vendredi 17 janvier 2020

Non à Jean Charest, Non!


Enfin, on connait la vérité sur l’homme politique Jean Charest et ses combines de financement.

Jean Charest a été ministre conservateur du Canada puis chef du Parti Libéral du Québec. Il est un homme politique d’envergure qui a un bilan remarquable. Et maintenant, il veut devenir le chef du Parti Conservateur du Canada. C’est légitime de sa part car il est prêt intellectuellement et a l’expérience pour bien remplir adéquatement ce poste.

Je m’oppose à Jean Charest. Ma firme d’ingénieurs-conseils a souffert sous Jean Charest.

J’ai joint une firme d’ingénieurs à ma sortie de Polytechnique et, à ce moment-là, elle comptait 7 employés et réalisait des projets importants comme l’agrandissement de l’Hopital Notre-Dame de Montréal, sur lequel j’ai travaillé pour mon premier boulot. C’était un travail important. Après deux ans, le patron décéda, et face à cette situation, son fils et moi avons pris la relève en créant une nouvelle firme. L’expérience de notre entreprise dans les hôpitaux nous aida de décrocher de nouveaux mandats hospitaliers, via les conseils d’administration de ces institutions, tels celui du 1er hôpital Champlain de Verdun, de l’agrandissement de l’Hopital du Christ-Roi de Verdun, de l’hôpital Charles Lemoyne de la rive-sud, de l’Hôpital Bellechasse, de l’hôpital St-Michel et de l’hôpital Ste Justine.

A ma retraite, ma firme comptait une quarantaine d’employés. Elle aurait pu être beaucoup plus importante mais Jean Charest et le financement de son parti était dans mon chemin. Nous n’avions pas de contrat du gouvernement du Québec, sauf l’agrandissement de l’hôpital de Ste-Eustache pour lequel notre firme avait été choisie par le conseil d’administration, malgré notre bonne expérience, car nous avions refusé de jouer le jeu du trésorier du parti. « Tu veux un contrat, verse un tel montant à la caisse du Parti ». Et pas de petits montants.

Un jeune collègue ingénieur créa une nouvelle firme et assoiffé de contrats joua bêtement le jeu du collecteur de fonds du Parti Libéral. C’est à coups de 100 000$ qu’il contribua. Il obtint d’innombrables contrats dont de longues sections d’autoroutes, même s’il n’avait jamais fait les plans et devis pour construire une ruelle. Sa firme devint importante rapidement. Il engagea et engagea, loua et loua des espaces de travail pour ses employés sans compter les autres dépenses fort importantes telle l’informatique. Je lui ai dit un jour : « tu ne sais pas compter, tu donnes tes profits, un jour ça va te rejoindre car un contrat c’est long à terminer complètement, à se faire payer et un bureau ça coûte cher. ». Il a comparu devant la Commission Charbonneau. Son jeu a été dévoilé. Il a été accusé, est devant la cour et le sera longtemps. Il risque la prison. Sa firme est disparue et ses centaines d’employés et contrats ont été divisés parmi quelques firmes. Et ce n’est pas le seul qui a profité et souffert de ce système véreux de collecte de fonds électoraux. C’est aussi ça le gouvernement Charest.

Aujourd’hui, Jean Charest vise la direction du Parti Conservateur du Canada. J’ai été longtemps membre actif de ce parti sous la direction de Joe Clark et Brain Mulroney. Il me tient à cœur. Et je connais l’importance de la collecte de fonds pour défrayer les dépenses d’un parti politique. Mais il y a des règles élémentaires à respecter et le « Fonds PC du Canada », dont j’ai été jadis vice-président du conseil d’administration, sait bien faire les choses.

Je dis ¨Non¨ à Jean Charest. Le PCC est un grand parti qui a rendu de grands services au Canada et peut en rendre davantage dans le futur. Il n’a pas à être entaché par le passé de son nouveau chef et n’a pas à risquer d’être amené dans le même chemin.


Claude Dupras 

lundi 11 mars 2019

L'affaire SNC-Lavalin, une affaire canadienne des plus importante.


Une nouvelle importante en rapport avec l'affaire SNC-Lavalin vient d'être émis:

"OTTAWA - Un organisme international a annoncé lundi qu'il surveillait les allégations selon lesquelles le premier ministre Justin Trudeau et son bureau auraient tenté de s'immiscer politiquement dans les poursuites contre SNC-Lavalin, qui, si cela est vrai, pourrait mettre le Canada en violation d'un accord multilatéral de lutte contre la corruption.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui regroupe les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d'autres pays, a annoncé lundi qu'elle "surveillerait de près" les enquêtes sur l'affaire SNC-Lavalin menées par le comité de la justice de la Chambre des communes et le commissaire fédéral à l'éthique.

«Ces processus sont encourageants pour le Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption, qui note que les autorités canadiennes insistent sur le fait qu'ils sont transparents et indépendants», lit-on dans un communiqué. "Le groupe de travail reconnaît la volonté du Canada de le tenir pleinement informé de l'évolution des travaux, y compris lors de sa prochaine réunion en juin 2019."

L’ancienne procureure générale, Jody Wilson-Raybould, continue de poser des questions, affirmant qu’elle faisait face à des pressions inappropriées et à des « menaces voilées » pour empêcher des poursuites pénales contre la firme montréalaise d’ingénierie, accusée de corruption et de fraude pour faciliter les affaires en Libye sous l’ancien dictateur Muammar Ghadafi

Dans l’état actuel des choses, le cabinet fait l’objet de poursuites et d’une possible interdiction de soumissionner pour des contrats publics au Canada pendant dix ans. Trudeau a affirmé qu'il recherchait des emplois canadiens en discutant de l'affaire avec Wilson-Raybould et qu'il n'avait admis aucun acte répréhensible"

Nos grands journalistes et Conrad Black peuvent donner les interprétations qu'ils veulent de l'affaire SNC-Lavalin mais c'est avant tout une question de corruption par de l'ingérence politique au plus haut niveau de notre gouvernement canadien.

Je le dis et répète depuis le début et voilà que l'OCDE agissant selon les règles gouvernementales mondiales réagit. Cela va placer le PM Trudeau dans de beaux draps, puisqu'il n'a pas nié ce que la procureure générale lui a dit. Personnellement, j'ai cru la procureure générale dès que j'ai entendu sa déposition. Cette jeune femme qui avait tout à perdre ne pouvait mentir. Son origine et sa carrière m'indiquaient qu'elle ne pouvait mentir. J’ai eu confiance en elle. Et, il semble qu'elle ait convaincu les autorités de l'OCDE. Ça devient de la haute politique.

Nous nous plaignons toujours de la malhonnêteté que l’on découvre trop souvent en politique. Et voilà qu’une jeune femme ministre, intelligente, honnête et propre tient le coup devant son PM sur une question de principe et on trouve peu de gens pour croire en son honnêteté et la défendre ou l’appuyer. Au contraire, pour défendre une grande entreprise, on la bafoue et cherchons les arguments pour la ridiculiser. J’ai écrit dans un de mes textes, au début, « c’est un grand moment de la politique canadienne que nous allons vivre », il semble que l’OCDE vient le confirmer. Ce n’est pas fini.  




lundi 11 février 2019

Mieux vaut une promesse électorale non respectée qu’une mauvaise loi.

Le Ministre de l’immigration du Québec, pour répondre à l’important sentiment d’islamophobie qui se manifeste de plus en plus au Québec, propose de rejeter 18 000 individus immigrants non totalement encore certifiés sans tenir compte que cette décision affecte au total plus de 50 000 personnes. Et cela au moment où le Québec a un manque criant de main-d’œuvre.

