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mercredi 16 mars 2011

Bienvenue à la droite québécoise

Depuis quelque temps, la droite québécoise s’organise. Sous l’impulsion de personnages dynamiques et intelligents comme Joanne Marcotte et Éric Duhaime, la droite cherche à réunir tous les citoyens dont l’idéal correspond à une philosophie politique qui se situe à la droite du centre de l’échiquier politique. Ils ont formé un organisme sans but lucratif qui se présente sous le vocable Réseau Liberté Québec (RLQ). Il vise le respect des traditions et des valeurs du peuple québécois.

Une première réunion à Québec, le 23 octobre dernier, fut un succès autant par le nombre de participants que par le niveau des discussions sur la liberté et la responsabilité individuelle des individus dans la société qui y furent tenues. L’impact média de cette rencontre fut fort encourageant pour les organisateurs. Ils reviennent maintenant à la charge à Montréal avec une grande réunion, le 16 avril prochain, à laquelle sont invités tous ceux qui aimeraient partager leurs idées et collaborer à la formation d'un mouvement de masse de droite capable d’être en mesure d’influencer la classe politique, les élites médiatiques et intellectuelles et le peuple québécois.

Le RLQ veut regrouper tous les gens de droite qu’ils soient : libertarien, conservateur fiscal, centre-droit, nationaliste de droite, conservateur moral/social ou libéral classique. C’est un défi difficile, car ailleurs ces différents groupes combattent pour défendre leurs idées respectives. Mais au Québec où de telles convictions sont moins profondément enracinées, il me semble possible pour ceux qui penchent à droite de se réunir et ensemble définir une position commune.

Et ce n’est pas du luxe dans l’état actuel de la politique québécoise, car j’estime que la tendance actuelle devient malsaine pour notre économie. Les politiciens, les individus et les syndicats qui se qualifient de gauche veulent tout du gouvernement et s’acharnent à dénigrer l’entreprise privée faisant croire qu’elle est l’ennemi des citoyens et que c’est l’État qui doit tout prendre en main.

Le débat sur le gaz de schiste est un bon exemple. Dans ce dossier, comme pour l’hydroélectricité, les péquistes et les gauchistes veulent une implication à 100% du gouvernement. La chef du parti Québécois a accusé, à l’Assemblée Nationale, le PM Charest de favoriser l’entreprise privée au lieu de diminuer les taxes des Québécois avec les profits que le gouvernement pourrait engranger s’il faisait tout lui-même. Elle oublie l’expertise des intervenants privés que le gouvernement n’a pas et le risque financier qu’ils sont prêts à prendre.

Tant qu’à y être, pour suivre le raisonnement de Mme Marois, pourquoi ne pas remplacer les marchés d’alimentation comme Métro, Loblaws.. par des marchés du gouvernement ? L’agriculture ne relève-t-elle pas de ce dernier ? Ainsi tous les profits que font des grandes entreprises reviendraient au gouvernement et seraient appliquer à baisser les taxes de ses citoyens. C’est de toute évidence, ridicule ! Ce genre de raisonnement nuit au Québec où on doit favoriser l’effort, le talent et l’initiative des entrepreneurs pour qu’ils créent, lancent, organisent et dirigent de grandes entreprises créatrices d’emplois. On doit favoriser la concurrence pour obtenir les meilleurs prix.

Pourquoi ne pas faire tout l’engineering in-house et cesser de donner des contrats gouvernementaux pour les infrastructures et autres à des firmes de génie privées, comme vient de le proposer le PQ pour les études environnementales EES sur la question du gaz de schiste. Avec un tel raisonnement irréaliste, une firme comme SNC-Lavalin, qui a 26 000 employés, n’existerait pas car elle n’aurait pu dans le passé acquérir une vaste expertise, grâce à des contrats gouvernementaux, et être en mesure aujourd’hui de vendre ses services professionnels dans le monde entier. Et elle n’est pas seule.

Il est temps que le dérapage verbal anti-entreprise privée auquel nous assistons prenne fin. Les syndicats, le PQ, les gauchistes ont droit au chapitre mais pas à toute la place dans le débat public.

Voilà pourquoi je favorise l’organisation et la montée de la droite québécoise afin qu’elle apporte un autre son de cloche. Ainsi, les Québécois et les Québécoises seront mieux renseignés pour prendre les bonnes décisions quant à leur avenir et à celui des leurs enfants.

Il faut aussi cesser d’examiner la politique au Québec avec une jumelle formée de deux lunettes non identiques : la séparatiste et la fédéraliste. Le débat est envenimé au point que l’on n’y voit plus clair car il porte sur des sujets qui n’ont rien à voir avec le fond des choses et le bien-être de chaque citoyen.

Bonne chance au Réseau Liberté Québec.

Claude Dupras

Ps. On m’a invité à joindre le RLQ, mais j’ai refusé car je veux garder ma liberté d’expression dans mon blog.

dimanche 15 août 2010

Le capitalisme a sauvé le parti communiste vietnamien

Depuis mon voyage de juin dernier au Vietnam, je suis profondément touché par le sort des Vietnamiens et Vietnamiennes qui réclament la liberté d’expression dans leur pays.

Hier, j’ai pu, finalement, parlé avec Mlle Lê Thi Công Nhân directement de sa résidence de Hanoi. Elle va bien. Elle m’a appris que le jour où je l’ai rencontrée au « Highland café » de Hanoi, alors que je fus témoin de son interpellation par la police secrète du gouvernement communiste de son pays, qu'elle a été effectivement arrêtée et trainée vers la prison où elle a été retenue jusqu’à tard dans la soirée. Depuis, elle a regagné son domicile où elle est assignée obligatoirement pour les trois prochaines années. Les seules sorties qui lui sont permises sont pour l’achat de nourriture et de produits de première nécessité. Elle n’a pas le droit de travailler (elle est avocate) ni de circuler hors de la maison. Nonobstant cette situation déplaisante, elle maintient un bon esprit et espère que sa voix et celle de ses compatriotes qui veulent une démocratie pour le Vietnam soient entendues.

Nous avons parlé durant plus d’une heure et notre conversation sera retransmise sur les ondes de radio Viet Tan dans le pays. C’est une personne intelligente, engagée, persuasive, bien renseignée et surtout convaincue de la nécessité de continuer son travail. Elle est prête à faire le sacrifice de sa vie pour la liberté de son peuple.

