qui s’ajouteront dans les mois prochains, pour assurer que le grand chambardement de tout le monde arabe devienne une réalité. Faisons en sorte que ce peuple arabe qui a déjà été grand, puisse se débarrasser des parasites qui l’ont entraîné dans les entrailles de l’enfer où il se trouve, et qu’il ait les instruments pour le redevenir.
L’objectif final de cette lutte sera atteint, comme l’a écrit Sansal : « … lorsque tombera le dernier dictateur et que sera brisé ce machin absurde, l’Arabie Saoudite, club de faux princes arrogants et cruels, qui se pose en gardien de la mythique race arabe et du véritable islam, et que disparaîtra la Ligue arabe, club fantoche mais combien pernicieux avec sa vision raciale et raciste du monde ».
C’est possible !
Claude Dupras
Inscription à :
Articles (Atom)