Le PM Legault veut respecter ses promesses fofolles sur l’immigration, qu’il a faites durant la campagne électorale, simplement pour avoir des votes. Oui, un politicien se doit de respecter ses promesses électorales, mais il y a une condition-limite : la promesse doit répondre aux besoins du Québec. Des promesses opportunistes et irréalistes ne comptent pas si, en fait, elles vont à l’encontre de l’intérêt général du Québec. Celui qui les prononce et qui en bénéficie doit, le moment venu, reconnaître le mal-fondé de ses engagements et agir en conséquence.

Un Premier Ministre dit être suffisamment fort et responsable pour faire la part des choses et agir avec responsabilité. Dans de tels cas, il doit faire face à la musique! C’est à ce moment-là que l’on sépare les hommes politiques des petits politiciens. J’ai confiance que le PM Legault va démontrer qu’il est de la race des vrais et va retirer cette loi injustifiable qui va chasser du Québec 18 000 néo-immigrants déjà acceptés.

Sa vraie obligation de PM à ce moment-ci de la vie du Québec est d’arrêter la vague d’islamophobie qui grandit et qui peut ternir longtemps notre réputation.  

Claude Dupras

samedi 9 février 2019

le goût du hockey est revenu à Montréal


Le cinéaste Alfred Hitchcock disait « Le hockey sur glace est un savant mélange de glisse acrobatique et de seconde guerre mondiale ». Il est devenu, en quelques années, un sport majeur en Amérique et en Europe du Nord.

Le hockey a sa place naturelle dans l’identité canadienne. Au Québec, c’est le club Les Canadiens de Montréal, « le Canadien », qui le représente. Il fut un temps où il avait des dimensions politiques et idéologiques, soit lorsque l’équipe « Maroons de Montréal » jouaient dans la même ligue que « le Canadien » jusqu’en 1939 et dans le même arena. Les Maroons avait l’appui des anglophones de la métropole alors que « le Canadien » comptait sur l’enthousiasme débordant des francophones. La rivalité était intense, sur et hors de la glace.

Je raconte cette période intéressante de notre hockey dans mon livre « Et dire que j’étais là » qui est publié sur mon site internet « le temps de Claude ». J’ai aussi ajouté l’intégralité du livre dédié au club par le fameux journaliste sportif du passé, Charles Mayer (si vous voulez tout savoir sur « le Canadien » depuis le jour 1, c’est là).

Aujourd’hui, le hockey canadien est foncièrement apolitique même si nous l’avons tous dans le sang surtout depuis cette fameuse série en 1972 opposant une équipe du Canada formée des vedettes professionnelles de la LNH et l’équipe soviétique. La mondialisation de notre sport a débuté ce jour-là et se poursuit, contrairement au football américain qui ne perce pas ailleurs.

Actuellement, « le Canadien » est la révélation de l’année dans le hockey professionnel en Amérique. Et cela est dû en très grande partie à son entraîneur Claude Julien. 

Joueur de second plan dans sa jeunesse, Julien opte pour une carrière d’entraîneur et commence avec l’équipe junior « les Olympiques de Hull » et gagne tournois et médailles. Puis, il mène avec succès l’équipe sénior « les Bulldogs de Hamilton ». Nommé entraîneur-chef dans la ligue Nationale de Hockey, il dirige « le Canadien » avant de passer aux « Devils du New Jersey » et, un an plus tard, il est à la tête des « Bruins de Boston ». En 2009, Julien est reconnu comme le meilleur entraîneur de la LNH et, l’année suivante, il remporte la coupe Stanley avec les Bruins avec qui il reste 9 saisons jusqu’au 14 février 2017, lors de son retour à Montréal.

À la barre du « Canadien », il connaît une saison 2018 difficile. Le directeur général Bergevin chambarde complètement l’équipe et recrute, dans les mineures, un grand nombre de jeunes joueurs-prometteurs aux fiches exceptionnelles. Les amateurs du club n’y croient pas. Ils sont découragés, broient du noir, manquent de confiance et réservent les pires lamentations à Bergevin. Mais surprise, Julien prend le contrôle et le club joue en équipe, est surprenant, dynamique et gagne. Au point qu’il semble pouvoir se qualifier pour la série de la Coupe Stanley.

Le vrai et grand responsable du renouveau du « Canadien » est l’entraîneur Claude Julien. Sans oublier son équipe d’adjoints exceptionnels. Son caractère solide et sa connaissance profonde du jeu motivent les jeunes joueurs à produire un jeu excitant et positif au-delà de toutes espérances. Ce faisant, le goût du hockey est revenu à Montréal. 

Claude Dupras

lundi 10 décembre 2018

Une députée en T-shirt ou le décorum à l’Assemblée Nationale ?

La nouvelle députée de l’Assemblée Nationale du Québec du comté de Taschereau est une jeune femme du nom de Catherine Dorion. Connue dans son milieu, elle l’est peu sur l’ensemble du Québec. Elle a brigué les suffrages deux fois dans le passé, sans succès.

Née à Québec en 1982, ses études la mènent à une maîtrise en sciences politiques du King’s College de Londres. Puis elle est mère de deux filles.  
Elle devient actrice dans plusieurs téléromans et au théâtre et remporte des récompenses dont celui de la révélation de l’année en 2007 au Gala des Masques. Puis elle est chroniqueuse, collaboratrice et réalisatrice, dont pour un micro-documentaire sur « les immigrants et la souveraineté du Québec » et des émissions télé. Elle signe des blogues dans le Journal de Montréal et de Québec.
Politiquement, elle s’engage pour surtout faire réagir le public. Elle publie, entre autres, un recueil de poèmes « FUCK TOUTE (2016) »; des essais dont « Libérer le désir et l'amour en politique » où elle défend l’amour libre et discute du désir qui est pour elle un moyen de déconstruire les institutions, telles que le couple et la fidélité; un roman jeunesse « Ce qui se passe dehors », l'histoire de jeunes qui s'engagent en politique. Elle s'exprime pour la nudité dans les vestiaires des piscines publiques.

Elle est engagée dans le mouvement indépendantiste québécois. Candidate défaite aux élections de 2012, elle publie une capsule vidéo sur YouTube, traitant de la source de son engagement. Cette capsule se classe dans les trois vidéos les plus regardées au Canada. Ce succès inattendu la met sur le devant de la scène politique. Elle est de nouveau candidate perdante aux élections de 2014. Quatre ans plus tard, elle est investie candidate de Québec Solidaire et est élue le 1er octobre 2018. 

Ce qui choque plusieurs Québécois, c’est qu’elle continue, même députée, à s’habiller en cégépienne à 36 ans alors qu’elle est députée. Il semble qu’elle veut être elle-même, se sentir bien ou ressembler au peuple ouvrier qu’elle représente et profiter du fait qu’il n’y a pas de code vestimentaire à l’Assemblée Nationale pour ce faire. À cause de son accoutrement, elle sait qu’elle attire toute l’attention et que ses deux discours à ce jour n’auraient pas été discutés si elle n’était pas rebelle et si elle ressemblait à tous les contestataires ? Certains craignent qu’elle tienne des discours irresponsables et antidémocratiques. Ce n’est pas le cas à ce jour et si elle a plus à offrir que son désir refoulé d’être vue, on le saura assez vite !

Il faut avoir écouté le discours qu’elle vient de faire au Parlement dont le sujet était « la solitude » pour savoir qui elle est vraiment. Je l’ai entendue (sur internet) et bien aimée. J’en conclus que je préfère une députée qui s’habille de façon non conventionnelle et qui sait exprimer intelligemment et clairement les vrais problèmes avec lesquels un grand nombre de nos concitoyens sont pris (dont les électeurs de son comté), qu’un député qui s’habille avec décorum mais qui dit et répète des conneries qui n’ont rien à voir avec les vraies difficultés des Québécois.

Nonobstant sa façon de se vêtir au parlement, elle s’est très bien exprimée sur un sujet fort important qui n’est jamais abordé par les députés: le problème de la solitude pour les personnes démunies qui affecte davantage leur triste qualité de vie.