Alors que d’autres personnes sont toujours dans les prisons Vietnamiennes, simplement pour avoir réclamé la liberté de parole sur les affaires du pays, les pays occidentaux agissent comme si de rien n’était, sauf pour quelques mots, de temps en temps, pour décrier cette situation comme les propos récents d’Hillary Clinton, secrétaire d’état américain. Malheureusement, une fois dit, c’est « business as usual ».

Le Canada est fortement impliqué au Vietnam. Le premier ministre vietnamien a été accueilli à Toronto lors du dernier G20. Le ministre des affaires étrangères du Canada a visité le Vietnam en juillet dernier. Le nombre d’étudiants Vietnamiens dans nos universités augmente rapidement car le Canada veut devenir pour eux une destination privilégiée d’études internationales. Notre pays aide l’agriculture et appuie la réforme économique. Il collabore à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie en milieu rural. Plus de 550 millions de $ d’aide ont été versés à ce jour par notre pays. Le commerce entre les deux pays croît rapidement et approche les 2 milliards de $ dont plus de 30% d’exportations canadiennes. Au point de vue investissement, le Canada est le cinquième investisseur au monde dans ce pays. De nombreuse négociations et rencontres bilatérales sont en marche dans plusieurs domaines dont le commerce, le juridique, le législatif et le judiciaire incluant la lutte contre la corruption. Nos sociétés privées sont à l’œuvre dans l’agriculture, l’agroalimentaire, la formation, l’industrie forestière, les technologies de l’information et des communications…

Que les choses ont changé depuis quelques décennies, alors que les boycotts se succédèrent ! On se rappelle celui des USA envers les Jeux Olympiques de Moscou pour raisons politiques; celui des pays occidentaux envers l’Afrique du Sud qui pratiquait l’apartheid; celui des USA, du Canada et d’autres versus la Corée du Nord suite à la guerre entre les deux Corée et qui continue; celui du temps du rideau de fer des pays d’Europe de l’est et celui de la Chine de Mao à cause du communisme; celui des USA envers Cuba qui perdure depuis 1959, etc…

Aujourd’hui, la Chine est devenue un collaborateur, un ami, un exemple. Pourtant c’est le même régime politique communiste qu’avant, sauf qu’il s’est ouvert à l’économie de marché. Rappelons-nous que suite aux refus des Soviets d’accorder la liberté économique aux peuples de l’URSS et des pays sous son joug, ces derniers se sont soulevés pour renverser leurs gouvernements, supposément indéracinables, en quelques mois.

Il me semble clair que les Vietnamiens auraient réagi de la même façon, si le parti communiste vietnamien avait suivi la politique de ses frères russes. Ce parti a eu l’intelligence de parer à un tel renversement en décrétant la grande réforme de l’économie du marché. Ce faisant, il a conservé le pouvoir et a attiré l’intérêt des pays occidentaux, comme le Canada, qui voient dans le nouveau Vietnam une place importante pour faire des affaires.

Il devient évident que c’est le capitalisme qui a sauvé les partis communistes de la Chine et du Vietnam.

Pendant ce temps, le peuple vietnamien, très occupé à gagner sa vie, ne critique pas le parti communiste au pouvoir craignant le système de terreur mis en place pour le faire taire, avec des lois arbitraires et imprécises qui briment ses droits humains les plus élémentaires.

Certes, le gouvernement du Canada critique quelque fois le gouvernement communiste Vietnamien, mais ce n’est que du bout des lèvres, beaucoup plus pour satisfaire la très active communauté canado-vietnamienne du Canada que pour régler le problème. Le Canada est plus intéressé à négocier un accord de protection et de promotion de son investissement que de sauver les innocentes personnes qui sont arrêtées pour avoir réclamer la liberté d’expression. Aucune de ses actions d’aide, de support ou d’affaires n’est conditionnelle à ce que les systèmes juridique et judiciaire accusatoire vietnamiens soient modifiés pour assurer la liberté d’expression et le respect des droits de la personne. Et le Canada n’est pas le seul à agir ainsi.

Lê Thi Công Nhân est un bel exemple de ce qu’est la liberté du vietnamien d’aujourd’hui. Plusieurs de ses collègues sont encore en prison et elle risque d’y retourner en persistant à continuer son action pour la démocratie dans son pays.

Il est temps que le Canada fasse sa part pour protéger les Vietnamiens et Vietnamiennes qui veulent s’exprimer publiquement et librement sur les affaires de leur gouvernement et la démocratie. Tout comme il a été un leader pour la chute de l’apartheid, il pourrait devenir un chef de file pour l’implantation d’une vraie démocratie au Vietnam.

Si la pression ne vient pas de l’étranger, la situation perdurera indéfiniment au Vietnam car la « gang » du parti communiste vietnamien est trop forte et emploie des méthodes quasi-staliniennes pour assurer sa main mise exclusive sur le pouvoir.

Claude Dupras

samedi 17 juillet 2010

Au Vietnam, les démocrates sont des terroristes

Le gouvernement du Vietnam, dirigé par le parti communiste du pays, vient de publier le premier numéro d’un magazine sur les droits de la personne. C’est pour répondre aux critiques de nombreux groupes internationaux, tels : l’ambassade américaine de Hanoi, l’Union Européenne, Humanrights watch, Journalistes Sans Frontière et plusieurs autres mouvements pour le respect des droits de la personne. Ces groupes déplorent le fait que des Vietnamiens et Vietnamiennes sont emprisonnés pour leurs opinions sur la démocratie et la liberté religieuse.

Comme je l’ai décrit dans mon blog du 8 juin dernier sur « Le Vietnam, un État policier : Nouvelle arrestation de Lê Thi Công Nhân », j’ai été témoin des agissements de la police secrète vietnamienne au moment où elle s’apprêtait à arrêter la jeune dissidente et avocate Lê Thi Công Nhân. C’est donc très récent.

Le ministre des affaires extérieures du Vietnam Gia Khiem a l’audace de défendre l’initiative de son gouvernement pour cette nouvelle publication en affirmant que depuis 25 ans, le parti communiste a tout fait pour favoriser les droits de la personne. Il accuse à son tour « les forces hostiles qui constamment abusent des sujets de démocratie et de droits de la personne en salissant, déformant et interférant dans le développement de son pays ».

Le but du magazine mensuel est d’informer les Vietnamiens et le monde extérieur sur le parti communiste au pouvoir et sur ses politiques. Il vise à les assurer que « la protection des droits de la personne est dans la nature même du régime » et à réfuter les affirmations mensongères et hostiles qui circulent dans le monde.

Pour la gang (ce qu’est en réalité le parti communiste Vietnamien) qui dirige le pays, tout acte de dissension est une menace pour renverser éventuellement leur gouvernement, donc leur enlever le pouvoir. Pour se protéger, ces pseudo-communistes visent les dissidents dans le pays comme Lê Thi Công Nhân et les Vietnamiens qui vivent à l’étranger. Ils détestent les activistes américains et les qualifient de groupes terroristes. S’ils prennent connaissance de mes blogs et de mes actions sur le sujet de la liberté d’expression au Vietnam, je suis devenu un terroriste à leurs yeux.

Une nouvelle loi sur les cafés internet doit d'ailleurs entrer en vigueur ce mois-ci et obliger chaque café à garder trace de tout visiteur. Ainsi Starbucks, non seulement offrira l’internet gratuit, mais deviendra un espion pour les communistes en dénonçant ceux qui l’utilisent dans ses cafés. Google, Facebook et autres de même nature sont visés par une nouvelle réglementation gouvernementale qui exige des fournisseurs de services internet publics l’installation de logiciels capables de suivre les activités de certains sites et de les bloquer si la gang le juge nécessaire, tout comme le fait actuellement le parti communiste chinois.

Il faut reconnaître que le parti communiste vietnamien a pris de très bonnes décisions en rapport avec le développement économique du pays. Depuis qu’il a mis le communisme de côté pour appliquer le capitalisme dans le pays, il a réussi à diminuer la pauvreté par dix en quelques années. Le pays est aussi en pleine expansion touristique. Cependant, le parti démontre par ses actes et ses lois qu’il ne tolère aucune forme de dissension et utilise des lois désuètes et non précises pour emprisonner ceux qui le défient publiquement et sur internet.

Lê Thi Công Nhân, jeune avocate de 33 ans et porte-parole du Mouvement pour la démocratie au Vietnam a déjà passé trois ans en prison et est assignée à résidence pour trois autres années. Depuis sa sortie de sa geôle, elle a été arrêtée deux fois et mise en prison pour quelques jours. Suite à l’incident dernier dont j’ai été témoin, je ne peux savoir malgré toutes mes démarches où elle se trouve actuellement. Quant au jeune président du Mouvement, il est encore en prison avec plusieurs autres prisonniers politiques. Ces jeunes individus sont prêts à sacrifier leur vie pour cette noble cause.

La démocratie viendra au Vietnam un jour. C’est inévitable. Ces jeunes la veulent tout de suite et non dans 20, 30 ou 50 années afin que le peuple ait une voix au chapitre pour choisir ceux qui le gouvernent et que la corruption par la gang communiste prenne fin.

Claude Dupras

mardi 8 juin 2010

Le Vietnam, un État policier : Nouvelle arrestation de Lê Thi Công Nhân

Il est 17h00. C’est le 28 mai 2010. Je suis à Hanoi, au Vietnam. Je reviens à l’hôtel Moevenpick où nous logeons, mon épouse et moi, après avoir visité le musée de la littérature. J’aperçois dans la vitrine du « Highlands Coffee », qui est voisin de l’hôtel, une enseigne qui offre le « free wifi ». J’y vais seul pour lire mes emails, avec mon ipodtouch,

J’opte pour un fauteuil à droite de l’entrée du café près d’une grande vitre qui donne sur l’intersection des rues avoisinantes. Au moment où je m’installe, j’aperçois une jeune dame dans la trentaine qui semble convoiter le même siège. Je lui offre avec plaisir et elle me remercie avec un léger sourire. Je m’installe finalement au centre du café dans un fauteuil, face au bar. La jeune dame est à ma gauche, un peu en arrière de moi, et je dois tourner la tête et légèrement le corps pour l’apercevoir. Mais je l’oublie vite car je me concentre sur ce que me révèle mon ipod.

Une dizaine de minutes plus tard, quelqu’un touche à mon épaule. Je me retourne, c’est la jeune dame. Elle me donne vite une serviette blanche de papier pliée en deux et sans dire un mot retourne à sa place. Surpris, je la regarde, mais elle m’évite et son regard est fixé vers l’extérieur. Elle est petite, le visage un peu grassouillet et porte des verres noirs. Elle a un air intelligent, déterminé mais semble quelque peu préoccupée. Elle est calme.

Je déplie la serviette et y trouve un message écrit de sa main sur un mémo jaune. Je lis : « I’m Lê Thi Công Nhân. U can find (sth…) about me on Internet. I’m under house arrest now (3 years after 3 years in prison). The secret polices are around this coffee shop and I should be arrested again. Pls inform about this to US embassy, EU, Human Rights Watch. Thanks a lot.”

Stupéfait, je ne bouge pas, je glisse vite le mémo dans mon portefeuille. Je la regarde quelque peu mais elle m’évite toujours. Je n’ai jamais entendu parler de cette personne. Je décide de rester dans le café et attendre la suite des évènements. Je recherche par mon ipod qui elle est mais je ne trouve rien (je faisais une erreur avec son nom). Quelques minutes plus tard, trois jeunes hommes et une jeune fille habillés en civil, à l’allure policière, entrent dans le café et s’assoient, sans brouhaha, avec la jeune dame. Je les regarde brièvement. Ils engagent une conversation avec elle, mais elle semble ne répondre que par signes de têtes. Elle a l’air triste et demeure calme.

Que faire ? Au bout de dix minutes, je quitte le café et j’aperçois à l’extérieur au moins un autre policier en civil qui me suit de l’œil.

De retour à l’hôtel, je vérifie sur internet qui est Lê Thi Công Nhân. Google me dit: « Lê Thi Công Nhân est bien connue dans les milieux dissidents au Vietnam en tant qu’avocate au franc-parler pour les droits de l'homme. Elle a été interrogée par « Voice of America » et « Radio free Asia »: là et ailleurs, elle a appelé au respect des droits de l'homme dans son pays.

Arrêtée le 6 Mars 2007 par la sécurité de la police de Hanoi et jugée par la Cour Populaire de Hanoi le 11 mai 2007. Lê Thi Công Nhân a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement, en vertu de l'article 88 du Code pénal, pour "propagande contre l'État » (le parti communiste). Sa peine fut réduite d'un an suite à un appel le 27 Novembre 2007, bien que sa peine supplémentaire d'assignation à résidence en liberté de trois ans n'ait pas changé.

Amnistie Internationale la considère comme une prisonnière d’opinion et a demandé alors sa libération immédiate et inconditionnelle.