Elle a d’un coup établi qu’elle mérite d’être plus écoutée que regardée, tout en sachant qu’elle et son parti condamnent le capitalisme, demeure flou au sujet de l’alternative et que leur programme politique est toujours en réécriture.
J’aurais le goût de dire que le Parlement n’est pas seulement celui des gens bien habillés. C’est celui de tous les Québécois où on discute et cherche à régler les problèmes de tous les Québécois. Lorsque j’étais jeune, tout le monde avait son habit du dimanche. Ceux qui ce jour-là étaient habillés comme en semaine étaient pointés du doigt. La vie change et il faut, en tout temps, privilégier les idées.  Malheureusement, il y en a quelques fois, des mauvaises et c’est là qu’il faut critiquer. J’aime bien le décorum, mais je préfère le discours sensé, sensible qui frappe le clou sur la tête, si je ne peux avoir les deux.

Catherine Dorion doit être jugée principalement pour ses discours comme députée et non, comme depuis 10 jours, par son T-shirt avec lequel elle a quand même été élue. Une chose certaine est qu’elle apporte une certaine fraîcheur non négligeable sur l’échiquier politique québécois. J’attends avec optimiste ses prochains discours sur des sujets qui touchent vraiment le cœur des Québécois. Peu importe, qu’elle s’habille comme il faut !


Claude Dupras

jeudi 6 décembre 2018

Le PM François Legault, opportuniste ou un vrai chef ?

Le nouveau Premier Ministre du Québec, François Legault, est vraiment un bon politicien. Je pensais différemment lors de sa démission du parti Québécois et surtout lorsqu’il a créé un nouveau parti politique au Québec, la Coalition Avenir Québec.

Avant tout un homme d’affaires qui avait beaucoup à travailler sur ses qualités d’orateur, il était peu clair dans ses énoncés de politique et montrait une image un peu gênante par moment. Rien n’annonçait la grande victoire politique qu’il a connue.

Homme intelligent, fin stratège, il a compris que la politique est un commerce d’images et d’illusions. Un jour, il a décidé qu’il serait Premier Ministre du Québec. Peu de personnes auraient misé sur cette possibilité à ce moment-là. Mais Legault, pragmatique, savait ce qui devait être fait pour rencontrer ses objectifs. Il comprenait que le vote de chacun des Québécois est motivé par une seule question qu’il a en tête, bien inconsciemment, en analysant un candidat : Est-ce que je l’aime ? » Et, pour se faire aimer, Legault se devait de dire, de répéter et de promettre tout ce que l’électeur voulait entendre et il a décidé d’écouter et d’observer tout ce qui se passait dans le milieu politique québécois depuis ce jour. Il s’est imprégné complètement des désirs politiques des Québécois et c’est ce que son programme politique comprend.

Son parti a gagné quelques sièges à sa première élection générale. Un peu plus à la deuxième. Et comme Legault n’était pas un homme à lâcher devant l’épreuve, il savait que finalement il trouverait une solution à ses défaites électorales. Il a continué à écouter les électeurs pour mieux les comprendre. Ce faisant, il bâtissait un programme politique qui se mariait parfaitement à leurs désirs.

Aujourd’hui, Legault affirme vouloir respecter ses promesses électorales. L’un des premiers débats est celui de l’immigration. Il dit souhaiter donner un coup de frein dans le nombre d’immigrants avec comme prétexte de permettre au Québec de mieux intégrer ceux qu’il accueille. Il sait très bien que cet argument n’est qu’un faux-fuyant et qu’il a fait cette promesse strictement pour avoir des votes lors de l’élection. Nonobstant cela, il maintient sa position. 

À mon avis, c’est une erreur politique grave qui vient d’une promesse électorale regrettable car basée sur la crainte injustifiée créée dans notre société contre les nouveaux immigrés, particulièrement ceux de confession musulmane.
Le Québec a besoin de nouveaux immigrés pour assurer la poursuite de son développement actuel, rencontrer ses besoins en main-d’œuvre et pour ajouter continuellement à son éducation, à ses valeurs humaines et à la richesse qu’apporte la diversité des cultures. Un chef d’État qui met ses ambitions politiques au-dessus de l’intérêt supérieur du peuple qu’il gouverne ne peut que subir une baisse importante de sa crédibilité politique. C’est de la « politicaillerie », au moment où le Québec doit avoir un vrai chef politique.


Je suis fort désappointé du PM Legault qui démontre un opportunisme politique inapproprié et irresponsable. J’espère qu’il se rendra compte que de tels gestes et actions ne peuvent que nuire à son action politique.

mercredi 28 novembre 2018

L'Ontario français

Les décisions irrationnelles du PM ontarien, l’anti-francais Doug Ford, ont choqué. Après une campagne électorale durant laquelle il a tout promis aux franco-Ontariens pour pouvoir prendre le pouvoir, Ford s’est retourné et a coupé le projet qu’ils avaient le plus près de leur cœur, une université francophone à Toronto et, en plus, il a aboli le poste du Commissaire indépendant pour la protection des services français. Il veut anéantir l’Ontario français, du moins il en donne l’impression.   

La ministre Caroline Mulroney, responsable des affaires francophones, impressionnée devant les problèmes monétaires de son gouvernement, a sous-estimé l’ampleur de la crise linguistique générée par ces décisions négatives de son gouvernement. Et depuis, loyale a son gouvernement, elle continue de le défendre sans trop de conviction.

Évidemment, plusieurs Canadiens français et Québécois ont compris sur-le-champ les répercussions négatives de ces décisions sur le fait français en Ontario et au Canada. De son côté, une jeune députée, Amanda Simard, la seule députée franco-ontarienne du caucus progressiste-conservateur de Ford, qui représente un comté composé à 70 % de francophones et qui n’a pas été consultée avant l’annonce de ces décisions fatales, s’élève contre et bravement ose faire face à son gouvernement.

L’opposition demande au PM Ford de retirer ses coupures et affirme que le parti au pouvoir s’y opposant cherche à étouffer les voix divergentes et réclame le silence de la jeune Simard. Les leaders de la francophonie ontarienne savent que sans résistance, l’assimilation de leur groupe est inévitable. La bataille pour l’Hôpital Montfort l’a bien démontré et est leur modèle. Ils ont combattu et gagner leur hôpital français. Sans batailles, il n’existerait plus.

Les francophones hors-Ontario ont aussi un rôle important à jouer dans ce conflit. Ils doivent tous y participer car il touche à ce qu’il a de plus important pour eux, leur langue, culture et la justice pour certains des nôtres. 

À mon avis, on ne peut laisser aller les choses comme ça sans réagir. Ce sont les Français qui ont découvert notre pays et qui en ont été les premiers bâtisseurs. Notre longue histoire et notre développement jusqu’à ce jour doivent beaucoup à la solidarité que nos ancêtres ont démontré dans les moments les plus difficiles. Sans eux, la francophonie serait inexistante au Canada. Chaque génération a fait sa part en prenant la relève du combat pour assurer la survie et le progrès de notre nation francophone. Souventes fois, elle a été vraiment menacée, mais elles ont vaincu. Aujourd’hui, elle est encore menacée dans la plus grande province canadienne et, comble de l’insulte, par son propre gouvernement. 

Depuis le début de l’opposition aux décisions de Ford, ce dernier a reculé un peu en proposant des compromis insignifiants. Il se doit, au minimum, revenir à la case de départ pour le projet de l’université française en Ontario et rétablir le commissaire pour les services français. Ensemble nous pouvons le persuader.


Nos concitoyens francophones de l’Ontario doivent continuer à grandir et à progresser. Tout empêchement à cause de leur langue est odieux ! Ils sont nos frères et nos sœurs. Leur combat est notre combat ! Pouvons-nous nous permettre de rester les bras croisés sans agir, sans donner notre opinion et notre appui à nos frères francophones ontariens? Leur cause est notre cause! Faisons notre part !