Elle fut libérée le 6 mars 2010, après la fin de sa sentence, mais arrêtée à nouveau pour trois heures le 9 mars sous prétexte qu’elle avait violé les conditions de son assignation à résidence.
»

Je suis le seul qui sait qu’elle vient d’être arrêtée à nouveau. Dois-je avertir immédiatement les gouvernements ou organismes tel qu’elle me le demande dans son mémo ? Je m’informe auprès de personnes locales sérieuses et on me conseille de ne rien faire pour l’instant car cela pourrait me créer des embêtements avec le gouvernement Vietnamien puisque je serai encore huit jours au Vietnam et de n’en parler à personne car le parti a ses informateurs, qu’ils soient guides, etc… Je décide de suivre ce conseil et d’agir dès ma sortie du pays. C’est ce que je fais par ce présent blog et par les messages que j’ai fait parvenir selon les désirs de Lê Thi Công Nhân.

Le parti communiste du Vietnam est le dictateur du pays. Il compte comme membres seulement 3% de la population et pour le joindre il faut avoir de bons contacts car n’entre pas qui veut dans cette « gang ». Il contrôle l’armée, la police et le gouvernement. L’homme le plus fort du pays est le secrétaire général du parti communiste et non le président. Il n’y a pas d’élection dans ce pays. Tous les membres du gouvernement et les bureaucrates sont communistes. Il est reconnu qu’ils font preuve de corruption et sont accusés d’incompétence à cause de leurs fréquents changements de décision.

Pourtant le développement économique du pays est réel et rapide. D’un des pays les plus pauvres d’Asie, il est devenu aujourd’hui un pays dynamique et son taux de pauvreté a diminué de dix fois. C’est depuis 1987, année où le parti communiste a décidé d’accepter l’économie de marché, que tout a changé. Il s’est finalement rendu à la demande du Vietnamien moyen, particulièrement celui du sud, qui est un individu entreprenant et qui veut à tout prix réussir à bien gagner sa vie. Depuis, de petites et grandes entreprises de toutes sortes fourmillent de partout.

Actuellement, les Vietnamiens tolèrent le parti communiste car l’environnement économique de leur pays leur permet de faire des affaires et des sous. Il y a aussi le fait que le Vietnam a vécu 5 guerres contre des pays étrangers durant les 100 dernières années et les a toutes gagnées. Le peuple vietnamien demeure reconnaissant à Ho Chi Minh et à son parti communiste pour avoir bien mené ces batailles et obtenu l’indépendance de leur pays.

Mais cela ne change pas le fait qu’il y a contradiction entre politiques communistes et politiques démocratiques. En général, les Vietnamiens sont heureux de bénéficier de libertés sociale, économique et religieuse mais surpris que les dirigeants du pays emprisonnent ceux qui veulent la liberté de parole. Plusieurs estiment que le parti communiste est suffisamment fort dans l’opinion publique pour permettre que des personnes comme Lê Thi Công Nhân, qui est très connue, puissent s’exprimer librement sur l’organisation politique de leur pays. Même si pour eux, la notion des droits de l’homme n’a pas l’importance que nous lui donnons puisqu’ils pensent que ce sont plutôt les devoirs du citoyen qui priment dans la société, ils ne comprennent pas pourquoi ceux qui les défendent ne puissent le faire.

Cela démontre que le parti communiste vietnamien est une « gang » au pouvoir qui ne veut d’aucune façon risquer de le perdre. Tant que le Vietnam demeurera un État policier, il n’aura pas la crédibilité requise pour accéder au rang qu’il mérite sur la scène internationale.

J’espère que les organismes internationaux s’uniront pour plaider à nouveau la cause de Lê Thi Công Nhân afin qu’elle soit libérée.

Claude Dupras

samedi 19 décembre 2009

Un écho de l’ouest

Bob Harvie est avocat et président de l’Association du parti conservateur du comté de Lethbridge en Alberta. Il écrit un blog quotidien qui fait partie de la liste de blogues que je lis régulièrement et que je recommande à mes lecteurs pour mieux connaître le pouls des Canadiens de l’Ouest du pays.

Récemment en rapport avec ce qui s’est déroulé à Copenhague, il a rédigé plusieurs blogues sur le sujet de cette conférence des Nations Unies et le rôle du Canada. J’ai pensé reproduire ici son blog du 16 décembre.

Écrit en Anglais, j’en ai fait la traduction française le plus près possible de la façon d’écrire de Bob Harvie et j’ai conservé sa présentation.

Claude Dupras

Fierté grandissante avec la position du Canada à Copenhague

Souveraineté.

Cela veut dire quelque chose.

Cela veut dire que nous avons tous les droits de contrôler ce qui arrive à nos frontières. Pas l’ONU, pas un « petit » dictateur comme Hugo Chavez du Venézuela. Le Canada contrôle le Canada.

Et notre gouvernement a l’obligation de protéger notre souveraineté et de protéger TOUS nos citoyens, incluant, n’en déplaise à David Suzuki, ceux qui sont engagés dans l’industrie minière, l’industrie forestière et l’industrie pétrolifère.

Et ce que ne discutent jamais ceux qui se qualifient de “verts” est le coût, le coût réel de faire de vrais efforts pour changer l’environnement. Ils font du bruit pour clamer que « l’industrie verte » est la nouvelle économie. Vraiment ?

Quelles sont les possibilités, avec les frais de transport qui doivent grimper radicalement pour tout ce qui consomme du carbone, incluant les trains, les avions et les automobiles, d’assurer des emplois manufacturiers profitables à Edmonton, Calgary, Saskatoon ou Winnipeg.

Zéro.

L’”économie verte” sera un “boom” pour les territoires qui ont déjà accès aux grands marchés.

On s’entend pour dire Toronto et le sud de l’Ontario.

Il y a des choses qui ne changent jamais.

Notre gouvernement actuel, heureusement, est un peu plus sophistiqué que David Suzuki et Al Gore. Et, Dieu merci, Barack Obama l’est aussi. Ils comprennent qu’en érodant leur propre souveraineté, en s’engageant dans des traités internationaux, qui, en réalité ne sont que des trucs à sens unique par lesquels un petit nombre de pays vont hypothéquer leur futur au profit de pays qui n’ont pas, de toute évidence, l’habilité de diriger correctement leur propre peuple et qui refusent (la Chine et l’Inde) de s’engager dans des objectifs obligatoires ou dans des procédés de vérification de ces objectifs.

Et les verts et les Libéraux (pour l’instant, parce qu’ils n’agissent pas de façon responsable, il faut se rappeler qu’ils n’ont rien fait à propos de Kyoto) malgré tout ne cessent de critiquer parce que le Canada ne gagne pas de concours de popularité à Copenhague,

La responsabilité de prendre soin de tout le pays est trop importante pour la passer à des fakirs comme Al Gore et ses clones. Les enjeux sont trop élevés… il y a trop de monde sans emploi et notre économie est trop fragile pour prendre des engagements à sens unique.

Pensez-vous vraiment que nous devrions envoyer des milliards de dollars de notre pays à l’Inde afin qu’il puisse construire une usine thermique au charbon qui deviendra une des plus polluantes de carbone au monde ? Cela fait partie actuellement des transferts prévus par Kyoto car l’Inde continue la construction de telles usines avec de l’ARGENT DE KYOTO.

La 16ième plus grande source émettrice de carbone au monde sera construite en Inde avec de l’argent de Kyoto. Cette partie du protocole de Kyoto est maintenant identifiée, par certains, comme « la tricherie du carbone vert ».

Je n’ai pas de problème à ce que notre gouvernement recherche des solutions médianes pour réduire la pollution mais l’idée de céder notre souveraineté et notre bien-être économique aux penseurs de l’ONU est simplement ridicule.

Donc pour avoir “embarrasser” le Canada devant les "biens-intentionnés aux petits esprits" à Copenhague, je dis, bien fait Stephen Harper, et bien fait, Jim Prentice.

Il est bon de savoir que quelqu’un se tient debout pour le Canada.

Bob Harvie

jeudi 3 décembre 2009

Les minarets en Suisse

Suite à mon texte « Honte aux Suisses » en rapport avec le référendum sur les minarets en Suisse, j’ai reçu beaucoup de commentaires qui désapprouvent ma position. En voici, à la suite, quelques uns :

« Moi, je dis Bravo aux Suisses, qui ont su se tenir debout, car moi aussi, j'aurais voté contre la construction de ces minarets, du haut desquels est fait l'appel à la prière, et à ce que je sache, les pays occidentaux n'ont pas besoin de ça, déjà qu'on "tolère" leurs mosquées !! »

« Je ne désapprouve pas l'action des Suisses au sujet de la construction de minarets. Nous, dans l'Occident, nous sommes en train de se débarrasser de ce despotisme religieux qui a pendant trop longtemps imposé ses lois sur la conduite de nos vies. On nous disait quoi ne pas manger, comment s'habiller, à qui ne pas parler, quoi ne pas lire, etc...et vous le savez aussi bien que moi. »

« Si les musulmans sont si malheureux, pourquoi alors, ne retournent-ils pas dans leur beau pays, si accueillant, ou leurs mosquées et leurs minarets, ne dérangent personne et ou ils pourraient vivre selon leurs traditions et leur religion, qui ne cadrent absolument, mais alors absolument pas, avec nos valeurs et nos us et coutumes ? »

« Vos propos de ce jour ont sans doute été écrits sous le coup de l'impulsion. Analysez un peu plus la situation avant de commettre des propos aussi creux. »

« Les musulmans sont intolérants; essayez d’ériger une église en Arabie Saoudite. Nous n'avons pas à être plus tolérants qu'eux. S'ils veulent absolument pratiquer la religion de l'islam, qu'ils le fassent en secret. »

« Je dis non aux grosses mosquées; c'est le temps du moyen-âge et ce temps est passé. »

« Et la liberté de culte dans les pays musulmans, on en fait quoi ??? Meurtres, mutilations, assassinats...voilà ce qui réservé aux non musulmans »

« Pour ma part, l'islam et tout ce qui s'ensuit, est un fléau mondial, un point c'est tout, et je les tolère parce que je n’ai pas le choix, car nos gouvernements sont trop peureux, pour faire autrement!! »

« Je ne suis pas d'accord avec votre commentaire. Cela s'appelle de la "démocratie" ce que nous manquons dans mon pays. Il me semble que le jour ou les musulmans voudront ENFIN s'adapter au pays qui les accueille au lieu d'exiger tout ce que eux veulent, les autochtones seront plus enclins a être positifs envers eux »

« …de la provocation. Je ne suis pas raciste mais à force des choses on le deviendrait. Ainsi pour ne pas vexer les Musulmans, dans les administrations et lieux publics il n'y a plus de sapin de Noël, ni de crèche et pourquoi c'est NOUS qui devons nous adapter à eux, c'est vraiment le comble de tout. »

« Les musulmans vivent dans leur communauté et en plus "exigent" le port du foulard pour les filles dans les écoles. Par contre, en Turquie il est interdit de porter le foulard dans les écoles! Donc, pourquoi cette exigence… ou provocation en Europe ??? »

« Qu'est-ce que les Musulmans normaux, attendent pour faire taire les fondamentalistes islamistes ? Qu'ils… prennent les mesures nécessaires, afin que ces groupes de terroristes, arrêtent de semer la terreur, et par le fait-même, entretenir la haine, envers eux?? »

« Les alliés se battent pour les faire entrer dans le 21ième siècle, qu'ils respectent les femmes, qu'ils se débarrassassent de leur coutumes barbares de mutilation et de lapidation, etc.. »


J’ai été surpris de la violence et du ton des commentaires que j’ai reçus. Un seul était positif. Mon expérience personnelle, si loin de cet état de chose, me fait voir la situation tellement différemment.

Il y a eu au Canada, presque constamment, des vagues d’immigrations reliées aux différents fléaux qui s’abattaient sur diverses parties du monde. Plusieurs des individus affectés par ces malheurs ont crû bon d’immigrer au Canada. Ils sont venus avec leur us, leurs coutumes et leur religion. Avec le temps, ils se sont intégrés et sont devenus des atouts importants pour le développement de notre pays. Le Canada a toujours eu besoin de l’immigration pour continuer à progresser. Le résultat a été qu’à Montréal, par exemple, plus de 100 nationalités différentes y résident côte à côte. Et je dirais qu’ils vivent bien ensemble.

Qu’il soit catholique, protestant, juif, hindouiste, bouddhiste, musulman, confucianiste ou d’une autre religion, chacun a trouvé son lieu de prière. Certes, il y a eu des accrochages, mais pas plus. La société change. Il n’y a pas tellement longtemps les églises catholiques étaient pleines. Aujourd’hui, elles sont vides. Il y a même, à Montréal, d’ex-églises catholiques qui ont été vendues à des groupes musulmans et transformées en mosquée. C’est la vie.