Claude Dupras 

vendredi 16 novembre 2018

Un premier ministre québécois pas comme les autres

Dans ma vie, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs premiers ministres du Québec. Le premier et sans aucun doute le meilleur fut Maurice Duplessis, suivi de près par René Lévesque et Jean Lesage. Ces trois individus ont changé le Québec et lui ont donné sa base solide. Ils étaient des personnages de vision et d’action et ce qu’ils ont accompli a permis à leurs successeurs de continuer à bâtir notre société et à lui donner son dynamisme.

Les Québécois viennent d’élire un nouveau premier ministre, François Legault.

Il a une formation d’homme d’affaires et a une approche pragmatique aux problèmes. Il a créé avec d’autres la compagnie aérienne Air Transat qu’il a quitté subitement pour reprendre ses billes, sans explication, après un différend d’affaires avec ses associés.

Il vise alors la politique. Pour lui il ne s’agit pas de réorienter le Québec mais de le réparer. Il est nommé ministre de l’éducation en 1998 par le PM Lucien Bouchard et aussitôt, il dénonce l’inertie et le manque de vision des hauts fonctionnaires. Il croit alors en la viabilité d’un Québec souverain et le démontre dans une analyse qu’il publie.

Mais 14 ans plus tard, il crée un nouveau parti qui n’aura rien à voir avec l’idée de l’indépendance ni avec les politiques des partis Libéral et Québécois. Il faut que ça change clamait Jean Lesage. Pour Legault c’est en fait le même slogan. Il veut de la performance dans le gouvernement et cherche à l’imposer par des méthodes diverses.

Legault entreprend alors un long pèlerinage à travers le Québec et réunit, partout sur le territoire, des Québécois par petits groupes. Même s’il n’aime pas critiquer, il explique qu’il veut que cessent la querelle stérile Canada-Québec et le déclin de la qualité de vie des Québécois. Son parti n’est ni à gauche ni à droite et est présent aux élections générales de 2012 et 2014, sans trop de succès. Par la suite, il affirme être un nationaliste, oubliant les effets dévastateurs de ce genre de politique en Europe.

Il promet de créer des richesses et de rendre tous les Québécois plus riches. Il n’est pas politicologue et comprend qu’il n’est pas né pour être un politicien d’opposition. En politique, il se voit comme un homme d’affaires, en compétition. Cependant, lorsqu’attaqué, il se défend mal.

Sa campagne électorale 2018 est sans erreur de parcours. Pour gagner, il mise sur les scandales chez les Libéraux et l’usure du gouvernement libéral dirigé par le PM Couillard. Il réunit sous sa bannière une équipe de candidats hors-pair et similaires à l’équipe du tonnerre de Lesage. Il répète les mêmes arguments et les Québécois l’écoutent enfin. Se sentant gagnant, il ose diminuer et modifier à la baisse ses promesses électorales. Il ne se trompe pas et son parti est élu majoritaire. Legault devient premier ministre.

Comment va-t-il se comporter lorsque la critique inévitable de son administration viendra ? C’est là que l’on connaîtra le vrai François Legault.

Une chose est certaine, le Québec vient de se donner un chef politique à l’antipode de ses premiers ministres précédents. 


dimanche 9 septembre 2018

Une élection comme les autres

Les différents sondeurs de la présente élection québécoise constatent tous que le nombre d’électeurs « indécis » est plus élevé que lors des élections précédentes. Cela est surprenant puisque tous les sondages pré-campagne indiquaient une victoire certaine et écrasante de la CAQ de François Legault, la presque-déroute du Parti Libéral et la quasi-disparition du parti séparatiste PQ. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Pourquoi ce revirement après à peine quelques semaines de campagne ?

Legault a une équipe du tonnerre mais elle semble insuffisante pour le faire élire avec une majorité absolue. En fait, cela démontre que l’affirmation « la politique est une affaire de chef » demeure toujours la réalité et cela malgré tous les nouveaux outils numériques disponibles pour connaître et atteindre les électeurs en 2018.

Les promesses électorales aux montants faramineux n’ont pas eu d’influence sur le processus de décision des électeurs car, à un moment donné, ils ont compris qu’elles étaient ridicules et même disgracieuses.

Dans cette élection, ce n’est plus la couleur, le programme ou l’équipe du parti qui comptent, c’est le chef. Et les électeurs se posent finalement et inconsciemment la même question que par le passé, très simple : « est-ce que je l’aime ou je ne l’aime pas ? ».

Depuis le début de la campagne, Legault est bivalent. Tantôt il hésite, baragouine ses mots, mêle ses idées, explique mal son programme et tantôt il est clair, précis. Cette attitude bizarre affecte son image et plusieurs électeurs,  surpris, hésitent et l’aiment moins. Il devra être le meilleur aux débats, comme il a été aux dernières élections, pour avoir une chance de gagner.

Couillard, qui a été vilipendé durant la dernière année de son mandat de PM, est calme, s’exprime mieux, même bien, rappelle ses bons coups et montre à nouveau ses qualités de chef. Il a un regain d’amour.

Jean-François Lisée surprend par son aplomb, ses idées pratiques, son programme réaliste et la clarté de son discours qu’il exprime calmement et avec respect. Ce n’est pas le coup de foudre mais c’est dans la bonne direction.

Québec Solidaire continue à détruire le château-fort du Parti Québécois. Sa chef n’a pas l’envergure pour être premier ministre, mais est aimée dans son milieu de l’est Montréal où elle est la reine.

Comme toujours, cette élection est une question d'amour !

 

Claude Dupras

lundi 3 septembre 2018

La gestion de l'offre, oui ou non ?


Une question dont on ne peut parler en période électorale est bien celle du système de la Gestion de l’offre qui a été mis-en-place pour protéger les revenus des producteurs de lait, de poulet, de dindon et d’œufs. On vient de le constater clairement suite à la position du président Trump qui cherche à l’abolir via ses négociations de l’Alena et à la vive réaction de nos chefs politiques au Québec comme au Canada.
Il n’y a pas un parti ou un politicien qui osera donner une opinion autre que favorable à cette politique nationale, s’il veut se faire élire, car le lobby des producteurs est trop fort et un grand nombre de comtés électoraux en bénéficie. Le seul qui a bravé par principe et sans crainte est le député conservateur de la Beauce, Maxime Bernier, et il en a payé les frais puisqu’il n’a pu devenir chef de son parti dû à la révolte des cultivateurs conservateurs québécois et autres qui l’ont opposé subtilement durant la course au leadership.  
Le Canada est le seul pays au monde (depuis 7 ans) qui maintient une politique de gestion de l’offre pour protéger ses producteurs et le Québec qui produit 44% des quotas canadiens est évidemment le plus grand défenseur de cette politique.
Nos gouvernements favorisent cette méthode puisqu’elle est un mécanisme qui assure les revenus aux producteurs sans qu’ils aient l’obligation d’accorder des subventions comme aux USA et dans d’autres pays du monde. De plus, elle contribue à la richesse de plusieurs de nos villages québécois où œuvrent 7 000 producteurs à haut revenu. Cela n’est pas un argument négligeable au point de vue de la qualité de vie de ces villageois.
Les pénalisés, ce sont nous qui payons. Sans gestion de l’offre, les prix aux consommateurs seraient de beaucoup moins élevés. Par exemple, le lait se vend aux USA 1,12 $CDN le litre alors qu’il est 1,50 $CDN le litre chez nous. On peut comprendre aussi que les gens à faible revenu sont grandement défavorisés par ce système de contrôle des prix par les producteurs.
Avec la gestion de l’offre, les supers fromages français nous étaient inaccessibles. Mais les Européens ont décelé une faille dans le système en rapport avec l’exportation de leurs fromages au Canada. Elle a été reconnue et maintenant nous pouvons déguster les fromages français puisque l’importation de 16 000 tonnes a été autorisée. Sur le champ, Ottawa a annoncé une subvention de 4 milliards aux producteurs canadiens de fromage pour compenser la baisse de leurs ventes.
L’importation d’une certaine quantité de produits agricoles de producteurs étrangers est acceptée mais pour protéger les hauts prix générés par la gestion de l’offre, de fortes pénalités douanières s’appliquent. Ces surtaxes varient de 150% pour le dindon à 300% pour le beurre, le fromage et le yogourt. Ce sont ces pourcentages très élevés que dénonce le président américain Trump pour attaquer le Canada si durement ces jours-ci.
L’argument principal des producteurs canadiens est que la gestion de l’offre assure un revenu décent aux agriculteurs et qu’ils sont essentiels, par la qualité de leur production, à la qualité de vie des Canadiens.
La méthode de la gestion de l’offre est-elle défendable ? Une telle ingérence déloyale des gouvernements canadiens dans un secteur économique de la première importance doit-il être maintenue alors que tous les pays du monde l’ont rejetée ? Est-ce raisonnable de tolérer qu’un tel monopole aille à l’encontre du libre-échange mondial ? Est-ce acceptable que ce système défavorise les moins nantis de notre société pour les produits essentiels à leur vie ? Est-ce qu’un système de subventions gouvernementales ne serait pas finalement plus équitable que la gestion de l’offre ?
Avec les prix des produits des grandes épiceries qui grimpent à une vitesse vertigineuse, n’est-il pas temps que l’on cherche à les stabiliser ?