Ici, comme en Europe, depuis le 11-09, les éclats des conflits qui affligent le monde sont transmis par les mass-médias, presque quotidiennement, et montrent, plus souvent qu’autrement sans nuance, que ce sont des arabes musulmans fondamentalistes (on ne le dit pas toujours) qui sont les auteurs de ces crimes et qui sont caricaturés comme les ennemis du monde. La compétition au sein des médias a fait en sorte qu’une spirale ascendante de nouvelles à sensations sur ces sujets retombe négativement sur la religion musulmane. L’Islam paraît pour plusieurs comme une mauvaise religion qui engendre la guerre et la haine. Alors que c’est une religion de paix.

Sur les 1,5 milliards de pratiquants musulmans dans le monde, seule une infime pincée s’agite contre l’Occident. Mais pourtant c’est toute la religion qui est la cible des critiques. Certes, elle a des aspects difficilement compréhensibles pour un Occidental, mais la religion chrétienne, dans le passé, a aussi engendré des gestes sauvages et meurtriers que l’histoire relate et lui reproche.

Nous sommes tous, jusqu’à un certain point, endoctrinés par cette avalanche d’images et de paroles anti-arabes et anti-islam. Je le constate tous les jours dans mes conversations avec plusieurs personnes et je peine à faire valoir mon point de vue qui est, souventes fois, fort différent. Les commentaires en réaction à mon récent blog le démontrent clairement. De plus, les nombreux sondages dans tous les pays européens depuis le référendum suisse l’indiquent puisqu’une très vaste majorité d’européens, quelque soient leur origine, s’oppose à la construction de minarets sur leur territoire. Cette situation est triste car elle est basée sur une dénaturation de ce qu’est l’Islam. On ne fait pas la part des choses. À mon avis, il est temps que cela change, car ce repli sur nous-mêmes est négatif et engendrera de nouveaux conflits dans notre propre cour. La démocratie c’est le respect de l’autre. Le partage avec l’autre. La compréhension de l’autre.

La liberté de religion est aussi importante que la liberté de parole. Et même si parfois, on peut trouver difficile de s’adapter, il faut, à mon point de vue, penser à long terme et comprendre que le temps guérit bien les plaies les plus vives.

Un bon exemple est le Canada qui est composé d’immigrants et de fils et filles d’immigrants. On y voit comment petit à petit des gens de toute religion ont pu s’intégrer ensemble dans une société qui fonctionne bien mais qui, malgré tout, accepte toujours les changements avec la même réticence que par le passé.

Claude Dupras

dimanche 26 juillet 2009

Rêve ou réalité politique

Suite à mon précédent blog, « Un parti en déroute », mon ami algérien Mansour m’a fait parvenir un commentaire par lequel il exprime une opinion contraire à la mienne en rapport avec la solution aux problèmes électoraux du Parti Socialiste français. Il contient beaucoup de vrai et c’est la raison pour laquelle je le publie ici, en le commentant par la suite. Le voici :

Claude

Ton blog concernant la déliquescence du parti socialise, depuis pratiquement le départ de Mitterrand, m'a rappelé la fameuse déclaration du grand révolutionnaire français, Mirabeau, je crois, qui affirmait que la France était en fait un ensemble de peuples désunis. Et cette évaluation de la société française au 19e siècle reste valide à ce jour, à mon avis. Dans un sens, c'est ce qui fait le charme de cette société extraordinaire, qui est toujours capable aussi bien du pire que du meilleur.

Mais pour être sérieux, je crois que les partis de gauche à travers le monde occidental, y compris les USA, entre parenthèses, traversent un grand désert d'idées et sont incapables de s'adapter aux conditions mondiales du jour. Le monde autour du monde occidental se transforme à une vitesse que les Occidentaux refusent de suivre. D’un côté, il est apparemment facile aux idées de droite de puiser dans le puits du refus, de toute la société occidentale, d'accepter qu'elle ne pourra plus façonner l'avenir de toute l'humanité comme elle le désire. De l'autre coté, il semble impossible aux idées libérales de la gauche d'adapter ses principes de défenses des droits du travailleur, par exemple, à l’inévitable vague de la mondialisation.

A mon avis, le problème du Parti Socialiste français n'a rien à avoir avec le manque de leadership. Plus grave encore, il souffre d'un essoufflement de sa propre idéologie. Et ce qui est plus important, c'est que l'opinion publique en France, aussi bien qu'à travers l'Europe, est aujourd'hui plus conservatrice que jamais pour défendre les gains socio-économiques garnis depuis le 19e siècle, malgré le fait que tout le monde sait que ces jours fériés sont à jamais du passé. Qu'on le veuille ou non, nous assistons à une première guerre mondiale économique que l'Occident est sûr de perdre et il ne sait pas comment s'adapter à cette défaite. Les monstres de l'Asie et du Sud-est asiatique décideront de l'avenir de l'humanité dans les décennies et les siècles à venir.

Mansour


Je suis d’accord avec Mansour sur son analyse des réactions de la droite ou de la gauche en rapport avec les transformations de nos sociétés qui découlent de la mondialisation et de la montée des géants économiques de l’Asie. D’ailleurs, dans mon récent blog, j’ai reconnu qu’une vague de droite s’élève à l’horizon européen et que la mondialisation a de grands effets sur la politique.

Mais il ne faut pas oublier que la bataille est électorale.

Les socialistes de tous les pays européens sont aussi inquiets de l’effritement de leurs appuis électoraux, et c’est pourquoi, au parlement européen, le parti qui regroupe les députés socialistes de chaque pays, cherche de nouvelles alliances et veut changer de nom.

Et en France, l’échéance des prochaines élections présidentielles est dans trois ans. Ceux qui prédisent, aujourd’hui, que le président Sarkozy sera réélu, ne semblent pas savoir qu’une telle période de temps est longue en politique. Tout peut arriver. Il faut aussi qu’il réalise, qu’il le veuille ou non, que la politique est devenue en France, comme ailleurs, un commerce d’images et d’illusions.

Un nouveau chef élu par un très grand nombre de gens de gauche aura une crédibilité certaine surtout s’il réussit à présenter un programme politique réaliste qui s’adapte aux problèmes du temps et de l’avenir et qui n’est pas basé que sur des idéaux sentimentaux.

Certains proposent que le PS change de nom dans le plus bref délai. Ils pensent ainsi faciliter la venue des électeurs vers leur formation politique. Je ne partage pas cette opinion. On ne change pas de nom de parti comme on change de chemise. Ceux qui dans le passé ont réussi une telle mutation ne l’ont fait qu’à l’étape finale d’une transformation interne et sérieuse de leur parti. Lorsque le PS aura réformé sa structure, repensé et modernisé ses politiques, ouvert son « membership » et élu un chef crédible, il sera temps de donner à cet important renouvellement le nom qui l’identifie le mieux.

Si le Parti Socialiste français persiste dans sa voie actuelle, il est foutu. S’il écoute ses jeunes membres, réagit intelligemment et redevient dynamique, il ramènera les brebis égarées au bercail et aura une chance sérieuse de devenir un concurrent valable pour reconquérir la présidence française.

Claude Dupras

jeudi 23 juillet 2009

Un parti en déroute

Il y avait les Éléphants. Il y a maintenant les Éléphanteaux. Ils sont cinq jeunes députés socialistes français. Non, pas vraiment jeunes puisqu’ils dépassent les 45 ans. Leurs noms seront les grands noms de la politique française de demain : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Benoît Hamon, Vincent Peillon. Ils en ont assez de voir leur parti glisser sur une pente descendante de plus en plus à pic. Ils n’en peuvent plus de se laisser manœuvrer par la vieille garde du parti qui a amené le Parti Socialiste français dans une obscurité qui devient de plus en plus profonde. Ils ont décidé de brasser la cage. Avec eux, le respecté Jack Lang, ex-ministre de la culture, vient de qualifier le parti d’ « arbre sec », c’est presqu’admettre que le parti est mort.

Le problème du PS en est un de leadership. Pas un de programme comme le dit et le répète Martine Aubry, la première secrétaire du parti et le « boss » actuel. Dès son élection, au congrès de Reims à l’automne dernier, j’ai affirmé dans un blog que le parti venait de faire une erreur fondamentale en choisissant « la femme des 35 heures ». Cette politique erronée du passé se devait d’être vitement oubliée, mais, malheureusement, les Éléphants n’ont pas compris cela et ont propulsé Martine Aubry sur l’avant-scène. Depuis, la cacophonie s’est installée et le parti accumule défaite sur défaite car plus personne ne l’entend. Il perd constamment ses adhérents au profit d’autres partis de gauche, anciens ou nouveaux.

La gauche française a d’innombrables idées. Le contenu ne manque pas. Il lui faut un chef qui proposera son programme auquel les Français pourront s’identifier. Pour ce faire, les jeunes députés socialistes veulent que le parti institue, sur tout le territoire français, une grande élection primaire à l’américaine, ouverte à tous les électeurs de gauche du pays quelque soit leur parti. Ils ont la conviction que le chef qui en émergera deviendra un leader capable de rallier toute la gauche et de l’unifier pour faire face à Nicolas Sarkozy lors de la prochaine élection présidentielle. Je crois que c’est une très bonne idée qui a le mérite d’être pratico-pratique car les électeurs français se partagent, plus ou moins également entre la gauche et la droite. Mais une importante vague droite pointe à l’horizon européen où la popularité de mesures politiques à la social-démocratie est en baisse et la mondialisation pèse. Cela rendra la vie plus difficile au PS s’il ne fait rien pour se dégager de sa torpeur actuelle.

Suite à une critique sévère de Valls sur l’état actuel du parti, Martine Aubry a fait l’erreur de lui répondre publiquement en le menaçant d’expulsion du parti, comme si le PS n’était plus un parti pluraliste. Aujourd’hui, après la réponse cinglante de Valls, elle perd la face en ne mettant pas en force sa menace, alors que les députés socialistes s’unissent pour demander une « Halte au feu » en affirmant que « chacun est libre de son expression, de son ambition, de l’épanouissement de son talent… ».

Ce n’est pas d’un appel au calme qu’a besoin le PS pour se redresser. C’est en laissant les jeunes députés dirent tout haut ce que la majorité des gens de la gauche pensent tout bas, en les écoutant et en les laissant prendre une place de leadership dans ce parti. Le parti doit être secoué vivement, sinon il est voué aux bancs de l’opposition pour longtemps.

Claude Dupras

mercredi 29 avril 2009

Le comportement de l’Occident

Quelques uns de mes lecteurs me demandent pourquoi j’adresse si souvent la question des Arabes et des Musulmans dans mes blogs. Mon intérêt pour cette partie du monde vient du temps de ma carrière d’ingénieur-conseil durant laquelle j’ai œuvré plus de 7 ans en Algérie, dans les années ’70. J’ai eu l’occasion alors d’apprendre à bien connaître ce pays, les actions de ses chefs politiques (le gouvernement Boumediene dirigeait alors le pays), sa population et de me faire de nombreux amis. Malgré le système politique soviétisé de ce gouvernement, avec lequel je n’étais pas d’accord, j’ai pu constater qu’il y avait là, à ce moment-là, un grand nombre d’individus bien instruits, enthousiastes, patriotes et sincères qui travaillaient ardemment depuis 1962 à créer leur nouveau pays. L’ambiance était remarquable et prometteuse.

Suite aux évènements du 11 septembre 2001, la réaction américaine a été vive et défendable, mais avec le temps elle a dégénéré en une politique qui ne respecte plus les masses musulmanes et ne vise qu’à trouver les chefs d’Al-Qaeda, advienne que pourra. C’est devenu insensé, choquant et contre-productif. Heureusement, aujourd’hui, Obama veut changer la donne.

Pour moi, les Musulmans sont des gens comme nous, qui aiment autant leur famille que nous et qui visent à donner à leurs enfants toutes les chances possibles pour bien vivre et vaincre la vie. Je cherche donc à remettre, un peu, les pendules à l’heure en rappelant que les Musulmans ont les mêmes droits comme être humain que nous et qu’ils sont libres d’agir comme ils l’entendent. Je respecte cela et je pense que nous n’avons pas à leur dire ce qu’il faut faire !

Plusieurs gens d’ici, comme d’ailleurs, critiquent la religion musulmane mais oublient qu’il n’y a pas tellement longtemps les femmes au Québec n’avaient pas droit de vote à cause de l’Église catholique, que cette dernière s’opposait à l’école obligatoire jusqu’à 14 ans, que les curés forçaient les femmes mariés d’enfanter, sous peine de ne pas leur donner l’absolution, et que plusieurs en mourraient, et encore…. (je pourrais remplir cette page avec la description des simagrées que notre religion nous a fait faire).