Claude Dupras

mercredi 22 août 2018

Les violences sexuelles et l'Église catholique

Le pape Francois en a plein les mains avec les violences sexuelles de ses prêtres et frères dans le monde. Des cardinaux de tous les coins de la planète sont parmi les accusés dont certains occupent des hauts postes de l’Eglise catholique à Rome.
Dans un premier temps, François a fait une erreur magistrale lors de sa visite au Chili, en janvier, pendant laquelle il a accusé de « calomnie » les victimes d’un prêtre prédateur. J’avais à ce moment-là décrié, comme des millions d’autres, sa prise de position. Depuis, il a compris et agit fortement. Il semble vouloir aller au fond de ce problème majeur qui mine la réputation et l’organisation de son Église.
Pour moi, la solution est évidente; éliminer le célibat obligatoire aux prêtres et aux frères et mêmes aux religieuses comme le font les autres grandes religions du monde pour leurs ministres du culte, tels les protestants, les évangélistes... D’ailleurs, ces derniers, avec leur nombre grandissant de jeunes couples de pasteurs, sont en train de convertir l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie et partout l’église catholique perd des plumes au point que l’on peut se demander si elle va survivre.
Ça fera ces graves problèmes d’homosexualité avec des enfants ! Ce ne sont pas des cataplasmes papaux qui vont arrêter ces hommes en soutane de poser ces gestes ignobles. C’est trop leur demander car le célibat obligatoire est contre nature. Si un changement important n’est pas fait, la religion catholique risque de subir des coups irréparables. D'ailleurs, sa décadence est en marche...et c'est la responsabilité du pape de l'arrêter.

dimanche 29 octobre 2017

Puerto Rico, le paradis perdu ?

Les portoricains vivent l’enfer. Maria, l’effroyable ouragan du siècle, a traversé et dévasté leur île de fond en comble et tout est atteint. Maisons, services d’eau, électricité, communications, santé, éducation, écoles, routes, terres agricoles, plantations de café, forêt tropicale, jungle… sont écrasés, détruits partout dans l’île.  Aujourd’hui, 26 jours plus tard, on compte plus de 60 morts, l’électricité est revenue pour seulement 26% des maisons. De même pour l’eau domestique, les communications, les routes, les services publiques, etc..  Et cette situation perdurera encore pour un très grand nombre de mois, peut être des années.… Oui, c’est l’enfer.

Ce drame ne pouvait arriver à un pire moment pour l’État de Puerto Rico qui l’an dernier avouait ne pouvoir financer les services à sa population à cause d’une dette magistrale accumulée avec les années. Il avait déclaré faillite en juillet. Maria est venu ajouter incommensurablement à ce problème. La prise sous tutelle temporaire et une aide financière américaine massive sont les seuls moyens de remettre cet État sur rails. Un refus de l’administration Trump, qui hésite encore, fera en sorte que la ruine de l’île enchanteresse, comme la surnomme les portoricains, deviendra inévitable.

Les raisons de cette situation passée sont multiples et perduraient avant Maria. Il y a près de 70 ans, grâce au programme « Bootstrap » lancé en 1947 par son gouvernement, de nombreuses compagnies américaines et étrangères furent motivées de venir s’installer à Puerto Rico, où elles avaient trouvé une main d’œuvre compétente, bon marché et un territoire qualifié de « Commonwealth américain » qui faisait de sa population des citoyens américains et éliminait les barrières douanières entre le continent des USA et l’île. Aujourd’hui, les industries pharmaceutiques du monde et quelques autres y sont encore mais la majorité des entreprises venues sont reparties vers des destinations moins chères à cause de l’augmentation incontrôlée des coûts des dernières années. Les emplois et les revenus de l’État ont diminué en conséquence.

L’autre aspect négatif majeur est la migration constante des portoricains vers le continent américain où ils trouvent plus de possibilités de réussir et une meilleure qualité de vie. Parmi elles, on retrouve surtout des jeunes bien éduqués, diplômés en médecine, optométrie, génie, droit, commerce… dont plusieurs du MIT, qui quittent l’île pour le continent et s’y installent de façon permanente en y créant des familles, y payant leurs impôts et les taxes. Ils refusent de s’installer dans leur île pour l’aider, par leurs connaissances, à se développer et améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens. Ils misent, par égoïsme, sur une meilleure qualité de vie, instantanée. La conséquence de cela s’est reflétée sur une baisse constante de la croissance économique de l’île, d’année en année… Et ça continue, surtout depuis Maria, puisque 75,000 portoricains sont partis vivre temporairement aux USA grâce à l’aide d’États américains. On peut croire que peu reviendront et que l’exode sera accentué. 

De plus, contrairement à Cuba, à la République Dominicaine ou à d’autres îles des Caraïbes, les touristes négligent l’île de Puerto Rico car les coûts sont plus élevés qu’ailleurs. La cause ? La syndicalisation des travailleurs qui n’existe pas ailleurs. Certes, plusieurs milliers de visiteurs y viennent quelques heures par jour via de nombreux bateaux de croisière qui accostent dans le port du vieux San Juan, mais cela n’alimente pas suffisamment l’industrie touristique, ni l’économie. Puerto Rico, malgré tout ce qu’elle offre en plages superbes, hautes montagnes spectaculaires, sites intéressants, musique envoûtante, chants du pays, nourriture originale et de grande qualité, ambiance chaleureuse, navigation de plaisance, monde sous-marin incroyable, soleil et chaleur constante toute l’année demeure non compétitive pour ceux et celles qui cherchent à aller au sud pour des vacances avec budgets serrés. Et les suites de Maria ajouteront à cette situation. 
   
C’est un problème insoluble car les syndicats sont intraitables. Encore l’an dernier, ils ont boycotté l’hôtel San Juan pour une question de salaires en s’en prenant inlassablement au bien être des nouveaux clients qui venaient pour une première fois profiter des rénovations majeures qui en ont fait un hôtel d’une haute qualité quasi unique. Plusieurs de ces touristes ont quitté sur-le-champ en exigeant des remboursements et les autres ne reviendront sûrement pas.

De plus, les casinos des hôtels étaient jadis fréquentés par de nombreux joueurs américains qui aujourd’hui trouvent des casinos dans des états américains plus près de chez eux. Cette clientèle perdue a créé un trou important dans le niveau des touristes.

Il y a aussi les « snow bird » américains et canadiens, propriétaires ou locataires de condos, dont le nombre jadis était important mais qui a baissé appréciablement à cause de mauvaises connections dans le transport aérien qui allongeaient appréciablement les heures de voyage. Venant de Montréal, par exemple, on pouvait prendre 7-8 heures, et même plus, pour se rendre à San Juan et souventes fois à des heures tardives. Aujourd’hui, en vol direct, cela se fait en moins de quatre heures, en plein jour.

Puerto Rico est donc à la croisée des chemins et a besoin de sa population pour sortir de ce marasme. Si le gouvernement américain l’aide, si son propre gouvernement comprend l’importance d’établir un nouveau programme pour attirer les entreprises manufacturières, si ses syndicats acceptent de mettre de l’eau dans leur vin, si son industrie touristique collabore intelligemment, si les portoricains font l’effort de rebâtir leur milieu, elle peut redevenir dynamique, revaloriser son potentiel et garder ses jeunes. Sinon, le moral de son peuple s’effondrera et l’exode continuera.   

Une chose certaine, Puerto Rico demeurera toujours une des plus belles îles des Caraïbes.


Claude Dupras

lundi 30 janvier 2017

Garder l'espoir

Ce matin sur ma page Facebook, j'ai écrit un texte suite à l'attaque à la mosquée de Québec où 6 musulmans sont morts et huit autres ont été blessés alors qu'ils faisaient leurs prières. Cette attaque m'a bouleversé et j'ai exprimé ma peine ainsi:

Aujourd'hui, j'ai honte d'être Québécois et Canadien !
J'ai honte qu'un lieu de prière ait été attaqué chez nous !
J'ai honte du sentiment antimusulman qui s'est développé chez trop des miens !
J'ai honte d'avoir lu depuis trop longtemps les insultes contre la religion musulmane par certains de mes "amis" facebook !...
J'ai honte des tweets haineux des derniers mois de trop gens de mon pays contre les musulmans !
J'ai honte de l'ignorance générale de mes compatriotes en regard avec la religion musulmane !
J'ai honte de ne pas avoir assez réagi devant la montée d'islamophobie au Québec depuis quelques années !
J'ai honte de n'avoir pas assez défendu mes amis musulmans !
J'ai honte de voir mon Québec et mon Canada salis à la Une du monde entier pour ces crimes haineux contre des musulmans en prière !
J'ai honte que ces morts et blessés musulmans soient tombés sur le sol de ma patrie !
J'ai honte que des gens de mon pays expriment autant d'haine et de mépris contre ceux qui prient !
Je pleure et prie pour ces morts et blessés et espère que les musulmans puissent pardonner à mes compatriotes qui ont posé ces gestes infâmes car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient !

Un vieil ami, Gilles Tittley, qui fut secrétaire général de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal en 1958-59 alors que j'en fus le président, m'a écrit un message suite à cette journée douloureuse. J'ai pensé le partager avec mes lecteurs.

GARDER L'ESPOIR

Les heures et les jours que nous vivons nous apparaissent inquiétants pour mille et une raisons. Les pronostics nous font penser un peu à celles de la météo: pas toujours sûres à cause de la fragilité de l'atmosphère et des changements qui s'ensuivent. Inquiétude justifiée souvent mais pas toujours assumée. L'être humain est fait pour le combat. À preuve, les luttes qu'ont menées nos ancêtres pour assurer non seulement notre survie mais aussi notre épanouissement. Nous sommes, comme disait le poète, un peuple qui ne sait pas mourir. Nous en avons vu bien d'autres. Et c'est ainsi qu'on voit transmettre cette force de vivre et de résister aux obstacles à ceux et celles qui nous suivent. Cette transmission des valeurs sans doute incommensurable nous fait garder confiance en l'avenir dans la sérénité.

Bien sûr qu'on ne peut nier la fragilité de l'humanité face aux nombreux problèmes de l'heure. La mondialisation assortie d'une technologie inimaginable sans limites et sans pareille à assimiler nous interpelle et souvent inquiète particulièrement les aînés. On ne peut tout laisser tomber pour adopter de nouveaux outils sans préparation adéquate ni adaptation et tout cela à la vitesse de l'éclair.

Mais les moments que nous vivons ne sont-ils pas l'occasion de nous plonger en nous-mêmes pour écouter la voix de notre conscience? Car qui que nous soyons, dans des périodes difficiles, nous avons le devoir et le pouvoir d'agir. Nous sommes en démocratie et il nous reste toujours un rôle participatif à celle-ci. Si nous ne pouvons être en avant de la scène, nous avons le rôle indispensable d'électeur et électrice. C'est là le moyen d'agir: se renseigner et voter. Tant de pays n'ont plus ce droit strict d'être électeur et nous qu'en faisons-nous?

La démocratie est un privilège qui permet aux hommes et femmes d'affirmer leurs convictions. La passivité est alors bien mauvaise conseillère. Les peuples désirent la paix: rien de mieux qu'être à l'écoute et agir en conséquence. Le mieux-être n'est pas que dans la production et le profit: il est dans le partage juste et le respect des autres.

La peur n'est pas à conseiller, Il ne faut pas craindre d'afficher ses convictions, pas nécessairement avec des banderoles , mais surtout de les vivre de manière exemplaire: une bonne façon de laisser sa trace.

Et malgré le combat du bien et du mal, il nous faut garder l'espoir: le remède à tant de maux.

Gilles Tittley

samedi 7 janvier 2017

"Séparatiste" ou « Sécessionniste »

Je suis toujours surpris au contact de Québécois qui veulent la séparation du Québec du Canada de les entendre m'exprimer leur profond désaccord sur le fait que j'utilise les mots "séparatiste" ou "séparatisme" dans mes textes pour les décrire ou définir leur pensée ou action politique. C'est comme si ce mot était une insulte pour eux ! 
 
Ils veulent que j'écrive "indépendantiste" ou en encore "souverainiste". Certains me suggèrent "nationaliste".
 
Je suis un nationaliste qui a à cœur et défend, depuis ma jeunesse, la nation française canadienne et les intérêts particuliers du Québec afin qu'il devienne le plus autonome possible dans la Confédération canadienne. Je reconnais que les habitants des provinces et territoires ont noué d'étroits liens d'interdépendance (économique, sociale, politique et culturelle) basés sur des valeurs communes qui comprennent le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités. 

De leur côté, les séparatistes parlent de la nation québécoise comme si nous étions tous francophones. Ils semblent ne pas vouloir reconnaître que le gouvernement du Québec représente l'ensemble du peuple (ou des peuples) résidant sur son territoire, dans l'égalité et sans discrimination. Le Parti Québécois qui veut gouverner le Québec avant de détruire le Canada se doit d’être un parti qui respecte ces principes élémentaires.  

Je suis indépendantiste et souverainiste car je veux que le Canada, mon pays, agisse en tout temps comme un pays indépendant et souverain. 

Ailleurs, dans le monde, on utilise partout le qualificatif séparatiste. Les séparatistes catalans, les séparatistes écossais, les séparatistes criméens, les séparatistes basques, les séparatistes pro russe, le conseil séparatiste de Starwars et ainsi de suite. C'est de toute évidence le bon mot français. Partout les gens qui veulent séparer leur territoire de leur pays sont fiers de se qualifier de séparatistes.  

Pour une raison que je ne comprends pas, les québécois séparatistes expriment une certaine honte de porter un tel label malgré que Larousse nous dît qu'un séparatiste est celui qui a une attitude, une tendance à sortir d'un ensemble national et à former une entité politique distincte de l'État d'origine. 