Suite à mon blogue « Obama et les Musulmans » mon ami algérien Mansour, correspondant de longue date, m’a envoyé un message pour me dire son accord avec le fond de mon texte et élaborer davantage sa pensée. J’ai cru utile pour mes lecteurs de l’inclure ici. Le voici :

« Je suis très content de lire tes positions concernant le comportement du monde occidental vis-à-vis de la représentativité politique des mouvances islamiques à travers le monde arabe et musulman du monde.

N'est-il pas temps pour ce beau monde occidental, toujours prêt à donner des leçons de morale universelle, de faire un diagnostic sérieux des origines de l'émergence des mouvements politiques d’islamistes à travers le monde ? N'est-il pas temps de reconnaître que tous les problèmes que nous devons gérer aujourd'hui ont commencé avec la création de l'État d'Israël sur le dos des pauvres Palestiniens, qui n'avaient jamais rien fait de mal aux juifs du monde ?

Et pour assurer la survie de cet État construit de toutes pièces par l'Angleterre, les USA et la France en particulier; tout le monde occidental s'est mobilisé à ce jour pour pratiquement interdire toute vie politique saine à travers le monde arabe en particulier. Tous les régimes politiques arabes qui sont toujours au pouvoir sont des créations de ce monde occidental, qui par ailleurs les défend au nom de la liberté universelle de toutes les sociétés à choisir leurs dirigeants politiques. Je me demande combien les Saoudiens ou les Égyptiens, encore moins les Marocains ou les Algériens ont la liberté de choisir leurs futurs leaders politiques.

Et si la civilisation occidentale croit profondément à la démocratie, telle qu'elle est appliquée dans le monde civilisé, comment peut-on expliquer l'indifférence totale que cette civilisation vis-à-vis des mouvements réellement démocratiques qui essaient de survivre tant bien que mal à travers le monde arabe à ce jour ? Quel a été le comportement de tout le monde occidental durant les années d'enfer que l'Algérie a connu durant la décennie 90 ? Je me souviens que des centaines de jeunes algériens tous fondamentalement imbibés de la culture française, se sont retrouve interdits de séjour en Europe ou en Amérique du nord, alors que des milliers de terroristes notoires islamistes étaient reçus avec les bras ouverts.

Comment peut-on m'expliquer que le FIS des années 90 était un symbole de l'émergence de la démocratie en Algérie et qu'aujourd'hui Al-Qaeda, qui n'a pas fait un dixième du mal que le FIS est devenu après avoir été banni par l’armée algérienne, tout d'un coup l'ennemi public numéro un de toute l'humanité ?

Aujourd'hui, le monde occidental dépense des centaines de milliards de dollars pour soi-disant combattre l'islamisme international, mais je ne vois aucune initiative occidentale pour aider et promouvoir les mouvements réellement démocratiques dans le monde arabe et musulman. Où sont les actions diplomatiques, politiques ou économiques du monde occidental pour enfin mettre fin à tous ces régimes corrompus du monde arabe ? »


Mansour pose plusieurs questions importantes qui révèlent bien l’état de la situation actuelle de nos relations avec les pays arabes et musulmans.

Claude Dupras

dimanche 22 mars 2009

Le Canada, le pays le plus anti-palestinien.

Le gouvernement canadien vient de refuser le droit d’entrée au Canada à un député du parlement britannique pour la raison qu’il aide le Hamas et que ce dernier est classé aux USA et ici comme un groupe terroriste.

Personnellement, j’ai toujours pensé que le Hamas est un mouvement de résistance devant l’invasion israélienne et qu’il est composé de plusieurs groupes dont un groupe qui utilise des méthodes terroristes. Ce n’est pas un mouvement de terroristes comme on l’entend lorsqu’on parle d’Al Quaïda.

Dans son article d’aujourd’hui, le journaliste Patrick Lagacé, de La Presse de Montréal, partage mon opinion en écrivant : « Pour le Canada, le Hamas est un groupe terroriste (la réalité est plus complexe, le Hamas a une détestable branche armée qui commet des actes terroristes, mais c’est aussi un parti politique dûment élu et un groupe social qui offre des services appréciés aux Palestiniens ; … ; le Hamas est donc l’objet de sanctions de la part de pays comme le Canada et les USA, mais l’Australie et la Grande-Bretagne ne considèrent que les Brigades al-Qassam du Hamas comme un groupe terroriste ; … j’espère que cette nuance ne me vaudra pas la révocation de ma citoyenneté canadienne…) ».

Le Canada empêche le député George Galloway de venir à Toronto pour parler le 30 mars prochain sur « La résistance de Gaza à Kandahar » devant « la coalition canadienne pour arrêter la guerre ». Le porte-parole du ministre canadien Kenney prétend que ce sont pour des raisons de sécurité nationale que cette décision a été prise.

Pourtant, Galloway a rencontré, il y a moins de trois ans, les membres du congrès américain pour exprimer son opinion et cela à leur demande. C’était dans le temps de Bush qui avait fait qualifier le Hamas de mouvement terroriste.

De plus, on se rappellera que lors de la dernière guerre mondiale le parti communiste, contrairement à ce qui se passait aux USA, n’avait pas été disqualifié comme parti politique canadien et avait même fait élire un député au centre de Montréal dans la personne de Fred Rose.

J’ai vu et entendu à la télé, dans le passé, le député Galloway. Ce n’est pas un individu facile même s’il est intelligent. Son style combatif n’en fait pas un bon vendeur même s’il dit tout haut certaines vérités. Il est brusque et ne se montre pas très agréable. Personnage coloré et amusant, son discours ajoute peu au débat. Le résultat de ses prestations-médias est souventes fois un « flop ». Un type comme Galloway représente une opinion minoritaire et cela devient évident lorsqu’il parle.

Nous sommes un pays démocratique, libre et pour plusieurs autres pays, un modèle. La censure du gouvernement canadien est une parodie qui fait mal à la réputation de pays ouvert et tolérant que le Canada a dans le monde. Cela laisse penser que nous avons peur de ce que Galloway a à dire.

Refuser à quiconque de venir parler pour donner ses opinions au Canada est une erreur. Prétexter que c’est pour une raison de sécurité nationale, c’est ce « fouter » de nous ! Tout ça, sent le fascisme.

Avec le parti conservateur, voilà que le Canada devient le pays le plus anti-palestinien de tous les pays occidentaux.

Claude Dupras

Ps. Patrick Lagacé a reçu plusieurs commentaires qui paraissent dans le journal. Parmi ceux-là, j’en ai compté 71% qui s’opposent à cette interdiction. Je ne suis pas surpris.