La Cour suprême du Canada, dans son jugement « Renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] » fait allusion au mot sécessionniste. Larousse le définit comme celui qui fait une action menée avec une fraction de la population d'un État en vue de se séparer de la collectivité nationale pour former un État distinct. Il me semble que c’est la même chose que séparatiste mais je suis prêt à utiliser dorénavant le mot sécessionniste pour décrire les séparatistes si cela leur plait davantage.  

En fait, je crois comprendre pourquoi les sécessionnistes québécois rejettent le mot "séparatiste". Ça semble être pour eux une question stratégique car ils croient que le mot fait peur à l'ensemble des Québécois et ils blâment en partie l'utilisation de ce mot pour leurs défaites référendaires du passé. Il est vrai que l'ex PM Canadien, Jean Chrétien, a répété à outrance ce mot lors des référendums. Mais est-ce une raison valable pour le cacher aujourd'hui en lui substituant des qualificatifs qui ne sont pas aussi précis dans leurs définitions ? C'est comme s'ils voulaient cacher la réalité.  

Si jamais un vote québécois aboutissait à une majorité claire en faveur de la sécession, en réponse à une question claire, cela conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres participants à la Confédération auraient l'obligation de reconnaître. Je serai, à ce moment-là, solidaire de la décision de la majorité de mes compatriotes et je deviendrai alors indépendantiste et souverainiste pour les mêmes raisons que je le suis aujourd'hui pour mon pays le Canada.
Mais je demeure persuadé que cela ne se concrétisera pas car le Canada est un pays trop riche et extraordinaire pour que les Québécois le donnent aux autres. Ce serait un vrai mauvais deal… 
Claude Dupras

mardi 3 janvier 2017

2017, une année particulière de fêtes

Cette année, nous célébrons le 150e anniversaire du Canada et le 375e anniversaire de la ville de Montréal. Les festivités seront nombreuses et grâce aux moyens de communication contemporains, particulièrement les médias sociaux, les citoyens et citoyennes seront motivés de participer en grand nombre.

Je sais l’immense travail de planification, d’organisation, de financement et de réalisation que requièrent de telles réjouissances ayant été, en 1992, coprésident de la corporation Canada125 créée par le gouvernement du Canada pour organiser les fêtes du 125e anniversaire du pays. Les responsables ont toute mon admiration.
Ce jour-là, en 1990, j’étais en plein travail professionnel lorsque je reçu un appel téléphonique du ministre Gerry Weiner, secrétaire d’État du Canada, m’annonçant que mon nom avait été choisi pour être coprésident du comité organisateur des fêtes du 125e anniversaire du Canada avec un homme d’affaires d’origine macédonienne de Toronto. Je fus fort surpris et flatté de cette marque de confiance, mais j’hésitai devant cette proposition intéressante. Je n’avais pas vraiment le temps de remplir une telle tâche et si j’acceptais, je serais condamné à travailler presque tous les soirs et les weekends pour rencontrer mes obligations envers mes clients. Le ministre m’invita à le rencontrer à Ottawa pour en discuter avec le co-président. Ce que je fis. Finalement, j’acceptai et je me retroussai les manches.
Le ministère avait déjà mis en place un groupe de hauts fonctionnaires pour la préparation de la planification des fêtes. Quelques semaines plus tard, le macédonien démissionna et le ministre me demanda d’identifier un nouveau coprésident. J’ai compris qu’il devait venir d’une autre partie du pays que moi, préférablement de l’Ouest canadien. Je pensai à Frank King qui avait été le président du comité des Jeux Olympiques d’hiver de Calgary en 1988 qui avait connu un très grand succès. Suite à mon appel, ce dernier accepta et ensemble nous avons convoqué le conseil d’administration dont les membres avaient été choisis en grande partie par le gouvernement. Ils étaient tous de grands canadiens qui avaient fait leur marque dans des secteurs différents et étaient décorés de l’Ordre du Canada, dont une ex-ministre libérale.
Ce fut le début d’une aventure exceptionnelle qui m’amena dans tous les coins du Canada à la rencontre de milliers de Canadiens. Plusieurs activités demeurent dans ma mémoire comme lorsque je fus invité à lancer la première balle avant une partie des Blue Jays de Toronto pour souligner une activité de Canada 125 dans la ville reine, de même avant une partie des Expos de Montréal, à prononcer une courte allocution à l’ouverture du Stampede de Calgary devant plus de 50 000 personnes ou à parler à l’école Emilie-Tremblay à Yellowknife dans le Yukon à ses élèves et leur familles francophones de l’ouest canadien. 
Nous voulions réaliser quelques grandes activités mais surtout encourager les Canadiens à prendre des initiatives personnelles pour organiser, comme il l’entendait, les fêtes dans leur milieu. Une intense campagne télévisée fut conçue à cet effet et dirigée par une agence publicitaire renommée de Montréal. Elle porta ses fruits et plus de 22 000 activités furent reconnues, acceptées et organisées.
De plus, nous proposions de monter une grande activité dans chaque grande ville du pays. À Montréal, par exemple, nous avons réuni les orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto au stade Olympique de Montréal avec trois grands chanteurs canadiens : un ténor, un baryton et une soprano. De plus, les tambours et les canons de l’armée canadienne furent invités pour produire les percussions nécessaires à l’« Ouverture solennelle 1812 » de Tchaïkovski qui était au programme. Plus de 65 000 personnes étaient présentes au parterre et dans les estrades. Le spectacle fut télévisé par Radio-Canada partout au pays, d’un océan à l’autre, à deux reprises, sur toutes les chaînes.  
En général, le gouvernement fut satisfait du résultat des fêtes.
Le comité organisateur voulait aussi laisser au pays un projet que nous qualifions de « projet-héritage » pour les générations futures. C’est ainsi que fut conçu et lancé le projet d’une piste transcanadienne « le sentier Canadien - Canada trail ». Des membres de Canada125 siégèrent sur le comité fondateur du projet dont Paul LaBarge, l’avocat de Canada125. Aujourd’hui, après 25 ans, il est toujours là comme président de la corporation du sentier.
Le but était de relier tous les sentiers du Canada dans un grand sentier en construisant des liens nouveaux, en réaménageant les parties existantes où nécessaires et en les rendant tous accessibles à un plus grand nombre de Canadiens possibles. Aujourd’hui, plus de 90 % des sentiers sont raccordés dans les 10 provinces et les trois territoires canadiens, pour une longueur totale de 23, 864 km. Incroyable ? Non, vrai !
Voici un court vidéo où Pierre Camu, un des proches collaborateurs de Canada 125 et un des mandatés pour lancer ce projet du grand sentier, parle du pourquoi du projet.
En furetant sur internet, le lecteur trouvera toute l’information sur ce projet important qui ne cesse de croître et de s’améliorer. On remarquera que le sigle du Grand sentier est celui de Canada 125, légèrement modifié.
Je souhaite aux organisateurs des fêtes du 150ième anniversaire du Canada et du 375ième de Montréal, un grand succès en espérant qu’ils sauront aussi laisser chacun un « projet-héritage » pour les générations futures qui leur rappelleront ces moments importants.
Claude Dupras

samedi 31 décembre 2016


 
 
 
 

À tous mes parents, amis, voisins et lecteurs, je souhaite que 2016 se termine dans la joie et la nouvelle année 2017 dans le bonheur et la santé ! Merci pour votre amitié.  Claude Dupras
  
To all my parents, friends, neighbors and readers, I wish that 2016 will terminate in joy and the new year 2017 in happiness and good health ! Thank you for your friendship.  Claude Dupras

lundi 12 décembre 2016

Le Canada mon pays, le Québec ma patrie

Dans un article qui vient de paraître, Mathieu Bock-Coté (MBC) n’y va pas de main morte pour qualifier le Canada d’un endroit horrible. Il salit et barbouille le Canada, un pays démocrate où règne la liberté, la justice, la paix, l’avant-gardisme, une haute qualité de vie et qui fait l’envie du monde.

Voici certains des qualificatifs avec lesquels MBC le décrit :  « le Canada est une immense absurdité », « un régime fondé sur la négation de la nation québécoise », « la subordination qui pèse sur notre peuple dans le régime canadien », « ce pays fondamentalement étranger pour eux (les Québécois) », nous sommes « seulement un pion dans le jeu canadien », « l’effacement du Québec à Ottawa », « à Ottawa, on traite le Québec comme une province parmi d’autres », le « nationalisme québécois comme un résidu historique », « absurde et humiliant pour un peuple comme le nôtre à exister dans l’espace réduit que le Canada lui laisse », « nous sommes structurellement minoritaires et subordonnées », « ce pays artificiel », « le laboratoire de la postmodernité la plus délirante », « une anomalie historique et politique », « la constitution nous nie », « programme notre dissolution dans le paramètres d’un multiculturalisme extrême », « nous transforme en étrangers chez nous », ce qui est absurde c’est « d’y demeurer aux conditions insensées qu’il nous impose », « le Canada n’est pas notre pays et à moins de consentir à une forme de suicide national, il ne le sera jamais »…  
Mathieu Bock-Coté est une jeune homme talentueux, cultivé, sociologue, chroniqueur, chargé de cours aux HEC et profondément séparatiste. Il aime les Québécois francophones, les autres pas sûrs. Quotidiennement, ou presque, il écrit ou parle contre le Canada et pour le Québec. La majorité de ses articles sont teintés de cette haine anti-canadienne qui l’enivre. Il dépasse souvent les limites du réel, du bon sens, et est porté à exagérer ce qui le porte à dire n’importe quoi pour dénigrer le Canada comme le démontre bien cet article que je commente aujourd’hui.
La formation du Canada fut logique. Elle découla de longues années de conflits entre l’Angleterre et la France. C’est la conséquence du peu d’intérêt que les rois de France eurent pour la Nouvelle France et du grand intérêt que les Britanniques eurent pour l’Amérique. En effet, l'immigration de l'Ancienne à la Nouvelle-France fut composée d’à peine 15 000 Français et Françaises qui ont fait voile en direction du Canada au XVIIe siècle, et près des deux tiers d'entre eux n'ont fait qu'un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l'état de célibataire. Les francophones du Canada descendent de seulement 4 500 immigrants français qui ont eu un fils qui se soit marié. C'est très peu. Par contre, avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant la même période. Si la France avait envoyé, proportionnellement à sa population, plus d’immigrants et de soldats au Canada, elle aurait pu triompher dans ses conflits avec les anglais et l’Amérique serait probablement, aujourd’hui, française.  

Le Canada, c’est l’entente finale entre les deux nations, française et anglaise, qui apporta la paix et le développement de ses nouvelles terres du nord de l’Amérique. 
Ce n’est pas une négation de la nation française mais une reconnaissance des nations en présence et de l’importance qu’elles soient gouvernées par un gouvernement uni dans lequel chacune participerait. Malgré de nombreux conflits et frictions que l’on peut qualifier de normaux, le Canada est un grand succès et non pas une anomalie historique et politique.
Les deux grandes nations sont toujours-là sur l’immense territoire canadien et, avec les nouveaux venus, ils sont près de 40 millions. La nation française, moins nombreuse, vit surtout au Québec avec 6,7 millions d’individus alors qu’un million de francophones vivent hors Québec. Au Canada, les francophones sont près de 20% de la population. La nation anglaise occupe majoritairement les autres provinces et 8% de la population québécoise est anglaise de naissance. Aujourd’hui, le Québec représente 22,9% de la population canadienne.

Malgré cette différence importante dans les chiffres, un Québécois a été premier ministre du Canada plus longtemps qu’un canadien hors-Québec depuis le début de la Confédération. Aujourd’hui, encore, c’est Justin Trudeau, un des nôtres, qui est premier ministre et une part importante de ses ministres principaux sont québécois et francophones. Le Québec n’est donc pas qu’un pion dans le jeu canadien, n’est pas effacé à Ottawa, bien au contraire. Les entreprises québécoises, les consultants en génie, informatique, et autres, travaillent et réussissent partout au pays sur une base égale. Il n’y a pas de négation de la nation québécoise (pour MBC la nation francophone du Québec). De plus, un très grand nombre de Québécois maitrise bien les deux langues du pays contrairement aux anglophones. Dire que comme Québécois, nous somme minoritaires, subordonnés, c’est du délire !
Le nationalisme Québécois n’est pas le séparatisme. Un nationaliste est un fier individu qui œuvre partout au pays mais qui en tout temps se rappelle l’histoire de son pays et assure que sa nation maintient sa place dans toutes situations, en étant présent et actif. C’est ainsi pour tout le monde sur la planète. Les vrais nationalistes ne chialent pas, ils agissent. Le Québec a toujours su garder sa force politique au pays grâce à des personnages politiques francophones et nationalistes qui comprenaient ces principes élémentaires et gouvernaient en conséquence, tels Honoré Mercier, Henri Bourassa, Maurice Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque et autres. Grâce à eux et d’autres, la nation française au Québec ne s’est pas dissoute mais a progressé.

Le Canada est le deuxième pays le plus grand au monde, après la Russie. Un Québécois à Victoria en Colombie Britannique et un Albertain à Chicoutimi au Québec se ressentent quelque peu comme des étrangers car la langue et le mode de vie sont différents, même si les services offerts par le gouvernement du Canada sont bilingues et les mêmes pour tous. Mais après quelques jours, chacun s’acclimate et apprécie son nouvel environnement...
Le Québec, n’est pas un espace réduit mais un territoire 14 fois grand comme la France.

De plus, le Québec est une terre d’immigration. Depuis plus d’un siècle, il accueille des peuples en détresse venant d’Europe, d’Afrique, d’Asie ou des Amériques. Ces gens se sont installés près de nous, ont élevé des familles et ont bâti avec nous le Québec et le Canada. Ils ont appris notre langue, l’ont transmise à leurs descendants et ont participé à notre développement. Le Québec est multiculturel comme le Canada et chacun s’en porte bien. L’ajout de nouveaux venus est loin d’avoir été extrême car ils se sont bien intégrés dans notre société. Juifs, Irlandais, Écossais, Gallois, Français, Maghrébins, Indiens, Polonais, Lithuaniens, Africains, Vietnamiens, Haïtiens, Sud-américains et tous les autres n’ont pas fait de nous des étrangers au Québec ou dans notre propre pays car leur intégration a été bien réussie.
Le Canada décide de ce qui va de l’intérêt national et les pouvoirs touchant directement l’individu sont la responsabilité des provinces. La constitution n’est pas insensée et ne nous nie rien car elle tient compte de notre nation française et du Québec. Par exemple, c’est le Québec qui décide du nombre d’immigrants que nous accueillons annuellement. Les 37 000 nouveaux venus par année au Québec sont un apport important et essentiel à notre économie. Tous ceux qui sont arrivés durant les dernières décennies ne nous ont pas appauvris, n’ont pas pris nos places, bien au contraire. Ils ont renforcé notre société, notre milieu de travail, notre économie et nos vies en s’y intégrant et en y ajoutant la richesse de leurs traditions, de leur langue, de leurs expériences et de leurs capacités.  

Aujourd’hui, avec les moyens de communications extraordinaires qui sont à notre portée, nous devenons non seulement de meilleurs citoyens du Québec et du Canada mais du monde puisque les différences entre nous s’amenuisent et nous comprenons de mieux en mieux le mode et la qualité de vie des autres dans leur pays. Et avec le temps ce sera encore mieux.
Le Canada est qualifié souventes fois de « meilleur pays au monde » et le décrire comme artificiel est injuste, mesquin et blessant. Le Canada est mon pays, le Québec est ma patrie et j’ai la chance d’y vivre. J’en suis heureux et fier !

Claude Dupras